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	<title>Archives des Chedly Klibi - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Chedly Klibi - Kapitalis</title>
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		<title>Déménagement du ministère de la Culture &#124; Une vraie fausse polémique ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Jan 2026 08:55:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[ministère des Affaires culturelles]]></category>
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		<category><![CDATA[UGTT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Polémique sur le possible déménagement du ministère de la Culture de son emplacement actuel à la Kasbah vers un autre lieu. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/18/demenagement-du-ministere-de-la-culture-une-vraie-fausse-polemique/">Déménagement du ministère de la Culture | Une vraie fausse polémique ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>«Je lance un appel à mes amis qui sont en colère et affectés par les rumeurs qui circulent concernant le possible déménagement du ministère des Affaires culturelles de son emplacement actuel à la Kasbah vers un autre lieu : s’il vous plaît, gardez votre colère pour quelque chose qui la mérite davantage, et conservez votre douleur pour quelque chose qui mérite davantage que l’on souffre pour elle !», a lancé le chroniqueur Mokhtar Khalfaoui dans un poste Facebook, minimisant l’importance de la polémique suscitée à ce sujet qui, selon lui, ne méritait pas tant de tapage.</em></strong> <em>(Ph: Cité de la culture de Tunis où seraient transférés les bureaux du ministère des Affaires culturelles).</em> </p>



<p><strong>Latif Belhedi</strong></p>



<span id="more-18251247"></span>



<p>L’information selon laquelle le gouvernement aurait décidé de transférer le siège du ministère des Affaires culturelles de son emplacement actuel, à la Kasbah, non loin du siège du gouvernement et du ministère de la Défense, vers la Cité de la culture de Tunis, sur l’avenue Mohammed V, a suscité une vive polémique, notamment au sein des milieux culturels. On craint en effet que sa mise en œuvre ne compromette l’avenir d’un secteur marginalisé depuis des années.</p>



<p>Dans ce contexte, la Fédération générale de la culture et de l’information, affiliée à l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), a exigé l’annulation immédiate de cette décision. Elle demande un moratoire jusqu’à ce qu’un autre lieu soit trouvé pour le ministère des Affaires culturelles, afin de garantir le respect des droits des acteurs culturels, et de préserver le statut et le rôle national de ce ministère.</p>



<p>Dans un communiqué publié vendredi 16 janvier 2026, le syndicat a affirmé que toute décision de cette ampleur <em>«doit reposer sur une approche globale prenant en compte les intérêts du secteur et de toutes les personnes qui y sont liées»</em>. Elle a averti que le transfert du siège du ministère pourrait perturber le travail administratif et culturel, porter atteinte aux droits des intellectuels, du personnel et des fonctionnaires, et nuire aux infrastructures culturelles publiques, aggravant ainsi la marginalisation dont souffre le secteur depuis des années.</p>



<p>Le syndicat a également souligné sa détermination à défendre le secteur, la dignité de ses travailleurs et le droit à une culture nationale libre et efficace, et a demandé des clarifications officielles à la communauté culturelle concernant les raisons de cette décision et ses conséquences potentielles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Valeur historique et identitaire </h2>



<p>Le Syndicat indépendant des réalisateurs producteurs (Sirp)a exprimé, quant à lui, sa profonde inquiétude quant à la décision de transférer le siège du ministère, considérant que <em>«le siège actuel n’est pas un simple espace administratif, mais revêt une valeur historique et culturelle qui incarne l’identité de la culture tunisienne et son long parcours, et témoigne de moments charnières de l’histoire de la création artistique dans le pays.»</em></p>



<p>Le Sirp a réaffirmé son attachement au maintien du siège historique du ministère des Affaires culturelles, comme un prolongement de la mémoire nationale et une manifestation de la continuité culturelle, avertissant qu’<em>«une décision unilatérale prise sans consultation des artistes, des intellectuels et des instances professionnelles représente une dévalorisation de la culture et une marginalisation du rôle des arts et de la créativité dans le projet de société.»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une atteinte à la mémoire nationale</h2>



<p>Parallèlement, sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes ont exprimé leur rejet de cette décision. La professeure d’université Raja Ben Slama a déclaré que <em>«la réquisition du siège du ministère des Affaires culturelles est une atteinte à la mémoire nationale et un mépris pour la culture.»</em></p>



<p>Mme Ben Slama, ex-directrice générale de la Bibliothèque nationale, a lancé un appel à ne pas accepter cette décision et à empêcher sa mise en œuvre, considérant que <em>«la véritable richesse de ce pays réside dans sa culture, son histoire, sa civilisation et son patrimoine»</em>, affirmant que l’application de cette décision constituerait <em>«une nouvelle tragédie parmi celles que le pays a connues ces dernières années»</em>.</p>



<p>L’activiste Thamer Idriss considère que la décision d’évacuer le ministère des Affaires culturelles de son siège historique à la Kasbah <em>«n’est pas une simple procédure administrative de déménagement, mais une atteinte flagrante à la symbolique historique et au statut souverain de la culture en Tunisie»</em>. Selon lui, <em>«le transfert du siège du ministère loin de la Place du &nbsp;Gouvernement reflète une tendance inquiétante à la marginalisation du secteur culturel et à l’affaiblissement de sa présence au centre du pouvoir décisionnel»</em>.</p>



<p>Idriss souligne que le siège actuel du ministère des Affaires culturelles <em>«n’est pas qu’un ensemble de murs, mais un symbole de la mémoire nationale et un emblème indissociable de l’identité de l’État tunisien depuis l’indépendance»</em>. Il ajoute que <em>«son démantèlement sans vision claire ni alternative appropriée perturbe le fonctionnement de l’administration et constitue un dénigrement de la valeur des créateurs et des intellectuels qui voient en cet édifice un symbole de leur présence au cœur de l’État»</em>.</p>



<p>Le siège du ministère des Affaires culturelles est considéré comme l&rsquo;un des monuments administratifs à forte valeur symbolique en Tunisie, car il est situé sur la place du Gouvernement, dans la capitale, à proximité d’institutions souveraines, dont le ministère de la Défense ou celui des Finances.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une politique culturelle inexistante</h2>



<p>A l’appui de leur position, les personnes opposées au transfert du siège du ministère des Affaires culturelles citent les noms des nombreux ministres et hommes de culture qui ont dirigé cette institution tels Chedly Klibi, Béchir Ben Slama, Habib Boularèsou autres Abdelbaki Hermassi.</p>



<p>En réponse à cette polémique qu’il trouve déplacée et inutile, Mokhtar Khalfaoui a écrit, sur le ton de l’ironie&nbsp;: <em>«S’il nous faut pleurer, pleurons donc pour une politique culturelle inexistante, une industrie culturelle en déclin et un modèle de développement culturel absent. Et s’il nous faut pleurer, pleurons donc pour un ministère de la Culture dont le budget ne dépasse pas 0,73 % du budget de l’État !»</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/18/demenagement-du-ministere-de-la-culture-une-vraie-fausse-polemique/">Déménagement du ministère de la Culture | Une vraie fausse polémique ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#8211; Covid-19 : Une campagne de vaccination des artistes le 26 août</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/08/23/tunisie-covid-19-une-campagne-de-vaccination-des-artistes-le-26-aout/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Cherif Benyounes]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Aug 2021 15:03:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Chedly Klibi]]></category>
		<category><![CDATA[Covid-19]]></category>
		<category><![CDATA[vaccination des artistes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une campagne de vaccination contre la Covid-19, destinée aux artistes de tous les secteurs, aura lieu ce jeudi 26 août 2021, à la Cité de la culture «Chedly Klibi», à partir du 8h du matin. L&#8217;objectif étant d&#8217;accélérer le retour de la vie culturelle tunisienne, à son rythme normal. Il s&#8217;agira d&#8217;un point de départ...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/08/23/tunisie-covid-19-une-campagne-de-vaccination-des-artistes-le-26-aout/">Tunisie &#8211; Covid-19 : Une campagne de vaccination des artistes le 26 août</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/07/vaccination-2.jpg" alt="" class="wp-image-356777"/></figure></div>



<p><em><strong>Une campagne de vaccination contre la Covid-19, destinée aux artistes de tous les secteurs, aura lieu ce jeudi 26 août 2021, à la Cité de la culture «Chedly Klibi», à partir du 8h du matin. L&rsquo;objectif étant d&rsquo;accélérer le retour de la vie culturelle tunisienne, à son rythme normal.</strong></em></p>



<span id="more-360251"></span>



<p>Il s&rsquo;agira d&rsquo;un point de départ d&rsquo;une série de campagnes de vaccination qui seront organisées prochainement par le ministère des Affaires culturelles, et ce, en coordination avec le ministère de la Santé publique, dans différentes régions du pays.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>C. B. Y.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/08/23/tunisie-covid-19-une-campagne-de-vaccination-des-artistes-le-26-aout/">Tunisie &#8211; Covid-19 : Une campagne de vaccination des artistes le 26 août</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Lotfi Abdelli ou quand l’humour devient nauséeux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Aug 2020 13:56:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Parti destourien libre]]></category>
		<category><![CDATA[Raymond Devos]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est dans le contexte d’une certaine culture populaire, née d’une douteuse alchimie entre des émissions de télé sans consistance et frisant parfois la débilité mentale, des débats soporifiques et infructueux au sein du landerneau politique et d’une presse jaune au rabais, qu’émerge l’humour de Lotfi Abdelli, un produit rance, dégageant un remugle de moisi et...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/08/08/lotfi-abdelli-ou-quand-lhumour-devient-nauseeux/">Lotfi Abdelli ou quand l’humour devient nauséeux</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Lotfi-Abdelli.jpg" alt="" class="wp-image-311114"/></figure>



<p><strong><em>C’est dans le contexte d’une certaine culture populaire, née d’une douteuse alchimie entre des émissions de télé sans consistance et frisant parfois la débilité mentale, des débats soporifiques et infructueux au sein du landerneau politique et d’une presse jaune au rabais, qu’émerge l’<a href="http://kapitalis.com/tunisie/2020/08/08/ce-qua-dit-lotfi-abdelli-sur-abir-moussi-est-abject-mais-non-a-la-censure/" target="_blank" aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" rel="noreferrer noopener">humour de Lotfi Abdelli, </a>un produit rance, dégageant un remugle de moisi et d’odeur putride.</em></strong><br></p>



<p>Par <strong>Adel Zouaoui</strong> *</p>



<span id="more-311113"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Adel-Zouaoui.jpg" alt="" class="wp-image-248128"/></figure></div>



<p>Si on se réfère à François Rabelais (écrivain français de la renaissance), le rire est bel et bien le propre de l’homme. Cet aphorisme on nous l’avait asséné avant même que les scientifiques ne découvrent que les animaux rient aussi. Bien que le rire soit vraisemblablement un bien commun entre plusieurs créatures vivantes sur terre, celui de l’homme demeure néanmoins le plus complexe. Et pour cause, il est intrinsèquement lié à sa façon d’être de réfléchir, de se comporter et de se mouvoir.</p>



<p>Alors si on rit des uns et des autres, c’est de nous mêmes qu’on rit d’abord. Le rire nous permet de nous distancier. Il est le miroir à travers lequel on s’observe et on observe nos tares, nos travers, nos marottes, nos contradictions, mais aussi, le burlesque, l’absurde et l’incongru qui sont en nous, nous autres êtres humains.</p>



<p>Le rire se révèle aussi pareil à un antidote, quasi instinctif, contre la morosité et l’ennui. Une échappatoire psychologique indispensable, faute de quoi la cocotte explose.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un humour douteux au ras des pâquerettes</h3>



<p>Lors de son dernier one-man-show, l’humoriste Lotfi Abdelli s’est lâché comme à son habitude. Il a descendu sans pitié Abir Moussi, se demandant si la présidente du Parti destourien libre (PDL) et de son bloc parlementaire avait pris une douche pendant les sept jours de son sit-in à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), évoquant au passage, pour faire rire à ses dépens, une partie de sa lingerie intime.</p>



<p>Une plaisanterie au ras des pâquerettes qui a provoqué une vive polémique entre ceux qui se sont indignés et d’autres qui se sont amusés, voyant dans cette frasque un pas vers plus de liberté de parole.</p>



<p>Mais qu’en est-il exactement ?</p>



<p>Au fait, Lotfi Abdelli se mélange involontairement les pinceaux. Il est incapable vraisemblablement de distinguer entre l’humour et l’ironie. Car si l’humour est un jeu fin de l’esprit dont l’objectif est d’alléger notre vie en battant en neige les pesanteurs et les lourdeurs du quotidien; l’ironie, elle, vise à dessein à railler, brocarder, insulter, discréditer et somme toute rabaisser ad hominem.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’humoriste no limit n’est jamais tombé aussi bas</h3>



<p>Si l’humour se veut thérapeutique et salutaire à la fois, et s’il se veut aussi être, selon Boris Vian (écrivain, poète et chanteur français de la moitié du vingtième siècle), la politesse du désespoir; l’ironie, elle, est cruelle, cinglante, ne rechigne pas à blesser, à lacérer puisqu’elle claque comme un fouet. Elle verse souvent dans le lynchage des absents. Son objectif est celui de provoquer des rires veules, jaunes et complaisants puisqu’elle manque d’intelligence, surtout celle du cœur.</p>



<p>Ayant habitué son public à ce genre de simagrées, notre saltimbanque national perd à chaque spectacle les pédales. À l’évidence, il se laisse enfoncer dans la spirale de la surenchère. Et cette fois-ci il n’est jamais tombé aussi bas. Il a carrément touché le fond.</p>



<p>En a-t-il conscience? Loin s’en faut. Malgré la volée de bois vert qu’il a reçue de toutes parts, il ne s’en convainc pas et continue d’arguer que ses aficionados viendront encore plus nombreux pour se gargariser de ses performances. Il n’a pas tort pour autant. Puisque malgré la banalité et l’insipidité de ses saynètes au contenu machiste, le public, lui, biberonné à la médiocrité d’une manière subliminale, y trouve son compte et en redemande encore plus.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le tsunami de la médiocrité emporte tout sur son passage</h3>



<p>Mais au fait, Lotfi Abdelli n’est-il pas, lui-même, victime, de cette chienlit qui dézingue progressivement tous les secteurs de la vie publique? Au fait, son dernier spectacle n’est que la partie émergente de notre édifice culturel qui se craquelle chaque année un peu plus ? Qu’il est loin le temps où les mastodontes tels que Aly Ben Ayed, Tahar Guiga, Moncef Souissi, Chedly Klibi, Habib Boulares, pour ne citer que ceux la marquaient d’une pierre blanche notre vie culturelle. Même ceux qui résistent encore à l’usure de la médiocrité sont pareils à des Don Quichotte. Ils continuent à se battre désespérément contre des moulins à vent. Et pour cause, le tsunami de la médiocrité a emporté sur son passage, depuis la tristement célèbre Révolution du 14-Janvier 2011, tous les garde-fous de la morale, du beau et du bon goût, du rationnel, du savoir-faire et du savoir-vivre.</p>



<p>Aujourd’hui on se trouve assailli de toutes parts par une vulgarité abjecte et une laideur affligeante dont la culture populaire est à la fois le réceptacle et l’étendard. Laquelle culture, animée par des astres pâles, nous pollue et nous encrasse l’esprit chaque jour un peu plus. Comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement, puisque cette même culture populaire est une conséquence directe d’une diabolique alchimie entre des émissions de télé sans consistance et sans saveur qui frisent parfois la débilité mentale, des débats soporifiques et infructueux au sein du landerneau politique et d’une presse jaune, au rabais.</p>



<p>Tous ces facteurs se sont imbriqués, se sont noués et se sont entremêlés dans un écheveau inextricable pour aboutir, en fin de course, à un abêtissement général et généralisé. Signe des temps, l’ignorance devient la norme, notre conception du bien et du mal, du beau et du laid, de l’excellent et du médiocre est bafoué, notre curiosité s’éteint et le fragile potentiel éducatif qu’on a reçue se défait chaque jour un peu plus. Mais qui s’en soucie vraiment, puisque la seule réussite qui compte aujourd’hui est celle mesurable à l’argent.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un humour rance, dégageant un remugle de moisi et d’odeur putride</h3>



<p>C’est dans ce contexte d’une culture populaire foncièrement marquée par un délabrement sans précédent qu’émerge le one-man-show de Lotfi Abdelli. Lequel se révèle un produit rance, dégageant un remugle de moisi et d’odeur putride, à l’instar de plusieurs autres produits prétendument culturels tels la chanson, la musique, le théâtre, ou encore les feuilletons et programmes télévisés.</p>



<p>Ce que Lotfi Abdelli ignore ou feint d’ignorer c’est que l’artiste se doit d’être un élévateur de conscience et l’art un purificateur des âmes. Il ne s’agit pas ici tant de défendre Abir Moussi, loin s’en faut, mais plutôt de défendre une certaine idée du rire et de l’humour. Ceux-là même doivent être constructifs et accepter des limites. Ils ne doivent ni agresser ni dévaloriser et ne surtout pas prêcher continuellement dans la vacuité.</p>



<p>Le rire intelligent somme toute se doit de nous faire réfléchir sur notre propre condition humaine. Car<em> «le rire est une chose sérieuse avec laquelle il ne faut pas plaisanter»,</em> dixit Raymond Devos, un humoriste franco-belge d’un tout autre gabarit, intellectuel s’entend.</p>



<p><em>* Retraité de la Cité des Sciences de Tunis, ministère de l&rsquo;Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. </em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis :</em> </h4>



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		<item>
		<title>Où est passée cette magnifique œuvre qu’est la nation tunisienne ?</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Apr 2020 16:42:49 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/02/Habib-Bourguiba-statut-equestre.jpg" alt="" class="wp-image-41627"/></figure>



<p><strong><em> La Tunisie a fêté, le 6 avril 2020, le 20e anniversaire de la mort de son premier président de la république, Habib Bourguiba, à un moment où elle aurait eu besoin d’un leader… un vrai ! Les hommes d’Etat visionnaires et volontaires ne se bousculent pas au portillon. Nous en sommes, malheureusement, bien loin, pour ceux qui ne se sont pas avérés être des hommes d’Etat d’envergure et que la jeunesse tunisienne pensait candidement vouloir éjecter en 2019… pour ne pas dire «déjecter».</em></strong></p>



<p> Par <strong>Ghazi Mabrouk </strong>* </p>



<span id="more-293383"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/05/Ghazi-Mabrouk.jpg" alt="" class="wp-image-51943" width="200"/></figure></div>



<p> Alors qu’en pleine crise de démondialisation, on commémore  les vingt ans de la disparition du nationaliste Habib Bourguiba, celui-ci revient sur le devant de la scène et redevient le curseur du <em>«tout tunisien»</em>, devant la déconfiture annoncée de la mondialisation post-coronavirale. <br> Permettons-nous, tout d’abord, une pensée particulière et compassée pour les jeunes de Tunisie, qui croient encore &#8211; et rêvent toujours – d’une véritable incarnation de leurs aspirations, avec tant de constance et de détermination. </p>



<p> Ceci, en dépit des désenchantements successifs de la mondialisation, face à la politique que subissent nos jeunes tunisiens. Ceci également, en dépit des jungles de Calais, des boat-peoples, de l’effritement des pan-mondialisme, pan-arabisme, pan-europisme, pan-africanisme, et autres <em>«pan»,</em> qui ont louvoyé, titubé – puis fini par trébucher – dans les  méandres de ce qu’ils avaient pensé pouvoir baptiser du mot de<em> «Révolution»</em>. Ils auraient tant souhaité façonner leur futur, dans un Etat tunisien à la hauteur de leurs espérances, souverain et libre de ses choix par rapport à l’étranger. </p>



<p> De grandes franges de la génération précédente s’étaient couchées, durant dix ans, devant les manquements qui avaient généré ces désillusions de la jeunesse populaire. En un moment, de surcroît, où les classes moyennes, sont désormais réduites à la portion congrue. </p>



<p> La <em>«Révolution tunisienne»</em> a plus de neuf ans et toutes ses dents sont déjà sorties depuis longtemps !</p>



<p> L’écume des cheveux blancs des dirigeants successifs doit donc se faire humble, devant l’ampleur du tsunami des espérances portées par l’imaginaire des jeunes de cette génération et leur volonté de lutter pour le devenir de leur Tunisie. Cette Tunisie historique, tant glorifiée par le visionnaire nationaliste Habib Bourguiba, en son temps. Pour lui c’était <em>«Non ! à la mondialisation et Oui ! à la Nation tunisienne jalousement gardée, maîtresse de son devenir dans le reste du monde.»</em></p>



<p> La Révolution tunisienne – continuons malgré tout à l’appeler comme ça – a  plus de neuf ans et toutes ses dents sont déjà sorties depuis longtemps ! Les dents acérées de la personne humaine, désormais collective, afin de ne pas laisser tuer l’espoir de manière pernicieuse.</p>



<p> Pourtant ceux qui se déclarent l’incarner ne l’ont pas  concrétisée dans les faits. Et les attentes de ceux qui ont véritablement fait la révolution sur le terrain s’interrogent. Sera-t-elle restée inachevée? Les horizons se seront-ils évanouis dans la brume des ambitions des nouveaux venus? Serait-ce en fait une Révolution sans jasmin? </p>



<p> La <em>«calinothérapie»</em> nouvellement pratiquée, à coups d’embrassades et accolades, n’arrive plus à escamoter le sentiment – de plus en plus vivace – d’un risque de confiscation des espoirs des jeunes tunisiennes et tunisiens, engagés dans le sillage de la responsabilité.</p>



<p> Les coups de boutoirs des jeunes des régions et des <em>«damnés de la terre»</em>, sont de plus en plus nombreux et virulents… au risque d’accompagner une segmentation de la société civile et du pouvoir. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Mondialisation ? Quelle mondialisation «post-coronavirum» ?</h3>



<p> Le révélateur qu’est le coronavirus a fait, qu’après les Pères Combattants de l’Indépendance, nos jeunes sont devenus à leur tour – aujourd’hui –  les symboles d’une souveraineté qui doit appartenir à l’ensemble des Tunisiens et non aux facteurs exogènes de l’idéologie mondialisatrice. </p>



<p> Mais méfions-nous cependant de <em>«l’enthousiasme mortel»</em> qu’évoquait déjà Frantz Fanon.</p>



<p> Dans ce contexte, comment la politique étrangère de la Tunisie pourrait-elle rester imperméable au <em>«post-coronavirum»</em>? Comment le destrier de la diplomatie économique de la Tunisie pourrait-il être lancé, tel un étalon conquérant tous crins au vent ? </p>



<p> Comment les approches et stratégies d’influences relationnelles nouvelles et modernes pourraient-elles être préemptées ? Et comment l’image de la Tunisie à l’étranger se refléterait-elle au travers du prisme de sa politique étrangère actuelle ? Un prisme qui se heurte, fatalement, à la multiplicité de ses facettes.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/04/Bourguiba-Ghazi-Mabrouk.jpg" alt="" class="wp-image-293394" width="500"/><figcaption><em>L&rsquo;auteur reçu par Habib Bourguiba au Palais de Carthage.</em></figcaption></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading"> «La bave du crapaud n’atteint pas la magnificence de l’Aigle» !</h3>



<p> Pour la Tunisie, avoir une image flamboyante constitue-t-elle réellement une nécessité ? Au vu de ce qui transparaît actuellement, pour certains dirigeants tunisiens du moment, la réponse semblerait s’orienter vers le <em>«Non» </em>! </p>



<p> Mais veut-on vraiment activer les compétences en vase clos, alors que – comme le dit l’adage –<em> «les ratés ne vous rateront pas» </em>?</p>



<p> Il y a bien des pays qui ne font pas une priorité de leur image, dans leurs approches diplomatiques mais, par-delà son image historique et culturelle millénaire, la Tunisie d’après l’Indépendance s’est avérée fortement liée à l’image qu’elle renvoie d’elle. </p>



<p> Quasiment sans ressources notables et avec des ambitions de développement immenses, le premier Président de la Tunisie moderne avait immédiatement pris la mesure de la portée de l’image que la politique étrangère du pays pourrait susciter en matière de diplomatie économique. Il a, par exemple, ouvert la voie à l’industrie touristique et a ainsi créé une des sources de rentabilité et de développement autrefois quasi-ignorées en masse. Et ceci par-delà sa dimension limitée dans un monde en pleine explosion exponentielle.</p>



<p> Sans aucun complexe, le Combattant Suprême nationaliste Habib Bourguiba, s’était tourné vers l’espace que l’on appelait alors<em> «Le Monde Libre»</em>. Il le considérait comme le plus à même de servir les intérêts de son pays. Il a été le premier à comprendre que la Tunisie doit<em> «se placer»</em>. </p>



<p> Il a développé un véritable lobbying avant l’heure. Il a été avant-gardiste en la matière. Peu de gens connaissent Cécil Hourani, ce Libanais qui avait été le directeur du Bureau Arabe à New-York, avant de devenir, à l’Indépendance, le conseiller personnel de Bourguiba à Tunis. Et pourtant, il a constitué un relais indéniable entre Bourguiba et la plupart des réseaux d’influence occidentaux. </p>



<p> Bourguiba a su imposer l’image de la Tunisie et lui permettre de passer de l’ombre à la lumière. Qui ne se souvient du panache de la remontée triomphale de l’avenue Broadway à Manhattan en mai 1961 – cinq années seulement après l’Indépendance – en voiture décapotable, suivi d’un cortège officiel interminable ? Un Bourguiba, saluant debout la foule des Américains, massés de chaque côté du parcours. En hommage à notre si petit pays, devenu si grand de par sa politique étrangère. Alors que l’on confondait encore là-bas : Tunisie et Tasmanie. </p>



<p> N’était-ce pas là une image singulière de notre pays, conduit par celui qui appartenait à la Race des Seigneurs, et qui en fait pâlir plus d’un aujourd’hui, en ce moment même ?</p>



<p> Celui dont le Général de Gaule disait dans ses Mémoires : <em>«J’avais, en face de moi, un lutteur, un politique, un homme d’Etat, et un visionnaire, dont l’envergure dépasse les dimensions de son pays» !</em></p>



<p> Il est vrai qu’il ne pouvait pas dire autrement de Bourguiba, que certains ignares et incultes accusent d’avoir fourni à la France le fer que Gustave Eiffel avait utilisé en 1887 pour construire la Tour. Bourguiba est né 16 ans après ! Mais laissons les imbéciles mourir heureux de leur propre déficience mentale.</p>



<p> A tous ceux-là disons que : <em>«La bave du crapaud n’atteint pas la magnificence de l’Aigle».</em></p>



<h3 class="wp-block-heading"> Le «soft power» !</h3>



<p> L’image de la Tunisie a été portée par sa politique étrangère et par des actions lobbying d’envergure, orchestrées par Habib Bourguiba Junior aux Etats-Unis et par Hédi Mabrouk en France. Cette image de la Tunisie a été symbolisée par des figures comme Madame Mendès-France, Hooker Doolittle  et Dag Hammarskjöld, avec lesquels il a été mené une politique d’influence feutrée avant date. Il avait même chez lui – à la maison – un relais auprès des Rois et Emirs du Moyen-Orient, en la personne de Wassila Bourguiba, également proche de Kadhafi. Ce que l’on appelle maintenant le <em>«soft power». </em></p>



<p> Cette image de la Tunisie a longtemps été incarnée par la présence voulue et préméditée de grands militants, à la tête de nombreuses organisations internationales, tels que Mongi Slim à la présidence de l’Assemblée générale des  Nations Unies en 1961, Bahi Ladgham à la présidence de la Mission de cessez-le feu Jordanie-Palestine en 1970, Habib Chatty à la présidence de l’Organisation de la Conférence islamique en 1979, Chedly Ayari à la présidence de la Banque arabe de développement de l’Afrique, Chedly Klibi au secrétariat général de la Ligue Arabe, Habib Boularès, Habib Ben Yahia, Taïeb Baccouche à l’Union du Maghreb Arabe, …et tant d’autres encore</p>



<p> Autant d’ambassadeurs de l’image qui confirment – de par leur position – la place préemptée par la Tunisie sur la scène internationale, pour la porter au firmament des étoiles montantes des Nations libérées. </p>



<p> L’appui à l’indépendance de la Mauritanie, le contingent militaire onusien des Tunisiens au Congo, le discours de Jéricho, l’appui à l’Angola et à l’Erythrée, l’obtention du soutien des Etats-Unis au Conseil de Sécurité de l’ONU dans l’affaire du bombardement de Hammam-Chatt, pour ne citer que ceux-là. </p>



<p> Ce non-véto américain exceptionnel au Conseil de Sécurité de l’ONU, que feu-Béji Caïd Essebsi aurait voulu s’attribuer en exclusivité, mais qui était l’œuvre de Bourguiba en prise directe au plus haut niveau de l’Etat américain.</p>



<p> Il avait fait passer à Ronald Reagan ce message clair : <em>«Je serais extrêmement déçu si vous opposiez un véto et ceci aura indéniablement des conséquences au niveau géopolitique de ma part»</em>. Une stratégie d’influence qui relève d’un savoir faire inné du président Bourguiba face au président Reagan.</p>



<p> Dans sa grandeur prémonitoire Bourguiba<em> «irradiait»</em> l’image de la Tunisie, interdisant tout <em>«droit de cuissage»</em> sur notre pays. En opposition avec la méthode, à la fois de Méphistophélès et de Raspoutine. Métaphore terriblement funeste, lorsqu’on la compare maintenant à un système érigé de manière poncepilatienne, dans les arcanes des relais mondialistes à l’étranger. Ponce Pilate lui-même n’aurait pas fait mieux, en matière de duplicité corruptive. Et de plus, ceci passe par ce que nous appellerons pudiquement la<em> «déférence relationnelle»</em>.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Rattrapés par la patrouille !</h3>



<p> Comme quoi les snipers politiques peuvent être dissimulés dans l’ambulance même des pouvoirs. Mais ils finissent généralement par être <em>«rattrapés par la patrouille»</em>! Et – en tout cas – c’est ce qu’espéraient les révoltés de 2011.</p>



<p> Et la <em>«patrouille»</em> les a-t-elle réellement rattrapés en ce 14 janvier 2011 censé être libérateur ? Ce jour où l’image de la Tunisie a crevé les écrans dans le monde et où sa notoriété et sa popularité ont explosé sur tous les continents. Qu’a-t-on donc fait de cette image ? </p>



<p> La politique étrangère de la Tunisie a ondoyé sur la crête de cette vague porteuse en deux temps : avant et après les élections de 2012. Dans un premier temps, elle a eu droit au clonage de sa politique étrangère sur l’image qu’elle renvoyait, pour passer ensuite à la diplomatie parallèle qui a voulu engager des reconversions géopolitiques en direction des pays du Moyen-Orient, loin des partenaires principaux de l’Union européenne. </p>



<p> C’était comme mettre dans sa propre poche une grenade dégoupillée, loin d’une véritable stratégie d’influence et de lobbying pour la diplomatie économique. </p>



<p> Depuis ce moment, <em>«celui qui n’entend plus parler de lui-même se croit sourd»</em>, comme dirait Talleyrand, le Prince des diplomates. Est-ce le cas dans l’œillard, au centre de la meule du pouvoir ?</p>



<p> Mais, comme il y a toujours un <em>«effet caméléon» </em>entre le monde de la politique et celui de la diplomatie. Sauf à <em>«murmurer à l’oreille des chevaux»</em>, pour mieux les enfourcher ensuite, sabre au clair. En tout cas, ce sera toujours mieux que d’avoir l’oreille d’un autre type… d’équidé. </p>



<p> La Tunisie aurait eu besoin aujourd’hui d’un Leader… un vrai ! Les Hommes d’Etat visionnaires et volontaires ne se bousculent pas au portillon. Nous en sommes, malheureusement, bien loin, pour ceux qui ne se sont pas avérés être des hommes d’Etat d’envergure et que la jeunesse tunisienne pensait candidement vouloir éjecter en 2019… pour ne pas dire <em>«déjecter».</em></p>



<h3 class="wp-block-heading"> La couleur du chat importe peu, pourvu qu&rsquo;il attrape la souris </h3>



<p> Mais pouvaient-ils imaginer vraiment le faire seuls ? Dans la mesure où, avec un vélo à plusieurs sièges, on doit pédaler dans le même sens ? Ils ont oublié qu’être tunisien n’est pas seulement une nationalité, c’est aussi un métier lorsqu’on aime sa Patrie !</p>



<p> Il faudra bien finir par sortir de l’optimisme béat quant à l&rsquo;avenir… sans occulter le pessimisme ambiant et lutter contre la décadence plurielle, même si actuellement <em>«le Roi est nu».</em> Il est vrai que pour certains, la couleur du chat importe peu, pourvu qu’il attrape la souris !</p>



<p> Pour paraphraser le discours célèbre d’un Premier ministre français devant le Conseil de Sécurité de l’ONU à la veille de la Guerre du Golfe, nous pourrions dire comme lui : <em>«Et c’est un vieux pays, la Tunisie, d’un vieux continent comme le nôtre, l&rsquo;Ifriqiya, qui vous le dit aujourd&rsquo;hui». </em></p>



<p> La flèche qui a été décrochée, depuis l’arc tendu à la force des bras par de vrais patriotes est entrée droit dans le cœur du peuple tunisien. Mais elle nous a inévitablement meurtris, par l’évanescence de sa symbolique historique. </p>



<p> La résurgence de cette magnifique œuvre qu’est la Nation tunisienne souveraine, dont la majesté aura vite repris sa place, grâce à cette solidarité unificatrice des citoyens tunisiens et de ceux qui la partagent parmi nous.</p>



<p> Il est impératif de mettre du bleu dans le ciel de cette Tunisie. Il va donc falloir se mettre au service de ce qui est plus grand que soi car, s’il y a un Paradis, c’est justement parce qu&rsquo;il y a un Enfer. C’est ce que l’on appelle un anti-message <em>«en creux» !</em> </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Un miroir sans tain ?</h3>



<p> La perte de confiance est latente et l’image de la Tunisie en pâtit. Et, par conséquent, de quelle mondialisation et de quelle diplomatie économique parle-t-on ?</p>



<p> Plus que jamais la Tunisie doit projeter la réhabilitation de son histoire républicaine. Celle de la glorieuse épopée de la lutte pour l’Indépendance. Celle des résistants valeureux aux despotismes. Celle des martyrs de la liberté. </p>



<p> Si les gouvernants veulent distinguer la véritable image que reflète actuellement la Tunisie, il suffirait qu’ils se regardent eux-mêmes dans leur propre miroir… à moins qu’il ne s’agisse d’un miroir sans tain !</p>



<p><em> *Docteur en sciences politiques de l’Université de Paris, professeur émérite des universités en diplomatie économique et public-affairs, conseiller spécial du secrétaire général de l’Union du Maghreb Arabe et Haut-Représentant auprès ce l’Union Européenne, membre du comité directeur du Cercle Diplomatique, délégué général de l’Observatoire européen du Maghreb à Bruxelles, spécialiste des Fonds souverains… </em></p>
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