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	<title>Archives des Groenland - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Groenland - Kapitalis</title>
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		<title>Le Groenland face aux assauts du prédateur Trump</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Feb 2026 10:02:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La volonté du président américain Donald Trump de «s’emparer» du Groenland constitue une tentative néocoloniale. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/01/le-groenland-face-aux-assauts-du-predateur-trump/">Le Groenland face aux assauts du prédateur Trump</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La volonté du président américain Donald Trump de «s’emparer» du Groenland constitue une tentative néocoloniale de la part d’un «shérif» mondial qui ne respecte manifestement pas la souveraineté nationale et les droits fondamentaux de des habitants de cette île européenne. Des manifestations ont d’ailleurs eu lieu à Nuuk, la capitale – les plus importantes de l’histoire du Groenland – et à Copenhague, avec des slogans tels que «Le Groenland n&rsquo;est pas à vendre» et «Le Groenland appartient aux Groenlandais», soulignant ainsi la volonté d’autodétermination des populations locles.</em></strong></p>



<p><strong>Isidoros Karderinis *</strong></p>



<span id="more-18311092"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Isidoros-Karderinis.jpg" alt="" class="wp-image-15466286" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Isidoros-Karderinis.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Isidoros-Karderinis-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/02/Isidoros-Karderinis-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Parallèlement, les sondages montrent qu’environ 85% des Groenlandais rejettent la perspective d’un rattachement aux États-Unis. Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, âgé de 34 ans, a aussi qualifié les pressions américaines d’<em>«irrespectueuses»</em> et a appelé à la fin des menaces et des discours d’annexion <em>«entre amis»</em>.</p>



<p>La Première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, s’exprimant au Parlement, le 20 janvier 2026, a déclaré que son pays traverse <em>«une période sombre», </em>précisant que <em>«le Danemark ne peut négocier sa souveraineté, son identité, ses frontières et sa démocratie»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La cohésion du monde occidental mise à rude épreuve </h2>



<p>Le revirement ultérieur du président américain concernant son projet d’occuper le Groenland par la force militaire et l’annulation des droits de douane supplémentaires imposés à huit États membres européens de l’Otan qui s’opposent à son projet d’acquisition de l’île sont pour le moins surprenants, car les dispositions agressives et conquérantes de l’Américain n’ont en réalité pas diminué, tandis que la <em>«fracture»</em> au sein de l’axe euro-atlantique s’est approfondie, mettant à l’épreuve la cohésion du monde occidental.</p>



<p>Mais voyons quelles sont les données concernant le Groenland et pourquoi cette île est si importante.</p>



<p>Le Groenland est la plus grande île de notre planète, avec une superficie de 2&nbsp;166&nbsp;086 kilomètres carrés. L’Australie, bien que plus vaste, est considérée comme un continent et non une île.</p>



<p>Le Groenland est actuellement une île autonome et membre du Royaume du Danemark, lequel est membre de l’Otan et allié des États-Unis depuis 1721.</p>



<p>Le Groenland était une colonie danoise jusqu’en 1953. Depuis, il est un comté du Danemark. Il est autonome depuis 1979 et, en 2009, il s’est vu octroyer une autonomie encore plus grande, avec le droit d’exploiter ses ressources naturelles, une mesure que beaucoup ont perçue comme prélude à une indépendance totale.</p>



<p>Le chef de l’État groenlandais est le roi Frédéric X du Danemark (depuis le 14 janvier 2024), représenté par un haut-commissaire. Le chef du gouvernement est le Premier ministre, élu par le Parlement. Le gouvernement est également élu par le Parlement, appelé <em>Landstinget</em>. Les 31 membres du Parlement sont élus par le peuple au scrutin proportionnel simple dans des circonscriptions plurinominales et leur mandat dure 4 ans. Toute personne âgée de 18 ans ou plus a le droit de vote.</p>



<p>La majorité de la population, qui s’élève à environ 56 000 personnes, est composée d’Inuits (Esquimaux), qui se sont mélangés aux premiers colons européens (d’origine danoise et norvégienne) et parlent le groenlandais et le danois.</p>



<p>Cette île arctique est géographiquement située en Amérique du Nord, tandis que sur les plans culturel, démographique et politique, le Groenland est une île liée à l’Europe. Au sud-est du Groenland se trouvent l’océan Atlantique et l’Islande, à l’est la mer du Groenland, au nord l’océan Arctique et à l’ouest la baie de Baffin et le Canada.</p>



<p>La majeure partie de l’île, soit environ 80 % de sa superficie (1&nbsp;700&nbsp;000 km²), est recouverte d’une immense calotte glaciaire. Seules les zones côtières sud-ouest et sud-est, qui représentent les 20 % restants, sont libres de glace. Il s’agit de la seule zone habitée et non recouverte de glace, mais elle est aride, parsemée de rochers, de fjords et d’îlots. Chaque été, pendant deux mois, l’île connaît le <em>«soleil de minuit»</em>, une lumière continue, tandis qu’en hiver, elle subit la <em>«nuit polaire»</em>, une obscurité permanente.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une terre pauvre avec des gisements d’or, d’uranium et de minerais rares</h2>



<p>Le Groenland ne possède pas de réseau routier développé reliant les villes et les villages. Les transports se font principalement par voie maritime et aérienne, avec des aéroports et des héliports répartis sur l’ensemble du territoire. Sur terre, les déplacements se font en motoneige et en traîneau.</p>



<p>L’économie de l’île, dont la monnaie est la couronne danoise et dont le PIB est estimé par la Banque mondiale entre 3,5 et 4 milliards de dollars, repose sur la pêche, qui représente 95 % des exportations du Groenland, et sur la transformation du poisson, une activité industrielle majeure. Quelques habitants pratiquent également une agriculture de subsistance sur la côte sud-ouest, où ils élèvent des bovins, des ovins et de la volaille.</p>



<p>Le Groenland n’est donc pas riche au sens conventionnel du terme, ses ressources étant largement sous-exploitées. Son économie est petite et, pour <em>«survivre»</em>, il reçoit une subvention annuelle de 520 millions d’euros du Danemark, soit environ 9&nbsp;000 euros par habitant. C’est aussi pourquoi nombre d’habitants de l’île hésitent à réclamer une indépendance immédiate du Danemark, qui a par le passé fait preuve de comportements coloniaux.</p>



<p>Le Groenland possède également des gisements d’or, d’uranium et de charbon. Selon des recherches récentes, on y trouve aussi des gisements de pétrole et de gaz naturel. Son territoire recèle également d’importants gisements de terres rares. D’après des données fiables, 25 des 34 minéraux que la Commission européenne a classés comme <em>«matières premières critiques»</em> sont présents sur l’île.</p>



<p>Les États-Unis, cependant, ne considèrent pas le Groenland comme un simple réservoir de matières premières, mais comme une île d’une valeur stratégique qui garantit l’accès, la surveillance et la défense au-dessus des corridors de l’Atlantique Nord et de l’Arctique.</p>



<p>Sur le plan militaire, les États-Unis exploitent déjà la base spatiale de Pituffik au nord-ouest du Groenland, près de Kanak, l’une des villes les plus septentrionales du monde. Cette base abrite des radars d’alerte précoce, intégrés au réseau de défense antimissile américain, et constitue un élément avancé du système Norad pour la détection des tirs de missiles balistiques traversant l’Arctique.</p>



<p>Le Danemark, quant à lui, renforce constamment sa présence dans la région grâce à de nouveaux navires de guerre, des drones et une infrastructure satellitaire.</p>



<p>En conclusion, il convient de souligner qu’en principe, seuls les habitants du Groenland sont compétents pour décider du sort et de l’avenir de leur île. Il est inacceptable que la communauté internationale devienne un monde où les principes du droit international sont bafoués, réduits à néant, et où règne la loi du plus fort. Par conséquent, toute personne démocrate et rationnelle ne peut s’empêcher de crier haut et fort&nbsp;: <em>«Trump, ne touchez pas au Groenland!»</em>.</p>



<p><em>* Journaliste grec.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="kMOosNCkkn"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/10/comment-trump-va-t-il-avaler-le-groenland/">Comment Trump va-t-il avaler le Groenland ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Comment Trump va-t-il avaler le Groenland ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/10/comment-trump-va-t-il-avaler-le-groenland/embed/#?secret=kqSBE5mmox#?secret=kMOosNCkkn" data-secret="kMOosNCkkn" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Conseil de la paix &#124; Le projet fou de Trump pour dynamiter l’Onu !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 08:45:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Conseil de la paix est la dernière trouvaille de Donald Trump dans sa prédication illimitée et sa quête de domination totale du monde.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/21/conseil-de-la-paix-le-projet-fou-de-trump-pour-dynamiter-lonu/">Conseil de la paix | Le projet fou de Trump pour dynamiter l’Onu !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>C’est la dernière trouvaille du président américain Donald Trump dans sa prédication illimitée et sa quête de domination totale du monde. Après l’enlèvement d’un chef d’État et sa volonté agressive de s’emparer de territoires qui ne lui appartiennent pas, le voilà qui annonce un «Conseil de la paix» dont la première mission est la mise sous tutelle de Gaza avant de s’étendre aux autres zones de conflits et in fine de se substituer aux Nations Unies.</em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-18263247"></span>



<p>Pour être membre permanent de ce nouveau <em>«machin»</em>, il faudra verser un milliard de dollars par an, l’ordre du jour est soumis à l’approbation de Trump qui est d’ailleurs le seul à disposer d’un droit de veto, et le seul habilité à interpréter la charte de cette nouvelle institution qui a vocation à faire de lui le maître incontesté et incontestable du monde. Ubu roi dans toute sa splendeur!&nbsp;</p>



<p>Une enquête de Lauren Kaori Gurley et Michael Birnbaum parue dans le <a href="https://www.washingtonpost.com/national-security/2026/01/18/trump-peace-board/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Washington Post</a> rappellent les appels répétés lancés par Trump ce week-end aux dirigeants mondiaux pour qu’ils rejoignent ce nouveau <em>«Conseil de la paix»</em>, qu’il présente comme une organisation internationale de consolidation de la paix.</p>



<p>Un responsable américain a confirmé que la cotisation d’un milliard de dollars représente le coût d’une adhésion permanente mais a précisé qu’aucune contribution n’est requise pour y adhérer et que les pays qui ne s’acquitteront pas de cette cotisation bénéficieront d’une adhésion de seulement trois ans.</p>



<p>Ce responsable américain, qui a partagé ces informations sous couvert d’anonymat, a confirmé l’existence d’un projet de charte pour le conseil proposé mais la Maison-Blanche ne l’a pas rendu public. <em>Times of Israel</em> en a publié une copie en ligne dimanche.</p>



<p>Vendredi, la Maison-Blanche a annoncé en grande pompe la création d’un nouveau conseil dans le cadre du plan de Trump visant à superviser la reconstruction de la bande de Gaza dévastée. Cependant, le projet de charte diffusé ne fait aucune mention directe du territoire palestinien. Cette absence de mention a alimenté les spéculations selon lesquelles Trump chercherait à établir une alternative aux Nations Unies sous l’égide des États-Unis.</p>



<p>Des dirigeants du monde entier, dont ceux de l’Argentine, du Canada, de l’Égypte, de la France, de la Hongrie, de l’Inde, de l’Italie et de la Turquie, ont été invités à rejoindre cette charte internationale pour la consolidation de la paix. Le roi Abdallah de Jordanie a également été invité, d’après une annonce du ministère jordanien des Affaires étrangères dimanche. L’Égypte et la Turquie ont confirmé avoir reçu l’invitation mais n’ont pas encore indiqué si elles y adhéreraient. Jusqu’à lundi 19 janvier 2026, 60 pays ont reçu de invitations pour rejoindre la nouvelle organisation internationale de Trump.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un organe «plus souple et plus efficace»</h2>



<p>Le projet de charte publié par <em>Times of Israel</em> semble conférer au Conseil des pouvoirs bien plus étendus que ceux envisagés par Trump en octobre dernier, lorsqu’il a contribué à négocier le cessez-le-feu à Gaza. Le mois suivant, le Conseil de sécurité de l’Onu a approuvé le plan de Trump visant à créer un Conseil chargé de superviser les efforts de reconstruction de Gaza.</p>



<p>Selon le projet, la mission du Conseil est de <em>«promouvoir la stabilité, rétablir une gouvernance saine et légitime et garantir une paix durable dans les zones touchées ou menacées par un conflit»</em>.&nbsp;</p>



<p>La charte souligne également <em>«la nécessité d’un organe international de consolidation de la paix plus souple et plus efficace»</em> et appelle à la formation d’une <em>«coalition d’États disposés et engagés dans une coopération concrète et une action efficace»</em>.</p>



<p>&nbsp;Un haut responsable européen, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a indiqué que les dirigeants européens se consultent actuellement sur les ambitions de Trump pour ce Conseil et que la plupart sont peu susceptibles d’approuver sa composition actuelle.</p>



<p>Cependant, ces mêmes dirigeants hésitent à déclencher un nouveau conflit avec Trump, compte tenu de leur confrontation actuelle au sujet du Groenland et de leur besoin urgent de soutenir l’Ukraine qui subit simultanément un hiver rigoureux et l’escalade des attaques russes.</p>



<p>Le responsable européen a ajouté qu’il existe une réticence à contribuer de manière substantielle à une nouvelle organisation dominée par la vision de Trump d’un nouvel ordre mondial, même si les Européens restent engagés à financer la reconstruction de Gaza.</p>



<p>Le <em>WP</em> cite un responsable américain qui a déclaré que les fonds seraient directement utilisés pour mettre en œuvre la mission du Conseil de paix, à savoir la reconstruction complète de Gaza.</p>



<p>Le Conseil veillerait à ce que la quasi-totalité des fonds soit utilisée à cette fin et non gaspillée dans les <em>«lourdeurs administratives qui affectent de nombreuses autres organisations internationales»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un conseil «tape-à-l’œil»</h2>



<p>L’ancien diplomate américain Aaron David Miller a qualifié le Conseil de Trump de <em>«tape-à-l’œil»</em> et a mis en doute sa capacité à agir efficacement sur la scène internationale. Il a déclaré : <em>«Nous avons besoin d’une diplomatie de terrain, pas de comités de façade ni de l’inclusion d’un grand nombre de pays et de personnalités dans un processus où la plupart d’entre eux n’auront aucun rôle réel. Nous avons besoin de Trump, de Netanyahu, des dirigeants du Hamas à Gaza et ceux présents à l’étranger, du Qatar et de la Turquie»</em>.</p>



<p>Selon le projet de la Charte, le Conseil de paix tiendra des réunions de vote au moins une fois par an et son ordre du jour sera soumis à l’approbation du président Trump.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un monde imaginaire lointain</h2>



<p>Miller a ajouté : «Le Conseil de la paix est un concept qui semble relever d’un monde imaginaire lointain, totalement déconnecté des réalités de notre planète. <em>Le Conseil de la paix ne parviendra pas à résoudre le conflit au Soudan. Il n’accomplira pas non plus ce que les médiateurs américains et européens n’ont pas réussi à faire : obtenir un cessez-le-feu en Ukraine»</em>.</p>



<p>Selon la charte, Trump décidera qui sera invité à siéger au conseil. Etvendredi, les sept membres fondateurs du conseil exécutif ont été annoncés, parmi lesquels son gendre Jared Kushner, le secrétaire d’État Marco Rubio, l’envoyé spécial pour le Moyen-Orient et homme fort de la diplomatie américaine Steve Witkopf et l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair. S’y ajoutent trois autres membres : le président de la Banque mondiale Ajay Banga, le conseiller adjoint à la sécurité nationale Robert Gabriel et le milliardaire Mark Rowan.</p>



<p>La charte stipule que les décisions seront prises à la majorité des voix, chaque membre disposant d’une voix. Cependant, le président Trump conserve un droit de veto et possède <em>«l’autorité finale quant à la signification, l’interprétation et l’application de la présente charte»</em>, ce qui place Trump en position de leader incontesté et incontestable.&nbsp;</p>



<p>Parallèlement au Conseil de paix, la Maison-Blanche a annoncé vendredi la création d’un comité d’opérations secondaire, le Conseil exécutif de Gaza. Ce conseil comprend Jared Kushner, John Wittkov, Tony Blair, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan et le diplomate qatari Ali Al-Thawadi. Des responsables israéliens ont déjà exprimé leur opposition au plan de Donald Trump. Le bureau de Benyamin Netanyahu a déclaré que l’annonce de ce conseil <em>«n’avait pas été coordonnée avec Israël et contredit sa politique»</em>, en raison de la controverse entourant la présence de diplomates turc et qatari.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Palestiniens complètement oubliés &nbsp;</h2>



<p>Khaled Elgindy, chercheur palestinien au Centre d’études arabes contemporaines de l’Université de Georgetown, a également critiqué la proposition. Il a écrit sur la plateforme X : <em>«Il n’est fait mention ni des Palestiniens ni de leurs droits ni de leurs intérêts ni même d’un futur État palestinien. Des questions qui ne sont pas une priorité pour Blair ni pour Trump ni pour ce soi-disant Conseil de paix»</em>.</p>



<p>Le Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré que Trump lui avait présenté l’idée du Conseil de paix il y a plusieurs semaines et qu’il y avait donné son accord de principe. Il a toutefois indiqué avoir plusieurs questions quant à son fonctionnement. Il a déclaré dimanche à la presse à Doha : <em>«Concernant les modalités du Conseil de la paix, nous n’avons pas encore abordé tous les détails relatifs à sa structure, son fonctionnement, ses sources de financement, etc. Nous discuterons de ces questions dans les prochains jours»</em>.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/21/conseil-de-la-paix-le-projet-fou-de-trump-pour-dynamiter-lonu/">Conseil de la paix | Le projet fou de Trump pour dynamiter l’Onu !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Etats-Unis &#124; Le fardeau de l’ordre international devient une semence du déclin</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/21/etats-unis-le-fardeau-de-lordre-international-devient-une-semence-du-declin/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 07:18:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[ordre international]]></category>
		<category><![CDATA[Yahya Ould Amar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Etats-Unis face au dilemme de la puissance ou quand le leadership mondial devient un facteur de vulnérabilité voire de déclin.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/21/etats-unis-le-fardeau-de-lordre-international-devient-une-semence-du-declin/">Etats-Unis | Le fardeau de l’ordre international devient une semence du déclin</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En 1945, le Plan Marshall pose les bases d’un ordre international où l’Amérique échange sécurité et prospérité contre une centralité durable ; aujourd’hui, avec une dette proche de 39 000 milliards de dollars, cet investissement fondateur s’est mué en contrainte structurelle, révélant le dilemme d’une puissance dont le rôle de garant du système devient lui-même un facteur de vulnérabilité voire de déclin.</em></strong></p>



<p><strong>Yahya Ould Amar</strong> *<strong><em></em></strong></p>



<span id="more-18262502"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure>
</div>


<p>Derrière ce chiffre de la dette se cache une histoire humaine, celle de régions désindustrialisées, de classes moyennes fragilisées et de sociétés sommées de financer, génération après génération, le coût d’un rôle mondial dont les bénéfices se diffusent au-delà de leurs propres frontières.</p>



<p>Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, l’ordre international s’est présenté comme une promesse de stabilité, de prospérité et de règles partagées, mais il s’est en réalité construit comme une architecture portée par un pays, les États-Unis fournissant au monde des biens publics qu’aucune autre puissance ne pouvait assumer seule — monnaie de référence le dollar, sécurité des routes maritimes, liquidité des marchés, crédibilité des institutions multilatérales.</p>



<p>Ce système a permis l’essor des échanges, l’intégration des économies émergentes et l’expansion sans précédent des chaînes de valeur, mais il a aussi concentré sur les Etats-Unis les coûts de la stabilité globale, transformant le leadership en charge budgétaire, sociale et politique.</p>



<p>À mesure que la dette s’accumule – aujourd’hui près de 39 000 milliards de dollars – que les fractures intérieures se creusent et que la concurrence stratégique s’intensifie, la question n’est plus de savoir si l’ordre mondial est juste ou injuste, mais s’il demeure soutenable pour ceux qui en ont été les principaux garants — et ce que signifie, pour le reste du monde, une Amérique qui ne cherche plus à préserver l’architecture entière, mais à en sauver la part qu’elle peut encore porter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La charge de la stabilité</h2>



<p>Dans la mondialisation actuelle, les États-Unis constituent un pilier structurel du système avec leur monnaie, leurs marchés et leur capacité de projection stratégique formant une infrastructure invisible sur laquelle repose une part décisive de la circulation mondiale des biens, des capitaux et de la confiance.</p>



<p>Le dollar est devenu l’ossature monétaire d’un ordre international où la liquidité, le refuge et la prévisibilité sont fournis comme des biens publics informels à l’ensemble des économies, des centres financiers aux périphéries émergentes.</p>



<p>Cette centralité confère à Washington une influence qui dépasse la logique classique de la puissance, mais elle l’enchaîne aussi à une responsabilité systémique d’absorber les excédents du monde, recycler ses déséquilibres en dette souveraine et garantir, souvent au-delà de ses intérêts immédiats, la continuité d’un espace économique global dont la stabilité conditionne l’accès au financement, la trajectoire de développement et la sécurité monétaire de la majorité des nations.</p>



<p>Concrètement, ce rôle de garant s’est traduit dans une chaîne continue de coûts visibles et différés — budgets de défense pour entretenir un maillage mondial de bases et d’alliances, guerres lointaines de la péninsule coréenne aux déserts du Moyen-Orient, soins et pensions versés à des générations de vétérans, intérêts d’une dette contractée pour financer la stabilité globale. À cela s’ajoute une diplomatie de l’aide et des institutions, destinée à contenir les crises avant qu’elles ne deviennent systémiques. Additionnée et corrigée de l’inflation, cette facture à plus de 60 000 milliards de dollars, oscillant, selon les époques, entre 3% et 10% (guerre froide) de la richesse produite chaque année par les États-Unis.</p>



<p>L’ordre international peut se lire comme un contrat d’assurance implicite dont les États-Unis sont devenus l’assureur de dernier ressort. En temps de crise, le monde se tourne vers leur liquidité, leur sécurité et leurs marchés, tandis que les primes se transforment en dettes, déficits et engagements supportés par ce même pays au bénéfice de l’ensemble du système.</p>



<p>Ainsi, ce qui apparaît comme un privilège hégémonique se révèle être une charge structurelle, où la capacité de tenir le centre devient la condition même de la survie de l’ordre international qu’il soutient.</p>



<p>Giovanni Arrighi, théoricien des cycles hégémoniques, nous avertit que les puissances déclinantes s&rsquo;effondrent non par des menaces extérieures, mais par une résistance interne à l’adaptation – un avertissement qui s’applique à l’Amérique, enchaînée à son rôle systémique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La facture du leadership mondial</h2>



<p>La centralité américaine a inscrit la stabilité du monde dans le bilan de sa propre société, où la liquidité, la sécurité et l’ouverture se sont progressivement traduites en dettes, en déficits et en lignes de fracture.</p>



<p>Le privilège du dollar a longtemps différé les choix entre puissance extérieure et investissement intérieur, faisant de l’endettement le régulateur silencieux d’un ordre aux bénéfices mondialisés mais aux coûts largement supportés par les Etats-Unis.</p>



<p>À cette pression financière s’est ajoutée une géographie des gagnants et des perdants, où certaines régions se sont intégrées aux flux globaux tandis que d’autres – comme l’Amérique – se sont désindustrialisées.</p>



<p>Dès lors, la soutenabilité n’est plus un débat comptable, mais une épreuve politique, jusqu’où une démocratie peut-elle porter la stabilité du monde sans entamer la cohésion qui fonde sa propre légitimité ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">La mondialisation asymétrique</h2>



<p>L’ordre économique mondial s’est construit comme un mécanisme d’expansion collective reposant sur une dissymétrie structurelle, où les gains de la croissance ont été largement diffusés tandis que les coûts de la stabilité se sont progressivement concentrés sur le pays capable d’absorber les déséquilibres du reste du système. Les excédents industriels et commerciaux de l’Asie, les stratégies d’accumulation de réserves des économies émergentes et la recherche globale d’actifs sûrs ont trouvé dans la dette américaine un réceptacle naturel, transformant les déficits des Etats-Unis en contrepartie financière de la prospérité mondiale. Ce schéma a offert aux pays du Sud un accès inédit aux marchés, au capital et aux chaînes de valeur, mais il les a aussi arrimés aux cycles monétaires et budgétaires des Etats-Unis, faisant de chaque inflexion de la politique américaine une onde de choc transmise aux monnaies, aux investissements et aux équilibres sociaux des pays du Sud.</p>



<p>Ainsi, la mondialisation apparaît comme une architecture hiérarchisée de dépendances – et non un espace neutre d’échanges – où la promesse d’intégration s’accompagne d’une vulnérabilité systémique, et où la soutenabilité de la croissance de tous demeure étroitement liée à la capacité des Etats-Unis à continuer de porter le poids financier et politique de l’ensemble.</p>



<p>L’histoire offre un miroir troublant. Athènes finançait la sécurité de la mer Égée au prix de son trésor, Venise garantissait les routes du Levant en échange de sa prospérité, l’Empire britannique garantissait les mers au prix d’un endettement croissant. Toutes ont découvert que le centre du monde devient aussi son principal point de fatigue. L’Amérique s’inscrit aujourd’hui dans cette lignée, où la stabilité globale fut à la fois la source de la grandeur et la semence du déclin.<strong></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Droit international et survie stratégique</h2>



<p>À mesure que l’ordre international se complexifie et empile les règles, les traités et les institutions, une tension s’exacerbe entre l’universalité proclamée du droit international et la réalité des intérêts vitaux des grandes puissances, pour lesquelles la sécurité nationale, la continuité économique et la stabilité intérieure demeurent des lignes de survie non négociables.</p>



<p>En Ukraine, à Gaza ou au Venezuela, le droit international se heurte aux impératifs de sécurité, de dissuasion et d’accès aux ressources stratégiques, révélant les limites d’un ordre fondé sur des règles, oubliées lorsque celles-ci entrent en conflit avec les intérêts des grandes puissances.</p>



<p>Cette fracture interroge sur la soutenabilité de l’ordre international lorsque ses garants – Etats Unis – considèrent que le respect strict du droit international affaiblit leur capacité à maintenir l’équilibre global.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La géopolitique des nœuds vitaux</h2>



<p>Le Moyen-Orient – avec 30 % du pétrole mondial et 17 % du gaz naturel – demeure le cœur énergétique du monde, dont la stabilité conditionne l’inflation mondiale et les équilibres budgétaires des États importateurs.</p>



<p>La mer de Chine méridionale – où transite plus de 20% du commerce mondial dont 45 % de pétrole brut – concentre les chaînes technologiques et industrielles dont dépendent les industries numériques et de défense.</p>



<p>Enfin, l’Arctique avec une superficie de 14 millions de kilomètres carrés, s’ouvre comme une frontière d’un avenir proche en raison de la fonte accélérée de la calotte glaciaire, où l’émergence de routes transpolaires, l’accès à des ressources critiques et le déploiement de capacités de dissuasion modifient la cartographie des corridors de navigation maritimes et aériens.</p>



<p>Dans cette configuration des espaces stratégiques, le Groenland s’impose comme un point de jonction entre la sécurité nord-américaine, la gouvernance des nouvelles routes et la définition des règles des espaces émergents.</p>



<p>L’intérêt américain pour le Groenland s’inscrit dans une logique ancienne de prévention stratégique, dès 1940, après l’invasion du Danemark par l’Allemagne, les Etats-Unis s’y sont positionnés pour empêcher que cette dernière ne fasse de l’Atlantique Nord et de l’Arctique une zone de projection contre le continent nord-américain.</p>



<p>Pour l’Administration de Trump, sécuriser ces différents points d’appui revient à protéger l’infrastructure physique de l’ordre international ; pour les pays du Sud, dont près de quatre cinquièmes du commerce transitent par ces corridors maritimes et numériques, chaque tension dans ces espaces se traduit par des coûts immédiats sur les prix, les devises et l’accès aux marchés.</p>



<p><strong>L’«affaire» du Groenland</strong></p>



<p>Le Groenland dépasse la seule question des territoires et des ressources, il révèle une mutation de la puissance au XXIᵉ siècle, où l’influence se mesure autant à la capacité de définir les règles des espaces émergents qu’à la maîtrise des zones déjà intégrées à l’économie mondiale.</p>



<p>Tandis que le réchauffement climatique ouvre des routes transarctiques, rapproche l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord et rend accessibles des minerais critiques pour la transition énergétique et les technologies avancées, l’enjeu central devient la maîtrise stratégique de ces nouveaux espaces.</p>



<p>Les corridors transarctiques offrent des trajets jusqu’à trois fois plus rapides entre l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord, tout en réduisant l’exposition aux goulets d’étranglement et aux vulnérabilités sécuritaires qui caractérisent aujourd’hui des passages comme le canal de Suez ou Bab El Mendeb (mer Rouge).</p>



<p>Pour les États-Unis, investir le Groenland, c’est projeter la sécurité nord-américaine dans le futur, sécuriser les corridors de demain et éviter que des puissances concurrentes ne définissent seules les standards d’accès, d’exploitation et de navigation.</p>



<p>Pour les pays émergents, cette reconfiguration annonce un monde où les centres de gravité du commerce et de l’influence peuvent se déplacer brutalement, reconfigurant les avantages comparatifs et les dépendances.</p>



<p>À mesure que ces recompositions se dessinent, une question s’impose, un ordre international peut-il durer lorsque la charge de sa stabilité devient plus lourde que les bénéfices qu’en retirent ses garants, et lorsque ceux qui en dépendent le plus n’en participent que marginalement à sa gouvernance ?</p>



<p>La soutenabilité devient une épreuve morale et institutionnelle, où se confrontent la promesse d’un monde régi par des règles communes et la réalité d’un système structuré par des rapports de force.</p>



<p>Préserver l’ordre international implique d’en redistribuer les coûts, d’en élargir la légitimité et d’en pluraliser les centres de décision ; assumer la rupture, c’est accepter une fragmentation où la stabilité cède la place à des équilibres régionaux concurrents, plus flexibles mais aussi plus instables. Entre ces deux voies se joue le destin des décennies à venir.</p>



<p>L’histoire ne jugera pas l’Amérique sur la puissance qu’elle a exercée, mais sur la capacité du monde à rester stable le jour où elle cessera d’en porter seule le poids.</p>



<p><em>* Economiste, banquier et financier.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="1D7pT7wJkF"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/05/qui-payera-la-dette-colossale-des-etats-unis/">Qui payera la dette colossale des Etats-Unis ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Qui payera la dette colossale des Etats-Unis ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/05/qui-payera-la-dette-colossale-des-etats-unis/embed/#?secret=03wu7XGcQu#?secret=1D7pT7wJkF" data-secret="1D7pT7wJkF" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Le Groenland et l’hypocrisie des puissances occidentales</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Jan 2026 09:16:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Groenland]]></category>
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		<category><![CDATA[Russie]]></category>
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		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Donald Trump doit-il réfléchir par deux fois avant de se heurter au redoutable déploiement militaire européen sur le territoire de la Groenland ?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Pour contrer les intentions des États-Unis d’occuper le Groenland, la France a envoyé quinze personnes dans l’île danoise. L’Allemagne en a envoyé treize. Les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Finlande, l’Estonie et la Suède s’apprêtent également à envoyer leurs troupes, dont le nombre ne dépassera certainement pas celui des puissances déjà engagées. Ainsi, Donald Trump doit réfléchir avant de se heurter au redoutable déploiement militaire européen sur ce territoire convoité.</em></strong></p>



<p><strong>Oleg Nesterenko*</strong></p>



<span id="more-18258142"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/03/Oleg-Nesterenko.jpg" alt="" class="wp-image-12235765" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/03/Oleg-Nesterenko.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/03/Oleg-Nesterenko-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/03/Oleg-Nesterenko-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Dès son premier mandat, Donald Trump a manifesté son désir d’acquérir le Groenland, territoire danois depuis le XVI<sup>e</sup> siècle. Ces propos, initialement accueillis avec scepticisme, ont ressurgi lors de son retour au pouvoir en janvier 2025, ravivant l’intérêt américain pour cette colonie arctique danoise.</p>



<p>Les déclarations de la Maison Blanche concernant la convoitise du Groenland, initialement perçues comme une extravagante aberration, ont pris une toute nouvelle tournure avec l’enlèvement du président vénézuélien le 3 janvier. Ce passage de la fantaisie à l’action a révélé à la communauté internationale la détermination des États-Unis d’Amérique, sous la présidence Trump, à transgresser le droit international, au besoin, afin d’obtenir les bénéfices géo-économiques unilatéraux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les prétextes fallacieux</h2>



<p>Les prétextes drapés dans des justifications sécuritaires antirusses et antichinoises, que brandit la présidence américaine pour justifier sa volonté de s’approprier l’île du Groenland, ne sont que des mensonges caractérisés que la Maison Blanche ne prend même pas la peine de camoufler davantage. L’époque où l’on exhibait à l’Onu une prétendue fiole d’anthrax, comme le fit le secrétaire d’État américain Colin Powell le 5 février 2003, pour maquiller l’invasion de l’Irak sous un vernis de légitimité, semble révolue. Cette mascarade avait alors servi de prétexte pour déclencher la destruction d’un pays et le massacre de son peuple.</p>



<p>L’anéantissement de l’Irak, ne nous y trompons pas, n’était pas un but en soi, mais la conséquence inéluctable d’une stratégie américaine. La véritable motivation résidait dans la nécessité de neutraliser l’initiative de Saddam Hussein contre le <em>«pétrodollar»</em>.</p>



<p>En octobre 2000, le président irakien avait osé déclarer son intention de ne plus vendre son pétrole contre des dollars américains, mais uniquement contre des euros. Une telle audace valait la signature de son propre arrêt de mort. En février 2003, Saddam Hussein mit sa <em>«menace»</em> à exécution en vendant plus de 3 milliards de barils de pétrole brut pour 26 milliards d’euros. Un mois plus tard, les États-Unis envahissaient et détruisaient l’Irak, infligeant au peuple irakien une tragédie marquée par l’anéantissement des infrastructures et un nombre effroyable de victimes civiles.</p>



<p>Forte de l’impunité judiciaire totale dont jouissent les crimes contre l’humanité commis par les gouvernements successifs des Etats-Unis, ils ne se donnent plus la peine de les couvrir par des narrations ne serait-ce qu’un peu crédibles aux yeux de la communauté internationale. Nul besoin, donc, de déployer des efforts de communication supplémentaires pour préparer l’annexion du Groenland, que ce soit de gré ou de force.</p>



<p>La véritable raison de la convoitise américaine pour cette zone polaire peu hospitalière réside incontestablement dans les gigantesques réserves de matières premières qu’elle recèle, tant dans son sous-sol que dans les profondeurs de l’océan Arctique, au sein de la zone économique exclusive (ZEE) danoise qui s’étend jusqu’à 200 milles marins des côtes du Groenland (370,42 km) et confère à son détenteur des droits souverains en matière de ressources économiques.</p>



<p>Si le Groenland venait à passer sous l’autorité américaine, le fait que l’extraction américaine de terres rares et d’uranium se fasse sans consulter les populations autochtones serait une considération secondaire, une simple formalité qui sera ignorée à Washington. En 2021, pourtant, ces populations avaient réussi à bloquer le début d’une telle exploitation (affaire d’Energy Transition Minerals), afin de préserver leurs moyens de subsistance traditionnels d’une pollution imminente.</p>



<p>Compte tenu des enjeux économiques pour les États-Unis, il est prévisible que l’opinion des populations autochtones sur ce sujet ne suscitera pas plus d’intérêt que l’avis des Européens concernant l’annexion de l’île. Cette indifférence stratégique s’inscrit dans une logique géopolitique et économique où les intérêts nationaux prévalent sur les considérations éthiques ou les droits des minorités. De plus, l’histoire des relations entre les États-Unis et les peuples autochtones est profondément marquée par une marginalisation systématique de ces derniers dans les processus décisionnels concernant leurs propres territoires et ressources.</p>



<p>«<em>Un conflit ou une tentative d’annexion du territoire d’un pays membre de l’Otan par un autre pays également membre de l’Otan serait la fin du monde tel que nous le connaissons»</em>, a déclaré le Premier ministre polonais Tusk. Une déclaration qui semble ignorer que la préservation du monde tel que nous le connaissons est la dernière des préoccupations du maître d’Outre-Atlantique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La présence américaine au Groenland</h2>



<p>Contrairement aux insinuations fallacieuses, la présence militaire américaine dans l’océan Arctique ne nécessite nullement l’annexion du Groenland ni sa transformation en territoire national des États-Unis. En réalité, les forces armées américaines sont stationnées en permanence sur cette île arctique depuis la Seconde Guerre mondiale, une présence officialisée dès 1951 par un accord bilatéral américano-danois (Accord du 27 avril 1951). Cet accord confère à Washington une latitude d’action militaire significative dans la région arctique.</p>



<p>À ce jour, la base aérienne de Pituffik (Thulé Air Base) demeure la seule installation militaire américaine active au Groenland.</p>



<p>Les déclarations occasionnelles de Donald Trump, telles que celles sur <em>Truth Social</em>, suggérant que «<em>l’Otan deviendrait plus redoutable et efficace si le Groenland était entre les mains des États-Unis. Tout ce qui est en-deçà&nbsp;de cela est inacceptable</em>», n’altèrent pas la nature juridique de l’accord existant.</p>



<p>Il ne fait aucun doute que, si les circonstances l’exigeaient, les États-Unis pourraient accroître très considérablement leur présence militaire sur l’île, même si cette dernière demeure sous la souveraineté danoise.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les hypocrisies de l’Union Européenne&nbsp;</h2>



<p>À ce jour, seuls six des vingt-sept États membres de l’Union Européenne (UE), abstraction faite du Danemark, ont formalisé leur position par une déclaration officielle condamnant l’initiative des États-Unis d’Amérique vis-à-vis du Groenland (déclaration conjointe du 6 janvier, émanant de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de la France, de l’Italie, de la Pologne et de l’Espagne).</p>



<p>Cette déclaration, confinée à l’expression verbale, est dénuée d’un véritable engagement : les paroles qui n’ont aucune valeur, ne signifient rien et n’engagent les déclarants à rien.</p>



<p>À l’instar des prédateurs opportunistes, l’appareil politico-bureaucratique de l’UE et de ses États membres manifeste une propension à cibler exclusivement les Etats perçues, à tort ou à raison, comme structurellement plus faibles ou en situation de vulnérabilité conjoncturelle. Face aux forces dominantes, une politique de deux poids, deux mesures, d’une perversité indéniable, se révèle inéluctablement.</p>



<p>La devise de l’UE est bien celle formulée jadis par les Romains : «<em>Ce qui est permis à Jupiter n’est pas permis au bœuf».</em></p>



<p>La protection des démocraties, des droits de l’homme et de la liberté d&rsquo;expression n’est qu’une pure chimère, un artifice rhétorique destiné à manipuler l’électorat. La classe politique européenne, majoritairement constituée de vulgaires activistes carriéristes, est bien davantage préoccupée par la conservation du pouvoir et la dissimulation de ses crimes à l’encontre des nations entières, commis en continu à travers le monde.</p>



<p>L’UE redécouvre avec soudaineté l’existence du droit international, une prise de conscience motivée par la menace que représente Donald Trump pour ses propres intérêts. Les instances dirigeantes de l’UE et de nombreux États européens, qui critiquent la Maison Blanche pour ses velléités de démembrement du Danemark, en appellent désormais au respect du droit international.</p>



<p>Abstraction faite des causes profondes du conflit en Ukraine et des opinions divergentes, toute personne raisonnable dotée d’un minimum de capacités analytiques ne peut nier que la Fédération de Russie avait des raisons bien plus impérieuses de revendiquer la Crimée et le Donbass que les États-Unis d’Amérique d’annexer le Groenland, dont l’unique rapport de l’État américain avec ce dernier ne consiste que dans la modeste présence sur son sol d’une seule, parmi plus de 700, de leurs bases militaires dans le monde.</p>



<p>Dès lors, la question qui se pose est la suivante : quelle est la réaction des pays de l’UE et de leurs <em>«élites»</em> politiques face à ces deux revendications ?</p>



<p>La réponse est indéniable et bien étonnante pour un esprit non averti : une quasi-guerre totale contre la Russie, impliquant des investissements de centaines de milliards d’euros, des centaines de milliers de morts sur les champs de bataille et plus de 30 711 sanctions imposées à la Russie (au 1<sup>er</sup> janvier 2026).</p>



<p>En revanche, quelle est l’action de ces mêmes pays face à leur suzerain américain ? Quelques paroles impuissantes qui n’iront jamais plus loin.</p>



<p>De même, il est inutile de détailler l’hypocrisie profonde des <em>«élites»</em> européennes face au massacre à grande échelle des populations civiles à Gaza et à d’autres crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés à travers le monde, auxquels les <em>«défenseurs des droits de l’homme»</em> ont opposé le silence, s’ils n’en sont pas directement responsables.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le jardin fleuri et les jungles </h2>



<p>Le droit fondamental de la classe politique de l’Occident collectif vis-à-vis du reste du monde, depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours, est celui du plus fort. Elle ne sait avancer que par la force et ne comprend aucun autre langage que celui de la force. Cette monolangue de la force annihile toute tentative de dialogue subtil, d’échange constructif, réduisant la relation à un rapport de domination brute et simpliste.&nbsp;</p>



<p>Les abus et crimes extraterritoriaux à répétition, visant à accroître la richesse des <em>«élites»</em> (à ne pas confondre avec les peuples) du <em>«jardin fleuri»</em> aux dépens des intérêts des nations non occidentales, qualifiées de <em>«jungles»</em>&nbsp;<em>(«L&rsquo;Europe est un jardin. La plus grande partie du reste du monde est une jungle», Josep Borrell, Haut représentant de l&rsquo;UE pour les affaires étrangères, vice-président de la Commission Européenne)</em>, sont justifiés par des discours incessants sur les droits de l’homme, la démocratie et de nobles idéaux servant de prétexte à leurs ingérences et invasions, tout en réprimant avec véhémence ceux qui s’y opposent.</p>



<p>Simultanément, tout régime, aussi antidémocratique, dictatorial, voire sanguinaire soit-il, mais soumis aux intérêts des capitales occidentales, peut compter sur leur soutien indéfectible.</p>



<p>Cependant, les discours de ces fervents défenseurs du concept spirituel incarné par les cochons orwelliens de&nbsp;‘‘<em>La Ferme des animaux’’</em>&nbsp;: «<em>Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres</em>», ne trompent plus personne, ni en Afrique, ni en Amérique latine, ni en Asie.</p>



<p>Peu importe les déclarations européennes actuelles et futures :&nbsp; aucune action européenne égale ne serait-ce qu’à quelques pour cent de celles entreprises contre la Russie ne verra jamais le jour à l’égard des États-Unis d’Amérique.</p>



<p>Le 14 janvier, le président français Emmanuel Macron déclarait que la France «<em>ne sous-estimait pas</em>» les intentions des États-Unis concernant le Groenland et s’engageait à «<em>faire preuve d’une solidarité totale</em>» avec le Danemark.</p>



<p>En guise d&rsquo;illustration, rien ne révèle mieux le degré d’hypocrisie pathétique des<em> «élites»</em> européennes que le déploiement de troupes européens au Groenland pour préparer le terrain à une résistance contre une éventuelle invasion américaine. La Norvège a envoyé deux personnes. La France a envoyé quinze personnes. L’Allemagne en a envoyé treize. Les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Finlande, l’Estonie et la Suède s’apprêtent également à envoyer leurs troupes, dont le nombre ne dépassera certainement pas celui des puissances déjà engagées.</p>



<p>Ainsi, Donald Trump est incité à réfléchir davantage avant de se heurter au redoutable déploiement militaire européen sur ce territoire convoité.</p>



<p><em>* Président du <a href="http://www.c-cie.eu/">CCIE</a>.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="QRJlUAtj0N"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/10/comment-trump-va-t-il-avaler-le-groenland/">Comment Trump va-t-il avaler le Groenland ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Comment Trump va-t-il avaler le Groenland ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/10/comment-trump-va-t-il-avaler-le-groenland/embed/#?secret=3gYZsq3mKC#?secret=QRJlUAtj0N" data-secret="QRJlUAtj0N" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Comment Trump va-t-il avaler le Groenland ?</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Jan 2026 10:39:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Groenland et ses énormes réserves de terres rares riches en uranium, fer, or, nickel, pétrole et gaz fait saliver le très gourmand  Trump.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/10/comment-trump-va-t-il-avaler-le-groenland/">Comment Trump va-t-il avaler le Groenland ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le vaste territoire du Grand Nord avec ses énormes réserves de terres rares riches en uranium, fer, or, nickel, pétrole et gaz fait saliver le très gourmand président américain Donald Trump dont la boulimie semble ne connaître aucune limite ces derniers temps. Ses visées sur le Groenland ne datent pas d’hier mais cette fois-ci, il est déterminé à ne pas lâcher le morceau surtout que le Danemark, propriétaire du territoire, est faible face à l’appétit d’ogre de l’Oncle Sam. Quant à la population autochtone qui ne veut ni des Danois ni des Américains mais souhaite une indépendance totale, elle n’a pas droit au chapitre. La prédation trumpienne a donc toutes ces chances d’aboutir.&nbsp;</em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-18219245"></span>



<p>Suite à la récente intervention militaire de l’administration du président américain Donald Trump au Venezuela, les ambitions de Washington d’annexer le Groenland ne relèvent plus de la simple <em>«fantaisie politique»</em>, comme l’ont qualifiées il n’y a pas si longtemps les autorités danoises mais sont devenues une réalité débattue dans les capitales européennes.</p>



<p>Dans une analyse publiée par <a href="https://www.thetimes.com/world/europe/article/us-greeland-takeover-four-options-examined-qh8rstkhz" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Times</a>, Oliver Moody a présenté quatre options possibles pour que Washington étende son contrôle sur cette île bénéficiant d’un statut d’autonomie mais faisant partie du Royaume du Danemark. </p>



<p>Selon le journal britannique, les récentes déclarations de Trump concernant la nécessité absolue de mettre la main sur le Groenland pour des raisons de sécurité nationale ne sont plus considérées comme de simples chimères politiques.</p>



<p>Le président américain, qui évoque la possibilité d’annexer l’île depuis 2019, a réaffirmé, après les récents événements, que les États-Unis <em>«l’obtiendront d’une manière ou d’une autre»</em>, compte tenu de ce qu’il décrit comme la présence croissante de la Russie et de la Chine dans l’Arctique.</p>



<p>Ce changement de ton s’accompagne d’une position plus intransigeante au sein de l’administration américaine. Stephen Miller, conseiller à la sécurité intérieure et chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche chargé des politiques, a remis en question la souveraineté du Danemark sur le territoire, affirmant que personne n’entrera en guerre contre les États-Unis pour l’avenir du Groenland.&nbsp;</p>



<p>Dans ce contexte, le <em>Times</em> a présenté quatre scénarios principaux d’évolution de la crise…</p>



<p><strong>Premier scénario : invasion militaire</strong></p>



<p>Bien que les États-Unis soient militairement capables d’occuper cette île peu peuplée avec une résistance minimale, cette option comporte des risques importants.</p>



<p>Selon les analystes, l’occupation du territoire d’un État membre de l’Otan pourrait sonner le glas de l’alliance et inciter la Russie et la Chine à prendre des mesures d’escalade dans l’Arctique, compromettant ainsi la sécurité des États-Unis.</p>



<p><strong>Second scénario : coercition et pressions économiques</strong></p>



<p>Ce scénario est jugé le plus probable par le journal car Trump dispose d’un important levier d’influence, principalement financier. Bien que le Danemark rejette l’idée de <em>«vendre»</em> le Groenland, les habitants de l’île pourraient être tentés par les promesses américaines d’investissements de plusieurs milliards de dollars dans leur économie dépendante jusque-là de la pêche et de l’aide danoise.</p>



<p>Washington a déjà lancé une campagne pour gagner les faveurs de la population en ouvrant un consulat dans la capitale Nuuk et en fournissant une aide à l’éducation et au développement, ce qui converge avec les accusations selon lesquelles la Maison-Blanche tenterait d’attiser des sentiments séparatistes au sein de la société insulaire.</p>



<p><strong>Troisième scénario : libre association</strong></p>



<p>Des informations indiquent que l’option de signer un <em>«accord de libre association»</em> avec le Groenland est à l’étude à Washington, similaire aux accords conclus avec les Palaos, la Micronésie et les Îles Marshall dans le Pacifique occidental.</p>



<p>Aux termes d’un tel accord, le Groenland obtiendrait une indépendance nominale vis-à-vis du Danemark en échange du contrôle total de son territoire par l’armée américaine et d’importants privilèges commerciaux.</p>



<p>Le <em>Times</em> cite Elizabeth Buchanan, experte en géopolitique polaire, dans son livre intitulé ‘<em>‘Voudriez-vous posséder le Groenland ?’’</em>, qui affirme que cette option pourrait séduire les dirigeants locaux en quête d’indépendance mais qu’à son avis, elle nécessite l’approbation du parlement danois, ce que Copenhague tente d’éviter à tout prix.</p>



<p><strong>Quatrième scénario : jouer sur les deux tableaux</strong></p>



<p>Dans ce jeu complexe, le Danemark pourrait parvenir à conserver une souveraineté nominale en échange d’un renforcement de la présence militaire américaine et de la conclusion d’accords commerciaux pour l’exploitation des abondantes ressources minérales rares et stratégiques de l’île.</p>



<p>Selon Buchanan, la mentalité pragmatique de Trump le pousse à exiger une <em>«acquisition totale»</em> comme point de départ des négociations, obtenant ainsi ce qu’il souhaite, même si cela ne correspond pas à ses ambitions initiales.</p>



<p><strong>La réalité sur le terrain</strong></p>



<p>Selon Buchanan, le premier élément à prendre en compte pour comprendre la situation est que la logique américaine repose sur des facteurs géographiques et sécuritaires.</p>



<p>La capitale, Nuuk, est plus proche de la côte est des États-Unis que du Danemark et l’île constitue un emplacement idéal pour le déploiement de systèmes d’alerte avancée antimissile et une plateforme potentielle pour des installations nucléaires de <em>«seconde frappe»</em> en cas de futur conflit nucléaire avec la Russie.</p>



<p>Le second élément est la faiblesse du Danemark&nbsp;: ni l’Otan ni l’Union européenne ne devraient mobiliser un soutien militaire concret pour Copenhague si Washington décide d’imposer un fait accompli par la force, compte tenu des répercussions qui pourraient pratiquement signifier la fin de l’Otan sous sa forme actuelle.</p>



<p>Le troisième élément essentiel pour comprendre la situation sur le terrain est que, selon Buchanan, l’objectif principal du peuple groenlandais est l’indépendance totale.</p>



<p>D’après des sondages cités par le <em>Times</em>, 85% des Groenlandais s’opposent à une adhésion directe aux États-Unis. Cependant, leurs opinions sur les ambitions de Trump sont partagées : 43% y voient une opportunité économique, tandis que 45% les perçoivent comme une menace.&nbsp;</p>



<p>Buchanan estime, comme le rapporte le <em>Times</em>, que l’issue des négociations dépendra de la capacité des dirigeants groenlandais à tirer profit de la situation, en exploitant l’intérêt de Trump pour l’île afin de faire pression sur Copenhague et de la retourner contre Washington, dans le but d’obtenir des concessions plus importantes qui ouvriraient la voie à l’indépendance.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6yYu6NenbL"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/05/laventurisme-de-trump-plonge-le-venezuela-dans-lincertitude/">L’aventurisme de Trump plonge le Venezuela dans l’incertitude</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’aventurisme de Trump plonge le Venezuela dans l’incertitude » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/05/laventurisme-de-trump-plonge-le-venezuela-dans-lincertitude/embed/#?secret=pxVFtW9tYi#?secret=6yYu6NenbL" data-secret="6yYu6NenbL" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Impérialisme américain &#124; Chassez le naturel, il revient au galop !</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Jan 2026 08:32:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L'approche néo-colonialiste de Donald Trump, parfois appelée «politique de la canonnière», a suscité une condamnation internationale quasi générale.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’enlèvement de Nicolás Maduro par les forces américaines, survenue le 3 janvier 2026 lors de l’opération dite «Absolute Resolve» (Détermination absolue), a provoqué une onde de choc mondiale, probablement en raison de son caractère spectaculaire et aventureux. Car il s’agit bien d’une extraction forcée d’un dirigeant en exercice par une puissance étrangère, en dehors de tout cadre légal international classique.</em></strong></p>



<p><strong>Ridha Ben Slama</strong> *</p>



<span id="more-18211196"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2.jpg" alt="" class="wp-image-16957652" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Cet évènement est entouré de fortes suspicions de trahisons internes au sein de l’élite dirigeante et militaire vénézuélienne. Le fils du président enlevé, Nicolás Maduro Guerra, a ouvertement dénoncé une trahison au sein du cercle rapproché de son père. Des rapports suggèrent que la localisation précise de Maduro dans une maison sécurisée a pu être livrée par des membres de sa propre garde ou de son entourage direct.</p>



<p>Pourtant, avant sa chute, Maduro avait multiplié les mesures (en vain) pour prévenir toute défection, notamment en renforçant la surveillance des généraux par des agents de contre-espionnage cubains. Malgré cela, l’efficacité de l’opération américaine laisse supposer un effondrement ou une passivité suspecte d’une partie de la hiérarchie militaire au moment de l’assaut.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Retour de la politique de la canonnière</h2>



<p>L’histoire et la géopolitique contemporaine, particulièrement au regard de ce qui se manifeste actuellement, confirment que la cohésion nationale d’un pays demeure le facteur déterminant de la souveraineté d’un État. Lorsqu’un <em>«front intérieur»</em> se fissure, à cause des erreurs et des abus du pouvoir en place, il cesse d’être un bouclier, ce qui favorise toutes sortes d’interventions extérieures.</p>



<p>Néanmoins, cette approche néo-colonialiste, parfois appelée<em> «politique de la canonnière»</em>, a suscité une condamnation internationale quasi générale. Les arguments avancés pour justifier cet enlèvement font effectivement l’objet de vives critiques, de nombreux observateurs les qualifiant de prétextes juridiques fragiles ou de motivations cachées. Des points de contestation majeurs sont soulevés par les commentateurs et les juristes. Les griefs avancés de <em>«narcoterrorisme»</em> ne sont pasprouvés. Le président Trump a affirmé que Maduro utilisait des gangs criminels (comme le <em>Tren de Aragua</em>) pour terroriser les communautés américaines. Or, des rapports de renseignement américains d’avril 2025 indiquaient que le régime de Maduro ne dirigeait pas ces opérations vers les États-Unis.Des élus américains ont souligné que si la lutte contre le narcotrafic était le seul motif, des actions similaires auraient dû être menées contre les cartels mexicains, ce qui n’est pas le cas.</p>



<p>Les États-Unis invoquent l’auto-défense contre le trafic de drogue, mais le droit international (malmené sans cesse) ne reconnaît ce droit que face à une attaque armée cinétique. Sans mandat du Conseil de sécurité de l’Onu, l’opération est largement considérée comme une violation de la souveraineté vénézuélienne.</p>



<p>Par ailleurs, bien que Maduro soit contesté dans son pays, il restait le chef d’État de facto et sa destitution concerne les Vénézuéliens seuls. L’idée que cet enlèvement restaurerait la démocratie est fallacieuse, ce qui risque de se passer c’est une fragmentation du pays et une perte de souveraineté.&nbsp;</p>



<p>En fait, l’argument du narcotrafic masque l’objectif réel : reprendre le contrôle des plus grandes réserves pétrolières au monde. Alors que les administrations précédentes cherchaient souvent un consensus (même minimal) avec le Congrès ou les alliés régionaux, l’opération de 2026 a été menée dans le secret total. Le Secrétaire d’État Marco Rubio (dont la famille est d’origine cubaine) a d’ailleurs justifié l’absence d’information préalable du Congrès par le caractère de <em>«maintien de l’ordre»</em> (<em>law enforcement</em>) plutôt que d’acte de guerre.&nbsp;</p>



<p>Ce mode d’intervention directe pour enlever un dirigeant étranger sur son propre sol n’est pas une action inédite, elle s’inscrit dans une lignée historique d’actions américaines. Le cas de Nicolás Maduro présente des similitudes frappantes, tout au moins, avec des cas précédents.</p>



<p>Au cours de l’opération <em>«Just Cause»</em>, 26 000 soldats américains ont envahi le Panama (1989). Les États-Unis avaient inculpé aussi le général Manuel Noriega pour <em>«narcoterrorisme»</em>, il a été jugé et condamné par un tribunal de Miami à 40 ans de prison.</p>



<p>Les prédécesseurs de Trump (comme Bush ou Obama) avaient utilisé des méthodes similaires par l’usage d’opérations extralégales ou secrètes (assassinats ciblés/opérations secrètes) face à des cibles. L’opération en Irak sous la présidence de George W. Bush visait à renverser le régime de Saddam Hussein dans son ensemble, pas seulement à l’éliminer par une frappe ciblée ponctuelle.</p>



<p>L’invasion a débuté en mars 2003 dans le but déclaré de désarmer l’Irak de ses prétendues armes de destruction massive, qui se sont avérées inexistantes. La détention de Saddam Hussein a eu lieu plus tard, lors d’une opération terrestre, suite à une trahison.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Volonté d’expansion et d’intervention directe</h2>



<p>L’appétence de Donald Trump charrie avec elle des perspectives inquiétantes, marquée par une volonté d’expansion et d’intervention directe à travers des menaces lancées concernant d’autres pays :</p>



<p>1. Intensification des revendications de Trump sur le Groenland, affirmant le 4 janvier 2026 que les États-Unis en ont <em>«absolument besoin»</em> pour leur sécurité nationale et l’accès aux minéraux critiques. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a exigé l’arrêt de ces <em>«fantasmes d’annexion»</em>, rappelant que le territoire n’est pas à vendre.&nbsp;</p>



<p>2. Pressions sur le président colombien Gustavo Petro que Trump a qualifié d’<em>«homme malade»</em> impliqué dans la production de cocaïne.&nbsp;Il a déclaré qu’une opération militaire en Colombie lui <em>«semblait une bonne idée»</em> si le flux de stupéfiants vers les États-Unis ne s’arrêtait pas.</p>



<p>3. Guerre commerciale contre le Canada qui fait face à des menaces principalement économiques, mais la rhétorique de Trump touche également à la souveraineté : il a imposé ou menacé d’imposer des tarifs de 25% (voire plus) sur les produits canadiens pour forcer le Canada à durcir le contrôle de sa frontière contre le fentanyl (un analgésique qui interagit principalement sur les récepteurs du cerveau). Des observateurs s’inquiètent de ses références répétées au Canada comme le <em>«51<sup>e</sup> État»</em> de l’Amérique, suggérant une remise en cause des normes internationales de souveraineté.&nbsp;</p>



<p>4. Il a prédit aussi que le gouvernement cubain était<em> «prêt à tomber»</em> suite à l’action au Vénézuéla.</p>



<p>5. Des frappes militaires ciblées contre les cartels de la drogue sur le sol mexicain restent une option sérieusement envisagée par son administration.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un goût démesuré pour le spectacle</h2>



<p>Le personnage de Trump, homme d’affaires médiatique devenu un homme politique atypique, témoigne d’un goût démesuré pour le spectacle, les rodomontades, une communication grandiloquente et souvent controversée, s’appuyant sur une image d’anti-establishment, tout en cultivant des positions conservatrices qui divergent parfois du parti républicain classique. Son slogan politique populiste <em>«Make América Great Again»</em> prône un retour à un passé idéalisé.</p>



<p>Outre cet aspect, il ne faut pas omettre qu’il y a des plans déjà <em>«programmés»</em>, par les administrations précédentes et les services de renseignements, qui reposent sur une part de réalité institutionnelle de longue date, tout en marquant une rupture radicale dans l’exécution. L’administration Biden avait augmenté la prime pour la capture de Maduro à 25 millions de dollars début janvier 2025. Trump a doublé cette mise à 50 millions en août 2025 après avoir désigné le régime comme organisation terroriste. Le refus de reconnaître la légitimité de Maduro après l’élection de 2024 était une position partagée par l’administration Biden.</p>



<p>Certains analystes notent que la chute de Maduro était <em>«conceptualisée»</em> dans les documents de sécurité nationale de la Maison Blanche depuis des années, prévoyant une reprise en main du continent.&nbsp;</p>



<p>La nature du système américain est donc fondamentalement le même. Malgré les alternances politiques et les crises apparentes, ses fondements restent constants. Cette approche s’appuie sur plusieurs piliers structurels, les agences fédérales et l’appareil militaire (le <em>«Deep State»</em> pour certains, la <em>«bureaucratie permanente»</em> pour d’autres) assurent une continuité dans les dossiers de sécurité nationale et de politique étrangère.&nbsp;Les simulacres ou les changements d’hommes et de styles, le système américain (politique, militaire, économique ou culturel) demeure constant, souvent lié au pragmatisme, à l’action, au capitalisme libéral, même si des tensions et des conflits internes existent.</p>



<p>Ce qu’il ne faut pas négliger aussi, concernant cet évènement et d’autres à venir, c’est que l’action présidentielle est souvent pré-configurée par des cercles d’influence extérieurs au gouvernement. En 2026, le rôle des think tanks (comme l’Heritage Foundation ou le Center for American Progress) reste central pour rédiger les programmes politiques et fournir les cadres administratifs prêts à l’emploi dès l’entrée en fonction d’une administration.&nbsp;Sans oublier le rôle du lobby pro-israélien aux États-Unis qui reste un pilier central de la politique étrangère américaine. Une constellation d’organisations aux sensibilités diverses s’active, dont l’American Israel Public Affairs Committee, les chrétiens évangéliques, et la Zionist Organization of America qui adopte des positions plus radicales et proches de la droite israélienne.&nbsp;</p>



<p>En résumé, si les motifs juridiques (narcoterrorisme) étaient effectivement prêts et <em>«programmés»</em> par l’État profond américain depuis des années, le passage à l’acte militaire et l’enlèvement physique de Maduro sont des décisions propres à la doctrine de 2026 <em>«Trump Corollary»</em>, à travers un recentrage hémisphérique et une Europe reléguée au rang de zone secondaire.&nbsp;</p>



<p>L’horizon politique aux États-Unis est dominé par la préparation des élections de novembre 2026. Trump utiliserait des dossiers internationaux pour détourner l’attention des affaires intérieures ou des tensions sociales. Les prochains mois de 2026 s’annoncent marqués par une accélération de la <em>«rupture»</em> trumpiste, tant par des actions unilatérales à l’étranger que par une refonte profonde de la bureaucratie américaine.</p>



<p><em>* Écrivain.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="wZDPlzgqnp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/06/limperialisme-du-xxie-siecle-ou-le-nouveau-primitivisme-des-puissances/">L’impérialisme du XXIe siècle ou le nouveau primitivisme des puissances</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’impérialisme du XXIe siècle ou le nouveau primitivisme des puissances » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/06/limperialisme-du-xxie-siecle-ou-le-nouveau-primitivisme-des-puissances/embed/#?secret=aN9RiulOR9#?secret=wZDPlzgqnp" data-secret="wZDPlzgqnp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Vers une forte hausse des dépenses militaires en 2026</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Jan 2026 12:18:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les fabricants d’armement augmentent leurs capacités de production pour répondre à la demande mondiale croissante en 2026. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Selon le cabinet mondial du conseil financier deVere Group, les valeurs de la défense représentent aujourd’hui l’une des «opportunités stratégiques les plus importantes» pour les investisseurs. Cette analyse intervient alors que les pressions géopolitiques contraignent les gouvernements à maintenir leurs dépenses militaires et à prendre des engagements de sécurité à long terme, remodelant ainsi les marchés mondiaux.</em></strong></p>



<span id="more-18208498"></span>



<p>Nigel Green, PDG de deVere Group, a déclaré : <em>«En Europe, au Moyen-Orient, en Asie de l’Est, en Amérique et dans l’Arctique, les décisions politiques se traduisent directement par des augmentations des budgets de défense et des procédures d’acquisition.»</em></p>



<p>Le Royaume-Uni et la France ont confirmé leur disponibilité à déployer des forces en Ukraine dès qu’un cessez-le-feu sera conclu, signe que la sécurité d’après-guerre reposera sur des cadres militaires permanents plutôt que sur des garanties temporaires.</p>



<p>Au Moyen-Orient, le conflit israélo-palestinien continue d’accroître les risques régionaux, renforçant la demande en matière de défense aérienne, de renseignement et de protection navale.</p>



<p>En Asie de l’Est, la montée des tensions entre la Chine et Taïwan accélère les investissements de défense dans la région indo-pacifique, tandis que Washington, sous la présidence de Donald Trump, renforce la dissuasion des alliés.</p>



<p>L’Amérique latine et l’Arctique occupent désormais une place centrale dans l’équation de la sécurité mondiale. L’intervention militaire américaine récente au Venezuela a souligné la volonté de Washington de projeter sa puissance dans son propre hémisphère, tandis que le regain d’intérêt stratégique pour le Groenland a placé la sécurité arctique au premier plan des plans de défense, dans un contexte d’intensification de la concurrence pour les routes maritimes du Nord, les infrastructures de surveillance et les systèmes de détection de missiles.</p>



<p>Les facteurs qui détermineront la performance de la défense en 2026 sont structurels plutôt que conjoncturels. La sécurité nationale est désormais au cœur de la planification économique, et cette réalité redéfinit la manière dont les risques et les opportunités sont évalués.</p>



<p>Les conséquences pour les entreprises de défense sont considérables. Les cycles d’acquisition s’allongent, les carnets de commandes s’étoffent et les investissements s’accélèrent dans la défense antimissile, la cyberguerre, la surveillance spatiale, les systèmes autonomes et les plateformes de commandement intégrées.</p>



<p>Plusieurs grands fabricants d’armement augmentent leurs capacités de production pour répondre à la demande mondiale croissante d’intercepteurs de défense aérienne, de technologies de surveillance et de systèmes de combat, ce qui renforce les perspectives de croissance soutenue des revenus.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B. </strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/07/vers-une-forte-hausse-des-depenses-militaires-en-2026/">Vers une forte hausse des dépenses militaires en 2026</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>‘‘Norvège, la victoire fatale’’ &#124; Quand la perfide Albion perd le nord</title>
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		<pubDate>Sun, 04 May 2025 07:20:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p> Le précédent de 1940 en Norvège prouve la pertinence du doute entretenu au sujet de la protection des pays nordiques et ceux de la mer Baltique par les puissances oc cidentales. </p>
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<p><strong><em>Au vu des décisions prises en faveur de l’intégration au sein de l’Otan, après le déclenchement de la guerre actuelle en Ukraine, il eût été nécessaire de s’assurer, préalablement, que soit fondée la confiance placée par les pays nordiques et ceux de la mer Baltique dans les promesses anglo-saxonnes de les protéger. Le précédent de 1940 en Norvège prouve la pertinence du doute entretenu sur le sujet,&nbsp;que de récentes intentions américaines d’annexer le Groenland danois ne font que renforcer</em></strong></p>



<p><strong>Mounir Hanablia *</strong></p>



<span id="more-16390486"></span>



<p>Prétendre que les événements en Norvège n’ont pas de répercussions en Grande-Bretagne témoignerait d’une méconnaissance profonde de l’Histoire du Moyen-âge européen. Néanmoins, à l’époque moderne,&nbsp;rien ne prédestinait ce pays scandinave du nord de l’Atlantique possédant près de 4000 kilomètres de rivage à devenir un jour un champ de bataille précurseur d’une guerre mondiale. Il avait pourtant choisi la neutralité, tout comme ses voisins suédois et rien ne laissait penser qu’elle ne serait pas respectée. Fatalité géostratégique?</p>



<p>Il se trouve que l’un des ports norvégien situés au nord, Narvik, était le débouché en eaux libres d’une ligne de chemin de fer acheminant le fer de la mine suédoise de Gallivare, l’autre débouché en étant le port de Lulea situé sur la mer Baltique, en ayant ceci de particulier, qu’étant pris par les glaces, il est en hiver impraticable. Le grand client en minerai de fer étant l’Allemagne, située sur la côte sud de la Baltique, ses bateaux étaient donc obligés en hiver pour ravitailler son industrie de se rendre à Narvik en Norvège, sur l’Océan Atlantique, et cela en faisait évidemment des cibles potentielles pour d’éventuels ennemis, autrement dit ceux qui avaient les moyens de les attaquer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La drôle de guerre </h2>



<p>Ce fut effectivement le cas à&nbsp; partir de septembre 1939 avec l’invasion de la Pologne et la déclaration de guerre subséquente par l’Angleterre et la France à l’Allemagne. La plus grande partie de l’armée britannique débarqua donc en France pour se placer aux côtés de l’armée française et s’opposer&nbsp;à une éventuelle invasion allemande attendue du côté de la Belgique. Ce fut ce qu’on a appelé plus tard la drôle de guerre quand, durant&nbsp;près de 9 mois, les belligérants se firent face sans tirer un seul coup de feu. Curieusement, il ne vint pendant des mois à l’idée de quiconque, de le faire.</p>



<p>Il a fallu la guerre russo-finlandaise début 1940 pour que les Britanniques, excités par leur allié, le gouvernement français, ne commencent à envisager l’idée d’une aide militaire à la Finlande dont le point de départ serait&#8230; le port norvégien de Narvik.</p>



<p>Le gouvernement français, pressé par son opinion publique qui le critiquait pour sa passivité dans l’affaire de la Finlande, menaçait de tomber. Mais le cabinet britannique, dans l’obligation de définir des buts de guerre acceptables pour sa propre opinion publique, et sauver le gouvernement français n’en était pas un, convint que l’occupation de Narvik priverait également l’Allemagne du fer nécessaire à son industrie de guerre, mais que l’aide à la Finlande en constituerait la raison apparente.</p>



<p>En effet, il y&nbsp;avait le risque que les intentions britanniques clairement&nbsp;affichées ne poussent les Allemands à occuper les premiers la Norvège. Le gouvernement britannique commença donc à préparer ce qui restait de son armée en conséquence. Sauf que pour mener une opération militaire en Norvège il fallait pour respecter les lois internationales, l’accord du gouvernement norvégien, et celui-ci n’était pas prêt à abandonner sa neutralité et à se ranger dans le camp des Anglo-français.</p>



<p>Entretemps,&nbsp;les Finlandais, ne voyant&nbsp;aucune aide venir et conscients des tergiversations des Anglo-français incapables de définir des objectifs de guerre communs et de les exécuter rapidement, préférèrent négocier avec leurs adversaires russes et finalement, en mars 1940, un accord de paix fut signé.</p>



<p>Le débarquement en Norvège n’avait donc plus sa raison d’être officielle. Mais l’idée d’interrompre les livraisons de fer en Norvège ne disparut pas pour autant. Les Britanniques envisagèrent pour cela deux solutions, une à minima, le minage des eaux norvégiennes, une autre plus importante, la prise de contrôle de la ville de Trondheim qui assurerait aux armées britanniques une tête de pont capable d’assurer leurs objectifs de guerre dans la péninsule scandinave, et de frapper l’économie allemande&nbsp;par l’occupation de Narvik.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;impossible neutralité </h2>



<p>Il y eut entretemps l’affaire de l’Altmark, ce navire de guerre allemand qui coulait à travers l’Atlantique les navires marchands et qui convoyait 250 prisonniers de guerre anglais. Traqué par la marine britannique, il se réfugia dans les eaux territoriales norvégiennes,&nbsp;dans un fjord. Les Britanniques le prirent d’assaut, et libérèrent leurs prisonniers. Pour Hitler ce fut la preuve que la Norvège ne voulait pas ou ne pouvait pas assurer sa neutralité, et que la sécurité de l’Allemagne imposait l’occupation du pays.</p>



<p>Les Allemands après une planification et une préparation de deux semaines envoyèrent donc début avril 1940 leurs navires de transport sous la protection de leur flotte de guerre débarquer le corps expéditionnaire chargé d’occuper les terrains d’aviation&nbsp;capables d’assurer la supériorité aérienne nécessaire à l’occupation du pays. Le Danemark en fut le point de&nbsp;passage obligé.</p>



<p>La coïncidence&nbsp;a voulu qu’au même moment la flotte de guerre britannique faisait route vers les côtes norvégiennes. Mais le mouvement vers le large de leurs adversaires dû à des nécessités de navigation fut à l’origine d’une méprise issue de l’observation aérienne.</p>



<p>Les Anglais, au lieu de se diriger vers la péninsule scandinave pour y débarquer, prirent la direction de l’océan et&nbsp; ratèrent ainsi la flotte adverse qu’ils auraient pu détruire. Le plus grave fut les contraintes logistiques que ce changement d’objectif de dernière minute&nbsp;&nbsp;impliqua, et dont ils paieraient&nbsp; plus tard un lourd prix au moment du combat.</p>



<p>Quoiqu’il en soit, les troupes allemandes trouvèrent le champ libre pour envahir le pays en surprenant le gouvernement et l’armée, qui s’attendaient à une invasion anglaise, et l’impéritie fut telle que la mobilisation générale immédiate contre l’envahisseur ne put être décrétée, la procédure réglementaire prévoyant l’usage du courrier à cette fin.</p>



<p>C’est ainsi que l’armée norvégienne naturellement sous équipée et qui plus est désemparée réussit&nbsp;quand même à couler le navire transportant les agents chargés de l’arrestation du Roi et des membres du gouvernement, à laquelle Hitler accordait une importance fondamentale pour obtenir la soumission du pays. Ces derniers s’enfuirent donc vers les montagnes et les régions enneigées du nord où ils prirent contact avec des émissaires anglais qui les assurèrent de l’aide immédiate et inconditionnelle de leur pays ainsi que du proche débarquement d’un corps expéditionnaire chargé d’occuper l’important port de Trondheim, ce que les Norvégiens souhaitaient avant tout.</p>



<p>En réalité, il s’agissait d’un mensonge et ce ne serait pas le dernier. Les Anglais depuis le début n’avaient fait qu’hésiter sur la marche à suivre et leurs décisions avaient varié&nbsp; d’une réunion du cabinet à l’autre, entre le contrôle du centre et du pays (Trondheim, opération Hammer), ou bien du Nord (Narvik opération Rupert).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Britanniques à la manœuvre </h2>



<p>Cependant face aux quelques milliers de volontaires armés de quelques fusils qui s’étant regroupés sous les ordres d’un officier valeureux, le général Ruger, tentaient tant bien que mal de freiner l’avance allemande vers le nord composée de troupes aguerries soutenues par les blindés, l’artillerie, et surtout l’aviation, les Britanniques finissaient par débarquer au nord et au sud de Trondheim seulement deux ou trois centaines de soldats dénués d’armement lourd ou de canons anti-aériens, et surtout des skis et des raquettes nécessaires pour marcher sur la neige profonde. Ils se regroupaient en dépit de tout avec les skieurs norvégiens mais étaient sévèrement éprouvés par les combats. Leurs bases de débarquement finissaient par être bombardées par l’aviation allemande maîtresse du ciel et tout leur ravitaillement détruit.</p>



<p>Cependant, alors que les quelques troupes engagées n’arrivaient pas à assurer le succès de leur mission, l’état major français également impliqué dans le commandement suprême allié échafaudait des&nbsp;plans irréalisables pour l’envoi de troupes au nord à travers des routes enneigées impraticables.</p>



<p>Pour les Britanniques, l’opération Hammer se révélait irréalisable, et sa conclusion la plus logique serait l’évacuation du corps expéditionnaire sous peine de le voir anéanti. Mais cela impliquait l’abandon des unités norvégiennes à leur propre sort,&nbsp;et probablement l’arrêt de toute résistance contre l’envahisseur nazi. Le gouvernement britannique, n’ayant jamais eu qu’une confiance limitée dans la population et les autorités locales, et soucieux de ne pas voir ses troupes abandonnées dans un pays qu’elles ne connaissaient pas en étant exposées au feu d’un ennemi supérieur, décidait donc de maintenir sa décision secrète jusqu’au dernier moment.</p>



<p>Cependant Hitler, fou de rage pour ne pas avoir capturé l’autorité légitime du pays, décidait d’installer à sa tête celui dont le nom allait devenir synonyme de trahison, un certain Vidkun Quisling, alors ministre de la Défense, qui mourra fusillé le 24 octobre 1945 pour&nbsp;collaboration&nbsp;avec l&rsquo;occupant nazi&nbsp;pendant la&nbsp;Seconde Guerre mondiale. Cette mesure accroissait au contraire l’indignation des autochtones et leur volonté de résistance au point que les Nazis tentaient de rétablir le contact avec le gouvernement légitime, en fuite. En vain. Les Nazis n’auraient dès lors de cesse de tenter d’en tuer les membres, et ceux-ci de s’échapper, jusqu’à finalement gagner l’Angleterre sur des navires britanniques afin d’y former&nbsp;un gouvernement en exil. Et en effet les répercussions politiques de la Norvège (et de la Finlande) furent importantes. En France elle entraîna la chute d’Edouard Daladier et son remplacement par Paul Reynaud. En Angleterre c’est le Premier ministre Neville Chamberlain qui tomba,&nbsp;celui qui prédit le 3 avril qu’Hitler en Norvège <em>«avait&nbsp;raté le coche»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le désastre norvégien</h2>



<p>En effet, le Parlement considéra l’évacuation de la Norvège comme une défaite majeure due aux erreurs du commandement politique et militaire. Mais contrairement à ce qui est communément répété, ce n’est nullement Winston Churchill qui en fut le responsable. Les discours de deux conservateurs, l’Amiral Keyes, un héros de la première guerre mondiale, ainsi que celui de Léopold Emery, un parlementaire influent qui a emporté l’unanimité en citant des propos tenus par Cromwell au XVII<sup>e</sup> siècle (<em>«Vous avez siégé trop longtemps pour le peu de bien que vous avez apporté; au nom du ciel, partez !»</em>), emportèrent l’adhésion. Le lendemain 10 mai 1940, l’Allemagne envahit la Belgique et la Hollande, et Winston Churchill, pourtant membre du gouvernement sortant, fut immédiatement nommé au poste de Premier ministre, celui que ses amis lui destinaient malgré sa responsabilité dans le désastre norvégien.</p>



<p>Après la débâcle en France des armées anglaise et française du 14 Mai, le front de Norvège passa au second plan, malgré les succès au nord du pays des forces anglo-françaises, réussissant, aidés par les Norvégiens après de durs combats, à occuper Narvik au prix d’une véritable boucherie contre les civils supposés avoir évacué la ville, et à couper la route du fer. Churchill savait bien qu’avec la défaite en France de son armée, l’Angleterre étant menacée, il n’aurait pas trop besoin de toutes ses troupes pour s’opposer à l’armée nazie. Narvik fut donc évacuée immédiatement après son occupation.</p>



<p>Une fois encore les Norvégiens ne seraient pas prévenus des intentions anglaises, pas plus d’ailleurs que ne le seraient les Français. Il est troublant de constater combien cette aventure en Norvège fut mal préparée, à laquelle Churchill fut étroitement associé, il ne faut pas l’oublier. Et surtout combien les considérations de politique interne pesèrent. Il est en effet déjà curieux que cette guerre qui prétendait priver l’Allemagne du fer nécessaire à son effort de guerre en lui interdisant l’océan fut entreprise en avril lors de la fonte des glaces qui libérait le port de Lulea pour son transport par la mer Baltique.</p>



<p>L’occupation de l’Alsace Lorraine allait d’ailleurs fournir aux envahisseurs le minerai nécessaire les rendant moins tributaires de la Suède. L’autre constatation, c’est évidemment le désastre logistique, dû à des changements d’objectifs de dernière minute décidés par des états&nbsp;major et des politiciens peu au fait des réalités, ne disposant pas des cartes géographiques nécessaires, fixant des missions de combat à une flotte prévue au débarquement de troupes de combat au sol.</p>



<p>Ainsi contrairement à ce que nous, les peuples&nbsp; sous développés, croyons relativement aux capacités d’organisation hors norme des pays industrialisés, en réalité, ces derniers sont capables dans les moments décisifs des mêmes erreurs dont dans nos pays nous sommes quotidiennement les témoins.&nbsp;</p>



<p>Enfin on ne peut passer sous silence de quelle manière les Norvégiens furent entraînés dans des combats aux côtés des Britanniques sans rien connaître de leurs véritables intentions, pour se voir au bout du compte abandonnés sans&nbsp;aucun espoir de succès, sans même les armes qui auraient pu leur être laissées au lieu d’être détruites,&nbsp;afin de résister à l’ennemi.</p>



<p>En la circonstance, les grands et blonds norvégiens, pour anglophiles qu’ils eussent été supposés être, n’ont pas mieux été traités que les Arabes du désert dirigés par Lawrence. Les Anglais ignoraient d’ailleurs autant la langue norvégienne que leurs hôtes la leur, ce qui dans le feu des combats n’assurait&nbsp;pas la meilleure des coordinations possibles. Et&nbsp;dans la course à l’occupation d’un pays souverain et neutre, ils furent simplement battus par plus rapides qu’eux.</p>



<p>Quant&nbsp;aux Suédois leur refus de livrer passage au Roi de Norvège flanqué de ses ministres, alors poursuivis par les Allemands, et leur proposition de soumettre le nord du pays voisin à un régime de non belligérance leur permettant l’écoulement naturel de leur minerai, alors même que la force occupante était bien connue, ne les fait pas apparaître sous un jour très favorable. Au vu des décisions prises en faveur de l’intégration au sein de l’Otan, après le déclenchement de la guerre actuelle en Ukraine considérée comme une cause, pour ne pas dire un prétexte,&nbsp;par l’Allemagne à son réarmement, il eût été nécessaire de s’assurer, préalablement, que soit fondée la confiance placée par les pays nordiques et ceux de la mer Baltique dans les promesses anglo-saxonnes de les protéger. Le précédent de 1940 en Norvège prouve la pertinence du doute entretenu sur le sujet,&nbsp;que de récentes intentions d’annexer le Groenland danois ne font que renforcer.&nbsp; &nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><strong><em>‘‘Churchill contre Hitler. Norvège 1940, la victoire fatale’’ de François Kersaudy, éditions Tallandier, 24 mai 2012, 368 pages. &nbsp; &nbsp; &nbsp;</em></strong></p>



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		<title>Imposer la paix par la force : une illusion dangereuse</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Feb 2025 09:06:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Partout où les États-Unis ont voulu imposer leur volonté par les armes, ils n’ont laissé derrière eux que des pays en ruines, livrés au chaos et à l’instabilité.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/20/imposer-la-paix-par-la-force-une-illusion-dangereuse/">Imposer la paix par la force : une illusion dangereuse</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Avec son slogan «La paix par la force», Donald Trump pense avoir trouvé la solution miracle aux conflits internationaux. Pourtant, l’histoire récente prouve que l’usage de la force n’a jamais apporté la paix durable. Vietnam, Afghanistan, Irak, Syrie, Libye, Yémen : partout où les États-Unis ont voulu imposer leur volonté par les armes, ils n’ont laissé derrière eux que des pays en ruines, livrés au chaos et à l’instabilité.</em></strong> <em>(Photo: soldats américains en Afghanistan). </em> </p>



<p><strong>Khémaïs Gharbi</strong></p>



<span id="more-15601487"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-14682166" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>L’exemple le plus frappant reste l’Afghanistan. Après vingt ans de guerre, des milliers de morts et des centaines de milliards de dollars engloutis, Washington a fini par remettre le pouvoir aux Talibans, ceux-là mêmes qu’il était venu chasser en 2001. Ce fiasco ne s’est pas seulement soldé par un échec militaire; il a aussi dilapidé les ressources du peuple américain, des fonds qui auraient pu être investis dans les infrastructures, l’éducation ou la santé.</p>



<p>Aujourd’hui, Donald Trump revient avec une nouvelle version de cette doctrine agressive, et les premières tensions ne se font pas attendre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une diplomatie de la force aux conséquences imprévisibles</h2>



<p>Depuis son retour à la Maison-Blanche, Trump multiplie les provocations. Il s’en prend à ses voisins, allant jusqu’à suggérer l’annexion du Canada comme 51ᵉ État des États-Unis. Il a aussi réitéré son intérêt pour le Groenland, menaçant de l’acheter ou de l’occuper de force, au grand dam du Danemark et de l’Union européenne. Cette posture est d’autant plus paradoxale que l’Occident condamne l’occupation russe d’une partie de l’Ukraine.</p>



<p>Sur le dossier ukrainien, Trump tente d’imposer sa propre paix, négociant directement avec Moscou sans même inclure l’Ukraine du moins dans cette première étape. Un véritable abandon de Kiev, alors que le pays, épuisé par trois années de guerre, appelle désespérément à l’aide.</p>



<p>Parallèlement, il bouscule l’Otan, imposant à ses membres d’augmenter leurs dépenses militaires à 5% de leur PIB. Une pression qui pourrait fragiliser l’alliance et remettre en cause son équilibre stratégique.</p>



<p>Enfin, Trump s’attaque au dossier palestinien avec un mépris flagrant du droit international. Il propose ni plus ni moins que la déportation des Palestiniens de Gaza, les forçant à s’exiler dans les pays voisins pour ne plus <em>«déranger»</em> Israël. Pire encore, il fournit à ce dernier un soutien militaire et diplomatique sans précédent, l’encourageant ainsi à refuser tout compromis. Cette approche, qui ignore les racines historiques du conflit, bafoue les droits fondamentaux d’un peuple occupé depuis plus de 75 ans.</p>



<p>Comment contrer une politique erratique sans rompre avec les États-Unis ?</p>



<p>La réponse n’est ni l’affrontement, ni la rupture. Les États-Unis restent une puissance incontournable, un allié stratégique, et un acteur central de la stabilité mondiale. Il serait donc une erreur d’entrer dans une logique d’opposition frontale.</p>



<p>L’enjeu est de ramener Washington à la raison, en lui rappelant que ses propres valeurs – celles qu’elle a défendues et promues à travers le monde – sont incompatibles avec une politique de la force qui viole le droit international.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Unir les pays arabes pour négocier en meilleure position</h2>



<p>Face à cette situation, les pays arabes ne peuvent plus se contenter d’être de simples spectateurs. Accepter la <em>«paix par la force»</em>, c’est accepter la soumission et l’injustice. Pour peser sur la scène internationale, ils doivent retrouver leur unité et bâtir une stratégie commune, basée sur des principes clairs :</p>



<p>• Un front uni : élaborer un plan de paix crédible, soutenu par tous les pays arabes, pour le présenter comme une alternative réaliste.</p>



<p>• Une diplomatie offensive : convaincre l’Occident, et particulièrement les États-Unis, que la paix ne peut être imposée au détriment du peuple palestinien.</p>



<p>• Un discours structuré : mettre en avant que la stabilité régionale est dans l’intérêt de tous, et qu’aucune solution ne peut être durable si elle repose sur l’injustice.</p>



<p>Le peuple palestinien a prouvé par sa résistance et ses sacrifices qu’il ne renoncera jamais à sa terre. Il ne s’agit pas de demander la paix par faiblesse, mais par réalisme, car la stabilité du Moyen-Orient est une nécessité pour l’équilibre du monde.</p>



<p>Si les pays arabes restent divisés, ils continueront d’être des spectateurs impuissants face aux décisions des grandes puissances. Mais unis, armés d’un projet solide et d’arguments convaincants, ils peuvent inverser le rapport de force et peser véritablement sur la scène internationale.</p>



<p>Le défi est immense, mais une chose est claire : la paix ne s’impose pas par la force. Elle se construit par la justice, le dialogue et le respect du droit international.</p>



<p>* <em>Ecrivain et traducteur.  </em></p>
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		<title>La boîte de Pandore américaine : l’ordre mondial au bord de la rupture</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Feb 2025 11:04:24 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Ould Amar Yahya]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le président Donald Trump a ouvert une boîte de Pandore géopolitique aux implications incalculables.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/06/la-boite-de-pandore-americaine-lordre-mondial-au-bord-de-la-rupture/">La boîte de Pandore américaine : l’ordre mondial au bord de la rupture</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le président Donald Trump, en formulant une proposition assortie de menaces pour l&rsquo;intégration du Canada et du Groenland aux États-Unis, a ouvert une boîte de Pandore géopolitique aux implications incalculables.</em></strong></p>



<p><strong><strong>Yahya</strong></strong> <strong>Ould Amar *</strong></p>



<span id="more-15432438"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure>
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<p>L’histoire de l’humanité a toujours été un balancier oscillant entre l’ordre et le chaos, entre l’instauration de règles destinées à encadrer les rapports de force et leur subversion par des puissances aspirant à les remodeler à leur avantage.</p>



<p>Aujourd’hui, nous assistons à une mutation profonde de l’ordre international, non pas une simple transition, mais un bouleversement radical. Ce qui se profile à l’horizon n’est rien de moins qu’une ère de chaos et de confrontation, où la force primera sur le droit, où la diplomatie cèdera la place à la brutalité des rapports de puissance, et où les organisations internationales, si elles ne se réinventent pas, deviendront les témoins impuissants d’un monde en dislocation.</p>



<p>Cette dynamique rappellerait les grandes expansions impérialistes du XIX<sup>e</sup> siècle, où les grandes puissances s’appropriaient des territoires sans égard pour les droits des peuples concernés. Mais à l’ère moderne, cela déclencherait des réactions nationalistes violentes et de potentielles guerres asymétriques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le choix de l’affrontement au lieu de l’ordre</h2>



<p>Les grandes puissances, aveuglées par l’illusion de leur toute-puissance et/ou la certitude de leur déclin imminent, se lancent aujourd’hui dans une fuite en avant où le chaos devient non pas un accident, mais un choix délibéré. Elles voient dans l’effondrement du multilatéralisme l’occasion de rebattre les cartes à leur avantage, de figer dans la violence ce que l’économie et la diplomatie ne leur permettent plus d’imposer. Confrontées à l’épuisement de leur modèle de croissance, à la montée des colères internes, à l’érosion de leur soft power et à l’inévitable basculement du centre du monde, elles préfèrent la confrontation au compromis, la force à la négociation, l’unilatéralisme au dialogue. Chaque crise devient un prétexte, chaque faiblesse adverse une opportunité, chaque frontière un pari.</p>



<p>La Russie voit dans le chaos la chance de rétablir son empire perdu, la Chine celle de précipiter l’effondrement de l’ordre occidental, les États-Unis celle de prolonger leur hégémonie en radicalisant l’affrontement avec leurs rivaux. L’Europe, tétanisée, hésite entre le suivisme et l’isolement. L’Onu, impuissante, se mue en spectateur.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="HARZ3t3Htd"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/27/donald-trump-ou-la-recette-du-chaos/">Donald Trump ou la recette du chaos</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Donald Trump ou la recette du chaos » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/27/donald-trump-ou-la-recette-du-chaos/embed/#?secret=p9IW0xprPf#?secret=HARZ3t3Htd" data-secret="HARZ3t3Htd" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Un retour aux lois de la jungle&nbsp;?</h2>



<p>Depuis 1945, l’ordre mondial repose sur un socle fragile : la souveraineté des États, l’intangibilité des frontières, la coopération internationale et la régulation des conflits par des institutions supranationales. Ces principes ont été bafoués à maintes reprises, mais jamais de manière aussi assumée et généralisée qu’aujourd’hui.</p>



<p>Si aujourd’hui, une grande puissance – les États-Unis, la Russie, la Chine – s’arroge le droit d’annexer des territoires sous prétexte de nécessité stratégique, historique ou économique, alors plus aucun État ne pourra prétendre à la stabilité.</p>



<p>Un tel bouleversement risquerait de déclencher une réaction en chaîne incontrôlable, entraînant une escalade des conflits régionaux où chaque nation chercherait à redéfinir ses frontières, une intensification des rivalités géopolitiques menant à une bipolarisation du monde entre un bloc occidental dominé par les États-Unis et un axe Russie-Chine, ainsi qu’une instabilité économique majeure, alimentée par l’incertitude des marchés, la perturbation des flux commerciaux et la frilosité des investisseurs face à un environnement imprévisible.</p>



<p>Si l&rsquo;annexion de territoires par la force devient une norme acceptée, alors la Russie pourra revendiquer l’ensemble des régions qu’elle considère comme faisant partie de son <em>«monde russe»</em>, de l’Ukraine aux pays baltes, tandis que la Chine pourra s’emparer de Taïwan sans autre justification que sa volonté expansionniste. Israël, au nom de sa sécurité, pourra intégrer Gaza, la Cisjordanie, voire étendre son emprise au sud du Liban et au sud de la Syrie. L’Inde et le Pakistan pourraient raviver leur confrontation sur le Cachemire, et des puissances comme la Turquie ou l’Iran, ainsi que d’autres acteurs régionaux, se sentiraient en droit de remodeler les frontières à leur avantage, déclenchant ainsi une reconfiguration chaotique de l’ordre mondial. Cette dynamique, une fois enclenchée, ne connaîtra aucun frein. Car ce qui est légitime pour l’un le deviendra pour tous.</p>



<p>L’histoire nous enseigne que lorsque le droit est remplacé par la force, les guerres deviennent la seule monnaie d’échange entre nations.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Onu en ruines : le spectre de la Société des Nations ?</h2>



<p>L’Onu, née sur les cendres de la Seconde Guerre mondiale, n’a jamais été un véritable gouvernement mondial, mais un espace de dialogue et de régulation des conflits. Déjà affaiblie par le blocage du Conseil de sécurité, elle risque de devenir un fantôme institutionnel, réduit à la simple gestion des conséquences humanitaires des guerres qu’elle ne pourra plus prévenir.</p>



<p>Ce n’est pas la première fois qu’une organisation internationale s’effondre sous le poids de son impuissance. La Société des Nations avait succombé à son incapacité à stopper l’expansionnisme de l’Allemagne nazie et du Japon impérial. L’Onu pourrait connaître le même sort si elle ne parvient pas à se réinventer.</p>



<p>L’avenir de l’Onu repose sur un dilemme : soit elle se réinvente en un véritable arbitre doté de pouvoirs coercitifs effectifs, ce qui nécessiterait une refonte radicale de sa gouvernance et l’abandon du droit de veto des grandes puissances, soit elle sombre dans l’inefficacité et disparaît de facto, laissant place à une diplomatie fondée sur les rapports de force, où seules les alliances militaires, les blocs de puissance et les jeux d’influence dicteront l’ordre mondial. L’option intermédiaire, celle d’un statu quo où l’Onu subsiste en tant que caisse de résonance des conflits mondiaux, ne fera qu’accélérer sa marginalisation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers un monde fragmenté ?</h2>



<p>L’ère de chaos et de confrontation qui se dessine ne se limitera pas aux sphères militaires et &nbsp;diplomatiques. Elle marquera également la fin d’un certain modèle économique.</p>



<p>Depuis la fin de la Guerre froide, le monde s’est construit sur l’illusion d’une interdépendance économique qui garantirait la paix. Or, cette interdépendance est désormais une arme. La Russie, la Chine et les États-Unis ont compris que le commerce, l’énergie, la technologie et les infrastructures financières sont autant d’instruments de pression que de prospérité.</p>



<p>Si la logique de confrontation venait à s’imposer, les échanges commerciaux ne seraient plus guidés par la rentabilité mais par des impératifs stratégiques, entraînant une multiplication des sanctions économiques et une fragmentation accrue du commerce mondial. Face à cette dynamique, les grandes puissances se replieraient sur des blocs régionaux, marquant la fin de la mondialisation ouverte au profit d’un protectionnisme agressif, où chaque acteur chercherait avant tout à sécuriser ses intérêts face à un environnement international de plus en plus hostile.</p>



<p>Ce monde ne sera pas seulement plus instable, il sera aussi plus pauvre. Les innovations technologiques ralentiront, les chaînes d’approvisionnement seront perturbées, la croissance mondiale s’essoufflera.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="R9UEipd80D"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/22/limperialisme-americain-est-de-retour-qui-pourrait-arreter-donald-trump/">L’impérialisme américain est de retour : Qui pourrait arrêter Donald Trump?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’impérialisme américain est de retour : Qui pourrait arrêter Donald Trump? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/22/limperialisme-americain-est-de-retour-qui-pourrait-arreter-donald-trump/embed/#?secret=OSe0wxBI3u#?secret=R9UEipd80D" data-secret="R9UEipd80D" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Le chaos, terreau de l’innovation ou de l’effondrement ?</h2>



<p>Faut-il pour autant voir dans cette ère de chaos une fatalité absolue ? L’histoire nous enseigne que les périodes de grande instabilité sont aussi celles où émergent les idées les plus révolutionnaires.</p>



<p>Si les États ne parviennent plus à garantir la stabilité, d’autres acteurs prendront le relais. Les entreprises multinationales, les réseaux numériques, deviendront des pôles d’influence capables de remodeler l’équilibre des pouvoirs. L’intelligence artificielle, les crypto-monnaies, les nouvelles formes de gouvernance décentralisée pourraient, à terme, supplanter les institutions en déclin.</p>



<p>Mais ce futur demeure incertain. Soit l’humanité trouve dans le chaos l’énergie de se réinventer, soit elle s’y engloutit. La clé réside dans notre capacité à anticiper les fractures et à bâtir de nouveaux équilibres avant qu’ils ne s’imposent dans la violence.</p>



<p>Il est aujourd’hui clair que le XXIe siècle ne sera pas une simple continuité du précédent, il sera soit celui de la fragmentation et de la survie, soit celui de la refondation et de l’innovation. Tout dépendra de notre capacité collective à comprendre que le chaos n’est pas une fatalité, mais une alerte.</p>



<p>L’histoire n’est jamais écrite à l’avance. Mais elle n’attend jamais longtemps ceux qui tardent à en prendre la mesure.</p>



<p>Enfin, l’humanité se trouve une fois encore entre l’effondrement et la réinvention, entre le repli sur des logiques belliqueuses et l’audace de repenser un nouvel ordre mondial fondé sur autre chose que la seule loi du plus fort. Si le chaos semble aujourd’hui l’option privilégiée par les grandes puissances, il n’est pas une fatalité. L’histoire a prouvé que l’instabilité peut être le terreau de grandes mutations, pour peu que les acteurs politiques, économiques et intellectuels sachent en tirer les leçons et proposer de nouveaux modèles. Face à la déliquescence des institutions, à la fragmentation des alliances et à la montée des confrontations, le choix n’est plus entre statu quo et conflit, mais entre la construction d’un nouvel équilibre global et l’abandon progressif à l’anarchie internationale. L’enjeu n’est pas de préserver un passé révolu, mais d’imaginer un futur où la puissance ne serait plus l’unique critère de souveraineté et où la coopération, loin d’être un vœu pieux, redeviendrait une nécessité vitale. Si les États échouent à saisir cette opportunité, alors l’histoire se chargera, une fois de plus, de redistribuer les cartes à leur place, dans une tempête dont personne ne ressortira indemne.</p>



<p>* <em>Economiste, banquier et financier.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="VUXxCuWFJr"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/05/donald-trump-veut-prendre-le-controle-de-la-bande-de-gaza/">Donald Trump veut «prendre le contrôle de la bande de Gaza»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Donald Trump veut «prendre le contrôle de la bande de Gaza» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/05/donald-trump-veut-prendre-le-controle-de-la-bande-de-gaza/embed/#?secret=37J7ZxEpNY#?secret=VUXxCuWFJr" data-secret="VUXxCuWFJr" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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