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	<title>Archives des islam politique - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des islam politique - Kapitalis</title>
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		<title>La très controversée politique étrangère des Émirats arabes unis</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Jan 2026 09:47:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Grâce à une politique étrangère offensive, les Émirats arabes unis se sont constitué une sphère d’influence au Moyen-Orient et en Afrique. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/08/la-tres-controversee-politique-etrangere-des-emirats-arabes-unis/">La très controversée politique étrangère des Émirats arabes unis</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les Émirats arabes unis mènent une politique étrangère offensive et sont parvenus à se constituer une sphère d’influence au Moyen-Orient et en Afrique, une stratégie mise en lumière après une rare escalade militaire avec l’Arabie saoudite au Yémen la semaine dernière. Le «rôle» des Émirats suscite interrogations et inquiétudes.</em></strong> <em>(Photo : Fumée s&rsquo;élevant à la suite d&rsquo;une frappe aérienne menée par l&rsquo;Arabie saoudite et qui visait ce qu&rsquo;elle décrivait comme des séparatistes du sud soutenus par les Émirats arabes unis, dans le port de Mukalla, au sud du Yémen).</em> </p>



<p><strong>Imed Bahri </strong>&nbsp;</p>



<span id="more-18211639"></span>



<p>Abou Dhabi a eu recours à des alliances avec des États ou des groupes interposés, à des interventions militaires et à un soutien financier, principalement pour contrer ce qu’il perçoit comme la menace déstabilisatrice de l’islam politique, et plus particulièrement des groupes liés aux Frères musulmans.</p>



<p>De hauts responsables émiratis ont présenté cette stratégie comme un moyen de renforcer les États face aux extrémistes mais des experts de l’Onu et des responsables occidentaux affirment que cette approche a parfois exacerbé les conflits et renforcé le pouvoir des dirigeants autoritaires, une allégation que les Émirats démentent.</p>



<p><a href="https://www.reuters.com/world/middle-east/uae-foreign-policy-spotlight-after-yemen-escalation-2025-12-31/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Reuters</a> a fait un tour d’horizon sur l’implication des Émirats dans des pays clés.  </p>



<h2 class="wp-block-heading">Yémen</h2>



<p>Les Émirats ont annoncé le retrait de leurs forces du Yémen en 2019 mais ils ont conservé leur influence par le biais du Conseil de transition du Sud (CTS), une entité sécessioniste qu’Abou Dhabi a formé et armé.</p>



<p>Les Émirats considèrent le CTS comme un partenaire essentiel pour garantir l’accès maritime et un rempart contre le parti Islah, composante clé du gouvernement yéménite soutenu par l’Arabie saoudite, que les Émirats perçoivent comme une émanation des Frères musulmans.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Égypte</h2>



<p>Depuis que les Frères musulmans ont été renversés en 2013, Abou Dhabi est le principal bailleur de fonds du Caire et voit en l’Égypte séculariste un rempart contre le retour des islamistes.</p>



<p>En 2024, le fonds souverain des Émirats, ADQ Holding, a signé un accord de 35 milliards de dollars pour l’aménagement d’une importante portion du littoral méditerranéen égyptien, un apport crucial de devises à un moment où le Caire était confronté à des difficultés financières.</p>



<p>Leur méfiance commune envers les Frères musulmans sous-tend leur alliance politique qui les a vus coordonner leur boycott du Qatar en 2017 et leur opposition à l’influence turque en Libye, sachant que le Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir en Turquie, entretient des liens étroits avec les Frères musulmans.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Soudan</h2>



<p>Le comité des sanctions de l’Onu a décrit les allégations selon lesquelles les Émirats ont fourni un soutien militaire aux Forces de soutien rapide (FSR) au Soudan comme crédibles.&nbsp;</p>



<p>Selon des analystes, les Émirats se méfient du commandant des forces armées soudanaises (armée régulière), le général Abdel Fattah Al-Burhan, en raison de la présence, dans ses rangs, d’islamistes issus du régime de l’ancien homme fort soudanais Omar El-Béchir. Les Émirats considèrent Hemedti Degalo comme un contrepoids à Burhan.</p>



<p>Des protagonistes, dont les États-Unis et des organisations de défense des droits humains, ont accusé les FSR de crimes contre l’humanité et de massacres à caractère ethnique dans la région du Darfour.</p>



<p>Les Émirats ont nié catégoriquement avoir fourni des armes aux FSR, déclarant dans des lettres adressées à l’Onu que ces accusations manquaient de preuves et affirmant que leur rôle était purement humanitaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tchad</h2>



<p>Les Émirats ont renforcé leurs liens sécuritaires et économiques avec le président tchadien Mahamat Idriss Déby en signant un accord de coopération militaire en 2023 et en fournissant des véhicules blindés à cet État du Sahel qu’ils considèrent comme un rempart contre les insurgés islamistes.</p>



<p>L’attention s’est portée sur l’aéroport isolé d’Amdjarass, près de la frontière soudanaise, où Reuters a signalé une forte augmentation du trafic de vols cargo.</p>



<p>Alors que les Émirats affirment y gérer un hôpital de campagne et acheminer de l’aide aux réfugiés soudanais, le comité des sanctions de l’Onu et des responsables occidentaux allèguent que la piste d’atterrissage sert de plaque tournante logistique essentielle pour l’approvisionnement en armes des FSR.</p>



<p>Bien entendu, les Émirats démentent ces accusations, affirmant que leurs opérations sont purement humanitaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Libye</h2>



<p>Selon des experts de l’Onu, les Émirats ont été le principal soutien étranger du commandant de l’est libyen, Khalifa Haftar, en fournissant un appui aérien et du matériel à l’Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée lors de son offensive de 2019 sur Tripoli.</p>



<p>L’objectif était de renverser le Gouvernement d’union nationale (GNA), internationalement reconnu et basé à Tripoli, qui comprenait des factions liées aux Frères musulmans et bénéficiait du soutien militaire de la Turquie.</p>



<p>Alors que la guerre civile demeure dans une impasse fragile, les Émirats continuent de jouer un rôle de médiation clé en maintenant des liens étroits avec les factions de l’est et la famille Haftar et en poursuivant des efforts diplomatiques pour former un gouvernement exempt de ce qu’ils qualifient de <em>«milices extrémistes»</em>. Cependant, l’alliance de Haftar comprend des groupes salafistes radicaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Israël</h2>



<p>En 2020, les Émirats ont rompu avec des décennies de consensus arabe en normalisant leurs relations avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham négociés par les États-Unis, une démarche que l’Arabie saoudite a jusqu’à présent refusée sans une perspective d’État palestinien.</p>



<p>L’accord a officialisé une alliance stratégique contre des adversaires communs, notamment l’Iran et les groupes islamistes comme le Mouvement de résistance islamique palestinien (Hamas).</p>



<p>Bien que la guerre de Gaza ait entraîné une baisse du soutien populaire, les responsables émiratis ont critiqué à plusieurs reprises la conduite militaire israélienne mais ont maintenu leurs relations diplomatiques avec Israël, considérant cette relation comme un outil important d’influence régionale et un canal privilégié vers Washington.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Somaliland</h2>



<p>Les Émirats se sont efforcés de tisser des liens économiques et sécuritaires étroits avec la république autoproclamée du Somaliland, Abou Dhabi ayant souvent perçu le gouvernement fédéral somalien de Mogadiscio comme étant étroitement lié au Qatar et à la Turquie.</p>



<p>Un élément central de cette stratégie est l’investissement de 442 millions de dollars de DP World pour développer et exploiter le port de Berbera, créant ainsi une alternative stratégique à Djibouti sur le golfe d’Aden.</p>



<p>En 2017, le parlement du Somaliland a voté en faveur de l’autorisation pour les Émirats de construire une base militaire à Berbera. Bien que la base ait été ultérieurement désignée à des fins civiles, les Émirats continuent d’y former des forces de sécurité tout en maintenant une présence consulaire à Hargeisa.</p>



<p>La semaine dernière, Israël est devenu le premier pays à reconnaître officiellement l’indépendance du Somaliland, une avancée diplomatique facilitée par Abou Dhabi, selon Axios, qui cite des responsables israéliens.</p>



<p>Il est également à signer que les Émirats sont le seul État arabe à s’être abstenu concernant la déclaration de la Ligue arabe condamnant l’initiative israélienne de reconnaître le Somaliland.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="B4qznpulpp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/01/yemen-scenes-de-menage-entre-larabie-saoudite-et-les-emirats/">Yémen | Scènes de ménage entre l’Arabie saoudite et les Émirats !</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Yémen | Scènes de ménage entre l’Arabie saoudite et les Émirats ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/01/yemen-scenes-de-menage-entre-larabie-saoudite-et-les-emirats/embed/#?secret=IqgRQ1ePz9#?secret=B4qznpulpp" data-secret="B4qznpulpp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>France &#124; Razika Adnani distinguée par le prix Sciences et Laïcité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Dec 2025 05:17:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[islam politique]]></category>
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		<category><![CDATA[prix Sciences et Laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[Razika Adnani]]></category>
		<category><![CDATA[Richard Malka]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La philosophe et islamologue Razika Adnani a obtenu le prix Sciences et Laïcité décerné en France pour son ouvrage ‘‘Sortir de l’islamisme’’.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/13/france-razika-adnani-distinguee-par-le-prix-sciences-et-laicite/">France | Razika Adnani distinguée par le prix Sciences et Laïcité</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’écrivain, philosophe et islamologue Razika Adnani a obtenu le prix&nbsp;Sciences et Laïcité&nbsp;décerné en France par le&nbsp;Comité Laïcité République&nbsp;pour son ouvrage&nbsp;‘‘Sortir de l’islamisme’’&nbsp;et pour l’ensemble de son travail de recherche dans le domaine de l’islam et de la pensée musulmane. La cérémonie a eu lieu le 10 décembre 2025 à&nbsp;l’Hôtel de Ville de Paris&nbsp;et le prix lui a été remis par l’avocat&nbsp;Richard Malka.</em></strong></p>



<span id="more-18082355"></span>



<p>Razika Adnani est est membre du Conseil d’Orientation de la Fondation de l’Islam de France de 2017 à 2014, membre du conseil scientifique du Centre civique d’étude du fait religieux (CCEFR), membre du groupe d’analyse de JFC Conseil, membre du jury du prix littéraire Gisèle Halimi et présidente fondatrice des Journées internationales dephilosophie d’Alger. Elle a forgé plusieurs concepts dont la moralisation de la violence dans<em> ‘‘La nécessaire réconciliation’’</em> et la réforme tournée vers l’avenir dans <em>‘‘Islam : Quel problème ? Les défis de la réforme’’</em>.</p>



<p><em>«Mon ouvrage </em>‘‘Sortir de l’islamisme’’<em>, publié en 2024, s’inscrit dans la continuité de mon travail de recherche dans le domaine de l’islam et de la pensée musulmane que j’ai commencé lorsque l’Algérie a été frappée de plein fouet par l’islam politique, ou l’islamisme, le plus fondamentaliste, le plus patriarcal et le plus meurtrier et lorsque j’ai ressenti le besoin de me protéger contre son discours qui s’imposait à nous partout et y compris sur le lieu de travail et&nbsp;notamment lorsqu’il s’agissait de mes élèves. Il fallait que je sois capable, moi leur professeur, de leur répondre et qu’ils ne puissent pas me mettre en difficulté»</em>, a déclaré Mme Adnani dans son allocution lors de la réception du prix. Et d’ajouter&nbsp;: <em>«Je voulais également répondre à mes interrogations, car je refusais d’accepter ce que le discours religieux nous présentait comme des vérités absolues. J’ai refusé de renoncer à ma pensée et à ma raison. J’ai refusé de cesser de croire à l’esprit critique que j’inculquais à mes élèves. Beaucoup avaient abdiqué y compris mon professeur de théologie à l’université, spécialiste du mutazilisme, cette grande école théologique rationaliste qui a prospéré au IX<sup>e</sup> siècle.»</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Qdw5WKQ2Tv"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/05/reconstruire-lislam-daujourdhui/">Reconstruire l’islam d’aujourd’hui</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Reconstruire l’islam d’aujourd’hui » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/05/reconstruire-lislam-daujourdhui/embed/#?secret=XiNuMKRJv0#?secret=Qdw5WKQ2Tv" data-secret="Qdw5WKQ2Tv" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/13/france-razika-adnani-distinguee-par-le-prix-sciences-et-laicite/">France | Razika Adnani distinguée par le prix Sciences et Laïcité</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Peut-on gouverner la Tunisie démocratiquement avec une sensibilité particulière pour l’islam ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/26/peut-on-gouverner-la-tunisie-democratiquement-avec-une-sensibilite-particuliere-pour-lislam/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Oct 2025 08:01:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
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		<category><![CDATA[Mohamed Talbi]]></category>
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		<category><![CDATA[Sayyid Qutb]]></category>
		<category><![CDATA[Zouhaïr Ben Amor]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis la révolution tunisienne de 2011, la question de la compatibilité entre islam et démocratie occupe une place centrale dans le débat intellectuel et politique. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/26/peut-on-gouverner-la-tunisie-democratiquement-avec-une-sensibilite-particuliere-pour-lislam/">Peut-on gouverner la Tunisie démocratiquement avec une sensibilité particulière pour l’islam ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Depuis la révolution tunisienne de 2011, la question de la compatibilité entre islam et démocratie occupe une place centrale dans le débat intellectuel et politique. La Tunisie, souvent citée comme le seul succès relatif du Printemps arabe, incarne un laboratoire unique: celui d’un pays majoritairement musulman tentant d’ancrer la démocratie tout en préservant son identité religieuse. Mais jusqu’où une sensibilité islamique peut-elle cohabiter avec un régime démocratique ? De la religion pure au conservatisme suppléant, peut-on fonder une gouvernance équilibrée, capable de se tenir sans basculer ni dans la théocratie, ni dans la sécularisation radicale ?</em></strong> <em>(Ph. Miniature de Jellal Ben Abdallah)</em></p>



<p><strong>Zouhaïr Ben Amor</strong> *</p>



<span id="more-17732460"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg" alt="" class="wp-image-17518909" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Cet article explore cette problématique en trois temps : d’abord les fondements théoriques du rapport entre islam et démocratie ; ensuite l’expérience tunisienne depuis l’indépendance ; enfin une réflexion sur les conditions de possibilité d’une gouvernance démocratique à sensibilité islamique en Tunisie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">1. Islam et démocratie entre tension doctrinale et adaptation moderne</h2>



<p><strong><em>1.1. Les fondements de la tension.</em></strong> La démocratie moderne repose sur la souveraineté du peuple, l’autonomie de la raison et la séparation des pouvoirs. L’islam, dans sa dimension politique classique, fonde la souveraineté sur Dieu : le pouvoir légitime découle de la <em>sharia</em>, loi divine censée régir la communauté. Pour de nombreux théoriciens traditionnels – à commencer par Abul A‘la Maududi ou Sayyid Qutb – la souveraineté populaire est donc illégitime, car elle substitue la volonté humaine à la volonté divine.</p>



<p>Cependant, cette opposition n’est pas absolue. Le Coran évoque la <em>shûrâ</em> (consultation) comme principe de gouvernance, ce qui ouvre la voie à une interprétation démocratique interne à l’islam. Mohamed Talbi, intellectuel tunisien réformiste, écrivait à ce propos : <em>«L’islam n’a jamais condamné la liberté ; c’est l’ignorance des hommes qui l’a confondue avec la licence.»</em> (Talbi, <em>L’islam, la citoyenneté et la modernité</em>, 2001).</p>



<p>Cette perspective distingue la religion comme foi transcendante du pouvoir comme construction humaine, sujette à la délibération. L’enjeu n’est donc pas d’opposer islam et démocratie, mais de déterminer comment l’islam peut inspirer une éthique de la gouvernance démocratique.</p>



<p><strong><em>1.2. L’islam politique et la modernité démocratique.</em></strong> Au XXᵉ siècle, plusieurs penseurs musulmans – notamment Ali Abdel Raziq, Rached Ghannouchi et Abdolkarim Soroush – ont tenté de redéfinir les rapports entre religion et politique. Rached Ghannouchi, chef du mouvement tunisien Ennahda, affirme que <em>«la démocratie est un mécanisme islamique de consultation et de consensus»</em>, et que le pluralisme n’est pas contraire à l’esprit du Coran (Ghannouchi, <em>Islam and Democracy in Tunisia</em>, <em>Journal of Democracy</em>, 2018).</p>



<p>L’islam politique, lorsqu’il accepte le jeu électoral, se transforme en islam démocratique, à condition qu’il reconnaisse la liberté de conscience et le pluralisme. C’est précisément cette transition – du religieux au politique démocratique – que la Tunisie a expérimentée depuis 2011.</p>



<h2 class="wp-block-heading">2. La Tunisie de la religion pure à la modernité civile</h2>



<p><strong><em>2.1. Bourguiba et la sécularisation autoritaire.</em></strong><em> </em>Dès l’indépendance en 1956, Habib Bourguiba engagea la Tunisie sur la voie d’un État moderne. Le <em>Code du statut personnel</em> (CSP), promulgué le 13 août 1956, abolit la polygamie, instaura le consentement des deux époux et le divorce judiciaire, tout en limitant la tutelle masculine. Bourguiba invoquait la <em>«raison»</em> et la <em>ijtihâd</em> (interprétation) pour justifier ces réformes, considérées par certains comme inspirées d’un islam éclairé plutôt que d’une rupture laïque totale.</p>



<p>Le CSP illustre la première tentative tunisienne de concilier religion et modernité juridique. Toutefois, cette modernisation fut imposée d’en haut : l’État contrôlait l’institution religieuse (notamment l’Université Zitouna) et marginalisait la parole théologique autonome. Cette <em>«laïcité d’État»</em>, selon Amel Boubekeur (<em>Politique africaine</em>, 2010), produisit une sécularisation sans véritable démocratisation : l’islam fut nationalisé, non libéré.</p>



<p><strong><em>2.2. La révolution de 2011 et la reconfiguration du champ religieux. </em></strong>La révolution de 2011 libéra non seulement la parole politique, mais aussi la parole religieuse. Des courants islamistes interdits sous Ben Ali, comme Ennahda, revinrent sur la scène publique. Lors de l’élection de l’Assemblée constituante, Ennahda obtint 37 % des voix, devenant la première force du pays.</p>



<p>Contrairement aux mouvements islamistes d’autres pays arabes, Ennahda choisit la voie du compromis : il renonça à inscrire la <em>sharia</em> comme source du droit dans la Constitution de 2014 et accepta la mention d’un <em>«État civil fondé sur la citoyenneté et la volonté du peuple»</em>. Ce choix marque une inflexion majeure vers un modèle de démocratie musulmane.</p>



<p>Rached Ghannouchi affirma : <em>«Nous ne voulons pas d’un État religieux, mais d’un État démocratique à référence musulmane»</em>. Cette distinction entre <em>«religieux»</em> et <em>«civil à référence religieuse»</em> constitue l’essence du compromis tunisien.</p>



<p><strong><em>2.3. La Constitution tunisienne : un équilibre fragile. </em></strong>La Constitution de 2014 consacre plusieurs principes essentiels :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>l’islam est religion de l’État (article 1);</li>



<li>la Tunisie est un État civil basé sur la citoyenneté, la volonté du peuple et la primauté du droit (article 2);</li>



<li>la liberté de croyance et de conscience est garantie (article 6).</li>
</ul>



<p>Ce triptyque forme la clé de voûte du modèle tunisien : un État musulman mais non théocratique.</p>



<p>Toutefois, la révision constitutionnelle de 2022 sous Kaïs Saïed a modifié cet équilibre : l’article 5 dispose que <em>«la Tunisie fait partie de la </em>Umma<em> islamique et que l’État œuvre à réaliser les objectifs de l’islam»</em>. Cette formulation, jugée ambiguë, réintroduit une logique d’orientation religieuse de l’État, menaçant la neutralité du pouvoir politique (Religious Freedom Institute, 2022).</p>



<p>Ainsi, le débat reste ouvert : la Tunisie peut-elle préserver le caractère civil de l’État tout en reconnaissant l’islam comme référent moral collectif ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">3. Vers une gouvernance démocratique à sensibilité islamique</h2>



<p><strong><em>3.1. La légitimité populaire et la référence morale. </em></strong>Une démocratie à sensibilité islamique doit articuler deux légitimités :la légitimité électorale, issue du suffrage universel et du pluralisme ; et la légitimité morale, issue de la culture religieuse majoritaire.</p>



<p>La Tunisie, société musulmane homogène, n’a pas besoin d’un parti religieux pour exprimer cette sensibilité : elle traverse déjà la société. Le rôle de l’État n’est pas d’imposer la foi, mais d’en reconnaître la portée éthique – justice, équité, solidarité.</p>



<p>Ce modèle rejoint la conception de Mohamed Talbi d’un <em>État civil à éthique islamique</em> : l’islam n’est pas source de droit, mais source de valeurs.</p>



<p><strong><em>3.2. Les institutions et la prévention de l’instrumentalisation. </em></strong>Pour qu’un tel modèle tienne, les institutions doivent être à la fois neutres et sensibles.Neutres, afin d’empêcher toute confiscation religieuse du pouvoir. Et sensibles, pour ne pas nier la place symbolique de l’islam.</p>



<p>Cela suppose une magistrature indépendante, un parlement libre, une presse pluraliste. L’institution religieuse – comme l’Université Zitouna – devrait être autonome, chargée de produire un discours théologique compatible avec les droits humains.</p>



<p>Une commission d’éthique publique, mêlant juristes, théologiens et représentants de la société civile, pourrait garantir la compatibilité des lois avec les principes constitutionnels et les droits fondamentaux, sans empiéter sur la souveraineté parlementaire.</p>



<p><strong><em>3.3. Le pluralisme culturel et religieux. </em></strong>L’islam tunisien a toujours été empreint de tolérance : le rite malékite et le soufisme populaire ont favorisé une ouverture au pluralisme. Cependant, la mondialisation et l’essor des courants salafistes après 2011 ont fragilisé cet équilibre.</p>



<p>Une gouvernance démocratique à sensibilité islamique doit donc promouvoir la coexistence de divers degrés de religiosité. Cela suppose la protection de la liberté de conscience (y compris le droit de ne pas croire) ; la neutralité des institutions éducatives ; et un dialogue constant entre religieux et laïques.</p>



<p>Comme le rappelle Hela Yousfi (<em>Revue de droit comparé des droits humains</em>, 2015), la Constitution tunisienne ne peut se comprendre qu’en tant que <em>«compromis dynamique»</em> entre des pôles idéologiques concurrents. Ce compromis doit être cultivé, non figé.</p>



<p><strong><em>3.4. La justice sociale et la dimension éthique de la gouvernance. </em></strong>Une démocratie islamique viable ne saurait se limiter à la procédure électorale : elle doit répondre aux exigences de justice sociale. L’islam, dans son essence, prône la lutte contre la pauvreté, la corruption et l’accumulation injuste des richesses.</p>



<p>Or, la Tunisie post-2011 a souffert d’un écart entre discours moral et action économique. Le chômage des jeunes dépasse 35 % dans certaines régions intérieures, les inégalités persistent, et la corruption mine la confiance citoyenne (Freedom House, <em>Tunisia Report</em>, 2025).</p>



<p>Une gouvernance inspirée des valeurs islamiques devrait traduire la <em>zakat</em> (solidarité) et la <em>‘adl</em> (justice) en politiques concrètes : fiscalité équitable, micro-finance éthique, développement régional. Sans justice sociale, la démocratie reste formelle, et la référence religieuse, instrumentale.</p>



<p><strong><em>3.5. L’éducation civique et la réforme de la pensée religieuse. </em></strong>La clé de la durabilité démocratique réside dans l’éducation. L’enseignement tunisien, hérité de la modernisation bourguibienne, a longtemps marginalisé la réflexion religieuse critique. Il s’agit aujourd’hui de réintroduire un islam rationnel, humaniste et pluraliste dans les programmes, non pour dogmatiser, mais pour contextualiser.</p>



<p>La réforme du discours religieux, entreprise timidement par Zitouna et quelques associations, devrait viser à articuler <em>foi</em> et <em>citoyenneté</em>. Ce travail intellectuel pourrait donner naissance à une véritable <em>théologie de la démocratie</em>, où l’obéissance à Dieu se traduit en respect de la dignité humaine.</p>



<p>Ainsi, la <em>«sensibilité islamique»</em> deviendrait le fondement moral d’un espace public civique, et non une menace pour la liberté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">4. Études de cas et dynamiques sociales</h2>



<p><strong><em>4.1. Le Code du Statut Personnel : héritage réformiste et tension actuelle. </em></strong>Le CSP demeure une référence mondiale : il montre qu’un État musulman peut réformer le droit familial sans rompre avec la foi. Toutefois, son intangibilité actuelle crée une tension : faut-il poursuivre la réforme, notamment sur la question de l’égalité successorale ?</p>



<p>En 2018, la Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe), présidée par Bochra Belhaj H’mida, proposa l’égalité dans l’héritage, arguant que le droit islamique devait être lu à la lumière du contexte. Cette initiative suscita des controverses violentes : Ennahda s’y opposa, tandis qu’une partie de la société civile y vit le prolongement de l’esprit bourguibien.</p>



<p>Cet épisode illustre la difficulté de concilier réforme démocratique et sensibilité religieuse, mais aussi la vitalité du débat tunisien.</p>



<p><strong><em>4.2. Ennahda et la mutation de l’islam politique. </em></strong>Entre 2011 et 2016, Ennahda a connu une transformation interne majeure : lors de son 10ᵉ congrès, le parti annonça la <em>«spécialisation entre le religieux et le politique»</em>, se définissant comme <em>«parti civil»</em>. Cette évolution rapproche Ennahda de la démocratie chrétienne européenne : un parti inspiré par la foi mais soumis aux règles du jeu politique.</p>



<p>Cependant, la crise politique de 2021-2023, marquée par la concentration des pouvoirs entre les mains du président Kaïs Saïed, a marginalisé Ennahda et remis en cause l’expérience du pluralisme islamo-démocratique. Le risque d’un retour à un autoritarisme <em>«moraliste»</em>, au nom d’une lecture conservatrice de l’islam, devient tangible.</p>



<p><strong><em>4.3. La société civile : contre-poids démocratique. </em></strong>La Tunisie se distingue dans le monde arabe par la force de sa société civile. L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la Ligue des droits de l’homme, l’Ordre des avocats et l’Union de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica) ont reçu le Prix Nobel de la paix en 2015 pour leur rôle de médiation pendant la crise politique.</p>



<p>Des organisations comme l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) ou Al Bawsala incarnent une démocratie participative vigilante. Leur existence montre que la démocratie tunisienne ne se résume pas aux partis : elle vit dans la société.</p>



<p>C’est là la clé : la sensibilité islamique peut coexister avec la démocratie à condition que l’État accepte d’être contesté, débattu et réformé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">5. Conditions de viabilité d’un modèle tunisien</h2>



<p>Une gouvernance démocratique à sensibilité islamique, pour <em>«tenir»</em>, doit reposer sur cinq piliers :</p>



<p><strong><em>1. Un cadre constitutionnel clair</em></strong><em>,</em> reconnaissant l’islam comme référence morale mais garantissant la primauté du droit civil et la liberté de conscience.</p>



<p><strong><em>2. Des institutions fortes et autonomes</em></strong><em>,</em> empêchant toute captation religieuse ou autoritaire du pouvoir.</p>



<p><strong><em>3. Une société civile active</em></strong><em>,</em> relais du débat éthique et garant de la pluralité.</p>



<p><strong><em>4- Une économie éthique et inclusive,</em></strong> traduisant les valeurs religieuses en politiques concrètes.</p>



<p><strong><em>5- Une éducation civique réformée</em></strong><em>,</em> liant foi, raison et citoyenneté.</p>



<p>La Tunisie, malgré ses fragilités économiques et ses crises politiques, dispose d’un capital culturel unique : un islam historique ouvert, une tradition juridique réformiste, et une jeunesse instruite. Si ces éléments sont mis en synergie, le pays pourrait incarner un modèle inédit : celui d’un État musulman démocratique sans cléricalisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p>La compatibilité entre islam et démocratie n’est pas une question théorique abstraite : c’est un enjeu historique que la Tunisie vit au quotidien. Entre la religion pure et le conservatisme suppléant, il existe un espace médian : celui d’un État civil à sensibilité islamique, fondé sur la liberté, la justice et la dignité humaine.</p>



<p>La réussite de ce modèle dépend moins des textes que des pratiques : la démocratie ne se décrète pas, elle s’exerce. Si la Tunisie parvient à maintenir le fragile équilibre entre foi et citoyenneté, elle pourrait offrir au monde musulman la preuve que l’islam n’est pas incompatible avec la démocratie, mais qu’il peut en être l’âme morale.</p>



<p><em>* Universitaire.</em></p>



<p><strong>Bibliographie</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Amel Boubekeur, «Islam et démocratie en Tunisie : entre héritage et innovation», <em>Politique africaine</em>, n° 120, 2010.</li>



<li>Mohamed Talbi, <em>L’islam, la citoyenneté et la modernité</em>, Tunis, 2001.</li>



<li>Rachid Ghannouchi, «Islam and Democracy in Tunisia», <em>Journal of Democracy</em>, 2018.</li>



<li>Hela Yousfi, «La Constitution tunisienne de 2014 et la question de la religion», <em>Revue de droit comparé des droits humains</em>, 2015.</li>



<li>Michael E. Shults, <em>Tunisia: Democracy and Islam in Post-Arab Spring Politics</em>, University of Tennessee, 2014.</li>



<li><em>Freedom House – Tunisia Report</em>, 2025.</li>



<li><em>Religious Freedom Institute</em>, «Implications of Tunisia’s new constitution on religious freedom», 2022.</li>



<li>Boubaker Ben Youssef, <em>Gouvernance, islam et droits humains en Tunisie</em>, Tunis, Éditions tunisiennes, 2022.</li>



<li>Commission des libertés individuelles et de l’égalité (COLIBE), <em>Rapport final</em>, Tunis, 2018.</li>



<li><em>Foreign Affairs</em>, «From Political Islam to Muslim Democracy», 2016.</li>



<li><em>Humanists International</em>, <em>Freedom of Thought Report – Tunisia</em>, 2020.</li>



<li>Lisa Anderson (dir.), <em>Transitions to Democracy in the Arab World</em>, Princeton University Press, 2018.</li>



<li>Abul-Hayy Al-Fârûqî, <em>Islam and the Challenge of Democracy</em>, Boston University Press, 1989.</li>



<li>Jennifer Grewal et al., «Minority Rights Protections in the Post-Arab Spring Constitutions», <em>Chicago Journal of International Law</em>, 2015.</li>
</ul>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/26/peut-on-gouverner-la-tunisie-democratiquement-avec-une-sensibilite-particuliere-pour-lislam/">Peut-on gouverner la Tunisie démocratiquement avec une sensibilité particulière pour l’islam ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>L’islam politique n’est pas vaincu en Tunisie  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Sep 2025 08:53:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Hammamet]]></category>
		<category><![CDATA[islam politique]]></category>
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		<category><![CDATA[prière collective]]></category>
		<category><![CDATA[Raouf Chatty]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La prière collective d'élèves dans la cour d'un lycée à Hammamet nous interroge sur l'évolution de l'islam politique dans la société tunisienne.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/28/lislam-politique-nest-pas-vaincu-en-tunisie/">L’islam politique n’est pas vaincu en Tunisie  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La scène rocambolesque de prière collective dans la cour d’un établissement scolaire public&nbsp;à Hammamet à laquelle nous eûmes droit il y a quelques jours&nbsp;via les réseaux sociaux a marqué, à sa manière,&nbsp;la rentrée&nbsp;politique&nbsp;2025/2026 en Tunisie. De par sa symbolique, ses visées et le contexte général très tendu&nbsp;dans lequel elle eut lieu, elle nous interroge sur l’évolution de notre société, pas encore débarrassée des «séquelles» de l’islam politique qui y a régné entre 2011 et 2021.&nbsp;</em></strong></p>



<p><strong>Raouf Chatty *</strong></p>



<span id="more-17562250"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Raouf-Chatty.jpg" alt="" class="wp-image-347685"/></figure>
</div>


<p>Au terme de quatre&nbsp;ans&nbsp;d’exercice sans partage du&nbsp;pouvoir&nbsp;politique, les autorités en&nbsp;place semblent avoir&nbsp;été prises de court&nbsp;par un événement&nbsp;qui n’a pas fini de susciter des interrogations sur sa portée éminemment politique.&nbsp;</p>



<p>En effet, fruit d’une&nbsp;mise&nbsp;en scène savamment orchestrée, la&nbsp;prière collective dans&nbsp;la cour d&rsquo;un établissement scolaire étatique à Hammamet, célébrée par des élèves&nbsp;visiblement embrigadés&nbsp;par des agitateurs islamistes, n’a pas fini de susciter des interrogations sur ses tenants et des aboutissants. Elle vient rappeler&nbsp;que les islamistes n’ont pas été mis hors d’état de nuire, qu’ils sont loin d’avoir abandonné leurs&nbsp;vieilles méthodes&nbsp;entristes et&nbsp;qu’ils aspirent&nbsp;même à revenir sur les devants de la scène politique. Chassés par la porte de l’Assemblée, où ils ont régné sans partage pendant toute une décennie dite noire, ils tentent aujourd’hui de revenir par la fenêtre des écoles et des mosquées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">A la reconquête du pouvoir</h2>



<p>Pour les commanditaires de la fameuse prière collective dans la cour du lycée Mohamed Boudhina de Hammamet, il s’agissait clairement de narguer&nbsp;le pouvoir&nbsp;en place, de tester&nbsp;ses&nbsp;capacités de réaction&nbsp;et de préparer d’autres actions similaires à l’avenir.&nbsp;Les islamistes, car c’est d’eux qu’il s’agit, ne désespèrent pas en effet de la reconquête du pouvoir politique. Chassés du pouvoir par les masses populaires le 25 juillet 2021 au terme d’une décennie&nbsp;de gestion&nbsp;catastrophique des affaires publiques,&nbsp;ils croient que la situation générale dans le pays est suffisamment pourrie pour qu’ils envisagent leur retour et s’y préparent à leur manière&nbsp;: par l’activisme socio-politique.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="XErsMXSCOC"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/26/laissons-les-ecoles-a-labri-de-lembrigadement-islamiste/">Laissons les écoles à l’abri de l’embrigadement islamiste !</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Laissons les écoles à l’abri de l’embrigadement islamiste ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/26/laissons-les-ecoles-a-labri-de-lembrigadement-islamiste/embed/#?secret=DGjEJ4HTpx#?secret=XErsMXSCOC" data-secret="XErsMXSCOC" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Si la fameuse prière collective des lycéens de Hammamet est en apparence un acte anodin, il n’en est pas moins cynique, calculé et dangereux. Il prouve, s’il en est besoin, que les islamistes croient pouvoir embobiner encore une fois les Tunisiens, en recourant aux mêmes méthodes cyniques et démagogiques de l’agitation religieuse. Au risque de dénaturer&nbsp;les nobles valeurs de l’islam et d’offrir&nbsp;de cette&nbsp;religion une&nbsp;image pitoyable.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Reprise en main du champ de la foi</h2>



<p>L’embrigadement des jeunes, on le sait, fait partie des méthodes utilisées par les islamistes pour imposer leur loi à la société. La prière collective, dont le déroulement a été savamment&nbsp;planifié, devait marquer un moment important dans le processus de reprise en main du champ de la foi.&nbsp;Qui plus est, à une période marquée par un climat&nbsp;social très tendu et de grandes difficultés économiques et sociales. Le moment, à savoir la rentrée scolaire, a également été bien choisi pour frapper la conscience des millions d’élèves, d’enseignants et de parents. L’objectif étant de&nbsp;faire&nbsp;sortir&nbsp;leur mouvement de l’oubli dans lequel&nbsp;il a sombré ces dernières années et occuper de nouveau une scène politique laissée désespérément vide par un pouvoir politique hostile aux partis, aux associations et aux corps intermédiaires d’une façon générale.</p>



<p>Pour remplir ce vide, l’Etat doit sortir de sa léthargie et organiser un débat national auquel seront associées toutes les forces politiques civiles et progressistes et les grands partenaires sociaux et économiques. Le débat devrait porter sur le caractère civil de l’Etat, l’école républicaine et le principe d’égalité entre l’homme et la femme.&nbsp;</p>



<p><em>* Ancien ambassadeur. &nbsp;</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="8ihIEK90eM"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/27/la-societe-tunisienne-et-ses-petits-devots-abrutis/">La société tunisienne et ses petits dévots abrutis</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La société tunisienne et ses petits dévots abrutis » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/27/la-societe-tunisienne-et-ses-petits-devots-abrutis/embed/#?secret=Io4LghGzi8#?secret=8ihIEK90eM" data-secret="8ihIEK90eM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/28/lislam-politique-nest-pas-vaincu-en-tunisie/">L’islam politique n’est pas vaincu en Tunisie  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>La société tunisienne et ses petits dévots abrutis</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Sep 2025 07:08:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Hammamet]]></category>
		<category><![CDATA[Hizb Ettahrir]]></category>
		<category><![CDATA[islam politique]]></category>
		<category><![CDATA[islamistes]]></category>
		<category><![CDATA[lycée Mohamed Boudhina]]></category>
		<category><![CDATA[prière]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Imputer toute la responsabilité aux islamistes et vilipender ces jeunes décérébrés qui viennent perturber notre quiétude ne rime à rien !</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/27/la-societe-tunisienne-et-ses-petits-devots-abrutis/">La société tunisienne et ses petits dévots abrutis</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Une vidéo défraye la chronique depuis quelques jours, elle est devenue virale sur Facebook. L’on y voit un élève du lycée Mohamed Boudhina sis à Hammamet hurlant à la face de la directrice de son école : «C’est la terre de Dieu, pas la tienne !» Même si elle semblait un peu désemparée, la directrice ne s’est pas laissé marcher sur les pieds par ces gamins qui voulaient prier dans la cour de l’école. Sur les réseaux sociaux, des tiktokeurs et des milliers d’imbéciles sont montés au créneau pour prendre fait et cause pour ces élèves pris par la fièvre de l’islam et pour dénoncer l’«hostilité» de la directrice à la pratique religieuse.</em></strong></p>



<p><strong>Mohamed Sadok Lejri</strong></p>



<span id="more-17554471"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Mohamed-Sadok-Lejri-1.jpg" alt="" class="wp-image-358589"/></figure>
</div>


<p>En revanche, en lisant les commentaires, on a l’impression que les Tunisiens découvrent l’eau chaude. Le comble de la médiocrité, c’est que les laïcs imputent toujours ce genre d’incidents aux islamistes, à l’islam politique, alors que le problème est essentiellement culturel et civilisationnel.</p>



<p>La frange progressiste et plus ou moins européanisée de la population n’arrive toujours pas à comprendre que c’est la société tunisienne qui a enfanté ces petits dévots abrutis par la religion. Ce sont des jeunes qui vivent dans une société de plus en plus bigote et rompue à l’orthopraxie islamique.</p>



<p>En effet, même si l’écrasante majorité des habitants de ce pays est musulmane depuis plusieurs siècles, les Tunisiens accordent de plus en plus d’importance aux principes d’orthopraxie qui régissent la religion musulmane : prière, jeûne, port du voile, fermeture des bars et des caves à vin tous les vendredis…</p>



<p>Rien ne sert de se cacher derrière son petit doigt, de tergiverser et de chercher des faux-fuyants : nous vivons dans une société qui admet la prééminence de la loi islamique sur la loi civile. Il ne suffit pas d’imputer toute la responsabilité à Ennahdha, Hizb Ettahrir et consorts ou de se réfugier dans le déni pour fournir une réponse à ce problème de fond.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le spirituel et le temporel</h2>



<p>L’on ne peut éviter ces débordements et incidents dans un pays qui se considère comme arabo-musulman, où l’islam est religion d’Etat. Le fait de se considérer comme arabo-musulmans et de faire de l’islam la religion officielle de la Tunisie induit une certaine conception de la société, des rapports hommes-femmes, des rapports entre individus de façon générale.</p>



<p>L’islam ne fait pas le distinguo entre le spirituel et le temporel, entre la foi religieuse et le code juridique, entre la sphère privée et la sphère publique. Il est impossible d’adapter l’islam aux principes d’un Etat qui se veut républicain et démocratique car les Musulmans ne peuvent/veulent confiner leurs croyances et leur foi à la sphère privée.</p>



<p>Qu’a-t-on appris à ces jeunes dévots depuis leur prime jeunesse ? On leur a appris qu’ils étaient musulmans avant toutes choses, qu’il fallait absolument croire en la vérité révélée par Allah, vivre pour lui et ne jamais douter de son existence. On leur a appris que seule la croyance dans les dogmes de l’islam et leur stricte observance assuraient la gloire des Musulmans et le salut de l’âme.</p>



<p>Qu’a-t-on appris à ces jeunes dévots depuis leur prime jeunesse ? On a appris à ces jeunes que, parce qu’ils sont musulmans, ils font partie de la caste des seigneurs de l’humanité et que cette dernière leur doit tout. On leur a appris à fantasmer sur un passé mensongèrement parfait et à s’esbroufer eux-mêmes en se laissant prendre au mirage de leur suprême grandeur. On leur a appris que, pour atteindre les cimes et éviter les geôles de l’enfer, ils devaient rester figés sur des valeurs archaïques et fidèles à un passé fabulé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ces petits culs-bénis</h2>



<p>Ces petits culs-bénis sont nés dans une société où l’islam est omniprésent et se manifeste dans tous les détails de la vie quotidienne, du lexique très imprégné de religion que l’on emploie tous les jours à la loi divine et aux règles qui en découlent, car toute transgression (blasphème, consommation d’alcool, non-observance du jeûne durant le mois de ramadan, rapports sexuels en dehors du cadre légal et charaïque du mariage, consommation de porc…) rapproche des enfers, voire y mène directement.</p>



<p>Ces petits culs-bénis sont nés dans une société où la croyance privée a toujours été une affaire publique, où la religion n’est pas une affaire personnelle, où les gens sont jugés en fonction du degré de leur piété et de leur attachement à l’orthopraxie <em>(«tbarkallah aâlih(a), meddayn(a) !)»</em>. Ils sont nés dans une société où les uns régissent la vie des autres à partir d’une vision névrotico-religieuse de l’existence.</p>



<p>Ces petits culs-bénis agissent par idéalisme, un idéal façonné par la société. Par société, j’entends la famille d’abord, ensuite viennent le quartier, la mosquée du quartier, l’école, la rue…</p>



<p>Sous nos cieux, les idéaux des jeunes enclins à la piété sont façonnés par des esprits sclérosés qui puisent dans une culture figée et rongée par l’irrationalité, l’archaïsme, l’intolérance et la misogynie. Bref, un islam venu tout droit d’un âge féodal et tribal et qui porte en lui les germes d’un idéal totalitaire. A partir de là, le <em>«Sanctuaire du Savoir»</em> n’a plus aucun sens pour eux. Les obligations cultuelles priment sur toute autre chose. Seuls l’islam, sa pratique et ses rites sont sacralisés. Tout le reste peut être remis en question.</p>



<p>Finalement, ces jeunes casse-burnes ne sont-ce pas des victimes ? Ce ne sont pas ces culs-bénis qu’il faut placer sur le banc des accusés, mais la société tunisienne et sa religion. La société tunisienne, comme toutes les sociétés dites arabo-musulmanes, doit se tendre un miroir pour s’y regarder et ne pas briser la glace à la vue du reflet hideux de son propre visage. Jeunes et moins jeunes sont victimes d’une religion totalitaire et incompatible avec les principes fondamentaux d’une république qui se veut moderne et démocratique ; ils sont victimes d’une civilisation languissante et en décadence depuis plusieurs siècles déjà.</p>



<p>Imputer toute la responsabilité aux islamistes et vilipender ces jeunes décérébrés qui viennent perturber notre quiétude ne rime à rien ! Le problème est beaucoup plus profond que cela, il est d’ordre cultuel, culturel et civilisationnel. Sans courage intellectuel et un éveil général des consciences, rien ne sera possible ! A la société tunisienne de trouver le courage d’assumer sa responsabilité. Cette crise identitaire ne pourra être surmontée qu’au prix d&rsquo;un profond travail autocritique. L’épluchure intellectuelle, cultuelle et culturelle sera aussi douloureuse que salutaire. Des lambeaux de chair putréfiée doivent passer à la trappe. Mais ne nous y méprenons pas : nous savons tous que l’éveil n’est pas pour demain.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="rXZMVXOZdE"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/26/laissons-les-ecoles-a-labri-de-lembrigadement-islamiste/">Laissons les écoles à l’abri de l’embrigadement islamiste !</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Laissons les écoles à l’abri de l’embrigadement islamiste ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/26/laissons-les-ecoles-a-labri-de-lembrigadement-islamiste/embed/#?secret=ymzeMfbRgx#?secret=rXZMVXOZdE" data-secret="rXZMVXOZdE" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/27/la-societe-tunisienne-et-ses-petits-devots-abrutis/">La société tunisienne et ses petits dévots abrutis</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Naître Femme et grandir en Tunisie, la double peine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Aug 2025 09:00:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[islam politique]]></category>
		<category><![CDATA[marché du travail]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’accès au marché du travail est encore difficile d’accès pour les femmes tunisiennes en âge actif. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/14/naitre-femme-et-grandir-en-tunisie-la-double-peine/">Naître Femme et grandir en Tunisie, la double peine</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Si les jeunes filles tunisiennes sont de plus en plus scolarisées et diplômées avec excellence, l’accès au marché du travail est encore difficile d’accès pour les femmes en âge actif. Les réalités sont têtues et les chiffres très parlants.</em></strong></p>



<p><strong>Moktar Lamari *</strong></p>



<span id="more-17227647"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p>Seulement une femme sur quatre (16-64 ans) est occupée dans les activités formelles en Tunisie. Pour les femmes, les droits économiques sont loin des attentes et des aspirations légitimes. En décalage avec la modernité et l’égalité des chances, Regardons les chiffres…</p>



<ul class="wp-block-list"></ul>



<p>Une sur quatre, les trois autres sont invisibles dans les discours traitant de l’emploi ou du chômage en Tunisie. Comme si quand on n’en parle pas, on évite de verbaliser le problème. On occulte le vrai problème dans les médias, dans les débats publics, et dans les cercles des élus.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Angle mort des débats publics</h2>



<p>75% des Tunisiennes en âge actif sont exclues du marché économique officiel. Elles ne travaillent pas et rien n’est fait pour les intégrer dans le système économique. On ne les considère même pas dans les effectifs des chômeurs, considérant qu’une grande proportion d’entre elles n’est pas à la recherche d’emploi.</p>



<p>Les dégâts ne s’arrêtent pas là. Pratiquement 7 femmes sur 10, en Tunisie, n’ont pas de compte bancaire. La raison est simple : elles n’ont pas de travail formel et de salaire régulier, et dans certains cas, on verse l’éventuel revenu ou épargne dans le compte du conjoint. Celles-ci ne peuvent pas contracter des prêts pour lancer leur projet, et s’émanciper par le travail et l’investissement.</p>



<p>Des chiffres terribles et qui font froid au dos. Et les leaders et élites de l’establishment se plaisent avec, en s’auto-félicitant et en faisant les discours et la propagande liée, en fonction des gouvernements et des contextes politiques ayant marqué ces années post-2011.</p>



<p>Dans l’inconscient collectif, les femmes sont mieux à la maison à s’occuper des enfants et de la cuisine, dans une <em>«complémentarité avec l’homme»</em>, comme ont tenté de l’imposer dans la constitution de 2014 les idéologues de l’islam politique en Tunisie, sous la gouverne du Cheikh Rached Ghannouchi.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Xq7KmIQfkH"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/09/des-droits-economiques-de-la-femme-en-tunisie-parlons-en/">Des droits économiques de la femme en Tunisie, parlons-en!</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Des droits économiques de la femme en Tunisie, parlons-en! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/09/des-droits-economiques-de-la-femme-en-tunisie-parlons-en/embed/#?secret=D1J2F4smSC#?secret=Xq7KmIQfkH" data-secret="Xq7KmIQfkH" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Aveuglement collectif</h2>



<p>Les autres partis ou gouvernements de l’après-2011 ont fermé les yeux sur les contraintes et les entraves qui verrouillent le marché du travail formel pour les femmes.</p>



<p>On peut évoquer des raisons sociologiques, idéologiques ou même morales pour forcer la femme à ne pas revendiquer un travail salarié, comme l’homme, en parfaite égalité.</p>



<p>En revanche, le règne des hommes est sans appel. Trois hommes sur quatre sont occupés dans le marché du travail (75%). Ils sont dominants et font valoir une masculinité orientale et souvent misogyne, et pas toujours ouverte à l’émancipation totale des femmes. Et cette injustice paraît normale pour nos élites, nos économistes du sérail en Tunisie. Par fatalisme, machisme, ou par intérêt personnel.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les femmes sont plus nombreuses</h2>



<p>Passer de 25% à 75% de taux d’emploi formel pour les Tunisiennes constitue un objectif prioritaire. Une revendication légitime que personne ne peut réfuter aujourd’hui.</p>



<p>La réalisation d’un tel objectif requiert une révolution économique. Une révolution dans les mentalités et les esprits. Et tout indique qu’on est loin de cela, très loin aujourd’hui, dans le contexte de la crise économique qui plombe le pouvoir d’achat et qui ruine les ambitions de la gent féminine en Tunisie.</p>



<p>La population féminine est statistiquement parlant supérieure à celle masculine. La majorité de la population tunisienne est féminine, et la différence entre les deux <em>«sexes»</em> est de l’ordre de 300 000 et converge rapidement vers un demi-million, en faveur des femmes.</p>



<p>Les Tunisiennes vivent plus longtemps (4 ans de différence avec l’homme), parce qu’elles prennent soins d’elles-mêmes, de leurs enfants. Elles fument moins, elles sont plus prudentes, plus<em> «responsables» </em>et plus respectueuses des règles prudentielles.</p>



<p>Contrairement aux hommes, elles coûtent moins cher en dépenses de santé et de taxes payées par les contribuables, pour le secteur de la santé.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="sHdDVED23c"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/13/tunisie-femme-corps-blesse-et-lutte-des-regards/">Tunisie-Femme | Corps blessé et lutte des regards </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie-Femme | Corps blessé et lutte des regards  » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/13/tunisie-femme-corps-blesse-et-lutte-des-regards/embed/#?secret=LelAFQtAA6#?secret=sHdDVED23c" data-secret="sHdDVED23c" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Deux millions de femmes sur le carreau</h2>



<p>Impliquer et employer, d’une façon ou d’une autre, deux millions de femmes (16-64 ans) créerait un saut de la richesse nationale mesurée par le PIB d’au moins 15%.</p>



<p>La femme détient donc les clefs de la relance économique, si on fait tout le nécessaire pour cela. Leur emploi boostera la croissance, comblera les déficits des caisses de solidarité sociale et de retraite et procurera plus de revenu pour la formation du capital social en Tunisie.</p>



<p>Il faudra donc plus d’investissements, des taux d’intérêts abordables, une bureaucratie moins vorace et moins corrompue. Il faut une vraie politique économique, mais pas de <em>«stratégie»</em> démagogique sans dents, sans colonne vertébrale… et sans moyens budgétaires.</p>



<p>Il faut aussi un changement drastique dans les mentalités des hommes, soit les pères, les frères, les fils et conjoints ou petits-amis.</p>



<p>Le principal handicap de l’implication économique de la femme dans l’économie est celui lié à la mentalité rétrograde et conservatrice qui caractérise une large majorité des Tunisiens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La moitié de l’homme</h2>



<p>L’autre handicap économique réside dans l’accès au patrimoine. Les femmes, déjà défavorisées dans l’accès à l’emploi, le sont aussi dans le partage de l’héritage et donc dans la transmission de la richesse et du patrimoine.</p>



<p>La femme hérite la moitié de la part qui revient à son frère, et cette règle qui date de plus 14 siècles est sacrée, canonisée dans le livre sacré.</p>



<p>Cela doit changer, et le plus vite serait le mieux. L’histoire va dans ce sens et on peut l’expliquer et le justifier dans le contexte. Il faut repenser les interprétations et moderniser les lectures des fondamentaux historiques et religieux.</p>



<p>Ce biais et ces injustices se traduisent aussi dans les niveaux de rémunération des femmes employées. Elles sont payées moins que leurs collègues hommes en moyenne, et elles sont moins présentes dans les postes de commandement et de direction.</p>



<p>Les chiffres sont encore plus criants à cet égard. Les symboles aussi, vestimentaires et pas seulement.</p>



<p>* <em>Economiste universitaire.  </em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Sk4DXInaYq"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/13/les-femmes-et-la-democratie-menacees-en-tunisie/">Les femmes et la démocratie menacées en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les femmes et la démocratie menacées en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/13/les-femmes-et-la-democratie-menacees-en-tunisie/embed/#?secret=Z7JiXwtMX6#?secret=Sk4DXInaYq" data-secret="Sk4DXInaYq" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>‘‘Parenthèses de ma vie’’ &#124; Les aventures d’un syncrétiste, entre faux derviches et marchands du temple  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/23/parentheses-de-ma-vie-les-aventures-dun-syncretiste-entre-faux-derviches-et-marchands-du-temple/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Feb 2025 07:31:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelfattah Mourou]]></category>
		<category><![CDATA[Béji Caïd Essebsi]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Hassib Ben Ammar]]></category>
		<category><![CDATA[islam politique]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
		<category><![CDATA[Slaheddine Jourchi]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Slaheddine Jourchi témoigne de son époque, témoignage précieux qui, quoique parfois dénué d’objectivité, ne saurait être négligé.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Militant islamiste qui a très tôt rompu avec le mouvement de Rached Ghannouchi, converti par la suite à la «religion» de la défense des droits de l’Homme, dont il devint l’un &nbsp;des chantres en Tunisie et dans le monde arabe, Slaheddine Jourchi témoigne de son époque, témoignage précieux qui, quoique parfois dénué d’objectivité, ne saurait être négligé.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia</strong></p>



<span id="more-15618703"></span>



<p>On ne peut certes jamais résumer la vie d’un homme en des clichés qui pour être simplificateurs finissent par être simplistes. Et celle-ci mérite incontestablement qu’on s’y arrête, tellement elle est riche d’enseignements permettant de comprendre beaucoup d’événements contemporains. Le surtitre de <em>«Témoignage de l’époque»</em> est déjà similaire à celui d’un célèbre programme télévisé réservé à d’anciens hommes politiques, qui de l’Océan au Golfe,&nbsp;ont présenté aux masses arabes leur version de l’Histoire,&nbsp;orientés par un commentateur politiquement engagé, dans un petit émirat qui pour survivre a créé une chaîne de télévision planétaire et installé sur son sol une base de l’armée la plus puissante du monde.</p>



<p>Ce livre est l’itinéraire d’un <em>«frère musulman»</em> dissident, chassé de son poste de rédacteur de la revue <em>Al Maarifa</em> par Rached Ghannouchi pour ses articles critiques peu conformes à la ligne définie par les dirigeants d’un groupe religieux qui confondait volontairement prédication et politique et qui recherchait constamment des parrainages&nbsp;extérieurs, de l’Ayatollah Khomeiny à Recep Tayyip Erdogan en passant par Hassen Tourabi.</p>



<p>Les pérégrinations de Slaheddine Jourchi, puisque c’est de lui qu’il s’agit, l’ont conduit, à travers la société civile, la vie associative, le journalisme, les Droits de l’Homme, de l’islamo-gauchisme, une hérésie islamiste, vers les chaînes satellitaires et les médias arabes en passant par le Forum économique mondial de Porto Alegre. C’est dire qu’il est incontestablement d’abord&nbsp;figure représentative de son époque, celle de la mondialisation, à&nbsp; laquelle au nom de la justice, de la liberté et de la vérité, il a fini par s’arrimer paradoxalement en compagnie de certaines anciennes figures emblématiques du marxisme, dont la rédemption, pour ne pas dire l’adaptation,&nbsp;a été assurée bon an mal an par la conversion à la doctrine néolibérale. Mais, ainsi qu’en conclut fort justement l’auteur, aucune&nbsp; vérité&nbsp;ne saurait être absolue, toute vérité doit&nbsp; être relativisée,&nbsp;et pas seulement dans le domaine du religieux.</p>



<p>Par exemple, le Parti Nida Tounes, <em>«sauveur du pays»</em> contre la dictature obscurantiste, compta dans ses rangs un transfuge d’Al Qaïda venu de Belgique, qui avait recruté pour le compte de l’organisation terroriste à Molenbeek notre compatriote, le fameux Abdessatar Dahmane, l’assassin du célèbre chef de la guérilla&nbsp;afghane, Ahmed Shah Massoud, dont la mort allait donner le coup d’envoi au 11-Septembre 2001. Il n’y a pas de quoi en faire un titre de gloire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les débuts de l&rsquo;islamisme politique  en Tunisie</h2>



<p>De même, ces faits&nbsp; rapportés dans le temps par les jeunes (lycéens) de la tendance islamique au tout début de la naissance de leur mouvement, concernant <em>«l’épreuve»</em> (déjà la martyrologie) que comme des apôtres ils auraient subie à Sousse au cours d’une journée de prédication non autorisée, dans les années 1970,&nbsp;lorsque la police les encercla en leur demandant d’où ils venaient et ce qu’ils faisaient. Si encore il ne s’était agi que d’adultes responsables de leurs actes&#8230;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="C2VheDkft1"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/20/temoignage-pour-lhistoire-ahmed-mestiri-un-fondateur-detat-au-destin-inacheve/">‘‘Témoignage pour l’histoire’’ : Ahmed Mestiri, un fondateur d’Etat au destin inachevé</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Témoignage pour l’histoire’’ : Ahmed Mestiri, un fondateur d’Etat au destin inachevé » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/20/temoignage-pour-lhistoire-ahmed-mestiri-un-fondateur-detat-au-destin-inacheve/embed/#?secret=Bnq0xCfmsF#?secret=C2VheDkft1" data-secret="C2VheDkft1" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Déjà le même mépris pour la personne humaine, au nom de la cause, dont un homme aussi éminent que <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/20/temoignage-pour-lhistoire-ahmed-mestiri-un-fondateur-detat-au-destin-inacheve/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ahmed Mestiri</a> fera les frais des années plus tard après la Révolution, après avoir refusé en 1987 d’être selon ses propres termes le <em>«Mehdi Bazargan»</em> tunisien, lorsque sollicité en 2014 par le parti Ennahdha pour former un gouvernement, il apprendra par la radio le choix à son détriment de Béji Caïd Essebsi. A l’âge du lycée, mes parents avaient ô combien eu raison de me demander de me méfier d’eux.</p>



<p>En fait, à l’époque, celle de la naissance de l’islamisme,&nbsp;c’est le gouverneur de Sousse nommé par Bourguiba, Ahmed Bellalouna, un homme devenu pieux depuis son implication en tant que procureur dans le procès du groupe de Lazhar Chraïti, qui permit au groupe de jeunes prédicateurs encadrés par Abdelfattah Mourou de rentrer librement chez eux, fait que l’auteur du livre omet de mentionner, sans doute parce qu’il ne sied pas de faire reconsidérer l’opinion entretenue sur un régime dictatorial par définition, dont les serviteurs s’avèrent capables de faire preuve, à défaut de l’équité et de l’humanité qu’on leur dénie, de bon sens, en particulier lorsque ce même régime est <em>«réputé»</em> être hostile à l’islam.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les années du «féroce» Ben Ali </h2>



<p>Quant à  Ben Ali, c’est encore trop dire de prétendre qu’il ne fut qu’un dictateur sanguinaire, du moment qu’il permit dans les faits la présence à un forum international des droits de l’homme à Alger, outre l’auteur, celle de l’opposante virulente Sihem Bensedrine, où ils furent les hôtes d’un président algérien qui, et le livre ne le dit pas, se contentait d’être la façade civile des militaires, véritables détenteurs du pouvoir.</p>



<p>Le féroce Ben Ali fut ainsi incapable de faire disparaître la frêle Radhia Nasraoui du paysage, ce qui, indépendamment de tout calcul politique, témoignait chez lui d’une certaine éthique, celle de respecter dans une certaine mesure les femmes, du moins celles qui n’étaient pas impliquées dans le terrorisme.</p>



<p>Ce n’est certes pas de cette façon, en traversant les frontières avec leurs passeports et en participant à des réunions internationales, que les opposants étaient traités sous Pinochet du Chili et Videla de l’Argentine, ni encore sous Kadhafi, Saddam, ou les Assad. Et on peut en dire autant de Bourguiba qui a permis à d’anciens condamnés à mort comme Moncef El Materi de voyager et de prospérer.</p>



<p>Certes Ben&nbsp;Ali créa une nouvelle association pour combattre la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH) et il plaça à sa tête son ancien patron, le ministre de l’Intérieur&nbsp;qui s’est trouvé être mon propre père, extrait de sa retraite politique entamée depuis le départ de Hédi Nouira en 1980, probablement avec l’intention concomitante de le neutraliser. Mon père n’en fut nullement l’instigateur, et il n’eût sans doute d’autre choix que d’endosser ce rôle qu’on voulait lui faire jouer, et contre l’avis de sa famille. Il est&nbsp; donc aussi impropre de la nommer 35 ans après <em>«l’association du Dr Hanablia»</em>, que l’aurait été l’appellation «organisation du Dr Marzouki ou du Dr Zmerli» pour la LTDH.</p>



<p>Du reste, l’invraisemblance de l’affaire, son ridicule même, issu de l’esprit tourmenté de Ben Ali, torpilla le projet qui finit par s’écrouler de lui-même, et l’association ne servit nullement de tremplin aux islamistes récusés par la LTDH ainsi qu’il a été prétendu, pour investir le domaine des droits de l’Homme.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="4dKV2nNj5Z"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/02/de-saint-cyr-au-peloton-dexecution-le-curieux-destin-dun-opposant-atypique/">‘‘De Saint-Cyr au peloton d’exécution’’: Le curieux destin d’un opposant atypique</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘De Saint-Cyr au peloton d’exécution’’: Le curieux destin d’un opposant atypique » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/02/de-saint-cyr-au-peloton-dexecution-le-curieux-destin-dun-opposant-atypique/embed/#?secret=LBcoaKyEMM#?secret=4dKV2nNj5Z" data-secret="4dKV2nNj5Z" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Pressés d&rsquo;arriver au pouvoir </h2>



<p>Evidemment le livre est riche en anecdotes,&nbsp;parfois équivoques,&nbsp;qui parfois font sourire. Ainsi en est-il de Béji Caïd&nbsp;Essebsi expliquant que Mohsen Marzouk était trop pressé d’arriver au pouvoir et que de son temps, celui de Bourguiba, lui-même avait dû apprendre le métier sous l’autorité de personnes plus expérimentées, telles Taieb Mehiri. S’il en est ainsi, au nom de quels principes politiques Youssef Chahed&nbsp;et Hafedh Caïd Essebsi ont-ils assumé les responsabilités qui furent les leurs pour mener leur parti et derrière&nbsp;lui le pays vers l’impasse et le discrédit?</p>



<p>L’auteur reconnaît en avoir voulu à l’ambitieux et équivoque Marzouk lorsque celui-ci l’avait abandonné au milieu du gué de la liberté individuelle et de l’égalité après l’y avoir embarqué, en le laissant seul face à la vindicte islamiste. Mais la trahison&nbsp;en politique n’a pas de limites.&nbsp;Ainsi en est il de Abdelfattah Mourou abandonnant ses amis d’Ennahdha après l’affaire de Bab Souika&nbsp;dont il fut payé en retour en tant&nbsp;que candidat à la présidence par le report des voix nahdhaouis vers Kais Saïed. Il est vrai que l’attaque contre le local du RCD qui fit un mort&nbsp;fut concomitante de l’apogée de la vague islamiste du FIS en Algérie, ce que l’auteur ne dit pas expressément, même si par ailleurs, il rapporte que Ben Ali craignait beaucoup l’évolution politique de ce pays.</p>



<p>Pour autant, quoique notoirement lié au renseignement américain, fait vrai et réel récusé par l’auteur faute de preuves, et entamant un processus de normalisation inachevé avec l’Etat sioniste, Ben Ali n’a pas permis l’installation de bases militaires étrangères en Tunisie, et a même envoyé sur les roses la sémillante Condoleeza Rice, secrétaire d’Etat de Bush fils, qui lui demandait l’ouverture d’un institut de la démocratie, en l’invitant à le faire plutôt à Tel Aviv. Cheikh Sek ou Dardouri furent-ils les artisans de la <em>«Révolution»</em> ? On ne comprend pas ce qu’une telle hypothèse peu vraisemblable vienne faire dans le récit de la chute du régime, dont Rachid Ammar fut une figure centrale. Et la prise en charge psychologique de la population (comités de quartiers) au nom de la lutte contre les fameux snipers, ainsi que la canalisation de l’hostilité de la&nbsp;foule contre les demeures du clan déchu, laissent plutôt deviner une préparation minutieuse de la chute du régime.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le légalisme des Tunisiens</h2>



<p>L’auteur eut la sagesse politique de ne pas s’y engager avec l’autre Ghannouchi, le Premier ministre, et de se tenir à l’écart. Cependant, dans son livre il montre une réticence incontestable à relater certains détails importants de ces journées révolutionnaires. Ainsi passe-t-il sous silence le retrait irresponsable des forces de sécurité dans leurs casernes pendant plusieurs mois, qui au lieu de mettre le pays à feu et&nbsp;à sang dans le cadre d’une stratégie à l’algérienne du retour au tout sécuritaire, prépara le raz-de-marée islamiste de la Constituante. Malgré cela, et en dépit de la <em>«Arouchia»</em> dont il rapporte un événement, les affrontements de Redeyef, pour mettre en exergue le rôle de son ami Abdelfattah Mourou dans le retour au calme, c’est plutôt le légalisme des Tunisiens en l’absence de toute autorité qui a empêché le bain de sang. Et il faut d’autant plus le souligner, que les mosquées étaient tombées sous la coupe des salafistes.</p>



<p><em>«Arouchia»</em>? Il faudrait peut-être nommer ainsi la protection dont, en tant que cousin de Wassila, un détail que j’ignorais, Hassib Ben Ammar n’a pas cessé de bénéficier,&nbsp;et qui propulsa l’auteur vers les sommets que son propre talent, aussi grand soit il, n’aurait pu&nbsp;atteindre seul.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="KPpIvBZVvt"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/27/la-tunisie-face-a-ses-rendez-vous-manques-et-ses-opportunites-perdues-a-jamais/">La Tunisie face à ses rendez-vous manqués et ses opportunités perdues à jamais</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie face à ses rendez-vous manqués et ses opportunités perdues à jamais » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/27/la-tunisie-face-a-ses-rendez-vous-manques-et-ses-opportunites-perdues-a-jamais/embed/#?secret=8DuGqgRt6f#?secret=KPpIvBZVvt" data-secret="KPpIvBZVvt" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Mais les plus graves omissions du livre furent d’une part&nbsp;le rôle du gouvernement d’Ennahdha dans l’envoi des djihadistes en Syrie mis à tort au débit des salafistes jihadistes qui s’en sont toujours défendus (Abou Yadh) en évoquant un complot pour se débarrasser de leur présence,&nbsp;et d’autre part la mystérieuse tentative de placer Mourou à la tête du pays après la première mort (fausse)&nbsp;du président de la République, et la disparition du président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).</p>



<p>Il est vrai que l’auteur avait publiquement défendu à la télévision le droit au retour des membres de Daech dans leur pays, sans autre mesure à leur encontre qu’une surveillance administrative. Quant à l’appui apporté au président Kais Saïed, il faut aussi le nuancer&nbsp;: il demeure en effet difficile de faire la différence entre coup d’Etat civil et militaire.&nbsp; L’exemple édifiant est naturellement et une fois encore le pouvoir militaire en Algérie qui a une apparence civile. Mis à part cela, évoquer le <em>«massacre des juges»</em>, appelle certaines précisions, aussi outrancière cette expression puisse-t-elle être; si les juges se sont soumis, il ne faut pas leur en jeter la pierre, c’est simplement parce que les avocats, pour des raisons purement corporatistes, leur ont claqué la porte du Barreau au nez.</p>



<p>Le livre est riche en rencontres avec des personnalités éminentes, le plus souvent du Maghreb ou du Moyen Orient, avec une nette prédilection pour tous les critiques de l’islamisme, ceux recherchant une nouvelle voie vers la compréhension de la religion, hors des sentiers battus de la tradition, et même des membres de sectes considérées comme hérétiques. C’est à son honneur. Ceux qui y laissèrent leurs vies ou s’égarèrent furent pour la plupart des opposants aux régimes politiques de leurs pays, tels Jarallah Omar, le Gandhi du Yémen, Mansour Al-Kikhia, le pacifiste Libyen, ou Massoud Rajavi, l’Iranien, chef des Mujahedeen-e-Khalq, le mouvement qui constitua un moment une source d’inspiration pour les islamo-gauchistes de la revue <em>15/21</em>. Rajavi, partisan de la violence, finit par se fourvoyer avec Saddam et la CIA contre son propre pays.</p>



<p>On ne reviendra pas sur l’opinion exprimée sur Hassan&nbsp;Nasrallah, considéré par quelques uns comme un agent iranien, et qui fut beaucoup plus que cela, ni sur le rôle passé sous silence d’Ahmed&nbsp;Ben Bella dans la provocation qui poussa le FIS algérien vers la voie de la grève générale et de la violence.&nbsp;</p>



<p>Il reste évidemment la dernière question qui se pose, celle de l’allégeance, due à la nation ou aux droits de l’Homme.&nbsp;Le problème des droits de l’Homme est évidemment leur&nbsp;instrumentalisation par les puissances impérialistes en tant que moyens de pression contre les gouvernements qui refusent leur diktat,&nbsp;comme par exemple dans la question épineuse du genre. Et leurs représentants risquent d’apparaître, tout comme le sont devenus les cardiologues, comme une caste privilégiée supranationale ambassadrice du libéralisme économique de l’école de Chicago, jalouse avant tout de ses privilèges. Ils prêtent&nbsp;ainsi souvent le flanc aux coups des dictatures qu’ils prétendent combattre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le temple des droits de l’Homme</h2>



<p>Il y a donc les droits de l’Homme, ceux de tout individu de jouir de l’<em>habeas corpus</em>, de l’assurance d’un procès équitable, qui est une chose relevant du droit, de la culture, de l’évolution des mentalités, et il y a la religion du Temple des droits de l’Homme, liée à des organisations financées par le département d’Etat, la CIA, des fondations et des forums américains privés, qui dénoncent mais sélectivement en fonction des intérêts en jeu. C’est là toute l’ambiguïté&nbsp;de la question.</p>



<p>En dépit de tout,&nbsp;il faut reconnaître à l’auteur tout au long de sa vie, même face à la maladie, un courage et une résilience qui forcent le respect, et son livre constitue un témoignage précieux qui, quoique parfois dénué d’objectivité, ne saurait être négligé.&nbsp; &nbsp; &nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique. </em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="QzvVPQAS8Z"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/09/ahmed-rahmouni-le-conjure-rescape-des-trefonds-de-la-memoire/">Ahmed Rahmouni, le conjuré rescapé des tréfonds de la mémoire</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ahmed Rahmouni, le conjuré rescapé des tréfonds de la mémoire » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/09/ahmed-rahmouni-le-conjure-rescape-des-trefonds-de-la-memoire/embed/#?secret=VpIXq6KYeN#?secret=QzvVPQAS8Z" data-secret="QzvVPQAS8Z" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Grenade n’en finit pas de tomber : Ce sont toujours les Arabes qui trinquent</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/17/grenade-nen-finit-pas-de-tomber-ce-sont-toujours-les-arabes-qui-trinquent/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Dec 2024 11:04:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Afghanistan]]></category>
		<category><![CDATA[Bachar al-Assad]]></category>
		<category><![CDATA[Faïçal Abroug]]></category>
		<category><![CDATA[Irak]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[islam politique]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce sont toujours les Arabes qui trinquent et Israël qui se régale, au grand bonheur de ses protecteurs occidentaux.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Ce qui vient de se passer en Syrie avec la chute d’un tyran aussi sanguinaire que lâche appelé Bachar Al-Assad, ne déroge pas à la règle selon laquelle ce sont toujours les Arabes qui trinquent et Israël qui se régale, au grand bonheur de ses protecteurs occidentaux.</em></strong></p>



<p><strong>Faïçal Abroug</strong> *</p>



<span id="more-14908154"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/04/Faycal-Abroug.jpg" alt="" class="wp-image-344650"/></figure>
</div>


<p>De l’Afghanistan à la Syrie, toute la région arabo-islamique s’inscrit dans le cadre du projet impérialiste du <em>«nouveau Moyen Orient»</em> (qui fait écho au <em>«printemps arabe»</em>) : démantèlement des Etats ou ce qui en reste – à &nbsp;l’exception, pour l’instant, des monarchies pétrolières –, réduits à de petites entités inoffensives qui guerroient entre elles dans un chaos généralisé, pour y installer des laquais, et reléguer au Moyen-âge des peuples bien disposés, pour des raisons politiques, sociales et culturelles, à y retourner. Le tout sous les labels de la <em>«démocratie»</em> et de la <em>«libération»</em>.</p>



<p>La tâche est aisée. Il suffit d’actionner deux leviers : la religion, l’islam, vécue comme une quête identitaire sacrée et fantasmée permettant de recréer <em>«un passé glorieux»</em> que des obscurantistes de tout bord font miroiter à des populations frappées de pauvreté, d’ignorance et victimes d’injustice et d’oppression, dans le cadre d’un projet d’<em>«Etat islamique»</em> présenté comme la panacée à tous les problèmes de la région. L’islam est également vécu par ces peuples déboussolés comme un mécanisme de défense contre la civilisation occidentale impie qui corrompt la jeunesse et l’éloigne du droit chemin!&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Le second levier est le tremplin que tendent à leurs peuples les régimes politiques post-coloniaux : autoritaires, tyranniques, oligarchiques voire souvent sanguinaires, qui plus est, gangrénés par la corruption et le clientélisme.</p>



<p>Outre les trahisons et les erreurs stratégiques comme en témoignent, la guerre&nbsp; d’usure menée par l’Irak contre l’Iran, l’invasion du Koweït par l’Irak ainsi que le ralliement de la Syrie, à l’époque, à l’expédition punitive <em>«multinationale»</em> contre son voisin de l’est, insidieusement baptisée <em>«communauté internationale»</em> et conduite par les Américains, maître du jeu géopolitique dans la région. Sans passer sous silence, bien entendu, le rôle pervers de la Turquie et celui ambigu de l’Iran et de la Russie.</p>



<p>Ces régimes survivent, par ailleurs, sur <em>«une mémoire coloniale»</em> pour se dédouaner de leurs échecs dans tous les domaines : économique, politique et social, conséquences de choix tributaires du diktat des institutions monétaires internationales libérales, faits par certains pays, en contrepartie de dons et surtout de prêts, souvent détournés de leur objectifs par les classes dirigeantes corrompues. Des choix qui, non seulement creusent la dette mais aussi aggravent l’inflation, ce qui se répercute sur le pouvoir d’achat de populations de plus en plus paupérisées.</p>



<p>D’autres régimes de la région se sont orientés vers le bloc socialiste voire communiste, d’autres encore se sont attachés à une identité fantasmée, sous la bannière trompeuse du <em>«nationalisme arabe»</em> sans aucune incidence positive sur le développement de leurs pays ni sur l’épanouissement de leurs citoyens.</p>



<p>Tous les régimes en place dans la région sont, sans exception, mal partis. Ils font le lit de l’islamisme politique et, son corollaire, le terrorisme, au grand bonheur des parrains occidentaux, qui leur font régler la note cash. Et ce qui vient de se passer en Syrie, avec la chute d’un tyran aussi sanguinaire que stupide appelé Bachar Al-Assad, ne déroge pas à la règle selon laquelle ce sont toujours les Arabes qui trinquent et c’est Israël qui se régale, au grand bonheur de ses protecteurs occidentaux. Grenade n’en finit de tomber… &nbsp;</p>



<p>* <em>Enseignant.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ZZl0zBf4SZ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/17/apres-la-chute-dal-assad-les-iraniens-demandent-des-comptes-a-leurs-dirigeants/">Après la chute d’Al-Assad, les Iraniens demandent des comptes à leurs dirigeants</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Après la chute d’Al-Assad, les Iraniens demandent des comptes à leurs dirigeants » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/17/apres-la-chute-dal-assad-les-iraniens-demandent-des-comptes-a-leurs-dirigeants/embed/#?secret=0K0hS0mybv#?secret=ZZl0zBf4SZ" data-secret="ZZl0zBf4SZ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/17/grenade-nen-finit-pas-de-tomber-ce-sont-toujours-les-arabes-qui-trinquent/">Grenade n’en finit pas de tomber : Ce sont toujours les Arabes qui trinquent</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Femme en Tunisie : acquis immenses et défis à relever</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/13/femme-en-tunisie-acquis-immenses-et-defis-a-relever/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Aug 2024 08:04:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Code du statut personnel]]></category>
		<category><![CDATA[femmes rurales]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[islam politique]]></category>
		<category><![CDATA[ouvrières agricoles]]></category>
		<category><![CDATA[planification familiale]]></category>
		<category><![CDATA[Raouf Chatty]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisiennes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hausse du nombre de femmes divorcées, condition précaire des femmes rurales et ouvrières agricoles soumises à une nouvelle forme d’esclavage.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/13/femme-en-tunisie-acquis-immenses-et-defis-a-relever/">Femme en Tunisie : acquis immenses et défis à relever</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En 68 ans depuis l’indépendance de la Tunisie, le 20 mars 1956, des acquis considérables ont été réalisés au profit  de la femme. Ces acquis sont dus à la volonté franche du leader Habib Bourguiba, à sa lucidité politique et à son esprit réformateur inspiré des valeurs et des idéaux égalitaires de la révolution française, qui lui avaient permis d’accomplir, quelques mois après la proclamation de l’indépendance du pays, une œuvre réellement révolutionnaire en son temps en faveur de la femme et de la société entière.</em></strong></p>



<p><strong>Raouf Chatty</strong> * </p>



<span id="more-13759568"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Raouf-Chatty.jpg" alt="" class="wp-image-347685"/></figure>
</div>


<p>En effet, Bourguiba avait&nbsp;fait adopter par l’Assemblée nationale constituante, le 13 août 1956,&nbsp;le&nbsp;Code du statut&nbsp;personnel. Ce texte&nbsp;juridique, qui a fortement amélioré la condition de la femme en Tunisie, était révolutionnaire dans le monde arabo-musulman pour l’époque et même pour aujourd’hui.</p>



<p>Progressiste et novatrice, cette loi&nbsp;voulue comme&nbsp;un&nbsp;outil puissant pour&nbsp;le changement&nbsp;avait du coup changé la situation de la femme, opérant lentement mais sûrement une amélioration de son&nbsp;statut marital et social, bousculant les traditions&nbsp;rétrogrades en la matière&nbsp;et faisant progressivement passer&nbsp;la femme&nbsp;du statut&nbsp;de vassal&nbsp;à celui de d’être humain autonome,&nbsp;libre de ses actes, jouant&nbsp;pleinement son rôle aux côtés de l’homme, devenant&nbsp;peu à peu sa&nbsp;partenaire&nbsp;(presque) égale en&nbsp;droit et participant pleinement au développement global du pays.&nbsp;</p>



<p>En leader incontesté, lucide, visionnaire, fort de l’appui des masses populaires, de sa capacité extraordinaire à prendre rendez-vous&nbsp;avec l’histoire,&nbsp;Bourguiba avait agi très vite, surmontant&nbsp; les résistances d’une&nbsp;société&nbsp;patriarcale, fermée,&nbsp;pauvre et attardée, et prenant&nbsp; de court&nbsp;les&nbsp;oulémas&nbsp;de la mosquée Zitouna et les courants traditionnels, en faisant&nbsp;passer dans&nbsp;la foulée un texte juridique qui va profondément changer la société et que certains cercles dogmatiques n’ont jamais accepté encore aujourd’hui. Il avait alors un leadership politique incontesté et une autorité intellectuelle et morale qu’il sut utiliser de la meilleure des manières pour faire faire à la Tunisie un saut dans l’avenir.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un saut dans l’avenir</h2>



<p>Cet acte&nbsp;fondateur a été immédiatement soutenu&nbsp;par une bonne partie de la société et&nbsp;par les actions&nbsp;d’ampleur des gouvernements qui se sont succédé notamment dans&nbsp;les domaines&nbsp;de l’éducation et de la santé, avec la généralisation&nbsp;de l’enseignement primaire et secondaire, les campagnes d’alphabétisation et de lutte contre le fanatisme et l’obscurantisme, les soins médicaux&nbsp;gracieux pour tous,&nbsp;la planification&nbsp;familiale&nbsp;dans&nbsp;tous les foyers, la lutte contre la pauvreté, parallèlement&nbsp;à l’ouverture du pays sur la modernité&nbsp; et le progrès.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="9etk7H3Ndx"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/11/marche-a-tunis-pour-exiger-la-liberation-des-prisonnieres-politiques/">Marche à Tunis pour exiger la libération des prisonnières politiques</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Marche à Tunis pour exiger la libération des prisonnières politiques » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/11/marche-a-tunis-pour-exiger-la-liberation-des-prisonnieres-politiques/embed/#?secret=nzKHkx13vB#?secret=9etk7H3Ndx" data-secret="9etk7H3Ndx" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ces actions extraordinaires&nbsp;ont donné&nbsp;des résultats positifs dans ces domaines impactant&nbsp;positivement l’évolution&nbsp;d’une société tunisienne ouverte aux&nbsp;lumières et aux&nbsp;progrès&nbsp;et qui s’affranchissait progressivement des ténèbres de l’ignorance dans lesquelles elle était confinée durant des siècles.</p>



<p>En sept décades, le statut de la femme a complètement changé, impactant&nbsp; toute la société,&nbsp;faisant gagner à la Tunisie,&nbsp;déjà depuis les deux&nbsp;premières décades post 1960, la&nbsp; bataille&nbsp;de contrôle&nbsp;des naissances, renforçant&nbsp;ainsi la marche de la société sur la voie du progrès social et du développement durable&#8230;</p>



<p>La femme en Tunisie est aujourd’hui ministre, parlementaire,&nbsp;ambassadeure, juge, professeure d’université, haut fonctionnaire, médecin, avocate, journaliste,&nbsp;entrepreneure, chercheure, écrivaine, ingénieure, pilote de ligne, pharmacienne, biologiste, enseignante, militante dans des partis politiques et dans&nbsp;les associations&#8230;</p>



<p>Fortes de leurs acquis, renforcés sous les gouvernements Ben Ali, la femme et la société civile féminine&nbsp;ont&nbsp;été, et ce grâce à l’appui&nbsp;de larges pans de la société, le principal rempart&nbsp;contre l’obscurantisme&nbsp;islamiste&nbsp;ayant marqué la décennie 2012-2021, réussissant&nbsp;ainsi à mettre en échec les tentatives répétées des islamistes au pouvoir pour remette en cause&nbsp;le statut&nbsp;de la femme et à enterrer ainsi&nbsp;à jamais leurs projets rétrogrades.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="TpIMV8DlRO"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/17/les-ouvrieres-agricoles-en-tunisie-sont-doublement-exploitees/">Les ouvrières agricoles en Tunisie sont doublement exploitées</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les ouvrières agricoles en Tunisie sont doublement exploitées » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/17/les-ouvrieres-agricoles-en-tunisie-sont-doublement-exploitees/embed/#?secret=ooXDuweU0g#?secret=TpIMV8DlRO" data-secret="TpIMV8DlRO" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Les Tunisiennes ont également largement contribué&nbsp;par leur présence active dans tous les secteurs à marginaliser l’islam politique, qui avait le vent en poupe, et qui est actuellement&nbsp; l’ombre de lui même, voire complètement&nbsp;décrié et vomi par l’écrasante majorité des Tunisiens.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Toujours à l’avant-garde</h2>



<p>La femme a certes gagné son autonomie&nbsp;et son indépendance,&nbsp;mais elle doit encore relever des défis auxquels elle fait face aujourd’hui beaucoup&nbsp;plus que l’homme, comme&nbsp;le chômage, l’explosion du célibat, la dissolution&nbsp; des couples et d’autres phénomènes&nbsp;de plus en plus&nbsp;visibles, comme l’accroissement sans précédent&nbsp;du nombre de femmes divorcées, la condition précaire des femmes rurales et des ouvrières agricoles soumises à une nouvelle forme d’esclavage&#8230;</p>



<p>Ces sujets et d’autres doivent mériter l’attention des pouvoirs publics, de la société civile et des femmes en particulier qui seront toujours en Tunisie à l’avant-garde de toutes les causes nobles et les garantes d’une société équilibrée, ouverte et fidèle aux valeurs du progrès.</p>



<p>* <em>Ancien ambassadeur.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/13/femme-en-tunisie-acquis-immenses-et-defis-a-relever/">Femme en Tunisie : acquis immenses et défis à relever</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>France &#8211; Marche contre l’antisémitisme : un appel pernicieux qui divise</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/12/france-marche-contre-lantisemitisme-un-appel-pernicieux-qui-divise/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Nov 2023 07:32:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[antisémitisme]]></category>
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		<category><![CDATA[extrême droite israélienne]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Cherif Ferjani]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La marche contre l’antisémitisme en France est un appel à la division et à la haine. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Ceux qui ont appelé à une marche contre l’antisémitisme, ce dimanche 12 novembre 2023, à Paris, ajoutent à la confusion et aux amalgames dans lesquels se fourvoie la politique en France et contribuent par là à diviser encore plus les citoyen(ne)s, voire à les opposer, et à attiser les haines, au lieu d’œuvrer à empêcher l’importation du conflit israélo-palestinien en France et à en éteindre les feux.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mohamed Cherif Ferjani</strong> *</p>



<span id="more-10491523"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/10/Mohamed-Cherif-Ferjani.jpg" alt="" class="wp-image-321363"/></figure>
</div>


<p>J’ai écrit ce papier pour partager le désarroi de beaucoup d’ami(e)s militant de longues dates contre l’antisémitisme, et toutes les formes de xénophobie, face à l’appel, dans les circonstances actuelles, à une marche contre l’antisémitisme.</p>



<p>J’ai échangé beaucoup avec elles/eux : certain(e)s vont y participer à contre cœur; d’autres ont décidé, également à contre cœur, de ne pas y participer. Les raisons sont les mêmes : elles/ils condamnent l’antisémitisme qui était et reste un crime abjecte à condamner hier, aujourd’hui et demain; mais elles/ils refusent son instrumentalisation politique, par l’extrême droite et par les forces politiques qui s’en servent pour soutenir l’Etat d’Israël, quoi qu’il fasse, et détourner les yeux de ses crimes passés et actuels. Je comprends et partage leur désarroi qui confirme le caractère pernicieux de cet appel de division.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Entre des feux croisés</h2>



<p>En 2002, dans la manifestation du 1<sup>er</sup> mai entre les deux tours de la présidentielle qui fut un tournant catastrophique dans l’histoire contemporaine de la France, nous étions quelques citoyen(ne)s d’origines arabes et juives à découvrir, avec horreur, que Le Pen, chef de l’extrême droite, s’est trouvé qualifié au second tour avec, entre autres, les voix d’Arabes, qui ont voté pour lui par haine des Juifs, et de Juifs qui ont fait la même chose par haine des Arabes.</p>



<p>Nous nous sommes réuni(e)s à la fin de la manifestation pour créer l’Association d’amitié arabo-juive, Raja-Tikva, dans l’espoir de pouvoir contrer, dans une perspective citoyenne laïque, ces dérives de haines qui contribuent à amplifier la xénophobie en général, l’antisémitisme et l’islamophobie en particulier.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6gFbUfZTu0"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/06/france-comment-etre-prosioniste-et-maintenir-ses-interets-arabes/">France : comment être prosioniste et maintenir ses intérêts arabes</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« France : comment être prosioniste et maintenir ses intérêts arabes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/06/france-comment-etre-prosioniste-et-maintenir-ses-interets-arabes/embed/#?secret=hSA497Qbph#?secret=6gFbUfZTu0" data-secret="6gFbUfZTu0" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Depuis, malgré quelques actions réussies, nous nous sommes trouvé(e)s pris entre les feux croisés de ceux qui jouent sur les amalgames et les confusions : si on dénonce la politique de colonisation rampante d’Israël et les violations quotidiennes des droits du peuple palestinien on est accusé d’antisémitisme, sur fond d’amalgame entre judaïté, sionisme et politique israélienne, et d’assimilation de l’antisionisme et de l’antisémitisme, comme si tous le juifs étaient sionistes et tous les sionistes étaient favorables à la politique d’extrême droite menée par Netanyahou et sa coalition gouvernementale; si on dénonce les attentats terroristes et l’islam politique, on est accusé d’islamophobie, comme si tout les musulmans étaient des islamistes, et tous les islamistes étaient des terroristes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faire reculer les haines</h2>



<p>Le plus grave, c’est que ces amalgames sont de plus en plus partagés par les politiques et par les gouvernants dont le rôle est de garantir le lien social et de faire reculer les haines et les replis identitaires qui en menacent la pérennité; même le milieu scientifique n’est plus à l’abri des effets pervers de ces amalgames inspirant de plus en plus les politiques publiques.</p>



<p>En ce moment où l’on a besoin de voix comme celles de l’association Raja-Tikva pour faire reculer les haines et apaiser les relations entre des populations sous le choc des drames qui s’aggravent du fait du nouveau tournant pris par le conflit asymétrique israélo-palestinien, tout est mis en œuvre pour les étouffer.</p>



<p>Ainsi, toutes les activités programmées par notre association sont suspendues du fait de l’impératif sécuritaire à géométrie variable tendant à interdire toutes les activités qui ne s’alignent pas sur la position du gouvernement; celui-ci s’est empressé d’apporter son soutien à la politique de Netanyahou et ne dénonce que du bout des lèvres le sort réservé à la population de Gaza livrée, sans la moindre protection, aux bombardements de l’armée israélienne.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EtgL0R57Jg"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/01/des-medias-francais-au-service-de-letat-genocidaire-disrael/">Des médias français au service de l’Etat génocidaire d’Israël    </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Des médias français au service de l’Etat génocidaire d’Israël     » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/01/des-medias-francais-au-service-de-letat-genocidaire-disrael/embed/#?secret=27tr1gizEH#?secret=EtgL0R57Jg" data-secret="EtgL0R57Jg" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>La France s’est ainsi illustrée par une politique particulièrement alignée sur les positions israéliennes au mépris des résolutions des Nations Unies, du droit international concernant les crimes de guerre et le sort des populations sous l’autorité d’une puissance occupante, et des droits humains ignorés ou invoqués de façon sélective et hypocrite, selon les protagonistes qui les violent : on dénonce les crimes de guerre du Hamas et on ne dit rien sur les crimes de guerre autrement plus massifs de l’armée israélienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La France se fourvoie</h2>



<p>Devant la multiplication des condamnations visant la politique israélienne, des manifestations de solidarité avec la population de Gaza et le peuple palestinien, partout dans le monde, les autorités françaises ont été obligées de faire semblant de rectifier le tir en laissant s’exprimer celles et ceux qui ne sont pas d’accord avec la position officielle de la France en cherchant à les piéger par un appel, dans ces circonstances, à une marche nationale contre l’antisémitisme, auquel le Rassemblement National a été le premier à répondre en désignant les musulmans comme le principal facteur de l’antisémitisme.</p>



<p>Outre cette instrumentalisation politique de la dénonciation de l’antisémitisme, dont l’extrême droite est loin d’être la seule à tirer les ficelles, le caractère pernicieux de cet appel vient du fait qu’il place les citoyen(ne)s devant un choix impossible : soit on refuse d’y répondre et on se trouve accusé d’antisémitisme; soit on l’accepte et on cautionne, qu’on le veuille ou non, les crimes de Netanyahou et de sa coalition contre la population de Gaza, d’autant plus que dans toutes les manifestation contre l’antisémitisme, le CRIF et les organisations sionistes ont toujours défilé en tête avec le drapeau israélien.</p>



<p>Ce faisant, ceux qui ont pris cette initiative ajoutent à la confusion et aux amalgames dans lesquels se fourvoie la politique en France et contribuent par là à diviser encore plus les citoyen(ne)s, voire à les opposer, et à attiser les haines, au lieu d’œuvrer à empêcher l’importation du conflit en France et à en éteindre les feux en rappelant à tou(te)s et à chacun(e) que LA VIE, LA DIGNITE ET LES DROITS D’UN ÊTRE HUMAIN, QUEL QU’IL SOIT, VALENT LA VIE, LA DIGNITE ET LES DROITS DE TOUT AUTRE ÊTRE HUMAIN, QUEL QU’IL SOIT.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Lyon, le 10/11/ 2023 </em></p>



<p>* <em>Professeur honoraire de l’Université Lyon2, président du Haut conseil scientifique de <a href="https://timbuktu-institute.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Timbuktu Institute</a>, African Center for Peace Studies. </em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="hJ3AxF7DNR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/13/guerre-au-proche-orient-melenchon-dans-le-sens-de-lhistoire/">Guerre au Proche-Orient : Mélenchon dans le sens de l’Histoire  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Guerre au Proche-Orient : Mélenchon dans le sens de l’Histoire   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/13/guerre-au-proche-orient-melenchon-dans-le-sens-de-lhistoire/embed/#?secret=Mac7fZXql0#?secret=hJ3AxF7DNR" data-secret="hJ3AxF7DNR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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