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	<title>Archives des Houcine Jaïdi - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Houcine Jaïdi - Kapitalis</title>
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		<title>Grand Musée Égyptien &#124; Enseignements et défis de l’avenir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Nov 2025 10:05:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'inauguration en grande pompe du Grand Musée Égyptien en dit long sur les rapports singuliers de l’Égypte avec son patrimoine antique. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/07/grand-musee-egyptien-enseignements-et-defis-de-lavenir/">Grand Musée Égyptien | Enseignements et défis de l’avenir</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le </em></strong><strong><em>Grand Egyptian Museum</em></strong><strong><em> (GEM), qui a été inauguré le 1<sup>er</sup> de ce mois, n’est pas seulement un gigantesque complexe culturel réalisé patiemment, dans les règles de l’art et à grand frais en vue de dynamiser un tourisme culturel déjà florissant. Cette réalisation remarquable à plus d’un titre, la cérémonie grandiose de son inauguration et les grandes festivités organisées, à cette occasion, à travers tout le pays en disent long sur les rapports singuliers de l’</em></strong><strong><em>É</em></strong><strong><em>gypte d’aujourd’hui avec son patrimoine antique. Elle traduit une ambition tenace de s’approprier davantage un héritage précieux et de le servir non seulement au niveau de l’exposition mais aussi aux plans scientifique et technique. Mais les nombreux enseignements qui peuvent être tirés de la concrétisation du projet ne doivent pas faire passer sous silence les grands défis qui sont à relever.</em></strong></p>



<p><strong>Houcine Jaïdi *</strong></p>



<span id="more-17845501"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Houcine-Jaidi.jpg" alt="" class="wp-image-16815517" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Houcine-Jaidi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Houcine-Jaidi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Houcine-Jaidi-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>En évoquant le GEM, les officiels égyptiens, les médias et les particuliers parlent presque tout le temps de la <em>«Civilisation égyptienne»</em>, en y ajoutant rarement le qualificatif <em>«antique»</em>. Ce faisant, la civilisation pharaonique, à laquelle le nouveau musée est dédié, semble résumer à elle seule toute l’histoire de l’Égypte ou, à tout le moins, en représenter la séquence la plus glorieuse.</p>



<p>Dans la formulation égyptienne, il y a beaucoup de vérités&nbsp;: ne parle-t-on pas d’égyptologie pour désigner la branche de l’histoire et de l’archéologie qui étudie l’héritage de l’époque pharaonique ? La précocité de la civilisation pharaonique, sa longévité proverbiale et ses réalisations matérielles, scientifiques et techniques ne sont-elles pas d’une envergure exceptionnelle&nbsp;? Cette civilisation n’a-t-elle pas laissé dans le pays, après la fin du pouvoir des Pharaons, de fortes empreintes durant la dizaine de siècles (fin du IV<sup>e</sup> siècle av. J.-C. – début du VII<sup>e </sup>siècle ap. J.-C.) pendant laquelle se sont développées successivement les civilisations hellénistique, romaine et byzantine&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Glorification de la civilisation pharaonique</h2>



<p>Dès les premières années de la République égyptienne, la glorification de la civilisation pharaonique par l’État a été remarquable. La statue colossale de Ramsès II, que les visiteurs découvrent avec fascination dans l’immense hall d’accueil du GEM, avait été installée sur ordre de Jamel Abdennasser, en&nbsp;1955, au centre du Caire où elle a rappelé, jusqu’à il y a quelques années, aux Cairotes et aux touristes nationaux et étrangers, la grandeur de la haute Antiquité égyptienne.</p>



<p>Cette glorification, exprimée à nouveau, il y a quelques jours, avec toutes les ressources de la grandiloquence orientale, est sans équivalent dans le monde arabe où la civilisation arabo-musulmane prime, sans discussion, sur toutes les époques. De ce fait, l’Antiquité, malgré ses traces exceptionnelles dans certains pays, est reléguée dans une position mineure. Sa prise en charge par l’État donne souvent l’impression d’être <em>«un mal nécessaire»</em>. En témoignent, les négligences au niveau de la sauvegarde et de la mise en valeur des sites et des monuments antiques&nbsp;; en témoigne aussi la manière d’enseigner l’histoire ancienne aux jeunes et l’inefficience de la vulgarisation auprès du grand public.</p>



<p>L’assimilation des vestiges antiques à la <em>Jahilya </em>(période antéislamique) peut atteindre des limites dramatiques. Les grands criminels de l’État islamique n’ont-ils pas, il y a dix ans, détruit les ruines de Palmyre, joyau du monde gréco-romain&nbsp;? N’y ont-ils pas décapité de manière théâtralisée l’archéologue Khaled Al-Asaad, l’emblématique directeur du site, âgé de 81 ans&nbsp;?</p>



<p>Pour revenir à l’Égypte, rappelons qu’un <em>«savant musulman»</em>, nommé récemment Mufti d’un pays du Golfe, a, il y a quelques années, émis une <em>fatwa</em> interdisant la visite des vestiges de la civilisation pharaonique si le but n’est pas de méditer sur la grandeur de Dieu mais d’admirer les chefs-d‘œuvre antiques.</p>



<p>D’une manière générale, les situations exceptionnelles, où dans quelques pays arabes, les vestiges antiques bénéficient du minimum de soins qu’ils méritent, sont des arbres qui ne sauraient cacher la forêt. La très large négligence dont souffre le patrimoine antique un peu partout dans le monde arabe, d’abord à cause des choix politiques fondés sur l’ignorance, fait que ce secteur est resté un domaine réservé à des spécialistes parfois plus connus et plus considérés à l’étranger que dans leurs propres pays. Ce constat affligeant fait ressortir l’exception égyptienne dans son environnement arabe.</p>



<p>On a souvent dit et écrit qu’en Égypte, la glorification de la civilisation pharaonique n’est qu’une affaire d’argent et de calcul politique&nbsp;: l’argent est celui que rapporte le tourisme archéologique&nbsp;; le calcul politique est celui des pouvoirs publics qui ont choisi, depuis longtemps, l’époque des Pharaons comme un précieux <em>«terrain neutre»</em>, réducteur de la tension chronique qui caractérise les rapports entre les communautés musulmane et copte.</p>



<p>Il est vrai que le tourisme tout comme d’autres sources de revenus importants tel que le Canal de Suez est, pour l’Egypte, une question vitale. C’est pour cette raison que les antiquités, qui avaient été jusqu’en 2011 gérées par le Conseil Suprême des Antiquités relevant du ministère de la Culture, ont eu, de cette date à 2016, un ministère propre à elles avant d’être rattachées au ministère du Tourisme. Ces tâtonnements institutionnels traduisent la recherche continue de la meilleure efficience possible.</p>



<p>Par ailleurs, la communion des coptes et des musulmans autour de la civilisation pharaonique, même aiguillonnée par les pouvoirs publics, serait-elle un mauvais objectif&nbsp;? Si elle n’était que le produit de l’action politique et même si elle n’a jamais éradiqué les tensions communautaires, n’est-elle pas à saluer comme une réponse politique habile et largement fructueuse&nbsp;?</p>



<p>En tout état de cause, les considérations d’ordre économique et politique ne doivent pas occulter les efforts de l’État égyptien en faveur du patrimoine culturel pour lui-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’éducation au patrimoine et la maîtrise scientifique</h2>



<p>Depuis plusieurs décennies, l’éducation au patrimoine est, en Égypte, une réalité bien palpable. En témoignent les nombreux groupes scolaires qu’on croise très fréquemment dans les différents musées du pays alors qu’ils effectuent des visites guidées.</p>



<p>L’importance accordée au patrimoine archéologique et monumental se voit aussi à travers l’attention apportée par les représentants de l’autorité centrale et régionale à la bonne tenue des lieux et à la qualité de l’accueil des visiteurs.</p>



<p>Par ailleurs, l’État égyptien a manifesté, depuis plusieurs décennies, sa volonté de dépasser l’héritage colonial en mettant en place une vraie politique de tourisme culturel de haut niveau, pourvoyeur de revenus conséquents.</p>



<p>La décision prise, en 2022, de créer le GEM est venue près de trois quarts de siècle après la création, en 1902, du Musée Égyptien du Caire sous le Protectorat britannique. Elle a été précédée, au cours des deux dernières décennies, par d’importants chantiers muséaux conduits au pas de charge. Citons, entre autres, la rénovation du Musée islamique du Caire, qui a été achevée en 2010 et l’inauguration du Musée National de la Civilisation égyptienne en 2021. &nbsp;</p>



<p>Dans l’appellation du GEM, le qualificatif <em>«Grand»</em> peut être compris comme étant un surpassement du <em>«Musée </em><em>É</em><em>gyptien»</em> créé par la puissance coloniale, il y plus d’un siècle.</p>



<p>Le Conseil Suprême des Antiquités est un organisme bien plus structuré que son très lointain prédécesseur, le Service des Antiquités mis en place au milieu du XIX<sup>e </sup>siècle dans un contexte de rivalités coloniales entre la France et la Grande Bretagne, parties à l’assaut d’une Égypte affaiblie.</p>



<p>Parmi les signes du renouveau de la gouvernance des antiquités, citons la forte association des universités aux fouilles comme à la gouvernance de toutes affaires intéressant le Patrimoine.</p>



<p>Au-delà du tourisme, si important soit-il, les antiquités (sites, monuments et musées) sont pleinement perçues en Égypte comme un véritable levier de développement, générateur de nombreux emplois variés et structurant pour l’espace comme pour plusieurs pans de l’économie.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Centre-de-restauration-Grand-Musee-Egyptien-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-17845543" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Centre-de-restauration-Grand-Musee-Egyptien-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Centre-de-restauration-Grand-Musee-Egyptien-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Centre-de-restauration-Grand-Musee-Egyptien-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Centre-de-restauration-Grand-Musee-Egyptien-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Centre-de-restauration-Grand-Musee-Egyptien-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Centre-de-restauration-Grand-Musee-Egyptien-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Centre-de-restauration-Grand-Musee-Egyptien.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le vaste centre de restauration des antiquités hébergé dans le complexe du GEM</figcaption></figure></div>


<p>Parmi les aménagements importants réalisés dans la foulée de la construction du GEM, l’aéroport International de Sphinx, situé à proximité du musée et la station de métro qui dessert l’établissement ne sont pas des moindres. Le vaste centre de restauration des antiquités hébergé dans le complexe du GEM et inauguré il y a dix ans est doté d’une vingtaine de laboratoires spécialisés, employant des dizaines de techniciens capables de prendre en charge tous types de travaux. Leur savoir-faire, qui a permis de restaurer une grande partie des objets actuellement exposés au GEM, traduit une maîtrise très avancée des techniques nécessaires à la préservation des vestiges antiques de tous genres. Le travail accompli dans le centre de restauration peut être admiré par les visiteurs à travers une baie vitrée.</p>



<p>Ainsi, par l’importance des objets exposés au GEM, le savoir-faire qui a permis de les restaurer et de les exposer, l’Égypte joue désormais dans la cour des grands. C’est au GEM et non plus au Musée du Louvre ou au British Museum que les férus d’égyptologie du monde entier se rendront à l’avenir pour vivre une expérience unique en son genre dans un cadre insolite. Quel grand saut dans le postcolonial&nbsp;! &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une affaire d’<strong>État mais aussi une question sociétale</strong></h2>



<p>Toute emphase mise à part, l’État égyptien était dans son rôle en prenant en charge une vaste opération de communication qui a précédé et accompagné l’inauguration du GEM. Ainsi le musée a été présenté par les représentants du pouvoir et leurs relais dans les médias comme une grande affaire d’État, à la croisée de l’identité, de l’économie et de l’image du pays à l’étranger. On est même allé jusqu’à présenter l’œuvre comme <em>«le cadeau de l’</em><em>É</em><em>gypte au monde»</em>. Creusant ce sillon, les ambassades égyptiennes ont coordonné la transmission en direct de la cérémonie d’inauguration dans les sièges de deux organismes situés dans deux pays arabes (le Maroc et le Qatar) et six grands musées de pays occidentaux (le British Museum, le Musée de l’Acropole d’Athènes, le Musée&nbsp;archéologique de Francfort et le Musée archéologique Johns Hopkins).</p>



<p>En réalité, la grande mobilisation de l’appareil de l’État date de la genèse du projet en 2002. Cela se remarquait déjà à travers la qualité et la diversité des partenariats internationaux. Le soutien financier et technique du Japon, aussi important fût-il n’a pas été exclusif. A titre d’exemple, le savoir-faire belge a été mis à contribution pour la construction de l’établissement et pour le transfert de la statue colossale de Ramsès II au nouveau musée ainsi que pour le très remarquable mapping de l’inauguration. Les partenariats internationaux et les préparatifs de l’inauguration ont été supervisés par les plus hautes autorités du pays&nbsp;; le conseil d’administration du musée est présidé par le ministre du Tourisme et des Antiquités.&nbsp;</p>



<p>Mais l’affaire n’a pas été seulement étatique. En témoignent les plateaux de télévision, les colonnes des journaux et les réseaux sociaux envahis par les commentateurs élogieux qui, à travers le prisme du GEM, partaient du passé pour faire le lien avec le présent et l’avenir du pays. Les intervenants appartenaient à toutes les catégories sociales&nbsp;: citoyens lambda, stars du show business, personnalités politiques, scientifiques et experts de tous genres. A l’occasion de l’inauguration, l’Université du Caire, qui a beaucoup contribué à la conception et l’agencement de l’établissement, a été illuminée comme plusieurs autres bâtiments officiels prestigieux.</p>



<p>Cet attachement au passé antique n’a pas surgi à l’occasion de l’inauguration du GEM. Il est fortement ancré dans la société égyptienne depuis longtemps. Comme preuve significative, on peut citer la pétition déjà signée par près d’un demi-million d’Egyptiens et qui demande à la France et à la Grande Bretagne la restitution de pièces archéologiques égyptiennes de très grande valeur, exposées au Musée du Louvre et au British Museum.</p>



<p>On pourrait dire que tout régime a, dans tous les milieux, ses partisans dont certains sont mêmes de vrais thuriféraires manipulables et manipulateurs. On pourrait aussi dire que l’inauguration du GEM a réveillé chez beaucoup d’Égyptiens un égo civilisationnel éclipsé, au cours des dernières décennies, par le rôle croissant des richissimes monarchies du Golfe y compris dans les domaines du patrimoine et du marché de l’art.&nbsp; Mais il est difficile de croire que la fierté et l’émerveillement exprimés par d’innombrables Égyptiens, entre autres, à travers les réseaux sociaux, ne sont dus qu’à une simple orchestration de la part des pouvoirs publics. &nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les grands défis de l’avenir</h2>



<p>Un Musée de l’envergure du GEM ne pourra pas garantir son avenir grâce à la seule richesse de ses collections si fabuleuses soient-elles. Pour atteindre les 5 à 7 millions de touristes étrangers supplémentaires escomptés, annuellement, par le GEM et les importantes recettes qui en découleront, l’Égypte doit d’abord garantir la sécurité des touristes, sans quoi <em>«la quatrième pyramide»</em> risque de tourner à vide ou presque. À elle seule, la sécurité est un défi de taille tant le tourisme balnéaire et le tourisme culturel ont souffert, en Égypte, au cours des dernières décennies, des retombées désastreuses des attentats terroristes. A terme, la paix chantée à répétition, à l’occasion de l’inauguration du GEM, n’est pas seulement une affaire égyptienne&nbsp;; elle dépend largement de l’évolution générale du Proche-Orient et du Moyen-Orient.</p>



<p>Comme toute grande réalisation sophistiquée, le GEM aura besoin d’une maintenance préventive coûteuse sans laquelle l’avenir de l’établissement risque d’être hypothéqué. Les Égyptiens ont certainement beaucoup appris au contact des nombreux intervenants étrangers qui ont œuvré pour la réalisation du projet. Mais le savoir-faire ne servira à rien s’il ne peut pas compter sur des ressources financières garanties de manière suffisante et régulière. Cette exigence dépend à son tour des recettes du musée qui doivent profiter d’abord à l’établissement pour assurer sa pérennité.</p>



<p>Les musées modernes ne vivent pas seulement des recettes rapportées par l’exposition de leurs collections permanentes si fabuleuses soient-elles. D’importantes expositions temporaires, programmées régulièrement, peuvent faire revenir des visiteurs qui ont déjà fréquenté le musée et en attirer d’autres, intéressés par telle ou telle thématique particulière. Les expositions temporaires, pour lesquelles un espace de 5000 m<sup>2</sup> a été aménagé au GEM, nécessitent une mobilisation de longue durée où interfèrent la diplomatie, la logistique, les assurances et bien évidemment le travail des experts. Les congrès pour lesquels un centre de 3000 M2 a été intégré au GEM doivent, par leur qualité et leur fréquence, être à la hauteur des investissement consentis.</p>



<p>Imaginons ce que demanderait une grande exposition temporaire de mosaïques tunisiennes d’époque romaine ! L’évènement, préparé comme il le faut, serait lourd de significations et défrayerait la chronique&nbsp;: des pièces archéologiques de très grande valeur, provenant d’un pays arabe et dont certaines ont été exposées, depuis, plusieurs décennies, dans de nombreux pays occidentaux seraient offerts aux yeux des Égyptiens et des étrangers venus du monde entier&nbsp;pour visiter le GEM!</p>



<p>Poussons encore plus loin la rêverie et imaginons l’Alecso associé au Centre Régional Arabe pour le Patrimoine Mondial afin de faire profiter les étudiants en histoire, archéologie et métiers du patrimoine ainsi que leurs enseignants tunisiens, d’excursions d’étude ayant pour objet de faire connaître un musée qui compte désormais parmi les plus importants au monde et qui est le plus grand établissement dédié à une seule civilisation. D’une telle découverte pourraient découler, entre autres, des projets de stages dans le centre de restauration du GEM. Nul doute que l’Alecso, dont l’une des directions centrales est dédiée au Patrimoine, s’honorerait à initier des telles collaborations entres les pays arabes.</p>



<p>* <em>Historien universitaire.</em></p>
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		<title>Sur les traces de l’histoire et du patrimoine de Bizerte</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Jun 2025 06:37:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un livre collectif, paru récemment, aborde le passé de Bizerte et son patrimoine matériel et immatériel. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/20/sur-les-traces-de-lhistoire-et-du-patrimoine-de-bizerte/">Sur les traces de l’histoire et du patrimoine de Bizerte</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Pour évoquer l’évolution historique d’une ville et les différentes composantes de son patrimoine, trois formats sont généralement choisis pour les publications&nbsp;: la monographie, l’article qui aborde un sujet précis et les actes d’une rencontre scientifique. S’inscrivant hors de ces traditions, un livre, paru récemment chez Nirvana (en coédition avec l’Association de Sauvegarde de la Médina de Bizerte) aborde le passé de Bizerte et son patrimoine matériel et immatériel selon un format original, celui de la mise ensemble de contributions apportées par de nombreux auteurs, à maintes occasions très étalées dans le temps.</em></strong></p>



<p><strong>Houcine Jaïdi *</strong></p>



<span id="more-16815512"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Houcine-Jaidi.jpg" alt="" class="wp-image-16815517" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Houcine-Jaidi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Houcine-Jaidi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/06/Houcine-Jaidi-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>A cette particularité de la genèse de l’ouvrage s’ajoutent d’autres caractéristiques dont le cadre de la présentation initiale des travaux.</p>



<p>L’ouvrage, publié en arabe, au mois d’avril dernier, a pour titre ‘<em>’Bizerte, l’histoire et le patrimoine</em>’’. Le sous-titre indique qu’il s’agit de textes revus et introduits par le Pr Noureddine Dougui, universitaire spécialiste de l’histoire contemporaine de la Tunisie, qui avait déjà signé, il y a 25 ans, avec trois autres auteurs, un ouvrage publié par l’ASM de Bizerte.**</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un fruit remarquable du travail associatif</h2>



<p>Dans le nouveau livre, le lecteur trouve 49 contributions signées par 27 auteurs parmi lesquels 12 ont plus d’une étude dans l’ouvrage. De ce point de vue, la palme revient au regretté Hédi Bouaita dont les six textes témoignent, de nouveau et à titre posthume, de sa brillante contribution à l’étude et à la documentation des monuments historiques de Bizerte et de sa trame urbaine.</p>



<p>Tous les textes réunis dans l’ouvrage sont des contributions aux rencontres annuelles organisées par l’ASM de Bizerte, depuis 1987, avec une régularité qui ne s’est pas démentie jusqu’en 2010 et qui a repris depuis 2022 après une longue interruption due aux aléas de la vie politique nationale et locale. Ils ont pour objets l’histoire et le patrimoine de la ville, matériel surtout mais aussi immatériel, pour une part moindre. Si toutes les participations aux assises annuelles dédiées par l’ASM à l’histoire de la ville n’ont pas été publiées dans l’ouvrage, celui-ci n’en constitue pas moins un florilège hautement instructif.</p>



<p>Avec cet ouvrage, l’ASM de Bizerte, fondée&nbsp;en 1979, assurera, sans doute, une meilleure diffusion à des textes précieux qui n’avaient été publiés que dans le cadre de brochures à diffusion surtout interne. Le mérite n’est pas mince tant les études et les témoignages sont de bonne facture et souvent très originaux de par les sources qu’ils mobilisent ou les approches qui les distinguent. Il s’ajoute à d’autres actions remarquables de l’ASM dont, par exemple, le réaménagement des aquariums abrités par le fortin de Sidi El Henni, avec toujours, en filigrane, un clin d’œil pour le lien viscéral de la ville avec la mer.</p>



<p>A l’échelle nationale, ces actions s’inscrivent dans le mouvement engagé, avec plus ou moins de bonheur mais toujours louable, des ASM, depuis la création de celle de Tunis en 1967, dans le double but de préserver et de mettre en valeur le patrimoine (jusqu’à son inscription au patrimoine mondial, dans certains cas) d’une part et de se l’approprier d’autre part face au pouvoir tentaculaire des autorités centrales. L’effort assidu de l’ASM de Bizerte est d’autant bienvenu que le patrimoine monumental de la vieille ville, comme celui de la ville moderne, est, mis à part quelques exceptions, n’a pas les faveurs des institutions officielles en charge des biens culturels.</p>



<p>Il est à noter qu’une autre planche de salut vient d’être offerte au patrimoine de la ville par l’Armée nationale qui a inauguré, à Bizerte, il y a près de deux ans, un Musée de la Marine Tunisienne, très riche en objets et en documents dont beaucoup intéressent le patrimoine maritime de Bizerte et de sa région. Ce joyau, original jusqu’au cadre insolite qui l’héberge, a comblé l’absence incompréhensible et indéfendable de musées (de quelque nature que ce soit) dans la ville de Bizerte qui était, à cet égard, un cas assez singulier, compte tenu de la concentration incessante des musées tout le long du littoral tunisien, particulièrement bien doté en la matière par rapport aux régions intérieures du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;économie de l’ouvrage, reflet de plusieurs considérations</h2>



<p>Noureddine Dougui a judicieusement organisé l’ouvrage en 11 sections dont chacune regroupe de 3 à 6 contributions qui embrassent divers aspects de l’évolution historique de la ville, à travers les âges, en considérant le peuplement, l’économie, l’équipement monumental et la contribution des Bizertins au mouvement national, à la vie syndicale et à la bataille qui a conduit à l’Évacuation des forces armées françaises en 1963. Par son introduction et sa conclusion très éclairantes ainsi que par la riche illustration très souvent inédite qu’il a réunie, l’historien a apporté des contributions essentielles qui s’ajoutent aux études qu’il a signées.</p>



<p>Toutes les époques historiques sont traitées dans l’ouvrage. Mais le lecteur relève, de prime abord, que la Préhistoire n’a pas été abordée. Cela ne signifie évidemment pas que la région de Bizerte n’a pas livré des vestiges préhistoriques. Des vestiges de cette catégorie ont d’abord été répertoriés dans les deux séries de l’<em>Atlas</em> <em>Archéologique de la Tunisie</em> dont la publication s’est étalée de 1882 à 1932. En 1985, l’un des premiers fascicules de cet <em>Atlas</em> a été consacré à la région de Bizerte où 35 gisements ont été répertoriés y compris dans les environs immédiats de la ville. La primauté chronologique de la région en matière d’actualisation des données s’est confirmée, de nouveau, avec la publication, en 1998, de la première notice de <em>La Carte Nationale des Sites et des Monuments Historiques</em>, consacrée à la zone de l’Oued Sejnane.</p>



<p>Mais, comme tous les sites qui ont connu une occupation humaine continue et marquée de surcroît par de nombreuses destructions/reconstructions, la ville de Bizerte n’a pas révélé aux archéologues des témoignages conséquents remontant aux temps préhistoriques. Il n’en reste pas moins qu’une présentation (souhaitable dans de futures publications de l’ASM), de l’ensemble des données qui concernent la Préhistoire de la région de Bizerte éclairera l’occupation humaine d’avant les Phéniciens.</p>



<p>Dans l’ouvrage, la revue du passé de la ville s’arrête à l’Évacuation de Bizerte par les troupes françaises le 15 octobre 1963. Ainsi, l’histoire contemporaine de la ville n’a pas été traitée pour la durée de deux générations suivantes. Ce choix rappelle celui qui a été retenu pour l’ouvrage publié en 2000. Assurément, il s’explique, dans les deux cas, d’abord par la rareté de la documentation accessible mais aussi par le manque de recul nécessaire au travail serein de l’historien. Ces deux contraintes devraient s’estomper avec le temps, ce qui ouvrira la porte à des études s’intéressant au passé proche et pourquoi pas au temps présent examiné à la loupe des historiens.</p>



<p>Sur les 49 contributions publiées dans l’ouvrage, l’Antiquité, qui représente près de la moitié de l’histoire générale de la Tunisie, n’est représentée que par 4 textes soit moins de 10% du total. Cette portion congrue s’explique largement par la destruction des vestiges antiques, leur ensevelissement sous les couches postérieures du bâti ou leur remploi surtout lorsqu’il s’agit de pierre de taille ou d’éléments réutilisés dans le décor architectonique de certains monuments de l’époque islamique.</p>



<p>Il est vrai aussi que les textes anciens (littéraires et épigraphiques) et les vestiges antiques préservés (découverts, pour la plupart, fortuitement, lors des grands travaux entrepris à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle et au début du XX<sup>e</sup> siècle) sont, malgré l’originalité et la grande importance de certains documents, rares au total. Mais de nouvelles découvertes archéologiques ne sont pas à exclure.</p>



<p>Une ville qui compte parmi les premières fondations phéniciennes du pays, puis colonie romaine depuis l’époque de Jules César, soit donc l’une des plus vielles créations urbaines de la Tunisie à l’époque romaine, puis grand port d’exportation à la même époque comme en témoigne une mosaïque de la Place dite des Corporations à Ostie, l’avant-port de la Rome antique, devait être dotée de monuments en rapport avec sa taille qui ne devait pas être négligeable.</p>



<p>Malgré toutes les destructions subies, certains monuments antiques pourraient avoir gardé des traces lisibles dans les couches profondes du sol de la ville. Seule la recherche archéologique préventive, dûment conduite, permettrait la mise au jour de ces traces archéologiques.</p>



<p>Par ailleurs la prospection méthodique des fonds marins tout le long du littoral bizertin ne manquera pas de révéler de nombreux témoignages des activités maritimes qu’il a connues pendant plusieurs millénaires. Mais force est de constater que l’archéologie préventive (qui est aux antipodes des découvertes fortuites) et les recherches archéologiques subaquatiques qui ont permis, sous d’autres cieux, de réaliser des découvertes aussi nombreuses que décisives, sont encore embryonnaires dans notre pays pour des raisons qui tiennent aux ressources humaines et matérielles mais aussi aux cadres organisationnels.</p>



<p>Avec 4 contributions, l’histoire médiévale n’est pas mieux lotie que l’histoire ancienne. Cette proportion, qui s’explique largement par la rareté des sources, reflète la marginalisation de la ville après la conquête arabe. Mais pour le Moyen-Âge, l’archéologie préventive pourrait révéler de nouveaux documents.</p>



<p>Une multitude de monuments et la richesse de la documentation littéraire, épigraphique et archivistique expliquent la part prise, dans l’ouvrage, par les époques moderne et contemporaine qui totalisent respectivement 15 et 26 études. Mais ces nombres sont à attribuer aussi au développement particulier, pour l’ensemble de la Tunisie, des études relatives aux deux époques. Ajoutons que, pour l’époque contemporaine, les perspectives d’étude sont potentiellement bien grandes. Tel est le cas, par exemple, de l’étude du bâti (original et fragilisé) de l’époque du Protectorat peu présente dans l’ouvrage alors qu’elle connaît en Tunisie, depuis quelques décennies, un développement remarquable, particulièrement pour ce qui concerne la ville de Tunis. Ce nouvel engouement est nourri par la conviction que le patrimoine de l’époque du Protectorat français est tout autant tunisien que celui de toute autre époque et qu’il est aussi chargé de mémoire post-coloniale.&nbsp;&nbsp;</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="QSEcdi6mt5"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/24/tunisie-bizerte-a-besoin-de-plus-quun-pont/">Tunisie : Bizerte a besoin de plus qu’un pont</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Bizerte a besoin de plus qu’un pont » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/24/tunisie-bizerte-a-besoin-de-plus-quun-pont/embed/#?secret=JIshkSQ3gq#?secret=QSEcdi6mt5" data-secret="QSEcdi6mt5" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">La mer, naturellement au centre du livre</h2>



<p>De l’Antiquité à l’époque contemporaine, les études regroupées dans le livre promènent le lecteur dans des sujets très variés mais où la mer est toujours présente, souvent de manière directe et pour le moins en arrière-plan qui explique l’histoire et le patrimoine dans ses différentes composantes. Faut-il s’en étonner quand on sait à quel point l’histoire de Bizerte a été étroitement liée aux activités maritimes tant civiles que militaires ?</p>



<p>Du choix du site par les Phéniciens jusqu’à l’aménagement des bases navale et aérienne ainsi que la création de l’Arsenal sous le Protectorat français, en passant par les descriptions émerveillées des géographes et des voyageurs arabes, le duel hispano-ottoman du XVI<sup>e </sup>siècle, l’apogée de la course au XVII<sup>e</sup> et la curiosité souvent intéressée des voyageurs européens, la mer et l’exceptionnel système lacustre commandé par Bizerte ont constitué, pour la ville, un ancrage essentiel.</p>



<p>Comme pour sceller, dès le départ et à jamais, le rapport organique entre la ville et le milieu aquatique, le nom antique de la ville, <em>Hippo Diarrhytus</em> dont découle son appellation depuis le Moyen Âge, précisait dans sa deuxième composante (qui est grecque, occurrence rarissime dans la toponomie antique de la Tunisie) que la ville était <em>«traversée par les flots»</em> dans une allusion claire au canal à deux branches qui la reliait au Lac de Bizerte.</p>



<p>Si ce lien fort entre Bizerte et la mer, appuyé dans l’Antiquité par la fameuse légende du dauphin, peut se retrouver ailleurs en Tunisie, certaines particularités sont typiquement bizertines, comme le souligne Noureddine Dougui dans la conclusion de l’ouvrage. Dans ce même cadre, l’historien a souligné le fait que les activités maritimes qui ont tant donné à Bizerte n’ont pas, pour des raisons bien expliquées, engendré une capitalisation locale des richesses, qui aurait pu donner naissance à des élites socio-économiques de poids.</p>



<p>A ces considérations s’ajoute le fait que Bizerte a, depuis l’Antiquité, très probablement pâti de la concurrence de centres urbains non éloignés tels que Utique si importante durant l’histoire ancienne et les villes du <em>«Sahel de Bizerte»</em> (Ghar El Melh, Rafraf et Ras Jebel) satellisées par Tunis depuis l’époque moderne.</p>



<p>Pour la publication de ce beau et bon livre, les mérites de l’ASM de Bizerte, du Pr. Dougui et des Éditions Nirvana sont aussi évidents que louables. Mais s’il est donné à l’ouvrage de connaître une deuxième édition, le lecteur appréciera la contextualisation des communications en rappelant la date où elles ont été présentées pour la première fois, la confection d’<em>indices</em> (noms propres, noms géographiques et matières) qui faciliteront l’exploitation du contenu de l’ouvrage. Une meilleure valorisation de la richissime documentation photographique nécessitera l’utilisation, au moins partielle, d’un papier au grammage adéquat.&nbsp;</p>



<p>Comme tous les savoirs scientifiques, la connaissance historique progresse surtout par les apports cumulés grâce aux recherches limitées à des sujets précis, qui permettent, le moment venu, d’élaborer de vastes synthèses.</p>



<p>Nul doute que l’ouvrage, qui est l’objet de ces lignes, constitue, autant par les résultats qu’il offre aux lecteurs que par les nombreux questionnements qui y sont formulés ici et là, une contribution majeure à la quête du long passé de Bizerte et des composantes de son riche patrimoine matériel et immatériel.</p>



<p><em>* Historien universitaire.</em></p>



<p><em>** Noureddine Dougui, Hédi Bouaita, Abdelouahed Braham et Mourad Ben Jaloul, Bizerte, identité et mémoire, Bizerte, Association de Sauvegarde de la Médina de Bizerte, 2000. Une traduction en arabe de l’ouvrage, signée par Hamadi Sahli, a été publiée en 2006.</em></p>



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