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	<title>Archives des Conférence de Berlin - Kapitalis</title>
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	<title>Archives des Conférence de Berlin - Kapitalis</title>
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		<title>Maghreb : L’Algérie œuvre pour un règlement politique du conflit libyen</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jan 2020 12:35:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Á peine tournée la page de la Conférence de Berlin sur la Libye, l’Algérie s’est saisie du témoin pour tenter de relancer un processus de paix moribond autour d’une idée forte: les Libyens sont les mieux à même de résoudre leurs problèmes. Par Hassen Zenati Tous les pays qui se penchent actuellement sur le «cas»...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/01/Fayez-Sarraj-Abdelmadjid-Tebboune-Khalifa-Haftar.jpg" alt="" class="wp-image-275625"/></figure>



<p><strong><em> Á peine tournée la page de la Conférence de Berlin sur la Libye, l’Algérie s’est saisie du témoin pour tenter de relancer un processus de paix moribond autour d’une idée forte: les Libyens sont les mieux à même de résoudre leurs problèmes.</em></strong></p>



<p> Par <strong>Hassen Zenati</strong></p>



<span id="more-275624"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/11/Hassen-Zenati-2.jpg" alt="" class="wp-image-253792"/></figure></div>



<p> Tous les pays qui se penchent actuellement sur le <em>«cas»</em> libyen, en sont d’accord. Plagiant le cri du cœur de Charles-Albert de Sardaigne, qui se battait en 1848 pour l’unité italienne :<em> «Italia farà da sè»</em> (L’Italie s’en tirera toute seule), ils proclament à leur tour :<em> «Libia farà da sè»</em>, avec l’espoir d’éloigner les interventions étrangères. Celles-ci sont nombreuses et disparates. Des Emirats arabes unis (EAU) à la Russie en passant par la Turquie, le Qatar et l’Egypte, les agendas politiques étrangers se croisent et s’entrechoquent, en effet, dans ce pays livré au chaos, devenu <em>«l’homme agonisant du Maghreb».</em></p>



<p> La bataille s’organise autour d’enjeux géopolitiques et économiques considérables, qui attisent les convoitises. D’une part un pétrole abondant, de très bonne qualité, affecté d’une série de primes en sus du prix de vente contractuel, servi par une infrastructure (bases de production, oléoducs, gazoducs, terminaux et ports) de premier ordre. D’autre part une longue façade maritime largement ouverte sur la Méditerranée, qui confère au pays un atout géostratégique indéniable dans la région face à l’Europe, à proximité de la poudrière du Proche-Orient. Sans parler d’un potentiel touristique très riche et prometteur : belles plages de sable fin, à l’état brut, vestiges culturels, Sahara, qui ne demande qu’à être fructifié.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> La difficile réconciliation des «frères-ennemis» </h3>



<p> Depuis l’effondrement du régime Kadhafi en 2011, sous les coups de boutoirs d’une coalition internationale réunie par la France sous l’emblème de l’Otan, la Libye est à vau-l’eau. Elle est sous le joug d’une multitude de milices armées rivales, prenant leurs ordres chacune chez son ou ses parrains. </p>



<p> Dans cette foire d’empoigne, la diplomatie a depuis longtemps perdu pied : le représentant spécial des Nations Unies dans le pays, l’ancien ministre libanais Ghassan Salamé, qui a échoué dans toutes ses tentatives de réunir une conférence de paix <em>«inclusive»</em>, selon le mot d’usage du jargon onusien, en est réduit à n’être plus qu’un faire valoir. </p>



<p> Les deux dernières tentatives de réconciliation des deux «frères-ennemis» : le Maréchal Khalifa Haftar, et le chef du Gouvernement d’Entente Nationale (GNA) Fayez Sarraj, à Moscou, sous l’égide de la Russie, et à Berlin, sous l’égide de l’Allemagne, ont tourné court. Dans les deux cas, Khalifa Haftar s’est éclipsé avant qu’on ne le fasse signer formellement un accord de cessez-le-feu dont il avait pourtant accepté le principe. L’encre du document n’avait pas séché que la trêve consentie avant les réunions prenait fin. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Le Maréchal Haftar rêve d’entrer dans Tripoli juché sur un char </h3>



<p> Depuis qu’il a quitté Berlin, Haftar a décrété un embargo aérien sur la capitale libyenne Tripoli, qu’il menace de prendre d’assaut depuis des semaines, sans y parvenir jusque-là. <em>«Tout avion militaire ou civil qui y atterrirait ou en décollerait serait abattu»</em>, a précisé un porte parole, franchissant ainsi un nouveau palier dans l’escalade militaire.</p>



<p> Soutenu par l’émir des EAU, Cheikh Mohammed Ben Zayed, le Maréchal Haftar a amassé un grand nombre de troupes et une quantité impressionnante de matériel de guerre aux portes de la ville, qui subit de ce fait un véritable état de siège, en prévision du jour «J». Le terrain est de plus en plus souvent préparé par des raids aériens imputés par des experts miliaires à l’aviation de guerre émiratie. Le dernier en date, le 5 janvier, a fait au moins 28 morts dans les rangs des cadets des forces affiliées au GNA, surpris dans leur caserne d’El-Hadhba El Khadra. Depuis qu’il s’est lancé à la conquête de la Libye, à partir de Benghazi, capitale de la Cyrénaïque, à la tête d’une armée reconstituée à partir des débris de l’armée de Kadhafi en déroute, le Maréchal Haftar, farouchement anti-islamiste, ne jure que par la solution militaire pour faire taire les dissidences. Il rêve d’entrer à Tripoli juché sur un char.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> L’Algérie privilégie l’approche politique</h3>



<p> Contre cette stratégie guerrière, l’Algérie veut faire prévaloir une approche politique dans le droit fil des tentatives onusiennes avortées. Elle vient de réunir discrètement les voisins de la Libye : Tunisie, Egypte, Soudan, Tchad pour une évaluation de la situation à la lumière des résultats de la conférence de Berlin et des contacts qu’elle a pris avec différentes factions libyennes appelées à être invitées dans une seconde phase, à une conférence de sortie de crise. Principale victime des dégâts collatéraux occasionnés par l’effondrement de l’Etat libyen, le Mali a été également invité. </p>



<p> Les participants ont eu droit à un exposé du ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas, sur les résultats de la Conférence de Berlin, et les perspectives qui lui ont assignées par la diplomatie allemande afin d’éloigner le<em> «spectre syrien»</em> de la région.</p>



<p> Dimanche prochain, 26 janvier 2020, le président Abdelmadjid Tebboune recevra par ailleurs à Alger son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, qui fera escale dans la capitale algérienne dans le cadre d’une tournée en Afrique. Les deux hommes s’étaient rencontrés à Berlin. Ils devraient poursuivre leurs échanges de vue sur la crise libyenne à cette occasion. </p>



<p> Ankara avait brusquement remis sur l’avant-scène le conflit libyen en envoyant sur place des troupes régulières à la rescousse du GNA, et en promettant d’infliger une<em> «correction sévère»</em> au Maréchal Haftar si jamais il s’aventurait à prendre de force la capitale libyenne. Pour l’Algérie, les deux approches sont à rejeter. Il n’y a pas de solution militaire possible à la crise libyenne et toute immixtion dans les affaires internes du pays voisin est à bannir rigoureusement, selon elle. Son ministre des Affaires étrangères Sabri Boukadoum l’a réaffirmé avec force devant les participants à la réunion d’Alger : <em>«Les Libyens sont capables de dépasser leurs différends par la voie du dialogue et de la réconciliation nationale et de parvenir à un règlement politique à même de sortir le pays de sa crise»</em>, a-t-il dit en appelant leurs voisins à les encourager dans cette voie.<em> «Il n’y a pas d’autre issue en dehors de la solution politique</em>, a-t-il insisté. <em>Nous rejetons toute ingérence étrangère en Libye et nous n’entrevoyons aucune autre issue à cette crise, en dehors de la solution politique pacifique»</em>, a-t-il ajouté, en exigeant de <em>«respecter la souveraineté de la Libye, une et unifiée, en tant qu’Etat».</em></p>
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		<title>L’Allemagne tente de dédramatiser l’affaire de l’invitation «tardive» de la Tunisie à la Conférence de Berlin sur la Libye</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Moncef Dhambri]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jan 2020 09:10:27 +0000</pubDate>
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<p><strong><em>Au lendemain de la Conférence de Berlin sur la crise libyenne, le gouvernement allemand tente de minimiser le rejet tunisien d’une invitation «de dernière minute» à la Conférence de Berlin sur la crise libyenne – un oubli ou une erreur allemande qui a fait grincer des dents en Tunisie…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Marwan Chahla</strong></p>



<span id="more-274357"></span>



<p>Telles que les choses ont été initialement préparées, et jusqu’à la dernière minute, la Tunisie n’était pas invitée à la Conférence de Berlin sur la situation en Libye du 19 janvier 2020 – et Tunis a clairement fait savoir son mécontentement que les organisateurs aient omis le fait que la Tunisie soit impactée par la crise libyenne de plusieurs manières et depuis neuf ans.</p>



<p>Samedi 18 janvier 2020, à la veille de la tenue de la conférence, un communiqué officiel du ministère tunisien des Affaires étrangères a annoncé le refus de la Tunisie de participer à ce sommet &#8211; dont les préparatifs se sont étalés sur plusieurs mois et pour lequel elle n’a été invitée qu’à la dernière minute, soit 3 jours avant.</p>



<p>Tentant de minimiser l’incident de cette absence tunisienne, Berlin s’est appuyé sur l’argument des difficultés que représente l’organisation de pareil sommet. «<em>En cours de préparation d’une conférence, il arrive toujours qu’une invitation de plus soit adressée et il peut également arriver que le pays ainsi invité estime qu’il n’est pas en position d’accepter cette invitation</em>», a expliqué hier, lundi 20 janvier 2020, Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, ajoutant que c’est en concertation avec l’Organisation des nations unies que l’Allemagne a revu la liste des invitations à la hausse et décidé d’inclure la Tunisie parmi les participants.</p>



<p>Indéniablement, il y a là une erreur d’appréciation allemande: la présence de la Tunisie à cette rencontre de Berlin ne pouvait en aucun cas être «<em>une invitation de plus</em>», car notre pays, pour des motifs multiples et connus de tous, est parmi les plus exposés à ce qui se passe en Libye – sinon le plus affecté, sur les plans humains  (afflux de réfugiés, comme en 2011), sécuritaires (intrusion de groupes jihadistes) et économique!</p>



<p>Bien évidemment, il reste à l’Allemagne d&rsquo;essayer de faire baisser la tension. Steffen Seibert souhaite que la page de cet incident soit tournée et que ce cafouillage soit vite oublié: «<em>La chose la plus importante est que ceci –en tout cas, pour ce qui nous concerne – n’ait pas de conséquence négative sur les relations germano-tunisiennes, car elles sont bonnes.</em>»</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="g8XiW02nC2"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/01/20/libye-la-conference-de-berlin-a-tourne-court/">Libye : La conférence de Berlin a tourné court</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Libye : La conférence de Berlin a tourné court » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/01/20/libye-la-conference-de-berlin-a-tourne-court/embed/#?secret=erohJYVheC#?secret=g8XiW02nC2" data-secret="g8XiW02nC2" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Libye : La conférence de Berlin a tourné court</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Jan 2020 15:36:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nombreuses palabres, quelques discours, deux petits tours puis s’en vont : convoquée dans l’ambiguïté, hier, dimanche 19 janvier 2020, la conférence de Berlin sur la Libye, a fait «pschitt». Elle s&#8217;est dégonflée comme une baudruche, tout comme les précédentes à Paris, Palerme, Moscou. L’horizon s’assombrit pour les Libyens. Par Hassen Zenati Présentée comme la «tentative...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/01/Conférence-de-Berlin-Libye.jpg" alt="" class="wp-image-274240"/><figcaption><em>Les protagonistes de la Conférence de Berlin : tout ça pour ça ?</em></figcaption></figure>



<p><strong><em> Nombreuses palabres, quelques discours, deux petits tours puis s’en vont : convoquée dans l’ambiguïté, hier, dimanche 19 janvier 2020, la conférence de Berlin sur la Libye, a fait «pschitt». Elle s&rsquo;est dégonflée comme une baudruche, tout comme les précédentes à Paris, Palerme, Moscou. L’horizon s’assombrit pour les Libyens.</em></strong></p>



<p> Par <strong>Hassen Zenati</strong></p>



<span id="more-274230"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/11/Hassen-Zenati-2.jpg" alt="" class="wp-image-253792"/></figure></div>



<p> Présentée comme la<em> «tentative de la dernière chance»</em> de ramener la paix en Libye, la conférence de Berlin , qui a réuni un impressionnant aréopage de <em>«décideurs»</em>, sous l&rsquo;égide de l’Onu, n’est pas allée plus loin qu’une reprise des vœux pieux déjà émis par les précédentes tentatives de recoller les morceaux entre <em>«frères-ennemis»</em> à Paris, Palerme et tout dernièrement Moscou. Les deux principaux protagonistes: Fayez Sarraj, chef d’un gouvernement d’union (GNA), reconnu par la communauté internationale, mais ne contrôlant que 20% du territoire national, quelques puits de pétrole et un terminal d’exportation, et le Maréchal Khalifa Haftar, chef d’une prétendue <em>«armée nationale»</em>, faite de bric et de broc, mais qui contrôle une grande partie du territoire, ainsi que la plupart des puits de pétrole et des terminaux pétroliers, ont quitté Berlin sans se parler, ni rien signer qui les engage. Ils se sont évités tout le long de la conférence, laissant à leurs second-couteaux le soin de s’étriper dans les couloirs, et à leurs parrains respectifs le rôle de définir la stratégie. <em>«Il est clair qu’on n’a pas réussi pour l’instant à lancer un dialogue sérieux et stable entre eux»</em>, a reconnu quelque peu déçu Sergueï Lavrov, le vieux routier de la diplomatie russe.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Tout le monde au point de départ </h3>



<p> Finalement, tout le monde s’est retrouvé au point de départ. Les Européens, handicapés par le conflit sourd qui oppose l’Italie à la France, ont délégué en vain la chancelière allemande Angela Merkel, à l’insu de son plein gré, pour tenter de reprendre la situation en main. Ils ont dû se rendre à l’évidence : la solution incombe toujours, sans doute encore pour longtemps, à la Turquie et à la Russie, devenus par le poids de leurs armes les principaux acteurs du théâtre libyen.</p>



<p> Dans la foire diplomatique aux lendemains incertains de Berlin rappelant la Société des Nations de sinistre mémoire, les Américains ont seuls su tirer leur épingle du jeu en lançant un avertissement discret, mais très ferme, contre toute tentative de mettre en péril l’exploitation pétrolière. Pour Washington c’est l’essentiel. Elle classe en effet le conflit libyen dans la catégorie des conflits de <em>«low intensity» </em>(à basse intensité), qui nécessite, certes, une surveillance vigilance, mais ne requiert à ce stade aucune intervention directe. Mais, dans une phase de croissance mondiale ascendante, alors que l’Iran est déjà contraint de réduire sa production d’hydrocarbures sous l’effet des sanctions américaines et européennes, les Etats-Unis ont fait comprendre qu’ils ne toléreraient pas que le pétrole libyen cesse de couler, au risque de freiner la prospérité américaine sur laquelle le président Donald Trump compte beaucoup pour se faire réélire dans moins d’un an. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Le pétrole au cœur des convoitises et des craintes</h3>



<p> Quarante huit heures avant l’ouverture de la «Grand Messe» de Berlin, dans un geste que l’on à de la peine à ne pas imaginer synchronisé avec la diplomatie américaine, le Maréchal Haftar avait ordonné le blocage des principaux terminaux pétroliers situés dans la région qu’il contrôle à l’est de la Libye : Brega, Ras Lanouf, Al Sedra et Al Hariga. C’était une façon de montrer ses muscles à ses adversaires et d’exhiber en même temps ses atouts, en donnant aux Américains des arguments sonnants et trébuchants à l’usage de Européens, premiers importateurs de pétrole libyen: s’il devait perdurer, le blocage provoquerait la chute de la production libyenne des deux tiers, de 1,3 million de barils par jour actuellement, à 500.000 bj, et un manque à gagner de 55 millions de dollars par jour pour la Libye, selon la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC). Cette chute s’accompagnerait fatalement d’une flambée des prix sur le marché européen en particulier. Sans menacer directement  les Etats-Unis, en situation de suffisance depuis qu’ils ont lâché la bride à leurs producteurs de pétrole et de gaz de schiste du Texas et d’ailleurs, elle pourrait, par son impact sur la croissance européenne fragile, l’atteindre indirectement. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Le jeu absurde d’une paix improbable</h3>



<p> Autre vœux pieux émis à Berlin : respecter l’embargo sur les armes décrété en 2011 dans le sillage de l’intervention de l’Otan contre le régime du colonel Mouammar Kadhafi. D’une part parce qu’aucun pays ne reconnaîtra jamais qu’il enfreint l’embargo et d’autre part parce que tous les pays ferment les yeux sur les livraisons clandestines, chacun en faisant autant en faveur de ses partisans. Mais, il n’en fallait pas moins pour proclamer, comme ils n’ont pas manqué de le faire, <em>«qu’il n’y a pas de solution militaire au confit»</em>, et que le Sommet, qui vient de se tenir, nourrit <em>«l’espoir de retrouver le chemin de la paix». </em></p>



<p> Jouant jusqu’à l’absurde, le jeu d’une paix improbable, Fayez Sarraj et Khalifa Haftar ont d’ailleurs chacun accepté, sans se faire aucune d’illusion sur la portée réelle de leur parole, de donner <em>«cinq noms»</em> pour former une <em>«commission militaire» </em>mixte de suivi d’un cessez-le-feu que les participants voudraient<em> «permanent»</em>. En effet, faute de contrôle sérieux, aucun des précédents cessez-le-feu, il y en a eu plusieurs, n’a tenu plus de quelques jours et parfois quelques heures. Mais alors que le chef du GNA a demandé l’envoi d’une<em> «force militaire internationale» </em>sous l’égide de l’Onu avec pour mission de «protéger la population civile», la conférence de Berlin a fait l’impasse sur cette proposition concrète partagée par le représentant de l’Onu, le libanais Ghassane Salamé. </p>



<p> On a aussi compris qu’il n’y aura même pas pour l’instant une commission civile de supervision de l’activité militaire des groupes armées qui aurait pu la freiner. La proposition doit être de nouveau débattue à Bruxelles entre Européens, mais on connaît dores et déjà les grandes réserves de l’Union européenne (UE), en particulier l’Allemagne, sur un déploiement de troupes à l’étranger, alors que la France, enlisée au Mali et fort occupée en Syrie, n’en a plus vraiment les moyens. Reflet sans doute de cette impuissance non-reconnue, Paris exige au préalable que les deux camps rivaux s’engagent au retrait des armes lourdes, de l’artillerie, des avions. Autant dire une hypothèse illusoire, qui permet de botter en touche. </p>



<p> En dehors de tout encadrement, la récente arrivée sur le terrain de militaires turcs, de jihadistes du nord de la Syrie, poussés par Ankara, pour épauler le GAN, la présence soupçonnée de mercenaires russes, aux côtés du Maréchal Haftar, ainsi que l’afflux continu d’armes font craindre le pire : une dégénérescence à terme du conflit jusqu’à embraser l’ensemble des pays voisins, alors que la Libye, plongée dans le chaos depuis 2011, ressemble de plus en plus à la Syrie.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Le Maghreb, grand perdant de l’enlisement du conflit libyen</h3>



<p> Grande perdante de cette internationalisation rampante du conflit libyen à ses frontières : l’Union du Maghreb arabe (UMA), brille par son absence. La situation risque de lui échapper irrémédiablement. Des quatre pays concernés, seule l’Algérie, rachetée de justesse, a été invitée à la conférence de Berlin, alors que la Tunisie a décliné une invitation qu’elle a jugée «trop tardive», et que le Maroc, qui avait pourtant abrité les négociations et l’accord de Skhirat entre protagonistes libyens en 2015, et la Mauritanie, plus engagée au Mali, ont paradoxalement été ignorés. En revanche, l’Egypte, les Emirats arabes Unis et l’Arabie Saoudite, très engagés aux côtés du Maréchal Haftar, ont eu leur carton d’invitation, faisant pencher la balance vers les Pays du Golfe. </p>



<p> Parlant par la force des choses et à son corps défendant, au nom de ses partenaires de l’UMA, le président Abdelmadjid Tebboune, dont c’était la première sortie internationale depuis son élection à la tête de l’Etat algérien, a de nouveau condamné les interventions étrangères dans le pays mitoyen, et mis en garde contre l’atteinte à sa souveraineté et son démantèlement. Il a aussi proposé Alger pour recevoir une nouvelle conférence entre parties libyennes, destinée à négocier les conditions d’une éventuelle réconciliation nationale et une reconstruction de l&rsquo;Etat failli.</p>



<p> Les Algériens, qui entretiennent depuis toujours des relations étroites avec les dirigeants libyens, tout en marquant leurs réserves à l’égard de l’ingérence turque, et en se méfiant des dérives du Maréchal Haftar, estiment que la partition de ce pays serait une grande catastrophe géopolitique pour toute la région et un facteur d’instabilité aux conséquences incalculables pour le Maghreb et le Sahel. Alger a déjà fait savoir discrètement qu’elle ne tolérerait la présence d’aucune présence militaire extra-régionale à ses frontières. </p>



<p>Ce n’est sans doute pas un hasard que quelques jours avant l’ouverture de la conférence de Berlin, le nouveau chef d&rsquo;état-major de l’armée algérienne (ANP), le général-major Saïd Chengriha, s’est payé une visite d’inspection dans la région militaire limitrophe de la Libye, où il a assisté, en treillis de combat, à un exercice à balles réelles de différentes unités de l’armée algérienne, largement relaté par les média du pays.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur sur la Libye dans Kapitalis : </em></h3>



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		<title>La Tunisie est seule responsable de son absence de la Conférence de Berlin sur la Libye</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Jan 2020 11:52:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[diplomatie tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Elyès Kasri]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saied]]></category>
		<category><![CDATA[Libye]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Kartas]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On est en droit de s’interroger sur les raisons de la non-participation de la Tunisie, pays limitrophe de la Libye, à la Conférence de Berlin sur le conflit libyen, qui s’ouvrira dimanche prochain, 19 janvier 2020, dans la capitale allemande. Cette non-participation tient davantage d’une exclusion délibérée que d’un oubli de la part de la...</p>
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<p><strong><em> On est en droit de s’interroger sur les raisons de la non-participation de la Tunisie, pays limitrophe de la Libye, à la Conférence de Berlin sur le conflit libyen, qui s’ouvrira dimanche prochain, 19 janvier 2020, dans la capitale allemande. Cette non-participation tient davantage d’une exclusion délibérée que d’un oubli de la part de la chancelière allemande Angela Merkel. </em></strong></p>



<p> Par <strong>Imed Bahri </strong></p>



<span id="more-273612"></span>



<p> Pays frontalier de la Libye (qui a vécu toutes les vicissitudes de la crise libyenne depuis 2011, et notamment la gestion des flux de réfugiés), présidente en exercice de la Ligue des Etats arabes et membre du Conseil de sécurité des Nations unies (depuis le 1er  janvier de cette année), la Tunisie est censée prendre une part active à cette <strong><a href="http://kapitalis.com/tunisie/2020/01/16/guerre-ou-paix-en-libye-coup-de-poker-pour-une-mission-impossible-a-berlin/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="Conférence de Berlin (s’ouvre dans un nouvel onglet)">Conférence de Berlin</a></strong>, à laquelle sont pourtant invités des pays comme les Emirats arabes unis, l’Egypte, l’Algérie, ou encore, plus lointains, comme la Russie, la Chine et la Turquie. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Le poids de la Tunisie sur la scène internationale</h3>



<p> <em>«La non participation (pour ne pas dire l’exclusion) de la Tunisie (présidente en exercice de la Ligue des Etats Arabes et représentante des pays arabes au Conseil de sécurité des Nations Unies) à la Conférence de Berlin sur la Libye, pays limitrophe, doit nous inciter a nous poser de nombreuses questions sur notre rôle et notre poids sur la scène internationale ainsi que sur l’état de nos relations bilatérales avec l&rsquo;Allemagne»</em>, a écrit le diplomate <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2019/12/29/le-diplomate-elyes-kasri-ghannouchi-veut-saboter-la-mediation-menee-par-saied-en-libye/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="Elyès Kasri (s’ouvre dans un nouvel onglet)"><strong>Elyès Kasri</strong></a>, ancien ambassadeur de Tunisie en Inde, au Japon et en Allemagne, dans un post sur sa page Facebook, hier, jeudi 16 janvier. </p>



<p><em> «Les Allemands agissant d’habitude rationnellement; cette décision nécessite une profonde introspection et réévaluation de notre part»</em>, ajoute le diplomate, qui évoque son <em>«obligation de réserve» </em>pour ne pas <em>«en dire plus»</em>, laissant entendre par là que la diplomatie tunisienne est, en partie, responsable du fait que la chancelière Merkel n’ait pas jugé nécessaire de lancer également une invitation au président de la république tunisienne Kaïs Saïed, et que cela tient beaucoup plus d’une <em>«volonté d’exclusion»</em> que d’un simple oubli ou erreur d’appréciation de la part des autorités de Berlin. </p>



<p> Et si c’était là un message politique adressé par Berlin à Tunis ayant valeur d’avertissement sur une possible révision des relations bilatérales?</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Les conséquences de l’affaire Moncef Kartas ?</h3>



<p> Une autre question se pose à ce propos : l’affaire de l’emprisonnement, en avril dernier, de <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2019/05/22/liberation-conditionnelle-de-moncef-kartas-lallemagne-tres-soulagee/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="Moncef Kartas (s’ouvre dans un nouvel onglet)"><strong>Moncef Kartas</strong></a>, l’expert onusien allemand d’origine tunisienne, accusé d’espionnage par la justice tunisienne, charge qualifiée de <em>«douteuse» </em>par Berlin, qui exigea alors sa libération immédiate et l’abandon des charges retenues contre lui… cette affaire a-t-elle jeté une ombre sur les relations tuniso-allemandes ? </p>



<p>Il convient de rappeler ici qu&rsquo;au moment de son arrestation, M. Kartas était en train d&rsquo;enquêter, pour le compte de l&rsquo;Onu, sur les trafics d&rsquo;armes, à partir de la Tunisie, au bénéfice des groupes islamistes armés libyens. Simple coïncidence ou ceci explique-t-il cela ?</p>



<p> Quoi qu’il en soit, et en l’absence d’explication officielle de la non-invitation de la Tunisie à la Conférence de Berlin consacrée au conflit libyen, c’est Tunis et, plus précisément, la présidence de la république (en attendant la nomination d’un nouveau ministre des Affaires étrangères) qui doit réagir au plus vite pour tenter de dissiper tout malentendu si malentendu il y a et relancer les relations tuniso-allemandes sur la base d’une clarté retrouvée. </p>



<p> D’ailleurs, le juriste et analyste politique Chedly Mamoghli explique la non-participation de la Tunisie à la Conférence de Berlin par ce qu’il a qualifié de «torpeur diplomatique» tunisienne. </p>



<p><em> «Si un chef d’Etat choisit la torpeur diplomatique, il s’isole, isole son Etat et ses intérêts. On s’impose par son action et son dynamisme et on s’efface par sa torpeur. Un chef d&rsquo;Etat qui n&rsquo;impose pas son pays, personne ne viendra le chercher»</em>, explique-t-il dans un post Facebook, qui résonne comme une critique limpide de l’immobilisme diplomatique du président Kaïs Saïed. </p>



<figure class="wp-block-embed-wordpress wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Z5jpSplhZY"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/01/16/guerre-ou-paix-en-libye-coup-de-poker-pour-une-mission-impossible-a-berlin/">Guerre ou paix en Libye :  Coup de poker pour une mission impossible à Berlin</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Guerre ou paix en Libye :  Coup de poker pour une mission impossible à Berlin » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/01/16/guerre-ou-paix-en-libye-coup-de-poker-pour-une-mission-impossible-a-berlin/embed/#?secret=zRyX9dTaa3#?secret=Z5jpSplhZY" data-secret="Z5jpSplhZY" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>Guerre ou paix en Libye :  Coup de poker pour une mission impossible à Berlin</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Jan 2020 17:27:40 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Libye]]></category>
		<category><![CDATA[maréchal Khalifa Haftar]]></category>
		<category><![CDATA[Misrata]]></category>
		<category><![CDATA[Recep Tayyip Erdodan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre une guerre civile qui perdure, alimentant toutes sortes de trafics, et une paix introuvable, Angela Merkel va tenter dimanche prochain, 19 janvier 2020, à Berlin, une mission qui paraît impossible: réconcilier les «frères-ennemis» libyens pour permettre à l’Europe de reprendre la main. Par Hassen Zenati C’est le dernier acteur international auquel on aurait pensé...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/01/16/guerre-ou-paix-en-libye-coup-de-poker-pour-une-mission-impossible-a-berlin/">Guerre ou paix en Libye :  Coup de poker pour une mission impossible à Berlin</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/01/Fayez-Sarraj-Angela-Merkel-Khalifa-Haftar.jpg" alt="" class="wp-image-273462"/><figcaption><em>Fayez Sarraj/Angela Merkel/Khalifa Haftar</em>.</figcaption></figure>



<p><strong><em> Entre une guerre civile qui perdure, alimentant toutes sortes de trafics, et une paix introuvable, Angela Merkel va tenter dimanche prochain, 19 janvier 2020, à Berlin, une mission qui paraît impossible: réconcilier les «frères-ennemis» libyens pour permettre à l’Europe de reprendre la main.</em></strong></p>



<p> Par <strong>Hassen Zenati</strong></p>



<span id="more-273459"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/11/Hassen-Zenati-2.jpg" alt="" class="wp-image-253792"/></figure></div>



<p> C’est le dernier acteur international auquel on aurait pensé pour le charger de sortir la Libye du chaos dans lequel elle n’a cessé de s’enfoncer depuis l’intervention militaire de l’Otan pour renverser le colonel Mouammar Kadhadi en 2011. L’Allemagne, relativement repliée sur elle-même depuis la fin de la seconde guerre mondiale, ne s’intéressant qu’à son arrière-cour à l’est de l’Europe depuis la chute du mur de Berlin en 1989, n’a en effet pas de relations particulières avec Tripoli, et n’aspire manifestement à aucun rôle stratégique en Afrique, ni dans le Monde arabe.</p>



<p> Mais, si la chancelière Angela Merkel, dont l’étoile a terni, a finalement accepté en fin de mandat, de se sacrifier dans ce qui s’apparente à une mission suicide, c’est qu’elle est sans doute considérée comme la seule à même de préparer le terrain à une reprise en main de l’Europe dans un pays transformé en neuf ans de guerre civile en gruyère, par les affrontements des milices armées d’obédiences diverses et les interventions étrangères.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Ambiguïté sur les intentions réelles des uns et des autres </h3>



<p> Alors que l’Espagne regarde ailleurs et que la Grande-Bretagne, occupée par le Brexit, s’est mise ostensiblement à l’écart, attendant que sonne son heure, selon une approche opportuniste habituelle de sa diplomatie, les deux principaux acteurs européens concernés par le théâtre libyen: la France et l’Italie, ne cessent de se tirer la bourre en se faisant une sourde guerre par procuration.</p>



<p> Sans le dire ouvertement, laissant planer une certaine ambiguïté sur ses intentions réelles, Paris soutient le Maréchal Khalifa Haftar, l’homme de Benghazi, alors que Rome affiche ouvertement son appui à Fayez Sarraj, l’homme de Tripoli, qui officie à la tête d’un gouvernement d’Union nationale (GNA), fantôme sur le terrain, mais seul reconnu par la communauté internationale. Le gouvernement rival, adossé à Haftar, installé à Tobrouk, se prévaut d’une légitimité incomplète, ayant été investi par une Assemblée régulièrement élue, certes, mais ne bénéficiant pas de la reconnaissance internationale.</p>



<p> Les deux protagonistes européens, dont les rivalités en Méditerranée remontent au début du XXe siècle, lorgnent avec la même gourmandise le pétrole libyen représentant les plus grandes réserves d’Afrique, avec une huile de très grande qualité, dépourvue de souffre, et bénéficiant à ce titre de primes substantielles. </p>



<p> Les gisements, les puits et les terminaux ont été<em> «sécurisés»</em> il y a quelques mois contre les pillages tribaux. Les troupes du Maréchal <em>«rebelle»</em> se sont assuré le contrôle du <em>«croissant pétrolier». </em>Ils entendent utiliser ce butin de guerre dans un marchandage diplomatique pour obtenir les pouvoirs auxquels aspire leur chef  dans la nouvelle gouvernance libyenne, qui a commencé à s’esquisser à la conférence de Skhirat (Maroc) en 2015, sans avoir jamais trouvé sa conclusion.</p>



<p> Ancienne puissance coloniale en Libye, l’Italie entend faire prévaloir son antériorité sur la France pour l&rsquo;exploitation et la valorisation du pactole libyen. Elle bénéficie déjà d’environ 45% des hydrocarbures du pays à travers son entreprise publique ENI, en s’appuyant sur un accord avec le gouvernement Sarraj et des ententes à géométrie variable, plus ou moins fragiles, avec des milices contrôlant en tout ou en partie des sites où sont implantés les usines et oléoducs de l’ENI. </p>



<p> L’affrontement franco-italien limite par la force des choses l’influence de l’Union européenne (UE), qui ne parvient pas à parler d’une seule voix dans un dossier où les Etats-Unis, sous des airs de détachement, entendent avoir aussi leur mot à dire. Pour les analystes, l’Europe n’a toujours pas trouvé de réponse commune au changement géopolitique induit par la chute de Mouammar Kadhafi, dont profitent pour l’instant la Russie et la Turquie très actifs aux côtés des deux camps rivaux à Tripoli et à Tobrouk (Benghazi).</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Le gratin de tout ce qui tourne autour de la Libye à Berlin </h3>



<p> Pour assurer le maximum de conditions de succès à une conférence – on n’ose plus dire de la dernière chance – qu’elle prépare studieusement depuis l’automne dernier, Angela Merkel a invité le gratin de tout ce qui tourne autour de la Libye. </p>



<p> Placée sous l’égide de l’Onu, avec la participation de l’Union Africaine (UA), la conférence de Berlin rassemble les cinq membres du Conseil de sécurité : Etats-Unis, Grande Bretagne, France, Russie et Chine, ainsi que l’Allemagne, la Turquie, l’Italie, l’Égypte et les Émirats arabes unis. Omise au premier tour, l’Algérie, qui a une longue frontière avec la Libye, une solide armée et des relations historiques avec le pays voisin : le roi Senoussi, unificateur du pays, était un descendant direct des tribus Senoussi des Monts de Tlemcen (ouest algérien), a été admise au tour de rattrapage après que son gouvernement eut froncé les sourcils d’incompréhension et de désapprobation en direction de Berlin.</p>



<p> Immédiatement après l’invitation, Alger a été le théâtre d’un ballet diplomatique intense qui a vu débarquer le chef du gouvernement de Tripoli, Fayez Sarraj, une délégation du Maréchal Haftar, les ministres des Affaires étrangères d’Egypte et de Turquie et,<em> last but not least</em>, le président du Conseil italien Guiseppe Conte. Parallèlement, le ministre algérien des Affaires étrangères, Sabri Boukaddoum, a été dépêché au Golfe, auprès de l’Arabie Saoudite et des Emirats arabes unis, deux autres pays clés dans le dossier libyen.</p>



<p> Grande oubliée de ce forum: la Tunisie, voisin immédiat, qui supporte depuis près de dix ans le fardeau libyen avec ses dommage collatéraux, mais dont la présence, pour des raisons incompréhensibles tenant, dit-on, à l’absence d&rsquo;un ministre des Affaires étrangères de plein exercice, n’a pas été jugée indispensable parmi l’aréopage international, qui doit se pencher sur <em>«l’homme malade du Maghreb»</em>. </p>



<p> Le Maroc non plus n’a pas été invité, alors qu’il avait abrité la première conférence de réconciliation libyenne en 2015 à Skhirat, et qu’à ce titre il avait sans aucun doute sa place parmi les hôtes de Berlin.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Les ambitions modestes d’Angela Merkel</h3>



<p> Avertie des difficultés qui l’attendent, Angela Merkel s’est fixée volontairement des objectifs modestes: circonscrire les interventions étrangères et faire en sorte que les affrontements actuels ne tournent pas en une guerre par procuration entre <em>«parrains»</em> des protagonistes locaux, comme en Syrie, accroissant la souffrance des populations, l’insécurité en Méditerranée, et aggravant le flux de migrants mettant à profit la brèche ouverte pour se rendre en Europe en traversant la<em> «mare nostrum</em>» au péril de leur vie. On compte désormais par milliers les migrants qui ont été engloutis par la «Grande Bleue» depuis 2011. Sans s’attendre à un grand succès diplomatique, dont elle n’a pas réellement besoin, Berlin estime que <em>«chaque pas compte pour parvenir à la paix»</em>. Selon elle, il faut mettre fin à la crise politique pour prévenir la faillite imminente de l’Etat hérité de Kadhafi, ce qui permettra de jeter les bases d’un nouvel édifice qui sera reconstruit autour d’institutions démocratiques, dit-on dans l’entourage de la chancelière. </p>



<p> En réalité, les choses n’en prennent pas le chemin, estiment cependant les analystes les plus pessimistes, qui ne voient pas pointer le bout du tunnel. Alors que la médiation russe pour un cessez-le-feu entre le Maréchal Haftar – dont les troupes menacent depuis avril de prendre d’assaut Tripoli, sans y parvenir – et ceux de Fayez Sarraj, a échoué sur le fil à Moscou, à quelques jours de la conférence de Berlin, l’intervention militaire directe turque dans le conflit ne fera qu’attiser les tensions. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Ankara utilise les «mercenaires» islamistes fuyant la Syrie</h3>



<p> L’homme fort d’Ankara, Recep Tayyip Erdogan, qui continue à renforcer sa présence militaire aux côtés de Sarraj, en envoyant des troupes lourdement équipées et des conseillers, a averti qu’il n’hésiterait pas à ordonner à ses armées <em>«d’infliger une sévère correction»</em> au Maréchal Haftar, si ce dernier s’aventurait à franchir les <em>«lignes rouges»</em> tracées autour de Tripoli, pour préserver l’autorité du GNA. Haftar est-il prêt à renoncer à la solution militaire, dont il affirme détenir les moyens, et qui le propulserait à la tête d’un nouvel Etat ? Ses tergiversations chaque fois qu’il est invité à des négociations sur un cessez-le-feu : deux fois Paris, une fois en Italie et la dernière fois à Moscou, ne rassurent pas sur ses intentions de renoncer à sa stratégie de prise du pouvoir par la force des armes, qui lui a permis de <em>«nettoyer»</em> la région de Benghazi de ses redoutables milices islamistes et de prendre récemment le verrou de Syrte, coupant ainsi la route devant les milices rivales de Misrata.</p>



<p> L’équation déjà complexe s’est alourdie ces dernières semaines par l’apparition de <em>«mercenaires»</em> islamistes fuyant la Syrie et qu’Ankara aurait volontairement dirigés vers la Libye pour renforcer les milices de Tripoli. Ils seraient 2000, dit-on, bien aguerris, payés et convoyés par l’armée turque, qui se sont implantés autour de Tripoli, à la disposition de Fayez Sarraj. Ils seraient en train de former une brigade portant le nom d’Omar El-Mokhtar, symbole de la lutte contre la colonisation italienne, et dont Kadhafi avait fait une icône nationale. Le Maréchal Haftar, qui compte de son côté sur un apport de mercenaire soudanais et tchadiens estimé à 3000 personnes, a exigé leur départ du pays comme condition <em>sine qua non</em> pour signer un quelconque cessez-le feu.</p>



<p> Entrée dans l’arène sans une grande provision de biscuits, Angela Merkel aura-t-elle assez de son équation personnelle, qui reste importante malgré tout, pour surmonter les obstacles qui l’attendent et venir à bout des difficultés qui s’accumulent à l’horizon d’un pays à la dérive ? Difficile de le prédire. Mais, ce qui importe par dessus tout à la Chancelière allemande c’est de trouver un <em>«arrangement»</em> pour tarir le flux de migrants déferlant en Europe à travers la Libye en quittant l&rsquo;arène la tête haute. À l’origine de son <em>«désamour»</em> avec ses électeurs en Allemagne, ce flux qui restera intarissable sans la paix, est aussi au cœur d’une grande discorde au sein de l’Union européenne, qui aspire à reprendre la main sur un conflit qui n&rsquo;a cessé de lui échapper. </p>



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		<title>Conflit libyen : Angela Merkel se concerte avec Kaïs Saïed</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Cherif Benyounes]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jan 2020 16:11:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelmadjid Tebboune]]></category>
		<category><![CDATA[Angela Merkel]]></category>
		<category><![CDATA[Armée nationale libyenne]]></category>
		<category><![CDATA[Conférence de Berlin]]></category>
		<category><![CDATA[Fayez Sarraj]]></category>
		<category><![CDATA[GEN]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernement de Tobrouk]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saied]]></category>
		<category><![CDATA[Khalifa Haftar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu aujourd&#8217;hui, 6 janvier 2020, un appel téléphonique de la chancelière allemande Angela Merkel, notamment pour évoquer les dernières nouvelles sur la scène régionale et internationale, et en particulier la situation en Libye et le déroulement de la prochaine Conférence de Berlin. C&#8217;est ce qui a été...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/01/merkel-saied.jpg" alt="" class="wp-image-270530"/></figure>



<p><em><strong>Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu aujourd&rsquo;hui, 6 janvier 2020, un appel téléphonique de la chancelière allemande Angela Merkel, notamment pour évoquer les dernières nouvelles sur la scène régionale et internationale, et en particulier la situation en Libye et le déroulement de la prochaine Conférence de Berlin.</strong></em></p>



<span id="more-270506"></span>



<p>C&rsquo;est ce qui a été annoncé par la présidence de la République, via un <a href="https://www.facebook.com/Presidence.tn/photos/a.281368748587856/2898507566873948/?type=3&amp;theater">communiqué </a>partagé sur sa page facebook officielle.</p>



<p>Les deux leaders politiques ont été unanimes, à cet effet, sur la nécessité de trouver une solution pacifique à la crise libyenne et d&rsquo;impliquer toutes les parties concernées, y compris la Tunisie, en mettant l&rsquo;accent sur le maintien de la légitimité internationale.</p>



<p>Cet entretien téléphonique a également été l&rsquo;occasion d&rsquo;aborder l&rsquo;initiative de paix lancée par la Tunisie et qui a réuni, à Tunis, un certain nombre de chefs de tribus et de conseils sociaux pour discuter des voies de réconciliation et rédiger une constitution pour la prochaine étape en Libye.</p>



<p>Une initiative que l&rsquo;Allemagne a réussi à mener à bien lorsqu&rsquo;elle a réuni les parties en Afghanistan au sein du conseil connu sous le nom de «<em>Loya Jirga</em>», pour résoudre la crise afghane. En effet, c&rsquo;est ce conseil qui a créé l&rsquo;actuelle constitution afghane.</p>



<p>Il a été, par ailleurs, convenu entre le président de la République et la chancelière allemande de poursuivre les consultations entre les parties tunisienne et allemande sur la situation en Libye et de déterminer qui représentera les deux pays dans ces consultations en cours.</p>



<p>Bien que le communiqué indique que Mme Merkel a invité, à nouveau, Kaïs Saïed à effectuer une visite officielle en Allemagne, il n&rsquo;a pas été mentionné, qu&rsquo;elle l&rsquo;a invité à participer à la Conférence de Berlin sur la Libye, comme cela a été le cas, aujourd&rsquo;hui, avec le président algérien, Abdelmadjid Tebboune. </p>



<p>Rappelons que la Libye connaît actuellement une guerre civile opposant, d&rsquo;une part, le&nbsp;gouvernement d&rsquo;entente nationale&nbsp;(GEN), du&nbsp;Conseil présidentiel&nbsp;présidé par&nbsp;Fayez Sarraj et reconnu par l&rsquo;Organisation des Nations unies (ONU) à partir de&nbsp;mars 2016&nbsp;et, d&rsquo;autre part, le gouvernement de la&nbsp;Chambre des représentants&nbsp;élus en&nbsp;2014 (également appelé «<em>gouvernement de&nbsp;Tobrouk</em>»), basé à l&rsquo;est du pays, internationalement reconnu jusqu&rsquo;en&nbsp;mars 2016 et dont le principal bras armé est l&rsquo;auto-proclamée «<em>Armée nationale libyenne</em>» (ANL), commandée par le maréchal&nbsp;Khalifa Haftar.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>C. B. Y.</strong></p>
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		<title>La crise libyenne aggravée par les divergences de la communauté internationale</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2019/12/12/la-crise-libyenne-aggravee-par-les-divergences-de-la-communaute-internationale/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Dec 2019 10:47:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Conférence de Berlin]]></category>
		<category><![CDATA[crise libyenne]]></category>
		<category><![CDATA[Fayez Sarraj]]></category>
		<category><![CDATA[Frères musulmans libyens]]></category>
		<category><![CDATA[Ghassan Salamé]]></category>
		<category><![CDATA[Khalifa Haftar]]></category>
		<category><![CDATA[milices islamistes de Misrata]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En Libye, trop de temps a été perdu dans des négociations qui n’ont pas pu empêcher la situation de se dégrader. On peut le regretter mais la solution militaire semble s’imposer aux uns et aux autres. Les contradictions et les divergences d’intérêts entre les puissances n’aideront pas à solutionner diplomatiquement une crise dont les conséquences...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/12/Crise-Libyenne.jpg" alt="" class="wp-image-188868"/><figcaption><em>De haut en bas et de gauche à droite : Khalifa Haftar, Fayez Sarraj et Ghassan Salamé.</em></figcaption></figure>



<p> <strong><em>En Libye, trop de temps a été perdu dans des négociations qui n’ont pas pu empêcher la situation de se dégrader. On peut le regretter mais la solution militaire semble s’imposer aux uns et aux autres. Les contradictions et les divergences d’intérêts entre les puissances n’aideront pas à solutionner diplomatiquement une crise dont les conséquences économiques, sociales et humaines sont aujourd’hui catastrophiques, et pas seulement pour les Libyens.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moncef Djaziri</strong> *</p>



<span id="more-263577"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/07/Moncef-Djaziri.jpg" alt="" class="wp-image-104998"/></figure></div>



<p><em> «Les hommes font l’histoire mais ne savent pas l’histoire qu’ils font» </em>! Cette formule de Raymond Aron, inspirée par la théorie de Karl Marx que ce dernier connaissait très bien, trouve sa pleine illustration dans le cas libyen. </p>



<p> Les acteurs nationaux et internationaux qui avaient pris une part active dans la disparition du régime de Kadhafi en 2011 étaient loin d’imaginer toutes les conséquences inattendues de leur action. Non seulement la démocratisation peine à s’enraciner en Libye mais plus grave encore, l’Etat s’est décomposé et le pays a régressé économiquement et socialement. Sans parler de l’insécurité grandissante et de la présence de l’Etat islamique Daech sur une partie du territoire. </p>



<h3 class="wp-block-heading">Faut-il abandonner l’Accord de 2015 ?</h3>



<p> L’Accord de Skhirat (Maroc) de 2015 n’a pas permis à la Libye de sortir de la crise. Cet Accord qui aurait dû permettre une gestion efficace de la période de transition devant conduire à des élections parlementaires et présidentielles, n’a eu pour conséquences que l’aggravation de la crise, la duplication des institutions et des pouvoirs entre Benghazi et Tripoli avec pour conséquence une plus grande détérioration de la situation économique et sociale et l’éclatement de la guerre opposant l’Armée nationale libyenne du Maréchal Haftar et aux milices de Tripoli sous la direction du Gouvernement d’accord national (GAN). </p>



<p> La structure du pouvoir mise en place en application de l’Accord politique de Skhirat n’a jamais réellement fonctionné de manière satisfaisante. Le GAN avec à sa tête le Premier ministre Fayez Sarraj n’a pas été en mesure de gouverner le pays de manière légitime et efficace. Ses décisions ont toujours été contestées par l’Est du pays. Outre les problèmes de corruption et d’utilisation abusive et discriminatoire des ressources financières du pétrole, ce gouvernement n’a pas été en mesure de désarmer les milices et de s’en affranchir. Le conseil présidentiel composé initialement de 8 personnes a été réduit à 4, les autres membres représentant l’Est du pays et le Sud ayant démissionné pour protester contre la domination de Tripoli et Misrata. La coopération consensuelle supposée par l’Accord de 2015 entre le parlement élu de Tobrouk et le Haut Conseil d’Etat (HCE), instance créée par l’Accord, n’a jamais eu lieu. Le parlement de Tobrouk appelé Chambre des Représentants (CDR) a toujours contesté la légitimité de la deuxième Chambre (HCE) qui a été le moyen par lequel les islamistes du premier parlement (CGN) sous le leadership du parti de la Justice et la Reconstruction (PJR) ont pu retrouver une certaine influence. Il est donc indispensable sinon d’abandonner l’Accord de 2015 auquel les islamistes regroupés au sein du Haut Conseil d’Etat tiennent, du moins le remanier profondément.</p>



<p> Entre 2017 et 2019, la crise libyenne a encore connu une forte aggravation accompagnée d’une grande détérioration des conditions socio-économiques dans le pays. Les institutions sont encore plus divisées qu’elles ne l’étaient auparavant; chacune se trouvant de facto dupliquée : une armée à l’Est et une autre à l’Ouest du pays; deux présidents de la Banque centrale libyenne (chacune imprimant pour son propre compte les billets de banque), presque deux compagnies nationales du pétrole et en tout cas deux politiques de gestion des ressources pétrolières, deux gouvernements et deux parlements. Cette situation est la marque d’une profonde crise du système politique libyen.</p>



<p> S’agissant de l’action de l’ONU et de la Mission des Nations Unies en Libye (Unsmil), il faut admettre l’échec de l’action onusienne. La<em> «Feuille de route»</em> ou <em>«Plan de l’Onu»</em> de 2017 n’a pas pu être appliqué en raison des incohérences entre les échéances qui d’un côté prévoient la modification de l’Accord de 2015 et l’organisation des élections en 2018 et de l’autre la convocation d’un congrès de réconciliation qui aurait dû fixer de nouvelles priorités. En réalité, les élections n’ont pas eu lieu et la Conférence nationale non plus. Ceci indique le degré d’inefficience de l’Onu en Libye. Depuis mars 2011, six représentants de l’ONU en Libye se sont succédé et aucun d’entre eux n’a été en mesure de proposer une solution pragmatique, solide, viable et durable à la crise libyenne. L’actuel représentant Ghassan Salamé ne fait pas exception.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Les causes des opérations militaires de l’Est contre Tripoli depuis avril 2019</h3>



<p> Le fait marquant actuellement, c’est l’offensive engagée depuis avril 2019 par le Maréchal Haftar contre les milices pro-islamistes et le pouvoir à Tripoli. En effet, après de multiples avertissements en direction du Gouvernement Sarraj, Haftar a décidé de lancer une opération militaire en vue de désarmer les milices islamistes de Misrata et Tripoli et établir l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire. Cette guerre a causé plus de 1000 morts, des milliers de blessés et des dizaines de milliers de réfugiés intérieurs et de déplacés. </p>



<p> Pour le maréchal Haftar, la solution militaire est devenue la seule possible en face de Sarraj qui ne semble pas maître de la situation : <em>«À de multiples reprises, nous avons essayé de nouer des discussions avec Fayez Sarraj </em>(le Premier ministre du GAN, installé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale). <em>Aux Émirats arabes unis d’abord, puis à Paris, et enfin à Rome. À chaque fois, Fayez Sarraj a réagi de la même manière : face à nous, il dit toujours oui à tout, mais affirme également qu’il doit consulter ses conseillers. Et au final, nous n’obtenons jamais de réponse claire de sa part. Lors de la dernière tentative de négociation – la sixième – j’ai compris que ce n’était pas lui qui décidait. En tant que chef de l’armée nationale libyenne, je me devais donc d’agir. D’autant que les habitants de Tripoli nous ont demandé de les libérer de l’emprise des milices, de Fayez Sarraj et de son gouvernement. Nous n’avons fait que notre devoir, qui consiste à étendre le pouvoir de l’armée nationale sur l’ensemble du territoire pour ramener la paix et la sécurité».</em> C’est la justification par Haftar des opérations militaires engagées depuis avril 2019.</p>



<p> En réalité, les causes de la guerre menée par Haftar contre le pouvoir à Tripoli sont multiples. Sans doute, la lutte contre le terrorisme islamiste est une des raisons pour lesquelles le maréchal a engagé les opérations militaires. La volonté de désarmer les milices est aussi une autre raison toute aussi importante. Cependant, d’autres motifs expliquent son intervention militaire. Il y a la marginalisation économique et financière de l’Est, patente déjà sous Kadhafi, mais qui s’est aggravée sous le gouvernement Sarraj. L’Est considère qu’il est défavorisé et n’a qu’une portion congrue des revenus pétroliers inégalement redistribuées, alors que même que l’essentiel des ressources se trouvent à l’Est du pays dans ce qu’on appelle le Croissant pétrolier. De manière plus large, les leaders de l’Est de la Libye ainsi que le maréchal Hatar considèrent que la structure du pouvoir en Libye leur très défavorable et que l’Est et le Sud sont marginalisés et n’ont aucune influence sur les processus de décision. C’est sans doute là un des motifs des opérations militaires lancées par Haftar le 4 avril 2019, alors même que le secrétaire général de l’Onu se trouvait en Libye pour une visite de travail où il fut reçu séparément par Sarraj et Haftar. </p>



<p> Il y a également des motifs géostratégiques. Allié de l’Egypte du président Al-Sissi qui lui-même mène un combat acharné contre l’islamisme et les Frères musulmans, le Maréchal Haftar se devait de poursuivre et d’appliquer la même politique en Libye. Les opérations militaires contre Tripoli visent aussi les Frères musulmans libyens. Il s’agit de les déstabiliser et rendre compliquée tout effort des Frères musulmans d’exercer le pouvoir en Libye. L’Arabie saoudite comme les Emirats arabes unies sont également opposées à toute idée d’intégrer les Frères musulmans au pouvoir en Libye. À cela s’ajoute le soutien diplomatique et militaire de la Russie dont les intérêts économiques sont très importants dans ce pays</p>



<p> Six mois se sont écoulés depuis le début des opérations militaires et la situation sur le terrain évolue lentement et progressivement en faveur de Haftar. En dépit du soutien militaire affiché de la Turquie et du Qatar et dans une moindre mesure l’Iran, les milices pro-islamistes à Tripoli et à Misrata sont très fragilisées. </p>



<p> Le pouvoir à Tripoli est actuellement chancelant et le Premier ministre Sarraj est sous la pression à la fois de milices pro-islamistes qui exigent de sa part un engagement militaire plus ferme, et la communauté internationale qui lui demande de négocier avec Haftar. Tout cela dans une configuration internationale où la France, la Russie et l’Egypte sont favorables à un désarmement des milices et à unification des institutions et soutiennent sans le dire clairement l’opération militaire de Haftar. De l’autre côté, les Etats-Unis sont dans une position d’attente et dont la préoccupation essentielle est de stabiliser la Libye et combattre l’extrémisme islamiste. Tout cela explique l’impasse politique actuelle et en même temps la poursuite des opérations militaires.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Que peut-on attendre de la Conférence de Berlin ?</h3>



<p> Le projet de la Conférence de Berlin (prévue en fin novembre 2019 et reportée à janvier 2020) et son ordre du jour, tel qu’on peut les connaître, prévoient l’adoption par le Conseil de sécurité de l’Onu d’une résolution contraignante de cessez-le-feu, la présence d’observateurs neutres sur le terrain, efforts pour rapprocher les points de vue entre Tripoli et Benghazi et les aider à dialoguer. La réunion de Berlin devra être suivie par un Sommet international élargi où il sera question de la formation d’un nouveau gouvernement en Libye, de la nomination d’un président pour deux ans, de la désignation d’un parlement ad hoc pour la période de transition, l’unification des institutions, la fin de la Chambre des Représentants et du Haut Conseil d’Etat. Un Comité de suivi du Sommet sera chargé de l’application de ces décisions.</p>



<p> Deux questions bien légitimes se posent : pourquoi en dépit des efforts des Nations Unies, les parties libyennes en conflit n’ont pas pu aboutir à un accord et finalement la voie du dialogue et la diplomatie n’est-elle pas une voie d’impasse ? </p>



<p> Plusieurs raisons expliquent l’échec des tentatives de solution. Il y a d’abord l’enjeu de la redistribution des richesses énergétiques (pétrolières, gazières et solaires) et celles des matières minières. Les dirigeants de l’Est et du Sud de la Libye considèrent que ces richesses, concentrées essentiellement dans leur région, sont inégalement redistribués et qu’il faut trouver un système plus équitable de redistribution. Ces mêmes dirigeants estiment par ailleurs que le pouvoir de décision est trop concentré à Tripoli et Misrata et appellent à la mise en place d’une déconcentration, voire une décentralisation des processus de décision. La dernière raison de l’échec, c’est la place des islamistes dans le pouvoir. Les dirigeants de l’Est considèrent que l’islamisme est une idéologie étrangère à la culture tribale libyenne et sont opposés à tout pouvoir islamiste. Ce sont là les trois principales causes de l’impasse politique actuelle.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Perspectives de sortie de crise</h3>



<p> Il est indispensable que la communauté internationale reparte sur de nouvelles bases, si l’on veut vraiment résoudre la crise. Un aggiornamenta est indispensable. L’actuel représentant de l’Onu en Libye, Ghassan Salamé s’est montré impuissant à mettre en œuvre son Plan de sortie de crise qu’il avait présenté au Conseil de Sécurité en 2017 lors de sa désignation. Il est d’ailleurs de plus en plus contesté à l’intérieur de la Libye et dans plusieurs pays africains. À cet égard, l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire et la Guinée Equatoriale ont formulé en juin 2019 la demande de remplacer Salamé par un nouveau représentant nommé conjointement par l’Onu et l’Union africaine (UA). Cette demande, provisoirement écartée par les puissances occidentales, demeure d’actualité. </p>



<p> Il s’agit de repenser les conditions d’une nouvelle phase de transition devant conduire à des élections. Dans l’immédiat, il faudrait réduire à trois les membres du Conseil présidentiel. Un triumvirat (constitué de représentants de la Cyrénaïque, le Fezzan et la Tripolitaine) devrait former un gouvernement de technocrates provisoire GUN) dont la tâche devrait être de sécuriser les frontières et les ressources énergétiques de la Libye, menacées par des groupes terroristes. La communauté internationale et l’Onu devraient favoriser la réunification des institutions et de l’armée à partir du noyau que constitue l’Armée nationale libyenne du Maréchal Haftar. Le GAN devrait être remplacé par un Gouvernement d’union nationale (GUN) qui devrait restaurer la sécurité des personnes et des biens, aider au désarmement des milices, reconstruire les institutions d’Etat et relancer l’activité économique et préparer les conditions des élections présidentielles et parlementaires qui devraient permettre de transfert du pouvoir à des autorités légitimes. </p>



<p> Trop de temps a été perdu dans des négociations qui n’ont pas pu empêcher la situation de se dégrader. On peut le regretter mais la solution militaire semble s’imposer aux uns et aux autres. Les contradictions et les divergences d’intérêts entre les puissances occidentales et les tentatives de marginalisation de certains pays pourtant influents en Libye, comme l’Italie n’aideront pas à solutionner diplomatiquement la crise libyenne dont les conséquences économiques, sociales et humaines sont aujourd’hui catastrophiques.</p>



<p><em>* Enseignant-chercheur en politiques libyennes, Université de Lausanne (Suisse). </em></p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Article du même auteur dans Kapitalis : </em></h3>



<figure class="wp-block-embed-wordpress wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="pEr5CwJuft"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/12/14/limpuissance-de-la-communaute-internationale-face-a-la-crise-libyenne/">L’impuissance de la communauté internationale face à la crise libyenne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’impuissance de la communauté internationale face à la crise libyenne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/12/14/limpuissance-de-la-communaute-internationale-face-a-la-crise-libyenne/embed/#?secret=UiJxiJ2Qck#?secret=pEr5CwJuft" data-secret="pEr5CwJuft" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="XJ1Xf1wCD3"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/20/tunisie-causes-profondes-de-revolte-dun-peuple-pacifique/">Tunisie : Les causes profondes de la révolte d’un peuple pacifique</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Les causes profondes de la révolte d’un peuple pacifique » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/20/tunisie-causes-profondes-de-revolte-dun-peuple-pacifique/embed/#?secret=J4Fw8ugWkS#?secret=XJ1Xf1wCD3" data-secret="XJ1Xf1wCD3" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="GTu7tOTFaf"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/12/la-crise-libyenne-et-le-bal-des-hypocrites/">La crise libyenne et le «bal des hypocrites»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La crise libyenne et le «bal des hypocrites» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/12/la-crise-libyenne-et-le-bal-des-hypocrites/embed/#?secret=DsS4hktjIH#?secret=GTu7tOTFaf" data-secret="GTu7tOTFaf" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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