<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Houthis - Kapitalis</title>
	<atom:link href="https://kapitalis.com/tunisie/tag/houthis/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/houthis/</link>
	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
	<lastBuildDate>Fri, 16 Oct 2026 08:22:51 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1.3</generator>

<image>
	<url>https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/cropped-Logo-Kapitalis-32x32.png</url>
	<title>Archives des Houthis - Kapitalis</title>
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/houthis/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Les Houthis mettent en lumière les limites du vaste arsenal militaire saoudien</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/16/les-houthis-mettent-en-lumiere-les-limites-du-vaste-arsenal-militaire-saoudien/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/16/les-houthis-mettent-en-lumiere-les-limites-du-vaste-arsenal-militaire-saoudien/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Oct 2026 08:22:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ansar Allah]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Houthis]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Yémen]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19803641</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’Arabie saoudite, l'un des grands acheteurs d’armes au monde, peine à contrer les attaques des Houthis soutenus par l'Iran. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/16/les-houthis-mettent-en-lumiere-les-limites-du-vaste-arsenal-militaire-saoudien/">Les Houthis mettent en lumière les limites du vaste arsenal militaire saoudien</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>Alors que l’Arabie saoudite figure parmi les plus grands acheteurs d’armes au monde, elle peine à contrer les tactiques du groupe yéménite Ansar Allah, communément appelé les Houthis, soutenu par l’Iran. Cette boulimie d’achats militaires est clairement inefficace et ne permet pas de protéger le Royaume face aux incessantes attaques des Houthis qui frappent des cibles vitales comme l’infrastructure aéroportuaire, les installations pétrolières ou le siège d’Aramco, ciblé le mardi 13 octobre 2026. Nous sommes tentés de dire que ces achats compulsifs servent à nourrir l’ogre qu’est le complexe militaro-industriel américain, c’est en partie vrai cependant la situation est plus complexe que cela.</em></strong></em></strong> <em>(Photo : Capture d’écran issue d’une vidéo fournie par les Houthis, montrant des combattants en train d’examiner les débris d’un avion de combat F-15 saoudien après l’avoir abattu). </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong><strong></strong></p>



<span id="more-19803641"></span>



<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite possède 353 avions de chasse dont un F-15 abattu en septembre dernier par les Houthis. Elle&nbsp;est dotée&nbsp;de l’un des meilleurs systèmes de défense antiaérienne, 108 lanceurs de missiles Patriot, 6 lanceurs de missiles Thaad, d’autres lanceurs de missiles d’interception comme Avenger, Mistral et Rapid Ranger ainsi que des missiles sol-air, des drones intercepteurs, des réseaux de radars, des équipements de guerre électronique et même le Sky Shield, une arme laser à fibre optique de fabrication chinoise destinée à contrer les drones.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En dépit de tout cela, le groupe yéménite pro-iranien frappe là où ça fait mal et les Saoudiens peinent à se protéger. Comment cela est-il possible alors que l’Arabie Saoudite possède cet immense arsenal ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une enquête du <a href="https://www.ft.com/content/afa0a322-ad2a-4d49-aa0e-81f15a01c3a7?syn-25a6b1a6=1" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><u>Financial Times</u></a>, Charles Clover, Chloe Cornish et Ahmed Al Omran se sont penchés sur le sujet pour pouvoir comprendre cette situation. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Des centaines de milliards de dollars investis pour rien </h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite a dépensé des centaines de milliards de dollars pour se doter de l’un des arsenaux militaires les plus redoutables du Moyen-Orient, composé d’équipements américains allant des missiles Patriot aux avions de chasse F-15. Cependant, ce mois-ci, des attaques houthies ont frappé jour après jour des cibles situées au cœur du royaume —notamment l’aéroport international du roi Khaled à Riyad— révélant brutalement les limites de ces investissements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mardi 13 octobre, les rebelles houthis ont pris pour cible le siège de Saudi Aramco, la plus grande compagnie pétrolière au monde, situé à Dhahran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que le royaume ait réussi à se défendre contre des salves de missiles iraniens au début du conflit, des analystes et des experts du secteur militaire saoudien estiment qu’il a du mal à s’adapter à l’évolution rapide des tactiques et des technologies employées par les Houthis. L’épuisement des stocks régionaux d’intercepteurs, après des mois de bombardements iraniens, a également compliqué la défense de ce vaste territoire, ont-ils ajouté.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7Mg6sZ5iuB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/13/les-houthis-sement-la-panique-en-arabie-saoudite/">Les Houthis sèment la panique en Arabie saoudite</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Houthis sèment la panique en Arabie saoudite » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/13/les-houthis-sement-la-panique-en-arabie-saoudite/embed/#?secret=8olTMdqvRr#?secret=7Mg6sZ5iuB" data-secret="7Mg6sZ5iuB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Manque de coordination des systèmes de défense saoudiens</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«La défense parfaite n’existe pas, il faut toujours s’attendre à des failles. Cela dit, les aéroports —et pas seulement les installations énergétiques— devraient figurer sur la liste des infrastructures critiques à protéger absolument»</em>, a déclaré Bilal Y. Saab, directeur général du cabinet de conseil Trends US à Washington et chercheur associé au groupe de réflexion Chatham House.&nbsp;Selon M. Saab, la situation révèle les tactiques des Houthis et le manque de coordination des systèmes de défense antimissile côté saoudien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’an dernier, le royaume a consacré l’équivalent de 6,5% de son PIB aux dépenses militaires ce qui en fait l’un des taux les plus élevés au monde selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce chiffre atteignait 13% en 2015, année où le prince Mohammed ben Salmane —alors ministre de la Défense— a déployé une coalition militaire pour soutenir le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale dans sa lutte contre les Houthis soutenus par l’Iran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le royaume allait passer des années enlisé dans ce conflit, lançant une vaste et coûteuse campagne aérienne contre les rebelles dans le cadre d’une guerre civile que l’Onu qualifierait de pire crise humanitaire d’origine humaine au monde, avant qu’un cessez-le-feu n’intervienne en 2022.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après les attaques menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran en février, les défenses aériennes saoudiennes semblaient initialement bien armées pour protéger le royaume des frappes iraniennes, affichant des taux d’interception élevés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, si la trêve avec les Houthis a tenu au début, elle n’a pas perduré. En juillet, après que Riyad a frappé une piste d’aéroport à Sanaa, la capitale contrôlée par les Houthis, affirmant vouloir empêcher l’atterrissage d’un avion iranien, ces derniers ont annoncé un blocus des navires saoudiens, lancé une offensive pour s’emparer de la côte de la mer Rouge et commencé à bombarder des installations énergétiques saoudiennes, perturbant ainsi les exportations de pétrole du royaume.&nbsp;Une autre attaque, menée par des milices chiites en Irak, a également entraîné la fermeture temporaire de l’oléoduc stratégique reliant l’est à l’ouest du royaume.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les</strong> <strong>rebelles</strong> houthis attaquent des cibles critiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mois-ci, les rebelles ont intensifié leur campagne contre les aéroports saoudiens après l’annonce d’une contre-offensive par la coalition yéménite soutenue par l’Arabie saoudite, provoquant l’annulation de milliers de vols. La frappe du samedi 10 octobre ayant ciblé l’aéroport international du roi Khaled à Riyad —toujours fermé— a fait 13 morts et 309 blessés, constituant l’attaque la plus meurtrière de ce type depuis près de dix ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pilotes de chasse saoudiens ont accumulé des années d’expérience dans la lutte contre les Houthis.&nbsp;Des personnes ayant collaboré avec l’armée saoudienne affirment que le problème ne réside pas dans le manque d’expertise.&nbsp;<em>«J’ai passé beaucoup de temps à travailler avec le commandement des Forces royales de défense aérienne saoudiennes»</em>, a déclaré David Des Roches, professeur au sein du cabinet de conseil et organisme de formation Thayer Marshall Institute. Ayant dispensé des formations à de hauts responsables de la défense saoudienne, il les décrit comme étant <em>«incroyablement compétents»</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Q6Zkcj5J0k"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/27/mohammed-ben-salmane-seul-face-aux-houthis/">Mohammed ben Salmane, seul face aux Houthis</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Mohammed ben Salmane, seul face aux Houthis » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/27/mohammed-ben-salmane-seul-face-aux-houthis/embed/#?secret=tzX4hIKbJw#?secret=Q6Zkcj5J0k" data-secret="Q6Zkcj5J0k" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les Houthis ont appris à déjouer les systèmes de défense  </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les analystes militaires, les Houthis ont tiré parti des années de guerre contre l’Arabie saoudite, Israël et les États-Unis pour bien mieux comprendre comment déjouer les radars et les systèmes d’interception modernes. Par ailleurs, la trêve de quatre ans avec Riyad leur a permis de se réarmer avec l’aide de l’Iran. Une personne informée de ces attaques a indiqué que les Houthis avaient utilisé des drones-vraisemblablement des modèles Samad-2 ou Samad-3, des drones de frappe à longue portée et à voilure fixe&nbsp;&nbsp;pour cartographier la portée des intercepteurs. Ils ont ensuite eu recours à des missiles de croisière, peut-être dérivés du modèle iranien Quds-4, ces engins volent plus bas et plus lentement tout en pouvant modifier leur trajectoire, ce qui les rend difficiles à détecter. <em>«Un mélange de chance et de stratégie»</em>, a commenté une source au <em>FT</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Ce que nous observons actuellement donne à penser que les Houthis ont également acquis une précieuse expérience opérationnelle. Ils tirent les leçons de leurs attaques infructueuses, adaptent leurs tactiques et renforcent leur capacité à défier des systèmes de défense aérienne sophistiqués»</em>, a déclaré Mohammed al-Basha, fondateur du cabinet de conseil Basha Report, basé à Washington.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Houthis ont également tiré parti des leçons apprises par l’Iran et ses alliés régionaux lors de leurs confrontations avec les États-Unis et Israël, notamment en ce qui concerne les frappes de missiles contre des bases militaires et des infrastructures critiques dans tout le Golfe. <em>«Les Houthis et leurs soutiens iraniens ont appris une chose ou deux sur les forces et les limites des systèmes de défense aérienne occidentaux»</em>, a déclaré Basha.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les défenses aériennes saoudiennes sont étendues et comprennent des systèmes Patriot et Thaad, des missiles sol-air, des drones intercepteurs, des réseaux de radars, des équipements de guerre électronique et même le Sky Shield, une arme laser à fibre optique de fabrication chinoise destinée à contrer les drones.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les stocks de munitions se sont progressivement épuisés </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, l’approvisionnement en missiles intercepteurs constitue une variable critique, bien qu’ambiguë, selon les analystes. Depuis février, les États du Golfe se sont défendus contre les attaques de missiles iraniens en utilisant massivement les systèmes Patriot et Thaad or, il est de notoriété publique que les stocks actuels —bien que jalousement gardés secrets— sont faibles. Les États-Unis ont averti même leurs alliés les plus proches que les stocks de missiles intercepteurs Patriot étaient très limités, Washington privilégiant ses propres besoins militaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite a vu la pression s’accentuer sur ses défenses aériennes car elle devait désormais anticiper les menaces venant à la fois de l’Iran, à l’est, et des Houthis, au sud, ce qui signifie, selon Des Roches, qu’il <em>«faut diviser ses capacités par deux»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Robert Tollast, chercheur au Royal United Services Institute de Londres, a affirmé qu’avec une planification adéquate, les Houthis pourraient concentrer leurs tirs de missiles pour saturer les défenses, même celles de cibles pourtant bien protégées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Les Saoudiens se retrouvent dans la même situation que les Ukrainiens, les Israéliens ou les Américains. La production de ces intercepteurs est manifestement sous tension et il est difficile d’établir des priorités»</em>, explique-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">M. Tollast a ajouté que la défense de l’Arabie saoudite était bien plus complexe que celle d’Israël, par exemple, en raison de la dispersion des bases militaires, des aéroports, des installations pétrolières et des villes sur un vaste territoire qu’aucun réseau de défense aérienne ne peut protéger intégralement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les attaques houthis menées à travers le pays s’inscrivaient dans une stratégie visant à disperser les moyens de défense aérienne saoudiens, a expliqué Sascha Bruchmann, chercheur basé à Bahreïn pour le groupe de réflexion International Institute for Strategic Studies (IISS). <em>«Les insurgés vont cibler un élément important pour vous pendant plusieurs jours d’affilée, jusqu’à ce que vous commenciez à y déplacer des ressources limitées. Ils vous dispersent et vous forcent à déplacer vos moyens, pour ensuite frapper une autre cible qui vous est chère»</em>, a expliqué Bruchmann.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Tollast, se défendre contre des attaques de missiles d’une telle ampleur implique de détruire les lanceurs situés en territoire houthi et cela nécessite une combinaison de collecte minutieuse de renseignements et de missions de frappe confiées à l’imposante flotte de chasseurs F-15 saoudiens, à l’instar de la manière dont les avions de combat américains et israéliens ont localisé et frappé des lance-missiles iraniens depuis les airs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«C’est essentiellement un jeu de tape-taupe»</em>, a déclaré Tollast, soulignant que même les États-Unis et Israël avaient peiné à éliminer les lance-missiles mobiles iraniens, malgré le déploiement de moyens de surveillance satellitaire et de drones considérables.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="S3ra0gzeL2"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/14/les-houthis-semparent-du-detroit-de-bab-el-mandeb-le-monde-retient-son-souffle/">Les Houthis s’emparent du détroit de Bab el-Mandeb, le monde retient son souffle</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Houthis s’emparent du détroit de Bab el-Mandeb, le monde retient son souffle » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/14/les-houthis-semparent-du-detroit-de-bab-el-mandeb-le-monde-retient-son-souffle/embed/#?secret=7jbVAc0AzT#?secret=S3ra0gzeL2" data-secret="S3ra0gzeL2" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">On pense que les Houthis disposent de réseaux de grottes et de tunnels —naturels et artificiels— dans les zones montagneuses du nord du Yémen. Ils ont survécu à des années de frappes aériennes menées par l’Arabie saoudite et, plus récemment, à des campagnes de bombardements massives américaines et israéliennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite s’est tournée vers ses alliés pour obtenir de l’aide. La France a annoncé le mois dernier l’envoi de soldats, de radars et de systèmes de défense pour protéger le terminal pétrolier de Yanbu tandis que le Royaume-Uni a accepté de fournir un avion de ravitaillement en vol afin de soutenir les activités défensives saoudiennes au Yémen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’offensive contre l’Arabie saoudite a également mis à l’épreuve un nouveau pacte de défense dit Pacte de la Mecque conclu avec la Turquie et le Pakistan. Le Pakistan, qui envoie depuis longtemps des troupes et des instructeurs militaires en Arabie saoudite, a dépêché des avions de chasse et des pilotes dans le royaume en avril pendant la guerre d’Iran battait son plein, tandis que la Turquie a déclaré fournir des <em>«forces et capacités militaires»</em>&nbsp;sans toutefois que cela n’inclue de troupes au sol.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, le principal partenaire de défense de l’Arabie saoudite semble, pour l’heure, faire preuve de moins d’engagement. Bien que le prince Mohammed ait appelé Donald Trump le mois dernier pour solliciter le soutien américain face aux insurgés, le président est resté évasif dans ses déclarations publiques quant à une éventuelle intervention. Selon les analystes, cette situation a suscité des tensions à Riyad alors même que Washington continue de fournir des renseignements et une aide au ciblage.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Les États-Unis ont pour habitude de défendre des puissances plus faibles face à des puissances plus fortes mais il est difficile de se rappeler une époque où ils ont défendu des puissances plus fortes contre des puissances plus faibles. Leur attitude a été de dire aux Saoudiens: C’est votre rôle de vous défendre»</em>, a déclaré Jon Alterman, titulaire de la chaire Brzezinski pour la sécurité mondiale et la géostratégie au Center for Strategic and International Studies.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/16/les-houthis-mettent-en-lumiere-les-limites-du-vaste-arsenal-militaire-saoudien/">Les Houthis mettent en lumière les limites du vaste arsenal militaire saoudien</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/16/les-houthis-mettent-en-lumiere-les-limites-du-vaste-arsenal-militaire-saoudien/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le siège de l’Arabie Saoudite &#124; L’Iran étrangle le monde pour régner sur le Golfe</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/14/le-siege-de-larabie-saoudite-liran-etrangle-le-monde-pour-regner-sur-le-golfe/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/14/le-siege-de-larabie-saoudite-liran-etrangle-le-monde-pour-regner-sur-le-golfe/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Oct 2026 08:04:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Aabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[détroit d’Ormuz]]></category>
		<category><![CDATA[détroit de Ban el-Manden]]></category>
		<category><![CDATA[Houthis]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[pétrole]]></category>
		<category><![CDATA[Yahya Ould Amar]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19795342</guid>

					<description><![CDATA[<p>En attaquant l’Arabie saoudite, l’Iran prend en otage l’économie planétaire, appauvrit les plus pauvres et menace le voisinage des lieux saints. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/14/le-siege-de-larabie-saoudite-liran-etrangle-le-monde-pour-regner-sur-le-golfe/">Le siège de l’Arabie Saoudite | L’Iran étrangle le monde pour régner sur le Golfe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>En attaquant l’Arabie saoudite, l’Iran p</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>rend en otage l’économie planétaire, appauvri</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>t</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>&nbsp;les plus pauvres et menace le voisinage des lieux saints, non pour une cause, mais pour arracher à Washington une négociation qui</em></strong></em></strong> <strong><em><strong><em>arrêterait la guerre dont elle est la cible et</em></strong></em></strong> <strong><em><strong><em>consacrerait l’hégémonie iranienne sur la péninsule, telle est la stratégie de Téhéran. Ce n’est ni une résistance ni une révolution, c’est un chantage.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Yahya</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>Ould Amar</strong> *<strong></strong></p>



<span id="more-19795342"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">En cinq jours, du 6 au 11 octobre 2026, dix-neuf personnes ont péri et plus de trois cent cinquante ont été blessées dans les aéroports d’Abha et de Riyad, sous des missiles et des drones tirés du Yémen. Ces attaques visaient des civils, elles ont été revendiquées, et leurs armes portent une signature que nul ne conteste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite vit désormais sous un double verrou. À l’est, Ormuz est fermé de fait par l’Iran depuis la rupture du cessez-le-feu du 8 juillet. À l’ouest, les Houthis tiennent depuis le 11 septembre l’île de Périm, au cœur de Bab el-Mandeb, et bloquent les navires liés au royaume. Entre les deux, l’oléoduc Est-Ouest, seule artère de contournement, a été frappé depuis l’Irak et mis à l’arrêt. Un pays qui exporte son sang par deux veines voit l’une tranchée et l’autre comprimée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or ce siège concerne le monde entier. Par ces deux détroits transite une part décisive du pétrole consommé sur la planète et du commerce maritime mondial, et l’Arabie saoudite, par ses capacités de réserve, est le régulateur de dernier ressort du marché pétrolier. Lui fermer ses veines, c’est retirer au monde son amortisseur. Chaque hausse durable de dix pour cent du baril retranche entre un à deux dixièmes de point à la croissance mondiale ; un choc de l’ampleur actuelle, c’est près d’un point de croissance, plus de&nbsp;1000&nbsp;milliards de dollars évaporés, et une inflation qui frappe d’abord ceux qui importent leur carburant et leur blé, non Téhéran. C’est aussi tarir une source de stabilité : premier bailleur de fonds du monde arabe, pilier de la Banque islamique de développement, le royaume abrite dix millions de travailleurs étrangers dont les transferts, près de quarante milliards de dollars par an, font vivre des familles du Caire à Karachi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, pour deux milliards de musulmans, ce pays n’est pas un État comme les autres. Il garde La Mecque et Médine, accueille chaque année des millions de pèlerins, et des drones tirés sur la région de Médine, à portée du tombeau du Prophète Mohamed, atteignent une communauté entière bien au-delà de ses frontières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prendre en otage l’économie planétaire, appauvrir les plus pauvres et menacer le voisinage des lieux saints, non pour une cause, mais pour arracher à Washington une négociation qui consacrerait l’hégémonie iranienne sur la péninsule, telle est la stratégie de Téhéran. Ce n’est ni une résistance ni une révolution, c’est un chantage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Téhéran ne cherche pas à conquérir la péninsule, il cherche à l’étrangler. Riyad doit refuser la guerre de religion entre sunnites et chiites qu’on lui tend et conduire une guerre d’État, coalisée et asymétrique, dont le centre de gravité est à Bab el-Mandeb plutôt qu’à Ormuz, et dont la clé militaire se trouve à Jérusalem plutôt qu’à Islamabad ou Ankara.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="M5MziiQLhr"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/13/les-houthis-sement-la-panique-en-arabie-saoudite/">Les Houthis sèment la panique en Arabie saoudite</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Houthis sèment la panique en Arabie saoudite » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/13/les-houthis-sement-la-panique-en-arabie-saoudite/embed/#?secret=qUdJrgJY0A#?secret=M5MziiQLhr" data-secret="M5MziiQLhr" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Huit mois de feu, une seule main</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre s’est ouverte le 28 février 2026 par les frappes américano-israéliennes. Dès les premières heures, l’Iran a riposté contre ses agresseurs et contre toutes les monarchies du Golfe abritant des bases américaines, Oman excepté : missiles sur Riyad, drones sur Ras Tanura, sur le complexe Samref de Yanbu &#8230; Le 13 mars, deux champs offshore fermés, le royaume réduisait sa production d’un cinquième. La veille même du cessez-le-feu du 8 avril, Téhéran frappait encore les infrastructures énergétiques de tous ses voisins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ni la trêve négociée par le Pakistan ni le mémorandum d’Islamabad de juin n’ont couvert les voisins de l’Iran. En juillet, les Houthis ont ouvert leur propre front, un avion iranien atterrit à Sanaa en violation du contrôle aérien saoudien**<strong>&nbsp;</strong>a entraîné une riposte saoudienne. Juste après,&nbsp;un blocus est proclamé contre tout navire lié au royaume.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les 27 et 28 juillet, les milices irakiennes du Hachd al-Chaabi ont visé les champs de la province orientale, en coordination avec des frappes houthistes sur les installations acheminant le brut vers Yanbu ; la fumée s’est élevée sur Abqaiq, déjà mis à genoux par l’Iran. Les 10 et 11 septembre, des drones tirés d’Irak ont atteint l’oléoduc Est-Ouest jusque dans les régions de Riyad et de Médine, à plus de mille kilomètres de leur rampe, forçant la fermeture de l’artère ; le même jour, les Houthis prenaient Moka puis l’île de Périm, bouclant Bab el-Mandeb. En octobre enfin, les cibles sont passées des infrastructures aux civils, après Abha, l’aéroport King Khalid de Riyad a été frappé trois fois en une semaine, une seule attaque y faisant douze morts et plus de trois cents blessés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La leçon de cette chronologie est limpide. Trois fronts, le Yémen, l’Irak et l’Iran lui-même, obéissent à une même séquence, chaque pause sur l’un ouvrant une relance sur l’autre. Les acteurs diffèrent, la main qui tient les fils ne change pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La stratégie de la tenaille</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La doctrine iranienne de la défense avancée date des années 1980, un État révolutionnaire encerclé survit en portant le feu chez les autres. Le Hezbollah au Liban, le Hachd en Irak, Ansar Allah au Yémen, les milices de Syrie forment un tampon ou espace protecteur. Avec la guerre de 2026, les proxys ne servent plus seulement à protéger l’Iran, mais aussi à punir ceux qui ne lui sont pas soumis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Armement et entraînement obéissent à une chaîne de valeur dont Téhéran garde les maillons décisifs. Les Houthis reçoivent composants, plans et conseillers ; les drones qui ont atteint Médine depuis l’Irak étaient, selon les experts, des appareils à longue portée dont aucune milice ne possède seule l’ingénierie ni la logistique. La transmission passe par mer, via Oman et la Corne de l’Afrique, et désormais par les airs, puisque c’est un vol iranien vers Sanaa qui a rallumé le front yéménite. Le réseau est un corps unique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran tient Ormuz par sa marine et ses mines, ses alliés tiennent Bab el-Mandeb depuis Périm, et entre les deux la seule voie terrestre est un oléoduc de mille deux cents kilomètres à portée des milices en Irak. La tenaille se referme sur l’économie saoudienne, et par elle sur l’économie mondiale, sans qu’un soldat iranien ait franchi une frontière. Elle se referme aussi sur le calendrier : étranglée par le blocus naval américain, la ligne de vie pétrolière de l’Iran pourrait se tarir vers décembre, selon certains analystes. Téhéran court donc entre deux asphyxies, la sienne et celle de son voisin, et parie que la monarchie cédera avant la théocratie, prenant l’économie mondiale en otage pour faire pression sur Washington.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix des cibles trahit une escalade raisonnée, les infrastructures pétrolières pour peser sur le prix du brut et les finances du royaume, l’oléoduc pour fermer la porte de sortie, les aéroports civils enfin pour atteindre la réputation d’un pays qui a fait du tourisme et des grands événements le visage de sa transformation. Chaque échelon reste attribuable à une milice et nié par l’État qui l’arme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que veut Téhéran</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran&nbsp;ne cherche ni à convertir les sunnites ni à les gouverner ; il n’a, pour le moment, ni les moyens ni le désir d’administrer La Mecque. Son ambition est de faire de ses voisins des otages plutôt que des sujets, et elle poursuit trois objectifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier est un droit de veto sur l’architecture de sécurité de la péninsule. Chaque frappe sur une base, une ambassade, un aéroport ou un champ pétrolier porte le même message, la protection américaine coûte plus qu’elle ne rapporte. Le jour où Riyad demanderait le départ des forces américaines pour acheter sa tranquillité, l’Iran aurait gagné sa guerre sans traité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième est une rente de nuisance. Qui peut fermer deux détroits et frapper des infrastructures stratégiques détient un actif négociable. Téhéran a déjà conditionné chaque cessez-le-feu à des clauses extérieures à son propre théâtre, le Liban en avril, Ormuz en juillet ; il entend désormais que la sécurité du Golfe soit négociée avec lui, par lui et payée à lui. La paix devient un service dont il fixe le tarif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième est la parité des verrous : les États-Unis bloquent les tankers iraniens, l’Iran bloque Ormuz, ses alliés bloquent Bab el-Mandeb. Cette symétrie voulue dit au monde que l’économie planétaire est l’otage de l’Iran, et que le premier exportateur de brut servira de caution à la démonstration.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran vise à imposer aux pays sunnites la neutralité armée de la Finlande de la guerre froide, qui gardait son drapeau, son roi et son parlement mais consultait Moscou avant de signer un traité. L’Iran veut un Golfe finlandisé, une péninsule sans bases, sans coalitions, qui ne finance plus d’adversaires et paie le prix de sa prudence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le piège de la guerre de religion</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le risque d’un affrontement sunnite-chiite existe dans plusieurs pays et il serait irresponsable de le minimiser. Mais l’Iran instrumentalise le fait confessionnel sans en être prisonnier. Ses alliés houthistes sont zaydites, branche du chiisme que les duodécimains de Qom, majoritaires en Iran, en Irak, au Liban, à Bahreïn et dans la province orientale saoudienne, ont longtemps tenue pour hétérodoxe. Il a financé le Hamas, mouvement sunnite. Il a frappé le Qatar, seule monarchie du Golfe à lui avoir gardé vingt ans d’amitié sincère, parce que le Qatar abrite une base américaine. La République islamique n’a pas d’amis confessionnels, elle a des instruments et des cibles. La clé de lecture est étatique, pas théologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le danger est que les États sunnites attaqués tombent dans le piège qu’on leur tend. Si Riyad se pose en champion du sunnisme contre l’hérésie, les chiites de sa province orientale, de Bahreïn et du Koweït, citoyens loyaux pour l’immense majorité, deviennent suspects dans leur propre pays, et l’Iran gagne à l’intérieur ce qu’il n’obtient pas de l’extérieur. Le prince héritier MBS, qui a bâti son projet sur la sortie du religieux, redeviendrait le gardien d’une orthodoxie militante, ce qui ruinerait la Vision 2030 plus sûrement que dix frappes sur Abqaiq. Dans une guerre d’États, l’Iran est seul, ruiné, bloqué ; dans une guerre de religion, il devient le protecteur de deux cents millions de chiites et l’attaqué de l’histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Irak mérite ici une attention particulière, les deux confessions y cohabitent en nombre, l’État et les milices s’y disputent le monopole de la force, et c’est de là que partent les drones qui frappent Médine. Traité en ennemi, il devient une province iranienne ; traité en partenaire contrarié, il devient le théâtre où l’Iran perd. Cette différence se joue à Riyad autant qu’à Bagdad, et elle commande de parler au gouvernement irakien avec la fermeté due à un État et la patience due à un partenaire fragile.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="rWcrZiuAO2"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/19/les-monarchies-du-golfe-face-a-un-iran-vainqueur/">Les monarchies du Golfe face à un Iran «vainqueur»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les monarchies du Golfe face à un Iran «vainqueur» » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/19/les-monarchies-du-golfe-face-a-un-iran-vainqueur/embed/#?secret=sA4duFsVzc#?secret=rWcrZiuAO2" data-secret="rWcrZiuAO2" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Islamabad et Ankara, l’assurance contre le mauvais sinistre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite a cherché sa sécurité dans le monde musulman. Le pacte de défense mutuelle signé avec le Pakistan en septembre 2025 a été invoqué dès le 6 mars, quand les missiles iraniens ont touché Riyad, puis élargi à la Turquie le 7 août par l’accord de La Mecque, dont l’article central reprend la clause de l’Otan&nbsp;qui stipule qu’une attaque contre l’un vaut attaque contre tous. Le bilan tient en deux phrases. Le 10 septembre, Islamabad déclarait qu’aucune réponse militaire immédiate n’était envisagée ; Ankara avait précisé, dès le lendemain de la signature, que le pacte ne visait ni l’Iran ni aucun autre pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est que le pacte de La Mecque assure contre l’invasion par un État. Redoutable face à une colonne blindée franchissant une frontière, il dissuade réellement une agression iranienne directe. Mais nul ne menace d’envahir le Hijaz ; on menace de le frapper depuis le Yémen et l’Irak avec des engins à trois mille dollars pièce. Le royaume a souscrit une police contre l’incendie pour se protéger d’une inondation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les garants, du reste, ont leurs propres raisons de rester prudents. Le Pakistan partage 900&nbsp;kilomètres de frontière avec l’Iran, abrite une forte minorité chiite, affronte une insurrection baloutche que Téhéran peut attiser, et surtout joue les médiateurs entre Washington et Téhéran : on ne peut être à la fois l’arbitre et le garde du corps d’un des joueurs. La Turquie est membre de l’Otan, commerce avec l’Iran, poursuit en Syrie et en Libye ses intérêts propres, et son président a fait de l’équilibre entre tous les acteurs une méthode de gouvernement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Israël, l’allié que l’on ne peut nommer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Israël connaît les sites de lancement des Houthis, leurs dépôts d’armes et leurs chaînes d’approvisionnement ; il dispose d’une aviation à long rayon d’action, d’une défense antimissile éprouvée par des milliers d’interceptions et d’un renseignement efficace. Tout plaide pour une alliance, sauf la politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le moment est pourtant paradoxal, jamais l’intérêt stratégique des pays sunnites n’a autant convergé avec celui d’Israël. Après le génocide à Gaza et l’extension des opérations israéliennes au Liban et en Syrie, les stratèges de Riyad tiennent l’Iran et Israël pour deux puissances révisionnistes dont le conflit déstabilise un Golfe qui n’y a pas pris part. MBS a répété en Amérique qu’il souhaitait rejoindre les accords d’Abraham, à condition d’un chemin irréversible vers un État palestinien ; Washington a répondu, le 23 juillet, en subordonnant l’accord nucléaire américano-saoudien à cette adhésion. Le pont est tendu des deux côtés, et personne ne l’emprunte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La trajectoire praticable ne commence pas par la normalisation. Elle passe par une coalition de nécessité à trois étages, dont chacun se suffit et prépare le suivant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier est technique &#8211; intégration&nbsp;des défenses aériennes via le commandement central américain, qui couvre déjà les deux pays ; partage du renseignement sur les trajectoires, les rampes et les transferts maritimes iraniens vers le Yémen ; fourniture de systèmes anti-drones israéliens par intermédiaires. Rien de cela n’exige une ambassade.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième est opérationnel &#8211; une division du travail où Israël frappe les capacités houthistes et la logistique iranienne en mer Rouge pour ses propres motifs, Eilat et sa navigation étant menacées, tandis que le royaume conduit avec ses alliés locaux la reconquête de la côte yéménite. Nul besoin de reconnaître la coordination pour qu’elle existe. Israël y gagne un théâtre où l’Iran s’épuise, Riyad un bras armé qu’il ne peut se donner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième est politique et public. Un monde sunnite et Israël combattant côte à côte pendant que la Knesset légifère sur l’annexion de la Cisjordanie offrirait à Téhéran la victoire qu’il cherche. La clé reste l’initiative de paix arabe de 2002, reconnaissance pleine contre État palestinien, texte que Riyad a écrit et peut ressortir du tiroir. Le prix pour Israël est un calendrier contraignant vers la souveraineté palestinienne, le gel de l’annexion, le retrait des territoires saisis au Liban et en Syrie. En échange, ce qu’aucune victoire militaire ne lui donnera, l’intégration dans une architecture de sécurité régionale dont l’Iran serait exclu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Israël doit comprendre que cette concession n’est pas un cadeau fait à Riyad, mais une protection pour lui-même. Si l’Arabie saoudite finit par céder au siège, l’Iran obtient un Golfe neutralisé, sans bases américaines ni coalition, et retrouve des ressources, des routes et des mains libres pour reporter tout son effort sur le front israélien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite qui tient est le premier rempart d’Israël ; l’Arabie saoudite qui plie en serait la première brèche. Riyad doit comprendre que la hiérarchie de ses périls a changé, ce qui tue aujourd’hui des Saoudiens dans les aéroports ne vient pas de Jérusalem. L’allié qu’on ne peut nommer est celui qu’il faudra, à terme, pouvoir nommer, et c’est à Israël de rendre ce nom prononçable.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6G0dmfGOQI"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/15/document-aux-origines-des-relations-entre-larabie-saoudite-et-israel/">Document : Aux origines des relations entre l’Arabie saoudite et Israël</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Document : Aux origines des relations entre l’Arabie saoudite et Israël » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/15/document-aux-origines-des-relations-entre-larabie-saoudite-et-israel/embed/#?secret=Klh38n8ylK#?secret=6G0dmfGOQI" data-secret="6G0dmfGOQI" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une stratégie d<strong>’État en sept piliers</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse saoudienne doit tenir en une doctrine lisible par ses alliés, ses adversaires et son peuple, elle doit refuser le duel sur le terrain choisi par l’Iran et déplacer le combat là où le royaume peut gagner.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>Nommer la menace</em></strong></em></strong> – Faire inscrire Ansar Allah et les milices du Hachd impliquées sur les listes terroristes du Conseil de coopération du Golfe (CCG), de la Ligue arabe et de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), en s’appuyant sur la résolution 2817 et sur les morts d’octobre. Porter au Conseil de sécurité la responsabilité de l’État fournisseur, non celle de ses sous-traitants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>Bab El-Mandeb avant Ormuz</em></strong></em></strong>&nbsp;– Ormuz ne rouvrira que par un accord américano-iranien que Riyad ne contrôle pas ; le centre de gravité de la guerre est Périm. L’île et Moka peuvent être reprises par une opération amphibie des forces du gouvernement yéménite, appuyées par l’alliance maritime fondée en juillet, par l’Égypte dont le canal est en jeu, et par les frappes israéliennes sur les capacités houthistes. C’est rouvrir la veine occidentale et briser la symétrie des détroits sur laquelle repose tout le calcul de Téhéran.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>L’économie de l’interception</em></strong></em></strong>&nbsp;– Abattre un drone à trois mille dollars avec un missile à trois millions est une défaite comptable que l’adversaire a comprise. Il faut une défense à couches, radars à basse altitude, brouillage, canons, intercepteurs bon marché, en s’appuyant sur l’industrie turque et l’expérience pakistanaise, les deux alliés devenant fournisseurs plutôt que garants. Aéroports et terminaux exigent une protection dédiée, car c’est là qu’on frappe désormais.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>L’Irak, endiguer sans rompre</em></strong></em></strong>&nbsp;– Soutenir Bagdad dans sa reprise en main des milices, conditionner les investissements saoudiens au démantèlement des capacités de lancement, obtenir des observateurs sur les sites saisis, et ne jamais frapper l’Irak sans l’accord de l’Irak. L’objectif est un État assez fort pour qu’on lui demande des comptes, non une province iranienne qu’on ne peut que bombarder.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>Le temps est contre Téhéran</em></strong></em></strong>&nbsp;– L’horloge joue pour le royaume s’il tient, la ligne de vie pétrolière iranienne se tarit vers la mi-décembre en raison du blocus américain, selon les analystes. L’Iran n’aura donc plus les moyens financiers pour armer ses proxys, il doit savoir que sa reconstruction dépendra des capitaux de ceux qu’il bombarde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>Israël, la coalition par étages</em></strong></em></strong>&nbsp;– Intégration technique immédiate, coordination opérationnelle, alliance publique contre un calendrier palestinien contraignant. La séquence donne aussi au royaume son levier sur Washington, puisque le président américain a lui-même lié accord nucléaire et normalisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>Le pacte intérieur</em></strong></em></strong>&nbsp;– Refuser toute lecture confessionnelle du conflit, protéger les citoyens chiites comme des citoyens, poursuivre l’ouverture de la société. La Vision 2030 doit rester la réponse à Téhéran, pas sa victime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces sept piliers forment une stratégie asymétrique. Là où l’Iran frappe des installations, le royaume reprend un détroit ; où il instrumentalise une confession, le royaume mobilise des États ; où il mise sur le temps court, le royaume parie sur le temps long. Et là où l’Iran compte sur la solitude saoudienne, le royaume bâtit une coalition dont la pièce décisive, par un paradoxe que l’histoire affectionne, est l’État que la rue arabe tient encore pour l’ennemi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, les empires meurent rarement de leurs ennemis, ils meurent de la réponse qu&rsquo;ils leur donnent. L’Arabie saoudite affronte aujourd’hui un siège conçu par un adversaire plus pauvre, plus isolé et plus désespéré qu’elle, mais qui a l’avantage de la cohérence. Téhéran sait ce qu’il veut, un Golfe neutralisé, et il a choisi ses instruments en conséquence. Riyad doit opposer à cette cohérence une cohérence supérieure. Cela suppose de renoncer à trois illusions. L’illusion que la protection américaine suffira, alors que Washington négocie par-dessus la tête du Golfe y compris avec les Houthis. L’illusion que la solidarité musulmane se changera en divisions blindées, alors que le pacte de la Mecque ne vaut que par ses fournitures.&nbsp;L’illusion qu&rsquo;on peut tenir Israël à distance en attendant un monde meilleur, alors que le seul allié capable de frapper l’arsenal houthiste attend lui aussi qu’on lui dise le prix.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Économiste, banquier et financier.</em><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">** <em>A</em><em>&nbsp;</em><em>la demande en 2015 du gouvernement yéménite reconnu, en application de la résolution 2216 du Conseil de sécurité</em><strong><em><strong><em>&nbsp;</em></strong></em></strong><em>imposant un embargo sur les armes à destination des Houthis et autorisant l’inspection des cargaisons</em><em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/14/le-siege-de-larabie-saoudite-liran-etrangle-le-monde-pour-regner-sur-le-golfe/">Le siège de l’Arabie Saoudite | L’Iran étrangle le monde pour régner sur le Golfe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/14/le-siege-de-larabie-saoudite-liran-etrangle-le-monde-pour-regner-sur-le-golfe/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>8</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mohammed ben Salmane, seul face aux Houthis</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/27/mohammed-ben-salmane-seul-face-aux-houthis/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/27/mohammed-ben-salmane-seul-face-aux-houthis/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Sep 2026 07:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump]]></category>
		<category><![CDATA[Houthis]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed Ben Salmane]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19704070</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, lâché par Donald Trump, semble fragilisé par le conflit avec les Houthis yéménites </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/27/mohammed-ben-salmane-seul-face-aux-houthis/">Mohammed ben Salmane, seul face aux Houthis</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que le prince Mohammed ben Salmane, héritier du trône saoudien et homme fort du Royaume, a traversé différentes tempêtes notamment celle de l’affaire Khashoggi et a réussi à s’en sortir, il semble aujourd’hui fragilisé par le conflit avec les Houthis yéménites car lâché par Donald Trump qui ne bouge pas le petit doigt pour l’aider. Le président américain lui tient rancune parce qu’il n’a pas soutenu sa guerre contre l’Iran. De plus, Trump ne veut pas ouvrir un autre front au Moyen-Orient à seulement quelques semaines des élections de mi-mandat.&nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-19704070"></span>



<p class="wp-block-paragraph">La réticence des États-Unis à soutenir l’Arabie saoudite contre les Houthis a confirmé aux dirigeants de Riyad que Washington est un partenaire <em>«peu fiable»</em>, ont affirmé James Politi, Steff Chavez et Andrew England dans un article publié par le <a href="https://www.ft.com/content/99457bcb-d98f-4719-a203-688daefcc3f7?syn-25a6b1a6=1" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Financial Times</a>. Sous le titre <em>« MBS n’oubliera pas »</em>, en référence à l’acronyme désignant le prince héritier saoudien, souvent utilisé par les médias occidentaux, le journal indique que l’hésitation du président Trump à s’engager dans la guerre contre les Houthis au Yémen a exacerbé les tensions entre Washington et Riyad, dont les relations sont déjà fragilisées par la guerre américaine contre l’Iran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous la pression de la hausse des prix de l’essence et de l’impopularité de la guerre d’Iran au sein de l’opinion publique américaine, le président américain qui joue gros lors des élections de mi-mandat du 3 novembre prochain s’est jusqu’à présent abstenu de toute nouvelle action militaire pour soutenir les efforts de l’Arabie saoudite visant à réprimer l’offensive houthie et leurs attaques contre les infrastructures du royaume.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le journal britannique estime que l’hésitation de Trump risque de tendre les relations avec le prince héritier saoudien, compromettant davantage la crédibilité de Washington en tant que partenaire clé de la défense pour Riyad.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Washington refuse de participer à des frappes contre les Houthis </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mona Yacoubian, directrice du programme Moyen-Orient au Center for Strategic and International Studies (CSIS) à Washington a déclaré au <em>FT</em> : <em>«Les États-Unis hésitent et leur décision, du moins pour l’instant, de ne pas se joindre aux Saoudiens exacerbe les tensions bilatérales. Cela suscite également, chez les Saoudiens, des inquiétudes supplémentaires quant au rôle qu’ils peuvent attendre des États-Unis»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le journal britannique a fait état de discussions récentes suite à une demande saoudienne en faveur de frappes aériennes américaines contre les Houthis mais Washington a refusé d’y participer. La Maison-Blanche n’a pas fait de commentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Karen Gibson, générale à la retraite et ancienne directrice du renseignement du Commandement central des États-Unis (Centcom *), a déclaré : <em>«Mohammed ben Salmane ne l’oubliera pas»</em>, ajoutant que l’hésitation de l’administration démontre que <em>«les États-Unis ne s’engageront pas nécessairement dans un conflit armé lorsqu’ils estiment que des intérêts vitaux de l’Arabie saoudite sont menacés»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces tensions entre les deux pays concernant une action conjointe contre les Houthis marquent un tournant dans la relation parfois tendue entre Trump et MBS, une relation caractérisée par une alternance de périodes d’éloges mutuels enthousiastes et de tensions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trump a mentionné le prince Mohammed lors d’un discours prononcé lors d’une conférence sur l’investissement organisée par l’Arabie saoudite à Miami en mars dernier. Il a d’abord fait l’éloge du prince saoudien, le qualifiant de <em>«grand ami»</em> et de <em>«guerrier»</em>. Vingt minutes plus tard, il a fait remarquer que le prince saoudien <em>«ne s’attendait pas à me flatter»</em> et est allé jusqu’à utiliser un langage vulgaire à son propos, illustrant l’attitude grossière et imprévisible du président américain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant la guerre contre l’Iran, l’Arabie saoudite a subi des attaques répétées contre ses infrastructures, conséquences des frappes de représailles iraniennes, ainsi que les répercussions économiques de la fermeture du détroit d’Ormuz.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant la guerre d’Iran, l’Arabie saoudite a informé Washington qu’elle n’autoriserait pas les avions de combat américains à utiliser ses bases ou son espace aérien pour cibler l’Iran. Elle voulait se prémunir d’attaques de plus grande envergure. Cette décision a fortement déplu à Trump.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout a changé quand les Houthis ont entraîné Riyad dans un conflit qu’elle avait longtemps cherché à éviter en imposant un blocus aux ports saoudiens, en attaquant des pétroliers et en lançant des missiles et des drones sur le royaume.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="5KWITQCiyP"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/14/les-houthis-semparent-du-detroit-de-bab-el-mandeb-le-monde-retient-son-souffle/">Les Houthis s’emparent du détroit de Bab el-Mandeb, le monde retient son souffle</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Houthis s’emparent du détroit de Bab el-Mandeb, le monde retient son souffle » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/14/les-houthis-semparent-du-detroit-de-bab-el-mandeb-le-monde-retient-son-souffle/embed/#?secret=MaHsjwFLKE#?secret=5KWITQCiyP" data-secret="5KWITQCiyP" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les Houthis intensifient leurs attaques contre l&rsquo;Arabie saoudite</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux dernières semaines, les Houthis ont intensifié leurs attaques, ciblant les installations pétrolières saoudiennes dans le sud du royaume et lançant une offensive éclair le long de la côte yéménite de la mer Rouge. Ils ont mis en déroute les forces yéménites soutenues par l’Arabie saoudite et progouvernementales et consolidé <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/14/les-houthis-semparent-du-detroit-de-bab-el-mandeb-le-monde-retient-son-souffle/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">leur contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb</a>, un autre point de passage stratégique pour le transport maritime mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le week-end dernier, les Houthis ont tiré un missile balistique sur Riyad, la capitale saoudienne, pour la première fois depuis la reprise des hostilités. MBS, qui, à l’instar d’autres dirigeants du Golfe, a mis en garde Trump contre une guerre contre l’Iran, peine à contenir une crise qui menace de faire dérailler ses ambitions de faire de son pays une plaque tournante régionale de la finance, du commerce et du tourisme. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Si par le passé les États-Unis ont lancé des campagnes militaires contre les Houthis aussi bien sous les administrations Trump et Biden en réponse aux attaques menées par les&nbsp; Houthis contre des navires commerciaux en mer Rouge, l’administration Trump est désormais confrontée à une pénurie de ressources et à un épuisement de ses stocks de munitions ainsi qu’aux répercussions politiques et électorales de la crise au Moyen-Orient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elizabeth Dent, chercheuse principale au Washington Institute for Near East Policy, a déclaré: <em>«Il sera très difficile pour Trump de s’engager sur un autre front dans cette guerre avant les élections de mi-mandat de novembre»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que les États-Unis ne soient pas directement impliqués dans les opérations militaires contre les Houthis, ils continuent de fournir au royaume des armes et des renseignements. L’Arabie saoudite possède également des systèmes de défense aérienne américains. La semaine dernière encore, l’administration Trump a approuvé une vente potentielle de chasseurs F-35 à l’Arabie saoudite pour un montant de 24,3 milliards de dollars, même si la livraison prendrait des années.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Houthis sont perçus par les Occidentaux comme un problème saoudien</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Il y a une certaine frustration mais un constat que c’est la façon d’être de Trump»</em>, a déclaré un analyste saoudien sous couvert d’anonymat qui a ajouté : <em>«L’Arabie saoudite a la capacité de tout bombarder et les États-Unis nous fournissent les informations de ciblage dont nous avons besoin».</em> Et l’analyste d&rsquo;ajouter que même un soutien aérien américain symbolique au début du conflit aurait remonté le moral des combattants yéménites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Asaad al-Shamlan, de l’Institut Prince Saud al-Faisal d’études diplomatiques, a indiqué que les relations entre Riyad et Washington demeurent <em>«excellentes»</em>. Cependant, alors qu’aux États-Unis et en Europe, les Houthis sont perçus <em>«essentiellement»</em> comme un problème saoudien, Riyad les considère comme un <em>«défi international»</em>. Selon Al-Shamlan, cette différence de perception explique l’hésitation américaine à intervenir.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="dvhBjE5MMb"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/03/linquietant-rapprochement-entre-les-houthis-et-les-shabaab/">L’inquiétant rapprochement entre les Houthis et les Shabaab</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’inquiétant rapprochement entre les Houthis et les Shabaab » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/03/linquietant-rapprochement-entre-les-houthis-et-les-shabaab/embed/#?secret=wvy2sTiijD#?secret=dvhBjE5MMb" data-secret="dvhBjE5MMb" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Après la rupture par les Houthis d’une trêve de quatre ans avec l’Arabie saoudite, l’administration Trump a mené des pourparlers avec le groupe rebelle par l’intermédiaire du Sultanat d’Oman. Un responsable houthi a déclaré que la cible était l’Arabie saoudite et non les intérêts américains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Firas Maksad, directeur pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord au sein d’Eurasia Group, a estimé que les tensions sont inévitables à mesure que Washington se retire de son rôle historique de partenaire clé en matière de sécurité dans la région du Golfe. Il a ajouté: <em>«Le vide laissé par Washington offrira des opportunités à ses concurrents stratégiques. Riyad cherche à diversifier ses partenaires en matière de sécurité tout en tentant de trouver des compromis avec Téhéran et les tensions dans ses relations avec Washington pourraient accélérer ce processus»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Le Commandement central des États-Unis&nbsp; (Centcom) est l’un des onze commandements interarmées et permanents des forces armées des États-Unis, il chapeaute les opérations militaires des États-Unis au Moyen-Orient, en Asie centrale et dans une partie de l’Asie du Sud (Afghanistan et Pakistan). Depuis 2002, le Centcom est basée au Qatar sur la base militaire d’Al Oudeid qui est la plus grande base américaine du Moyen-Orient.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/27/mohammed-ben-salmane-seul-face-aux-houthis/">Mohammed ben Salmane, seul face aux Houthis</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/27/mohammed-ben-salmane-seul-face-aux-houthis/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les Houthis s’emparent du détroit de Bab el-Mandeb, le monde retient son souffle</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/14/les-houthis-semparent-du-detroit-de-bab-el-mandeb-le-monde-retient-son-souffle/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/14/les-houthis-semparent-du-detroit-de-bab-el-mandeb-le-monde-retient-son-souffle/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Sep 2026 06:38:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Bab El-Mandeb]]></category>
		<category><![CDATA[détroit d’Ormuz]]></category>
		<category><![CDATA[Gardiens de la révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Houthis]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[mer Rouge]]></category>
		<category><![CDATA[pétrole]]></category>
		<category><![CDATA[Yémen]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19644090</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le monde redoute les conséquences de l’avancée rapide des Houthis dans l’ouest du Yémen pour contrôler le détroit de Bab el-Mandeb. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/14/les-houthis-semparent-du-detroit-de-bab-el-mandeb-le-monde-retient-son-souffle/">Les Houthis s’emparent du détroit de Bab el-Mandeb, le monde retient son souffle</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les Houthis ont avancé vers l’ouest du Yémen, les forces armées du gouvernement internationalement reconnu et soutenues par l’Arabie Saoudite se sont rapidement effondrées et ont battu retraite et les Houthis se sont emparés du détroit de Bab el-Mandeb, voie maritime reliant la mer Rouge au Golfe d’Aden et seule alternative pour contourner le verrouillage du détroit d’Ormuz et pour exporter le pétrole saoudien. Comment ce scénario cauchemardesque a-t-il pu avoir lieu ? Concomitamment, des drones venus d’Irak ont frappé l’oléoduc Est-Ouest saoudien conduisant à sa fermeture. Ces événements n’ont pas uniquement donné des sueurs froides aux Saoudiens mais le monde entier retient son souffle car les conséquences peuvent être désastreuses que ce soit pour l’énergie surtout avec l’arrivée prochaine de l’hiver mais aussi pour le commerce international en général.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-19644090"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le <em><a href="https://www.thetimes.com/world/middle-east/article/houthi-advance-yemen-bab-al-mandeb-strait-bf8pwhf7c?eafs_enabled=false" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sunday Times</a></em>, version du week-end du <em>Times</em>, Mark Urban s’est interrogé sur les conséquences pour le monde de l’avancée rapide des Houthis dans l’ouest du Yémen. Il y soutient que l’effondrement soudain des forces soutenues par l’Arabie saoudite au Yémen a engendré un scénario catastrophe, les forces supplétives iraniennes s’emparant du détroit de Bab el-Mandeb et perturbant le commerce mondial du pétrole. La prise de contrôle du détroit de Bab el-Mandeb par les Houthis a déclenché une crise profonde. Compte tenu de l’impasse dans le conflit américano-iranien, cette situation représente des risques importants pour les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et l’économie mondiale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un scénario désastreux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les Saoudiens, qui soutiennent depuis longtemps les forces gouvernementales yéménites, le contrôle de cette voie maritime vitale, conjugué à d’autres crises, a créé un scénario désastreux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La semaine dernière, les Houthis ont lancé des attaques contre des installations énergétiques et des infrastructures civiles saoudiennes, faisant des dizaines de blessés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vendredi, le ministère saoudien de l’Énergie a annoncé la fermeture de l’oléoduc reliant l’est et l’ouest du pays, un contournement crucial du détroit d’Ormuz, après une attaque de drones lancée depuis l’Irak. Les alliés de l’Arabie saoudite, des États-Unis au Pakistan, en passant par l’Égypte et la Turquie, se sont abstenus, pour l’instant, de fournir un soutien militaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce changement soudain d’équilibre des forces est surprenant, d’autant plus que les forces gouvernementales yéménites avaient réalisé des progrès significatifs jusqu’au milieu de la semaine dernière, progressant vers l’ouest du pays. Il est intervenu après un mois marqué par une augmentation notable des exportations de pétrole via le détroit d’Ormuz.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="zt6WhgOG6T"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/03/linquietant-rapprochement-entre-les-houthis-et-les-shabaab/">L’inquiétant rapprochement entre les Houthis et les Shabaab</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’inquiétant rapprochement entre les Houthis et les Shabaab » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/03/linquietant-rapprochement-entre-les-houthis-et-les-shabaab/embed/#?secret=UkgwUmUtTB#?secret=zt6WhgOG6T" data-secret="zt6WhgOG6T" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Après une avancée fulgurante en fin de semaine dernière, les forces houthies ont annoncé avoir pris le contrôle de la côte de la mer Rouge, s’assurant ainsi un accès vital via le détroit de Bab el-Mandeb. Mohammed al-Farah, membre du bureau politique houthi, a déclaré sur les réseaux sociaux que <em>«cette victoire devrait être une leçon marquante et un avertissement pour ceux qui comptent encore sur la puissance saoudienne»</em>. Il a également menacé de détruire la principale raffinerie de pétrole du royaume, Ras Tanura, en cas de frappes aériennes saoudiennes sur Mocha, le port conquis par les Houthis jeudi lors de leur progression.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’interrogeant sur la manière dont les Houthis ont réalisé cet exploit et sur sa signification, Urban a souligné que les désaccords entre les factions anti-houthies impliquées dans le conflit, ainsi que les relations tendues entre elles ont joué un rôle important dans les récents développements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus tôt cette année, des avions de combat saoudiens ont bombardé des groupes yéménites alliés aux Émirats arabes unis, contraignant les forces émiraties à se retirer du Yémen. Le groupe houthi a exploité cette situation et contrôle désormais des zones où habitent 75% de la population yéménite alors même que les Zaïdites, le groupe confessionnel auquel appartiennent les Houthis, ne représentent qu’un tiers des 34 millions d’habitants du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Echec de l’Arabie saoudite et des États-Unis</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce au soutien militaire et aux conseils des Gardiens de la révolution iraniens, les Houthis ont pu constituer une armée plus importante et plus redoutable. Bien que leurs forces combattantes actives ne dépassent pas 20000 hommes, avec les réserves, ce chiffre atteint plus de 150000, surpassant ainsi les effectifs de l’armée du gouvernement internationalement reconnu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Compte tenu de la petite taille du pays, les forces gouvernementales, relativement peu nombreuses et souvent légèrement armées, peinent à maintenir leurs positions. Ces derniers jours, assiégées dans les régions désertiques de l’ouest, elles se sont effondrées. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des soldats en fuite humiliés alors qu’ils traversent le désert, certains s’arrêtant pour vendre leurs armes au bord de la route. Ailleurs, des factions rivales, se réclamant du même camp, se moquent des soldats qui ont battu retraite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon certains témoignages, les Houthis auraient utilisé un faux message généré par intelligence artificielle, prétendument envoyé par le commandant des forces gouvernementales, ordonnant un retrait général. Ils ont sans aucun doute profité du manque de coordination entre les forces gouvernementales, les Saoudiens et les Américains, ce qui a entraîné un soutien aérien inefficace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Urban, l’échec de l’Arabie saoudite et des États-Unis ces dernières années à contenir les Houthis est largement dû à leur dépendance à la puissance aérienne et à l’absence de forces terrestres efficaces.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le 7 octobre 2023, date de l’attaque du Hamas contre Israël, les Houthis ont subi des frappes aériennes israéliennes, britanniques, saoudiennes et américaines. Nombreux sont ceux qui ont remis en question la campagne de bombardements américains de huit semaines l’année dernière, mais celle-ci, conjuguée aux diverses incitations financières offertes par l’Arabie saoudite, a peut-être empêché les Houthis de mettre à exécution leurs menaces répétées de fermer le détroit de Bab el-Mandeb et de paralyser le secteur pétrolier du royaume.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Suite à l’attaque américano-israélienne contre l’Iran en février, les Houthis sont restés neutres et largement à l’écart de l’escalade du conflit régional.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, la situation a changé après l’effondrement du mémorandum d’entente américano-iranien en juillet. La République islamique a alors utilisé ses alliés de l’Axe de la résistance pour accroître son influence dans la région en réponse au blocus américain du détroit d’Ormuz.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Houthis ont exploité la faiblesse des forces gouvernementales, brisant leur contrôle sur la côte et le détroit de Bab el-Mandeb. Les répercussions de cette situation commencent à se faire sentir sur les prix mondiaux de l’énergie et renforcent la position de l’Iran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La fermeture de l’oléoduc saoudien aggrave les difficultés tant pour le pays que pour les États-Unis. Cet oléoduc transportait environ 5% de l’approvisionnement mondial en pétrole, selon <em>Reuters</em>. Le prix du pétrole a dépassé les 100 dollars le baril la semaine dernière pour la première fois depuis juillet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite se trouve confrontée à plusieurs choix difficiles. Ni la Turquie ni le Pakistan ne se sont empressés de fournir une assistance militaire dans le cadre de l’Accord de La Mecque pour la défense conjointe et le ministère saoudien des Affaires étrangères a exclu toute aide de ce type.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Iran à la manœuvre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">De même, <em>Axios</em> a rapporté vendredi que les États-Unis avaient rejeté une demande saoudienne d’effectuer des frappes aériennes jeudi. Tariq Saleh, commandant de la coalition combattant les Houthis, a déclaré mercredi à <em>CNN</em> que les récentes déclarations concernant un soutien américain n’étaient que des paroles en l’air. Les risques sont désormais manifestes : contrôle des voies maritimes internationales par les Houthis, diminution continue des approvisionnements pétroliers saoudiens, renforcement significatif de l’Iran et reprise des hostilités et de la crise humanitaire au Yémen même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une option envisagée est la reconquête de l’île de Perim, qui permettrait de contrôler le détroit de Bab el-Mandeb. L’île est située près des bases américaines de Djibouti, de l’autre côté du détroit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Urban, cette option est envisageable, mais la probabilité d’un déploiement de troupes américaines sur le territoire yéménite est extrêmement faible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Saoudiens, forts de leur expérience malheureuse lors de leur dernière invasion, sont parfaitement conscients des difficultés opérationnelles sur place. Cependant, la menace qui pèse sur leurs intérêts nationaux vitaux pourrait ne leur laisser d’autre choix. Farea al-Muslimi, de Chatham House à Londres, a déclaré : <em>«Je serais très surpris si les Saoudiens ne lançaient pas une guerre à grande échelle au Yémen dans les plus brefs délais»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si de nombreux experts estiment qu’il est possible de reconstruire les forces gouvernementales yéménites, voire de rétablir une coopération fructueuse entre les États du Golfe dans ce dossier, cela ne se fera pas rapidement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, les pressions sur le marché de l’énergie, la hausse des prix des carburants et l’arrivée de l’hiver dans les pays occidentaux influenceront considérablement les décisions des responsables politiques. Les Saoudiens concluront probablement qu’ils doivent faire des concessions à la fois aux Houthis et à l’Iran, ce qui pourrait offrir aux faucons de Téhéran une occasion cruciale de s’opposer au président Trump.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="48H3cDurG9"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/27/les-houthis-ne-sont-pas-des-marionnettes-de-teheran/">Les Houthis ne sont pas des marionnettes de Téhéran</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Houthis ne sont pas des marionnettes de Téhéran » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/27/les-houthis-ne-sont-pas-des-marionnettes-de-teheran/embed/#?secret=vuvY6bT4HQ#?secret=48H3cDurG9" data-secret="48H3cDurG9" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/14/les-houthis-semparent-du-detroit-de-bab-el-mandeb-le-monde-retient-son-souffle/">Les Houthis s’emparent du détroit de Bab el-Mandeb, le monde retient son souffle</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/14/les-houthis-semparent-du-detroit-de-bab-el-mandeb-le-monde-retient-son-souffle/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>2</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’inquiétant rapprochement entre les Houthis et les Shabaab</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/03/linquietant-rapprochement-entre-les-houthis-et-les-shabaab/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/03/linquietant-rapprochement-entre-les-houthis-et-les-shabaab/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Sep 2026 07:42:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Africom]]></category>
		<category><![CDATA[Al-Shabaab]]></category>
		<category><![CDATA[Dagvin Anderson]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Houthis]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Jirbril Yahya Ali]]></category>
		<category><![CDATA[Somaliland]]></category>
		<category><![CDATA[Yémen]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19563721</guid>

					<description><![CDATA[<p>Hier rivaux, les Houthis yéménites de confession chiite et les Shabaab somaliens sunnites s'allient contre Israël et l'Occident. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/03/linquietant-rapprochement-entre-les-houthis-et-les-shabaab/">L’inquiétant rapprochement entre les Houthis et les Shabaab</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’ennemi de mon ennemi est mon ami. Entre les Houthis yéménites de confession chiite et les Shabaab somaliens sunnites qui sont affiliés à Al-Qaïda, la rivalité confessionnelle d’autrefois est oubliée, place à une alliance de circonstance. Jirbril Yahya Ali, cheville ouvrière de ce rapprochement, a été tué par les Américains cependant le rapprochement se poursuit, prospère et chacun trouve son compte. Le général Dagvin Anderson, commandant des forces américaines en Afrique (Africom) a fait part de son inquiétude: «Il ne s’agit pas seulement d’un problème régional, ses implications sont mondiales»</em></strong>. <em>(Photo : Un porte-conteneurs au mouillage au large des côtes du Yémen, dans le golfe d&rsquo;Aden.)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-19563721"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une enquête publiée par le <em><a href="https://www.wsj.com/world/middle-east/iran-oil-houthis-shipping-terrorism-bfa4fd9b" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Wall Street Journal</a></em> intitulée <em>«L’alliance entre Al-Qaïda et les Houthis, le nouveau casse-tête pour les États-Unis»</em>, Michael M. Phillips indique que cette alliance naissante est mutuellement avantageuse pour les deux mouvements. Al-Shabaab, la branche d’Al-Qaïda la plus riche au monde, disposait de fonds mais avait besoin d’armes et d’entraînement. Les Houthis, quant à eux, possédaient un armement sophistiqué et une expertise technique mais ils étaient avides d’argent et d’une nouvelle base pour lancer des attaques contre l’Occident. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, cette nouvelle donne a fait de Jibril Yahya Ali, l’architecte du rapprochement, une cible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 12 février, quatre mois après son mariage avec Boudour Murshed, Jibril et Boudour faisaient leur promenade habituelle au coucher du soleil dans leur Toyota Corolla. Le téléphone de Boudour sonna, ils s’arrêtèrent et elle sortit pour répondre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques instants plus tard, un missile américain s’est abattu sur la voiture. Jibril fut tué sur le coup. Un ami se précipita pour éloigner Boudour de l’endroit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La frappe aérienne a marqué le début des efforts américains pour démanteler l’alliance improbable entre deux des ennemis les plus acharnés des États-Unis : les combattants d’Al-Shabaab, qui opèrent en Somalie depuis vingt ans, et les Houthis, qui bénéficient depuis longtemps d’armes et d’entraînements assurés par le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, pour les États-Unis, la mort de Jibril est intervenue trop tard pour enrayer l’enchaînement d’événements qu’il avait contribué à déclencher.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De part et d’autre du golfe d’Aden</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une rivalité confessionnelle opposait Houthis et Al-Shabaab jusqu’à ce que Jibril et d’autres négocient un partenariat entre eux, qui menace désormais de déstabiliser davantage le Moyen-Orient et les marchés mondiaux de l’énergie. Leurs pays respectifs, le Yémen et la Somalie, sont situés de part et d’autre du golfe d’Aden, par lequel transitait, avant la guerre d’Iran, environ 12% du pétrole transporté par voie maritime dans le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec le blocus du détroit d’Ormuz exercé en grande partie par les forces iraniennes, le golfe d’Aden pourrait devenir une voie alternative pour les exportations de pétrole du Moyen-Orient. Cependant, les Houthis se sont précipités au secours de leurs alliés à Téhéran, attaquant des pétroliers liés à l’Arabie saoudite à l’aide de missiles et de drones en mer Rouge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis au moins 2023, Jibril servait d’intermédiaire entre les deux groupes armés, unis par leur haine des États-Unis et d’Israël, selon des responsables américains, somaliens et yéménites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jibril a été tué deux semaines avant le début de la guerre américaine contre l’Iran. Il n’a pas vécu assez longtemps pour constater son legs : deux groupes désignés comme organisations terroristes par les États-Unis, unis par une alliance de circonstance, et se retrouvant à la tête d’un point de passage maritime stratégique leur permettant de menacer le commerce mondial du pétrole en temps de crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«D’un côté, vous avez Al-Shabaab, la branche la plus importante et la plus lucrative d’Al-Qaïda, qui se dote d’armes plus sophistiquées et d’un entraînement plus poussé»</em>, a déclaré au <em>WSJ</em> le général Anderson, avant d’ajouter : <em>«De l’autre côté, il y a les Houthis qui étendent leur influence géographique et qui ont désormais un nouveau point d’appui ce qui pourrait déstabiliser davantage l’un des points de passage économiques les plus importants au monde. Il ne s’agit pas seulement d’un problème régional, ses implications sont mondiales»</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux sources américaines proches de l’opération ont confirmé qu’une frappe aérienne américaine avait tué Jibril. Cependant, le Commandement central américain a déclaré que l’opération n’était pas militaire. Un porte-parole de la CIA a refusé de dire si l’agence était responsable de l’assassinat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ambassadeur du Yémen aux États-Unis a refusé une demande d’interview, et les responsables houthis n’ont pas répondu aux questions écrites concernant les liens du groupe avec Al-Shabaab.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="l2HG0ywVJZ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/27/les-houthis-ne-sont-pas-des-marionnettes-de-teheran/">Les Houthis ne sont pas des marionnettes de Téhéran</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Houthis ne sont pas des marionnettes de Téhéran » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/27/les-houthis-ne-sont-pas-des-marionnettes-de-teheran/embed/#?secret=RxvlSzcpEN#?secret=l2HG0ywVJZ" data-secret="l2HG0ywVJZ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L’ennemi de mon ennemi est mon ami</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les Houthis, majoritairement musulmans chiites, et Al-Shabaab, musulman sunnite, s’opposent sur un sujet de discorde sectaire datant du VII<sup>e</sup> siècle, à savoir la succession légitime du prophète Mohamed. Cette division continue d’alimenter la violence dans des régions s’étendant de l’Afghanistan à l’Irak et à la Syrie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, leurs ennemis communs unissent désormais les Houthis et les Shabaab. <em>«Ils haïssent l’Occident et Israël»</em>, a déclaré Abdullahi Mohamed Ali, ancien chef des services de renseignement somaliens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’agence antiterroriste yéménite décrit Jibril comme <em>«une figure clé du renforcement des liens entre les Houthis et les Shabaab, grâce à l’échange d’expertise et à la coordination, notamment pour faciliter le transfert d’armes et de matériel militaire»</em>, selon une note d’évaluation interne consultée par le <em>WSJ</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jibril se déplaçait clandestinement entre la Somalie et le Yémen, servant d’intermédiaire entre les Shabaab et les Houthis, selon Matt Bryden, ancien fonctionnaire de l’Onu chargé de surveiller les flux d’armes vers la Somalie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bryden a présenté des détails sur la vie et la mort de Jibril lors d’une réunion d’information à huis clos en juin, en présence de membres des forces spéciales américaines et de représentants gouvernementaux est-africains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jibril avait 38 ans lorsqu’il a été tué. Il avait étudié la médecine vétérinaire au Yémen et dirigeait une organisation caritative à Mogadiscio, la capitale somalienne. Il était également propriétaire d’un bureau de change et d’une société d’import-export.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il portait des blessures par balle qui lui ont valu le surnom de <em>«Gajami»</em>, que l’on pourrait traduire par <em>«manchot»</em>, bien qu’il n’était amputé d’aucun bras.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après la réunion d’information, les Houthis lui ont fourni un appartement meublé à Sanaa, la capitale yéménite sous leur contrôle, et il a participé à des événements officiels dans cette ville. Les rebelles lui ont également délivré un faux passeport yéménite, sous une fausse identité, selon un document consulté par le <em>WSJ</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, le mouvement Shabaab a dépêché un émissaire de haut rang, le cheikh Ahmed Elmi Samatar, pour épauler Jibril. Samatar a présenté aux Houthis une longue liste d’armes demandées, que le journal américain a pu consulter. Cette liste comprenait des missiles antiaériens portables, des roquettes Katioucha de 107 mm, des fusils de précision Dragunov, des drones d’attaque chargés d’explosifs, des missiles antichars et du matériel de vision nocturne de fabrication américaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un responsable du renseignement militaire américain a confirmé que les Shabaab recherchaient des armements sophistiqués auprès des Houthis, en plus de fusils, de mitrailleuses et de munitions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités yéménites ont arrêté Samatar en janvier 2025 mais il a été libéré ultérieurement lors d’un échange de prisonniers avec les Houthis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Samatar est retourné en Somalie, laissant Jibril continuer à représenter les intérêts des Shabaab au Yémen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jibril a continué à servir d’intermédiaire pour des livraisons d’armes, et les Shabaab ont dépêché deux experts en armement au Yémen pour l’assister. Après sa mort, le groupe a désigné un remplaçant au Yémen pour poursuivre ses opérations, a indiqué Bryden, ajoutant que l’épouse de Jibril est en fuite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon un rapport des services de renseignement yéménites, des sociétés écrans au Yémen sont utilisées pour dissimuler les cargaisons sous l’appellation de marchandises civiles et les acheminer vers Mukalla et d’autres ports.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les armes traversent ensuite le golfe d’Aden à bord de vedettes rapides ou de bateaux de pêche et sont débarquées dans des zones peu surveillées des côtes du nord de la Somalie, selon un responsable du renseignement militaire américain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De là, elles sont transférées aux unités combattantes des Shabaab dans le sud de la Somalie, où se concentrent les activités des insurgés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En avril 2025, les États-Unis ont détruit deux embarcations non identifiées entrant dans les eaux somaliennes en provenance du Yémen, transportant ce que l’Africom a décrit comme des armes conventionnelles sophistiquées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ignore quelles armes figurant sur la longue liste de demandes des Shabaab sont effectivement parvenues aux militants en Somalie. Toutefois, la possibilité que le groupe se procure des drones d’attaque ou d’autres armes capables de frapper les bases américaines et somaliennes depuis les airs inquiète les deux armées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le général de brigade Ahmed Abdullahi Sheikh, ancien commandant des forces spéciales somaliennes, a déclaré : <em>«J’ignore quels sont leurs plans mais il est certain que quelque chose se prépare»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Israël entre dans la danse</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À ces préoccupations sécuritaires s’ajoute la décision d’Israël, en décembre, de reconnaître l’indépendance du Somaliland, région située au nord-ouest des frontières internationalement reconnues de la Somalie et qui s’est proclamée État indépendant en 1991.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Somaliland pourrait offrir à Israël un accès à Berbera, ville portuaire de la mer Rouge dotée d’une piste d’atterrissage si longue que la Nasa l’avait louée comme site d’atterrissage d’urgence pour la navette spatiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Berbera pourrait également fournir aux Israéliens un point d’observation supplémentaire pour surveiller et attaquer les Houthis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Michael Milstein, ancien haut responsable du renseignement israélien, a déclaré que les Houthis avaient été un facteur déterminant lors de la reconnaissance du Somaliland comme État indépendant par Israël. Il a ajouté : <em>«Une présence militaire au Somaliland confère une position très avantageuse pour contrer les Houthis»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une allocution télévisée datant du mois d’août, le chef houthi, Abdul-Malik, a déclaré que son groupe surveillait de près les mouvements israéliens au Somaliland, qu’il a présentés comme visant à contrôler le golfe d’Aden, le détroit de Bab El-Mandeb et la mer Rouge. Il a ajouté : <em>«Nous agirons à tout moment pour cibler toute activité ou présence de l’ennemi israélien au Somaliland»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En juin, une délégation houthie de quatre personnes a quitté le Yémen par la mer, traversé le golfe d’Aden et accosté sur la côte sud de la Somalie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon une source du renseignement régional, les hommes ont ensuite traversé la jungle pour rejoindre leurs homologues à Jilib, capitale de facto du territoire contrôlé par les Shabaab.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Houthis cherchaient à coordonner leurs efforts pour perturber les activités israéliennes à Berbera, craignant que le port ne devienne une plateforme israélienne permanente de surveillance et de lancement d’attaques contre le Yémen. Les Houthis ont promis aux dirigeants des Shabaab des armes plus sophistiquées et un entraînement accru.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des combattants des Shabaab se rendent régulièrement au Yémen pour recevoir une formation houthie sur la fabrication d’engins explosifs improvisés (EEI) plus meurtriers et l’utilisation d’armes de pointe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un responsable du renseignement militaire américain a déclaré qu’au moins 100 combattants Shabaab avaient effectué ce voyage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Onu a rapporté l’année dernière que le groupe envoie des groupes d’une trentaine de combattants se former au tir de précision, aux opérations de défense aérienne et aux techniques de fabrication d’EEI plus meurtriers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, le premier groupe envoyé a suivi une formation avant départ comprenant un enseignement religieux et des conseils pour gérer les contacts limités avec leurs familles pendant leur séjour à l’étranger, selon des informations recueillies par une source de renseignement régionale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une cérémonie d’adieu a été organisée et des discours de motivation ont été prononcés à l’intention des combattants sur le départ.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de son briefing en juin, Bryden a déclaré qu’un groupe de combattants Shabaab avait passé trois mois cette année à Saada, au Yémen, pour étudier l’assemblage de drones et de systèmes permettant aux opérateurs de visualiser les images des caméras embarquées comme s’ils étaient dans un cockpit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des formateurs houthis se rendent également en Somalie pour former les combattants d’Al-Shabaab au pilotage de drones, selon un responsable militaire américain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Al-Shabaab paie en espèces et est parfaitement en mesure de s’offrir les biens et services des Houthis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon une évaluation des services de renseignement américains, le groupe armé Al-Shabaab perçoit au moins 100 millions de dollars par an en extorquant des entreprises et des voyageurs somaliens aux points de contrôle routiers et dans le port de Mogadiscio.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après Abdullahi, un ancien commandant somalien, Al-Shabaab exploite également l’orpaillage artisanal le long des monts Al-Amadow, au nord du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’armée américaine a mené environ 40 frappes aériennes contre des cibles d’Al-Shabaab en Somalie cette année, contre 41 pour l’ensemble de l’année 2025, selon l’Africom.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les Houthis, s’implanter dans le sud de la Somalie, région qui contrôle le commerce via le golfe d’Aden, est tout aussi important que l’argent versé par Al-Shabaab.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Traditionnellement, les relations entre les Houthis et Al-Shabaab étaient purement transactionnelles mais cela ne signifie pas que de nouveaux facteurs, potentiellement d’importance stratégique, n’ont pas émergé après la guerre Iran-États-Unis»</em>, a déclaré Awes Hagi Yusuf Ahmed, conseiller à la sécurité nationale de la Somalie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, les Houthis ambitionnent d’obtenir l’aide du mouvement Al-Shabaab pour déployer des radars afin de surveiller les navires dans les eaux qu’ils partagent.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6PQbksdqRH"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/21/lexportation-du-petrole-saoudien-via-la-mer-rouge-menacee/">L’exportation du pétrole saoudien via la mer Rouge menacée !</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’exportation du pétrole saoudien via la mer Rouge menacée ! » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/21/lexportation-du-petrole-saoudien-via-la-mer-rouge-menacee/embed/#?secret=YvVkXA6DBP#?secret=6PQbksdqRH" data-secret="6PQbksdqRH" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/03/linquietant-rapprochement-entre-les-houthis-et-les-shabaab/">L’inquiétant rapprochement entre les Houthis et les Shabaab</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/03/linquietant-rapprochement-entre-les-houthis-et-les-shabaab/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les Houthis ne sont pas des marionnettes de Téhéran</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/27/les-houthis-ne-sont-pas-des-marionnettes-de-teheran/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/27/les-houthis-ne-sont-pas-des-marionnettes-de-teheran/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Aug 2026 06:56:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Bab El-Mandeb]]></category>
		<category><![CDATA[canal de Suez]]></category>
		<category><![CDATA[détroit d’Ormuz]]></category>
		<category><![CDATA[Houthis]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Yémen]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19515564</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les Houthis ne sont pas des supplétifs de l'Iran. Ils ont aussi leurs propres calculs et leurs propres intérêts et agissent en conséquence.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/27/les-houthis-ne-sont-pas-des-marionnettes-de-teheran/">Les Houthis ne sont pas des marionnettes de Téhéran</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Il y a quelques années encore, les Houthis du Yémen étaient considérés comme des membres de second ou troisième rang de l’Axe de résistance iranien, ce qui incitait les décideurs politiques à les traiter comme un instrument de Téhéran. Même s’ils bénéficient des armes, de l’entraînement et de l’expertise des Iraniens, ils ont aussi leurs propres calculs et leurs propres intérêts et agissent en conséquence.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-19515564"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Le groupe armé, qui contrôle une grande partie du nord du Yémen, est désormais en mesure d’influencer la prochaine phase du conflit irano-américain s’il tente de rétablir le blocus du détroit de Bab el-Mandeb, considère Alexandra Stark dans le <a href="https://www.nytimes.com/2026/08/21/opinion/houthis-iran-hormuz.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">New York Times</a>. Les Houthis pourraient relancer la guerre au Yémen, faire dérailler les efforts visant à parvenir à un accord avec l’Iran et entraîner les États-Unis plus profondément dans les conflits de la région, estime-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’une des principales hypothèses précédant l’attaque américano-israélienne contre l’Iran, qui a débuté en février, était que les milices supplétives de l’Iran avaient été considérablement affaiblies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Hezbollah, le groupe armé libanais qui fut jadis le plus fidèle allié de l’Iran dans la région, a subi de lourdes pertes face à Israël, tout comme le Hamas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran a perdu un autre allié clé avec la chute du régime de Bachar el-Assad en Syrie en décembre 2024.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Houthis, dont les capacités militaires avaient également été affaiblies par les frappes américaines de 2024 et 2025, ne se sont pas précipités dans les combats lorsque les États-Unis et Israël ont commencé à frapper l’Iran cette année, ce qui, semble-t-il, les a épargnés d’attaques similaires. Peut-être, estime Alexandra Stark, attendaient-ils simplement le moment opportun.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La géographie confère aux Houthis un pouvoir exceptionnel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce à leur position géographique unique, les Houthis peuvent perturber le commerce via le détroit de Bab el-Mandeb, un passage étroit à l’entrée de la mer Rouge par lequel transite entre 12 et 15% du commerce maritime mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’autre extrémité de la mer Rouge se trouve le canal de Suez, voie de passage essentielle pour le pétrole et le gaz naturel liquéfié destinés aux marchés nord-américain et européen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec la fermeture effective du détroit d’Ormuz par l’Iran, les Houthis se trouvent aujourd’hui dans une position de force exceptionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur influence mondiale s’est considérablement accrue depuis la prise de Sanaa, la capitale yéménite, en 2014 et le renversement du gouvernement internationalement reconnu début 2015.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque les forces houthies ont progressé vers le sud en mars de la même année pour tenter de s’emparer de territoires dans le sud du Yémen, une coalition dirigée par l’Arabie saoudite et soutenue par les États-Unis est intervenue. Un conflit local s’est ainsi transformé en conflit régional et en une crise humanitaire dévastatrice. Finalement, face à l’impasse des combats et à la pression internationale croissante, les deux camps ont convenu d’un cessez-le-feu négocié par l’Onu en avril 2022.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cette date, les Houthis avaient établi un État de facto dans le nord du Yémen, tandis que le gouvernement, faible et soutenu par l’Arabie saoudite, contrôlait des parties du sud et de l’ouest.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Bab-El-Mandeb-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-19515655" style="width:800px;height:auto" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Bab-El-Mandeb-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Bab-El-Mandeb-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Bab-El-Mandeb-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Bab-El-Mandeb-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Bab-El-Mandeb-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Bab-El-Mandeb-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Bab-El-Mandeb.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Comment sont-ils parvenus à fermer la mer Rouge ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les Houthis ont démontré leur puissance en attaquant des navires en mer Rouge au début du conflit israélo-palestinien de 2023.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Utilisant du matériel rudimentaire et peu coûteux, comme des drones kamikazes, des missiles et des embarcations de surface autonomes (les USV, Uncrewed Surface Vessel), les Houthis ont rendu la navigation dans la région beaucoup plus dangereuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le coût des assurances pour les navires commerciaux a été multiplié par vingt, bloquant de facto le détroit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La seule alternative consistait à contourner la pointe sud de l’Afrique, ce qui allongeait le trajet de plus de 4 000 milles marins et augmentait considérablement les coûts de transport maritime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mois dernier, les Houthis ont repris leurs attaques contre la navigation en mer Rouge, ciblant des pétroliers commerciaux liés à l’Arabie saoudite et des infrastructures énergétiques et de transport saoudiennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Houthis ont affirmé qu’il s’agissait de représailles suite à des frappes aériennes saoudiennes qui auraient visé la piste de l’aéroport de Sanaa le 13 juillet, apparemment pour empêcher l’atterrissage d’un avion iranien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Actuellement, le transit des navires commerciaux se poursuit en mer Rouge mais le trafic des pétroliers a considérablement diminué au cours du mois dernier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les attaques des Houthis contre des navires, que le groupe armé revendique comme étant liés à l’Arabie saoudite, se sont poursuivies. L’attaque d’un cargo le 12 août a fait les premiers morts recensés lors de cette nouvelle vague d’attaques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces derniers jours, les Houthis ont revendiqué des attaques contre un navire dans le port de Moka, en mer Rouge, contrôlé par les forces alliées au gouvernement yéménite internationalement reconnu. Ils ont également affirmé avoir ciblé des aéroports et des raffineries de pétrole en Arabie saoudite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ormuz fermé, la mer Rouge prend une importance accrue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec la fermeture effective du détroit d’Ormuz, la route mer Rouge-canal de Suez est devenue cruciale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite, en particulier, tentait de contourner Ormuz en transportant le pétrole brut par oléoduc jusqu’au port de Yanbu, sur sa côte ouest de la mer Rouge mais les récentes attaques des Houthis ont également compromis cette option.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une fermeture quasi simultanée du détroit d’Ormuz et du canal de Suez aggraverait les problèmes du commerce mondial et ferait grimper encore davantage les prix du pétrole et l’inflation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Houthis agissent-ils sur ordre de l’Iran ? Ce n’est pas aussi simple. Les Houthis sont désormais en mesure d’intensifier leur implication dans un conflit régional déjà dévastateur, compliquant davantage les efforts déployés pour y mettre fin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains pourraient supposer que leurs actions sont dictées par l’Iran mais la réalité est probablement plus complexe. Les Houthis sont très opportunistes et ont fait preuve de pragmatisme sur la scène internationale, démontrant leur capacité à choisir le moment opportun pour s’engager dans des conflits et pour les intensifier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu’ils ont attaqué des navires en mer Rouge entre 2023 et 2025, ils ont affirmé que leur objectif était de faire pression sur Israël pour stopper la guerre à Gaza. Cependant, ces frappes ont également renforcé leur légitimité dans les zones qu’ils contrôlent au nord du Yémen, détournant l’attention de leurs échecs de gouvernance à un moment où leur popularité était en déclin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Houthis semblent y voir une occasion d’accroître leur influence dans leurs négociations avec l’Arabie saoudite en vue d’un règlement politique du conflit yéménite, ou peut-être une chance de reprendre leurs attaques contre le gouvernement soutenu par la communauté internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La précédente vague d’attaques houthies, entre 2023 et 2025, a eu un impact significatif, mais finalement gérable, sur l’économie mondiale. Des études réalisées à l’époque estimaient que les perturbations du transport maritime résultant de ces attaques n’auraient qu’un effet limité sur l’inflation. Cependant, la fermeture du détroit de Bab el-Mandeb conjointement à celle du détroit d’Ormuz, serait tout autre, et ses répercussions économiques seraient probablement bien plus graves.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’accord américano-iranien ne résoudra pas le problème</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que les États-Unis tentent de mettre fin à la guerre avec l’Iran, les Houthis menacent de reprendre les hostilités au Yémen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation risque d’entraîner à nouveau l’Arabie saoudite dans le conflit, de menacer le commerce mondial du pétrole et de maintenir la région dans l’instabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il sera difficile de désamorcer les tensions régionales sans s’attaquer directement à la menace houthie, plutôt que de supposer que le problème puisse être résolu par un accord avec leur prétendu <em>«maître»</em>, l’Iran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, il ne faut pas croire qu’un accord avec l’Iran contraindra les Houthis à agir en conséquence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La bonne approche, selon Alexandra Stark, consiste à les considérer comme un acteur indépendant, pragmatique et dangereux, prenant des décisions en fonction de leurs propres intérêts et non comme une marionnette agissant sur ordre de Téhéran.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="65z2Fu8uzf"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/07/pour-les-americains-la-guerre-asymetrique-contre-les-houthis-est-devenue-un-cas-decole/">Pour les Américains, la guerre asymétrique contre les Houthis est devenue un cas d’école</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Pour les Américains, la guerre asymétrique contre les Houthis est devenue un cas d’école » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/07/pour-les-americains-la-guerre-asymetrique-contre-les-houthis-est-devenue-un-cas-decole/embed/#?secret=vZ3wiAHhCA#?secret=65z2Fu8uzf" data-secret="65z2Fu8uzf" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/27/les-houthis-ne-sont-pas-des-marionnettes-de-teheran/">Les Houthis ne sont pas des marionnettes de Téhéran</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/27/les-houthis-ne-sont-pas-des-marionnettes-de-teheran/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>2</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’exportation du pétrole saoudien via la mer Rouge menacée !</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/21/lexportation-du-petrole-saoudien-via-la-mer-rouge-menacee/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/21/lexportation-du-petrole-saoudien-via-la-mer-rouge-menacee/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jul 2026 07:52:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdel-Malik al-Houthi]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Bab El-Mandeb]]></category>
		<category><![CDATA[détroit d’Ormuz]]></category>
		<category><![CDATA[Houthis]]></category>
		<category><![CDATA[mer Rouge]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed Ben Salmane]]></category>
		<category><![CDATA[pétrole]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19286477</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les Houthis, soutenus par l'Iran, font peser une menace sur l'exportation de pétrole de l’Arabie saoudite. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/21/lexportation-du-petrole-saoudien-via-la-mer-rouge-menacee/">L’exportation du pétrole saoudien via la mer Rouge menacée !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La menace qui pèse sur la principale voie d’exportation de pétrole de l’Arabie saoudite s’accroît avec l’escalade des tensions entre le Royaume et le groupe Ansar Allah (communément appelé les Houthis), soutenu par l’Iran, au Yémen. Les oléoducs acheminant le pétrole de l’est du royaume jusqu’au port de Yanbu, sur la mer Rouge </em></strong><em>(photo)</em><strong><em>, sont devenus une artère vitale, permettant à l’Arabie saoudite de maintenir ses exportations de pétrole malgré les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz dues au conflit irano-américain.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-19286477"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis Yanbu, les pétroliers saoudiens empruntent le détroit de Bab el-Mandeb pour rejoindre les marchés asiatiques, contribuant ainsi à atténuer l’impact de la hausse des prix du pétrole lorsque le trafic maritime dans le golfe Persique est perturbé par les attaques iraniennes, souligne le <a href="https://www.wsj.com/world/middle-east/the-threat-to-saudi-arabias-main-oil-export-route-is-growing-6927e974" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Wall Street Journal</em></a>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’à présent, le détroit de Bab el-Mandeb est resté ouvert grâce aux accords politiques conclus par Riyad avec les Houthis, même si ce groupe a perturbé à plusieurs reprises le trafic maritime en mer Rouge au cours des trois dernières années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, le cessez-le-feu de 2022, sur lequel ces accords reposaient, commence à se déliter. Les Houthis ont lancé des drones et des missiles sur un aéroport civil du sud-ouest de l’Arabie saoudite après avoir accusé le royaume d’avoir bombardé la piste de l’aéroport de Sanaa, qu’ils contrôlent, cette semaine, afin d’empêcher l’atterrissage d’un avion iranien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Aéroports contre aéroports, ports contre ports et blocus contre blocus</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Jeudi, le chef houthi, Abdel-Malik al-Houthi, a durci le ton lors d’une allocution télévisée, déclarant :<em> «La véritable équation est : aéroport de Sanaa contre aéroport de Riyad. Aéroports contre aéroports, ports contre ports et blocus contre blocus»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a également menacé de cibler les installations pétrolières saoudiennes si Riyad reprenait son implication dans la guerre au Yémen, après avoir dirigé une coalition militaire contre les Houthis il y a plus de dix ans, tout en appelant ses partisans à manifester contre les restrictions de voyage qui leur sont imposées depuis des années par l’Arabie saoudite et ses alliés yéménites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Houthis devraient prochainement tester à nouveau la position saoudienne en tentant d’accueillir un autre avion iranien à l’aéroport de Sanaa. Bien qu’Abdul-Malik al-Houthi n’ait pas explicitement annoncé la reprise des attaques contre les navires transitant en mer Rouge, des responsables et des analystes estiment que l’évolution de la situation régionale pourrait inciter le groupe à recommencer de telles attaques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«La situation en mer Rouge se détériore à nouveau»</em>, a déclaré Kaja Kallas, chef de la diplomatie européenne, lors d’une visite à Djibouti vendredi. Elle ajoute : <em>«Les récentes attaques de missiles menées par les Houthis contre l’Arabie saoudite, qui ont mis fin à une trêve de quatre ans, sont un signal d’alarme : l’instabilité terrestre se transforme rapidement en insécurité maritime»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dernier blocus de la mer Rouge imposée par les Houthis avait provoqué une intervention militaire américaine en 2025, infligeant des pertes considérables au groupe. Cependant, des attaques sporadiques ont persisté, perturbant le trafic maritime pendant des mois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette fois-ci, toute perturbation du trafic dans le détroit de Bab el-Mandeb surviendrait alors que le trafic dans le détroit d’Ormuz est déjà de plus en plus congestionné en raison des attaques iraniennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Capital Economics</em> prévoit qu’une fermeture simultanée des deux détroits, ou des dommages importants aux oléoducs ou aux ports saoudiens, pourraient plonger l’économie mondiale en récession.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre avec l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz ont déjà privé les marchés mondiaux de plusieurs millions de barils de pétrole par jour. Jusqu’à présent, les consommateurs ont puisé dans les réserves pétrolières pour compenser cette pénurie mais ces réserves s’épuiseront avec le temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite utilise l’oléoduc traversant la péninsule arabique pour exporter environ quatre millions de barils par jour via la mer Rouge, ce qui maintient ses exportations totales à environ 4,6 millions de barils par jour.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Iran a réussi à mettre les États-Unis dans l’embarras</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que ce chiffre soit inférieur au niveau d’avant-guerre (7,3 millions de barils par jour), l’écart aurait été bien plus important sans les exportations de la mer Rouge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les analystes estiment que les Houthis se sentent plus confiants sur le plan stratégique car ils pensent que l’Iran est parvenu à mettre les États-Unis dans l’embarras et que le moment est venu de faire pression sur l’Arabie saoudite qui a tout intérêt à maintenir le Yémen hors du conflit régional.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Les Houthis en sont parfaitement conscients. Ils voient une opportunité d’escalade et ils la saisiront»</em>, a déclaré April Longley Alley, ancienne conseillère de l’envoyé spécial de l’Onu pour le Yémen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux camps semblent plus proches que jamais depuis le cessez-le-feu de 2022 d’une reprise des hostilités transfrontalières, même à faible intensité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce cessez-le-feu visait à assouplir les restrictions saoudiennes sur le carburant entrant dans le port d’Hodeïda et à rétablir les vols commerciaux à destination et en provenance de Sanaa mais les progrès restent limités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les États-Unis soutiennent la campagne militaire menée par l’Arabie saoudite contre les Houthis depuis 2015.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les analystes estiment que Washington continuera de soutenir Riyad, mais que, préoccupé actuellement par le conflit avec l’Iran, le pays cherchera à éviter une nouvelle implication militaire directe au Yémen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des responsables américains et saoudiens se sont entretenus cette semaine au sujet du Yémen et le département d’État américain a approuvé un contrat d’armement avec l’Arabie saoudite d’une valeur de près de 2 milliards de dollars, comprenant plus de 20000 kits de munitions de précision.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’aéroport de Sanaa demeure le point chaud le plus probable d’une nouvelle escalade, compte tenu de sa valeur symbolique pour les deux camps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite craint que l’assouplissement des restrictions ne permette à l’Iran de fournir des armes et des conseillers militaires aux Houthis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’inverse, les analystes estiment que les Houthis, confrontés à des difficultés économiques internes dues à la hausse des prix et aux pénuries de produits de première nécessité, souhaitent la réouverture de la liaison aérienne afin d’accéder à davantage de ressources.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Pour eux, il s’agit d’un calcul interne visant à obtenir un accord plus avantageux leur permettant d’accéder à plus de ressources, une plus grande autonomie et une plus grande liberté pour consolider leur contrôle au Yémen et dans la région de la mer Rouge»</em>, a déclaré April Longley Alley.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Houthis considèrent depuis longtemps comme inacceptables les restrictions saoudiennes imposées aux voyages à destination et en provenance du Yémen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les funérailles du défunt Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, ce mois-ci, ont offert une nouvelle occasion de tester la volonté de Riyad de s’engager dans une nouvelle confrontation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une délégation houthie s’est rendue à Téhéran il y a deux semaines pour assister aux funérailles, provoquant des protestations de la part du gouvernement yéménite internationalement reconnu, basé à Riyad.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À son retour cette semaine, l’avion de la délégation a été contraint d’atterrir dans une autre ville contrôlée par les Houthis après le bombardement de l’aéroport de Sanaa.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Arabie saoudite risque de replonger dans la guerre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les analystes estiment que si un autre avion iranien tente d’atterrir à Sanaa et que l’Arabie saoudite riposte en bombardant à nouveau l’aéroport, les Houthis intensifieront leur riposte, ce qui pourrait inciter Riyad à réagir avec plus de force malgré sa volonté d’éviter d’exposer son territoire à des contre-attaques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mohammed al-Basha, fondateur du cabinet d’évaluation des risques Basha Report, a déclaré que les Houthis ont annoncé cette semaine de nouvelles règles d’engagement, confirmant ainsi que l’Arabie saoudite risque de replonger dans la guerre si elle tente d’empêcher de nouveaux vols iraniens. Il a ajouté: <em>«Abdul-Malik al-Houthi intensifie progressivement ses attaques. Il suit une stratégie d’escalade par étapes et n’entre pas directement dans une guerre totale car il ne souhaite pas un conflit à grande échelle»</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’une des principales raisons pour lesquelles l’Arabie saoudite a accepté le cessez-le-feu de 2022 était les attaques de missiles et de drones menées par les Houthis contre des villes saoudiennes, dont Riyad, qui menaçaient les ambitieux projets économiques du prince héritier Mohammed ben Salmane.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, toute nouvelle attaque des Houthis pourrait être encore plus dévastatrice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que la défense aérienne saoudienne se soit améliorée, les capacités offensives des Houthis se sont également développées, tandis que les projets de développement saoudiens sont confrontés à une pression financière croissante et à des risques politiques supplémentaires en raison de la guerre avec l’Iran.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/21/lexportation-du-petrole-saoudien-via-la-mer-rouge-menacee/">L’exportation du pétrole saoudien via la mer Rouge menacée !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/21/lexportation-du-petrole-saoudien-via-la-mer-rouge-menacee/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Iran &#124; L’ultime bataille des Gardiens de la révolution</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/04/iran-lultime-bataille-des-gardiens-de-la-revolution/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/04/iran-lultime-bataille-des-gardiens-de-la-revolution/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2026 08:07:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ali Khamenei]]></category>
		<category><![CDATA[Ali Larijani]]></category>
		<category><![CDATA[Ayatollah Khomeini]]></category>
		<category><![CDATA[Basij]]></category>
		<category><![CDATA[CGRI]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Force Al-Qods]]></category>
		<category><![CDATA[Gardiens de la révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Houthis]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammad Bagher Ghalibaf]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18433583</guid>

					<description><![CDATA[<p>La survie du régime des ayatollahs en Iran dépend largement de celle des Gardiens de la révolution qui en est le pilier armé. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/04/iran-lultime-bataille-des-gardiens-de-la-revolution/">Iran | L’ultime bataille des Gardiens de la révolution</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au lendemain de l’avènement de la révolution islamique en Iran et de son accession au pouvoir, l’ayatollah Khomeini était méfiant à l’endroit de l’armée régulière, héritière de celle du Shah. Il avait décidé de fonder une entité, composée de ses plus fidèles affidés, nommée le Corps de Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) dont la mission est d’assurer la pérennité du régime. Au fil des décennies, des guerres, des révoltes réprimées mais aussi à force que le défunt ayatollah Ali Khamenei avançait dans l’âge, le CGRI n’a cessé de gagner en puissance. Aujourd’hui, les Gardiens de la Révolution doivent faire face au feu et à la fureur de la machine de guerre israélo-américaine. C’est la survie du régime et par ricochet la leur qui est menacée.&nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-18433583"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une enquête consacrée au CGRI publiée dans le <a href="https://www.wsj.com/world/middle-east/the-iranian-force-built-to-defend-the-regime-now-faces-the-ultimate-test-8a1a2cfe" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Wall Street Journal</a>, David S. Cloud et Benoît Faucon considèrent que les frappes aériennes américaines et israéliennes ont certes tué plusieurs hauts dirigeants iraniens en seulement quelques heures dont le Guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei, cependant, le vaste appareil sécuritaire qu’ils supervisaient pour assurer la survie du régime demeure intact.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le CGRI est principalement connu comme une force armée comptant quelque 200 000 membres paramilitaires. Mais il fonctionne également comme un gouvernement parallèle et une puissance économique, sa mission principale étant de défendre le régime islamique établi après la révolution de 1979 et d’étendre son influence au Moyen-Orient.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un Etat dans l’Etat</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À moins d’être vaincu ou réorienté d’une manière ou d’une autre, le CGRI conservera sa capacité à générer des revenus par des activités illicites et à soutenir des groupes interposés comme les Houthis au Yémen qui harcèlent les États-Unis et leurs alliés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le CGRI possède ses propres branches militaires et de renseignement, distinctes des forces armées traditionnelles, et est profondément implanté dans les secteurs économiques du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Force Al-Qods, unité clandestine, gère les relations de l’Iran avec les groupes armés mandataires de la région, tandis que d&rsquo;autres composantes du CGRI sont responsables du programme de missiles et de la sécurité intérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon des analystes et des dirigeants de l’opposition iranienne, paralyser le CGRI pourrait nécessiter des semaines, voire des mois, de frappes aériennes supplémentaires et d’autres actions militaires. Sans de telles mesures, le régime iranien risque de se maintenir au pouvoir et de devenir encore plus répressif, car les éléments les plus radicaux ayant survécu jusque-là aux frappes américaines et israéliennes vont s’appuyer sur la loyauté du CGRI dans l’espoir d’assurer la pérennité du régime.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers un État militaire plus fermé</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mohammed Al-Basha, fondateur de Basha Report, un cabinet de conseil en gestion des risques basé à Washington, estime que l’assassinat de Khamenei renforce les éléments les plus radicaux et militaristes du régime. <em>«Aucune opposition organisée n’est prête à saisir cette opportunité. Le résultat le plus probable n’est pas une réforme mais une consolidation du pouvoir, nous rapprochant d’un État militaire fermé»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Samedi, le président Donald Trump a appelé les Gardiens de la révolution et la police à <em>«s’intégrer pacifiquement»</em> et à <em>«collaborer»</em> avec les citoyens iraniens opposés au gouvernement. <em>«Nous entendons dire que nombre de membres des Gardiens de la révolution, de l’armée, des forces de sécurité et de la police ne veulent plus combattre et recherchent l’immunité»</em>, a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un noyau dur d’irréductibles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, les analystes estiment qu’une rupture des Gardiens de la révolution avec 47 ans de régime islamique rigoriste et d’hostilité envers les États-Unis est le scénario le moins probable à court terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe des pragmatiques au sein des Gardiens de la révolution mais leur attachement au fondamentalisme religieux n’en est pas moins fort que celui de Khamenei et des religieux qui ont gouverné à ses côtés. Nombre de leurs dirigeants ont été formés comme combattants lors de la sanglante guerre contre l’Irak dans les années 1980, une période qui a consolidé le rôle central des Gardiens dans le soutien au régime. Sous Khamenei, la domination idéologique s’est encore renforcée, selon les analystes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le système politique iranien pourrait évoluer vers une forme de dictature militaire sous le contrôle des Gardiens de la révolution. Les analystes estiment difficile d’imaginer l’émergence d’une figure comme Delcy Rodríguez, vice-présidente du Venezuela, qui s’est alignée sur Washington depuis l’arrestation de Nicolás Maduro lors d’un raid américain début janvier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Kasra Aarabi, directeur de la recherche sur les Gardiens de la révolution au sein de United Against Nuclear Iran, une organisation politique opposée au régime iranien, se montre tout aussi pessimiste : <em>«Les Gardiens de la révolution constituent une force très radicale et dogmatique. L’idée qu’ils changent de camp me paraît donc peu probable»</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Téhéran, les Gardiens de la révolution supervisent des bases dans chacun des 22 arrondissements de la ville. Ces bases sont gérées par des membres du Basij, un groupe paramilitaire de volontaires qui a mené la répression gouvernementale contre les manifestants en janvier, selon un rapport d’Aarabi et de Saeid Golkar, professeur associé à l’Université du Tennessee à Chattanooga. Quelque 3 000 installations plus petites des Basij sont également disséminées dans la plupart des quartiers de Téhéran. Et il existe une infrastructure similaire à travers le pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Richard Fontaine qui dirige le Center for a New American Security, un groupe de réflexion basé à Washington, déclare sur les réseaux sociaux qu’il serait <em>«extrêmement difficile de renverser le régime sans occuper le pays ni déployer de troupes au sol»</em>. Il ajoute : <em>«Les Gardiens de la révolution et les Basij conserveront les armes, contrairement au peuple».</em>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que les frappes américaines et israéliennes en Iran se poursuivent et s’intensifient, les forces de sécurité ont pris des mesures pour empêcher les manifestants anti-régime de descendre dans la rue, comme ils l’avaient fait en grand nombre en décembre et janvier avant la répression sanglante. La police a installé des points de contrôle dans tout Téhéran, tandis que les Basij organisaient des manifestations anti-américaines dans les universités, souvent foyers de contestation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Stratégie de «défense mosaïque»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les dirigeants iraniens se préparaient à une attaque contre le régime susceptible d’entraîner l’effondrement de la chaîne de commandement. En février, les Gardiens de la révolution ont annoncé leur intention de réactiver leur stratégie dite de <em>«défense mosaïque»</em>, qui permet aux commandants de donner des ordres d’une manière indépendante à leurs unités. Cette stratégie visait spécifiquement à renforcer la résilience du pays face aux attaques extérieures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des responsables iraniens ont déclaré que la République islamique avait préparé quatre niveaux de relève pour chaque poste important, y compris les commandants militaires, en prévision d&rsquo;une campagne militaire prolongée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre Khamenei, les attaques américaines et israéliennes de samedi ont tué le commandant en chef des Gardiens de la révolution Mohammad Pakpour laissant penser que les États-Unis cherchent à affaiblir les Gardiens de la révolution. Cependant, Pakpour a été aussitôt remplacé par Ahmad Vahidi qui affiche à son compteur 47 ans au sein des CGRI qu’il a intégré à leur fondation en 1979. Vahidi a dirigé la Force Al-Qods de 1990 à 1997, il a également dirigé l’appareil de renseignement des CGRI et il a occupé les postes de ministre de la Défense et de ministre de l’Intérieur, un dur parmi les durs.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <em>WSJ</em> rapporte que, selon les analystes, les attaques contre les installations des Gardiens de la révolution pourraient démanteler leur contrôle sur les éléments de rang inférieur et réduire leur capacité à réprimer la dissidence interne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un communiqué publié après l’annonce de la mort de Khamenei, les Gardiens de la révolution ont juré de <em>«s’opposer fermement aux complots internes et externes et de punir ceux qui attaquent la patrie»</em>. Et des responsables politiques ont déclaré que le régime avait élaboré des plans d’urgence en prévision de la mort de Khamenei.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des fidèles du régime affirment que les services de renseignement iraniens avaient élaboré des plans pour qu’un commandant militaire prenne le pouvoir. La transition d’un régime théocratique vers un régime plus militariste est en cours depuis des années, les Gardiens de la révolution ayant pris le contrôle d’une grande partie de l’économie, établi des groupes qui leur sont fidèles dans les universités et les institutions et infiltré l’armée régulière et le gouvernement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est à signaler qu’Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, et Mohammad Bagher Ghalibaf, l’actuel président du Parlement, appartiennent au CGRI et leur nom circule dans la course à la succession d’Ali Khamenei.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un message publié samedi sur la plateforme X, Larijani a promis que l’Iran infligerait à Israël et aux États-Unis <em>«une leçon inoubliable»</em>. Quant à Ghalibaf, il a joué un rôle dans la coordination de la riposte militaire lors de l’attaque israélienne et américaine contre l’Iran en juin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, Golkar, estime que l’instauration d’un régime militaire n’était pas inévitable, surtout si Larijani, Ghalibaf ou leurs successeurs étaient tués.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="L3RpO0SF3a"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/03/iran-qui-succedera-a-layatollah-ali-khamenei/">Iran | Qui succédera à l’ayatollah Ali Khamenei ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Iran | Qui succédera à l’ayatollah Ali Khamenei ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/03/iran-qui-succedera-a-layatollah-ali-khamenei/embed/#?secret=gwuHgmPCEt#?secret=L3RpO0SF3a" data-secret="L3RpO0SF3a" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/04/iran-lultime-bataille-des-gardiens-de-la-revolution/">Iran | L’ultime bataille des Gardiens de la révolution</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/04/iran-lultime-bataille-des-gardiens-de-la-revolution/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>2</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’Arabie saoudite punit les opérateurs économiques émiratis</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/03/larabie-saoudite-punit-les-operateurs-economiques-emiratis/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/03/larabie-saoudite-punit-les-operateurs-economiques-emiratis/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2026 08:19:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Émirats arabes unis]]></category>
		<category><![CDATA[Faisal bin Farhan]]></category>
		<category><![CDATA[Houthis]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Yémen]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18316946</guid>

					<description><![CDATA[<p>La colère saoudienne contre les Émirats arabes unis  affecte désormais le monde des affaires, très sensible à Dubaï.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/03/larabie-saoudite-punit-les-operateurs-economiques-emiratis/">L’Arabie saoudite punit les opérateurs économiques émiratis</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La colère saoudienne contre les Émirats arabes unis semble ne pas se limiter à la sphère de la géopolitique régionale mais affecte désormais le monde des affaires. De plus en plus de cadres d’entreprises émiraties ou établies aux Émirats se voient refuser le visa d’entrée en Arabie saoudite, plus grand marché régional. Les autorités saoudiennes accentuent aussi la pression sur les multinationales pour déménager leurs sièges régionaux à Riyad. Les Saoudiens possèdent également un autre levier, ils sont de grands investisseurs dans le secteur immobilier dans les Émirats. Pour le moment, Abou Dhabi courbe l’échine en attendant que la tempête passe. </em></strong><em>(Ph. Dubaï)</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-18316946"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://www.ft.com/content/c8bba149-8ce2-4ed7-b7a6-dd0e214f1600" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Financial Times</a> a publié un article d’Ahmed Al Omran, Simeon Kerr et Andrew England indiquant que la crise saoudo-émiratie liée au Yémen et à d’autres questions régionales suscite des inquiétudes quant à son impact sur le commerce et les relations entre les deux pays. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le journal britannique ajoute que des dirigeants émiratis craignent que cette crise n’affecte leurs activités, certaines entreprises ayant signalé le rejet de demandes de visa pour leurs employés ces dernières semaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les tensions entre les deux anciens alliés se sont exacerbées en décembre après que Riyad a accusé les Émirats de soutenir une faction séparatiste yéménite ayant lancé une attaque contre des groupes soutenus par l’Arabie saoudite. Dès lors, des employés de banques, de cabinets de conseil en management, de cabinets d’avocats et de sociétés de services pétroliers et gaziers rencontrent des difficultés pour obtenir un visa saoudien depuis les Émirats, selon plusieurs personnes dont les entreprises sont directement concernées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pressions sur le monde des affaires</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite encourage activement les entreprises à relocaliser leurs activités et leurs employés des Émirats vers le Royaume.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Bien sûr, nous sommes préoccupés, mais le monde des affaires a fait preuve d’une grande ingéniosité pour trouver des solutions alternatives»</em>, a déclaré le dirigeant d’une entreprise de services maritimes dont les employés se sont vu refuser des visas ce mois-ci.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme d’autres, ce dirigeant a indiqué n’avoir reçu aucune explication quant à ces refus, ajoutant espérer que le problème soit temporaire compte tenu des liens économiques étroits unissant les deux pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un responsable saoudien a insisté sur le fait qu’il n’y avait eu aucun changement dans les procédures de visa. Pour leur part, les Émirats n’ont pas répondu à une demande de commentaires du <em>FT</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les dirigeants émiratis ont perçu le ton conciliant des propos tenus cette semaine par le prince Faisal bin Farhan, ministre saoudien des Affaires étrangères, comme un signe de la volonté de Riyad d’apaiser les tensions. <em>«La relation avec les Émirats arabes unis est, de notre point de vue, extrêmement importante»</em>, a déclaré Bin Farhan aux journalistes, avant d’ajouter : <em>«Elle constitue un élément clé de la stabilité régionale et le Royaume est donc toujours soucieux d’entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un dirigeant d’entreprise émirati a affirmé que la situation concernant les visas a commencé à s’améliorer au cours de la semaine écoulée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La crise entre les deux voisins s’est intensifiée après que Riyad, considérant l’avancée des séparatistes yéménites comme une menace pour sa sécurité nationale, a bombardé des dépôts d’armes et des véhicules qu’elle accusait Abou Dhabi d’avoir fournis à cette faction. Les Émirats ont fini par retirer leurs forces du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux voisins sont intervenus dans la guerre civile yéménite en 2015 pour combattre les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, mais ils ont soutenu des factions différentes et rivales. Le différend concernant le Yémen et d’autres questions régionales a engendré la plus grave crise des relations entre les deux puissances du Golfe depuis des années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, les analystes n’anticipent pas une escalade comparable à celle de la dernière crise du Golfe en 2017, lorsque l’Arabie saoudite et les Émirats avaient mené un blocus régional contre le Qatar, l’accusant de soutenir des groupes islamistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <em>FT</em> a souligné que les échanges commerciaux entre l’Arabie saoudite et les Émirats dépassent les 20 milliards de dollars et que de nombreuses entreprises utilisent Dubaï comme plaque tournante pour desservir le Royaume, qui compte la plus grande population de la région du Golfe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Restrictions aux demandes de visa</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, ces tensions ont suscité des inquiétudes au sein de la communauté des affaires. Un banquier basé aux Émirats a déclaré que son établissement se préparait à une tournée promotionnelle en Arabie saoudite lorsqu’une demande de visa pour l’un de ses employés a été rejetée. Il a ajouté : <em>«Nous ne sommes pas les seuls. D’autres banques rencontrent le même problème»</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon deux consultants, ces difficultés sont contournées par l’utilisation de visas ordinaires délivrés à l’arrivée, permettant ainsi aux cadres ou à leurs représentants de rencontrer des clients dans le Royaume.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une autre source a indiqué que d’autres entreprises s’interrogent sur la légalité du travail de leurs employés avec des visas touristiques, qualifiant la situation d’impasse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre dirigeant a déclaré que les citoyens d’une demi-douzaine de pays, dont la Jordanie, l’Égypte, le Pakistan et l’Inde, rencontrent des difficultés depuis environ un an pour obtenir des visas de travail à entrées multiples pour l’Arabie saoudite lorsqu’ils font leur demande depuis les Émirats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le royaume impose des restrictions aux demandes de visa pour les musulmans pendant le pèlerinage du Hajj afin de contrôler le nombre de visiteurs. Il a été noté que certaines autres nationalités ont commencé à rencontrer des problèmes similaires en octobre. Cependant, en décembre et janvier, avec l’escalade des tensions entre l’Arabie saoudite et les Émirats, le problème s’est aggravé, le nombre de refus augmentant fortement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un responsable régional d’une grande entreprise a indiqué que l’Arabie saoudite a récemment intensifié ses efforts de longue date pour persuader les entreprises émiraties ayant d’importantes activités dans le royaume de transférer leur personnel à Riyad.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2024, l’Arabie saoudite exige des multinationales qu’elles transfèrent leur siège régional à Riyad pour obtenir des contrats gouvernementaux. Cette mesure a suscité des inquiétudes chez certaines entreprises internationales implantées à Dubaï depuis des décennies. Nombre d’entre elles ont restructuré leurs activités pour se conformer à cette décision, compte tenu de l’importance de leurs activités dans le Royaume.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux inquiétudes et à la controverse actuelle, la plupart des chefs d’entreprise estiment que les répercussions négatives sur leurs activités seront de courte durée, compte tenu des liens commerciaux étroits entre l’Arabie saoudite et les Émirats. Les Saoudiens sont également d’importants investisseurs aux Émirats, notamment dans le secteur immobilier de Dubaï.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que les Émirats s’efforcent d’apaiser les tensions, des Émiratis disposant d’une forte présence sur les réseaux sociaux ont reçu des avertissements informels de la part de représentants du gouvernement, les exhortant à ne pas répondre aux critiques saoudiennes de plus en plus nombreuses en ligne. L’un d’eux a déclaré qu’il leur a été conseillé de ne pas se mêler aux problèmes liés à la crise actuelle.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="t6dHJ7uiCX"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/23/larabie-saoudite-ecrase-les-secessionistes-yemenites-soutenus-par-les-emirats/">L’Arabie saoudite écrase les sécessionistes yéménites soutenus par les Émirats</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Arabie saoudite écrase les sécessionistes yéménites soutenus par les Émirats » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/23/larabie-saoudite-ecrase-les-secessionistes-yemenites-soutenus-par-les-emirats/embed/#?secret=WNLNliAZFW#?secret=t6dHJ7uiCX" data-secret="t6dHJ7uiCX" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="FtUI8RtrTr"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/08/la-tres-controversee-politique-etrangere-des-emirats-arabes-unis/">La très controversée politique étrangère des Émirats arabes unis</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La très controversée politique étrangère des Émirats arabes unis » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/08/la-tres-controversee-politique-etrangere-des-emirats-arabes-unis/embed/#?secret=dvyDhZTeHd#?secret=FtUI8RtrTr" data-secret="FtUI8RtrTr" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="fSziTi3qp6"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/01/yemen-scenes-de-menage-entre-larabie-saoudite-et-les-emirats/">Yémen | Scènes de ménage entre l’Arabie saoudite et les Émirats !</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Yémen | Scènes de ménage entre l’Arabie saoudite et les Émirats ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/01/yemen-scenes-de-menage-entre-larabie-saoudite-et-les-emirats/embed/#?secret=cJknO5Xrjq#?secret=fSziTi3qp6" data-secret="fSziTi3qp6" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/03/larabie-saoudite-punit-les-operateurs-economiques-emiratis/">L’Arabie saoudite punit les opérateurs économiques émiratis</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/03/larabie-saoudite-punit-les-operateurs-economiques-emiratis/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Yémen &#124; Scènes de ménage entre l’Arabie saoudite et les Émirats !</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/01/yemen-scenes-de-menage-entre-larabie-saoudite-et-les-emirats/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/01/yemen-scenes-de-menage-entre-larabie-saoudite-et-les-emirats/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Jan 2026 09:01:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Émirats arabes unis]]></category>
		<category><![CDATA[Hamedti Dagalo]]></category>
		<category><![CDATA[Houthis]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Soudan]]></category>
		<category><![CDATA[Yémen]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18168073</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les Saoudiens, excédés par l'activisme militaire de leurs voisins, ont bombardé des cargaisons d’armes au Yémen en provenance des Émirats arabes unis. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/01/yemen-scenes-de-menage-entre-larabie-saoudite-et-les-emirats/">Yémen | Scènes de ménage entre l’Arabie saoudite et les Émirats !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>C’est du jamais vu ! D’habitude, entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, les différends se règlent très discrètement et en sourdine. Cette fois-ci, les Saoudiens, excédés, ont frappé et ont clamé haut et fort leur colère. Ils ont bombardé des cargaisons d’armes au Yémen en provenance des Émirats arabes unis </em></strong><em>(Photo)</em><strong><em>. Abou Dhabi a aussitôt démenti la présence d’armes dans les cargaisons et dit avoir retiré immédiatement ce qui reste de ses troupes au Yémen. Comme au Soudan où ils nient catégoriquement participer à la guerre en soutenant Hamedti Dagalo, leurs déclarations sont toujours à prendre avec des pincettes. </em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-18168073"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une enquête parue dans le <a href="https://www.washingtonpost.com/world/2025/12/30/saudi-arabia-yemen-strikes-uae-mukalla/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Washington Post</a>, Claire Parker et Abbie Cheeseman rapportent que cet épisode marque une escalade sans précédent des tensions entre les deux puissances rivales du Golfe. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite a lancé une frappe aérienne sur la ville portuaire de Mukalla, dans le sud du Yémen, tôt mardi matin, 30 décembre 2025, ciblant ce qu’elle a présenté comme des cargaisons d’armes destinées à une force séparatiste soutenue par les Émirats arabes unis. Cette force séparatiste s’était efforcée ces dernières semaines de consolider son emprise territoriale sur le sud du Yémen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, deux puissances du Golfe officiellement opposées aux rebelles houthis soutenus par l’Iran au Yémen mais dont les objectifs dans ce pays notamment et dans la région en général divergent de plus en plus.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Saoudiens excédés par les Emiratis</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un communiqué publié mardi, le ministère saoudien des Affaires étrangères a fermement condamné son ancien allié, affirmant que le Royaume <em>«considère toute menace à sa sécurité nationale comme une ligne rouge et n’hésitera pas à prendre toutes les mesures nécessaires pour contrer une telle menace»</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le général de brigade Turki Al-Maliki, porte-parole de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et soutenant le gouvernement yéménite internationalement reconnu, a déclaré que la frappe avait eu lieu après l’arrivée, durant le week-end, à Mukalla de deux navires partis du port émirati de Fujairah sans autorisation et dont les transpondeurs avaient été désactivés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Al-Maliki a ajouté : <em>«Le port a été fermé et tout le personnel local a été évacué. Les équipages des deux navires ont ensuite déchargé une importante quantité d’armes et de véhicules blindés.»</em> Il a précisé que ces armes étaient destinées au Conseil de transition du Sud, mouvement séparatiste implanté dans les provinces orientales d’Hadramaout et d’Al-Mahra, et que les autorités saoudiennes avaient mis en garde de hauts responsables des Émirats arabes unis contre la poursuite de ce transfert.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à leur refus d’obtempérer, Al-Maliki a déclaré : <em>«Les forces aériennes de la coalition ont mené une opération militaire limitée ciblant des armes et des véhicules de combat déchargés des deux navires au port de Mukalla»</em>. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, et authentifiées par Storyful, montrent de la fumée s’échappant des châssis noirs de plusieurs véhicules militaires au port.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un communiqué publié mardi, le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis a réagi en contestant la version des faits donnée par l’Arabie saoudite concernant le rôle des Émirats au Yémen et a rejeté les allégations selon lesquelles il aurait fait pression sur une quelconque partie yéménite pour mener des opérations militaires menaçant l’Arabie saoudite ou ses frontières.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Retrait des troupes émiratis du Yémen</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le communiqué exprime sa surprise face à la frappe et dément que la cargaison à destination du Yémen contienne des armes. Il précise que les véhicules à bord des navires n’étaient pas destinés à une quelconque partie yéménite mais aux forces émiraties déjà présentes au Yémen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par la suite, le ministère de la Défense des Émirats arabes unis a annoncé son intention de retirer ses dernières équipes antiterroristes présentes au Yémen. Les Émirats ont retiré la majeure partie de leurs forces du Yémen en 2019.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le porte-parole adjoint du département d’État américain, Tommy Pigott, a déclaré mardi dans un communiqué que le secrétaire d’État Marco Rubio s’était entretenu avec son homologue saoudien au sujet de la situation au Yémen.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Washington appelle à la retenue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’administration Trump est restée largement silencieuse face à l’escalade des tensions entre ses alliés du Golfe ces dernières semaines. M. Rubio a déclaré que les États-Unis étaient <em>«préoccupés par les récents événements dans le sud-est du Yémen»</em>. Il a ajouté : <em>«Nous appelons à la retenue et à la poursuite des efforts diplomatiques dans le but de parvenir à une solution durable»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette escalade intervient après l’offensive menée, au début du mois, par les forces loyales au Conseil de transition du Sud (CTS), qui ont conquis les gouvernorats d’Hadramaout et d’Al-Mahra, chassant les forces soutenues par l’Arabie saoudite lors d’une opération visant à s’emparer de vastes portions du Yémen frontalières de l’Arabie saoudite et d’Oman. Le CTS, créé en 2017, fait partie du Conseil de direction présidentiel, une alliance fragile de personnalités politiques du sud du Yémen qui, ensemble, forment le pouvoir exécutif du gouvernement internationalement reconnu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les membres du CTS et leurs alliés du Golfe partagent l’objectif de contrer les Houthis, le mouvement rebelle soutenu par l’Iran qui s’est emparé de la capitale, Sanaa, en 2014, déclenchant une guerre civile. L’Arabie saoudite soutient un Yémen unifié, tandis que le CTS, soutenu par les Émirats, cherche à rétablir un État indépendant dans le sud du Yémen, qui a existé pendant près de vingt ans avant l’unification en 1990.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’offensive éclair du CTS ce mois-ci semble avoir pris l’Arabie saoudite par surprise et les tensions n’ont cessé de s’exacerber tandis que Riyad évaluait sa riposte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fin de semaine dernière, l’Arabie saoudite a ciblé une zone de la province de Hadramaout où les forces du CTS tentaient de progresser, lors d’une frappe qualifiée d’avertissement par les médias pro-saoudiens. Samedi, Maliki a menacé d’une intervention de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite si le CTS ne se retirait pas du territoire qu’il avait conquis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ahmed Naji, analyste principal pour le Yémen au sein de l’International Crisis Group, a déclaré lors d’un entretien téléphonique, après sa rencontre avec des responsables saoudiens et yéménites à Riyad la semaine dernière, que les récents efforts diplomatiques pour contenir la crise avaient échoué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a ajouté que la déclaration saoudienne de mardi, dans laquelle Riyad accusait directement le gouvernement des Émirats arabes unis d’être à l’origine de l’attaque du Conseil de transition du Sud, constituait l’avertissement le plus ferme jamais adressé aux Émirats arabes unis par le Royaume.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="9Iv8bh4eYD"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/08/les-emirats-vont-ils-enfin-lacher-hemedti-dagalo/">Les Émirats vont-ils enfin lâcher Hemedti Dagalo?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Émirats vont-ils enfin lâcher Hemedti Dagalo? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/08/les-emirats-vont-ils-enfin-lacher-hemedti-dagalo/embed/#?secret=u4WuWhUphv#?secret=9Iv8bh4eYD" data-secret="9Iv8bh4eYD" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Deux pays puissants et arrogants</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La déclaration indiquait :<em> «Les mesures prises par les Émirats arabes unis sont extrêmement dangereuses et contraires aux principes fondateurs de la Coalition pour le soutien à la légitimité au Yémen. Elles ne servent pas l’objectif de la Coalition, qui est d’assurer la sécurité et la stabilité du Yémen»</em>, faisant référence à la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministère saoudien des Affaires étrangères a également appuyé mardi l’appel du gouvernement yéménite, reconnu internationalement, exigeant le retrait des forces émiraties du pays dans les 24 heures et a demandé aux Émirats arabes unis de cesser tout soutien militaire et financier à toute partie présente au Yémen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président Rashad Al-Alimi, chef du Conseil de direction présidentiel soutenu par Riyad, a annulé un accord de défense conjoint avec les Émirats arabes unis, décrété l’état d’urgence pour 90 jours au Yémen et imposé un blocus aérien, maritime et terrestre de 72 heures sur tous les ports et points de passage frontaliers. Il a également ordonné le retrait de toutes les forces stationnées à Hadramaout et à al-Mahra et leur remise de leurs positions à une force soutenue par l’Arabie saoudite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quatre membres du Conseil de direction présidentiel ont condamné les mesures prises par Al-Alimi, notamment l’annulation de l’accord de défense et l’expulsion des forces émiraties du pays. Hisham al-Jabri, chef de cabinet de l’un des membres du Conseil, Faraj Salmeen Al-Bahsani, a déclaré par SMS s’attendre à ce que la frappe de mardi accélère les efforts du Conseil de transition du Sud pour proclamer un État indépendant dans le sud du Yémen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Farea al-Muslimi, chercheuse à Chatham House à Londres, la rupture naissante entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis aura des répercussions importantes pour la région. Elle a déclaré: <em>«Ce sont des pays puissants. Ils possèdent des armes. Ils n’ont pas de parlement. Il est impossible de les tenir responsables et ils sont très arrogants. L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ne se sont jamais attaqués de la sorte auparavant. C’est très dangereux»</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Adam Baron, chercheur associé à la New America Foundation à Washington, a déclaré que l’Arabie saoudite et les Émirats partagent une étroite affinité stratégique avec les États-Unis mais que leurs stratégies régionales respectives s’opposent de plus en plus. <em>«Nous l’avons constaté au Yémen, au Soudan et en Somalie. Nous l’avons constaté en mer Rouge et nous constatons maintenant –bien qu’inévitablement et encore relativement limité pour l’instant– une escalade de ces tensions»</em>, a-t-il ajouté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Divergence des stratégies régionales</h2>



<p class="wp-block-paragraph">M. Baron a indiqué que la divergence des stratégies régionales est apparue publiquement sur plusieurs fronts ces dernières semaines, citant notamment les développements au Soudan et en Somalie. Il a noté que le président Donald Trump avait déclaré le mois dernier que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane avait demandé à Washington de travailler à une solution au conflit au Soudan où Riyad et les Émirats soutiennent des camps opposés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">M. Baron a également affirmé que la reconnaissance officielle, la semaine dernière, par Israël du Somaliland, région sécessioniste du nord de la Somalie, pourrait avoir incité Riyad à réajuster ses rapports de force. Les Émirats maintiennent une présence militaire au Yémen et se sont abstenus de participer à la déclaration de la Ligue arabe condamnant l’initiative israélienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Al-Muslimi a déclaré que les États arabes, ainsi que la communauté internationale dans son ensemble, devraient se ranger du côté de l’Arabie saoudite au Yémen. Il a souligné les premiers signes de soutien, notamment une déclaration publiée mardi par le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, qui a exprimé sa vive inquiétude face à l’escalade rapide et dangereuse de la situation, notamment l’incapacité du Conseil de transition du Sud à répondre aux demandes du gouvernement soutenu par l’Arabie saoudite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oman, qui partage une frontière avec la province yéménite d’Al-Mahra, dans le sud-est du pays, a également appelé mardi à la désescalade et au dialogue pour résoudre la crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Al-Muslimi rappelle que ce sont les citoyens ordinaires qui en paieront le prix, tandis que les puissances régionales poursuivent leurs propres intérêts. <em>«Les Yéménites resteront pris en étau entre ennemis et, pire encore, entre amis»</em>, a-t-il ajouté.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="lSX7B1Gsj5"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/18/yemen-pourquoi-donald-trump-cible-t-il-les-houthis-maintenant/">Yémen | Pourquoi Donald Trump cible-t-il les Houthis maintenant?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Yémen | Pourquoi Donald Trump cible-t-il les Houthis maintenant? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/18/yemen-pourquoi-donald-trump-cible-t-il-les-houthis-maintenant/embed/#?secret=bdHjO53e4h#?secret=lSX7B1Gsj5" data-secret="lSX7B1Gsj5" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/01/yemen-scenes-de-menage-entre-larabie-saoudite-et-les-emirats/">Yémen | Scènes de ménage entre l’Arabie saoudite et les Émirats !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/01/yemen-scenes-de-menage-entre-larabie-saoudite-et-les-emirats/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
