L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) durcit le ton face aux autorités et envisage l’hypothèse d’une grève générale, accusant le pouvoir d’avoir aggravé la crise économique et sociale du pays et d’avoir fermé toute porte au dialogue. (Photo : Meeting devant le siège de l’UGTT en août 2025).
Cette position a été arrêtée lors de la réunion de l’instance administrative nationale de la principale centrale syndicale tunisienne, qui a examiné la situation politique et sociale ainsi que les prochaines formes de mobilisation.
Le secrétaire général de l’UGTT, Slaheddine Selmi, a qualifié la situation du pays de «grave et critique», affirmant que «toutes les portes sont désormais fermées» et que la Tunisie est passée de l’absence de dialogue social à une «absence totale de dialogue» entre les autorités et les différentes composantes de la société.
Selon M. Selmi, toutes les formes de mobilisation restent envisageables, y compris la grève générale.
Le dirigeant syndical a appelé les structures régionales et sectorielles de l’UGTT à se préparer aux prochaines initiatives par le biais de réunions et d’activités de mobilisation sur le terrain. La centrale n’a toutefois pas annoncé, pour l’heure, de date pour une éventuelle grève. Elle a par ailleurs annoncé la préparation d’une marche nationale de protestation en collaboration avec certaines organisations de la société civile. La date sera fixée en coordination avec les partenaires de la centrale.
Cette initiative s’inscrit dans le nouveau cadre de coordination mis en place par l’UGTT avec la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) et l’Ordre national des avocats ; ces organisations, distinguées par le Prix Nobel de la Paix en 2015 pour leur contribution au dialogue national ayant alors contribué à la sortie du pays de la crise, ont récemment dénoncé conjointement la détérioration de la situation politique, économique et sociale et appelé à la reprise d’un dialogue national.
I. B.



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