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	<title>Archives des économistes tunisiens - Kapitalis</title>
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	<title>Archives des économistes tunisiens - Kapitalis</title>
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		<title>Tunisie: crise économique et crise des économistes</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Mar 2022 12:34:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est grave, les économistes tunisiens sont de moins en moins crédibles. Le président de la république Kaïs Saïed, n’a pas un seul économiste patenté dans son équipe. Idem pour la cheffe de gouvernement Najla Bouden. Face au FMI, qu&#8217;elle sollicite pour un nouveau prêt dont ses finances publiques a vivement besoin, la Tunisie discute sans...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/03/Economiste-Investissement.jpg" alt="" class="wp-image-382931"/></figure></div>



<p><strong><em>C’est grave, les économistes tunisiens sont de moins en moins crédibles. Le président de la république Kaïs Saïed, n’a pas un seul économiste patenté dans son équipe. Idem pour la cheffe de gouvernement Najla Bouden. <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2022/02/27/tunisie-le-fmi-en-pompier-pyromane/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Face au FMI,</a> qu&rsquo;elle sollicite pour un nouveau prêt dont ses finances publiques a vivement besoin, la Tunisie discute sans économistes, sans vision économique structurée et sans vrais experts en économie! Alors que le pays est techniquement en faillite! C’est gravissime…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-382930"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>



<p>Les économistes tunisiens ne donnent pas la bonne image de leur métier. Ils ne s’entendent pas au sujet de quoi faire, ou pas faire, pour sortir la Révolte du Jasmin de l’impasse économique où elle se trouve, dix ans après. Si l’opinion publique s’insurge contre le marasme économique, ces économistes se déchirent, amplifiant les risques: chacun sa paroisse, chacun sa théorie et chacun sa rhétorique. Les uns par opportunisme politique, d’autres par incompétence, et bien d’autres par indifférence! En jeu, les réformes structurelles à initier et le partage des sacrifices liés.</p>



<p>Gros plan sur une communauté divisée, instrumentalisée et de plus en plus discréditée</p>



<h2 class="wp-block-heading">Révolte du Jasmin, un défi pour l’économie?</h2>



<p>Les économistes tunisiens n’ont pas vu venir la Révolte du Jasmin. Ensuite, ils n’ont pas pu concevoir les outils empiriques et conceptuels pour composer avec les ambitions du Printemps arabe. Leur valeur ajoutée sociétale s’est retractée lamentablement.</p>



<p>L’économiste américain James C. Davies a, depuis les années 1960, dévoilé les liens révoltants entre crises économiques, crise de la pensée économique au regard du bien-être des peuples.</p>



<p>Davies explique que les révoltes populaires, à l’image de celle de la Révolte du Jasmin, surviennent après une longue période de croissance économique, suivie de récession brusque, inattendue et brutale. Récession que les économistes ne voient pas venir, tellement qu’ils sont pris dans la prédiction du futur par le passé.</p>



<p>Davies ajoute que pour réussir la post-révolution, les économistes des pays concernés doivent sortir des sentiers battus, sortir du cadre… pour dire comment expliquer, repenser et restructurer en profondeur les systèmes productifs, pour impérativement créer de la richesse et générer le bien-être collectif.</p>



<p>Plusieurs révolutions sont passées par là! En Europe, en Amérique latine et en Asie. Mais aucun pays dans du monde arabo-musulman.</p>



<p>La Tunisie ouvre la voie, mais en trébuchant fortement. Avec des économistes pas toujours avertis de l’importance des réformes structurelles pour rallumer les bougies d’une économie qui ronronne et qui manque de tonus. Avec beaucoup de séminaires bidons et de débats télévisés pipés d’avance.</p>



<p>Pour sortir du guêpier de l’islam politique, l’économie doit se restructurer : réhabiliter l’esprit d’entreprise, réduire le léviathan de la bureaucratie,<strong> </strong>promouvoir les gains de productivité, l’investissement tous azimuts, la compétitivité et le progrès technologique…</p>



<p>La Révolte du Jasmin en Tunisie (2011) est née après une gestation marquée par une longue période de croissance (2000-2007), suivie par une abrupte crise économique mondiale de 2007-2009 (crise des subprimes). Mais, l’après-Révolte du Jasmin, et dix après, les décideurs et les économistes du sérail ont eu tout faux, tout hors sujet… Et les indicateurs sont tous au rouge.</p>



<p>Le Tunisien moyen a perdu presque 60% de son pouvoir d’achat réel entre 2010 et 2020. Les données de la World Bank illustrent ce constat par la mesure du PIB per capita (en $US). Le taux de chômage atteint les 30-40% dans les régions intérieures, celles qui ont, par leur insurrection, permis de mettre à la porte l’ancien régime et sa nomenklatura.</p>



<p>Les services publics ont reculé drastiquement. avec une chute de presque 40% (dépenses per capita en santé, en éducation, etc.), entre 2010 et 2020, alors que la pression fiscale est passée de 22% du PIB, en 2010, à 33% aujourd’hui (World Bank 2021).</p>



<p>La politique monétaire a écrasé le dinar (perte de 40%), augmenté les taux d’intérêt, pour atrophier l’investissement de presque 50% (en % PIB), et autoriser les banques à siphonner des profits exceptionnels (12 à 20% du chiffre d’affaires), alors que les taux croissance sont en moyenne proche de zéro.</p>



<p>La dette publique est passée de 38% du PIB en 2010 à quasiment 112% en 2020 (secteur public et sociétés d’État). Une dette gérée avec opacité et discrétions, hors de tout contrôle. Une dette pour payer des salaires d’une bureaucratie pléthorique et inefficace.</p>



<p>Les politiques économiques initiées depuis 2011 ont échoué et avorté la tendance de la courbe ascendante de la courbe J.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Chapelles théoriques et paroisses politiques</h2>



<p>La communauté des économistes tunisiens est fragmentée et divisée comme jamais! Une communauté qui dit tout et son contraire, à quelques jours près, dépendamment des plateaux et débats sur les ondes de radios concurrentes. Une communauté incapable de dire de manière consensuelle et scientifique quelles sont les réformes économiques à initier pour créer de la richesse et honorer les promesses de la Révolte du Jasmin.</p>



<p>Les outillages conceptuels, hypothèses de travail et compétences empiriques de nombreux de ces économistes sont questionnables et l’arbre se mesure à ses fruits.</p>



<p>Des confusions patentes et des discours contradictoires. Certains miroitent le spectre de l’<em>«économie de rente»</em> comme principal problème de l’économie tunisienne, alors que le problème, dans ce cas, est plutôt un problème de défaillance de concurrence libre et démocratique (monopole, oligarchie, dysfonctionnement du marché, corruption des fonctionnaires, etc.).</p>



<p>Les rentes et les rentiers ne sont que des symptômes du problème de l’imperfection de la concurrence.</p>



<p>Autre exemple, pointer le secteur parallèle comme le problème à solutionner, alors que celui-ci n’est rien d’autre que le produit des lourdeurs et tracasseries bureaucratiques, et finit par menacer les emplois de 40% de la population active occupée en Tunisie.</p>



<p>En économie, confondre le problème avec ses symptômes (ou ses causes) est un péché majeur.</p>



<p>Cette confusion fausse les remèdes prescrits. Comme si pour soigner une hémorragie intestinale aiguë, on se limite à baisser la fièvre. La fièvre est un symptôme du problème.</p>



<p>Pour ne pas se mouiller, beaucoup de ces ingénieurs, avocats, gestionnaires et experts-comptables, qui se présentent comme économistes en Tunisie, considèrent implicitement la crise économique</p>



<p>du pays comme une crise conjoncturelle et passagère n’exigeant pas plus que des mesures cosmétiques.</p>



<p>C’est pourquoi de nombreux économistes tunisiens passent sous silence les réformes économiques structurelles, celles qui sont impopulaires, mais très porteuses pour sortir l’économie de sa paralysie.</p>



<p>Ceux-ci ne veulent surtout pas toucher aux enjeux brûlants tels que la réduction des effectifs des fonctionnaires, l’abolition des monopoles, la libéralisation des initiatives, la réduction des taux d’intérêt, la rémunération au rendement, la privatisation des entreprises publiques, l’assainissement du climat des affaires, etc.</p>



<p>Les désaccords manifestés par les économistes sur les ondes des radios et télévisions ont au moins quatre graves conséquences.</p>



<p>Un, le discours discordant brouille le message et n’aide pas le citoyen à comprendre les enjeux économiques et à se préparer pour les conséquences. Dans ce cas, le citoyen ne sait plus à quel saint se vouer&#8230; ou malsaint à éviter!</p>



<p>Deux, l’absence de consensus entre ces experts ajoute de l’incertitude et du risque qui démobilisent les acteurs économiques (investisseurs, épargnants, producteurs, etc.). Un discours qui démoralise et qui amplifie l’incertain.</p>



<p>Trois, ces dissonances brouillent l’action gouvernementale et arrivent même à mettre en cause la pertinence de ce qui est fait ou à faire.</p>



<p>Quatre, ce paysage érode la confiance et discrédite les économistes, et la science economique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dualisme, arrivisme et aliénation!</h2>



<p>Trois <em>«clans»</em> dominent l’arène de l’<em>«expertise économique»</em> en Tunisie. De plus en plus organisés en réseau, ils s’opposent frontalement au sujet des réformes économiques à initier pour sauver la Révolte du Jasmin de sa déchéance économique.</p>



<p>Comme si la science économique n’est pas une science sociale à part entière, un champ de connaissance fondé sur des théories, des modèles et des évidences qui transcendent l’histoire et la géographie. C’est pourquoi l’économie est la seule sociale qui est récompensée par le Prix Nobel.</p>



<p><em><strong>1- Économistes du sérail. </strong></em>Premier clan et le plus dominant est celui des économistes du sérail. Il s’agit d’un grand nombre de ces <em>«experts économistes»</em> qui occupent les ondes et les plateaux et qui se permettent de dire la chose et son contraire, au gré des contingences et des consignes des sponsors institutionnels (privés, publics, académiques, partis, alliés internationaux, etc.). Souvent des larbins, qui changent de position au gré du vent dominant.</p>



<p>2- <em><strong>Melting-pot.</strong></em> Ce clan compte plus d’experts-comptables (très professionnels dans leurs domaines comptables), d’ingénieurs de grandes écoles (ayant suivi au mieux deux cours en économie), de banquiers politisés, d’hommes d’affaires, de gestionnaires d’entreprises, d’avocats d’affaires, que d’économistes! Avec seulement très peu d’économistes patentés et ayant à leur actif des analyses économétriques et publications scientifiques avec arbitrage par les pairs.</p>



<p>La plupart de ces <em>«économistes»</em> mis en scènes ont aujourd’hui parrainés par l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE), un think-tank proche des entreprises, avec beaucoup de proximité avec les partis dominants ayant gouverné le pays depuis 2011.</p>



<p>Pour beaucoup de ces experts, les problèmes économiques de la Tunisie d’aujourd’hui sont des problèmes conjoncturels, qu’on peut solutionner par un <em>«trait de crayon»</em>, par la création de commissions, le vote d’une loi, la mobilisation de comités… qui généreront à leur tour d’autres comités et commissions.</p>



<p>Un clan qui ne propose rien de substantiel et qui tient la route au regard des réformes structurelles attendues en Tunisie et par ses partenaires internationaux (IMF, WB, etc.). Des économistes qui évitent de froisser les partis politiques au pouvoir. Des économises inexistants sur les plateformes de la publication scientifique jugée par les pairs. des économistes improvisés et prêts à tout!</p>



<p>Pis, beaucoup de ces carriéristes veulent se positionner dans l’échiquier politique, espérant pouvoir occuper des postes ou récolter des dividendes de situation. Ils ont les médias dominants en poche, et peuvent ainsi parader sur les plateaux de télévision et radio, pour parler, débiter les mots clefs, sans rien dire au final.</p>



<p><strong>3- Économistes outsiders</strong>. Deuxième clan, un ensemble d’économistes qui publient sur les réseaux sociaux, sur les journaux électroniques et conférences internationales pour proposer leurs points de vue.</p>



<p>Très présents et très actifs sur les réseaux sociaux (avec des pages qui comptent des milliers d’abonnés), ces économistes n’ont rien à perdre, et rien à gagner. Ils s’installent en outsiders qui veulent débusquer les manœuvres et briser l’asymétrie d’information économique.</p>



<p>Ils sont sur Facebook pour s’exprimer de manière volontaire et libre. Ces économistes des réseaux sociaux communiquent des infos, commentent des statistiques, sans présenter nécessairement d’analyses empiriques et porteuses de recommandations capables de parcourir toutes les étapes de la prise de décision.</p>



<p>Un autre groupe de ce même clan publie dans des revues internationales. Avec un excellent facteur d’impact international pour leur publication. Ceux-ci sont consultés, respectés et reconnus comme experts par des organisations internationales et interviennent dans des conférences internationales, en pointant sans détour les réformes structurelles que le gouvernement tunisien doit engager dans les plus brefs délais. Des réformes souvent impopulaires et qui peuvent menacer les pouvoirs établis et les partis ayant gouverné depuis 2011.</p>



<p>Ces économistes reconnus à l’international sont plutôt boycottés par les médias de l’estalishment politique et médiatique et politique. Ceux-ci, souvent inspirés par la pensée Public choice et ses ramifications (new public management notamment) sont pragmatiques et vont droit au but, pour brasser les cartes, proposer des réformes structurelles et pour raisonner en <em>«dehors du cadre»</em> et du mainstreaming imposés par les médias et leurs relais dans du premier clan, décrit précédemment.</p>



<p>Ce clan d’économistes propose une réduction drastique de la taille de l’État, une libéralisation totale des conditions d’entrée dans les filières bloquées par des lobbies ayant mis main basse sur plusieurs pans de l’économie et des centres décisionnels au sein des ministères clefs responsables de l’octroi des licences et autorisations diverses.</p>



<p>Ce clan fustige la mal-gouvernance du secteur public et incriminent les passe-droits des acteurs dominants (banquiers, sociétés d’État, syndicats, et monopoles économiques).</p>



<p>Les économistes de ce groupe sortent du wishfulthinkings et se démarquent du fatalisme omniprésent chez plusieurs économistes proches du pouvoir exécutif, ou à la merci des partis dominants.</p>



<p>Les deux clans d’économistes tunisiens ne s’entendent pas toujours au sujet des problèmes économiques et leurs solutions. Les estimations, les opinions et les recommandations avancées par chacun de ces clans et <em>«écoles de pensées»</em> sont très disparates et témoignent de l’importance d’organiser la profession d’économistes dans un pays où l’opinion publique a besoin de savoir quels sont les tenants et les aboutissants des réformes économiques structurelles à initier pour sortir le pays de son marasme économique.</p>



<p><em>* Universitaire au Canada.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis: </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="R8cALxIR1i"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/27/tunisie-le-fmi-en-pompier-pyromane/">Tunisie: le FMI en pompier pyromane ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie: le FMI en pompier pyromane ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/27/tunisie-le-fmi-en-pompier-pyromane/embed/#?secret=9TfkSFBqFW#?secret=R8cALxIR1i" data-secret="R8cALxIR1i" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="CTDxsi4Aqx"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/20/tunisie-fmi-risque-moral-et-dette-insoutenable/">Tunisie-FMI : risque moral et dette insoutenable !</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie-FMI : risque moral et dette insoutenable ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/20/tunisie-fmi-risque-moral-et-dette-insoutenable/embed/#?secret=rGH699gYaK#?secret=CTDxsi4Aqx" data-secret="CTDxsi4Aqx" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="wHhGI21KFh"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/14/tunisie-fmi-premisses-dune-nouvelle-donne/">Tunisie &#8211; FMI : prémisses d’une nouvelle donne?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; FMI : prémisses d’une nouvelle donne? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/14/tunisie-fmi-premisses-dune-nouvelle-donne/embed/#?secret=cj7gCcoNOE#?secret=wHhGI21KFh" data-secret="wHhGI21KFh" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : flop de l’économie et fiasco des économistes du sérail ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/06/tunisie-flop-de-leconomie-et-fiasco-des-economistes-du-serail/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Oct 2021 06:36:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sur les 487 ministres ayant gouverné la Tunisie, au sein des 10 gouvernements successifs, depuis 2011, plus d’une cinquantaine ont été présentés aux Tunisiens comme des sauveurs, étant économistes chevronnés, compétents, motivés, intègres, visionnaires, etc. Le fiasco économique de la transition démocratique a mis la table pour le forcing politique du 25 juillet 2021. Les...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/10/Faillte-Economiste.jpg" alt="" class="wp-image-365274"/><figcaption><em>Ils ont promis la prospérité pour tous pour en arriver à la faillite générale. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Sur les 487 ministres ayant gouverné la Tunisie, au sein des 10 gouvernements successifs, depuis 2011, plus d’une cinquantaine ont été présentés aux Tunisiens comme des sauveurs, étant économistes chevronnés, compétents, motivés, intègres, visionnaires, etc. Le fiasco économique de la transition démocratique a mis la table pour le forcing politique du 25 juillet 2021. Les économistes du sérail, ceux ayant gouverné le pays <strong><em>(ministres et proches conseillers)</em></strong></em></strong> <strong><em>assument une grande responsabilité dans le fiasco économique et ses conséquences politiques.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-365272"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>



<p>Le gouvernement Najla Bouden doit tirer les conclusions de la décennie passée pour mieux sélectionner ses ministres et hauts conseillers en politiques économiques, financières et monétaires.</p>



<p>L’arbre de l’après 2011 a été peu généreux; il n’a pas livré les fruits promis. Les indicateurs économiques sont catastrophiques et le pays est techniquement en faillite. </p>



<p>Les questions s’accumulent, pour l’avant de la révolution du printemps, et pour la décennie écoulée… censée être la période d’entrée en production de la transition démocratique.</p>



<p>Qui peut expliquer pourquoi les économistes tunisiens n’ont-ils pas vu venir le Printemps arabe? Pourquoi n’ont-ils pas pu proposer des solutions, des réformes et un discours mobilisateur pour relancer la croissance, donner de l&rsquo;espoir et créer la prospérité ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’arbre se juge à ses fruits…</h2>



<p>Certes, les mouvements sociaux et les syndicats liés ont été inflexibles et revendicateurs. Mais, ces mêmes mouvements ne font pas confiance, voyant l’ampleur de la corruption au sein des partis et des cabinets ministériels, et au sein même d’un parlement constitué en majorité de profanes en économie et de collusionnaires, pour ne pas dire des corrompus et des mafieux.</p>



<p>Les économistes ayant trempé dans les partis politiques et fait tout pour devenir ministre ou conseiller de ministre, les vrais comme les faux, ont promis monts et merveilles. Vainement!</p>



<p>Certains ont promis qu’ils peuvent gouverner 4 pays, d’autres ont promis des taux de croissance annuelle supérieurs à 7%, avec la création de 450 000 emplois par an. Les économistes du sérail paradaient sur les plateaux des médias audio-visuels, pour vendre des espoirs, pour ne pas parler des choses qui fâchent : bourrage de la fonction publique par le parti islamiste, le système rentier en place, les taux d’intérêt usuraires, la dette… la fuite des capitaux et le trafic de devises au grand jour! </p>



<p>Aujourd’hui, et malgré leur fiasco en tant que ministres ou conseillers du prince, ces économistes du sérail s’accrochent et n’en démordent pas. Ils veulent des postes, avec de nouveaux discours, sans demander pardon, sans se remettre en cause, sans vergogne… se dédouanant de toutes les responsabilités.</p>



<p>Les documents des campagnes électorales des partis ayant gouverné la Tunisie confirment l’ampleur du bluff… les émissions télé et de radio et les documents sont encore consultables dans les archives, merci à YouTube, Google et Facebook…</p>



<p>Les économistes du parti islamique Ennahdha ont été les pires en matière de tourner en rond, en matière de faire plus de ce qui ne marche pas…</p>



<p>Ils ont promis le plein emploi et la prospérité des régions intérieures. Ils ont promis toutes les réformes… de la parlote, rien que cela. Mais, ils ne l’ont pas fait seuls, ils l’ont fait en soudoyant d’autres, avec de juteux contrats à la clef…</p>



<h2 class="wp-block-heading">Soif de pouvoir, course effrénée aux dividendes&nbsp;</h2>



<p>Ces économistes du sérail des partis Nidaa et Qalb Tounes ont fait de même… Ils ont fait choux blanc… Aujourd’hui, ils jettent la responsabilité sur les politiciens… sans vergogne et ils tentent de nouveau de conseiller les prochains ministres et instances de l’État.</p>



<p>Ils n’ont pas dit la vérité, n’ont pas réussi à convaincre et n’ont rien fait pour claquer la porte si on ignorait leurs recommandations et rapports économétriques qui soutiennent leurs propositions et prospectives.</p>



<p>On bidouille les CV, on gonfle les compétences indûment et on y va, prêt à tout faire… on ameute les amis dans les médias… et il suffit de faire quelques entrevues dans les radios et télévisions en vogue, on est jugé bons pour gouverner, même si on n’a jamais mis les pieds à l’intérieur d’une administration tunisienne, et qu&rsquo;on n’a jamais produit un seul document scientifique traitant des politiques publiques en Tunisie.</p>



<p>Et dans la course, pas de problème si on passe d’un parti à un autre, si on change de casquette… ou on fait les girouettes pour se maintenir en poste.</p>



<p>Ce faisant, on courbe l&rsquo;échine, on fait les courbettes aux politiciens… et tous ont élaboré des budgets déficitaires pour notamment procurer des avantages monétaires pour les militants et partis au pouvoir…</p>



<h2 class="wp-block-heading">Évitement des réformes, maintien du statu quo&nbsp;</h2>



<p>Tous ont évité les vraies réformes, celles qui déplaisent au pouvoir… et encore moins aux partis politiques. Un débat s’est déclenché à la fin de la semaine écoulée à ce sujet entre d’une part certains de ces économistes qui ont été ministres ou conseillers, et qui se recyclent pour s’incruster de nouveau… et d’autre part ceux qui ont la critique facile, le franc-parler… et qui n’attendent que des miettes pour être appâtés… Entre les girouettes, les incompétents et les droit-dedans… il y a eu des clashs… tous demandent à ceux qui étaient les mains sur le volant (mêmes quelques doigts sur le volant…) de faire leur <em>mea culpa</em>… et ils foncent comme si de rien n’était?</p>



<p>On veut gouverner pour avoir un salaire de ministre, deux voitures de fonction, un logement de fonction, des voyages internationaux… une retraite à vie, au bout de quelques mois de service!</p>



<p>C&rsquo;est cela leur objectif, et ils sont prêts à tout pour gouverner, tant pis pour les payeurs de taxes et les autres au chômage, ou dans la dèche depuis toujours.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sortir du mandarinat et rompre avec la facilité&nbsp;</h2>



<p>En l’absence d’un bilan décennal et d’évaluation économétrique rigoureuse, les responsabilités ne peuvent pas être déterminées… Qui fait quoi, pourquoi et pour quel résultat&nbsp;? C&rsquo;est le temps des bilans… et sans bilan, on ne peut pas faire mieux, en faisant les mêmes choses, et avec les mêmes économistes du sérail, quel que soit le changement de garde au sommet de l&rsquo;Etat et dans les institutions dominant le paysage politique du pays.</p>



<p>La gouvernance économique de la Tunisie a besoin d’une clairvoyance sans faille. Elle a besoin de dire la vérité aux Tunisiens, toute la vérité et rien que la vérité. La Tunisie doit mener des réformes douloureuses, des compressions budgétaires et un redéploiement des ressources disponibles, sans augmenter la pression fiscale et sans compromission avec des partis politiques au pouvoir sans programme économique… et souvent sans éthique requise par la conduite des affaires économiques, monétaires et financières.</p>



<p>* <em>Économiste universitaire, Canada.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



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		<item>
		<title>Tunisie : émoi des économistes, désarroi de l’économie !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Dec 2020 13:41:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[économistes tunisiens]]></category>
		<category><![CDATA[IACE]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[révolte du Jasmin]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les économistes tunisiens ne s’entendent pas au sujet de quoi faire, ou pas faire, pour sortir la Révolte du Jasmin de l’impasse économique où elle se trouve, dix ans après. Si l’opinion publique s’insurge contre le marasme économique, ces économistes se déchirent, amplifiant les risques: chacun sa paroisse, chacun sa théorie et chacun sa rhétorique....</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/12/Economistes-Experts.jpg" alt="" class="wp-image-330248"/></figure>



<p><strong><em>Les économistes tunisiens ne s’entendent pas au sujet de quoi faire, ou pas faire, pour sortir la Révolte du Jasmin de l’impasse économique où elle se trouve, dix ans après. Si l’opinion publique s’insurge contre le marasme économique, ces économistes se déchirent, amplifiant les risques: chacun sa paroisse, chacun sa théorie et chacun sa rhétorique. En jeu, les réformes structurelles à initier et le partage des sacrifices liés. Gros plan sur une communauté divisée et instrumentalisée…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-330247"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading">Ont-ils compris l’économique de la Révolte du Jasmin ?</h3>



<p>À l’évidence non! Les concepts et les outils empiriques ne sont adaptés aux enjeux du Printemps arabe. L’économiste américain, James C. Davies, a, depuis les années 1960, dévoilé les liens révoltants entre crises économiques et bien-être des peuples. Davies explique que les révoltes populaires, à l’image de celle de la Révolte du Jasmin, surviennent après une longue période de croissance économique, suivie de récession brusque, inattendue et brutale.</p>



<p>Cet économiste ajoute que pour réussir la post-révolution, les pays concernés doivent restructurer en profondeur les systèmes productifs, pour impérativement créer de la richesse et générer le bien-être collectif.</p>



<p>Plusieurs révolutions sont passées par là! En Europe,en Amérique latine et en Asie. Mais aucun pays dans du monde arabo-musulman. La Tunisie ouvre la voie, mais en trébuchant, et avec des économistes pas toujours avertis de l’importance des réformes structurelles pour rallumer les bougies d’une économie qui ronronne et qui manque de tonus. Pour sortir du guêpier de l’islam politique, l’économie doit se restructurer : l’esprit d’entreprise, les gains de productivité, l’investissement tous azimuts, la compétitivité et le progrès technologique.</p>



<p>La Révolte du Jasmin en Tunisie (2011) est née après une gestation marquée par une longue période de croissance (2000-2007), suivie par une abrupte crise économique mondiale de 2007-2009 (crise des <em>subprimes</em>). Mais, l’après Révolte du Jasmin, et dix après, a eu tout faut et les indicateurs sont tous au rouge. Quelques exemples pour la démonstration.</p>



<p>Le Tunisien moyen a perdu presque 25% de son pouvoir d’achat réel entre 2010 et 2020. Les données de la World Bank illustrent ce constat par la mesure du PIB per capita (en $US). Le taux de chômage atteint les 30-40% dans les régions intérieures, celles qui ont, par leur insurrection, permis de mettre à la porte l’ancien régime et sa nomenklatura.</p>



<p>Les services publics ont reculé de presque 20% (dépenses per capita en santé, en éducation, etc.), entre 2010 et 2020, alors que la pression fiscale est passée de 22% du PIB, en 2010 à 33% aujourd’hui (World Bank 2020). La politique monétaire a écrasé le dinar (perte de 40%), augmenté les taux d’intérêt, pour atrophier l’investissement de presque 50% (en % PIB), et autoriser les banques à siphonner des profits exceptionnels (12 à 20% du chiffre d’affaires), alors que les taux croissance sont en moyenne proche de zéro.</p>



<p>La dette publique est passée de 38% du PIB en 2010 à quasiment 112% en 2020 (secteur public et sociétés d’État). Une dette gérée avec opacité et discrétions, hors de tout contrôle. Une dette pour payer des salaires d’une bureaucratie pléthorique et inefficace.</p>



<p>Les politiques économiques initiées depuis 2011 ont échoué et avorté la tendance de la courbe ascendante de la courbe J.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Chapelles théoriques et paroisses politiques</h3>



<p>La communauté des économistes tunisiens est fragmentée et divisée comme jamais! Une communauté qui dit tout et son contraire, à quelques jours près, sur les ondes de radios concurrentes. Une communauté incapable de dire de manière consensuelle quelles sont les réformes économiques à initier pour créer de la richesse et honorer les promesses de la Révolte du Jasmin.</p>



<p>Les outillages conceptuels, hypothèses de travail et compétences empiriques de nombreux de ces économistes sont questionnables et l’arbre se mesure à ses fruits.</p>



<p>Des confusions patentes et des discours inquiétants. Certains miroitent le spectre de l’<em>«économie de rente»</em> comme principal problème de l’économie tunisienne, alors que le problème, dans ce cas, est plutôt un problème de défaillance de concurrence libre et démocratique (monopole, oligarchie, dysfonctionnement du marché, corruption des fonctionnaires, etc.). Les rentes et les rentiers ne sont que des symptômes du problème de l’imperfection de la concurrence.</p>



<p>Autre exemple, pointer le secteur parallèle comme le problème à solutionner, alors que celui-ci n’est rien d’autre que le produit des lourdeurs et tracasseries bureaucratiques, et finit par menacer les emplois de 40% de la population active occupée en Tunisie.</p>



<p>En économie, confondre le problème avec ses symptômes (ou ses causes) est un péché majeur. Cette confusion fausse les remèdes prescrits. Comme si pour soigner une hémorragie intestinale aiguë, on se limite à baisser la fièvre. La fièvre est un symptôme du problème.</p>



<p>Pour ne pas se mouiller, beaucoup de ces ingénieurs, avocats, gestionnaires et experts-comptables, qui se présentent comme économistes en Tunisie, considèrent implicitement la crise économique du pays comme une crise conjoncturelle et passagère n’exigeant pas plus que des mesures cosmétiques.</p>



<p>C’est pourquoi de nombreux économistes tunisiens passent sous silence les réformes économiques structurelles, celles qui sont impopulaires, mais très porteuses pour sortir l’économie de sa paralysie.</p>



<p>Ceux-ci ne veulent surtout pas toucher aux enjeux brûlants tels que la réduction des effectifs des fonctionnaires, l’abolition des monopoles, la libéralisation des initiatives, la réduction des taux d’intérêt, la rémunération au rendement, la privation des entreprises publiques, l’assainissement du climat des affaires, etc.</p>



<p>Les désaccords manifestés par les économistes sur les ondes des radios et télévisions ont au moins trois conséquences.</p>



<p>Un, le discours discordant n’aide pas le citoyen à comprendre les enjeux économiques et à se préparer pour les conséquences.</p>



<p>Deux, l’absence de consensus entre ces experts ajoute de l’incertitude et du risque qui démobilisent les acteurs économiques (investisseurs, épargnants, producteurs, etc.).</p>



<p>Trois, ces dissonances brouillent l’action gouvernementale et arrivent même à mettre en cause la pertinence de ce qui est fait ou à faire.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Dualisme, asymétrie et aliénation !</h3>



<p>Deux <em>«clans»</em> dominent l’arène de l’<em>«expertise économique»</em> en Tunisie. De plus en plus organisés en réseau, ils s’opposent frontalement au sujet des réformes économiques à initier pour sauver la Révolte du Jasmin de sa déchéance économique. Comme si la science économique n’est pas une science sociale à part entière, un champ de connaissance fondé sur des théories, des modèles et des évidences qui transcendent l’histoire et la géographie. C’est pourquoi l’économie est la seule sociale qui est récompensée par le Prix Nobel.</p>



<p><strong><em>Économistes du sérail.</em></strong> Premier clan et le plus dominant est celui des économistes du sérail. Il s’agit d’un grand nombre de ces <em>«experts économistes»</em> qui occupent les ondes et les plateaux et qui se permettent de dire la chose et son contraire, au gré des contingences et des consignes des sponsors institutionnels (privés, publics, académiques, partis, alliés internationaux, etc.).</p>



<p><strong><em>Melting-pot</em></strong>. Ce clan compte plus d’experts-comptables (très professionnels dans leurs domaines comptables), d’ingénieurs de grandes écoles (ayant suivi au mieux deux cours en économie), de banquiers politisés, d’hommes d’affaires, de gestionnaires d’entreprises, d’avocats d’affaires, que d’économistes! Avec seulement très peu d’économistes patentés et ayant à leur actif des analyses économétriques et publications scientifiques avec arbitrage par les pairs.</p>



<p>La plupart de ces <em>«économistes»</em> mis en scènes ont aujourd’hui parrainés par l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE), un think-tank proche des entreprises, avec beaucoup de proximité avec les partis dominants ayant gouverné le pays depuis 2011. L’IACE arrive facilement à passer ses messages par ces <em>«experts économistes»</em>, indépendants, mais mobilisables pour la cause.</p>



<p>Pour beaucoup de ces experts, les problèmes économiques de la Tunisie d’aujourd’hui sont perçus comme des problèmes conjoncturels, qu’on peut solutionner par un <em>«trait de crayon»</em>, par la création de commissions, le vote d’une loi, la mobilisation de comités… qui généreront à leur tour d’autres comités et commissions.</p>



<p>Un clan qui ne propose rien de substantiel et qui tient la route au regard des réformes structurelles attendues en Tunisie et par ses partenaires internationaux (IMF, WB, etc.). Des économistes qui évitent de froisser les partis politiques au pouvoir.</p>



<p>Pis, beaucoup de ces économistes carriéristes veulent se positionner dans l’échiquier politique, espérant pouvoir occuper des postes ou récolter des dividendes de situation. Ils ont les médias dominants en poche, et peuvent ainsi parader sur les plateaux de télévisions et radio, pour parler, débiter les mots clefs, sans rien dire au final.</p>



<p><strong><em>Économistes outsiders</em></strong>. Deuxième clan, un ensemble d’économistes qui publient sur les réseaux sociaux, sur les journaux électroniques et conférences internationales pour proposer leurs points de vue.</p>



<p>Très présents et très actifs sur les réseaux sociaux (avec des pages qui comptent des milliers d’abonnés), ces économistes n’ont rien à perdre, et rien à gagner. Ils s’installent en outsiders qui veulent débusquer les manœuvres et briser l’asymétrie d’information économique.</p>



<p>Ils sont sur Facebook pour s’exprimer de manière volontaire et libre. Ces économistes des réseaux sociaux communiquent des infos, commentent des statistiques, sans présenter nécessairement d’analyses empiriques et porteuses de recommandations capables de parcourir toutes les étapes de la prise de décision.</p>



<p>Un autre groupe de ce même clan publie dans des revues internationales. Ceux-ci sont employés comme experts par des organisations internationales et interviennent dans des conférences internationales, en pointant sans détour les réformes structurelles que le gouvernement tunisien doit engager dans les plus brefs délais. Des réformes souvent impopulaires et des réformes qui peuvent menacer les pouvoirs établis et les partis ayant gouverné depuis 2011.</p>



<p>Ces économistes reconnus à l’international sont plutôt boycottés par les médias de l’<em>estalishment</em> politique et médiatique et politique. Ceux-ci, souvent inspirés par la pensée <em>Public choice</em> et ses ramifications (<em>new public management</em> notamment) vont droit au but, pour proposer des réformes structurelles et pour raisonner en <em>«dehors du cadre»</em> et du <em>mainstreaming</em> imposés par les médias et leurs relais dans du premier clan, décrit précédemment.</p>



<p>Ce clan d’économiste propose une réduction drastique de la taille de l’État, une libéralisation totale des conditions d’entrée dans les filières bloquées par des lobbies ayant mis main basse sur plusieurs pans de l’économie et des centres décisionnels au sein des ministères clefs responsables de l’octroi des licences et autorisations diverses.</p>



<p>Ce clan fustige la mal-gouvernance du secteur public et incriminent les passe-droits des acteurs dominants (banquiers, sociétés d’État, syndicats, et monopoles économiques).</p>



<p>Les économistes de ce groupe sortent du <em>wishfulthinkings</em> et se démarquent du fatalisme omniprésent chez plusieurs économistes proches du pouvoir exécutif, ou à la merci des partis dominants.</p>



<p>Les deux clans d’économistes tunisiens ne s’entendent pas toujours au sujet des problèmes économiques et leurs solutions. Les estimations, les opinions et les recommandations avancées par chacun de ces clans et <em>«écoles de pensées» </em>sont très disparates et témoignent de l’importance d’organiser la profession d’économistes dans un pays où l’opinion publique a besoin de savoir quels sont les tenants et les aboutissants des réformes économiques structurelles à initier pour sortir le pays de son marasme économique.</p>



<p><em>* Universitaire au Canada.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis  </em></h4>



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			</item>
		<item>
		<title>À quand le mea-culpa des économistes de la Tunisie post-2011 ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/24/a-quand-le-mea-culpa-des-economistes-de-la-tunisie-post-2011/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2020 06:30:51 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[économistes tunisiens]]></category>
		<category><![CDATA[endettement]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[Mongi Safra]]></category>
		<category><![CDATA[Taoufik Baccar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Désaveu, camouflet ou disgrâce pour la nouvelle génération d’économistes du pays? Et pour cause, deux éminents économistes, deux caciques «formatés» par le régime de Ben Ali, sont appelés à la rescousse du gouvernement Mechichi, le 10e gouvernement depuis 2011. Tout un aveu d’échec de cette génération d’économistes, ayant gouverné, conseillé ou soutenu médiatiquement ces gouvernements...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/24/a-quand-le-mea-culpa-des-economistes-de-la-tunisie-post-2011/">À quand le mea-culpa des économistes de la Tunisie post-2011 ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p><strong><em>Désaveu, camouflet ou disgrâce pour la nouvelle génération d’économistes du pays? Et pour cause, deux éminents économistes, deux caciques «formatés» par le régime de Ben Ali, sont appelés à la rescousse du gouvernement Mechichi, le 10e gouvernement depuis 2011. Tout un aveu d’échec de cette génération d’économistes, ayant gouverné, conseillé ou soutenu médiatiquement ces gouvernements et politiques fiscales et monétaires ayant mené la Tunisie à sa pire crise économique depuis toujours. Comment explique-t-on ce fiasco ? À quand le mea culpa qui ont fait mal à l’économie tunisienne ?</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari</strong>, Ph. D.</p>



<span id="more-317703"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>



<p>Le retour du professeur économètre Mongi Safra (70 ans, Ph.D University of Michigan, en 1978), et de Taoufik Baccar, ancien ministre des Finances, constitue une option <em>«faute de mieux»</em>, selon le chef du gouvernement Hichem Mechichi. Une dernière chance pour sauver l’économie, suite à une accumulation d’échecs économiques, devenus avec le temps explosifs pour la stabilité politique du pays, voire même pour à la survie au pouvoir de tous ces proto-partis arrivés au pouvoir sans programme économique, sans économistes dignes de ce nom.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une ardoise coûteuse et des échecs en série</h3>



<p>Pour l’ère démocratique post 2011, la nouvelle génération d’économistes a voulu tout changer, tout démolir… sans créer des modèles alternatifs. Tous affichaient naïvement des promesses de taux de croissance allant de 5 à 7%, avec créations de 100.000 emplois par an, du changement de modèle de croissance et plein d’autres mégaprojets utopiques et de mirages fallacieux.</p>



<p>Fiasco sur toute la ligne et échecs sur tous les fronts : taux de croissance moyen nul pour la décennie, chômage explosif, inflation hors de contrôle, pouvoir d’achat divisé par deux, un dinar coupé de moitié… et les ressources naturelles sont désormais prises en otage (El-Kamour, Redeyef, Ben Guerdane, etc.).</p>



<p>Pour ces économistes du post-2011, la pensée magique domine! Comme s’il fallait annoncer des mesures pour que celles-ci se réalisent. Ces économistes néophytes sont rapidement devenus ministres, conseillers et <em>«experts» </em>surmédiatisés… le tout pour mener le pays à sa débâcle économique!</p>



<p>Qu’on se rappelle de ces économistes qui ont conseillé et justifié le bourrage de la fonction publique par 250.000 fonctionnaires en deux ans, pour satisfaire les partis et les intérêts (augmentation de 40% des effectifs). Des décisions qui ont ruiné la viabilité du service public, et gangrené les chaînes de commandement dans les administrations publiques publiques… Avec un effritement du sens de l’État et des valeurs liées. Des décisions qui ont fait de la fonction publique un fourre-tout, un dinosaure budgétivore, dysfonctionnel, inefficace et corrompu.</p>



<p>On se rappelle de ces ministres présentés comme économistes, alors qu’ils sont de simples avocats, ingénieurs ou même <em>«affairistes»</em> de tous acabits, , à qui on offre plein pouvoir pour financer les promesses irréalistes des partis et des lobbies… au détriment de la dette publique (dettes passées de 35% du PIB en 2010 à 85% en 2020) et aux frais d’une pression fiscale poussée à son maximum. Tous ces économistes néophytes ont voulu défendre leur parti et moins leur patrie. Ils ont souvent pensé à leur portefeuille, à leur CV…et moins aux intérêts collectifs et communautaires.</p>



<p>On se rappelle de ces élites parachutées à des postes clefs au sein de la Banque centrale, pour diligenter des politiques monétaristes restrictives, hors du temps et aux antipodes de la rationalité économique, du bon sens de la relance économique et des approches contre-cycliques adoptées partout dans le monde.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les pièges et les risques du métier d’économiste</h3>



<p>Les économistes ayant gouverné ou influencé la prise de décision, ayant mené le pays à une quasi-faillite, ont raté le coche! Ils ont aussi plaidé pour des décisions utopiques, souvent populistes, fermant les yeux sur tous les impacts économiques. Tous ou presque ont refusé d’adopter ou de publier les analyses <em>cost-benefit</em>, les ayant amenés à agir de la sorte et à préconiser de tels leviers de sélection des projets et choix publics.</p>



<p>Les <em>«grands pontes»</em> qu’on montre à la télévision comme des économistes experts de la Tunisie post-2011 ne se sont guère préoccupés des impacts des décisions publics sur le pouvoir d’achat et le bien-être collectif.</p>



<p>Mais, pourquoi donc les économistes de l’après 2011 ont-ils raté le coche ? Il y a trois explications possibles.</p>



<p><strong>Un</strong>&nbsp;: La première explication a trait à l’<em>«appât financier», </em>la trappe financière dans le jargon des économistes! Critiquer les propositions économiques des partis, fouiller dans les affaires monétaires ou mettre en cause la gestion budgétaire de l’État, c&rsquo;est se priver d&rsquo;opportunités lucratives liées à des subventions de recherche, c’est se fermer la porte des consultations (écrire des rapports, souvent bidons et inutiles), c’est se faire rejeter par les médias et par les conférences. C’est se faire insulter aussi…quand on tient un discours hors du <em>mainstream</em> balisé par l’<em>establishment </em>au pouvoir… et les médias à la solde.</p>



<p>Bref, un cercle fermé qui mène la danse, avec des réseaux et en connivence avec des lobbies et membres du cartel bancaire.</p>



<p>Aujourd’hui encore, critiquer scientifiquement la mal-gouvernance économique du pays, c&rsquo;est passer pour un extra-terrestre, un <em>«luddite»</em>, un loufoque… Mon dernier texte au sujet du <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2020/09/18/tunisie-une-economie-asphyxiee-par-ses-banques-et-politiques-monetaires/" target="_blank" aria-label="undefined (s’ouvre dans un nouvel onglet)" rel="noreferrer noopener"><em>«fiasco de la politique monétaire»</em> </a>en Tunisie m’a valu des insultes en règle sur plusieurs médias et par des élites complices.</p>



<p>Aussi, critiquer et pointer les réformes économiques douloureuses, s’est aussi se priver de de la générosité des <em>«sponsors»</em>, des 5 à 7 arrosés des ambassades et réseaux dominants au sein de l’establishment politique, monétaire et bancaire.</p>



<p><strong>Deux&nbsp;</strong>: la seconde explication a trait à la (in) capacité de faire de la recherche en économie publique et en économie politique. Ces économistes devenus décideurs de la décennie post-2011 ne sont pas ceux qui publient dans des revues économiques ayant un facteur d’impact respectable, ne sont pas ceux qui disposent de la capacité scientifique pour modéliser, mesurer et démontrer par la preuve leurs postulats et hypothèses de recherche. Sur des enjeux empiriques actuels, le pays vit une omerta totale, les décideurs naviguent à l’aveuglette… et poussent l’économie à filer droit sur l’iceberg de la faillite.</p>



<p>Ces <em>«économistes»</em> verbeux ne veulent pas mesurer l’impact des politiques monétaristes sur l’investissement, ils ne veulent pas savoir comment la Tunisie a perdu sa compétitivité économique, ruiné son secteur industriel… et ils s’en balancent du pouvoir d’achat du citoyen.</p>



<p>Ils sont prisonniers de leurs aveuglements et distillent chaque jour un peu plus de slogans et de postulats surannés. Il suffit de regarder les présentations de ces experts économistes dans les conférences internationales…et au sein des travaux des commissions parlementaires, pour discuter des lois à portée économique. Pas plus tard qu’hier, un de ces <em>«économistes»</em> s’est livré à une démonstration verbeuse d’une heure (20 min prévues), totalement hors sujet, sans preuve et sans recommandations (présentation accessible sur YouTube de la Commission des finances du parlement).</p>



<p>Ces <em>«économistes experts»</em> ne sont pas en mesure d’expliciter les vrais constats et de les associer avec des propositions pratico-pratiques&#8230;rentables pour la collectivité. De la rhétorique, des discours herméneutiques qui visent à impressionner, à noyer le poisson, à occulter les enjeux, les impacts et les effets de levier des mesures.</p>



<p><strong>Trois</strong>. La troisième explication a trait au fait que ces élites économistes en Tunisie ont souvent des égos disproportionnés, ils veulent imposer leurs diktats, enjoliver leurs<em> «bénédictions» </em>et <em>«jugements»</em> sans recourir à des vérifications empiriques, à des indicateurs, même imparfaits, voire ambigus et discutables.</p>



<p>Et dans le contexte d’une débandade économique sans précédent, la confiance du public envers les élites et les experts économistes est au plus bas.</p>



<h3 class="wp-block-heading">À quand le mea-culpa des économistes du post-2011 ?</h3>



<p>Même les économistes du FMI font leur <em>mea-culpa</em>, quand ils se trempent. Ils l’ont fait au sujet de leurs errements au sujet de la crise de 2008 et de la faillite de nombreux pays en développement, suite aux recommandations que ces économistes ont prodiguées. Mieux vaut tard que jamais!</p>



<p>Il est symptomatique que le FMI, pourtant au cœur de l’analyse économique et du système monétaire international, se montre capable d&rsquo;autocritique et de remise en cause! Et pas nos économistes de la Tunisie post-2011.</p>



<p>Les problèmes économiques au Liban, de la Grèce, de l’Argentine offrent une illustration aussi caricaturale que burlesque des dégâts occasionnés par ces économistes apprentis sorciers, pris dans leur jeu maléfique, mettant en péril les économies de leur pays et de leur société dans son ensemble.</p>



<p>La génération des économistes post-2011 doit sortir de son aveuglement et doit faire son <em>mea-culpa</em>. C’est une façon de redonner confiance de la Tunisie profonde en ses élites d’économistes.</p>



<p>Faute de penseurs économistes honnêtes, responsables et articulés, la transition économique post-2011 pousse la Tunisie droit dans le mur! Un pays dont les budgets sont déjà exsangues, dont les jeunes se jettent à l’eau pour fuir l’enfer et se réfugier en Europe (presque 15000 en 2020)&#8230;</p>



<p>Dix ans après la révolte du Jasmin, les «pontes économistes de la Tunisie» ont conduit le pays dans une impasse économique, un échec cinglant et lourd de conséquences. Si le FMI est capable de faire son <em>mea-culpa</em>, pourquoi les économistes tunisiens, ayant été au pouvoir durant les 10 dernières années (ministres, conseillers, communicateurs, gouverneurs de la BCT), ne font pas le leur?</p>



<p>Pourquoi ces experts économistes continuent-ils de faire les <em>«chiens de garde» </em>de modèles de mal-gouvernance désuets et pourquoi continuent-ils de se pervertir au gré des diktats de proto-partis indifférents à l’économie tunisienne?</p>



<p>Le<em> mea culpa</em> des économistes peu compétents, ou encore peu intègres (pour une raison ou une autre) doit se faire au grand jour et de manière systématisée… Et c’est un minimum pour restaurer la confiance et aller de l’avant dans la sortie de crise économique actuelle.</p>



<p><em>* Universitaire au Canada.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/24/a-quand-le-mea-culpa-des-economistes-de-la-tunisie-post-2011/">À quand le mea-culpa des économistes de la Tunisie post-2011 ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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