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	<title>Archives des Lorand Gaspar - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Lorand Gaspar - Kapitalis</title>
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		<title>Colloque à Beit al-Hikma &#124; La poésie francophone de Tunisie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Apr 2026 07:09:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[poésie francophone]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La poésie francophone en Tunisie au centre d'un colloque à l'Académie tunisienne Beit al-Hikma, le mercredi 15 avril 2026.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/09/colloque-a-beit-al-hikma-la-poesie-francophone-de-tunisie/">Colloque à Beit al-Hikma | La poésie francophone de Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><br><em>L’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts Beït al-Hikma organise un colloque sur «La poésie francophone de Tunisie», le mercredi 15 avril 2026 à son siège à Carthage-Hannibal.</em></strong> </p>



<span id="more-18603894"></span>



<p>Cette manifestation scientifique, initiée par le groupe de réflexion et d’étude sur la littérature tunisienne d’expression française, réunira des chercheurs et universitaires autour des multiples expressions de la poésie francophone en Tunisie, en interrogeant ses dynamiques esthétiques, ses filiations littéraires et ses ouvertures intermédiales.</p>



<p>La séance inaugurale, à 09h00, modérée par le Professeur Kamel Gaha, sera suivie de communications portant notamment sur les œuvres de Mohamed Jamoussi, Marius Scalési, Salah Garmadi, Amina Saïd, Abdelaziz Kacem et Lorand Gaspar, à travers des approches critiques variées, allant de l’intermédialité à l’écopoétique.</p>



<p>A la deuxième séance, 14h30, modérée par le Professeur Samir Marzouki, les communications aborderont des problématiques liées à la quête de soi dans l’écriture poétique, aux rapports de filiation et d’hommage, aux interactions entre texte et image, ainsi qu’à l’évolution éditoriale de la poésie en Tunisie, notamment à travers le catalogue des éditions Arabesques (1991–2026).</p>



<p>Ce colloque constitue une occasion privilégiée de réflexion et d’échange autour de la richesse et de la diversité de la poésie francophone tunisienne, dans ses dimensions à la fois historiques et contemporaines</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/09/colloque-a-beit-al-hikma-la-poesie-francophone-de-tunisie/">Colloque à Beit al-Hikma | La poésie francophone de Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Moëz Majed sur les pas de Lorand Gaspar &#124; Le poète et son double</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/31/moez-majed-sur-les-pas-de-lorand-gaspar-le-poete-et-son-double/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Mar 2026 12:25:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ali Louati]]></category>
		<category><![CDATA[Jaâfar Majed]]></category>
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		<category><![CDATA[Moëz Majed]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Moëz Majed est poète. Il vient de publier son premier roman... à la recherche d'un autre poète : Lorand Gaspar : une quête de soi en l'autre.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/31/moez-majed-sur-les-pas-de-lorand-gaspar-le-poete-et-son-double/">Moëz Majed sur les pas de Lorand Gaspar | Le poète et son double</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Moëz Majed est poète. Il vient de publier son premier roman. Quoi de plus naturel&nbsp;? La plupart des poètes s’essayent aussi au roman&nbsp;et vice et versa. C’est toute la magie de l’écriture littéraire qui déplace sans cesse les frontières entre les genres pour en faire des vases communiquant. Et l’art romanesque, on le sait, est le plus ouvert au mélange des genres, au métissage des formes, à l’interférence des styles et au dialogue des idées. Et ce premier roman de Moëz Majed nous en offre une belle illustration.</em></strong></p>



<p><strong>Ridha Kefi</strong></p>



<span id="more-18561915"></span>



<p>En effet, le titre, <em>‘‘Lorand Gaspar vient de mourir’’</em> (édition Hykeyet, Tunis 2026, 169 pages), annonce la couleur&nbsp;: c’est un roman sinon sur la poésie du moins sur un poète, et pas des moindres, l’un des plus secrets du 20<sup>e</sup> siècle et qui a marqué des générations de poètes, en France, où il occupe une place de choix parmi ses pairs, mais aussi en Palestine et en Tunisie, où il a aussi vécu et pratiqué la médecine (il était chirurgien) pendant de longues années.</p>



<p>Pour avoir moi-même connu Lorand Gaspar * – il avait publié mes premiers poèmes dans la revue <em>Alif</em> qu’il avait fondée et dirigée aux Editions Cérès à Tunis au début des années 1980 –, pour avoir aussi connu sa compagne, elle-même médecin et poète, Jaqueline Daoud, et son fils aîné – né d’un premier mariage – François Gaspar alias François Abu Salem, fondateur du célèbre théâtre Al Hakawati à Jérusalem… Pour cette raison, à la fois subjective et objective – car je voulais en savoir davantage sur cet homme qui m’a beaucoup marqué, ainsi que ceux de ma génération –, il va sans dire que le titre de ce premier roman de Moëz Majed m’a d’emblée interpellé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une quête de soi en l&rsquo;autre </h2>



<p>S’agit-il d’une biographie romancée du célèbre poète qui est resté assez méconnu voire mystérieux, même pour ceux qui l’ont côtoyé de très près ?</p>



<p>La réponse va venir au fil des pages : il est certes question dans ce roman de Lorand Gaspar, mais pas seulement, car le récit de la vie du poète français d’origine hongroise est comme un fil rouge qui relie les différents éléments de la narration et tisse comme un tapis persan avec pleins de lettres, de mots, de personnages, de paysages, d’objets et d’atmosphères qui, mis les uns à côté des autres, tentent de dire ce qu’est l’art poétique, ce que veut dire être poète et comment le devient-on, dans la proximité des êtres, des objets et des mots pour dire les sensations qu&rsquo;ils nous inspirent.</p>



<p>Le récit de la vie de Lorand Gaspar et l’approche&nbsp; de son œuvre deviennent, au fils des pages, une sorte de quête spirituelle de l’auteur qui s’interroge sur son propre cheminement dans le sillage de poètes qu’il a connus et qui ont contribué à sa formation&nbsp;littéraire et philosophique. Il y a d’abord son père, bien sûr, Jaâfar Majed, d’un de piliers de la poésie tunisienne de la seconde moitié du 20<sup>e</sup> siècle, dont il a reçu les premiers enseignements. Il y a ensuite Ali Louati qui, le premier lui a parlé de Lorand Gaspar, Saint-John Perse, René Char ou autres Yves Bonnefoy, le mettant sur la voie d’une écriture poétique libérée des carcans esthétiques dominants, et des nombreux poètes qu’il a rencontrés par la suite aux quatre coins du monde, lors de ses pérégrinations poétiques, de la Turquie à la Colombie, de Kairouan à Paris…</p>



<p>Dans la dédicace qu’il m’a aimablement faite, Moëz Majed a joliment écrit : <em>«Il semble que ce texte soit une quête de soi en l’autre et de l’autre en soi»</em>. Tout est dit : <em>‘‘Lorand Gaspar vient de mourir’’</em> est une autobiographie déguisée en biographie, le poète tunisien s’identifiant à son aîné franco-hongrois, qu’il avait juste entraperçu, un instant furtif, attablé à un café à Sidi Bu Saïd, au milieu des années 1990, mais pour lequel il gardera une sorte de vénération poétique et spirituelle.</p>



<p><em>* J’ai aussi traduit en arabe avec son aide des poèmes de son recueil ‘‘Sol absolu’’. Le livre est paru sous le titre de ‘‘Ardh al-motlaq’’ aux éditions Annawras, à Tunis, en 1988, avec des photos en noir et blanc prises par le poète dans le désert de Palestine.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/31/moez-majed-sur-les-pas-de-lorand-gaspar-le-poete-et-son-double/">Moëz Majed sur les pas de Lorand Gaspar | Le poète et son double</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Premier roman de Moez Majed &#124; ‘‘Lorand Gaspar vient de mourir’’</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/26/premier-roman-de-moez-majed-lorand-gaspar-vient-de-mourir/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Mar 2026 06:20:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Lorand Gaspar]]></category>
		<category><![CDATA[Moëz Majed]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On connaît Moez Majed poète. Et voilà qu’il publie son premier roman: un autoportrait du poète et de son double.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/26/premier-roman-de-moez-majed-lorand-gaspar-vient-de-mourir/">Premier roman de Moez Majed | ‘‘Lorand Gaspar vient de mourir’’</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>On le connaît poète, animant des émissions littéraires sur RTCI. Et voilà qu’il publie son premier roman. Quoi de plus naturel. Le premier roman de Moëz Majed ‘‘Lorand Gaspar vient de mourir’’ (Hykeyet Edition, Tunis, février 2026, 169 pages) se veut un récit à la croisée de l’autobiographie et de la réflexion littéraire.</em></strong></p>



<span id="more-18519866"></span>



<p>Dans cette incursion dans l’écriture romanesque, l’auteur ne s’est pas défait de son identité de poète, bien au contraire, il a choisi de raconter une grande figure de la poésie du XX<sup>e</sup> siècle : Lorand Gaspar, le poète franco-hongrois qui a vécu (et exercé comme chirurgien), en Palestine et en Tunisie, où il a dirigé, dans les années 1980, une revue littéraire <em>‘‘Alif’’ </em>qui permit l‘éclosion de nombreux talents littéraires tunisiens.</p>



<p>Mais est-ce vraiment un roman sur Lorand Gaspar? Cela n’est pas si sûr, tant il y a d’autres niveaux de lectures et d’autres personnages qui traversent ce récit et qui laissent le lecteur hésitant entre des mondes distincts et pourtant liés les uns aux autres dans une narration archipélique cimentée par un concept sociologique créé par Mark Granovetter à la fin du siècle dernier : la force des liens faibles</p>



<p><em>‘‘Lorand Gaspar vient de mourir’’,</em> Moez Majedraconte son propre parcours, marqué par une enfance exigeante, notamment à travers la relation forte, parfois dure, qu’il entretient avec son père, un intellectuel passionné de littérature, le célèbre poète Jaafar Majed.</p>



<p>Au fil du livre, cette histoire personnelle se mêle à une fascination pour Lorand Gaspar, poète discret et difficile à cerner, dont la vie a été marquée par l’exil, la guerre et une quête constante de sens.</p>



<p>L’auteur cherche à comprendre qui il était vraiment, mais se rend compte que Gaspar reste insaisissable, comme s’il n’avait laissé que des fragments de lui-même derrière lui. Cette recherche devient alors plus profonde : ce n’est plus seulement une enquête sur un poète, mais une réflexion sur soi.</p>



<p>À travers cette obsession, l’auteur explore son propre rapport à la figure paternelle, à la transmission, et à ce que l’on hérite, consciemment ou non, de ceux qui nous ont précédés.</p>



<p>Le livre aborde aussi des thèmes plus larges comme la littérature, la traduction et la création. Il suggère que toute écriture est une forme de transformation, une manière de traduire le réel et de lui donner un sens personnel.</p>



<p>C’est un texte à la fois intime et réfléchi, qui parle de mémoire, d’identité et de quête personnelle, tout en rendant hommage à une grande figure de la poésie.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/26/premier-roman-de-moez-majed-lorand-gaspar-vient-de-mourir/">Premier roman de Moez Majed | ‘‘Lorand Gaspar vient de mourir’’</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Le poème du dimanche: «Avec ou sans» de Salah Garmadi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Nov 2021 06:37:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[parti communiste tunisien]]></category>
		<category><![CDATA[Salah Garmadi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Poète et écrivain tunisien bilingue, Salah Garmadi installe sa création dans la langue populaire tunisienne et se délecte malicieusement de ses images et de ses figures, s’appropriant sa liberté de ton et son anti-conformisme. En bon linguiste, il ouvre et entremêle le champ lexical, créant dans la langue des effets de dérision, parfois même des...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/28/le-poeme-du-dimanche-avec-ou-sans-de-salah-garmadi/">Le poème du dimanche: «Avec ou sans» de Salah Garmadi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/11/Salah-Garmadi.jpg" alt="" class="wp-image-371536"/><figcaption><em>Les photos de Salah Garmadi sont rares. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Poète et écrivain tunisien bilingue, Salah Garmadi installe sa création dans la langue populaire tunisienne et se délecte malicieusement de ses images et de ses figures, s’appropriant sa liberté de ton et son anti-conformisme. En bon linguiste, il ouvre et entremêle le champ lexical, créant dans la langue des effets de dérision, parfois même des situations surréalistes. Sa critique sociale reste pourtant primordiale, celle de l’intellectuel progressiste, engagé, rejetant les travers de la société.</em></strong></p>



<span id="more-371535"></span>



<p>Né en 1933 à Tunis, dans le quartier populaire de Halfaouine, il fut professeur de littérature arabe, chercheur en linguistique et traducteur, entre autres, des œuvres de Ferdinand de Saussure, André Martinet, Malek Haddad, Tahar Ben Jelloun, Rachid Boudjedra… Polyglotte, il a aussi traduit de l’allemand, de l’anglais, du grec et du russe.</p>



<p>Membre du Parti communiste tunisien, Salah Garmadi prit part à de nombreux événements culturels et littéraires. Il décède en 1982, dans des circonstances accidentelles qui avaient beaucoup ému l’opinion. L’écrivain espagnol, Ferran Cremades, lui consacre en 1991, un roman en catalan, <em>Linia trencada</em>&nbsp;(éd. 62, Barcelone)</p>



<p>Parmi ses œuvres (en français)&nbsp;: <em>Nos ancêtres les Bédouins</em>, P.J. Oswald, 1975; <em>Avec ou sans</em>, Cérès, 1982&nbsp;(auquel s’est ajouté le recueil en arabe, <em>Allahma al-hayya</em> (Chair vive) 1970); <em>Le Frigidaire</em>, nouvelles, Alif, 1986 (ouvrage posthume)&nbsp;; <em>Ecrivains de Tunisie</em>, Sindbad, 1981 (en collaboration avec Taoufik Baccar).</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Tahar Bekri</strong></p>



<p><em>on vit on pleure et parfois on sourit</em></p>



<p><em>avec ou sans amitié on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans pain béni</em></p>



<p><em>avec ou sans liberté aussi</em></p>



<p><em>et l’on mange des glaces dans les villes nazies</em></p>



<p></p>



<p><em>avec ou sans enfants on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans raison on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans guerre aussi</em></p>



<p><em>et l’on triture le fil des jours ternis</em></p>



<p></p>



<p><em>et parfois même aux cloportes on dit amis</em></p>



<p><em>et parfois même sur les mille-pattes on fait pipi</em></p>



<p><em>et parfois même aux bourreaux on dit bonjour</em></p>



<p><em>et parfois avec des fantômes on fait l’amour</em></p>



<p></p>



<p><em>avec ou sans espoir de vaincre on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans avoir de chancre on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans barbouiller d’encre aussi</em></p>



<p><em>et souvent le certificat d’études primaires</em></p>



<p><em>rapporte à ses heureux titulaires</em></p>



<p><em>mille fois plus que le nobel littéraire</em></p>



<p></p>



<p><em>avec ou sans remords on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans avoir tort on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans passe-port aussi</em></p>



<p><em>et l’on respire la bonne odeur de bambaloni</em></p>



<p><em>en rentrant de l’enterrement de ses amis</em></p>



<p></p>



<p><em>avec ou sans diplômes on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans anémones on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans recevoir d’aumônes aussi</em></p>



<p><em>et l’on rentre chez soi plein d’envie</em></p>



<p><em>de ne plus jamais avoir d’avis</em></p>



<p></p>



<p><em>avec ou sans amour on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans beaux atours on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans espoir de retour aussi</em></p>



<p><em>et l’on regarde les cheveux affadis</em></p>



<p><em>en espérant la mort des bigoudis</em></p>



<p></p>



<p><em>on vit on pleure et parfois on sourit</em></p>



<p><em>avec ou sans bride on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans rides on vit</em></p>



<p><em>avec ou sans avoir de guide aussi</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em><strong>«Avec ou sans», éd. Cérès, Tunis 1982.</strong></em></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vcxmAJw8zt"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/04/le-poeme-du-dimanche-diamantaire-de-abdelwahab-meddeb/">Le poème du dimanche : ‘‘Diamantaire’’ de Abdelwahab Meddeb</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Diamantaire’’ de Abdelwahab Meddeb » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/04/le-poeme-du-dimanche-diamantaire-de-abdelwahab-meddeb/embed/#?secret=WGMWmkn9x6#?secret=vcxmAJw8zt" data-secret="vcxmAJw8zt" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="I0GKdsrSyq"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/07/le-poeme-de-dimanche-jecris-de-moncef-ghachem/">Le poème de dimanche : ‘‘J’écris’’ de Moncef Ghachem</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème de dimanche : ‘‘J’écris’’ de Moncef Ghachem » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/07/le-poeme-de-dimanche-jecris-de-moncef-ghachem/embed/#?secret=1K3XSwI6bH#?secret=I0GKdsrSyq" data-secret="I0GKdsrSyq" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EMoFjFGcL9"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/03/03/le-poeme-du-dimanche-patmos-de-lorand-gaspar/">Le poème du dimanche : ‘‘Patmos’’ de Lorand Gaspar</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Patmos’’ de Lorand Gaspar » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/03/03/le-poeme-du-dimanche-patmos-de-lorand-gaspar/embed/#?secret=uLifM8qA3L#?secret=EMoFjFGcL9" data-secret="EMoFjFGcL9" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/28/le-poeme-du-dimanche-avec-ou-sans-de-salah-garmadi/">Le poème du dimanche: «Avec ou sans» de Salah Garmadi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Le poème du dimanche : «Cratère» de János Pilinszky</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Sep 2021 06:20:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Budapest]]></category>
		<category><![CDATA[Hongrie]]></category>
		<category><![CDATA[János Pilinszky]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Né le 25 novembre 1921 à Budapest et mort le 27 mai 1981 dans la même ville, János Pilinszky un poète et dramaturge hongrois, qui n’a jamais voulu abandonner sa patrie, même sous le joug totalitaire communiste, car, dit-il : «Personne ne peut être poète en dehors de son pays.» Après des études de droit, de...</p>
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<p><strong><em>Né le 25 novembre 1921 à Budapest et mort le 27 mai 1981 dans la même ville, János Pilinszky un poète et dramaturge hongrois, qui n’a jamais voulu abandonner sa patrie, même sous le joug totalitaire communiste, car, dit-il :</em> <em>«Personne ne peut être poète en dehors de son pays.»</em></strong></p>



<span id="more-361652"></span>



<p>Après des études de droit, de littérature et d&rsquo;histoire à l&rsquo;université Loránd Eötvös, János Pilinszky a été prisonnier de guerre en 1944, notamment au camp de concentration de Ravensbrück.</p>



<p>Poète d&rsquo;inspiration catholique, il écrit en 1959 <em>Harmadnapon</em> (Au troisième jour), qui n&rsquo;est publié que dix ans après, parce que le Parti communiste au pouvoir considérait ce recueil comme trop <em>«pessimiste»</em>. Il contient son poème <em>Apokrif</em>, considéré comme son chef-d&rsquo;œuvre, et comme un sommet de la poésie hongroise. Ce poème reprend l&rsquo;histoire de l&rsquo;enfant prodigue, résume l&rsquo;expérience de Pilinszky dans les camps, et exprime son regret de l&rsquo;absence de Dieu au monde.</p>



<p>Pilinszky a connu, comme témoin, l’horreur des camps, il a subi l’interdiction de publier de 1946 jusqu’en 1969. Il aurait pu être un héros de la poésie opprimée, mais il s’est souvent tu, humble, hanté par le tragique de l’existence et le silence de Dieu. <em>«Je ne suis que poète, homme &#8211; et non pas un saint. Dans ma situation, chez moi, je suis arrivé au bout de mes forces. Comme celui qui porte un poids trop lourd, et tout d’un coup, il ne sent plus ni le poids ni ses bras. Soudain, il prend peur, comprenant qu’il va tout lâcher. [&#8230;] Je ne vois rien d’autre devant moi que la fidélité de la chute libre et l’espérance vaine de la miséricorde de Dieu</em><strong><em>»</em></strong>, écrit-il dans l&rsquo;une de ses lettres.</p>



<p>Ce poème, <em>«Cratère»,</em> écrit en 1976, a été traduit par Lorand Gaspar, poète français d&rsquo;origine hongroise, son ami proche et qui l’a le mieux compris.</p>



<p><em>Nous nous sommes rencontrés. Nous nous rencontrons.<br>Dans un débit de tabac. À une vente aux enchères.<br>Tu cherchais quelque chose. Tu déplaces<br>quelque chose. Je m’enfuirais. Je reste.<br>J’allume une cigarette. Tu t’éloignes.</em></p>



<p><em>Tu descends et tu montes.<br>Je monte et tu descends.<br>Cigarette. Tu marches. Je marche.<br>Nous marchons sur place&nbsp;; tel un assassin,<br>je te suis à la trace.</em></p>



<p><em>Pépiement d’oiseau quand<br>tu me reproches ma naissance.<br>Que nous soyons là debout. Puis dans un bras mort<br>de la route, mon bredouillement<br>commence à rouler, roule en bas<br>de tes membres immenses<br>et de ce quelque chose<br>de victorieux et d’aveuglant,<br>qui n’est plus toi.</em></p>



<p><em>Ton refus, ce cinglement lascif,<br>inscrit dans la pierre me touche<br>au point que, mon regard – deux cailloux &#8211;<br>ne fait que rouler, rouler depuis<br>dans un cratère d’un blanc immaculé.<br>Mes deux yeux crépitent&nbsp;: mon salut.</em></p>



<p><em><strong>Extrait de «Même dans l’obscurité», traduit du hongrois par Lorand Gaspar et Sarah Clair.</strong></em></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="LXRZPErbOR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/11/le-poeme-du-dimanche-connaissance-de-la-lumiere-de-lorand-gaspar/">Le poème du dimanche: ‘‘Connaissance de la Lumière’’ de Lorand Gaspar</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche: ‘‘Connaissance de la Lumière’’ de Lorand Gaspar » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/11/le-poeme-du-dimanche-connaissance-de-la-lumiere-de-lorand-gaspar/embed/#?secret=NLIWGGhHkA#?secret=LXRZPErbOR" data-secret="LXRZPErbOR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="o3OMIqgozY"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/03/03/le-poeme-du-dimanche-patmos-de-lorand-gaspar/">Le poème du dimanche : ‘‘Patmos’’ de Lorand Gaspar</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Patmos’’ de Lorand Gaspar » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/03/03/le-poeme-du-dimanche-patmos-de-lorand-gaspar/embed/#?secret=akt6tfU6SF#?secret=o3OMIqgozY" data-secret="o3OMIqgozY" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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		<title>Le poème de dimanche : ‘‘J’écris’’ de Moncef Ghachem</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Feb 2021 07:26:46 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Lorand Gaspar]]></category>
		<category><![CDATA[Mahdia]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Ghachem]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Né à Mahdia, en Tunisie, en 1946, Moncef Ghachem est l’une des voix majeures de la littérature maghrébine d’expression française. Descendant d’une famille de pêcheurs depuis quatre générations, la mer marquera profondément son univers poétique. «Je suis venu de la mer, de la soif, du cri. Je suis voué au cri comme les vents de...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Moncef-Ghachem.jpg" alt="" class="wp-image-335274"/></figure>



<p><strong><em>Né à Mahdia, en Tunisie, en 1946, Moncef Ghachem est l’une des voix majeures de la littérature maghrébine d’expression française. Descendant d’une famille de pêcheurs depuis quatre générations, la mer marquera profondément son univers poétique. «Je suis venu de la mer, de la soif, du cri. Je suis voué au cri comme les vents de la mer», dira-t-il.</em></strong></p>



<span id="more-335272"></span>



<p>Après des études en Tunisie et en France, Moncef Ghachem a publié plusieurs recueils de poèmes : <em>‘‘Cent mille oiseaux’’</em> (1975), <em>‘‘Car vivre est un pays’’</em> (1978),<em> ‘‘Cap Africa’’ </em>(1989),<em> ‘‘Nouba’’ </em>(1997), où il fait retentir l’écho des poètes martyrs en Algérie,<em> ‘‘Orphie’’ </em>(1997), à l’éloge de la mer où il chante ses chers pêcheurs et marins, et toujours, la figure emblématique du père, et<em> ‘‘Mugelières : Pique d’étoiles’’</em> (2013). Dans <em>‘‘Matin près de Lorand Gaspar’’ </em>(1998), il rend hommage au poète français d’origine hongroise dont il fut longtemps l’ami et le voisin à Sidi Bou Saïd, le village arabo-andalous au nord de Tunis auquel ils étaient très attachés et ont résidé de 1971 à 1996.</p>



<p>En 1994, Ghachem publie <em>‘‘L’Épervier, nouvelles de Mahdia’’ </em>dans lequel il démêle de lucides et édifiantes histoires de ses solides filets de mémoire : <em>«C’était le printemps du paysan, celui qui portait dans sa voix brève et cristalline les jardins de la mer, celui qui récoltait de son rose champ le mulet et tirait de ses résidences caverneuses le pagre et le denté, celui qui caressait de ses paupières l’étoile du matin, pour rentrer, chaussé d’embruns, avec le loup des tempêtes exténuées. C’était mon père, et le temps est passé»</em>, témoigne-t-il.</p>



<p>Lors d’une rencontre littéraire organisée à Hautvillers en 1975, à laquelle participent de nombreux poètes francophones dont Léopold Sédar Senghor, Ghachem affirme :<em> «Je me gausse de l’angoisse sénile de ceux qui galvaudent la poésie maghrébine de langue française, prétextant déracinement et déculturation»,</em> exprimant ainsi l’idée de faire partie de l’univers des poètes qui écrivent en français, qu’ils soient du Maghreb, de l’Afrique Subsaharienne ou des Antilles, tout en acceptant la cohabitation des cultures.</p>



<p>Moncef Ghachem a reçu le prix International Mirabilia de poésie francophone en 1991 pour son œuvre, le Prix Albert Camus en 1994 (mention découverte) pour<em> ‘‘L’Épervier – Nouvelles de Mahdia’’ </em>et le prix international de poésie de langue française Léopold Sédar Senghor pour l’ensemble de son œuvre en 2006.</p>



<p><em>J’écris avec la tyrannie des misères<br>J’écris avec mes processions de poète errant<br>J’écris avec les jachères sèches de la terre<br>J’écris et la colère gronde dans mon cœur transparent</em></p>



<p><em>J’écris avec cent milliards de balles à tirer<br>dans la cervelle des bobards les jambes des voleurs<br>la couronne des bavards la bourse des guerriers<br>le calcul des imbéciles sur l’échelle des grandeurs</em></p>



<p><em>avec la honte avec les chienneries de la haine<br>les cicatrices coites des mecs de cloaques les coups de triques<br>avec la traque la trouille avec les chiourmes les chaînes<br>dans troupeaux sombres des bourriques hongres d’Afrique</em></p>



<p><em>J’écris avec les hordes numides sur les routes chaudes<br>avec violence du sang ﬁdèle des ﬁls et des pères<br>avec cœurs fertiles des bédouines et leurs couches fécondes<br>amer exode rural des frères errances amères</em></p>



<p>J<em>’écris avec fellah au front de hurlement<br>sous écran de midi où mugit la sécheresse<br>le long des hamadas cuites ses espoirs mouvants<br>sa prière son blasphème sa fatigue sa carcasse</em></p>



<p><em>J’écris avec les bras tatoués des vieux pêcheurs<br>les chaluts les ancres les rames les palangres<br>caisses de poissons patrons-gueules –vides– maraudeurs<br>les naufrages les affres les guignes les gouffres</em></p>



<p><em>avec la faim avec le foutre avec la fureur<br>avec la flamme avec la rocaille avec l’arbre<br>avec la racaille avec les haillons avec la sueur<br>avec les chants percés de sang le mewall le sabre</em></p>



<p><em>J’écris avec la tyrannie des misères<br>J’écris avec mes processions de poète errant<br>J’écris avec les jachères sèches de la terre<br>J’écris et la colère gronde dans mon cœur transparent</em></p>



<p><em>J&rsquo;écris avec les menottes flanquées aux larynx<br>avec gueulards crasseux en sanglots dans les rues<br>avec planquées de noires ruelles vendeuses de sexes<br>avec mendiants de mon quartier complaintes pourries</em></p>



<p><em>avec le danger la menace l’audace la souffrance<br>les bungalows les bidonvilles les bulldozers les erreurs<br>les astuces les sarcasmes les ténèbres les absences<br>les routines les fatras le cafard et la peur</em></p>



<p><em>J’écris avec l’athlète le va-nu-pied l’inﬁrme<br>la jaunisse la tuberculose la typhoïde le typhus<br>infortunés mal-aimés indésirables infâmes<br>inﬁrmières souriantes leur dis merci au nom de tous</em></p>



<p><em>avec les cireurs regards jaunes les chômeurs babouches ﬁchues<br>ceux qui dorment dans le froid ceux qui rôdent dans les gares<br>les sans-abris les sans-espoir les sans-amis<br>le sang-bouilli le sang-cendré le sang-trimard</em></p>



<p><em>avec la mémoire et la chair des torturés<br>électrisés carbonisés enterrés – vifs martyrs<br>barreaux gants de bourreaux râles de loques châtrées<br>avec la mémoire avec amour avec l’ire</em></p>



<p><em>avec la concession les crimes les pègres les escortes<br>avec la crainte avec l’ordure avec la glèbe<br>la ﬁèvre et la folie la foudre la fonte<br>les scandales les hécatombes les temps-chacals les temps-crabes</em></p>



<p><em>J’écris avec la tyrannie des misères<br>J’écris avec mes processions de poète errant<br>J’écris avec les jachères sèches de la terre<br>J’écris et la colère gronde dans mon cœur transparent</em></p>



<p><em>J’écris avec mes aimées mes veuves mes meurtrières<br>celles que je déshabillais celles qui m’habillaient<br>de lumières celles qui pleurèrent celles qui m’emmenèrent<br>avec l’aube dans leur chambre pour nous embrasser et nous serrer</em></p>



<p><em>avec nos désirs nos morsures nos déchirures<br>toute la chanson des tendresses dans nos visages<br>avec nos retours fulgurante nos errances dures<br>nos insomnies nos silences nos gaietés nos orages</em></p>



<p><em>avec vent arrachant de la chair la mer la rumeur<br>avec fringales frémissantes aux corolles des caresses<br>avec étreintes qui supplient le cœur absolu des chaleurs<br>avec nudités démesurées de nos pauvres richesses</em></p>



<p><em>avec les gestes révulsés les langoureuses tempêtes<br>les murs du plaisir les portes des lassitudes<br>les serments les soifs aurorales les bêtes célestes<br>le délire astral le sommeil le réveil le vide</em></p>



<p><em>avec les viles villes les fosses macabres les bosses<br>les obstacles les déluges les cataractes<br>les frontières les enfers les cases les trous les crasses<br>l’ennui la perte les tohu-bohu les coups de tête</em></p>



<p><em>avec les saccades les clous les galles les énervements<br>la bacchanale les tam-tams les tangages les fumées<br>les besoins les remords les gaffes les licenciements<br>les maux latents de s’écouter se consumer</em></p>



<p><em>J’écris avec la tyrannie des misères<br>j’écris avec mes processions de poète errant<br>j’écris avec les jachères sèches de la terre<br>j’écris et la colère gronde dans mon cœur transparent</em></p>



<p><em>avec le baroud les bombes les plastics les rafales<br>l’or le pétrole le sahara les traﬁcs<br>la frime le kidnapping les capitulations les raﬂes<br>la cruauté la stérilité les narcotiques</em></p>



<p>J<em>’écris avec les esthètes les cosmonautes les bêtises les gloires<br>avec les monstres squelettes – à – vomir – des savanes – des – Biafras<br>avec mes frères fedayins aux aguets dans le noir<br>tous mes morts inconnus le massacre et la maﬁa</em></p>



<p><em>avec les enfants suppliciés et les angoisses des femmes<br>avec les mythomanes les génocides les apatrides<br>j’écris et le langage s’émeut et le roc s’enﬂamme<br>et la lumière éventre les déserts arides</em></p>



<p><em>J’écris avec toi bien-aimée mon sang mon cœur ma voix<br>douce mère ma patrie Tunisie mon offrande<br>je ne suis qu’à toi je peux me déchirer pour toi<br>Tunisie ma chérie ma Tunisie chaude amante</em></p>



<p><em>mon pays des plus pauvres que soi des soleils des plages<br>ma terre parsemée de courages de cris de victoires<br>d’oliveraies de palmeraies ma face de </em>deggaz<em> de mage<br>de labeurs d’éclairs de fureurs de cratères</em></p>



<p><em>o mère que je m’endorme que je m’étende en toi<br>que mon corps de palmes pourpres te couvre o sainte<br>ma joie mon joug ma force ma jeunesse ma foi<br>ma mère serre-moi prends moi loin du labyrinthe</em></p>



<p><em>J’écris avec la tyrannie des misères<br>J’écris avec mes processions de poète errant<br>J’écris avec les jachères sèches de la terre<br>J’écris et la colère gronde dans mon cœur transparent</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="HLeF4hEeph"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/13/le-poeme-du-dimanche-chant-pour-humanite-en-detresse-de-tahar-bekri/">Le poème du dimanche : ‘‘Chant pour humanité en détresse’’ de Tahar Bekri</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Chant pour humanité en détresse’’ de Tahar Bekri » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/13/le-poeme-du-dimanche-chant-pour-humanite-en-detresse-de-tahar-bekri/embed/#?secret=mEU8Bt39sz#?secret=HLeF4hEeph" data-secret="HLeF4hEeph" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="pOnnLyvo2p"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/04/le-poeme-du-dimanche-diamantaire-de-abdelwahab-meddeb/">Le poème du dimanche : ‘‘Diamantaire’’ de Abdelwahab Meddeb</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Diamantaire’’ de Abdelwahab Meddeb » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/04/le-poeme-du-dimanche-diamantaire-de-abdelwahab-meddeb/embed/#?secret=wCq1UDsuS9#?secret=pOnnLyvo2p" data-secret="pOnnLyvo2p" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="a01yrifZad"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/03/03/le-poeme-du-dimanche-patmos-de-lorand-gaspar/">Le poème du dimanche : ‘‘Patmos’’ de Lorand Gaspar</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Patmos’’ de Lorand Gaspar » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/03/03/le-poeme-du-dimanche-patmos-de-lorand-gaspar/embed/#?secret=TCv8mOIVIL#?secret=a01yrifZad" data-secret="a01yrifZad" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Le poème du dimanche: ‘‘Connaissance de la Lumière’’ de Lorand Gaspar</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Oct 2020 06:42:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Alif]]></category>
		<category><![CDATA[CHU Charles-Nicolle]]></category>
		<category><![CDATA[Jacqueline Daoud]]></category>
		<category><![CDATA[Jérusalem]]></category>
		<category><![CDATA[Lorand Gaspar]]></category>
		<category><![CDATA[Salah Garmadi]]></category>
		<category><![CDATA[Sidi Bou Saïd]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une année s’est écoulée depuis le décès le 9 octobre 2019 du poète hongrois d’origine, français de nationalité et tunisien de cœur Lorand Gaspar. Médecin, poète, historien, photographe et traducteur, Lorand Gaspar a vécu et exercé à Tunis de 1970 à 1995, et habitait une petite maison accolée au flanc du village de Sidi Bou...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/11/le-poeme-du-dimanche-connaissance-de-la-lumiere-de-lorand-gaspar/">Le poème du dimanche: ‘‘Connaissance de la Lumière’’ de Lorand Gaspar</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/10/Lorand-Gaspar-Jeune-Medecin-en-Palestine.jpg" alt="" class="wp-image-320119"/><figcaption><em>Lorand Gasppar, jeune médecin en Palestine. </em></figcaption></figure>



<p><strong><em>Une année s’est écoulée depuis le décès le 9 octobre 2019 du poète hongrois d’origine, français de nationalité et tunisien de cœur Lorand Gaspar. Médecin, poète, historien, photographe et traducteur, Lorand Gaspar a vécu et exercé à Tunis de 1970 à 1995, et habitait une petite maison accolée au flanc du village de Sidi Bou Saïd.</em></strong></p>



<span id="more-320117"></span>



<p>Né à Târgu Mures en Transylvanie orientale, le 28 février 1925, il a été déporté durant la Seconde Guerre mondiale, et se réfugie en France où il fait des études de médecine. Chirurgien de l’hôpital français de Jérusalem de 1954 à 1970, il pratique ensuite au CHU Charles-Nicolle à Tunis de 1970 à 1995.</p>



<p>Médecine et écriture sont intimement liées dans son œuvre de Gaspar, tout comme dans la vie de l’homme. Son premier recueil, <em>‘‘Le Quatrième État de la matière’’</em>, publié chez Flammarion en 1966 reçoit le prix Guillaume-Apollinaire en 1967. Par la suite son œuvre sera couronnée de multiples prix. En 1998, il reçoit le prix Goncourt de la poésie pour l’ensemble de son œuvre.</p>



<p>Il fonde et codirige, avec Jacqueline Daoud, sa seconde épouse, et Salah Garmadi, la revue tunisienne<em> ‘‘Alif’’</em>, éditée par la maison d’édition Cérès dont douze numéros paraîtront entre 1970 et 1982. Il a beaucoup marqué la vie littéraire en Tunisie dans les années 1980-1990.</p>



<p>Nos rivières ont pris feu !</p>



<p>Un oiseau parfois lisse la lumière &#8211;</p>



<p>ici il fait tard</p>



<p>Nous irons par l’autre bout des choses</p>



<p>explorer la face claire de la nuit —</p>



<p>je connais des matins fous d’étendue</p>



<p>de désert et de mer —</p>



<p>mouvoir qui refond les visages</p>



<p>remploie ses traces.</p>



<p>Monastère de vie de flamme pulmonaire</p>



<p>dans l’épaisseur fumante de midi —</p>



<p>nous enseignons aux algues, aux poissons</p>



<p>la couleur de l’air et l’histoire de l’homme</p>



<p>pour les faire rire au soir dans l’encre opaque</p>



<p>des poulpes effrayés</p>



<p>ce matin qui vient se poser .si frais dans tes yeux</p>



<p>tout pleins encore de fragiles porcelaines</p>



<p>le jour poreux</p>



<p>son long baiser de laine</p>



<p>tout ce corps resté pour nuit quelque part</p>



<p>La lumière joue dans des corps étroits d’oiseaux de brefs mouvements d’air où les sons se plissent et découvrent la peau les yeux des femmes</p>



<p>des hommes lourds de trépas, de sommeil, la nuit voûtée dans le dos regardent ces mailles sur l’eau qu’un rien déchire et là-bas sans doute des vitres en feu —</p>



<p>blanches parois d’oiseaux reposés fossiles au hasard dans les couches du jour eaux peintes de nos passages les fonds tremblent encore —</p>



<p>balancements d’ailes</p>



<p>gouffres rapides sous la peau</p>



<p>on se penche sur des plages fumantes</p>



<p>les joues brûlées</p>



<p>nappes tendres d’acier gris</p>



<p>nos mains émondées sur les pentes</p>



<p>de cette lumière —</p>



<p>et nos doigts rient</p>



<p>de roues immenses légères</p>



<p>dans la maison plus intérieure de la vie</p>



<p>où quelqu’un vient</p>



<p>acier</p>



<p>silence</p>



<p>replis.</p>



<p>Les sons bullent dans les dalles de lumière.<br>Tu t’es fait nuit blanche dans le blanc qui perce le tulle de nos bruits.<br>Surfaces distances dévotions les jours s’effritent dans l’arène et le regard et la danse —</p>



<p>Je t’ai bâti de crissements et de cris exhumé puis lentement de nouveau enseveli.</p>



<p>Lenteur aveuglante</p>



<p>du minéral à la mer</p>



<p>de longs voyages troués dans le temps</p>



<p>se retrouver dans une plante, un cilié</p>



<p>la fraîcheur de ses nuits</p>



<p>toutes portes où l’on se trouve et s’abandonne.</p>



<p>Comme les regards étonnés</p>



<p>d’être morts</p>



<p>comme s’arrachent</p>



<p>les oiseaux ivres leurs plumes</p>



<p>nos gestes étaient trop clairs</p>



<p>pour ne pas surprendre</p>



<p>leur pesant d’ombre.</p>



<p>Si loin que le sourire ne sait les paupières.<br>Tiré des cris longs d’oiseaux en vol la lettre fluide des choses sans mémoire le jour brûlé il arrive qu’on oublie les paroles.</p>



<p>Là-bas au bout du monde</p>



<p>là-bas les soleils</p>



<p>la bouche enflée de nuits</p>



<p>là-bas les horizons</p>



<p>la soie sauvage du désir</p>



<p>monde grave</p>



<p>où rien n’est insulté ni laid</p>



<p>le couteau tombe</p>



<p>le jour marche sur les plafonds</p>



<p>dans ses entrailles cuivrées.</p>



<p>Le port est repeint de noir</p>



<p>il y a deux ou trois bateaux très blancs</p>



<p>où manque la nuit —</p>



<p>fenêtres où rêvent</p>



<p>des îles enfouies dans les yeux.</p>



<p>O tant de nuit mangée à blanc</p>



<p>nous avions aussi un destin de fenêtre</p>



<p>où quelqu’un a crié de joie —</p>



<p>le silence le port au soir</p>



<p>deux ou trois bateaux très blancs</p>



<p>où manque la nuit —</p>



<p>je voulais qu’on m’aime — mendiant exact aux fêtes de lumière usé de gris et de blasphèmes.<br>Il me reste de cette chair les arêtes de tant d’élancements —</p>



<p>maintenant le jour les yeux nus</p>



<p>et quelqu’un a repeint mon plafond de choses et déjà je n’y vois plus —</p>



<p>il pleut dans le soleil</p>



<p>les arbres et les maisons sont plus graves</p>



<p>par la terre plus lourde je sais où tu es</p>



<p>quand se vident les yeux</p>



<p>et l’on voit l’espace à travers.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="TobDdyyDmJ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/10/19/lorand-gaspar-nest-plus-un-grand-poete-sest-tu/">Lorand Gaspar n&rsquo;est plus : un grand poète s&rsquo;est tu</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Lorand Gaspar n&rsquo;est plus : un grand poète s&rsquo;est tu » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/10/19/lorand-gaspar-nest-plus-un-grand-poete-sest-tu/embed/#?secret=nsUROHr2HI#?secret=TobDdyyDmJ" data-secret="TobDdyyDmJ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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