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	<title>Archives des autocratie - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des autocratie - Kapitalis</title>
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		<title>Tunisie &#124; Les erreurs d&#8217;hier, l’impuissance d’aujourd’hui</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 07:55:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Zine El Abudine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie fait face aujourd'hui aux difficultés économiques, à la dégradation des services publics, à la fatigue démocratique et au sentiment d’impuissance. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/01/tunisie-les-erreurs-dhier-limpuissance-daujourdhui/">Tunisie | Les erreurs d&rsquo;hier, l’impuissance d’aujourd’hui</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La crise tunisienne nourrit une tentation familière : regarder le passé comme un âge de stabilité, d’ordre et de prospérité relative. Face aux difficultés économiques, à la dégradation des services publics, à la fatigue démocratique et au sentiment d’impuissance qui traverse le pays, les années Bourguiba et Ben Ali peuvent apparaître, rétrospectivement, comme des périodes plus lisibles et plus protectrices.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ali Guidara *</strong></p>



<span id="more-19548125"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="341" height="512" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Ali-Guidara-2.png" alt="" class="wp-image-19296482" style="width:200px;height:auto" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Ali-Guidara-2.png 341w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Ali-Guidara-2-200x300.png 200w" sizes="(max-width: 341px) 100vw, 341px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Cette nostalgie confond pourtant souvent l’absence de bruit avec l’absence de blocage. La Tunisie d’aujourd&rsquo;hui n’est pas née du seul désordre de la transition démocratique. Elle est aussi l’héritière de fragilités politiques, sociales et économiques constituées bien avant 2011.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reconnaître les réalisations des pouvoirs passés ne signifie donc pas les absoudre. Cela suppose de tenir ensemble les acquis réels et les failles profondes qu’ils ont laissés derrière eux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’État construit par le sommet</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sous Habib Bourguiba, la Tunisie indépendante a consolidé un État moderne, une administration structurée et un système éducatif ambitieux. Les progrès accomplis en matière de santé, de scolarisation et de droits des femmes, notamment avec l’adoption du Code du statut personnel, demeurent des repères majeurs de l’histoire nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette période a également consolidé l’idée d’une citoyenneté tunisienne et fourni au pays des instruments de modernisation dont il bénéficie encore. Mais la centralisation du pouvoir, le refus du pluralisme et la prééminence du parti-État ont limité l’émergence d&rsquo;une vie politique autonome.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Surtout, les bénéfices de cette modernisation n’ont pas été distribués de manière équitable. Une partie importante de la population est demeurée exclue des circuits de décision, de l’accès aux opportunités économiques et de la redistribution des richesses. La concentration progressive des ressources entre les mains d’une bourgeoisie urbaine et de groupes proches du pouvoir a nourri un sentiment durable de relégation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les catégories populaires, les régions de l’intérieur et les groupes éloignés des réseaux administratifs ou politiques, cette exclusion a fini par anéantir l’espoir d’un changement accessible par les voies ordinaires. Lorsque les institutions ne permettent pas l’expression de la contestation, l’immobilité politique cesse d’apparaître comme une stabilité : elle devient une forme d’enfermement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le modèle de développement a, lui aussi, produit des déséquilibres durables. Il a favorisé le littoral, Tunis et les zones intégrées au tourisme ou à l’industrie, tandis que de nombreuses régions de l’intérieur demeuraient à l’écart des investissements, des infrastructures et des opportunités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’État s’est renforcé sans que cette puissance s’accompagne d’un contrôle citoyen véritable, d’un équilibre territorial durable ou d’un renouvellement suffisant des élites capables de démocratiser le pays et le rendre équitable. Une partie des fragilités actuelles se trouve dans cette contradiction : un appareil étatique relativement fort, mais une société longtemps privée des moyens de participer à la définition et au contrôle de l&rsquo;action publique.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="biDrP4EYv7"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/18/la-tunisie-et-le-spectre-du-sous-developpement/">La Tunisie et le spectre du sous-développement</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie et le spectre du sous-développement » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/18/la-tunisie-et-le-spectre-du-sous-developpement/embed/#?secret=WaZaJyM1Sy#?secret=biDrP4EYv7" data-secret="biDrP4EYv7" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">La stabilité comme façade</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le régime de Zine El-Abidine Ben Ali a prolongé cette architecture tout en la durcissant. Il a entretenu l’image d’un pays stable, ouvert aux investissements et tourné vers la croissance. Une partie de la population a effectivement connu une amélioration de ses conditions matérielles, particulièrement dans les grands centres urbains et les secteurs liés au tourisme, aux services ou à l’exportation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette stabilité reposait sur des fondations fragiles. L’économie demeurait dépendante de secteurs exposés et insuffisamment créateurs de valeur et d’emplois. L’accès aux marchés, aux autorisations, au crédit et aux opportunités économiques était souvent conditionné par la proximité avec le pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette confiscation des opportunités a progressivement atteint des proportions inédites. Une étude de la Banque mondiale a montré que 220 entreprises liées au clan présidentiel, qui représentaient moins de 1 % de l’emploi salarié, captaient à elles seules 21 % des profits du secteur privé tunisien entre 1996 et 2010 – une emprise économique qui s’étendait aux secteurs les plus stratégiques du pays. Cette concentration des richesses réduisait considérablement l’accès des entrepreneurs et des citoyens aux ressources et aux opportunités économiques. Le népotisme, le clientélisme et la corruption ne relevaient donc pas de pratiques marginales : ils participaient au fonctionnement même du système.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La répression empêchait, quant à elle, les frustrations sociales, professionnelles et territoriales de trouver une expression politique organisée. Le soulèvement de 2010-2011 n’a donc pas surgi d’un vide. Il a rendu visibles des tensions accumulées pendant des décennies.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La promesse inachevée de 2011</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La révolution a ouvert un espace politique inédit. Elle a rendu possibles le pluralisme, la liberté de parole, les élections compétitives et l’émergence d’une société civile plus active. Mais elle n’a pas effacé l’héritage administratif, économique et social du passé. Les gouvernements successifs ont dû composer avec un État fragilisé, des disparités régionales profondes, une économie traversée par les rentes et les privilèges, ainsi qu’une administration peu préparée à une transformation politique de cette ampleur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’après-2011 a produit ses propres impasses. L’incompétence de plusieurs responsables, la persistance de pratiques clientélistes, l’incapacité à contenir la corruption et les calculs partisans ont largement affaibli la confiance publique. Trop souvent, l’action gouvernementale a été soumise aux coalitions précaires, aux rivalités d’appareil et aux intérêts de court terme. Les ambitions individuelles et les manœuvres partisanes ont pris le pas sur la construction de compromis durables et sur la préparation de réformes indispensables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie a permis à des problèmes longtemps étouffés de s(exprimer. Elle n’a pas toujours permis de les traiter avec la cohérence, la continuité et la compétence nécessaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’autoritarisme n’est pas une solution</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait pourtant trompeur de présenter ces défaillances comme la démonstration que l’autoritarisme constituerait une réponse plus efficace. Les régimes autoritaires peuvent imposer le silence, accélérer parfois certaines décisions et donner une impression d’ordre. Mais ils empêchent aussi la correction des erreurs, favorisent les réseaux de loyauté au détriment du mérite et concentrent les responsabilités jusqu’à rendre les institutions dépendantes d’un cercle étroit et souvent corrompu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une stabilité qui ne repose ni sur l’équité territoriale, ni sur des institutions solides, ni sur le respect des droits et libertés, ni sur une économie ouverte aux compétences et aux investisseurs demeure une stabilité précaire. Elle peut durer tant que la répression contient les tensions ; elle ne les résout pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La nostalgie de l’ordre oublie souvent le prix de cet ordre : l’absence de transparence, l’étouffement du pluralisme, la confiscation des libertés et des opportunités, et l’impossibilité de demander des comptes à ceux qui gouvernent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le pouvoir sans projet</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La situation actuelle confirme la nécessité de dépasser les oppositions simplistes entre le passé autoritaire et les désillusions de la transition. Le pouvoir en place semble répondre aux transformations du monde contemporain avec des réflexes hérités d’une autre époque : concentration du pouvoir, verticalité de la décision, méfiance envers les contre-pouvoirs, suspicion à l’égard de l’expertise et conception défensive de l’État-citadelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie doit pourtant affronter des mutations technologiques, climatiques, financières et géopolitiques rapides. Elle doit retenir ses compétences, attirer des investissements, créer des emplois qualifiés, moderniser ses services publics et restaurer la confiance dans les institutions. Gouverner ne peut plus consister à reconduire des logiques dépassées ni à présenter l’État comme un instrument fermé, centralisé et entièrement soumis à la volonté d’un seul pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie ne se relèvera ni par la nostalgie ni par la répétition des recettes qui l’ont conduite à l’impasse. Elle ne pourra pas davantage sortir de la crise sous un pouvoir qui reconduit, en les aggravant, certains défauts des régimes antérieurs. À cette dérive s’ajoute une faiblesse plus préoccupante encore : l’absence d’un projet lisible pour répondre aux urgences concrètes du pays et aux transformations du monde.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="dLEmrsY1kd"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/23/tunisie-le-double-abandon-de-la-democratie/">Tunisie | Le double abandon de la démocratie</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Le double abandon de la démocratie » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/23/tunisie-le-double-abandon-de-la-democratie/embed/#?secret=7At5QBZ4sz#?secret=dLEmrsY1kd" data-secret="dLEmrsY1kd" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une présidence à rééquilibrer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Constitution de 2022 – élaborée sans véritable consultation – a renforcé les prérogatives du président de la République et réduit les mécanismes de partage et de contrôle qui limitaient auparavant la concentration du pouvoir. Cette architecture institutionnelle pose une question centrale : comment préserver la responsabilité démocratique lorsque l’essentiel de l’orientation politique, de la nomination du gouvernement et de l’arbitrage institutionnel dépend d’un seul centre de décision, dans un système où les contre-pouvoirs sont fortement affaiblis et où la souveraineté populaire est réduite à un principe proclamé plutôt qu’à une réalité institutionnelle ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème ne réside pas seulement dans la personne qui occupe la fonction présidentielle ; il est aussi, et peut-être surtout, institutionnel. Un système qui personnalise à l&rsquo;excès le pouvoir nourrit l’illusion de l’homme providentiel et affaiblit les corps intermédiaires – partis, syndicats, associations, médias, justice, collectivités locales – qui devraient structurer la vie politique et contrôler l’exécutif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question du mode de désignation du chef de l’État mérite donc d’être posée. Une démocratie parlementaire renforcée pourrait envisager une désignation encadrée du président et des prérogatives clairement délimitées, afin de rompre avec une tradition présidentielle autocratique qui se reproduit de manière récurrente, à la satisfaction de certains acteurs. Car il est sans doute plus confortable d’avoir un interlocuteur unique, qu’il est possible de mettre sous pression, que d’avoir affaire à un ensemble d’institutions autonomes qui se partagent le pouvoir et se contrôlent mutuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une telle réforme devrait toutefois tirer les leçons de la fragmentation parlementaire de la décennie 2011-2021 : la simple désignation du chef de l’État ne suffira pas sans un mode de scrutin propice à des majorités stables et sans une réelle discipline de coalition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, cette réforme ne prendrait tout son sens que dans le cadre d’un ensemble plus large : une justice indépendante, un Parlement doté de véritables pouvoirs de législation et de contrôle, une administration professionnelle et impartiale, des collectivités locales autonomes et des mécanismes de contrôle accessibles aux citoyens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ne pas confondre mémoire et réhabilitation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Critiquer les échecs de la transition démocratique, comme les impasses du présent, est indispensable. Mais cette critique ne doit pas devenir une réhabilitation du passé autoritaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les acquis de l’histoire tunisienne – l’État, l’école, la protection sociale et l’émancipation juridique des femmes – méritent d’être préservés et approfondis. En revanche, l’opacité, le centralisme, les privilèges, la dépendance économique, l’exclusion sociale et l’étouffement du pluralisme doivent être identifiés pour ce qu’ils sont : non pas des garanties d’ordre, mais une part des causes de la crise actuelle et de l’affaiblissement de la conscience et de la participation citoyennes dans la vie politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie aura besoin d’un État plus compétent, mais aussi plus ouvert ; plus exigeant, mais plus juste ; plus stratégique, mais moins captif des intérêts particuliers. Surtout, elle devra rendre à la compétence, à l’intégrité et à l’action publique leur place centrale. C’est à cette condition seulement qu’elle pourra sortir du face-à-face stérile entre la nostalgie d’un passé idéalisé et l’impuissance d’un présent sans cap.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em> Docteur en politiques publiques</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="XhM7Ho79ob"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/25/tunisie-le-piege-du-presidentialisme/">Tunisie | Le piège du présidentialisme</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Le piège du présidentialisme » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/25/tunisie-le-piege-du-presidentialisme/embed/#?secret=aqAgq24lbO#?secret=XhM7Ho79ob" data-secret="XhM7Ho79ob" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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		<item>
		<title>Tunisie &#124; La fraternité n’est pas une politique étrangère</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/24/tunisie-la-fraternite-nest-pas-une-politique-etrangere/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Aug 2026 08:40:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[relations internationales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p> La Tunisie doit refonder sa politique étrangère sur la réciprocité, la souveraineté et les bénéfices concrets pour ses citoyens.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>«Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m&rsquo;en charge&nbsp;!». Cet adage bien connu revêt tout son sens dans les relations internationales où l’ «amitié» et la «fraternité» cachent souvent, selon le rapport de force sous-jacent, une volonté de domination d’un côté et une résignation dans la soumission de l’autre. Dans le «monde arabe», comme partout ailleurs, les solidarités proclamées ne remplacent pas les intérêts. La Tunisie doit refonder sa politique étrangère sur la réciprocité, la souveraineté et les bénéfices concrets pour ses citoyens.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ali Guidara</strong> <em>*</em></p>



<span id="more-19496448"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="341" height="512" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Ali-Guidara-2.png" alt="" class="wp-image-19296482" style="width:200px;height:auto" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Ali-Guidara-2.png 341w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Ali-Guidara-2-200x300.png 200w" sizes="auto, (max-width: 341px) 100vw, 341px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie gagnerait à se libérer d’un réflexe tenace : celui qui consiste à mythifier des relations dites <em>«fraternelles»</em> ou <em>«amicales»</em>, indépendamment de leur bilan concret pour le pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La fraternité entre États n’est pas une catégorie stratégique. Elle ne garantit ni emplois, ni investissements durables, ni débouchés commerciaux, ni souveraineté. Elle sert trop souvent de décor rhétorique à des rapports de force bien réels et des soumissions inavouées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut le dire sans détour : derrière le vocabulaire de la fraternité arabe ou islamique, de la communauté de destin ou de l’identité partagée, certains pouvoirs de la région ont entretenu avec la Tunisie une relation ambiguë, parfois hostile. Ingérences politiques, pressions idéologiques, campagnes de dénigrement, tentatives d’influence financière ou médiatique : le pays a régulièrement été traité non comme un partenaire souverain, mais comme une anomalie qu’il fallait ramener dans le rang.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette hostilité s’est particulièrement manifestée chaque fois que la Tunisie a tenté d’avancer sur le terrain des libertés publiques, de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la pluralité politique ou de la réforme sociale. À chaque progrès, les mêmes procès en <em>«atteinte à l’identité arabo-musulmane»</em> resurgissent. Mais de quelle identité parle-t-on exactement ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’agit pas de nier l’histoire, la langue, la culture et les références religieuses de la Tunisie. Elles font partie du pays. En revanche, il faut refuser que cette identité soit réduite à un programme politique autoritaire : une société où la femme serait éternellement mineure, où la religion servirait à légitimer l’hypocrisie sociale et le contrôle politique, où toute autonomie intellectuelle serait assimilée à une trahison. La Tunisie n’a pas à choisir entre son héritage et sa liberté. Elle n’a surtout pas à accepter que d’autres régimes définissent à sa place ce qu’elle entend devenir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Tunisie rangée dans le carcan du bloc autocratique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce même jeu de <em>«fraternité de façade»</em> s’est révélé avec une rare netteté lors du coup de force constitutionnel de Kaïs Saïed, le 25 juillet 2021, qui a suscité une grande satisfaction chez certains dirigeants arabes, clairement favorables à ce retour à l’autoritarisme. Des médias proches de ces régimes en ont fait le récit d’une victoire contre les Frères musulmans, alors qu’il s’agit bel et bien d’une confiscation du pouvoir et d’un verrouillage de l’appareil de l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette prise de position doit être retenue pour ce qu’elle est : non une preuve d’amitié ou de fraternité, mais l’expression d’une préférence pour une Tunisie étouffée, gouvernée sans institutions indépendantes et rangée dans le carcan d’un bloc autocratique – la preuve, s’il en fallait une, que penser les relations internationales en termes d’amitié et de fraternité relève, au mieux, d’une naïveté politique ; au pire, d’une dangereuse illusion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis cette rupture, la légitimité du pouvoir en Tunisie demeure profondément contestée. Les consultations électorales organisées dans un contexte de verrouillage politique, d’exclusion ou d’emprisonnement d’adversaires, de restrictions contre les candidats potentiels et d’abstention massive ne peuvent conférer une légitimité au pouvoir actuel. Un scrutin ne tire pas sa validité de sa seule tenue administrative ; il suppose la liberté de concourir, d’informer, de critiquer et de choisir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réalité engage la responsabilité des futurs gouvernements tunisiens, une fois démocratiquement élus. Ils devront examiner l’ensemble des accords, engagements et arrangements conclus sous l’autorité issue du 25 juillet 2021. Il ne s’agit pas de prôner l’irresponsabilité diplomatique ou juridique, mais de rappeler une règle simple : aucun accord ne doit être considéré comme intouchable lorsqu’il a été négocié sans contrôle institutionnel effectif et sans mandat populaire crédible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les engagements contraires à l’intérêt national devront être annulés lorsque le droit le permet, ou renégociés avec fermeté lorsque cela est nécessaire. La continuité de l’État n’implique pas l’acceptation passive de décisions opaques, déséquilibrées ou contraires aux intérêts durables de la nation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La politique extérieure tunisienne doit enfin reposer sur une logique d’intérêts plutôt que sur des slogans. Les priorités sont claires : consolider les relations avec les États qui offrent de véritables débouchés aux entreprises tunisiennes, accueillent une diaspora importante, investissent dans l’économie réelle et contribuent à la formation, à la recherche, aux infrastructures et à la mobilité des citoyens. Nos relations doivent être envisagées selon cette grille : quels bénéfices concrets pour la Tunisie, sa croissance, ses travailleurs, ses étudiants et sa souveraineté ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rompre avec la diplomatie des faux-semblants</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les relations avec les pays arabes doivent naturellement continuer lorsqu’elles servent ces objectifs. Mais elles ne doivent plus relever d’une loyauté automatique ni d’un imaginaire de fraternité obligatoire. Une relation qui ne produit ni échanges substantiels, ni coopération technologique, ni soutien fiable en période de crise, ni respect de la souveraineté tunisienne, n’a aucune raison d’occuper une place centrale dans la diplomatie du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La même lucidité doit s’appliquer aux organisations régionales telles que la Ligue arabe. Lorsqu’elles se réduisent à des sommets cérémoniels, à des déclarations sans effet et à une solidarité de régimes préoccupés par leur survie, soumis à l’influence de leurs principaux bailleurs et plus soucieux de leurs intérêts que du sort des peuples, elles deviennent une dépense politique et financière sans rendement. La Tunisie n’a pas besoin de tribunes où l’on coordonne les silences face à la répression et les postures face aux crises. Elle a besoin d’alliances utiles, transparentes et respectueuses de son autonomie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rupture nécessaire n’est pas une rupture avec les peuples arabes, dont les aspirations à la dignité, à la liberté et à la justice rejoignent celles des Tunisiens. C’est une rupture avec la diplomatie des illusions : celle qui confond les peuples avec les régimes, l’identité avec l’obéissance, et la fraternité proclamée avec l’intérêt national.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie n’a pas à demander la permission d’exister comme démocratie, comme État souverain et comme société libre, moderne et pluraliste. Elle doit choisir ses partenaires sur leurs actes, non sur leurs slogans.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Docteur en politiques publiques.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/24/tunisie-la-fraternite-nest-pas-une-politique-etrangere/">Tunisie | La fraternité n’est pas une politique étrangère</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie : Ettakatol accuse Saïed de chercher à réinstaurer une autocratie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Cherif Benyounes]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Jan 2022 09:43:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[autocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Ettakatol]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[khalil zaouia]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après la réunion de son conseil national, les 22 et 23 janvier 2022, le Forum démocratique pour le travail et les libertés (Ettakatol) a rendu public un communiqué à travers lequel il a fermement critiqué le président de la république, Kaïs Saïed, l&#8217;accusant de chercher à réinstaurer une autocratie en Tunisie. Le parti a affirmé...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/24/tunisie-ettakatol-accuse-saied-de-chercher-a-reinstaurer-une-autocratie/">Tunisie : Ettakatol accuse Saïed de chercher à réinstaurer une autocratie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/01/saied-ettakatol.jpg" alt="" class="wp-image-378138"/></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Après la réunion de son conseil national, les 22 et 23 janvier 2022, le Forum démocratique pour le travail et les libertés (Ettakatol) a rendu public un communiqué à travers lequel il a fermement critiqué le président de la république, Kaïs Saïed, l&rsquo;accusant de chercher à réinstaurer une autocratie en Tunisie.</strong></em></p>



<span id="more-378133"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Le parti a affirmé son rejet de «<em>la monopolisation du pouvoir par le chef de l&rsquo;autorité en place, sous prétexte des mesures exceptionnelles, et son travail systématique pour démanteler les institutions de l&rsquo;État, opprimer les médias, rabaisser le pouvoir judiciaire, frapper l&rsquo;autorité locale et diaboliser les composantes de la société civile et de la société politique, dans le but de dévier vers un système pseudo-présidentiel autocratique</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le parti Ettakatol a, dans le même ordre d&rsquo;idées, exprimé sa dénonciation de ce qu&rsquo;il a considéré comme «<em>la poursuite de la politique des nominations fondées sur le favoritisme et les loyautés loin du critère de l&rsquo;efficacité, qui frappe et paralyse les institutions de l&rsquo;Etat, et ce, au profit du projet de Kaïs Saïed et au détriment des intérêts des citoyens</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ettakatol a également dénoncé la violence à l&rsquo;égard des manifestants et des journalistes le 14 janvier 2022 et les procès dans les tribunaux militaires à l&rsquo;encontre des civils.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le parti actuellement présidé par Khalil Zaouia a, finalement, «<em>renouvelé son appel à unir les efforts de la famille sociale et démocratique pour défendre la république démocratique</em>».</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>C. B. Y.</strong></p>
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		<title>L’anocratie à la tunisienne ou l’aventure c’est l’aventure…</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Dec 2020 10:58:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[anocratie]]></category>
		<category><![CDATA[autocratie]]></category>
		<category><![CDATA[El-Kamour]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[palais de Carthage]]></category>
		<category><![CDATA[Parti destourien libre]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Non mon cher lecteur, l’anocratie, ce n’est pas «la démocratie des ânes». C’est un concept anglo-saxon pour identifier une démocratie instable qui vacille entre l’autocratie et le désordre… Et c’est ce à quoi nous assistons aujourd’hui en Tunisie. Trahis par leur impuissance et leur insuffisance, nos politiques nous rabâchent que tout est normal : nous...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/12/11/lanocratie-a-la-tunisienne-ou-laventure-cest-laventure/">L’anocratie à la tunisienne ou l’aventure c’est l’aventure…</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/08/Palais-de-Carthage.jpg" alt="" class="wp-image-233575"/><figcaption><em>Palais de Carthage. </em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Non mon cher lecteur, l’anocratie, ce n’est pas «la démocratie des ânes». C’est un concept anglo-saxon pour identifier une démocratie instable qui vacille entre l’autocratie et le désordre… Et c’est ce à quoi nous assistons aujourd’hui en Tunisie. Trahis par leur impuissance et leur insuffisance, nos politiques nous rabâchent que tout est normal : nous passons par une période de transition… Une transition vers la faillite plutôt…</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Helal Jelali</strong> *</p>



<span id="more-327808"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Helal-Jelali.jpg" alt="" class="wp-image-311626"/></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">En bavardant avec un ancien rédacteur en chef d&rsquo;un quotidien tunisien, aujourd’hui retraité, il m’apprend que depuis une année, il n’avait pas lu une information sur le pays où regardé un journal télévisé. La situation lui semble si désespérante qu’il préfère se rabattre sur des lectures plus <em>«antiques»</em>… Entre Ennahdha et le Parti destourien libre (PDL), il ne voit qu’un bal de <em>«cocus»,</em> disait-il…</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est vrai que ces dernières semaines ont été trop dures pour le pays du jasmin : quelques militaires auraient eu des contacts avec des contrebandiers et des terroristes, de hauts magistrats se sont accusés mutuellement et en public de délits graves, la Banque centrale de Tunisie (BCT) a refusé une deuxième version du projet de loi de finances rectificatif pour le dernier trimestre 2020, ouvrant une querelle entre le chef du gouvernement et le premier argentier du pays, sans compter les jacqueries estampillées El-Kamour poussant dans plusieurs gouvernorats… Des jacqueries ? Peut-être, pour faire pression sur la planche à billets de la BCT ou sur les bailleurs de fonds, FMI et Banque Mondiale en tête, afin de débloquer de nouveaux crédits. Bien sûr sans oublier un rapport de la Cour des Comptes qui a épinglé les dérives insupportables de certains élus. Devant pareille situation, on avait l’habitude de dire <em>«ça sent la fin de règne».</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Fin de règne vous dites, bizarre comme c’est bizarre?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation nauséabonde n’est pas sans rappeler la fin de règne de Habib Bourguiba. De nombreux médias et d’analystes évitent de nous rappeler les circonstances dans lesquelles Zine El Abidine Ben Ali avait pris le palais de Carthage. Soyons brefs et clairs : Bourguiba était gravement malade depuis une dizaine d’années, maniaco-dépressif – on dit bipolaire aujourd&rsquo;hui –; il était sous traitement lourd de lithium. La bagarre faisait rage entre Sahéliens et Tunisois pour sa succession, et parmi ces deux clans, historiquement bourguibistes, des sous-clans se chamaillaient jour et nuit avec des manipulations éhontées de l’opinion publique en impliquant injustement l’UGTT, la gauche tunisienne et les islamistes… sans compter quelques milices présentes même dans les soirées mondaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Souvenons-nous, les bourguistes avaient installé un climat de peur au début des années 1980, à tel point que les cafés et les restaurants de la ville de Tunis étaient désertés à 20 heures… Et c’est ainsi que Ben Ali et ses acolytes avaient vu que le fruit était mûr et qu’il ne restait plus qu’à le cueillir. Les bourguibistes et les destouriens avaient honteusement failli pour préparer la succession et ils étaient les premiers responsables de l’échec d’une alternance tranquille et resteront à jamais les premiers responsables de l’arrivée de Ben Ali au pouvoir. C’est ça la vérité monsieur Omar Shabou, paléontologue respecté de la nostalgie bourguibiste.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une transition factice au goût amer</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Une transition pendant laquelle votre serviteur a été le témoin direct, cette semaine, d’un événement que je n’ai vu dans la série des <em>‘‘Incorruptibles’’</em>: dans une ville de 20.000 habitants, cinq camionnettes de contrebandiers, surchargées de marchandises, traversent à 13h l’avenue centrale, roulant à une vitesse entre 100 et 120 à l’heure. Ils avaient payé des jeunes pour dégager l’avenue afin de ne pas écraser un passant…</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ça l’anocratie, une instabilité institutionnalisée au profit d’une mafia servis par des partis politiques uniquement médiatiques… N’avez-vous pas remarqué que dans certains pays où la corruption est épidémique, on s’arrange pour élire un président très honnête? Et que l’espace public est envahi par un discours moralisateur et même puritain?<br>Sous Titre</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le danger autocratique guette toujours </h3>



<p class="wp-block-paragraph">C’est vrai qu’en Tunisie, il y les nostalgiques de Ben Ali et de Bourguiba; c’est vrai que nous avons l’habitude de défendre plus un <em>«zaim» </em>que des idées – confidence de l’ancien président Jacques Chirac à des journalistes arabes. <em>«La liberté est dangereuse, dure à vivre autant qu’exaltante», </em>disait Albert Camus lors de la réception du Prix Nobel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre instabilité institutionnalisée n’est pas notre liberté. Elle est dangereuse et pourrait réveiller des ambitions inavouables. C’est le contexte qui pousse l’autocrate à intervenir et non le contraire. Il y a un processus mélodramatique que les partisans de l’autocratie savent peaufiner pour convaincre leurs concitoyens que, pour leur salut, ils n’avaient d’autres choix que le leur. On l’appelle le despotisme convivial… ou cynique; si vous le voulez bien. Saviez-vous, chers Tunisiens, que le 7 Novembre 1987, tous les nos démocrates affichaient un large sourire?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand un peuple voit son avenir menacé de toute part, et que l’espoir ne lui promet plus des jours meilleurs, il est tenté de se réfugier dans ses archaïsmes… En désespoir de cause, il redevient conservateur après avoir été longuement éclairé et progressiste… l’affect religieux resurgit avec une sémantique bien rodée dans un imaginaire très passéiste, comme le salafisme…</p>



<p class="wp-block-paragraph">La faillite de l’élite d’un pays, le harcèlement du citoyen par des mafias, et surtout la déclassement social d’une majorité de la classe moyenne forment l’ADN de tout autoritarisme… Il est vrai que ce sont souvent des forces obscures et des lobbys qui engagent le processus final pour que l’autocrate accède au pouvoir. Ainsi l’autocratie est souvent la conséquence des échecs interminables de la classe politique. Soyons lucides, le peuple n’en peut plus… Pour lui les mots n’ont plus de sens… La sémantique ne nourrit pas l’espoir. Et c’est là le danger qui ouvrirait les portes à n’importe quelle aventure…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Arrêtons donc de parler d’instabilité politique, nous sommes dans la dernière métastase d’insécurité institutionnelle : en clair le fonctionnement de nos institutions est menacé et les conséquences de la faillite économique et sociale sont imprévisibles. La cohésion sociale est ébranlée avec des fissures <em>«culturelles» </em>entre le citoyen et l’Etat.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ancien journaliste à Paris. </em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="STqAZhZgGE"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/28/maghreb-un-nouvel-enjeu-geopolitique/">Maghreb, un nouvel enjeu géopolitique</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Maghreb, un nouvel enjeu géopolitique » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/28/maghreb-un-nouvel-enjeu-geopolitique/embed/#?secret=q5yXzxGWft#?secret=STqAZhZgGE" data-secret="STqAZhZgGE" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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