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	<title>Archives des aliments du bétail - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des aliments du bétail - Kapitalis</title>
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		<title>Tunisie : une fête de l’agriculture au goût amer</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 May 2022 08:36:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La fête de l’agriculture, célébrée le 12 mai 2022, était cette année en Tunisie un peu différente de celle des années précédentes.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/14/tunisie-une-fete-de-lagriculture-au-gout-amer/">Tunisie : une fête de l’agriculture au goût amer</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Alors que les crises successives (pandémie covid-19, guerre en Ukraine, perturbation du commerce international et de la logistique&#8230;) montrent la nécessité d&rsquo;améliorer notre sécurité alimentaire et de réduire notre dépendance vis-à-vis des marché internationaux, en Tunisie, le gouvernement est en train de marginaliser le secteur agricole, poursuivant sa politique suicidaire basée sur la protection du consommateur aux dépens des producteurs.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Ridha Bergaoui</strong> *</p>



<span id="more-644548"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/05/Ridha-Bargaoui.jpg" alt="" class="wp-image-298598"/></figure></div>



<p>La fête de l’agriculture, célébrée le 12 mai 2022, était cette année en Tunisie un peu différente de celle des années précédentes. Censée célébrer la nationalisation des terres agricoles, cette fête a représenté une grande déception aussi bien pour les agriculteurs que les consommateurs et les différents opérateurs du secteur.</p>



<p>En effet, depuis quelques jours, dans toutes nos régions, les éleveurs s’agitent. Ils manifestent leur mécontentement à la suite de l’augmentation importante des prix des aliments concentrés sans augmentation proportionnelle des prix à la production des produits (lait, viande et œufs). Cette augmentation a entraîné de grosses pertes au niveau des producteurs et la menace de faillite de nombreux petits éleveurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Flambée des prix des aliments concentrés</h2>



<p>Les éleveurs ont déversé le lait en pleine rue, ont bloqué l’accès de nombreuses routes. Dans la région de Mahdia, il y a quelques jours, ils ont empêché l’accès à une centrale laitière privée occasionnant à la dite usine des pertes importante.</p>



<p>Très compréhensif des difficultés des éleveurs, le ministre de l’Agriculture sur Watania 1, la chaîne de télévision nationale, avait promis une augmentation des prix à la production du lait, viande de volaille et œufs.</p>



<p>Autant cette <em>«bonne nouvelle»</em> avait plu aux éleveurs, autant elle a été très critiquée par les consommateurs dont le pouvoir d’achat ne cesse de se dégrader et qui trouvent beaucoup de difficultés à joindre les deux bouts.</p>



<p>Présageant probablementla mauvaise réaction du citoyen face à ces augmentations, le ministre du Commerce a précisé qu’il s’agit seulement d’un projet en cours d’étude. Le président de la république lui-même a assuré qu’il n’est pas question de toucher au pouvoir d’achat des classes économiquement faibles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des décisions décevantes</h2>



<p>Le jour de la fête de l’agriculture, le porte-parole du gouvernement, a annoncé certaines mesures prises par le gouvernement en cette occasion.</p>



<p>Il a annoncé une augmentation du prix à la production des céréales (blé dur, blé tendre et orge) et la mise en place d’une stratégie visant notre autosuffisance en blé dur. Il a également expliqué que la dernière augmentation des prix des viandes blanches, juste après le mois de ramadan, a été décidée unilatéralement par les abattoirs de volaille, sans autorisation préalable du ministère du Commerce, qui ont mis ainsi tout le monde devant le fait accompli.</p>



<p>En réalité, il s’avère que la prétendue augmentation des prix des céréales a été déjà annoncée par le ministre de l’Agriculture depuis plus d’un mois, le 6 avril précisément.</p>



<p>Pour la viande de volaille, l’augmentation est irréversible et le ministère du Commerce est apparemment incapable de s’y opposer. Il s’est contenté de dresser deux plaintes en référé auprès du Conseil de la Concurrence, l’une à l’encontre des abattoirs de volaille et la seconde à l’encontre des usines d’aliments. Ceux-ci ont également augmenté, d’une façon importante et sans aucune consultation préalable, les prix de vente des aliments concentrés.</p>



<p>Aucun mot au sujet des prix du lait et des œufs ou sur le soutien aux éleveurs qui souffrent de l’augmentation excessive des prix des aliments du bétail.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des questions se posent</h2>



<p>Tout d’abord, il est étonnant que ce ne soit pas le ministre de l’Agriculture qui présente ces mesures prises par le gouvernement à l’occasion de cette fête de l’agriculture ou du moins qu’il ne soit pas présent à cette conférence de presse. Au fait cela se comprend puisque le porte-parole du gouvernement contredit le ministre de l’Agriculture qui avait auparavant promis des augmentations à annoncer à l’occasion.</p>



<p>Ces incidents montrent le cafouillage et le manque de coordination de l’équipe gouvernementale et soulèvent de nombreuses questions.</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Autant on est content pour les agriculteurs qui voient les prix des céréales augmenter ce qui dénote de l’intérêt des autorités pour cette production essentielle et notre sécurité alimentaire, autant le consommateur se demande si c’est à lui de payer la facture et voir les prix des produits à base de céréales augmentés.</li><li>Le problème des éleveurs laitiers reste entier, cela signifie-t-il que l’Etat se désintéresse du secteur, aussi crucial sur le plan socio-économique, et laisse les éleveurs dans les difficultés?</li><li>Les éleveurs de pondeuses se trouvent lourdement pénalisés et risquent d’abandonner le secteur. Le gouvernement considère-il les œufs indispensables, parce qu&rsquo;elles représentent la source principale et la moins chère de protéines animales accessibles aux classes pauvres?</li></ul>



<p>Encore une fois, les faits montrent que les lobbies des agro-alimentaires et les puissants groupes (abattoirs de volaille et fabricants d’aliment) arrivent à imposer ce qu’ils veulent alors que les petit éleveurs ne peuvent se faire entendre et que l’Etat est faible et ne peut imposer son autorité aux groupes organisés et puissants.</p>



<p>Il faut reconnaître qu’il est légitime que les fabricants d’aliments concentrés demandent une augmentation du prix sachant que les matières premières (maïs, tourteau de soja, minéraux, surtout le phosphate bicalcique et autres additifs) ainsi que l’énergie ont connu ces derniers temps des augmentations significatives suite à la pandémie covid-19, la guerre en Ukraine et les perturbations du transport maritime.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelle solution pour les producteurs&nbsp;?</h2>



<p>Il n’est ni juste ni légitime que ce soient les petits éleveurs et le consommateur seuls qui payent les frais de la crise mondiale dont ils ne sont nullement responsables.</p>



<p>Partout dans le monde, les autorités ont instauré des stratégies et des mécanismes pour soutenir les agriculteurs et les éleveurs et les aider à dépasser les difficultés actuelles.</p>



<p>Quatre solutions sont envisageables&nbsp;:</p>



<p>1 &#8211; augmenter les prix à la production avec augmentation du prix de vente au consommateur, ce qui risque de provoquer des mouvements sociaux graves;<br>2- augmenter les prix à la production sans augmentation du prix de vente au consommateur, ce qui risque d’aggraver la situation de déficit de la caisse de compensation;<br>3- ne rien faire ce qui va entraîner la faillite des éleveurs, la destruction des filières suivie de la chute de la production et l’importation inévitable pour satisfaire les besoins du consommateur;<br>4- forcer les fabricants d’aliments à revenir aux anciens prix des aliments concentrés, ce qui est d’une part très peu probable et d’autre part entraînerait la faillite et la fermeture des usines d’aliments concentrés.</p>



<p>La seule solution réaliste serait la deuxième avec la possibilité de faire supporter une partie de l’augmentation du prix au producteur par le consommateur et le reste par la caisse de compensation. Cette solution permettrait de sauver les filières sans trop pénaliser le pouvoir d’achat du consommateur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les terres domaniales, un patrimoine mal géré</h2>



<p>La fête nationale de l’agriculture a une symbolique très importante puisqu’elle commémore la nationalisation de nos terres agricoles en 1964, ces terres les plus fertiles et les plus productives de la Tunisie, jadis de véritables îlots verdoyants et productifs.</p>



<p><a href="https://journals.openedition.org/etudesrurales/9888" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mohamed Elloumi</a> indique que ce patrimoine représentait en 1995, près de 500&nbsp;000 ha (soit 10% de la surface agricole nationale) dont plus de 185&nbsp;000 ha (37%) gérés par l’Office des terres domaniales (OTD) sous forme de complexes agro-alimentaires et près de 150&nbsp;000 ha (30%) sous forme de coopératives (UCPA), le reste étant mis à la disposition des entreprises publiques, SMVDA ou loués aux privés.</p>



<p>Ces terres se trouvent de nos jours dans un état déplorable, mal gérées et mal exploitées alors que le pays importe la plus grande partie de ses produits alimentaires essentiels (surtout les céréales et les huiles végétales) dans des conditions de plus en plus difficiles et dans un contexte national et mondial très instable et incertain.</p>



<p>Beaucoup de terres agricoles domaniales échappent à l’autorité de l’Etat. Chaque années des milliers d’hectares de terres, spoliées et exploitées par des citoyens d’une façon illégale, sont récupérées et retournent au patrimoine de l’Etat. Toutefois, de nombreuses questions restent posées&nbsp;au sujet de ces terres récupérées. Quel est le devenir de ces terres et dans quelles conditions sont-elles actuellement gérées? Fallait-il les laisser chez les privés au moins jusqu’à la fin de la saison agricole?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’agriculture, un secteur oublié et marginalisé</h2>



<p>Il est certain que la question alimentaire ne s’est jamais posé avec autant de gravité. Sécheresse, réchauffement climatique, pandémie covid-19 et dernièrement la guerre en Ukraine nous font miroiter des images qu’on croyait révolues. La famine et la pénurie alimentaire menacent de nombreux pays.</p>



<p>En Tunisie, les scènes de bousculades pour acheter un paquet de farine ou semoule, des rayons des grandes surfaces vides de certains produits alimentaires, des citoyens qui font la queue pour acheter une baguette de pain… sont affligeantes.</p>



<p>La menace de manque de blé et de pain est là. La hausse des prix de l’énergie, des matières premières et la désorganisation de la logistique à l’échelle mondiale ont mis en difficulté nos filières de production et à rude épreuve le pouvoir d’achat de nos concitoyens. Toutes nos filières de production sont sérieusement menacés, les petits producteurs (agriculteurs et éleveurs qui sont majoritaires en Tunisie) suffoquent et étouffent sous le poids de l’augmentation des prix des intrants.</p>



<p>Améliorer nos productions et notre sécurité alimentaire est indispensable et une priorité nationale indiscutable.</p>



<p>Cela passe par&nbsp;:</p>



<p>&#8211; la réhabilitation de l’agriculture, l’encouragement et l’encadrement des agriculteurs;</p>



<p>&#8211; une meilleure gestion de nos terres domaniales;</p>



<p>&#8211; par une politique rationnelle des prix pour ne pas pénaliser les producteurs tout en tenant compte du pouvoir d’achat du consommateur;</p>



<p>&#8211; par une bonne politique de communication pour expliquer aux consommateurs les difficultés du secteur agricole.</p>



<p>Enfin cela passe par une révision de la politique de subvention des produits alimentaires, de la révision des salaires et le soutien aux familles nécessiteuses.</p>



<p><em>* Universitaire. </em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



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		<title>Comment améliorer la rentabilité de l’élevage : 2- Pour un élevage performant et durable</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/14/comment-ameliorer-la-rentabilite-de-lelevage-2-pour-un-elevage-performant-et-durable/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Feb 2021 09:07:41 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Ridha Bergaoui]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le prix des aliments du bétail ne cessent d’augmenter et les marges bénéficiaires des éleveurs de se réduire. Les éleveurs demandent aux autorités d’intervenir pour diminuer les prix des aliments ou libérer le prix de vente du lait, viandes et œufs. Par Ridha Bergaoui * Dans le contexte économique actuel difficile, ces solutions paraissent peu...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Elevage-Bovins.jpg" alt="" class="wp-image-336225"/></figure>



<p><strong><em>Le prix des aliments du bétail ne cessent d’augmenter et les marges bénéficiaires des éleveurs de se réduire. Les éleveurs demandent aux autorités d’intervenir pour diminuer les prix des aliments ou libérer le prix de vente du lait, viandes et œufs.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Ridha Bergaoui</strong> *</p>



<span id="more-336223"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/05/Ridha-Bargaoui.jpg" alt="" class="wp-image-298598"/></figure></div>



<p>Dans le contexte économique actuel difficile, ces solutions paraissent peu réalisables. Une autre possibilité reste envisageable, celle de l’amélioration des performances techniques des élevages et la réduction des prix de revient des produits.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Quelques données sur le secteur de l’élevage</h3>



<p>Les dernières données de l’Office de l’élevage et du pâturage (OEP) indiquent que Le troupeau bovin national est constitué de 437.400 unités femelles dont 252.900 laitières de races pures et 184.500 femelles locales et croisées. Cet effectif est réparti sur 112.100 éleveurs et la production de lait a atteint 1 424 million de litres/an et celle des viandes rouge est de 124.500 tonnes</p>



<p>La moitié des exploitants agricoles possèdent des superficies &lt; 20 Ha. Celles-ci couvrent moins des 40 % des surfaces cultivées mais abritent 2/3 des bovins et plus de 50 % des petits ruminants.</p>



<p>La production de viande blanche (poulet et dindon) est de 197.400 tonnes, celle des œufs est de 1 940 million d’unités.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un élevage bovin peu performant</h3>



<p>Les performances du cheptel national sont, d’une façon générale, faibles. C’est le cas surtout des petits et moyens éleveurs, qui détiennent la plus grande partie du cheptel, et qui n’ont généralement ni la technicité ni les moyens matériels et financiers nécessaires pour une conduite rationnelle du cheptel.</p>



<p>Pour le troupeau bovin, les performances sont généralement très en-deçà des normes recommandées. L’objectif des éleveurs laitiers est d’avoir une bonne production laitière (lactation de 300 jours et 60 j de tarissement) et un veau/an soit un intervalle vêlage-vélage de 360 jours. Ces performances sont loin d’être atteintes. La production laitière est faible, l’intervalle entre vêlages trop long, des difficultés de retour en chaleur des vaches, un nombre important d’inséminations artificielles/vélage, des problèmes de stérilité et des ennuis sanitaires très fréquents (surtout boiteries et mammites) entraînant des réformes précoces des laitières. En moyenne une vache laitière est réformée après moins de 4 vêlages. Une réforme précoce représente un manque à gagner important pour l’éleveur puisque l’achat d’une génisse coûte cher (plus de 7 000 dinars) et doit être amortie sur un maximum de vélages. La qualité du lait reste médiocre et en été, avec la chaleur et le pic de production, la qualité se détériore rapidement et de nombreux centres de collecte refusent de réceptionner le lait des petits éleveurs ou des ramasseurs.</p>



<p>À côté des performances des animaux, la rentabilité de l’élevage dépend de la composition de la ration distribuée aux animaux et du prix d’achat des aliments. Une ration composée d’aliments produits à la ferme (verdure, foin, ensilage, paille, concentré autoproduit à base d’orge et de féverole par exemple) revient beaucoup moins cher qu’une ration dont les composés sont achetés du commerce.</p>



<p>Dans ce sens, le prix de revient d’un litre de lait produit dans une ferme du nord de la Tunisie qui pratique un élevage intégré à un système de culture revient beaucoup moins cher que celui produit par un élevage hors sol du Sahel par exemple qui est obligé d’acheter le concentré, le foin et la paille pour alimenter ses vaches.</p>



<p>Par ailleurs, le lait d’une vache nourrie à la verdure est beaucoup plus riche en matière grasse qu’un lait produit à partir d’un aliment concentré. Celui-ci conduit par ailleurs à des problèmes sanitaires fréquents d’acidose.</p>



<h3 class="wp-block-heading">De petits éleveurs avicoles en difficulté</h3>



<p>L’élevage avicole connaît également des difficultés suite à l’augmentation continue du prix du concentré consécutif à l’augmentation mondial des cours du maïs et du soja.</p>



<p>Le problème est moins grave pour les grandes entreprises généralement bien structurées et intégrées. Celles-ci disposent généralement de divers maillons de la chaîne de production (couvoir pour les poussins, usine d’aliments, bâtiments de production, abattoir et même points de vente). Une augmentation du prix des matières premières a une faible incidence sur le prix de vente du produit final (poulet, dindon ou œuf).</p>



<p>Ce sont surtout les petits éleveurs qui doivent acheter tout (poussins, aliments, produits vétérinaires, litière, matériel d’élevage…) et qui sont obligés de passer par des intermédiaires pour écouler leurs produits, qui sont les plus pénalisés. Les marges bénéficiaires pour ces producteurs sont très réduites d’autant qu’ils ont très peu de ressources et se trouvent à la merci de gourmands fournisseurs d’intrants et des intermédiaires sans scrupules. Par ailleurs, du fait de leur faible technicité et des mauvaises conditions d’élevage, les performances de ces élevages sont généralement médiocres : faible croissance ou ponte, gaspillage et mauvaise valorisation du concentré, mortalité élevée…</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des cultures fourragères peu pratiquées et marginalisées</h3>



<p>Depuis longtemps, la culture des fourrages a été peu attractive pour les agriculteurs tunisiens. Ceux-ci préfèrent cultiver le blé dur plus rémunérateur. Ceux qui cultivent les fourrages, font généralement de l’avoine coupée tardivement comme foin et destiné surtout à la vente et à la spéculation.</p>



<p>À part les fermes étatiques, rares sont les exploitations qui produisent le fourrage et le conservent (en foin ou ensilage) pour nourrir un cheptel élevé sur place. Nous avons d’une part des agriculteurs qui n’élèvent pas d’animaux et des éleveurs qui font de l’élevage hors sol ou font pâturer leurs animaux au bord des routes ou dans les oueds.</p>



<p>Le prix du foin, généralement de mauvaise qualité, est élevé et la plupart des éleveurs comptent surtout sur les aliments concentrés du commerce pour nourrir leurs animaux.</p>



<p>L’année dernière, la production de verdure a été estimée à 2.800.000 tonnes, celle de l’ensilage est d’environ 518.000 tonnes et le foin 836.000 tonnes. La production de concentré par les usines d’aliments a été de 2.198.500 tonnes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pour un élevage performant, rentable et durable</h3>



<p>Quoique sur le plan quantitatif, l’élevage a permis d’atteindre notre autosuffisance en matière de lait, de viandes et d’œufs, sur le plan rentabilité, performances techniques et qualité du produit, beaucoup reste à faire et d’importantes marges d’amélioration sont possibles.</p>



<p>L’élevage hors sol, consommateur d’intrants achetés de l’extérieur de l’exploitation (surtout aliments concentrés) est très fragile et se trouve secoué à chaque hausse des prix des facteurs de production. C’est un élevage non concurrentiel, non rentable et non durable.</p>



<p>Seuls les élevages bovins des exploitations polyvalentes intégrées (cultures-élevage) du nord de la Tunisie qui produisent sur place une partie raisonnable des aliments pour nourrir leur cheptel, sont rentables. Ces élevages ne représentent que 20% des éleveurs (GIVR).</p>



<p>Ces fermes doivent bénéficier d’encadrement technique de la part des organismes agricoles de vulgarisation pour les aider à adopter les techniques modernes et avantageuses de la production fourragère et animale. Alimentation convenable du cheptel, conduite rationnelle de la reproduction, hygiène et soins aux animaux doivent faire l’objet d’une attention permanente afin d’améliorer la production, la qualité des produits tout en ménageant l’état de santé et le bien-être des animaux.</p>



<p>Les cultures fourragères doivent prendre une place conséquente au sein de l’exploitation. Les bonnes pratiques de production, de conservation et d’utilisation des fourrages ont une incidence directe sur la qualité et la valeur nutritionnelle des aliments produits. Ces pratiques doivent être enseignées aux éleveurs afin de produire des aliments de qualité et bon marché et améliorer ainsi la rentabilité de l’élevage.</p>



<p>Par ailleurs, il est temps d’encourager les bons éleveurs qui font des efforts pour produire un lait de bonne qualité, hygiénique et riche en éléments nutritifs. Le paiement du lait à la qualité est une priorité pour motiver les éleveurs et faire progresser la filière.</p>



<p>Enfin, l’aviculture intensive est, dans le monde entier, l’affaire de grosses entreprises intégrées qui détiennent les différents maillons de la chaîne de production. Les petits éleveurs ne peuvent être concurrentiel et survivre devant ces sociétés très puissantes. Pour y faire face, les petits éleveurs doivent nécessairement diversifier leurs activités et s’organiser en coopératives, sociétés, etc., pour bien négocier avec les fournisseurs et les clients. Cette organisation permet également d’encadrer les éleveurs afin qu’ils améliorent leurs performances et la rentabilité de leur activité.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Conclusion</h3>



<p>Le prix des aliments du bétail connaissent une hausse régulière. Cette tendance n’est pas prête à fléchir. Soutenir le secteur de l’élevage à coup d’aides et de subventions n’est plus raisonnable dans l’actuel contexte économique national difficile.</p>



<p>Les éleveurs sont appelés à améliorer la conduite de leurs troupeaux afin d’améliorer leurs performances technico-économiques et rentabiliser leur activité.</p>



<p>Le rôle de l’Etat est de soutenir les éleveurs et les aider à y parvenir en réorganisant les services d’encadrement et de vulgarisation qui doivent bénéficier des moyens nécessaires pour arriver à un élevage performant (sur le plan quantitatif et qualitatif) et rentable. Les éleveurs peu performants seront malheureusement obligés de quitter le secteur et de se reconvertir. L’Etat a le devoir de les aider et les soutenir.</p>



<p><em>* Professeur universitaire</em>.</p>



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		<title>Comment améliorer la rentabilité de l’élevage : 1- Un secteur stratégique et délicat</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Feb 2021 10:08:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[abattage du cheptel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis quelque temps, les éleveurs ne cessent de manifester leur mécontentement au sujet de l’augmentation continue du prix des aliments du bétail. Associée à une chute importante des ventes, suite au repli induit par la pandémie de la Covid-19 dans les secteurs de l’hôtellerie et la restauration, cette hausse des prix des concentrés a conduit...</p>
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<p><strong><em>Depuis quelque temps, les éleveurs ne cessent de manifester leur mécontentement au sujet de l’augmentation continue du prix des aliments du bétail. Associée à une chute importante des ventes, suite au repli induit par la pandémie de la Covid-19 dans les secteurs de l’hôtellerie et la restauration, cette hausse des prix des concentrés a conduit à la faillite de nombreux éleveurs et la vente ou l’abattage du cheptel.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Ridha Bergaoui</strong> *</p>



<span id="more-336000"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/05/Ridha-Bargaoui.jpg" alt="" class="wp-image-298598"/></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading">Un peu d’histoire</h3>



<p>Il y a une cinquantaine d’années, le Tunisien consommait très peu de produits d’origine animale (viande, lait et œufs). Avec le changement du mode de vie, l’augmentation du pouvoir d’achat et l’ouverture du pays sur le tourisme, de nouvelles habitudes se sont installées chez le Tunisien qui a fini par adopter un régime diversifié avec une part importante de lait, de viande et d’œufs.</p>



<p>Pour faire face à une demande de plus en plus croissante en produits d’origine animale, l’Etat tunisien a mis au point à partir de l’indépendance, et à travers les différents plans quinquennaux de développement, diverses stratégies pour développer le secteur de l’élevage. L’Etat a dû motiver les éleveurs grâce à un système de subventions et de prêts à très faibles taux d’intérêt. Les aliments concentrés du bétail ont été cédés aux éleveurs à des prix symboliques.</p>



<p>Les années 1970 ont connu un développement fulgurant de l’élevage avicole intensif et la mise en place des différents maillons d’une filière avicole moderne (élevage de reproducteurs, couvoirs, usines d’aliments…). L’élevage bovin laitier suivra un peu plus tard.</p>



<p>En 1990, la Tunisie a arrêté toute importation de lait et a connu, pour la première fois, l’autosuffisance en ce produit de grande consommation dont la demande ne cesse de progresser. La production a suivi l’évolution de la consommation pour satisfaire la demande locale, le secteur touristique et même exporter un excédent occasionnel.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Elevage bovin hors sol</h3>



<p>La Tunisie est parvenue à l’autosuffisance en lait grâce à la création de nouveaux bassins laitiers au Sahel et au sud et au développement d’un réseau de centres de collecte qui couvrent l’ensemble du pays. Implantés particulièrement dans les régions de Sousse, Mahdia, Sfax et Gabes, les élevages hors sol représentent aujourd’hui la moitié des élevages laitiers (GIVR).</p>



<p>Les vaches, logées dans de petits abris, sont nourries essentiellement de concentré avec un complément de foin ou plutôt de la paille comme aliment de lest. Quelques déchets végétaux et du pain rassis sont utilisés occasionnellement selon les disponibilités. La main d’œuvre est essentiellement familiale et le lait est vendu soit à des pâtisseries-cafés-crémeries soit à des centres de collecte.</p>



<p>Cet élevage a connu au début de son lancement un franc succès. Toutefois avec l’augmentation continue du prix du concentré et le blocage du prix de cession du lait par l’éleveur aux centres de collecte, les marges bénéficières se sont réduites d’une façon catastrophique et les éleveurs n’arrivent même plus à couvrir les frais alimentaires de leur cheptel. De nombreux petits éleveurs ont dû se débarrasser de leurs vaches et arrêter cet élevage devenu peu attractif.</p>



<p>Il faut remarquer que les élevages laitiers fournissent du lait mais également de la viande (engraissement des veaux issus de ces élevages et abattage des vaches de réforme). La chute des effectifs des laitières entraîne une chute de la production de lait et également une diminution de la production de viande.</p>



<p>Cet élevage artificiel, basé sur l’achat des aliments et des divers intrants, est à l’opposé d’un élevage durable. De nombreux spécialistes prévoyaient, dès le début, l’échec de ce type de spéculation. Toutefois, les politiciens avaient poussé vers le développement de ce type d’élevage dans l’intention de créer de l’emploi et contribuer à atteindre l’autosuffisance en lait et viande.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le maïs et le soja, deux composants essentiels des aliments du bétail</h3>



<p>Le maïs et le tourteau de soja représentent les deux composants essentiels des concentrés destinés à l’alimentation animale. Sur le plan nutritionnel, ces deux aliments se complètent parfaitement et leurs combinaisons permettent de couvrir les besoins nutritionnels de la plupart des animaux (apports en énergie, protéines, acides aminés essentiels, minéraux…).</p>



<p>Ces deux aliments sont importées en des quantités de plus en plus croissantes pour faire face aux besoins de l’élevage avicole et celui des ruminants surtout la vache laitière et l’engraissement.</p>



<p>La consommation nationale annuelle de tourteau de soja est d’environ 600.000 tonnes dont 70% sont utilisés dans les aliments volaille. Avec la création de deux usines de trituration des graines de soja (Carthage Grains et Poulina), la Tunisie n’importe plus du tourteau de soja mais des graines de soja triturées sur place pour extraire de l’huile pour la cuisine et le tourteau valorisé dans l’alimentation animale.</p>



<p>En 2020, la Tunisie a importé 1.032.500 tonnes de maïs et plus de 650.000 de soja (Onagri, MAPRH).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Hausse du prix des produits agricoles au niveau mondial</h3>



<p>Les disponibilités du maïs et soja, dépendent des conditions climatiques dans les régions productrices surtout en Amérique. La demande connait de fortes pressions surtout de la part de la Chine, devenue un très gros consommateur de produits agricoles.</p>



<p>Les prix varient en fonction de l’offre et de la demande. La tendance d’une façon générale est à la hausse. Avec la crise de la Covid-19, cette tendance va certainement persister pour encore quelque temps.</p>



<p>Pour les productions animales, l’alimentation est le principal poste de dépense. Selon le système de production, ce poste représente de 65 à 70% du prix de revient des produits (lait, viande ou œufs). De l’autre côté, et afin de sauvegarder le pouvoir d’achat du consommateur, l’Etat intervient pour plafonner ou subventionner les produits alimentaires essentiels dont le lait demi-écrémé, les œufs et la viande. L’éleveur voit sa marge se réduire, il enregistre plutôt des pertes importantes que le petit éleveur, dont les moyens financiers sont très faibles, est incapable de supporter. Celui-ci est acculé à se débarrasser de ses animaux à n’importe quel prix et à chercher un créneau plus rentable.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Conditions d’un élevage rentable</h3>



<p>Il est possible de rencontrer des éleveurs très compétents qui maîtrisent parfaitement la conduite de leurs troupeaux soit qu’ils sont diplômés d’une école d’agriculture soit qu’ils ont acquis une longue expérience et sont des passionnés de l’élevage. Toutefois, la plus grande partie des personnes qui s’occupent de l’élevage n’ont pas la formation nécessaire s’agissant d’un simple ouvrier, d’un membre de la famille ou du propriétaire lui-même.</p>



<p>Par ailleurs, les faibles moyens octroyés aux organismes d’encadrement et de vulgarisation (OEP, CRDA et CTV, UTAP et autres organismes officiels) ne permettent pas de toucher tous les éleveurs et de faire régulièrement le suivi des élevages et dispenser les conseils aux éleveurs pour les former et les renseigner. De la technicité et professionnalisme de l’éleveur dépend l’état et la santé du troupeau, ses performances et la rentabilité de l’élevage. Pour être rentable, celui-ci doit répondre aux normes techniques connues relatives aux paramètres de reproduction, la mortalité, la consommation d’aliment, et aux performances quantitatives et qualitatives de la production envisagée.</p>



<p>La technicité de l’éleveur est d’autant plus importante que l’animal a fait l’objet d’une sélection génétique poussée. C’est le cas de la vache Holstein, qui représente la plus grande partie du cheptel laitier, et qui est une véritable machine à lait capable de produire dans de bonnes conditions d’élevage jusqu’à 60 litres/jour. C’est une excellente laitière, toutefois elle est très exigentes et sensible à une mauvaise conduite et aux erreurs d’élevage.</p>



<p>À côté du potentiel génétique de l’animal, le facteur alimentation (quantitative et qualitative) détermine non seulement les performances productives de l’animal mais également ses performances reproductives, son état de santé et sa longévité. Une alimentation insuffisante et/ou déséquilibrée entraîne une faible production, des difficultés de reproduction, des pathologies nutritionnelles et diverses entraînant une réforme précoce de l’animal.</p>



<p>Enfin les conditions de logement, l’hygiène sanitaire et vétérinaire et la conduite de la reproduction interviennent dans la détermination de la productivité du troupeau et la rentabilité de l’élevage. Une bonne détection des chaleurs et une insémination dans les délais sont des gages de bonnes performances reproductives. La chaleur et le stress thermique ont une incidence négative sur le confort des animaux allant de la chute de la consommation d’aliments et des performances à la mort par hyperthermie. La sécheresse a un effet indirect, elle entraîne une diminution des disponibilités fourragères et des performances de production et de reproduction. Elle favorise également la multiplication des pathologies et du parasitisme.</p>



<p>Un animal performant, une alimentation adéquate et un environnement d’élevage propice permettent d’obtenir de bonnes performances. Toutefois, en matière d’élevage, la bonne technicité de l’éleveur et son sens de l’observation sont les véritables gages de réussite. En effet, il est bien admis que <em>«c’est l’œil du maître qui engraisse le cheval».</em></p>



<p>* <em>Professeur universitaire.</em></p>



<p><strong><em>Prochain article : 2- Pour un élevage performant et durable</em></strong></p>



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