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	<title>Archives des Kamel Gadhgadhi - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Kamel Gadhgadhi - Kapitalis</title>
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		<title>Assassinat de Belaid : Les dessous d’un crime islamiste (7e partie, article 1)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Apr 2017 06:34:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Chokri Belaid]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Kamel Gadhgadhi, Ahmed Rouissi et Boubaker El-Hakim.  L&#8217;affaire de l&#8217;assassinat de Chokri Belaïd sera examiné, de nouveau, mardi 25 avril 2017, l&#8217;occasion de rafraîchir certaines mémoires amnésiques, en poursuivant la publication de cette série d&#8217;articles contre l&#8217;oubli.  Par Abdellatif Ben Salem Les précédents articles ont présenté et analysé les circonstances générales de l’assassinat de Chokri Belaid. Dans...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/04/25/assassinat-de-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste-7e-partie-article-1/">Assassinat de Belaid : Les dessous d’un crime islamiste (7e partie, article 1)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-92895" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/04/Kamel-Gadhgadhi-Ahmed-Rouissi-et-Boubakr-El-Hakim.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Kamel Gadhgadhi, Ahmed Rouissi et Boubaker El-Hakim. </em></p>
<p><em><strong>L&rsquo;affaire de l&rsquo;assassinat de Chokri Belaïd sera examiné, de nouveau, mardi 25 avril 2017, l&rsquo;occasion de rafraîchir certaines mémoires amnésiques, en poursuivant la publication de cette série d&rsquo;articles contre l&rsquo;oubli. </strong></em></p>
<p>Par <strong>Abdellatif Ben Salem</strong></p>
<p><span id="more-92894"></span></p>
<p>Les précédents articles ont présenté et analysé les circonstances générales de l’assassinat de Chokri Belaid. Dans cette dernière partie, qui sera publiée en deux parties, il sera question des exécuteurs. Le menu fretin, en somme, les commanditaires et véritables cerveaux n&rsquo;étant pas encore nommément identifiés, même si leur appartenance politique n&rsquo;est plus un mystère.</p>
<p><strong>Kamel Gadhgadhi</strong>, né à Oued Melliz (Jendouba), 39 ans, abattu en 2014, alias «<em>Abou Sayyâf</em>», «<em>Abou Walid</em>» et «<em>Kamel El-Zamaqtel</em>», pour avoir suivi, à partir de 2010, une formation à l’art martial zamaqtel crée par le salafiste-jihadiste Moncef Ouerghi.</p>
<p>Ex-membre des Ligues de protection de la révolution (LPR), une milice violente au service du parti islamiste Ennahdha.<br />
En 1998, il obtint un baccalauréat section gestion économique et s’inscrit à l’université d’El-Manar. Il se rend en 2003 aux Etats-Unis où il se lie à une citoyenne américaine. Ils projettent de se marier, mais un ordre d’expulsion émis contre lui, sur fond de durcissement des conditions de séjour des étrangers consécutif aux attentats du 11 septembre 2011, ruine cette liaison. De retour à Tunis, il reprend ses études et obtint une licence en comptabilité. D’après l’un de ses complices(1), Gadhgadhi sombre dans l’alcoolisme et végète durant des années grâce aux mandats envoyés par son amie américaine. Entre 2008 et 2009, il effectue un séjour en Malaisie, avant de retourner au pays où il trouve un emploi dans une maison d’assurance.</p>
<p>A l’avènement de la révolution tunisienne, en janvier 2011, il change totalement de comportement. D’après les dépositions de ses complices, il se radicalise en un court laps de temps et se convertit au salafiste.</p>
<p>Il s’installe à Sejnane, au moment où ce bourg berbère de 5000 habitants, tombé dans l’escarcelle des salafistes, allait se transformer en bouillon de culture où fermentait, à 100 kilomètre de Tunis, l’utopie d’un émirat salafiste gouverné par la police religieuse (Hisba). Là-bas, Gadhgadhi s’emploie à dispenser un entrainement au zamaqtel, tout en continuant à travailler comme entraîneur dans une salle dédiée à la diffusion et à l’apprentissage de cet art martial. En 2012, il confie à l’une de ses connaissances s’être infiltré une première fois en Libye pour y apprendre le maniement des armes. Il y revient une seconde fois, en septembre de la même année.</p>
<p>En janvier 2013, Seifallah Ben Hassine alias Abou Iyadh, chef d’Ansâr Charia, le nomme «émir» d’une cellule terroriste constituée de Mohamed Amine Guesmi, Salmane Marrakchi, Marouane Haj Salah, Boubaker El-Hakim, Lotfi Ezzine, Abderrraouf Talbi et Ezzedine Abdellaoui, qui seront tous soupçonnés d’avoir trempé matériellement dans l’assassinat de Chokri Bélaid, secrétaire général du Parti des patriotes démocrates unifié (Watad), le 6 février 2013, et Mohamed Brahmi, secrétaire général du Courant populaire et député de la Constituante (nassérien de gauche), le 25 juillet de la même année.</p>
<p style="text-align: center;"><img decoding="async" class="alignnone wp-image-53881" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/06/Mohamed-Brahmi-et-Chokri-Belaid.jpg" alt="Mohamed Brahmi et Chokri Belaid peu de temps avant leur assassinat." width="500" height="304" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Mohamed Brahmi et Chokri Belaid peu de temps avant leur assassinat.</em></p>
<p>Nous reproduisons ci-dessous les aveux enregistrés(2) d’Ahmed Melki alias El-Somali, sur les circonstances de meurtre de Belaid, telles qu’il les a entendues de la bouche de Kamel Gadhgadhi en personne: <em>«Gadhgadhi a échoué à trois reprises en tentant d’assassiner Belaid. La quatrième fois, il implora Allah de l’aider à accomplir sa besogne. Le 6 février 2013, il demanda à son complice</em> (Mohamed Amine Guesmi)<em> de l’attendre sur son motocycle à proximité de la résidence de Belaid. Il marcha en direction de Belaid, s’approcha de très près. Quand celui-ci s’engouffra dans son voiture, il tira une première balle pour exploser la vitre, ensuite plusieurs autres à bout pourtant, puis il courut vers son complice. Un homme a tenté de le prendre en chasse, il tira dans sa direction pour le faire fuir. Il justifia son acte par le fait qu’il considère Bélaid comme un mécréant (kâfir) ! Comme d’ailleurs tous les députés de la Constituante ainsi que les membres du gouvernement.»</em><br />
Après l’assassinat et la diffusion de ses portraits, Gadhgadhi se réfugie avec Boubaker El-Hakim dans le massif montagneux de Chambi. Toutefois, ne supportant pas les conditions de vie en montagne, El-Hakim décide de retourner tout seul à Tunis. En plus d’affaiblir le régime de la «<em>troïka</em>», l’ancienne coalition gouvernementale alors en place, dominée par le parti islamiste Ennahdha, Gadhgadhi était persuadé, d’après El-Somali, que l’assassinat de Belaid allait plonger le pays dans le chaos, mais, finalement, il considéra que le double assassinat (de Belaid et de Brahmi) n’a pas atteint l’effet escompté, à savoir la déstabilisation du pays.<em> «Tout ce qu’on a pu obtenir à la fin,</em> a dit Gadhgadhi à El-Somali,<em> est un simple changement de gouvernement, ce qui n’était pas l’objectif recherché par Ansâr Chariâ.»</em></p>
<p>Après le meurtre de Belaid et la fuite vers Chambi, Gadhgadhi est retourné à Tunis pour, prétendait-il, unifier les rangs de l’organisation Ansâr Charia en mettant sur pied une nouvelle colonne (katiba) portant le nom de Junûd Al-tawhîd Bi-Tounes (<em>«Soldat de l’unicité en Tunisie»</em>) qu’il rangera sous la bannière de la Katiba Oqba ibn Nafi’ et dont la mission principale était de desserrer l’étau autour des foyers «<em>jihadistes</em>» au Chambi.</p>
<p>Le programme de la katiba en question comprenait la fabrication des colis piégés et l’établissement des contacts entre les partisans de l’organisation à travers tout le territoire, dans le but de coordonner les actions de sabotage contre les sites névralgiques de l’Etat, en particulier sécuritaires, la collecte des armes et de là, le retour à Chambi pour, dans un premier temps, le miner, ensuite livrer «la bataille finale» contre les forces armées du régime, assurer le contrôle total du pays et instaurer le califat (Dawlat Al-Khilâfa)…</p>
<p>Selon Gadhgadhi, Ansâr Charia comptait à cette époque tout au plus une trentaine d’individus au Chambi parmi lesquels il y avait des Algériens, des Mauritaniens et des Nigériens, qui ont posé des mines dans plusieurs endroits de la montagne et tendu des embuscades aux militaires et aux agents de la garde nationale.</p>
<p>Gadhgadhi a été abattu avec d’autres terroristes, le 3 février 2014, au cours de l’assaut donné par la brigade anti-terroriste contre une planque à Raoued, dont les circonstances demeurent obscures. En effet, cet assaut eut lieu 3 jours seulement après l’investiture de Mehdi Jomâa à la tête du 6e gouvernement provisoire après la révolution, qui succéda à celui d’Ali Larayedh, contraint à la démission par le Dialogue national.</p>
<p>Le timing de l’intervention policière continue à susciter nombre de questions. Contrairement à la version du ministère de l’Intérieur affirmant qu’elle a été décidée, en dehors de toute pression politique, suite à un appel téléphonique reçu par un confident de la police, venant d’un correspondant se présentant comme Kamel Gadhgadhi ! Les forces de sécurité – d’après la thèse policière, qui traquaient depuis un an le terroriste, ont réussi à borner l’origine de la communication et découvrir la planque, située à Raoued, où se cachaient des terroristes. L’assaut a été donné, les affrontements ont duré plus de 9 heures et se sont soldés par l’élimination totale des terroristes.</p>
<p>De la même manière, ajoutait la source du MI, la panique suscitée par l’intervention de la brigade anti-terroriste s’est traduite par un flux inhabituel de communications entre les différentes cellules terroristes, permettant la localisation d’Ahmed Melki alias al-Somali à Borj Louzir et son arrestation consécutive.</p>
<p>Plusieurs secteurs de l’opinion et du spectre politique, en particulier les responsables du parti de Chokri Belaid qui, par la voix de Mohamed Jmour, secrétaire général, ont émis des réserves quant à l’authenticité de cette version des faits, privilégiant l’hypothèse d’un grand nettoyage auquel les islamistes ont procédé, pour faire taire les assassins et empêcher tout risque de les capturer vivants.</p>
<p>L’élimination physique des terroristes d’Ansâr Charia avec une telle facilité, un an presque jour pour jour après l’assassinat de Belaid, tendrait à renforcer cette hypothèse eu égard au rapport des forces en présence qui était largement favorable aux forces de sécurité qui pouvaient les neutraliser et les arrêter vivants.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>* * * </strong></p>
<p><strong>Ahmed Rouissi</strong> (46 ans au moment des faits, donné pour mort en 2015) alias <em>«Abou Zakaria»</em>.<br />
<em>«Emir»</em> de la colonne (katiba) terroriste des «Signataires du pacte de la mort» «المتبايعون على الموت», dont le camp d’entraînement se trouve Sabratha (Libye). Ancienne taupe (probablement double) des services de renseignement tunisiens, il officiait jusqu’à 2007 comme voyant (<em>‘arrâf</em>) sous le pseudonyme d’Hélios. Il était le voyant attitré de Leïla Trabelsi épouse de l’ancien président Ben Ali. Il se livrait, grâce aux complicités dont il bénéficia dans les sphères du pouvoir et du système clanique de Belhassen Trabelsi, le frère de Leïla, à des trafics en tout genre qui lui valurent, en raison de sa voracité, la rupture avec ce dernier et une peine de 14 ans de prison pour escroquerie et trafic de stupéfiants.</p>
<p>A l’avènement de la révolution en 2011 et à l’étonnement de tous, Rouissi était le seul détenu à réussir à s’évader on ne sait comment, de l’Alcatraz tunisien, autrement dit, du pénitencier de Nador (Bizerte) réputé par la dureté des conditions de détention et de sécurité maximale, où il purgeait sa peine. Il est difficile de ne pas croire, avec les réserves d’usage, en raison de la grande confusion qui a régné à cette époque, à une évasion arrangée par des complices soit de l’intérieur soit de l’extérieur du pénitencier. La question restera posée : qui l’a relâché et dans quel but? Car nous savions qu’il ne s’agissait pas du seul et unique cas de «libération» déguisée en «évasion», sans parler de la libération massive de centaines de détenus condamné pour terrorisme, en vertu de l’amnistie générale décrétée un peu trop à la hâte, sans tenir compte du danger potentiel que certains d’entre eux représentaient pour la sécurité nationale.</p>
<p>Si l’on croit certaines sources, c’est au cours de son séjour carcéral que Rouissi a été apparemment converti au jihadisme par le doctrinaire de la salafiyya-jihâdiyya, Mohamed Al-Saïdani alors n°2 de la nébuleuse salafiste.</p>
<p>Ahmed Rouissi a participé à l’assaut contre l’ambassade américaine, le 14 septembre 2012, en convoyant des salafistes jusqu’au site de la représentation diplomatique dans un véhicule, celui-là même qui a servi pour les filatures et les préparatifs de l’assassinat de Chokri Belaïd.</p>
<p>Cinq mois plus tard environ. Le 21 février 2013, quinze jours après l’assassinat de Belaïd, Rouissi a été interpellé et écroué, mais ensuite relâché sans aucune charge retenue contre lui. Depuis, il a disparu dans la nature.</p>
<p>On a appris, grâce à un ancien terroriste d’Ansâr Charia au cours d’une émission diffusée par la chaîne Aljazeera, porte-voix officiel de la confrérie mondiale des Frères musulmans, financée par le Qatar, qu’Ahmed Rouissi a fait défection et quitté les rangs d’Ansâr Chariâ pour former son propre bataillon (katiba) probablement à Sabratha.</p>
<p>Citant le procès verbal d’interrogatoire n° 714 établi par l’Unité nationale de recherche sur les crimes terroristes, le journaliste Ahmed Elfaki écrivait(3) : «<em>[…], installé dans une ferme jouxtant un camp d’entrainement au maniement des armes et des explosifs, Ahmed Rouissi alias Abou Zakaria a reçu le groupe chargé d’organiser une série d’attentats simultanée à Sousse et à Monastir et dans plusieurs autres endroits du territoire tunisien, il le forma aux techniques d’explosifs ensuite le renvoya en Tunisie pour exécuter des opérations terroristes sous sa supervision et celle de l’émir de la cellule baptisée Oum Yumna, du nom de l’épouse du terroriste Ridha Sebtaoui, abattue au cours des affrontements armés à Douar Hicher…)»</em></p>
<p>Un terroriste de l’organisation terroriste de l’Etat islamique (Daech) a reconnu avoir reçu, par l’intermédiaire de Rouissi lui-même, une formation militaire ainsi qu’un entrainement sur les techniques de recrutement des mercenaires destinés à la Syrie, en précisant que ce dernier compterait des partisans armés à l’intérieur même du territoire tunisien.</p>
<p>Ahmed Rouissi aurait été abattu, le 13 mars 2015, tout près de Syrte, dans le désert libyen, au cours des combats entre Fajr Libya, branche armée des Frères musulmans libyens, dirigée par l’ancien membre d’Al-Qaïda Abdelkrim Belhaj et instigateur du putsch contre les libéraux sortis vainqueurs des urnes, et l’organisation terroriste autoproclamée «Etat Islamique».</p>
<p>Huit mois après, la famille de Rouissi émettra des doutes sur sa mort, arguant de l’absence de sa tombe en dépit de la diffusion de la photo de son cadavre aisément identifiable.</p>
<p>Le nom d’Ahmed Rouissi est souvent associé à l’affaire de l’ordinateur connu sous le nom de la «la boite noire du terrorisme» saisi dans sa dernière planque au sud, avant de traverser la frontière avec la Libye.</p>
<p>Ali Larayedh, ancien chef du gouvernement islamiste, et ceux qui lui ont succédé se sont toujours refusé à dévoiler le contenu explosif, le mot n’est pas assez fort, de l’ordinateur de Rouissi, ainsi que les carnets saisis tout près de Médenine par la police tunisienne après l’exfiltration de ce dernier en Libye, et d’éclairer l’opinion sur l’affaire du vol, qui a défrayé la chronique, d’une quantité impressionnante d’explosifs dans les magasins de la défense nationale. On rappellera que le capitaine Imed Hizi et le lieutenant Socrate Cherni connaissaient le contenu des pièces saisies et l’aurait même stocké avec d’autres données dans une clé USB qu’il portait sur lui mais qui a disparu le jour de l’accrochage armé à Sidi Ali Ben Aoun, dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, le 23 octobre 2013, dans lequel il trouva la mort(4).</p>
<p>Ce jour-là, le pays attendait avec extrême tension la conférence de presse d’Ali Larayedh fixée pour 11 heures, au cours de laquelle il devait s’engager officiellement à démissionner conformément aux exigences du Dialogue National, quand soudain tombe la nouvelle d’affrontements entre gendarmes et terroristes à Sidi Ali Ben Aoun et se propage comme une trainée de poudre : 6 agents des forces armées, policiers et gardes nationaux tombaient dans une embuscade tendue par des terroristes barricadés dans une bâtisse isolée à Sidi Ali Ben Aoun. Touchés mortellement, les six y ont laissé leur vie: le chef de l’unité anti-terroriste Imed Hizi, les caporaux Mohamed Marzouki, Anis Salhi, Ridha Kasri, Tahar Chebbi et le jeune lieutenant de la garde nationale Socrate Cherni (28 ans) qui connaîtra une gloire immense.</p>
<p>Profitant de l’aubaine, Larayedh disparaît pour n’apparaître que vers 18 heures derrière le pupitre du palais du gouvernement, sans fournir la moindre explication à son retard de 7 longues heures, devant une salle de presse bondée et sous tension. Il annonce brièvement qu’il est disposé à annoncer la démission de son gouvernement seulement avec des conditions. Ce n’était pas ce qui est prévu. La riposte à la volte-face sentant le chantage, de Larayedh ne s’était pas fait attendre. Le Front de salut national (FSN) suspend sur le champ sa participation au Dialogue national, dont la reprise était prévue pour le 25 octobre. Dès le lendemain, la controverse sur la simultanéité surprenante du retard injustifié de 7 heures de la conférence de presse et le massacre de Sidi Ali Ben Aoun, incendie les réseaux sociaux et soulève maintes interrogations. Certains observateurs n’excluaient pas l’hypothèse d’une action concertée – ou manipulée peu importe – entre les groupuscules terroristes et les va t’en guerre au sein d’Ennahdha et leurs alliés, qui refusaient de céder le pouvoir, voulaient tuer dans l’œuf le Dialogue national, bloquer le départ du gouvernement islamiste et renvoyer<em> sine die</em> toute discussion sur leur départ. En clair, ils voulaient précipiter le pays dans le <em>«chaos»</em>, que certains, adeptes des théories des néoconservateurs américains, croyaient dur comme fer qu’il est <em>«créateur»</em> الفوضى الخلاقة.</p>
<p>Rouissi est le cerveau des deux attaques suicides(5) avortés, le 30 octobre 2013, la première, quand le kamikaze Mohamed Jalili Ben Ayed Ben Romdhane, originaire de Zahrouni, a été empêché par la sécurité d’accéder au hall de l’hôtel Palm Beach à Sousse et s’est fait exploser (ou l’a été à distance) sur la plage de Boujâafar, et la deuxième, à Skanes (Monastir), quand le kamikaze, Aymen El-Sâadi, âgé de 18 ans, étudiant dans un Institut de théologie d’orientation salafiste, a été maîtrisé par des visiteurs avant qu’il n’actionne sa ceinture explosive au milieu du jardin du mausolée de Bourguiba.</p>
<p>Dans un entretien accordé le 30 juillet 2016 à Monia Guizani(6) et <em>‘‘Assabah.fr’’,</em> Hosni Rouissi, frère d’Ahmed Rouissi, mettant en avant l’absence de la dépouille, a mis en doute la thèse de la mort de son frère au cours d’affrontement entre Ansâr Charia et Fajr Libya, précisant qu’ils avaient perdu par la même occasion toute trace de son épouse française et de leurs deux enfants.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>* * * </strong></p>
<p><strong>Boubaker El-Hakim</strong> (Paris 1983 &#8211; Raqqa 2016?), alias Abû Muqâtil Al-Tûnisî. Franco-tunisien, ancien recruteur de la filière irakienne des Butte Chaumont dans le 19e arrondissement de Paris pour Al-Qaïda. On sait maintenant qu’une fois entrés en Irak via la Syrie, ces recrues se présentaient à la résistance irakienne encadrée par les officiers de l’ex-armée irakienne, comme des volontaires venus défendre l’Irak et combattre l’invasion américaine, mais en réalité, ils venaient grossir les rangs d’Al-Qaïda pour faire de l’Irak en émirat islamique. Ils profitaient de la formation militaire prodiguée par les officiers irakiens qui croyaient former des volontaires pour renforcer la résistance.</p>
<p>Son jeune frère Rédouane El-Hakim est tué en 2004 dans un bombardement américain à Falloujah.</p>
<p style="text-align: center;"><img decoding="async" class="alignnone wp-image-92898" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/04/Abou-Baker-El-Hakim.jpg" alt="Abou Baker El-Hakim" width="500" height="297" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Abou Baker El-Hakim tué le 26 novembre 2016 à Raqqa par un raid américain.</em></p>
<p>Après trois mois passés en Irak, Boubaker El-Hakim retourne en France en janvier 2003. En mars de la même année, il obtient à Damas un visa de séjour de trois mois en Irak où il intégrera «<em>la Légion étrangère</em>»; il retraverse quelques mois après la frontière en direction de la Syrie où il est interpellé et expulsé.</p>
<p>C’était à cette époque, qu’il fera la connaissance de Saber Mechergui et Karim Klaï, dont il sera plus tard question de leur implication dans l’assassinat de Belaid et de Brahmi. Il retourne pour la troisième fois en Irak. Mais il décide de rentrer en Syrie à la chute de Bagdad en avril 2003. Il est arrêté à Damas et renvoyé en France le 31 mai 2005. (7)</p>
<p>Arrivé en France, il sera aussitôt mis en examen pour <em>«association de malfaiteurs»</em> et incarcéré. Il écope Le 14 mai 2008 de 7 ans de prison assortis d’une peine de sureté de quatre ans et huit mois. Bénéficiant d’une remise du reliquat de sa peine d’emprisonnement, il est remis en liberté Le 5 janvier 2011. Il devrait quitter normalement la prison vers la fin du mois de mai 2012. Il s’installe alors en Tunisie post-révolution, prend ses quartiers dans une mosquée mise sous la coupe de la salafiyya-jihadiyya, gérée par des éléments d’Ansâr Chariâ à Tunis. Il participe à une filière de trafic d’armes avec la Libye voisine. Jusqu’à sa fuite en Syrie via la Libye, il bénéficiera d’une grande liberté de mouvement qu’il mit à profit pour introduire une grande quantité d’armes de guerre(8) dont une partie – deux grands sacs bourrés de grenade à main, de Kalachnikovs, des fusils à lunette et une grande quantité de munitions transférés suite à une alerte – a été saisie par la brigade anti-terroriste dans le garage de Saber Mechergui à M’nihla, qui a reconnu avoir donné un coup de main à El-Hakim pour convoyer les armes de la localité de Sanhaja (Sejnane) jusqu’au garage qui lui servait de dépôt d’eau minérale et de boissons gazeuses</p>
<p>Après l’assassinat de Belaid et de Brahmi, le parquet général ouvre le 1er août 2013 à Paris une enquête sur El-Hakim. Cependant jusqu’à sa mort, confirmée le 11 décembre 2016, le dossier de Boubaker El-Hakim ne contenait que le déclenchement d’une enquête pour participation à une entreprise terroriste. Rappelons au passage qu’à l’occasion de la tenue des innombrables procès des assassins de Belaid, renvoyés avec ponctualité depuis trois ans, son collectif d’avocats de défense a exprimé le souhait que la justice française lui communique le dossier d’El-Hakim.</p>
<p>Le 12 juillet 2013, une note envoyée par le département de sécurité de l’Ambassade des Etats-Unis à Tunis, est parvenue au directeur des services spéciaux (al-masâlih al-mukhtassa) en sa qualité de responsable de la direction de la sécurité extérieure tunisienne, ce dernier aurait remis la note, d’après la déposition de l’ancien ministre de l’Intérieur Lotfi Ben Jeddou devant le juge d’instruction(9), à son supérieur, le directeur général de la sûreté nationale (al-mudîr al-‘am li-l-amn al-watanî) Wahid Toujani, aux fins de dispatcher la note américaine aux différents services et à leurs antennes régionales.</p>
<p>La note en question renseignait les autorités sur l’existence d’un plan d’assassinat du dirigeant du Courant populaire et député à l’Assemblée nationale constituante (ANC) Mohamed Brahmi. Au cours de l’enquête réalisée autour du périmètre de la résidence de Brahmi, les enquêteurs de la police criminelle ont fini par porter leurs soupçons sur Boubaker El-Hakim et Anis H’dhili. En conséquence de quoi, une <em>«descente»</em> sur commission rogatoire sur la planque où se terrait El-Hakim, un appartement à la cité Al-Ghazela, a été programmée pour le 19 juillet 2013, soit 5 jours avant que l’irréparable soit commis. Une unité spéciale de la Brigade anti-terroriste? renseignée par un policier en civil s’est rendue sur place pour effectuer cette perquisition, mais le policier-fixeur, en mèche avec le terroriste, l’a déroutée sciemment, sur ordre d’un haut responsable de la sécurité (probablement de la police parallèle sous le contrôle d’Ennadha) vers une autre rue, afin de donner le temps à El-Hakim de prendre la poudre d’escampette.</p>
<p>Prévenu à temps, ce dernier a pu en effet se sauver par une fenêtre en oubliant dans sa fuite son kalachnikov, un automatique et son chargeur, une grenade à main et sa <em>shlaka</em> (babouche).</p>
<p>Plus tard on a appris qu’El-Hakim s’est refugié dans le massif montagneux de Chambi. Il se cachera ensuite un temps à Sidi Bouzid, plus précisément à Sidi Ali Ben Aoun, fief du salafiste-takfiriste Al-Boukhari Al-Idrissi, avant d’être finalement exfiltré vers la Libye d’où il rejoindra le front syrien.</p>
<p>Introuvable, son complice Anis H’dhili aurait quitté le pays pour le Mali où il trouva vraisemblablement la mort.<br />
Après l’attentat de <em>‘‘Charly Hebdo’</em>’ le 8 janvier 2015, la police française a découvert la trace d’un contact – téléphonique à ce qu’il semble – datant de 2005 entre El-Hakim – qui a également engagé sa responsabilité dans le massacre de <em>‘‘Charklie Hebdo’’</em> – et Chérif Kouachi, 32 ans, l’un des frères Kouachi, auteurs de la tuerie de la rédaction du journal satirique, quand ce dernier appartenait à la bande d’El-Hakim du réseau de recrutement des jihadistes pour l’Irak, connu, comme nous l’avions indiqué, sous le nom de «<em>Filière des Buttes-Chaumont</em>», qui était alors dirigée par l’ex-mentor spirituel des frères Kouachi Cherif et Said et auto proclamé «émir», le prédicateur de la mosquée de la rue de Tanger, Farid Benyettou(10).</p>
<p>Benyettou a été jugé en 2005 dans le cadre de cette affaire, écopant d’une peine de six ans de prison ferme (11).<br />
Par ailleurs, d’après l’enquête menée par les polices françaises et britanniques sur l’attentat de Sousse, El-Hakim serait également l’un des instigateurs de l’attaque du musée du Bardo et de la tuerie de l’hôtel Riu Impérial Marhaba à Sousse, qu’il aurait planifiée à partir de son repaire à Raqqa où il dirigeait une unité d’opérations au sein de l’organisation terroriste autoproclamée de l&rsquo;Etat islamique en Irak et en Syrie, chargée des préparer des attentats extérieurs. Plusieurs prévenus dans ces attentats étaient passés en effet par les camps d’entrainement supervisés par El-Hakim en Syrie(12).</p>
<p>Dans une vidéo de propagande postée le 18 décembre 2014 au nom d’Ansâr al-Charia, il revendiqua l’assassinat de Chokri Belaid et de Mohamed Brahmi, à propos duquel, il déclara, dans un entretien au magazine de propagande de L’EI,<em> ‘‘Dâbiq’’</em> : <em>«Je l’ai tué en tirant dix balles»</em>. Promettant encore plus d’assassinats: <em>«Vous ne vivrez pas en paix tant que la Tunisie n’appliquerait pas la loi islamique»</em>(13).</p>
<p>Voici la réponse d’El-Hakim à Ahmed el-Melki alias Al-Somali, dont il sera question dans les lignes suivantes, qui lui a demandé de lui raconter comment et pourquoi il a assassiné Mohamed Brahmi (14) : <em>«L’objectif d’Ansâr Charia est de plonger le pays dans le chaos par le recours à l’assassinat des hommes politiques et des journalistes. Une liste est déjà prête, Maya Jribi, Kamel Morjane, Ibrahim Qassas et Ameur Larayedh ! C’est le moyen pour l’organisation de ‘‘parfaire son image’’ auprès de ses partisans et sympathisants et démontrer qu’elle est forte, capable de renverser le régime et de construire à la place l’émirat islamique. A propos des circonstances de l’assassinat, El-Hakim a précisé qu’il a tiré sur Mohamed Brahmi plusieurs balles à l’aide de deux pistolets automatiques, un Beretta, et un Smith, ensuite il prit la fuite»</em>.</p>
<p>L’ancien agent de police, Ezzedine Abdellaoui, autre prévenu, aurait reconnu, dans sa déposition, qu’El-Hakim faisait partie de l’escadron de tueurs chargé par Ansâr Chariâ d’assassiner Mohamed Brahmi, précisant que c’est El-Hakim qui tua de 14 balles à bout pourtant le député de la Constituante devant son domicile. Les extraits d’aveux publiés dans des journaux ne disent pas en revanche comment El-Hakim a participé à l’assassinat de Chokri Belaïd.</p>
<p>A l’occasion de la deuxième commémoration de l’assassinat de Brahmi, Mongia Bouazizi du quotidie <em>‘‘Al-Chourouk’’</em> a rendu publiques de nouvelles révélations qui méritent d’être reproduites ici : «<em>[…] Un certain K. M. (pour Kais Mchalla !), commerçant temporairement séparé de son épouse, a prêté son appartement vacant sis à le cité Al-Ghazela à deux individus, Saber Mechergui et Karim Klaii, qui prétendaient être recherchés par la police pour leur participation à l’attaque de l’ambassade américaine. Quelques temps après Boubaker El-Hakim a fait son apparition dans l’appartement occupé par les deux terroristes (qu’il connaissait pour les avoir rencontrés dix ans auparavant en Syrie). Intrigué, le propriétaire des lieux a voulu reprendre son bien. Il en avait fait part successivement à deux hauts responsables des Services. Pas du tout surpris, ceux-ci lui confirmèrent qu’ils étaient au courant que l’appartement était bourré d’armes et d’explosifs mais qu’ils n’avaient pas reçu encore l’ordre de passer à l’action ! […]»</em></p>
<p>Il semblerait que l’informateur de la police n’était autre que l’oncle maternel d’El-Hakim(15). Mais avant d’en faire part aux services de sécurité, il se confia le 17 juillet 2013 à un responsable d’Ennahdha – parce qu’il en faisait sans doute lui-même partie – sur l’activité de son neveu et surtout sur les armes qui se trouvaient en sa possession. Après l’avoir écouté le responsable en question lui a promis de le recontacter mais il ne donna aucune suite. Le 14 décembre 2016 on apprend par le journal électronique ‘<em>‘Businessnews’’</em> que, d’après une source judiciaire fiable, l’oncle d’El-Hakim, le responsable d’Ennahdha et le cadre sécuritaire ayant induit en erreur la section de la brigade anti-terroriste en lui fournissant une fausse adresse d’El-Hakim, sont entendus dans le cadre de l’affaire de l’assassinat de Brahmi par le bureau N° 12.</p>
<p>Le 26 novembre 2016 ? Repéré au volant de sa voiture à proximité du stade de Raqqa, El-Hakim a été ciblé, selon le collectif hostile tant à Daech qu’au régime syrien, ‘‘<em>Raqqa is Being Slaughtered Silently’</em>’ (« رقة تذبح في صمت »), par un bombardement américain.</p>
<p>Le 10 décembre 2016, le Pentagone annonce officiellement avoir abattu le terroriste.</p>
<p>Lente, trop lente même avec les assassins en vie, la justice tunisienne fait montre d’une célérité <em>«exemplaire»</em> quand il s’agit de <em>«châtier»</em> les terroristes morts et enterrés. Treize jours en effet après l’annonce de sa mort par les Américains, Boubaker El-Hakim, suspect n°1 dans l’assassinat de Mohamed Brahmi, à été condamné par contumace à la prison à perpétuité pour complot contre la sûreté de l’Etat et à 20 ans pour crime terroriste dans l’affaire de la branche militaire d’Ansâr Charia.</p>
<p><em><strong>A suivre… 7e partie, article 2.</strong></em></p>
<p><em><strong>Notes:</strong> </em><br />
<em>1- Pour reconstruire l’itinéraire de l’assassin de Belaid, nous nous sommes entre autre basés sur l’article (en arabe) de Sabah Chebbi «Kamel Gadhgadhi : de l’alcoolisme au terrorisme» in « Assabahnews » (04/02/2016).</em></p>
<p><em>2- Un mois après avoir fait sa déposition, Ahmed Melki s’est rétracté &#8211; sur les conseils sans doute de son avocat –. Cependant les détails qu’il avait fournis, vérifiés et vérifiables, et la logique qui structure l’ensemble de sa version rendent extrêmement difficile toute tentative de décrédibiliser cette déposition. Lire l’article (en arabe) de Sabah Chebbi, «L’histoire complète du voleur et décorateur des salons devenu terroriste», « Assabahnews.tn » (04/02/2016).</em></p>
<p><em>3- « Akherkhabaronline » (02/06/2016).</em></p>
<p><em>4- Une semaine après la mort de deux gardes nationaux, le lieutenant Mohamed Ferchichi et le sergent Karim Hamdi, sauvagement massacrés par 23 terroristes à Dour Ismail et la mutinerie qui a failli se transformer en une insurrection dans les pays, le 18 octobre, à la caserne de Laouina d’une centaine de gardes nationaux contre les chefs de la « troïka », Marzouki, Ben Jaafar et Larayedh arrivés à la caserne, totalement indifférents à la douleur des camarades des disparus, avec un retard de trois heures, à la cérémonie d’hommage aux martyrs, tandis que les dépouilles pourrissaient lentement au soleil.</em></p>
<p><em>5- Au moment où nous écrivons ces lignes nous avons appris par la presse la condamnation par contumace, il y a quelques jours, contre Ahmed Rouissi, dans l’affaire de ces deux attentats, à la prison à perpétuité, plus 30 ans de prison pour appartenance à organisation terroriste…</em></p>
<p><em>6- « Assabahnews.tn » (30/07/2016).</em></p>
<p><em>7- « Le Monde. fr » (11/12/2016).</em></p>
<p><em>8- Rappelons qu’après l’assassinat de Mohamed Brahmi, sa veuve Mbarka Aouania-Brahmi, à révélé que son défunt mari a exprimé par téléphone à deux reprises au président provisoire son inquiétude face à l’introduction massive des armes en Tunisie, Moncef Marzouki a répondu (sans le conditionnel) «qu’il n’y avait pas à s’inquiéter et que, tout compte fait, ces armes serviront au moment voulu pour réduire la contre-révolution, sachant que par « contre révolution »», Marzouki désignait l’opposition, majoritairement progressiste.</em></p>
<p><em>9- « Assabahnews » (11 avril 2015).</em></p>
<p><em>10- Invité controversé à l’émission de Thierry Ardisson «Salut les Terriens» du 7 janvier 2017 pour faire la promotion de son livre coécrit avec Dounia Bouzar, Benyettou qui a été formé par les Frères musulmans de Château-Chinon, reconnut «avoir adhéré à une idéologie meurtrière, [qu’il l’a] propagée parce [qu’il était lui-même] sous emprise». </em></p>
<p><em>11- Repenti à sa sortie de prison, il a annoncé qu’il abjura La salafiyya-jihadiyya et entreprit une formation d’infirmier avant d’être recruté en octobre 2016 par l’anthropologue Donia (Dominique) Bouzar au Centre de prévention des dérives sectaires liées à l’Islam (CPDSI) chargé de contribuer à la mise en application du programme de déradicalisation. Ce centre touchait sous forme de subvention l’équivalent de 600 000 euros par an jusqu’au 2015. Conçu un peu à l’image d’un «centre de soins», son efficacité n’a jamais été à ce jour démontrée. </em></p>
<p><em>12- « Le Monde.fr » (08/12/2016). </em></p>
<p><em>13- Dans le même entretien , El-Hakim poursuit : «Nous avons voulu provoquer le chaos dans le pays […] afin de faciliter les mouvements des frères, d’apporter les armes et de libérer nos frères des prisons […] l’affaire a réussi, mais certains de ceux, associés au djihad là-bas se sont mis à défendre les institutions gouvernementales et ont ainsi saboté notre mission […] après toutes ces tentatives, j’ai décidé de me rendre au Sham et d’y rejoindre L’Etat islamique», « Dabiq », mars 2015, repris par « Le Monde » (10/12/2016).</em></p>
<p><em>14- Pour contextualiser la rencontre entre El-Hakim et Al-Somali, précisons que 24 heures avant l’assassinat de Mohamed Brahmi le 24 juillet 2013, d’après la déposition d’Ahmed Melki alias Al-Somali, le dénommé Riadh Louati, alias «Abou Obeida», dirigeant d’Ansâr Charia &#8211; abattu à Raoued le 3 février 2014 &#8211; a appelé Al-Somali pour lui annoncer que son voisin allait être supprimé et lui demanda de quitter la région pour éviter les poursuites judiciaires. Le lendemain, 25 juillet, quelques heures après l’assassinat, Louati rappelle à nouveau Al-Somali pour l’informer qu’il est recherché par la police et lui propose en conséquence de le mettre à l’abri dans une maison à Raoued et c’est là où il fit la rencontre avec El-Hakim. Extraits de l’article (en arabe) «L’histoire complète du voleur et décorateur de salons devenu terroriste» de Sabah Chebbi, in « Assabahnews » (04/02/2016).</em></p>
<p><em>15- El-Hakim partait au jihad en famille, outre son jeune frère Rédouane abattu en Irak, il a été rejoint en Syrie par sa mère, son demi-frère et l’épouse de ce dernier. Le 6 décembre 2016, trois autres membres de sa famille vivant en France ont été placés en garde à vue, la mère de l’épouse de son demi-frère soupçonnée de leur envoyer des mandats, et les deux sœurs d’&rsquo;El-Hakim dont l’une aurait fait un passage par l’organisation terroriste Etat islamique. </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/04/25/assassinat-de-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste-7e-partie-article-1/">Assassinat de Belaid : Les dessous d’un crime islamiste (7e partie, article 1)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Terrorisme : Somali condamné à 24 ans de prison ferme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Feb 2017 10:51:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ariana]]></category>
		<category><![CDATA[Chokri Belaid]]></category>
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		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le terroriste Ahmed Melki, alias Somali, a été condamné, mercredi soir, à 24 ans de prison ferme dans une affaire terroriste. Le tribunal de 1ère instance de Tunis a condamné, dans la soirée du mercredi 22 février 2017, Ahmed Melki, ainsi que 5 autres membres de la cellule terroriste appelée «Jaâfar», du nom du quartier...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/02/23/terrorisme-somali-condamne-a-24-ans-de-prison-ferme/">Terrorisme : Somali condamné à 24 ans de prison ferme</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-84178" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/02/Ahmed-Melki-Somali-1.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Le terroriste Ahmed Melki, alias Somali, a été condamné, mercredi soir, à 24 ans de prison ferme dans une affaire terroriste.<br />
</strong></em></p>
<p><span id="more-84161"></span></p>
<p>Le tribunal de 1<sup>ère</sup> instance de Tunis a condamné, dans la soirée du mercredi 22 février 2017, Ahmed Melki, ainsi que 5 autres membres de la cellule terroriste appelée «Jaâfar», du nom du quartier de l&rsquo;Ariana où elle opérait, et qui est impliquée dans plusieurs affaires terroristes.</p>
<p>Les prévenus avaient été arrêtés lors d&rsquo;une opération antiterroriste, le 4 février 2014, dans une maison à Raoued, gouvernorat de l&rsquo;Ariana, au nord de Tunis.</p>
<p>Sept éléments ont été tués par les forces sécuritaires et l’armée, dont Kamel Gadhgadhi, soupçonné d&rsquo;être le meurtrier du dirigeant de gauche Chokri Belaïd, le 6 février 2013.</p>
<p>La maison où les terroristes s’étaient retranchés était gérée par le terroriste franco-tunisien Abou Baker El-Hakim (actuellement en fuite en Syrie), qui avait planifié plusieurs attaques terroristes et assassinats politiques en Tunisie.</p>
<p>Rappelons que Somali est aussi accusé d’être l’auteur présumé de l’assassinat du député Mohamed Brahmi (25 juillet 2013), mais la justice n&rsquo;a pas encore rendu son verdict dans cette affaire.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Y. N.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/02/23/terrorisme-somali-condamne-a-24-ans-de-prison-ferme/">Terrorisme : Somali condamné à 24 ans de prison ferme</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Assassinat de Chokri Belaid : Les dessous d’un crime islamiste (5e partie)</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2016/12/27/assassinat-de-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste-5e-partie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Dec 2016 08:25:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ali Larayedh]]></category>
		<category><![CDATA[assassinat]]></category>
		<category><![CDATA[Béchir Akremi]]></category>
		<category><![CDATA[Chokri Belaid]]></category>
		<category><![CDATA[Kamel Gadhgadhi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une nouvelle audience, aujourd’hui, mardi 27 décembre 2016, du procès de l’assassinat de Chokri Belaid. L’occasion de rafraîchir certaines mémoires oublieuses. Par Abdellatif Ben Salem En réaction à la puissante mobilisation des Tunisien-ne-s le jour des funérailles du leader du Front populaire le Martyr Chokri Belaid, deux jours après son assassinat à Tunis, le 6...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/12/27/assassinat-de-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste-5e-partie/">Assassinat de Chokri Belaid : Les dessous d’un crime islamiste (5e partie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-37736" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/02/Chokri-belaid-10.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p style="text-align: left;"><em><strong>Une nouvelle audience, aujourd’hui, mardi 27 décembre 2016, du procès de l’assassinat de Chokri Belaid. L’occasion de rafraîchir certaines mémoires oublieuses.</strong> </em></p>
<p style="text-align: left;">Par<strong> Abdellatif Ben Salem</strong></p>
<p style="text-align: left;"><span id="more-76846"></span></p>
<p style="text-align: left;">En réaction à la puissante mobilisation des Tunisien-ne-s le jour des funérailles du leader du Front populaire le Martyr Chokri Belaid, deux jours après son assassinat à Tunis, le 6 février 2013, le parti islamiste Ennahdha, qui conduit la troïka, la coalition gouvernementale de l’époque, organisa moins de deux semaines après, un contre-rassemblement, en plein cœur de la capitale.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>«Crevez de rage!», lançait Ghannouchi</strong></p>
<p style="text-align: left;">Y étaient présents la plupart des dirigeants de ses franges extrémistes, dont Habib Ellouze, député de Sfax, et le provocateur ministre de l’Agriculture, la brute épaisse Mohamed Ben Salem, Sahbi Atig, Rached Ghannouchi et quelques excités du Congrès pour la république (CpR), le parti de Moncef Marzouki, alors président provisoire de la république <em>«élu»</em> avec quelque… 7.000 voix.</p>
<p style="text-align: left;">Sur le côté de la tribune trônait curieusement le portrait du secrétaire général du Néo-destour, Salah Ben Youssef, assassiné par balle sur ordre du premier président de la république tunisienne, Habib Bourguiba, dans un guet-apens tendu dans un hôtel à Francfort en 1962. Par un jeu pervers de substitution, les islamistes d’Ennahdha et leurs acolytes voulaient suggérer l’idée qu’il n’est pas martyr qui veut. Leur refus subliminal, à travers le non-dit de l’exposition de l’effigie de Ben Youssef, de reconnaître à Belaid le statut de martyr, tant envié dans l’idéologie islamiste considérant le sacrifice comme valeur suprême, en disait long sur l’aspiration inavouable d’Al-Murshid al-‘Âm, Rached Ghannouchi, à jouer, à l’image du pape de la chrétienté, le rôle d’intercesseur dans le processus extrêmement complexe et codé de béatification des martyrs et de canonisations des saints, pratiqué depuis des siècles par l’Eglise catholique(1). Il ne sera pas surprenant qu’une fois parvenu au stade ultime du «<em>tamkîn</em>»(2), la <em>sancta sanctorum</em> de Monplaisir, quartier de Tunis où se trouve le siège d’Ennahdha, devienne le siège d’un ersatz de la «<em>Congrégation de la doctrine de la foi</em>»(3), seule habilité à délivrer ou pas le précieux sésame qui ouvrira grandes ouvertes les portes du jardin de l’Eden peuplé de houris languissantes.</p>
<p style="text-align: left;">Comme on pouvait s’y attendre, Soufia Zouhir (décédée il y a un an), veuve du chef nationaliste, et ses enfants ont moyennement apprécié cette mauvaise plaisanterie. Ils ont d’ailleurs publiquement dénoncé la tentative honteuse des islamistes de faire main basse sur la symbolique de l’une des grandes figures du mouvement national.</p>
<p style="text-align: left;">A la fin de ce meeting, Rached Ghannouchi, étranglé par la haine, a poussé le fameux cri de ralliement des foules fanatisées par le terroriste égyptien Wajdi Ghanim : <em>«Crevez de rage!»</em> («Mûtû bi-ghaydhikum»).</p>
<p style="text-align: left;">La Tunisie venait d’entamer sa course vers l’abîme.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>L’entente Ghannouchi – Caïd Essebsi </strong></p>
<p style="text-align: left;">Pour avoirs traité déjà certains aspects de l’évolution strictement juridique de l’affaire dans les parties précédentes de la série ou dans des articles intermédiaires, nous n’allons pas revoir en détail les péripéties des reports successifs du procès ou les changements à une cadence rapide des sept ministres qui se sont succédés, depuis mars 2013, à la tête du département de la Justice(4), dont le limogeage – pour la plupart – était souvent lié, malgré ce qu’on a pu affirmer ici et là, aux dossiers soit des assassinats politiques soit de la lutte antiterroriste, idem pour les épisodes du conflit permanent opposant depuis trois longues années le comité de défense de Chokri Belaid et ses héritiers et le magistrat instructeur du bureau N°13 du pôle de lutte antiterroriste qui s’est conclu, en avril 2016, par la requête introduite par la Parti des patriotes démocrates unifié (Watad), dont Belaid était le secrétaire général, de le dessaisir du dossier de l’affaire de l’assassinat pour absence de neutralité. Béchir Akremi est, en effet, soupçonné d’appartenir à l’ancien parti de Moncef Marzouki, le CpR. Sa nomination récente au poste de Procureur de la république n’y changera pas grand-chose, car aucun-e- Tunisien-n-e n’acceptera qu’on sacrifie une seconde fois les martyrs de la nation sur l’autel des petits calculs partisans.</p>
<p style="text-align: left;">Nulle exagération de dire aujourd’hui, en phase avec des larges secteurs de l’opinion, que les irrégularités et la violation de la loi qui ont entaché et entachent encore le dossier de l’enquête sur les assassinats politiques, sont la conséquence logique du deal politique entre Nidaa Tounes et Ennahdha, passé trois semaines après l’assassinat du député de la Constituante et secrétaire général du Courant populaire, Mohamed Brahmi, lors de la rencontre secrète de Paris, le 15 août 2013, entre Rached Ghannouchi et Béji Caid Essebsi, et sur lequel il n’est pas superfétatoire de revenir encore une fois, puisque nous ne sommes pas sûrs que la mémoire collective de notre peuple réservera aux protagonistes de ce mystérieux épisode une place d’honneur.</p>
<p style="text-align: left;">Alors que la colère gronde à Tunis, en ce 15 août 2013, le président de Nidaa Tounes, Béji Caid Essebsi, en séjour de santé à Paris, répond à une sollicitation du président du Mouvement Ennahdha, souhaitant le rejoindre dans la capitale française pour s’entretenir sur la situation politique dans le pays après l’assassinat de Mohamed Brahmi.</p>
<p style="text-align: left;">Ici les versions divergent à propos de la paternité de l’invitation. Ghannouchi soutient que c’est Caid Essebsi qui l’aurait invité. L’entretien a été parrainée par de nombreuses personnalités dont l’homme d’affaires Slim Riahi, président de l’Union patriotique libre (UPL), qui aurait mis à disposition de Ghannouchi son jet personnel pour le transporter à Paris, Nabil Karoui président de la chaîne privée Nessma, ami proche du diplomate espagnol Bernardino León, représentant de l’Union européenne (UE) pour la région sud de la Méditerranée, ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement socialiste de Luis Rodriguez Zapatero, et, apparemment, fin connaisseur des subtilités du jeu politique dans les pays d’Afrique du Nord. León aurait rempli, en tant que Monsieur bon office de l’UE, un rôle prépondérant dans le rapprochement des points de vue de deux dirigeants tunisiens au cours de cette rencontre qui eut lieu à l’hôtel le Bristol situé dans les quartiers chics, rue du faubourg Saint-honoré(5).</p>
<p style="text-align: left;">Après celle de Paris, de nombreuses autres rencontres secrètes entre les deux hommes suivront à Tunis. Trois ans et demi plus tard, on n’en sait pas plus sur leurs contenus respectifs.</p>
<p style="text-align: left;">Caïd Essebsi déclarera plusieurs mois après, que ces «pourparlers» se sont déroulés dans «une ambiance franche et amicale», tout en précisant qu’en langage diplomatique cela veut dire que «nous ne sommes tombés d’accord sur rien !».</p>
<p style="text-align: left;">Mais de l’avis de plusieurs observateurs, cette rencontre «<em>inopinément</em>» voulue par Ghannouchi, a ouvert un canal de dialogue inespéré entre les Frères musulmans et Caïd Essebsi. En tendant la perche aux islamistes et leurs alliés totalement aux abois, le président de Nidaa Tounes a conclu, peut être sans le savoir ni le vouloir, ou l’inverse, un pacte sur le partage futur du pouvoir avec Ennahdha. Et pas seulement. Il aurait, en décidant de la nature du régime politique qui préside aujourd’hui à notre destinée, consacré sur le moyen terme l’immobilisme des institutions, plombant au passage toute évolution politique vers plus d’ouverture et de démocratie.</p>
<p style="text-align: left;">D’autre part le geste salutaire de Caïd Essebsi envers Ennahdha a évité l’effondrement fracassant de la <em>«troïka»</em>. La chute programmée de la maison islamiste, sous les coups de butoir d’une nation meurtrie et blessée au cœur par un deuxième assassinat politique, fut reportée, mais pour combien de temps encore</p>
<p style="text-align: left;">Une fois élu président, Caid Essebsi a reconnu, lors d’une intervention télévisée en 2016, <em>«le mal que lui-même et Ghannouchi se sont donné depuis la rencontre de Paris pour parvenir à ce compromis</em> &#8211; tawâfuq &#8211; [partage du pouvoir]»(6).</p>
<p style="text-align: left;">Le récent verdict innocentant, contre toute attente, le prévenu principal Said Chibli (CpR) et ses complices d’Ennahdha et des Ligues de protection de la révolution (LPR), dans l’affaire du meurtre de Lotfi Nagdh – documenté par le son et par l’image : <em>«Vas-y cogne, il bouge encore»</em> – représentant de l’Union régional des agriculteurs et responsable de la section de Nidaa Tounes à Tataouine, a soulevé une vague d’indignation générale à travers le pays.</p>
<p style="text-align: left;">Ce jugement rendu par une justice dont l’indépendance, suscite, de l’avis même des maints observateurs aussi bien Tunisiens qu’étrangers, bon nombre de questions, eut comme résultat de conforter la thèse de l’entente probable entre les deux responsables sur la fermeture du dossier des assassinats et celui de la violence politique des islamistes, pour sauvegarder prétendument <em>«la paix civile et l’unité de la nation»</em>.</p>
<p style="text-align: left;">Décliné sur au autre ton, ce que nous redoutions eut bien lieu. La raison d’Etat est en passe de l’emporter sur toutes les autres considérations aussi essentielles soient-elles pour l’avenir du pays.</p>
<p style="text-align: left;">Quoi qu’il en soit, la volonté de puissance, le passage du temps, l’oubli, la mémoire courte ou le chantage ne sauront effacer les traces que les uns et les autres avaient laissées sur le théâtre du crime. Dans certaines conditions historiques, les hommes ont des responsabilités objectives et un jour ou l’autre, ils seront contraints de les assumer. Cela arrive qu’ils soient acquittés par la justice des hommes, en revanche ils ne seront jamais absous par le tribunal de l’histoire.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Les batailles juridiques</strong></p>
<p style="text-align: left;">Me Mohamed Jmour, secrétaire général adjoint du Watad et Me Nizar Senoussi, membre du comité de défense de Chokri Belaid, ont révélé, le 3 février 2016, que l’ex-ministre de la Justice Mohamed Salah Ben Aissa a été limogé, le 20 octobre 2015, à la suite d’une «correspondance adressée au procureur de la république lui enjoignant, en tant que chef du parquet via le procureur général de la cour d’appel, une série de demandes auxquelles le juge est sommé de répondre [concernant l’affaire de l’assassinat]», notamment la faculté de signer l’acte d’accusation contre toute personne soupçonnée d’être impliquée dans le meurtre du dirigeant du Watad.</p>
<p style="text-align: left;">Le 9 juin 2016, Me Ali Kalthoum a révélé que le syndicaliste Walid Zarrouk – condamné à 18 mois de prison dans le silence général – lui a confié que, le 6 février 2013, un officier de police l’avait informé qu’une patrouille de police avait pris en chasse et intercepté un véhicule à bord duquel se trouvaient 4 hommes armés. En procédant au contrôle de routine les policiers furent surpris de découvrir que les quatre passagers du véhicule faisaient partie de l’équipe de protection de Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha. Alerté, le chef du district du gouvernorat de l’Ariana, où venait d’avoir lieu l’assassinat de Belaid, donna l’instruction à la patrouille de les relâcher immédiatement.</p>
<p style="text-align: left;">Après la décision inattendue prise, à partir de l’étranger, par le juge d’instruction, de clore le dossier de l’instruction dans l’affaire Belaid – décision d’autant plus incompréhensible que la partie civile était en contact fréquent avec son bureau – et son refus subséquent de fournir à la partie plaignante une notification écrite de cette décision, le parti Watad a annoncé, le 19 avril 2016, qu’il se réserve le droit de porter cette affaire devant les juridictions internationales, estimant que la décision du juge du Bureau N°13 et le résultat prévisible de la multiplication des indices attestant de l’absence d’impartialité de la justice tunisienne. Le bureau politique de la formation de gauche a protesté énergiquement contre cette décision que rien ne justifiait si ce n’est les interférences extérieures visant à entraver le cours de la procédure.</p>
<p style="text-align: left;">Ce communiqué dénonce également les pressions exercées par la coalition quadripartite au pouvoir, notamment par Ennahdha et Nidaa Tounes, qui cherchent à enterrer l’affaire des assassinats, et réitère sa dénonciation du refus catégorique du juge d’instruction de donner suite aux recommandations émises par la chambre de mise en accusation et la Cour de cassation, le pressant d’interroger l’ancien ministre islamiste de l’Intérieur et ancien chef du gouvernement Ali Larayedh – qui n’a été entendu qu’une seule fois comme témoin en septembre 2015 –, et de nombreux responsables de haut rang de la sécurité intérieure, comme suspects et non comme témoins.</p>
<p style="text-align: left;">Le parti Watad estime, que, le juge du Bureau N°13, fort de ses protections politiques, a sciemment ignoré les instructions de l’ancien ministre de la Justice Mohamed Salah Ben Aissa en sa qualité de président du ministère public.</p>
<p style="text-align: left;">Comme nous le savons, Mohamed Salah Ben Aissa fut remercié d’une manière pour le moins inélégante, en représailles à son alignement sur la stratégie de la défense de Belaid, quand il adressa un mémorandum au juge d’instruction Béchir Akremi, pour attirer son attention sur les lenteurs de l’instruction et l’inviter à étendre l’enquête à tous ceux dont les noms ont été cités en lien avec l’assassinat.</p>
<p style="text-align: left;">Le bureau politique du Watad a également dénoncé l’existence d’une réelle volonté de soustraire aux poursuites judiciaires certains dirigeants d’Ennahdha et des responsables de haut rang de l’appareil de sécurité en activité au moment des fait. Mohamed Jmour a qualifié la clôture de l’instruction de cas de jurisprudence sans précédent en matière d’affaire criminelle.</p>
<p style="text-align: left;">Le 16 juin 2016, le bloc parlementaire d’Ennahdha a voté le report de l’audition des ministres de l’Intérieur Hédi Majdoub et de la Justice Omar Mansour sous le faux prétexte du risque d’interférences avec le procès des assassins prévu pour le lendemain 17 juin 2016.</p>
<p style="text-align: left;">Zouhair Hamdi, secrétaire général du Courant populaire, fondé par le martyr Mohamed Brahmi, a menacé, en marge de la <em>«Journée de colère»</em> convoquée devant le tribunal de première instance de Tunis pour exiger la vérité sur les vrais commanditaires des assassinats de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, que, eu égard aux énormes pressions politiques, de porter l’affaire devant les juridictions internationales.</p>
<p style="text-align: left;">La première journée du procès du 17 juin a été émaillée par des incidents provoqués par le refus de 11 inculpés de se lever à l’appel par respect pour la cour. Qualifiant la cour et les juridictions civiles de «<em>taghout</em>» les 18 autres prévenus ont refusé de comparaître.</p>
<p style="text-align: left;">Une source judiciaire proche du dossier a affirmé que des témoignages confirment que Kamel Gadhgadhi, assassin présumé de Belaid, et Al-Somali ont été interpellés par des agents de sécurité vers la fin de l’année 2013, soit onze mois après le meurtre, à bord d’un taxi, non loin du quartier Ettadhamen, puis relâchés à la demande du ministère de l’Intérieur.</p>
<p style="text-align: left;">La défense représentée par Me Salah Hajri, a exigé un complément d’enquête sur les circonstances de l’exécution, à Raoued, le 4 février 2014, de Kamel Gadhgadhi, considéré comme la boîte noire des assassinats des deux dirigeants de gauche, et de ses complices. Il exigea pareillement des services des renseignements tunisiens, la demande à leurs homologues français de leur communiquer le dossier classé confidentiel du terroriste franco-tunisien Boubakr El-Hakim pour prendre connaissance des conditions dans lesquelles ce dernier a pu entrer, probablement grâce à des complices, sur le territoire national après le 14 janvier 2011.</p>
<p style="text-align: left;">Le 22 juin, les deux ministres de l’Intérieur et de la Justice se soumettent finalement à une séance de questions devant les représentants de l’Assemblée. Rien de nouveau ou presque n’en est sorti, excepté quelques précisions fournis par le titulaire du portefeuille de l’Intérieur sur l’arme du crime, harponnées dans les comptes rendus de la presse quotidienne ou dans les données fournis par ses prédécesseurs Najem Gharsalli et Lotfi Ben Jeddou.</p>
<p style="text-align: left;">Au sujet du compte rendu de l’examen balistique, rien de nouveau non plus. Aucune nouvelle donnée sur le sort de la note envoyée par l’antenne locale de la CIA avertissant de l’imminence d’un attentat contre Mohamed Brahmi. Omar Mansour, alors ministre de la Justice, s’est livré pour sa part à un véritable numéro de prestidigitation en entonnant une ode à l’indépendance de la magistrature tunisienne. Mal lui en prit, car sa brillante prestation n’a pas empêché son éjection en moins de temps qu’il ne faut pour le dire du fauteuil de la Justice. A défaut, M. Mansour est allé exercer ses talents en tant que gouverneur de Tunis, de grand spécialiste devant l’Eternel, en débarras des terrasses de bistrot en constructions anarchiques et autres décharges, où il acquit rapidement une solide réputation de «<em>terreur des paillottes</em>». Rideau !</p>
<p style="text-align: left;">Le 4 juillet 2016, attendu depuis plus d’un an, la décision du Watad de déposer plainte contre Béchir Akremi, premier juge d’instruction du bureau N°13 du pôle de lutte anti-antiterroriste, trouve sa concrétisation. La partie civile accuse Béchir Akremi de «complicité d’homicide volontaire avec préméditation commis sur le sol tunisien, de meurtre, de dissimulation des preuves pouvant conduire à la manifestation de la vérité par personne investie de la charge de mettre à contribution tous les moyens pour y parvenir, tels les aveux spectaculaires de Ameur Belghazi («A. B.»), qui a reconnu lors de sa déposition, avoir été approché par les auteurs de l’assassinat pour lui demander de les aider à se débarrasser des armes du crime, deux pistolets. «A. B.» aurait accepté de coopérer. Il s’est servi d’une embarcation appartenant à son père pour jeter au large les armes du crime. Cet homme a été relâché sans qu’aucune charge ne pèse sur lui. Sa déposition ne figurait pas dans le procès-verbal d’audition.</p>
<p style="text-align: left;">Quatre jours plus tard, le 8 juillet, quelques jour avant son départ, le ministre de la Justice Omar Mansour annonce, dans un communiqué du ministère de la Justice, qu’il a confié la plainte en question à l’inspecteur général du ministère afin d’auditionner dans les plus brefs délais un représentant du Watad, de procéder aux investigations qui s’imposent et d’en informer le président de l’Instance provisoire de l’ordre judiciaire.</p>
<p style="text-align: left;">Le Watad sollicita du parquet général de verser l’ensemble des preuves, des pièces à conviction, des documents, des scellés, des rapports, des procès verbaux de police que le magistrat instructeur Béchir Akremi s’est refusé de faire, malgré les nombreuses relances de la partie civile tout le long des trois dernières années. Il appela le pouvoir judiciaire à faire toute la lumière sur le meurtre de Belaid, quelles que soient l’influence ou la capacité d’entrave du ou des commanditaires.</p>
<p style="text-align: left;">Comme dans un mauvais film, la réponse n’a pas tardé : le 21 juillet 2016, Béchir Akremi est propulsé cyniquement au poste de procureur général près du tribunal de Tunis, probablement pour services rendus.</p>
<p style="text-align: left;">Le 28 octobre, réouverture du procès des assassins de Belaid, en présence de 10 inculpés en état d’arrestation. Les prévenus (Mohamed Aouadi; Mohamed Akkari; Abderraouf Talbi; Mohamed Amine El-Gasmi; Ahmed El-Melki alias Al-Somali et 6 autres inculpés) ont refusé de comparaître, considérant que la cour et les juridictions civiles sont des «<em>taghout</em>» non qualifiées pour les juger. Kais M’chala a comparu en prévenu libre. Alors que Allam Al-Tizaoui et Hamza Arfaoui sont en fuite.</p>
<p style="text-align: left;">Les avocats de la défense ont réitéré leurs accusations contre le magistrat instructeur du bureau N°13, évoqué l’implication de Ameur Belghazi dans la dissimulation des armes des crimes. Me Nizar Senoussi a souligné la disparition de nombreux documents dans le dossier d’instruction parmi lesquels un document d’importance. Me Hajri a exprimé son indignation face à l’interdiction faite aux deux filles de martyr Chokri Belaid ainsi qu’à d‘autres citoyens d’accéder à la salle du tribunal et considéré cette décision comme la violation d’un droit constitutionnel. Me Ali Kalthoum, représentant de la partie civile, s’est étonné que l’affaire de l’homme d’affaire Fathi Dammak ne soit pas versée au dossier de l’assassinat de Belaid, puisque le nom du défunt figurait bel et bien dans la liste des éliminations physiques qui lui fut soumise à l’homme d’affaires par les tueurs à sa solde.</p>
<p style="text-align: left;">Après délibérations le juge près le tribunal de première instance de Tunis a rejeté les demandes de libérations présentées par la défense de la partie adverse et renvoyé, à la demande du comité de défense de Chokri Belaid, le procès au 27 décembre 2016.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Retour de manivelle</strong></p>
<p style="text-align: left;">Un des avocats de la défense, membre de la Fondation Chokri Belaid contre la violence, a accusé, au cours d’une conférence de presse, le mouvement Ennahdha et l’ancien ministre de l’Intérieur islamiste Ali Larayedh d’avoir indûment fournis des enregistrements des conversations privées en possession du ministère à des inconnus. Le même avocat a révélé qu’Ali Larayedh a empêché l’interpellation de Kamel Gadhgadhi et d’Ahmed El-Melki (Al-Somali), principaux accusés dans les assassinats de Belaid et de Brahmi.</p>
<p style="text-align: left;">Le 23 novembre 2016, des sources bien informées ont annoncé que l’affaire Chokri Belaïd allait connaître un rebondissement inattendu. Les avocats de la défense ont relevé l’existence d’un vice de forme susceptible de remettre en cause d’une manière certaine toute l’instruction de cette affaire, à savoir la nomination – incompatible donc créant un conflit d’intérêt – du très contesté juge d’instruction du bureau N°13 du pôle de lutte antiterroriste Béchir Akremi au poste de procureur général de la république par le chef du gouvernement.</p>
<p style="text-align: left;">Le 9 décembre, le tribunal de grande instance a ordonné à la chambre d’accusation de retourner le dossier au juge d’instruction – ce qui entraîne automatiquement l’annulation de la décision de Béchir Akremi de clore l’instruction – en charge de l’affaire de l’assassinat de Belaid pour réexamen du dossier des armes des crimes, deux pistolets, que le prévenu Ameur Belghazi avait reconnu avoir jetées au large, à la demande des auteurs des deux assassinats, d’interroger ce dernier et de le mettre en examen dans le cadre de cette enquête.</p>
<p style="text-align: left;">Le 15 décembre, le parti de Chokri Belaid a déposé enfin une plainte pénale et administrative contre l’ancien juge d’instruction du Bureau N°13, lui reprochant notamment l’infraction suivantes :</p>
<p style="text-align: left;">&#8211; falsification et contrefaçon d’un P.V d’audition par ajout de noms de suspects ne figurant pas dans les documents originaux;</p>
<p style="text-align: left;">&#8211; manipulation de faits et d’indices matériels concernant Ahmed Rouissi et leur attribution – confirmée par Interpol – à un autre suspect;</p>
<p style="text-align: left;">&#8211; le bidouillage du juge d’instruction a dangereusement desservi le processus de découverte de la vérité et permis aux principaux suspects dans l’assassinat d’échapper à la justice, en quittant illégalement le territoire national grâce à des complicités des réseaux de police parallèle.</p>
<p style="text-align: left;">Le 16 décembre, Me Basma Khalfaoui, veuve de Chokri Belaid, annonce qu’avec l’invalidation par la chambre de mise en accusation de la cour d’appel de la décision de clôture de l’enquête dans l’affaire de l’assassinat de Chokri Belaid, un tournant décisif vient d’être accompli. La chambre vient de satisfaire en effet à toutes les requêtes du comité de défense de Chokri Belaid, en ordonnant le retour du dossier «<em>saucissonné</em>» («<em>tafkîk</em>») de l’affaire de l’assassinat, dans son intégralité, au nouveau juge d’instruction du bureau N°13, nommé après le départ de Béchir Akremi, en recommandant de procéder spécifiquement à l’exécution scrupuleuse de toutes les requêtes présentées par le comité de défense de Belaid dont nous citons quelques unes sur les quinze exigées :</p>
<p style="text-align: left;">&#8211; audition de la mère de Kamel Gadhgadhi, auteur (exécutant) du meurtre;</p>
<p style="text-align: left;">&#8211; audition des fonctionnaires des services de sécurité tunisienne impliqués dans l’exfiltration de Seifallah Ben Hassine alias Abû Iyadh, cités par le syndicaliste Walid Zarrouk;</p>
<p style="text-align: left;">&#8211; expertise de l’ordinateur portable du terroriste Ahmed Rouissi, égaré, ensuite retrouvé, pour vérifier si l’appareil sécuritaire parallèle inféodé à Ennahdha, au CpR et à Ettakattol, était bien à l’origine du formatage et de la suppression des données contenues dans son disque dur;</p>
<p style="text-align: left;">&#8211; convocation du citoyen libyen Mosbah Bchiri aux fins de l’interroger sur ses liens avec le chef de la milice islamiste extrémiste de Fajr Libya, Abdelhakim Belhaj, suspecté par ses liens avec des groupes terroristes tunisiens ou opérant en Tunisie, d’être mêlé à l’assassinat de Chokri Belaid;</p>
<p style="text-align: left;">&#8211; audition des accusés – dans une autre affaire – Mohamed Akari et Mohamed Aouadi, membres de la branche armée d’Ansâr Chariâ;</p>
<p style="text-align: left;">&#8211; réouverture de l’enquête sur le sort des armes du crime jetées au large par Ameur Belghazi, etc.</p>
<p style="text-align: left;"><em><strong>Notes :</strong> </em></p>
<p style="text-align: left;"><em>1- L’assassinat de Mohamed Zouari, abattu récemment à Sfax par des agents du Mossad, a donné lieu à un affrontement au sein d’Ennahdha entre les franges extrémistes conduites, du moins publiquement, par Abdellatif Mekki, et les partisans de Rached Ghannouchi sur la reconnaissance du statut de martyr à Zouari, constitue une parfaite illustration de ce que j’avance. Doublé par sa droite extrême, Ghannouchi campe toujours sur ses positions : après avoir démenti officiellement tout lien de Zouari avec le mouvement islamiste, il persiste dans son refus de lui accorder l’honneur de porter le titre de martyr. </em></p>
<p style="text-align: left;"><em>2- Ou conquête absolue de la totalité du pouvoir par l’islam politique, telle qu’Erdogan venait de nous en offrir l’exemple éclatant en Turquie au bout de 13 ans «de compatibilité entre islam et démocratie!» </em></p>
<p style="text-align: left;"><em>3- Héritière de l’Inquisition romaine et universelle. Après sa dissolution par Napoléon, le Tribunal du Saint Office, plus connu sous le nom générique d’Inquisition, est entré en quelque sorte en clandestinité et a survécu jusqu’au jour d’aujourd’hui sous différentes appellations dont celle mentionnée plus haut. Elle fut résidé jusqu’à 2005 par Je Cardinal Joseph Ratzinger avant son élection comme Pape, identique à l’institution de la Hisba – remise au goût du jour par les islamistes – en terre d’islam, la «Congrégation» poursuit son rôle de «veille sur la pureté de la doctrine et des mœurs». </em></p>
<p style="text-align: left;"><em>4- Noureddine B’hiri (Ennahdha); Nadhir Ben Ammou (Ennahdha); Hafedh Ben Salah (indépendant) ; Mohamed Salah Ben Aissa (indépendant); Farhat Horchani (indépendant); Omar Mansour (indépendant); Ghazi Jeribi (indépendant).</em></p>
<p style="text-align: left;"><em>5- Au tarif d’environ 4.500 dinars la journée.</em></p>
<p style="text-align: left;"><em>6- Qui faut-il croire? Le «Bajbouj» acclamé par la foule pendant l’Itisâm al-rahîl (sit-in du Départ au Bardo en 2013) comme le sauveur de la patrie de la pègre islamiste ou le Béji Caid Essebsi qui s’échine, une fois élu président, à expliquer à qui veut l’entendre qu’Ennahdha s’est démocratisée et a coupé ses liens avec l’organisation des Frères musulmans ? Depuis qu’il a été popularisé par les islamistes, le double langage est devenu décidément un véritable fléau dans notre pays, polluant tous les rapports sociaux dans tous les domaines de la vie.</em></p>
<p style="text-align: left;"><em><strong>Précédents articles : </strong></em></p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://kapitalis.com/tunisie/2015/06/29/assassinat-de-chokri-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste/"><em>Assassinat de Chokri Belaïd: Les dessous d’un crime islamiste (1ère partie). </em></a></p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://kapitalis.com/tunisie/2015/11/12/assassinat-de-chokri-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste-2e-partie/"><em>Assassinat de Chokri Belaid : Les dessous d’un crime islamiste (2e partie)</em></a></p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://kapitalis.com/tunisie/2016/01/17/assassinat-de-chokri-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste-3e-partie/"><em>Assassinat de Chokri Belaid : Les dessous d’un crime islamiste (3e partie)</em></a></p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://kapitalis.com/tunisie/2016/10/28/assassinat-de-chokri-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste-4e-partie/"><em>Assassinat de Chokri Belaid : Les dessous d’un crime islamiste (4e partie)</em></a></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/12/27/assassinat-de-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste-5e-partie/">Assassinat de Chokri Belaid : Les dessous d’un crime islamiste (5e partie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Un an de prison pour le père du terroriste Kamel Gadhgadhi</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2016/05/04/un-an-de-prison-pour-le-pere-du-terroriste-kamel-gadhgadhi/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 May 2016 11:55:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Chokri Belaid]]></category>
		<category><![CDATA[Jebel Chambi]]></category>
		<category><![CDATA[Kamel Gadhgadhi]]></category>
		<category><![CDATA[prison]]></category>
		<category><![CDATA[soldat]]></category>
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		<category><![CDATA[terroriste]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Taïeb Gadhgadhi, père du terroriste Kamel Gadhgadhi, a été condamné à 1 an de prison ferme pour apologie du terrorisme. C’est ce qu’a rapporté le journal « Al-Chourouk », dans son édition du mercredi 4 mai 2016. La police de Oued Meliz, gouvernorat de Jendouba, avait arrêté Taïeb Gadhgadhi, en décembre 2015, après qu&#8217;il eut gravé le...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/05/04/un-an-de-prison-pour-le-pere-du-terroriste-kamel-gadhgadhi/">Un an de prison pour le père du terroriste Kamel Gadhgadhi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-49080" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/05/Gadhagadhi-père-et-fils.jpg" alt="Gadhagadhi père et fils" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Taïeb Gadhgadhi, père du terroriste Kamel Gadhgadhi, a été condamné à 1 an de prison ferme pour apologie du terrorisme.</strong></em><span id="more-49076"></span></p>
<p>C’est ce qu’a rapporté le journal « <em>Al-Chourouk »</em>, dans son édition du mercredi 4 mai 2016.</p>
<p>La police de Oued Meliz, gouvernorat de Jendouba, avait arrêté Taïeb Gadhgadhi, en décembre 2015, après qu&rsquo;il eut gravé le mot «<em>martyr</em>» sur la pierre tombale de son fils Kamel Gadhgadhi, le terroriste abattu en février 2014, dans des affrontements avec les forces de l’ordre.</p>
<p>Kamel Gadhgadhi était le principal accusé dans l&rsquo;assassinat du dirigeant de gauche Chokri Belaïd, le 6 février 2013. Il était aussi soupçonné d’avoir participé à l’attaque contre une patrouille de l&rsquo;armée à Jebel Chambi, à Kasserine, en juillet 2013, qui a causé la mort de 8 miliaires. Des terroristes arrêtés dans le cadre de cette affaire ont, en effet, indiqué que Gadhgadhi avait égorgé de ses mains le lieutenant Nizar Mkachar.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Y. N.</strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>La voiture utilisée dans l’assassinat de Belaïd s’est évaporée</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2016/01/20/la-voiture-utilisee-dans-lassassinat-de-belaid-sest-evaporee/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Jan 2016 08:13:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[assassinat]]></category>
		<category><![CDATA[Chokri Belaid]]></category>
		<category><![CDATA[Kamel Gadhgadhi]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://kapitalis.com/tunisie/?p=35749</guid>

					<description><![CDATA[<p>La voiture de type Fiat Siena utilisée par les assassins de Chokri Belaïd et saisie par la police est introuvable. Cette voiture enregistrée au nom d’Ahmed Rouissi – tué en mars 2015 en Libye – et utilisée par les principaux accusés (Kamel Gadhgadhi, Yasser Mouelhi et Mohamed Ali Dammak) pour surveiller et assassiner Chokri Belaïd,...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/01/20/la-voiture-utilisee-dans-lassassinat-de-belaid-sest-evaporee/">La voiture utilisée dans l’assassinat de Belaïd s’est évaporée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-5579 aligncenter" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/06/Chokri-Belaid1.jpg" alt="Chokri-Belaid" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>La voiture de type Fiat Siena utilisée par les assassins de Chokri Belaïd et saisie par la police est introuvable.</strong></em></p>
<p><span id="more-35749"></span></p>
<p>Cette voiture enregistrée au nom d’Ahmed Rouissi – tué en mars 2015 en Libye – et utilisée par les principaux accusés (Kamel Gadhgadhi, Yasser Mouelhi et Mohamed Ali Dammak) pour surveiller et assassiner Chokri Belaïd, avait été découverte et saisie, à El-Ouardia, dans la banlieue sud de Tunis, 20 jours après le crime, survenu le 6 février 2013. Peu de temps après, le véhicule a étrangement disparu.</p>
<p>Selon Me Mohamed Jmour, membre du collectif de défense de la famille Belaid, la voiture pourrait contenir des empreintes d’éventuels complices de ce crime politique.</p>
<p>Le collectif de défense a décidé de déposer une plainte contre le juge d’instruction en charge de l’affaire qui n’a pas assuré son travail, espérant que le tribunal bouge et retrouve l’une des principales pièces de conviction, dit-il.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Z. A.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/01/20/la-voiture-utilisee-dans-lassassinat-de-belaid-sest-evaporee/">La voiture utilisée dans l’assassinat de Belaïd s’est évaporée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Assassinat de Chokri Belaid : Retour sur un imbroglio judiciaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Jan 2016 08:49:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Béchir Akremi]]></category>
		<category><![CDATA[Chokri Belaid]]></category>
		<category><![CDATA[juge d'instruction]]></category>
		<category><![CDATA[Kamel Gadhgadhi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le procès des 28 exécutants de l’assassinat de Chokri Belaid, s’ouvre aujourd’hui, à Tunis, après trois reports. Retour sur un imbroglio judiciaire&#8230; Par Abdellatif Ben Salem Le 15 décembre 2015, Me Ali Kalthoum membre du comité de défense de Chokri Belaïd a été déféré devant le juge d’instruction suite aux accusations formulées(1) à l’encontre du...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/01/15/assassinat-de-chokri-belaid-retour-sur-un-imbroglio-judiciaire/">Assassinat de Chokri Belaid : Retour sur un imbroglio judiciaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-5685 aligncenter" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/06/Proces-Chokri-Belaid2.jpg" alt="Proces-Chokri-Belaid" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Le procès des 28 exécutants de l’assassinat de Chokri Belaid, s’ouvre aujourd’hui, à Tunis, après trois reports. Retour sur un imbroglio judiciaire&#8230;</strong></em></p>
<p>Par <strong>Abdellatif Ben Salem</strong></p>
<p><span id="more-34972"></span></p>
<p>Le 15 décembre 2015, Me Ali Kalthoum membre du comité de défense de Chokri Belaïd a été déféré devant le juge d’instruction suite aux accusations formulées(1) à l’encontre du juge d’instruction du Bureau N° 13 chargé de l’enquête sur l’assassinat de Belaid.</p>
<p>Pour rappel, le comité avait obtenu, voilà plus d’un an, une décision judiciaire d’importance, en vertu de laquelle le dossier de l’assassinat a été rouvert et l’enquête relancée, par l’audition de plusieurs protagonistes en leur qualité soit de responsables politiques ou sécuritaires au moment des faits, soit en tant que témoins. De nouvelles accusations sont à l’étude contre ceux que l’on soupçonne d’avoir pris part directement ou indirectement au complot ayant conduit à l’assassinat de Belaid.</p>
<p>Hormis cette avancée – dont les fruits ont été frappé de nullité par les atermoiements et les procédés dilatoires employés par le juge susmentionné, la défense de Belaïd ne cesse d’exiger que l’instruction ne s’arrête plus aux seuls exécutants, mais qu’elle doit englober tous ceux qui ont trempés dans la préparation du crime: des commanditaires jusqu’à ceux qui ont ordonné le 4 février 2014 – presque un an jour pour jour après l’assassinat, et seulement 5 jours après le départ des islamistes du pouvoir et la prise de fonction de Mehdi Jomâa – à la brigade anti-terroriste de lancer l’assaut contre une planque située à Raoued (Tunis) où certains des tueurs présumés de Belaid s’étaient réfugiés, parmi lesquels Kamel Gadhgadhi, accusé principal de l’exécution du dirigeant de gauche.</p>
<p>La mort de 6 terroristes lors de cette opération fera dire à Am Salah Belaid père du Martyr, dubitatif sur les véritables mobiles de l’assaut de Raoued que <em>«Kamel Gadhgadhi a emporté avec lui à jamais le secret de l’assassinat de mon fils»</em>. Commentaire largement partagé par l’opinion qui pense non sans raison que le but de l’assaut était de réduire au silence les assassins afin de brouiller les pistes pouvant conduire la justice aux véritables conspirateurs.</p>
<p>L’aspect officiel de cette opération et le grand renfort de publicité dont elle a bénéficié, nous rappelle, toutes proportions gardées, le classique d’élimination physique de type mafieux, celui de Lee Harvey Oswald principal suspect dans l’assassinat de J. F. Kennedy abattu à bout portant par Jack Ruby alors qu’il était menotté et encadré par deux agents du FBI.</p>
<p>Une semaine auparavant, on annonçait que plusieurs prévenus, dont Ezzedine Abdellaoui, impliqué dans l’assassinat de Mohamed Brahmi et de Chokri Belaid, et qui comparaîtra devant le juge, aujourd’hui même, vendredi 15 janvier 2016, seront déférés devant la chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Tunis.</p>
<p>Les menaces de dépôt de plainte contre Béchir Akremi, juge d’instruction du 13e bureau en charge du dossier de l’assassinat, formulées le 9 octobre 2015 à Tunis et le 1er novembre 2015 au Kef par Me Ali Khalthoum, porte-parole du comité de défense de Belaid, à la suite desquelles, ce dernier a été entendu par la justice, ont trouvé leur aboutissement politique dans la décision, prise le 29 décembre 2015, par le Parti des Patriotes-Démocrates unifié (Watad) d’entériner ces graves accusations d’entraves au fonctionnement de la justice, par le dépôt d’une plainte judiciaire et administrative à l’encontre de juge chargé de l’affaire, auprès respectivement du Procureur de la république et de l’inspection du ministère de la Justice, ainsi qu’auprès du premier juge du Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme.</p>
<p>C’est ce qu’a affirmé Mohamed Jmour, secrétaire général adjoint du Watad unifié et membre du Comité de défense, en réitérant les soupçons pesant sur le juge en question : délit de dissimulation des pièces à convictions placées sous sa responsabilité, refus de communiquer aux autorités les informations sur des indices concrets attestant que l’assassinat de Belaid, ce qui constitue au regard de la loi un crime terroriste. Selon le Comité de défense, Béchir Akremi a commis au total 5 infractions aux conséquences si graves qu’elles pourraient entraîner sa mise en examen pour dissimulation de crime. A l’appui de ses déclarations, Mohamed Jmour a affirmé détenir les preuves accablantes qu’il mettra à la disposition du public au moment opportun.</p>
<p>Il est probable que le procès des 28 exécutants, qui s’ouvre aujourd’hui, après trois reports, soit de nouveau reporté à la demande de la partie civile, qui considère que l’instruction a réussi à lever le voile sur une partie seulement des prévenus impliqués dans l’exécution, sachant qu’un second volet de l’enquête portant sur la complicité d’autres personnes est toujours en cours d’instruction. Etant donné le lien qui existe entre les deux volets, la partie civile attendra, malgré le peu d’intérêt montré ces derniers temps par certaines parties politique à l’égard du dossier de l’assassinat, la clôture de l’instruction de la deuxième enquête pour préparer ses moyens de défense.</p>
<p><em><strong>La troisième partie de notre série d&rsquo;articles sur l&rsquo;assassinat de Chokri Belaid paraîtra lundi 18 janvier 2016. </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em><strong>Note :</strong></em><br />
<em>* Ces accusations ont été synthétisés in <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2015/11/06/assassinat-de-belaid-qui-cherche-a-noyer-la-verite/" target="_blank">«Assassinat de Belaid : qui cherche à noyer la vérité»</a>.</em></p>
<p><em><strong>Articles liés: </strong></em></p>
<p><a href="http://kapitalis.com/tunisie/2015/11/06/assassinat-de-belaid-qui-cherche-a-noyer-la-verite/" target="_blank"><em>Assassinat de Belaïd : Qui cherche à noyer la vérité ?</em></a></p>
<p><a href="http://kapitalis.com/tunisie/2015/11/12/assassinat-de-chokri-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste-2e-partie/" target="_blank"><em>Assassinat de Chokri Belaid : Les dessous d’un crime islamiste (2e partie)</em></a></p>
<p><a href="http://kapitalis.com/tunisie/2015/06/29/assassinat-de-chokri-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste/" target="_blank"><em>Assassinat de Chokri Belaïd: Les dessous d’un crime islamiste</em></a></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/01/15/assassinat-de-chokri-belaid-retour-sur-un-imbroglio-judiciaire/">Assassinat de Chokri Belaid : Retour sur un imbroglio judiciaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Assassinat de Chokri Belaid : Les dessous d’un crime islamiste (2e partie)</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2015/11/12/assassinat-de-chokri-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste-2e-partie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Nov 2015 09:44:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ali Larayedh]]></category>
		<category><![CDATA[assassinat]]></category>
		<category><![CDATA[Chokri Belaid]]></category>
		<category><![CDATA[ghannouchi]]></category>
		<category><![CDATA[islamiste]]></category>
		<category><![CDATA[Kamel Gadhgadhi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le procès de l&#8217;assassinat de Chokri Belaid reprendra le 1er décembre à Tunis. Une occasion pour revenir aux circonstances troubles de ce crime politique islamiste. Par Abdellatif Ben Salem Bien avant le 23 octobre 2011, date des élections de l’Assemblée nationale constituante (ANC), un violent affrontement polémique s’est installé en Tunisie entre deux camps. Avec...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2015/11/12/assassinat-de-chokri-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste-2e-partie/">Assassinat de Chokri Belaid : Les dessous d’un crime islamiste (2e partie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-5644 aligncenter" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/06/Proces-Chokri-Belaid-Sit-in.jpg" alt="Proces-Chokri-Belaid-Sit-in" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Le procès de l&rsquo;assassinat de Chokri Belaid reprendra le 1er décembre à Tunis. Une occasion pour revenir aux circonstances troubles de ce crime politique islamiste.<br />
</strong></em></p>
<p>Par <strong>Abdellatif Ben Salem</strong></p>
<p><span id="more-24703"></span></p>
<p>Bien avant le 23 octobre 2011, date des élections de l’Assemblée nationale constituante (ANC), un violent affrontement polémique s’est installé en Tunisie entre deux camps. Avec l’ouverture des travaux de l’ANC, l’antagonisme entre les deux visions que chaque camp voulait imposer au pays a pris d’autant plus d’ampleur que l’enjeu consistait non moins qu’à l’inscrire noir sur blanc dans la charte fondamentale qui devait prendre la place de l’ancienne, allégrement charcutée par deux dictatures successives, et sceller pour au moins une cinquantaine d’années le sort de la Tunisie.</p>
<p><strong>Un antagonisme historique irréductible </strong></p>
<p>Pour les partisans d’Ennahdha et ce qu’on peut appeler les larges masses musulmanes gagnées par <em>«l’Eveil islamique»</em> (<em>Al-sahwa al-islâmiyya</em>) à l’œuvre depuis le début des années 1990, sous le regard bienveillant de la dictature, pour ne pas dire avec son encouragement tacite – Ben Ali pensait, en effet, que la meilleure façon d’endiguer le danger islamo-terroriste était de promouvoir un islam-maison et le placer «<em>under control</em>» –, il y aurait deux catégories de Tunisiens : la première est formée par ceux qui, profitant de l’effondrement du régime de Ben Ali et la dissolution du RCD, voulaient mettre à exécution leur projet d’instauration d’un régime islamiste s’appuyant sur la charia comme source et fondement des lois et sur le retour aux premiers temps de l’islam; la deuxième, ce sont tous ceux et toute celles qui s’y opposaient.</p>
<p>Pour la première catégorie, les réfractaires à l’idée de l’Etat théocratique seront rayés de la carte, à court ou à mayen terme, si n’est par la persuasion, ce sera par l’usure du temps ou par la terreur. Ils seront amenés un jour ou l’autre à annoncer, de gré ou de force, leur rédemption (<em>«tawba»</em>) et s’intégreront définitivement dans l’Etat et la société islamistes.</p>
<p>Mais ce que la Confrérie islamiste et ses sous-produits idéologiques ignoraient, c’est la difficulté qu’il y a à atteindre cet objectif, dans un pays qui possède une longue tradition de lutte pour demeurer ouvert sur le monde et aspirer à plus de modernité et de progrès.</p>
<p>Comme nous le savons tous, même si les tenants de la théorie «<em>de la fin de l’histoire</em>» en 622 s’obstinent à le nier, la Tunisie a entamé, depuis environ 150 ans, une course pénible mais irrésistible vers la sécularisation, en dépit, ou paradoxalement, grâce à un enracinement profond dans un islam orthodoxe qui a fini, au fil des siècles, non seulement par plier et épouser harmonieusement les contours historiques et composites de notre récit national, mais à se superposer comme un élément additionnel aux strates religieuses, ethniques, anthropologiques et culturelles qui se sont accumulées au gré des invasions et des courants migratoires, pour se fondre dans ce creuset humain et civilisationnel trimillénaire. Aux multiples codes, usages et ingrédients déjà présents, sa loi de l’islam est venue s’incorporer, malgré les résistances, les schismes, les invasions et les retournements de l’histoire, dans une dynamique vivante de syncrétisme et de diversité, pour contribuer à son tour au raffermissement de la l’identité et de la singularité tunisiennes par rapport à notre environnement tant proche que lointain.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-2679" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/05/Rached-Ghannouchi-à-Radio-Tataouine.jpg" alt="Rached-Ghannouchi-à-Radio-Tataouine" width="500" height="300" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Les «enfants» de Rached Ghannouchi étaient lâchés.</em></p>
<p><strong>La haine meurtrière de la réaction religieuse </strong></p>
<p>Chokri Belaid a inscrit <em>«dangereusement»</em> son combat au cœur de cette problématique culturelle – ou comme il aurait aimé l’appeler super-structurelle – d’antagonisme entre «<em>la clarté</em>» médiévale du monde arabe et musulman et les forces obscures, dont se réclament justement l’islam politique et Ennahdha, qui furent à l’origine de la mort de la pensée et de la ruine de notre civilisation. C’est cet engagement spécifique, absent dans le discours des élites opposantes, qui lui valu la haine meurtrière de la réaction religieuse.</p>
<p>Au cours de l’une de ses magnifiques interventions médiatiques(1), il a résumé en quelques minutes certains épisodes phares qui projetèrent leur lumière sur notre histoire, bien avant la renaissance européenne, et qui donnèrent naissance à un courant de pensée humaniste universaliste représenté, dans le domaine théosophique, par des figures prestigieuses telles qu’Abû Al-Hasan Al-Shâdulî, sa disciple Al-Sayyîda Aycha Al-Manûbia, le Tunisien d’origine majorquine Anselmo Turmeda connu par son nom de conversion de Sidî Abdullâh Al-Torjumân – dont la sépulture est toujours visible au Souk Al-Sarragine –, et sur le plan des sciences historiques et de l’exégèse réformiste par Abd Al-Rahmân Ibn Khaldûn et Muhammad Bin ‘Arafa Al-Werghemmî pour ne citer que quelques noms.</p>
<p>Sans s’étendre davantage sur ce sujet, j’évoquerai cette image extraite d’une sourate du Coran: la Tunisie est semblable à cet <em>«arbre béni, un olivier, ni orientale, ni occidentale»,</em> pour ajouter, mais tout à la fois «<em>orientale et occidentale»</em>, donc logiquement tunisienne, en ce sens qu’elle constitue une magnifique synthèse des influences culturelles et civilisationnelles extérieures reçues au cours des millénaires.</p>
<p>Pour parvenir à leur fin, les islamistes, tous courants confondus, prosélytes du wahhabisme, devaient procéder au «déminage» du terrain par la neutralisation de tous ceux susceptibles de contrecarrer leur projet <em>«messianique»</em> d’instauration d’un VIe  Califat perdue, annoncé par un Hamadi Jebali (ancien secrétaire général d’Ennahdha, peu avant son accession à la présidence du gouvernement en décembre 2011) fiévreux, pris dans le vertige de la victoire. Projet qui reste toujours d’actualité malgré les changements de façade.</p>
<p><strong>Belaïd : une voix de résistance culturelle et politique</strong></p>
<p>Contrer la déferlante islamiste, ruiner leur songe eschatologique et dénoncer les dangers qu’elle représente pour la démocratie tunisienne naissante, n’intéressaient à vrai dire qu’une petite minorité. Des figures du large spectre politique, seule celle de Chokri Belaïd émerge avec netteté, comme une voix de résistance culturelle et politique à ce dessein.</p>
<p>D’autres responsables de partis de gauche rejoignait un peu plus tard ce combat civique contre la contre-révolution islamiste, suivis bientôt par des militants, des activistes de la société civile, des intellectuels, des artistes, des enseignants, des hommes et des femmes de toutes conditions touchés de plein fouet par la régression sociétale généralisée suscité par l’activisme extrémiste islamise.</p>
<p>Parmi ces résistants d’un type nouveau, certains ont déjà à leur actif l’opposition au processus de normalisation avec l’islam politique – que d’aucuns percevaient déjà comme un mouvement sectaire de type néo-fasciste ne représentant en rien l’islam, entamé en 2005, à l’issue de la grève de la faim du 18-Octobre, et couronné, quelques mois plus tard, par la conclusion de l’ alliance de la honte dite du <em>«18-Octobre»</em>, dont plusieurs protagonistes ont toujours du mal à se défaire jusqu’au jour d’aujourd’hui.</p>
<p>Chokri Belaïd fut l’un des premiers à s’opposer au <em>«18-Octobre »</em>. Il consigna à partir de Tunis la manifeste intitulé «<em>Halte à la dérive</em>» diffusé à Paris au mois de février 2006, au moment où ces nombreux activistes politiques et acteurs d’associations de <em>«défense»</em> des droits de l’homme, transformées en quasi partis idéologiques, n’hésitaient pas à taxer les rares démocrates indépendants qui n’étaient pas d’accord avec eux de <em>«laïcards»</em> et d’<em>«extrémistes éradicateurs»</em> !</p>
<p>Après la révolution, la plupart d’entre eux succombèrent au chant des sirènes de l’identité arabo-musulmane, comme si notre pays était menacé par une invasion des croisés. Ils choisirent de surinvestir sans distance critique – au diable les contradictions – les présupposé idéologico-religieuses propagées par Ennahdha, en répondant aux injonctions identitaires, de l’intérieur même du schéma islamiste réducteur et étriqué, qui escamote les grands progrès de la connaissance en matière d’évolution historique.</p>
<p>Pourtant les possibilités d’alternatives qu’on pouvait puiser dans l’héritage du réformisme tunisien et des idéaux universels de la gauche ne manquaient pas. Et au lieu de combattre sur ce terrain, on a admis les<em> «vérités intangibles»</em> proclamées par des charlatans drapés dans l’habit de<em> «gens qui craignent  Dieu»</em>, mais en sous-main font la promotion de la <em>«nouvelle culture»</em>, dixit Rached Ghannouchi, exaltant la mort, <em>«les affres de la sépulture»</em>, et la rédemption, et incitent, soutenus par leurs indéfectibles alliées salafistes, à la division des Tunisiens en deux camp irréductibles, appelant à la destruction de l’islam orthodoxe de rite ash’arite, à la transformation de la foi populaire en un système de croyances violent et conquérant, à l’anéantissement de notre patrimoine et traditions historiques comme en Afghanistan, en Arabie saoudite, en Irak, en Syrie ou en Libye, à la criminalisation de <em>«l’atteinte au sacré»</em>, à l’usage généralisée de la violence qui a conduit, avec la complicité active et le silence de l’imposteur Moncef Marzouki (ancien président provisoire de la république) et de l’inénarrable Mustapha Ben Jaâfar (ancien président de l’Assemblée nationale constituante), tous deux adoubés par les islamistes, à la création des maquis salafiste-jihadiste, y compris au cœur des agglomérations urbaines, à la constitution des milices néo-fascistes, au démantèlement de l’Etat civique et du régime républicain, à la remise en cause des droits de la femme, et à l’imposition d’un habit féminin confessionnel qui, comme me le disait un membre de ma famille : «<em>Ghannouchi veut nous imposer le port d’un sac de patate (ch’kâra batâta) de couleur sombre en hiver et un autre de couleur claire en été qui nous engonce et nous rend informes».</em></p>
<p><strong>Belaïd était dans le viseur des islamistes</strong></p>
<p>Chokri Belaïd a eu l’intuition, avant tout autre, du danger qui guettait la Tunisie dans ce qu’elle a de meilleur. Il menait à la fois deux combats, l’un contre la menace du retour de l’ancien régime, et l’autre existentiel contre le déferlement de la vague islamiste qui menace de tout emporter sur son passage.</p>
<p>Dès le sit-in de Kasbah II, en février 2011, Belaïd était dans leur point de mire. Il a mis à nu les tentatives des Nahdhaouis, infiltrés dans les rangs de la jeunesse révolutionnaire, de mettre la main sur le mouvement de protestation et lui donner une orientation islamiste. Alors qu’en même temps, on voyait le fier service d’ordre d’une formation de gauche assurant avec efficacité  la protection des <em>«Frères»</em> en train de prier en pleine rue en face du  palais du gouvernement.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-18833" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/10/Ali-Larayedh.jpg" alt="Ali-Larayedh" width="500" height="350" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Ali Larayedh: Le ministre de l&rsquo;Intérieur qui ne voit ni n&rsquo;entend rien.</em></p>
<p>Quelques jours seulement après la prise de ses fonctions en tant que ministre de l’Intérieur, Ali Larayedh a ordonnée la mise sur pied d’une filature serrée de Chokri Belaid. C’est ce qu’a déclaré l’ex-Bâtonnier de l’Ordre des avocats, Chawki Tabib après l’assassinat du dirigeant de gauche.</p>
<p>Belaid à écrit au barreau de Tunis au mois de janvier 2012 une lettre manuscrite – disponible sur la Toile – dans laquelle il l’informait de menaces de mort qu’il recevait et de la surveillance constante dont il faisait l’objet <em>«par le même policier qui le pistait au temps de la dictature»</em>, précisait-il. Transmise au service du ministère, il aura fallu attendre 15 jours pour qu’Ali Larayedh réponde à l’Ordre des avocats : <em>«L’enquête diligentée a prouvé qu’il n’existe aucun fondements aux allégations contenues dans votre écrit en ce qui concerne Chokri Belaid»</em>. On a rapporté plus tard que Larayedh aurait déclaré que Chokri Belaid hallucinait.</p>
<p style="text-align: center;">●●●●●●</p>
<p><strong>Décembre 2012 :</strong></p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;">Le 4 décembre</span></em>: des centaines des membres des Ligues de la protection de la révolution (LPR) – milices violentes au service d’Ennahdha – ont pris d’assaut le siège central de l’UGTT, place Mohamed Ali, à Tunis. Leur plan était de s’emparer du bâtiment, d’en chasser la direction et d’imposer à la place une autre aux ordres d’Ennahdha. Les assaillant ont été contrés par le service d’ordre de la centrale syndicale. Des syndicalistes, des militants et des citoyens se sont portés volontaires pour défendre le siège de l’organisation.</p>
<p>Dans l’après-midi Chokri Belaïd, vivant déjà sous les menaces, se rend au siège de l’UGTT pour exprimer sa solidarité avec la direction après l’attaque. Chose inhabituelle : il était escorté par un grand nombre de jeunes du Watad qui craignaient pour sa vie. Et pour cause : il était, depuis la veille, la cible d’une virulente campagne de dénigrement et des rumeurs circulaient sur l’imminence de son assassinat.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><em>Les 26 et 27 décembre,</em></span> le site Nawaat, proche du CpR – financé entre autres par Georges Soros – met en ligne deux vidéos d’environ une trentaine de minutes, montrant 3  individus membres, à ce qu’il paraît, d’une cellule terroriste, en train de planifier des projets d’assassinat qui viserait un homme d’affaires, Chafik Jarraya, bailleur de fonds de Nidaa Tounes, des opposants à la Troïka, dont Chokri Belaid, des magistrats, le journaliste sportif Adel Bouhlel, etc. Les protagonistes sont, par ordre d’apparition, Fathi Dammak promoteur immobilier, présenté comme le financier de ces projets d’assassinats, Belhassen Naccache, membre du bureau d’Ennahda de Yasminet, fonctionnaire à la SNCFT, maire d’Al-Madina Al-Jadida (Ben Arous, sud de Tunis) et membre actif des LPR, Ali Ferchichi, gérant d’une entreprise de service, membre également d’Ennahda, et Sadok Dammak, fils de Fathi.</p>
<p>La durée totale des enregistrements vidéo est de 8 heures et demie, d’après le site en question. Toutefois seul les 8/10 sont parvenus jusqu’aux journalistes-enquêteurs. C’est le controversé homme d’affaire Chafik Jarraya, dont la provenance de la fortune colossale accumulée durant la dictature reste mystérieuse, qui a transmis «<em>ce matériel</em>» au fixeur-informateur des auteurs de l’enquête Houssem Hajlaoui, Malek Khadraoui et Ramzi Bettibi dans l’intention de faire accroire à l’existence d’un complot ourdi par un «<em>gang armé dirigé par Fathi Damak</em>», piloté secrètement par le ministère de l’Intérieur et dont il serait potentiellement une victime.</p>
<p>Les trois journalistes ont entrepris l’exploitation de ces enregistrements dans le cadre d’une enquête qu’ils comptaient réaliser sur l’existence d’une «police parallèle» échappant à tout contrôle et agissant au service d’Ennahdha. Ce qui est convenu d’appeler <em>«l’affaire Dammak»</em> est certainement l’une des plus ténébreuses affaires qu’il a été donné à la Tunisie postrévolutionnaire de connaître. Trois ans après les faits, malgré la condamnation de Fathi Dammak à quelques mois de prison ferme, cette affaire énigmatique n’a pas encore livré tous ses secrets.</p>
<p>Plusieurs hypothèses ont été en effet avancées et sans entrer dans les détails, la plus plausible serait, à nos yeux, celle d’une vaste manipulation – et avec quelle facilité – menée sous la supervision directe de certains éléments d’Ennahda via un <em>«appareil de police clandestin»</em> désigné plus tard par la dénomination de <em>«police parallèle»</em>, d’un homme d’affaire apparenté affichant sans état d’âme sa disposition à ordonner froidement et à financer des assassinats. Prétextant un lourd contentieux et une volonté de se venger de certains individus qu’il soupçonnait d’avoir été la cause de ses <em>«malheurs»</em> sous la dictature de Ben Ali. Puisque cet homme était prêt à tout, on a cherché à instrumentaliser ses ressentiments, et une fois son rôle de coupable idéal bien rempli (et documenté par la vidéo), le jeter en pâture sur la place publique comme un bouc émissaire pour couvrir les auteurs biens réels des assassinats programmés dans les séquences vidéo.</p>
<p>Rendue publique, cette conjuration criminelle a échappé au contrôle de ses auteurs et  échoué, mais seulement dans sa première phase consistant au passage à l’acte immédiat pour commettre des assassinats en série.</p>
<p>Quoi qu’il en soit, le décor des crimes, qui seront perpétrés le 6 février et le 24 juillet 2013, était déjà bel et bien campé, le mode opératoire choisi, le profil des exécuteurs esquissé : des individus qui tanguent entre Ennahdha, les LPR, la police parallèle et la grande criminalité. Il ne manquait rien, ni le type d’armes, des pistolets automatiques, ni la logistique, un scooter, ni les moyens financiers qui serviront à matérialiser l’ensemble des opérations, ni les noms des futures victimes : comme cet <em>«homme à moustache Chokri Belaid</em>» suggéré comme cible par Belhassen Naccache.</p>
<p><strong>30 janvier 2013 : </strong></p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;">21H30</span> </em>: extinction de l’éclairage public de la rue Tahar Sfar à El-Menzah 6 où réside Chokri Belaïd (2).</p>
<p><strong>31 janvier: </strong></p>
<p>Les lampadaires de la même rue s’éteignent à nouveau. Les auteurs du rapport effectué par la Direction générale du district de Tunis de la Société tunisienne d’électricité et de Gaz (Steg) sur les causes de cette extinction notent que la coupure du courant est du à l’extraction d’une pièce commandant le relais du circuit de distribution.</p>
<p>Le téléphone portable de Belaïd était constamment sur écoute. Lui-même faisait nuit et jour l’objet d’une filature permanente.</p>
<p>D’après les aveux de certains complices, des rapports sur ses déplacements et les noms des visiteurs qu’il recevait chez lui sont soigneusement tenus à jour. Les informations récoltées sont consignées sur un carnet transmis ensuite à la cellule terroriste chargée de son exécution.</p>
<p><strong>1er février: </strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><em>7H37</em></span> : Une voiture sans plaque minéralogique – utilisée plus tard par les assassins – circulant autour de l’immeuble à El-Menzah VI où habite Belaïd, rentre dans le champ de vision de la caméra de surveillance.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><em>13 minutes plus tard</em></span>: le scooter – qui servira dans la fuite du meurtrier et son complice – apparaît à son tour dans l’objectif de la vidéo surveillance.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><em>8H00</em></span> : l’équipe de dépannage dépêchée par la Steg constate que des câbles électriques ont été ou arrachés ou sectionnés provoquant la coupure du courant électrique.</p>
<p>L’employée d’une banque située à proximité a signalé à la police la présence d’un véhicule dépourvue de plaque minéralogique surveillant en permanence l’immeuble de Belaid. La police n’a pas donné suite à cette information.</p>
<p>L’enquête révélera qu’un brouillage de communication dans le périmètre du lieu de résidence de Belaid a été effectué à maintes reprises. Une première coupure du courant de l’éclairage public dans le secteur a été également signalée et le courant aussitôt rétabli. Mais le soir venu le courant électrique est à nouveau coupé.</p>
<p>Des miliciens d’Ennahdha attaquent, dans la même journée, un meeting du Parti républicain et tentent d’agresser sa secrétaire générale Maya Jribi.</p>
<p>Un informateur anonyme, identifié plus tard comme étant l’inspecteur Ali Oueslati de la direction de sûreté intérieure («<em>mukhâbarât</em>»), envoie au journaliste Sofiane Ben Farhat des SMS anonymes l’informant de l’imminence d’un assassinat d’un dirigeant politique de gauche. Démasqué, Ali Oueslati a échappé de peu à deux tentatives de meurtre, la deuxième eut lieu le 18 février 2013, à sa sortie du ministère de l’Intérieur, rue Abdelaziz Tej, au centre-ville de Tunis. Ce fut suite à cet attentat qu’il demandera à Sofiane Ben Farhat, le jour même, de rendre public son identité.</p>
<p><strong>2 février :</strong></p>
<p>Des inconnus ont tenté d’incendier le siège central de Nidaa Tounes dans le quartier des Berges du Lac à Tunis. Menaces de liquidation physiques contre ses dirigeants. Appel au meurtre contre Mohamed Brahmi, co-fondateur avec Belaid du Front populaire, et Houcine Abassi, secrétaire général de l’UGTT. Campagne de diffamation et divulgation de rumeurs malveillantes à l’encontre Wided Bouchamaoui, présidente de l’Utica.</p>
<p>Après avoir pris part à un meeting de son parti, Ahmed Néjib Chebbi, président du Haut comité d’Al-Joumhouri, est séquestré, par les miliciens du LPR, dans les studios de la radio périphérique Oasis FM qui émettait à partir de Gabès où il s’apprêtait à accorder un entretien.</p>
<p>Au Kef, une assemblée du Parti des patriotes démocrate unifié (Watad) est violement attaquée par un groupe de jeunes identifiés comme étant membres d’Ennahdha (3). A son retour le jour même, Belaid confie à son neveu Lotfi, fils de Abdelmagid : «<em>Rached Ghannouchi a donné le feu vert pour m’éliminer»</em>.</p>
<p>Ennahdha et le parti Wafa, scission salafiste du CpR, proche de la mouvance du jihadisme global, dirigée par Abderraouf Ayadi, ancien militant d’extrême gauche (marxiste-léniniste, Perspectives &#8211; Al-Amel Ettounsi), condamné dans les années 1970 à 6 ans de prison, ainsi que Mohamed Abbou, du CpR, exigent la relaxe des prévenus dans l’affaire du lynchage et de l’assassinat, 4 mois auparavant, de Lotfi Nagdh, coordinateur du bureau régional de Nidaa Tounes à Tatouine, présentés comme la «<em>consciences de la révolution</em>» (sic !).</p>
<p><strong>3 février :  </strong></p>
<p>Tentative d’incendier un autre siège de Nidaa Tounes.</p>
<p>Le siège de l’Union nationale de la femme tunisienne (UNFT) est vandalisé par des inconnus.</p>
<p>Au cours du meeting tenu par le Front populaire à Béja, Belaid appelle à l’organisation d’un Congrès national pour lutter contre la violence.</p>
<p>Rappelons que le 5 juin 2013, Ramzi Bettibi a prétendu que des salafistes d’Ansar Charia proche de Seifallah Ben Hassine, alias Abou Iyadh, lui ont confié que ce dernier a pris contact (ce 3 février) avec Belaid pour l’avertir d’un plan visant  à l’assassiner.</p>
<p style="text-align: center;"> <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-24713" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/11/Kamel-Gadhgadhi.jpg" alt="Kamel-Gadhgadhi" width="500" height="350" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Qui a commandité le crime et armé la main du tueur présumé: Kamel Gadhgadhi. </em></p>
<p><strong>4 février :</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><em>7H24</em></span> : Kamel Gadhgadhi apparaît dans l’écran de la vidéo surveillance. 7 minutes plus tard, la même voiture sans plaque minéralogique, aperçue deux jours auparavant, réapparait.</p>
<p>Au cours de son passage dans un programme sur la chaîne Al-Hiwar Ettounsi, le 5 novembre 2015, l’ancien chef d’état-major de l’armée de terre Rachid Ammar a assuré que le chef du gouvernement, l’islamiste Hamadi Jebali, l’aurait invité, ainsi que le ministre de la Défense, ce dimanche-là 3 février, pour écouter leur avis sur la situation générale qui prévaut dans le pays. Ceux-ci lui auraient conseillé – toujours d’après Rachid Ammar – de  constituer un gouvernement de compétences indépendantes!</p>
<p><strong>5 février :</strong></p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;">7H36</span></em> : réapparition de la voiture mentionnée supra.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><em>7H37</em></span> : le même véhicule dépose Kamel Gadhgadhi et poursuit sa route; ce dernier prend à droite et se dirige vers l’immeuble où réside Belaïd.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><em>7H38</em></span> : Gadhgadhi apparaît à nouveau sur les écrans de surveillance; il se dirige vers l’endroit où la voiture l’a déposée.</p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;">7H39</span></em> : la voiture réapparaît dans l’objectif de la caméra de surveillance.</p>
<p>On apprendra plus tard, d’après les aveux du terroriste Ezzedine Abdellaoui, que l’assassinat de Belaïd était programmé ce jour-là. C’est ce qui explique la présence de Kamel Gadhgadhi sur le théâtre du crime. Les tueurs avaient tout prévu sauf le faux bond que leur fera Belaid qui, par mesure de sécurité, ne passera pas la nuit chez lui.</p>
<p>Jihad Belaid, un autre neveu de Chokri Belaid, a reconnu, sur un cliché photographique présenté par les enquêteurs, Kamel El-Aifi, dont il était question dans l’affaire Fathi Dammak. Ses nom et prénom figuraient en effet sur l’agenda des rendez-vous de ce dernier, comme étant l’homme qu’il avait aperçu à plusieurs reprises rôder autour du domicile de son oncle, les jours ayant précédé le crime.</p>
<p>Kamel El-Aifi est membre de Majlis Al-Choûra d’Ennahdha. Extrémiste, irascible et violent, il ne faisait pas mystère de sa proximité avec les représentants de l’aile radicale d’Ennahdha, Habib Ellouz et Sadok Chourou, pour ne citer qu’eux. A Paris, où il résidait encore, il a dirigé une officine appelée «Centre islamique Al-Tawhîd» à Aubervilliers dont on ignore les activités réelles. Il officiait occasionnellement en tant qu&rsquo;<em>«imam»</em>. Il a également animé l’association liée à Ennahdha «<em>Voix libre</em>» qui s’occupait en apparence des  détenus islamistes et de leurs familles. Un militant du Watad m’a confié qu’en 2013, Kamel El-Aifi a menacé lors d’une altercation le représentant du Watad en France de lui faire subir le même sort que Belaïd.</p>
<p>Invité, en ce même jour, chez le journaliste Hamza Belloumi, à son programme de 20h00 sur Nessma TV, Belaïd à évoqué les incidents survenus au Kef pendant la tenue du congrès régional de la section du Vatad unifié dans cette ville de l’ouest. Il a pointé du doigt la responsabilité des miliciens d’Ennahdha dans l’attaque de l’assemblée et dénoncé la passivité des forces de l’ordre. Il passa ensuite en revue la série d’attaques perpétrées par les islamistes contre les sièges des partis de l’opposition démocratique (cf supra) Al-Joumhouri et Nidaa, mais aussi contre les organisations nationales, attribuant clairement la responsabilité de ces actions criminelles aux miliciens d’Ennahdha: <em>«Premièrement, cela signifie donner le feu vert à la poursuite de ces attaques. Deuxièmement, ces actes ont un lien direct avec la crise et les difficultés que traverse le gouvernement, d&rsquo;où il se déduit que toutes les fois que ce dernier s&rsquo;apprête à prendre des mesures impopulaires telles que l&rsquo;augmentation des prix, ou que le mouvement Ennahdha est secoué par des crises internes, comme on peut le constater en ce moment même où l&rsquo;affrontement en son sein atteint son comble, et où des factions s&rsquo;affrontent et s&rsquo;opposent au vu et au su de tous, les islamistes font appel à la violence. Quoi qu&rsquo;il en soit, la question est de savoir qui se cache derrière cette violence? A mon avis, il existe un segment déterminé au sein d&rsquo;Ennahdha qui pousse vers l&rsquo;usage de la violence… il existe une programmation centralisée à l’échelle de chaque wilayas ciblant différentes forces politiques [&#8230;]»</em>(4).</p>
<p>Au dernier soir de sa vie, Belaïd a évité de révéler – probablement par lassitude et parce qu’il a toujours évité de parler de lui-même – comment, en l’espace seulement de 4 jours, il échappa à 3 tentatives d’assassinat. La première eut lieu alors qu’il était avec des amis au café Le Shilling, lorsque quatre hommes armés de barres de fer foncèrent sur lui par surprise, et n’était la rapidité de réaction de ses compagnons qui le protégèrent, il aurait été achevé sur place. La deuxième eut lieu pendant la fameuse réunion du 2 février au Kef dont il est question supra. Un membre du Watad me confiera, dans les jours qui ont suivi l’assassinat, qu’une enquête effectuée par son parti avait conclu à l’existence d’un plan établi à l’avance visant à éliminer physiquement Belaïd ce jour-là. Un des assaillants islamiste devait le «<em>coincer</em>», à la faveur de la confusion générale provoquée par l’intrusion violente des milices d’Ennahdha dans la salle, et l’assassiner. Mais flairant le danger, le service d’ordre a rapidement pris les devants en exfiltrant Belaid par une porte dérobée et en le mettant en lieu sûr. La troisième, dont il ne saura jamais rien, c’est celle de ce matin ou le fait d’avoir passé la nuit chez des amis l’épargna, mais seulement pour 24 heures avant l’échéance fatale.</p>
<p>Avec le recul, il devient aisé de comprendre pourquoi les forces de l’ordre se sont abstenues d’intervenir pendant que la bagarre faisait rage à l’intérieur de la salle de la réunion. Le chef de l’unité était-il au courant du but de cette opération? C’est probable, car rien n’exclue en fait l’hypothèse qu’un responsable de sécurité haut placé de la police parallèle ait donné, à partir de la salle de commandement du ministère de l’Intérieur, aux unités mobiles d’interventions positionnées sur place, en face de la maison de culture du Kef, la consigne de ne rien faire et d’attendre les ordres, le temps que les nervis d’Ennahdha commettent l’irrémédiable dans le huis-clos de la salle, ensuite intervenir quand tout sera fini. Il sera ensuite facile de concocter une version «<em>vraisemblable</em>» de l’hypothétique assassinat et en confier l’annonce publique à Khaled Tarrouche par exemple qui – on le sait – ne s’étranglera pour en attribuer la cause «<em>à une rixe entre deux factions politiques rivales qui a mal tourné</em>» !</p>
<p>Belaid en était bien conscient quand il a interpellé violemment Larayedh, alors ministre de l’Intérieur, au cours de l’émission sur Nessma TV, lui imputant la responsabilité de l’incident et le menaçant  de le trainer devant les tribunaux.</p>
<p>Les défaillances programmées ou arrangées à l’avance par des forces de l’ordre étaient devenus monnaie courante sous le gouvernement d’Ennahdha. A preuve, l’agression contre Hamadi Redissi et Zied Krichène à l’occasion du procès de Nessma, la grande répression de la journée du 9 avril 2012, les funérailles de Chokri Belaid perturbées par des extrémistes religieux, mais la plus emblématique d’entre toutes demeure, sans conteste, celle l’attaque de l’ambassade des Etats-Unis, le 14 septembre 2012, et la fuite de Seifallah Ben Hassine, chef de l’organisation terroriste Ansar Charia.</p>
<p>Ce dernier a réussi à se glisser parmi la foule massée à l’entrée de la mosquée Al-Fatah, à Tunis, sans porter le moins du monde de niqâb ou quelques autre accoutrement islamiste, comme l’ont prétendu les services de désinformation de Larayedh. L’intox derrière cette mise en scène médiocre de la fuite de Seifallah Ben Hassine déguisé en niqabée était destiné à dissimuler la complicité de Larayedh himself et à ridiculiser au passage la belle brochette des meilleurs limiers de la Tunisie, présents sur le théâtre des opérations, comme Mohamed Nabil Abid, directeur général de la sûreté publique, Taoufik Dimassi, directeur de la sûreté publique après le 14 janvier, ensuite directeur général des services spéciaux («<em>al-masâlih al-mushtarka</em>»), avant d’être limogé par Lotfi Ben Jeddou en 2013, mis d’office à la retraite et finalement repris par Habib Essid comme conseiller spécial en matière de sécurité, et, enfin, Rachid Mahjoub, directeur du district de sécurité de Tunis. Il a fallu attendre presque deux ans pour que ces derniers passent aux aveux et livrent leur version des faits sur les circonstances qui avaient permis au chef terroriste de fausser compagnie à la plus grande concentration jamais vue des flics tunisiens. Dans un premier temps, ils reçurent l’ordre formel de l’appréhender à la sortie de la mosquée Al-Fath assiégée de tous parts et dans un deuxième temps un contrordre leur enjoignit de lui laisser champ libre.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><em>Le 28 mai 2014</em></span>, Taoufik Dimassi avouera dans une émission sur Ettounisia, s’être abstenu de procéder à l’arrestation du terroriste Seifallah Ben Hassine sur ordre direct émanant d’Ali Larayedh, ministre de l’Intérieur. Le 1er juin 2014, ce dernier reconnaîtra publiquement avoir donné l’ordre de laisser filer Seïfallah Ben Hassine. Et à ce jour, Ali Larayedh n’a jamais été inquiété par la justice. Plus grave il a refusé de répondre à plusieurs convocations du juge d’instruction !</p>
<p>Deux ans après l’assassinat de Belaid, le journaliste vedette Hamza Belloumi a révélé qu’à la fin de l’émission sur Nessma TV susmentionnée, la veille du meurtre, il accompagna Belaïd chez lui en voiture. Le dirigeant du Front populaire était serein ce soir-là, mais inquiet : il venait d’apprendre, confia-t-il à Belloumi, que des armes ont été introduites dans le Grand-Tunis. Ses craintes étaient justifiées, lui qui a toujours mis en cause l’émirat du Qatar d’être à l’origine de l’entrée massive d’armes dans notre pays. Il était probablement en possession des données précises, puisque, moins de deux semaines après son assassinat, une opération coup de poing des forces de sécurité intérieures au domicile d’un salafiste à M’nihla a permis la découverte d’un arsenal impressionnant : fusils mitrailleurs kalachnikov, lance-roquettes RPG et une grande quantité de munitions et d’explosifs.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-24715" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/11/Assassinat-de-Belaid.jpg" alt="Assassinat-de-Belaid" width="500" height="350" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Le 6 février 2013, Belaid est froidement abattu devant chez lui à El-Menzah VI.</em></p>
<p>Simple souci d’un chef soucieux de passer le témoin aux générations révolutionnaires montantes, ou prémonition tragique de la mort proche? Belloumi avait assuré que Belaid a souhaité, ce soir là, voir Nessma TV ouvrir davantage ses antennes aux jeunes dirigeants frontistes issus de la révolution.</p>
<p>Arrivé à la rue Tahar Sfar, l’animateur télé avait noté que le quartier était totalement plongé dans l’obscurité à la suite d’une coupure de courant. Sachant qu’il était traqué, Belaïd n’entra pas par la porte principale, il a fait  le tour de l’immeuble. Il sera tué le lendemain matin, à sa sortie de chez lui&#8230;</p>
<p>A suivre&#8230;</p>
<p><em><strong>Premier article de la série: </strong></em><br />
<a href="http://kapitalis.com/tunisie/2015/06/29/assassinat-de-chokri-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste/" target="_blank"><em>Assassinat de Chokri Belaïd: Les dessous d’un crime islamiste</em></a></p>
<p><em><strong>Notes:</strong></em></p>
<p><em>1- Lire le texte intégral sur Kapitalis: <a href="http://www.kapitalis.com/politique/27427-hommage-a-chokri-belaid-les-dernieres-paroles-d-un-juste-2-sur-3.html" target="_blank">«Hommage à Chokri Belaid : les dernières paroles d’un juste» (2/3)</a> </em></p>
<p><em>2- Mes remerciements à Mongi Khadraoui, journaliste à « Echourouk », pour m’avoir accordé l’autorisation d&rsquo;exploiter le « time code » publié par le même quotidien.<br />
</em></p>
<p><em>3- Lire le texte complet publié par Kapitalis: <a href="http://www.kapitalis.com/politique/27440-hommage-a-chokri-belaid-les-dernieres-paroles-d-un-juste-3-sur-3.html" target="_blank">«Hommage à Chokri Belaid : les dernières paroles d’un juste » 3/3 </a></em></p>
<p><em>4- Kapitalis: <a href="http://www.kapitalis.com/politique/27440-hommage-a-chokri-belaid-les-dernieres-paroles-d-un-juste-3-sur-3.html" target="_blank">«Hommage à Chokri Belaid : les dernières paroles d’un juste» 3/3 </a></em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2015/11/12/assassinat-de-chokri-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste-2e-partie/">Assassinat de Chokri Belaid : Les dessous d’un crime islamiste (2e partie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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