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	<title>Archives des maréchal Khalifa Haftar - Kapitalis</title>
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	<title>Archives des maréchal Khalifa Haftar - Kapitalis</title>
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		<title>La Turquie prend pied en Algérie</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Jan 2020 11:25:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Porteuse d’une stratégie assumée d’expansion commerciale et industrielle vers les pays arabes et au Maghreb, la Turquie s’emploie à consolider sa présence en Algérie, en prévoyant de porter à court terme à 5 milliards de dollars par an les échanges commerciaux entre les deux pays. Par Hassen Zenati Le protocole était impeccable et le ton...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/01/Erdogan-Tebboune-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-276994"/><figcaption><em>Recep Tayyip Erdogan et Abdelmadjid Tebboune. </em></figcaption></figure>



<p><strong><em> Porteuse d’une stratégie assumée d’expansion commerciale et industrielle vers les pays arabes et au Maghreb, la Turquie s’emploie à consolider sa présence en Algérie, en prévoyant de porter à court terme à 5 milliards de dollars par an les échanges commerciaux entre les deux pays.</em></strong></p>



<p> Par <strong>Hassen Zenati</strong></p>



<span id="more-276993"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/11/Hassen-Zenati-2.jpg" alt="" class="wp-image-253792"/></figure></div>



<p> Le protocole était impeccable et le ton chaleureux : le président turc Recep Tayyip Erdogan ne pouvait rêver mieux pour sa visite officielle en fin de semaine dernière en Algérie, la première depuis l’accession au pouvoir du président Abdelmadjid Tebboune, qui a qualifié la Turquie de<em> «pays frère»,</em> en souhaitant l’établissement de <em>«relations stratégiques»</em> avec les héritiers de l’ancien Empire Ottoman, dont l’actuel territoire de l’Algérie actuelle était une lointaine province. </p>



<p> Ayant adhéré aux résolutions de Berlin sur la <em>«meilleure» </em>manière de régler la crise libyenne, qui menace la stabilité de la région : pas d’intervention militaire étrangère, respect de l’intégrité territoriale et de le souveraineté nationale de la Libye, et tenue d’une conférence nationale inclusive pour une solution politique entre Libyens, les deux chefs d’Etat ont consacré l’essentiel de leurs entretiens d’Alger à la promotion des relations économiques, commerciales et industrielles entre leur deux pays. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> L’Algérie, plateforme de pénétration turque en Afrique </h3>



<p> Sous Erdogan, la Turquie affiche une volonté affirmée d’expansion économique et commerciale tous azimuts, notamment dans le Monde arabe, qui fut, il n’y a pas si longtemps encore sous la dépendance directe ou plus lâche de la Sublime Porte.</p>



<p> Les entrepreneurs turcs ont solidement pris pied récemment en Algérie, à l’ouverture du nouveau siècle. Ils n’ont cessé depuis de consolider leur présence, dans deux domaines industriels clés en particulier : la sidérurgie et le textile. Ils ont épousé la politique algérienne de diversification de son économie, afin de préparer sa sortie à terme des hydrocarbures, qui représentent encore plus de 95% des recettes extérieures de l’Etat, et près de 70% de ses recettes fiscales. </p>



<p> La Turquie envisage pour sa part de faire de l’Algérie une plateforme de pénétration commerciale en Afrique, selon ses dirigeants. </p>



<p> Le complexe sidérurgique Tosyali, à l’est d’Oran, inauguré en 2013 en partenariat entre un opérateur turc et l’Etat algérien, est présenté comme un exemple de coopération industrielle entre les deux pays, avec pour objectif de couvrir les besoins locaux en acier (logement, automobile, électro-ménager) et de développer les exportations hors hydrocarbures. Il a réalisé ses premières ventes à l’étranger en 2018. En 2019, il a expédié essentiellement vers l’Europe, 131.000 tonnes de rond à béton et 3.000 tonnes de tubes en acier, pour une production totale de ses neuf unités, de quelque trois millions de tonnes, selon les chiffres officiels. Il emploie actuellement 4.000 salariés. Son effectif devrait passer à 6.000 salariés à court terme.</p>



<p> L’autre <em>«pépite»</em> de cette coopération industrielle est le groupe textile Taypa, implantée à Relizane. Il serait le plus grand site de production textile d’Afrique. L’opérateur turc y possède 49% du capital et l’Etat algérien 51%, selon une formule constante de partenariat capitalistique imposée par l’Algérie. 60% de sa production est destinée à l’exportation et 40% au marché domestique. La première étape du projet comportait la construction de 8 usines et la deuxième en comporte 10. Elles devraient au total fournir du travail à 25.000 salariés, en produisant chaque année 60 millions de mètres de tissus <em>«Denim»</em> (Blue Jean’s) et 30 millions d’unités de vêtements (prêt-à-porter). </p>



<p> De la sidérurgie à l’armement, en passant par le textile et la construction navale D’autres activités sont en développement, notamment dans la construction navale pour la pêche. Selon les données officielles d’Ankara, les investissements turcs en Algérie s’élevaient en 2019 à 3,5 milliards de dollars, plaçant ce pays au troisième rang de la présence turque à l’étranger. </p>



<p><em> «Contrairement aux autres pays, nous ne considérons pas l’Algérie comme un marché pour écouler nos produits, mais nous aspirons aussi à la réalisation d’importants investissements»</em>, a martelé le président Turc, écartant ainsi un reproche que les Algériens font souvent à la France et à l’Union européenne (UE). Il a plaidé en faveur de l’abrogation de la règle dite 51/49% de répartition du capital dans les entreprises communes, qui décourage un grand nombre de postulants étrangers à investir en Algérie, selon les experts.</p>



<p> Recep Tayyip Erdogan a proposé d’étendre la coopération industrielle entre les deux pays aux industries de défense. Une occasion pour souligner que son pays, membre de l’Otan, produit désormais 70% de ses équipements militaires, notamment des drones et des véhicules lourds. </p>



<p> L’Algérie est un des plus grands marchés arabes et africains d’armements, avec, bon an mal an, ces dernières années, des importations de l’ordre de 10 milliards de dollars par an. L’armée algérienne est équipée essentiellement par la Russie depuis son indépendance, mais une diversification commence à s&rsquo;installer avec l’Italie, la Grande Bretagne et l’Allemagne. Par ailleurs, un embryon d’industries militaires a vu le jour depuis 2009. Le secteur devait compter une quarantaine d’usines et 30.000 emplois directs en 2019, selon les responsables militaires.</p>



<p> La Turquie fait partie des cinq premiers clients de l’Algérie et de ses six premiers fournisseurs, avec des échanges dans les deux sens, d’un peu plus de quatre milliards de dollars/an, que les deux pays veulent porter à cinq milliards de dollars dans un bref délai. Le président Erdogan ambitionnait en 2018 d&rsquo;attendre le double, soit dix milliards de dollars, ce qui semble hors de portée actuellement. Mais il voudrait favoriser les échanges bilatéraux en négociant la création d’une zone de libre-échange.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Accord total sur la Libye aux dépens de Haftar </h3>



<p> Concernant la Libye, un des plus lourds dossiers diplomatiques traités par chacun des deux pays, il semble qu’ils se dirigent vers une application progressive des recommandations de Berlin, en exigeant un cessez-le-feu durable entre les parties en conflit, le Maréchal Khalifa Haftar, d’un côté, et le Chef du Gouvernement d’union nationale (GNA) Fayez Sarraj, de l’autre, le retrait des forces des zones de combat actuelles, le respect de l’embargo sur les armes par les parties tierces, et le rétablissement de la confiance entre les belligérants, dans l’espoir de les réunir in fine autour d’une table de négociation dans la capitale algérienne. Alger semble s’être rapproché de la Turquie, dont la menace d’intervention militaire aurait dissuadé le Maréchal Haftar de prendre d’assaut Tripoli. </p>



<p> L’Egypte, dont le ministre des Affaires étrangères se trouvait à Alger la semaine dernière, pourrait elle aussi se démarquer de la solution militaire défendue par Haftar, pour ouvrir la voie à une solution politique. Signe que les cartes sont en train d’être redistribuées: le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis (EAU), l&rsquo;un des plus fermes soutiens de Haftar, est lui aussi venu en fin de semaine tâter le pouls de la diplomatie régionale à Alger.</p>



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		<title>Maghreb : L’Algérie œuvre pour un règlement politique du conflit libyen</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jan 2020 12:35:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Á peine tournée la page de la Conférence de Berlin sur la Libye, l’Algérie s’est saisie du témoin pour tenter de relancer un processus de paix moribond autour d’une idée forte: les Libyens sont les mieux à même de résoudre leurs problèmes. Par Hassen Zenati Tous les pays qui se penchent actuellement sur le «cas»...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/01/Fayez-Sarraj-Abdelmadjid-Tebboune-Khalifa-Haftar.jpg" alt="" class="wp-image-275625"/></figure>



<p><strong><em> Á peine tournée la page de la Conférence de Berlin sur la Libye, l’Algérie s’est saisie du témoin pour tenter de relancer un processus de paix moribond autour d’une idée forte: les Libyens sont les mieux à même de résoudre leurs problèmes.</em></strong></p>



<p> Par <strong>Hassen Zenati</strong></p>



<span id="more-275624"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/11/Hassen-Zenati-2.jpg" alt="" class="wp-image-253792"/></figure></div>



<p> Tous les pays qui se penchent actuellement sur le <em>«cas»</em> libyen, en sont d’accord. Plagiant le cri du cœur de Charles-Albert de Sardaigne, qui se battait en 1848 pour l’unité italienne :<em> «Italia farà da sè»</em> (L’Italie s’en tirera toute seule), ils proclament à leur tour :<em> «Libia farà da sè»</em>, avec l’espoir d’éloigner les interventions étrangères. Celles-ci sont nombreuses et disparates. Des Emirats arabes unis (EAU) à la Russie en passant par la Turquie, le Qatar et l’Egypte, les agendas politiques étrangers se croisent et s’entrechoquent, en effet, dans ce pays livré au chaos, devenu <em>«l’homme agonisant du Maghreb».</em></p>



<p> La bataille s’organise autour d’enjeux géopolitiques et économiques considérables, qui attisent les convoitises. D’une part un pétrole abondant, de très bonne qualité, affecté d’une série de primes en sus du prix de vente contractuel, servi par une infrastructure (bases de production, oléoducs, gazoducs, terminaux et ports) de premier ordre. D’autre part une longue façade maritime largement ouverte sur la Méditerranée, qui confère au pays un atout géostratégique indéniable dans la région face à l’Europe, à proximité de la poudrière du Proche-Orient. Sans parler d’un potentiel touristique très riche et prometteur : belles plages de sable fin, à l’état brut, vestiges culturels, Sahara, qui ne demande qu’à être fructifié.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> La difficile réconciliation des «frères-ennemis» </h3>



<p> Depuis l’effondrement du régime Kadhafi en 2011, sous les coups de boutoirs d’une coalition internationale réunie par la France sous l’emblème de l’Otan, la Libye est à vau-l’eau. Elle est sous le joug d’une multitude de milices armées rivales, prenant leurs ordres chacune chez son ou ses parrains. </p>



<p> Dans cette foire d’empoigne, la diplomatie a depuis longtemps perdu pied : le représentant spécial des Nations Unies dans le pays, l’ancien ministre libanais Ghassan Salamé, qui a échoué dans toutes ses tentatives de réunir une conférence de paix <em>«inclusive»</em>, selon le mot d’usage du jargon onusien, en est réduit à n’être plus qu’un faire valoir. </p>



<p> Les deux dernières tentatives de réconciliation des deux «frères-ennemis» : le Maréchal Khalifa Haftar, et le chef du Gouvernement d’Entente Nationale (GNA) Fayez Sarraj, à Moscou, sous l’égide de la Russie, et à Berlin, sous l’égide de l’Allemagne, ont tourné court. Dans les deux cas, Khalifa Haftar s’est éclipsé avant qu’on ne le fasse signer formellement un accord de cessez-le-feu dont il avait pourtant accepté le principe. L’encre du document n’avait pas séché que la trêve consentie avant les réunions prenait fin. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Le Maréchal Haftar rêve d’entrer dans Tripoli juché sur un char </h3>



<p> Depuis qu’il a quitté Berlin, Haftar a décrété un embargo aérien sur la capitale libyenne Tripoli, qu’il menace de prendre d’assaut depuis des semaines, sans y parvenir jusque-là. <em>«Tout avion militaire ou civil qui y atterrirait ou en décollerait serait abattu»</em>, a précisé un porte parole, franchissant ainsi un nouveau palier dans l’escalade militaire.</p>



<p> Soutenu par l’émir des EAU, Cheikh Mohammed Ben Zayed, le Maréchal Haftar a amassé un grand nombre de troupes et une quantité impressionnante de matériel de guerre aux portes de la ville, qui subit de ce fait un véritable état de siège, en prévision du jour «J». Le terrain est de plus en plus souvent préparé par des raids aériens imputés par des experts miliaires à l’aviation de guerre émiratie. Le dernier en date, le 5 janvier, a fait au moins 28 morts dans les rangs des cadets des forces affiliées au GNA, surpris dans leur caserne d’El-Hadhba El Khadra. Depuis qu’il s’est lancé à la conquête de la Libye, à partir de Benghazi, capitale de la Cyrénaïque, à la tête d’une armée reconstituée à partir des débris de l’armée de Kadhafi en déroute, le Maréchal Haftar, farouchement anti-islamiste, ne jure que par la solution militaire pour faire taire les dissidences. Il rêve d’entrer à Tripoli juché sur un char.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> L’Algérie privilégie l’approche politique</h3>



<p> Contre cette stratégie guerrière, l’Algérie veut faire prévaloir une approche politique dans le droit fil des tentatives onusiennes avortées. Elle vient de réunir discrètement les voisins de la Libye : Tunisie, Egypte, Soudan, Tchad pour une évaluation de la situation à la lumière des résultats de la conférence de Berlin et des contacts qu’elle a pris avec différentes factions libyennes appelées à être invitées dans une seconde phase, à une conférence de sortie de crise. Principale victime des dégâts collatéraux occasionnés par l’effondrement de l’Etat libyen, le Mali a été également invité. </p>



<p> Les participants ont eu droit à un exposé du ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas, sur les résultats de la Conférence de Berlin, et les perspectives qui lui ont assignées par la diplomatie allemande afin d’éloigner le<em> «spectre syrien»</em> de la région.</p>



<p> Dimanche prochain, 26 janvier 2020, le président Abdelmadjid Tebboune recevra par ailleurs à Alger son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, qui fera escale dans la capitale algérienne dans le cadre d’une tournée en Afrique. Les deux hommes s’étaient rencontrés à Berlin. Ils devraient poursuivre leurs échanges de vue sur la crise libyenne à cette occasion. </p>



<p> Ankara avait brusquement remis sur l’avant-scène le conflit libyen en envoyant sur place des troupes régulières à la rescousse du GNA, et en promettant d’infliger une<em> «correction sévère»</em> au Maréchal Haftar si jamais il s’aventurait à prendre de force la capitale libyenne. Pour l’Algérie, les deux approches sont à rejeter. Il n’y a pas de solution militaire possible à la crise libyenne et toute immixtion dans les affaires internes du pays voisin est à bannir rigoureusement, selon elle. Son ministre des Affaires étrangères Sabri Boukadoum l’a réaffirmé avec force devant les participants à la réunion d’Alger : <em>«Les Libyens sont capables de dépasser leurs différends par la voie du dialogue et de la réconciliation nationale et de parvenir à un règlement politique à même de sortir le pays de sa crise»</em>, a-t-il dit en appelant leurs voisins à les encourager dans cette voie.<em> «Il n’y a pas d’autre issue en dehors de la solution politique</em>, a-t-il insisté. <em>Nous rejetons toute ingérence étrangère en Libye et nous n’entrevoyons aucune autre issue à cette crise, en dehors de la solution politique pacifique»</em>, a-t-il ajouté, en exigeant de <em>«respecter la souveraineté de la Libye, une et unifiée, en tant qu’Etat».</em></p>
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		<title>Libye : La conférence de Berlin a tourné court</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Jan 2020 15:36:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nombreuses palabres, quelques discours, deux petits tours puis s’en vont : convoquée dans l’ambiguïté, hier, dimanche 19 janvier 2020, la conférence de Berlin sur la Libye, a fait «pschitt». Elle s&#8217;est dégonflée comme une baudruche, tout comme les précédentes à Paris, Palerme, Moscou. L’horizon s’assombrit pour les Libyens. Par Hassen Zenati Présentée comme la «tentative...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/01/Conférence-de-Berlin-Libye.jpg" alt="" class="wp-image-274240"/><figcaption><em>Les protagonistes de la Conférence de Berlin : tout ça pour ça ?</em></figcaption></figure>



<p><strong><em> Nombreuses palabres, quelques discours, deux petits tours puis s’en vont : convoquée dans l’ambiguïté, hier, dimanche 19 janvier 2020, la conférence de Berlin sur la Libye, a fait «pschitt». Elle s&rsquo;est dégonflée comme une baudruche, tout comme les précédentes à Paris, Palerme, Moscou. L’horizon s’assombrit pour les Libyens.</em></strong></p>



<p> Par <strong>Hassen Zenati</strong></p>



<span id="more-274230"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/11/Hassen-Zenati-2.jpg" alt="" class="wp-image-253792"/></figure></div>



<p> Présentée comme la<em> «tentative de la dernière chance»</em> de ramener la paix en Libye, la conférence de Berlin , qui a réuni un impressionnant aréopage de <em>«décideurs»</em>, sous l&rsquo;égide de l’Onu, n’est pas allée plus loin qu’une reprise des vœux pieux déjà émis par les précédentes tentatives de recoller les morceaux entre <em>«frères-ennemis»</em> à Paris, Palerme et tout dernièrement Moscou. Les deux principaux protagonistes: Fayez Sarraj, chef d’un gouvernement d’union (GNA), reconnu par la communauté internationale, mais ne contrôlant que 20% du territoire national, quelques puits de pétrole et un terminal d’exportation, et le Maréchal Khalifa Haftar, chef d’une prétendue <em>«armée nationale»</em>, faite de bric et de broc, mais qui contrôle une grande partie du territoire, ainsi que la plupart des puits de pétrole et des terminaux pétroliers, ont quitté Berlin sans se parler, ni rien signer qui les engage. Ils se sont évités tout le long de la conférence, laissant à leurs second-couteaux le soin de s’étriper dans les couloirs, et à leurs parrains respectifs le rôle de définir la stratégie. <em>«Il est clair qu’on n’a pas réussi pour l’instant à lancer un dialogue sérieux et stable entre eux»</em>, a reconnu quelque peu déçu Sergueï Lavrov, le vieux routier de la diplomatie russe.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Tout le monde au point de départ </h3>



<p> Finalement, tout le monde s’est retrouvé au point de départ. Les Européens, handicapés par le conflit sourd qui oppose l’Italie à la France, ont délégué en vain la chancelière allemande Angela Merkel, à l’insu de son plein gré, pour tenter de reprendre la situation en main. Ils ont dû se rendre à l’évidence : la solution incombe toujours, sans doute encore pour longtemps, à la Turquie et à la Russie, devenus par le poids de leurs armes les principaux acteurs du théâtre libyen.</p>



<p> Dans la foire diplomatique aux lendemains incertains de Berlin rappelant la Société des Nations de sinistre mémoire, les Américains ont seuls su tirer leur épingle du jeu en lançant un avertissement discret, mais très ferme, contre toute tentative de mettre en péril l’exploitation pétrolière. Pour Washington c’est l’essentiel. Elle classe en effet le conflit libyen dans la catégorie des conflits de <em>«low intensity» </em>(à basse intensité), qui nécessite, certes, une surveillance vigilance, mais ne requiert à ce stade aucune intervention directe. Mais, dans une phase de croissance mondiale ascendante, alors que l’Iran est déjà contraint de réduire sa production d’hydrocarbures sous l’effet des sanctions américaines et européennes, les Etats-Unis ont fait comprendre qu’ils ne toléreraient pas que le pétrole libyen cesse de couler, au risque de freiner la prospérité américaine sur laquelle le président Donald Trump compte beaucoup pour se faire réélire dans moins d’un an. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Le pétrole au cœur des convoitises et des craintes</h3>



<p> Quarante huit heures avant l’ouverture de la «Grand Messe» de Berlin, dans un geste que l’on à de la peine à ne pas imaginer synchronisé avec la diplomatie américaine, le Maréchal Haftar avait ordonné le blocage des principaux terminaux pétroliers situés dans la région qu’il contrôle à l’est de la Libye : Brega, Ras Lanouf, Al Sedra et Al Hariga. C’était une façon de montrer ses muscles à ses adversaires et d’exhiber en même temps ses atouts, en donnant aux Américains des arguments sonnants et trébuchants à l’usage de Européens, premiers importateurs de pétrole libyen: s’il devait perdurer, le blocage provoquerait la chute de la production libyenne des deux tiers, de 1,3 million de barils par jour actuellement, à 500.000 bj, et un manque à gagner de 55 millions de dollars par jour pour la Libye, selon la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC). Cette chute s’accompagnerait fatalement d’une flambée des prix sur le marché européen en particulier. Sans menacer directement  les Etats-Unis, en situation de suffisance depuis qu’ils ont lâché la bride à leurs producteurs de pétrole et de gaz de schiste du Texas et d’ailleurs, elle pourrait, par son impact sur la croissance européenne fragile, l’atteindre indirectement. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Le jeu absurde d’une paix improbable</h3>



<p> Autre vœux pieux émis à Berlin : respecter l’embargo sur les armes décrété en 2011 dans le sillage de l’intervention de l’Otan contre le régime du colonel Mouammar Kadhafi. D’une part parce qu’aucun pays ne reconnaîtra jamais qu’il enfreint l’embargo et d’autre part parce que tous les pays ferment les yeux sur les livraisons clandestines, chacun en faisant autant en faveur de ses partisans. Mais, il n’en fallait pas moins pour proclamer, comme ils n’ont pas manqué de le faire, <em>«qu’il n’y a pas de solution militaire au confit»</em>, et que le Sommet, qui vient de se tenir, nourrit <em>«l’espoir de retrouver le chemin de la paix». </em></p>



<p> Jouant jusqu’à l’absurde, le jeu d’une paix improbable, Fayez Sarraj et Khalifa Haftar ont d’ailleurs chacun accepté, sans se faire aucune d’illusion sur la portée réelle de leur parole, de donner <em>«cinq noms»</em> pour former une <em>«commission militaire» </em>mixte de suivi d’un cessez-le-feu que les participants voudraient<em> «permanent»</em>. En effet, faute de contrôle sérieux, aucun des précédents cessez-le-feu, il y en a eu plusieurs, n’a tenu plus de quelques jours et parfois quelques heures. Mais alors que le chef du GNA a demandé l’envoi d’une<em> «force militaire internationale» </em>sous l’égide de l’Onu avec pour mission de «protéger la population civile», la conférence de Berlin a fait l’impasse sur cette proposition concrète partagée par le représentant de l’Onu, le libanais Ghassane Salamé. </p>



<p> On a aussi compris qu’il n’y aura même pas pour l’instant une commission civile de supervision de l’activité militaire des groupes armées qui aurait pu la freiner. La proposition doit être de nouveau débattue à Bruxelles entre Européens, mais on connaît dores et déjà les grandes réserves de l’Union européenne (UE), en particulier l’Allemagne, sur un déploiement de troupes à l’étranger, alors que la France, enlisée au Mali et fort occupée en Syrie, n’en a plus vraiment les moyens. Reflet sans doute de cette impuissance non-reconnue, Paris exige au préalable que les deux camps rivaux s’engagent au retrait des armes lourdes, de l’artillerie, des avions. Autant dire une hypothèse illusoire, qui permet de botter en touche. </p>



<p> En dehors de tout encadrement, la récente arrivée sur le terrain de militaires turcs, de jihadistes du nord de la Syrie, poussés par Ankara, pour épauler le GAN, la présence soupçonnée de mercenaires russes, aux côtés du Maréchal Haftar, ainsi que l’afflux continu d’armes font craindre le pire : une dégénérescence à terme du conflit jusqu’à embraser l’ensemble des pays voisins, alors que la Libye, plongée dans le chaos depuis 2011, ressemble de plus en plus à la Syrie.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Le Maghreb, grand perdant de l’enlisement du conflit libyen</h3>



<p> Grande perdante de cette internationalisation rampante du conflit libyen à ses frontières : l’Union du Maghreb arabe (UMA), brille par son absence. La situation risque de lui échapper irrémédiablement. Des quatre pays concernés, seule l’Algérie, rachetée de justesse, a été invitée à la conférence de Berlin, alors que la Tunisie a décliné une invitation qu’elle a jugée «trop tardive», et que le Maroc, qui avait pourtant abrité les négociations et l’accord de Skhirat entre protagonistes libyens en 2015, et la Mauritanie, plus engagée au Mali, ont paradoxalement été ignorés. En revanche, l’Egypte, les Emirats arabes Unis et l’Arabie Saoudite, très engagés aux côtés du Maréchal Haftar, ont eu leur carton d’invitation, faisant pencher la balance vers les Pays du Golfe. </p>



<p> Parlant par la force des choses et à son corps défendant, au nom de ses partenaires de l’UMA, le président Abdelmadjid Tebboune, dont c’était la première sortie internationale depuis son élection à la tête de l’Etat algérien, a de nouveau condamné les interventions étrangères dans le pays mitoyen, et mis en garde contre l’atteinte à sa souveraineté et son démantèlement. Il a aussi proposé Alger pour recevoir une nouvelle conférence entre parties libyennes, destinée à négocier les conditions d’une éventuelle réconciliation nationale et une reconstruction de l&rsquo;Etat failli.</p>



<p> Les Algériens, qui entretiennent depuis toujours des relations étroites avec les dirigeants libyens, tout en marquant leurs réserves à l’égard de l’ingérence turque, et en se méfiant des dérives du Maréchal Haftar, estiment que la partition de ce pays serait une grande catastrophe géopolitique pour toute la région et un facteur d’instabilité aux conséquences incalculables pour le Maghreb et le Sahel. Alger a déjà fait savoir discrètement qu’elle ne tolérerait la présence d’aucune présence militaire extra-régionale à ses frontières. </p>



<p>Ce n’est sans doute pas un hasard que quelques jours avant l’ouverture de la conférence de Berlin, le nouveau chef d&rsquo;état-major de l’armée algérienne (ANP), le général-major Saïd Chengriha, s’est payé une visite d’inspection dans la région militaire limitrophe de la Libye, où il a assisté, en treillis de combat, à un exercice à balles réelles de différentes unités de l’armée algérienne, largement relaté par les média du pays.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur sur la Libye dans Kapitalis : </em></h3>



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		<title>Guerre ou paix en Libye :  Coup de poker pour une mission impossible à Berlin</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Jan 2020 17:27:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Angela Merkel]]></category>
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		<category><![CDATA[Libye]]></category>
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		<category><![CDATA[Recep Tayyip Erdodan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre une guerre civile qui perdure, alimentant toutes sortes de trafics, et une paix introuvable, Angela Merkel va tenter dimanche prochain, 19 janvier 2020, à Berlin, une mission qui paraît impossible: réconcilier les «frères-ennemis» libyens pour permettre à l’Europe de reprendre la main. Par Hassen Zenati C’est le dernier acteur international auquel on aurait pensé...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/01/Fayez-Sarraj-Angela-Merkel-Khalifa-Haftar.jpg" alt="" class="wp-image-273462"/><figcaption><em>Fayez Sarraj/Angela Merkel/Khalifa Haftar</em>.</figcaption></figure>



<p><strong><em> Entre une guerre civile qui perdure, alimentant toutes sortes de trafics, et une paix introuvable, Angela Merkel va tenter dimanche prochain, 19 janvier 2020, à Berlin, une mission qui paraît impossible: réconcilier les «frères-ennemis» libyens pour permettre à l’Europe de reprendre la main.</em></strong></p>



<p> Par <strong>Hassen Zenati</strong></p>



<span id="more-273459"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/11/Hassen-Zenati-2.jpg" alt="" class="wp-image-253792"/></figure></div>



<p> C’est le dernier acteur international auquel on aurait pensé pour le charger de sortir la Libye du chaos dans lequel elle n’a cessé de s’enfoncer depuis l’intervention militaire de l’Otan pour renverser le colonel Mouammar Kadhadi en 2011. L’Allemagne, relativement repliée sur elle-même depuis la fin de la seconde guerre mondiale, ne s’intéressant qu’à son arrière-cour à l’est de l’Europe depuis la chute du mur de Berlin en 1989, n’a en effet pas de relations particulières avec Tripoli, et n’aspire manifestement à aucun rôle stratégique en Afrique, ni dans le Monde arabe.</p>



<p> Mais, si la chancelière Angela Merkel, dont l’étoile a terni, a finalement accepté en fin de mandat, de se sacrifier dans ce qui s’apparente à une mission suicide, c’est qu’elle est sans doute considérée comme la seule à même de préparer le terrain à une reprise en main de l’Europe dans un pays transformé en neuf ans de guerre civile en gruyère, par les affrontements des milices armées d’obédiences diverses et les interventions étrangères.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Ambiguïté sur les intentions réelles des uns et des autres </h3>



<p> Alors que l’Espagne regarde ailleurs et que la Grande-Bretagne, occupée par le Brexit, s’est mise ostensiblement à l’écart, attendant que sonne son heure, selon une approche opportuniste habituelle de sa diplomatie, les deux principaux acteurs européens concernés par le théâtre libyen: la France et l’Italie, ne cessent de se tirer la bourre en se faisant une sourde guerre par procuration.</p>



<p> Sans le dire ouvertement, laissant planer une certaine ambiguïté sur ses intentions réelles, Paris soutient le Maréchal Khalifa Haftar, l’homme de Benghazi, alors que Rome affiche ouvertement son appui à Fayez Sarraj, l’homme de Tripoli, qui officie à la tête d’un gouvernement d’Union nationale (GNA), fantôme sur le terrain, mais seul reconnu par la communauté internationale. Le gouvernement rival, adossé à Haftar, installé à Tobrouk, se prévaut d’une légitimité incomplète, ayant été investi par une Assemblée régulièrement élue, certes, mais ne bénéficiant pas de la reconnaissance internationale.</p>



<p> Les deux protagonistes européens, dont les rivalités en Méditerranée remontent au début du XXe siècle, lorgnent avec la même gourmandise le pétrole libyen représentant les plus grandes réserves d’Afrique, avec une huile de très grande qualité, dépourvue de souffre, et bénéficiant à ce titre de primes substantielles. </p>



<p> Les gisements, les puits et les terminaux ont été<em> «sécurisés»</em> il y a quelques mois contre les pillages tribaux. Les troupes du Maréchal <em>«rebelle»</em> se sont assuré le contrôle du <em>«croissant pétrolier». </em>Ils entendent utiliser ce butin de guerre dans un marchandage diplomatique pour obtenir les pouvoirs auxquels aspire leur chef  dans la nouvelle gouvernance libyenne, qui a commencé à s’esquisser à la conférence de Skhirat (Maroc) en 2015, sans avoir jamais trouvé sa conclusion.</p>



<p> Ancienne puissance coloniale en Libye, l’Italie entend faire prévaloir son antériorité sur la France pour l&rsquo;exploitation et la valorisation du pactole libyen. Elle bénéficie déjà d’environ 45% des hydrocarbures du pays à travers son entreprise publique ENI, en s’appuyant sur un accord avec le gouvernement Sarraj et des ententes à géométrie variable, plus ou moins fragiles, avec des milices contrôlant en tout ou en partie des sites où sont implantés les usines et oléoducs de l’ENI. </p>



<p> L’affrontement franco-italien limite par la force des choses l’influence de l’Union européenne (UE), qui ne parvient pas à parler d’une seule voix dans un dossier où les Etats-Unis, sous des airs de détachement, entendent avoir aussi leur mot à dire. Pour les analystes, l’Europe n’a toujours pas trouvé de réponse commune au changement géopolitique induit par la chute de Mouammar Kadhafi, dont profitent pour l’instant la Russie et la Turquie très actifs aux côtés des deux camps rivaux à Tripoli et à Tobrouk (Benghazi).</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Le gratin de tout ce qui tourne autour de la Libye à Berlin </h3>



<p> Pour assurer le maximum de conditions de succès à une conférence – on n’ose plus dire de la dernière chance – qu’elle prépare studieusement depuis l’automne dernier, Angela Merkel a invité le gratin de tout ce qui tourne autour de la Libye. </p>



<p> Placée sous l’égide de l’Onu, avec la participation de l’Union Africaine (UA), la conférence de Berlin rassemble les cinq membres du Conseil de sécurité : Etats-Unis, Grande Bretagne, France, Russie et Chine, ainsi que l’Allemagne, la Turquie, l’Italie, l’Égypte et les Émirats arabes unis. Omise au premier tour, l’Algérie, qui a une longue frontière avec la Libye, une solide armée et des relations historiques avec le pays voisin : le roi Senoussi, unificateur du pays, était un descendant direct des tribus Senoussi des Monts de Tlemcen (ouest algérien), a été admise au tour de rattrapage après que son gouvernement eut froncé les sourcils d’incompréhension et de désapprobation en direction de Berlin.</p>



<p> Immédiatement après l’invitation, Alger a été le théâtre d’un ballet diplomatique intense qui a vu débarquer le chef du gouvernement de Tripoli, Fayez Sarraj, une délégation du Maréchal Haftar, les ministres des Affaires étrangères d’Egypte et de Turquie et,<em> last but not least</em>, le président du Conseil italien Guiseppe Conte. Parallèlement, le ministre algérien des Affaires étrangères, Sabri Boukaddoum, a été dépêché au Golfe, auprès de l’Arabie Saoudite et des Emirats arabes unis, deux autres pays clés dans le dossier libyen.</p>



<p> Grande oubliée de ce forum: la Tunisie, voisin immédiat, qui supporte depuis près de dix ans le fardeau libyen avec ses dommage collatéraux, mais dont la présence, pour des raisons incompréhensibles tenant, dit-on, à l’absence d&rsquo;un ministre des Affaires étrangères de plein exercice, n’a pas été jugée indispensable parmi l’aréopage international, qui doit se pencher sur <em>«l’homme malade du Maghreb»</em>. </p>



<p> Le Maroc non plus n’a pas été invité, alors qu’il avait abrité la première conférence de réconciliation libyenne en 2015 à Skhirat, et qu’à ce titre il avait sans aucun doute sa place parmi les hôtes de Berlin.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Les ambitions modestes d’Angela Merkel</h3>



<p> Avertie des difficultés qui l’attendent, Angela Merkel s’est fixée volontairement des objectifs modestes: circonscrire les interventions étrangères et faire en sorte que les affrontements actuels ne tournent pas en une guerre par procuration entre <em>«parrains»</em> des protagonistes locaux, comme en Syrie, accroissant la souffrance des populations, l’insécurité en Méditerranée, et aggravant le flux de migrants mettant à profit la brèche ouverte pour se rendre en Europe en traversant la<em> «mare nostrum</em>» au péril de leur vie. On compte désormais par milliers les migrants qui ont été engloutis par la «Grande Bleue» depuis 2011. Sans s’attendre à un grand succès diplomatique, dont elle n’a pas réellement besoin, Berlin estime que <em>«chaque pas compte pour parvenir à la paix»</em>. Selon elle, il faut mettre fin à la crise politique pour prévenir la faillite imminente de l’Etat hérité de Kadhafi, ce qui permettra de jeter les bases d’un nouvel édifice qui sera reconstruit autour d’institutions démocratiques, dit-on dans l’entourage de la chancelière. </p>



<p> En réalité, les choses n’en prennent pas le chemin, estiment cependant les analystes les plus pessimistes, qui ne voient pas pointer le bout du tunnel. Alors que la médiation russe pour un cessez-le-feu entre le Maréchal Haftar – dont les troupes menacent depuis avril de prendre d’assaut Tripoli, sans y parvenir – et ceux de Fayez Sarraj, a échoué sur le fil à Moscou, à quelques jours de la conférence de Berlin, l’intervention militaire directe turque dans le conflit ne fera qu’attiser les tensions. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Ankara utilise les «mercenaires» islamistes fuyant la Syrie</h3>



<p> L’homme fort d’Ankara, Recep Tayyip Erdogan, qui continue à renforcer sa présence militaire aux côtés de Sarraj, en envoyant des troupes lourdement équipées et des conseillers, a averti qu’il n’hésiterait pas à ordonner à ses armées <em>«d’infliger une sévère correction»</em> au Maréchal Haftar, si ce dernier s’aventurait à franchir les <em>«lignes rouges»</em> tracées autour de Tripoli, pour préserver l’autorité du GNA. Haftar est-il prêt à renoncer à la solution militaire, dont il affirme détenir les moyens, et qui le propulserait à la tête d’un nouvel Etat ? Ses tergiversations chaque fois qu’il est invité à des négociations sur un cessez-le-feu : deux fois Paris, une fois en Italie et la dernière fois à Moscou, ne rassurent pas sur ses intentions de renoncer à sa stratégie de prise du pouvoir par la force des armes, qui lui a permis de <em>«nettoyer»</em> la région de Benghazi de ses redoutables milices islamistes et de prendre récemment le verrou de Syrte, coupant ainsi la route devant les milices rivales de Misrata.</p>



<p> L’équation déjà complexe s’est alourdie ces dernières semaines par l’apparition de <em>«mercenaires»</em> islamistes fuyant la Syrie et qu’Ankara aurait volontairement dirigés vers la Libye pour renforcer les milices de Tripoli. Ils seraient 2000, dit-on, bien aguerris, payés et convoyés par l’armée turque, qui se sont implantés autour de Tripoli, à la disposition de Fayez Sarraj. Ils seraient en train de former une brigade portant le nom d’Omar El-Mokhtar, symbole de la lutte contre la colonisation italienne, et dont Kadhafi avait fait une icône nationale. Le Maréchal Haftar, qui compte de son côté sur un apport de mercenaire soudanais et tchadiens estimé à 3000 personnes, a exigé leur départ du pays comme condition <em>sine qua non</em> pour signer un quelconque cessez-le feu.</p>



<p> Entrée dans l’arène sans une grande provision de biscuits, Angela Merkel aura-t-elle assez de son équation personnelle, qui reste importante malgré tout, pour surmonter les obstacles qui l’attendent et venir à bout des difficultés qui s’accumulent à l’horizon d’un pays à la dérive ? Difficile de le prédire. Mais, ce qui importe par dessus tout à la Chancelière allemande c’est de trouver un <em>«arrangement»</em> pour tarir le flux de migrants déferlant en Europe à travers la Libye en quittant l&rsquo;arène la tête haute. À l’origine de son <em>«désamour»</em> avec ses électeurs en Allemagne, ce flux qui restera intarissable sans la paix, est aussi au cœur d’une grande discorde au sein de l’Union européenne, qui aspire à reprendre la main sur un conflit qui n&rsquo;a cessé de lui échapper. </p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h3>



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		<title>Erdogan autorisé par l’Assemblée à déployer l’armée  turque en Libye</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jan 2020 16:04:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Fayez Sarraj]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les députés turcs ont approuvé, ce jeudi 2 janvier 2019, une motion permettant au président Recep Tayyip Erdogan d’envoyer des militaires en Libye pour soutenir le gouvernement de Fayez Sarraj, une mesure qui risque d’attiser le conflit armé dans ce pays. Ce n’est pas là, on s’en doute, une bonne nouvelle pour les pays voisins...</p>
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<p><strong><em> Les députés turcs ont approuvé, ce jeudi 2 janvier 2019, une motion permettant au président Recep Tayyip Erdogan d’envoyer des militaires en Libye pour soutenir le gouvernement de Fayez Sarraj, une mesure qui risque d’attiser le conflit armé dans ce pays. Ce n’est pas là, on s’en doute, une bonne nouvelle pour les pays voisins de la Libye, notamment La Tunisie. </em></strong></p>



<span id="more-269561"></span>



<p> Lors d’une session parlementaire extraordinaire, 325 députés ont voté pour et 184 contre ce texte qui donne à l’armée turque un mandat pour intervenir en Libye, valable pendant un an, a indiqué le président de l’Assemblée nationale turque Mustafa Sentop.</p>



<p> Reste à savoir désormais si le président Erdogan, à qui il appartient de décider, va effectivement dépêcher des troupes dans ce pays séparé de la Turquie par la Méditerranée, ou si le soutien militaire prendra une autre forme, comme l’envoi de <em>«conseillers»</em>.</p>



<p> Le gouvernement turc affirme agir en réponse à un appel à l’aide du Gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez Sarraj, confronté à une offensive de l’homme fort de l’est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, qui s’efforce de prendre Tripoli.</p>



<p> L’envoi de troupes turques en Libye risquerait d’aggraver les conflits fratricides qui déchirent ce pays depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, alimentés par des puissances régionales.</p>



<p><strong><em>Source:</em></strong> agences. </p>
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		<title>Quand Erdogan invite la Tunisie à rejoindre le chaos libyen</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Dec 2019 12:57:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Béji Caïd Essebsi]]></category>
		<category><![CDATA[conflit libyen]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Turquie était tellement en manque de dattes et d’huile d’olives, dont regorgent actuellement nos huileries, que le Sultan Recep Tayyip Erdogan a tenu à effectuer en personne, cette semaine, une courte escale dans notre riche contrée rien que pour prélever une portion de nos précieuses denrées. Une visite éclair qui, comme toujours, s’inscrit dans...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/12/Erdogan-Saied-Tunis.jpg" alt="" class="wp-image-268671"/></figure>



<p><strong><em> La Turquie était tellement en manque de dattes et d’huile d’olives, dont regorgent actuellement nos huileries, que le Sultan Recep Tayyip Erdogan a tenu à effectuer en personne, cette semaine, une courte escale dans notre riche contrée rien que pour prélever une portion de nos précieuses denrées. Une visite éclair qui, comme toujours, s’inscrit  dans le cadre de la «revalorisation des relations entre les deux pays». </em></strong></p>



<p> Par <strong>Yassine Essid</strong></p>



<span id="more-268670"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/10/Yassine-Essid.jpg" alt="" class="wp-image-118739"/></figure></div>



<p> N’allez surtout pas croire que les Turcs sont arrivés les mains vides. Ils comptent établir des accords avantageux pour les deux nations en relançant l’échange commercial et touristique, en renforçant la collaboration militaire sans parler de l’attendrissante promesse de contribuer à la construction  d’un hôpital pour enfants. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Le sultan veut mettre fin aux rivalités entre les deux pachas</h3>



<p> L’essentiel étant réglé, on en est venu à l’accessoire : la question libyenne. Ancienne régence de la Porte ottomane, aujourd’hui en proie à une guerre larvée, l’avenir de notre voisin du sud fut également évoquée par le souverain. L’ingérence de plusieurs puissances incite en effet la Turquie à rétablir sa suzeraineté effective sur la Libye en mettant fin aux rivalités entre les deux pachas : le général et autoproclamé Maréchal Khalifa Haftar  qui règne sur la Cyrénaïque, et Fayez Sarraj à la tête de la Tripolitaine. Le Sultan compte sur l’Etat tunisien pour contribuer à la paix en mettant un terme à son non-belligérance et d’entrer dans la mêlée aux côtés de la Turquie, du Qatar et des milices de Misurata.</p>



<p> Tirant parti de l’état du chaos qui règne actuellement au Proche-Orient, Sa Majesté Impériale le Sultan va promulguer, après consultation du parlement, un firman qui lui accordera l’autorité pleine et entière d’engager des troupes terrestres, maritimes et aériennes pour aller combattre en Libye et renforcer le Gouvernement d&rsquo;Entente Nationale formé sous l’égide de l’Onu depuis le 12 mars 2016. Or une intervention militaire turque d’envergure ne manquera pas d’ajouter de la confusion à la confusion et déclencherait un conflit général aux conséquences dramatiques sur la Tunisie et l’Algérie avec son cortège de réfugiés et ses flux de jihadistes à la recherche de nouveaux terrains d’opérations. </p>



<p> N’ayant pas réussi à apprivoiser la Tunisie sous le gouvernement de la  <em>«Troïka»</em>, la coalition gouvernementale conduite par le parti islamiste Ennahdha (janvier 2012-janvier 2015), et encore moins sous le mandat de Béji Caïd Essebsi (2014-2019), le Sultan Erdogan a jeté son dévolu sur Kaïs Saïed, novice en la matière mais Président tout de même d’un pays qui comporte désormais une large fraction ouvertement islamiste depuis les dernières élections. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> La politique de la canonnière d’Erdogan ne présage rien de bon</h3>



<p> Mêlant les impératifs géopolitiques, les siens surtout, aux grotesques nécessités économiques, Erdogan cherchait à réduire la méfiance et la distance que la Tunisie n’a cessé d’éprouver à l’égard d’un dirigeant mégalomane et sans scrupules. Il avait ainsi cherché à rallier la diplomatie tunisienne à sa noble cause, non pas pour pacifier le voisin, mais pour pratiquer une politique de la canonnière qui laisse peu de place au règlement pacifiste dans une Libye fortement en prise avec une guerre civile qui ne présage rien de bon.</p>



<p>  L’Allemagne, qui n’a pas d’intérêt spécifique en Libye et pays idéal pour tranquilliser tous les intervenants et rétablir la paix, accueillera une conférence internationale sur la Libye que doit organiser l’Onu début 2020 à Berlin. Sa majesté Erdogan, cédant aux pressions russes,  nous fit l’honneur de nous inviter à y participer, au même titre que le Qatar et l’Algérie. </p>



<p> Or  toutes les conférences sur la Libye tenues jusqu’à ce jour dans d’autres pays, avec une représentation locale extrêmement limitée, n’ont fait qu’exacerber les tensions et aggraver la situation dans un pays fragmenté par de nombreux clivages tribaux, idéologiques, religieux et économiques. </p>



<p> Déstabilisée dans son organisation institutionnelle et politique depuis la révolution de 2011, la Libye est devenue le refuge de bandes armées de toutes origines ayant pris part aux différents conflits régionaux et le champ de confrontations, en partie militaires, entre les multiples factions qui s’appuient sur des groupes armés pour l’accès au pouvoir et aux ressources pétrolières dont ce territoire est pourvu.</p>



<p> Le Président Macron a organisé deux conférences à Paris, la première le 25 juillet 2017 entre le Premier ministre Fayez Sarraj et son adversaire le Maréchal Khalifa Haftar. Un cessez-le-feu a été convenu et des élections ont été promises le plus tôt possible. Un deuxième événement a eu lieu à Paris le 29 mai 2018, avec la proposition de programmer le jour du scrutin le 10 décembre de la même année.</p>



<p> L’Italie a organisé une autre conférence à Palerme du 13 au 14 novembre 2018. Puis une autre conférence fut tenue à Abu Dhabi en février 2019 et a abouti à un accord pour la tenue d’élections. Aucun de ces accords ou propositions n’a abouti. Au lieu de cela, tout le monde en Libye était complètement insatisfait : les chefs des milices tenus à l’écart de la table des négociations ont continué de combattre dans la capitale entre août et septembre 2018; Haftar a déclenché une nouvelle guerre en avril 2019 contre les mêmes milices à Tripoli. </p>



<p> En attendant, toutes ces laborieuses réconciliations nationales n’ont jamais donné de résultat, et le plus touché par l’échec de ce défilé de négociations n’est autre que le peuple libyen qui n’a pas trouvé la stabilité nécessaire pour commencer à reconstruire son pays.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Les belligérants se livrent une guerre par proxy </h3>



<p> De nombreux spécialistes de la Libye ont convenu que le modèle mis en œuvre dans le pays devrait être créé par et pour les Libyens; bâtir l’État à partir de la base plutôt que d’en haut. Dans ce contexte, il n’y a pas de place pour les interventions extérieures ni pour des conférences qui n’offrent  pas la pleine participation des Libyens de Tripolitaine, de Cyrénaïque et du Fezzan. Or plus le temps passe plus nombreux sont les belligérants qui se livrent en Libye, comme ailleurs dans la région, à une guerre par proxy : Turquie-Qatar versus Egypte-Arabie Saoudite et Emirats du Golfe.</p>



<p> Quant aux Etats-Unis, ils avaient fait preuve d’une politique qui est à l’image de la personnalité erratique de Donald Trump. Loin d’œuvrer pour aider à négocier la paix, ils passent d’une guerre à une autre dont ils attisent  les flammes avec toujours les mêmes déboires. </p>



<p> En avril 2019, Donald Trump passe un coup de fil au Maréchal Khalifa Haftar pour lui exprimer son appui dans sa lutte contre le terrorisme et pour la sécurisation des ressources pétrolières de la Libye. Ils partageaient ainsi une vision commune quant à a la <em>«transition de la Libye vers un système politique démocratique stable». </em></p>



<p> La campagne militaire de Haftar contre la capitale de la Libye avec frappes aériennes et attaques au sol, avait alors fait près de 250 morts et plus de 1000 blessés, dont de nombreux civils et enfants. Or au mois de juin de la même année voilà que le secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, déclare que les États-Unis avaient appelé à un <em>«arrêt immédiat»</em> des opérations militaires de Haftar qui <em>«mettaient en danger les civils et compromettaient les perspectives d&rsquo;un avenir meilleur pour tous les Libyens»</em>.<em> «Une solution militaire n’est pas ce dont la Libye a besoin»,</em> a-t-il ajouté.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Haftar, un ardent défenseur de la dictature militaire</h3>



<p> Le soutien de Trump n’était pas fortuit. Il l’a exprimé à Haftar moins de deux semaines après avoir discuté avec l’homme fort égyptien Abdel Fattah Sissi, le prince héritier saoudien Mohammed Bin Salman et le prince héritier d’Abou Dhabi Mohammed Bin Zayed, tous de puissants soutiens militaires et financiers de la campagne de Haftar.</p>



<p> Mais contrairement à ce qu’imaginait Trump, Haftar ne partage pas la même conception pour ce qui est de l’avenir politique en Libye. Il est en effet connu pour être un ardent défenseur de la dictature militaire, dont il est le joyeux rejeton, faisant valoir que la Libye n’est pas encore mûre pour la liberté démocratique. En effet, sa campagne, lancée quelques jours à peine avant une conférence parrainée par les Nations Unies pour négocier un pacte de partage du pouvoir et organiser des élections, était programmée pour éviter un tel dénouement.</p>



<p>  Haftar ne possède pas non plus de forces militaires capables d’imposer la stabilité. Ses antécédents sur le champ de bataille sont au mieux mitigés, et ses offensives passées ont été fortement tributaires de l’aide militaire extérieure, y compris sous la forme de frappes aériennes des Émirats arabes unis. Son armée nationale libyenne est un ramassis de milices rivales mues par des objectifs strictement opportunistes.  </p>



<h3 class="wp-block-heading"> La volonté d’expansion de la Turquie d’Erdogan</h3>



<p> Et la Turquie dans tout ça ? Les intérêts commerciaux de la Turquie avec la Libye ne datent pas d’hier mais du temps de Soliman le Magnifique lorsque Tripoli fut transformée en pachalik de l’empire ottoman, comme, bientôt après, Tunis et Alger. Mais l’actuel Sultan d’Ankara a aujourd’hui besoin de se déployer davantage dans la région pour donner un appui à sa volonté de puissance en Méditerranée. Il a récemment parvenu à une quasi-détente avec la Russie en abandonnant les tentatives de renverser Assad. Il reçu en contrepartie un blanc seing pour bombarder ses ennemis kurdes syriens, pourtant principaux alliés des Occidentaux dans la lutte contre l’État islamique. Les États-Unis y avaient aussi contribué en retirant les troupes américaines le long de la frontière syro-turque, malgré la réception par la Turquie de systèmes de défense antimissile russes, une décision vivement dénoncée par l’establishment militaro-industriel américain. De plus, cet achat, qui  introduit des armes russes dans l’arsenal de l’Otan, a amené le président Trump à suggérer qu’il envisageait des sanctions contre la Turquie qui a réagi en menaçant à son tour de refuser aux États-Unis l’accès à la base aérienne d’Incirlik, qui abrite des armes nucléaires américaines : ça promet !</p>



<p> Fin novembre, la Turquie et le Gouvernement d’Entente Nationale ont signé des accords militaires et économiques hautement provocateurs avec  Fayez Sarraj. Le plus retentissant concerne la définition  de vastes zones d’exclusion économique (ZEE) libyco-turques qui couvrent une grande partie de la Méditerranée et portent clairement atteinte au territoire grec. Cela viole non seulement les droits souverains de la Grèce (un autre pays membre de l’Otan), mais remet également en cause la liberté de navigation chypriote, égyptienne et israélienne, ainsi que les revendications de réserves de gaz naturel en Méditerranée orientale. </p>



<p> Tous ces États, et l’Union européenne, avaient fermement rejeté ce fait accompli. En mai dernier, la Turquie a annoncé qu’elle allait effectuer des forages de gaz dans les eaux revendiquées par Chypre, une mesure que le Département d’État américain a qualifiée de <em>«très provocante».</em> Enfin, les avions de chasses turques empiètent régulièrement sur l’espace aérien grec. </p>



<p> Pour la Turquie, l’intervention en Libye est le fondement d’une posture expansionniste croissante, rendue possible par le printemps arabe et motivée à la fois par des impératifs idéologiques et économiques. Dans l’immédiat cela permet d’ouvrir la voie à un futur marché prometteur pour les produits turcs, militaires et civils, à l’adresse des communautés d’obédience islamiste. Pour ce faire, il faut que la Turquie devienne dans ce cas un élément incontournable de tout futur règlement en Libye. </p>



<p> Alors que la Russie n’a cessé de soutenir Haftar à ce jour, le président russe Vladimir Poutine semble tolérer les actions de la Turquie dans l’ouest de la Libye, car cela sert des priorités plus élevées – et non des moindres, en sapant l’Otan. En l’absence d’une intervention américaine ou européenne significatives contre les manœuvres belliqueuses d’Ankara, la Turquie pourrait forcer une éventuelle partition de la Libye entre un Occident, dominé par les islamistes de Misrata, et un Orient dirigé par l’armée. Si la Turquie envoie des troupes dans l’ouest riche en pétrole de la Libye, cela entraînera très probablement l’Égypte dans une guerre totale: le président égyptien Sissi a déjà laissé entendre qu’il interviendrait militairement en Libye pour protéger les intérêts de l’Égypte. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Et la diplomatie tunisienne dans tout cela</h3>



<p> Le communiqué de la présidence de la République, faisant suite à cette encombrante visite du Sultan Erdogan, a été fidèle à la conception que la Tunisie se faisait et se fait des relations internationales.  </p>



<p> En effet, malgré les changements considérables survenus dans la sphère de relations internationales annonçant une rupture avec les fondamentaux de la politique extérieure, la diplomatie tunisienne, sans renier ses appartenances géopolitiques et culturelles qui nous liaient à certains pays et nous engageaient à appuyer certaines causes, s’inscrit encore dans une certaine tradition devenue presque immuable et que l’histoire avait dans une certaine mesure justifié : pondération, retenue, équilibre à la mesure de notre poids géostratégique et nos moyens, nos préoccupation ainsi que nos intérêts économiques; un comportement dosé qui nous libérait du statut d’objet soumis à l’approbation de telle ou telle puissance. Ni socialiste, ni néolibérale, ni farouchement antioccidentale, ni nationaliste arabe, ni donneuse de leçons, ni chantre du tiers-mondisme, de l’arabisme, de l’islamisme ou tout autre idéologie hégémonique. Enfin, nous ne fûmes jamais soumis à la «diplomatie du chéquier» des pays du Golfe, au point de devenir leur bras séculier, nous sommant de nous engager sans réfléchir et de prendre des décisions qu’ils n’oseraient pas initier eux-mêmes. </p>



<p> Cette posture nous a valu une indépendance relative sans l’hostilité nuisible de telle ou tel voisin, et une certaine susceptibilité quant à notre souveraineté qui ne signifiait nullement une absence de la scène internationale. Cette cohérence a permis à la Tunisie de traverser la guerre froide sans encombre nonobstant des penchants pro-occidentaux et francophones que justifiaient l’histoire, les impératifs du développement et l’Etat d’un monde arabe fragmentée et en proie à toutes les instabilités. Pourvu que ça dure. </p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h3>



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		<title>La Tunisie renforce son déploiement militaire à la frontière avec la Libye</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Dec 2019 08:02:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[armée tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[maréchal Khalifa Haftar]]></category>
		<category><![CDATA[milices islamistes]]></category>
		<category><![CDATA[Tripoli]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’armée tunisienne a renforcé son déploiement à la frontière avec la Libye voisine pour parer à toute éventualité suite à l’annonce de l’offensive imminente de l’armée nationale libyenne conduite par le général Khalifa Haftar sur la capitale Tripoli et l’ouest de la Libye, occupés par les milices islamistes. Par Imed Bahri Ce déploiement sécuritaire et...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/12/Armee-libyenne.jpg" alt="" class="wp-image-263851"/><figcaption><em>L&rsquo;armée nationale libyenne encercle la capitale Tripoli. </em></figcaption></figure>



<p><strong><em> L’armée tunisienne a renforcé son déploiement à la frontière avec la Libye voisine pour parer à toute éventualité suite à l’annonce de l’offensive imminente de l’armée nationale libyenne conduite par le général Khalifa Haftar sur la capitale Tripoli et l’ouest de la Libye, occupés par les milices islamistes. </em></strong></p>



<p>Par <strong>Imed Bahri</strong>     </p>



<span id="more-263848"></span>



<p> Ce déploiement sécuritaire et militaire vise à assurer la sécurité des citoyens dans les zones frontalières et sécuriser les frontières, a précisé une source sécuritaire à Ben Guerdane. </p>



<p> La Tunisie craint surtout un afflux massif des citoyens libyens fuyant la guerre, comme cela s&rsquo;est passé en 2011, afflux où pourraient s’infiltrer des membres des milices islamistes. </p>



<p>Cette offensive militaire sur Tripoli a été décidée et lancée par le maréchal Khalifa Haftar après la signature d&rsquo;un accord entre Fayez Sarraj, président du Conseil présidentiel de Libye, basé à Tripoli, et le président turc Recep Tayyip Erdogan, en vertu duquel la Turquie serait autoriser à intervenir en Libye par voies terrestre, aérienne et maritime.  </p>



<p>Il ne fallait pas plus pour le maréchal Khalifa Haftar, qui tente depuis plusieurs années de chasser les milices islamistes, principal soutien de Fayez Sarraj, de la capitale Tripoli et des régions ouest de la Libye, riches en pétrole et gaz, et réunifier le pays sous sa bannière, pour lancer l&rsquo;offensive  qu&rsquo;il espère décisive et finale, avec le soutien de l&rsquo;Egypte, de l&rsquo;Arabie saoudite et des Emirats arabes unis. </p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/12/Fayez-Sarraj-Kais-Saied.jpg" alt="" class="wp-image-263858" width="500"/><figcaption><em>Fayez Sarraj reçu mardi 10 décembre 2019 par Kais Saied.</em></figcaption></figure></div>



<p>La Tunisie, qui a de longues frontières avec la Tripolitaine, a toujours observé une position de neutralité dans ce conflit interne libyen, se contentant de signifier son appui à toute solution négociée sous la bannière des Nations-unies. C&rsquo;est, d&rsquo;ailleurs, la position réitérée par le président de la république Kaïs Saïed, en recevant, il y a quelques jours, Fayez Sarraj au Palais de Carthage.</p>



<p>Selon des sources, la Tunisie a aussi exprimé, à cette occasion, ses réserves à propos de l&rsquo;accord stratégique signé récemment par Sarraj et Erdogan, et  qui concerne directement la Tunisie, qui a des frontières terrestres, maritimes et aériennes avec la Libye. </p>
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