<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Ecosse - Kapitalis</title>
	<atom:link href="https://kapitalis.com/tunisie/tag/ecosse/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/ecosse/</link>
	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
	<lastBuildDate>Sun, 17 Mar 2024 07:01:12 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.8.3</generator>

<image>
	<url>https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/cropped-Logo-Kapitalis-32x32.png</url>
	<title>Archives des Ecosse - Kapitalis</title>
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/ecosse/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>‘‘Hotspur and the myth of chivalry’’ : d’une fitna anglaise au concept moderne de frontière</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/17/hotspur-and-the-myth-of-chivalry-dune-fitna-anglaise-au-concept-moderne-de-frontiere/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/17/hotspur-and-the-myth-of-chivalry-dune-fitna-anglaise-au-concept-moderne-de-frontiere/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Mar 2024 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Ecosse]]></category>
		<category><![CDATA[fitna]]></category>
		<category><![CDATA[frontières]]></category>
		<category><![CDATA[Henry IV]]></category>
		<category><![CDATA[Hotspur]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[pays de Galles]]></category>
		<category><![CDATA[Richard III]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=12129602</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans l’esprit des Anglo-saxons et de leurs disciples israéliens, la frontière est le fruit d’un rapport de forces variable </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/17/hotspur-and-the-myth-of-chivalry-dune-fitna-anglaise-au-concept-moderne-de-frontiere/">‘‘Hotspur and the myth of chivalry’’ : d’une fitna anglaise au concept moderne de frontière</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les États arabes doivent réaliser que dans l’esprit des Anglo-saxons et de leurs disciples israéliens, la frontière n’est pas un concept intangible issu d’une légitimité juridique mais d’un rapport de forces variable souvent influencé par la conjoncture internationale.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-12129602"></span>



<p>Qui savait que le club londonien Tottenham Hotspurs avait été baptisé d’après le chevalier Henry Percy, surnommé Hotspur par les Ecossais pour sa vaillance et sa bravoure pendant les combats?</p>



<p>L’histoire de ce guerrier du XIVe siècle mort en 1403 à Shrewsbury est d’abord celle de son illustre famille qui s’était vue confier la garde de la marche frontière du nord face aux Ecossais souvent soutenus par les Français.</p>



<p>Mais la famille Percy avait dû faire face à la concurrence d’une autre famille notable, les Neville, de la province&nbsp; nord dite le Northumberland, et s’en était dans un premier temps fort bien accommodée. Mais les choses ont commencé à dégénérer avec l’avènement du Roi Richard II lorsque Jean de Gand, son oncle, encourant&nbsp;sa colère, s’était réfugié chez les Ecossais, après s’être vu refuser le refuge par Henry Percy, duc de Northumberland. Mais les choses n’en étaient pas restées là; à son retour d’Ecosse à la faveur du pardon royal, Jean de Gand, duc de Lancastre, s’était vu interdire l’accès de Newcastle upon Tyne, ce qui était à tout le moins injustifié.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Succession d’attaques et de contre-attaques</h2>



<p>Cependant, l’histoire du Northumberland n’avait été qu’une succession d’attaques et de contre-attaques entre Anglais et Ecossais, et à ce jeu, Hotspur avait fini par être fait prisonnier lors de la bataille d’Otterburn en 1488 parce qu’il avait attaqué le camp ennemi situé au bas de la colline et l’armée adverse dissimulée sur les hauteurs l’avait pris de flanc. La bataille qui marquait son triomphe avait été celle de Homildon Hill quatorze années plus tard et cette fois-là ce sont les archers gallois qui avaient fait la différence et le Comte Archibald Douglas dit <em>«le perdant»</em> avait été fait prisonnier. Mais entretemps en 1399 le Roi Richard II en conflit avec le Parlement avait été déposé, lorsqu’il avait saisi les biens des Lancastre, et le Roi Henry IV de Lancastre, son cousin et ennemi, s’était fait couronner à sa place avec l’assentiment de la noblesse, en particulier les Percy et les Neville. C’est alors que le pays de Galles s’était soulevé avec à sa tête Owen Glendower, celui qu’on avait dépossédé de ses terres, et le chevalier Hotspur était allé combattre les insurgés en mobilisant un contingent armé à ses frais. Ses appels au Roi afin de remplir ses obligations financières dues à un vassal en guerre étaient demeurés vains, et il était rentré chez lui désenchanté et désabusé.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Vssnjt7tI1"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/25/la-guerre-de-cent-ans-la-france-un-fait-divers-de-lhistoire/">‘‘La guerre de cent ans’’ : La France, un fait divers de l’Histoire</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La guerre de cent ans’’ : La France, un fait divers de l’Histoire » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/25/la-guerre-de-cent-ans-la-france-un-fait-divers-de-lhistoire/embed/#?secret=uvIsGB85Js#?secret=Vssnjt7tI1" data-secret="Vssnjt7tI1" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Après la bataille de Homildon&nbsp;sus citée, les Percy avaient décidé de rançonner les seigneurs écossais faits prisonniers ainsi qu’il était d’usage&nbsp;afin de renflouer leurs finances mises à mal&nbsp;mais le Roi Henry IV le leur avait formellement interdit, entretenant ainsi leur courroux. Toutefois il leur avait accordé l’autorisation de s’approprier les terres écossaises qu’ils pourraient conquérir, mais lorsqu’ils avaient réclamé le remboursement des sommes engagées dans les guerres au Pays de Galles afin de lever de nouvelles troupes, ils avaient essuyé un nouveau refus, voyant ainsi leurs rêves de conquête freinés par la volonté du Roi.</p>



<p>En effet, un noble écossais avait rallié le camp anglais parce que la famille Douglas avait empêché le mariage de sa fille avec le Prince héritier d’Ecosse après en avoir été la maîtresse. Le Comte de Dunbar, puisqu’il s&rsquo;agit de lui, un grand stratège militaire et un fin politique,&nbsp;était devenu un conseiller écouté du Roi Henry IV et il lui déplaisait que ses terres deviennent celles de la famille Percy par droit de conquête sur les territoires écossais. Qui plus est l’ennemi de Dunbar, Archibald Douglas, fait prisonnier à Homildon, s’était rallié aux Percy pour des raisons inconnues.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une interminable guerre pour le pouvoir</h2>



<p>Ainsi sur les inimitiés anglaises s’en étaient greffées d’autres, écossaises. Hotspur tirant parti des circonstances, décida tout simplement de détrôner le Roi Henry IV qu’il avait quatre années auparavant aidé à saisir la couronne. Pour ce faire, il mit à contribution les Gallois de Glendower. Ceux-ci attaquèrent le sud-ouest du pays de Galles afin de lui fournir une opportunité de se déplacer jusqu’à Shrewsbury, officiellement pour repousser les envahisseurs, en réalité dans le but de faire prisonnier le prince héritier d’Angleterre, surnommé Hal,&nbsp;le futur Henry V, et obliger son père à abdiquer.</p>



<p>Le manque de chance de Hotspur fut que le Roi ait levé des troupes afin de lui venir en aide;&nbsp;sans doute pris de jalousie ne voulait-il pas&nbsp;lui concéder le monopole de la victoire sur les Gallois. Et quand il atteignit Shrewsbury, son projet de rébellion était éventé et l’armée royale mobilisée accourait pour l’affronter.</p>



<p>Il est ici nécessaire de préciser que dans son déplacement de son fief du nord vers le pays de Galles, Hotspur n’avait amené avec lui qu’une poignée de fidèles. La grande armée du nord était demeurée garder la frontière écossaise, et son père n’était donc pas intervenu. Cela lui permettrait de nier toute implication dans la sédition de son fils jusqu’à ce que la sienne propre soit écrasée huit années plus tard.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="K6RMlAERwG"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/10/langleterre-dalfred-le-grand-a-charles-iii-lattarde/">L’Angleterre, d’Alfred le Grand à Charles III «l’Attardé»</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Angleterre, d’Alfred le Grand à Charles III «l’Attardé» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/10/langleterre-dalfred-le-grand-a-charles-iii-lattarde/embed/#?secret=gdj7IZ2JHY#?secret=K6RMlAERwG" data-secret="K6RMlAERwG" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Hotspur donc face à l&rsquo;armée royale réunie à Shrewsbury, plus nombreuse, ne pouvait compter que sur les guerriers gallois. La bataille qui s’ensuivit fit de nombreuses victimes de part et d’autre d’abord par les tirs des archers. Le Roi Henry cédant à l’avis de Dunbar décida de ne pas plonger dans la mêlée et épargna ainsi sa vie. Trois des substituts à qui il fit porter les vêtements et les insignes royaux furent en effet tués par méprise. A la fin de la journée, alors que les opposants épuisés se préparaient à lancer un dernier assaut contre le Roi, Hotspur fut atteint par une flèche dans le visage, peut-être après avoir soulevé le bassinet de son casque pour boire, et sa mort scella le sort de la bataille. Le Prince héritier Hal reçut une flèche dans la joue et seule la dextérité d’un forgeron et la désinfection de la plaie par du miel entre autres en permit l’extraction sans dommages. Naturellement la bataille de Shrewsbury marqua le recul des Percy et l’ascension des Neville. Il n’empêche. L’Angleterre n’en retira pas la paix espérée. Les Neville soutenant la maison d’York se heurtèrent à la maison des Lancastre durant les trente années de guerre, appelées<em> «Guerre des Deux Roses»</em> qui se conclurent par l’avènement d’une nouvelle dynastie, celle des Tudor.</p>



<p>Lors de la décisive bataille de Bosworth, en 1485, les Percy soldèrent définitivement leurs comptes avec les Neville lorsque&nbsp;le Duc de Northumberland changea de camp&nbsp; scellant le destin tragique du Roi Richard III et l’accession au trône d’un autre&nbsp;Henry.</p>



<p>Tout cela n’est pas sans rappeler la lutte pour le pouvoir qui avait éclaté entre les deux familles de la Mecque, les Bani Hachem et les Bani Omeyya après la mort du prophète Mohamed et qu’on avait qualifiée de <em>fitna</em>. Les conflits en Angleterre entre familles rivales se réglèrent souvent définitivement sur les champs de bataille parfois après plusieurs décennies de conflits, ce qui permit de tourner la page, au contraire de la <em>fitna</em> qui s’installa dans la durée et se perpétua jusqu’à l’époque contemporaine avec des conséquences géopolitiques dramatiques du fait de la dimension théologique et même eschatologique conférée à cette guerre de succession par la création des partis sunnite et chiite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des frontières toujours mobiles</h2>



<p>La guerre de Trente ans exclut plus tard définitivement la religion des conflits entre puissances européennes mais il s’agissait déjà alors d’Etats nations constitués comme la France, la Suède, le Danemark, à la différence des territoires musulmans.</p>



<p>Concernant la rébellion de Hotspur, il demeure nécessaire de comprendre les motivations des uns et des autres dans ce conflit. Il est patent que le Roi Henry Lancastre s’était mis à craindre la puissance des Percy dont le pouvoir s’étendait de la frontière nord jusqu’au Pays de Galles à l’Est. La perspective de leur victoire en Ecosse qui n’était pas impossible (ainsi que l’avait démontré l’exemple du Roi Edward Ier) faisait craindre la constitution d’un nouvel État indépendant dans lequel l’Angleterre proprement dite serait limitée à l’est et au sud du pays.</p>



<p>D’autre part, les relations anglo-écossaises durant des siècles s’étaient établies par-delà une frontière mobile qui se déplaçait du nord au sud&nbsp;selon les fortunes de la guerre, les intérêts des seigneurs de part et d’autre, les exactions contre les populations, et l’équilibre des forces du moment.</p>



<p>Cela n’est pas sans rappeler la politique actuelle du gouvernement israélien, héritier de la colonisation britannique, avec les Palestiniens et les États arabes voisins. Il faudrait que ceux-ci réalisent que dans l’esprit des Anglo-saxons et de leurs disciples israéliens la frontière n’est pas un concept intangible issu d’une légitimité juridique mais d’un rapport de forces variable souvent influencé par la conjoncture internationale. Autrement dit, si les Arabes veulent une frontière intangible, il faut qu’ils aient les moyens d’imposer une démilitarisation du territoire situé du côté israélien.&nbsp;Il y a une urgence à le comprendre et à agir en conséquence.&nbsp; &nbsp;&nbsp;</p>



<p><em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><strong><em>‘‘Hotspur: Sir Henry Percy and the Myth of Chivalry’’, de John Sadler, éd. Pen and Sword Military, 12 mai 2022, 256 pages</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="oXXICDYZBK"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/06/the-isles-comment-albion-est-devenue-anglaise/">«The Isles» : Comment Albion est devenue anglaise</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «The Isles» : Comment Albion est devenue anglaise » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/06/the-isles-comment-albion-est-devenue-anglaise/embed/#?secret=G52ZJFAaLF#?secret=oXXICDYZBK" data-secret="oXXICDYZBK" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/17/hotspur-and-the-myth-of-chivalry-dune-fitna-anglaise-au-concept-moderne-de-frontiere/">‘‘Hotspur and the myth of chivalry’’ : d’une fitna anglaise au concept moderne de frontière</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/17/hotspur-and-the-myth-of-chivalry-dune-fitna-anglaise-au-concept-moderne-de-frontiere/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>‘‘The Anglo Saxons’’ : l’Angleterre au Moyen-âge ou la genèse d’une nation coloniale</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/16/the-anglo-saxons-langleterre-au-moyen-age-ou-la-genese-dune-nation-coloniale/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/16/the-anglo-saxons-langleterre-au-moyen-age-ou-la-genese-dune-nation-coloniale/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Oct 2022 06:27:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Anglo-Saxons]]></category>
		<category><![CDATA[Celtes]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[Ecosse]]></category>
		<category><![CDATA[église Anglicane]]></category>
		<category><![CDATA[Eglise Catholique Romaine]]></category>
		<category><![CDATA[Galles]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[Pape de Rome]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=4531203</guid>

					<description><![CDATA[<p>La supériorité morale innée des Anglais et des Américains par rapport aux peuples arabes ou musulmans ne paraît pas corroborée par les faits de l’Histoire.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/16/the-anglo-saxons-langleterre-au-moyen-age-ou-la-genese-dune-nation-coloniale/">‘‘The Anglo Saxons’’ : l’Angleterre au Moyen-âge ou la genèse d’une nation coloniale</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Si on pouvait encore entretenir une quelconque illusion relativement au respect des droits des peuples par les nations anglo-saxonnes contemporaines, la lecture de l’Histoire des peuples viendrait vite le démentir. De même, les prétentions de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis concernant une supériorité morale innée par rapport aux peuples arabes ou musulmans ne paraît pas corroborée par les faits historiques.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-4531203"></span>



<p>Les pays arabes font depuis les attentats du 11 septembre 2001 l’objet de remises en cause <em>«scientifiques»</em> de leur légitimité historique&nbsp;au nom&nbsp;de droits antérieurs des peuples autochtones conquis. A ce titre, il est depuis quelques années devenu de bon ton de défendre les droits des Berbères, des Kurdes, des Assyriens, y compris à l’autodétermination, et&nbsp; concomitamment, ceux du peuple catalan se voient nier toute reconnaissance. Peut-on, ce faisant, affirmer que l&rsquo;homogénéité actuelle des peuples occidentaux, dont la quintessence&nbsp;se situe dans le libéralisme économique et la démocratie parlementaire, leur confère plus de droits inaliénables sur leurs pays que ceux des peuples arabophones? L&rsquo;exemple de l&rsquo;Angleterre prouve que la réponse à la question n’est pas si simple.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La naissance d’une nation</h2>



<p>En 402 de l’ère universelle, après une occupation de près de quatre siècles, et suite au déferlement des Germains sur les frontières du Rhin et du Danube, les troupes romaines quittaient la Grande-Bretagne pour ne plus y revenir, laissant les populations celtes romanisées habitant l’île sans protection.</p>



<p>Le champ restait ainsi libre devant les Pictes originaires d’Ecosse, les Saxons de Germanie et les Frisons de la Mer du Nord, pour mener grâce à leur maîtrise de la navigation des raids dévastateurs contre les villes sans défense.</p>



<p>A partir de 450 les Saxons, toujours adeptes du paganisme, émigraient massivement pour coloniser l’île et y introduisaient&nbsp;le culte des dieux germains, ainsi que toutes les manifestations de la foi païenne, tels la crémation des défunts ou l’enterrement des chefs avec leurs chevaux dans des bateaux.</p>



<p>Plusieurs principautés germaniques&nbsp;apparaissaient, souvent en lutte les unes contre les autres, telles que le Kent, le Sussex, l’Essex, le Wessex, la West Anglie, la Murcie, et la Northumbrie.</p>



<p>Cette occupation provoquait la fuite des habitants soit vers certaines régions du continent, telles l’Armorique appelée désormais et pour cause Bretagne, soit vers les parties les moins hospitalières de la Grande-Bretagne, demeurées aux mains des populations celtes, comme le pays de Galles ou l’Ecosse, sinon l’Irlande.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7QxTgnONW7"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/10/langleterre-dalfred-le-grand-a-charles-iii-lattarde/">L’Angleterre, d’Alfred le Grand à Charles III «l’Attardé»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Angleterre, d’Alfred le Grand à Charles III «l’Attardé» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/09/10/langleterre-dalfred-le-grand-a-charles-iii-lattarde/embed/#?secret=BCbDybE6b2#?secret=7QxTgnONW7" data-secret="7QxTgnONW7" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les guerres d’extermination</h2>



<p>Cent cinquante&nbsp;années plus tard, le Pape de Rome envoyait une mission chargée de convertir les Saxons à la foi chrétienne ce qui soulevait déjà en soi une question, les populations celtes ayant été converties depuis l’époque Romaine à la foi chrétienne. Il semblerait que l’Eglise Catholique Romaine ait jugé politiquement plus rentable que la conversion des rois Saxons soit de son fait, et non celui de l’Église&nbsp;Celte autochtone déjà établie depuis trois siècles et qui avait sans doute adopté une attitude de résistance face aux envahisseurs.</p>



<p>Pour ce faire, l’Eglise de Rome a cautionné les guerres d’extermination menées contre les Celtes chrétiens, par les rois saxons alors qu’ils étaient encore païens, tels que Penda, sous couvert de rétablissement de l’orthodoxie, en invoquant un différend concernant&nbsp;la date de célébration de la Pâque.</p>



<p>A ce propos, l’attachement des Irlandais à la foi catholique après la fondation de l’église Anglicane par Henry VIII d’Angleterre aurait ainsi quelques siècles plus tard un soupçon de tragi comédie.&nbsp;</p>



<p>Quant aux Rois Saxons, l’exemple des Rois Francs qui en Gaule avaient légitimé leurs conquêtes grâce à l’onction religieuse du Pape, et assuré l’administration du pays conquis grâce aux clercs de l’Eglise a sans doute pesé dans leurs décisions de collaborer avec l’Église&nbsp;Latine, et pour les mêmes raisons. Et ce sont les Celtes autochtones qui en ont&nbsp;fait les frais.</p>



<p>Cependant les Francs avaient immédiatement embrassé la religion et adopté le langage des Gallo-Romains conquis. Les Saxons eux sont demeurés païens durant 150 années avant de se convertir et n’ont jamais parlé la langue du pays occupé. Et donc le Roi du Wessex Offa, contemporain de Charlemagne, s’est finalement fait sacrer par les représentants du Pape, et c’est durant son règne qu’il a été qualifié pour la première fois de <em>«Rex Anglorum»</em>, Roi des Anglais, sans doute pour se différencier des Saxons demeurés en Germanie et qui avaient été conquis et occupés par les Francs.</p>



<p>Néanmoins c’est à la même époque, vers l’année 793 que les invasions scandinaves ont commencé, et elles allaient s’étendre sur trois siècles terribles faits de guerres, de massacres, et de destructions, conduisant à l’unification du Royaume sous le Roi Edgar, puis à sa désagrégation sous Ethelred, passé à la postérité sous le qualificatif de «Unready» , le non-préparé,&nbsp;qui fut battu et chassé du pouvoir par Knut le Roi du Danemark.</p>



<p>Entretemps, les Vikings scandinaves avaient occupé toute la partie est de l’île pour fonder ces communautés que l’on qualifierait plus tard de Danelaw, ou Loi Danoise. Mais l’accession au trône,&nbsp;d’Edward le Confesseur, le fils d’Ethelred et d’Emma, fille du Duc Robert de Normandie, allait sceller le sort du Royaume Saxon&nbsp;en Grande-Bretagne. Le Roi Edward, élevé en Normandie, pour se venger de Godwine qui avait traîtreusement assassiné son frère Alfred et qui assumait la réalité du pouvoir en Angleterre, prit la décision de confier la succession du Royaume au Duc Guillaume de Normandie. Et à sa mort celui-ci débarqua en Angleterre et vainquit à Hastings l’armée des Saxons et des Danois unis qui avaient choisi Harold fils de Godwin comme Roi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une Histoire de fureur et de sang</h2>



<p>Les choses paraîtront plus compliquées lorsqu’on saura que Harold, tué durant la bataille, avait juré de reconnaître Guillaume en tant que Roi d’Angleterre, à la mort d’Edward le Confesseur, lors d’un précédent séjour en Normandie. Il n’avait pas tenu parole et cela lui avait coûté la vie.&nbsp; Après la bataille, le dernier descendant de la maison de Wessex, Edgar Atheling, arrière petit-fils d’Ethelred, et petit-fils d’Edmund Côte de Fer, dont le père Edward s’était réfugié en Hongrie, serait choisi comme Roi, mais il serait obligé de se désister au bénéfice du Duc de Normandie Guillaume, qui inaugurerait&nbsp;la période la domination normande sur l’Angleterre.</p>



<p>On peut conclure de cette Histoire pleine de fureur et de sang que l’Angleterre est issue d’une entreprise coloniale débutée par les Saxons, réaffirmée par les Vikings scandinaves, et conclue par les Normands de France. Et les populations autochtones celtes ont été spoliées, exclues ou exterminées.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="B64aeNRWgm"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/06/the-isles-comment-albion-est-devenue-anglaise/">«The Isles» : Comment Albion est devenue anglaise</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «The Isles» : Comment Albion est devenue anglaise » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/06/the-isles-comment-albion-est-devenue-anglaise/embed/#?secret=7NGry5Xqjd#?secret=B64aeNRWgm" data-secret="B64aeNRWgm" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>L’Eglise de Rome a joué un rôle fondamental dans la formation du clergé saxon qui allait fournir les cadres administratifs à l’exercice du pouvoir royal. Après l’intermède normand et français, les Rois d’Angleterre allaient puiser dans cette vieille tradition saxonne, ainsi que dans l’usage du dialecte germanique mâtiné de danois et de français, qualifié d’Anglais, les ressorts nécessaires à la cohésion de la nation qui allait à bord de ses navires s’élancer à la conquête du monde en subjuguant et en spoliant les autres peuples tout comme ses ancêtres l’avaient fait quand ils avaient débarqué venus d’&rsquo;ailleurs sur l’île qui allait constituer leur nouvelle patrie.</p>



<p>Si encore on pouvait entretenir une quelconque illusion relativement au respect des droits des peuples par les nations anglo-saxonnes contemporaines, la lecture de l’Histoire viendrait vite le démentir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comparatif avec les conquêtes arabo-musulmanes &nbsp;</h2>



<p>Cependant, la conquête de l’île par les Saxons et le triomphe final de la langue anglaise imposent une comparaison par rapport à l’extension du pouvoir politique arabe et de celui de la langue qui lui est associée. Les Arabes étant issus du désert n’étaient pas nombreux et n’ont jamais eu la maîtrise des mers en Méditerranée. Celle-ci, durant le septième siècle, était l’apanage des Grecs byzantins. Les déplacements de leurs armées dans des régions désertiques furent donc limités par l’aridité des territoires traversés. Il n’y eut, forcément, jamais de déplacements&nbsp;massifs des populations ou de remplacement d’une ethnie par une autre ainsi que cela s’est passé en Angleterre, et plus tard, en Amérique.</p>



<p>Mis à part les opérations militaires initiales et l’inévitable résistance par des peuples légitimement attachés à leur indépendance, on peut donc supposer que l’extension de la langue arabe fut généralement pacifique. Et à partir de 800, à l’époque d’Offa, de Charlemagne, et d’Haroun Errachid, Ibrahim Ibn Al-Aghlab établissait le premier Etat arabo-musulman de souche berbère au Maghreb.&nbsp;On pourrait penser que c’est la conversion à l’Islam qui a assuré l’extension de la langue arabe et sa pérennisation, d’abord par la lecture du Coran, et les dynasties proprement berbères comme les Moravides et les Almohades, qui allaient plus tard occuper le champ politique au Maghreb en puisant dans la religion leur légitimité, ne cesseraient jamais d’en faire usage dans l’administration.</p>



<p>Le contre-exemple est évidemment constitué par les Turcs et les Iraniens islamisés chez qui l’usage de la langue arabe ne s’est jamais répandu, qu’ils aient ou non été conquis militairement, mais chez qui l’Islam a constitué une source puissante de légitimation politique.</p>



<p>Il est donc plus raisonnable de penser que l’islamisation a été un phénomène par le haut, consolidé par des élites autochtones qui en ont&nbsp;retiré leur légitimité politique et la justification de leur pouvoir, autant au Maghreb, qu’en Iran ou en Transoxiane.</p>



<p>Il paraîtrait qu’en matière de légitimation politique, la principale différence entre l’Islam et le Christianisme eût été que l’Eglise Romaine cautionnât l’émergence de l’antithèse de l’universalisme chrétien, le nationalisme. Il reste à savoir pourquoi, mis à part l’Iran, d’obédience chiite, aucune dynastie sunnite à l’exception de l’émirat néo-omeyyade&nbsp;de Cordoue, n’avait franchi le pas de la rupture avec le califat, pour établir l’État national.</p>



<p>Quoiqu’il en soit, l’histoire de l’Islam contredit clairement les thèses israéliennes éminemment politiques, selon lesquelles son expansion a été le résultat d’un processus exclusif, fait de guerres, d’épurations ethniques et d’expropriations territoriales. En fait, c’est la colonisation sioniste en Palestine qui reproduit le plus fidèlement le modèle de la conquête anglo-saxonne dans les îles britanniques. La déclaration Balfour n’a été le fruit ni du hasard, ni des circonstances. L’Angleterre et les Etats-Unis, tout comme la Russie d’ailleurs, sont de grands pays. Cependant, leurs prétentions concernant une supériorité morale innée par rapport aux peuples arabes ou musulmans ne paraît pas corroborée par les faits; c’est là le moins que puisse nous apprendre l’étude de l’Histoire.</p>



<p><em>* Médecin de pratique libre.  </em>     </p>



<p><strong><em>‘‘The Anglo Saxons : a history of the begenings of England’’, de Marc Morris, éd. Pegasus Books, 20 juillet 2021, 528 pages.  </em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/16/the-anglo-saxons-langleterre-au-moyen-age-ou-la-genese-dune-nation-coloniale/">‘‘The Anglo Saxons’’ : l’Angleterre au Moyen-âge ou la genèse d’une nation coloniale</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/16/the-anglo-saxons-langleterre-au-moyen-age-ou-la-genese-dune-nation-coloniale/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>7</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Environnement : Enjeux géopolitiques de la COP26 à Glasgow</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/29/environnement-enjeux-geopolitiques-de-la-cop26-a-glasgow/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/29/environnement-enjeux-geopolitiques-de-la-cop26-a-glasgow/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Oct 2021 08:52:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[COP26]]></category>
		<category><![CDATA[Ecosse]]></category>
		<category><![CDATA[émissions de GES]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Glasgow]]></category>
		<category><![CDATA[neutralité carbone]]></category>
		<category><![CDATA[politique climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://kapitalis.com/tunisie/?p=367832</guid>

					<description><![CDATA[<p>À l&#8217;approche de la COP26, la politique climatique mondiale connaît une profusion d’annonces qui seront mises à l’épreuve durant les deux premières semaines du mois de novembre 2021. Entre pays ayant établi des objectifs de neutralité carbone pour 2050 (les États-Unis et l’Union Européenne) et d’autres plutôt vers 2060 (la Russie, la Chine), le défi...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/29/environnement-enjeux-geopolitiques-de-la-cop26-a-glasgow/">Environnement : Enjeux géopolitiques de la COP26 à Glasgow</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/10/COP26-Glasgow-Ecosse-Ph-Nidhal-Attia.jpg" alt="" class="wp-image-367833"/><figcaption><em>Le site où se tiendront les pourparlers de la COP26 à Glasgow, en Ecosse, du 31 octobre au 12 novembre 2021 (Crédits photo&nbsp;: @Nidhal Attia).</em></figcaption></figure></div>



<p><em><strong>À l&rsquo;approche de la COP26, la politique climatique mondiale connaît une profusion d’annonces qui seront mises à l’épreuve durant les deux premières semaines du mois de novembre 2021. Entre pays ayant établi des objectifs de neutralité carbone pour 2050 (les États-Unis et l’Union Européenne) et d’autres plutôt vers 2060 (la Russie, la Chine), le défi majeur réside non dans les dates butoirs, mais dans la transformation de ces promesses tonitruantes en de véritables actions concrètes et d’établir des mécanismes de mise en œuvre transparents, capables d’entraîner de réelles réductions des émissions. La société civile internationale interpelle déjà les chefs d’États à atteindre <a href="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScUG0lhM1VWsVzMKbWO7My7Vvlq-j4Wb5SRpNxmM4SclF-FzQ/viewform">un ‘’vrai zéro’’ fondé sur des transformations réelles</a> pour éviter que ces objectifs de neutralité ne soient des couvertures pour le business-as-usual.</strong></em></p>



<p>Par <strong>Nidhal Attia</strong><em>, expert en climat</em> *</p>



<span id="more-367832"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/10/Nidhal-Attia-2.jpg" alt="" class="wp-image-367838"/></figure></div>



<p>Des années passent depuis la naissance du processus des COP, de même que les négociations…se succèdent. Des négociations sur le climat sans envergure, ni des résultats notables s’enchaînent, sans que cela puisse apporter des résultats significatifs. À l’issue de chaque sommet, nous nous contentons de quelques décisions qui probablement réconfortent l’esprit des négociateurs et des pays riches mais, demeurent sans nul doute, loin des attentes de la société civile internationale et des exigences de la situation actuelle très particulière où les effets du changement climatique sont plus que jamais, une véritable menace.</p>



<p>Des solutions radicales et audacieuses sont attendues cette année pour rompre avec les fausses promesses et pour redonner à la diplomatie climatique son noble sens. Toutefois, de telles décisions doivent non seulement garantir la transparence requise en relation avec la mise en œuvre des, mais encore et surtout, renforcer l’esprit de solidarité entre les pays développés et les pays fortement impactés, de même que ceux considérés comme vulnérables. Sans nul doute, la lutte contre le changement climatique et ses impacts inéluctables nécessitent des efforts à grande échelle, c’est à dire planétaire, judicieusement orchestrés et soutenus par des puissantes politiques climatiques et une action climatique méthodique, coordonnée qui aille dans le même sens et qui soit à la hauteur du défi climatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">État des lieux de la réduction des émissions</h2>



<p>Plus tôt cette semaine, le Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud) a partagé son rapport annuel sur l’état des lieux de la réduction des émissions des gaz à effet de serre (GES) pour 2021. Le rapport intitulé <em><a href="https://www.unep.org/resources/emissions-gap-report-2021">‘’The Heat is On’’</a> </em>conclut que les engagements pris pour 2030 et ceux relatifs à la neutralité carbone nous mettent sur une trajectoire d’émission qui atteindra les 2,7°C vers 2100. Ce qui implique que ce chiffre est en deçà de celui de 2019, où les engagements nous menaient vers 2,9°C à la fin du siècle en cours. Par conséquent ce résultat est considéré comme insuffisant pour rester au-dessous des 1,5°C défendus par les scientifiques et ciblés par l’Accord de Paris (article 2 de l’Accord).</p>



<p>Afin d’éviter des conséquences climatiques désastreuses et rester au-dessous des 1,5°C, le rapport souligne qu’il faut réduire de moitié les émissions mondiales pour chacune des huit prochaines années. Pour rappel, nous sommes déjà à environ 1,2°C d’augmentation de la température moyenne sur Terre depuis la période pré-industrielle.</p>



<p>Il est donc clair que nous devons afficher davantage nos ambitions et faire preuve de plus de fermeté pour réussir la COP26. Tout doit se faire dans les règles de l’art, c’est-à-dire mettre en exergue la solidarité et faire en sorte que les engagements pris soient crédibles et réalistes. Bien évidemment, les grandes économies mondiales ont la responsabilité de guider l’action climatique et de montrer la voie aux autres parties signataires de la convention onusienne sur le climat. A quelques jours de la très attendue COP26 à Glasgow, en Écosse, plusieurs questions se posent et de manière légitime quant à l’engagement des pays riches.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les positions récentes des grands pays émetteurs</h2>



<p>Dans la seconde partie de mon exposé, je présenterai un aperçu des positions récentes annoncées par certains pays émetteurs. Ces positions influenceront certainement les pourparlers et seront perçues comme des messages clés par les autres États membres de la Convention, avant le démarrage de la COP26 prévu pour ce dimanche.</p>



<p><strong>Russie&nbsp;: </strong>la COP26 se déroulera sans le président russe <a href="https://www.bbc.co.uk/news/world-europe-58977993?at_campaign=KARANGA&amp;at_medium=RSS&amp;utm_campaign=Carbon%20Brief%20Daily%20Briefing&amp;utm_content=20211021&amp;utm_medium=email&amp;utm_source=Revue%20Daily">Vladimir Poutine</a>. Le Kremlin n’a pas expliqué les raisons de son absence, mais a tenu à assurer que le dossier climatique figure toujours parmi les priorités de la Russie.</p>



<p>Retarder la transition énergétique n’est plus une attitude viable pour la Russie sur le plan économique puisque les exportations russes de métaux et de combustibles fossiles dépendent fortement d’une Union Européenne qui est en phase de conversion vers le renouvelable et vers une économie sobre en carbone. De même, les données scientifiques attestent que certains territoires russes se réchauffent<a href="https://tass.com/society/1079636"> deux fois plus vite</a> que la moyenne mondiale. Ce qui explique en partie les incendies de forêts record en juin 2021 en Sibérie, ou encore la <a href="https://www.sudouest.fr/environnement/meteo/en-russie-moscou-frappe-par-une-vague-de-chaleur-historique-3874069.php">vague de chaleur historique</a> à Moscou durant le même mois.</p>



<p>La Russie avait déjà présenté ses objectifs de neutralité carbone vers 2060 mais, attisent les critiquent en se basant sur la quantité de carbone absorbée par les forêts plutôt que de prendre en compte les nécessaires et radicales réduction des émissions.</p>



<p><strong>États-Unis&nbsp;: </strong>sans surprise, l’actuel président Joe Biden ne ratera pas l’inauguration de ce 26<sup>e</sup> sommet du climat et sera présent avec une délégation renforcée de hauts-représentants, dans le but de manifester la sensibilité de son gouvernement pour la cause climatique. Il faut savoir que le programme climatique national de Biden, à travers lequel il entend remplacer rapidement les centrales électriques nationales alimentées au charbon et au gaz par de l&rsquo;énergie éolienne, risque d&rsquo;être compromis à cause de l&rsquo;opposition obstinée d&rsquo;un sénateur démocrate qui détient un vote décisif. Une autre figure américaine se rendra à Glasgow. Il s’agit de l’ancien président, Barrack Obama qui se rendra à Glasgow pour participer à la COP26 dans l’optique de soutenir les jeunes selon le journal <a href="https://www.reuters.com/business/environment/obama-attend-glasgow-climate-summit-meet-with-youth-activists-2021-10-15/?utm_campaign=Carbon%20Brief%20Daily%20Briefing&amp;utm_content=20211018&amp;utm_medium=email&amp;utm_source=Revue%20Daily">Reuters</a>.</p>



<p>La participation du <a href="https://www.wri.org/insights/interactive-chart-shows-changes-worlds-top-10-emitters">deuxième plus grand émetteur de GES</a> devrait réaffirmer l’engagement des États-Unis dans la politique climatique mondiale après le quinquennat de Donald Trump qui a complètement marginalisé le dossier climatique. Dans la même optique, la première économie mondiale devrait encourager et inciter les pays riches, encore réticents comme l’Australie, à se doter de plans ambitieux et robustes.</p>



<p><strong>Allemagne&nbsp;: </strong>de l’autre côté de l’Atlantique, la coalition allemande fraîchement élue fera probablement le déplacement en Ecosse pour réitérer ses promesses d’abandonner le charbon, qui est la principale source d’énergie en Allemagne. Les membres de la coalition ont <a href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2021-10-15/german-coalition-eyes-2030-coal-exit-eight-years-ahead-of-plan?sref=Oz9Q3OZU&amp;utm_campaign=Carbon%20Brief%20Daily%20Briefing&amp;utm_content=20211018&amp;utm_medium=email&amp;utm_source=Revue%20Daily">déjà annoncé</a> qu’une sortie du charbon vers 2030 s’impose pour verdir la plus grande puissance économique en Europe et pour limiter sa dépendance aux énergies fossiles.</p>



<p><strong>Royaume-Uni&nbsp;: </strong>concernant l’engagement du pays hôte, le premier ministre Boris Johnson aborde la COP26 avec un programme de neutralité carbone ambitieux, <a href="file:///C:\\Daten\\he%20plan%20was%20the%20most%20comprehensive%20in%20the%20G20%20and%20strengthened%20the%20position%20of%20the%20UK%20as%20it%20prepares%20to%20preside%20over%20the%20Cop26%20summit">considéré par le Comité Britannique sur le Changement Climatique (Commitee on Climate Change),</a> parmi les plans les plus ambitieux du G20. En effet, après plusieurs reports, ce plan vient donner plus de crédibilité au pays qui présidera le sommet. Le premier ministre admet tout de même la complexité de la mission et ne cache pas sa grande <a href="https://news.sky.com/story/cop26-boris-johnson-very-worried-climate-conference-will-not-be-a-success-12444269?utm_campaign=Carbon%20Brief%20Daily%20Briefing&amp;utm_content=20211026&amp;utm_medium=email&amp;utm_source=Revue%20Daily">inquiétude</a> que la COP26 ne parvienne pas à livrer des décisions à la hauteur de l’évènement.</p>



<p><strong>La Chine</strong> figure parmi les pays à suivre de près durant la COP26 puisque le pays a envoyé un signal fort à la communauté internationale <a href="https://www.bbc.co.uk/news/science-environment-54256826">en septembre</a>, en s’engageant à atteindre le pic des émissions avant 2030, de sorte que la neutralité carbone soit réalisée vers l’horizon de 2060. D’ailleurs, il est attendu que le pays présente ses objectifs actualisés de réduction des émissions dans la foulée de la COP26. Le président chinois Xi Jinping ne devrait pas assister à la réunion en personne, mais y participera à distance. La Chine sera donc représentée à Glasgow par l&rsquo;envoyé pour le climat et le vice-ministre de l&rsquo;environnement.</p>



<p><strong>L&rsquo;<a href="https://economictimes.indiatimes.com/news/india/india-set-to-update-its-2030-climate-targets-under-paris-agreement/articleshow/87098192.cms?utm_campaign=Carbon%20Brief%20Daily%20Briefing&amp;utm_content=20211018&amp;utm_medium=email&amp;utm_source=Revue%20Daily">Inde</a></strong> est le troisième plus grand émetteur des GES. La mise à jour de ses engagements est encore attendue, notamment après le dépassement de l’échéance établie par la CCNUCC pour le 12 octobre. Il est possible que l’Inde s’engage à réduire <a href="https://economictimes.indiatimes.com/news/india/india-set-to-update-its-2030-climate-targets-under-paris-agreement/articleshow/87098192.cms?utm_campaign=Carbon%20Brief%20Daily%20Briefing&amp;utm_content=20211018&amp;utm_medium=email&amp;utm_source=Revue%20Daily">entre 46 et 48% son intensité carbone</a>. La neutralité carbone de son économie reste repoussée par le gouvernement indien qui estime que cela va à l’encontre des plans et des besoins de développement de son pays.</p>



<p><strong>Australie&nbsp;: </strong>le premier ministre Scott Morisson a annoncé les plans de son gouvernement pour la neutralité carbone vers 2050 sans s’exprimer sur les objectifs de baisse des émissions de son pays établis en 2015. Nous pouvons donc comprendre que l’Australie se projette sur le long terme, après plusieurs années d’inaction climatique, sans intervenir au niveau de ses objectifs intermédiaires de 2030. D’ailleurs, le nouveau plan climatique australien fait face à des critiques virulentes, notamment <a href="https://www.theguardian.com/australia-news/2021/oct/26/scott-morrison-says-australia-2050-net-zero-emissions-plan-based-on-choices-not-mandates?utm_campaign=Carbon%20Brief%20Daily%20Briefing&amp;utm_content=20211026&amp;utm_medium=email&amp;utm_source=Revue%20Daily">de la part de l’opposition et du Parti Travailliste qui le qualifie d’ »arnaque’’</a>. Le pays continent, considéré comme un géant des énergies fossiles, du fait de sa forte production et son exportation du charbon, <a href="https://www.climatecouncil.org.au/wp-content/uploads/2021/10/From-Paris-to-Glasgow_V6-FA_Low_Res_Single_Pages_edit.pdf">se trouve classé dernier (31</a><a href="https://www.climatecouncil.org.au/wp-content/uploads/2021/10/From-Paris-to-Glasgow_V6-FA_Low_Res_Single_Pages_edit.pdf"><sup>e</sup>)</a> dans la liste des efforts déployés par les pays riches, en matière de réduction des émissions et d’augmentation des ambitions. Ainsi, l&rsquo;Australie pourrait subir une pression internationale pour renforcer ses engagements en matière de climat.</p>



<p><strong>Le G20&nbsp;: </strong>dans <a href="https://www.reuters.com/article/climate-un-g20-finance/un-urges-g20-to-ensure-finance-sectors-climate-pledges-are-solid-idUSL8N2RL2MX?utm_campaign=Carbon%20Brief%20Daily%20Briefing&amp;utm_content=20211027&amp;utm_medium=email&amp;utm_source=Revue%20Daily">une lettre</a> adressée cette semaine aux pays membres du G20, les Nations Unies les exhortent à durcir leurs engagements considérés comme faibles, notamment après la parution du dernier rapport d’évaluation du GIEC en août, intitulé ‘’Code Rouge pour l’humanité’’ et qui assoit que des réductions immédiates et radicales des émissions sont nécessaires. Les Nations Unies appellent aussi les pays du G20 à mettre fin au financement des nouveaux projets à base de combustibles fossiles.</p>



<p>À l&rsquo;approche de la COP26, la politique climatique mondiale connaît une profusion de décisions et d’annonces qui seront mises à l’épreuve durant les deux premières semaines du mois de novembre. Entre pays ayant établi des objectifs de neutralité carbone pour 2050 (les États-Unis et l’Union Européenne) et d’autres plutôt vers 2060 (la Russie, la Chine), le vrai défi réside dans la transformation de ces promesses en de véritables actions concrètes et d’établir des mécanismes de mise en œuvre transparents, capables d’entraîner de réelles réductions des émissions.</p>



<p>Face à ces annonces qui émergent chaque jour, il faut faire attention à ne pas galvauder le principe de neutralité carbone et le vider de son sens avec les pratiques du <em>greenwashing</em> et les fausses promesses qui ne feront que retarder l’action. Par conséquent, compromettre l’avenir et contraindre les communautés touchées par les impacts du changement climatique à subir davantage les effets ingérables de la crise climatique. La société civile internationale reste <a href="https://foe.org/news/350-groups-condemn-net-zero/">sereine</a> et ne faiblit pas face aux tentatives de détourner le débat de la vraie action climatique vers des demi-mesures. D’ailleurs, c’est son rôle de rester à l’affût des manigances des pays riches et des lobbies qui s’incrustent dans les débats.</p>



<p>Les pourparlers s’annoncent mouvementés et tous les scénarios sont possibles dans cette cruciale COP26.</p>



<p><em>* Coordinateur du programme de développement durable et des politiques environnementales à la Fondation Heinrich Böll.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/29/environnement-enjeux-geopolitiques-de-la-cop26-a-glasgow/">Environnement : Enjeux géopolitiques de la COP26 à Glasgow</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/29/environnement-enjeux-geopolitiques-de-la-cop26-a-glasgow/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
