Ouverte hier soir, mercredi 3 novembre 2026 au Ciné-Théâtre Le Rio, à Tunis, la 11e édition du Human Screen Festival — le Festival international du cinéma des droits humains, également connu sous le nom de «Karama Tunisia» — se poursuivra jusqu’au samedi 7 novembre.
La manifestation propose plus d’une trentaine de films en provenance d’une vingtaine de pays — longs métrages, courts métrages, documentaires et œuvres d’animation — qui ont pour point commun de s’intéresser aux libertés fondamentales, aux discriminations et aux grands enjeux sociaux contemporains.
Organisé par l’Association culturelle tunisienne pour l’insertion et la formation (Actif), en collaboration avec le Centre national du cinéma et de l’image (CNCI), le festival se tient sous le slogan «Occuper l’écran, occuper l’espace». Il met tout particulièrement l’accent sur le thème : «Elle résiste, elle s’adapte : cinéma, société civile et justice climatique».
Au cœur de la programmation figurent la condition féminine, les migrations, l’exil, l’occupation, les inégalités sociales et la protection de l’environnement.
La soirée inaugurale a été consacrée à la musique et au cinéma tunisiens, avec un concert du groupe Oyoun El Klem et la projection de ‘‘Houria’’, un court métrage de la réalisatrice Hajer Nefzi. Le film retrace le parcours d’une femme marquée par la stigmatisation et la violence, qui s’efforce de reconstruire sa vie.
Une attention particulière est portée à la Palestine, qui fait aujourd’hui l’objet d’une section dédiée, avec la présentation des films ‘‘Palestinian Land. Global Shift’’, du réalisateur espagnol Claudio Lara, et ‘‘Free Fish’’, de la documentariste palestinienne Bisan Owda.
Par ailleurs, un forum organisé en collaboration avec Amnesty International est prévu ce jour, accompagné de la projection de trois œuvres tunisiennes. Parmi les titres au programme figurent notamment ‘‘Pipo Alone in the World’’ de Mohamad Feki, ‘‘La Liberté en acte’’ de Hichem Ben Ammar et ‘‘Make Me Live Today… Let Me Die Tomorrow’’ de Mabrouka Khedir. Le cinéma italien est également représenté avec le court-métrage ‘‘Sunday’’ de Giulio Tonicelli, programmé le 5 novembre.
Les projections sont accompagnées de rencontres, de débats et d’activités dans les universités de la capitale. Au programme, on retrouve une masterclass du réalisateur tunisien Elyes Baccar, consacrée aux liens entre cinéma documentaire, fiction et éthique de la représentation, ainsi que des temps d’échange sur le rôle des images dans la connaissance et la défense des droits fondamentaux.
La manifestation s’achèvera le samedi 7 novembre par la proclamation des films primés et un spectacle musical dédié à la Palestine, avec la participation de l’artiste palestinien Abdessalam Akkacheh. Avec cette 11e édition, Human Screen réaffirme son ambition de porter sur grand écran des récits souvent marginalisés dans le débat public, revendiquant pour le cinéma un rôle qui dépasse le simple divertissement : celui de témoigner des injustices, de nourrir la réflexion et de donner la parole à ceux qui peinent à se faire entendre.
I. B.



Donnez votre avis