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	<title>Archives des Maroc - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Maroc - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>La Tunisie assure 13 % de la valeur des exportations mondiales de dattes</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/01/la-tunisie-assure-13-de-la-valeur-des-exportations-mondiales-de-dattes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Oct 2026 11:43:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[dattes algériennes]]></category>
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		<category><![CDATA[Deglet nour]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie conforte sa position de leader africain des exportations de dattes en valeur, avec des recettes de 347 millions de dollars en 2025. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/01/la-tunisie-assure-13-de-la-valeur-des-exportations-mondiales-de-dattes/">La Tunisie assure 13 % de la valeur des exportations mondiales de dattes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La Tunisie confirme sa position de leader africain des exportations de dattes en valeur, avec des recettes s’élevant à 347 millions de dollars en 2025 — soit plus d’un milliard de dinars ou environ 300 millions d’euros (sur la base d’un taux de change de 1 euro pour 3,33 dinars) — tout en se classant au premier rang du continent pour les quantités exportées.</em></strong></p>



<span id="more-19733276"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Sur l&rsquo;année, la Tunisie a exporté 147 000 tonnes de dattes, contre 185 000 tonnes pour l’Algérie. Bien que les exportations algériennes — représentant 38 000 tonnes de plus que celles de la Tunisie — génèrent 184 millions de dollars de recettes, ce chiffre reste bien inférieur à celui enregistré par la Tunisie. L’Égypte, la Libye et l’Afrique du Sud complètent le groupe des cinq principaux exportateurs africains en volume.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La différence réside avant tout dans la valorisation du produit. La valeur moyenne des exportations tunisiennes s’est établie autour de 2 400 dollars la tonne, contre un peu moins de 1 000 dollars pour les exportations algériennes. Cet écart s’explique notamment par la forte présence de la Deglet Nour, une variété prisée cultivée principalement dans les oasis des gouvernorats méridionaux de Kébili et de Tozeur, et largement destinée aux marchés internationaux. Bien qu’elle produise des quantités de dattes inférieures à celles des principaux producteurs africains, la Tunisie parvient ainsi à afficher un poids commercial plus important grâce à son positionnement sur les marchés étrangers, à la sélection, au conditionnement et à la valeur unitaire plus élevée du produit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie représente environ 13 % de la valeur des exportations mondiales de dattes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tendance se confirme pour la campagne 2025-2026. Au cours des dix premiers mois, selon l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri), la Tunisie a exporté 144 100 tonnes de dattes — soit une hausse de 13,3 % par rapport à la même période de la campagne précédente — pour un chiffre d’affaires de 908,4 millions de dinars (environ 272,8 millions d’euros), en progression de 12,2 %. La variété Deglet Nour représentait à elle seule environ 84 % des volumes exportés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les dattes tunisiennes sont aujourd&rsquo;hui présentes sur quelque 86 marchés. L’Union européenne demeure le principal débouché commercial, tandis que le Maroc, l’Italie et l’Allemagne figurent en tête des pays importateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le segment du bio joue également un rôle croissant : au cours des dix premiers mois de la campagne 2025-2026, il a généré un chiffre d’affaires de 82,2 millions de dinars (environ 24,7 millions d’euros).</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/01/la-tunisie-assure-13-de-la-valeur-des-exportations-mondiales-de-dattes/">La Tunisie assure 13 % de la valeur des exportations mondiales de dattes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Festival Aflam 2026 &#124; Réparer l’image, retrouver les mémoires</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/30/festival-aflam-2026-reparer-limage-retrouver-les-memoires/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 07:16:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[archives]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Festival Aflam]]></category>
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		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Moussa Haddad]]></category>
		<category><![CDATA[Nabil Djedouani]]></category>
		<category><![CDATA[Rania Rafei]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les archives algériennes, tunisiennes et les mémoires minoritaires au cœur de la 13e édition du festival Aflam, à Marseille. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/30/festival-aflam-2026-reparer-limage-retrouver-les-memoires/">Festival Aflam 2026 | Réparer l’image, retrouver les mémoires</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les archives algériennes, tunisiennes et les mémoires minoritaires sont au cœur de la 13<sup>e</sup> édition du festival « Aflam. Cinémas des mondes arabes » qui se tiendra du 10 au 18 octobre 2026, à Marseille, France, sous le thème «Réparer l’image». Réparer l’image, c’est d’abord refuser qu’une mémoire soit condamnée au silence.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djamal Guettala&nbsp;</strong></p>



<span id="more-19727423"></span>



<p class="wp-block-paragraph">L’association Aflam, organisatrice de l’événement, a tenu une conférence de presse, le 10 septembre, au cinéma Les Variétés à Marseille, au cours de laquelle elle a dévoilé le programme de la 13<sup>e</sup> édition qui fera dialoguer cinéma, archives, mémoire et création contemporaine, avec une attention particulière portée aux œuvres longtemps restées dans l’ombre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aflam, qui œuvre depuis 2000 à la diffusion des cinémas des mondes arabes, propose cette année 52 films, 40 invité·es et 35 événements-séances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La programmation ne considère pas les archives comme de simples traces du passé : elle cherche à les remettre en circulation et à interroger les récits que les images ont conservés, mais aussi ceux qu’elles ont laissés disparaître.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Algérie au cœur de la mémoire cinématographique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le dimanche 11 octobre sera particulièrement important pour le cinéma algérien. À 16h30, au Polygone Étoilé, Nabil Djedouani, à la tête des Archives numériques du cinéma algérien, présentera une sélection de films restaurés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2012, ce spécialiste formé à l’INA mène un travail de sauvegarde et de diffusion d’œuvres algériennes devenues difficiles d’accès. Numériser une pellicule ne suffit pourtant pas. Encore faut-il lui redonner un public et une place dans l’histoire du cinéma.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le même soir, à 20h, Aflam proposera&nbsp;<em>‘‘Boualem Zid El Goudam’’</em> de Moussa Haddad, réalisé en 1980, en présence de Nabil Djedouani.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film met en scène Boualem et Sekfali, deux hommes qui traversent le désert algérien. Une charrette chargée de vieux livres, d’images, de reliques et de souvenirs accompagne leur étrange voyage. Deux hommes, deux visions de l’existence et deux rapports à l’histoire de l’Algérie se confrontent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Boualem demeure attaché à l’idéal égalitaire et émancipateur issu de la guerre de libération. Sekfali, aristocrate cultivé, porte un regard sceptique sur cette utopie. Entre fable politique, réflexion philosophique et absurdité beckettienne, le film interroge les promesses de l’indépendance et les contradictions de l’Algérie postcoloniale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quarante-six ans après sa réalisation, la redécouverte de <em>‘‘Boualem Zid El Goudam’’</em> prend une résonance particulière. Le film ne revient pas seulement du passé : il revient poser des questions au présent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie sera également présente à travers <em>‘‘Petite Casbah’’</em>, film d’animation d’Antoine Colomb, programmé le 14 octobre aux Variétés. À travers Malika, une fillette vivant dans la Casbah d’Alger dans les années 1950, le film fait entrer l’histoire coloniale dans le regard de l’enfance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Tunisie, par les traces et les images</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie occupe une place plus discrète, mais elle n’est pas absente de cette réflexion sur les archives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 17 octobre, au Mucem, une courte archive consacrée à Sousse, tournée en 1971 en 8 mm, sera présentée dans le cadre de la programmation consacrée aux Archives Bouanani. Une image modeste en apparence, mais qui acquiert avec le temps une autre valeur : celle d’un fragment de Tunisie devenu trace patrimoniale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie apparaît également dans la dynamique de WarshatAflam, résidence d’écriture de scénarios destinée aux jeunes cinéastes du monde arabe. La mémoire ne se limite donc pas aux films anciens : préserver les images signifie aussi accompagner celles et ceux qui fabriqueront les images de demain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Palestine, Maroc, Liban : filmer contre l’effacement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Palestine occupe une place forte dans cette édition avec, le 15 octobre à La Baleine, la rencontre <em>«Les révolutionnaires ne meurent jamais : cinéastes solidaires du peuple palestinien»</em>, en présence notamment de Kassem Hawal et Mohanad Yaqubi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La caméra devient ici un instrument de mémoire. Les archives palestiniennes témoignent d’une histoire politique et culturelle constamment menacée par les guerres, les déplacements et les destructions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Liban, <em>‘‘Le Jour de colère : Contes de Tripoli’’</em> de Rania Rafei remontera le fil de l’histoire contemporaine, des manifestations de 1943 aux mobilisations populaires de 2019.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Maroc sera représenté par les Archives Bouanani, avec Touda Bouanani et Marie Pierre-Bouthier. Le travail de sauvegarde entrepris après l’incendie de 2006, qui avait détruit une partie des archives familiales, rappelle la fragilité de ces patrimoines.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les mémoires minoritaires sortent de l’ombre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aflam élargit cette réflexion aux mémoires minoritaires. Une exposition consacrée au cinéma amazigh au Maroc, conçue et commentée par Sarah Mounia Kachiri, réunira films, vidéos amateurs et installations autour de l’identité culturelle, de la transmission orale et des formes de résistance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 18 octobre, au Mucem, une table ronde intitulée <em>«Ce que le patrimoine culturel national invisibilise»</em> réunira Chantal Partamian, Pauline Tucoulet et Sarah Mounia Kachiri autour des archives arméniennes, kurdes et amazighes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question dépasse alors le cinéma : qui décide de ce qui mérite d’être conservé dans la mémoire collective ? Quelles images deviennent patrimoine et lesquelles restent en dehors des récits officiels ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ces archives répond une création contemporaine avec notamment Alea Jacarandas de Hassen Ferhani, L’Entente – La face cachée d’Alexandrie de Mohamed Rashad et Yunan d’Ameer Fakher Eldin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <em>«Réparer l’image»</em>, Aflam propose ainsi bien davantage qu’un festival de cinéma. À Marseille, les films anciens dialoguent avec les œuvres nouvelles, les archives nationales avec les mémoires minoritaires, le Maghreb avec le Machrek.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réparer l’image, c’est peut-être d’abord refuser qu’une mémoire soit condamnée au silence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/30/festival-aflam-2026-reparer-limage-retrouver-les-memoires/">Festival Aflam 2026 | Réparer l’image, retrouver les mémoires</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le coût de l’inaction face à la pollution plastique en Afrique du Nord</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/30/le-cout-de-linaction-face-a-la-pollution-plastique-en-afrique-du-nord/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 06:48:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[Greenpeace Mena]]></category>
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		<category><![CDATA[pollution plastique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Greenpeace Mena vient de publier une étude sur le coût de la pollution plastique au sud de la Méditerranée (Égypte, Maroc et Tunisie). </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/30/le-cout-de-linaction-face-a-la-pollution-plastique-en-afrique-du-nord/">Le coût de l’inaction face à la pollution plastique en Afrique du Nord</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Greenpeace Mena vient de publier une étude intitulée <a href="https://mena.greenpeace.org/plastics-report" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«Évaluer le coût de la pollution plastique. Le coût de l’inaction et les retombées d’une action immédiate»</a>, consacrée à la pollution plastique sur la rive sud de la Méditerranée : en Égypte, au Maroc et en Tunisie, où ce fléau est devenu l&rsquo;un des enjeux environnementaux et économiques majeurs de la décennie, ses conséquences dépassant largement le cadre des plages jonchées de déchets pour affecter les budgets municipaux, les moyens de subsistance des populations côtières et la santé publique.</em></strong></p>



<span id="more-19727298"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Ces trois pays bordent une mer qui reçoit chaque année environ 229 000 tonnes de plastique et dont les fonds marins en recèlent déjà plus d’un million de tonnes. Ils se situent dans une région générant plus de 155 millions de tonnes de déchets par an — dont les deux tiers sont mal gérés — et où ce volume devrait presque doubler d’ici 2050. Par ailleurs, ils occupent une position similaire dans l’économie mondiale du plastique en tant qu’importateurs nets de ce matériau qu’ils doivent ensuite gérer ; l’Afrique a ainsi importé quelque 117,6 millions de tonnes de polymères et de produits plastiques entre 1990 et 2017, l’Égypte et le Maroc représentant à eux deux plus d’un quart de ce total.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque année, la pollution plastique pèse sur l’économie de ces trois pays, sans pour autant apparaître explicitement dans les lignes budgétaires. Ce rapport chiffre ce coût. Il répond à trois questions : quel est le coût annuel de la pollution plastique pour chaque pays si la situation reste inchangée ? Quelles retombées (emplois, revenus, valeur ajoutée) ces trois pays tirent-ils du plastique qu’ils produisent, importent et consomment ? Enfin, quels bénéfices chaque pays pourrait-il retirer d’une réduction de la consommation de plastique et d’une meilleure gestion des déchets associés ? Les réponses sont présentées sous forme de fourchettes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers un traité mondial sur les plastiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rapport a été rédigé en vue d’une décision qui n’a pas encore été prise. En 2022, l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement a mandaté la négociation d’un instrument international juridiquement contraignant sur la pollution plastique, couvrant l’ensemble du cycle de vie du plastique, de la production et de la conception jusqu’à l’élimination. La question qui divise les négociations est de savoir si cet instrument — désigné dans le rapport sous le nom de traité mondial sur les plastiques — s’attaquera au volume de plastique produit, et non uniquement à sa gestion en tant que déchet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l&rsquo;Égypte, le Maroc et la Tunisie, un traité ambitieux réduisant la production de plastique ne nuirait pas à leurs économies. Il ouvrirait plutôt l’accès aux financements dont leurs systèmes de gestion des déchets ont besoin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les données indiquent que la pollution plastique coûte aux trois pays entre 1,7 et 5,5 milliards de dollars américains par an. Ce chiffre a été obtenu en appliquant des estimations publiées — relatives aux dommages causés en mer par chaque tonne de plastique — aux quantités de plastique déversées par chaque pays dans ce milieu. Par <em>«dommages marins»</em>, on entend la perte de valeur de la mer elle-même et des services qu’une mer saine procure, évaluée en fonction du coût par tonne de plastique qui y pénètre. Ces estimations portent sur la Méditerranée car c’est la seule mer pour laquelle les fuites de plastique ont été modélisées selon une méthodologie identique pour les trois pays, et parce que ces économies sont étroitement liées à ce bassin : 85 % des Tunisiens et 65 % des Marocains vivent à moins de 100 km du littoral, et la majeure partie des activités touristiques et halieutiques de l’Égypte s’y concentre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce chiffre n’inclut pas les coûts directs pour le tourisme, la pêche, le transport maritime ou la santé humaine. Il ne comptabilise ni les hospitalisations, ni les journées de pêche perdues, ni les factures municipales impayées ; par ailleurs, toutes les hypothèses retenues pour son élaboration visaient à produire une estimation prudente (fourchette basse) plutôt que surestimée. Les secteurs exclus sont loin d’être négligeables : le tourisme côtier représente environ 95 % de l’activité touristique tunisienne, les zones côtières génèrent 59 % du PIB du Maroc, et la valeur des secteurs de la pêche et de l’aquaculture en Égypte s’élève à environ 3,7 milliards de dollars américains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la situation actuelle perdure, le flux de plastique déversé en Méditerranée doublera d’ici 2040, et le coût cumulé de l’inaction pour les trois pays s’élèvera à une fourchette comprise entre 30 et 98 milliards de dollars US. Environ un quart de ces dommages pourrait être évité grâce à une meilleure gestion des déchets, pour un coût de transition équivalent, tandis que des mesures de réduction permettraient d’abaisser encore davantage ce coût pour les trois pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Chiffres clés de l’étude :</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>1,7 à 5,5 milliards de dollars US par an</em></strong> : le coût actuel de la pollution plastique pour les trois pays, en ne comptabilisant que les dommages marins en Méditerranée et en excluant les côtes de la mer Rouge et de l’Atlantique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>30 à 98 milliards de dollars US</em></strong> : le coût cumulé pour les trois pays d’une absence d’action d’ici 2040, alors que les fuites de plastique doubleront.</p>



<p class="wp-block-paragraph">25 % de ces dommages peuvent être évités pour un coût de transition équivalent et ces mêmes dépenses permettent d’obtenir un air plus pur, de réduire les inondations et de diminuer les frais de nettoyage, des bénéfices qui ne sont pas comptabilisés dans le retour sur investissement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Tunisie supporte le coût du plastique sans en percevoir les revenus de production</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie dispose d’une véritable industrie de transformation des plastiques, qui mérite d’être pleinement prise en compte. Le registre national des entreprises recensait, en 2023, 1 931 entreprises et 23 463 salariés du secteur formel dans la fabrication de produits en caoutchouc et en plastique, dont environ 30 % travaillaient pour des entreprises à capitaux étrangers (INS, 2024). Ces travailleurs génèrent une valeur ajoutée annuelle estimée entre 280 et 330 millions de dollars US — soit la valeur créée par le secteur après déduction du coût des intrants. Cette estimation repose sur la valeur ajoutée manufacturière par travailleur du secteur manufacturier tunisien pour la borne inférieure, et sur le PIB par personne occupée pour la borne supérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La modélisation montre ainsi que la contribution annuelle totale de l’industrie du plastique à l’économie tunisienne se situe dans la fourchette des coûts engendrés par la pollution plastique pour le pays au cours de la même année (soit entre 170 et 560 millions de dollars US), et plus précisément dans la moitié inférieure de cette fourchette. Il s’agit là de l’industrie dans son ensemble — y compris le tiers détenu par des capitaux étrangers — comparée à un coût qui ne comptabilise que les dommages causés au milieu marin. En clair, la pollution plastique coûte probablement à la Tunisie autant que ce que l’ensemble de son industrie du plastique génère en un an, voire davantage si l’on se réfère à l’estimation centrale de 0,4 milliard de dollars US.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, la Tunisie ne produit pas de plastique en tant que tel. La note technique de la Banque mondiale sur l’ensemble de la chaîne de valeur du plastique en Tunisie ne fait état d’aucune production pétrochimique nationale ; la principale taxe sur les plastiques est un droit à l’importation, et les prévisions d’importation de matières plastiques — 70 000 tonnes, contre 1,2 million de tonnes pour le Maroc — témoignent d’un marché de consommation plutôt que de production.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est cette distinction qui détermine la situation de la Tunisie. Une mesure conventionnelle plafonnant ou réduisant la production de polymères vierges affecte les producteurs auprès desquels la Tunisie s’approvisionne, et non les transformateurs qu’elle emploie. La Tunisie supporte le coût du plastique sans en percevoir les revenus de production ; une réduction mondiale de la production diminue ce coût sans pour autant faire disparaître son industrie. Toutefois, un resserrement du marché mondial des polymères pourrait renchérir les coûts d’approvisionnement des transformateurs tunisiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit là d’un coût de transition bien réel, mais qui pèse de la même manière sur tous les pays importateurs ; il est appelé à diminuer à mesure que les matériaux recyclés et la réutilisation se substituent aux matières vierges. C’est donc une raison de soutenir les transformateurs durant cette transition, plutôt que de continuer à payer le prix de la pollution.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://mena.greenpeace.org/plastics-report" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lire l&rsquo;étude en anglais. </a></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/30/le-cout-de-linaction-face-a-la-pollution-plastique-en-afrique-du-nord/">Le coût de l’inaction face à la pollution plastique en Afrique du Nord</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Afrique du Nord &#124; L’Égypte possède le plus d’avions militaires, suivie de l’Algérie et du Maroc</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/28/afrique-du-nord-legypte-possede-le-plus-davions-militaires-suivie-de-lalgerie-et-du-maroc/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/28/afrique-du-nord-legypte-possede-le-plus-davions-militaires-suivie-de-lalgerie-et-du-maroc/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Sep 2026 13:08:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Égypte possède la flotte d’aviation militaire conventionnelle la plus importante d’Afrique du Nord, suivie de loin par l’Algérie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/28/afrique-du-nord-legypte-possede-le-plus-davions-militaires-suivie-de-lalgerie-et-du-maroc/">Afrique du Nord | L’Égypte possède le plus d’avions militaires, suivie de l’Algérie et du Maroc</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’Égypte possède la flotte d’aviation militaire conventionnelle la plus importante d’Afrique du Nord, suivie de loin par l’Algérie et le Maroc, tandis que la Tunisie et la Libye disposent d’équipements bien plus réduits. Un décompte qui n’intègre pas les drones, désormais une composante centrale de la guerre aérienne contemporaine.</em></strong></p>



<span id="more-19715913"></span>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce qui ressort des données 2026 de <a href="https://www.globalfirepower.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Global Firepower</a>, une plateforme spécialisée dans la comparaison des capacités militaires mondiales. Ce classement doit toutefois être interprété avec prudence : le décompte englobe les avions à voilure fixe et les hélicoptères des différentes branches des forces armées, mais exclut les drones — désormais un élément central de la guerre aérienne moderne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Global Firepower, l’Égypte dispose au total de 1 088 avions militaires, ce qui la place au neuvième rang mondial en termes de taille de flotte. L’inventaire comprend 242 avions de chasse, 90 appareils spécifiquement destinés à l’attaque, 53 avions de transport, 344 avions d’entraînement, 11 plateformes pour missions spéciales et 348 hélicoptères, dont 100 hélicoptères d’attaque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces chiffres témoignent d’une force aérienne numériquement très vaste et diversifiée, mais ils incluent également des appareils d’entraînement et de transport et ne reflètent pas, en soi, le nombre de plateformes réellement disponibles pour des opérations de combat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie suit avec 620 aéronefs, seizième au niveau mondial dans le classement quantitatif de Global Firepower. La flotte algérienne comprend 111 avions de chasse, 42 avions d’attaque, 63 avions de transport, 90 avions d’entraînement, 10 plateformes pour missions spéciales, quatre avions ravitailleurs et 300 hélicoptères, dont 74 d’attaque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Près de la moitié de l’inventaire algérien est donc constituée d’appareils à voilure tournante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Maroc occupe la troisième place régionale avec 271 aéronefs. Global Firepower attribue aux Forces armées royales 84 avions de chasse, 31 avions de transport, 77 avions d’entraînement, 4 plateformes pour missions spéciales, 2 avions ravitailleurs et 73 hélicoptères, dont 6 d’attaque. Ce chiffre concernant le Maroc est particulièrement significatif car la composante pilotée ne représente qu’une partie de la capacité aéronautique croissante de Rabat : les drones militaires ne sont en effet pas inclus dans ce décompte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rôle croissant des systèmes sans pilote constitue l&rsquo;une des principales limites de cette comparaison. Le Maroc investit de plus en plus dans l’utilisation des drones et la formation à leur pilotage : lors de l’exercice African Lion 2026, les forces marocaines ont participé à des activités spécifiques portant sur les systèmes aériens sans pilote et, en juillet dernier, Rabat et le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (Africom) ont signé un mémorandum visant à développer au Maroc un centre multi-domaines incluant également une Drone Academy. Ces capacités ne sont pas prises en compte dans les 271 aéronefs attribués au pays par Global Firepower.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La flotte tunisienne est plus modeste, évaluée à 155 aéronefs. Seuls 10 appareils sont classés comme avions de chasse, tandis que 101 sont des hélicoptères, ce qui représente environ les deux tiers de l’inventaire total.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon la plateforme, la Tunisie dispose en outre de 12 avions de transport, 28 avions d’entraînement et 4 appareils destinés à des missions spéciales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas de la Libye est encore plus complexe. Global Firepower attribue au pays 83 aéronefs militaires : 10 avions de chasse, 1 avion d’attaque, 12 avions de transport, 35 avions d’entraînement et 22 hélicoptères.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce chiffre est nettement inférieur aux 143 appareils indiqués dans certaines infographies diffusées par les médias libyens, lesquelles se référaient à des éditions antérieures de la base de données.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour 2026, la plateforme a donc revu sensiblement à la baisse l’effectif nominal de la flotte libyenne. Toutefois, dans le cas de la Libye, le simple décompte national reflète encore moins bien les capacités réelles présentes sur le terrain. Les structures militaires du pays restent divisées entre l’Est et l’Ouest, et des moyens étrangers opèrent également sur le territoire sans pouvoir être automatiquement attribués aux forces armées libyennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, l’exclusion des drones de la base de données laisse de côté une composante qui, ces dernières années, a joué un rôle décisif dans les opérations militaires menées dans le pays, tant pour les forces occidentales soutenues par la Turquie que dans la zone contrôlée par les forces de l’Est.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Global Firepower précise en outre que plusieurs valeurs sont estimées en l’absence de données officielles complètes. Le classement donne donc avant tout une indication sur l’importance numérique des parcs aériens conventionnels, sans permettre à lui seul d’établir la supériorité aérienne réelle d’un pays : celle-ci dépend également de la qualité et de l’âge des appareils, des systèmes d’armes, de l’entraînement des équipages, de la maintenance, de la disponibilité opérationnelle, des capacités radar et de guerre électronique ainsi que, de plus en plus, de la composante sans pilote.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après <a href="https://www.agenzianova.com/news/egitto-primo-in-nord-africa-per-velivoli-militari-algeria-seconda-e-marocco-terzo/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Agenzia Nova</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>L’Algérie dit non à la diplomatie du chéquier des Émirats</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/21/lalgerie-dit-non-a-la-diplomatie-du-chequier-des-emirats/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Sep 2026 08:16:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'Algérie rompt ses relations avec les Emirats arabes unis pour protester contre la stratégie de déstabilisation qu'ils mènent à ses frontières. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/21/lalgerie-dit-non-a-la-diplomatie-du-chequier-des-emirats/">L’Algérie dit non à la diplomatie du chéquier des Émirats</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ancrée dans une diplomatie du chéquier et adossée à une alliance de revers avec Israël et le Maroc, la monarchie d’Abou Dhabi multiplie les ingérences du Yémen au Sahel. Face à cette stratégie de déstabilisation et à la guerre hybride menée contre ses frontières, l’Algérie oppose une doctrine intangible de souveraineté, de non-alignement et de résilience historique.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dr Abderrahmane Cherfouh&nbsp;*</strong></p>



<span id="more-19679172"></span>



<p class="wp-block-paragraph">À titre de rappel, les Émirats et Israël ont établi leurs relations diplomatiques le 15 septembre 2020 lors de la signature des Accords d’Abraham à la Maison-Blanche. Curieusement, par pure coïncidence ou parce que parfois le hasard fait mal les choses, il y a moins d’un siècle à peine, Israël et les Émirats arabes unis n’existaient pas. Ils ont surgi le premier du néant et le deuxième du désert et ont fait du chemin. L’histoire diplomatique du Moyen-Orient moderne reste profondément marquée par le retrait britannique au début du siècle dernier : de cette même empreinte sont nés deux États aux trajectoires diamétralement opposées, Israël en 1947 et les Émirats arabes unis en 1971.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, Israël fait partie des puissances nucléaires de fait et dispose de plus de 300 ogives nucléaires. C’est un État surarmé qui compte sur le soutien quasi total des États-Unis, lesquels lui fournissent les armes les plus modernes et les plus ultrasophistiquées. Le territoire sur lequel se trouve cet État a été spolié à la Palestine. Après le retrait de la Grande-Bretagne, qui avait renoncé à son mandat en 1947, les Nations unies avaient partagé le territoire pour donner naissance à un État juif et un État arabe avec la bénédiction de Washington. La première guerre israélo-arabe (1948-1949) avait permis à cet État d’agrandir encore son territoire au détriment de celui de l’État arabe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Émirats arabes unis, quant à eux, ont été créés il y a tout juste 55 ans, en 1971. Issus du regroupement d’un noyau de peuplades et de confédérations tribales dispersées le long de la Côte des Trèves, les Émirats n’éveillaient, jusqu’aux années 1960, que peu d’intérêt international. Comme d’autres régions de la péninsule, cette société n’avait connu que la tyrannie de la pauvreté ; désormais, elle doit s’accommoder de celle de la richesse. Non point cette richesse qui provient d’une révolution industrielle ou de cet effort gigantesque qu’accomplit une société sur elle-même pour se soustraire au déterminisme de la nature — du génie de ses ingénieurs et de ses ouvriers comme en Europe ou au Japon lors de leurs révolutions industrielles —, mais celle-là même qui est le produit direct de la rente pétrolière. À partir de cette époque, événements politiques et pétroliers vont se succéder à une allure vertigineuse, telle une machine en folie que personne ne pouvait plus arrêter. Avec la manne pétrolière, les Émiratis ont vu se multiplier leurs richesses, leurs partisans et leurs courtisans.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la tente bédouine à la démesure géopolitique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre la trajectoire actuelle des Émirats arabes unis, il faut d’abord saisir le vertige psychologique qui a saisi ce pouvoir. En l’espace d’une seule génération, les Émiratis sont passés d&rsquo;un dénuement pastoral absolu — celui des tentes et des caravanes de chameaux — à une opulence insolente matérialisée par des gratte-ciels de cent étages. Cette métamorphose fulgurante a engendré une véritable euphorie de la puissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce saut temporel et technologique sans transition a nourri un besoin viscéral de reconnaissance, compensant la jeunesse de l’État par une verticalité architecturale et financière spectaculaire. Porté par cette richesse monumentale, le pouvoir d’Abou Dhabi s’est laissé griser par une forme d’hubris géopolitique. Ce sentiment d’invulnérabilité pousse aujourd’hui ses dirigeants à croire que la puissance financière permet de tout régenter, des alliances économiques aux destins des nations millénaires du monde arabe. C’est précisément ce tournis de la richesse qui explique l’agressivité de leur diplomatie et leur volonté de bousculer des équilibres régionaux complexes, au risque de la démesure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette diplomatie de la démesure ne surgit pas du néant ; elle réactive, sous des formes modernes, des codes comportementaux profondément ancrés dans l’histoire de la péninsule. Avant l’ère pétrolière, la survie dans ce désert hostile dictait des règles strictes, où la razzia et le contrôle forcé des routes commerciales et des caravanes constituaient la norme. L’adage populaire <em>«Chassez le naturel, il revient au galop»</em> trouve ici une résonance singulière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière les paravents technologiques et les fonds souverains d’Abou Dhabi, subsiste le réflexe atavique de s’accaparer les richesses d’autrui par la force ou l’ingérence. Qu’il s’agisse de monopoliser la gestion des ports stratégiques de la mer Rouge et d’Afrique, d’exploiter les ressources de pays en crise comme le Yémen ou le Soudan, ou de déstabiliser des économies régionales, la logique demeure identique. La prédation économique contemporaine n’est que la continuation, en costume de diplomate et en col blanc, des anciennes traditions de brigandage du désert.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière la vitrine financière de Dubaï et les investissements technologiques étalés par Abou Dhabi se cache ainsi un activisme régional qui s’apparente à une véritable métastase géopolitique. Du Yémen à la Libye, en passant par le Soudan et le Sahel, la diplomatie émiratie s’est traduite par une méthode constante : la déstabilisation et la fragmentation des États souverains. Cette ingérence permanente a fini par provoquer une onde de choc au Maghreb : le 10 septembre 2026, l’Algérie a officiellement rompu ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, sommant leur ambassadeur de quitter le territoire sous 48 heures et fermant son espace aérien aux appareils émiratis. En dénonçant une accumulation d’actes hostiles, Alger tirait les conséquences logiques d’une doctrine devenue incompatible avec la stabilité de la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette projection extérieure ne repose pourtant sur aucun socle national réel. Dépourvue de profondeur démographique et d’armée pléthorique, la monarchie d’Abou Dhabi a dû sous-traiter l’intégralité de sa sécurité et de sa projection de force : recrutement de mercenaires étrangers, cadres militaires occidentaux intégrés au commandement et financement massif de milices locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce modèle d’interventionnisme par procuration a connu une accélération brutale dans le sillage des soulèvements populaires de 2011, vécus à Abou Dhabi comme une menace existentielle pour la survie du régime. Pour étouffer dans l&rsquo;œuf toute dynamique démocratique ou alternative politique dans le monde arabe, la monarchie a projeté son appareil hybride bien au-delà du Golfe. La normalisation scellée avec Israël en 2020 est venue parachever cette construction : un calcul d’un pragmatisme froid visant à s’adosser au bouclier sécuritaire et technologique de l’axe israélo-américain pour poursuivre ses ingérences régionales sans en payer le prix diplomatique.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="tSqx8enX71"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/15/les-dessous-de-la-rupture-entre-lalgerie-et-les-emirats/">Les dessous de la rupture entre l’Algérie et les Émirats</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les dessous de la rupture entre l’Algérie et les Émirats » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/15/les-dessous-de-la-rupture-entre-lalgerie-et-les-emirats/embed/#?secret=fPhJRr1rJI#?secret=tSqx8enX71" data-secret="tSqx8enX71" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Le devoir de soumission et la faillite du parapluie sécuritaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce système qui sévit dans la région du Proche-Orient affiche une apparence institutionnelle — des gouvernements et des assemblées aux ordres —, mais il recouvre une réalité géopolitique tangible : un axe américano-israélien omniprésent et omniscient. Vers cette réalité convergent en fait, tous les fils qui animent et motivent les gesticulations des hommes et des rouages apparemment investis du pouvoir de décision au Proche-Orient. Cette convergence constitue la matrice du système américano-israélien. Elle fut longtemps recouverte d’un flou artistique savamment entretenu, destiné à donner l’illusion d’une répartition rationnelle des rôles dans la gestion des affaires régionales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’axe américano-israélien n’a pas d’alliés au Proche-Orient ; il n’a que des vassaux. La plupart des États arabes semblent avoir oublié cette réalité historique, ignorant le célèbre avertissement d’Henry Kissinger : <em>«Être l’ennemi de l’Amérique peut être dangereux, mais être son ami est fatal.»</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous les pressions conjointes de Washington et de Tel-Aviv — qui les contraignent à s’aligner contre l’Iran —, des pays en principe souverains se laissent réduire à la triste condition de satellite. Face à cet axe, beaucoup de dirigeants arabes ont adopté un réflexe de vassal et une attitude de servile soumission. En bradant leur indépendance et leur souveraineté nationales, ils ont franchi la ligne qui sépare le partenaire de l’inféodé, l’allié de la simple marionnette.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, une question fondamentale se pose aujourd’hui : en quoi a réellement servi cette prétendue protection ? L’épreuve des récents développements régionaux en dévoile toute l’illusion. Conçues à l’origine pour dissuader l’Iran et protéger les monarchies du Golfe, des installations comme la base aérienne d’Al Dhafra ou la base d’Al Minhad aux Émirats arabes unis accueillent d’importants contingents et équipements américains. Dans le cadre des escalades actuelles, ces infrastructures se sont transformées, malgré elles, en rampes de lancement et en plateformes de soutien logistique ou opérationnel pour les forces américaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réplique iranienne ne s’est pas fait attendre. Bien que le président iranien, Masoud Pezeshkian, ait explicitement déclaré que Téhéran n’avait <em>«aucun problème»</em> avec ses voisins du Golfe comme les Émirats, la présence militaire américaine à leurs frontières est perçue par l’Iran comme une menace directe et une justification légitime pour cibler ces installations en guise de représailles aux attaques américano-israéliennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conséquences stratégiques de cet engrenage sont cinglantes : au lieu de constituer un bouclier protecteur, les bases américaines ont agi comme de véritables aimants à missiles. Cette situation pousse désormais les Émirats arabes unis et d’autres États du Golfe à réévaluer leur dépendance sécuritaire vis-à-vis de Washington. Constatant l’extrême vulnérabilité de leur territoire, plusieurs pays de la région explorent aujourd’hui de nouvelles options diplomatiques et tentent d’initier des discussions directes avec Téhéran pour préserver leur propre sécurité nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les états-majors de Tel-Aviv, le constat demeure purement comptable : les Émirats arabes unis ne constitueront jamais la moindre menace militaire. Sans profondeur stratégique et bridée par une population nationale numériquement marginale, la monarchie ne risquera jamais de contester la suprématie israélienne. Pour l’État hébreu, la normalisation ne relève donc aucunement d’une alliance entre égaux, mais de l’intégration d’un auxiliaire financier et diplomatique parfaitement aligné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En laissant Abou Dhabi étendre ses tentacules au Yémen, au Soudan ou dans la Corne de l’Afrique, Israël applique une politique de laisser-faire méthodique. Ce rôle de sous-traitant sert les intérêts de Tel-Aviv : la diplomatie émiratie s’attelle à morceler les États arabes centraux, traquer l’opposition politique et verrouiller les voies maritimes, accomplissant la besogne sans qu’Israël n’ait à exposer ses propres soldats. En contrepartie, l’appareil sécuritaire israélien fournit à Abou Dhabi ses technologies de surveillance et son parapluie d’influence à Washington.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette convergence s’appuie sur une alliance d’intérêts où la ressource financière du Golfe offre la logistique matérielle à une logique de domination et de démantèlement des souverainetés. Comment les Émirats ne fascineraient-ils pas ? Pour séduire les cœurs et les esprits, Abou Dhabi se présente avec le visage affable d’une société accueillante, jouissant d’une opulence qui éclaire le monde arabe et promet la prospérité. Devenu maître des symboles, cet État se présente avec la séduisante apparence des enchanteurs de toujours. Mais derrière ce discours sur sa prétendue stature géopolitique se dessine la réalité d’un simple exécutant, au service d’une stratégie qui divise les pays arabes, neutralise la cause palestinienne et consolide l’hégémonie de son nouvel allié.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Afrique comme laboratoire de l&rsquo;ingérence émiratie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est sur le continent africain que l’expansionnisme émirati déploie ses effets les plus destructeurs. Sous le couvert d’investissements, d’aide humanitaire ou de coopération sécuritaire, Abou Dhabi a méthodiquement étendu son ombre sur le Soudan, la Libye et la Corne de l’Afrique. La méthode ne varie jamais : repérer des factions armées ou des hommes forts en rupture de ban, les inonder de capitaux et d’équipements militaires, puis verrouiller en échange les infrastructures névralgiques et les ressources du sous-sol.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Soudan, cette politique de parrainage a viré au désastre. Le soutien logistique et armé massif accordé aux Forces de soutien rapide (FSR) du général Hemedti alimente un conflit d’une violence inouïe. Les rapports d’experts des Nations unies et des ONG documentent un circuit économique parfaitement rodé : Dubaï sert de plaque tournante pour le blanchiment et le commerce de l’or extrait des zones de combat, dont les revenus financent de nouvelles cargaisons d’armes, tout en visant le contrôle direct du littoral de Port-Soudan sur la mer Rouge. Parallèlement, l’injection de fonds souverains émiratis dans les économies occidentales sert de bouclier diplomatique pour acheter la complaisance internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réputation de plaque tournante du blanchiment et des capitaux suspects déborde désormais largement le continent africain et le Moyen-Orient : le rappel récent de l’ambassadeur de Bulgarie aux Émirats, sur fond d’enquêtes anticorruption visant des sociétés écrans et des vols en jet privé au profit d’oligarques sanctionnés, en offre une illustration européenne frappante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Libye, le choix d’Abou Dhabi s’est porté sur le maréchal Khalifa Haftar. Au mépris des embargos de l’Onu, la monarchie a financé des ponts aériens, livré des drones de combat et acheminé des contingents de mercenaires pour appuyer l’offensive contre Tripoli, cherchant à bloquer toute transition démocratique et à mettre la main sur les mannes pétrolières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la Corne de l&rsquo;Afrique, l’ingérence prend la forme d’un verrouillage portuaire et sécuritaire. En contournant l’État central somalien pour signer des accords directs avec les régions du Somaliland et du Puntland, Abou Dhabi a sciemment fragilisé l’équilibre politique local afin de contrôler le détroit de Bab-el-Mandeb et d’assujettir le commerce maritime régional à ses propres intérêts.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="qzS4DnhzRZ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/08/la-tres-controversee-politique-etrangere-des-emirats-arabes-unis/">La très controversée politique étrangère des Émirats arabes unis</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La très controversée politique étrangère des Émirats arabes unis » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/08/la-tres-controversee-politique-etrangere-des-emirats-arabes-unis/embed/#?secret=a2Wo3fgseU#?secret=qzS4DnhzRZ" data-secret="qzS4DnhzRZ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L’Axe de revers : Israël-Émirats-Maroc</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après le Soudan et la Libye, le pouvoir émirati a étendu ses manœuvres au Sahel. Du Mali au Niger, Abou Dhabi s’est immiscé dans un espace frontalier hautement inflammable, instrumentalisant la fragilité des juntes militaires locales pour y installer ses réseaux d’influence. Sous couvert d’aide financière, la monarchie injecte des capitaux qui ravivent les tensions communautaires, contraignant Alger à maintenir une vigilance militaire constante sur un périmètre stratégique immense : l’Algérie partage en effet plus de 6 385 kilomètres de frontières terrestres avec ses sept pays voisins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous ces pays limitrophes connaissent une période de grande instabilité — conflits fratricides, tensions ethniques, prolifération de groupes terroristes et crises migratoires d’une ampleur dramatique. Cette ceinture d’instabilité représente une menace permanente pour la région subsaharienne et le Maghreb. Pour préserver son intégrité territoriale, l’Algérie doit mobiliser des ressources considérables afin de contrecarrer les effets déstabilisateurs subis par ces populations déplacées et contenir les flux d&rsquo;insécurité importés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Alger, ces agissements s’inscrivent dans la réalité matérielle d’une alliance de revers formalisée dans le sillage des Accords d’Abraham de 2020. La répartition des rôles s’y opère avec une rigueur limpide. D’une part, Israël assure la fourniture d’équipements de pointe, notamment des logiciels d’infiltration cybernétique comme Pegasus, des drones de combat et des systèmes de guerre électronique. D’autre part, Abou Dhabi assume le rôle de bailleur de fonds global en mobilisant sa manne pétrolière pour financer ces contrats tout en activant ses relais diplomatiques. Enfin, le Maroc offre son territoire pour maintenir une pression politique et militaire continue sur la frontière occidentale de l’Algérie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette stratégie de fait s’est matérialisée par des actes précis visant à imposer un fait accompli contraire au droit international : ouverture de représentations diplomatiques fictives à Laâyoune, accords de défense autorisant la présence de cadres militaires israéliens au Maroc et soutien financier à des foyers d’instabilité au Sahel. Face à cette géopolitique du fait accompli, l’Algérie oppose la force du droit international : le principe inaliénable de l’intangibilité des frontières héritées de la décolonisation, le respect des résolutions de l’Onu et le refus absolu de toute ingérence étrangère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’activisme d’Abou Dhabi ne réussit pas à masquer les faiblesses structurelles du modèle émirati. La diplomatie du chéquier et la sous-traitance sécuritaire ne fabriquent pas une puissance géopolitique durable. Dépourvu de profondeur territoriale et de légitimité historique, l’État émirati repose sur un équilibre extrêmement fragile. Son économie dépend entièrement du dessalement d’eau de mer, des flux logistiques internationaux et de sa réputation bancaire. Il suffirait d’une étincelle dans le Golfe pour que la narration de la stabilité s’effondre et que les capitaux s’envolent. Dès qu’il se heurte à des États nationaux structurés, le modèle révise d’ailleurs rapidement ses prétentions. L’arbitrage saoudien en a offert la preuve : lorsque Riyad a exigé la fin de ses manœuvres autonomes, Abou Dhabi s’est exécuté et s’est retiré sans résistance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux tentatives d’encerclement de cet axe de revers, l’Algérie cherche à desserrer l’étau et à éviter de se retrouver prise en tenaille en déployant une stratégie de neutralisation rigoureuse — le voisin marocain à l’Ouest, les milices libyennes sous perfusion à l’Est et les brasiers sahéliens au Sud. Au Sahel, la diplomatie algérienne a réactivé ses canaux avec Niamey et Bamako, rappelant aux décideurs locaux que la sécurité durable du Sahara dépend de la coopération transfrontalière et non de promesses financières volatiles. Sur le flanc oriental, elle arrive à colmater la brèche : un dispositif militaire étanche le long de la frontière libyenne a contenu tout risque de débordement. Dans ce schéma, la Tunisie s’affirme comme un partenaire souverain et indéfectible : la convergence entre Alger et Tunis consolide un axe de stabilité au nord-est du Maghreb et contribue à préserver cet espace de toute tentative d’ingérence ou de déstabilisation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le bouclier algérien :  souveraineté et dignité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les analyses suggérant que l&rsquo;Algérie devrait renoncer à son soutien à la cause palestinienne pour se replier sur ses enjeux intérieurs méconnaissent profondément les fondements de sa doctrine. Hérité de la guerre de libération de 1962, cet engagement envers la justice et la libération des peuples est consubstantiel à l&rsquo;identité politique du pays. Une diplomatie fondée sur des principes demeure le meilleur rempart contre l&rsquo;isolement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Algérie s&rsquo;est forgée à travers les tempêtes de son histoire. Ce ne sont certainement pas les manœuvres d’un État récent, dépendant de capitaux et de prestataires privés, qui entameront sa trajectoire. En tranchant par la décision du 10 septembre 2026 — la rupture des canaux diplomatiques, l’expulsion de l’ambassadeur émirati et la fermeture de l’espace aérien —, l’Algérie a rappelé une vérité fondamentale : sa souveraineté ne s’achète pas, elle ne se négocie pas et elle ne cédera devant aucun marchand d’illusion.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&nbsp;* Médecin algérien au Canada.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="172Nm6xu3d"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/05/israel-vole-au-secours-des-emirats-pendant-la-guerre-diran/">Israël vole au secours des Émirats pendant la guerre d’Iran</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Israël vole au secours des Émirats pendant la guerre d’Iran » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/05/israel-vole-au-secours-des-emirats-pendant-la-guerre-diran/embed/#?secret=2AETitoiC1#?secret=172Nm6xu3d" data-secret="172Nm6xu3d" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/21/lalgerie-dit-non-a-la-diplomatie-du-chequier-des-emirats/">L’Algérie dit non à la diplomatie du chéquier des Émirats</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Révélations &#124; Hassan II derrière la victoire d&#8217;Israël de 1967</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Sep 2026 07:02:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un ex-chef du Mossad revient sur l’appui de Hassan II à Israël lors d'un sommet de la Ligue arabe en 1965 à Casablanca.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/19/revelations-hassan-ii-derriere-la-victoire-disrael-de-1967/">Révélations | Hassan II derrière la victoire d&rsquo;Israël de 1967</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le rapprochement entre le Maroc et Israël franchit une nouvelle étape. Les deux pays, qui ont renoué leurs relations diplomatiques en 2020, prévoient d’ouvrir chacun une ambassade. Cette nouvelle étape a été annoncée mercredi 16 septembre 2026 à New York, sous l’égide des États-Unis.</em></strong> <strong><em>Les relations entre Rabat et Tel Aviv, dont beaucoup d’observateurs sous ces cieux se disent encore choquées, ne datent pourtant pas d’aujourd’hui. Elles remontent aux années… soixante du siècle dernier, en plein conflit entre l’Etat hébreu et l’Egypte. Les langues se délient et l’histoire remonte à la surface. </em></strong><em>(Photo : Hassan II recevant Nasser à Casablanca en 1965).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Habib Glenza</strong></p>



<span id="more-19668668"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Les révélations d’anciens généraux israéliens sur les liens entre le Maroc et leur pays se succèdent depuis quelque temps. Cette fois, c’est au&nbsp;tour de Shlomo Gazit, ex-chef du renseignement militaire, de revenir sur l’appui de Hassan II au Mossad à l’occasion de la tenue d’un sommet de la Ligue arabe en septembre 1965 à Casablanca.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après Meir Amir, le chef du Mossad (1963-1968), c’est un autre haut cadre du renseignement israélien qui évoque le soutien de Hassan II à ses services.&nbsp;<a href="http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4866702,00.html" target="_blank" rel="noopener">Le général Shlomo Gazit avance</a>, dans des déclarations au quotidien&nbsp;<em>Yedioth Ahronoth</em>, que l’appui du monarque a été déterminant pour l&rsquo;armée israélienne&nbsp;pendant la guerre des Six Jours, du 5 au 10 juin 1967.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son témoignage, l’ancien chef du renseignement militaire souligne que le royaume a permis aux Israéliens de suivre minute par minute le sommet de la Ligue arabe de 1965, tenu du 13 au 18 septembre à Casablanca, consacré exclusivement à l’examen des conditions de préparation des armées arabes dans la perspective d’une nouvelle confrontation avec Israël. La réunion était réservée aux chefs d’Etat, aux chefs des renseignements et aux généraux des armées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">A Casa, les chefs d&rsquo;Etat arabes sur table d&rsquo;écoute israélienne </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce à ces informations, Tel-Aviv avait pu se rendre compte de la faiblesse des armées de ses<em> «voisins»</em>.&nbsp;<em>«Cette rencontre a non seulement révélé que les rangs arabes étaient divisés – d’importantes disputes ont éclaté, par exemple, entre le président égyptien Gamal Abdel Nasser et le roi Hussein de Jordanie – mais aussi que les pays arabes étaient mal préparés à la guerre»</em>, raconte Shlomo Gazit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Israël a préparé la guerre des Six Jours en s’appuyant sur la masse considérable de renseignements issus des enregistrements effectués par les Marocains à Casa, et les commandants de Tsahal étaient convaincus de pouvoir l’emporter.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Ces enregistrements, qui constituaient une véritable prouesse en matière de renseignement, nous ont montré deux choses : d’une part, que les États arabes se dirigeaient vers un conflit auquel nous devions nous préparer ; d’autre part, que leurs discours sur l’unité arabe et la formation d’un front uni contre Israël ne reflétaient pas une réelle unanimité entre eux»</em>, a déclaré le général de division Gazit, alors chef du département de recherche du renseignement militaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce à ces enregistrements, conjugués à d’autres sources, <em>«nous savions à quel point ils étaient mal préparés à la guerre.</em> <em>Nous en avons conclu que le corps blindé égyptien se trouvait dans un état lamentable et n&rsquo;était pas prêt au combat»</em>, a poursuivi Gazit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Gazit, les informations contenues dans ces enregistrements confirmaient <em>«notre conviction, au sein du haut commandement de Tsahal, que nous allions remporter une guerre contre l’Égypte. Si les prédictions funestes et le sentiment d’une défaite imminente prévalaient chez la majorité des Israéliens ainsi que chez les responsables extérieurs à l’appareil de défense, nous, nous avions confiance en notre force.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux ans après cette opération, qualifiée par le chef du Mossad de l’époque comme «<em>l’une des gloires suprêmes du renseignement israélien»</em>, le Premier ministre Levi Eshkol (21 juin 1963-26 février 1969) donnait l’ordre à son aviation de bombarder les aéroports égyptiens et jordaniens. Une opération couronnée de succès pour la partie israélienne&nbsp;; presque tous les avions de chasse de l’Egypte avaient été détruits. Ces raids rapides avaient également balisé le terrain aux corps de blindés, leur permettant d’occuper d’un seul coup la Bande de Gaza, le Sinaï, le Golan et Jérusalem-Est.</p>



<h2 class="wp-block-heading">En contrepartie : la tête de Mehdi Ben Barka</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’appui du Maroc, dont fait état le général Shlomo Gazit, n’a pas été sans contrepartie. Un mois après le sommet de la Ligue arabe à Casablanca, des agents du Mossad étaient impliqués dans l’opération d’enlèvement et d&rsquo;assassinat de Mehdi Ben Barka, le 29 octobre 1965 à Paris. Ils avaient suivi les déplacements de l’opposant de Hassan II, mission rendue possible grâce à la présence d&rsquo;une antenne du Mossad sur le territoire français, depuis cinq années, avec&nbsp;la bénédiction de Charles de Gaulle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est justement ce bureau qui avait permis de piéger Ben Barka avec le projet de film historique d’une part&nbsp;; de faciliter aux agents des services secrets marocains l&rsquo;entrée en France avec de faux passeports d’autre part. Dans cette opération, l’aide israélienne au Maroc avait été autorisée par le&nbsp;Premier ministre, Levi Eshkol et le&nbsp;chef du Mossad, Meir Amir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>L’autoroute Donald J. Trump, colonne vertébrale du Sahara occidental</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/18/lautoroute-donald-j-trump-colonne-vertebrale-du-sahara-occidental/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Sep 2026 07:57:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Autoroute Donald Trump]]></category>
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		<category><![CDATA[Sahara Occidental]]></category>
		<category><![CDATA[voie express Tiznit-Dakhla]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«La voie express Tiznit-Dakhla a été baptisée Autoroute Donald J. Trump» par le roi Mohammed VI. Derrière la flatterie, des calculs politiques. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/18/lautoroute-donald-j-trump-colonne-vertebrale-du-sahara-occidental/">L’autoroute Donald J. Trump, colonne vertébrale du Sahara occidental</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>«La voie express Tiznit-Dakhla a été baptisée Autoroute Donald J. Trump», l’annonce a été faite par Maghreb Arabe Presse (MAP), l’agence de presse officielle marocaine, quand elle a rendu publique une lettre envoyée par le roi Mohammed VI le 2 juillet 2026 au président américain pour annoncer sa décision. Le souverain y souligne vouloir ainsi remercier M. Trump pour sa «reconnaissance historique de la souveraineté du Maroc en 2020 sur son Sahara qui restera à jamais gravée dans la mémoire des Marocains. En hommage à ce témoignage d’amitié et de paix, j’ai pris la décision de baptiser l’une des infrastructures routières les plus importantes du royaume du nom d’Autoroute Donald J. Trump». L’ouvrage s’étend sur 1055 kilomètres, ce qui en fait la plus longue infrastructure routière d’Afrique. Suffisant pour satisfaire la folie de grandeur du président américain.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-19664374"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Il convient de rappeler qu’en décembre 2020, Trump avait apporté son soutien à un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour le Sahara occidental, en contrepartie d’une normalisation des relations du Maroc avec Israël dans le cadre des Accords d’Abraham.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le magazine américain <a href="https://www.politico.com/news/magazine/2026/09/13/morocco-trump-highway-middle-east-01041989" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Politico</a> a publié une enquête de Memphis Barker intitulée <em>«L’avenir du Sahara occidental passe par l’autoroute Donald J. Trump»</em>, une voie de 1 055 kilomètres qui semble jouer un rôle inhabituel dans la stratégie du président pour le Moyen-Orient. Pour le Royaume chérifien, cette autoroute au nom du président américain qui a reconnu sa souveraineté sur le Sahara occidental est une illustration de la domination exercée sur ce territoire et du bras de fer que le royaume est en train de remporter à l’international concernant cet épineux dossier. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette voie, anciennement connue sous le nom de Route Nationale 1, est la plus longue du Maroc et d’Afrique. Elle a été rebaptisée en l’honneur de Trump par le roi Mohammed VI, en signe de reconnaissance au président américain qui a reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental en 2020.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de son voyage sur cette route, qui porte encore son nom d’origine, l’autoroute Tiznit-Dakhla, dont la première phase débute dans la région de Guelmim-Oued Noun, le journaliste américain n’a remarqué ni le nom de Trump ni un drapeau américain. <em>«Oui, j’en ai entendu parler dans les journaux»</em>, a déclaré le propriétaire d’un café routier où s’arrêtent les camions. Un autre homme, Ibrahim, a grommelé : <em>«C’est la politique»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Barker indique que parmi tous les hôtels, lieux de divertissement et cryptomonnaies portant le nom de Donald J. Trump, aucun n’égale cette autoroute en termes d’importance géopolitique.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Derrière le discours flatteur se cache un rêve plus grand</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 2015, le roi Mohammed VI annonçait son projet de construction d’une autoroute plus longue que toutes celles existantes dans le pays. Il affirmait que cette voie renforcerait la position du Sahara comme pôle économique et reconnecterait le Maroc à ses racines africaines mais elle poursuivait également un objectif plus ambitieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre du <em>«Plan de développement des régions du Sud»</em>, nom officiel donné par le régime au Sahara occidental, le roi a présenté un plan visant à consolider le contrôle marocain sur le territoire. Il a également promis de construire des ports, de lancer des programmes de protection sociale et d’intégrer les Sahraouis au tissu social marocain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Politico</em> ajoute que derrière ce discours flatteur pour les Nations Unies se cache un rêve plus grand. Depuis que la France et l’Espagne ont abandonné leurs protectorats marocains dans les années 1950, la dynastie alaouite au pouvoir, dont le roi Mohammed VI est le vingt-troisième monarque, a une priorité : la reconquête du Sahara occidental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La région est riche en ressources naturelles, du phosphate aux poissons mais cette volonté de reconquête du Sahara occidental trouve son origine dans le sentiment que les colonisateurs européens, en se retirant, ont tracé arbitrairement les frontières du Maroc, les jugeant trop étroites pour un pays dont la domination s’étendait autrefois au sud (à travers le Mali, la Mauritanie et le Sénégal) et à l’est (à travers des parties de l’Algérie actuelle).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son discours de 2015 commémorant le 40<sup>e</sup> anniversaire de la Marche Verte, lors de laquelle 350 000 personnes ont franchi la frontière pour se réfugier au Sahara occidental et ont contraint l’Espagne, qui contrôlait le territoire depuis longtemps, à accélérer son retrait, le roi Mohammed VI a déclaré : <em>«J’ai décidé de consacrer tous les moyens disponibles à la restauration de l’intégrité territoriale du Royaume»</em>. Grâce à ces dépenses massives, totalisant environ 8 milliards de dollars, il espère surmonter le principal obstacle qui freine encore l’expansion du Maroc à&nbsp;savoir la réticence du peuple sahraoui à rejoindre le Maroc.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Sahara occidental gardé par 100 000 soldats marocains</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La région est le théâtre d’une guerre intermittente menée par le Maroc contre le Front Polisario, qui revendique l’indépendance du territoire. Les affrontements militaires se déroulent généralement à l’abri des regards, derrière une digue de sable de trois mètres de haut qui traverse le désert. Construite dans les années 1980 et toujours gardée par 100 000 soldats marocains, cette zone est l’une des plus minées au monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans sa lettre à Trump confirmant le nouveau nom de l’autoroute, le roi Mohammed VI a exprimé sa profonde gratitude. Il a écrit que la décision du président en 2020 de reconnaître la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental <em>«restera à jamais gravée dans la mémoire des Marocains»</em>. En retour, le roi a normalisé les relations avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham, une mesure controversée dans un pays où la population soutient fortement la cause palestinienne. Cependant, cette initiative s’est avérée bien plus fructueuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant l’intervention de Trump, la question de la souveraineté définitive sur le Sahara occidental restait en suspens sous l’égide des Nations Unies, qui avaient tenté, sans succès, de réunir les conditions d’un référendum après avoir négocié un cessez-le-feu en 1991. Suite à la reconnaissance de Trump, la situation a commencé à évoluer en faveur du Maroc. La France, l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Union européenne soutiennent désormais le projet du roi d’accorder <em>«l’autonomie»</em> au Sahara occidental sous son autorité. La plupart des États africains et arabes ont déjà donné leur accord.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En baptisant la route du nom de Trump, le roi a rappelé aux derniers opposants, notamment le Front Polisario et ses alliés algériens, le soutien de la Maison-Blanche à la revendication de souveraineté du Maroc. Le président américain a écrit sur Truth Social : <em>«J’espère emprunter un jour cette grande route et j’espère bientôt!»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Politico a également indiqué que le Maroc interdisait depuis des années l’accès au Sahara occidental aux journalistes étrangers non accompagnés. En mai 2025, deux journalistes italiens, déguisés en touristes, ont été arrêtés à l’entrée de Laâyoune, capitale administrative de la région, puis conduits vers le nord et expulsés. Un journaliste espagnol avait subi le même sort quelques semaines auparavant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, les autorités marocaines ont récemment commencé à inviter des personnalités politiques occidentales à visiter la ville et la compagnie aérienne low-cost Ryanair propose désormais des <em>«aventures marocaines»</em> à Dakhla, la péninsule située à l’extrémité sud de l’Autoroute Donald Trump, qui se positionne comme une destination prisée des kitesurfeurs. À la surprise générale des Sahraouis, le réalisateur britannico-américain Christopher Nolan y a tourné des scènes de son film <em>‘‘Odyssey’’</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une atmosphère pesante dans les «territoires du Sud»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis des décennies, le gouvernement attire les Marocains vers le sud grâce à des impôts plus bas, des salaires plus élevés, des subventions sur l’alimentation et le carburant, et la promesse d’un meilleur niveau de vie. On estime aujourd’hui que la majorité des quelque 600 000 habitants de la région sont originaires du nord. Cela suffirait, si le droit de vote à un éventuel référendum était étendu aux personnes arrivées après 1974, comme le souhaite Rabat, afin de faire basculer le vote en sa faveur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Memphis Barker a constaté une atmosphère pesante à Laâyoune, malgré les affirmations du gouvernement selon lesquelles tous ces investissements portent leurs fruits, même si les <em>«territoires du Sud»</em> ne représentent qu’un faible pourcentage de l’économie globale, estimé à environ 4% du PIB. Ce pourcentage est toutefois en augmentation, la région de Laâyoune a enregistré la plus forte croissance économique parmi les régions du pays en 2024, 7,4 %, selon les chiffres officiels. Elle affiche également le taux de pauvreté le plus bas du Maroc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le PIB par habitant s’élève à 74 000 dirhams (7900 dollars américains), soit plus de deux fois et demie celui de la région de Marrakech, qui attire chaque année un grand nombre de touristes. Les critiques soulignent que plus d’un tiers de cette somme est alloué aux forces de sécurité. Bien que l’on dise généralement que les Sahraouis qui se sont retirés de la vie politique ne subissent aucune discrimination sur le marché du travail, beaucoup peinent encore à trouver un emploi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chômage dans la région a atteint 22% en 2024, un taux nettement supérieur à la moyenne nationale de 13%. Un Sahraoui a déclaré : <em>«C’est une farce. Ils construisent tout ça mais nous n’en profitons pas. Ni du phosphate ni du poisson ni des tomates»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le nord du pays, certains Marocains se demandent si toutes ces dépenses consacrées aux régions du sud n’ont pas contribué au désespoir qui s’est emparé d’autres parties du pays, poussant de nombreux jeunes à traverser la frontière à la nage pour rejoindre Ceuta.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le mouvement indépendantiste du Sahara s’essouffle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement, le mouvement indépendantiste du Sahara occidental s’essouffle. En 2010, Rabat a écrasé le dernier grand défi à son autorité : un immense campement de protestation rassemblant 20 000 personnes aux abords de Laâyoune. Ses leaders étudiants sont désormais emprisonnés. Il ne reste du mouvement de protestation populaire dans la ville que des graffitis effacés à la hâte –<em>«Libérez les prisonniers»</em>– et de brefs rassemblements menés par des femmes, comme les chants qui ont suivi l’élimination du Maroc de la Coupe du monde en juillet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Militairement, le Front Polisario est lui aussi en perte de vitesse. Il est impuissant face aux drones marocains, qui anéantissent facilement les combattants qui sillonnaient les dunes à bord de Land Cruisers équipés de lance-roquettes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 28 juillet, l’ambassadeur des États-Unis au Maroc, Richard Duke Buchan, fut l’un des premiers hauts responsables américains à fouler le sol de Laâyoune. Sur sa plateforme X, il publia une photo de lui devant le grand et impeccable McDonald’s de la ville, accompagnée du message suivant : <em>«Des tajines du désert aux doubles hamburgers américains, Laâyoune a tout pour plaire»</em>. Il conclut sa publication par : <em>«Sahara marocain, j’adore !»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À terme, Rabat espère obtenir davantage –peut-être un consulat américain à part entière à Laâyoune– mais surtout, la poursuite du dialogue diplomatique pour résoudre le conflit persistant concernant le statut contesté du Sahara occidental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Riccardo Fabiani, directeur pour l’Afrique du Nord à l’International Crisis Group, affirme que le projet de rattachement du Sahara occidental accapare <em>«80 à 90 % de l’attention de tous les ministères»</em> et que les pressions américaines détermineront la suite des événements étant donné que Washington est le principal interlocuteur sur la question du Sahara occidental aux Nations Unies et le renouvellement du mandat de la mission, prévu le 31 octobre, pourrait mettre un terme définitif à cette opération de maintien de la paix vieille de 35 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Massad Boulos, envoyé spécial du président Trump pour les affaires arabes et africaines, mène des négociations directes et rares, entre l’Algérie, le Maroc et le Front Polisario. Il pourrait exercer une pression accrue sur les opposants à Rabat pour qu’ils acceptent le plan d’autonomie du roi, allant jusqu’à menacer de désigner le Front comme organisation terroriste, l’excluant ainsi de facto du processus de négociation. Il pourrait même relancer la demande du Maroc d’un vote sur le statut du Sahara occidental à l’AG de l’Onu, un vote que des années d’efforts diplomatiques ont déjà assuré au Maroc une victoire probable. Le mois dernier encore, la Colombie a déclaré son soutien total à la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2021, Rabat a poussé 8 000 migrants à travers la frontière vers Ceuta pour protester contre la prise en charge médicale par l’Espagne de Brahim Ghali, le dirigeant de 76 ans du Front Polisario. <em>Politico</em> indique que le dernier afflux datant de cet été, bien plus important, semble être spontané cependant, la décision du Maroc de ne pas entraver le passage des migrants suggère une volonté de satisfaire et de plaire à la Maison-Blanche qui considère le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sánchez comme l’incarnation de tous les maux de l’Europe : partialité anti-israélienne, soutien à l’immigration et insuffisance des dépenses de défense.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/18/lautoroute-donald-j-trump-colonne-vertebrale-du-sahara-occidental/">L’autoroute Donald J. Trump, colonne vertébrale du Sahara occidental</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Phosphate &#124; Washington lorgne le Maroc et la Tunisie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Sep 2026 06:52:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Ghazi Ben Ahmed]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Mohsine El Ahmadi]]></category>
		<category><![CDATA[phosphate]]></category>
		<category><![CDATA[Sabina Henneberg]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Etats-Unis s'intéressent au phosphate marocain et tunisien pour assurer ses approvisonnements en engrais chimiques. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/18/phosphate-washington-lorgne-le-maroc-et-la-tunisie/">Phosphate | Washington lorgne le Maroc et la Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Géopolitique des ressources, souveraineté alimentaire et occasion stratégique pour la Tunisie… Notre phosphate intéresse Washington. Celui des Marocains aussi. Mais derrière cette attention américaine se cache une question autrement plus importante pour notre pays : comment une richesse minière nationale, longtemps présentée comme un pilier de l’économie, pourrait-elle devenir un atout stratégique dans la nouvelle guerre mondiale des engrais et de la sécurité alimentaire ? Et surtout, la Tunisie saura-t-elle transformer ses réserves et ses capacités industrielles en véritable influence économique, plutôt que de rester un fournisseur fragilisé par ses propres blocages ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-19664182"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px;height:auto"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">L’analyse publiée par le Washington Institute for Near East Policy, sous le titre <em>«The Phosphate Pivot : Why Morocco and Tunisia Matter to U.S. Food Security»</em> (<em>«Le pivot du phosphate : pourquoi le Maroc et la Tunisie sont importants pour la sécurité alimentaire des États-Unis»</em>), place les deux pays du Maghreb au cœur d’une réflexion stratégique américaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un signal qui mérite une attention particulière à Tunis, où le phosphate demeure une ressource économique et industrielle majeure, mais dont le potentiel est régulièrement entravé par les difficultés de production, de transport et de gouvernance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Chine ferme le robinet : l’Amérique découvre la fragilité de sa souveraineté alimentaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Premier transformateur mondial d’engrais, la Chine a fortement réduit ses exportations de phosphates en mars 2025. Selon le think tank américain, les exportations seraient passées de 950 000 tonnes à seulement 13 000 tonnes en un seul mois. L’institut rappelle également que Pékin a officialisé, en décembre, la suspension des exportations jusqu’en août 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le même temps, les prix du phosphate diammonique (DAP), l’un des engrais phosphatés les plus couramment utilisés, ont bondi de 28 % en un an. Les auteurs de l’analyse, Ghazi Ben Ahmed, Sabina Henneberg et Mohsine El Ahmadi, décrivent les conséquences pour l’agriculture américaine : <em>«Les agriculteurs américains, qui se préparaient aux semis de printemps, ont été confrontés à une pénurie d’approvisionnement et à l’absence d’alternative fiable en perspective.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Washington a alors découvert une réalité peu confortable : la sécurité alimentaire des États-Unis pouvait être exposée aux décisions d’une puissance considérée comme rivale. Le phosphate a ainsi été ajouté à la liste américaine des minerais critiques pour 2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais une inscription sur une liste ne produit ni engrais ni récoltes. Elle ne construit pas d’usines, ne sécurise pas les ports et ne garantit pas les livraisons aux agriculteurs. La vraie question est donc celle de l’approvisionnement : où trouver des sources fiables, diversifiées et politiquement sécurisées de phosphate ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les auteurs résument leur approche en ces termes : <em>«La solution ne réside pas dans le remplacement d’une dépendance par une autre, mais dans la mise en place d’un réseau diversifié de fournisseurs fiables, de capacités de production redondantes et de partenariats industriels politiquement alignés.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est précisément ici que la Tunisie devrait commencer à regarder les cartes géopolitiques avec davantage d’attention.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Maroc : une puissance phosphatière que Washington ne peut ignorer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec environ 70 % des réserves mondiales connues de phosphate, le Maroc constitue le premier maillon évident de la stratégie américaine de sécurisation des approvisionnements. À travers le groupe OCP, le Royaume a développé d’importantes capacités de raffinage, de transformation et de production d’engrais. Il investit également dans les chaînes d’approvisionnement africaines et dans des partenariats technologiques liés à l’agriculture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’intérêt américain pour le Maroc ne relève donc pas seulement de ses réserves minières. Il repose aussi sur sa capacité à transformer la matière première, à développer une industrie des engrais et à s’insérer dans des réseaux commerciaux et technologiques internationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les États-Unis possèdent eux-mêmes des gisements de phosphate, notamment en Floride, dans l’Idaho et en Caroline du Nord. Toutefois, leur production nationale connaît un déclin structurel depuis plusieurs décennies. Selon les auteurs, <em>«les réserves américaines ne représentent qu’une fraction de celles du Maroc, et les coûts d’extraction augmentent»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Washington, le Maroc offre ainsi une combinaison de ressources naturelles, de capacités industrielles et d’alignement géopolitique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Royaume est présenté comme le plus ancien allié africain des États-Unis, une relation formalisée par le Traité d’amitié de 1786, toujours en vigueur. Ce partenariat a été renforcé en 2004, lorsque le Maroc a été désigné comme Allié majeur non membre de l’Otan, reconnaissant son rôle de partenaire de sécurité et de porte d’entrée entre l’Afrique, l’Europe et le monde atlantique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les auteurs soulignent également les liens économiques étroits du Maroc avec l’Europe et les États-Unis. Dans leur lecture, le Royaume représente un pilier de stabilité, de modération et d’engagement transatlantique dans une région méditerranéenne de plus en plus soumise à la compétition géopolitique et aux influences extérieures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur conclusion est explicite : tout effort sérieux visant à construire une infrastructure robuste d’approvisionnement en engrais, compatible avec les intérêts occidentaux en matière de sécurité des chaînes d’approvisionnement au Maghreb, doit commencer par le Maroc. Le Royaume dispose déjà d’une position dominante dans l’économie mondiale du phosphate.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et la Tunisie dans tout cela ? Le second nœud que Washington ne peut négliger</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à ce moment précis que l’analyse devient particulièrement intéressante pour les Tunisiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le Maroc, malgré sa puissance phosphatière, ne peut à lui seul garantir la résilience à long terme de l’approvisionnement occidental en engrais. Les auteurs estiment que sa domination rend justement nécessaire la création d’un second nœud d’approvisionnement. Et ce second nœud, selon eux, pourrait être la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La formule mérite d’être soulignée : la Tunisie ne serait pas simplement un concurrent du Maroc, mais un complément logique dans une architecture régionale de sécurisation des engrais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi ? Parce qu’une chaîne d’approvisionnement concentrée dans un seul pays, même performant et allié, présente une fragilité intrinsèque. Une panne industrielle, une crise politique, un problème logistique, un conflit social ou une perturbation des exportations peut rapidement affecter l’ensemble du système.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La diversification devient donc une exigence stratégique. Et c’est précisément ce qui redonne à la Tunisie une place potentiellement importante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pays possède une longue expérience de l’exploitation et de la transformation du phosphate. Son secteur a historiquement contribué aux exportations, à l’activité industrielle et aux recettes économiques. Pourtant, ses capacités restent exposées à des difficultés récurrentes : perturbations de la production, tensions sociales, contraintes logistiques et fragilités de la gouvernance industrielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe tunisien est brutal : une ressource qui pourrait contribuer à renforcer la souveraineté économique et l’influence internationale du pays devient aussi le miroir de ses insuffisances productives et institutionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que les États-Unis cherchent à réduire leur vulnérabilité face à la Chine, la Tunisie devrait se demander comment réduire ses propres vulnérabilités : celles qui empêchent de produire régulièrement, de transporter efficacement et de valoriser davantage le phosphate.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="nzVCvlsU1O"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/09/subvention-americaine-de-15-million-de-dollars-pour-un-projet-dans-le-phosphate-tunisien/">Subvention américaine de 1,5 million de dollars pour un projet dans le phosphate tunisien ! </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Subvention américaine de 1,5 million de dollars pour un projet dans le phosphate tunisien !  » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/09/subvention-americaine-de-15-million-de-dollars-pour-un-projet-dans-le-phosphate-tunisien/embed/#?secret=ldF3m7J2P2#?secret=nzVCvlsU1O" data-secret="nzVCvlsU1O" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le phosphate tunisien : une occasion stratégique, pas une simple mine à exploiter</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’analyse américaine ne dit pas que la Tunisie dispose déjà des mêmes capacités que le Maroc. Elle met plutôt en évidence la complémentarité potentielle des deux pays dans un système d’approvisionnement plus diversifié.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la Tunisie, cette perspective ouvre plusieurs questions industrielles et économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment renforcer la fiabilité de la production ? Comment améliorer les infrastructures de transport et d’exportation ? Comment développer davantage la transformation locale et les engrais à plus forte valeur ajoutée ? Comment attirer des partenariats industriels et technologiques capables d’inscrire le phosphate tunisien dans des chaînes de valeur internationales plus solides ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces questions sont d’autant plus importantes que la sécurité alimentaire ne dépend pas seulement des terres agricoles ou de la disponibilité de l’eau. Elle dépend aussi de l’accès aux engrais, dont le phosphate constitue un élément essentiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les États-Unis, la sécurisation des approvisionnements est devenue une question de souveraineté stratégique. Pour la Tunisie, elle pourrait devenir une occasion de repenser son propre modèle industriel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais une occasion ne se transforme pas automatiquement en résultat. Elle exige des infrastructures, des investissements, une gouvernance prévisible, des capacités productives et une stratégie de long terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Maroc a engagé une stratégie combinant extraction, industrie et géopolitique. Les auteurs soulignent notamment le rôle de ses infrastructures tournées vers l’Atlantique, dont le complexe portuaire de Tanger Med, qui contribue à relier l’Europe, l’Afrique et les grandes routes commerciales maritimes mondiales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie, de son côté, doit réfléchir à la manière dont elle peut valoriser ses propres atouts géographiques, industriels et portuaires pour renforcer son intégration dans les chaînes d’approvisionnement internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Washington cherche la sécurité alimentaire. Tunis doit chercher la stratégie industrielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message du Washington Institute est finalement plus large qu’une simple analyse des réserves de phosphate. Il décrit une transformation de la géopolitique des matières premières : les minerais essentiels, les engrais et les infrastructures industrielles deviennent des instruments de résilience économique et de sécurité nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Chine a rappelé aux États-Unis les risques d’une dépendance excessive. Le Maroc apparaît comme un fournisseur stratégique disposant d’une position dominante. La Tunisie est identifiée comme un complément possible, capable de contribuer à la diversification de l’approvisionnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais pour que cette reconnaissance se transforme en bénéfice concret, la Tunisie devra dépasser la logique de la ressource extraite et vendue. Elle devra renforcer la transformation industrielle, la fiabilité de la production et la capacité à nouer des partenariats durables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le phosphate tunisien intéresse Washington parce qu’il peut contribuer à résoudre un problème américain. La question est désormais de savoir si Tunis saura utiliser cet intérêt pour résoudre ses propres problèmes économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sinon, le phosphate restera une richesse géologique à la merci des blocages terrestres, tandis que d’autres pays transformeront la géologie en puissance industrielle, commerciale et géopolitique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economiste universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Source :</em></strong> <em>Washington Institute for Near East Policy, «The Phosphate Pivot: Why Morocco and Tunisia Matter to U.S. Food Security», auteurs Ghazi Ben Ahmed, Sabina Henneberg et Mohsine El Ahmadi.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Blog de l’auteur</em></strong> <em>:</em> <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494" target="_blank" rel="noreferrer noopener">E4T</a>.</p>
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		<title>Les dessous de la rupture entre l’Algérie et les Émirats</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/15/les-dessous-de-la-rupture-entre-lalgerie-et-les-emirats/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Sep 2026 07:59:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelmadjid Tebboune]]></category>
		<category><![CDATA[accords d’Abraham]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Émirats arabes unis]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed Ben Zayed]]></category>
		<category><![CDATA[Sahara Occidental]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est l’influence régionale grandissante de l’Axe Maroc - Emirats arabes unis - Israël qui agace l'Algérie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/15/les-dessous-de-la-rupture-entre-lalgerie-et-les-emirats/">Les dessous de la rupture entre l’Algérie et les Émirats</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’Algérie a justifié la rupture de ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis par «une accumulation d’actes provocateurs et hostiles» sans pour autant révéler «ces actes». Aucune explication. En réalité, cette rupture n’est pas un différend bilatéral, c’est l’influence régionale grandissante de l’Axe Rabat-Abou Dhabi-Tel Aviv qui agace Alger, un axe concurrent et aux intérêts divergents. Le modèle d’influence des Émirats gagne en puissance alors le modèle traditionnel de l’Algérie est confronté à une pression grandissante et ses outils ne sont plus efficaces et adaptées au contexte régional actuel. L’architecture régionale est en pleine mutation et l’influence n’est plus dictée automatiquement par la taille du territoire. La donne a changé et les outils ont évolué.</em></strong> <em>(Photo : Abdelmadjid Tebboune  discute avec Mohammed Ben Zayed , lors du sommet du G7 en Italie le 14 juin 2024).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-19649618"></span>



<p class="wp-block-paragraph">L’analyste politique marocain Amine Ayoub a publié une analyse dans <a href="https://www.ynetnews.com/opinions-analysis/article/hjkzmfxtgx" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ynet Global</a>, version anglophone en ligne du journal israélien <em>Yediot Aharonot</em>, dans laquelle il revient sur le divorce houleux entre Alger et Abou Dhabi. Selon lui, lorsque l’Algérie a ordonné à l’ambassadeur des Émirats de quitter son territoire sous quarante-huit heures, le 10 septembre 2026, et a annoncé des restrictions visant les aéronefs militaires et civils immatriculés aux Émirats —tout en exemptant les vols commerciaux jusqu’à la fin de l’année—, cette rupture a immédiatement mis en lumière un réalignement régional plus profond. Les déclarations officielles algériennes ont fait état d’une accumulation d’actes <em>«provocateurs et hostiles»</em>, sans toutefois désigner un incident déclencheur unique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Deux modèles de puissance régionale distincts</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Abou Dhabi a exprimé ses regrets et a dit espérer que cette rupture pourrait, à terme, être annulée. L’absence d’une cause bien déterminée est, en soi, un élément révélateur. Il ne s’agit pas tant d’un différend bilatéral que d’une confrontation ouverte entre deux modèles de puissance régionale distincts, s’étendant de l’Afrique du Nord au Sahel et au Moyen-Orient au sens large.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie s’appuie sur un modèle étatique fondé sur l’étendue de son territoire, ses ressources énergétiques, sa capacité militaire et une diplomatie formelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Émirats, quant à eux, opèrent selon un modèle en réseau, déployant capitaux, logistique, infrastructures commerciales et partenariats de sécurité ciblés bien au-delà de leurs frontières. Dans des environnements politiques fragmentés, ce modèle en réseau permet de générer un levier d’influence plus rapidement et avec plus de souplesse que le poids géographique traditionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette différence est devenue de plus en plus manifeste à mesure que l’Algérie et les Émirats ont poursuivi des intérêts divergents sur plusieurs théâtres régionaux au cours des dernières années.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="0ZGAuq4srZ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/08/la-tres-controversee-politique-etrangere-des-emirats-arabes-unis/">La très controversée politique étrangère des Émirats arabes unis</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La très controversée politique étrangère des Émirats arabes unis » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/08/la-tres-controversee-politique-etrangere-des-emirats-arabes-unis/embed/#?secret=MyWJ9ZL85B#?secret=0ZGAuq4srZ" data-secret="0ZGAuq4srZ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le Maroc, ligne de fracture</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Maroc en offre l’illustration la plus frappante. Pendant des décennies, la rivalité entre Alger et Rabat a été centrée sur la question du Sahara occidental, l’Algérie apportant un soutien de longue date au Front Polisario. La nature de cette confrontation bilatérale a changé en novembre 2020, lorsque les Émirats ont ouvert un consulat à Laâyoune, dans la partie marocaine du territoire contesté, et exprimé leur soutien à l’intégrité territoriale du Maroc. Cette initiative s’inscrivait dans le contexte de la normalisation des relations entre le Maroc et Israël dans le cadre des Accords d’Abraham et de la reconnaissance, par les États-Unis, de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’en a pas résulté une alliance militaire formelle dirigée contre l’Algérie mais plutôt un réseau de plus en plus dense de partenariats qui se chevauchent. Parmi les exemples concrets, on peut citer les investissements émiratis dans les infrastructures et l’énergie au Maroc —notamment des projets majeurs dans les secteurs de l’eau et de l’électricité— ainsi que le développement, depuis 2020, d’une coopération industrielle et de défense entre Rabat et Tel Aviv.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La portée de ces initiatives dépasse le simple cadre économique. Selon Amine Ayoub, elles renforcent les capacités du Maroc, approfondissent ses partenariats extérieurs et confèrent à des acteurs tiers des intérêts croissants dans l’environnement stratégique entourant le Sahara occidental, autant de formes d’influence que l’Algérie ne peut aisément contrer par la diplomatie traditionnelle ou des pressions bilatérales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Maroc ne fait plus face à l’Algérie en tant que voisin isolé. Cela s’inscrit dans un réseau en pleine expansion reliant Rabat, Abou Dabi, Tel Aviv et Washington. Pour Israël, cet aspect est crucial, car la relation avec le Maroc renforce sa présence stratégique et ses liens de défense vers l’ouest. La coopération avec Rabat étend l’influence d’Israël le long des façades atlantique et méditerranéenne de l’Afrique du Nord, selon des modalités inédites il y a dix ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La combinaison de la reconnaissance diplomatique, des investissements économiques et de la coopération sécuritaire a modifié l’équilibre des influences aux abords de la frontière occidentale de l’Algérie, sans pour autant nécessiter un pacte militaire formel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette évolution a des conséquences concrètes sur la manière dont l’Algérie évalue ses options régionales et sur la façon dont les puissances extérieures interagissent avec le Maghreb.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Sahel, théâtre d’une rivalité plus profonde</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une évolution parallèle s’observe au sud de l’Algérie. Alger a longtemps considéré le Sahel comme un terrain privilégié pour la médiation diplomatique. L’Accord d’Alger de 2015 sur le Mali a marqué l’apogée de cette approche, fondée sur des négociations formelles entre États et des engagements institutionnels. Les coups d’État militaires survenus au Mali, au Burkina Faso et au Niger entre 2020 et 2023 ont bouleversé le paysage institutionnel sur lequel reposait la diplomatie algérienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les nouveaux gouvernements militaires se sont montrés moins réceptifs aux médiations extérieures, perçues comme une entrave à leur souveraineté et plus ouverts à des partenariats alternatifs offrant des ressources sans les mêmes conditions politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des acteurs extérieurs proposant des ressources flexibles ont investi l’espace ainsi libéré. ​​Les Émirats ont apporté capitaux, projets commerciaux et capacités logistiques dans des zones où l’Algérie misait davantage sur la proximité géographique et une médiation fondée sur la souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la Corne de l’Afrique, les investissements émiratis dans les infrastructures portuaires, aériennes et de sécurité —notamment leur présence de longue date à Berbera dans le Somaliland— ont créé des canaux d’influence opérant largement en dehors des cadres traditionnels de médiation diplomatique. Ces relations confèrent à Abou Dhabi un accès concret et un levier d’action, même là où les institutions politiques formelles sont faibles ou fragmentées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce contraste est également visible en Libye. L’Algérie a généralement privilégié les institutions formelles et les processus soutenus par l’Onu visant la réconciliation nationale. À l’inverse, les Émirats ont entretenu des liens plus étroits avec les forces militaires de l’Est associées à Khalifa Haftar, privilégiant des objectifs sécuritaires ciblés au détriment de règlements politiques globaux. Cette divergence d’approche ne relève pas de la simple tactique, elle reflète deux conceptions distinctes de l’exercice de l’influence dans des contextes politiques fragmentés où l’autorité de l’État est contestée ou incomplète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas du Soudan accentue cette même divergence. Les Émirats ont fait face à de graves accusations de la part d’enquêteurs de l’Onu et de Human Rights Watch concernant des réseaux assurant la logistique et le soutien aux Forces de soutien rapide (FSR), Abou Dabi dément fermement avoir apporté un tel soutien. Au-delà du différend sur ces accusations précises, cet épisode illustre une tendance plus large.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans des environnements politiques fragmentés, les capitaux, la logistique et les réseaux informels peuvent générer un levier d’influence plus rapidement que la médiation diplomatique traditionnelle. Pour l’Algérie, cela représente un défi majeur, alors que les États africains fragiles deviennent le théâtre d’une concurrence accrue pour l’influence extérieure.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Israël, bénéficiaire discret</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’auteur estime que l’angle israélien constitue l’élément le plus déterminant de cette rupture, bien qu’il faille l’aborder avec précaution. Il considère qu’Israël n’est pas à l’origine de la rupture entre Alger et Abou Dabi mais cette que rupture renforce une configuration régionale dans laquelle le Maroc et les Émirats sont de plus en plus liés à Israël, tandis que l’Algérie demeure en marge de ce réseau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Accords d’Abraham ne se limitaient pas à de simples accords commerciaux bilatéraux. Ils ont jeté les bases de partenariats croisés dans les domaines du renseignement, de la sécurité maritime, de la défense aérienne et des technologies de défense. L’intensification de la coopération entre Israël, le Maroc et les Émirats a tissé une toile de plus en plus dense de relations sécuritaires couvrant certaines parties de l’Afrique du Nord.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces relations englobent une coopération industrielle dans le domaine de la défense, le partage de renseignements sur les menaces communes et une coordination des positions diplomatiques sur des questions régionales clés. L’Algérie, qui applique une politique stricte de non-normalisation et place la question palestinienne au cœur de son identité régionale, reste en dehors de ce réseau.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et Washington dans tout ça !</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La politique américaine doit éviter de considérer l’Algérie et les partenaires des Accords d’Abraham comme des piliers interchangeables de sa stratégie en Afrique du Nord. L’Algérie demeure un fournisseur d’énergie important pour l’Europe et conserve un rôle dans certains dispositifs de lutte antiterroriste. Toutefois, sa posture stratégique est limitée par une doctrine d’autonomie et par des liens étroits en matière de défense avec des fournisseurs non occidentaux. Selon les données du Sipri*, la Russie a représenté 48% des importations d’armes majeures de l’Algérie entre 2020 et 2024, alors même que le volume global des importations d’armes algériennes a diminué en valeur absolue sur cette période, chutant d’environ 73% par rapport au quinquennat précédent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son analyse, Amine Ayoub estime que Washington aurait tout intérêt à accorder une importance accrue au réseau Maroc-Israël-Émirats en tant que cadre émergent pour la sécurité régionale, le commerce et la coopération technologique, tout en maintenant un engagement pragmatique avec l’Algérie lorsque les intérêts américains l’exigent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il convient également d’encourager les partenaires à la prudence sur les théâtres d’opérations africains fragiles afin que les rivalités n’exacerbent pas les conflits et ne profitent pas, en fin de compte, aux acteurs hostiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif ne doit pas être d’isoler l’Algérie de façon permanente. Il s’agit de reconnaître que l’architecture régionale est en pleine mutation et d’aligner la politique américaine sur les partenaires les plus disposés et les plus aptes à approfondir la coopération concrète en matière de sécurité et d’intérêts économiques communs.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EfUsJw4pNg"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/10/maroc-bientot-quatre-ans-dans-le-sillage-disrael/">Maroc : Bientôt quatre ans dans le sillage d&rsquo;Israël</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Maroc : Bientôt quatre ans dans le sillage d’Israël » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/10/maroc-bientot-quatre-ans-dans-le-sillage-disrael/embed/#?secret=ZPiFon8m53#?secret=EfUsJw4pNg" data-secret="EfUsJw4pNg" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Un ordre régional en mutation </h2>



<p class="wp-block-paragraph">La rupture entre l’Algérie et les Émirats ne signifie pas l’effondrement de la diplomatie arabe. Elle confirme que l’influence régionale ne se transmet plus automatiquement par la taille du territoire ou une hiérarchie formelle. Le pouvoir se génère de plus en plus grâce à la mobilité des capitaux, aux infrastructures commerciales, aux réseaux logistiques et aux partenariats de sécurité adaptatifs qui transcendent les frontières traditionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie conserve des atouts considérables : son territoire, ses ressources énergétiques, une armée puissante et des décennies d’expérience diplomatique. Ces atouts demeurent pertinents. Toutefois, ils se traduisent moins efficacement en ce levier d’influence transfrontalier propre aux puissances agissant en réseau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rupture entre Alger et Abou Dhabi n’a pas engendré le nouvel ordre régional, elle a mis en lumière l’ampleur de l’érosion de l’ancien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’avantage dont bénéficie Israël ne réside donc ni dans une nouvelle alliance spectaculaire ni dans un gain militaire immédiat. Il tient à l’expansion constante d’un réseau stratégique dans une région où la position de l’Algérie est de plus en plus contestée. Dans la nouvelle configuration qui se dessine en Afrique du Nord et en Méditerranée orientale, le Maroc et les Émirats arabes unis renforcent leurs liens avec Tel Aviv, tandis que l’Algérie s’éloigne davantage de cette dynamique émergente. C’est pourquoi, selon Amine Ayoub, Israël s’impose comme le vainqueur discret.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* L’indice ou les bases de données du SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute) mesurent les dépenses militaires mondiales, le volume des transferts d’armes et la production d’armements à travers des rapports de référence.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/15/les-dessous-de-la-rupture-entre-lalgerie-et-les-emirats/">Les dessous de la rupture entre l’Algérie et les Émirats</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Jugurtha, Rome, une histoire toujours à venir</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Sep 2026 06:54:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’histoire de Jugurtha, l’Africain, le Numide, l’ami-ennemi de Rome , se répètera toujours, partout ailleurs.  </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Connaissez-vous l’histoire de Jugurtha, l’Africain, le Numide, l’ami-ennemi de Rome cent ans avant Jésus-Christ ? Savez-vous quelque chose de Marius et de Sylla ? C’est une histoire passionnante, car elle pourrait, dans une certaine mesure, se reproduire aujourd’hui&#8230; au Chili, ou partout ailleurs, en ce XXI<sup>e</sup> siècle. Me permettez-vous de vous la raconter, très brièvement ?</em></strong> <em>(Photo : Sénat romain et, en médaillon, Jugurtha).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Arturo Alejandro Muñoz</strong></p>



<span id="more-19602241"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Arturo-Alejandro-Munoz.jpg" alt="" class="wp-image-19602280" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Arturo-Alejandro-Munoz.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Arturo-Alejandro-Munoz-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Arturo-Alejandro-Munoz-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La Numidie correspondait à ce qui est aujourd’hui l’Algérie et une partie du Maroc et de la Tunisie, en Afrique du Nord. Les cavaliers numides, admirés par les légions romaines, ravageaient violemment les peuples voisins d’Afrique du Nord. Jugurtha en était le chef suprême, une sorte de roi tout-puissant, habile et dépourvu de scrupules (ce qui n’a rien d’étonnant : sans cela, il n’aurait pu devenir roi).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Habile comme il l’était, ainsi que nous venons de le dire, il comprit combien il serait vain, pour ses cavaliers et son armée, d’affronter les légions romaines, presque invincibles, et le pouvoir du Sénat de cette république ; car à cette époque Rome était encore une république. Jugurtha accepta donc de signer un accord de paix et de coopération avec la puissante Rome, conscient qu’il devrait verser de lourds tributs pour préserver la paix, non seulement avec elle, mais aussi avec ses voisins d’Afrique du Nord, territoires placés sous la protection (c’est-à-dire la propriété) du Sénat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La paix signée, Jugurtha continua cependant d’assiéger ses voisins et de ravager leurs territoires. Jour après jour, le roi numide s’enrichissait davantage, tandis que diminuait le versement des tributs convenus. Le Sénat finit par décider de le convoquer, en l’<em>«invitant»</em> à venir s’expliquer à Rome.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Assailli par des sénateurs habiles dans l’art de la joute politique, Jugurtha, à bout de patience face à tant de discussions byzantines, fit face au Sénat en désignant du doigt la plupart de ces sénateurs qu’il avait comblés, à plusieurs reprises, de présents en or et en bijoux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Vous êtes ici, dans cet hémicycle, nobles citoyens romains, grâce aux présents en or et aux tributs personnels que je vous ai maintes fois offerts»</em>, phrase attribuée au Numide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu’il affirmait était vrai, mais ce fut aussi son arrêt de mort.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Jugurtha achète les nobles <em>«pater familias»</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La légende raconte (non l’Histoire, la <em>«légende»</em>) que le Sénat décida d’envoyer en Numidie quelques légions commandées par des généraux appartenant à la noblesse en tant que <em>«pater familias»</em>, avec l’ordre d’arrêter Jugurtha et de le ramener enchaîné à Rome pour qu’il y soit jugé devant la plèbe, selon la loi correspondante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Souhaitez-vous connaître la fin de cette histoire ? Eh bien, poursuivons&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les nobles qui commandaient ces premières légions n’eurent aucun succès. Bien au contraire, selon la légende, ils ne combattirent même pas, car Jugurtha les acheta à prix d’or&#8230; et ces nobles <em>«pater familias»</em> décidèrent de rester en Numidie, jouissant de la richesse et des largesses que leur accordait le grand Jugurtha.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sénat changea alors de tactique. Plus de nobles, plus de <em>«pater familias»</em> à la tête des légions. Cette fois, ce seraient deux tribuns de la plèbe qui commanderaient les armées en route vers l’Afrique du Nord : Lucius Cornelius Sylla et Caius Marius.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sylla et Marius arrivèrent en Numidie et déclinèrent l’invitation de Jugurtha à venir s’entretenir dans son palais. Ils attaquèrent les Numides, les vainquirent, unirent aux leurs les anciennes légions déjà établies sur place (formant ainsi une armée considérable), et enchaînèrent Jugurtha pour le ramener à Rome afin qu’il y soit jugé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais, tout comme le ferait des années plus tard Jules César, Lucius Sylla et Caius Marius allaient s’affronter dans ce que l’Histoire a appelé <em>«la première guerre civile romaine»</em>. Pour abréger, Lucius Cornelius Sylla, appuyé par les <em>«optimates»</em> (les nobles), vainquit Caius Marius (appuyé par des secteurs de la plèbe) et transforma la vieille république en une dictature cruelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Jugurtha ramené, enchaîné, à Rome</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et Jugurtha, qu’était-il devenu ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il fut exécuté en 104 avant J.-C., dans la prison Mamertine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous vous demanderez, aimable lecteur : <em>«Et qu’est-ce que tout cela a à voir avec la réalité chilienne actuelle ?»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense aux <em>«Amarillos»</em><sup>(1)</sup>&nbsp;(Sylla ?), à l’UDI/RN <sup>(2)</sup>&nbsp;(le Sénat romain ?), à Caius Marius (le centre-gauche en échec ?), à Jugurtha (les <em>«patriotes»</em> et les <em>«républicains»</em>)&#8230; à la guerre civile romaine ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne sais pas&#8230; dites-moi ce que vous en pensez, ce que vous y voyez, ce que vous pressentez. Pour ma part, j’y perçois certaines similitudes, bien qu’il n’y ait ni troupes, ni légions, ni batailles rangées. Seulement la guerre politique dans sa plus pure essence. Je crois l’avoir déjà écrit, un jour, dans d’autres textes : <em>«tout ce qui se produit aujourd’hui en politique s’était déjà produit à Rome, non seulement sous l’Empire, mais aussi avant, sous la République et sous la Dictature»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est peut-être pour cela que l’étude et l’enseignement de l’Histoire constituent, pour la droite et l’establishment lèche-bottes, une matière pernicieuse qui attente contre le très catholique et apostolique statu quo patronal-néolibéral.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Traduit de l&rsquo;espagnol</em>. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Professeur à l&rsquo;Université du Chili.</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Notes&nbsp;:</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>1- Amarillos (Jaunes)&nbsp;: mouvement puis parti fondé en 2022 par Cristián Warnken pendant le référendum constitutionnel, rassemblant d’anciens dirigeants de centre-gauche et centre-droit ; dissous par le Servel en février 2026 faute d’avoir atteint le seuil électoral.<a href="https://faustotounsi.substack.com/p/jugurtha-rome-et-une-histoire-ancienne?utm_source=post-email-title&amp;publication_id=6570827&amp;post_id=214790186&amp;utm_campaign=email-post-title&amp;isFreemail=true&amp;r=i1elt&amp;triedRedirect=true&amp;utm_medium=email#_ftnref2"></a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>2-&nbsp;UDI/RN&nbsp;: les deux grands partis de la droite traditionnelle chilienne, historiquement alliés dans «Chile Vamos», aujourd’hui soutiens du gouvernement Kast — avec la tension actuelle sur une éventuelle dissolution de cette coalition au profit d’un bloc unique.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Source</em></strong> : <a href="https://substack.com/redirect/b2504513-dfaa-4286-b792-2b03691fd7bc?j=eyJ1IjoiaTFlbHQifQ.Hq9qAIq7zpkEpiC_jKxZ1S8NBly1ZqUcW7etgzodmC4" target="_blank" rel="noopener">Diariopolitika</a>.</p>
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