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	<title>Archives des François Soudan - Kapitalis</title>
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	<title>Archives des François Soudan - Kapitalis</title>
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		<title>Il y a deux ans, mourait Bechir Ben Yahmed, l’«Africain capital»</title>
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		<pubDate>Wed, 03 May 2023 07:32:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En cette journée mondiale de la liberté de la presse, une pensée pour Bechir Ben Yahmed, l’un des plus grands journalistes et patrons de presse des cent dernières années en Tunisie, en France et dans le monde, qui nous a quittés il y a deux ans jour pour jour. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/03/il-y-a-deux-ans-mourait-bechir-ben-yahmed-lafricain-capital/">Il y a deux ans, mourait Bechir Ben Yahmed, l’«Africain capital»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Coïncidence ou clin d’œil du destin, le 3 mai 2021, journée mondiale de la liberté de la presse, mourait Bechir Ben Yahmed, l’un des plus grands journalistes et patrons de presse des cent dernières années en Tunisie, en France et dans le monde. Il a rendu l’âme à l’hôpital parisien Lariboisière à Paris des suites d’une contamination au Covid-19. Il avait 93 ans.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Ridha Kefi</strong></p>



<span id="more-7727915"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/03/Ridha-Kefi.jpg" alt="" class="wp-image-203122"/></figure></div>


<p>BBY, comme on aimait l’appeler au sein de la rédaction de <em>Jeune Afrique</em>, était l’un des plus importants témoins de l’Afrique des indépendances à la période postcoloniale et qui a eu la chance de connaître ou de côtoyer la plupart des personnalités emblématiques du continent africain, mais aussi du Maghreb, du Monde arabe et du tiers-mode en général, de Bourguiba à Nasser, en passant par Che Guevara, Ho Chi Minh, Franz Fanon, Ben Bella, Lumumba,&nbsp;Senghor, Houphouët-Boigny, Mobutu, Hassen II, Bouteflika ou Caïd Essebsi… pour ne citer que ceux-là.</p>



<p>A sa mort, François Soudan, son collaborateur depuis longtemps, devenu son successeur à la tête de la rédaction de <em>Jeune Afrique</em>, aux côtés de son fils Marwane Ben Yahmed, a salué la mémoire d’un<em> «Africain capital»</em>, qui réussit <em>«une foisonnante traversée du siècle qui vit, dans un singulier alignement de planètes, coïncider la vie d’un homme, la réussite d’une entreprise et l’émergence d’un continent»</em>, phrase qui aurait constitué la plus belle épitaphe pour cet enfant de Djerba, qui a marqué de son empreinte la vie d’une Afrique à laquelle il crût très tôt et qu’il servit sa vie durant avec le même dévouement.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un journal panafricain pour les Noirs et les Arabes</h2>



<p>Bechir Ben Yahmed était le benjamin d’une fratrie nombreuse, diplômé de HEC Paris et que sa famille destinait à une carrière dans le commerce, comme le reste de ses frères. Mais il a découvert, presque en même temps, la politique, le journalisme et l’Afrique. Et son destin s’est noué le jour où, jeune étudiant à Paris, membre du Néo-Destour, il a été chargé par Mohamed Masmoudi d’assurer la liaison entre Bourguiba et la délégation&nbsp;tunisienne, présidée par Tahar Ben Ammar qui négociait, en avril 1955 à Paris, l’autonomie interne puis l&rsquo;indépendance de la Tunisie. </p>



<p>Rentré au pays le 1<sup>er</sup> juin de la même année dans le bateau qui ramenait Bourguiba au port de la Goulette, son avenir sera tracé. Le plus jeune secrétaire d’Etat chargé de l’information dans le Premier cabinet Bourguiba, à 28 ans, il créera et dirigera l’hebdomadaire <em>L’Action, </em>mais il ne tardera pas à se sentir à l’étroit dans le nouveau rôle qui lui est attribué. Un éditorial où il critiquait le sort réservé à Tahar Ben Ammar déclencha la colère de Bourguiba, qui lui interdit l’utilisation du titre <em>L’Action</em>, dont il prétendait posséder les droits. Et c’est ainsi qu’il dût démissionner et rééditer l’hebdomadaire, deux ans plus tard, sous une nouvelle appellation d’<em>Afrique Action</em>. C’était en 1960. Entretemps, il avait créé une entreprise de travaux publics et mit les premiers jalons de ce qui deviendra par la suite l’hôtel Africa, au centre-ville de Tunis.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="gwwLTpkhcv"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/04/la-tunisie-saura-t-elle-honorer-dignement-la-memoire-de-bechir-ben-yahmed/">La Tunisie saura-t-elle honorer dignement la mémoire de Béchir Ben Yahmed ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie saura-t-elle honorer dignement la mémoire de Béchir Ben Yahmed ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/04/la-tunisie-saura-t-elle-honorer-dignement-la-memoire-de-bechir-ben-yahmed/embed/#?secret=XM075dW4iZ#?secret=gwwLTpkhcv" data-secret="gwwLTpkhcv" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Témoignant de son état d’esprit de l’époque&nbsp;lorsqu’il avait opté pour le titre <em>Afrique Action</em>, BBY a écrit dans ses mémoires intitulés <em>‘‘J’assume’’</em>, parues en 2021, peu de temps avant sa mort&nbsp;: <em>«Un journal panafricain pour les Noirs et les Arabes. Plus j’avançais, plus je sentais qu’il n’y avait pas de différence de civilisation entre eux. Durant tous mes échanges avec Lumumba, je m’étais senti en parfaite harmonie. Ce sentiment de fraternité ne s’explique pas. Il était profondément ancré en moi»</em>. <em>«A l’époque,</em> se souvient encore Ben Yahmed,<em> l’Afrique, ça n’existe pas, moi, je ne la connaissais pas. Pourtant, avec une grande insouciance, je me suis dit qu’il fallait un journal pour tout le continent»</em>. <em>«L’Afrique était jeune et belle. Nous aussi»</em>, dira-t-il aussi, en évoquant les discussions qu’il eût à l’époque à ce propos avec Tom Brady, correspondant du <em>New York Times</em> à Tunis, Jean Daniel, qui sera blessé à la guerre de Bizerte et deviendra directeur du <em>Nouvel Observateur</em>, Mohamed Ben Smail, et Guy Sitbon qui furent parmi les premiers rédacteurs en chefs de l’hebdomadaire.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1000" height="1000" data-id="7728189" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Bourguiba-Ben-Ammar-Ben-Yahmed-Mestiri.jpg" alt="" class="wp-image-7728189" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Bourguiba-Ben-Ammar-Ben-Yahmed-Mestiri.jpg 1000w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Bourguiba-Ben-Ammar-Ben-Yahmed-Mestiri-300x300.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Bourguiba-Ben-Ammar-Ben-Yahmed-Mestiri-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Bourguiba-Ben-Ammar-Ben-Yahmed-Mestiri-768x768.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Bourguiba-Ben-Ammar-Ben-Yahmed-Mestiri-120x120.jpg 120w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Bourguiba-Ben-Ammar-Ben-Yahmed-Mestiri-360x360.jpg 360w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Bourguiba-Ben-Ammar-Ben-Yahmed-Mestiri-580x580.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Bourguiba-Ben-Ammar-Ben-Yahmed-Mestiri-860x860.jpg 860w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



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<p><em><strong>Ph.1 </strong>: Habib Bourguiba, Abdallah Farhat, Bechir Ben Yahmed et Ahmed Mestiri. <strong>Ph.2 </strong>: Habib Bourguiba, Richard Nixon, Béchir Ben Yahmed et Mongi Slim. </em></p>



<p>C’est finalement un éditorial sur la guerre de Bizerte paru en octobre 1961 où il parlait d’<em>«orgueil»</em>, de<em> «mépris»</em> et de <em>«pouvoir personnel»</em> qui allait sceller la rupture avec Bourguiba. <em>«Tes arguments sont valables,</em> admet ce dernier<em>, mais ils ne s’appliquent pas dans mon cas, je saurai éviter les pièges que tu décris.»</em> On saura, par la suite, ce qu’il sera advenu du <em>«pouvoir personnel»</em> de celui qui n’allait pas tarder à se faire appeler <em>«Le Combattant Suprême»</em>. Mais si la rupture eût lieu entre les deux hommes, elle ne sera pas définitive parce que, comme le dira l’éditeur de presse, ils ont toujours eu beaucoup d’estime l’un pour l’autre et Bourguiba l’a toujours considéré comme un second fils.</p>



<p>Pour Ben Yahmed, toutefois, cette rupture n’en sera jamais une, puisque tout en partant pour Rome en 1962 pour créer <em>Jeune Afrique</em>, puis en installant son hebdomadaire à Paris, en 1964, pour être plus près de l’Afrique francophone dont le sort se jouait à l’époque dans la capitale française, l’éditeur de presse a gardé des liens très forts avec la Tunisie jusqu’à mort.</p>



<p>Entre les années soixante et quatre-vingt du siècle dernier qui furent celles des indépendances africaines, <em>Jeune Afrique</em> connût ses années les plus fastes. Sa rédaction réunissait la fine fleur de l’intelligentsia africaine et arabe de cette époque, de Kateb Yacine à Amin Maalouf, en passant par Ibrahima Signaté, Georges Henein, Justin Vieyra, Sennen Andriamirado, Siradou Diallo, Habib Boularès, Hamid Barrada, Sophie Bessis ou encore Hamza Kaidi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conscience collective d’un continent entier</h2>



<p>BBY, qui dirigeait l’équipe rédactionnelle la plus internationale et, si je puis dire, la plus colorée de la place parisienne, savait gommer les différences, créer des synergies, développer des liens transversaux permettant un dialogue permanent, parfois houleux, entre les composantes d’une rédaction qui était au tiers composée d’Européens, de Maghrébins et d’Africains subsahariens.</p>



<p>Et à ce propos, je citerai volontiers une phrase de Bechir Ben Yahmed dans un entretien de 2010&nbsp;où il expliquait l’origine du succès de son magazine auprès des Subsahariens: <em>«C’est ma grande fierté, c’est la grande réussite de ce journal. Je suis prémuni contre le racisme depuis mon enfance. Je ne sais pas ce que c’est. Et ça aide beaucoup»</em>.</p>



<p>Il faut dire que durant son enfance à Mahboubine à Djerba, il avait côtoyé deux minorités&nbsp;: les juifs et les noirs. Il témoigne dans le même entretien à propos des juifs de son île natale&nbsp;: <em>«Je suis d’une île, Djerba, où la présence juive est millénaire. Ils étaient très pauvres, plus pauvres encore que les musulmans. Je les voyais vivre. Ils étaient travailleurs, et volontaires bien que quasiment analphabètes. A Djerba, nous avons aussi – héritage de l’Histoire – une petite&nbsp; minorité noire totalement intégrée.&nbsp;Je suis donc prémuni contre le racisme et l’antisémitisme»</em>. </p>



<p>Ces propos ont une résonnance particulière, surtout aujourd’hui où la Tunisie semble tourner le dos au continent auquel elle a donné son nom et où le racisme décomplexé s’exprime désormais aux plus hautes sphères de l’Etat. &nbsp;&nbsp;</p>



<p>A propos des relations, tour à tour, heurtées et apaisées, de Ben Yahmed avec les dirigeants du continent, Hervé Bourges, l’ancien dirigeant de l’audiovisuel français, dans son <em>Dictionnaire amoureux de l’Afrique</em>, avait eu cette belle phrase qui explique cet attachement réciproque malgré les incompréhensions et les malentendus passagers&nbsp;: <em>«Il fut le premier en Afrique à exercer ce noble métier. Le confident, l’interlocuteur quotidien, le partenaire </em>[des dirigeants du continent]<em> dans cette construction de l’expression africaine nouvelle. Bien sûr, ils ont parfois interdit son journal, l’ont autorisé à nouveau, ils se sont brouillés avec lui, l’ont aimé ou l’ont détesté. Ils l’ont toujours estimé.» </em>Et il conclut que <em>Jeune Afrique</em> <em>«en est venu à représenter une forme de conscience collective d’un continent entier, que la presse internationale avait du mal à comprendre. Rôle exigeant, impossible à tenir. Et pourtant, le défi a été non seulement relevé, mais atteint.»</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="LVxKjgW51n"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/03/in-memoriam-bechir-ben-yahmed-celebre-et-meconnu/">In memoriam : Béchir Ben Yahmed, célèbre et méconnu</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« In memoriam : Béchir Ben Yahmed, célèbre et méconnu » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/03/in-memoriam-bechir-ben-yahmed-celebre-et-meconnu/embed/#?secret=emYXAN4SD1#?secret=LVxKjgW51n" data-secret="LVxKjgW51n" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Ben Yahmed explique&nbsp;en parlant des Africains subsahariens : <em>«Ils ont compris que nous avons fait nôtres leur cause et leur combat, et que nous sommes liés par une communauté de destin. Et je crois qu’ils ont eu raison parce que c’est vrai. Il n’y a pas de différence entre la guerre du Vietnam, la guerre d’Algérie ou la guerre du Congo. C’est la lutte pour l’indépendance. Ils l’ont bien senti.»</em> Et il ajoute&nbsp;: <em>«Les Subsahariens qui arrivent à </em>Jeune Afrique<em> se sentent chez eux. Je connais évidemment mieux l’Afrique du Nord et les problèmes du Moyen-Orient, mais je ne fais pas de différence. Tout au long de son histoire et jusqu’à ce jour, </em>Jeune Afrique<em> a compté dans ses rangs des Africains – noirs et blancs –, des Juifs, des Arabes, des musulmans, des animistes, des chrétiens et des athées. Cela marche assez bien parce que </em>Jeune Afrique<em> n’est pas un journal de Blancs qui emploient des Noirs. Ce n’est pas du tout ça.»</em></p>



<p>On peut penser que l’esprit humaniste qui fût derrière le parcours exceptionnel de cet homme qui a incarné plus que tout autre, entre 1958 et 2021, cette communauté de destin entre les peuples du nord et du sud du Sahara, aurait une dimension générationnelle et qu’aujourd’hui, les données géopolitiques et les conditions historiques ont changé, mais une telle explication, si elle renferme une petite part de vérité, ne devrait en aucun cas justifier&nbsp;la montée du racisme et du nationalisme que l’on observe aujourd’hui, et pas seulement en Tunisie, ni dérober, à nos yeux, l’importance de l’engagement personnel contre ces fléaux contre lesquels on devrait tous s’<em>«immuniser»</em> pour utiliser le terme de Ben Yahmed.</p>
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		<title>In memoriam : Béchir Ben Yahmed, célèbre et méconnu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 May 2021 13:26:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Béchir Ben Yahmed, directeur fondateur de Jeune Afrique, un grand journaliste et un fin analyste des affaires du monde, vient de nous quitter ce matin, lundi 3 mai 2021, dans un hôpital parisien. Il avait 93 ans. Sa mort intervient le jour de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/03/in-memoriam-bechir-ben-yahmed-celebre-et-meconnu/">In memoriam : Béchir Ben Yahmed, célèbre et méconnu</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Bechir-Ben-Yahmed.jpg" alt="" class="wp-image-347733"/><figcaption><em>Ph. Bruno Lévy</em>.</figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Béchir Ben Yahmed, directeur fondateur de Jeune Afrique, un grand journaliste et un fin analyste des affaires du monde, vient de nous quitter ce matin, lundi 3 mai 2021, dans un hôpital parisien. Il avait 93 ans. Sa mort intervient le jour de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse et cette coïncidence est très symbolique de son parcours et de ses combats. En cette douloureuse circonstance, je voudrai partager ce modeste témoignage sur un homme, qui a beaucoup compté dans mon parcours professionnel et humain.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Ridha Kéfi</strong></p>



<span id="more-347740"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/03/Ridha-Kefi.jpg" alt="" class="wp-image-203122"/></figure></div>



<p>J’ai eu la chance de connaître de près Feu Mohamed Ben Smail, fondateur de Cérès éditions, qui a édité certains de mes livres et c’est grâce à lui que j’ai eu la chance de connaître Béchir Ben Yahmed, son ami de toujours, et de travailler sous sa direction rigoureuse et éclairée.</p>



<p>Avant de connaître de près les deux hommes, qui, dans les années 1970-1980 étaient déjà au faîte de la notoriété, j’étais jeune écrivain et journaliste débutant et ils étaient pour moi des maîtres, des modèles sinon même des idoles.</p>



<p>J’ai dit que c’est Si Mohamed qui m’a recommandé à Si Béchir. C’était en 1994. Souhayer Belhassen et Sophie Bessis qui ont longtemps couvert la Tunisie pour<em> ‘‘Jeune Afrique’’ </em>étaient parties. Le magazine avait besoin de quelqu’un pour remplir le vide laissé à Tunis et Tunis comptait beaucoup pour le magazine.</p>



<p>À l’époque, j’étais rédacteur en chef adjoint du journal<em> ‘‘Le Temps’’</em> et j’avais maille à partir avec Abdelwaheb Abdallah, le chien de garde de Ben Ali, qui a exigé de la direction de Dar Assabah et a même obtenu que je n’écrive plus d’éditoriaux ou de chroniques. J’étais frustré et Si Mohamed était mon confident. C’est ainsi que sa recommandation m’a ouvert les portes de <em>‘‘Jeune Afrique’’.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Ma première rencontre avec BBY</h3>



<p>Je me souviendrais toujours de ma première rencontre avec Béchir Ben Yahmed, dans son bureau de la rue d’Auteuil, dans le 16e arrondissement parisien. J’allais passer douze ans dans cette maison, les plus belles années de ma vie de journaliste.</p>



<p>On dit que la première impression est toujours la bonne et le premier quart d’heure que j’ai passé avec BBY, comme l’appellent tous ses journalistes, a été décisif. L’homme m’a paru exactement à l’image qu’on a de lui : rigoureux, concis et précis dans ses questions, attentif aux moindres hésitations, à l’affût de tout signe qui lui permettrait de confirmer une première appréciation. J’étais immédiatement recruté, car il avait beaucoup d’amis à Tunis et il s’était informé. J’apprendrai plus tard qu’il ne s’est pas contenté de jeter un coup d’œil à mon CV ou à la sélection d’articles que je lui avais envoyée, il m’avait demandé une lettre manuscrite et avait fait réaliser mon analyse graphologique. L’une de ses trois secrétaires me le montrera, plusieurs années plus tard.</p>



<p>C’est un aspect qui m’a surpris de la part de cet homme rationaliste, dialecticien, féru de science et de technologie. Il faisait alors faire des études graphologiques des collaborateurs qu’il allait recruter. Mais pas seulement. Il le faisait aussi, parfois, avec certains de ses invités ou même des dirigeants politiques dont il parvenait à avoir un texte manuscrit : c’est un élément d’appréciation supplémentaire pour appréhender les hommes, leurs qualités, leurs défauts, ou leurs destins. Et pour un journaliste ce sont des informations importantes à connaître pour mieux apprécier les hommes et leurs actions.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ni trop près ni trop loin des hommes politiques</h3>



<p>Pour revenir aux débuts de Si Béchir dans la politique et dans la presse, je dirai qu’il a eu la chance inouïe de se retrouver à Paris, étudiant dans une école du commerce, au milieu des années 1950, à un moment où les dirigeants Tunisiens négociaient l’indépendance. C’est ainsi qu’il a côtoyé les Habib Bourguiba, Tahar Ben Ammar, Mongi Slim et d’autres. Il a été pour ainsi dire aux premières loges, car il n’était jamais loin de la salle où se passaient les négociations tuniso-françaises. Et transmettait souvent à Bourguiba des détails importants sur les points d’achoppement des discussions. Il avait même, m’a-t-on appris, fait le chauffeur pour Bourguiba. C’est donc tout naturellement qu’au lendemain de l’indépendance, il s’est retrouvé membre d’un gouvernement formé en majorité de jeunes.</p>



<p>Cependant, si BBY était fasciné par la politique, il n’a jamais été ce qu’on peut appeler un politicien. Il était un bon chef d’équipe et un bon chef d’orchestre, qui aimait diriger des hommes et des femmes pour les aider à tirer le meilleur d’eux-mêmes, mais il n’avait pas l’âme ni la vocation d’un leader. Il ne se voyait pas faire un discours ou haranguer une foule de gens lors d’un meeting populaire. D’ailleurs, il prit rapidement ses distances vis-à-vis de la politique politicienne et trouva sa voie dans l’information et la presse. Il sera donc un médiateur, un homme d’observation et d’analyse, ni trop près ni trop loin de la politique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un difficile exercice d’équilibriste </h3>



<p>En fondant <em>‘‘L’Action’’</em>, qui deviendra<em> ‘‘Afrique Action’’</em> puis<em> ‘‘Jeune Afrique’’</em>, Si Béchir a creusé son sillon, définitivement. Il a compris aussi qu’en restant en Tunisie, il n’aura pas la distance critique nécessaire pour faire son travail en toute indépendance, mais en partant pour Rome, où il passera deux ans, puis à Paris où il s’installera définitivement, il a gardé des liens très forts avec les autorités tunisiennes. Ces dernières l’aideront d’ailleurs beaucoup dans son entreprise et cette aide se poursuivra pratiquement sans interruption jusqu’à récemment, et je peux personnellement en témoigner.</p>



<p>D’ailleurs, les positions de <em>‘‘Jeune Afrique’’</em> par rapport à ce qui se passe en Tunisie n’ont jamais été bien comprises : souvent critiquées par les différents acteurs, le pouvoir comme l’opposition. Cet exercice d’équilibriste est très difficile, mais Si Béchir a toujours su se maintenir sur une ligne de crête, avec les risques que l’on imagine.</p>



<p>Soucieux de son indépendance mais sans jamais rompre avec les acteurs politiques, à l’écoute de ces derniers et attentif à leurs doléances mais sans jamais se soumettre à leurs diktats, BBY et<em> ‘‘Jeune Afrique’’ </em>sont, à cet égard, un modèle du genre. D’ailleurs, je me souviens d’une boutade que je vais raconter de mémoire: un jour, un journaliste a trouvé que la ligne de <em>‘‘Jeune Afrique’’</em> changeait souvent au gré des événements (par exemple, complètement pro-Saddam lorsque ce dernier a occupé le Koweït, en 1991, puis fortement hostile à ce dernier, au moment de l’occupation américaine de l’Irak, en 2003). Au journaliste qui reprochait à <em>‘‘JA’’</em> de ne pas avoir une ligne claire, BBY a répondu avec un sourire goguenard : <em>«Beaucoup de journaux sont parus après ‘‘JA’’. Ils avaient une ligne claire et même rigide. Certains ont disparu, mais ‘‘JA’’ est toujours là.»</em></p>



<p>Il faut comprendre cette réponse par rapport à la personnalité de BBY : cet homme de grande culture, curieux de tout, dont le plus grand plaisir demeure la lecture (il a d’ailleurs peu de distraction, même en vacances, il passe sa journée à lire et à s’informer), était le contraire d’un idéologue.</p>



<p>C’était un homme réaliste et pragmatique, il ne se gênait pas de changer d’idée ou de position pour peu qu’on réussit à le convaincre. D’ailleurs, et c’est tout à son honneur, il faisait lire souvent ses éditoriaux avant leur parution par certains rédacteurs en chef, chacun selon sa spécialisation, et souvent (j’en ai fait personnellement l’expérience), il prenait en considération leurs remarques et parfois même leurs critiques. Et cet exercice, il y soumettait aussi tous ses collaborateurs, car nous passions tous la moitié de notre temps à lire et à annoter nos articles les uns les autres. Nous nous corrigions. Et c’est le journal qui y gagne en clarté et en précision. Et ce sont, bien sûr, les lecteurs qui en sont, au final, les vrais gagnants.</p>



<p>C’est grâce à cette rigueur que <em>‘‘Jeune Afrique’’ </em>a assuré sa pérennité. D’ailleurs, des collègues français me disaient que la maison de BBY a une bonne réputation dans milieu de la presse en France en tant qu’école de journalisme. Beaucoup de jeunes journalistes y viennent parfois pour parfaire leur formation avant d’aller faire carrière dans les grands magazines de l’Hexagone. C’est une sorte de passage obligé. D’ailleurs, beaucoup de grands journalistes français ont fait leurs premières armes à la rue d’Auteuil.</p>



<p>Je pourrais dire encore plein de choses sur BBY et égrener des souvenirs, mais il suffit de dire qu’il était un homme exceptionnel, célèbre mais méconnu, car très discret et plus soucieux d’apprendre, de comprendre, de s’exprimer et de contribuer à la réflexion sur l’état du monde que de s’épancher sur sa propre personne. </p>



<p>En cette douloureuse circonstance, mes pensées vont pour son épouse (et compagnon de route) Danielle et ses enfants (et disciples) : Amir et Marwane, qui prit la direction de la rédaction en 2007, poursuivant avec la même rigoureuse abnégation l’œuvre de son père. Mais aussi pour Zyad Limam, François Soudan et tous les autres que la mort de BBY laissera aussi orphelins.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/03/in-memoriam-bechir-ben-yahmed-celebre-et-meconnu/">In memoriam : Béchir Ben Yahmed, célèbre et méconnu</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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