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	<title>Archives des liberté sexuelle - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des liberté sexuelle - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Tunisie : la liberté individuelle victime du conservatisme collectif  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Oct 2024 06:28:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Tunisien moyen, conservateur et conformiste redoute la sécularisation de la société et l’émancipation des corps et des plaisirs.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/29/tunisie-la-liberte-individuelle-victime-du-conservatisme-collectif/">Tunisie : la liberté individuelle victime du conservatisme collectif  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Ces derniers jours, les médias poubelles et nombre de célébrités décérébrés sont montés au créneau pour dénoncer le «contenu immoral» de certains utilisateurs de Tik-Tok. Cela dénote une chose toute simple : la crainte des Tunisiens conservateurs de voir leurs compatriotes s’affranchir de la tutelle étouffante de la morale et se frayer un chemin vers une plus grande liberté sexuelle. Leurs cris d’orfraie et jérémiades ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd… Et ce qui était prévisible arriva !</em></strong></p>



<p><strong>Mohamed Sadok Lejri </strong>*</p>



<span id="more-14461584"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Mohamed-Sadok-Lejri-1.jpg" alt="" class="wp-image-358589"/></figure></div>


<p>En effet, le ministère de la Justice vient de faire savoir que des <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/28/la-tunisie-organise-la-lutte-contre-les-contenus-immoraux-sur-tik-tok-et-instagram/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">mesures légales </a>seront prises à l’encontre de toute personne qui commettrait un outrage aux bonnes mœurs et à la morale publique sur Tik-Tok et Instagram.</p>



<p>Ainsi, le pouvoir a décidé de faire plaisir à la plèbe qui, depuis plusieurs jours, s’adonnait à une frénésie de délires vertueux à travers les réseaux sociaux. Cette plèbe rêve d’expédier en taule tous ceux (et surtout toutes celles) qui réfutent sa moraline, toutes celles et tous ceux qui refusent d’adhérer à son système de valeurs réactionnaires et liberticides, toutes celles et tous ceux qui refusent de faire le jeu du conformisme intellectuel sclérosant dans lequel patauge cette plèbe.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le pouvoir s’aligne sur la doxa sociale</h2>



<p>Le Tunisien moyen, conservateur et conformiste comme il est, redoute comme la peste la sécularisation de la société et l’émancipation des corps et des plaisirs. Et le pouvoir, en satisfaisant les desiderata des <em>«oreilles chastes»</em>, n’a fait que s’aligner sur la doxa sociale et sur les diktats des tenants du discours qui dégouline de morale et de toutes sortes de mièvreries dont raffolent les simples d’esprit.</p>



<p>Ce pas de plus vers la restriction des libertés permet aux conservateurs et aux bondieusards qui prônent la censure au nom de la morale et des bonnes mœurs de conserver le monopole du contrôle de l’espace public (réel et virtuel).</p>



<p>Tant qu’à faire, pourquoi ne pas créer un comité pour le commandement de la vertu et la répression du vice (هيئه&nbsp;الأمر&nbsp;بالمعروف&nbsp;و&nbsp;النهي&nbsp;عن&nbsp;المنكر) ?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="t1IAsY7aH6"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/28/la-tunisie-organise-la-lutte-contre-les-contenus-immoraux-sur-tik-tok-et-instagram/">La Tunisie organise la lutte contre les «contenus immoraux» sur Tik-Tok et Instagram</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie organise la lutte contre les «contenus immoraux» sur Tik-Tok et Instagram » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/28/la-tunisie-organise-la-lutte-contre-les-contenus-immoraux-sur-tik-tok-et-instagram/embed/#?secret=3zDnm9ktQl#?secret=t1IAsY7aH6" data-secret="t1IAsY7aH6" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Personnellement, je suis prêt à m’accommoder de l’absence de démocratie et de liberté politique, ou plutôt à m’y résigner. Si les Tunisiens n’en veulent pas, libres à eux ! En revanche, la répression des mœurs, celle qui s’exerce au nom de la morale et des bonnes mœurs, nous livre à une sorte d’inquisition moyenâgeuse et touche à ce qu’il y a de plus sacré : la liberté individuelle.</p>



<p>La judiciarisation des comportements jugés comme contraire à la morale publique et aux bonnes mœurs n’est pas sans nous rappeler les pires heures de l’Histoire de l’humanité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le choc des consciences</h2>



<p>Il faut comprendre que la provocation des conservateurs et le choc des consciences participent à la transformation de la société. C’est un passage obligé si l’on veut sortir du vieux dispositif qui sanctifie la morale et qui s’appuie sur la répression des mœurs jugées inconvenantes par une grande partie de la société.</p>



<p>Seul un électrochoc désinhibiteur affaiblira les tabous religieux et sexuels. C’est le seul moyen d’en finir avec le conformisme intellectuel sclérosant, la censure morale et religieuse et les inhibitions qui lui sont liées d’une manière consubstantielle et qui sont à l’origine de tant de névroses en terre d’Islam.</p>



<p>Cette décision populiste du pouvoir en place n’est bonne qu’à entretenir la société tunisienne dans sa misère affective, sentimentale et sexuelle.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="cts1QAFN7e"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/28/tunisie-haro-sur-les-contenus-immoraux-sur-les-reseaux-sociaux/">Tunisie : haro sur les «contenus immoraux» sur les réseaux sociaux</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : haro sur les «contenus immoraux» sur les réseaux sociaux » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/28/tunisie-haro-sur-les-contenus-immoraux-sur-les-reseaux-sociaux/embed/#?secret=9QYkfG9O16#?secret=cts1QAFN7e" data-secret="cts1QAFN7e" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p><strong><em>P.S. 1 </em></strong>: <em>Pourquoi ne pas fermer les sites pornos, avant de poursuivre en justice les Tunisiens qui font preuve d’une «hardiesse excessive»? Est-ce parce que les acteurs ne sont pas Tunisiens et l’identification à ces derniers n’est pas évidente ?</em></p>



<p><em>Ainsi, une étrangère peut me donner la trique sur internet et sur les réseaux sociaux. En revanche, quand il s’agit d&rsquo;une Tunisienne, ça relève de l’honneur de toute une nation ? Comme si l’honneur d’un pays se trouvait dans l’entrejambes de ces femmes ! Si c’était le cas, les pays arabes ne seraient pas en bas de la liste des priorités des grands de ce monde.</em></p>



<p><em>L’on tient absolument à vivre dans une prison morale et à régir le moindre de nos comportements et pensées par un système de valeurs contraignantes et anachroniques, alors autant commencer par les priorités les plus pressantes et s’y cantonner de façon scrupuleuse. Ne faisons pas les choses à moitié.</em></p>



<p><strong><em>P.S. 2 : </em></strong><em>Ceux qui croient que les islamistes sont les instigateurs de cette décision du ministère de la Justice sont complètement à côté de la plaque. En effet, les Tunisiens n&rsquo;ont pas besoin des islamistes pour pousser des cris d&rsquo;orfraie et appeler à la censure. Ils sont foncièrement conformistes et moralisateurs et estiment que, dans un pays arabo-musulman et conservateur, l’Etat doit s’inscrire dans une logique prohibitive dès qu’il s’agit de choses moralement répréhensibles. </em></p>



<p><em>En somme, la censure les rassure. Elle leur donne l’impression de vivre dans un pays où l’Etat dégaine le sabre de l’oppression dès que les «fossed» tentent d’injecter le «poison de la débauche» à travers les réseaux sociaux ou les fictions qu’ils diffusent sur leurs chaînes de télévision.</em></p>



<p>* <em>Universitaire.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/29/tunisie-la-liberte-individuelle-victime-du-conservatisme-collectif/">Tunisie : la liberté individuelle victime du conservatisme collectif  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Nedra Ben Smail, l’hyménoplastie et la libération sexuelle en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/06/nedra-ben-smail-lhymenoplastie-et-la-liberation-sexuelle-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Oct 2022 08:37:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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		<category><![CDATA[hyménoplastie]]></category>
		<category><![CDATA[liberté sexuelle]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Sadok Lejri]]></category>
		<category><![CDATA[Nedra Ben Smaïl]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisiennes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’hyménoplastie (ou la réparation de l’hymen avant le mariage à laquelle s'adonnent certaines Tunisiennes) est une opération qui a une portée ambivalente. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/06/nedra-ben-smail-lhymenoplastie-et-la-liberation-sexuelle-en-tunisie/">Nedra Ben Smail, l’hyménoplastie et la libération sexuelle en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La thèse de la psychanalyste tunisienne Nedra Ben Smail sur l’hyménoplastie (ou la reconstruction de l’hymen avant le mariage) est que cette opération avait une portée ambivalente, dans la mesure où elle conciliait deux choses qui paraissaient incompatibles de prime abord : l’archaïsme de la diabolisation du sexe avant le mariage entretenue par l’ordre patriarcal et la liberté sexuelle des femmes. Les choses ont-elles vraiment changé après la «révolution» de 2011 et la libération de la parole publique qu’elle a engendrée&nbsp;?</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mohamed Sadok Lejri</strong> *</p>



<span id="more-4431947"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Mohamed-Sadok-Lejri-1.jpg" alt="" class="wp-image-358589"/></figure></div>


<p>J’ai pris du plaisir à écouter Nedra Ben Smaïl. Cette psychanalyste est passée, avant-hier, mardi 4 octobre 2022, <a href="https://www.facebook.com/pageofficielleRTCI/videos/5532844236809910/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">sur les ondes de RTCI</a> pour présenter son dernier ouvrage <em>‘‘Ecoutez vos enfants’’ </em>qui vient de paraître aux Editions Cérès, à Tunis.</p>



<p>L’animateur de l’émission, notre ami Hatem Bourial, à la vingt-sixième minute de l’entrevue (lien disponible ci-dessous), est revenu sur le livre qu’elle avait publié en 2012 et qui a rencontré un franc succès auprès des lecteurs francophones : <em>‘‘Vierges ? La nouvelle sexualité des Tunisiennes’’</em>. Nedra Ben Smaïl a précisé que cet ouvrage tournait autour de l’opération qui permet la reconstitution de l’hymen, plus que de la virginité en elle-même.</p>



<p>Sa thèse est que l’hyménoplastie avait une portée ambivalente, dans la mesure où elle conciliait deux choses qui paraissent incompatibles de prime abord : l’archaïsme de la diabolisation du sexe avant le mariage entretenue par l’ordre patriarcal et la liberté sexuelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le contournement de l’injonction sociale</h2>



<p>En effet, la psychanalyste a expliqué que l’hyménoplastie était très répandue à cause de l’archaïsme de l’injonction sociale qui consistait à imposer aux femmes la virginité jusqu’au mariage et, en même temps, cette opération chirurgicale permettait à de nombreuses femmes d’avoir une vie sexuelle et amoureuse avant le mariage.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="8BBFfSBs2a"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/02/15/livre-michaelle-gagnet-brise-le-silence-autour-de-la-misere-sexuelle-au-maghreb/">Livre : Michaëlle Gagnet brise le silence autour de la misère sexuelle au Maghreb</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Livre : Michaëlle Gagnet brise le silence autour de la misère sexuelle au Maghreb » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/02/15/livre-michaelle-gagnet-brise-le-silence-autour-de-la-misere-sexuelle-au-maghreb/embed/#?secret=bvjJ39ib4N#?secret=8BBFfSBs2a" data-secret="8BBFfSBs2a" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ainsi, les jeunes femmes, grâce à la sécurité qui leur était offerte par la médecine, sachant qu’elles pouvaient <em>«recouvrer leur virginité»</em> quelques jours avant le mariage, s’autorisaient des relations sexuelles en dehors du cadre légal du mariage; d’où la <em>«liberté»</em> dont parle Nedra Ben Smaïl.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Je trouve que le mot <em>«liberté»</em> n’est guère approprié dans le cas d’espèce. Ce n’est pas parce que ces filles ont des rapports sexuels avant le mariage que l’on peut parler de <em>«liberté sexuelle»</em>; l’hyménoplastie est juste un tour d’escamotage qui évite quelques problèmes à la fille et à sa famille. Même si certaines filles franchissent le pas en se disant que, plus tard, quelques points de suture leur éviteront le scandale, il ne s’agit nullement et en aucun cas de liberté. Ce n’est pas le terme idoine.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Liberté publique, héritage culturel et rapport au corps</h2>



<p>Les allégations que Nedra Ben Smaïl a formulées dans la foulée des explications ci-haut décrites me semblent encore plus erronées. Elle estime que les choses ont vraiment évolué depuis les années 2000. Elle pense que la révolution a libéré la parole des Tunisiens, changé leur rapport au corps et à la sexualité et qu’elle a produit en eux une solide conviction des libertés individuelles.</p>



<p>Elle estime aussi que toute une génération, soit les jeunes qui ont aujourd’hui 18/20 ans, a été élevée dans la liberté et que son rapport au corps et à la sexualité est moins régi par les tabous et les interdits. Elle est allée jusqu’à prétendre que la question de la virginité des filles est <em>«tombée en désuétude»</em>. C’est peut-être vrai dans certains milieux, et encore. Une chose est sûre, dès que l’on s&rsquo;éloigne de la capitale et des grandes villes côtières, on est en butte aux mentalités sclérosées.</p>



<p>Je ne suis pas tout à fait d’accord avec Nedra Ben Smaïl, et pour cause : ses allégations concernant la jeune génération me semblent dénuées de fondement. J’estime que l’émancipation sexuelle passe par un travail intellectuel intrinsèquement révolutionnaire. Le passage à la liberté sexuelle est sous-tendu par une philosophie qui rompt avec le passé, notamment avec certains <em>«principes éternels»</em> et une <em>«loi divine intangible et indiscutable»</em>.</p>



<p>Or nos jeunes ne sont pas assez outillés intellectuellement pour provoquer une rupture épistémologique et se départir de traditions séculaires chargées d’un lourd héritage culturel. Ils pourront se montrer un tantinet plus émancipés que leurs aînés, mais je pense que, comme toutes les générations qui les ont précédés, ils passeront une partie de leur vie à composer avec les tabous et les interdits, à faire une chose tout en prônant son contraire, et ce, sans procéder à une destruction symbolique des carcans culturels et intellectuels pour que s’épanouissent librement leurs sains désirs. Pour que cette destruction puisse avoir lieu, une transmutation intellectuelle et culturelle s’impose.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’émancipation sexuelle n’est pas pour demain</h2>



<p>Autrement, ce serait de la consommation du sexe, et non une liberté sexuelle digne de ce nom et en rupture avec les vieux dispositifs fondés sur l’interdit et la répression. D’ailleurs, ceux qui consomment du sexe sans être pourvus d’une assise philosophique et intellectuelle suffisamment solide peuvent, du jour au lendemain, changer radicalement de mode de vie et sombrer dans la dévotion outrée et quasi fanatique. Et les exemples n’en manquent pas en Tunisie !</p>



<p>Pourquoi la liberté sexuelle ne serait-elle pas pour demain&nbsp;?</p>



<p>Il faut, avant toutes choses, voir dans quelle société et dans quelle aire culturelle nous vivons. Les femmes ne peuvent revendiquer le contrôle ou la possession de leur propre corps. Les femmes ne peuvent pas encore exprimer leur sexualité aussi librement que les hommes en arguant qu’il s’agit d’une relation entre deux adultes libres et consentants.</p>



<p>Nous vivons dans une société où le sexe qui se pratique en dehors du cadre légalo-charaïque du mariage est encore condamné moralement et pénalement. Dans l’inconscient collectif, les relations sexuelles avant le mariage sont encore considérées comme une appropriation sexuelle illégitime du sexe de la femme. Par conséquent, lorsqu’une fille acquiert la réputation d’avoir facilement et fréquemment des relations sexuelles, sa valeur d’échange sur le marché des alliances et des transactions matrimoniales se déprécie.</p>



<p>Le sexe avant le mariage est encore considéré sous l’angle d’une faute commise à l’égard de la société. C’est interprété en termes de mauvaises mœurs et considéré comme une faute morale. D’ailleurs, en parlant de faute, toute la société, à commencer par les jeunes dont parle Nedra Ben Smaïl, emploie volontiers le terme <em>«faute»</em> (<em>«ghalta»</em>) pour décrire tout rapport sexuel avant le mariage. Je ne vois pas nos jeunes précéder à un travail de déconstruction sociolinguistique afin qu’ils se libèrent de ce champ lexical stigmatisant et qui contribue fortement à la perpétuation de cette vision machiste qui est encore très présente dans notre aire culturelle dite <em>«arabo-musulmane»</em>.</p>



<p>Quand Nedra Ben Smaïl estime que la révolution a libéré la parole et changé notre rapport au corps et à la sexualité, cela me laisse dubitatif. Il est vrai que ces dix dernières années se sont distinguées par une liberté de ton inhabituelle, il n’en reste pas moins que c’est le discours des névrosés qui veulent couper court à toute allusion sexuelle qui sévit en maître dans les médias audiovisuels.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Plaisir du corps et pudibonderie sociale</h2>



<p>Il suffit de se remémorer la polémique suscitée par le look décontracté de la danseuse orientale de la cérémonie d’ouverture du Championnat arabe des clubs de handball. Les médias tunisiens ont poussé la pudibonderie jusqu’à publier des images floutées de la danseuse en question (une pratique largement répandue chez les bédouins du Proche-Orient).</p>



<p>Pas plus tard qu’avant-hier, l’Association du Festival international de la fête du Mouled a publié un communiqué de presse dans lequel elle présentait ses excuses auprès du public. En effet, à Kairouan, des filles habillées en jebba s’étaient livrées à une danse qui a été jugée lascive par les Tunisiens. Ce qui a valu aux danseuses et au producteur du spectacle une volée de bois vert, sous-prétexte qu’il s’agissait de la célébration d’une fête religieuse.</p>



<p>Souvenons-nous aussi, à ce propos, du tollé qui a été observé à la suite du baiser qui est passé sur El-Hiwar Ettounsi ou de la manière dont a été traitée la question de l’éducation à la sexualité en milieu scolaire. Les tenants du projet, afin d’apaiser le courroux des endeuillés du slip, n’ont cessé de rabâcher que leur but était d’apporter aux élèves des informations objectives et des connaissances scientifiques.</p>



<p>Il faut comprendre que, sous nos cieux, le sexe ne doit jamais être évoqué comme un plaisir. Le seul discours sur la sexualité qui est plus ou moins toléré, c’est celui où l’on évoque la chose en termes de procréation humaine. L’évocation du plaisir sexuel en public est tout bonnement diabolisée et déclenche des réactions très agressives.</p>



<p>En écoutant les médias tunisiens, et au moment où l’on s’y attend le moins, on tombe souvent sur des personnalités publiques, connues pour leur progressisme et leur ouverture d’esprit, véhiculant un discours conforme à la doxa, voire reproduisant insidieusement des schémas traditionnels et aliénants destinés à conforter la populace dans ses certitudes.</p>



<p>Par exemple, il y a de cela quelques jours, sur les ondes de IFM, dans l’émission <em>La rue du tribunal</em>, l’acteur Mohamed Sayari, esprit libre et grand défenseur de la laïcité devant l’Eternel, n’a pas manqué d’insérer des propos réprobateurs et moralisateurs dans les passages du texte qui soulignaient que le jeune tueur dont il parlait vivait avec sa copine sous le toit des parents de cette dernière.</p>



<p>Il serait utile de préciser que le texte lu par Mohamed Sayari a été rédigé par Imed Ben Hamida, un journaliste-dessinateur qui éprouve une aversion totale pour les islamo-conservateurs. D’ailleurs, IBH s’en donne à cœur joie aussi bien dans ses dessins que dans ses chroniques hebdomadaires. En revanche, sur IFM, Mohamed Sayari et Imed Ben Hamida se doivent d’être conformes à la doxa sociale. C’est vous dire la puissance du conformisme en Tunisie et de la violence sournoise qui se dissimule derrière le discours qui invite à ne pas choquer le public.&nbsp;</p>



<p>En somme, je ne vois pas les jeunes d’aujourd’hui, ceux qui ont moins de trente ans, une génération de <em>«fréret»</em> ** qui a grandi dans la médiocrité et le conformisme intellectuel le plus grotesque, revendiquer leur droit au plaisir avant le mariage et se libérer sexuellement. Ils n’ont pas le bagage intellectuel nécessaire pour remettre en question un système de valeurs séculaires très pesant et pour braver des dogmes et des principes encore très vivaces et des plus vénérés.</p>



<p>A mon humble avis, les jeunes d’aujourd’hui risquent de reproduire le même schéma que celui de leurs aînés. Ils ne sont pas près d’expédier aux chiottes les principes qui légitiment la censure qui se pratique au nom de la morale et de la religion et ne peuvent avoir une conception de la sexualité autre que celle qui est téléologiquement orientée vers la reproduction.</p>



<p>* <em>Universitaire.</em></p>



<p><em>** Fréret : pluriel de frér. Nom commun/masculin. Jeunes Tunisiens décérébrés, âgés de moins de trente ans et qui, malgré des apparences pleines de désinvolture, sont rongés par la rancœur et l’aigreur. Ces jeunes dont la mentalité est largement inspirée de la sous-culture des quartiers populaires de Tunis sont d’un conformisme intellectuel et moral étroit. Sous le vernis d&rsquo;une modernité de façade (cheveux kératinés, pantalon au-dessous des fesses, usage abusif des technologies de communication, etc.), les fréret cachent une vulgarité et une agressivité importées des stades de football, mais aussi des idées rétrogrades et extrémistes qu’ils n’hésitent pas à faire prévaloir de façon ponctuelle. Le système de valeurs duquel ils se réclament est en inadéquation avec leur look et mode de vie.</em></p>



<p><strong><em><a href="https://www.facebook.com/pageofficielleRTCI/videos/5532844236809910/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien de l’interview. </a></em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/06/nedra-ben-smail-lhymenoplastie-et-la-liberation-sexuelle-en-tunisie/">Nedra Ben Smail, l’hyménoplastie et la libération sexuelle en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie : Six mois de prison avec sursis pour… un baiser au lycée !?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Sep 2018 13:20:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Arabo-musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[conservateurs]]></category>
		<category><![CDATA[liberté sexuelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Deux lycéens viennent d’écoper de six mois de prison avec sursis pour s’être embrassés dans leur établissement scolaire. C’est le triomphe, en Tunisie, des conservateurs de tout poil qui veulent continuer à contrôler de l’espace public au nom du respect des bonnes mœurs. Par Mohamed Sadok Lejri * Les deux lycéens ont été dénoncés à...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-117352" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/10/Baiser-interdit.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Deux lycéens viennent d’écoper de six mois de prison avec sursis pour s’être embrassés dans leur établissement scolaire. C’est le triomphe, en Tunisie, des conservateurs de tout poil qui veulent continuer à contrôler de l’espace public au nom du respect des bonnes mœurs.</strong> </em></p>
<p>Par<strong> Mohamed Sadok Lejri</strong> *</p>
<p><span id="more-176086"></span></p>
<p>Les deux lycéens ont été dénoncés à l’administration par le gardien du lycée, probablement un péquenaud qui brûlait d’envie d’être à la place du jeune lycéen et qui, en se faisant officier de cette inquisition, a trouvé un antidote à sa frustration sexuelle.</p>
<p>Vous aurez compris qu’il ne s’agit pas de deux jeunes qui se bécotent en public. En effet, un baiser donné à la vue de tout le monde prend une toute autre portée que celle d’un simple baiser dans un pays empêtré dans une culture moyenâgeuse.</p>
<h3>Deux visions antagonistes de la sexualité des Tunisiens</h3>
<p>Depuis plusieurs années, ces condamnations judiciaires pour atteinte à la morale et outrage aux bonnes mœurs portent à chaque fois sur la place publique un affrontement qui remonte à loin, celui de deux projets de sociétés antagonistes et inconciliables. C’est, avant toutes choses, un affrontement de deux visions antagonistes par rapport à la sexualité des Tunisiens.</p>
<p>Il y a, d’abord, la crainte des conservateurs tunisiens de voir leurs compatriotes s’affranchir de la tutelle de la morale religieuse et se frayer un chemin vers une plus grande liberté sexuelle.</p>
<p>En effet, les conservateurs tunisiens redoutent comme la peste la sécularisation de la société et l’émancipation des corps et des plaisirs. Conservateurs et moralisateurs de tout poil veulent conserver le monopole du contrôle de l’espace public au nom du respect de la morale et des bonnes mœurs. Ils refusent que les affaires et l’espace publics soient gérés par les valeurs «<em>dépravées</em>» de l’Occident.</p>
<p>L’intrusion des <em>«valeurs étrangères»</em> n’est pas toujours rejetée en bloc par les conservateurs, mais quand il s’agit de sexe, le tabou suprême de toutes les sociétés dites arabo-musulmans, ou plus précisément quand il s’agit de liberté sexuelle et de l’affranchissement du corps de la femme de la tutelle étouffante des traditions sociales et religieuses, l’intrusion en question est perçue comme une atteinte à leur honneur et un renoncement aux valeurs sacrées. Une capitulation. Aucune remise en question des mœurs conservatrices et des normes sexuelles traditionnelles ne doit être envisagée. Oui à la modernité tant qu’elle n’est pas synonyme de liberté sexuelle.</p>
<h3>Les conservateurs instrumentalisent l’appareil judiciaire et sécuritaire</h3>
<p>Les conservateurs refusent de comprendre que la modernité est nécessairement une déchirure, elle implique une rupture. Pour les conservateurs, tout peut se moderniser, sauf la sexualité des Tunisiens, notamment celle des femmes qui doit consolider la morale dominante et prémunir la société contre les <em>«feux de l’enfer de la lubricité»</em>. Ainsi, l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire et sécuritaire pour imposer dans l’espace public une conception moyenâgeuse et inquisitoriale des bonnes mœurs, pour imposer une conception totalitaire de la morale, devient nécessaire.</p>
<p>Dans le camp d’en face, il y a les progressistes. Ces derniers essayent de faire évoluer les mœurs… mais sans trop se mouiller. Il faut qu’ils comprennent que la provocation des conservateurs et le choc des consciences participent à la transformation de la société. Hélas, et comme à l’accoutumée, nos progressistes, à quelques exceptions près, se sont montrés lâches et timorés devant ce tollé suscité par l’affaire du baiser. Les plus courageux prennent la défense des jeunes <em>«dévergondés»</em> du bout des lèvres, les autres, pour ne pas avoir à affronter le conservatisme de leurs compatriotes et ne pas trop s’embarrasser du qu’en-dira-t-on, se mettent en position d’accusateurs :<em> «Oui, cette affaire n’aurait jamais dû être judiciarisée, mais ces jeunes n’auraient pas dû céder à la provocation, ils n’auraient pas dû…»</em></p>
<h3>La capitulation des soi-disant progressistes</h3>
<p>Les progressistes doivent faire face à certains tabous et arrêter de noyer le poisson en se focalisant, par exemple, sur les vices de procédure. La remise en cause de la doxa et le rejet de l’orthopraxie sont un passage obligé si l’on veut sortir du vieux dispositif qui sanctifie la morale religieuse et les bonnes mœurs et qui s’appuie sur la répression sexuelle. Seul un électrochoc désinhibiteur affaiblira les tabous religieux et sexuels. Une révolution sexuelle fondée sur une liberté totale en matière de sexualité (relations sexuelles tolérées avant et hors mariage, droits des homosexuels) s’impose.</p>
<p>Il faut en finir avec cette exigence, voire cette sacralisation de la virginité, laquelle accentue la chosification de la femme et confère une légitimité aux plus sévères condamnations (judiciaires, morales et sociales). Il faut arrêter de mesurer l’honneur et la <em>«valeur marchande»</em> de la femme à l’aune de la présence ou de l’absence des contacts sexuels.</p>
<p>Il faut contester cet ordre séculaire et inique fondée sur le conformisme intellectuel et la répression sexuelle. Ce système de valeurs surannées est à l’origine d’une véritable névrose collective. Les rapports intimes préconjugaux entre les hommes et les femmes ne doivent plus être des moments volés, les couples qui s’y adonnent ne doivent plus se culpabiliser.</p>
<p>Non seulement il faut résister à l’intimidation sociale, aux assauts policiers, aux condamnations judiciaires et aux menaces proférées par les extrémistes, mais en plus il faut revendiquer sans la moindre équivoque la liberté sexuelle et le droit de se bécoter en public. C’est le seul moyen d’en finir avec la répression morale et religieuse et de mettre fin aux inhibitions consubstantiellement liées à notre culture arabo-musulmane moyenâgeuse, une culture à l’origine de tant de frustrations et de névroses en terre d’islam&#8230;</p>
<p><em>* Universitaire.</em></p>
<p><em><strong>Articles du même auteur dans Kapitalis : </strong></em></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="rVxA3lQc6R"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/24/colibe-revolution-des-mentalites-ou-petite-evolution-societale/">Colibe : Révolution des mentalités ou petite évolution sociétale ?</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Colibe : Révolution des mentalités ou petite évolution sociétale ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/24/colibe-revolution-des-mentalites-ou-petite-evolution-societale/embed/#?secret=U3QYmWeQ7g#?secret=rVxA3lQc6R" data-secret="rVxA3lQc6R" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="fZIzkGzYcj"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/04/pourquoi-une-femme-doit-elle-se-voiler-la-tete-pour-preter-serment/">Pourquoi une femme doit-elle se voiler la tête pour prêter serment ?</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Pourquoi une femme doit-elle se voiler la tête pour prêter serment ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/04/pourquoi-une-femme-doit-elle-se-voiler-la-tete-pour-preter-serment/embed/#?secret=VJ3WjvsRr7#?secret=fZIzkGzYcj" data-secret="fZIzkGzYcj" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="UdJQT33TMP"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/05/23/hafedh-caid-essebsi-met-en-danger-lavenir-de-la-tunisie/">Hafedh Caïd Essebsi met en danger l’avenir de la Tunisie</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Hafedh Caïd Essebsi met en danger l’avenir de la Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/05/23/hafedh-caid-essebsi-met-en-danger-lavenir-de-la-tunisie/embed/#?secret=PcVyBVP9cA#?secret=UdJQT33TMP" data-secret="UdJQT33TMP" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : Actions pour promouvoir et protéger la liberté sexuelle</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/17/tunisie-actions-pour-promouvoir-et-proteger-la-liberte-sexuelle/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jan 2018 10:30:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[article 230]]></category>
		<category><![CDATA[Associations]]></category>
		<category><![CDATA[homosexualité]]></category>
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		<category><![CDATA[liberté sexuelle]]></category>
		<category><![CDATA[Mawjoudin]]></category>
		<category><![CDATA[orientation sexuelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des associations ont lancé une série de vidéos, des affiches pédagogiques, des campagnes de sensibilisation et des débats pour promouvoir et protéger la liberté sexuelle en Tunisie. Afin de préserver les libertés individuelles et notamment sexuelle, plusieurs associations, à l’instar de Mawjoudin (« On existe »), ont lancé des actions culturelles et pédagogiques, en ce début d’année...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-133524" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/01/Libertés-sexuelles-Tunisie.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Des associations ont lancé une série de vidéos, des affiches pédagogiques, des campagnes de sensibilisation et des débats pour promouvoir et protéger la liberté sexuelle en Tunisie.</strong></em><span id="more-133508"></span></p>
<p>Afin de préserver les libertés individuelles et notamment sexuelle, plusieurs associations, à l’instar de Mawjoudin (<em>« On existe »</em>), ont lancé des actions culturelles et pédagogiques, en ce début d’année 2018, qui visent à faire abroger des lois portant atteinte aux libertés personnelles, à l’instar de l’article 230 du code pénal tunisien qui interdit la sodomie, et qui prévoit une peine de prison allant jusqu&rsquo;à 3 ans de prison ferme, ou encore les articles 226 et 226 bis, relatifs à <em>«l&rsquo;atteinte à la pudeur ou l&rsquo;outrage à l&rsquo;ordre public»</em>, qui sont trop vagues et ouvrent la porte à des interprétations abusives.</p>
<p>Ainsi, les associations ont produit une série d&rsquo;affiches et de bandes dessinées, plaidant la nécessité de préserver les libertés sexuelles, de combattre les préjugés et la ségrégation de ceux qui ont fait un choix d’orientation sexuelle et qui le revendiquent, mais qui sont la cible de railleries, d&rsquo;agressions et autres abus.</p>
<p>Dans ce même contexte, Mawjoudin a lancé le 1<sup>er</sup> festival Queer en Tunisie, qui se tient du 15 au 18 janvier 2018, à l’espace El-Teatro à Tunis, et qui prévoit la projection de films engagés en faveur de la tolérance, la liberté afin que les droits des Tunisiens ne soient pas bafoués.</p>
<p>Mawjoudin s’associe dans son combat avec de l&rsquo;association de défense des libertés individuelles Adli, qui travaille sur le volet juridique et les lacunes des lois facilitant l’oppression et l’atteinte à la liberté individuelle.</p>
<p>D’autre part, Article 19 et Mawjoudin collaborent sur un projet visant à améliorer la performance des<a href="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfLR4yQg87dBQOUMJ6aX7U0gZ_2_UbXJgYolrZr10CYfNVXYg/viewform"> applications de rencontres</a> spécifiquement pour la communauté Queer en Tunisie.</p>
<p>Ainsi des groupes de discussions, de partages d’expériences et de débats seront organisés. Le premier est prévu le 20 janvier 2018, de 12h à 18h (l&rsquo;endroit vous sera communiqué ultérieurement).</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Y. N.</strong></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EEAwRBIGqg"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/11/lassociation-mawjoudin-lance-premier-festival-queer-tunisie/">L’association Mawjoudin lance le premier festival Queer en Tunisie</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’association Mawjoudin lance le premier festival Queer en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/11/lassociation-mawjoudin-lance-premier-festival-queer-tunisie/embed/#?secret=ftkYARsN9d#?secret=EEAwRBIGqg" data-secret="EEAwRBIGqg" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/17/tunisie-actions-pour-promouvoir-et-proteger-la-liberte-sexuelle/">Tunisie : Actions pour promouvoir et protéger la liberté sexuelle</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Forçons Ennahdha à montrer son vrai visage ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2017/03/14/forcons-ennahdha-a-montrer-son-vrai-visage/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Mar 2017 09:30:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Conseil de la Choura]]></category>
		<category><![CDATA[égalité successorale]]></category>
		<category><![CDATA[homophobie]]></category>
		<category><![CDATA[liberté sexuelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ennahdha ne lâchera du lest en matière de dogmatisme religieux que sous la pression; et cela suppose des projets de loi sur les sujets sensibles. Ainsi le parti montrera-t-il son vrai visage ! Par Farhat Othman * Le dernier conseil de la Choura d’Ennahdha, tenu les 11 et 12 mars à Hammamet, a apporté la...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-86810 aligncenter" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/03/Ghannouchi-Ben-Laden.jpg" alt="" width="626" height="380" /><br />
<em><strong>Ennahdha ne lâchera du lest en matière de dogmatisme religieux que sous la pression; et cela suppose des projets de loi sur les sujets sensibles. Ainsi le parti montrera-t-il son vrai visage !</strong></em></p>
<p>Par <strong>Farhat Othman</strong> *</p>
<p><span id="more-86809"></span></p>
<p>Le dernier conseil de la Choura d’Ennahdha, tenu les 11 et 12 mars à Hammamet, a apporté la preuve à qui en douterait qu’il sait ruser. Aussi, ceux qui espèrent de la part du parti islamiste des avancées sur le plan de l’abandon du dogmatique attendront vainement.</p>
<p>Car ils se trompent lourdement sur ce parti tout autant que sur les impératifs de la politique à l’antique de simulation et de dissimulation, surtout de plastronner, qu’il pratique à merveille. Cela ne veut pas dire que ce parti ne soit pas capable d’évoluer; il s’y préparerait même !</p>
<p><strong>Une évolution au forceps</strong></p>
<p>Toutefois, ce n’est que sous la pression qu’Ennahdha évoluera, une pression irrésistible le sommant de mettre à bas le masque de la démocratie ou de l’incarner par des actes concrets.</p>
<p>Une telle pression ne peut se faire qu’avec des projets de loi sur des sujets sensibles comme l’égalité successorale, la dépénalisation du cannabis, l’abolition de l’homophobie, la totale liberté du commerce et de la consommation d’alcool, la liberté sexuelle entre adultes consentants, etc.</p>
<p>Des textes en la matière existent pourtant, ayant été proposés par la société civile; or, les démocrates n’en parlent pas et ne leur donnent nulle publicité et encore moins une suite !</p>
<p>S’il est normal que le parti Ennahdha feigne de les ignorer, cela est inadmissible de la part des modernistes. Pourtant dix députés, tout juste, suffisent pour introduire de tels projets capitaux au parlement !</p>
<p>Même les militants n’en veulent pas par laïcisme, ces projets se voulant consensuels en n’omettant pas de parler d’islam. Aussi, ces militants, sans s’en rendre compte, se révèlent les complices objectifs des intégristes islamistes, qui ont intérêt à ce que la législation reste en l’état. Ainsi ont-ils toute latitude pour jouer au plus malin, se faisant même passer pour des démocrates. C’est un tel jeu qu’il faut faire cesser en les forçant à évoluer ou se démasquer !</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-86811" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/03/Conseil-de-la-Choura-Ennahdha.jpg" alt="Conseil de la Choura Ennahdha" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Conseil de la choura d&rsquo;Ennahdha: un ramassis de religieux dogmatiques déguisés en islamo-démocrates. </em></p>
<p><strong>Ennahdha, démocratie islamique ?</strong></p>
<p>Que disent donc les décisions du Conseil de la Choura d’Ennahdha sur les sujets cités ci-dessus ? Qu’il importe de respecter les valeurs arabo-islamiques. C’est ici que réside le subterfuge à éventer. Pour cela, il suffira de démontrer que l’islam bien compris n’est point contre, par exemple, l’égalité successorale, l’homosexualité ou la consommation de la drogue douce qu’est le cannabis !</p>
<p>Si cela est dit haut et fort et de manière affirmative à l’occasion de la présentation d’un projet de loi en chaque matière, les colombes d’Ennahdha seraient obligées de prendre enfin position sur de telles avancées qu’elles savent incontournables. Car les projets de loi déjà proposés l’ont tous été au nom de l’islam et en application de ses vraies valeurs.</p>
<p>Il est donc faux de dire, du moment qu’on ne l’y force pas, que le parti Ennahdha refuse de changer. C’est que les démocrates l’encouragent, par leur inertie législative, de continuer à louvoyer. On aura noté qu’il veille toujours à laisser la porte entr’ouverte pour la franchir, le moment venu, contraint et obligé, bien évidemment.</p>
<p>Il faut, par conséquent, le pousser par la contrainte axiologique en rappelant les valeurs humanistes de l’islam tout en dénonçant la caricature dont se réclame Ennahdha. Ainsi le contraindra-t-on à prendre position.</p>
<p>Il est, en effet, puéril de vouloir qu’Ennahdha se prononce spontanément pour des questions délicates de nature assurément de heurter une partie de ses troupes sans parler de ses faucons si il n’y est pas obligée. Où est donc une telle contrainte qui l’y forcerait?</p>
<p>Qu’on ose proposer sans plus tarder les projets déjà existants qui sont des textes de nature consensuelle, se présentant sous forme clef en main, et qui sont prêts à entrer immédiatement en application si l’on sait les introduire au parlement. À défaut des politiques, que la société civile et les militants médiatiques s’en chargent !</p>
<p>C’est ainsi qu&rsquo;on forcera Ennahdha à prendre enfin position : veut-il ou non être une démocratie islamique ?</p>
<p><em>* Ancien diplomate, auteur de ‘‘L’Exception Tunisie’’ (éd. Arabesques, Tunis 2017).</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Harcèlement sexuel : La Tunisie s’engage dans une campagne internationale</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2016/11/01/harcelement-sexuel-la-tunisie-sengage-dans-une-campagne-internationale/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Nov 2016 12:56:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[ATFD]]></category>
		<category><![CDATA[campagne]]></category>
		<category><![CDATA[code pénal]]></category>
		<category><![CDATA[combat]]></category>
		<category><![CDATA[Cour européenne des droits de l'Homme]]></category>
		<category><![CDATA[droits de l’Homme]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[harcèlement sexuel]]></category>
		<category><![CDATA[liberté sexuelle]]></category>
		<category><![CDATA[Mawjoudin]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://kapitalis.com/tunisie/?p=70581</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour la seconde année consécutive, la Tunisie participera, le 9 novembre, à la campagne «Un jour… un combat», pour dénoncer le harcèlement sexuel. L’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), et les associations We Exist (Mawjoudin), Chouf, Waaï et Damj ont lancé, en collaboration avec la Coalition pour les droits sexuels et corporels dans les sociétés...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/11/01/harcelement-sexuel-la-tunisie-sengage-dans-une-campagne-internationale/">Harcèlement sexuel : La Tunisie s’engage dans une campagne internationale</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p><strong><em>Pour la seconde année consécutive, la Tunisie participera, le 9 novembre, à la campagne «Un jour… un combat», pour dénoncer le harcèlement sexuel.</em></strong></p>
<p><span id="more-70581"></span></p>
<p>L’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), et les associations We Exist (Mawjoudin), Chouf, Waaï et Damj ont lancé, en collaboration avec la Coalition pour les droits sexuels et corporels dans les sociétés à majorité musulmanes (CSBR), une campagne sur les réseaux sociaux avec une animation Gif appelant les femmes victime de harcèlement à ne pas se laisser faire et à dénoncer leurs agresseurs.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-70591 size-full" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/11/tunisie2016.gif" width="456" height="456" /></p>
<p>Le 9 novembre 2009, la CSBR a organisé une campagne historique, regroupant des milliers d’activistes de plusieurs organisations provenant de 11 pays, intitulée <em>«Un jour… un combat»</em>, pour dénoncer le harcèlement contre les femmes et rappeler que les droits sexuels et reproductifs sont des droits universels de l’homme.</p>
<p>Depuis, cette date est devenue symbolique du combat pour faire valoir ces droits. La Tunisie s&rsquo;est engagée dans ce mouvement à partir du 9 novembre 2015.</p>
<p>Le code pénal tunisien définit, depuis 2004, le harcèlement sexuel comme étant «<em>toute persistance dans la gêne d’autrui par la répétition d’actes ou de paroles ou de gestes susceptibles de porter atteinte à sa dignité ou d’affecter sa pudeur, et ce, dans le but de l’amener à se soumettre à ses propres désirs sexuels ou aux désirs sexuels d’autrui, ou en exerçant sur lui des pressions de nature à affaiblir sa volonté de résister à ses désirs</em>» (Art 226 ter).</p>
<p>Les agresseurs peuvent écoper  jusqu’à un an d’emprisonnement et d’une amende de 3.000 dinars.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Y. N.</strong></p>
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			</item>
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		<title>Il n’y a pas de minorité homosexuelle en Tunisie!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 May 2016 09:18:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[arabes]]></category>
		<category><![CDATA[homophobie]]></category>
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		<category><![CDATA[liberté sexuelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il est peut-être temps de prendre acte de l’inexistence en Tunisie de minorité homosexuelle et cesser de stigmatiser inutilement les gens. Par Farhat Othman C&#8217;est une évidence pour qui observe notre société vivre au jour le jour en n’étant pas déconnecté de ses réalités : il n’y a jamais eu autant d’homophobie qu’aujourd’hui. Le paradoxe...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/05/27/il-ny-a-pas-de-minorite-homosexuelle-en-tunisie/">Il n’y a pas de minorité homosexuelle en Tunisie!</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-43359 aligncenter" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/03/homosexualité.jpg" alt="homosexualité" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Il est peut-être temps de prendre acte de l’inexistence en Tunisie de minorité homosexuelle et cesser de stigmatiser inutilement les gens.</strong></em></p>
<p>Par<strong> Farhat Othman</strong></p>
<p><span id="more-51615"></span></p>
<p>C&rsquo;est une évidence pour qui observe notre société vivre au jour le jour en n’étant pas déconnecté de ses réalités : il n’y a jamais eu autant d’homophobie qu’aujourd’hui.</p>
<p>Le paradoxe est qu’on ose de plus en plus parler de cette tare homophobe alors qu’elle n’a jamais été le propre de notre société. Hédoniste dans l’âme, celle-ci pratiquait et pratique encore ce sexe qualifié à tort de minoritaire. Toutefois, cela se fait en douce, sans ostentation et sans s’identifier en tant que sexe homosexuel. N’a-t-on pas qualifié, à juste titre, la Tunisie de pays sans bruit? (1)</p>
<p><strong>Une stratégie déconnectée des réalités</strong></p>
<p>Surtout, on n’a jamais vu ce honteux et criminel comportement de stigmatisation qui a ciblé récemment une catégorie sexuelle avant l’apparition au grand public de la catégorie des homosexuels et la médiatisation qui en a été faite. La raison en était que cette dernière ne s’est pas accompagnée — à la fois par sécurité et par honnêteté — de l’usage impératif du langage approprié qui s&rsquo;imposait.</p>
<p>Car les rapports entre mêmes sexes ont toujours existé en Tunisie, mais c’est dans le cadre d’un sexe total, plus bisexuel que juste hétérosexuel. Ce qui veut dire que cela se faisait sans nulle stigmatisation, qu’elle soit positive ou négative.</p>
<p>Force donc est de dire que la stigmatisation criminelle à laquelle on a assisté a été une réaction excessive et minoritaire des milieux homophobes qui se sont sentis agressés par des propos sans fondement réaliste propre à notre société de la part des militants anti-homophobie.</p>
<p>Faut-il donc se focaliser sur ces menées homophobes, qui restent malgré tout isolées, au point d’oublier ce qui en a été la cause : un comportement irraisonné et déraisonnable dans sa forme combien même il demeure, assurément quant au fond, fondé et légitime? Agissant ainsi, cela ne revient-il pas à voir la paille dans l’oeil du voisin et pas la poutre dans le sien?</p>
<p>Pourtant, nos militants continuent de relever d’une mentalité sans prise avec le réel tunisien, et qui est dépassée, ramant à contre-courant en répétant des slogans devenus creux faute d’écho auprès du public et de consistance concrète.</p>
<p>On les voit s’agiter bien plus qu’agir, comme qui s’acquitte d’un devoir pour mériter le label de militance. On l’a vérifié récemment à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie, les associations de la société civile manifestant, comme à l’accoutumée et sans proposition tangible, leur présence en vue de lutter pour plus de droits et de libertés dans la vie privée des gens. (2)</p>
<p><strong>La vérité sur le sexe arabe et musulman</strong></p>
<p>Tous les chercheurs sérieux le diront aujourd’hui : l’homosexualité est un terme né dans le cadre de la modernisation occidentale. Celle-ci a construit sa performativité sur sa tendance, poussée à l’excès, de simplifier et catégoriser tout à l’extrême, quitte à finir par dénaturer la réalité. Auguste Comte appelait cela <em>reductio ad unum</em> (réduction à l’un). C’est cela qui a fait effectivement la modernité occidentale; mais c’est dépassé. On est en postmodernité!</p>
<p>Malgré tout ce qui été dit de pertinent à ce niveau, auquel tout humaniste adhère, les associations ne continuent pas moins à l’ignorer, finissant par desservir leur propre cause.</p>
<p>En effet, elles tiennent à développer une thématique déconnectée des réalités nationales copiée sur ce qui se fait en Occident qui est laïc et où le droit prime dans une société aux relents homophobes.</p>
<p>Or, les vérités ont été accumulées sur le rapport véritable entre la religion musulmane et ce sexe nullement minoritaire dans notre société, mais juste voulu comme tel par le pouvoir politique et moral du moment.</p>
<p>Rappelons donc encore une fois ce qui est un fait historiquement et sociologiquement avéré : le sexe est total chez l’Arabe, le Maghrébin et le Tunisien, bien évidemment.</p>
<p>En terre d’islam, l’homoérotisme avait droit de cité, au moment même où l’Occident pourchassait les gays et les mettait à mort comme le fait l’organisation terroriste Daech aujourd’hui. Combien de savants et de penseurs n’ont-ils pas été mis à mort en Occident au moment même où l’on chantait le sexe différent en terre d&rsquo;islam et qui y relevait même du raffinement absolu chez les Arabes et les musulmans? Pourquoi ne pas en faire une arme qui serait fatale pour l’homophobie?</p>
<p>Car l’islam, contrairement au judaïsme et au christianisme, n’a jamais été homophobe. Il l’est devenu, au moment du déclin de sa civilisation, sous l’influence de l’effort jurisprudentiel entrepris par des jurisconsultes influencés par la tradition judéo-chrétienne.</p>
<p><strong>La vérité sur l’homosexualité aujourd’hui </strong></p>
<p>Historiquement, le sexe était également total en Occident avant que la pastorale chrétienne ne vienne mettre à l’index ce qu&rsquo;elle a qualifié de sexe contre nature, et avant l’apparition de la catégorie de l’homosexualité au 17e siècle pour s&rsquo;imposer définitivement au 19e s.</p>
<p>En rappelant ici la genèse de l’homosexualité, il ne s’agit bien évidemment pas de nier le droit de ceux qui aiment des gens de leur propre sexe. Il s’agit juste de mettre en garde les militants anti-homophobie des risques à singer inutilement l’Occident d’aujourd&rsquo;hui, devenu par trop matérialiste.</p>
<p>Pour réussir le combat contre l’homophobie, il est nécessaire de considérer le réel tel qu’il est et d’être honnête en le menant selon les valeurs et non les intérêts contingents. Et ces valeurs imposent de ne pas violer la vérité historique.</p>
<p>Or, le réel et la vérité historique et sociologique imposent de dire qu’il n’y a pas, chez nous, en Tunisie et au Maghreb, d’homosexualité, au sens où il n’y a qu’une homosensualité. Cela veut dire, d’abord, que ce n’est pas le sexe qui prime dans le rapport entre les gens, mais bien plus la sensualité. Or, le peuple tunisien est sensuel dans l’âme.</p>
<p>Cela signifie, ensuite, qu’un gay n’est pas forcément et exclusivement homo, en ce sens qu’il ne dédaigne nullement le sexe hétéro. En tout cas, la majorité des Tunisiens sont bisexuels bien plus qu’hétérosexuels.<br />
C’est cela, au demeurant, la réalité du sexe humain et dans la nature avant de tomber dans la caricature occidentale du 17e siècle, confirmée au 19e siècle, nous amenant à l’impasse matérialise actuelle. Même en Occident, à l’image de l’Orient et de l’Afrique précoloniale, le sexe majoritaire était déjà bisexuel tout comme il l’est dans la nature. C’est le matérialisme occidental qui a inventé l’homosexualité comme il invente des marchés, quitte à vendre une merde dans un bas de soie!</p>
<p><strong>Comment réussir le combat anti-homophobie</strong></p>
<p>Il est de plus en plus prouvé que la stratégie anti-homophobie utilisée actuellement en Tunisie est mauvaise, n’étant susceptible de donner aucun résultat, car ne ciblant pas le grand public travaillé intelligemment par les intégristes religieux.</p>
<p>Elle est même néfaste au sens que nos militants se retrouvent, sans s’en rendre compte, servir les intérêts de leurs adversaires qui sont dans le maintien du public dans l&rsquo;ignorance de la vérité et dans la conservation en l’état des lois scélérates sans oser l’action, impérative pourtant, pour les abolir.</p>
<p>Par exemple, on parle de la nécessité d’abolir l’homophobie en Tunisie, mais personne n’ose aller jusqu’au bout de la logique et proposer le projet de loi utile à cet effet, en usant de l’argument qui est le seul en mesure de permettre cela. Cela suppose de rappeler que l’islam — au respect des valeurs duquel renvoie la Constitution, ne faut-il pas l’oublier — n’a jamais été homophobe.</p>
<p>En effet, par laïcisme, nos militants se refusent d’endosser le projet de loi qui leur est proposé afin de ne pas avoir à parler de religion alors que c’est la Constitution qui l’impose, puisqu’elle fait de l’islam la religion de l’État.</p>
<p><strong>Comment être légaliste autrement? </strong></p>
<p>Par ailleurs, si on dénonce l&rsquo;obsolescence de la législation, on ne dit mot sur sa nature coloniale imposée par la morale du colonisateur à une société qui n’a jamais été homophobe. Là aussi, on pratique une sorte d’occidentalocentrisme qui fait du tort à la cause au moment où l’Occident est en pleine crise des valeurs.<br />
Pour réussir le combat contre l’homophobie en Tunisie, aujourd’hui, il faut donc cesser impérativement de répéter les stéréotypes d’Occident. Cela impose l&rsquo;une ou l&rsquo;autre des deux stratégies suivante ou les deux cumulativement :</p>
<p>&#8211; soit rappeler que l’islam n’est pas homophobe, ce qui a été amplement démontré; et c’est la vérité historique, une arme fatale contre l’homophobie. Les laïcistes ne veulent pas l’utiliser pour des raisons qui leur sont propres, mais ils obèrent ainsi la crédibilité de leur militance en suscitant des interrogations légitimes sur sa sincérité;</p>
<p>&#8211; soit élargir leur combat en vue de militer pour la liberté sexuelle tout court et pour tous, non seulement pour ce qu’on qualifie de minorités sexuelles. Car, techniquement, il n’y a pas de minorités sexuelles en terre d’islam, tout le peuple, à l’exclusion des privilégiés qui vivent au-dessus de la loi, relevant d&rsquo;une sorte de minorité sexuelle qui est la majorité de la société. C’est que les gens n’ont pas le droit de vivre leur sexe, quel qu’il soit, ainsi qu’ils l’entendent et que selon leur droit inaliénable.</p>
<p>Ainsi recentrée, se déconnectant d&rsquo;une logomachie occidentale dépassée, la lutte contre l’homophobie en Tunisie et au Maghreb sera assurément bien plus efficace. Elle sera surtout davantage en congruence avec le réel tunisien où la société — qui est tolérante dans son essence — est menacée par un islam honteux d’interdits alors qu’il a toujours été un islam de libertés et même de jouissances ainsi que le démontre le soufisme, la foi du peuple au Maghreb.</p>
<p><strong>Militer pour la totale liberté sexuelle</strong></p>
<p>Quel serait donc, au vu de ce qui précède, l’impératif catégorique en matière de liberté sexuelle en terre d’islam, et donc en Tunisie?</p>
<p>En voici une esquisse à partir de mes recherches sociologiques et au vu des périls que courent les libertés en Tunisie, l’islam y étant en voie de <em>«daéchisation»</em> sans qu’on se décide à le contrer avec les armes efficaces dont on dispose pourtant.</p>
<p>D’abord, prendre acte de cette vérité incontournable que le sexe en Tunisie est un sexe total qui ne distingue pas entre homosexualité et hétérosexualité. Il importe, par conséquent, de répudier la distinction d&rsquo;origine occidentale, héritage d&rsquo;une modernité en crise pour renouer avec la réalité du sexe total.</p>
<p>Ensuite, aller dans le sens de ceux, homophobes ou non, qui prétendent qu’il n’y a pas d’homosexualité arabe; car c’est bien vrai au sens où le sexe ne s’embarrasse pas des fausses distinctions occidentales, étant bisexuel comme on dit. Aussi, en Tunisie, militer pour l’homosexualité ne doit plus relever du donquichottisme en revenant à combattre une fausse réalité. L’homosexualité, sociologiquement, n’existe pas en tant que catégorie à part, les jeunes, déjà privés de sexe, étant plutôt bisexuels et se définissant ainsi dans leur quasi-majorité.</p>
<p>Au demeurant, peut-on militer uniquement pour la création occidentale de l’homosexualité quand toute pratique sexuelle libre, quels que soient les sexes concernés, est quasiment impossible? Ne faut-il pas dénoncer le fait que le sexe en tant que tel soit hors-la-loi en Tunisie? Ne serait-il pas plus efficace de militer pour libéraliser le sexe en général sans se focaliser inutilement sur une catégorie, inexistante qui plus est?</p>
<p>Au final, dans cette éminente question de droit humain, il est impératif de n&rsquo;avoir nul préjugé et de lutter justement contre tout préjugé et toute stigmatisation. Car, aujourd’hui, on doit tenir compte de la moindre différence et la valoriser; mais cela se fait sans stigmatisation. En effet, nommer dans certaines cultures, c’est tuer, pour paraphraser le poète Rilke. C’est le cas de notre culture où tout est accepté du moment qu’on n’en parle pas.</p>
<p><strong>Être humaniste intégral </strong></p>
<p>Aujourd’hui, on a besoin d&rsquo;être humaniste intégral au-delà des idéologies réductrices. Sait-on, par exemple, que les homophobes en Tunisie ne se recrutent pas exclusivement parmi les religieux et que nombre parmi ces derniers, en dehors de leurs excités salafistes, ne seraient pas contre l’abolition de l’homophobie?</p>
<p>Or, en face, on a aussi des supposés modernistes, qui sont aussi une sorte de salafistes, en étant laïcistes à outrance? C&rsquo;est ce que je qualifie de salafistes profanes qui nourrissent le même terrorisme mental que les salafistes religieux.</p>
<p>Il nous faut admettre que l’homosexualité, quelle que soit la société où elle a lieu, c’est d’abord une sensualité; je parle même d’érosensualité (3). Aussi, mettre l’accent sur le sexe, c’est faire du tort à des gens qui ne sont pas seulement motivés par une démarche sexuelle, même ceux qui aiment exclusivement leur propre sexe. Car ils aiment d’abord tout court, et pas nécessairement en termes sexuels. Après tout, y a-t-il plus beau que ce sentiment noble en l’humain qu’est l’amour qu’on dévergonde en le ramenant au simple acte sexuel?</p>
<p>Regardons donc vivre les gens dans notre société, ces gens du peuple, jeu de peu, mais aux qualités de cœur immenses que je fréquente tous les jours! Celui qui n’est pas au fait de leur psychologie réelle dirait que l’homosexualité y est pratiquée au vu et au su de tout le monde, comme pas mal d’étrangers l’ont pensé et dit d’ailleurs, trompés par la sensualité qui marque le comportement de tout Tunisien.</p>
<p>Au final, à voir les militants continuer à parler dans le vide tout en étant déconnectés des réalités, la question légitime qui se pose est donc de savoir si les militants veulent vraiment abolir l’homophobie!</p>
<p>Il est peut-être temps de prendre acte de l’inexistence en Tunisie de minorité homosexuelle et cesser de stigmatiser inutilement les gens. Il serait plus judicieux de militer pour la liberté sexuelle pour tous. Et, s’agissant des gays, parler plutôt d’homosensualité, et encore mieux donc d’érosensualité, pour être véridique, car le sexe n’est pas primordial dans les rapports intimes étant donné qu&rsquo;il s’agit plutôt de sensualité.</p>
<p>Il est alors de la plus haute nécessité que nos militants arrêtent de demeurer à la surface des apparences; il leur faut aller en leur creux et agir raisonnablement en ayant recours à cette raison sensible nullement cartésiste qui sait tenir compte de la sensibilité d&rsquo;un peuple dont la sensualité est l&rsquo;essence même.</p>
<p><em><strong>Notes :</strong></em><br />
<em>(1) L&rsquo;expression est de Jocelyne Dakhlia. À lire sans beau livre : ‘‘Tunisie. Le pays sans bruit’’, Actes Sud, Sciences humaines, 2011.</em><br />
<em>(2) cf. <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2016/05/21/le-combat-des-minorites-sexuelles-en-tunisie/">‘‘Le combat des minorités sexuelles en Tunisie’’</a></em><br />
<em>(3) cf. Farhat Othman, ‘’Érosensualité arabe. Sociologie de la libido maghrébine, Tunisie en exemple’’. À paraître cet été.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/05/27/il-ny-a-pas-de-minorite-homosexuelle-en-tunisie/">Il n’y a pas de minorité homosexuelle en Tunisie!</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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