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	<title>Archives des caisse de compensation - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des caisse de compensation - Kapitalis</title>
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		<title>Ramadan &#124; Le pain subventionné se fait rare</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Feb 2026 06:44:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CONSO]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Certaines boulangeries ont délibérément réduit leur production de pain subventionné depuis le début du ramadan. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/23/ramadan-le-pain-subventionne-se-fait-rare/">Ramadan | Le pain subventionné se fait rare</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Certaines boulangeries ont délibérément réduit leur production de pain subventionné depuis le début du ramadan et ont cessé d’approvisionner les épiceries.</em></strong></p>



<span id="more-18396917"></span>



<p>C’est ce qu’a déclaré le président de l’Organisation tunisienne pour informer le consommateur (Otic), Lotfi Riahi, dimanche 22 février 2026, à l’agence Tunis Afrique Presse (Tap), ajoutant que ces boulangeries incitent les consommateurs à acheter du pain fin ou non subventionné, plus cher. Ces pratiques constituent une violation grave de l’esprit du système de subvention et portent directement atteinte au pouvoir d’achat des citoyens.</p>



<p>Lotfi Riahi a rappelé à cet égard que le pain subventionné en Tunisie est soumis à un système de soutien financé par l’État via le Fonds général de compensation, et supervisé par le ministère du Commerce et de la Promotion des exportations, en coordination avec l’Office des céréales, qui a le monopole de l’importation du blé.</p>



<p>Les finances publiques prennent en charge la différence importante entre le coût du blé importé et le prix de vente fixé par les pouvoirs publics, le soutien de l’Etat visant exclusivement à protéger le pouvoir d’achat des consommateurs et non à maximiser les profits de certains professionnels du secteur, a-t-il encore expliqué.</p>



<p>Le président de l’Otic a estimé que toute réduction artificielle de la production de pain subventionné, tout en maintenant la production de pain non subventionné, dont la marge bénéficiaire est plus élevée, constitue un transfert illégal de l’aide publique vers des profits privés, un manquement aux obligations d’exploitation liées à l’autorisation et une pratique commerciale déloyale qui porte atteinte au droit d’accès à un produit de base subventionné.</p>



<p><em>«On a constaté un épuisement systématique et rapide des stocks, un refus d’approvisionner les points de vente extérieurs et une orientation directe des consommateurs vers des produits plus chers, ce qui équivaut à exploiter une situation de consommation délicate pour réaliser des gains supplémentaires au détriment des deniers publics et de la stabilité sociale»</em>, a indiqué M. Riahi, qui a demandé aux instances de contrôle de mettre en place immédiatement une surveillance intensive, de vérifier que les quantités de farine subventionnée reçues par les boulangers correspondent à celles qu’ils ont effectivement produites, de publier des données transparentes sur les quotas distribués et les cas d&rsquo;infraction, et d’appliquer sans hésitation les sanctions administratives et légales à l’encontre de tout professionnel du secteur dont la manipulation délibérée est prouvée.</p>



<p>Il a également appelé à l’ouverture d’une enquête urgente sur tout soupçon d’entente ou de pression qui entraverait les réformes du secteur ou maintiendrait des privilèges injustifiés.</p>



<p>Au chapitre des solutions pratiques et réalisables pour réformer le système du pain et rationaliser les subventions, le président de l’Otic a proposé d&rsquo;utiliser exclusivement de la farine enrichie en fibres pour la production de pain subventionné, afin de garantir que les subventions soient effectivement accordées à ceux qui y ont droit et de limiter leur utilisation à des fins autres que celles prévues.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>
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		<title>Le Président Saïed a-t-il raison de rompre les relations de la Tunisie avec le FMI?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/04/le-president-saied-a-t-il-raison-de-rompre-les-relations-de-la-tunisie-avec-la-fmi/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Mar 2025 09:45:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[caisse de compensation]]></category>
		<category><![CDATA[déficit budgétaire]]></category>
		<category><![CDATA[entreprises publiques]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
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		<category><![CDATA[réformes économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Samir Saied]]></category>
		<category><![CDATA[Youssef Chahed]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La décision prise par le président Kaïs Saïed de rompre les relations entre la Tunisie et le FMI est-elle justifiée ou non ?   </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/04/le-president-saied-a-t-il-raison-de-rompre-les-relations-de-la-tunisie-avec-la-fmi/">Le Président Saïed a-t-il raison de rompre les relations de la Tunisie avec le FMI?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’annonce récente par un communiqué officiel de la Présidence de la République de la rupture de toute collaboration avec le Finds monétaire international (FMI) est passée presque inaperçue dans l’actualité économique et politique. Pourtant, c’est une décision qui aura des conséquences très lourdes à court et moyen terme sur les performances de l’économie nationale et les chances de sortir de la stagnation qu’elle connaît depuis quelques années déjà. L’auteur, économiste de formation et ancien expert auprès de plusieurs institutions financières internationales, dont la Banque africaine de développement (BAD), analyse dans cet article les raisons de cette rupture et les arguments qui pourraient la justifier ou non.</em></strong> <em>(Photo: Jihad Azour, &nbsp;directeur du département Moyen Orient au FMI, reçu par Kaïs Saïed, le 21 juin 2022).  </em></p>



<p><strong>Dr Sadok Zerelli *</strong></p>



<span id="more-15783058"></span>



<p>La dernière décision présidentielle de rompre officiellement toute relation avec le FMI, passée presque inaperçue dans une actualité dominée par les procès politiques et des nouvelles du type X est entré en prison et Y en est sorti, est très lourde de conséquences pour l’avenir de ce pays et son image tant sur la scène diplomatique internationale que sur les places financières du monde et auprès des bailleurs de fonds multilatéraux ou bilatéraux ou même des investisseurs privés.</p>



<p>C’est une décision historique qui marque la rupture des relations&nbsp; avec une institution multinationale dont la Tunisie est membre depuis 1958, détient une partie du capital et a bénéficié de son assistance durant les crises les plus difficiles que notre économie a eu à traverser, depuis celle des années 1970 déclenchée par l’échec de l’expérience&nbsp; des <em>«coopératives»</em> d’Ahmed de Ben Salah, à celle des années 1980 provoquée par la <em>«révolte du pain»</em>, à celle des années 1990 marquée par la mise en place du <em>«programme d’ajustement structurel»</em> (PAS) et à celle après la <em>«révolution de 2011»</em> qui perdure jusqu’à aujourd’hui.</p>



<p>Pour rappel, depuis son adhésion au FMI, la Tunisie a eu accès à plusieurs financements qui représentent plusieurs fois son quotas et ce, à travers divers mécanismes pour une enveloppe totale de 3 123 millions de DTS, soit l’équivalent de 4 400 millions de dollars, dont 87% ont été obtenus entre 2013 et 2020. Elle se classe au 13<sup>e</sup> rang parmi les pays qui ont bénéficié le plus de l’assistance financière du FMI (Source : FMI).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une analyse politiquement neutre</h2>



<p>Avant de développer davantage mon analyse et prendre position, en tant qu’économiste spécialiste en économie monétaire, dans cette querelle qui est devenue malheureusement une bataille ou même un bras de fer entre le Président Kaïs Saïed et le FMI, je voudrais insister sur un point : pour des raisons théoriques qu’il n’y a pas lieu de développer dans cet article, je suis un farouche opposant au courant de pensée néolibérale qui domine au sein de cette institution et qui prône le retour même pas à la théorie néoclassique du XIX<sup>e</sup> siècle, mais même à la théorie classique originelle de la <em>«main invisible»</em> d’Adam Smith qui dominait la pensée économique au XVII<sup>e</sup> et XVIII<sup>e</sup> siècles. Mon dernier article où je dénonce vivement la politique monétaire du taux directeur que le FMI a imposé à la BCT en vue de lutter contre l’inflation en est une preuve (voir dans Kapitalis :<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/25/banque-centrale-de-tunisie-oui-lamendement-de-la-loi-de-2016-simpose/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em> ‘‘Oui pour l’amendement de la Loi de 2016 sur le statut de la BCT’’</em>)</a>.</p>



<p>J’ai tenu à faire cette remarque parce que si certain(e)s lecteurs et lectrices trouveront peut-être que je prends davantage dans cet article le parti du FMI, ce n’est pas par aliénation idéologique mais bien par honnêteté intellectuelle et pour<em> «rendre à César ce qui appartient à César»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quatre vérités qu’il ne sert à rien de vouloir ignorer</h2>



<p>Avant d’examiner en détail les motifs de la querelle/bataille entre notre Président et le FMI, il est important de rappeler quatre vérités qu’il ne sert à rien de vouloir ignorer, par esprit chauvin ou discours populiste, du moins si on veut apporter une réponse scientifique et objective à cette question, ce qui est mon objectif dans cet article.</p>



<p>La première vérité est que le FMI n’a rien demandé à la Tunisie mais c’est la Tunisie qui est allée vers lui pour lui demander son aide pour sortir de la grave crise économique que le pays traverse depuis la révolution et qui ne cesse de s’aggraver d’une année à l’autre, aide qu’il soumet à la mise en œuvre d’un&nbsp; certain nombre de réformes structurelles qu’il juge, à tort ou à raison (c’est l’objet de cet article), nécessaires pour s’assurer que les finances publiques seront suffisamment équilibrées pour pouvoir le rembourser.</p>



<p>La deuxième vérité est que l’on ne peut pas reprocher au FMI cette approche qui est identique à celle de tout banquier, même Tunisien, à qui son client demande un crédit et qui exige la présentation d’une fiche de paie ou des garanties pour s’assurer qu’il aura bien la capacité de rembourser le crédit dans les délais. C’est une démarche qui relève de l’orthodoxie financière propre à tous les banquiers, qui n’a rien de politique et ne menace pas la souveraineté nationale dans le sens où le FMI ne risque pas de venir un jour nous coloniser comme pourrait le faire un pays étranger par exemple.</p>



<p>Déjà, avoir politisé cette querelle est à mon avis une première erreur commise par notre Président parce que c’est une affaire de finances internationales et non pas de politique internationale au sens de politique étrangère et diplomatique du terme.</p>



<p>La troisième vérité est que beaucoup de pays font la queue pour obtenir l’aide du FMI et les 1,9 milliards de dollars à laquelle notre Président a décidé de renoncer, en avril 2023, iront certainement bénéficier à un autre pays membre du FMI. En tant qu’institution de financement internationale, le FMI ne peut pas et ne sera pas perdant dans cette affaire et seule la Tunisie pourrait l’être si elle n’arrivait pas à trouver une alternative viable pour le financement de son déficit budgétaire (j’analyserai dans le prochain article la pertinence et le réalisme de la stratégie du <em>«compter sur soi»</em> que notre Président nous propose).</p>



<p>La quatrième vérité est peut-être la plus importante de toutes en termes de conséquences de cette décision de rupture des relations avec le FMI : sans son appui, et encore moins après avoir rompu avec lui, pratiquement aucun des autres bailleurs de fonds qu’ils soient multinationaux ou bilatéraux ou même des fonds d’investissement privés, n’accepteront de nous accorder des prêts en devises, y compris ceux des pays soi-disant <em>«frères et amis»</em> et qui, avec cette décision qui nous prive de l’aval du FMI, s’aligneront sur lui et s’avèreront&nbsp; ni frères ni amis et ne nous accorderont plus aucun emprunt ou don substantiels. Plus encore, aucune sortie sur le marché financier international, telle que celle qu’on avait réussi à faire avant la révolution sur le marché financier japonais (Samouraï I et Samouraï II), n’est plus possible, à moins de payer des taux d’intérêts exorbitants, tels que ceux qu’AfreximBank nous a facturés pour le dernier emprunt de 300 millions de dollars (9,25%, soit vraiment un taux d’usurier !)</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="I9EMdq6rq7"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/22/solutions-pour-sortir-du-bras-de-fer-entre-kais-saied-et-le-fmi/">Solutions pour sortir du bras de fer entre Kaïs Saïed et le FMI</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Solutions pour sortir du bras de fer entre Kaïs Saïed et le FMI » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/22/solutions-pour-sortir-du-bras-de-fer-entre-kais-saied-et-le-fmi/embed/#?secret=uGOJha0nct#?secret=I9EMdq6rq7" data-secret="I9EMdq6rq7" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les agences «Oumek Sarnafa»</h2>



<ul class="wp-block-list"></ul>



<p>Le Président a tort de prendre à la légère les notations de ces agences internationales d’évaluation du risque souverain d’un pays, dont il se moque en les appelant <em>«Oumek Sarnafa» </em>(cuisinières), telles que Moodys ou Fitch. Maintenant qu’il a rompu les relations avec le FMI, les notations de ces agences vont peser plus lourd pour l’accès de la Tunisie au marché financier international et surtout vont se traduire par des taux d’intérêt encore plus élevés et donc de millions de dollars supplémentaires qui vont grever davantage le budget de l’Etat.</p>



<p>A ce sujet, il faut savoir que ces agences sont apolitiques et appliquent la même méthodologie d’évaluation à tous les pays du monde, basée sur une batterie de critères économiques (taux de croissance économique, taux du déficit budgétaire, de déséquilibre de la balance commerciale, de la balance des paiements, de chômage, d’inflation, etc.) et sociopolitiques (stabilité du régime, paix sociale, etc.).</p>



<p>Il faut savoir aussi que selon ces agences, ce qui compte le plus, ce n’est pas tellement le volume de la dette et le niveau d’endettement d’un pays, mais sa capacité à produire, à créer des richesses et donc à rembourser sa dette extérieure. C’est ainsi que s’explique le fait que certains pays beaucoup plus endettés que la Tunisie (où la dette extérieure représente 79,4% du PIB), tels que les Etats-Unis (122%} ou la France (111%) ou le Japon qui est le pays le plus endetté au monde (255%), sont classés dans la catégorie A, c’est-à-dire à faible risque de défaut de paiement, alors que la Tunisie est classée dans la catégorie C, c’est à dire à haut risque de défaut de paiement.</p>



<p>J’ouvre ici une parenthèse pour commenter la décision de la semaine dernière de Moody’s de relever la notation souveraine de la Tunisie de Caaa2 à Caaa1 avec des perspectives stables. C’est une décision logique suite au remboursement au mois de janvier dernier d’une échéance de 5 milliards de dinars qui représente 40% de l’encours de l’année 2025. Il s’agit d’une amélioration certes bienvenue (c’est toujours mieux qu’une dégradation) mais infime, car tant qu’on est pas sorti de la catégorie C et retrouvé notre notation B avant la révolution (Baaa2 en 2010), nous demeurons dans la zone à haut risque de défaut de paiement et très peu de bailleurs de fonds accepteront de nous accorder des prêts en devises et quand ils l’acceptent cela sera à des taux d’intérêt beaucoup plus élevés que si on bénéficiait encore de l’aval du FMI.</p>



<p>Autant le dire et le mettre bien dans nos têtes : nous avons maintenant le dos au mur et, à moins que la stratégie du<em> «compter sur soi»</em> proposée par Kais Saïed ne réussisse, nous allons tout droit vers une plus grande récession économique, plus d’inflation, plus du chômage, plus de détérioration de la valeur du dinar et du pouvoir d’achat des ménages, y compris ceux à faibles revenus pour la défense de qui notre Président a pris cette décision de rompre avec le FMI, avec le Club de Paris au bout du tunnel, quand ce n’est pas une révolte sociale ou les deux à la fois !</p>



<h2 class="wp-block-heading">La stratégie du «compter sur soi» est-elle efficace?</h2>



<p>Honnêtement, je pense qu’il est trop tôt pour en juger et une réponse complète nécessite une analyse très approfondie des potentialités de croissance de l’économie tunisienne, analyse que je compte faire dans mon prochain article, car celui-ci est déjà très long.</p>



<p>En attendant, je signale qu’on ne doit pas se laisse leurrer par le fait que, jusqu’à maintenant, on arrive à s’en sortir tant bien que mal et honorer nos échéances. En tant qu’observateur qui suit et analyse de près l’évolution d’un certain nombre d’agrégats et indicateurs économiques, j’attribue cette capacité de remboursement à des facteurs conjecturels favorables plutôt qu’à des facteurs structurels qui reflètent les équilibres macroéconomiques de notre économie.</p>



<p>Parmi ces facteurs favorables, je&nbsp; citerais une relativement bonne saison touristique qui a rapporté près de 7000 millions de dinars, une augmentation exceptionnelle l’année dernière du prix international de l’huile d’olive dont la seule&nbsp; exportation a rapporté plus de 5000 millions de dinars (déjà le cours international de l’huile d’olive a chuté considérablement cette saison, ce qui va impacter négativement notre capacité à honorer les échéances de la dette de la prochaine année) et surtout un accroissement des virements effectués par nos TRE (Tunisiens résidents à l’étranger) en faveur de leurs familles restées en Tunisie, une conséquence directe de la fuite des cerveaux et de l’émigration massive légale ou illégale (comme quoi, comme le dit si bien un proverbe français, <em>«à quelque chose malheur est bon»</em> !).</p>



<p>Notre Président a beau dénoncer (à juste titre) le caractère impitoyable des lois économiques, que derrière les chiffres que les économistes manipulent, il y a des êtres humains, et même remettre en cause les modalités de calcul du PIB (voir ma réponse à ce sujet dans mon article très didactique intitulé <em>«<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/22/kais-saied-a-t-il-raison-de-mettre-en-cause-les-modalites-de-calcul-du-pib/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Président Kais Saïed a-t-il raison de mettre en cause les modalités de calcul du PIB ?»</a></em>), il n’en demeure pas moins que les lois économiques sont telles qu’aucune économie dans le monde ne peut continuer fonctionner et prospérer si le taux de croissance économique est inférieur au taux d’intérêt réel à payer sur la dette extérieure. Ce n’est même pas de l’économie, mais de la simple arithmétique. </p>



<p>Dans le cas de notre pays, tant que le taux de croissance du PIB reste aussi faible et oscillant entre 1% et 2% (1,4% pour l’année 2024 selon la Banque Mondiale et 1,8% prévu pour l’année 2025 selon la Berd, contre 3,2% prévue par notre PLF 2025, mais entre les deux, je fais davantage confiance aux prévisions de la Berd), est largement inférieur aux taux d’intérêt des emprunts extérieurs (les plus favorables sont ceux du FMI, de l’ordre de 5%), l’Etat n’aurait pas d’autres choix que de réduire son train de vie en réduisant la masse salariale des fonctionnaires, les dépenses de la caisse de compensation et le poids des déficits des entreprises publiques sur son budget, ou emprunter davantage aux banques locales si elles veulent bien lui prêter de l’argent ou faire fonctionner à fond le mécanisme de la planche à billets avec le risque de déclencher une spirale inflationniste incontrôlable, ou&#8230; se déclarer en défaut de paiement et se retrouver au Club de Paris pour le rééchelonnement de la dette publique et/ou au Club de Londres pour le rééchelonnement de la dette privée. Si on finit un jour à Paris ou à Londres (autrement que pour y faire du tourisme et du shopping !), on pourrait vraiment dire adieu à notre souveraineté nationale à laquelle Kais Saïed est si à cheval mais qu’on risque de perdre dans des conditions beaucoup plus humiliantes.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vefIdROKjn"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/25/plaidoyer-en-faveur-de-lamendement-de-la-loi-sur-lindependance-de-la-bct/">Plaidoyer en faveur de l’amendement de la loi sur l’indépendance de la BCT</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Plaidoyer en faveur de l’amendement de la loi sur l’indépendance de la BCT » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/25/plaidoyer-en-faveur-de-lamendement-de-la-loi-sur-lindependance-de-la-bct/embed/#?secret=PHZOWaRHUu#?secret=vefIdROKjn" data-secret="vefIdROKjn" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les motifs de la querelle entre le Président et le FMI</h2>



<p>Il s’agit des trois fameuses conditions posées par le FMI pour débloquer le prêt de1,9 milliards de dollars, approuvé au niveau du comité technique dès 2022 et bloqué depuis au niveau du conseil d’administration du FMI, qui ont toutes reçus un <em>«niet»</em> catégorique du Président, à savoir :</p>



<p>a) la restructuration des entreprises publiques;</p>



<p>b) la réduction de la masse salariale dans le budget de l’Etat;</p>



<p>c) la suppression du mécanisme de compensation des prix de certains produits de consommation de base et énergétiques. &nbsp;</p>



<p>Une analyse objective du bien-fondé de chaque condition peut aider à savoir s’il s’agit effectivement d’ingérence inacceptable dans la politique intérieure du pays comme le soutient le Président ou de réformes structurelles inévitables à court ou moyen terme qui vont dans le sens de l’intérêt général du pays.</p>



<p><strong>Première condition : la restructuration des entreprises publiques</strong></p>



<p>Je ne suis pas d’accord avec notre Président lorsqu’il affirme dans tous ses discours que la corruption est la principale cause du marasme que connaît notre économie depuis la révolution et qu’il suffit de l’éradiquer pour que la croissance économique reprenne et le niveau de vie de la population s’améliore.</p>



<p>Certes, il faut continuer à combattre par tous les moyens la corruption mais je lui fais remarquer qu’il n’y a pas un seul pays au monde (j’en ai visités une bonne centaine à titre professionnel ou personnel) où la corruption n’existe pas, quoiqu’il est vrai à des degrés divers (les magouilles en Ukraine de Hunter Biden, le fils de l’ex-président américain, ou celles de Sarkozy en Libye du temps de Kadhafi, en sont de parfaits exemples).</p>



<p>En tant qu’économiste et ex-consultant à long terme auprès de la BAD, chargé du suivi de la mise en œuvre de 120 grands projets d’infrastructures régionales dans tous les pays africains réalisés dans le cadre du Nepad (New Partnership for African Development, un gigantesque programme financé par la Banque Mondiale et plusieurs autres bailleurs de fonds internationaux, que n’importe quel passant dans les rues d’Accra, ou d’Abidjan ou de Bamako connaît, alors si on pose la même question à un passant dans les rues de Tunis, il vous répondra <em>«Dans quelle équipe de football il joue ?!»</em>), il ne fait pas de doute pour moi que la première cause du marasme que connaît notre économie depuis la révolution est la mauvaise gestion à tous les niveaux de décision. En particulier, d’une bonne centaine d’entreprises publiques, dont les déficits d’exploitation pèsent de plus en plus lourd sur le budget de l Etat.</p>



<p>Je relève d’ailleurs que pour la plupart d’entre elles (Tunisair, SNCFT, Transtu, etc.), les pertes cumulées depuis plusieurs années ont dépassé de plusieurs fois le montant de leurs fonds propres, ce qui veut dire que du point de vue du droit commercial strict, elles sont en faillite et n’existent plus même si elles continuent à fonctionner!</p>



<p>Que ce soit à la demande du FMI ou non, c’est un lourd fardeau pour l’économie nationale qui se traduit par une aggravation du déficit du budget de l’Etat, un gaspillage des rares ressources du pays et de pénalités à payer par les usagers de ces services publics, soit en termes de mauvaise qualité de service, soit dans leurs factures, souvent les deux à la fois.</p>



<p><strong>La restructuration ne signifie pas la privatisation</strong></p>



<p>Il est important de faire remarquer que le FMI n’exige nullement la <em>«privatisation»</em> de ces entreprises publiques, comme notre Président l’a interprété et n’arrête pas de le dénoncer dans ses discours, mais de leur <em>«restructuration»</em>, car tout ce que demande le FMI est que les&nbsp; déficits d’exploitation de ces entreprises publiques ne viennent plus aggraver le déficit budgétaire qui dépasse déjà largement les normes internationales d’une bonne gestion publique (12% du PIB alors que nous sommes à plus ou moins16%, selon les lois de finance en Tunisie).</p>



<p>Je fais remarquer aussi que cet objectif peut être atteint sans avoir forcement à céder aux entreprises au secteur privé comme le Président semble le penser. En effet, il existe plusieurs techniques juridiques et d’ingénierie financière pour transformer une entreprise publique déficitaire en une entreprise bénéficiaire tout en gardant son caractère public, c’est-à-dire sans l’entrée d’investisseurs privés dans son capital social. Je citerais en particulier trois techniques bien connues par les experts en la matière, dont je fais partie :</p>



<p>&#8211; Les contrats programmes;</p>



<p>&#8211; les partenariats publics privés (PPP);</p>



<p>&#8211; et les concessions d’exploitation.</p>



<p>Les techniques de restructuration sans privatisation des entreprises publiques</p>



<p>Sans rentrer dans des considérations techniques qui seraient ennuyeuses pour les lecteurs et lectrices de cet article destiné au grand public, je rappellerais juste l’idée à la base de chaque technique.</p>



<p><em>Le contrat programme</em> : il s’agit d’un contrat, en général quinquennal, passé entre une entreprise publique et son ministère de tutelle, qui fixe les objectifs précis à atteindre à termes d’accroissement de la production, de la productivité et de réduction du déficit d’exploitation, moyennant des montants précis de subventions d’exploitation ou d’équipement que l’Etat s’engage à l’avance à lui payer annuellement. Cette technique permet de responsabiliser les PDG de ces entreprises sachant que s’ils n’atteignent pas les objectifs auxquels ils se sont engagés en signant leur contrat programme, ils risquent d’être virés. C’est une technique qui a bien fonctionné dans beaucoup de pays et notamment en France où elle a permis de transformer la SNCF d’une entreprise largement déficitaire en une entreprise largement excédentaire en quelques années seulement.</p>



<p><em>Les PPP</em> : dans ce schéma, un investisseur privé finance, construit et exploite pour une durée déterminée (en général 30 ou 40 ans) une infrastructure (autoroute, port, aéroport, etc.) ou un équipement lourd (centrale électrique, hôpital, etc.) moyennant un cahier de charges qui fixe clairement les redevances annuelles que l’Etat devrait lui payer pour le rembourser progressivement, ainsi que les contraintes de service public auxquelles il sera soumis (qualité de service, tarifs qui doivent être homologués, etc.). Les PPP qui permettent de décharger le budget de l’Etat de coûts d’investissement souvent très élevés d’une infrastructure ou un équipement collectif, tout en assurant une gestion plus rigoureuse que seuls les privés peuvent assurer, sont très en vogue dans les pays anglo-saxons, notamment en Angleterre où même des prisons sont construites et gérées dans le cadre de PPP.</p>



<p><em>Les concessions d’exploitation&nbsp;</em>: dans ce schéma, l’Etat construit et finance sur son budget une infrastructure ou un équipement collectif mais en concède, par appel d’offres, national ou international, l’exploitation pour une durée de 30 ou 40 ans à un investisseur privé qui lui versera des redevances annuelles d’exploitation. A la fin de la concession, la propriété de l’infrastructure ou de l’équipement revient à l’Etat. Là aussi le concessionnaire est soumis à un cahier de charges strict qui fixe ses obligations en matière de qualité de service à fournir aux usagers, d’entretien, de sécurité, de protection de l’environnement, etc., avec obligation d’homologation tarifaire pour protéger les usagers contre des tarifs abusifs et injustifiés.</p>



<p>Ce modèle a été appliqué avec succès à Tunisie-Autoroutes et a permis de construire, entretenir et gérer un réseau autoroutier de 387 km à ce jour (sans l’autoroute Tunis-Jelma d’une longueur de 181 km en voie d’achèvement) sans que cela coûte un dinar pour le budget de l’Etat et sans changer son statut de société publique.</p>



<p>Le premier objectif recherché par tous ces montages juridiques et financiers&nbsp; est de tirer profit de la capacité de gestion des privés qui est en général supérieure à celle de leurs homologues publics, non pas que leurs cadres soient plus intelligents ou titulaires de plus de diplômes universitaires, mais parce qu’ils sont soumis au système de la récompense/sanction en vigueur dans le secteur privé, auquel leurs collègues du secteur public ne sont pas soumis : le PDG d’une entreprise du secteur privé sait qu’il sera récompensé par des primes de rendement à la fin de l’exercice s’il obtient de bons résultats et viré par le CA de l’entreprise s’il obtient de mauvais résultats, alors que le PDG d’une entreprise publique sait que, tant qu’il excelle dans <em>«l’art de caresser dans le sens du poil»</em> son ministre de tutelle, il peut espérer garder son poste pendant longtemps, que les résultats de sa gestion soient bons ou pas!</p>



<p>La conclusion à laquelle j’arrive est que si j’étais à la place du Président de la République (heureusement je ne le suis pas et je ne risque pas de l’être un jour !) , non seulement j’ aurais accepté cette première condition du FMI de restructuration des entreprises publiques, mais j’aurais demandé même une assistance technique (que les bailleurs de fonds fournissent en général gratuitement) pour la mettre en œuvre le plus rapidement et le plus efficacement possible.</p>



<p><strong>Deuxième condition : réduction de la part de ma masse salariale dans le budget de l’Etat</strong></p>



<p>J’ai côtoyé pendant très longtemps (20 ans) à titre de consultant international les experts de ces institutions multilatérales de financement telles que le FMI, la Banque Mondiale, la BAD, la BEI, la BID, la Bird, la Berd, etc.</p>



<p>Je peux affirmer qu’ils raisonnent tous selon ce qu’on appelle dans le métier les <em>«best practices»</em> (meilleures pratiques). Il s’agit d’analyser la politique suivie par des pays qui ont particulièrement réussi dans un domaine ou secteur particulier, qu’on appelle des <em>«success stories»</em>, d’en tirer des leçons et de les recommander aux autres pays qui rencontrent les mêmes problématiques. Être un expert international n’est pas plus compliqué que cela.</p>



<p>Dans le domaine de la gestion publique et de la maîtrise de l’équilibre budgétaire d’un État, les <em>«best practices»</em> sont un déficit budgétaire qui ne dépasse pas 3% du PIB (on appelle cela le critère de Maastricht). Or en Tunisie, nous sommes autour de 6%, selon la loi de finance de chaque année, soit le double des normes internationales d’une bonne gestion publique. De même, la masse salariale des fonctionnaires ne doit pas dépasser 12% du PIB, alors qu’en Tunisie nous sommes autour 16%.</p>



<p>Ces décalages par rapport aux <em>«best practices»</em> ne passent pas auprès des experts de ces institutions multilatérales de financement qui auront à rendre compte à leur retour de mission à leurs supérieurs hiérarchiques, eux-mêmes adaptes de ces techniques d’évaluation.</p>



<p>Ayant compris comment fonctionnent ces experts internationaux (ce sont presque des ordinateurs qui appliquent des algorithmes), notre Président, au lieu de leur opposer un niet catégorique et en faire même un motif de rupture des relations avec le FMI, aurait dû, à mon avis, négocier ce que Trump appelle un <em>«deal»</em>, un art dans lequel il excelle et qui lui a permis de devenir milliardaire et puis Président des Etats-Unis.</p>



<p>En clair, à partir du moment où cette réforme demandée par le FMI est inéluctable, car la capacité de recrutement de l’administration n’est pas infinie et accroît le déficit budgétaire, il aurait dû négocier un programme souple pour sa mise en œuvre progressive avec le moins impact social possible. Le gouvernement de Youssef Chahed l’a bien compris (pour moi en tant qu’économiste, il est LE meilleur Premier ministre que nous avons eu depuis la révolution, que cela plaise à ceux qui font de la politique politicienne ou non), Samir Saïed l’ a compris aussi (pour moi, il est LE meilleur ministre de l’Économie que nous avons eu depuis la révolution, encore une fois que cela plaise à ceux qui font de la politique politicienne ou pas, car je n’en fais pas) et ils avaient commencé, dès le début des négociations avec le FMI en 2016, à élaborer une stratégie qui consiste à encourager les départs anticipés à la retraite, l’accord de primes de départ, la facilitation des prêts aux fonctionnaires qui veulent lancer leur propre projet, le non renouvellement automatique des départs à la retraite, etc. Pour moi, c’était indiscutablement la bonne voie à suivre, car continuer à avoir environ 780 000 fonctionnaires pour 12 millions d’habitants est contreproductif.</p>



<p>De mon point de vue, il vaut mieux créer une sorte caisse de chômage pour les jeunes et les diplômés de l’enseignement supérieur en chômage et les payer à ne rien faire plutôt que de les recruter avec le risque de gêner ceux qui travaillent déjà dans l’administration et faire baisser leur productivité qui est déjà faible.</p>



<p>Malheureusement, notre Président a non seulement rejeté cette deuxième condition, nous privant ainsi de 1,9 milliards de dollars qui auraient été une bouffée d’oxygène dans une conjoncture aussi difficile. Pire, avec sa dernière décision de recruter d’un seul coup 5000 diplômés de l’enseignement supérieur en chômage, il est en train d’appliquer une politique exactement inverse à celle préconisée par le FMI. S’est-il demandé avec quelles ressources budgétaires ils seront payés, sachant que seulement 24% des emprunts extérieurs prévus dans&nbsp; la PLF de 2025 ont été identifiés à ce jour? Sait-il que le recours abusif au mécanisme de la planche à billets, que ce soit dans le cadre de la loi actuelle datant de 2016 fixant le statut de la BCT ou après l’avoir amendée comme il en a l’intention, risque d’engager l’économie dans une spirale inflationniste qui va entrainer l’érosion du pouvoir d’achat particulièrement des classes sociales à faibles revenus dont il déclare se soucier tellement, la détérioration de la compétitivité de nos entreprises, un plus grand chômage, une détérioration de la parité du dinar, donc une plus grande inflation, etc.? Se doute-t-il qu’au bout de ce processus infernal, la Tunisie sera contrainte de se déclarer en défaut de paiement et de se retrouver au Club de Paris pour négocier le rééchelonnement de sa dette publique et perdra ainsi sa souveraineté nationale au nom de laquelle le président a rompu les relations avec le FMI? Mystère!</p>



<p><strong>Troisième condition : la suppression de la compensation sur les produits de consommation de base et énergétiques&nbsp;</strong></p>



<p>&nbsp;Il s’agit de la troisième condition que le Président a catégoriquement rejetée et celle qui a fait capoter le plus les négociations avec le FMI.</p>



<p>Alors que les deux premières conditions relèvent de problématiques purement économiques que je prétends maîtriser parce qu’elles visent la recherche d’une plus grande efficacité économique, cette troisième condition relève d’une problématique purement politique. N’étant pas moi-même un politicien, mon analyse sera moins tranchée et mes idées plus discutables. Je les développe quand même.</p>



<p>Pour aborder cette problématique, j’adopterais l’approche d’Elon Musk, l’homme le plus riche du monde qui a créé Tesla, Space X, Neurolink, etc., et dont je suis un fan et écoute sur YouTube toutes ses interviews et conférences. Ce génie incontestable des temps modernes a l’habitude de dire : savoir poser un problème, c’est le résoudre à moitié.</p>



<p>Selon cette approche, je poserais le problème de la caisse de compensation en Tunisie dans les termes suivants : d’abord, cette politique qui date du temps de Bourguiba, aussi nobles que soient ses objectifs sociaux et humains, pose un véritable problème d’injustice sociale auquel notre Président est si sensible.</p>



<p>En effet, comment justifier que celui qui gagne plusieurs milliers de dinars par mois bénéficie de la même subvention sur le prix d’une baguette de pain que celui qui gagne quelques centaines de dinars ou même aucun s’il est en chômage? Comment justifier que les 10 millions de touristes qui ont visité notre pays cette année ont mangé notre couscous subventionné par l’Etat et donc le contribuable tunisien? Pire, dans le domaine énergétique, comment justifier que le pauvre paysan qui vit en pleine campagne et qui n’a même pas de voiture contribue par les taxes qu’il paie à l’ Etat à subventionner l’essence que consomme la Mercedes dernier modèle dans laquelle roule un millionnaire pour aller danser dans une discothèque à Hammamet?</p>



<p>A côté de la dimension sociale que pose la problématique de la compensation, il y a une dimension purement économique, qu’on appelle <em>«la vérité des prix»</em> et à laquelle les économistes sont très attachés : tout produit dont le prix de vente ne reflète pas le coût de production se traduit par un gaspillage de ce produit. L’exemple de certains éleveurs de bétail qui trouvent moins cher d’alimenter leurs poules ou troupeaux par du pain moisi plutôt que&nbsp; d’acheter des aliments pour bétail en est une illustration, sans parler des centaines milliers de baguettes jetées chaque jour dans les poubelles!</p>



<p>Incontestablement, il y a là un véritable problème social et économique que le FMI a raison de soulever, sans parler de l’impact très lourd des dépenses de compensation sur le budget de l’Etat.</p>



<p>A partir du moment où le FMI a objectivement raison de poser le problème et que, comme Musk le dit, un problème bien posé est déjà à moitié résolu, il fallait chercher la solution à ce problème plutôt que de l’ignorer et maintenir le statuquo comme notre Président l’a fait et en fait même un motif de rupture de toute collaboration avec le FMI</p>



<p>Certes, la solution de la suppression totale de la compensation proposée par le FMI est inacceptable tant pour des raisons sociales que politiques et le Président a eu raison de rejeter cette solution.</p>



<p>Pour identifier une autre, je me suis inspiré de la solution trouvée par beaucoup de pays africains, pour alléger le budget de l’Etat et résoudre une problématique d’injustice sociale pareille mais qui se pose dans le secteur de l’entretien des routes. La solution adoptée par 27 pays africains (j’ai travaillé longuement sur ce sujet du temps où j’étais expert à la BAD) a été de créer un Fond de Développement Routier (FDR), alimenté par une taxe spéciale sur les prix du carburant, de sorte que seuls les automobilistes financent l’entretien du réseau sur lequel ils roulent. Plus ils circulent plus ils doivent contribuer à l’entretien des routes, un principe que les Américains appellent <em>«pay as go»</em>.</p>



<p>Sur la base de cette expérience africaine réussie dans le domaine de l’entretien routier (que la Tunisie, où les nids de poules sur certaines routes sont plus nombreux que les véhicules qui y circulent !, ferait bien d’adopter), je préconiserais la création d’une Caisse Autonome de Compensation (CAC) à financer, non pas par de nouvelles taxes sur les entreprises qui subissent déjà une pression fiscale parmi les plus élevées au monde, mais par une taxe sur ce que le célèbre économiste Keynes appelle le <em>«capital oisif»</em>.</p>



<p>Il s’agit des actifs réels et immobiliers qui ne sont pas intégrés dans le circuit économique et ne contribuent donc pas à la production nationale, tels les terrains agricoles non cultivés, les terrains non bâtis, etc. Une telle solution permettra de réduire le déficit du budget de l’Etat (objectif recherché par le FMI), tout en maintenant la compensation des prix de certains produits de consommation de base (objectif recherché par Kais Saïed). En plus, cerise sur le gâteau, elle incitera les propriétaires de ces actifs oisifs, qui s’en servent souvent à des fins de spéculation, à les intégrer dans le circuit économique et augmenter la production nationale</p>



<p>En tout cas, je suis convaincu en tant qu’économiste, que cette question de la compensation qui a bloqué les négociations et a engendré même la rupture des relations avec le FMI, est avant une question de vision économique et de courage politique qu’une question technique à laquelle les experts trouvent toujours une solution. Sinon, à quoi servent les experts ?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="VqG0Ruu2Iq"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/01/le-maintien-du-taux-directeur-de-la-bct-une-decision-irresponsable/">Le maintien du taux directeur de la BCT : une décision irresponsable</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le maintien du taux directeur de la BCT : une décision irresponsable » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/01/le-maintien-du-taux-directeur-de-la-bct-une-decision-irresponsable/embed/#?secret=Kb0ly6tNPo#?secret=VqG0Ruu2Iq" data-secret="VqG0Ruu2Iq" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p>En attendant d’analyser dans un prochain article le réalisme et les chances de réussite de la stratégie de rechange du <em>«compter sur soi»</em> proposée par le Président pour permettre à la Tunisie de <em>«sortir de l’ornière»</em>, ma conclusion provisoire serait de dire que&nbsp; cette décision de rupture de toute collaboration avec le FMI est à mon avis fort regrettable, parce qu’elle a été politisée dès le départ et parce qu’il y a des voies de solutions techniques qui n’avaient pas été explorées.</p>



<p>Mais, maintenant que le mal est fait, cette rupture des relations avec le FMI pourrait être l’occasion de sortir du cercle vicieux de l’endettement et de la dépendance aux institutions internationales. Mais pour cela, encore faudrait-il avoir une vision économique claire au plus haut sommet de l’Etat (ce qui ne me semble malheureusement pas être le cas) et des réformes structurelles auxquelles, avec ou sans les <em>«diktats»</em> du FMI, la Tunisie ne pourrait pas échapper si elle veut remettre son économie sur les rails de la croissance, de la création de richesses et de l’emploi, en vue de&nbsp; l’amélioration du niveau de vie de la population, toute la population, pas seulement les classes sociales les plus défavorisés, pour la protection desquels il a pris une décision aussi lourde de conséquences pour l’avenir de ce pays et de ses enfants</p>



<p><strong><em>PS (hors du sujet traité) </em></strong>: <em>J’invite les lecteurs et lectrices, amateurs et amatrices de poésie métaphysique, à me rejoindre sur mon blog sur Google que j’ai appelé <a href="https://www.blogger.com](https://www.blogger.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«Poèmes de la vie»</a> où je m’évade de temps en temps dans le temps et l’espace, très loin du&nbsp; FMI, de la BCT, de Kais Saïed, etc. Ils/elles y trouveront des poèmes sur ce que ma vie, non pas d’économiste, mais de globe-trotter, m’a appris et des sujets infiniment plus intéressants pour la nourriture de l’âme que ne l’est l’économie pour la nourriture pour l’esprit.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/04/le-president-saied-a-t-il-raison-de-rompre-les-relations-de-la-tunisie-avec-la-fmi/">Le Président Saïed a-t-il raison de rompre les relations de la Tunisie avec le FMI?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>L’Etat tunisien pris en tenaille entre l’UGTT et le FMI</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/05/letat-tunisien-pris-en-tenaille-entre-lugtt-et-le-fmi/</link>
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		<pubDate>Wed, 05 Oct 2022 11:43:45 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le drame de la Tunisie Le drame de la Tunisie, qui ne parvient pas à mettre en route les réformes structurelles nécessaires à sa relance économique, réside dans l’entêtement de l’Etat à croire qu’il peut continuer à plaire, à la fois, à l’UGTT et aux bailleurs de fonds internationaux. </p>
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<p><strong><em>Le drame de la Tunisie, qui ne parvient pas à mettre en route les réformes structurelles nécessaires à sa relance économique, réside dans l’entêtement de l’Etat à croire qu’il peut continuer à plaire, à la fois, à l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et aux bailleurs de fonds internationaux, dont les exigences sont diamétralement opposées. On retiendra pour sa défense que la situation est quasiment ingérable. Jugez-en…</em></strong> <em>(Illustration : Noureddine Taboubi &#8211; UGTT) / Georgieva Kristalina &#8211; FMI). </em></p>



<p>Par <strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-4422035"></span>



<p>Cette façon de voir et d’agir est d’autant plus dramatique qu’elle trahit une véritable cécité politique, dont le pays n’a pas cessé de payer les terribles conséquences, car non seulement les bailleurs de fonds ne vont pas se laisser se faire berner plus longtemps par de faux engagements qui ne seront jamais respectés, mais l’UGTT) n’est pas prête, elle non plus, à se laisser voler son terrain de jeu&nbsp;: le secteur et les entreprises publics où elle recrute l’essentiel de ses effectifs et impose, au passage, sa loi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un jeu de dupes</h2>



<p>C’est dans le cadre de ce jeu de dupes que se livrent le gouvernement, l’UGTT et le bailleurs de fonds internationaux, Fonds monétaire international (FMI) qu’il faut situer les déclarations incendiaires du secrétaire général de la centrale syndicale, Noureddine Taboubi, comme celle qu’il a faite aujourd’hui, mercredi 5 octobre 2022, en présidant le congrès régional de son organisation à Manouba. <em>«Nous sommes en désaccord avec le président de la république, Kaïs Saïed, sur plusieurs points, mais nous le respectons pour une chose&#8230; C’est qu’il a un programme clair et des idées qu’il veut mettre en œuvre. Mais nous lui disons : ‘‘Appliquez-les, mais n&rsquo;en faites pas porter la responsabilité à l’UGTT»</em>, a-t-il lancé, laissant ainsi  comprendre que le président de la république soutient le programme de réformes douloureuses présenté par le gouvernement au FMI, afin de se voir accorder un nouveau prêt, mais qu’il cherche à y impliquer, de manière pernicieuse, la centrale syndicale, qui y est catégoriquement opposée, en faisant accréditer l’idée que les derniers accords sur les augmentations salariales signés par le gouvernement et l’UGTT englobent les réformes en question.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="kzhTMPwaAR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/05/tunisie-un-nouveau-pret-du-fmi-et-apres/">Tunisie : un nouveau prêt du FMI, et après ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : un nouveau prêt du FMI, et après ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/05/tunisie-un-nouveau-pret-du-fmi-et-apres/embed/#?secret=O18KIw1SEo#?secret=kzhTMPwaAR" data-secret="kzhTMPwaAR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Noureddine Taboubi, qui n’est pas dupe du tout, a également déclaré que la Tunisie est aujourd’hui prise entre deux feux contraires. Les uns estiment que les équilibres intérieurs doivent être préservés, y compris avec les syndicats, et les autres soutiennent que le mouvement syndical doit être affaibli en s’attaquant surtout à l’UGTT, l’objectif étant de supprimer les subventions de l’Etat&nbsp; et la cession des entreprises publiques, a-t-il précisé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une mission impossible</h2>



<p>Le message du dirigeant syndical est on ne plus clair&nbsp;: oui à un accord avec le FMI, qui permettrait à l’Etat de trouver des fonds nécessaires pour payer les salaires des employés de la fonction publique et alimenter la caisse de compensation, mais non à un accord dont le prix serait la réduction de la masse salariale, la suppression des subventions et la privatisation des entreprises publiques déficitaires et qui coûtent beaucoup d’argent aux contribuables.</p>



<p>Ce qui est ainsi demandé à l’Etat c’est une mission impossible&nbsp;: réformer l’économie, tout en maintenant les causes de tous les dysfonctionnements que celles-ci sont censées corriger.</p>



<p>Il faut avoir une tête bien faite comme M. Taboubi pour penser que cela est possible !  </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vf5OKLWsUi"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/03/la-portee-de-la-sanction-infligee-par-moodys-a-la-tunisie/">La portée de la «sanction» infligée par Moody&rsquo;s à la Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La portée de la «sanction» infligée par Moody&rsquo;s à la Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/03/la-portee-de-la-sanction-infligee-par-moodys-a-la-tunisie/embed/#?secret=Q8U7Il9Lx3#?secret=vf5OKLWsUi" data-secret="vf5OKLWsUi" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/05/letat-tunisien-pris-en-tenaille-entre-lugtt-et-le-fmi/">L’Etat tunisien pris en tenaille entre l’UGTT et le FMI</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Dans les relations  la BM avec la Tunisie, Ferid Belhaj préfère voir la partie pleine du verre</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/19/dans-les-relations-la-bm-avec-la-tunisie-ferid-belhaj-prefere-voir-la-partie-pleine-du-verre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Feb 2022 06:22:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Banque mondiale (BM) est prête à accompagner la Tunisie dans l&#8217;exécution de son programme de réformes et à poursuivre la mise en œuvre des projets de coopération en cours, a déclaré le vice-président de la BM pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena), Ferid Belhaj. Il s&#8217;exprimait lors d&#8217;une rencontre, vendredi 18...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/19/dans-les-relations-la-bm-avec-la-tunisie-ferid-belhaj-prefere-voir-la-partie-pleine-du-verre/">Dans les relations  la BM avec la Tunisie, Ferid Belhaj préfère voir la partie pleine du verre</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/02/Ferid-Belhaj-Sihem-Boughdiri-Nemsia.jpg" alt="" class="wp-image-381247"/></figure></div>



<p><strong><em>La Banque mondiale (BM) est prête à accompagner la Tunisie dans l&rsquo;exécution de son programme de réformes et à poursuivre la mise en œuvre des projets de coopération en cours, a déclaré le vice-président de la BM pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena), Ferid Belhaj. Il s&rsquo;exprimait lors d&rsquo;une rencontre, vendredi 18 février 2022, avec le ministre des Finances Sihem Boughdiri Nemsia.</em></strong></p>



<span id="more-381246"></span>



<p>Ces projets en cours comprennent le programme de protection sociale et le programme de soutien aux petites et moyennes entreprises (PME), précise le ministère des Finances.</p>



<p>La ministre Nemsia a fait la lumière sur l&rsquo;accord en négociation entre le gouvernement tunisien et le Fonds monétaire international (FMI) pour un nouveau prêt, notant qu&rsquo;une équipe de travail du FMI s&rsquo;entretient, depuis le 14 février, à distance, avec les responsables tunisiens, sur le programme de réforme à mettre en œuvre et qui concerne notamment la masse salariale de la fonction publique, la caisse de compensation et les entreprises publiques en difficulté.</p>



<p><em>«L&rsquo;Etat tunisien respecte, malgré les difficultés, ses engagements auprès des bailleurs de fonds internationaux, et remplit son rôle social et économique au niveau national», </em>a ajouté la ministre Nemsia. Ce qui n&rsquo;est pas entièrement vrai puisque le FMI reproche justement au gouvernement tunisien de ne pas avoir respecté ses engagements pris lors de l&rsquo;accord conclu en 2016 concernant ces mêmes sujets, faisant valoir de fortes résistances sur le plan social, notamment de la part de l&rsquo;Union générale tunisienne du travail (UGTT). </p>



<p>En fait, la Tunisie a, jusque-là, remboursé ses dettes, ce qui n&rsquo;est déjà pas mal, mais elle n&rsquo;avance pas vraiment sur le front des réformes structurelles. D&rsquo;où d&rsquo;ailleurs les difficultés qu&rsquo;éprouve l&rsquo;économie nationale à se relancer.</p>



<p>Sur un autre plan, Mme Nemsia a salué les efforts déployés par la BM pour accompagner le développement économique et social de la Tunisie, indiquant que notre pays compte sur le soutien de ses partenaires économiques durant cette période difficile. </p>



<p>Il faut dire que le très fort engagement personnel de Ferid Belhaj aux côtés de la Tunisie, son pays, n&rsquo;est pas étranger à cette bienveillante indulgence de la BM à l&rsquo;égard de notre pays. Hier soir, dans un entretien avec Attessia, le haut responsable de la BM a dit qu&rsquo;il préfère toujours voir la partie pleine du verre, tout en faisant part de certaines inquiétudes, notamment en ce qui concerne le secteur privé souvent handicapé par une fastidieuse bureaucratie dont l&rsquo;efficacité laisse à désirer.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/19/dans-les-relations-la-bm-avec-la-tunisie-ferid-belhaj-prefere-voir-la-partie-pleine-du-verre/">Dans les relations  la BM avec la Tunisie, Ferid Belhaj préfère voir la partie pleine du verre</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
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		<title>Les négociations de la Tunisie avec le FMI s’enlisent</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/06/22/les-negociations-de-la-tunisie-avec-le-fmi-senlisent/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Jun 2021 12:32:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ali Kooli]]></category>
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		<category><![CDATA[Noureddine Taboubi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les négociations engagées par la Tunisie avec le Fonds monétaire international (FMI) pour l’obtention d’un prêt de 4 milliards de dollars (11 milliards de dinars tunisiens), formellement demandé en mai dernier, «n’a pas avancé d’un pouce, alors que la perspective d’un défaut de paiement se rapproche.» C’est ce qu’avance Africa Intelligence dans sa livraison du...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/06/22/les-negociations-de-la-tunisie-avec-le-fmi-senlisent/">Les négociations de la Tunisie avec le FMI s’enlisent</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Reunions-de-Washington-Tunisie-FMI-Mai-2021.jpg" alt="" class="wp-image-348292"/><figcaption><em>Réunion des responsables tunisiens avec les experts du FMI à Washington en mai dernier. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Les négociations engagées par la Tunisie avec le Fonds monétaire international (FMI) pour l’obtention d’un prêt de 4 milliards de dollars (11 milliards de dinars tunisiens), formellement demandé en mai dernier, «n’a pas avancé d’un pouce, alors que la perspective d’un défaut de paiement se rapproche.»</em></strong></p>



<span id="more-353596"></span>



<p>C’est ce qu’avance Africa Intelligence dans sa livraison du 22 juin 2021, en précisant qu’Ali Kooli, le ministre de l’Economie et des Finances, qui gère le dossier au sein du gouvernement Hichem Mechichi, n’a pour l’instant pas réussi à proposer un plan de réformes conforme aux conditions posées par le FMI.</p>



<p>Parmi ces conditions acceptées par la partie tunisienne, il y a notamment la réduction de la masse salariale dans la fonction publique par la compression du nombre de fonctionnaires et la baisse des dépenses de la caisse de compensation qui finance les subventions sur les produits de base, et notamment le pain.</p>



<p>Le gouvernement sait que ses engagements sur ces deux sujets seront très difficiles à respecter, car «la situation sociale et politique est déjà explosive», souligne Africa Intelligence, alors que l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) s’oppose aux réformes structurelles préconisées et le fait savoir haut et fort par son secrétaire général Noureddine Taboubi.</p>



<p>Les responsables tunisiens comptent, surtout, sur le soutien politique de ses deux principaux partenaires, les Etats-Unis et l’Union européenne, et en particulier la France, pour amener l’institution financière internationale à donner son accord pour le prêt demandé, même si ses experts ne sont pas convaincus par les arguments présentés par la partie tunisienne lors des négociations.</p>



<p>Ce prêt est vital pour aider à boucler le financement du budget de l’Etat pour l’exercice en cours, les caisses de l’Etat devant mobiliser entre 22 et 23 milliards de dinars avant la fin de l’année, sous formes de prêts sur les marchés intérieur et extérieur.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles liés : </em></h4>



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<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="usSS7kd1AT"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/08/tunisie-fmi-questions-legitimes-autour-dune-reforme-a-tres-hauts-risques/">Tunisie &#8211; FMI : Questions légitimes autour d’une réforme à très hauts risques</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; FMI : Questions légitimes autour d’une réforme à très hauts risques » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/08/tunisie-fmi-questions-legitimes-autour-dune-reforme-a-tres-hauts-risques/embed/#?secret=inE6zLgDi8#?secret=usSS7kd1AT" data-secret="usSS7kd1AT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="oNPXZoyAEa"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/03/la-tunisie-est-elle-en-mesure-dobtenir-un-accord-equilibre-avec-le-fmi/">La Tunisie est-elle en mesure d’obtenir un accord équilibré avec le FMI ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie est-elle en mesure d’obtenir un accord équilibré avec le FMI ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/03/la-tunisie-est-elle-en-mesure-dobtenir-un-accord-equilibre-avec-le-fmi/embed/#?secret=FYeLVjIYnw#?secret=oNPXZoyAEa" data-secret="oNPXZoyAEa" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/06/22/les-negociations-de-la-tunisie-avec-le-fmi-senlisent/">Les négociations de la Tunisie avec le FMI s’enlisent</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
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		<title>La Tunisie est-elle en mesure d’obtenir un accord équilibré avec le FMI ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/03/la-tunisie-est-elle-en-mesure-dobtenir-un-accord-equilibre-avec-le-fmi/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 May 2021 08:05:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ali Kooli]]></category>
		<category><![CDATA[caisse de compensation]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[Fonds monétaire international]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Mechichi]]></category>
		<category><![CDATA[Kristalina Georgieva]]></category>
		<category><![CDATA[Raouf Chatty]]></category>
		<category><![CDATA[réformes économiques]]></category>
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		<category><![CDATA[Utica]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Attendue au Fonds monétaire international (FMI) à Washington pour de nouveaux rounds de négociations à partir d’aujourd’hui, lundi 3 mai 2021, la délégation gouvernementale tunisienne dirigée par Ali Kooli, le ministre de l’Economie, des Finances et de l’Investissement, devra batailler dur dans l’espoir d’obtenir de cette institution financière un nouvel accord pour le financement du...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/03/la-tunisie-est-elle-en-mesure-dobtenir-un-accord-equilibre-avec-le-fmi/">La Tunisie est-elle en mesure d’obtenir un accord équilibré avec le FMI ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Tunisie-FMI.jpg" alt="" class="wp-image-347687"/></figure></div>



<p><strong><em>Attendue au Fonds monétaire international (FMI) à Washington pour de nouveaux rounds de négociations à partir d’aujourd’hui, lundi 3 mai 2021, la délégation gouvernementale tunisienne dirigée par Ali Kooli, le ministre de l’Economie, des Finances et de l’Investissement, devra batailler dur dans l’espoir d’obtenir de cette institution financière un nouvel accord pour le financement du programme de réformes économiques soumis par la Tunisie, pays victime depuis dix ans d’une crise politique, économique et financière chronique aggravée depuis mars 2020 par l’épidémie de la Covid-19 avec un bilan très lourd en nombre de décès. La délégation aura également des entretiens avec la nouvelle administration américaine et avec la Banque Mondiale.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Raouf Chatty</strong> *</p>



<span id="more-347683"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Raouf-Chatty.jpg" alt="" class="wp-image-347685"/></figure></div>



<p>Pour le gouvernement, il est urgent, voire vital de parvenir à cet <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/05/01/la-tunisie-frappe-de-nouveau-aux-portes-du-fmi/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">accord avec le FMI </a>pour desserrer l’étau sur des Finances publiques essoufflées, relancer la croissance économique et accroître les chances de la Tunisie sur le marché financier international.</p>



<p>Dans ce cadre, il convient de signaler que le chef du gouvernement Hichem Mechichi a envoyé, le 19 avril 2021, une lettre à la directrice générale du Fonds pour lui demander de venir au chevet de la Tunisie. Il y a exposé les grands axes des réformes que son gouvernement entend mettre en œuvre très prochainement, pris acte et agréé <em>«les recommandations des équipes du Fonds en mission en Tunisie fin décembre 2020-début janvier 2021 relative à l’examen de la situation en Tunisie au titre de l’article 4 des statuts du Fonds.»</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Des engagements sur des réformes toujours reportés</h3>



<p>La délégation tunisienne sait parfaitement que les discussions lors de ce rendez-vous majeur seront ardues, d’autant plus que le programme du Fonds pour la Tunisie a été suspendu en 2018 pour non respect des conditions fixées. La Tunisie en crise économique chronique depuis des années n’a pas «honoré» ses engagements vis-à-vis du Fonds, concernant des réformes structurelles, lesquelles sont toujours reportés.</p>



<p>Le dilemme pour la délégation tunisienne est double: 1 &#8211; ne pas prendre le risque de rentrer sans un nouvel accord, le pays étant sous perfusion et a urgemment besoin de financements consistants; 2- aboutir à un accord le plus équilibré possible pour la Tunisie.</p>



<p>La délégation sait qu’elle est entre le marteau du Fonds qui conditionne ses financements à la mise en œuvre par le gouvernement de ses engagements dans les délais fixes et l’enclume d’une société en effervescence, appauvrie, laminée par une décennie de crise économique sans précédent, carrément rétive aux réformes qu’elle sait très douloureuses pour son quotidien et son avenir… Bref, elle est au bord de la déflagration et prête à en découdre…</p>



<p>Anticipant cette situation, le chef du gouvernement a minutieusement préparé ce rendez-vous depuis quelques mois et veillé, lors de la mise au point du nouveau programme de réformes, à y associer étroitement les deux partenaires essentiels : le patronat, incarné par l’Utica, et la centrale ouvrière, l’UGTT… Une sorte d’appel du pied aux responsables du Fonds qui exigeaient l’accord préalable de toutes les parties concernées par les réformes à mettre en route pour assurer les meilleures conditions à leur réussite…</p>



<p>Dans ce contexte, de grands spécialistes tunisiens des négociations avec les institutions de Bretton Woods auraient été consultés par le chef du gouvernement, ce dernier a également eu une intense activité diplomatique. Il a reçu en audience des ambassadeurs des pays membres du conseil d’administration du Fonds pour les sensibiliser sur le programme de la Tunisie et solliciter le soutien de leurs pays respectifs : les États-Unis, la France, l’Allemagne, le Canada. Il a également reçu le chef de la délégation de l’Union européenne à Tunis et aurait, dit-on, reçu des assurances à ce sujet.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La situation de la Tunisie sera passée au peigne fin</h3>



<p>La délégation dépêchée pour ces négociations, présidée par le ministre de l’Economie, des Finances et de l’Investissement, est composée du gouverneur de la Banque centrale, du Conseiller économique du chef de gouvernement, de l’ambassadeur de Tunisie à Washington et d’autres hauts fonctionnaires. Le président de la centrale patronale en fera partie, mais pas celui de la centrale syndicale, pourtant sollicité, qui s’est excusé, ce qui n’est pas une bonne nouvelle, car ce faux bond peut être interprété comme un refus de donner son aval aux réformes douloureuses annoncées…</p>



<p>La délégation sera soumise à un véritable examen. Elle doit s’attendre, au cours de ses entretiens avec les équipes du Fonds, à un examen approfondie et minutieux des propositions de la Tunisie. Elle devra répondre arguments, chiffres et détails à l’appui, à toutes les interrogations et attentes de ses interlocuteurs. Ces derniers vont certainement passer au peigne fin points par points la situation de la Tunisie sous tous les aspects et évaluer le degré de faisabilité et de crédibilité des propositions compte tenu de tous les facteurs objectifs en présence.</p>



<p>La délégation se doit de faire fort pour convaincre ses interlocuteurs, chantres de l&rsquo;économie libérale et de la rigueur financière, sans états d&rsquo;âme, de la façon dont la Tunisie compte se comporter pour répondre aux exigences du Fonds et honorer désormais ses engagements. C’est dans cet esprit qu’il faudra lire la réponse écrite de la directrice générale du Fonds à la lettre du chef du gouvernement du 19 avril 2021.</p>



<h3 class="wp-block-heading">FMI, un partenaire qui vous veut du bien</h3>



<p>Dans sa lettre, et tout en faisant état de son accord sur les grands axes des réformes proposées par les autorités tunisiennes dans le sillage des recommandations du Fonds, Kristalina Georgieva renvoie le dossier pour une évaluation par les techniciens de l’institution financière internationale pour juger de la cohérence de ces réformes. Elle demande un «programme détaillé et crédible», laissant entendre que le FMI ne se contentera pas de déclarations d’intentions sans lendemain. Elle demande des détails sur la façon dont le gouvernement entend mettre en œuvre lesdites réformes, et met implicitement la barre très haute pour obtenir un accord dans l&rsquo;immédiat, le passé de la Tunisie avec le FMI ne plaidant pas en sa faveur.</p>



<p>La délégation tunisienne sait aussi qu’elle doit convaincre sans prendre le risque de sceller des engagements qu’elle sait difficilement réalisables, et qui acculeront davantage dans les mois et années à venir une économie déjà éprouvée et un peuple fatigué. Elle a suffisamment d’expérience pour ne pas s’aventurer et rendre impossible la tâche des prochains gouvernements. Bref, elle doit savoir anticiper…</p>



<p>Le Fonds, de son côté, est d’abord un partenaire qui vous veut du bien: il sera soucieux au premier chef de voir la Tunisie mettre de l’ordre dans les domaines financier, économique et même institutionnel et politique, siffler définitivement la fin de la récréation et mettre en œuvre dans les délais consentis les réformes structurelles tant requises aussi douloureuses soient elles…</p>



<p>Bref, pour lui, la conclusion d’un nouvel accord avec la Tunisie pour les prochaines années sera tributaire de l’engagement de l’État tunisien à honorer cet accord. Il sera certainement beaucoup moins réceptif que par le passé au discours de la Tunisie sur les difficultés de la transition politique et démocratique… et même sur les difficultés sociales. En dix ans, il a certainement averti nos gouvernements successifs à plusieurs reprises sur la nécessité de revoir leurs paramètres et de changer de logiciel.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Optimisme officiel, doutes des experts et appréhensions populaires</h3>



<p>Dans ces conditions se pose la question de savoir comment la délégation tunisienne va-t-elle s’y prendre pour réussir cet examen, regagner la confiance du Fonds, aboutir à un accord de financement de plusieurs milliards de dinars et préserver la souveraineté de la Tunisie.</p>



<p>Au moment où des économistes tunisiens de renom épinglent le gouvernement, estiment qu’il est trop optimiste sur le sort de ces négociations et expriment des doutes sérieux sur sa capacité de convaincre le Fonds pour un nouveau crédit aussi substantiel pour une économie étranglée de dettes, le ministre de l’Economie et des Finances rejette ces discours <em>«alarmistes»</em>. Il part même très optimiste pour le rendez-vous de Washington, estimant que la Tunisie sera en mesure de parvenir à l’objectif visé. C’est tout le mal que l’on souhaite à notre pays.</p>



<p>Sobre, calme, flegmatique et, confiant, trop selon certains, Ali Kooli estime que le nouveau plan de réformes présenté par le gouvernement est faisable, celui-ci entendant engager des négociations basées, selon lui, sur des <em>«programmes prédéfinis» </em>et des <em>«points clairs» </em>et non pas sur une enveloppe financière à accorder à la Tunisie comme c’était le cas auparavant. Il ajoute que cette stratégie de négociations repose sur un programme de réformes profondes pour relancer l’économie et sera meilleure que la stratégie précédente.</p>



<p>Le ministre indique que les réformes cibleront essentiellement une fiscalité équitable avec une assiette imposable plus large et adaptée à la conjoncture économique grâce à la simplification des procédures et la numérisation de la majorité des services. Dans ce cadre, une Agence indépendante de recouvrement des impôts sera mise en place.</p>



<p>Ces réformes toucheront aussi la politique de la compensation et des subventions qui seront orientées désormais dans le sens de l’allègement substantiel des charges de la Caisse de compensation et son remplacement par l’octroi de salaires substantiels aux nécessiteux pour leur permettre de faire face à la politique de la liberté des prix…</p>



<p>Des propositions seront également axées sur la bonne gouvernance des dépenses de l’Etat. Un programme de réformes sera mis en œuvre pour les entreprises publiques et pour la réduction de la masse salariale et le dégraissement de la fonction publique. La bonne gouvernance et la transparence seront de rigueur, promet-il aussi. Autant d’arguments solides qui ne manqueront pas de retenir l’attention des experts du Fonds. Mais toutes ces promesses ne sont pas nouvelles; elles ont toutes été faites et presque dans les mêmes termes par les précédents gouvernements. Il faudra donc donner des garanties que, cette fois-ci, elles seront toutes tenues, en espérant que ces garanties seront jugées suffisantes par les bailleurs de fonds.</p>



<p>D’ores et déjà, le gouvernement a conclu des accords avec les partenaires essentiels, l’UGTT et l’Utica pour la création de groupe de travail qui vont plancher sur les aspects pratiques des réformes, et notamment sur l’assainissement des entreprises publiques souffrant de déficits chroniques.</p>



<p>Sûr de lui, le ministre Kooli ne dit toutefois pas comment et de quelle manière le gouvernement actuel, soumis à des pressions énormes de plusieurs ordres, va agir pour faire passer ces réformes sans dégâts, faire avaler la pilule à une population lassée par la cherté excessive du coût de la vie, déçue par une classe politique de plus en plus prise à partie, une population au bout du rouleau, et qui n’est probablement pas en mesure aujourd’hui de supporter les frais de réformes impératives mais douloureuses, et qui ne manqueront pas de compliquer le quotidien des citoyens.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Faire prendre conscience au peuple des enjeux</h3>



<p>L&rsquo;esprit de solidarité, de travail et le patriotisme que le ministre appelle de ses vœux pour sauver la Tunisie de la débâcle, soutenir des réformes douloureuses et relancer la croissance est indispensable. Mais est-il suffisant pour triompher du nouvel et dangereux état d’esprit contestataire, grogneur et revendicatif souvent alimenté de manière populiste par certains partis politiques et par les syndicats et ancré depuis le tsunami post janvier 2011 dans de larges franges de la population? Pas aussi sûr que cela.</p>



<p>Les chances de ce gouvernement ou de celui qui va lui succéder de faire passer dans les trois années à venir de grandes réformes restent minces aussi longtemps qu’il ne réussira pas à mettre en œuvre une trêve sociale de quelques années avec les partenaires sociaux, ne persuadera pas le peuple de la façon dont il va se comporter pour remplacer la Caisse de compensation, pour vaincre les résistances quant à la nouvelle réforme fiscale, pour assainir et sauver les grandes entreprises publiques où de nombreux acquis sociaux risquent de disparaître, pour lutter efficacement contre la corruption, le commerce parallèle et la contrebande, et pour venir en aide aux classes moyennes et populaires de plus en plus paupérisées face au désengagement de l’État et à la toute prédominance du marché…</p>



<p>C’est au gouvernement et à ses partenaires sociaux de prendre ces questions très au sérieux et d’organiser d’ores et déjà des campagnes d’information pour faire prendre conscience au peuple de ces enjeux dans l’espoir de le voir consentir à des réformes indispensables pour relancer la machine économique du pays et le remettre sur les rails.</p>



<p>Pour sauver la situation dans notre pays et dans les meilleurs délais, il n’y aura pas d’autres solutions qu’un discours franc, responsable et efficace, axé sur l’avenir. Soyons donc à la hauteur et, surtout, travaillons dur pour redonner à notre Tunisie le statut qu’elle a toujours eue sur le plan international : un pays moderne, dynamique, efficace et ouvert sur le monde.<br>À bon entendeur…</p>



<p>Ancien ambassadeur.</p>



<p><strong><em>Article lié :</em></strong></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="9hK6ypX10v"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/01/la-tunisie-frappe-de-nouveau-aux-portes-du-fmi/">La Tunisie frappe de nouveau aux portes du FMI</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie frappe de nouveau aux portes du FMI » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/01/la-tunisie-frappe-de-nouveau-aux-portes-du-fmi/embed/#?secret=eTwMRxtHvr#?secret=9hK6ypX10v" data-secret="9hK6ypX10v" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="VDb8DhiHEN"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/29/economie-les-bluffs-detat-en-tunisie/">Économie : les bluffs d’État en Tunisie?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Économie : les bluffs d’État en Tunisie? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/29/economie-les-bluffs-detat-en-tunisie/embed/#?secret=iiDee9nrmW#?secret=VDb8DhiHEN" data-secret="VDb8DhiHEN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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		<title>Les médicaments en Tunisie : Radioscopie d’une pénurie et solutions pour sortir de la crise</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Jun 2019 08:34:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[caisse de compensation]]></category>
		<category><![CDATA[Caisse nationale d’assurance maladie]]></category>
		<category><![CDATA[CNAM]]></category>
		<category><![CDATA[Pharmacie centrale de Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au commencement, ce mauvais souvenir qui remonte à juin 2018. Un manque inquiétant d’approvisionnement en médicaments a été observé tant au niveau de l’hôpital public que du côté des officines. Á son plus haut niveau (mai-juin 2018), la pénurie du médicament importé aura concerné 365 médicaments destinés au secteur hospitalier public (39,3% du total) et...</p>
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<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/12/Medicaments-retraoit-pharmacie.jpg" alt="" class="wp-image-191344"/></figure>



<p><strong><em>Au commencement, ce mauvais souvenir qui remonte à juin 2018. Un manque inquiétant d’approvisionnement en médicaments a été observé tant au niveau de l’hôpital public que du côté des officines. Á son plus haut  niveau (mai-juin 2018), la pénurie du médicament importé aura concerné 365 médicaments destinés au secteur hospitalier public (39,3% du total) et 444 destinés au secteur officinal privé (34,2%). </em></strong><br></p>



<p> Par <strong>Khémaies Krimi</strong><br></p>



<span id="more-218178"></span>



<p> Pour comprendre cette pénurie, Pronoia By Reckon (BPR) Rating, agence de notation financière, a effectué une étude intitulée <em>«Le médicament en Tunisie, de l’approvisionnement à la distribution, immersion au cœur des failles et dysfonctionnements d’un système»</em>, qui a essayé de répondre à trois question: Quelles ont été les raisons de cette pénurie ? Comment expliquer la faillite du système national d’approvisionnement en médicaments ? Comment la crise a été gérée par les instances publiques et quel a été l’impact des mesures mises en œuvre ?<br></p>



<h3 class="wp-block-heading"> Le système fonctionnait pourtant bien<br></h3>



<p> L’étude, qui revient sur les causes de cette pénurie, commence par rappeler comment fonctionnait le système avant la pénurie. On y lit : <em>«Le système de santé tunisien est théoriquement organisé pour garantir l’approvisionnement en médicament et pour le distribuer à un prix compétitif et stable au client final. Toute la filière officinale opère dans un cadre rigide en matière de prix et de marge. Les marges sont encadrées tant pour les médicaments (à 8%), que pour les grossistes répartiteurs et pour les officines (27%)». </em><br></p>



<p> Pour tout médicament (importé ou produit localement) la demande de l’autorisation de mise sur le marché (AMM), valable 5 ans, est accompagnée d’une négociation et d’une fixation de prix. Pour la production locale, la demande d’AMM est accompagnée d’une présentation de l’ensemble des coûts des intrants et la Commission d’achat de médicaments (CAM) négocie sur cette base un prix final acceptable avec le laboratoire. Les prix sont homologués. Ils restent inchangés, durant plusieurs années. <br></p>



<p> En ce qui concerne les importations, le prix de vente du médicament est fixé lors de sa première importation. Ce prix de vente demeure ensuite inchangé, même en cas d’augmentation de son coût d’acquisition par la Pharmacie centrale de Tunisie (PCT), que ce soit en raison d’une révision des prix par le fournisseur ou d’un contexte de change défavorable. <br></p>



<h3 class="wp-block-heading"> Á l’origine du premier dysfonctionnement : la compensation<br></h3>



<p> Selon l’étude, près de 80% des achats de la PCT sont libellés en Euro. Cette non répercussion de l’augmentation du coût sur les prix de ventes du médicament constitue la compensation que supporte intégralement la PCT et qui atteint des niveaux désormais insoutenables : 210 millions de dinars tunisiens (MDT) pour l’année 2018 soit une charge additionnelle de +70MDT par rapport à 2017. Une compensation qui a des effets pervers, alimentant le marché parallèle dans les zones frontalières avec l’Algérie et la Libye où des niveaux de consommation atypiques sont régulièrement enregistrés sur des médicaments fortement compensés. <br></p>



<p> Á l’inverse du secteur officinal privé, le secteur hospitalier public ne bénéficie pas des prix compensés. Les médicaments lui sont facturés à des prix reflétant la réalité des coûts d’achat et de distribution. Des prix qui ne génèrent pas de charges de compensation pour la PCT mais qui, compte tenu de l’insolvabilité actuelle de la filière publique, viennent principalement alimenter le Compte Client de la PCT. <br></p>



<p> Avec l’accroissement du poids de la compensation, fortement corrélé à la dépréciation du Dinar vis-à-vis de  l’Euro, la rentabilité opérationnelle de la PCT se dégrade d’année en année. Á 3,3% en 2017, la marge brute dégagée par l’activité s’effondre à 41MDT.<br></p>



<p> La forte hausse des volumes du compte fournisseur provient essentiellement des rallongements imposés aux fournisseurs, qui plus est, dans un contexte de dévaluation du dinar et donc de réévaluation à la hausse de ces créances. La PCT affiche des délais de paiement fournisseur moyen de 350 jours d’achats en 2017 contre des délais contractuels de 180 jours (en général). <br></p>



<h3 class="wp-block-heading"> Les retards de paiement aggravent la situation <br></h3>



<p> Une situation qui s’est encore aggravée en 2018 et qui provoque des ruptures ou des limitations régulières d’approvisionnement de la part des fournisseurs étrangers en attente. Ces retards de paiement ne sont pas un choix mais découlent des tensions de trésorerie de la société, résultat du défaut de paiement de ses clients. <br></p>



<p> Tandis que les ventes au secteur privé se font quasiment au comptant et n’affichent pas de problème particulier en matière de recouvrement, celles réalisées avec le secteur public affichent des retards de paiements considérables. <br></p>



<p> Fin 2018, les impayés issus du secteur public ont atteint 920MDT soit 1 an et 4 mois du CA du secteur public; la moitié de ces impayés provenant des structures hospitalières publiques, l’autre des caisses d’assurances sociales et de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM). Les finances du système de santé tunisien sont exsangues. Les caisses sociales cumulent des déficits record qui se répercutent sur les flux financiers de tout un système. La PCT se situe au bout de cette chaîne de défaillances de paiements et d’impayés et se voit donc dans l’impossibilité d’honorer ses engagements fournisseurs. <br></p>



<p> Les ruptures ont été significatives dans ce secteur dès les premiers mois de 2017. Le circuit privé a également été fortement touché mais dans une moindre ampleur : 26% de médicaments manquants en moyenne en 2017, 28% en 2018  La rupture dans le secteur privé a été davantage progressive atteignant son pic au 2e trimestre de 2018. Ce décalage public-privé s’explique principalement par le volet financier. <br></p>



<h3 class="wp-block-heading"> Les solutions  proposées<br></h3>



<p> Des mécanismes de remboursement régulier de la CNAM (20MDT/mois) et du secteur hospitalier ont été notamment mis en place. De plus, la PCT a eu accès à des lignes de financement de l’ordre de 400MDT auprès d’un pool bancaire. Le rétablissement de la situation des impayés de la PCT vis-à-vis de ses fournisseurs est annoncé pour le 3e trimestre 2019.<br></p>



<p> Des mesures qui ont été perçues par les fournisseurs étrangers comme une amélioration de la visibilité sur l’évolution de la solvabilité de la PCT permettant une reprise progressive des approvisionnements. <br></p>



<p> Pour les importations «officinales», la PCT ne joue qu’un rôle d’intermédiaire entre le fournisseur et le client final (distributeur privé) qui honore ses engagements de paiements. Ce sont les opérateurs privés qui ont permis à la PCT d’assurer la viabilité et la pérennité de son activité durant cette période. La décélération de la pénurie a commencé en avril-mai 2018. <br></p>



<p> Au plan structurel, l’étude recommande d’agir sur la compensation.<em> «Une politique de réduction de la compensation des médicaments importés,</em> note l’étude, <em>devrait passer par l’encouragement de l’industrie locale à produire ces médicaments. Cela passera notamment par l’application de la règle de levée de la compensation sur tout médicament ayant un similaire local ». </em></p>
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		<title>Ciped : Le gouvernement doit avancer dans les réformes, même sans consensus</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Oct 2017 13:00:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[caisse de compensation]]></category>
		<category><![CDATA[Ciped]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernement Chahed]]></category>
		<category><![CDATA[réformes économiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’objectif d’une croissance de 5% en 2020, projeté par le gouvernement Chahed, sera difficile à atteindre dans la mise en route de véritables réformes économiques. C’est ce que souligne le Centre international Hédi Nouira de prospective et d&#8217;études sur le développement (Ciped) dans un communiqué rendu public, aujourd’hui, mardi 17 octobre 2017. Le communiqué synthétise...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-90996" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/04/Economie-tunisienne-2017.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>L’objectif d’une croissance de 5% en 2020, projeté par le gouvernement Chahed, sera difficile à atteindre dans la mise en route de véritables réformes économiques.</strong></em></p>
<p><span id="more-119008"></span></p>
<p>C’est ce que souligne le Centre international Hédi Nouira de prospective et d&rsquo;études sur le développement (Ciped) dans un communiqué rendu public, aujourd’hui, mardi 17 octobre 2017.</p>
<p>Le communiqué synthétise les observations issues des travaux du comité ad hoc constitué par le Ciped, réuni lundi 16 octobre et consacrés de l’examen du programme du gouvernement à l’horizon 2020.</p>
<p>Le Ciped relève d’abord que le programme proposé retient un certain nombre de réformes ou de mesures devenues aujourd’hui incontournables en raison de la situation actuelle que connait le pays et des accords déjà conclus avec le FMI. Il rappelle que son ouvrage <em>‘‘Eléments de stratégie de sortie de crise’’</em> publié en mars dernier a fait ressortir l’urgence d’engager ces réformes.</p>
<p>Il relève toutefois, l’absence d’une vision globale qui constituerait la trame de fond pour ces réformes. Le programme pêche, par ailleurs, par la faiblesse de son contenu sectoriel, ainsi que la quasi-absence de la dimension régionale.</p>
<p>Quant aux réformes retenues, autant celles relatives à la fiscalité qu’à la sécurité sociale, ont été déclinées en mesures concrètes autant les autres sont demeurées au stade de principes et d’orientations générales.</p>
<p>Le Ciped comprend la difficulté de l’exercice qui consiste à satisfaire toutes les parties prenantes dans le gouvernement d’union nationale, mais considère que la situation actuelle exige des choix clairs et une détermination à avancer dans les réformes et les politiques à mettre en œuvre, même si elles risquent de ne pas recueillir le consensus de toutes les parties.</p>
<p>Dans l’objectif de faire adhérer les différentes parties à ces réformes, le gouvernement devra s’outiller de simulations sur un horizon de 5 à 10 ans, pour faire ressortir le coût du non-engagement des réformes: déficit des caisses de sécurité sociale; gap budgétaire en l&rsquo;absence d’ajustement; déficit extérieur en cas de poursuite du modèle actuel de gouvernance économique; niveau de la subvention au titre de la Caisse de compensation en cas de non augmentation des prix de certains produits compensés, etc.</p>
<p>Le Centre constate, par ailleurs, la démarche empruntée par le document reste dans la ligne de celle poursuivie depuis 2011 et qu’elle n’apporte pas le rééquilibrage requis au modèle.</p>
<p>Les exportations y sont traitées en tant que mesure additionnelle et l’intérêt apporté à l’investissement est tout à fait mineur.</p>
<p>Le Ciped rappelle, dans ce sillage, que la politique du <em>«Go and Stop»</em> a montré ses limites et a été, en grande partie, à l’origine des dérapages économiques et financiers que vit la Tunisie.</p>
<p>Il considère que l’antagonisme entre relance par la demande et par les exportations n’a pas lieu d’être et que dans le contexte d’un pays ouvert comme la Tunisie, où la contrainte extérieure est fondamentale, autant le pays développe les exportations et les IDE, autant il pourra compter sur la demande intérieure en tant que levier de la croissance dans le cadre d’équilibres extérieurs acceptables.</p>
<p>Le Ciped considère, par ailleurs, que la stabilisation de la situation, l’assainissement des comptes publics et extérieurs et le retour de la confiance constituent un préalable sans lequel aucune politique de relance n’est possible et appelle le gouvernement à établir un <em>«sequencing»</em> cohérent à ce niveau.</p>
<p>Le Ciped constate à cet égard le faible contenu du programme en termes de mesures destinées à améliorer le climat d&rsquo;affaires et à faire retrouver aux opérateurs la confiance requise en tant que préalable pour faire redémarrer l&rsquo;investissement et la croissance. Il considère à cet effet que le niveau de la pression fiscale déjà élevé constitue un élément fondamental du climat des affaires et attire l’attention sur la nécessité d’agir d’abord sur les dépenses publiques et sur le recouvrement fiscal. Il rappelle, également, les limites d’une politique de promotion de l’investissement réduite aux encouragements fiscaux et financiers.</p>
<p>Nonobstant l’opportunité ou non de fixer des objectifs à l’horizon 2020 qui relève de considérations plutôt politiques, le Ciped considère que certains objectifs retenus sont hors de portée. C’est notamment le cas de la baisse escomptée du taux de chômage à 12%, qui suppose la création annuelle de 110.000 emplois, de la baisse de la part de la masse salariale dans le PIB de 14,5% à 12,5%, ce qui signifie une stabilisation de la masse salariale à son niveau actuel, un objectif difficile à réaliser à moins d&rsquo;une réduction substantielle des effectifs de la fonction publique.</p>
<p>L’objectif d’une croissance de 5% est, quant à lui, difficile à atteindre, à moins d&rsquo;une conjoncture agricole et touristique exceptionnelle.</p>
<p>Le Ciped considère, enfin, que le document ne traite pas de certains secteurs stratégiques, tels que l’éducation et la formation, l’enseignement supérieur, la recherche scientifique et technologique, la santé, l’agriculture, l’industrie et les services.</p>
<p>L’absence du contenu sectoriel confirme d’ailleurs les appréhensions quant à la possibilité de réaliser l’objectif de croissance de 5% en 2020.</p>
<p>En conclusion, le Ciped considère qu’il aurait été plus indiqué dans la situation actuelle, d’opter dans un premier temps pour un programme ciblé sur certaines priorités, qui permettrait au pays d&rsquo;engager l’assainissement de ses comptes, de retrouver la confiance, d’améliorer le climat d’affaires; un programme centré sur la réforme de l’administration et l’assainissement des comptes publics, la compensation, la restructuration des entreprises publiques, du secteur bancaire et de la sécurité sociale.</p>
<p>Ces réformes sont les seules à même de rendre possible, une stratégie de relance basée sur les différentes sources de croissance et en particulier sur l’investissement, y compris les IDE et les exportations.</p>
<p>Ce programme d’urgence devrait comprendre des mesures d’accompagnement sous forme d’actions additionnelles pour la promotion de l’emploi dédiées en priorité, aux jeunes diplômés et axées sur l’emploi dans les secteurs des services et des nouvelles technologies et sur des facilités supplémentaires en matière d’installation pour propre compte.</p>
<p>Le programme d’urgence devrait également comprendre des mesures d’accompagnement social des réformes et, particulièrement, celle de la compensation.</p>
<p><em><strong>Source</strong></em> : communiqué.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Pour mieux orienter les subventions vers les ménages pauvres</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2017/10/06/pour-mieux-orienter-les-subventions-vers-les-menages-pauvres/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Oct 2017 08:25:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[caisse de compensation]]></category>
		<category><![CDATA[Hassen Zargouni]]></category>
		<category><![CDATA[subvention]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le système des subventions, qui grève lourdement le budget de l’Etat, doit être révisé d’urgence pour mieux cibler les populations bénéficiaires. Selon l’économiste statisticien Hassen Zargouni, les ménages pauvres représentent près de 15,5% de la population tunisienne (alors que le taux de pauvreté extrême représente en Tunisie 4,6%, contre 9,6% dans le monde). Cela donnerait...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/10/06/pour-mieux-orienter-les-subventions-vers-les-menages-pauvres/">Pour mieux orienter les subventions vers les ménages pauvres</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-4708" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/06/Hassen-Zargouni.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Le système des subventions, qui grève lourdement le budget de l’Etat, doit être révisé d’urgence pour mieux cibler les populations bénéficiaires.</strong> </em></p>
<p><span id="more-117343"></span></p>
<p>Selon l’économiste statisticien Hassen Zargouni, les ménages pauvres représentent près de 15,5% de la population tunisienne (alors que le taux de pauvreté extrême représente en Tunisie 4,6%, contre 9,6% dans le monde). Cela donnerait donc près de 420.000 ménages et 1,7 millions de citoyens, qui ne percevraient, au final, que 12% de l’enveloppe totale des subventions de l’Etat via la fameuse caisse de compensation, fait aussi observer le patron de Sigma Conseil.</p>
<p>Tout en admettant que ce système de subvention des matières dites de première nécessité <em>«joue un rôle indéniable comme filet de protection sociale pour la population pauvre pour laquelle les subventions représentent 20,6% de la valeur totale de leur consommation alimentaire, contre 10,3% pour la population la plus aisée»</em>, Hassen Zargouni estime que <em>«le système des subventions alimentaires n’est pas efficace en Tunisie.»</em></p>
<p>Aussi recommande-t-il d’ajuster le système des transferts sociaux (directs ou indirects via la caisse de compensation) en prenant en considération la complexité du mécanisme de la subvention et de son inefficacité observée (mauvais ciblage de la population pauvre), mais également du rôle indéniable que jouent les subventions dans l’amélioration du pouvoir d’achat des plus démunies, la finalité étant l’éradication de la pauvreté.</p>
<p>Parmi les solutions préconisées pour mieux orienter les subventions vers ceux qui en ont réellement le plus besoin, le patron de Sigma Conseil cite le zoning des produits compensés, c’est-à-dire la définition de zones ou de quartiers non éligibles à cette aide de l’Etat, ou encore la distribution de bons d&rsquo;achat, qui présentent selon lui, un double désavantage d’être mal acceptés par les populations ciblées et de risquer d’être détournés.</p>
<p>Conclusion de l’expert : <em>«L’arbitrage doit être guidé par la contrainte de bien viser les populations précaires et de la nécessité d’y aller progressivement sans grands heurts.»</em></p>
<p style="text-align: right;"><strong>I. B. </strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/10/06/pour-mieux-orienter-les-subventions-vers-les-menages-pauvres/">Pour mieux orienter les subventions vers les ménages pauvres</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>La Tunisie a besoin d’importer 3,9 millions de tonnes de céréales</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2017/05/12/la-tunisie-a-besoin-dimporter-39-millions-de-tonnes-de-cereales/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 May 2017 07:00:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[blé]]></category>
		<category><![CDATA[caisse de compensation]]></category>
		<category><![CDATA[céréales]]></category>
		<category><![CDATA[FAO]]></category>
		<category><![CDATA[orge]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Selon un rapport du Système mondial d’information et d’alerte rapide de la FAO (Giews), il y aurait peu de chose à reprocher à l’agriculture tunisienne. Par Marwan Chahla Globalement, d’après ce rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), mis en ligne le mercredi 10 mai 2017, même si la situation de l’agriculture...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/05/12/la-tunisie-a-besoin-dimporter-39-millions-de-tonnes-de-cereales/">La Tunisie a besoin d’importer 3,9 millions de tonnes de céréales</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-64980" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/09/Cereales.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Selon un rapport du Système mondial d’information et d’alerte rapide de la FAO (Giews), il y aurait peu de chose à reprocher à l’agriculture tunisienne.</strong> </em></p>
<p>Par<strong> Marwan Chahla</strong></p>
<p><span id="more-95841"></span></p>
<p>Globalement, d’après ce rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), mis en ligne le mercredi 10 mai 2017, même si la situation de l’agriculture en Tunisie n’est pas idéale, il n’y aurait rien d’alarmant: faute d’une pluviométrie régulière et abondante, notre pays continuera de dépendre des importations céréalières pour assurer sa sécurité alimentaire.</p>
<p><strong>Production 9% supérieure à l’an dernier </strong></p>
<p>D’une manière générale, lit-on dans cette étude du Giews, la moisson des céréales d’hiver, en Tunisie, débute à la mi-mai et s’achève vers la fin du mois de juin. Jusqu’ici, pour l’année actuelle, les conditions des récoltes demeurent favorables, en dépit des précipitations plus faibles que la moyenne qui ont été enregistrées durant les mois de février et mars derniers.</p>
<p>Pour la campagne actuelle, quelque 800.000 hectares ont été semés en blé, en comparaison avec les 610.000 hectares, l’an dernier.</p>
<p>La disponibilité des semences et des engrais a été normale. En Tunisie, la production agricole est susceptible de varier considérablement d’une année sur l’autre, en raison des fluctuations des chutes de pluie, qui peuvent être significatives. Les superficies irriguées cultivées en blé représentent moins de 15% du total de terres consacrées à la culture de cette céréale.</p>
<p>Bien que les conditions climatiques pour une bonne partie de la saison 2016 aient été favorables, le manque de précipitations, au début de l’année de récolte, a limité le rendement de la superficie semée de céréales d’hiver. Par conséquent, une récolte bien en-deçà de la moyenne d’1,3 million de tonnes a été enregistrée en 2016. A ce point, la production a été de 9% supérieure par rapport au niveau bas de l’année précédente, mais elle demeure inférieure de 32% en comparaison avec la moyenne quinquennale.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-74145" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/12/Ble.jpg" alt="Blé" width="500" height="304" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>La production de blé a été de 9% supérieure au niveau bas de l’année précédente.</em></p>
<p>La Tunisie est un pays qui dépend fortement sur les importations de céréales, notamment celles du blé, même pendant les années de récoltes abondantes. Ainsi, les besoins d’importations de céréales pour l’année commerciale 2016/17, c’est-à-dire de juillet 2016 à juin 2017, pourraient avoisiner les 3,9 millions de tonnes, ce qui représenterait une baisse de 4% par rapport à l’année précédente, mais serait de 15% plus élevé que le niveau de la moyenne quinquennale.</p>
<p><strong>Le Tunisien sauvé par la caisse de compensation </strong></p>
<p>Malgré le haut niveau de dépendance de la Tunisie des importations de céréales, les changements des prix mondiaux des céréales ne se traduisent pas entièrement en changements des prix sur le marché intérieur tunisien – principalement en raison des subventions qu’accorde le gouvernement aux produits alimentaires de première nécessité. Les prix des produits à base de blé, qui sont un aliment principal du pays, ont été relativement stables, ainsi que le reflète le très bas taux d’inflation des prix du pain et des céréales – c’est-à-dire, moins de 3% sur une base annuelle, depuis janvier 2012.</p>
<p>D’une manière générale, l’Indice des prix à la consommation pour le mois de mars 2017 pour les produits alimentaires et les boissons a enregistré une hausse de 5%, sur une base annuelle, comparé au taux d’environ 1% en février 2016.</p>
<p>L’économie tunisienne s’est relevée lentement de la contraction de 1,8% que le pays a connue en 2011, en dépit du fait que le risque terroriste demeure, que l’impact négatif de cette menace sur l’activité économique soit profondément ressenti et que la reprise dans l’Union européenne, principal partenaire commercial de la Tunisie, reste, elle aussi, lente.</p>
<p>Tout cela affecte sensiblement le redémarrage de la machine économique tunisienne: selon l’Institut national de la statistique (INS), la croissance du PIB réel en 2016 a atteint 1%. Une certaine relance devrait être enregistrée en 2017, mais elle serait encore inférieure aux niveaux pré-révolutionnaires, étant ralentie par une demande léthargique et les tensions sociales.</p>
<p>Ainsi, une croissance aussi faible ne suffira pas pour traiter le taux élevé du chômage, qui se situe actuellement à 15%.</p>
<p><em><strong>Article lié: </strong></em></p>
<p><a href="http://kapitalis.com/tunisie/2017/04/19/la-tunisie-devra-importer-3-millions-de-tonnes-de-ble-et-dorge/"><em>La Tunisie devra importer 3 millions de tonnes de blé et d’orge</em></a></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/05/12/la-tunisie-a-besoin-dimporter-39-millions-de-tonnes-de-cereales/">La Tunisie a besoin d’importer 3,9 millions de tonnes de céréales</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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