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	<title>Archives des Al-Sissi - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Al-Sissi - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Pour beaucoup de Tunisiens, seule l&#8217;armée peut sauver la démocratie (vidéo)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Sep 2021 08:31:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans cette vidéo datant de l&#8217;époque de Béji Caïd Essebsi, en 2015, un septuagénaire disait déjà ce qu&#8217;une écrasante majorité de Tunisiens, qui soutiennent aujourd&#8217;hui le président Kaïs Saïed, pense et dit désormais à haute voix, à savoir que le pays est gangrené par la corruption, la spéculation et la contrebande, dont les citoyens continuent...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/09/Vieil-homme-appelle-armee.jpg" alt="" class="wp-image-361430"/></figure></div>



<p><strong><em>Dans cette vidéo datant de l&rsquo;époque de Béji Caïd Essebsi, en 2015, un septuagénaire disait déjà ce qu&rsquo;une écrasante majorité de Tunisiens, qui soutiennent aujourd&rsquo;hui le président Kaïs Saïed, pense et dit désormais à haute voix, à savoir que le pays est gangrené par la corruption, la spéculation et la contrebande, dont les citoyens continuent de payer le prix fort en termes d&rsquo;inflation et de chute de leur pouvoir d&rsquo;achat. <a href="https://www.facebook.com/110807514409369/posts/212873417536111/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Vidéo.</a></em></strong></p>



<span id="more-361429"></span>



<p>Si cette vidéo est de nouveau massivement partagée aujourd&rsquo;hui sur les réseaux sociaux, c&rsquo;est parce qu&rsquo;en six ans et plusieurs gouvernements après, la réalité du pays n&rsquo;a pas changé. Et les citoyens lambda vous le diront, en généralisant&nbsp;et en forçant un peu le trait : l&rsquo;administration est corrompue, la douane et corrompue, la justice est corrompue, la police est corrompue, les médias sont corrompus, les partis sont corrompus, et le commerce de la distribution est tenu par une poignée de spéculateurs adossés à une administration publique dont l&rsquo;impuissance n&rsquo;a d&rsquo;égal que le laxisme voire la complicité active avec les spéculateurs.</p>



<p>Le vieil homme, qui se lâche dans cette vidéo, ne voit qu&rsquo;une solution&nbsp;: l&rsquo;armée doit prendre le pouvoir pour remettre de l&rsquo;ordre dans le pays. Et beaucoup de Tunisiens le disent désormais ouvertement&nbsp;: la Tunisie a besoin d&rsquo;un homme fort comme l&rsquo;Egyptien Al-Sissi pour sauver le pays d&rsquo;une faillite annoncée. Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas un hasard si tous les sondages d&rsquo;opinion , depuis 2011 le disent: l&rsquo;armée est la première (et pratiquement la seule) institution républicaine en laquelle les Tunisiens ont encore confiance. Faut-il s&rsquo;en féliciter? Beaucoup de citoyens, qui ont vomi la démocratie d&rsquo;opérette et de pur apparat mise en place depuis 2011, s&rsquo;en félicitent ouvertement.</p>



<p>Si ce n&rsquo;est pas là une gifle retentissante pour toute la classe politique et pour l&rsquo;élite intellectuelle dans le pays, cela lui ressemble beaucoup. Julien Benda parlait, en 1927, en France, de <em>«La trahison des clercs»</em>, un manifeste de méfiance face aux idéologies et aux idéologues qui valut à son auteur d&rsquo;être attaqué très violemment par la quasi-totalité des intellectuels de son temps. La suite des événements lui donnera raison&#8230;</p>



<p>Cette trahison là, nous la vivons aujourd&rsquo;hui en Tunisie et le ras-le-bol du petit peuple s&rsquo;exprime déjà par les très forts taux d&rsquo;abstention enregistrés dans toutes les consultations électorales et qui s&rsquo;est aggravée au fil des ans. Une abstention qui s&rsquo;explique aisément&nbsp;: un parlement qui compte des jihadistes violents, des barons de la contrebande et des figures de la corruption ne saurait symboliser la démocratie que ces chers islamistes d&rsquo;Ennahdha et leurs alliés soi-disant libéraux progressistes nous vantent du matin au soir.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>



<p><strong><em><a href="https://www.facebook.com/110807514409369/posts/212873417536111/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Vidéo. </a></em></strong></p>
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		<item>
		<title>Tunisie- Égypte : Al-Sissi exprime son «soutien absolu aux décisions historiques» de Saïed</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Aug 2021 16:01:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La présidence de la République, a annoncé que le chef de l’État Kaïs Saïed, a reçu, ce mardi 3 août 2021, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Chokri, qui lui a adressé un message du président égyptien Abdelfattah Al-Sissi, qui a exprimé «son soutien absolu aux décisions historiques» annoncées le 25 juillet dernier. Le...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Saied-ministre-Egypte-Tunisie.jpg" alt="" class="wp-image-358269"/><figcaption><em>Le président Saïed &amp; le ministre égyptien Sameh Chokri</em>.</figcaption></figure></div>



<p><strong><em>La présidence de la République, a annoncé que le chef de l’État Kaïs Saïed, a reçu, ce mardi 3 août 2021, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Chokri, qui lui a adressé un message du président égyptien Abdelfattah Al-Sissi, qui a exprimé «son soutien absolu aux décisions historiques» annoncées le 25 juillet dernier.</em></strong></p>



<span id="more-358266"></span>



<p>Le président égyptien a souligné que ces <em>«décisions historiques ont été prises afin de répondre aux revendications et à la volonté du peuple tunisien et permettront d&rsquo;assurer la stabilité de la Tunisie et veiller à ses intérêts»</em>, lit-on dans le communiqué de la présidence.</p>



<p>Lors de cette rencontre, le ministre égyptien des Affaires étrangères a également réaffirmé «<em>la confiance de son pays en la sagesse du président Saïed et en sa capacité à conduire sainement cette voie constitutionnelle</em>», tout en souhaitant le succès à la Tunisie et à son peuple et un meilleur avenir.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Y. N.</strong></p>
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		<title>Haykel Mekki qualifie la visite de Kaïs Saïed en Égypte d&#8217;«historique»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Apr 2021 15:13:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le député Haykel Mekki, président de la commission des finances à l’ARP estime que la visite de Kaïs Saïed du 9 au 11 avril en Égypte est «historique», a-t-il dit, en affirmant que le président de la république veut «un État de droit où la loi est respectée et appliquée, loin de l&#8217;islam politique». Intervenant...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/04/Saied-Al-Sissi-2.jpg" alt="" class="wp-image-345425"/></figure></div>



<p><strong><em>Le député Haykel Mekki, président de la commission des finances à l’ARP estime que la visite de Kaïs Saïed du 9 au 11 avril en Égypte est «historique», a-t-il dit, en affirmant que le président de la république veut «un État de droit où la loi est respectée et appliquée, loin de l&rsquo;islam politique».</em></strong></p>



<span id="more-345420"></span>



<p>Intervenant à l&rsquo;émission Midi Show sur Mosaïque FM, ce mardi 13 avril 2021, le député du mouvement du peuple, a affirmé que la lutte contre le terrorisme en Égypte touche également la Tunisie : «<em>Soutenir cette lutte vise à limiter les dégâts causés par les Frères musulmans dans toute la région</em>», a-t-il dit.</p>



<p>«<em>D&rsquo;ailleurs, le parti Ennahdha ne peut pas en aucun cas nier son appartenance aux Frères musulmans et Rached Ghannouchi est un des dirigeant les plus importants de cette organisation. Ainsi, les déclarations de Noureddine Bhiri pourraient même lui causer des problèmes au sein de son propre parti»,</em> a-t-il ajouté.</p>



<p>Haykel Mekki fait ainsi référence aux déclarations de Bhiri, qui a nié l’existence de cette organisation islamiste en Tunisie, en lançant au cours de cette même émission : <em>«Les conflits en Égypte ne nous regardent pas</em>».</p>



<p>Notons que de nombreux dirigeants islamistes ont critiqué la visite officielle de trois jours du président Saïed en Égypte,  craignant probablement la constitution d’un axe entre le président tunisien et son homologue Al-Sissi, contre l’islam politique en Afrique du Nord&#8230;</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Y. N.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/13/haykel-mekki-qualifie-la-visite-de-kais-saied-en-egypte-dhistorique/">Haykel Mekki qualifie la visite de Kaïs Saïed en Égypte d&rsquo;«historique»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Ennahdha, l’Egypte et la Tunisie : Des saints, des vessies et des lanternes</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2019/02/25/ennahdha-legypte-et-la-tunisie-des-saints-des-vessies-et-des-lanternes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Feb 2019 08:40:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Abdelfattah Sissi/Rached Ghannouchi/Béji Caïd Essebsi. Les islamistes d’Ennahdha considèrent les soldats en Egypte comme des mécréants au service du «Taghout», méritant d’être tués, et les soldats tunisiens qui tombent dans les affrontements avec les terroristes, à Chaambi et ailleurs, comme «chahid» et héros de la nation. Cherchez l’erreur ! Par Mounir Hanablia * Il y...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-199669" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/02/Sissi-Ghannouchi-Essebsi.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Abdelfattah Sissi/Rached Ghannouchi/Béji Caïd Essebsi.</em></p>
<p><em><strong>Les islamistes d’Ennahdha considèrent les soldats en Egypte comme des mécréants au service du «Taghout», méritant d’être tués, et les soldats tunisiens qui tombent dans les affrontements avec les terroristes, à Chaambi et ailleurs, comme «chahid» et héros de la nation. Cherchez l’erreur !</strong></em></p>
<p>Par <strong>Mounir Hanablia</strong> *</p>
<p><span id="more-199668"></span></p>
<p>Il y a quelques jours des jeunes ont été condamnés à mort en Egypte et exécutés pour l’assassinat d’un procureur de la République. Il s’agit là d’une affaire intérieure à ce pays et évidemment les défenseurs des droits de l’Homme et des Libertés ne manqueront pas de s’offusquer que le respect de la vie humaine tarde à s’imposer dans les pays arabes ou musulmans. Les racistes de tous poils et les sionistes à travers le monde y trouveront l’occasion de l’imputer à la tare selon eux congénitale d’une culture basée sur la loi du sabre et du talion et de justifier la politique d’agression ouverte que leurs pays mènent depuis deux décennies du Mali en Afghanistan, en passant par la Libye, la Syrie, et le Yémen.</p>
<p>C’est là un aspect de la question, dont cet article ne traitera pas. En revanche, le rapport à la Tunisie en est évidemment constitué par l’attitude d’un parti politique local, qui est membre de la coalition gouvernementale et qui s’est néanmoins publiquement exprimé sur cette affaire. Il a qualifié le procès de simulacre de justice, et il a bien sûr rappelé que le général Abdelfattah Al Sissi, la bête noire du parti Ennahdha, avait illégalement renversé un gouvernement démocratiquement élu, celui du<em> «frère musulman»</em> Mohamed Morsi, pour instaurer une véritable dictature.</p>
<h3>Le camp de l’islam contre celui du pharaon</h3>
<p>Selon la version circulant sur la chaîne qatarie Al Jazeera, les aveux des prévenus avaient été arrachés sous la torture. Pour tout résumer, selon la Ennahdha, les jeunes, exécutés, n’étaient que des combattants de la liberté qui ont succombé en luttant contre un tyran.</p>
<p>Pourtant, au Yémen, et en Syrie, tous les jours des milliers de personnes tombent victimes de la folie meurtrière, mais apparemment, l’évoquer n’est pas politiquement rentable, même si le Coran défend formellement aux musulmans de tuer d’autres musulmans. Mais s’agit-il de la même terminologie qui a été diffusée par le biais des canaux internes du parti aux militants de la base, pour exprimer cette position?</p>
<p>Le terme habituel pour qualifier un despote dans la terminologie des Frères musulmans, réinterprétée à partir du Coran, est celui de pharaon, qui avait été utilisé par les assassins du président Anouar Sadate en 1981, et on peut d’autant plus penser qu’il l’a opportunément été contre le général Al Sissi, que celui-ci gouverne bien sûr l’Egypte, et que l’ex-président Mohamed Morsi, aujourd’hui emprisonné et condamné à mort, appartient à la même obédience politique que le cheikh Rached Ghannouchi.</p>
<p>Un autre terme habituel à ce genre d’affaires, quand il s’agit de militants islamistes exécutés ou morts au cours d’affrontements avec leurs adversaires est celui de <em>«chahid»</em>, l’expression <em>«tué sur le sentier de dieu»</em> étant tout autant utilisée, afin d’une part de valoriser la cause pour laquelle ils se sont battus, qui est bien sûr celle de l’islam, et du parti politique qui prétend s’en inspirer, Ennahdha, et d’autre part de les situer immédiatement dans camp des <em>«Ahl El Janna»</em>, les gens du paradis qui ont mérité après la mort la récompense suprême pour avoir sacrifié leurs vies.</p>
<p>Cette vision des choses situe donc un conflit politique contemporain entre deux camps opposés, dont l’enjeu est le pouvoir, dans une vision manichéenne où les forces du bien, celles du camp de Dieu, de l’islam, affrontent dans une guerre jamais interrompue, celles du mal, de Satan, de l’apostasie, où les Frères Musulmans engagés dans une guérilla meurtrière contre le régime de Pharaon, endossent le rôle des Bani Israël, les élus de Dieu.</p>
<p>Là où le bât blesse, c’est que le général Al Sissi lui-même se considère comme un bon musulman en lutte contre des terroristes. Qu’à cela ne tienne! Selon l’histoire qui circule chez les partisans d’Ennahdha, les jeunes exécutés étaient innocents du crime qui leur était imputé. Mais si leurs partisans les ont considérés comme des martyrs, c’est qu’évidemment ils étaient bien engagés dans une quelconque lutte contre Pharaon.</p>
<p>La question demeure de savoir si cette lutte là était politique, ou bien si elle était armée, ce qui n’est pas du tout la même chose. Or si elle avait été politique, ces gens là auraient certainement été déjà emprisonnés, pour des écrits dans des journaux, des tracts, tués ou blessés dans la rue comme dans des manifestations de rue, des grèves, des rassemblements, toutes formes de protestations pacifiques, comme l’avaient été ceux de Rabaa, en 2013, dans un pays soumis à la loi martiale.</p>
<p>Au lieu de quoi, l’avocate Maya Ksouri par exemple, qui avait argué de la conception à double géométrie variable d’Ennahdha face à la peine de mort, a rapporté qu’une lettre adressée par l’un des condamnés à sa mère où il disait ne rien regretter, laissait penser qu’effectivement il assumait pleinement et en toute conscience la responsabilité de ses actes. Une thèse corroborée par le peu de cas que les organisations humanitaires, habituellement bruyantes quand il s’agit d’exécutions, ont fait de l’affaire, et l’opinion publique mondiale n’a pas été mobilisée; même si il faut admettre que depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, les droits de l’Homme n’occupent plus la même importance que sous Barack Obama.</p>
<p>Il y a donc une discordance manifeste entre le discours d’Ennahdha en traitant cette affaire, et la réalité des choses, et on peut penser qu’elle est issue d’une attitude volontaire et systématique qui la situe dans le déni.</p>
<h3>Une vision dangereuse de la religion dans la société</h3>
<p>Par exemple, pour en revenir à l’affaire de la Medersa de Regueb, la thèse diffusée dans l’opinion publique normale est qu’il s’agit d’une simple école coranique, que les enfants n’y ont jamais subi de sévices, et qu’il s’agit d’un scénario qui a été monté de toutes pièces dans un but électoraliste. Par contre, quand il s’agit des militants du parti ou de citoyens pieux, ce sont les mécréants qui en sont invoqués, dans le but de nuire à l’islam, ainsi qu’en a fait état le véritable anathème jeté en toute impunité contre le journaliste Hamza Belloumi sur Facebook.</p>
<p>Bien sûr, l’expression utilisée, ennemi de Dieu, récupérée du Coran, englobe tous les musulmans qui ont été occidentalisés au point d’oublier leur culture d’origine et leur foi, ainsi que continue d’en être accusé le président Bourguiba 20 an après sa mort, ou bien les croisés, les sionistes, et bien sûr, le peuple de Sodome et Gomorrhe. Mais le fait que des personnalités dignes de foi comme la juge Raoudha Laabidi aient confirmé la réalité de l’affaire telle que rapportée par les médias, sur les sévices et le conditionnement mental des enfants proche de celui pratiqué dans des medersas talibanes pakistanaises, tout comme l’ont fait certains députés, n’a en rien entamé la conviction ni les dénégations du camp islamiste et de ceux qui prennent sa défense.</p>
<p>Le soutien à ce genre de thèses, ne s’arrête pas au stade de ce qu’il faut bien admettre comme étant une propagande partisane. Le projet de réformes des lois sur les jardins d’enfants et les écoles censé s’opposer à l’avenir à des initiatives semblables à celles de Regueb, soumis depuis lors à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), est actuellement systématiquement torpillé, au nom de l’identité arabo islamique stipulée par la Constitution.</p>
<p>Ce que l’on empêche en agissant de la sorte, ce n’est pas l’interdiction de l’enseignement du Coran, ainsi qu’on veut le faire croire, mais toute opposition à sa récupération et sa réinterprétation dans un sens politique, contre ceux qui sont considérés comme des ennemis. Et en ce sens, le courant des Frères musulmans utilise bien la même argumentation récupérée en réinterprétant le Coran, que les salafistes jihadistes, c&rsquo;est-à-dire que Daesh, argumentation qu’il défend au nom de l’islam, et dans une démocratie libérale parlementaire, de la liberté.</p>
<p>De quelle liberté pourrait-il s’agir lorsque l’enjeu du combat est l’instauration d’une société d’où toute contestation serait abolie, et dès lors que sa direction serait entourée d’une aura de sainteté supprimant tout sens critique face à ses mensonges?</p>
<h3>La lutte des enfants d’Israël contre les exactions du Pharaon</h3>
<p>Il ne s’agit là que d’un exemple parmi tant d’autres du rôle politique que joue Ennahdha dans la diffusion d’une vision particulière et néanmoins dangereuse de la religion dans la société, au point de défendre en son nom un certain type d’écoles, dont on a déjà constaté les effets dans un pays comme le Pakistan, où les terroristes n’hésitent plus à attaquer et à tuer les soldats, ainsi qu’ils le font d’ailleurs en Egypte. Mais ainsi qu’on l’a vu, ce ne sont là pour certains hélas que les aléas de la lutte des enfants d’Israël toujours innocents de tout crime et du côté de qui se tient le Seigneur des armées, contre les exactions du Pharaon.</p>
<p>Si donc les soldats en Egypte et au Pakistan sont considérés comme des mécréants au service du Pharaon ou du <em>«Taghout»</em>, qui méritent d’être tués, il faudrait savoir par quel miracle ceux en Tunisie qui tombent dans les affrontements avec les terroristes, à Chaambi et ailleurs, se transforment dans le discours du parti Ennahdha, en héros de la nation, et<em> «chahid».</em> Quand nos gouvernants, cesseront-ils, enfin, de nous faire prendre les vessies pour des lanternes?</p>
<p><em>* Médecin de pratique libre, Gammarth, La Marsa.</em></p>
<p><em><strong>Articles du même auteur dans Kapitalis : </strong></em></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="te3HJ2qtt8"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/02/09/medersas-coraniques-en-tunisie-la-reponse-sera-t-elle-a-la-hauteur-de-la-menace/">Medersas coraniques en Tunisie: La réponse sera-t-elle à la hauteur de la menace?</a></p></blockquote>
<p><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Medersas coraniques en Tunisie: La réponse sera-t-elle à la hauteur de la menace? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/02/09/medersas-coraniques-en-tunisie-la-reponse-sera-t-elle-a-la-hauteur-de-la-menace/embed/#?secret=mCT1tONGoM#?secret=te3HJ2qtt8" data-secret="te3HJ2qtt8" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Z9giji1M3P"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/14/cardiologie-stents-perimes-et-activite-privee-complementaire/">Cardiologie : Stents périmés et activité privée complémentaire</a></p></blockquote>
<p><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Cardiologie : Stents périmés et activité privée complémentaire » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/14/cardiologie-stents-perimes-et-activite-privee-complementaire/embed/#?secret=DnC4uXpDbu#?secret=Z9giji1M3P" data-secret="Z9giji1M3P" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DAwOtjhLzL"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/07/champions-league-psg-elimine-real-echec-sultan/">Champion’s League : Le PSG éliminé par le Real ou échec au sultan !</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Champion’s League : Le PSG éliminé par le Real ou échec au sultan ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/07/champions-league-psg-elimine-real-echec-sultan/embed/#?secret=w8pDxbH32O#?secret=DAwOtjhLzL" data-secret="DAwOtjhLzL" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/02/25/ennahdha-legypte-et-la-tunisie-des-saints-des-vessies-et-des-lanternes/">Ennahdha, l’Egypte et la Tunisie : Des saints, des vessies et des lanternes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Le monde arabe s&#8217;achemine-t-il vers un Printemps des militaires ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Feb 2018 10:10:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Al-Assad]]></category>
		<category><![CDATA[Al-Sissi]]></category>
		<category><![CDATA[Khalifa Haftar]]></category>
		<category><![CDATA[Lotfi Brahem;]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Al-Sissi, Haftar, Assad et Roi Abdallah. Avec l’échec des Printemps arabes, dégénérés en chaos sécuritaires et économiques, on peut se demander si, dans les pays arabes, les Printemps des militaires ne sont-ils pas loin. Par Roland Lombardi * Le propos n’est pas ici d’évoquer dans les détails les multiples et malheureuses raisons des échecs des...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/02/19/le-monde-arabe-sachemine-t-il-vers-un-printemps-des-militaires/">Le monde arabe s&rsquo;achemine-t-il vers un Printemps des militaires ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p style="text-align: center;"><em>Al-Sissi, Haftar, Assad et Roi Abdallah.</em></p>
<p><em><strong>Avec l’échec des Printemps arabes, dégénérés en chaos sécuritaires et économiques, on peut se demander si, dans les pays arabes, les Printemps des militaires ne sont-ils pas loin.</strong></em></p>
<p>Par <strong>Roland Lombardi</strong> *</p>
<p><span id="more-139368"></span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-112276 alignleft" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/09/Roland-Lombardi.jpg" alt="" width="200" height="244" />Le propos n’est pas ici d’évoquer dans les détails les multiples et malheureuses raisons des échecs des Printemps arabes. Après 7 ans et «l’hiver islamiste», ou encore les drames, les guerres civiles et le chaos engendrés par le terrorisme d’Al-Qaïda et de l’organisation de l’Etat islamique (Daech), les Etats traversés par ce vent de révolte sont aujourd’hui économiquement exsangues.<br />
Certains disent que les Révolutions ne sont pas terminées. Peut-être. En attendant, sur le plan politique, les différentes transitions démocratiques furent bien entendu un naufrage. Alors, foin de rêveries, et essayons plutôt d’entrevoir avec réalisme quels pourraient être les scénarios politiques possibles pour ces pays dans un avenir proche.</p>
<h3>Un Printemps des militaires ?</h3>
<p>Tout d’abord, les derniers événements et l’évolution en cours confirment un net retour des militaires partout dans la région, au Moyen-Orient comme au Maghreb. Un véritable «<em>Printemps des militaires</em>». Ainsi, nous avons le Maréchal Abdel Fattah Al-Sissi à la tête de l’Egypte et Bachar Al-Assad (qui est aussi un général, ne l’oublions pas) qui, grâce à ses alliés russes et iraniens, a gagné en Syrie et gardera au final les rênes du pouvoir. En Jordanie, le roi Abdallah II (également général de brigade) a su préserver, tant bien que mal (lui aussi grâce à ses puissants soutiens), son pays des turbulences des printemps arabes et des menaces de Daech.<br />
Dans une moindre mesure, au Liban, nous avons aussi un ancien général, Michel Aoun, et demain, le Maréchal Khalifa Haftar sera (avec le soutien de l’Egypte mais surtout de la Russie et de la nouvelle administration Trump), à n’en pas douter, le futur leader libyen.</p>
<p>De même en Palestine, Mohammed Dahlan, l’ancien «<em>Monsieur Sécurité</em>» du Fatah et de l’Autorité palestinienne (appuyé par les Egyptiens, les Saoudiens et discrètement par les Américains) succèdera peut-être à Mahmoud Abbas…</p>
<p>Après-demain, inévitablement, un militaire, un ancien militaire ou un homme de ces derniers sera au pouvoir en Algérie. Et pourquoi pas, même en Tunisie, là où tout a commencé en 2011. Celle-ci est pourtant le seul pays qui, grâce à des raisons intrinsèques et en dépit des attentats et de la menace islamiste, a relativement réussi sa transition démocratique. Or, actuellement des manifestations agitent encore le pays. Elles ont des motivations essentiellement économiques mais pourraient également profiter à terme à un homme «providentiel» comme par exemple le colonel-major Lotfi Brahem, l’actuel ministre de l’Intérieur…</p>
<p>Alors bien sûr, toutes les belles âmes dénoncent un retour au passé et aux dictatures. Certes, elles n’ont pas tout à fait tort. Mais que cela nous plaise ou non, c’est ainsi. De plus, qui sommes nous, nous Occidentaux, pour juger et donner encore une fois des leçons de morale? Surtout nous Français, puisqu’il nous aura fallu trois révolutions et cinq républiques afin de parvenir à une démocratie encore bien imparfaite et, qui plus est, quotidiennement émaillée par diverses affaires de corruption…</p>
<p>Par ailleurs, ne reproduisons pas l’erreur de certains <em>«experts»</em> qui, au début des révoltes de 2011, avaient naïvement appréhendé ces événements avec le prisme de leur éthique, de leurs valeurs ou pire, de leurs idéologies. Du fond de leurs microcosmes parisiens ou universitaires, ils se sont alors lamentablement trompés. Pourquoi? Car ils ont volontairement balayé d’un revers de main, le poids considérable, de ce côté-là de la Méditerranée, des tribus, des clans, de l’islam et de l’islamisme, du culte du chef («zaïm») ou encore de la quasi vénération du «sabre» (l’épée, l’armée) et de la force…</p>
<p>Quoi qu’il en soit, ce retour des «hommes forts» et des régimes séculiers et laïcs n’est peut-être pas aussi négatif que ne le sermonnent certains idiots utiles de l’islam politique et des Frères musulmans ! Notamment pour des populations, dont les aspirations démocratiques, en dépit de ce que l’on veut encore nous faire croire, sont plus que jamais secondaires.</p>
<p>Echaudés par les exemples irakien, syrien et libyen, beaucoup ne rêvent à présent que de sortir du chaos général faisant suite aux Printemps arabes, quitte à vivre de nouveau sous une dictature. Particulièrement les chrétiens d’Orient qui, on l’a vu par le passé, ont toujours été relativement protégés, dans ce genre de régime au Moyen-Orient.</p>
<p>De plus, comme l’histoire l’a démontré et comme l’expliquait très bien Gustave Le Bon dans sa célèbre <em>‘‘Psychologie des foules’’</em>, celles-ci,<em> «abandonnées à elles-mêmes, elles sont bientôt lasses de leurs désordres et se dirigent d’instinct vers la servitude»</em>(1). Or, <em>«sauf pour les dictateurs et les imbéciles, l&rsquo;ordre n’est pas une fin en soi»</em>(2). D’ailleurs, un retour aux temps des despotes orientaux <em>«à l’ancienne»</em> n’est bien sûr pas souhaitable. Ni pour les peuples, ni surtout pour eux-mêmes… Peut-être assisterons nous, au contraire, à l’avènement d’un genre nouveau de dictatures, à savoir des sortes de «dictatures éclairées» ou, aussi paradoxal que cela puisse paraître, à des <em>«dictatures bienveillantes»</em>.</p>
<h3>Al-Sissi, un modèle du «dictateur bienveillant» ?</h3>
<p>Je m’explique en prenant l’exemple de l’Egypte d’Al-Sissi (qui est une sorte de modèle pour tous les autres autocrates en herbe actuels). Alors oui, Al-Sissi est un dictateur féroce. C’est indéniable. Ses opposants et candidats potentiels à la prochaine élection présidentielle égyptienne en savent quelque chose…</p>
<p>Cependant, le maréchal-président, à la tête de son armée, a senti le vent du boulet avec le Printemps du Nil. Et il connaît par cœur la phrase célèbre de Napoléon : <em>«Lorsque l’on dore ses fers, le peuple ne hait pas la servitude».</em></p>
<p>Plus sérieusement, il n’est surtout pas stupide et il sait pertinemment qu’il n’a plus droit à l’erreur. C’est la raison pour laquelle, il a entrepris d’importantes actions, sans précédent historique dans cette partie du monde, concernant la lutte contre la corruption (dont on parle peu)(3) et surtout, des réformes certes douloureuses mais nécessaires dans les domaines socio-économiques (certaines mesures d’austérité sont d’ailleurs très mal vécues).</p>
<p>Par-dessus tout, actuellement dans le monde arabe, il est le fer de lance contre l’islam politique (grande répression contre les Frères musulmans et discours historique à Al-Azhar en décembre 2015). À l’inverse de ses prédécesseurs, Al-Sissi, comme Al-Assad d’ailleurs, a compris qu’il fallait cesser les jeux troubles du passé entre les différents pouvoirs et les Frères musulmans ou autres salafistes.</p>
<p>Même en Arabie saoudite, pays des lieux saints de l’islam, le jeune prince héritier Mohammed Ben Salmane, tout en réformant l’économie du royaume et en imposant sa propre dictature, est en train d’engager une véritable <em>«perestroïka»</em> dans le wahhabisme, pourtant véritable matrice idéologique du salafisme jihadiste…</p>
<p>Même si l’Egypte est encore en grande difficulté économique et qu’elle connaît encore le terrorisme, elle reste cependant le pays phare, le plus peuplé du monde arabe et militairement le plus puissant. Par ailleurs, elle est redevenue un pays important et incontournable. Nous avons vu d’ailleurs le président égyptien très actif dans le conflit israélo-palestinien, en Afrique orientale (négociations sur les eaux du Nil avec le Soudan et l’Ethiopie) et surtout en Libye.</p>
<p>Nous savons à présent que la démocratie dans cette région et en Egypte en particulier, ne s’imposera pas grâce aux réseaux sociaux, ni de l’extérieur et encore moins par l’action d’une puissance étrangère. L’aboutissement d’un système politique démocratique ne se fera pas en un claquement de doigts comme certains l’ont cru un peu trop rapidement… Une démocratie ne se résume pas au vote et à la tenue d’élections. C’est un long processus qui peut prendre des décennies. Certes, les élections doivent être mises en pratique pour être améliorées et perfectionnées. De manière idéale, un pays qui aspire à une telle évolution organisera des élections au niveau municipal et, progressivement, au niveau national, en commençant par le pouvoir législatif puis l&rsquo;exécutif. Parallèlement, il faut que la presse puisse acquérir une liberté pleine et entière, que les partis politiques mûrissent, que le parlement gagne en autorité aux dépens de l&rsquo;exécutif et que le pouvoir judiciaire puisse devenir l’arbitre entre eux.</p>
<p>En outre, la démocratie n’est pas un réflexe inné mais plutôt acquis, qui nécessite une véritable transformation de la société avec une prise de conscience du bien commun et un sens civique de la responsabilité. Elle a besoin de profonds changements des mentalités et d’attitudes tels qu’une culture de la modération, un ensemble de valeurs communes, le respect des différences d’opinions et le concept d’opposition loyale. Pour cela, il faut le développement d’institutions et de notions aussi complexes et novatrices que l’Etat de droit, un pouvoir judiciaire indépendant, le droit des minorités et la liberté d’expression, de circulation et de réunion.</p>
<p>De fait, l’avènement d’une réelle démocratie passera inévitablement par un renouveau et l’épanouissement d’un multipartisme, de la création de syndicats et d’un monde associatif digne de ce nom.</p>
<p>Dans le cadre d&rsquo;une citoyenneté normalisée, les clivages anciens des sociétés orientales, les divisions ethniques et communautaires, les traditions claniques et tribales et enfin et surtout, les résistances culturelles et religieuses doivent par ailleurs être transcendés. Malheureusement, nous en sommes encore très loin (sauf peut-être en Tunisie)…</p>
<p>Enfin, la démocratie nécessitera également le développement d’une société civile, d’une certaine bourgeoisie et d’une véritable classe moyenne active.</p>
<p>Ainsi, même si pour l’instant, le président Al-Sissi privilégie une vision ultra-sécuritaire pour son pays, que l’on peut au demeurant aisément comprendre, à une plus ou moins longue échéance, il aura besoin d’alliés politiques objectifs pour poursuivre les réformes économiques dans son pays, pour construire des ponts entre l’Orient et l’Occident mais aussi et surtout, dans sa volonté de révolutionner les mentalités notamment vis-à-vis de l’islam radical. Au final, il ne pourra que profiter et donc favoriser le renouveau de la bourgeoisie égyptienne que l’on peut déjà constater. Cette nouvelle classe moyenne fera la force de l&rsquo;Egypte de demain.</p>
<p>La donne géopolitique a changé dans la région. En dépit des tensions actuelles, à terme, un <em>«Yalta moyen-oriental»</em> sera conclu entre les Américains et les nouveaux juges de paix russes. Dorénavant, plus qu’on ne le pense, Moscou (mais aussi Pékin) et Washington sont sur la même longueur d’ondes sur de nombreux sujets, notamment vis-à-vis des régimes autoritaires ou encore sur le danger de l’islamisme (cf. la <em>«révolution»</em> en Arabie saoudite ou les dernières déclarations du Président Trump à propos du Pakistan…). Quel que soit le parrain qu’ils se choisiront, nos futurs despotes devront plus que jamais tenir compte de ces nouvelles orientations.</p>
<p>Finalement, il faut espérer que les nouveaux et futurs dictateurs confirment leur résipiscence par rapport à l’islam politique et souhaitent véritablement assécher l’islamisme radical. Ensuite, s’ils ne retombent pas dans les travers du passé, avec une corruption et un népotisme outrageants, et qu’ils prennent enfin conscience du bien commun et de l’intérêt général afin de réellement œuvrer pour le développement et l’amélioration socio-économique de leurs pays, tous les espoirs seront alors permis… même si la démocratie devra encore attendre.</p>
<p><em>* Docteur en Histoire, consultant indépendant en géopolitique, analyste associé au groupe d’analyse de JFC Conseil, et chercheur associé à l&rsquo;Iremam (Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman) de l’Université Aix Marseille.</em></p>
<p><em><strong>Notes :</strong> </em><br />
<em>1- Gustave Le Bon, ‘‘Psychologie des foules’’, p. 37.</em><br />
<em>2- ‘‘Le Président’’ (1961), dialogues de Michel Audiard.</em><br />
<em>3- Depuis 2014, le gouvernement égyptien a mis en place «la stratégie nationale pour la lutte contre la corruption», élaborée en coordination avec six organes de contrôle. La plus importante, l’Autorité de contrôle administratif, l’ACA, a divulgué des centaines de cas de corruption dans lesquels étaient impliqués de hauts responsables. Il s’agit d’un organisme indépendant chargé du contrôle administratif, financier et technique au sein de l’appareil administratif de l’Etat. Au cours des neuf derniers mois, l’ACA a été à l’origine de près de 1 400 procès de corruption au sein de l’appareil administratif de l’Etat (pots-de-vin, gaspillage et détournement de fonds publics). En janvier 2017, l’ACA avait révélé une grande affaire de corruption au Conseil d’Etat dans laquelle ont été accusés le secrétaire général du Conseil d’Etat et le directeur général chargé de l’importation et de l’exportation au sein du conseil. En avril 2016, l’ex-ministre de l’Agriculture avait écopé de 10 ans de prison, pour avoir reçu des pots-de-vin.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em><strong>Articles du même auteur dans Kapitalis: </strong></em></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="m7ZxyKkvIs"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/11/13/arabie-saoudite-la-nuit-des-longs-cimeterres-se-poursuit/">Arabie Saoudite : La «Nuit des Longs Cimeterres» se poursuit…</a></p></blockquote>
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="yhtKPmtQUL"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/09/02/arabie-saoudite-quel-futur-roi-et-pour-quelles-nouvelles-politiques/">Arabie saoudite : Quel futur roi… et pour quelles nouvelles politiques ?</a></p></blockquote>
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="pSxL4hNf5c"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/16/trump-declenchait-futur-processus-de-paix/">Et si Trump déclenchait… le futur processus de paix ?</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Et si Trump déclenchait… le futur processus de paix ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/16/trump-declenchait-futur-processus-de-paix/embed/#?secret=lW850agiFD#?secret=pSxL4hNf5c" data-secret="pSxL4hNf5c" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Comment Trump va-t-il changer le monde ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2017/01/29/comment-trump-va-t-il-changer-le-monde/</link>
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		<pubDate>Sun, 29 Jan 2017 11:56:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Donald Trump ne tombe pas de la dernière pluie et l’homme ne manque pas de cohérence et de suite dans les idées. Et si son avènement était plutôt une bonne nouvelle ? Par Yassine Essid Dans son discours d’investiture, exagérément agressif et controversé, le 45e président des Etats-Unis a bousculé bien des principes établis que...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-81012 aligncenter" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/01/Poutine-Trump.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Donald Trump ne tombe pas de la dernière pluie et l’homme ne manque pas de cohérence et de suite dans les idées. Et si son avènement était plutôt une bonne nouvelle ?</strong></em></p>
<p>Par <strong>Yassine Essid</strong></p>
<p><span id="more-81011"></span></p>
<p>Dans son discours d’investiture, exagérément agressif et controversé, le 45e président des Etats-Unis a bousculé bien des principes établis que dictaient jusque-là ce genre de rituel : remercier et louer l’effort du président sortant sans jamais établir un inventaire décapant de sa politique ni procéder d’une manière incendiaire pour en dénoncer les lacunes.</p>
<p>Il demeure néanmoins admis qu’on puisse exprimer avec une certaine réserve les résultats atteints tout en indiquant de quelle manière on peut en tirer profit afin d’aller de l’avant et engager une autre politique pleine de promesses pour l’avenir des citoyens américains ainsi que pour la paix dans le monde.</p>
<p>On se doit de reconnaître pourtant, que sur le fond autant que dans la forme, l’allocution de Donald Trump manquait franchement de respect et de tact, tant il était impérieux pour lui de se démarquer de la politique de son prédécesseur.</p>
<p><strong>Harangues sévères et menaces explicites</strong></p>
<p>Tout en flattant ses électeurs, ses harangues sévères étaient truffées de menaces explicites et ses paroles, en totale rupture avec le passé, étaient destinées à être immédiatement mises à exécution. D’ailleurs, la cérémonie à peine achevée et avant l’ouverture du bal qu’on voyait le nouveau président se précipiter au bureau ovale pour signer ostensiblement son premier décret, en attendant son abrogation définitive par le congrès, ordonnant aux diverses agences fédérales de <em>«soulager le poids»</em> de la loi de réforme du système de santé (Obamacare), une loi phare censée permettre à des millions d’Américains, jusque-là privés d’assurance maladie faute de revenus suffisants, d’être enfin couverts. Une façon pour lui de prouver avec éclat que le moment était venu de mettre fin aux bavardages et de passer à l’action. Bref, que c’est l’Amérique d’abord et le peuple américain désormais dépositaire de tous les pouvoirs.</p>
<p>La série de mesures envisagées par M. Trump semble prendre à contre-pied la conception qu’on se faisait jusqu’alors d’une Amérique ouverte et généreuse. Désormais il s’agit de n’encourager le libre-échange que tant qu’il profite au pays, réduire drastiquement l’aide étrangère, stimuler la croissance par le travail créateur de richesse, revoir les projets d’exploitation énergétiques contrariés par de futiles motifs environnementaux, rebâtir l’infrastructure du pays pourvoyeuse d’emplois, arrêter l’afflux d’immigrants mexicains, et bien d’autres moyens censés assurer le progrès et défendre l’intérêt public quitte à passer pour un affreux réactionnaire aux yeux de ceux qui manifestent bruyamment contre son élection.</p>
<p>Pour toute nation impériale, l’essentiel de la politique relève de l’exercice de la diplomatie. Débarqué en tenue de campagne, M. Trump a tenu un discours au ton hautement belliciste, censé rendre à l’Amérique sont statut incontestable de puissance économique, politique et surtout militaire en mesure de déterminer l’avenir de la planète. Ainsi, les principes mêmes sur lesquels reposaient la politique étrangère, jusque-là conçue par l’establishment politique de Washington, notamment les relations avec le monde arabe et musulman, doivent être repensés et, au besoin, ravaudés.</p>
<p><strong>Venir à bout du terrorisme islamiste</strong></p>
<p>Donald Trump n’a pas tenu à rester dans le vague. Il a exprimé, sans ambages ni circonlocutions, sa détermination de venir à bout du terrorisme islamiste. <em>«Nous renforcerons, dit-il, les vieilles alliances, nous en établirons de nouvelles et nous unirons le monde civilisé contre le terrorisme de l’islam radical que nous éradiquerons complètement de la surface de la terre</em>». Des bravades pures non seulement destinées à faire trembler les djihadistes, mais constituent accessoirement un précieux réconfort pour tous les opposants aux conceptions primaires sur l’islam et l’appui inconsidéré de l’administration Obama qui n’a pas arrêté de balancer l’encensoir sur l’avènement de régimes islamistes dits modérés au Maghreb et au Proche-Orient avec le dénouement que l’on connaît.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-81018" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/01/Obama-Clinton-islam.jpg" width="500" height="237" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Barack Obama et Hillary Clinton étaient complaisants avec l&rsquo;islam radical. </em></p>
<p>D’ailleurs, et pendant huit ans, l’ex-président Barack Obama s’était soigneusement gardé dans ses discours d’identifier les attentats terroristes avec l’islam. Une attitude partagée par la secrétaire d’Etat Hilary Clinton, grand soutien des Frères musulmans et cheville ouvrière d’une véritable politique qui a ravagé le monde arabe, qui n’a fait usage de l’expression d’<em>«islamisme radical»</em> que pendant la campagne présidentielle et jamais avant. <em>«Et, pour moi, disait-elle, le djihadisme radical, l’islamisme radical, je pense qu’ils signifient la même chose».</em></p>
<p>Sa défaite électorale fut par conséquent un coup dur pour les Frères musulmans du monde entier et leur rêve de domination. Elle constitue en revanche un vrai soulagement et un motif d’optimisme pour les régimes égyptien et algérien. D’ailleurs, Abdel-Fattah Al-Sissi aussi bien qu’Abdelaziz Bouteflika ont été, paraît-il, les premiers chefs d’Etats au monde à féliciter le président élu. Le premier, parce qu’il est venu à bout du président Mohamed Morsi et ses coups de force à répétition visant à asseoir un régime islamiste aux mains des Frères. Quant au second, il a réussi, contre la volonté des Américains, à mettre l’Algérie à l’abri du vent de contestation qui a parcouru tout le monde arabe en 2011.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-81020 aligncenter" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/01/Poutine-Al-Sissi.jpg" width="500" height="282" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Dans sa guerre annoncée contre les islamistes radicaux, Trump sait qu&rsquo;il peut compter sur Poutine et Al-Sissi.</em></p>
<p><strong>Clinton a transformé le monde arabe en un champ de ruines</strong></p>
<p>Pendant les quatre années d’Hillary Clinton, le Département d’Etat américain était le haut-lieu d’une diplomatie cynique pour ne pas dire d’une conspiration institutionnalisée. Les ambassades américaines dans le monde arabe, bien actives, sont devenues un rassemblement de divers services où se côtoient agents et opérateurs du renseignement : CIA, NSA, DIA, DEA, etc. Quant aux ambassadeurs, ils interféraient sans vergogne dans la politique intérieure de tous les Etats du Maghreb et du Proche-Orient <em>ex auctoritate imperatoris</em> (par voie d’autorité impériale).</p>
<p>On a tous en mémoire comment Jacob Walles, alors ambassadeur des Etats-Unis à Tunis, était sorti de son rôle de diplomate en invitant à sa table les prétendants à la fonction de président de la république, leur faisant subir l’ultime test de plaire ou déplaire aux autorités de son pays. De même qu’il s’est octroyé le statut d’observateur à titre spécial des élections de 2014, se rendant en toute autorité dans certains bureaux de vote pour apprécier le bon déroulement du scrutin.</p>
<p>Mme Clinton a fait preuve d’un esprit va-t-en guerre au Maghreb et au Proche-Orient, disposait d’un serveur à domicile et d’une messagerie privée grâce auxquels elle entretenait une correspondance incriminante qui échappait à tout contrôle de peur qu’elle ne soit compromise.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-81023" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/01/Syrie-ruines.jpg" width="500" height="281" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Le monde arabe après le passage du cyclone Clinton. </em></p>
<p>Vu de cette perspective, le printemps arabe n’a plus rien d’une révolution moderniste et progressiste. Il n’était rien d’autre qu’une entreprise de déstabilisation conçue par l’administration américaine pour accélérer le projet du Grand Israël en transformant le Moyen-Orient en une immense ruine. Ce qui est actuellement le cas.</p>
<p>Toutes cela nous amène à questionner la vocation de la diplomatie américaine, qui a toujours eu la prétention de préserver et de renforcer sa position de première puissance. Les autres pays du monde ne serviraient que de base d&rsquo;opérations pour la promotion de ses intérêts économiques et commerciaux. Il arrive aussi, le moment venu, que la force tienne lieu de diplomatie, qu’elle dégénère en entreprises militaires qui ont toutes échoué à atteindre les objectifs politiques.</p>
<p>Depuis la fin de la guerre froide, la politique étrangère américaine a été au centre d’une querelle passionnée entre trois politiques quant au rôle que les États-Unis devraient jouer dans le monde.</p>
<p>Les néoconservateurs sont partisans de l’utilisation de la force et veulent que les États-Unis soient le gendarme du monde. Par conséquent ils n’ont cure des alliances et des accords internationaux.</p>
<p>Les libéraux, qui soutiennent l’accord nucléaire actuel avec l’Iran, tout en souhaitant que les États-Unis conservent une action planétaire, s’opposent à toute attitude unilatéraliste et considèrent que le progrès découle de l&rsquo;interdépendance croissante et des accords entre les Etats auxquels les Etats-Unis doivent se conformer.</p>
<p>Quant aux réalistes, ils estiment que les relations internationales avancent sous la poussée d’Etats puissants qui cherchent leur propre intérêt. Ce qui signifie que les États-Unis devraient se concentrer sur leurs relations avec les grandes puissances sans se préoccuper de ce qui se passe dans des pays mineurs. Une telle conception plaide en faveur d&rsquo;un engagement beaucoup plus limitée des États-Unis dans des conflits du Moyen-Orient.</p>
<p>Jusqu’à la chute du mur de Berlin, les États-Unis avaient fait de l’anticommunisme l’un des fondamentaux de leur politique étrangère. La même politique continue aujourd’hui face au terrorisme qui l’oblige à lancer de nouvelles guerres pour protéger Israël et les ressources énergétiques de la région.</p>
<p>Ces guerres ne semblent pas diminuer d’intensité, elles grandissent et, à mesure qu’elles grandissent, se connectent à d’autres conflits, reproduisant encore plus de terrorisme et encourageant l’émergence de <em>«sosies»</em> d’Al-Qaïda au Mali, en Libye, en Syrie, en Irak et au Maghreb qui ne cessent de gagner en force et en soutien.</p>
<p>C’est dans un tel contexte chaotique d’instabilité et de danger planétaire que Donald Trump débarque à la Maison-Blanche, se presse de jeter aux orties les fondamentaux de la politique étrangère américaine, notamment la reconnaissance de l’importance pour la sécurité des États-Unis de la contribution des alliés et des alliances autant économiques que militaires. Ainsi, plutôt que d’œuvrer pour le renforcement des liens politiques et économiques avec l’Union européenne (UE), il s’en désolidarise et se félicite du Brexit.</p>
<p>Depuis les années 1940, les États-Unis n’avaient cessé d’œuvrer pour le développement d’une économie de marché à l’échelle mondiale à partir d&rsquo;un intérêt réfléchi. Tout en se proclamant prometteurs de la démocratie dans les pays nouvellement indépendants, ils préféraient favoriser des régimes autoritaires qui leur permettait de bénéficier d’une plus grande liberté d’action en attendant qu’ils soient mûrs pour une <em>«démocratie»</em> qui ne remettra pas toutefois en question leur hégémonie. Aussi, dictateurs, despotes et autres autocrates, bien que peu appréciés, étaient parfaitement tolérés et régentés.</p>
<p>Mais voilà que, subitement, la politique étrangère de M. Trump surprend une opinion internationale qui ne s’était jamais intéressé jusque-là à ses déclarations. Car personne n’imaginait qu’il serait un jour président.</p>
<p>Pour nuancer ce qui est attribué à son caractère impulsif, à ses positions improvisées dictées par les événements du moment et en totale contradiction avec les impératifs de la diplomatie américaine, il faut revenir un peu en arrière. Sa conception de la politique étrangère des Etats-Unis s’avère dans son essence parfaitement cohérente pour peu qu’on daigne regarder les choses d’un peu plus près.</p>
<p>En 1987, M. Trump a payé 100.000 $ pour faire paraître dans le<em> ‘‘New York Times’’, ‘‘The Washington Post’’</em> et le <em>‘‘Boston Globe’’,</em> une lettre ouverte au peuple américain, au titre évocateur, critiquant la politique étrangère américaine. Il se demandait pour quelle raison l’Amérique continuerait à payer pour défendre des pays qui peuvent se permettre de se défendre eux-mêmes: <em>«“An open letter from Donald J. Trump” — addressed “To The American People” — “On why America should stop paying to defend countries that can afford to defend themselves’’.»</em></p>
<p>Il reviendra sur ce même thème dans une autre interview accordée en 1990 au magazine<em> ‘‘Playboy’’.</em> C’est toujours la même approche : froide, brutale, autoritaire. A quoi bon, déclare-t-il, dépenser des milliards chaque année pour défendre les nations riches. Il en est de l’Europe comme du Japon, de l’Allemagne, de l’Arabie Saoudite, de la Corée du Sud, etc. Tous brassent pourtant d’immenses machines à sous aux dépends de nos intérêts. Et si leurs produits sont meilleurs c’est grâce aux subsides de leurs Etats. Pendant ce temps l’Amérique dépense en pure perte des milliards de dollars pour assurer leur défense!</p>
<p>L’admiration de Trump pour les leaders qui ont de l’autorité, tel Poutine, n’est pas exceptionnelle et il lui est arrivé précédemment d’exprimer le même sentiment pour Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi. Des points de vue qui ne s’alignent pas sur les approches actuelles de la politique étrangère, mais remontent aux idées isolationnistes de Charles Lindbergh, aux doctrines mercantilistes de Robert Taft, partisan d’une intervention minimale des Etats-Unis dans les affaires du monde ainsi qu’à la rhétorique enflammée du paléo-conservateur Patrick Buchanan qui a publiquement célébré la victoire de Trump.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-5635" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/06/Rached-Ghannouchi-Jacob-Walles.jpg" width="500" height="304" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>L&rsquo;ex-ambassadeur Walles chez Ghannouchi:  l’administration Trump se laisserait-elle duper ?</em></p>
<p><strong>Enterrer à jamais le printemps arabe </strong></p>
<p>Enfin, pour ce qui est du monde arabe et musulman, la transition sera sans doute spectaculaire. Face à la menace terroriste, Trump est pris d’un sentiment d’urgence.</p>
<p>Contrairement à la perception qui a prévalu jusque-là à Washington, à la Maison-Blanche et au Pentagone, convaincus qu’ils n&rsquo;étaient pas en mesure de venir à bout de ce phénomène, Trump entend dynamiser tous les éléments du pouvoir national d’une manière cohérente et synchronisée – semblable à l’effort consenti pendant la Seconde guerre.</p>
<p>Pour engager une telle bataille, seules des personnalités suffisamment fortes, telles que lui-même et le russe Poutine, seraient capables de venir à bout de la menace terroriste par l’instauration de régimes suffisamment autoritaires pour sortir leurs pays d’un chaos labyrinthique.</p>
<p>Pour écraser les djihadistes, il faudra commencer par enterrer à jamais le printemps arabe désormais dépouillé de sa raison d’être. Il est grand temps de procéder à un rééquilibrage de la politique dans la région.</p>
<p>Pour l’Egypte, le général Al-Sissi, déjà en place, fait bien l’affaire. En Libye, Haftar serait un bon candidat à soutenir. Quant au régime algérien, menacé par une crise économique profonde à la suite de la chute du prix du pétrole, son dirigeant espère que Trump réaffirmera son soutien à l’industrie pétrolière et rendra effectif une politique non interventionniste. Le sort de la Tunisie est plus incertain. C’est après tout la seule nation de la région dont le processus révolutionnaire a conduit à une transition démocratique. Aussi, la position que prendra la nouvelle administration républicaine de la Maison Blanche dépendra largement de l’évolution de l’islam, dit modéré, incarné par Ennahdha qui a réussi à tromper la candeur de l’Occident sur ses véritables intentions. Tout dépend si l’administration Trump se laisserait duper.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/01/29/comment-trump-va-t-il-changer-le-monde/">Comment Trump va-t-il changer le monde ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Bghouri à Al-Sissi : « Vous n&#8217;êtes pas le bienvenu en Tunisie »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Jan 2017 12:22:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MEDIA]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelfattah Al-Sissi]]></category>
		<category><![CDATA[Al-Sissi]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[Néji Bghouri]]></category>
		<category><![CDATA[président]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le président du SNJT ne se réjouit pas de la visite attendue, en Tunisie, du président égyptien, Abdelfattah Al-Sissi, à qui il reproche les atteintes à la liberté de la presse. Le ministre des Affaires étrangères égyptien a indiqué, jeudi, que le président tunisien Béji Caïd Essesbi a adressé une invitation officielle à son homologue égyptien Abdelfattah Al-Sissi,...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-80647" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/01/Al-Sissi-Bghouri-visite.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Le président du SNJT ne se réjouit pas de la visite attendue, en Tunisie, du président égyptien, Abdelfattah Al-Sissi, à qui il reproche les atteintes à la liberté de la presse.</strong></em></p>
<p><span id="more-80646"></span></p>
<p>Le ministre des Affaires étrangères égyptien a indiqué, jeudi, que le président tunisien Béji Caïd Essesbi a adressé une invitation officielle à son homologue égyptien Abdelfattah Al-Sissi, qui se rendra bientôt en Tunisie.</p>
<p>En réaction à cette information, Neji Bghouri, président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), a rappelé que <em>«l’Egypte vit ses pires moments sous le règne d’Al-Sissi», </em>ajoutant que «<em>les activistes et les journalistes y sont réprimés</em>».</p>
<p>«<em>Si vous décidez de venir en Tunisie, sachez que vous n’y êtes pas le bienvenu</em>», a écrit Neji Bghouri sur son compte Facebook, en s’adressant au président égyptien.</p>
<p>Rappelons que <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2016/11/19/egypte-deux-ans-de-prison-pour-le-president-du-syndicat-des-journalistes/">Yehya Kallache, </a>président du Syndicat des journalistes égyptiens, Gamal Abdelrahim et Khaled Elbalshy, membres de sa commission des libertés, ont été condamnés, le 19 novembre 2016, à 2 ans de prison pour avoir offert un refuge au siège du syndicat à des reporters pourchassés par la police.</p>
<p>Ces derniers avaient commis un crime de lèse-majesté en critiquant Abdelfattah Al-Sissi, l’accusant de vouloir instaurer un régime autoritaire en réprimant toute opposition et en limitant la liberté de la presse.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Y. N.</strong></p>
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		<title>La Tunisie prépare la réunion des pays voisins de la Libye</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Mar 2016 16:47:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Al-Sissi]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[Khemaies Jhinaoui]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie, qui cherche à reprendre la main sur l&#8217;affaire libyenne, prépare la prochaine réunion des pays voisins de la Libye, prévue les 21 et 22 mars 2016 à Tunis. Le ministre des Affaires étrangères Khemaies Jhinaoui a remis, aujourd’hui, au Caire, à son homologue égyptien Sameh Choukri, un message écrit du président de la...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/03/10/la-tunisie-prepare-la-reunion-des-pays-voisins-de-la-libye/">La Tunisie prépare la réunion des pays voisins de la Libye</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-42937 aligncenter" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/03/Beji-Caid-Essebsi-Abdelfattah-Sissi.jpg" alt="Beji-Caid-Essebsi-Abdelfattah-Sissi" width="626" height="380" /></p>
<p style="text-align: left;"><em><strong>La Tunisie, qui cherche à reprendre la main sur l&rsquo;affaire libyenne, prépare la prochaine réunion des pays voisins de la Libye, prévue les 21 et 22 mars 2016 à Tunis.</strong></em></p>
<p style="text-align: left;"><span id="more-42935"></span></p>
<p style="text-align: left;">Le ministre des Affaires étrangères Khemaies Jhinaoui a remis, aujourd’hui, au Caire, à son homologue égyptien Sameh Choukri, un message écrit du président de la république Béji Caid Essebsi au président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi.</p>
<p style="text-align: left;">Khemaies Jhinaoui participait aux travaux de la 145e session ordinaire du Conseil des ministres arabes des Affaires étrangères qui se tient au Caire.</p>
<p style="text-align: left;">Selon un communiqué du département des Affaires étrangères, le chef de la diplomatie égyptienne s&rsquo;est félicité lors de son entretien avec Khemaies Jhinaoui des <em>«relations harmonieuses»</em> entre les deux pays, faisant part de la volonté des deux parties de renforcer la coordination et la concertation sur les différents volets de la coopération et les questions régionales et internationales d&rsquo;intérêt commun.</p>
<p style="text-align: left;">L&rsquo;entretien qui s&rsquo;est déroulé au siège du ministère des Affaires étrangères en Egypte a permis d&rsquo;examiner les moyens de développer la coopération bilatérale et les préparatifs en prévision de la prochaine session de la haute commission mixte tuniso-égyptienne et de la commission de concertation politique sous la présidence des deux ministres des Affaires étrangères.</p>
<p style="text-align: left;">Au sujet de la situation en Libye, les deux ministres ont souligné «la nécessité de continuer la concertation et de coordonner les positions de manière à impulser le processus de règlement de la crise en Libye et accélérer la formation d&rsquo;un gouvernement d&rsquo;entente nationale», en prévision de la prochaine réunion des pays voisins de la Libye prévue les 21 et 22 mars 2016 à Tunis.</p>
<p style="text-align: right;"><em><strong>Source</strong></em>: Tap.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/03/10/la-tunisie-prepare-la-reunion-des-pays-voisins-de-la-libye/">La Tunisie prépare la réunion des pays voisins de la Libye</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>La démocratie est davantage réalisable en Tunisie qu’en Egypte et au Maroc</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Nov 2015 07:54:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[attaques terroristes]]></category>
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		<category><![CDATA[dialogue national]]></category>
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		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Nobel de la Paix]]></category>
		<category><![CDATA[Quartet]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les perspectives du processus de démocratisation sont plus réelles en Tunisie qu’au Maroc et en Egypte. Les Etats-Unis doivent en tenir compte. Par Sarah Yerkes * Face à toute la confusion et la tragédie auxquelles la région moyen-orientale est confrontée aujourd’hui, il y a eu peu de développements positifs récents, particulièrement dans les domaines de...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2015/11/10/la-democratie-est-davantage-realisable-en-tunisie-quen-egypte-et-au-maroc/">La démocratie est davantage réalisable en Tunisie qu’en Egypte et au Maroc</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-24232 aligncenter" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/11/Tunisie-Maroc-Egypte.jpg" alt="Tunisie-Maroc-Egypte" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Les perspectives du processus de démocratisation sont plus réelles en Tunisie qu’au Maroc et en Egypte. Les Etats-Unis doivent en tenir compte.</strong></em></p>
<p>Par <strong>Sarah Yerkes</strong> *</p>
<p><span id="more-24231"></span></p>
<p>Face à toute la confusion et la tragédie auxquelles la région moyen-orientale est confrontée aujourd’hui, il y a eu peu de développements positifs récents, particulièrement dans les domaines de la réforme politique en Tunisie, au Maroc et en Egypte.</p>
<p>Dans le premier cas, d’une manière générale, je reste optimiste quant aux perspectives à long terme du processus de démocratisation, alors que, dans les deux autres cas, je demeure sceptique sur les chances du moindre effort sérieux de réforme.</p>
<p>Dans mon analyse, j’essaierai de présenter les éléments positifs et négatifs dans chacun de ces cas et je conclurai ma réflexion par quelques remarques sur les conséquences que les évolutions dans ces trois pays peuvent avoir sur la politique des Etats-Unis.</p>
<p><strong>La Tunisie: une lueur d’espoir et quelques taches</strong></p>
<p>Dans le cas de la Tunisie, il y a de nombreux éléments positifs à relever – à commencer, par exemple, par la récente attribution du prix Nobel de la paix au Quartet du Dialogue national. Cette consécration a valeur de reconnaissance internationale du succès de la Tunisie et d’un constat de la voie semée d’embûches que le pays a parcourue.</p>
<p>Les scrutins présidentiel et parlementaire de 2014, sur l’indépendance et la liberté desquels les observateurs nationaux se sont accordés unanimement, ont été un autre élément positif dans le cas tunisien. Cette année, la Freedom House a également reconnu la Tunisie comme étant le seul pays arabe <em>«libre»</em>. Et la Tunisie est pays où la société civile est forte et dynamique, bien que n’étant pas nécessairement toujours victorieuse: elle a critiqué, haut et fort, les décisions récentes du gouvernement sur la loi antiterroriste et les efforts de la vérité et de la réconciliation.</p>
<p>En dépit de ces réussites, la Tunisie est confrontée à des enjeux de taille. Premièrement, la Tunisie doit s’entendre sur la loi de la réconciliation et la mise en œuvre des mesures de la réconciliation économique, qui ont donné lieu à de vives controverses. La Tunisie ne s’est toujours pas attaquée, comme il se doit, à cette question des abus de l’ancien régime.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-19836" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/10/le-Quartet-félicité-par-Hollande-Tunisie3.jpg" alt="le Quartet félicité par Hollande Tunisie3" width="500" height="300" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Le prix Nobel de la paix au Quartet du Dialogue national a valeur de reconnaissance internationale du succès de la Tunisie</em>.</p>
<p>Deuxièmement, la Tunisie compte tenir ses premières élections municipales libres en octobre 2016 – bien que cette date pourrait changer. Ce scrutin offre à la Tunisie la chance de s’engager dans la sérieuse entreprise de la décentralisation de son système politique et de la dévolution du pouvoir à l’échelle locale. Ceci représente un pas décisif dans toute transition démocratique et offre la possibilité de créer un lien plus direct entre le peuple et son gouvernement. La décentralisation peut, dans le même temps, soulager le gouvernement central de certaines tâches ayant trait, par exemple, à la collecte des ordures ou la prestation d’autres services de tous les jours.</p>
<p>La Tunisie fait également face au risque d’autres attaques terroristes. Le gouvernement est toujours à la recherche du juste équilibre entre la garantie de la défense et de la sécurité du pays, d’une part, et la dérive autoritaire, de l’autre – ainsi que l’ont démontré la nouvelle loi antiterroriste, les arrestations en masse et l’instauration de l’état d’urgence au lendemain de l’attentat terroriste de Sousse, l’été dernier. Cette tâche requiert un degré élevé de professionnalisme des services chargés de l’application de la loi et de la sécurité, dans le cadre d’un vaste programme de réforme de l’appareil sécuritaire tunisien.</p>
<p><strong>Maroc: Ne vous laissez pas induire en erreur par la façade</strong></p>
<p>Le Maroc a pu réaliser quelques progrès sur la voie de la réforme démocratique. Les mouvements de protestation de 2011 ont donné lieu à l’adoption d’une nouvelle constitution, permis l’élection d’un nouveau parlement et d’un chef de gouvernement islamiste, Abdelilah Benkirane. Cet aspect est d’importance à double titre: avant 2011, le parti de Benkirane, le Parti de la justice et du développement (PJD), a toujours été dans l’opposition; le PJD est le seul parti islamiste qui a accédé au pouvoir à la faveur d’élections au lendemain du Printemps arabe et il y est encore.</p>
<p>Le mois dernier, des élections régionales et municipales ont eu lieu au Maroc, en vertu d’un nouveau processus de décentralisation. Sur le papier, l’objectif consiste à déléguer aux autorités locales certains pouvoirs du gouvernement central, accorder le droit au peuple d’établir une relation directe avec les instances de la prise de décision – ainsi que je viens de l’examiner, dans le cas de la Tunisie. Seulement, à l’image de tout le processus de réforme au Maroc, cet effort de décentralisation, en réalité, n’implique aucunement une véritable dévolution de pouvoir, étant donné que les walis (gouverneurs), qui sont choisis par le roi, conservent un droit de véto absolu sur les décisions des conseils régionaux.</p>
<p>Pour plusieurs raisons, je doute qu’il existe des chances au Maroc pour la réalisation de réformes réelles. Premièrement, la Constitution de 2011 n’a pas engagé de changement réel. Le pouvoir dans sa quasi-totalité est toujours aux mains du roi et du Makhzen (le cercle restreint de la prise de décision). En outre, quatre ans plus tard, plusieurs lois organiques de la nouvelle constitution attendent encore d’être mises à exécution. Ainsi, bien qu’étant un document impressionnant, la nouvelle constitution marocaine n’a rien changé à la réalité politique du pays.</p>
<p>Plus inquiétant encore, l’an dernier, le gouvernement marocain a donné libre cours à l’usage de la force brutale contre les journalistes et certains dirigeants de l’opposition, a interdit les rassemblements des associations de droits de l’Homme et menacé de porter des accusations criminelles contre les activistes récalcitrants. De plus, les prochaines étapes de la réforme au Maroc n’ont toujours pas été définies. L’effort de décentralisation récent aurait pu être une avancée sérieuse sur la voie de la réforme. A présent que cette démarche a été, pour une bonne part, mise en application, il faudra attendre de voir ce que le gouvernement fera pour que cette entreprise continue de progresser et qu’elle soit menée jusqu’à son terme.</p>
<p><strong>Egypte: De faux pas en avant et de véritables pas en arrière </strong></p>
<p>Il est difficile de trouver des signes positifs dans le cas égyptien, mais les élections législatives qui se tiennent actuellement dans le pays pourraient inspirer un certain espoir. Tout d’abord, étant donné que l’Egypte n’a plus eu de parlement depuis 2012, le fait qu’un scrutin parlementaire s’y tienne, finalement, peut représenter, à priori, une bonne chose.</p>
<p>En outre, à cette occasion, le gouvernement égyptien a autorisé la présence d’observateurs nationaux internationaux, y compris des Ong et des ambassades étrangères –ce qui n’a pas été le cas auparavant.</p>
<p>De plus, théoriquement, le nouveau législatif égyptien peut exercer une certaine influence sur le chef de l’exécutif égyptien et servir de contrepoids au pouvoir du président Al-Sissi. Selon la constitution égyptienne de 2014, le parlement avalise le gouvernement nommé par le président, ou refuse de le cautionner, il a le droit d’appeler, par le vote des 2/3 de ses membres, à la tenue d’élections anticipées afin d’écarter le président.</p>
<p>Cependant, ces dispositions permettant au législatif de circonscrire les pouvoirs du président de la république égyptienne n’auront de sens que si les Egyptiens élisent des représentants du peuple ayant des vues politiques différentes de celles du président et étant prêts à faire le sacrifice de leur avenir politique (et à prendre le risque de se trouver derrière les barreaux) en s’opposant au président de la république. Qui sont-ils ces candidats aux élections législatives égyptiennes?</p>
<p>Plusieurs anciens membres de l’armée et responsables de la police et d’anciens membres du parti de Hosni Moubarak, le Parti national démocrate (PND), prennent part au scrutin législatif sur des listes partisanes différentes ou en tant que candidats indépendants. Plusieurs des listes en lice sont ouvertement en faveur du régime en place, y compris la liste <em>«Pour l’amour de l’Egypte»</em>, à laquelle les sondages accordent de bons scores. Le Front de la coalition égyptienne est reconnu comme étant étroitement associé au régime de Hosni Moubarak. En définitive, tous ceux qui auraient pu représenter une opposition sérieuse et crédible ont été soit disqualifiés ou ils ont décidé de boycotter l’élection parlementaire: les partis de gauche ont refusé de prendre part au scrutin et le Parti (islamiste) de la liberté et de la justice a été tout simplement interdit et dissous en 2014.</p>
<p>La première grande épreuve du nouveau parlement sera la révision des 200 décrets-lois que le président Al-Sissi a adoptés en l’absence du pouvoir législatif. Alors que la constitution stipule que tous ces décrets soient soumis à la révision du parlement et qu’ils soient abrogés, si le parlement n’agit pas dans un délai de 15 jours, un parlement qui sera constitué, selon toute vraisemblance, d’éléments pro-Al-Sissi ne fera sans nul doute qu’entériner ces décrets-lois et les transformer en lois, sans même prendre la peine de les lire.</p>
<p>En somme, l’Egypte et le Maroc se trouveront avec des parlements dans une large mesure impuissants.</p>
<p><strong>Que devrait faire Washington?</strong></p>
<p>A bien regarder, l’administration américaine actuelle a montré peu d’intérêt à appuyer la réforme politique au Moyen Orient. Dans ses déclarations publiques, le président Obama a laissé comprendre que les questions de la démocratie et des droits humains, bien qu’importants à ses yeux, ne constituent pas des intérêts centraux pour les Etats-Unis.</p>
<p>Dans le discours, la Maison Blanche et le département d’Etat soutiennent le principe de la réforme démocratique et ils ont salué, à maintes reprises et avec beaucoup d’enthousiasme, le succès de la Tunisie. Pourtant, la réalité est une histoire tout autre: la distribution de l’aide américaine n’a jamais suivi les belles paroles du gouvernement des Etats-Unis.</p>
<p>De fait, le niveau de l’assistance militaire et économique américaine à la Tunisie restent très en-deçà de ce dont le pays a besoin pour consolider ses acquis démocratiques.</p>
<p>Cette contradiction de l’administration américaine est particulièrement évidente lorsque l’on compare le volume des aides des Etats-Unis (de plusieurs milliards de dollars !) accordées à l’Egypte et à la Jordanie – en dépit de la dérive autoritariste dans le premier pays et de l’absence de progrès démocratique, dans le second.</p>
<p>Bien évidemment, chacun de ces pays a ses spécificités et chacun fait face à des défis particuliers. Mais, si l’administration américaine entend sérieusement donner un coup de pouce à la réforme politique, elle devrait appuyer son soutien théorique par un volume d’aide substantiel et digne de ce nom.</p>
<p>Indépendamment de l’issue des prochaines présidentielles américaines et de l’appartenance politique du prochain président ou de la prochaine présidente des Etats-Unis, il est peu probable que le locataire de la Maison Blanche investisse beaucoup de son temps et de son énergie à faire progresser la démocratie dans le monde arabe. D’ailleurs, fait très révélateur, cette question de la démocratie dans le monde arabe n’a pas jusqu’ici figuré dans les débats des primaires démocrates et républicaines. La plupart des candidats des deux partis maintiendront, selon toute vraisemblance, les mêmes relations avec l’Egypte, le Maroc et les autres pays de la région, et je ne m’attends pas à ce que la prochaine administration se tourne vers le ‘‘<em>Freedom Agenda’</em>’ de George W. Bush – pour le meilleur comme pour le pire.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Traduit de l’anglais par</em> <strong>Moncef Dhambri</strong></p>
<p><strong>Source</strong>: <a href="http://www.brookings.edu/blogs/markaz/posts/2015/10/22-political-reform-maghreb-yerkes" target="_blank"><em>‘‘Brookings’’</em></a>.</p>
<p><em>*Sarah Yerkes est collaboratrice émérite auprès au Center for Middle East Policy et membre du Council on Foreign Relations International Affairs. Elle a servi auparavant dans la section planification du Département d’Etat américain, où elle s’est spécialisée dans les Affaires nord-africaines. Elle a également été membre du staff chargé des dossiers palestinien et israélien, dans ce même département. Sarah Yerkes a occupé la fonction de consultante géopolitique auprès de la Direction de la planification et des politiques stratégiques (J5) au sein du Pentagone.</em></p>
<p><em>** Le titre est de la rédaction et les intertitres sont de l’auteur.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2015/11/10/la-democratie-est-davantage-realisable-en-tunisie-quen-egypte-et-au-maroc/">La démocratie est davantage réalisable en Tunisie qu’en Egypte et au Maroc</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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