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	<title>Archives des Maréchal Haftar - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Maréchal Haftar - Kapitalis</title>
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		<title>Affaire des «gardes» français à Ras Jedir : Poivre, sel, et fil blanc…</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Apr 2019 09:18:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La France est un grand pays ami, impliqué dans le jeu d’échecs international qui se joue en Libye, dont l’enjeu est le pétrole. C’est aussi un créancier de la Tunisie. C’est entendu ! Mais la souveraineté et les intérêts de la Tunisie ne doivent pas être négociables. Par Mounir Hanablia * Il y a quelques...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/04/23/affaire-des-gardes-francais-a-ras-jedir-poivre-sel-et-fil-blanc/">Affaire des «gardes» français à Ras Jedir : Poivre, sel, et fil blanc…</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/04/Abdelkrim-Zbidi-Olivier-Poivre-Darvor.jpg" alt="" class="wp-image-208370"/><figcaption><em>Abdelkrim Zbidi/Olivier Poivre d&rsquo;Arvor.</em></figcaption></figure>



<p><strong><em>La France est un grand pays ami, impliqué dans le jeu d’échecs international qui se joue en Libye, dont l’enjeu est le pétrole. C’est aussi un créancier de la Tunisie. C’est entendu ! Mais la souveraineté et les intérêts de la Tunisie ne doivent pas être négociables.</em></strong></p>



<p> Par <strong>Mounir Hanablia</strong> *  </p>



<span id="more-208366"></span>



<p> Il y a quelques jours, les services douaniers et la police des frontières du poste de Ras Jedir ont arrêté un groupe d’une dizaine d’étrangers, en provenance de Libye, de nationalité française, munis de passeports diplomatiques, qui circulaient dans trois véhicules et qui transportaient dans leurs bagages des armes et du matériel de transmission. <br></p>



<p> Ce détachement armé a remis aux autorités tunisiennes les armes en sa possession, mais la fouille des véhicules a permis d’en découvrir d’autres dissimulés, sans qu’ils n’eussent été ni déclarés, ni à fortiori remis aux forces de sécurité tunisiennes. <br></p>



<p> Dans le même temps, un commando armé, faisant partie d’une mission européenne, en Libye, ainsi qu’on l’a su plus tard, et constitué de personnes de nationalités étrangères, arrivés dans des canots de type Zodiac, a débarqué sur une plage de Djerba, où il a été pris en charge par les forces de sécurité tunisiennes. <br></p>



<h3 class="wp-block-heading"> L’armée tunisienne, gardienne de la souveraineté nationale<br></h3>



<p> C’est en tous cas ce qu’a annoncé le ministre de la Défense Abdelkrim Zbidi, l’armée étant, depuis l’instauration de l’état d’urgence, responsable de la zone frontalière, et disposant de l’autorité sur les services civils chargés de la surveillance et de la sécurité du pays. <br></p>



<p> Le ministre de la Défense, qui s’était opposé en 2012 à toute intervention armée des Marines lors de l’affaire de l’ambassade américaine de Tunis, a une nouvelle fois prouvé qu’il ne transigeait pas avec les prérogatives inhérentes à sa mission, à savoir l’exercice de l’autorité de l’Etat sur toute parcelle du territoire national relevant de sa souveraineté, et la protection de l’intégrité du pays. Mais en informant de l’affaire l’opinion publique, il s’est estimé cette fois libre de ne pas faire jouer la sacro sainte règle de la raison d’Etat qui en général couvre ce genre de faits d’un voile ténébreux. <br></p>



<p> Ceci mérite d’autant plus d’être souligné que la France est considérée par l’Etat tunisien comme un pays ami et allié, sur l’aide duquel il a pu souvent compter, particulièrement lors de l’attaque de Gafsa en 1980 par un commando venu de Libye avec quelques complicités algériennes… et tunisiennes. Et on serait en droit de penser qu’au plus haut sommet de l’Etat tunisien, tout serait fait pour n’occasionner aucune gêne à l’ami, au partenaire, au complice français, concernant des relations où le secret serait toujours de mise. <br></p>



<h3 class="wp-block-heading"> Le jeu de la France sur l’échiquier libyen <br></h3>



<p> Cette fois, pourtant, cela n’a pas été le cas, et l’ambassadeur de France à Tunis a dû monter au créneau pour fournir une explication exonérant son pays de toute faute, tout en assumant la crédibilité de la version tunisienne. </p>



<p>L’ambassadeur, rappelant tout d’abord que les problèmes sécuritaires identiques obligeaient les deux pays à coopérer,  et qualifiant les remous provoqués par l’affaire de vaine polémique issue de pures spéculations et d’informations incomplètes, a assuré que ce <em>«groupe»</em> était constitué par des gardes chargés de la protection de l’ambassade de France à Tripoli, que l’évolution de la situation en Libye a obligés à se replier sur la Tunisie, à la suite du déclenchement des combats autour de Tripoli, entre l’armée du Maréchal Haftar, le Tchang Kai Chek libyen, venue de Benghazi, d’un côté, et les milices islamistes de Zentan, Gharian et Misrata, de l’autre, alliées de la France par la grâce de Bernard-Henri Lévy. <br></p>



<p> Les gardes auraient donc voulu éviter d’être pris au piège, peut-être face à l’intensification inattendue des combats, que même le Quai d’Orsay, pourtant bien renseigné sur tout ce qui se passe en Libye, n’aurait pas prévue, mais il semble qu’à Tripoli, dont elle avait reconnu le gouvernement, à tort ou à raison, la France soit désormais accusée de fournir des armes à Haftar, tout comme elle l’est au Yémen, de le faire au bénéfice des Saoudiens. Pourquoi dans ces conditions ont-ils choisi la route?<br></p>



<p> Selon l’ambassadeur, c’était la voie d’évacuation opportune, on n’en saura donc pas plus. Et si on en arrive à la conclusion de la version française, tout se serait déroulé dans le respect des normes diplomatiques en vigueur. Il faut donc en croire que, dans un pays où depuis la chute de Kadhafi, la France entretient d’excellentes relations avec les différentes factions, le personnel et les gardes de son ambassade n’eussent pas pu être évacués par air ou par mer à partir de Tripoli, et qu’ils aient été obligés de parcourir près de 100 kilomètres de route, en étant armés, et en disposant d’un matériel de transmission et de communication, jusqu’à la frontière tunisienne, au risque d’être attaqués et dépouillés par des forces hostiles. <br></p>



<p> Si la version fournie par l’ambassadeur  s’avérait  juste, on comprendrait donc en effet pourquoi les Français auraient préféré évacuer de leur ambassade et discrètement, tout ce dont  ils n’eussent pas désiré faire courir le risque d’être livré à l’indiscrétion d’autrui, vers un pays considéré comme ami et sûr, la Tunisie. <br></p>



<h3 class="wp-block-heading"> La Tunisie dans le jeu d’influence des puissances<br></h3>



<p> Les Tunisiens étaient-ils au courant de cette arrivée inopinée? Selon l’ambassadeur, l’évacuation s’est déroulée en étroite collaboration avec les autorités tunisiennes qui ont été informées en temps réel de la progression du convoi français. Autrement dit, les autorités françaises auraient fait confiance aux autorités tunisiennes en les prévenant à l’avance de l’arrivée des gardes, en leur faisant ainsi courir le risque d’être victimes d’indiscrétions, aux conséquences potentiellement graves; mais cette confiance ne semble toute fois pas été suffisante au point de remettre à la sécurité tunisienne la totalité des armes en leur possession. Mais les déclarations du ministre tunisien de la Défense sont là pour démentir un récit qui ne manque pas sel cousu tout en étant cousu de fil blanc. <br></p>



<p> Mais qui aurait été capable de renseigner les Tunisiens sur les armes cachées à l’intérieur des véhicules français et aurait eu intérêt à le faire? Les candidats ne manquent pas; à commencer par les Italiens, dont l’amicale hostilité à l’encontre des Français depuis l’arrivée de M. Salvini au pouvoir n’est plus à démontrer, ou bien les Américains dont les ambitions de supplanter la France en Afrique ne sont plus un secret pour personne… <br> Mais il se pourrait aussi qu’au sein même de l’Etat tunisien, d’aucuns ne jugeassent pas d’un bon œil la collaboration des Français avec les milices islamistes de Libye, pour autant qu’ils estimassent qu’elles constituassent la profondeur stratégique du parti islamiste Ennahdha et des jihadistes tunisiens. <br></p>



<p> C’est sans doute une telle vision des choses qui a poussé l’Etat tunisien à une collaboration militaire que l’on dit plus qu’étroite avec les Américains, et dont on ne connaît certains détails que par le biais d’indiscrétions issues de la presse américaine; on a évoqué des bases de drones armés chargés d’éliminer les groupes terroristes comme cela a été fait au Yémen, et au Pakistan, mais l’Etat tunisien n’a jamais confirmé. Et ces derniers temps, on a évoqué des manœuvres militaires dans le Sud, cette fois par la presse tunisienne. Or l’affaire Baghdadi Mahmoudi avait révélé que l’Etat tunisien s’impliquait désormais parfois, et pas de la meilleure manière, dans les affaires internes de ses voisins, et que cela pouvait avoir des répercussions, au moins sur le plan local. On a vu combien tous les adversaires de la Troïka, l’ancienne coalition dominée par les islamistes ayant gouverné la Tunisie de janvier 2012 à janvier 2014,  y avaient trouvé matière à renforcer leur opposition. <br></p>



<h3 class="wp-block-heading"> Bourguiba et le principe de la souveraineté nationale<br></h3>



<p> Il y va aussi de certains principes hérités de Bourguiba, quoiqu’en disent ses détracteurs,  relatifs à l’indépendance nationale, qui devraient être immuables, mais dont malheureusement il semble qu’ils ne soient plus autant respectés. Bourguiba disait qu’on ne choisissait pas ses voisins. Et il a toujours été soucieux de ne pas se mêler de leurs affaires internes, en s’opposant à toute installation armée permanente d’une puissance étrangère sur son territoire, évitant ainsi que son pays ne constituât le point de départ d’une agression contre leur souveraineté. <br></p>



<p> Ce principe a néanmoins déjà été violé lors de l’affaire de l’ambassade américaine de Tunis lorsque l’Etat tunisien a créé un précédent fâcheux en consentant à rembourser la partie victime, par la cession définitive de la souveraineté sur le terrain de l’institution objet de l’attaque, et le parlement a entériné la loi de cession. <br></p>



<p> Il s’agit là de l’une des pages les moins glorieuses de l’alliance Ennahdha-Nidaa, et on peut se demander à juste titre si la Cour Constitutionnelle ne l’aurait pas invalidée si elle avait siégé dans ses prérogatives. Mais ainsi que tout le monde le sait, la majorité parlementaire s’obstine depuis cinq ans à ne pas en élire les membres; on en constate de plus en plus les effets. <br> Pour en revenir à l’affaire de Ras Jedir,  on peut certes se montrer soucieux de protéger son propre pays par le biais de pactes de défense avec des puissances amies. Mais les intérêts de ces puissances, souvent très versatiles, ne seront jamais confondus avec les nôtres. Et on a vu comment l’Administration américaine actuelle a pris le contre-pied des positions de l’Administration précédente, particulièrement dans le domaine des relations internationales. <br></p>



<p> Faudrait il donc qu’au nom de l’amitié, le territoire tunisien constituât une base de départ ou de repli à des actions armées secrètes dans un pays voisin, quel qu’il soit, menées par une tierce puissance? <br></p>



<p> Ce serait non seulement contraire à la notion de souveraineté nationale, mais aussi  à celle de l’intérêt du pays; outre que cela pourrait contribuer à l’instauration d’inimitiés durables, dont il faudrait assumer le coût de la proximité géographique, l’implication dans les conflits  locaux extérieurs, pour peu de bien savoir miser sur le vainqueur, ne manquerait pas d’avoir les mêmes conséquences dont comme par hasard le pays souffre déjà : endettement massif, économie criminelle, trafics de tous genres… <br></p>



<h3 class="wp-block-heading"> Espionnage, immunité diplomatique et dignité nationale<br></h3>



<p> Comme par hasard, il y a trois semaines, un diplomate tunisien chargé de mission de l’Onu sur l’enquête à propos du trafic d’armes en direction de la Libye a été arrêté pour espionnage et détention illégale de documents secrets; la justice suit son cours. Le journal britannique ‘‘The Guardian’’ qui a, il y a quelques jours, relaté cette affaire s’est interrogé sur la légalité de la violation de l’immunité diplomatique du personnel de l’Onu, dénoncée par son secrétaire général, et sur les raisons qui ont poussé les autorités tunisiennes à risquer ainsi de se mettre au ban de la communauté internationale. <br></p>



<p> Dans ce contexte, l’affaire des <em>«gardes» </em>français  de Ras Jedir prend un relief particulier. Mais il est à cet égard remarquable et rassurant qu’au plus haut sommet de l’Etat tunisien, le ministre de la Défense continue, envers et contre tous, de se battre au nom des mêmes principes de dignité qui avaient animé la lutte de libération et mené à la souveraineté et à l’indépendance nationales. <br></p>



<p> La France est un grand pays ami, impliqué dans le jeu d’échecs international qui se joue en Libye, dont l’enjeu est le pétrole. C’est aussi un créancier. C’est entendu ! Mais la souveraineté et les intérêts de la Tunisie ne doivent pas être négociables.</p>



<ul class="wp-block-list"><li><em>Cardiologue, Gammarth, La Marsa. </em></li></ul>



<p><strong><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></strong></p>



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		<title>La Syrie, symbole du retour triomphant de la Russie au Moyen-Orient&#8230; et après ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Mar 2019 08:43:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; &#160; Dans un récent entretien, le géographe Fabrice Balanche résume parfaitement la position devenue prédominante de la Russie en Syrie : «la Russie a mis fin à la parenthèse de l’hégémonie occidentale; cette guerre est le symbole de son retour sur la scène internationale et Poutine, qui parle à toutes les parties y compris...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/03/28/la-syrie-symbole-du-retour-triomphant-de-la-russie-au-moyen-orient-et-apres/">La Syrie, symbole du retour triomphant de la Russie au Moyen-Orient&#8230; et après ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-203959" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/03/Poutine-Netanyahu-Erdogan-Ben-Salman-Sissi.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><strong><em>Dans un</em> <a href="https://www.lopinion.fr/edition/international/fabrice-balanche-en-syrie-reconstruction-moyens-bord-180839?utm_source=facebook&amp;utm_medium=social&amp;utm_campaign=barre-partage-site&amp;fbclid=IwAR2Hia4uNyGwaExmNtLOSbMGcov9aXdOY_ErcAdcAsqPwpJ6KuyOepGoSd8" target="_blank" rel="noopener">récent entretien</a>, le géographe Fabrice Balanche résume parfaitement la position devenue prédominante de la Russie en Syrie : «la Russie a mis fin à la parenthèse de l’hégémonie occidentale; cette guerre est le symbole de son retour sur la scène internationale et Poutine, qui parle à toutes les parties y compris ennemies, est en position d’arbitre».</strong></p>
<p>Par <strong>Roland Lombardi</strong> *</p>
<p><span id="more-203952"></span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-112276 alignleft" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/09/Roland-Lombardi.jpg" alt="" width="200" height="244" />En effet, les raisons du succès russe en Syrie sont multiples. Nous ne reviendrons pas ici sur les détails strictement militaires qui ont permis à la Russie de s’imposer sur le terrain. Le colonel <a href="https://lavoiedelepee.blogspot.com/2017/09/tempete-rouge-enseignements.html" target="_blank" rel="noopener">Michel Goya</a> l’a déjà très bien expliqué dans une remarquable analyse en septembre 2017 . Il y décrit avec une grande précision tous les aspects techniques et tactiques de la réussite militaire russe en Syrie.</p>
<p>Rapidement, nous pouvons juste rappeler que les Russes n’agissent et ne prennent jamais de risques qu’avec un plan et une stratégie mûrement réfléchis. Certains <em>«spécialistes»</em> français, plus par idéologie et un anti-Poutine viscéral, avaient pourtant prédit, au début de l’implication directe des Russes en septembre 2015, que la Syrie serait pour l’armée russe un bourbier et un nouvel Afghanistan. Mais comparer l’intervention russe en Syrie avec l’invasion soviétique de l’Afghanistan en 1979 était une pure aberration.</p>
<h3>Les Russes agissent souvent avec des intermédiaires</h3>
<p>Tout d’abord car le contexte local et international n’était absolument pas le même. De plus, les stratèges russes ont toujours appris de leurs erreurs (Afghanistan, première guerre de Tchétchénie) ou de leurs cafouillages (Géorgie) passés. Aussi, on n’oublie trop souvent que la Russie est l’un des rares pays (avec la France dans les années soixante et l’Etat algérien dans les années 1990) à avoir «remporté» une guerre asymétrique (Tchétchénie dans les années 2000).</p>
<p>Dernier point, les Russes agissent souvent avec des intermédiaires. Le plus souvent, ils évitent de faire les choses eux-mêmes. Même s’ils contrôlent les opérations au centimètre près, en Syrie par exemple, ils ont laissé les troupes du régime, du Hezbollah et des forces spéciales iraniennes, œuvrer au sol lors des opérations. Leurs forces terrestres ne sont intervenues que très rarement et très ponctuellement.</p>
<p>Par ailleurs, l’état des forces des armées russes s’est sensiblement amélioré depuis 2008 et la guerre en Géorgie.</p>
<p>L’armée russe bénéficie d’un plan de modernisation extrêmement ambitieux (23.000 milliards de roubles jusqu’en 2020) et prévoit un renouvellement de 70% des matériels. Les premiers effets de ce programme, mais également des évolutions tactiques et opérationnelles, ont été constatés lors de l’affaire de Crimée, où l’intervention russe fut un modèle de professionnalisme.</p>
<p>Mais en définitive, le succès russe en Syrie est sûrement dû à une stratégie beaucoup plus globale, alliant tactique et outil militaire modernisés et expérimentés, à une efficacité diplomatique internationale, régionale mais aussi locale (rappelons la création, sur le terrain, par les Russes, d’un Centre de réconciliation destiné aux négociations de guerre, la protection des transferts de combattants, l’aide aux populations en coordination avec les autorités civiles, les ONG et l’Onu).</p>
<p>De fait, c’est peut-être moins la victoire militaire que les réussites diplomatiques du Kremlin, et de ses négociateurs, dignes successeurs du grand orientaliste et diplomate, Evgeni Primakov, que l’histoire retiendra…</p>
<h3>Les Russes défendent leurs intérêts nationaux… et pas seulement commerciaux</h3>
<p>Poutine n’a pas fait que lire Clausewitz, il applique ses principes : <em>«La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens»</em> ! Car au Moyen-Orient, les Russes font de la politique, leur politique. Et à la différence des Occidentaux, celle-ci, ancrée dans le réel et servie par une connaissance empirique de la région, est fondée sur le pragmatisme et leurs propres intérêts nationaux… et pas seulement commerciaux !</p>
<p>Grâce à sa politique de puissance décomplexée au Moyen-Orient, imperméable aux rivalités internes de la région, Poutine parle à tout le monde et tous les grands acteurs locaux se tournent dorénavant vers le Kremlin : la coopération avec Israël, et ce dans tous les domaines, est <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2019/03/09/israel-russie-des-relations-plus-profondes-quon-ne-le-croit/?fbclid=IwAR32_bvHE99gH2sqIng7s5TJAYknPfePXFXveTTQnacm9cVVOSBqfTQFiqs" target="_blank" rel="noopener">beaucoup plus profonde qu’on ne le pense</a> et l’Iran, le <em>«partenaire»</em> en Syrie, à présent en grande difficulté, ne peut plus compter que sur les Russes…</p>
<p>La Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite, ses anciens adversaires géopolitiques dans la zone, ils sont depuis allés à Canossa (cf. le partenariat russo-turc en Syrie, le dernier accord entre l’Opep et la Russie, <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2019/01/25/arabie-saoudite-russie-apres-le-pacte-du-quincy-le-pacte-de-moscou/" target="_blank" rel="noopener"><em>«le Pacte de Moscou»</em></a> sur le dos des Iraniens et même des grands groupes pétroliers russes !).</p>
<p>Quant à tous les nouveaux (et futurs) autocrates arabes (le Président Sissi, le maréchal Haftar en Libye et même Mohamed Ben Salman à Riyad…), ils ont tous les yeux de Chimène pour le <em>«Tsar»</em> Poutine, ce dernier ayant démontré avec Assad, qu’il était un allié fiable, solide et sérieux.</p>
<h3>La Russie réussira-t-elle là où les Occidentaux ont échoué ?</h3>
<p>Reste enfin à savoir quelle sera la suite donnée à ce nouveau leadership, notamment concernant la reconstruction de la Syrie et le développement économique de cette région en général et si malmenée jusqu’ici. De toute évidence, la Russie, puissance musulmane (près de 15% de la population russe est musulmane soit entre 20 et 22 millions &#8211; la plus importante des minorités &#8211; sur 150 millions d’habitants) et continentale (près de 2.500 km de frontières avec l’islam), n’aspire qu’à la stabilité du Moyen-Orient.</p>
<p>Or, même si le pays dispose d&rsquo;atouts non négligeables comme sa superficie et ses innombrables ressources naturelles, Moscou n’est pas encore en mesure de subvenir à toutes les demandes et les besoins financiers de la région. C’est la raison pour laquelle, là encore, ce sont les diplomates russes qui sont à la manœuvre afin, notamment en Syrie et aidés en cela par les Egyptiens, de faire revenir, pour des raisons certes politiques, mais aussi économiques, les Etats du Golfe (les Emirats arabes unis viennent de rouvrir leur ambassade à Damas). La Chine est également très attendue&#8230;</p>
<p>Seul l’avenir nous dira donc, si la Russie parviendra finalement à réussir là où les Occidentaux ont jusqu’ici lamentablement échoué.</p>
<p><em>* Consultant indépendant, associé au groupe d’analyse de JFC Conseil.</em></p>
<p><em><strong>Articles du même auteur dans Kapitalis :</strong></em></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DNAnb0d11g"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/03/09/israel-russie-des-relations-plus-profondes-quon-ne-le-croit/">Israël-Russie : Des relations plus profondes qu’on ne le croit&#8230;</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Israël-Russie : Des relations plus profondes qu’on ne le croit&#8230; » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/03/09/israel-russie-des-relations-plus-profondes-quon-ne-le-croit/embed/#?secret=PkN25HjIIB#?secret=DNAnb0d11g" data-secret="DNAnb0d11g" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="lOjewBaoHw"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/01/25/arabie-saoudite-russie-apres-le-pacte-du-quincy-le-pacte-de-moscou/">Arabie saoudite-Russie : Après le Pacte du Quincy, le Pacte de Moscou ?</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Arabie saoudite-Russie : Après le Pacte du Quincy, le Pacte de Moscou ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/01/25/arabie-saoudite-russie-apres-le-pacte-du-quincy-le-pacte-de-moscou/embed/#?secret=OwNtJuscoz#?secret=lOjewBaoHw" data-secret="lOjewBaoHw" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="gvZiY0tBJd"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/04/syrie-la-russie-est-elle-toujours-le-maitre-du-jeu/">Syrie : La Russie est-elle toujours le maître du jeu ?</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Syrie : La Russie est-elle toujours le maître du jeu ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/04/syrie-la-russie-est-elle-toujours-le-maitre-du-jeu/embed/#?secret=Uv4qOCf6TH#?secret=gvZiY0tBJd" data-secret="gvZiY0tBJd" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/03/28/la-syrie-symbole-du-retour-triomphant-de-la-russie-au-moyen-orient-et-apres/">La Syrie, symbole du retour triomphant de la Russie au Moyen-Orient&#8230; et après ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>L’impuissance de la communauté internationale face à la crise libyenne</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2018/12/14/limpuissance-de-la-communaute-internationale-face-a-la-crise-libyenne/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Dec 2018 11:23:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Africom]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’impasse actuelle en Libye, un pays en voie de décomposition, est le résultat de l’échec de la communauté internationale à trouver une solution de la crise, les divisions internes propres à une société tiraillée entre de multiples forces centrifuges et l’impuissance de l’Organisation des Nations unies (Onu). Par Moncef Djaziri * Depuis 2011, la Libye...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/12/14/limpuissance-de-la-communaute-internationale-face-a-la-crise-libyenne/">L’impuissance de la communauté internationale face à la crise libyenne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-188868" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/12/Crise-Libyenne.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>L’impasse actuelle en Libye, un pays en voie de décomposition, est le résultat de l’échec de la communauté internationale à trouver une solution de la crise, les divisions internes propres à une société tiraillée entre de multiples forces centrifuges et l’impuissance de l’Organisation des Nations unies (Onu).</strong></em></p>
<p>Par<strong> Moncef Djaziri</strong> *</p>
<p><span id="more-188860"></span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-104998 alignleft" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/07/Moncef-Djaziri.jpg" alt="" width="200" height="165" />Depuis 2011, la Libye a sombré dans la misère. Le niveau de vie de la classe moyenne a baissé drastiquement, les systèmes d’enseignement et santé sont durablement atteints, le pays est profondément divisé, l’insécurité y est permanente, son destin n’est plus entre ses mains et sa souveraineté est désormais limitée. Les richesses du pays sont dilapidées, les milices armées y font régner leur pouvoir et la corruption atteint un niveau condamné par l’Onu. La menace terroriste de Daech est quotidienne et les opérations de l’Africom ne semblent pas atteindre leurs cibles et visent des civils.</p>
<p>La Mission des Nations unies en Libye (Unsmil) s’est transformée imperceptiblement en tutelle sur la Libye, sans bases juridiques claires. Les deux tentatives électorales de 2012 et 2014 ont accru les dissensions, aggravé les fractures et contribué à un désenchantement à l’égard de la démocratie. Chaque jour qui passe montre l’aggravation de la crise et le désarroi du plus grand nombre.</p>
<p>Plusieurs facteurs, en lien les uns avec les autres, peuvent expliquer l’impasse actuelle et l’état d’un pays en voie de décomposition : l’échec de la communauté internationale, les divisions internes propres à une société tiraillée entre de multiples forces centrifuges et l’impuissance de l’Onu.</p>
<h3>Les contradictions de la communauté internationale</h3>
<p>Les causes de l’échec sont multiples. C’est d’abord l’incapacité des pays occidentaux à se mettre d’accord sur les raisons de la crise et les moyens d’en sortir. Trop d’intérêts contradictoires se neutralisent, conduisant à la paralysie actuelle.</p>
<p>Les intérêts de la France et sa vision de la crise libyenne sont différents de ceux de l’Italie qui ne voit l’urgence libyenne qu’à travers la lutte contre l’immigration illégale et le soutien financier au gouvernement Sarraj et Misrata. Pour la Russie, l’important est de soutenir le pouvoir à Benghazi, celui du Maréchal Haftar, qui lui garantit une présence militaire dans la région. Quant aux États-Unis, relativement en retrait, l’essentiel c’est la lutte contre Daech, la stabilisation et la sécurisation de la Libye. Les différentes conférences internationales, comme celle de Paris de mai 2018 et de Palerme de novembre 2018, n’ont pas permis véritablement de sortir de l’impasse. Elles ont, au contraire, exacerbé la compétition entre puissances et aggravé la confusion</p>
<p>Les pays du Moyen-Orient, eux aussi, exercent des influences contradictoires en fonction de leurs intérêts. Pour l’Égypte, la première urgence est de reconstruire l’armée libyenne sous la direction du Maréchal Haftar. Ce qui importe pour le président Al-Sissi, c’est de sécuriser ses frontières avec Libye et combattre l’islamisme radical et Daech.</p>
<p>La proximité du Maréchal Haftar avec le président Sissi est un fait avéré. Les rapports entre les deux hommes et leur rapprochement remontent à 2014. Il est basé sur une alliance tactique et stratégique dont les deux éléments essentiels sont la lutte contre l’islamisme et la construction d’un État fort en Libye, allié de l’Égypte.</p>
<p>Les efforts déployés par ce pays pour reconstruire une armée libyenne s’inscrivent dans cette perspective. La position du Qatar et le soutien apporté aux milices islamistes sont dictés par la volonté des Qataris d’exercer une influence économique et politique. Il en va de même de la Turquie dont les positions convergent avec celles du Qatar.</p>
<h3>Les conflits inter-libyens, obstacles à la sortie de crise</h3>
<p>L’impasse actuelle s’explique aussi par les conflits historiques entre l’Est et l’Ouest de la Libye. La transition a formellement débuté avec la déclaration de la « libération de la Libye » du 23 octobre 2011, trois jours après la mort de Kadhafi. Mais très rapidement, de graves problèmes politiques sont apparus, paralysant le fonctionnement de la première assemblée élue en juillet 2012, puis conduisant à la situation de double pouvoir que la Libye connaît depuis 2014.</p>
<p>On doit d’abord mentionner l’opposition idéologique entre islamistes et libéraux républicains, celle qui sépare les tenants d’un État islamique en Libye de ceux qui militent pour la reconstruction d’un État-nation libéral-républicain. Autre sujet de division : l’opposition entre les tenants d’un internationalisme islamiste et des nationalistes modérés et pragmatiques.</p>
<p>Il faut également souligner la réémergence du conflit historique entre l’Est et l’Ouest, autrement dit entre Benghazi et Tripoli. Les habitants de l’est de la Libye, considérant que plus de 80 % des ressources énergétiques sont situées sur leur territoire (le croissant pétrolier), affirment avoir droit à une large part des ressources énergétiques (estimées à 49 milliards de barils). De leur côté, les Tripolitains, arguant du fait que la majeure partie de la population se trouve sur cette partie du territoire, revendiquent la direction du pays, notamment en ce qui concerne la répartition des richesses.</p>
<p>Ce conflit fondamental bloque la transition. À cela, il faut ajouter le conflit sur la structure de l’État opposant les Tripolitains (y compris les Misratis), qui défendent un État unitaire et centralisé, aux Cyrénaïcains qui œuvrent pour une fédération, perçue comme le garant de leurs intérêts. À cela, enfin, il faut ajouter les <a href="http://tamazgha.fr/Amazighs-de-Libye-une-voix-sans.html" target="_blank" rel="noopener">revendications identitaires berbères</a> qui compliquent la donne.</p>
<h3>L’Onu impuissante</h3>
<p>Depuis 2011, l’action des Nations unies en Libye est marquée par une grande incohérence, beaucoup d’ambivalence et d’erreurs. En sept ans, six représentants se sont succédé sans aucune ligne de conduite claire, cohérente et continue.</p>
<p>L’actuel représentant Ghassan Salamé ne fait pas exception. Le <a href="https://unsmil.unmissions.org/secretary-general-remarks-launch-un-strategy-libya-high-level-event-libya" target="_blank" rel="noopener">Plan Salamé de septembre 2017</a>, soutenu par le Conseil de sécurité des Nations unies, est confus, à la fois sur les priorités et les objectifs à atteindre – une confusion entretenue par les déclarations imprécises ou contradictoires du chef de la mission de l’ONU en Libye (Unsmil). Les modifications apportées à ce plan en novembre 2018 ne changent rien à l’affaire.</p>
<p>Ainsi le référendum constitutionnel et les élections prévues initialement en décembre 2018, n’auront finalement pas lieu, les conditions requises n’étant pas remplies. En lieu et place, Salamé et l’ONU proposent d’organiser, en janvier 2019, un Congrès national, suivi en mars par des élections. Ce congrès, conçu par l’ONG Centre pour le dialogue humanitaire (CDH) (auquel Salamé avait été associé avant de diriger l’Unsmil) risque de susciter des faux espoirs et créer de nouveaux problèmes, avec le risque d’aggraver le conflit entre l’ouest et l’est de la Libye, entre Tripoli et Benghazi, voire avec le Sud.</p>
<p>À l’instar des autres initiatives onusiennes, qui ont à chaque fois aggravé l’état des choses, il est à craindre que le Congrès en question ne soit qu’une fausse bonne idée, comme le fut l’Accord de Skhirat en 2015 (pour une analyse exhaustive, voir, M. Djaziri, _State-Building in Libya, Reset Doc, Rome, 2017, pp. 102-125). Qui participera à ce Congrès et à quel titre ; comment seront cooptés ceux qui y siégeront ; quel en sera l’ordre du jour, quels seront les principes qui l’encadreront et quel sera le mandat de ceux qui participeront à ce Congrès?</p>
<p>Sera-t-il <em>«inclusif»</em>, y compris en acceptant la présence des Kadhafistes, et ne fera-t-il pas double emploi avec le seul parlement actuellement légitime, la Chambre des Représentants installée à Tobrouk depuis les élections de 2014 ? Autant de questions sans réponse, indiquant que s’il devait être organisé ce Congrès créerait de nouveaux problèmes et aggraverait les dissensions.</p>
<p>N’est-il pas plus rationnel d’aplanir au préalable les différends entre les parties libyennes avant de les réunir pour une réconciliation? N’est-il pas plus logique de mener à bien le processus constitutionnel avant toute perspective électorale ? L’organisation de ce Congrès, considéré par Ghassan Salamé et un diplomate français (lui-même proche du CDH) comme la solution aux problèmes, n’est-elle pas, pour l’Onu, une manière de se débarrasser d’un problème et un moyen de valoriser les activités de l’Ong en question ?</p>
<h3>Un aggiornamento indispensable</h3>
<p>Le peuple libyen traverse une crise économique, politique et morale à laquelle il ne voit guère d’issue. Les divisions de la communauté internationale et l’impuissance de l’Onu nécessitent un aggiornamento (lire <em>‘‘Politique internationale’’,</em> n°159, 2018). Les désaccords entre les grandes puissances et les pays influents, on l’a vu, sont paralysants. L’emprise croissante de l’Unsmil et de Salamé sur le processus de décision en Libye, sans base juridique claire, est très mal perçue et donne le sentiment d’une mise sous tutelle de la Libye, sans produire de résultat.</p>
<p>Dans ces conditions, une nouvelle période de transition s’impose avec un exécutif provisoire soutenu par une assemblée consultative constituée des tribus et des représentants des partis politiques et de la société civile. Il est impératif de reconstruire l’État, de désarmer les milices, de finaliser le processus constitutionnel, de définir le régime politique et subséquemment la loi électorale, de relancer l’activité économique et de renoncer aux réformes libérales injustes, impopulaires et inadéquates. Il est impératif de repréciser et redéfinir la mission de l’Onu en Libye.</p>
<p>Toute autre solution qui consisterait à faire voter les Libyens à la va-vite ou qui consisterait à organiser un Congrès dont on attendrait une solution miracle serait contre-productive, aggraverait la crise et hypothéquerait pour longtemps toute réelle transition démocratique. L’Onu et la communauté internationale ayant joué un rôle déterminant dans la fin du régime de Kadhafi, elles ont le devoir de prendre la vraie mesure de la profondeur de la crise et d’y apporter des réponses appropriées.</p>
<p>Trop de temps a été perdu dans des tergiversations et des pseudo-solutions qui n’ont fait qu’approfondir les divisions et les déchirures. Il faut de toute urgence repartir sur de nouvelles bases.</p>
<p><em>* Enseignant-chercheur en politiques libyennes, Université de Lausanne (Suisse).</em></p>
<p><em><strong>Articles du même auteur dans Kapitalis :  </strong></em></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="CNzan5ys6x"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/20/tunisie-causes-profondes-de-revolte-dun-peuple-pacifique/">Tunisie : Les causes profondes de la révolte d’un peuple pacifique</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Les causes profondes de la révolte d’un peuple pacifique » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/20/tunisie-causes-profondes-de-revolte-dun-peuple-pacifique/embed/#?secret=KtlvGWWRHj#?secret=CNzan5ys6x" data-secret="CNzan5ys6x" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="QnPoAZLDTB"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/12/la-crise-libyenne-et-le-bal-des-hypocrites/">La crise libyenne et le «bal des hypocrites»</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La crise libyenne et le «bal des hypocrites» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/12/la-crise-libyenne-et-le-bal-des-hypocrites/embed/#?secret=NUp0mKczEr#?secret=QnPoAZLDTB" data-secret="QnPoAZLDTB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="xXlNKDF5Fz"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/12/07/les-etats-unis-brouillent-les-cartes-en-libye/">Les Etats-Unis brouillent les cartes en Libye</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Etats-Unis brouillent les cartes en Libye » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2016/12/07/les-etats-unis-brouillent-les-cartes-en-libye/embed/#?secret=RRdBtPKbML#?secret=xXlNKDF5Fz" data-secret="xXlNKDF5Fz" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/12/14/limpuissance-de-la-communaute-internationale-face-a-la-crise-libyenne/">L’impuissance de la communauté internationale face à la crise libyenne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’Egypte de Sissi : Un retour sur l’échiquier international ? (2-2)</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2018/04/20/legypte-de-sissi-un-retour-sur-lechiquier-international-2-2/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Apr 2018 09:49:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Abdel Fattah al-Sissi]]></category>
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		<category><![CDATA[Maréchal Haftar]]></category>
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		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Maréchal Haftar, l&#8217;homme fort de Libye, reçu par le président Sissi. Dans une 1ère partie, on a évoqué les relations de l’Egypte du président Sissi avec la Russie, l’Occident, les Etats-Unis, les pays du Golfe et l’Afrique. Ici, nous traiterons de sa politique envers trois zones de guerre et de tensions : la Libye et...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/04/20/legypte-de-sissi-un-retour-sur-lechiquier-international-2-2/">L’Egypte de Sissi : Un retour sur l’échiquier international ? (2-2)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-149791" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/04/General-Haftar-Al-Sissi.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Maréchal Haftar, l&rsquo;homme fort de Libye, reçu par le président Sissi.</em></p>
<p><em><strong>Dans une<a href="http://kapitalis.com/tunisie/2018/04/12/legypte-de-sissi-un-retour-sur-lechiquier-international-1-2/"> 1ère partie</a>, on a évoqué les relations de l’Egypte du président Sissi avec la Russie, l’Occident, les Etats-Unis, les pays du Golfe et l’Afrique. Ici, nous traiterons de sa politique envers trois zones de guerre et de tensions : la Libye et du conflit israélo-palestinien.</strong></em></p>
<p>Par <strong>Roland Lombardi</strong> *</p>
<p><span id="more-149786"></span></p>
<h3><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-112276 alignleft" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/09/Roland-Lombardi.jpg" alt="" width="200" height="244" />Sissi et la Syrie</h3>
<p>Au nom de la guerre contre le terrorisme islamiste et de son rapprochement avec Moscou, le président Abdel Fattah Sissi s’est très vite désolidarisé, avec un certain courage, de ses partenaires sunnites et des diktats des pays du Golfe, comme ceux des Occidentaux d’ailleurs, à propos de la crise syrienne.</p>
<p>Le président égyptien a très vite renoué, dès 2014, les relations diplomatiques avec Damas.</p>
<p>En 2016, la visite au Caire du responsable des services de sécurité syriens, le général Ali Mamlouk, pour rencontrer Khaled Fawzy, le chef du service de renseignement général égyptien, fut très remarquée. Certains médias arabes et certaines sources ont même évoqué la présence (démentie par Le Caire) de «<em>conseillers militaires égyptiens»</em> et de pilotes aux côtés des forces d’Assad.</p>
<p>Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, l’Egypte est très active dans le cadre des négociations, avec la Russie, au sujet des zones de désescalade. Et effectivement, lors du siège de la Ghouta, en coulisse, des négociateurs et des diplomates égyptiens étaient bien présents, encore une fois auprès des Russes, dans les discussions avec certaines milices jihadistes notamment celles encore soutenues par les Saoudiens.</p>
<p>A n’en pas douter, étant un pôle important du monde arabo-sunnite (mais proche de Moscou) et ne souhaitant pas laisser la Turquie ou même l’Arabie saoudite seules dans les pourparlers en Syrie, l’Egypte sera assurément très présente dans la résolution future du conflit.</p>
<h3>L’Egypte face au chaos libyen</h3>
<p>Partageant plus de 1.000 kilomètres de frontières avec la Libye, l’Egypte est très préoccupée par le chaos libyen qui menace sa propre sécurité interne (trafics d’armes, incursions de terroristes…). C’est pourquoi Al-Sissi fut, avec Poutine, le premier à soutenir les forces de l’Est et le maréchal Haftar, le futur homme fort de la Libye. Ce soutien est important et se traduit par des échanges de renseignements, l’envoi d’armes et de conseillers, voire parfois de forces spéciales égyptiennes. Depuis 2014, l’aviation égyptienne y a mené plusieurs raids aériens, souvent avec les Emirats arabes unis, contre des milices islamistes.</p>
<h3>Sissi et le conflit israélo-palestinien</h3>
<p>Très peu évoqué, est également le rôle très important joué par le président égyptien dans le dossier israélo-palestinien. Je rappelle que c’est lui qui a notamment obtenu un cessez-le-feu qui mit fin au conflit à Gaza en août 2014. L’Egypte a par ailleurs organisé, le 12 octobre 2014, au Caire, une conférence internationale pour la Palestine et la reconstruction de Gaza.</p>
<p>Cependant, les relations entre le Hamas et les militaires du Caire n’ont pas toujours été roses. En effet, il faut rappeler que le Hamas avait perdu un allié de poids en la personne de l’ancien président égyptien, issu des Frères musulmans, Mohamed Morsi, lorsque ce dernier fut renversé par l’armée en juillet 2013.</p>
<p>De plus, avec le retour aux manettes des militaires et de Sissi, l’Egypte avait alors entrepris (les médias occidentaux en ont peu parlé) une lutte impitoyable contre le mouvement palestinien de Gaza avec des bombardements massifs, la destruction et l’inondation de tous les tunnels au Sud de l’enclave et enfin, la fermeture du point de passage de Rafah.</p>
<p>Le Hamas a par ailleurs longtemps soutenu les milices jihadistes dans le Sinaï. Toutefois, très isolé politiquement, militairement et sur le plan international, le groupe terroriste palestinien a commencé à craindre d’être <em>«débordé»</em> par Daech, qui a séduit de plus en plus la jeunesse arabe israélienne et palestinienne.</p>
<p>Ainsi, la milice palestinienne a peu à peu cessé sa politique tacite et parfois contradictoire (arrestations de djihadistes à Gaza et soutien aux milices du Sinaï) pour préférer un <em>«rapprochement»</em>, forcé et contre-nature, avec l’armée égyptienne, afin tout simplement de sauvegarder son pouvoir et son leadership.</p>
<p>C’est pourquoi, les Egyptiens ont eux aussi décidé d’établir une sorte de coopération avec le Hamas, pourtant toujours considéré comme une organisation terroriste au Caire. De fait, depuis le réchauffement de leurs relations, le point de passage de Rafah ouvre plus régulièrement.</p>
<p>Depuis 2017, des représentations du mouvement islamiste palestinien ont donc été régulièrement reçues au Caire. Enfin, dans le but de réconcilier l’Autorité palestinienne et le Hamas, des rencontres, avec des diplomates ou des officiers des renseignements égyptiens, sont fréquemment organisées.</p>
<p>Lors de la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël, Sissi est resté relativement discret, ne condamnant pas pour autant la décision du président américain. Mais ce qui est certain, c’est qu’actuellement, pour des raisons de prestige, le prince héritier saoudien et surtout le président égyptien, sont plus que jamais très impliqués dans les négociations actuelles, et plus ou moins secrètes, à propos du futur processus de paix israélo-palestinien, relancé par l’administration Trump.</p>
<p>Enfin, ces derniers jours, face à la situation à la frontière entre Gaza et Israël et en raison de ses contacts avec Jérusalem et Ramallah, Le Caire a envoyé des émissaires afin d&rsquo;éviter l&rsquo;escalade de la violence et trouver une solution à cette crise…</p>
<p>Quoi qu’il en soit, il est certain que le président égyptien souhaite, à plus ou moins long terme, instaurer en Egypte une sorte de <em>«dictature éclairée»</em>, devenant même une sorte de modèle pour tous les autocrates en herbe de la région . Mais le nouveau raïs égyptien semble tout aussi déterminé à redonner à son pays, le plus puissant militairement et le plus peuplé du monde arabe (avec près de 100 millions d’habitants), son rôle de phare du sunnisme sur la scène internationale.</p>
<p><em>* Analyste au sein du groupe JFC Conseil, docteur en histoire, consultant indépendant en géopolitique, et chercheur associé à l’Iremam à Aix en Provence (France).</em></p>
<p><em><strong>Précédent article : </strong></em></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="4NGYbYFX49"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/04/14/frappes-occidentales-en-syrie-grand-spectacle-et-frappes-negociees/">Frappes occidentales en Syrie : Grand spectacle et «frappes négociées» !</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Frappes occidentales en Syrie : Grand spectacle et «frappes négociées» ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/04/14/frappes-occidentales-en-syrie-grand-spectacle-et-frappes-negociees/embed/#?secret=5kZhrsyVe4#?secret=4NGYbYFX49" data-secret="4NGYbYFX49" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p><em><strong>Articles du même auteur dans Kapitalis: </strong></em></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="tKCpZUL9SD"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/16/trump-declenchait-futur-processus-de-paix/">Et si Trump déclenchait… le futur processus de paix ?</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Et si Trump déclenchait… le futur processus de paix ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/16/trump-declenchait-futur-processus-de-paix/embed/#?secret=PyUNU8VojB#?secret=tKCpZUL9SD" data-secret="tKCpZUL9SD" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="jcnUUVmNJc"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/02/19/le-monde-arabe-sachemine-t-il-vers-un-printemps-des-militaires/">Le monde arabe s&rsquo;achemine-t-il vers un Printemps des militaires ?</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le monde arabe s&rsquo;achemine-t-il vers un Printemps des militaires ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/02/19/le-monde-arabe-sachemine-t-il-vers-un-printemps-des-militaires/embed/#?secret=IxAd67QXQa#?secret=jcnUUVmNJc" data-secret="jcnUUVmNJc" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/04/20/legypte-de-sissi-un-retour-sur-lechiquier-international-2-2/">L’Egypte de Sissi : Un retour sur l’échiquier international ? (2-2)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Trump, l’islamisme et la transition libyenne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Jul 2017 10:10:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Donald Trump/Khalifa Haftar/Fayez Sarraj/Aguila Salah. Trump considère l’islamisme comme une forme d’extrémisme conduisant nécessairement au terrorisme. Et cette vision dicte une nouvelle approche de la situation en Libye. Par Moncef Djaziri * Le président Donald Trump a souvent critiqué les engagements américains de 2011 ayant créé le chaos actuel en Libye. Il a aussi dénoncé...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/07/06/trump-lislamisme-et-la-transition-libyenne/">Trump, l’islamisme et la transition libyenne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-104986" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/07/Trump-et-la-Libye.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Donald Trump/Khalifa Haftar/Fayez Sarraj/Aguila Salah.</em></p>
<p style="text-align: left;"><em><strong>Trump considère l’islamisme comme une forme d’extrémisme conduisant nécessairement au terrorisme. Et cette vision dicte une nouvelle approche de la situation en Libye.</strong></em></p>
<p>Par <strong>Moncef Djaziri</strong> *</p>
<p><span id="more-104984"></span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-104998 alignleft" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/07/Moncef-Djaziri.jpg" alt="" width="200" height="165" />Le président Donald Trump a souvent critiqué les engagements américains de 2011 ayant créé le chaos actuel en Libye. Il a aussi dénoncé la politique de son prédécesseur Barak Obama, qui a défendu d’intégration des islamistes dans le pouvoir, position qu’il juge néfaste.</p>
<p>Compte tenu du poids des Etats Unis et de leur rôle dans les affaires du monde, il importe de savoir comment le président américain voit la situation et qu’elle est sa politique dans le bourbier libyen.</p>
<p><strong>Trump et le «Printemps arabe» en Libye</strong></p>
<p>Loin d’avoir résolu les problèmes des pays concernés, le «<em>Printemps arabe</em>», selon Trump, n’a fait qu’aggraver leur désarroi et les a déstabilisés davantage, ce qui est le cas de la Libye.</p>
<p>Le président américain fait sienne les analyses du Washington Institute for Near East Policy(1) considérant que la Libye post-Kadhafi souffre d’une grave instabilité. Loin d’avoir permis au pays d’entrer dans la démocratie, la révolte de 2011 a détruit l’Etat, désorganisé et déstabilisé dangereusement le pays.</p>
<p>Dans ces conditions, la stabilisation de Libye devient le premier objectif des Etats-Unis, comme il l’est pour l’Europe. Il n’est donc plus question d’y promouvoir la démocratie comme l’ont fait les présidents Bush et Obama.</p>
<p>Trump considère que l’expérience démocratique libyenne de 2012 à 2014 n’a eu pour effet que d’accentuer les divisions et nourrir l’extrémisme islamiste, conduisant à une guerre ouverte entre l’Est, l’Ouest et le Sud, sans parler de l’implantation de l’Etat islamique (Daech).</p>
<p>C’est la raison pour laquelle, l’administration de Trump estime urgent de reconstruire l’Etat, de recréer une armée nationale solide et structurée et de mettre en place un gouvernement à même de contrôler le territoire ainsi que les puits pétroliers.</p>
<p>La position de Trump se résume dans ce slogan : mieux vaut un gouvernement fort et stable qu’une démocratie conflictuelle, analyse que plusieurs pays européens partagent de plus en plus.</p>
<p><strong>Lutte contre l’extrémisme et criminalisation des islamistes</strong></p>
<p>Dès l’arrivée de Trump au pouvoir, des voix aux Etats-Unis se sont élevées lui demandant d’adopter une position ferme à l’égard des islamistes. Ainsi l’organisation Justice et Développement du Centre d’Etudes du Moyen Orient et l’Afrique du Nord a-t-elle demandé, fin janvier 2017, au président et au Congrès américains de considérer les Frères musulmans, ainsi que les différents courants salafistes, comme organisations terroristes, et de demander des comptes aux Etats qui les soutiennent. C’est l’enjeu actuel des sanctions imposées au Qatar par l’Arabie saoudite, l’Egypte et les Emirats arabes unies.</p>
<p>Contrairement à Obama, qui avait joué la carte de l’islamisme modéré, et s’appuyant sur les analyses de Walid Phares(2), Trump considère qu’il n’y a pas de différence de nature entre islamisme et extrémisme religieux et que, tôt ou tard, les <em>«islamistes modérés»</em> se radicaliseront et deviendront des extrémistes. Dans son discours d’investiture du 20 janvier 2017, il s’était d’ailleurs engagé à combattre l’extrémisme islamiste : <em>«Nous renforcerons les vieilles alliances, nous en établirons de nouvelles et nous unirons le monde contre le terrorisme de l’islam radical».</em></p>
<p>En cohérence avec cette analyse, le Parti républicain a présenté, en février 2017, un projet de loi visant à classer les Frères musulmans en Libye comme organisation terroriste entretenant des liens criminels avec Ansar Charia, ainsi que le Conseil de Choura de Benghazi (CCB).</p>
<p>Par ailleurs, un projet de loi est actuellement à l’étude au sein de la Chambre des Représentants visant à imposer des sanctions aux pays qui soutiennent politiquement et financièrement les Frères musulmans.</p>
<p>Ces projets, dont le premier avait été initié avant l’installation du président Trump, correspondent à une longue évolution de la position des Républicains à l’égard des événements en Libye. Après avoir été d’ardents activistes de la destruction du régime de Kadhafi et défenseurs zélés de l’islamisme, ils se sont rendus compte que l’action américaine en Libye en 2011 a généré une grave instabilité, préjudiciable aux Etats-Unis et aux pays occidentaux.</p>
<p>L’assassinat à Benghazi, en septembre 2012, de l’ambassadeur américain Christopher Stevens et de trois auteurs américains par des membres d’Ansar Charia a été le début dramatique du changement stratégique.</p>
<p>Depuis cette date, les décideurs américains pensent que les islamistes radicaux constituent une vraie menace pour les Etats-Unis.</p>
<p><strong>Une Troïka devra gouverner le pays en attendant des élections</strong></p>
<p>Donald Trump constate que le Maréchal Haftar et l’Armée nationale libyenne de l’Est contrôlent le Croissant pétrolier et une très grande partie du territoire. Partant de là, il considère que les Etats-Unis doivent soutenir l’homme fort de Benghazi. Dans le même temps, il continue à défendre l’Accord politique de 2015 mais qui doit être revu et amendé.</p>
<p>Trump soutient également les républicains modernistes qui constituent une composante non négligeable en Libye.<br />
Dans ce cadre, le National Council on US-Libya Relations a organisé à Washington, en mai 2017, une conférence réunissant des leaders libyens comme le vice-président du Conseil présidentiel Ali Gatrani ainsi que l’ancien Premier ministre du Conseil national de transition (CNT), Mahmoud Jibril.</p>
<p>La solution vers laquelle s’oriente l’administration Trump est de sauver les apparences en défendant l’Accord de 2015, tout en appelant à réformer le Conseil présidentiel. C’est tout l’objet des tractations actuelles entre les Etats-Unis, l’Egypte et, indirectement, la Russie et des pays européens dans le but d’amender l’Accord politique.</p>
<p>Il s’agit de redimensionner le Conseil présidentiel qui pourrait être composé de trois présidents s’alternant pour gouverner le pays pendant une période de transition de deux ans devant conduire à de nouvelles élections.</p>
<p>Dans la phase de transition, une Troïka constituée de l’actuel Premier ministre Faïez Sarraj, du Maréchal Haftar, commandant en chef de l’armée nationale libyenne, et de l’actuel président de la Chambre des représentants de Tobrouk, Aguila Salah, devra gérer le pays, reconstruire une armée solide et un Etat en attendant la mise en place de nouvelles institutions. Il est question aussi de réintroduire Seif Al-Islam Kadhafi dans le jeu politique.</p>
<p><strong>Repli américain et défi russe</strong></p>
<p>L’administration américaine semble vouloir opérer un retrait. La réduction de 37% du budget du Département d’Etat alors que celui de la Défense a été augmenté de 60% sont le signe de cette volonté.</p>
<p>Ce repli a été annoncé en avril 2017 avec la déclaration de Trump selon laquelle, en dehors de la lutte contre l’Etat islamique Daech dans la région, les Etats-Unis n’ont pas l’intention de s’occuper des affaires libyennes.</p>
<p>Cependant et pour des raisons géostratégiques et de sécurité nationale, des parlementaires républicains ont demandé à l’administration Trump que la Libye soit placée sur écran-radar. Ils estiment que la Russie a pris une trop grande place en Libye, et tout en soutenant le Maréchal Haftar, elle exerce une influence accrue à l’Est comme à l’Ouest du pays. Cette prise de position a été relayée par le Général Thomas Waldhauser, chef du Commandant armée américain en Afrique (Africom).</p>
<p>Le soutien américain de plus en plus perceptible au Maréchal Haftar et aux Libyens modernistes indique donc que Trump est tiraillé entre sa volonté de repli et l’impératif de contrecarrer la volonté hégémonique de la Russie dans la région.</p>
<p>La politique libyenne de Trump est en rupture avec ses deux prédécesseurs. La sécurisation, la stabilisation et la relance de l’économie sont désormais prioritaires par rapport à une démocratie conflictuelle pour laquelle la Libye n’est ni préparée ni équipée. Pour le président américain, «<em>l’islamisme démocratique</em>», que défendait Obama, est une contradiction dans les termes car le but des islamistes est d’instaurer tôt ou tard une société islamisée qui est la négation des principes de la démocratie libérale et de l’Etat de droit.</p>
<p>C’est la raison pour laquelle, Trump considère désormais l’islamisme comme une forme d’extrémisme conduisant nécessairement au terrorisme, d’où sa volonté de réduire l’influence politique des Frères musulmans et faire pression sur les pays qui, comme le Qatar et la Turquie, les soutiennent et les financent.</p>
<p>A n’en pas douter, il s’agit là d’un changement profond de la politique américaine dont on commence à peine à entrevoir les conséquences.</p>
<p><em>*Maître d’enseignement et de recherche de l’Université de Lausanne (Suisse), spécialiste de la Libye et membre du Centre International de Géopolitique et de Prospective Analytique (Paris).</em></p>
<p><em><strong>Notes:</strong></em></p>
<p><em>1 &#8211; « Policy Notes For The Trump Administration », The Washington Institute for Near East Policy, N° 31, January 2017.</em></p>
<p><em>2 &#8211; Walid Phares, professeur de sciences politiques, chrétien maronite t conseiller du président Trump pour la région Moyen Orient et Afrique du Nord, voir son livre « The Lost Spring : U.S. Policy in the Middle East and Catastrophes to Avoid », 2014.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/07/06/trump-lislamisme-et-la-transition-libyenne/">Trump, l’islamisme et la transition libyenne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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