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	<title>Archives des Beji Caid Essebsi - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Beji Caid Essebsi - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>La diplomatie tunisienne a besoin d’un nouveau souffle  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 May 2023 06:45:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La diplomatie tunisienne doit se réformer pour redevenir un outil de développement pour une Tunisie post révolution qui se cherche encore. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/03/la-diplomatie-tunisienne-a-besoin-dun-nouveau-souffle/">La diplomatie tunisienne a besoin d’un nouveau souffle  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le ministère tunisien des Affaires étrangères commémore aujourd’hui son 67e anniversaire. Que de chemin parcouru mais la machine est fatiguée et a besoin d’un nouveau souffle pour redevenir ce qu’elle n’a jamais dû cesser d’être, à savoir un outil de développement pour une Tunisie post révolution qui se cherche encore, bafouille et bégaie, en faisant du surplace.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Raouf Chatty</strong> *</p>



<span id="more-7727493"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Raouf-Chatty.jpg" alt="" class="wp-image-347685"/></figure></div>


<p>Aujourd&rsquo;hui, mercredi 3 mai 2023, le ministère tunisien des Affaires étrangères&nbsp;commémore son 67e anniversaire depuis&nbsp;sa&nbsp;réhabilitation moins de&nbsp;six semaines après l’indépendance&nbsp;du pays le 20 mars 1956 et quatorze mois avant&nbsp;la proclamation&nbsp;de la République, le 25 juillet&nbsp; 1957.</p>



<p>En ce jour historique pour l’Etat Tunisien indépendant, il sied de rendre hommage&nbsp; &nbsp; aux&nbsp;pères fondateurs&nbsp;dont le leader Habib Bourguiba et ses camarades en particulier Mongi Slim, Habib Chatty, Sadok Mokadem, Taieb Slim, Abdelmajid Chaker, Mohamed Masmoudi, Hassan Belkhodja, Hedi Mabrouk, Beji Caid Essebsi, Rachid Driss, Taieb Sahbani&nbsp;et bien d&rsquo;autres qui furent de grands politiques et de brillants diplomates.&nbsp;</p>



<p>Si le leader Bourguiba avait à l&rsquo;époque fonde et conçu avec lucidité les fondements&nbsp; de la doctrine de&nbsp;la politique étrangère de l’Etat nouvellement&nbsp;indépendant, eux&nbsp; avaient le mérite de la mettre en application&nbsp;dans son sillage et sous son autorité.</p>



<p>Ils ont&nbsp;tous ainsi,&nbsp;tout au long des trois décennies post indépendance, construit la politique étrangère de la Tunisie, renforçant,&nbsp;grâce à l’expérience du terrain, ses fondements, élaborant progressivement&nbsp;sa doctrine, affinant&nbsp;sa méthodologie, lui donnant&nbsp;une aura et un&nbsp;lustre dignes d’un grand&nbsp;pays. Ils avaient ainsi su donner au nouvel État&nbsp;une&nbsp;place&nbsp;honorable, une voix audible et une&nbsp;présence&nbsp;effective et efficace sur le plan international.</p>



<p>Le président Zine El Abidine Ben Ali n’a pas changé de méthodologie en faisant avancer le pays sur la même voie lui faisant beaucoup gagner et lui épargnant les soubresauts et les cassures. Et l’évolution des choses durant la décennie tragique suivant la révolution de 2011 lui a donné raison.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Eclat&nbsp;et crédibilité au plan international&nbsp;</h2>



<p>Fondée sur l’attachement à la légalité internationale, le respect de la souveraineté des États, la non-ingérence dans les affaires intérieures des États, la défense des causes justes et la neutralité positive, la Tunisie a réussi, grâce&nbsp;à ses choix politiques lucides à l’époque, à se forger une stature internationale dépassant&nbsp; largement ses dimensions géographique&nbsp;et son potentiel politique et économique.&nbsp;</p>



<p>Ses dirigeants&nbsp;ont réussi&nbsp;à accréditer ainsi avec&nbsp;tact et délicatesse,&nbsp;sur le plan extérieur, l’image d’un pays pacifique, stable, réaliste et crédible, servant ainsi d’exemple&nbsp;pour beaucoup de&nbsp;pays nouvellement indépendants de par le monde.</p>



<p>Les réformes engagées par le leader Bourguiba à l’époque, dont essentiellement la promulgation du Code du statut personnel, l’abolition de la polygamie, la libération de la femme, la promotion de la santé publique, la généralisation de l’enseignement, le planning familial, le combat contre le sous-développement, la lutte contre la pauvreté, le bon voisinage avec notre environnement géographique ont  grandement aidé à donner éclat et crédibilité à la Tunisie au plan </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="maaeeT4zOR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/09/la-diplomatie-tunisienne-a-la-croisee-des-chemins/">La diplomatie tunisienne à la croisée des chemins</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La diplomatie tunisienne à la croisée des chemins » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/09/la-diplomatie-tunisienne-a-la-croisee-des-chemins/embed/#?secret=yibeNpUclr#?secret=maaeeT4zOR" data-secret="maaeeT4zOR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Aujourd’hui&nbsp;et plus que jamais notre diplomatie&nbsp; est appelée&nbsp;à puiser dans&nbsp;ces fondamentaux et à les cultiver&nbsp;pour être un véritable levier au service de l’image&nbsp;de&nbsp; notre pays&nbsp;et de son développement.&nbsp;</p>



<p>Cet&nbsp; objectif&nbsp;pourrait être atteint si notre diplomatie,&nbsp; malmenée&nbsp;tout au long de la décennie post-janvier&nbsp;2011, se détermine à sortir&nbsp;de sa léthargie&nbsp;et à&nbsp;faire sans&nbsp; tarder son mea-culpa pour repartir de bon pied.&nbsp;</p>



<p>Il lui incombe pour ce faire&nbsp;de&nbsp;dresser un tableau&nbsp;aussi&nbsp;objectif et réaliste que possible&nbsp;de notre potentiel : nos&nbsp;forces et atouts et surtout nos faiblesses&nbsp;et nos échecs&nbsp;depuis la révolution&nbsp;à tous&nbsp;les domaines.</p>



<p>Comme feuille de route, il convient de fixer les objectifs stratégiques à atteindre, et comme mesures, déterminer les stratégies et les moyens à mettre en œuvre pour la réalisation des objectifs. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Une feuille de route </h2>



<p>Pour ce faire, il est primordial&nbsp; de :</p>



<p>1- savoir ce qu’on veut&nbsp;et savoir compter nos billes de façon mesurée&nbsp;et équilibrée, tout en sachant&nbsp;doser nos ambitions&nbsp;en&nbsp; relation avec&nbsp;nos moyens; notre environnement géopolitique&nbsp;immédiat et lointain,&nbsp; compte tenu des changements et mutations majeurs sur le plan international;</p>



<p>2- identifier nos écueils, dont en particulier&nbsp;les compétitions&nbsp;effrénées et très malsaines entre les structures&nbsp;du Département, les doublons, l’absence&nbsp;de coordination, la rigidité des méthodes, la prépondérance&nbsp;du copier-coller, l’accumulation&nbsp;des dossiers restés en suspens, la pauvre&nbsp;exploitation&nbsp;des données&#8230;;</p>



<p>3- lutter contre la  multiplication des structures chargées des relations extérieures au niveau des départements ministériels, et entreprises publiques, l&rsquo;outrepassement du ministère des Affaires étrangères par les autres départements ministériels et structures travaillant avec l’étranger;</p>



<p>4- réviser les&nbsp;statuts en vigueur de la maison&nbsp;afin de déterminer leur degré de fonctionnalité au plan pratique et&nbsp;voir si&nbsp;le nouvel organigramme, avec&nbsp;ses nouveaux découpages, a permis&nbsp;ou non&nbsp;au département de fonctionner de manière efficace et coordonnée avec des résultats&nbsp;concrets à la clé. Cela&nbsp; permettra de relever&nbsp;si ce&nbsp;nouveau découpage&nbsp;a permis&nbsp;la création&nbsp;de structures efficaces&nbsp;ou&nbsp;si ces&nbsp;structures sont&nbsp;restées rigides, dépourvues de dynamisme et de vie,&nbsp; et sans réelle coordination entre elles, servant&nbsp;tout&nbsp; simplement&nbsp; d’espaces pour&nbsp;placer de hauts fonctionnaires en mal&nbsp;de postes et&nbsp; soucieux particulièrement de leurs carrières;</p>



<p>5- accorder une importance particulière à tous les personnels du département, toutes catégories confondues (recrutement, formation, grille des salaires, éducation des enfants, soins médicaux, affectation  dans l’administration centrale et à l’étranger&#8230;) Dans ce cadre, 1- la Direction générale des ressources humaines a un rôle fondamental à jouer. Elle se doit de sortir des sentiers battus, de cesser de travailler mécaniquement. Son rôle  est, bien sûr, de connaître la situation administrative de tous les fonctionnaires du département, mais également la  situation humaine, financière et sociale de tous les personnels, ceux qui exercent au sein de l’administration centrale et ceux qui travaillent dans les ambassades et consulats de Tunisie. La réussite des diplomates dans leur mission dépend des  choix au niveau de l’affectation des personnels en tenant compte de plusieurs critères objectifs (diplômes, pratique des langues étrangères, culture générale solide, compétences professionnelles, facilités de contacts, charisme, souplesse, tact…) ; 2- l’Académie diplomatique récemment inaugurée par le président de la république a également un rôle fondamental à jouer dans la formation de tous les personnels appelés à servir la Tunisie à l’étranger tout comme les fonctionnaires basés à Tunis et qui travaillent sur des dossiers de politique étrangère;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="lu6wWXZNey"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/05/les-limites-de-la-diplomatie-tunisienne-mises-a-nue/">Les limites de la diplomatie tunisienne mises à nu</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les limites de la diplomatie tunisienne mises à nu » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/05/les-limites-de-la-diplomatie-tunisienne-mises-a-nue/embed/#?secret=gH2b0HsY1q#?secret=lu6wWXZNey" data-secret="lu6wWXZNey" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>6 &#8211; regarder très sérieusement du côté de nos représentations diplomatiques, consulaires, économiques, commerciales  et culturelles à l&rsquo;étranger. Il devra être veillé à l’affectation de responsables les mieux outillés capables de travailler dans  des environnements difficiles, maîtrisant les langues étrangères, connaissant les milieux dans lesquels ils seront appelés à évoluer, et possédant le maximum d’atouts pour réussir leurs missions. Avant leur affectation, ces diplomates et fonctionnaires appelés à servir à l’étranger doivent être munis de feuilles de routes avec des objectifs bien précis. Ainsi, dès le départ, ils sauront à quoi s’en tenir et assureront en connaissance de cause leurs choix. De cette manière, ils sauront qu’ils auront des contrats à remplir. Et il incombe à l’administration centrale, notamment la Direction générale de l’inspection  et de l’évaluation d’établir ces feuilles de route pour chaque poste à l’étranger compte tenu des réalités politiques, économiques, financières et  technologiques de chaque pays. Bien entendu, il ne s’agira pas en la matière de la ma même feuille de route pour tous les pays;</p>



<p>7- accorder toute son importance au dossier capital des Tunisiens à l’étranger et de l’émigration. Notre communauté à l’étranger compte aujourd’hui environ 1 250&nbsp;000 personnes, dont de plus en plus de compétences avérées dans tous les domaines, outre les travailleurs&nbsp; salariés&nbsp;et ceux qui vivent dans la précarité, en situation irrégulière dans plusieurs pays européens.&nbsp;</p>



<p>Cet énorme&nbsp;dossier, négligé depuis longtemps, gagnerait à être scientifiquement et humainement traité. Les Tunisiens ne doivent pas êtes vus uniquement comme des sources de devises, mais comme de véritables ambassadeurs qui pourront apporter de réels plus-values pour eux et pour la Tunisie.&nbsp;</p>



<p>En somme, des dossiers extrêmement importants attendent notre diplomatie, laquelle doit savoir se mesurer aux autres pays et donner le meilleur d&rsquo;elle-même pour servir la Tunisie. Le ministre Nabil Ammar s’y emploie sérieusement. Mais la tâche est immense et il faudra bien que tous les intervenants daignent coopérer avec le département des Affaires étrangères et son chef pour   faire en sorte que notre diplomatie serve du mieux qu’elle peut les intérêts de la Tunisie. </p>



<p>* <em>Ancien ambassadeur.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/03/la-diplomatie-tunisienne-a-besoin-dun-nouveau-souffle/">La diplomatie tunisienne a besoin d’un nouveau souffle  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Francophonie : Quoiqu’ils fassent, Bourguiba n’a pu être effacé du sommet de Djerba…</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/20/francophonie-quoiquils-fassent-bourguiba-na-pu-etre-efface-du-sommet-de-djerba/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Nov 2022 08:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Samir Gharbi]]></category>
		<category><![CDATA[Sommet de la Francophonie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Habib Bourguiba, l'homme de l'avenir, est souvent oublié par les hommes du passé, et du... passif. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/20/francophonie-quoiquils-fassent-bourguiba-na-pu-etre-efface-du-sommet-de-djerba/">Francophonie : Quoiqu’ils fassent, Bourguiba n’a pu être effacé du sommet de Djerba…</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Par «ils», je veux parler de tous ceux et celles qui, depuis 1987 et aussi depuis 2011, tentent d’effacer, sans succès, le nom du leader incontesté du mouvement d’indépendance de la Tunisie et de la fondation d’un Etat postcolonial, de 1956 à 1987. Y compris lors des manifestations qui se déroulent sur l’île de Djerba depuis quelques jours…</em></strong><em> (Habib Bourguiba, l&rsquo;homme de l&rsquo;avenir, oublié par les hommes du passé, et du&#8230; passif). </em></p>



<p>Par <strong>Samir Gharbi</strong> *</p>



<span id="more-5063686"></span>



<p>Habib Bourguiba, 1903-2000, avait une vision non seulement politique mais aussi intellectuelle de la Tunisie moderne. En cela, il avait défendu, dès 1965, l’idée de feu le président sénégalais, Léopold Sédar Senghor (1906-2001), de donner aux pays ayant la langue française <em>«en partage»</em> une structure internationale au niveau des chefs d’Etat, à l’instar du Commonwealth, créé en 1931 à l’initiative du pays colonisateur.</p>



<p>La structure francophone, elle, sera créée par les pays libérés de la France et non pas à l’initiative de Paris… Car ils étaient conscients de l’apport multiple de la langue française à la culture et à l’économie de leurs pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Bourguiba, Senghor, Diori et Sihanouk &nbsp;</h2>



<p>Cette idée de Senghor a été aussitôt acceptée et défendue par Habib Bourguiba et deux autres chefs d’Etat, le président Hamani Diori (1916-1989) du Niger et le prince Norodom Sihanouk (1922-2012) du Cambodge. Elle s’était heurtée au véto du président français, le général Charles De Gaulle (1890-1970), qui, à l’époque, voulait préserver sa mainmise sur l’Afrique francophone et empêcher le Canada d’y participer (la France défendait alors la cause du <em>«Québec libre»</em>).</p>



<p>Ce n’est qu’après sa démission en 1969 que son successeur Georges Pompidou (1911-1974) accepta l’idée de la création d’une structure multilatérale francophone le 20 mars 1970. Laquelle sera renforcée avec François Mitterrand (1916-1996) qui initie le rituel du sommet des chefs d’Etat, en organisant à Versailles le 1<sup>er</sup> Sommet de la Francophonie en février 1986. Mais c’est grâce au président Jacques Chirac (1932-2019) que l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) sera mise en place en 2006 et dotée de ressources humaines et financières adéquates*.</p>



<p>Considéré comme <em>«un des pères fondateurs»</em> de la Francophonie, Habib Bourguiba a défendu la langue française à diverses occasions, notamment en 1965 et 1968. J’y reviendrais dans un prochain papier.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="350" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/11/Kais-Saied-Erevan-Francophonie-2018.jpg" alt="" class="wp-image-5063828" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/11/Kais-Saied-Erevan-Francophonie-2018.jpg 600w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/11/Kais-Saied-Erevan-Francophonie-2018-300x175.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/11/Kais-Saied-Erevan-Francophonie-2018-580x338.jpg 580w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Kaïs Saïed n&rsquo;a pas prononcé le nom de son prédécesseur, Béji Caïd Saïed, qui, en 2018, à Erevan, en Arménie, a obtenu la tenue du 18<sup>e</sup> sommet de la francophonie en Tunisie </em></figcaption></figure></div>


<h2 class="wp-block-heading">Bourguiba et Caïds Essebsi dans l&rsquo;angle mort de Saïed </h2>



<p>A 18<sup>e</sup> sommet de la Francophonie, qui se tient à Djerba (19-20 novembre 2022), le président tunisien Kaïs Saïed a prononcé le premier discours d’ouverture. Il a fait part de sa culture <em>«francophone»</em> en citant plusieurs grands écrivains, notamment Albert Camus et Victor Hugo, mais il a omis de parler de Habib Bourguiba, ni même de Béji Caïd Essebsi, celui grâce à qui le 18<sup>e</sup> sommet a élu domicile en Tunisie (sa proposition a été approuvée lors du 17<sup>e</sup> sommet tenu en Arménie, à Erevan, en 2018). Le président Kaïs Saïed s’est exprimé en langue française. Il a réaffirmé qu’il n’avait aucun complexe vis-à-vis des langues étrangères, mais que la langue arabe constitue sa <em>«patrie»</em>, pastichant ainsi une citation du philosophe Albert Camus (1913-1960) : <em>«Oui j’ai une patrie, la langue française.»</em></p>



<p>Le président tunisien a aussi cité l’écrivain hongrois, Arthur Koestler (1905-1983), et son célèbre roman ‘‘<em>Le Zéro et l&rsquo;Infini</em>’’ paru en 1940. Ainsi que Victor Hugo (1802-1885) : <em>«Il n’y a pas de néant. Zéro n’existe pas. Tout est quelque chose. Rien n’est rien.»</em>, une citation archi connue tirée du roman <em>‘‘Les Misérables’’</em> (2<sup>e</sup> partie, <em>‘‘Cosette’’</em>), publiée en 1862. Avant de conclure sur l’homme et l’humanisme et, pour faire plaisir, au président en exercice de la Francophonie, le Premier ministre arménien, Nikol Pashinyan, il a évoqué un proverbe arménien sur le chiffre du trois. <em>«Pour préparer l’arbre de Noël, il faut trois choses : outre les ornements et l’arbre, la foi dans les beaux jours qui vont venir.»</em> Applaudissements.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="44KSW68Yit"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/19/au-sommet-de-la-francophonie-kais-saied-se-barricade-dans-son-arabisme/">Au Sommet de la francophonie, Kaïs Saïed se barricade dans son arabisme</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Au Sommet de la francophonie, Kaïs Saïed se barricade dans son arabisme » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/19/au-sommet-de-la-francophonie-kais-saied-se-barricade-dans-son-arabisme/embed/#?secret=ucTDAP0bcH#?secret=44KSW68Yit" data-secret="44KSW68Yit" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En charge du protocole de la séance, Oria Vande Weghe, directrice de la Communication et porte-parole de la Francophonie, a remercié le président tunisien <em>«pour ses paroles très inspirantes»</em>, avant de passer la parole au Premier ministre arménien.</p>



<p><em>«Nous tenons à rendre un hommage appuyé au Président Habib Bourguiba, l’un des fondateurs de la francophonie»,</em> a déclaré, sans tarder, Nikol Pashinyan lors de sa brève allocution sachant qu’il cède, le 20 novembre, la présidence en exercice à Kaïs Saïed.</p>



<p>Puis c’est le tour de la Rwandaise Louise Mushikiwabo, de présenter son bilan et ses perspectives en tant que secrétaire générale de la Francophonie, en fonction depuis 2019 (elle devra être reconduite).</p>



<p>Naturellement, logiquement, elle reprend la flamme amorcée par Nikol Pashinyan, en la développant avec amplitude et empathie. Extrait intégral que j’ai repris de son allocution&nbsp;: <em>«La Francophonie vient de l’idée lumineuse, partagée en 1970, voici maintenant cinquante-deux ans, par quatre chefs d’Etat, trois Africains et un Asiatique, de créer ce formidable instrument de rapprochement entre les peuples, cette Organisation internationale de la Francophonie. Parmi ces visionnaires, figure, en bonne place, un fils de ce beau pays qu’est la Tunisie, Habib Bourguiba, le père de la nation tunisienne, à qui je veux rendre hommage aujourd’hui, sur ses terres.</em></p>



<p><em>Le président Bourguiba était en avance sur son temps, convaincu des bienfaits de la politique interculturelle, adepte de l’éducation bilingue, engagé pour le progrès du statut de la femme, des piliers qui restent encore de nos jours ceux de la société tunisienne et aussi de la coopération francophone. Il avait d’ailleurs compris très tôt, Habib Bourguiba, l’immense pouvoir de rassemblement de la langue française.</em></p>



<p><em>N’avait-il pas dès 1965, devant l’Assemblée nationale du Niger, qualifié la langue française, et je cite encore une fois, de ‘‘lien remarquable de parenté qui dépasse en force le lien de l’idéologie’’. Il avait précisé, je cite encore&nbsp;: ‘‘La langue française constitue l’appoint à notre patrimoine culturel, enrichit notre pensée, exprime notre action, contribue à forger notre destin intellectuel et à faire de nous des hommes et des femmes à part entière…’’»</em></p>



<p><em>(*) </em><em>En 1979, à l’initiative de Jacques Chirac, alors maire de Paris, les maires des capitales et métropoles francophones créent leur réseau : l’</em><em>Association internationale des maires francophones (AIMF)&nbsp;qui devient, en 1995, un des opérateurs de la Francophonie.</em><em></em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/20/francophonie-quoiquils-fassent-bourguiba-na-pu-etre-efface-du-sommet-de-djerba/">Francophonie : Quoiqu’ils fassent, Bourguiba n’a pu être effacé du sommet de Djerba…</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie &#8211; Politique : la rupture démocratique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Apr 2022 08:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Helal Jelali]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Nidaa Tounes]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
		<category><![CDATA[rupture démocratique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sans défendre les causes et les effets des dernières décisions du président de la république, où beaucoup voient une menace à une bien improbable transition démocratique, il est certain que le climat politique malsain des dix dernières années en Tunisie a encouragé Kaïs Saïed à prendre le virage du 25 juillet dernier.&#160; Par Helal Jelali...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/06/Beji-Caïd-Essebsi-Rached-Ghannouchi.jpg" alt="" class="wp-image-157709"/><figcaption><em>La rupture démocratique en Tunisie a commencé en 2012 et ces deux hommes en sont les initiateurs. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Sans défendre les causes et les effets des dernières décisions du président de la république, où beaucoup voient une menace à une bien improbable transition démocratique, il est certain que le climat politique malsain des dix dernières années en Tunisie a encouragé Kaïs Saïed à prendre le virage du 25 juillet dernier.&nbsp;</em></strong></p>



<p>Par <strong>Helal Jelali </strong>*</p>



<span id="more-389176"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Helal-Jelali.jpg" alt="" class="wp-image-311626"/></figure></div>



<p>Que le Département&nbsp; d&rsquo;Etat s&rsquo;en offusque après la prise des pleins pouvoirs par le président Kaïs Saïed et que, presque toutes les semaines, il dénonce les atteintes au processus démocratique en Tunisie, il reste dans son rôle et c&rsquo;est un service minimum habituel des Américains. Son dernier communiqué daté du 26 avril 2022 avait exprimé la préoccupation de l&rsquo;administration américaine après le coup de butoir donné par Kaïs Saïed contre l&rsquo;Isie. Que Ahmed Nejib Chebbi, nouvel homme lige d&rsquo;Ennahdha, crie au <em>«coup d&rsquo;Etat»</em>, c&rsquo;est normal pour un opposant qui n&rsquo;avait ramassé que 1,4% des suffrages lors de l&rsquo;élection présidentielle de 2014. Mais faudrait-il savoir de quelle démocratie nous parlons? En fait,&nbsp; les mesures exceptionnelles annoncées le 25 juillet dernier par le président Saïed s&rsquo;inscrivent dans une rupture démocratique qui avait commencé&#8230; en 2012.</p>



<p>La rupture démocratique n&rsquo;a pas commencé avec les pleins pouvoirs du président Kaïs Saïed, le 25 juillet 2021, cette rupture avait été initiée à la veille de l&rsquo;élection de la Constituante, en 2011, en écartant toute une génération de militants&nbsp; et d&rsquo;universitaires qui étaient connus pour leur probité et leur intégrité&nbsp;morale, au prétexte qu&rsquo;ils étaient proches de l&rsquo;ancien régime. La défiance populaire s&rsquo;était d&rsquo;ailleurs exprimée dès le début du processus démocratique avec l&rsquo;élection de la Constituante : 50% seulement des 8 millions d&rsquo;électeurs avaient participé au scrutin.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/09/Caid-Essebsi-Ghannouchi-Paris.jpg" alt="" class="wp-image-63893"/><figcaption><em>La réunion à l&rsquo;hôtel Bristol à Paris en août 2013 qui a scellé la fin de la transition démocratique.  </em></figcaption></figure></div>



<h2 class="wp-block-heading">Toute une génération évincée de l&rsquo;espace public</h2>



<p>L&rsquo;accord de cohabitation entre l&rsquo;ancien président Beji Caïd Essebsi et le président d&rsquo;Ennahdha Rached Ghannouchi en 2013 visait, au nom de la continuité de l&rsquo;Etat, à se débarrasser de ces <em>«révolutionnaires incontrôlables»</em>.</p>



<p>Que pouvait-on attendre d&rsquo;un vieux cacique du régime de Bourguiba et celui de Ben Ali, propulsé Premier Ministre au lendemain du 2011 et élu président de la république en 2014&nbsp;? Et pouvait-on espérer un meilleur avenir pour le pays avec des islamistes financés par des <em>«caisses noires»</em> de certains pays du Golfe et qui avaient lâché leurs salafistes et leur milices dites islamiques à Sidi Ali Ben Aoun, Sidi Bouzid et ailleurs pour préparer leur campagne électorale&nbsp;?</p>



<p>Les militants de Nidaa Tounes et Ennahdha étaient, pour la plupart d&rsquo;entre eux, des novices en politique, avides de pouvoirs et de privilèges. Ils avaient passé, pendant&nbsp;des années, plus de temps dans les hôtels de Gammarth et de Hammamet que dans leurs bureaux.</p>



<p>A partir de 2013, la purge des universitaires, des étudiants très actifs au sein de la société&nbsp; civile et des opposants de gauche sous le règne de Ben Ali, qui avaient choisi de rester en Tunisie, battait son plein,&nbsp;et cette purge avait chassé toute une génération de l&rsquo;espace public pour toujours.&nbsp;</p>



<p>Les partis qui avaient formé une coalition au lendemain de l&rsquo;élection présidentielle de 2014, Nidaa Tounes, Ennahdha, Afek Tounes&#8230; étaient désertés par les écrivains, les hommes de théâtre, les cinéastes, et les universitaires connus pour leur honnêteté morale, et qui étaient taxés d&rsquo; déalistes et d&rsquo;utopistes.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Opacité, faux fuyants et fuites en avant populistes</h2>



<p>Preuve de cette rupture démocratique : très peu nombreux étaient les meetings politiques qui pouvaient défendre un certain ancrage populaire.</p>



<p>C&rsquo;était plutôt la course aux colloques le week-end&nbsp;dans les hôtels***** chèrement payés par certains <em>«protecteurs»</em> locaux&nbsp; ou internationaux.&nbsp;</p>



<p>Aucun de ces partis, aucun gouvernement n&rsquo;avait présenté aux médias et au peuple un programme économique ou social chiffré et crédible. Pour la simple raison que, depuis 2014, tous les gouvernements passaient leur temps dans la course au crédit et l&rsquo;Etat des finances publiques était assez flou ou importait peu. La lecture des lignes budgétaires et des décrets pour l&rsquo;affectation des budgets des départements ministériels n&rsquo;était pas chose aisée pour ces novices en matière de gestion publique. La gouvernance pseudo démocratique avait choisi l&rsquo;opacité, les faux fuyants et les fuites en avant populistes : une stratégie chère aux apprentis dictateurs.&nbsp;</p>



<p>Le choix le plus dangereux pour les équilibres macro-économiques et les PME-PMI du pays était le refus de contrôler les importations sous prétexte de mondialisation et de respect des règles de l&rsquo;OMC. Les néo-libéraux avaient noyé la souveraineté économique dans les déficits commerciaux et l&rsquo;endettement extérieur pour des dizaines d&rsquo;années.</p>



<p>Depuis 10 ans, aucun gouvernement n&rsquo;a engagé une réforme quelconque. Et pourtant la nécessité de réformer l&rsquo;administration, la politique agricole, le secteur bancaire, la fiscalité et bien sûr les entreprises publiques était évidente. Ces réformes sont complètement oubliées et ignorées. Quel responsable politique a osé s&rsquo;attaquer au train de vie de l&rsquo;Etat et la gabegie générale? Personne.</p>



<p>L&rsquo;improvisation quotidienne ne peut engendrer qu&rsquo;une gouvernance irresponsable.</p>



<p>L&rsquo; outrecuidance a permis à un futur premier ministre, en campagne électorale en 2019, de dire à des habitants de Sidi Bouzid qui se plaignaient de la baisse du pouvoir&nbsp; d&rsquo;achat: <em>«Aujourd&rsquo;hui, vos conditions de vie sont, quand même, mieux que sous le protectorat français»</em>. Nauséabond&#8230;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un décorum démocratique sans aucune consistance</h2>



<p>Comment pouvait-on parler de gouvernance démocratique quand le peuple découvre, tous les jours et pendant 10 ans, une guerre de tranchées entre le Palais de Carthage, siège de la présidence, et la Kasbah, siège&nbsp; de la primature&nbsp;?&nbsp;</p>



<p>Ce climat politique malsain a eu des conséquences gravissimes et déstabilisantes pour le corps des hauts fonctionnaires et l&rsquo;administration. Il a permis d&rsquo;affaiblir l&rsquo;Etat et plus grave encore d&rsquo;ouvrir la voie à une corruption endémique et à une délinquance de gangs organisés.</p>



<p>Autre séquelle : le rôle politique <em>«surdimensionné»</em> de l&rsquo;Union générale tunisienne du travail (UGTT) utilisée souvent par de nombreux gouvernements comme alibi ou <em>«chiffon rouge du toréador»</em> pour ne pas engager des réformes urgentes ou dans les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) et l&rsquo;Union européenne (UE).</p>



<p>L&rsquo;instabilité politique en Tunisie rappelle celle du Liban après les accords de paix de Taief de 1989, qui avait mis fin à la guerre civile. Cette instabilité était devenue un moyen pour l&rsquo;enrichissement personnel des hommes politiques et avait créé une classe de corrompus qui sévissent encore au pays du Cèdre.</p>



<p>Depuis son indépendance, la Tunisie n&rsquo;avait connu que des rendez-vous ratés, parce que son élite n&rsquo;avait guère changé son logiciel, qui consiste à considérer que l&rsquo;autorité était une source d&rsquo;enrichissement personnel et on un moyen pour améliorer la vie des gens.</p>



<p>L&rsquo;une des principales missions d&rsquo;un parti politique n&rsquo;est-elle pas surtout la pédagogie quotidienne et, dans le cas de la Tunisie, la pédagogie démocratique et civique&nbsp;? Aucun des partis en présence, tous obnubilés par le pouvoir et ses prébendes, ne s&rsquo;est vraiment donné cette mission. Pouvait-on sérieusement compter sur eux pour assurer notre avenir démocratique&nbsp;?</p>



<p>Sans défendre les causes et les effets des décisions du président de la république, il est certain que le climat politique malsain des dix dernières années a encouragé Kaïs Saïed à prendre le virage du 25 juillet dernier.&nbsp;</p>



<p>La majorité des Tunisiens sont devenus stoïques, leurs attentes sont immenses mais l&rsquo;attente se fait longue. Ils devraient méditer cette réflexion de George Bernard Shaw qui écrivait&nbsp;cette phrase à l&rsquo;ironie assassine: <em>«La démocratie est un régime qui nous garantit de ne pas être mieux gouvernés que nous le méritons».</em></p>



<p>Après le décorum républicain de Habib Bourguiba et de Zine El Abidine Ben Ali, nous voilà, depuis 2011, dans un décorum démocratique sans aucune consistance.</p>



<p>* <em>Ancien journaliste tunisien basé à Paris.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="4D8kR2Df3e"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/05/tunisie-politique-lerreur-fatale-de-abir-moussi/">Tunisie &#8211; Politique : l&rsquo;erreur fatale de Abir Moussi</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; Politique : l&rsquo;erreur fatale de Abir Moussi » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/05/tunisie-politique-lerreur-fatale-de-abir-moussi/embed/#?secret=zhkGCg9mHE#?secret=4D8kR2Df3e" data-secret="4D8kR2Df3e" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Pour beaucoup de Tunisiens, seule l&#8217;armée peut sauver la démocratie (vidéo)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Sep 2021 08:31:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans cette vidéo datant de l&#8217;époque de Béji Caïd Essebsi, en 2015, un septuagénaire disait déjà ce qu&#8217;une écrasante majorité de Tunisiens, qui soutiennent aujourd&#8217;hui le président Kaïs Saïed, pense et dit désormais à haute voix, à savoir que le pays est gangrené par la corruption, la spéculation et la contrebande, dont les citoyens continuent...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/09/Vieil-homme-appelle-armee.jpg" alt="" class="wp-image-361430"/></figure></div>



<p><strong><em>Dans cette vidéo datant de l&rsquo;époque de Béji Caïd Essebsi, en 2015, un septuagénaire disait déjà ce qu&rsquo;une écrasante majorité de Tunisiens, qui soutiennent aujourd&rsquo;hui le président Kaïs Saïed, pense et dit désormais à haute voix, à savoir que le pays est gangrené par la corruption, la spéculation et la contrebande, dont les citoyens continuent de payer le prix fort en termes d&rsquo;inflation et de chute de leur pouvoir d&rsquo;achat. <a href="https://www.facebook.com/110807514409369/posts/212873417536111/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Vidéo.</a></em></strong></p>



<span id="more-361429"></span>



<p>Si cette vidéo est de nouveau massivement partagée aujourd&rsquo;hui sur les réseaux sociaux, c&rsquo;est parce qu&rsquo;en six ans et plusieurs gouvernements après, la réalité du pays n&rsquo;a pas changé. Et les citoyens lambda vous le diront, en généralisant&nbsp;et en forçant un peu le trait : l&rsquo;administration est corrompue, la douane et corrompue, la justice est corrompue, la police est corrompue, les médias sont corrompus, les partis sont corrompus, et le commerce de la distribution est tenu par une poignée de spéculateurs adossés à une administration publique dont l&rsquo;impuissance n&rsquo;a d&rsquo;égal que le laxisme voire la complicité active avec les spéculateurs.</p>



<p>Le vieil homme, qui se lâche dans cette vidéo, ne voit qu&rsquo;une solution&nbsp;: l&rsquo;armée doit prendre le pouvoir pour remettre de l&rsquo;ordre dans le pays. Et beaucoup de Tunisiens le disent désormais ouvertement&nbsp;: la Tunisie a besoin d&rsquo;un homme fort comme l&rsquo;Egyptien Al-Sissi pour sauver le pays d&rsquo;une faillite annoncée. Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas un hasard si tous les sondages d&rsquo;opinion , depuis 2011 le disent: l&rsquo;armée est la première (et pratiquement la seule) institution républicaine en laquelle les Tunisiens ont encore confiance. Faut-il s&rsquo;en féliciter? Beaucoup de citoyens, qui ont vomi la démocratie d&rsquo;opérette et de pur apparat mise en place depuis 2011, s&rsquo;en félicitent ouvertement.</p>



<p>Si ce n&rsquo;est pas là une gifle retentissante pour toute la classe politique et pour l&rsquo;élite intellectuelle dans le pays, cela lui ressemble beaucoup. Julien Benda parlait, en 1927, en France, de <em>«La trahison des clercs»</em>, un manifeste de méfiance face aux idéologies et aux idéologues qui valut à son auteur d&rsquo;être attaqué très violemment par la quasi-totalité des intellectuels de son temps. La suite des événements lui donnera raison&#8230;</p>



<p>Cette trahison là, nous la vivons aujourd&rsquo;hui en Tunisie et le ras-le-bol du petit peuple s&rsquo;exprime déjà par les très forts taux d&rsquo;abstention enregistrés dans toutes les consultations électorales et qui s&rsquo;est aggravée au fil des ans. Une abstention qui s&rsquo;explique aisément&nbsp;: un parlement qui compte des jihadistes violents, des barons de la contrebande et des figures de la corruption ne saurait symboliser la démocratie que ces chers islamistes d&rsquo;Ennahdha et leurs alliés soi-disant libéraux progressistes nous vantent du matin au soir.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>



<p><strong><em><a href="https://www.facebook.com/110807514409369/posts/212873417536111/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Vidéo. </a></em></strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : Au-delà des lamentations, nous sommes tous responsables du gâchis actuel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Jul 2021 06:35:43 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Noureddine Bhiri]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
		<category><![CDATA[Youssef Chahed]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El-Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis des années, tous les observateurs indépendants avaient fait le même diagnostic, la Tunisie va très mal : endettement insoutenable, corruption à tous les étages, pauvreté galopante, institutions républicaines bloquées et crise morale sans précédent&#8230; Mais ce n&#8217;est pas que la responsabilité des autres, nous sommes tous impliqués dans cet échec collectif, même si ce...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/14/tunisie-au-dela-des-lamentations-nous-sommes-tous-responsables-du-gachis-actuel/">Tunisie : Au-delà des lamentations, nous sommes tous responsables du gâchis actuel</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/07/Caid-Essebsi-Ghannouchi-Nabil-Karoui-Hichem-Mechichi.jpg" alt="" class="wp-image-356159"/><figcaption><em>Dix ans de compromis, dix ans de compromissions, avec les résultats que l&rsquo;on connaît. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Depuis des années, tous les observateurs indépendants avaient fait le même diagnostic, la Tunisie va très mal : endettement insoutenable, corruption à tous les étages, pauvreté galopante, institutions républicaines bloquées et crise morale sans précédent&#8230; Mais ce n&rsquo;est pas que la responsabilité des autres, nous sommes tous impliqués dans cet échec collectif, même si ce sont ceux qui ont dirigé le pays, toutes tendances confondues, qui en assument l&rsquo;entière responsabilité sur le plan politique et doivent en rendre compte un jour.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Helal Jelali</strong> *</p>



<span id="more-356158"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Helal-Jelali.jpg" alt="" class="wp-image-311626"/></figure></div>



<p>Deux jours après le départ de Zine El-Abidine Ben Ali, le 14 janvier 2011, un vieux parent illettré me disait: <em>«La révolution est morte le 14 janvier, à 20h, deux heures après le départ de l&rsquo;ancien président&#8230;»</em> Et il m&rsquo;expliquait que lorsqu&rsquo;il avait vu à 20h à la télévision les visages des personnalités qui allaient assurer la transition, il comprit que le<em> «jasmin ne passera pas la nuit»</em>.</p>



<p>Le même soir, je contactais un ancien ministre plénipotentiaire d&rsquo;un pays européen qui avait sillonné les pays arabes durant une quinzaine d&rsquo;années, et avait rencontré Habib Bourguiba, Jamal Abdel-Nasser, Hafedh Al-Assad, Saddam Hussein&#8230;, sa réaction était lapidaire: <em>«Cette équipe va goudronner les routes, vous n&rsquo;aurez pas plus ?»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Béji Caïd Essebsi a ouvert une voie royale devant les islamistes</h2>



<p>Comment un mouvement islamiste dont les dirigeants étaient tous en exil à l&rsquo;étranger était-il devenu en une seule année le premier parti politique de ce pays? Nous avons refusé de voir que la grande majorité des militants du RCD avait tourné la veste en une nuit&#8230; Nous avons aussi refusé de voir que Béji Caid Essebsi, qui deviendra chef de gouvernement provisoire en 2011, puis président de la république, en 2015, et le président d&rsquo;Ennahda Rached Ghannouchi se sont ligués pour empêcher l&rsquo;émergence d&rsquo;une nouvelle génération de politiciens et enterrer définitivement les revendications sociales exprimées lors du soulèvement.</p>



<p>Qui pourrait reconnaître aujourd&rsquo;hui que feu Caïd Essebsi, son fils Hafedh et tous leurs sbires, traficotant à tous les étages avec les dirigeants islamistes, portent une responsabilité historique sur les conséquences de leur gestion du pays, du moins entre 2015 et 2019. Isolé et malade, l&rsquo;ancien président a imposé son fils pour diriger le deuxième parti politique du pays, Nidaa Tounes en l&rsquo;occurrence, aujourd&rsquo;hui quasiment mort, et a occupé ses partisans avec un projet de loi sur l&rsquo;égalité homme-femme dans l&rsquo;héritage. Encore une manipulation machiavélique.</p>



<p>Qui a crié haut et fort que l&rsquo;ancien Premier ministre Youssef Chahed est un néo-libéral qui défendait les OGM et partisan de libéralisation totale du commerce des produits agricoles? Mohamed Abbou, qui nous joue aujourd&rsquo;hui le rôle de M. Propre, n&rsquo;a-t-il pas défendu bec et oncles les fameuses Ligues de protection de la révolution (LPR), des milices islamistes violentes, et ne s&rsquo;est-il pas opposé fermement à leur dissolution en 2013? Il voulait même, à l&rsquo;époque, les intégrer dans ses projets de création d&rsquo;un parti politique. Ce parti, Al-Karama, sera créé en 2019, mais par Ennahdha, et il siège même à l&rsquo;Assemblée depuis cette date.</p>



<p>Depuis 2014, tous les Tunisiens que je rencontre me disent allègrement : <em>«Cette élection est la bonne, Ennahdha va s&rsquo;écrouler&#8230;»</em> Et à chaque fois, ce parti faiblit certes en nombre d&rsquo;électeurs mais ramasse toujours la mise&#8230; En 2018, lors des élections municipales, les islamistes ont fait la fête dans les grandes villes. C&rsquo;était le jackpot pour leur implantation territoriale. Depuis, ils quadrillent le territoire national.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nous préférons ignorer les causes et pleurer sur les effets</h2>



<p>Qui sont les responsables de cet immense gâchis? Les abstentionnistes, bien sûr, car le taux de participation à ces municipales était de 36%. La grande majorité de mes amis et voisins, qui ne cessent de dénoncer les islamistes, n&rsquo;ont jamais mis les pieds dans un bureau de vote. Le jour du scrutin, il mangeaient un couscous et faisaient la sieste. Leur argument était tout trouvé: <em>«Tous pourris»</em>. Avec cette logique, Rached Ghannouchi serait élu président de la république en 2024&#8230; Et Nourredine Bhiri, président de l&rsquo;Assemblée.</p>



<p>Nous préférons ignorer les causes et pleurer sur les effets. L&rsquo;histoire retiendra que même les sages et les <em>«chibanis»</em> de ce pays avaient failli avec leur leitmotiv sur les islamistes : <em>«Ils n&rsquo;iront pas très loin»</em>, disent-ils encore aujourd&rsquo;hui. Non, messieurs, si rien de sérieux n&rsquo;est fait pour les arrêter, ils seront là pour quelques années encore.</p>



<p>Arrêtons de crier sur les toits que le Qatar et la Turquie sont les seuls soutiens d&rsquo;Ennahdha. Disons aussi que la majorité des grands patrons tunisiens ouvrent aussi leurs portefeuilles pour soutenir leurs «nouveaux amis» et fervents serviteurs.</p>



<p>Nous avons passé dix longues années à se voiler la face, à ne pas reconnaître la vérité et à ne pas regarder la réalité en face: nous sommes tous, à différents degrés, responsables et coupables, même si certains le sont un peu plus que d&rsquo;autres.</p>



<p>* <em>Ancien journaliste tunisien basé à Paris.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



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			</item>
		<item>
		<title>Ahmed Mestiri : Le grand président que la Tunisie n&#8217;a jamais eu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 May 2021 12:04:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Mestiri]]></category>
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		<category><![CDATA[Beji Caid Essebsi]]></category>
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		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Mansour Moalla]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Mzali]]></category>
		<category><![CDATA[Mongi Slim]]></category>
		<category><![CDATA[Néo-Destour]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ahmed Mestiri, le pionnier de la démocratie en Tunisie, décédé dimanche 23 mai 2021, à l’âge 96 ans, avait bien compris que le despotisme éclairé de Bourguiba ne conviendrait pas longtemps aux aspirations d’une population de plus en plus réfractaire. Par Francis Ghiles * En novembre 1981, la Tunisie a tenu ses premières élections multipartites...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Ahmed-Mestiri-1.jpg" alt="" class="wp-image-350198"/></figure></div>



<p><strong><em>Ahmed Mestiri, le pionnier de la démocratie en Tunisie, <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/05/23/in-memoriam-ahmed-mestiri-ou-le-long-combat-pour-la-democratie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">décédé dimanche 23 mai 2021</a>, à l’âge 96 ans, avait bien compris que le despotisme éclairé de Bourguiba ne conviendrait pas longtemps aux aspirations d’une population de plus en plus réfractaire.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Francis Ghiles</strong> *</p>



<span id="more-350197"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/01/Francis-Ghiles.jpg" alt="" class="wp-image-134482"/></figure></div>



<p>En novembre 1981, la Tunisie a tenu ses premières élections multipartites depuis l’indépendance en 1956.</p>



<p>Pendant les 25 premières années après la fin du joug colonial français, la Tunisie a été dirigée par le Parti socialiste destourien (connu sous son acronyme français PSD) et un président charismatique mais autoritaire, Habib Bourguiba dont le titre même El-Moudjahid Al Akbar donne une image plus grande que nature de son leadership incontesté de la lutte pour la libération et des affaires de la Tunisie post-indépendance.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un rendez-vous raté </h3>



<p>La campagne électorale fut animée, mais elle se déroula dans une ambiance parfois antidémocratique, car le PSD n’hésitait pas à utiliser des méthodes brutales d’intimidation pour perturber les réunions du Mouvement social-démocrate (MDS), parti d’opposition fondé par l’un des anciens ministres les plus brillants de Bourguiba, Ahmed Mestiri.</p>



<p>Le soir du scrutin, le 1er novembre, j’ai personnellement été témoin du bourrage des urnes au bureau de vote de Bab Jedid dans le centre de Tunis. J’ai décrit mon expérience sur le BBC World Service, le lendemain à 6 heures du matin, ce qui m’a valu une réprimande de la part du ministre de l’Information de l’époque, Tahar Belkhoja.</p>



<p>Le gouverneur du Kef, Fadhel Khelil, a téléphoné au ministre de l’Intérieur, Driss Guiga, pour lui dire que le candidat du MDS avait remporté l’élection dans cette ville, ce qui lui valut d’être rabroué.</p>



<p>«J’ai transmis les chiffres exacts du scrutin, vous les cuisinerez comme bon vous semble», a dit le gouverneur, l’un des rares de son rang à ne pas appartenir au PSD, dans sa réponse franche à son patron.</p>



<p>Les votes ont finalement été falsifiés dans un certain nombre de circonscriptions, notamment à Tunis-Centre, où Beji Caid Essebsi, qui deviendra plus tard le quatrième chef de l’État tunisien en 2014, a été élu sur la liste du PSD. Dans ses mémoires, trente ans plus tard, il a reconnu que si les résultats n’avaient pas été falsifiés, Ahmed Mestiri aurait été élu député de Tunis-Centre, pas lui.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un démocrate dans l&rsquo;entourage de Bourguiba </h3>



<p>Né en 1925 dans une famille aisée appartenant à la grande bourgeoisie de Tunis, Ahmed Mestiri a étudié le droit à l’université d’Alger et de Paris, puis a obtenu son diplôme à Sciences Po Paris. Il a rejoint le parti nationaliste Néo Destour à l’âge de 17 ans et, en 1952, et fut membre de sa direction clandestine. Il a même échappé à une tentative d’assassinat par l’organisation coloniale française «<em>La Main Rouge</em>» qui a réussit, en 1952, à assassiner Farhat Hached, le fondateur de l’UGTT, le principal syndicat tunisien.</p>



<p>Mestiri est l’un de ceux qui ont épaulé Mongi Slim dans la négociation de l’indépendance de la Tunisie. Il a ensuite représenté la Tunisie en France et aux Nations Unies et a contribué à la mise en place de la nouvelle monnaie nationale, le dinar. En tant que premier ambassadeur tunisien en Égypte et en Algérie, il a contribué à l’élaboration de la politique étrangère du nouveau pays et à la formation de son corps diplomatique naissant. Il a été nommé ministre de la Défense en 1966 et a ensuite dirigé le ministère de l’Intérieur, mais il fut limogé en septembre 1971 après son refus d’approuver la nomination par Bourguiba d’éléments durs dans les services de sécurité.</p>



<p>Au cours des années les plus inspirées du règne de Bourguiba, les femmes ont été émancipées et ont acquis des droits dont elles ne jouissaient dans aucun autre pays arabe, l’alphabétisation et le niveau de vie se sont améliorés et la généralisation de la santé et de l’éducation ont été instaurées. Mais Ahmed Mestiri a bien compris que le despotisme éclairé de Bourguiba ne sera pas accepté longtemps par une population de plus en plus réfractaire. L<em>’«expérience socialiste»</em> ratée menée par Ahmed Ben Salah dans les années 1960 a ruiné de nombreux agriculteurs et aggravé le mécontentement au-delà des zones rurales.</p>



<p>En 1978, Ahmed Mestiri et ses compagnons qui avaient fondé la Ligue tunisienne des droits de l&rsquo;homme (LTDH) ont décidé de fonder un nouveau parti. Le Mouvement social-démocrate (MDS) a été légalisé trois ans plus tard lorsque le Premier ministre, réformiste et partisan de l’arabisation, Mohamed Mzali, a autorisé les partis d’opposition à présenter des listes de candidats aux élections générales du 1er novembre.</p>



<p>Le MDS remporte plus de 5% des voix dans une poignée de circonscriptions, dont celle de la capitale, la plus symbolique. La fureur du vieillissant Habib Bourguiba ne connaît pas de limites et il ordonne à son docile ministre de l’Intérieur de truquer les résultats. Le MDS n’a été crédité que de 3,2% des voix, derrière les 94,6% du PSD au pouvoir. Lors d’une conférence de presse tendue au ministère de l’Intérieur, des journalistes tunisiens et étrangers ont publiquement tourné en dérision les résultats. Le roi était nu et toute la Tunisie le savait. Six ans plus tard, alors que l’opposition islamiste prenait de plus en plus de poids dans la rue, le Premier ministre, le général Zine El-Abidine Ben Ali, a conduit à un <em>«coup d’État médical»</em>, anticipant ainsi un coup d’État imminent des islamistes que beaucoup craignaient, au milieu de la montée des tensions sociales et politiques. Et des violences de rue.</p>



<p>Il est intéressant de réfléchir à la manière dont le cours de l’histoire tunisienne aurait pu être changé si, en 1981, Habib Bourguiba avait permis l’émergence d’une <em>«opposition loyale»</em> menée par un homme intègre et un réformateur libéral, lui-même issu des rangs du parti au pouvoir mais qui était convaincu que la primauté du droit était un principe universel, aussi valable pour les Arabes ou les musulmans que pour les Occidentaux.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un homme d’État avisé, ferme mais juste</h3>



<p>Si les Tunisiens avaient eu l’option d’une opposition laïque sérieuse, le ressentiment face à l’incompétence croissante du régime et à l’aggravation de la crise interne n’aurait peut-être pas été canalisé uniquement par les forces islamistes. La Tunisie avait une opposition <em>«laïque»</em> naissante qui a été tuée dans l’œuf. En Mestiri, elle avait un diplomate qualifié, un homme qui comprenait mieux les habitudes du monde que beaucoup de flagorneurs de Bourguiba et un grand modéré, à l’écoute des caractéristiques de modernisme et de modération de son pays.</p>



<p>Ahmed Mestiri n’a jamais remis en question l’alliance de Habib Bourguiba avec l’Occident ni le soutien que ce dernier a apporté aux Palestiniens. C’était un homme d’État avisé, ferme mais juste, un homme d’une grande intégrité personnelle. Son malheur était que Bourguiba ne pouvait supporter d’avoir des ministres qui défiaient son autorité, aussi compétents ou honnêtes qu’ils eussent pu être.</p>



<p>Après avoir éloigné des personnalités comme Azouz Lasram, Mansour Moalla et d’autres, Bourguiba a, dans les années 1980, précipité la faillite politique et économique de son pays pendant les dernières années de son règne crépusculaire et attisé la guerre pour le pouvoir et les intrigues de palais. Les problèmes de santé du président malade et sa déconnexion de la réalité politique ont fait le reste.</p>



<p>La Tunisie paie aujourd’hui un lourd tribut au régime arbitraire de Bourguiba, en particulier au cours de sa dernière décennie au pouvoir. Le pays aurait été beaucoup plus sûr si Ahmed Mestiri avait succédé à Bourguiba de son vivant et avait inauguré une transition démocratique pour laquelle la Tunisie était probablement prête. Le pays aurait été épargné par de nombreux bouleversements inutiles alors que l’autoritarisme obsolète allait se poursuivre encore longtemps.</p>



<p>Les conversations avec Ahmed Mestiri sur l’histoire tunisienne ou les affaires internationales ont beaucoup appris au jeune journaliste que j’étais. Elles pouvaient être comparées à un jeu de tennis rapide. Je n’oublierais jamais son épouse, la fille de Mohamed Chenik, Premier ministre du bey, une grande dame, qui était l’incarnation même de cette grande bourgeoisie tunisienne que Bourguiba a tout fait pour humilier et rabaisser après l’indépendance. Le despote priva ainsi la jeune république des services d’une couche sociale éduquée qui aurait pu contribuer à bâtir une classe politique moderne.</p>



<p>Mestiri est probablement le plus grand président que la Tunisie n’a jamais eu.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l&rsquo;anglais par</em> <strong>I. B. </strong></p>



<p><strong><em>Source</em></strong> :<em> <a href="https://thearabweekly.com/ahmed-mestiri-greatest-president-tunisia-never-had" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Arab Weekly. </a></em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Article lié: </em></h4>



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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/26/ahmed-mestiri-le-grand-president-que-la-tunisie-na-jamais-eu/">Ahmed Mestiri : Le grand président que la Tunisie n&rsquo;a jamais eu</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Ghannouchi sauve sa tête, c’est la Tunisie qui n’a pas fini de perdre la sienne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jul 2020 17:08:25 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Nidaa Tounes]]></category>
		<category><![CDATA[Noureddine Bhiri]]></category>
		<category><![CDATA[Qalb Tounès]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il a manqué 12 voix à la Tunisie. En effet, les 97 voix pour la destitution du président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), le chef islamiste Rached Ghannouchi, n’ont pas suffi. Et quoi qu’en disent les perdants, il s’agit là d’une défaite lourde de conséquences pour le peuple tunisien. Par Mounir Hanablia *...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/30/ghannouchi-sauve-sa-tete-cest-la-tunisie-qui-na-pas-fini-de-perdre-la-sienne/">Ghannouchi sauve sa tête, c’est la Tunisie qui n’a pas fini de perdre la sienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/06/rached-ghannouchi-ARP.jpg" alt="" class="wp-image-302087"/></figure>



<p><strong><em>Il a manqué 12 voix à la Tunisie. En effet, les 97 voix pour la destitution du président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), le chef islamiste Rached Ghannouchi, n’ont pas suffi. Et quoi qu’en disent les perdants, il s’agit là d’une défaite lourde de conséquences pour le peuple tunisien.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-310103"></span>



<p>On ne prétendra pas comme l’avait fait le président du bloc parlementaire du parti Ennahdha, Noureddine Bhiri, que l’or des Emirats a coulé à flots lors de ce vote. Le procureur de la République n’a pas encore jugé utile d’ouvrir une information judiciaire sur le sujet, et la commission de discipline de l’ARP n’a pas pris les mesures nécessaires contre l’intéressé qui a mis en doute la probité de ses collègues, pas plus qu’il n’a été désavoué par les membres de son propre parti.</p>



<h3 class="wp-block-heading">M. Bhiri au dessus des lois applicables au commun des Tunisiens</h3>



<p>Jusqu’à preuve du contraire, il s’avère ainsi que M. Bhiri appartienne bel et bien au cercle restreint de ceux qui sont au dessus des lois applicables au commun des mortels dans le pays, ainsi que des règlements y qui régissent le fonctionnement des institutions ou des partis politiques.</p>



<p>Après cela, il demeure illusoire d’évoquer un quelconque triomphe de la démocratie, tant bien même depuis 6 années les partis politiques ne se seraient pas accommodés de l’inconstitutionnalité de l’exercice parlementaire, en l’absence de Cour Constitutionnelle.</p>



<p>Si donc le président d’Ennahda a échappé à la déchéance, alors que son parti ne dispose pas de plus de 20% des voix, et comme Al-Karama a choisi la neutralité, il faut en conclure qu’un certain nombre d’autres partis politiques ont choisi de ne pas cautionner la motion de censure. On pense donc d’abord en premier lieu évidemment au parti Qalb Tounès qui, indépendamment de tout, avait intérêt à ne pas aller aux élections anticipées, éventualité qui n’aurait pas manqué de se concrétiser si M. Ghannouchi avait été démis de ses fonctions.</p>



<p>En raisonnant par l’absurde, on peut supposer que si tel avait été le cas, le parti de M. Nabil Karoui, qui n’est pas en odeur de sainteté auprès du président de la république, n’aurait eu aucun intérêt à apporter son soutien au gouvernement de Hichem Mechichi, et ses membres, probablement bien cossus, n’auraient pas éprouvé le besoin de conserver leurs salaires de députés, et se seraient volontiers alignés sur leurs collègues d’Ennahdha et d’Al-Karama, en refusant de voter la confiance.</p>



<h3 class="wp-block-heading">En digne héritier de Caïd Essebsi, Nabil Karoui dans le giron d’Ennahdha</h3>



<p>Il ne faut pas l’oublier, M. Karoui fut l’un des témoins du fameux compromis historique de Paris entre Rached Ghannouchi et Beji Caid Essebsi. Il fut l’un des membres fondateurs du Nidaa, et il s’en est avéré le digne continuateur, dans l’alliance avec le parti islamiste, en trahissant ses électeurs, tout comme l’avait fait son mentor. L’alliance entre Nidaa et Ennahdha, poursuivie par le parti de M. Karoui, répond en réalité à la formule politique que la mondialisation estime la plus apte à préserver ses intérêts en Tunisie et dans le monde arabo-musulman, celle de neutraliser l’opposition islamiste en l’intégrant en partie ou en totalité à l’économie globale.</p>



<p>Le problème pour M. Karoui, après avoir installé M. Ghannouchi à la tête de l’ARP, est qu’il n’a jamais désavoué son allié quand celui-ci a commencé à jouer un jeu dangereux avec M. Erdogan, et ses protégés de Libye, en empiétant sur les plates-bandes du président Kais Saied.</p>



<p>Mais il n’y a pas que cela pour expliquer le rejet de la motion de destitution. Il y a aussi tous ceux parmi les députés qui pour différentes raisons, comme celles ayant trait à leur crainte d’élections anticipées, ou bien encore au passé politique lié à Ben Ali de Mme Moussi, ou bien à l’antipathie ou à la jalousie qu’elle inspire, préfèrent voir encore M. Ghannouchi régner, plutôt que le blackbouler de son piédestal, le mérite en étant attribué à son irréductible ennemie.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une défaite lourde de conséquences pour le peuple tunisien</h3>



<p>À l’arrivée, le résultat est néanmoins là; en dépit des bulletins rejetés, au nombre de 18, sur lesquels on préfère ne pas faire de commentaires, la majorité de l’ARP n’a pas jugé utile de démettre son président de ses fonctions, et malgré ses déclarations rassurantes relativement au soutien du futur gouvernement, et à son profil bas, il s’agit d’une défaite lourde de conséquences pour le peuple tunisien.</p>



<p>En effet, M. Ghannouchi s’est bien engagé à modifier sa manière de présider l’ARP, mais il ne s’est encore jamais excusé de ses relations ténébreuses avec l’étranger, qui ont déclenché en grande partie la défiance de ses collègues, il ne s’est pas engagé à en informer pleinement à l’avenir le président de la république, ni à s’abstenir de toute modification significative de la politique étrangère du pays ou de ses alliances stratégiques, en cas de vacance soudaine de la présidence, dont, du fait de ses fonctions, il lui reviendrait d’assurer provisoirement l’intérim.</p>



<p>Evidemment ces questions se poseraient à fortiori pour tout futur président élu issu en particulier du parti Ennahdha ou de ceux qui lui sont idéologiquement apparentés, dont la propension à modifier les alliances du pays d’une manière déraisonnable et aventureuse, ainsi qu’a tenté de le faire M. Ghannouchi, peuvent avoir des conséquences redoutables. Le président de l’ARP a certes sauvé sa tête, mais le pays n’a pas fini de préserver la sienne.</p>



<p>* <em>Cardiologue, Gammarth, La Marsa.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/30/ghannouchi-sauve-sa-tete-cest-la-tunisie-qui-na-pas-fini-de-perdre-la-sienne/">Ghannouchi sauve sa tête, c’est la Tunisie qui n’a pas fini de perdre la sienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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