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	<title>Archives des biocarburants - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des biocarburants - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Energie &#124; Pour l’Italie, l’Afrique est une alternative majeure à la Russie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Mar 2025 08:55:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour l'Italie, l’Afrique est devenue une alternative énergétique majeure à ce qui était autrefois la Russie, et pas seulement pour le gaz. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/19/energie-pour-litalie-lafrique-est-une-alternative-majeure-a-la-russie/">Energie | Pour l’Italie, l’Afrique est une alternative majeure à la Russie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>«L’Afrique est devenue une alternative énergétique majeure à ce qui était autrefois la Russie, et pas seulement pour le gaz», a déclaré le PDG d</em></strong><strong><em>’</em></strong><strong><em>Eni, Claudio Descalzi, décrivant la nouvelle géopolitique énergétique après le conflit russo-ukrainien. Pour lui,</em></strong> <strong><em>la </em></strong><strong><em>société italienne d’hydrocarbures</em></strong><strong><em> doit investir non seulement dans le gaz, mais aussi dans les énergies renouvelables</em></strong><strong>.</strong> &nbsp;</p>



<span id="more-15930300"></span>



<p><em>«Dans le contexte méditerranéen, l</em><em>’</em><em>Afrique est un allié important qu</em><em>’</em><em>il faut aider, étant donné que l</em><em>’</em><em>industrie et la démographie croissante ont également besoin d</em><em>’</em><em>énergie»</em>, a déclaré Descalzi, ajoutant que le continent <em>«est traditionnellement notre deuxième patrie, nous y avons grandi puis nous nous sommes diversifiés, pendant longtemps nous y avons consacré 50% de nos investissements et de nos ressources.»</em> &nbsp;</p>



<p><em>«Notre fort positionnement est en Afrique du Nord mais nous sommes également très présents au sud. Après la crise énergétique, cet engagement de fournir du gaz à l</em><em>’</em><em>Afrique nous est revenu, quand l</em><em>’</em><em>Italie en avait besoin, il n</em><em>’</em><em>a pas été difficile de convaincre nos partenaires de nous donner du gaz et de remplacer partiellement de gros volumes. Mais combien de temps cela durera-t-il ? Ils auront des priorités et sont en croissance d</em><em>’</em><em>un point de vue industriel et démographique, cela signifie qu</em><em>’</em><em>ils auront besoin de beaucoup d&rsquo;énergie»</em>, explique encore le patron d’Eni, qui regarde vers l’avenir et voit des évolutions se dessiner à l’horizon.</p>



<p><em>«Ce qui se fait, c</em><em>’</em><em>est développer le gaz. Le pétrole est peut-être moins important et il y a toute une discussion sur le développement des énergies renouvelables, même si les contextes environnementaux en Afrique subsaharienne sont très difficiles, avec des forêts et un climat qui n</em><em>’</em><em>est pas très simple»</em>, analyse Descalzi, par allusion à la saison des pluies qui peuvent anéantir tous les panneaux solaires installés.</p>



<p>Soulignant l’importance de développer les énergies renouvelables en Afrique, Descalzi a déclaré&nbsp;: <em>«Nous avons besoin de développer et de fournir les énergies renouvelables sur réseau»</em>.</p>



<p>Il y a, selon lui, une autre alternative : la biomasse, <em>«le produit le plus utilisé pour créer de l’énergie en Afrique et cela entraîne d’énormes dommages à la santé car elle est utilisée au niveau domestique, de manière très rudimentaire et même primitive»</em>, estime le PDG d’Eni. Le Kenya, la Côte d’Ivoire ou le Rwanda pourraient en profiter, car ils ont une agriculture très développée.</p>



<p>Pour Eni, <em>«l’objectif est de produire environ un million de tonnes de biocarburants par an, ce qui représente 20 à 35% de nos besoins plus les résidus de transformation ; nous avons déjà réussi à produire 120 000 tonnes de ces <em>biocarburants</em> et nous avons des projets locaux de développement de bioraffineries qui ont créé près de 100 000 emplois pour des agriculteurs qui font des travaux traditionnels et de nouveaux agriculteurs qui font des travaux spécialisés dans ce type d’activité non seulement en Afrique, au Moyen-Orient et en Méditerranée mais aussi en Extrême-Orient»</em>.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong> </p>



<p>D’après <a href="https://www.ansa.it/ansamed/it/notizie/rubriche/nazioni/2025/03/18/descalzi-lafrica-e-una-grossa-alternativa-alla-russia_26841f7d-d690-40a0-8b4d-dd9600c78c6f.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ansamed</a>.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/19/energie-pour-litalie-lafrique-est-une-alternative-majeure-a-la-russie/">Energie | Pour l’Italie, l’Afrique est une alternative majeure à la Russie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’hydrogène vert : un pari sur les avancées technologiques à venir</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/30/lhydrogene-vert-un-pari-sur-les-avancees-technologiques-a-venir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jul 2024 06:08:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Agence internationale de l’énergie]]></category>
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		<category><![CDATA[électrolyse de l’eau]]></category>
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		<category><![CDATA[hydrogène vert]]></category>
		<category><![CDATA[impact environnemental]]></category>
		<category><![CDATA[réacteurs nucléaires]]></category>
		<category><![CDATA[Yahya Ould Amar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le rêve de l’hydrogène vert ne doit pas se transformer en mirage.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/30/lhydrogene-vert-un-pari-sur-les-avancees-technologiques-a-venir/">L’hydrogène vert : un pari sur les avancées technologiques à venir</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les prévisions de réduction des coûts de production, de stockage et de distribution de l’hydrogène vert, sur lequel la Tunisie semble vouloir bâtir son <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/28/la-tunisie-bientot-site-de-production-de-lhydrogene-vert-vers-leurope/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">avenir énergétique</a>, dépendent fortement des avancées technologiques futures que personne ne peut prédire avec précision. Le rêve de l’hydrogène vert ne doit pas se transformer en mirage.</em></strong></p>



<p><strong>Yahya Ould Amar </strong>*</p>



<span id="more-13654062"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure></div>


<p>Dans le contexte de la transition écologique, l’hydrogène vert est souvent présenté comme un nouvel eldorado énergétique. Cette vision prometteuse est nourrie par des espoirs de transformation industrielle et de prospérité économique.</p>



<p>Pourtant, en dépit de l’enthousiasme généralisé, il est essentiel de ne pas se laisser emporter par des rêves qui, en ignorant les incertitudes sur d’éventuelles avancées scientifiques, risquent de compromettre notre crédibilité collective.</p>



<p>Il est juste de considérer que les obstacles à surmonter pour la production, le stockage et la distribution sont nombreux et complexes. L’horizon de réduction des coûts de production de l’hydrogène vert à des niveaux compétitifs par rapport aux sources fossiles est incertain.</p>



<p>L’investissement dans l’hydrogène vert repose sur le pari que des avancées technologiques à venir permettront de produire, stocker et distribuer cette énergie à moindre coût. Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des défis techniques et économiques à surmonter</h2>



<p>Actuellement, les coûts de production de l’hydrogène vert sont élevés par rapport à d’autres sources d’énergie. Selon les estimations, produire de l’hydrogène à partir de gaz naturel coûte entre 1 et 3 dollars par kilogramme, tandis que l’hydrogène vert coûte entre 4 et 12 dollars par kilogramme. Le rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), indique que la production mondiale d’hydrogène vert était d’environ 0,7% de la demande totale d’hydrogène, qui s’élevait à 95 millions de tonnes en 2022.</p>



<p>L’hydrogène vert, produit à partir d’énergies dites <em>«renouvelables»</em>, est souvent encensé sans une pleine compréhension des défis techniques et économiques qu’il implique. La réalité est que la production d’hydrogène nécessite une quantité considérable d’énergie, et cette énergie doit provenir d’une autre source d’énergie.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="764UWontOP"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/28/lhydrogene-vert-en-tunisie-un-nouveau-mecanisme-de-pillage-et-dexploitation/">L’hydrogène vert en Tunisie : Un nouveau mécanisme de pillage et d’exploitation</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’hydrogène vert en Tunisie : Un nouveau mécanisme de pillage et d’exploitation » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/28/lhydrogene-vert-en-tunisie-un-nouveau-mecanisme-de-pillage-et-dexploitation/embed/#?secret=3OXnRGR2fz#?secret=764UWontOP" data-secret="764UWontOP" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En physique, nous savons que l’énergie ne se crée pas, elle se transforme. Cette vérité fondamentale, inscrite dans le théorème de Noether, stipule que l’énergie est une grandeur abstraite qui se conserve en vertu de l’invariance des lois physiques dans le temps. Autrement dit, la production de l’hydrogène vert nécessite une autre forme d’énergie, en l’occurrence celle provenant des flux renouvelables (solaire, vent). Scientifiquement, il n’existe pas de <em>«consommation»</em> d’énergie mais transformation en une autre énergie (thermique, mécanique…).</p>



<p>Ainsi, parler de production d’hydrogène à partir d’énergies <em>«renouvelables»</em> est un abus de langage&nbsp;; il s’agit plutôt de transformer une forme d’énergie en une autre, en utilisant des flux tels que le vent ou le soleil.</p>



<p>Malgré cela, les discours publics entretiennent souvent l’idée que ces flux renouvelables peuvent à eux seuls résoudre nos crises énergétiques. Cet optimisme, bien qu’utile pour galvaniser les efforts collectifs, repose sur une compréhension simpliste des lois de la thermodynamique et des défis techniques de la conversion énergétique. Par exemple, l’électrolyse de l’eau, le procédé le plus courant pour produire de l’hydrogène vert, est énergétiquement coûteux et inefficace dans sa forme actuelle. Les technologies doivent encore faire l’objet de percées significatives pour devenir économiquement viables.</p>



<p>En poursuivant ces rêves sans une évaluation rigoureuse de la réalité, nous risquons de créer des attentes irréalistes. Cette approche peut s’avérer dangereuse, car elle pourrait engendrer une déception collective et une perte de confiance lorsque ces attentes ne seront pas satisfaites. L’illusion d’un nouvel eldorado pourrait ainsi se transformer en une douloureuse prise de conscience des limites de nos capacités technologiques actuelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Prévisions pour d’autres sources énergétiques</h2>



<p>Parallèlement, d’autres sources énergétiques émergent comme des alternatives potentielles. Les biocarburants de nouvelle génération et les réacteurs nucléaires de quatrième génération offrent des perspectives intéressantes. Chacune de ces technologies présente des avantages et des défis spécifiques en termes de coût, de maturité technologique et d’impact environnemental.</p>



<p>L’avenir énergétique mondial reposera probablement sur un mix diversifié de sources renouvelables et de technologies avancées. L’hydrogène vert y jouera un rôle, mais il ne sera pas la panacée. La complémentarité entre les différentes énergies sera essentielle pour atteindre les objectifs de neutralité carbone.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="aCTpE3H8le"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/28/la-tunisie-bientot-site-de-production-de-lhydrogene-vert-vers-leurope/">La Tunisie, bientôt site de production de l’hydrogène vert vers l’Europe  </a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie, bientôt site de production de l’hydrogène vert vers l’Europe   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/28/la-tunisie-bientot-site-de-production-de-lhydrogene-vert-vers-leurope/embed/#?secret=8f8z01SzhH#?secret=aCTpE3H8le" data-secret="aCTpE3H8le" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En fin de compte, il est essentiel de maintenir une perspective équilibrée et éclairée sur les promesses et les limites de l’hydrogène vert. Plutôt que de se complaire dans des visions utopiques, il est impératif de reconnaître les défis et de les aborder avec une approche scientifique rigoureuse. </p>



<p>Les prévisions de réduction des coûts de production, de stockage et de distribution dépendent fortement des avancées technologiques futures que personne ne peut prédire avec précision. Le rêve de l’hydrogène vert ne doit pas se transformer en mirage. La stabilité des nations et la crédibilité des institutions dépendent de notre capacité à conjuguer ambition et réalisme.</p>



<p>Toutefois, le potentiel de l’hydrogène vert pour transformer le paysage énergétique mondial en fait un pari que de nombreux gouvernements et entreprises n’ont pas hésité à prendre.</p>



<p>* <em>Economiste, banquier et financier.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/30/lhydrogene-vert-un-pari-sur-les-avancees-technologiques-a-venir/">L’hydrogène vert : un pari sur les avancées technologiques à venir</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Sud Global face à l’illusion de la croissance verte</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/14/le-sud-global-face-a-lillusion-de-la-croissance-verte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Jul 2024 07:18:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Ould Amar Yahya]]></category>
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		<category><![CDATA[Transition énergétique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les pays développés doivent cesser de dicter des règles environnementales aux pays en développement sans offrir les moyens de les respecter.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/14/le-sud-global-face-a-lillusion-de-la-croissance-verte/">Le Sud Global face à l’illusion de la croissance verte</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les pays du Sud, qui peinent à dépasser les séquelles de la colonisation et à prendre le chemin du développement, se retrouvent accablées par une nouvelle menace : la contrainte environnementale imposée par l’irresponsabilité des grands pollueurs de la planète.</em></strong></p>



<p><strong>Ould Amar Yahya</strong> *</p>



<span id="more-13562154"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure></div>


<p>Les signes avant-coureurs d’une catastrophe écologique imminente se multiplient à une cadence effrayante. Les tempêtes dévastatrices, les incendies incontrôlables, les sécheresses prolongées, la fonte des calottes glaciaires, la montée des températures et du niveau des océans ne sont que les prémices d’une ère de chaos climatique qui pourrait rendre certaines régions de la planète inhabitables. Sauver la planète n’est pas seulement une question de justice et de responsabilité envers les générations futures, mais une question de survie.</p>



<p>Depuis leurs indépendances, les pays du Sud sont enlisés dans une lutte incessante contre le sous-développement, affrontant quotidiennement les défis de la survie, de la pauvreté, de l’éducation et de la santé. Ces batailles, qu’ils n’ont jamais réussi à remporter pleinement, constituent un fardeau perpétuel sur leur chemin vers une vie descente de leurs populations. Aujourd’hui, ces nations, déjà vulnérables, se retrouvent accablées par une nouvelle menace : la contrainte environnementale imposée par l’irresponsabilité des grands pollueurs de la planète.</p>



<p>Les coûts colossaux de la transition écologique, combinés à une inflation inévitable à court et moyen terme conséquence de l’abandon progressif des énergies fossiles moins coûteuses, s’ajoutent à une situation d’endettement généralisé. Ce qui contribuera à creuser sans nul doute l’écart de développement avec le Nord.</p>



<p>De nombreuses études démontrent les impacts négatifs de la transition écologique sur l’emploi (étude de l’Université d’Oxford, Rapport du Centre pour la recherche économique et politique &#8211; CEPR, étude de l’Agence internationale de l’énergie – AIE, Étude du Brookings Institution, …), sur la compétitivité (Étude de McKinsey &amp; Co, Étude de la Chambre de commerce des États-Unis, Rapport de la Commission européenne, Rapport de l’International Renewable Energy Agency – Irena, Rapport de l’Institut de l’énergie de l’University College London – UCL) et sur la croissance économique (Étude de l’Institut de l’énergie de l’Université de Cologne, Rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques – OCDE, Rapport du Forum économique mondial – WEF, Rapport de l’Institut de l’énergie de l&rsquo;University College London – UCL).</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7gk5ln7gKH"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/14/montee-du-sud-global-et-declin-de-la-domination-de-loccident/">Montée du Sud Global et déclin de la domination de l’Occident</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Montée du Sud Global et déclin de la domination de l’Occident » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/14/montee-du-sud-global-et-declin-de-la-domination-de-loccident/embed/#?secret=lqcJS1CNMt#?secret=7gk5ln7gKH" data-secret="7gk5ln7gKH" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ainsi, parler de <em>«croissance verte» </em>dans ce contexte semble une douce illusion; il serait plus honnête de parler de <em>«croissance sous contrainte»</em>, terme qui reflète la réalité d’une croissance inférieure à celle d’un monde non contraint. Les ambitions légitimes des pays du Sud pour un développement économique sont sacrifiées, étouffées sous le poids des exigences écologiques avec leurs normes environnementales, creusant davantage les inégalités globales et compromettant leur droit fondamental à un avenir meilleur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les racines de l’injustice</h2>



<p>Historiquement, les nations industrialisées ont bâti leur richesse sur une exploitation effrénée et inconsidérée des ressources naturelles. Les États-Unis, l’Europe, le Japon, et d’autres puissances développées ont, durant des siècles, pollué l’air, la terre et les eaux sans jamais rendre de comptes. Aujourd’hui, parvenues à un développement avancé, ces nations cherchent à imposer aux pays du Sud, qui subissent encore les conséquences de cette industrialisation destructrice, des politiques et des normes environnementales strictes et contraignantes, freinant ainsi toute perspective de croissance économique.</p>



<p>Cette asymétrie historique engendre une injustice éclatante. Les pays du Nord Global, ayant érigé leurs économies sur des pratiques écologiquement destructrices, imposent désormais des normes environnementales sévères aux pays en développement sans leur fournir les moyens financiers et technologiques nécessaires pour les respecter. En agissant ainsi, ils privent ces nations du droit de suivre un chemin similaire de croissance et les contraignent à une stagnation économique, rendant presque impossible la réduction de l’écart qui les sépare des pays riches.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’équilibre délicat</h2>



<p>Un examen attentif des réalités économiques et sociales des pays du Sud révèle que la poursuite aveugle de la croissance verte pourrait, constituer un frein significatif à leur développement économique.</p>



<p>Les industries vertes, présentent des caractéristiques spécifiques qui les rendent souvent moins intensives en main-d&rsquo;œuvre, requérant des compétences techniques très spécialisées, en raison de leur recours massif à l’automatisation et aux technologies de pointe, ce qui peut constituer un frein à l’emploi, impact critique dans des pays à démographie galopante.</p>



<p>Par exemple, les fermes solaires et les parcs éoliens nécessitent un investissement initial important dans des équipements sophistiqués et automatisés. Une fois installés, ces systèmes fonctionnent avec un minimum d’intervention humaine. La maintenance et la surveillance peuvent souvent être réalisées à distance, grâce à des capteurs et des logiciels avancés. Ainsi, le besoin en main-d’œuvre pour la gestion quotidienne de ces installations est relativement faible comparé à celui des centrales électriques traditionnelles, qui nécessitent un personnel important pour la gestion des opérations, la maintenance, et la sécurité. Il en est de même pour la production de biocarburants.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Z5SBz4ddfK"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/11/les-economies-africaines-face-a-lurgence-de-la-transformation-numerique/">Les économies africaines face à l’urgence de la transformation numérique</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les économies africaines face à l’urgence de la transformation numérique » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/11/les-economies-africaines-face-a-lurgence-de-la-transformation-numerique/embed/#?secret=CTF9KRgD7V#?secret=Z5SBz4ddfK" data-secret="Z5SBz4ddfK" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Des études de cas spécifiques illustrent cette réalité. En Allemagne, la transition énergétique, connue sous le nom d’Energiewende, a conduit à une augmentation significative des énergies renouvelables. Cependant, elle s’est également accompagnée d’une baisse des emplois dans les secteurs de l&rsquo;énergie fossile sans une augmentation proportionnelle des emplois dans les énergies renouvelables. Une analyse du marché de l’emploi montre que les emplois créés dans le secteur des énergies renouvelables étaient plus spécialisés et moins nombreux que ceux perdus dans le secteur de l’énergie fossile.</p>



<p>Le passage à une économie verte entraîne, le déclin de secteurs industriels traditionnels qui emploient une main-d’œuvre nombreuse.</p>



<p>La véritable intelligence économique réside dans la capacité à équilibrer les exigences écologiques avec les impératifs de croissance, en tenant compte des particularités et des priorités de chaque pays. Imposer des orientations vertes dans chaque plan de croissance, sans considération des contextes locaux, revient à imposer un carcan dogmatique qui exclut toute solution optimale adéquate et nécessairement flexible pour répondre aux besoins urgents des populations du Sud.</p>



<p>Il est temps de reconnaître que l’application uniforme de politiques vertes, sans une adaptation contextuelle et une flexibilité pragmatique, risque de perpétuer les inégalités mondiales et d’entraver le progrès des nations les plus vulnérables.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le développement étouffé</h2>



<p>Pour les pays du Sud, la croissance économique n’est pas un simple objectif politique comme dans le Nord, mais une question de survie. Elle est indispensable pour éradiquer la pauvreté, améliorer les infrastructures, offrir une éducation de qualité et des services de santé accessibles. Les normes environnementales, aussi nobles soient-elles, constituent des obstacles insurmontables pour ces nations en quête de progrès.</p>



<p>Prenons l’exemple de l’Afrique subsaharienne. Cette région possède d’immenses réserves de charbon, de pétrole et de gaz naturel, qui pourraient être exploitées pour stimuler la croissance économique et financer des projets de développement. Cependant, les pressions internationales pour limiter les émissions de carbone et promouvoir les énergies renouvelables freinent cette exploitation. Les populations locales, qui vivent dans la pauvreté et manquent d’accès à l’électricité, voient leurs espoirs de développement bridés par des normes environnementales dictées par les pays développés, seuls décideurs des agendas mondiaux. Le renforcement inévitable de ces normes constituerait le futur curseur de la désolation et du chaos dans les pays du Sud.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le fardeau des énergies propres</h2>



<p>La transition vers des énergies renouvelables représente un défi particulièrement complexe pour les pays en développement. Les infrastructures énergétiques de ces nations sont souvent rudimentaires et dépendent largement des combustibles fossiles. Passer à des sources d’énergie plus propres nécessite des investissements massifs, des technologies avancées, et une expertise technique qui font cruellement défaut.</p>



<p>Prenons le cas de l’Inde, un pays confronté à une demande énergétique exponentielle due à sa croissance démographique et industrielle. La pression internationale pour réduire les émissions de carbone pousse le gouvernement à investir dans l’énergie solaire et éolienne. Cependant, ces initiatives, bien qu’encourageantes, ne suffisent pas à répondre aux besoins immédiats de la population et de l’industrie. Le charbon, source d’énergie bon marché et abondante, reste une nécessité économique malgré ses impacts environnementaux dévastateurs.</p>



<p>En Asie du Sud-Est, l’essor industriel et agricole est souvent synonyme de déforestation massive, comme en Indonésie où la culture de l’huile de palme détruit des écosystèmes entiers.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="on4d3etvYx"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/04/lafrique-face-aux-grands-bouleversements-en-cours/">L’Afrique face aux grands bouleversements en cours</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Afrique face aux grands bouleversements en cours » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/04/lafrique-face-aux-grands-bouleversements-en-cours/embed/#?secret=FIBWd1kJFh#?secret=on4d3etvYx" data-secret="on4d3etvYx" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>En Afrique, l’exploitation minière, source essentielle de devises, entraîne une dégradation environnementale sévère. Ces activités, vitales pour l’économie locale, sont souvent incompatibles avec les objectifs de durabilité.</p>



<p>L’exemple du Brésil est révélateur. La pression mondiale pour protéger l’Amazonie entre en conflit direct avec les besoins économiques des populations et des industries agricoles et minières. Sans alternatives économiques viables et un soutien international substantiel, le pays se trouve dans une impasse où la protection environnementale menace directement la croissance économique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les conséquences sociales et économiques</h2>



<p>L’imposition de normes environnementales strictes a des conséquences sociales et économiques dévastatrices. En freinant le développement industriel, ces normes réduisent les opportunités d’emploi et entravent la création de richesse. Les gouvernements, incapables de générer des revenus suffisants, peinent quasiment tous à financer les services publics essentiels tels que l’éducation, la santé et les infrastructures.</p>



<p>En Inde, par exemple, la pression pour réduire la dépendance au charbon et passer aux énergies renouvelables menace des millions d’emplois dans les régions minières. Les communautés locales, qui dépendent de l’industrie du charbon pour leur subsistance, se retrouvent sans alternative viable. Le passage à une économie verte, sans un soutien adéquat et une planification minutieuse, risque d’exacerber les inégalités et d’aggraver la pauvreté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une impasse inévitable ?</h2>



<p>L’équilibre entre croissance et durabilité semble donc être une chimère pour de nombreuses nations en développement. Les exigences de la transition écologique risquent de les condamner à une stagnation économique, voire à un recul, amplifiant ainsi les inégalités globales. Les engagements internationaux, tels que l’Accord de Paris, bien qu’essentiels, ne tiennent pas toujours compte des réalités locales et des sacrifices qu’ils imposent aux plus vulnérables.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’illusion de l’universalité des solutions vertes</h2>



<p>L’une des grandes erreurs de la pensée économique contemporaine réside dans l’idée que les solutions vertes, appliquées uniformément, sont bénéfiques pour tous les contextes. Les économies en développement, majoritairement caractérisées par des infrastructures insuffisantes, des institutions fragiles et une dépendance aux ressources naturelles, se trouvent confrontées à un dilemme cruel : comment peuvent-elles aspirer à une croissance rapide pour répondre aux besoins immédiats de leurs populations, sans compromettre la durabilité environnementale, vitale pour la survie de la planète et sachant que freiner la croissance au nom de la durabilité risque de plonger des millions de personnes dans la précarité? Cette interrogation, qui doit hanter tous les décideurs responsables, trouve souvent une réponse désespérément pessimiste : l’équilibre entre croissance économique et durabilité environnementale semble inatteignable pour de nombreux pays du Sud.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une nouvelle approche éthique est possible</h2>



<p>Pour surmonter ces injustices, une nouvelle approche éthique et pragmatique est indispensable.</p>



<p>Le changement climatique ne connaît pas de frontières. Il ne s&rsquo;arrête pas aux douanes et il ne demande pas de visa.</p>



<p>Le coût de l&rsquo;inaction est trop élevé. Il ne peut être mesuré en dollars, mais en vies humaines, en espèces perdues et en écosystèmes détruits.</p>



<p>Les pays développés doivent reconnaître leur responsabilité historique et actuelle dans la dégradation de l’environnement mondial en supprimant la dette des pays du Sud à faible impact environnemental, et assumer une part plus équitable du fardeau de la transition écologique.</p>



<p>Premièrement, il est impératif d’augmenter les financements pour le développement durable. Les promesses doivent être transformées en actions concrètes, avec des mécanismes de financement accessibles et transparents. Les technologies vertes doivent être partagées librement, sans les barrières de propriété intellectuelle qui en limitent l’accès.</p>



<p>Deuxièmement, les normes environnementales doivent être adaptées aux réalités locales. Une approche uniforme est inadaptée et contre-productive. Il est nécessaire de développer des standards flexibles, qui tiennent compte des contextes économiques, sociaux et environnementaux spécifiques de chaque pays. Cela implique une coopération étroite entre les nations, les organisations internationales et les acteurs locaux pour définir des objectifs réalistes et atteignables.</p>



<p>Troisièmement, les pays développés doivent cesser de dicter des règles sans offrir les moyens de les respecter. Ils doivent, au contraire, devenir des partenaires engagés dans un dialogue ouvert et constructif, visant à construire un avenir où le développement et la durabilité ne sont plus en opposition, mais progressivement en harmonie dans le temps.</p>



<p>En définitive, l’impératif écologique, imposé sans discernement aux pays du Sud par le Nord, risque de condamner de nombreuses nations en développement à une stagnation économique insoutenable. La transition vers une économie verte, bien que vitale pour la survie de la planète, ne peut se réaliser au détriment des aspirations légitimes des pays du Sud. Ces pays, encore englués dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités, se voient freinés par des normes environnementales rigides qui menacent de perpétuer leur dépendance et leur précarité. Il est essentiel de reconnaître que l’universalité des solutions vertes est une utopie; seules des politiques adaptées aux réalités locales et soutenues par une coopération internationale juste et équitable permettront de concilier à terme croissance et durabilité.</p>



<p>* <em>Economiste, banquier et financier.</em></p>
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