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	<title>Archives des Kenza Ben Azouz - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Kenza Ben Azouz - Kapitalis</title>
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		<title>Pourquoi le président Kaïs Saïed s’en prend-il aux migrants subsahariens ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Mar 2023 12:41:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En cas de problème, blâmez les migrants ou les minorités ethniques. Kaïs Saïed applique cette règle en Tunisie aux dépens des migrants subsahariens.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/15/pourquoi-le-president-kais-saied-sen-prend-il-aux-migrants-subsahariens/">Pourquoi le président Kaïs Saïed s’en prend-il aux migrants subsahariens ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En cas de problème, blâmez les migrants ou les minorités ethniques. Il s’agit d’une tactique éprouvée utilisée par les politiciens populistes ou les dirigeants autoritaires pour gagner des élections ou consolider une popularité décroissante.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Magdi Abdelhadi *</strong></p>



<span id="more-6955344"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Magdi-Abdelhadi.jpg" alt="" class="wp-image-6955377" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Magdi-Abdelhadi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Magdi-Abdelhadi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Magdi-Abdelhadi-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Ce type de populisme semble être l’explication la plus probable de l’emportement du président tunisien Kaïs Saïed en février dernier contre les migrants d’Afrique subsaharienne dans son pays.</p>



<p>M. Saïed a fait la surprenante remarque que ces personnes faisaient partie d’un complot visant à changer la composition démographique du pays d’Afrique du Nord, qui est majoritairement arabo-musulmane.</p>



<p>Comme l’histoire le démontre clairement, c’est une tactique dangereuse qui mène souvent à la violence. Et c’est précisément ce qui s’est passé en Tunisie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un climat d’insécurité</h2>



<p>Suite à ces commentaires, les migrants noirs africains en ont subi de plein fouet les retombées. Certains avaient peur de quitter leur domicile par peur de violences aléatoires ou de violences verbales.</p>



<p>Un étudiant d’Afrique australe qui étudie en Tunisie depuis cinq ans a brossé un tableau déchirant de la façon dont les remarques de M. Saïed ont affecté les Africains noirs en Tunisie.</p>



<p>Elle a déclaré au <a href="https://www.bbc.co.uk/programmes/p0f66k2j" target="_blank" rel="noreferrer noopener">podcast BBC Africa Daily</a> que certains avaient leurs maisons incendiées tandis que d’autres étaient battus, et qu’elle ne se sentait plus en sécurité dans le pays.</p>



<p>Cela a conduit de nombreux Africains noirs à se rendre dans leurs ambassades pour organiser leur rapatriement.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="j5UrUDZjqN"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/15/tunisie-mon-pays-est-africain-dirait-kais-saied/">Tunisie : «Mon pays est africain», dirait Kaïs Saïed</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : «Mon pays est africain», dirait Kaïs Saïed » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/15/tunisie-mon-pays-est-africain-dirait-kais-saied/embed/#?secret=GxGJvuaHog#?secret=j5UrUDZjqN" data-secret="j5UrUDZjqN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Le gouvernement tunisien a défendu le président, arguant que son discours visait ceux qui étaient venus dans le pays sans autorisation et non ceux qui se trouvaient légalement dans le pays.</p>



<p>On estime à 20 000 le nombre de migrants subsahariens en Tunisie, qui compte 12 millions d’habitants.</p>



<p>Mais la chercheuse tunisienne sur les droits humains Kenza Ben Azouz a déclaré à la BBC : <em>«Ce n’est pas une question de légalité ou d’illégalité. Il s’agit d’être noir dans ce pays»</em>.</p>



<p>Elle a ajouté que les Tunisiens noirs, qui représentent environ 10 à 15% de la population du pays, souffrent de discrimination en raison de la couleur de leur peau. C’est un problème relevé par une <a href="https://www.bbc.com/news/world-africa-62376905" target="_blank" rel="noreferrer noopener">enquête de BBC News en arabe l’année dernière</a>.</p>



<p>Le problème des Africains subsahariens qui se rendent en Afrique du Nord dans l’espoir de traverser la Méditerranée pour se rendre en Europe n’est pas nouveau. Il a longtemps été une pomme de discorde entre les États d’Afrique du Nord et l’Europe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le sauveur de la nation</h2>



<p>Ce qui est nouveau cette fois, cependant, c’est le langage utilisé par M. Saïed pour aborder la question. Il semblait conçu pour attiser la peur et la ferveur nationaliste – pour rallier les masses autour d’une cause quelconque à un moment où les désagréments de M. Saïed n’ont cessé de s’accumuler.</p>



<p>Sur le plan économique, la Tunisie est en très mauvaise posture. Il ne s’est jamais remis des années de troubles politiques qui ont suivi le renversement du président Zine El-Abidine Ben Ali en 2011.</p>



<p>Le tourisme a été durement touché par les attentats terroristes et le ralentissement a été encore aggravé par la pandémie de covid puis la guerre en Ukraine.</p>



<p>Politiquement, les choses ne vont pas non plus dans le sens du président.</p>



<p>Depuis qu’il a limogé le cabinet et dissous le parlement à l’été 2021 et annoncé une feuille de route qui, selon lui, mettrait le pays sur la voie de la stabilité et de la prospérité, son plan a subi un revers meurtrier après l’autre.</p>



<p>Le comité qu’il a choisi pour rédiger une nouvelle constitution a retiré son soutien après avoir apporté des changements drastiques au projet qu’ils avaient soumis. Il a effectivement rassemblé tous les leviers du pouvoir entre les mains de la présidence et émasculé le législatif et le judiciaire.</p>



<p>Ensuite, la consultation publique en ligne sur le projet n’a attiré que quelques centaines de milliers de personnes sur un électorat de neuf millions. Le scrutin lui-même a été effectivement boycotté par environ 70% des électeurs.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="2ocuXgfrX9"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/11/le-succes-du-populisme-du-president-tunisien-kais-saied/">Le succès du populisme du président tunisien Kaïs Saïed</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le succès du populisme du président tunisien Kaïs Saïed » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/11/le-succes-du-populisme-du-president-tunisien-kais-saied/embed/#?secret=dvLqU9ozdC#?secret=2ocuXgfrX9" data-secret="2ocuXgfrX9" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Son plan n’a pas mieux réussi à l’étape suivante : les élections législatives tenues à la fin de l’année dernière. Le taux de participation a été un record de 11%, ce qui a incité M. Saïed à dire que le peuple ne voulait pas de parlement.</p>



<p>Avec ses fréquentes tirades contre les médias et la classe politique, les accusant de corruption et d’abus de pouvoir, le président s’est en effet présenté comme le sauveur de la nation – le seul homme épargné par la politique et la poursuite du pouvoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une diversion pratique</h2>



<p>C’est pourquoi laisser planer l’idée que la Tunisie est confrontée à une menace existentielle des migrants subsahariens semble être une distraction pratique. Mais le discours xénophobe n’est pas entièrement inventé par le président.</p>



<p>Prenez le petit parti politique qui soutient M. Saïed, le Parti nationaliste tunisien. Il a colporté des opinions xénophobes – étonnamment similaires à celles des partis d’extrême droite anti-immigrés en Europe, et fait campagne pour l’expulsion des migrants noirs.</p>



<p>Le parti prétend que les Africains subsahariens sont des colons qui finiront par déposséder les Tunisiens de leur terre, et il établit un parallèle avec Israël et les Palestiniens.</p>



<p>Jouer la carte nationaliste est devenu une tactique pratique en Afrique du Nord et au Moyen-Orient pour contrer l’influence omniprésente de l’islam politique, qui est fondamentalement une idéologie transnationale, et dont les partisans en Tunisie représentent toujours les plus grands importants politiques de M. Saïed.</p>



<p>Le nationalisme peut être bénin ou virer en territoire dangereux en temps de crise. M. Saïed a dénoncé à plusieurs reprises ses opposants politiques comme des <em>«traîtres»</em>. Et cette polarisation n’est pas propre à la Tunisie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le génie nationaliste libéré de sa bouteille</h2>



<p>M. Saïed semble s’être inspiré de la stratégie déployée par le gouvernement égyptien du président Abdelfattah Sissi pour saper l’emprise de l’idéologie islamiste sur la société et le discours politique. Il a cherché à réveiller un sentiment d’identité nationale unique comme antidote à l’idéologie transnationale de l’islamisme, où la foi passe avant le pays. Et comme la Tunisie, l’Égypte a également connu une montée de la rhétorique anti-noire exprimée par les ultranationalistes, qui voient la présence de migrants noirs africains en Égypte comme une menace.</p>



<p>Réagissant aux événements en Tunisie, un groupe ultranationaliste en Égypte, se faisant appeler Nationalist Revival, a exprimé son soutien à M. Saïed. Le groupe affirme que l’Égypte a été submergée par les immigrés soudanais et subsahariens, appelant les autorités à arrêter l’afflux et à les expulser.</p>



<p>Les mêmes personnes ont récemment fait campagne contre une représentation prévue en Égypte par l’humoriste américain Kevin Hart en raison du soutien de l’artiste à l’afro-centrisme – la croyance, entre autres, que l’Égypte ancienne était une civilisation noire.</p>



<p>Cela a bien sûr exaspéré de nombreux Égyptiens, dont la grande majorité, comme de nombreux Tunisiens, essaie de se différencier de l’Afrique subsaharienne.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="YLG0SukL2Y"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/09/la-tunisie-et-la-chimere-de-la-grande-colonisation/">La Tunisie et la chimère de la grande colonisation</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie et la chimère de la grande colonisation » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/09/la-tunisie-et-la-chimere-de-la-grande-colonisation/embed/#?secret=kpDZId0TXi#?secret=YLG0SukL2Y" data-secret="YLG0SukL2Y" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>La performance artistique a été considérée comme faisant partie d’un complot plus large visant à déposséder les Égyptiens de leur propre culture et terre, tout en invoquant également la situation palestinienne, d’une manière qui rappelle le Parti nationaliste tunisien.</p>



<p>Le spectacle a ensuite été annulé, mais les organisateurs n’ont donné aucune raison. Cela a été considéré comme une victoire pour les nationalistes égyptiens.</p>



<p>En réponse au tollé international, M. Saïed a tenu ces derniers jours des propos conciliants, soulignant que la Tunisie était un pays africain et qu’il avait des parents mariés à des Africains noirs. Et le gouvernement a annoncé certaines mesures pour rassurer la communauté noire africaine, comme la mise en place d’une hotline pour les plaintes et l’annulation des amendes pour ceux qui ont dépassé la durée de leur visa. Mais tout était un peu trop tard. Le mal à l’image du pays est fait.</p>



<p>Une fois que le génie nationaliste a été libéré de sa bouteille, il peut développer sa propre vie. Dans les moments extrêmes, les étrangers ou les minorités ethniques peuvent être les premières victimes.</p>



<p>* <em>Analyste Afrique du nord.</em></p>



<p><strong><em>Source </em></strong>:<a href="https://www.bbc.com/news/world-africa-64913796" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> BBC</a>. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/15/pourquoi-le-president-kais-saied-sen-prend-il-aux-migrants-subsahariens/">Pourquoi le président Kaïs Saïed s’en prend-il aux migrants subsahariens ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La Tunisie ne protège pas les femmes contre la violence domestique</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/12/la-tunisie-ne-protege-pas-les-femmes-contre-la-violence-domestique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Dec 2022 07:52:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[droits des femmes]]></category>
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		<category><![CDATA[loi 58]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La grave crise économique qui sévit en Tunisie fait monter en flèche la violence et la criminalité, notamment contre les femmes.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/12/la-tunisie-ne-protege-pas-les-femmes-contre-la-violence-domestique/">La Tunisie ne protège pas les femmes contre la violence domestique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les autorités tunisiennes ne protègent pas suffisamment femmes contre la violence domestique malgré l’adoption d’une loi forte en 2017, a déclaré Human Rights Watch dans<a href="https://www.hrw.org/news/2022/12/08/tunisia-domestic-violence-law-not-protecting-women" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> un rapport</a> publié 12 décembre 2022. </em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari </strong>*</p>



<span id="more-5646951"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>


<p>La grave crise économique qui sévit en Tunisie fait monter en flèche la violence et la criminalité. Première victime de cette évolution, les femmes, les jeunes filles et surtout celles vivant en milieu rural. Les criminels peuvent être un mari, un frère, un père, un financé… et même un fils! Un bilan mortifère…</p>



<h2 class="wp-block-heading">Il te donne une baffe, et alors ?</h2>



<p>Publié cette fin de semaine, le rapport de 94 pages, dont le titre est <em>«Alors, Et s’il vous frappe ? : Lutter contre la violence domestique en Tunisie»</em>, a révélé que malgré l’engagement de certains responsables et l’une des lois les plus strictes contre la violence domestique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, une mauvaise mise en œuvre de la loi expose les femmes à un risque de violence.</p>



<p>Les autorités ne répondent pas systématiquement, n’enquêtent pas et ne fournissent pas de protection aux femmes qui signalent des violences, et le manque de financement pour les services de soutien, tels que le logement, n’a laissé de nombreuses survivantes nulle part où s’échapper.</p>



<p>L’adoption de la loi n° 58 a été une réalisation importante et de longue date dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes en Tunisie, a déclaré Kenza Ben Azouz, boursier Finberg chez Human Rights Watch et auteur du rapport.</p>



<p>Cinq ans plus tard, cependant, de nombreuses femmes continuent de faire face à de graves abus de la part de leur conjoint et d’autres membres de leur famille et se voient refuser les protections et l’assistance qui leur sont dues par les autorités.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Tunisie recule au lieu d’avancer</h2>



<p>En 2021 et 2022, Human Rights Watch a interrogé plus de 100 personnes à travers la Tunisie, dont 30 survivantes de violences domestiques, des policiers, des avocats, des juges et des prestataires de services au sujet de la réponse des autorités tunisiennes à la violence domestique.</p>



<p>Les autorités ont, par exemple, refusé de l’aider après que son mari l’ait agressée avec une brique.</p>



<p>L’organisation a constaté que la plupart des femmes tunisiennes, en particulier si elles vivent à la campagne ou si elles sont analphabètes, ne sont pas au courant des mesures et des services disponibles pour les protéger contre la violence en vertu de la loi 58. Cela est dû, en partie, à des campagnes d’information et à des signalisations publiques inadéquates.</p>



<p>Les femmes ont le droit, en vertu de cette loi, de demander des mesures de protection temporaires que la police peut demander aux procureurs, ainsi que des ordonnances de protection à plus long terme que les tribunaux peuvent rendre sans que la survivante ait besoin de déposer une plainte pénale ou de divorcer. Cela permet aux autorités d’interdire aux agresseurs présumés d’approcher les survivants et leurs enfants, en leur donnant une protection chez eux pendant qu’ils décident de leurs prochaines étapes. Cependant, les autorités ne semblent pas émettre largement ces ordonnances.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une police complaisante</h2>



<p>Les autorités ont ouvert 130 unités de police spécialisées à travers le pays en vertu de la loi 58 et leur ont fourni une formation. Mais les femmes ont déclaré que la police ne leur expliquait pas régulièrement leurs droits et leurs options, ne répondait pas avec mépris à leurs plaintes ou les pressait de se réconcilier avec leurs agresseurs ou d’acquiescer à la médiation familiale plutôt que de poursuivre une plainte pénale.</p>



<p>La plupart des unités spécialisées ne sont ouvertes que pendant les heures administratives en semaine et ne disposent pas de ressources humaines et matérielles suffisantes, telles que des véhicules pour conduire les femmes à l’hôpital pour un examen médical.</p>



<p>La police insiste également souvent sur des exigences de preuve arbitraires, telles qu’un certificat médical très récent montrant des abus, avant d’accepter d’ouvrir une enquête ou de demander des ordonnances de protection, même si la nouvelle loi ne l’exige pas.</p>



<p><em>«Lorsque je suis arrivé au poste de police, la police m&rsquo;a dit que je ne pouvais rien faire avec mes </em>[quatre] <em>certificats médicaux</em> [délivrés en 2020 et 2021] <em>parce qu&rsquo;ils avaient tous été délivrés il y a plus de 15 jours»</em>, a déclaré une survivante de 26 ans. <em>«Je suis analphabète et personne ne m’avait dit que mes certificats perdraient leur validité après quelques semaines»</em>, a-t-elle ajouté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des juges et des avocats insensibles</h2>



<p>Human Rights Watch a également constaté que les femmes qui se présentent devant les tribunaux soit pour intenter des plaintes pénales, soit pour demander des ordonnances de protection à plus long terme n’obtiennent souvent pas de conseils juridiques gratuits, comme le prévoit la loi, ou le soutien est de mauvaise qualité.</p>



<p>Ces problèmes sont exacerbés par les affaires qui ont tendance à traîner devant les tribunaux, ce qui rend la justice encore plus insaisissable.</p>



<p>La loi 58 garantissait également le droit des survivants à un soutien médical et psychologique et à un suivi. Cependant, dans la plupart des régions, seuls des certificats médicaux ont été délivrés sans frais.</p>



<p>Les frais pour des examens médicaux supplémentaires, ainsi que les frais de transport, peuvent dissuader les survivantes de violence domestique. Le personnel médical informe rarement les survivants de leurs droits ou les dirige vers des psychologues et beaucoup n’ont pas la formation nécessaire pour détecter les signes de violence, y compris les impacts physiologiques et psychologiques plus profonds. En 2020, le seul centre de conseil public en Tunisie dédié au bien-être psychologique des survivantes de violence a fermé ses portes en raison d’un manque de financement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La défaillance du pouvoir</h2>



<p>La loi 58 a établi que les victimes de violence ont droit à un abri d’urgence et à des services de réinsertion et de logement à plus long terme. Mais les législateurs tunisiens n’ont pas alloué les ressources nécessaires pour aider les femmes, y compris celles qui s’occupent d’enfants, à obtenir leur indépendance économique vis-à-vis de leurs agresseurs.</p>



<p>L’accès inadéquat aux refuges d’urgence, en particulier à l’extérieur de la capitale, signifie que les femmes qui ont besoin de fuir un ménage violent n’ont nulle part où aller à moins de disposer de ressources suffisantes.</p>



<p>La Tunisie dispose actuellement de 10 refuges pour survivants, avec une capacité totale de 186 femmes et enfants. Le ministère de la Femme prévoit d’ouvrir davantage de refuges pour veiller à ce qu’au moins un refuge soit opérationnel dans chacun des 24 gouvernorats tunisiens d’ici 2024.</p>



<p>En plus de refuges, la Tunisie a besoin d’efforts de sensibilisation pour déstigmatiser la décision d’une femme de fuir le foyer familial et de se tourner vers des refuges. La Tunisie a besoin de plus de financement pour aider la femme à trouver un logement à long terme, un emploi et plus de sécurité personnelle.</p>



<p>La Tunisie n’est plus la championne des droits des femmes de la région. Le pays doit évaluer et moderniser ses lois traitant de la violence domestique et considère cette violence comme un crime grave.</p>



<p>Beaucoup de femmes n’ont aucun moyen d’échapper à leurs maris, pères, frères ou fils qui les maltraitent en toute impunité. Au su et au vu des pouvoirs publics, des élites politiques et imams des mosquées…</p>



<p><strong><a href="https://www.hrw.org/news/2022/12/08/tunisia-domestic-violence-law-not-protecting-women" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Vidéo Human Rights Watch. </a></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/12/la-tunisie-ne-protege-pas-les-femmes-contre-la-violence-domestique/">La Tunisie ne protège pas les femmes contre la violence domestique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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