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	<title>Archives des Moyen-Orient - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Moyen-Orient - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Vers l’intégration des armées américaine et israélienne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2026 08:00:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[NDAA 2027]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un projet de loi au Congrès vise à fusionner ou presque les forces armées des Etats-Unis et celles d’Israël. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/02/vers-lintegration-des-armees-americaine-et-israelienne/">Vers l’intégration des armées américaine et israélienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Première étape pour faire passer l’aide encore plus dans l’ombre : le projet de loi NDAA 2027 du Congrès américain fusionnerait presque les forces armées des Etats-Unis et d’Israël. Avec la coproduction d’armes et l’intégration des réseaux militaires des deux pays, les données de l’armée états-unienne pourraient bientôt devenir celles de l’armée israélienne.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ben Freeman</strong> *</p>



<span id="more-18852010"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" width="210" height="184" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/06/Ben-FReeman.jpg" alt="" class="wp-image-18852038" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">À un moment où l’opinion Etats-unisiene manifeste des niveaux sans précédent de méfiance envers le gouvernement israélien, le Congrès vient de proposer de lier les Etats-Unis à l’armée israélienne plus que jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cachée dans la version de la Chambre de la Loi d’autorisation de la défense nationale (NDAA) pour 2027, publiée la semaine dernière, se trouve la section 224, intitulée <em>«Initiative de coopération technologique de défense États-Unis-Israël»</em>. Cette disposition ferait sans doute plus pour imbriquer l’armée Etats-unienne avec l’armée israélienne que les plus de 200 milliards de dollars (ajustés à l’inflation) d’aide militaire qu’Israël a reçus des Etats-Unis depuis sa fondation en 1948.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une intégration militaro-industrielle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La section 224 pose les bases de la recherche et du développement bilatéraux, de la coproduction d’armes, d’entreprises communes, d’accords de licence et de toutes les formes de coopération du complexe militaro-industriel américano-israélien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Etats-Unis et Israël travaillent déjà ensemble sur la défense antimissile, mais cette disposition étendrait considérablement la coordination à pratiquement tous les domaines des technologies de défense, y compris l’IA, le quantique, les systèmes autonomes, l’énergie dirigée, le cyber, la biotechnologie, et bien d’autres. Elle propose également <em>«l’intégration des réseaux»</em> et la <em>«fusion des données»</em>. En d’autres termes, les données de l’armée états-unienne pourraient bientôt devenir celles de l’armée israélienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si elle était pleinement adoptée, cette proposition offrirait un niveau d’intégration militaro-industrielle plus élevé que celui que les Etats-Unis ont avec tout autre pays au monde. Ils ont bien sûr travaillé en étroite collaboration avec leurs partenaires de l’Otan sur la coproduction et les chaînes d’approvisionnement partagées, notamment par le biais du Plan d’action pour la production de défense. Et, en tant que premier vendeur d’armes au monde, les Etats-Unis fournissent des armes à des armées du monde entier. Mais il s’agit surtout d’une voie à sens unique, les Etats-Unis ne fournissant des armes à des acheteurs étrangers qui ne fabriquent qu’occasionnellement eux-mêmes des pièces pour ces armes, comme dans le cas de la chaîne d’approvisionnement mondiale du F-35.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="hmvbQWkowh"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/17/les-arabes-otages-disrael-des-etats-unis/">Les Arabes, otages d’Israël des Etats-Unis</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Arabes, otages d’Israël des Etats-Unis » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/17/les-arabes-otages-disrael-des-etats-unis/embed/#?secret=LvB6geFqrv#?secret=hmvbQWkowh" data-secret="hmvbQWkowh" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une influence israélienne extraordinaire sur les Etats-Unis</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La section 224 serait d’une tout autre nature. Elle fusionnerait les secteurs de la défense états-unien et israélien dans de multiples domaines essentiels pour les champs de bataille du futur, comme les systèmes autonomes et le cyber. Elle apporterait également une influence israélienne extraordinaire sur les Etats-Unis, au-delà de celle qu’Israël exerce déjà via le lobby israélien et son réseau solide d’influenceurs sur les réseaux sociaux. Elle donnerait au gouvernement israélien l’opportunité d’étendre considérablement l’un des leviers d’influence les plus puissants de la politique états-unienne : les emplois aux Etats-Unis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En développant ou en créant de nouvelles installations de coproduction comme celles qu’il possède déjà dans le Mississippi et l’Arkansas, le gouvernement israélien pourrait se targuer de fournir des emplois sur le sol états-unien, se garantissant ainsi des alliés parmi les membres du Congrès qui représentent les districts où se trouvent ces emplois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le résultat pourrait bien être un système politique états-unien encore plus sensible aux caprices d’un gouvernement israélien qui semble n’avoir aucun scrupule à entraîner les Etats-Unis dans des conflits militaires au Moyen-Orient.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une relation de défense plus forte et moins transparente</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce niveau sans précédent d’intégration militaire américano-israélien contraste fortement avec le modèle traditionnel d’aide à la coopération en matière de défense, dans lequel Israël se distinguait déjà comme le premier bénéficiaire de l’aide militaire américaine. Comme l’a exposé récemment une note de l’Institut Quincy, ce passage d’un modèle d’aide à un modèle d’intégration militaire a des implications troublantes, à savoir que ce passage supprimera les mécanismes de contrôle politique et diplomatique qui rendent la relation publiquement redevable de comptes, la faisant passer d’un vote annuel visible sur l’aide à une machinerie opaque d’acquisition de défense, où la surveillance est limitée et la responsabilité politique minimale. Le résultat serait une relation de défense à la fois plus profonde et moins transparente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout cela survient à un moment où l’armée israélienne a utilisé à plusieurs reprises des armes états-uniennes lors de frappes qui ont violé le droit humanitaire international à Gaza, et alors qu’Israël a violé à plusieurs reprises les cessez-le-feu (tout comme les Etats-Unis eux-mêmes) dans la guerre inutile de l’administration Trump contre l’Iran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fossé énorme entre ce que la plupart des états-uniens veulent et ce que le président fait concernant Israël, et ce que le Congrès propose ici, ne doit pas être ignoré.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="sx8arujRT8"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/11/bombardement-israelien-de-doha-a-quoi-sert-le-parapluie-americain/">Bombardement israélien de Doha | À quoi sert le parapluie américain ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Bombardement israélien de Doha | À quoi sert le parapluie américain ? » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/11/bombardement-israelien-de-doha-a-quoi-sert-le-parapluie-americain/embed/#?secret=S5IBAN2pBN#?secret=sx8arujRT8" data-secret="sx8arujRT8" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Fossé grandissant entre actions d’Israël et intérêts américains</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Seulement 30 % des personnes interrogées dans un sondage du&nbsp;<em>New York Times</em>/Siena de mi-mai estiment que Trump a pris <em>«la bonne décision»</em> en entrant en guerre contre l’Iran, 64 % déclarant que c’était une erreur. Un sondage de l’Institut des affaires mondiales publié plus tôt cette semaine a exploré plus en profondeur la psyché états-unienne concernant l’armement d’Israël, constatant que <em>«seulement 16 % déclarent que les Etats-Unis devraient continuer à fournir des armes à Israël sans nouvelles restrictions. Trente-huit pour cent veulent cesser complètement de fournir des armes, et 24 % supplémentaires veulent conditionner les armes à leur utilisation»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, la direction principale des deux partis reste largement pro-israélienne et continue de façonner le texte législatif de base avant que les amendements et le débat parlementaire plus large ne l’ouvrent à l’ensemble du corps législatif, comme c’est le cas avec cette disposition de la NDAA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que lentement, les courants au sein des deux partis changent, de plus en plus de membres prenant la parole contre le fossé grandissant entre les actions d’Israël et les intérêts des Etats-Unis. Par exemple, le sénateur Chris Van Hollen (Démocrate du Maryland) a écrit dans le&nbsp;<em>New York Times</em> que <em>«le Parti démocrate a apporté un soutien réflexif et inconditionnel aux gouvernements israéliens, même lorsque leurs actions ont de plus en plus sapé les intérêts et les valeurs américaines.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté républicain, le représentant Thomas Massie (Républicain du Kentucky) et l’ancienne représentante Marjorie Taylor Greene (Républicaine de Géorgie) ont ouvertement dénoncé l’influence corrosive du lobby israélien — une position qui leur a peut-être, au moins partiellement, coûté leurs sièges au Congrès à tous les deux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que peuvent faire les autres membres du Congrès préoccupés par les actions déstabilisatrices d’Israël ? Arrêter la fusion militaro-industrielle américano-israélienne dans son élan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les législateurs devraient rejeter la section 224 de la NDAA pour éviter une intégration profonde avec l’armée israélienne à un moment où un nombre croissant d’Etats-uniens s’opposent aux actions d’Israël dans la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Traduit de l’anglais.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Source</em></strong> : <a href="https://responsiblestatecraft.org/israel-us-military/?utm_source=substack&amp;utm_medium=email" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Responsible Statecraft</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Traduit par&nbsp;<strong><a href="https://substack.com/redirect/d114d640-da74-4ac0-831e-41bddd89f648?j=eyJ1IjoiaTFlbHQifQ.Hq9qAIq7zpkEpiC_jKxZ1S8NBly1ZqUcW7etgzodmC4" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tlaxcala</a></strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Directeur du programme «Démocratisation de la politique étrangère» au Quincy Institute et auteur, avec William Hartung, de&nbsp;‘‘The Trillion Dollar War Machine’’&nbsp;(2025).<br><br></em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Toyota réduit sa production de 83 000 véhicules</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/25/toyota-reduit-sa-production-de-83-000-vehicules/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 May 2026 10:37:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[AUTO]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Toyota Motor réduira sa production à l’étranger d’environ 83 000 véhicules d’ici novembre 2026. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/25/toyota-reduit-sa-production-de-83-000-vehicules/">Toyota réduit sa production de 83 000 véhicules</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Toyota Motor réduira sa production à l’étranger d’environ 83&nbsp;000 véhicules d’ici novembre 2026, accentuant ainsi les réductions déjà annoncées en raison du blocus prolongé du détroit d’Ormuz et des tensions au Moyen-Orient.</em></strong></p>



<span id="more-18814750"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Le groupe japonais avait initialement prévu de réduire sa production à l’étranger de 38&nbsp;000 unités entre mai et novembre, mais le ralentissement de la logistique dans la région suite aux attaques américano-israéliennes contre l’Iran l’a contraint à revoir ses plans. Toyota a informé ses principaux fournisseurs que cette décision est liée à la baisse de la demande au Moyen-Orient et à la hausse des prix du carburant. Les réductions concerneront principalement les modèles essence destinés aux marchés du Moyen-Orient et d’Asie, notamment les SUV RAV4 produits en Chine et la gamme IMV destinée aux marchés émergents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’entreprise avait déjà réduit sa production au Japon de 40&nbsp;000 véhicules destinés au Moyen-Orient en mars et avril.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le marché intérieur, Toyota réduira également sa production d’environ 1&nbsp;500 véhicules entre juin et septembre par rapport à son plan d’avril, en diminuant l’assemblage des modèles Probox et Corolla Touring en raison de la baisse de la demande, tout en augmentant la production et les exportations de Prius hybrides et d’autres véhicules électrifiés. Selon le quotidien <em>Nikkei</em>, toute nouvelle détérioration de la situation au Moyen-Orient et sur le marché pétrolier pourrait contraindre le groupe à revoir à la baisse ses prévisions de bénéfices.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>I. B.</strong> </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/25/toyota-reduit-sa-production-de-83-000-vehicules/">Toyota réduit sa production de 83 000 véhicules</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les Émirats ont bombardé secrètement l’Iran !</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/14/le-emirats-ont-bombarde-secretement-liran/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 May 2026 08:00:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Émirats ont attaqué l’Iran, notamment contre une raffinerie de pétrole située sur l’île iranienne de Lavan, dans le golfe Persique. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/14/le-emirats-ont-bombarde-secretement-liran/">Les Émirats ont bombardé secrètement l’Iran !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que le</em> <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/05/israel-vole-au-secours-des-emirats-pendant-la-guerre-diran/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Financial Times</a><em> a révélé la semaine dernière qu’Israël a fourni ses systèmes de défense aérienne les plus performants aux Émirats arabes unis et qu’il y a déployé des militaires chargés de leur exploitation durant la guerre contre l’Iran, voilà que le </em></strong><a href="https://www.wsj.com/articles/the-u-a-e-has-been-secretly-carrying-out-attacks-on-iran-f1745a0d" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong><em>Wall Street Journal</em></strong></a><strong><em> (WSJ) a fait une autre révélation importante lundi 11 mai 2026. Selon des sources du journal américain, les Émirats ont frappé l’Iran et ces frappes comprenaient une attaque contre une raffinerie de pétrole située sur l’île iranienne de Lavan, dans le golfe Persique. Abou Dhabi n’a jamais reconnu ces frappes. </em></strong><em>(La photo est tirée d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montrant un incendie dans la raffinerie de Lavan).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-18770505"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Le <em>WSJ</em> indique que l’armée émiratie est bien équipée en avions de chasse et réseaux de surveillance de fabrication occidentale et que ces attaques laissent penser que le pays est désormais plus enclin à les utiliser pour protéger sa puissance économique et son influence croissante au Moyen-Orient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’attaque en question qui a eu lieu début avril a provoqué un incendie majeur et a eu pour conséquence la perturbation d’une part importante de la capacité de production de la raffinerie qui va durer des mois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran a qualifié l’attaque contre la raffinerie d’<em>«acte hostile»</em> et a riposté en lançant une salve de missiles et de drones contre les Émirats arabes unis et le Koweït.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’une des sources a indiqué que les États-Unis n’étaient pas inquiets de cette frappe car le cessez-le-feu n’était pas encore effectif à l’époque, et qu’ils accueillaient favorablement, bien que discrètement, la participation des Émirats arabes unis et de tout autre État du Golfe désireux de rejoindre les combats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis a refusé de commenter les frappes mais a renvoyé à des déclarations antérieures affirmant le droit du pays à répondre –y compris militairement– ​​à des actes d’agression.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="sou2qP1mlB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/05/israel-vole-au-secours-des-emirats-pendant-la-guerre-diran/">Israël vole au secours des Émirats pendant la guerre d’Iran</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Israël vole au secours des Émirats pendant la guerre d’Iran » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/05/israel-vole-au-secours-des-emirats-pendant-la-guerre-diran/embed/#?secret=KGA6oQymMg#?secret=sou2qP1mlB" data-secret="sou2qP1mlB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le fossé se creuse</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Pentagone a également refusé de commenter et la Maison-Blanche n’a pas répondu directement aux questions concernant le rôle des Émirats arabes unis dans le conflit mais a déclaré que le président Trump <em>«disposait de toutes les options»</em> et que les États-Unis disposaient d’une <em>«pression maximale»</em> sur le régime iranien.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Il est significatif qu’un État arabe du Golfe soit directement impliqué dans la guerre et frappe directement l’Iran»</em>, a déclaré Dina Esfandiary, spécialiste du Moyen-Orient et auteure d’un ouvrage sur l’ascension des Émirats. <em>«Téhéran va maintenant chercher à creuser le fossé entre les Émirats et les autres États du Golfe qui tentent une médiation pour mettre fin à la guerre»</em>, a-t-elle ajouté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant le conflit, les États du Golfe avaient affirmé qu’ils n’autoriseraient pas l’utilisation de leur espace aérien ou de leurs bases pour des attaques. Mais à mesure que le conflit s’intensifiait, l’Iran a riposté en lançant des missiles et des drones sur des centres urbains, des infrastructures énergétiques et des aéroports du Golfe dans le but d’accroître les coûts économiques et politiques et de rendre plus difficile la poursuite de l’offensive américano-israélienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran a concentré une part importante de ses attaques sur les Émirats, les ciblant avec plus de 2 800 missiles et drones, un nombre supérieur à celui de tout autre pays, y compris Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces attaques ont fortement perturbé le trafic aérien, le tourisme et le marché immobilier des Émirats et ont provoqué une vague de départs forcés et de licenciements.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un modèle économique en danger</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces attaques ont également induit un changement fondamental dans la vision stratégique des Émirats qui considèrent désormais l’Iran comme un <em>«État voyou»</em> cherchant à saper leur modèle économique et social, lequel repose sur l’attraction des talents étrangers et le maintien d’une réputation de sécurité et de stabilité, selon des responsables du Golfe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis, les Émirats sont devenus l’État du Golfe le plus ouvertement belliqueux envers l’Iran et ont maintenu une étroite coopération militaire avec les États-Unis tout au long du conflit, selon des sources proches du dossier.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Les Émiratis ont clairement indiqué dès le départ qu’ils ne souhaitaient pas cette guerre mais il est également clair que depuis les premières frappes iraniennes sur les Émirats arabes unis, Abou Dhabi considère que le paysage régional a fondamentalement changé»</em>, a déclaré H.A. Hellyer, chercheur au Royal United Services Institute for Defence and Security Studies de Londres. Il a ajouté : <em>«Abou Dhabi n’a pas confirmé si ses frappes visaient des cibles, ni lesquelles, mais dès les premiers jours du conflit, il semblait qu’une implication militaire accrue des pays du Golfe n’était qu’une question de temps»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les spéculations concernant le rôle des Émirats se sont intensifiées depuis la mi-mars, date à laquelle un avion de chasse, dont l’apparence n’était ni israélienne ni américaine, a été photographié au-dessus de l’Iran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des chercheurs analysant des images et des informations publiques ont repéré des photos montrant vraisemblablement des chasseurs Mirage français et des drones Wing Loong chinois –tous deux utilisés par les Émirats – opérant en Iran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan militaire, les Émirats restent nettement plus modestes que les États-Unis, mais ils disposent d’une force aérienne très performante et entraînée, comprenant des chasseurs Mirage et une flotte sophistiquée de F-16, appuyée par des avions ravitailleurs, des avions de commandement et de contrôle et des drones de reconnaissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le général de l’US Air Force à la retraite Dave Deptula, qui a planifié la campagne aérienne lors de la guerre du Golfe, estime que ces capacités confèrent aux Émirats arabes unis une force aérienne exceptionnellement avancée par rapport aux autres pays de la région. Il a déclaré: <em>«Les Émirats arabes unis sont très performants dans les domaines des frappes de précision, de la défense aérienne, de la surveillance aérienne, du ravitaillement en vol et de la logistique. Avec une force aérienne aussi performante, pourquoi se contenter d’encaisser des attaques iraniennes sans riposter ?»</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ElY0LGPHx2"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/08/la-tres-controversee-politique-etrangere-des-emirats-arabes-unis/">La très controversée politique étrangère des Émirats arabes unis</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La très controversée politique étrangère des Émirats arabes unis » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/08/la-tres-controversee-politique-etrangere-des-emirats-arabes-unis/embed/#?secret=L2HYlXJqxu#?secret=ElY0LGPHx2" data-secret="ElY0LGPHx2" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Diviser les pays du Golfe</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La stratégie iranienne visant à entraîner le Golfe dans un conflit a exacerbé les divisions politiques entre les monarchies arabes et les a incitées à rechercher de nouveaux accords pour garantir leur sécurité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que tous les États du Golfe soient confrontés à des risques sécuritaires croissants et à des interrogations quant à la fiabilité de la protection américaine, les Émirats arabes unis poursuivent le renforcement de leurs relations avec les États-Unis, selon Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Émirats, lors d’une rencontre avec des journalistes en avril.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre les frappes militaires, les Émirats ont soutenu les résolutions de l’Onu autorisant le recours à la force, si nécessaire, pour briser l’emprise de l’Iran sur le détroit stratégique d’Ormuz.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Abou Dhabi a également pris des mesures contre les intérêts iraniens et ce, en fermant des écoles et des clubs liés à Téhéran à Dubaï et en refusant d’accorder des visas et des droits de transit aux Iraniens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces mesures ont fortement restreint une bouée de sauvetage économique vitale que les Émirats arabes unis fournissent à l’Iran depuis des années, malgré les lourdes sanctions occidentales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran a réagi en accusant à plusieurs reprises les Émirats arabes unis de participer à la campagne américano-israélienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la destruction réussie par les États-Unis et Israël des capacités de défense aérienne iraniennes, le risque encouru par les avions de chasse de mener des incursions au-dessus de l’Iran a considérablement diminué, selon le colonel (à la retraite) John Venable, qui a commandé les opérations sur la base aérienne d’Al Udeid au Qatar durant sa carrière dans l’US Air Force. Il a déclaré: <em>«Si vous êtes un allié et que vous souhaitez mener une opération, c’est le moment idéal car le niveau de menace est très faible»</em>. Il a ajouté : <em>«À moyenne et haute altitude, les avions peuvent effectuer quasiment toutes les manœuvres qu’ils souhaitent et les Iraniens sont impuissants»</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="d1CkuT4H5V"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/07/emirats-israel-une-route-terrestre-pour-eviter-les-attaques-des-houthis/">Emirats-Israël : une route terrestre pour éviter les attaques des Houthis</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Emirats-Israël : une route terrestre pour éviter les attaques des Houthis » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/07/emirats-israel-une-route-terrestre-pour-eviter-les-attaques-des-houthis/embed/#?secret=DTzlAGzqYc#?secret=d1CkuT4H5V" data-secret="d1CkuT4H5V" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/14/le-emirats-ont-bombarde-secretement-liran/">Les Émirats ont bombardé secrètement l’Iran !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Guerre d’Iran &#124; Les géants européens du pétrole se goinfrent !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 06:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Shell, BP et Total Energies ont engrangé des bénéfices supplémentaires grâce à la crise de l'énergie provoquée par la guerre de l’Iran.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les trois plus grandes compagnies pétrolières européennes –Shell, BP et Total Energies– ont engrangé 4,75 milliards de dollars de bénéfices supplémentaires grâce aux turbulences sur les marchés mondiaux de l’énergie provoquées par la guerre américano-israélienne contre l’Iran. Elles ont su tirer profit des fortes fluctuations de prix via leurs filiales de négoce.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-18760194"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le <a href="https://www.ft.com/content/f4030665-d5dc-4afd-8e62-9b2ee8a8ad0f?syn-25a6b1a6=1" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Financial Times</a> (FT) qui se base sur les estimations de cinq analystes, les activités de négoce de ces trois entreprises ont généré entre 3,3 et 4,75 milliards de dollars de plus au premier trimestre de l’année par rapport aux trois derniers mois de 2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On estime que les activités de négoce ont représenté entre 48% et 69% de l’augmentation totale des bénéfices des entreprises, qui s’élève à 6,9 milliards de dollars par rapport au trimestre précédent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La guerre redessine la carte énergétique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette flambée des profits est survenue alors que la guerre au Moyen-Orient et l’intervention américaine au Venezuela ont perturbé les flux énergétiques mondiaux, mettant en lumière l’écart entre les géants européens et leurs homologues américains, tels qu’ExxonMobil et Chevron, dont les profits restent plus étroitement liés à la production directe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Kim Fustier, analyste chez HSBC, a déclaré que la performance des départements de trading de BP, Shell et Total représente un <em>«différenciateur significatif»</em> et un<em> «avantage concurrentiel»</em> pour les entreprises européennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les équipes de trading sont généralement les plus performantes en période de forte volatilité, lorsqu’elles tirent profit des écarts de prix entre les marchés et de la demande accrue de couverture des clients contre les fluctuations de prix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant la guerre d’Iran, les prix du pétrole ont connu de fortes fluctuations et les routes commerciales traditionnelles ont été redessinées après la fermeture du détroit d’Ormuz et les perturbations d’approvisionnement qui en ont résulté entre le Moyen-Orient et l’Asie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Brent, qui se négociait sous la barre des 60 dollars en janvier, a atteint un niveau record en avril, certaines cargaisons physiques se vendant à plus de 144 dollars le baril.</p>



<h2 class="wp-block-heading">BP,<strong> empire du négoce mondial</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les négociants de BP semblent avoir été les plus grands profiteurs de cette période de turbulences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les estimations moyennes de quatre analystes, la division négoce de BP a généré 1,75 milliard de dollars de bénéfices supplémentaires au premier trimestre par rapport au dernier trimestre 2025, soit environ un quart des bénéfices annuels ajustés de l’entreprise l’année précédente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, un analyste estime ces bénéfices supplémentaires à seulement 800 millions de dollars.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Shell a généré environ 1,6 milliard de dollars de revenus supplémentaires grâce au négoce, selon les estimations moyennes de cinq analystes, tandis que Total Energies en a généré environ 800 millions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">BP exploite l’un des plus grands réseaux de négoce de pétrole au monde, employant plus de 2 000 personnes à Londres, Singapour et Houston.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’entreprise commercialise plus de quatre milliards de barils de pétrole par an, soit plusieurs fois sa production réelle, et gère en permanence plus de 300 pétroliers transportant du pétrole et du carburant à travers le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de la publication de leurs résultats du premier trimestre, les dirigeants des trois entreprises ont mis en avant la performance de leurs activités de négoce.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La directrice financière de Shell, Sinead Gorman, a déclaré que le groupe avait bénéficié d’une contribution nettement supérieure des activités de négoce et d’une amélioration des opérations et ce, après l’annonce par l’entreprise d’un bénéfice de 6,9 ​​milliards de dollars, en hausse de près d’un quart par rapport à l’année précédente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La directrice générale de BP, Meg O’Neill, a déclaré vouloir souligner l’importance accordée à l’écosystème de négoce.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président de Total Energies, Patrick Pouyanné, a déclaré : <em>«Nos négociants sont généralement satisfaits face à la volatilité des marchés»</em>.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une transaction d’un milliard de dollars</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’une des transactions les plus lucratives du trimestre, les traders de Total ont engrangé plus d’un milliard de dollars grâce à des paris à la baisse sur le pétrole brut de Dubaï et d’Oman, en achetant la totalité des cargaisons disponibles sur le marché.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les investisseurs ont salué la vigueur de l’activité de trading des entreprises européennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le début de la guerre fin février, l’action BP a progressé de 12%, celle de Total de 21% et de Shell de 9%, malgré sa forte exposition au déclin de la production du Golfe suite aux attaques contre ses installations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’inverse, l’action Exxon a chuté de plus de 4% et celle de Chevron n’a progressé que de 2,7%.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’écart entre Européens et Américains</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette disparité s’explique également par une différence comptable. Contrairement aux entreprises européennes, Exxon et Chevron ont été contraintes d’enregistrer des pertes liées à leurs opérations de couverture car les normes comptables américaines les obligent à évaluer les produits dérivés à leur prix de marché actuel au lieu de les fixer jusqu’aux livraisons effectives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le PDG d’Exxon, Darren Woods, a déclaré : <em>«Il s’agit simplement d’un problème de calendrier comptable. Nous enregistrons la moitié de l’opération et non l’autre moitié. Lorsque les livraisons seront effectuées, les résultats comptables compenseront cette perte»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré le développement de leurs activités de négoce ces dernières années, Exxon et Chevron restent en retrait par rapport à leurs concurrents européens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un analyste a déclaré que les entreprises américaines n’ont pas la même propension au risque : <em>«Si l’on prend l’exemple de l’accord conclu avec Oman, qui a rapporté 1 milliard de dollars à Total, j’ai du mal à imaginer Exxon ou Chevron faire de même. Ce n’est pas dans leur culture»</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Total Energies a confirmé au <em>FT</em> que les activités de négoce ne sont <em>«pas sans risque»</em>, qu’elles peuvent générer des pertes comme des profits et qu’elles doivent être évaluées dans le cadre du portefeuille global de l’entreprise et sur le long terme. Quant à Shell et BP, ils ont refusé tout commentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’administration Trump charge le FMI et la BM</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/20/ladministration-trump-charge-le-fmi-et-la-bm/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Apr 2026 06:45:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Banque Mondiale]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump]]></category>
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		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[Fonds monétaire international]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent critique frontalement l’évolution récente du FMI et de la BM.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Il y a des discours qui passent inaperçus, et d’autres qui sonnent comme une mise en demeure. Celui prononcé les 16-17 avril 2026 à Washington, lors des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM), appartient clairement à la seconde catégorie. Dans cette déclaration officielle intitulée «Statement by Mr. Bessent, United States», le secrétaire au Trésor américain déroule une critique frontale, presque idéologique, de l’évolution récente de ces deux institutions.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari</strong> *  </p>



<span id="more-18662389"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Derrière les formules diplomatiques, c’est une véritable tentative de redéfinition de leur rôle qui se joue — avec des implications lourdes pour des pays comme la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès l’ouverture, le ton est donné. L’administration de Donald Trump revendique une ligne économique claire : croissance robuste, discipline budgétaire, énergie abondante et dérégulation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce cadrage n’est pas neutre. Il sert de référence pour juger l’action du FMI et de la BM, accusés d’avoir dérivé de leur mission originelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le reproche central tient en deux mots : mission creep. Selon Washington, le FMI s’est dispersé dans des domaines jugés <em>«extrinsèques»</em> — climat, genre, développement social — au détriment de son cœur de métier : la stabilité macroéconomique et financière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message est brutal : revenir aux fondamentaux ou perdre en crédibilité.<br>Derrière cette critique, il y a une vision du monde où l’économie est séparée du social et du politique, une vision qui tranche avec les approches plus holistiques défendues ces dernières années.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Moins de flexibilité et plus d’orthodoxie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la critique ne s’arrête pas là. Les États-Unis exigent un FMI plus dur, plus discipliné dans ses prêts. Les programmes doivent être fondés sur des conditionnalités <em>«significatives»</em>, des projections crédibles et une analyse rigoureuse de la soutenabilité de la dette.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit, moins de flexibilité, plus d’orthodoxie. Pour les pays emprunteurs — dont la Tunisie — cela signifie une chose : les prochains programmes pourraient être encore plus exigeants, avec un accent accru sur les réformes structurelles, la mobilisation fiscale interne et la responsabilité des gouvernements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un passage clé du discours concerne la dette. Washington critique implicitement les situations où les ressources du FMI servent à rembourser d’autres créanciers officiels, transférant ainsi le fardeau sur les pays débiteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette remarque vise en filigrane les tensions entre créanciers occidentaux et émergents, notamment la Chine. Le message est clair : il faut restructurer plus vite, plus franchement, au risque sinon d’asphyxier les économies fragiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté BM, la charge est tout aussi sévère. L’institution est appelée à abandonner son objectif de 45 % de financements climatiques, jugé <em>«inefficace»</em> et <em>«distorsif»</em>. Là encore, le virage est idéologique : priorité à la croissance, à l’énergie — y compris fossile — et à l’emploi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Haro sur les engagements climatiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le discours insiste même sur la nécessité de financer le gaz, le pétrole et le charbon pour soutenir le développement. Une ligne qui entre en contradiction frontale avec les engagements climatiques globaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les pays du Sud, le message est ambivalent. D’un côté, Washington insiste sur la nécessité de soutenir les pays les plus pauvres, de renforcer leurs capacités et de promouvoir leur autonomie. De l’autre, il exige que les pays à revenu intermédiaire <em>«graduent»</em>, c’est-à-dire sortent du système d’aide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la Tunisie, coincée dans cette catégorie intermédiaire sans réelle capacité d’autofinancement, le risque est évident : être jugée trop pour bénéficier d’un soutien substantiel, mais trop fragile pour s’en passer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et les <em>«amis»</em> et<em>«ennemis»</em> dans tout cela ? Le discours ne les nomme pas explicitement, mais les lignes sont visibles. Les alliés sont ceux qui adhèrent à une économie de marché ouverte, respectent les règles et favorisent le secteur privé. Les autres — ceux qui restreignent la demande intérieure, manipulent les politiques industrielles ou dominent via des entreprises publiques — sont implicitement ciblés. C’est une lecture géopolitique de l’économie mondiale, où les institutions financières deviennent des instruments d’influence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Priorité à l’énergie abondante et bon marché</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur l’inflation et la croissance, le discours reste étonnamment discret en apparence, mais lourd de sous-entendus. La priorité donnée à l’énergie <em>«abondante et bon marché»</em> traduit une inquiétude face aux tensions inflationnistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, aucune remise en question des politiques américaines n’est évoquée. Or, pour beaucoup d’observateurs — notamment dans le monde arabe — les choix énergétiques et géopolitiques américains ont contribué à alimenter les chocs pétroliers récents et l’instabilité au Moyen-Orient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là que le lecteur tunisien doit lire entre les lignes. Quand Washington parle de stabilité, il parle aussi de contrôle. Quand il prône la croissance, il impose un modèle. Et quand il critique le FMI, il ne cherche pas à l’affaiblir, mais à le réaligner sur ses propres priorités.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des champs de bataille minés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au fond, ce discours marque un tournant : celui d’un retour assumé à une vision plus dure, plus stratégique, des institutions de Bretton Woods.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la Tunisie, qui espère toujours un accord avec le FMI, le signal est clair : les marges de négociation se réduisent, les exigences vont s’intensifier, et le contexte géopolitique pèsera plus que jamais sur les décisions économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les couloirs feutrés de Washington, une réalité s’impose : le FMI et la BM ne sont pas seulement des institutions techniques. Ce sont des champs de bataille minés, et où se redéfinit l’ordre économique mondial. Et les pays comme la Tunisie restent des petits spectateurs — mais souvent, des grands perdants, les premiers impactés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economiste universitaire.</em></p>
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		<title>L’histoire cachée de nos ancêtres multiples</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/14/lhistoire-cachee-de-nos-ancetres-multiples/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Apr 2026 08:35:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
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		<category><![CDATA[génétique]]></category>
		<category><![CDATA[Homo erectus]]></category>
		<category><![CDATA[Homo Sapiens]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Néandertaliens]]></category>
		<category><![CDATA[Zouhaïr Ben Amor]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’odyssée de l’espèce humaine est faite de disparitions, survivances et métissages à travers le temps. Elle invite à repenser la diversité.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Il y a trois cents millénaires, la Terre n&rsquo;était pas le domaine exclusif d&rsquo;une seule espèce humaine. Homo sapiens cohabitait avec des cousins évolutifs dont la ressemblance avec nous aurait sans doute troublé quiconque les aurait croisés : les Néandertaliens en Europe et au Proche-Orient, les Dénisoviens en Asie centrale, et peut-être d’autres formes encore mal connues. Aujourd’hui, nous sommes seuls. Mais cette solitude est-elle le résultat d’une élimination brutale, d’une extinction progressive, ou bien sommes-nous, au contraire, le produit d’un long brassage entre ces différentes humanités ? La réponse, que la génétique moderne a profondément renouvelée, est bien plus troublante — et plus belle — que ce que l’on imaginait. L’odyssée de l’espèce humaine est faite de disparitions, survivances et métissages à travers le temps.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zouhaïr Ben Amor *</strong></p>



<span id="more-18627781"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg" alt="" class="wp-image-17518909" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Pendant des décennies, le modèle dominant pour expliquer notre origine fut celui de la <em>«sortie d’Afrique»</em> pure et simple. <em>Homo sapiens</em> serait apparu sur le continent africain, il y a environ 300 000 ans, avant d’essaimer progressivement vers le reste du monde. À son passage, il aurait supplanté toutes les autres espèces humaines — Néandertaliens, <em>Homo erectus</em>, et autres — sans jamais se mélanger à elles. Ces dernières auraient alors disparu, victimes de la concurrence pour les ressources, des épidémies ou des changements climatiques. Ce récit, élégant dans sa simplicité, a longtemps fait autorité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un arbre généalogique touffu</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la paléontologie a toujours contenu des voix discordantes. Les fossiles eux-mêmes semblaient parfois hésiter entre les catégories : certains spécimens d’Europe de l’Est présentaient des traits à la fois sapiens et néandertaliens, que les chercheurs attribuaient tantôt à une variabilité naturelle, tantôt à un hypothétique métissage. Le débat restait ouvert, faute de preuves décisives. Wolpoff et ses collègues défendaient dès les années 1980 un modèle multirégional selon lequel <em>Homo sapiens</em> serait le résultat d’une évolution parallèle et interconnectée de plusieurs populations à travers le globe (Wolpoff et al., 1988). Cette thèse, minoritaire, allait pourtant trouver une confirmation partielle — et inattendue — grâce à une discipline que personne n’anticipait : la génétique des populations anciennes.<strong></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">La révolution silencieuse de l’ADN ancien</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 2010, une équipe dirigée par Svante Pääbo publia dans la revue <em>Science</em> le séquençage du génome néandertalien — une prouesse technique rendue possible par l’analyse de fragments d’ADN extraits de fossiles vieux de plusieurs dizaines de millénaires. Le résultat fut stupéfiant : les humains non-africains portent entre 1 % et 4 % d’ADN néandertalien dans leur génome (Green et al., 2010). Ce n’était pas une anomalie statistique ni un artefact de laboratoire, mais bien la signature moléculaire d’unions fertiles entre <em>Homo sapiens</em> et Néandertaliens, survenues il y a environ 50 000 à 60 000 ans, probablement au Proche-Orient, lors des premières grandes migrations hors d’Afrique.<strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux ans plus tard, l’analyse d’une phalange découverte dans la grotte de Denisova, en Sibérie, révéla l’existence d’une espèce jusqu’alors totalement inconnue : les Dénisoviens. Génétiquement distincts des Néandertaliens et d’<em>Homo sapiens</em>, ils ont néanmoins laissé leur empreinte dans le génome des populations actuelles d’Asie du Sud-Est et d’Océanie, chez qui leur contribution peut atteindre 5 % (Reich et al., 2010). Les Aborigènes australiens et les Mélanésiens sont aujourd’hui les héritiers les plus documentés de ces croisements. Ces découvertes consacrèrent Svante Pääbo, qui reçut le Prix Nobel de physiologie ou médecine en 2022 pour l’ensemble de ses travaux fondateurs sur la paléogénomique.<strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces métissages ne relevaient pas du simple accident biologique. Certains des gènes hérités des Néandertaliens se sont maintenus dans nos génomes parce qu’ils conféraient des avantages adaptatifs réels : une meilleure résistance à certains pathogènes, une adaptation au froid ou aux UV dans des environnements nouveaux. L’évolution a donc conservé ces apports comme autant d’outils utiles, sélectionnés parce qu’ils aidaient <em>Homo sapiens</em> à survivre dans des territoires jadis habités par d’autres humanités.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une extinction en demi-teinte : ni brusque ni totale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La disparition des autres espèces humaines ne ressemble ni à un génocide ni à une catastrophe naturelle soudaine. Elle s’est jouée sur des millénaires, à travers un enchevêtrement de processus dont aucun ne suffit à lui seul à expliquer le résultat final. Les Néandertaliens, qui avaient dominé l’Europe pendant plus de 200 000 ans, s’éteignirent il y a environ 40 000 ans — soit plusieurs millénaires après l’arrivée des premières vagues d’<em>Homo sapiens</em> sur le continent. Cette cohabitation prolongée laisse penser à une compétition progressive pour les mêmes ressources alimentaires et les mêmes territoires, plutôt qu’à une confrontation violente et délibérée.<strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des refuges <em>néandertaliens</em> semblent avoir subsisté dans des zones marginales — Gibraltar, le sud de la péninsule ibérique — bien après la disparition de l&rsquo;espèce dans le reste de l’Europe, comme si les dernières populations se repliaient vers des enclaves de survie avant de s’éteindre définitivement. <em>Homo erectus</em>, de son côté, aurait persisté en Asie du Sud-Est jusqu’à environ 100 000 ans avant le présent, après près de deux millions d’années d’existence — une durée qui éclipse de loin notre propre histoire. Sa disparition, là encore progressive, témoigne d’un monde humain long à changer, plutôt que prompt à basculer.<strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, <em>Homo sapiens</em>n’est ni le simple vainqueur d’une guerre des espèces, ni la synthèse harmonieuse de toutes les humanités passées. Il est le produit d’une longue lignée africaine, dotée d’une plasticité culturelle et cognitive exceptionnelle, qui a absorbé en chemin de petites mais précieuses contributions génétiques d’autres humanités aujourd&rsquo;hui disparues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le souligne Stringer dans ses travaux sur la diversité des hominines africains, notre espèce elle-même est née d’un brassage interne entre plusieurs populations africaines génétiquement divergentes (Stringer, 2016). L’unité que nous projetons sur le passé ne reflète pas la réalité d’un monde humain qui fut, pendant des centaines de millénaires, peuplé d’une remarquable pluralité d’êtres.<strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette histoire nous invite à repenser notre rapport à la diversité. Car si nous sommes aujourd’hui seuls représentants du genre <em>Homo</em>, nous portons en nous — littéralement, dans chacune de nos cellules — les traces fantômes d’autres façons d’être humain. Nous ne sommes pas la fin d’une histoire, mais son héritier le plus récent.<strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Universitaire</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bibliographie</strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Green, R. E., et al. </em><em>(2010). A draft sequence of the Neandertal genome. Science, 328(5979), 710–722.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Reich, D., et al. (2010). Genetic history of an archaic hominin group from Denisova Cave in Siberia. Nature, 468(7327), 1053–1060.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Stringer, C. (2016). The origin and evolution of Homo sapiens. Philosophical Transactions of the Royal Society B, 371(1698), 20150237.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Wolpoff, M. H., Wu, X. Z., &amp; Thorne, A. G. (1988). Modern Homo sapiens origins: A general theory of hominid evolution involving the fossil evidence from East Asia. In The Origins of Modern Humans (pp. 411–483). Alan R. Liss.</em></p>
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		<title>L’Iran a tenu &#124; La fin de l’ère américaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Apr 2026 09:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La guerre contre l'Iran a pulvérisé l’illusion d’une Amérique encore capable de dicter seule ce qui est permis, puni ou toléré. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/09/liran-a-tenu-la-fin-de-lere-americaine/">L’Iran a tenu | La fin de l’ère américaine</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Il est des guerres qui rasent des villes. Et il en est d’autres – comme celle que les Etats-Unis et Israël viennent de livrer à l’Iran – qui rasent des hiérarchies. En quelques semaines, cette guerre a pulvérisé l’illusion la plus tenace du XXI<sup>e</sup> siècle, celle d’une Amérique encore capable de dicter seule ce qui est permis, puni ou toléré. Ce qui s’est joué n’est pas une simple bataille de plus au Moyen-Orient. C’est la fin d’une ère.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Yahya Ould Amar *</strong></p>



<span id="more-18604472"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Cette guerre a certes ravagé des infrastructures, bouleversé les flux énergétiques et mis en tension tout le Moyen-Orient et l’économie à l’échelle du globe, mais elle a révélé la distribution réelle de la puissance dans cette partie du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les gagnants ne sont pas ceux que l’on désigne spontanément. Les perdants non plus. Car, dans les guerres modernes, le vainqueur n’est pas celui qui frappe le plus fort, mais celui qui modifie à son avantage la perception du possible, du durable et du coûteux. La victoire n’y est pas seulement militaire. Elle est politique, psychologique et civilisationnelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le premier gagnant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier gagnant est l’Iran – même s’il a payé un prix élevé. Une puissance ne se juge pas seulement à l’étendue des destructions subies, mais à sa capacité à empêcher l’adversaire d’atteindre ses objectifs. Or les objectifs américains n’étaient pas seulement de punir l’Iran. Ils étaient principalement de le faire plier au dictat des Etats-Unis, de reprendre la maîtrise du détroit d’Ormuz, de protéger sans faille ses alliés, d’imposer à Téhéran une capitulation stratégique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien de cela n’a été obtenu. Le cessez-le-feu lui-même a été suspendu à la réouverture du détroit par l’Iran – il avait toujours été ouvert gratuitement à la navigation avant les hostilités – et les discussions ont fait émerger jusqu’à l’acceptation de la question de compensations et de frais de passage pour les réparations des préjudices subis par l’Iran, signe qu’Ormuz n’est pas redevenu un espace organisé par Washington, mais un levier dont Téhéran demeure le seul vrai arbitre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là le fait majeur. L’Iran confirme qu’une puissance sous sanctions, isolée, visée depuis près d’un demi-siècle par une pression militaire, financière et diplomatique continue, peut encore faire échec à l’entreprise américaine de domination régionale. Il démontre qu’à l’âge des missiles, des drones, des capacités de déni d’accès et de la vulnérabilité des routes énergétiques, la supériorité technologique ne suffit plus à produire la soumission politique. Il suffit de tenir, de durer, d’absorber le choc et de rendre le coût de la victoire adverse supérieur à ses bénéfices. C’est une nouvelle dissuasion qui n’est pas celle des puissants. C’est celle du faible qui a compris que, à l’âge des drones et des missiles hypersoniques, tenir suffit parfois à vaincre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sun Tzu l’avait déjà murmuré il y a vingt-cinq siècles : <em>«La victoire suprême est de briser la volonté de l’ennemi sans combattre»</em>. L’Iran n’a pas brisé l’Amérique, il a simplement montré qu’elle pouvait être contrainte. Et cela change tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La leçon dépasse l’Iran. Elle concerne tous les États qui observent le système international se transformer. La force n’y disparaît pas, elle change de rendement. Elle détruit encore, mais elle convainc moins, elle ouvre des fronts qu’elle ne referme pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le second gagnant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le second gagnant est Israël, l’initiateur de cette guerre. Vu de Jérusalem, le résultat stratégique de celle-ci est limpide. Israël n’a jamais recherché seulement des trêves. Il a recherché une architecture régionale dans laquelle son utilité sécuritaire deviendrait indispensable aux monarchies arabes et, pourquoi pas au-delà, à une partie du monde sunnite. Or les frappes iraniennes contre des sites du Golfe et l’incapacité du parapluie américain à garantir une invulnérabilité réelle produisent exactement cet effet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dynamique ne relève pas uniquement du calcul stratégique. Elle s’inscrit aussi dans une vision du monde où la menace iranienne est érigée en péril existentiel. Depuis des décennies, Benjamin Netanyahu porte cette lecture et n’a cessé d’en convaincre Washington, jusqu’à peser décisivement dans l’engagement américain. Cette vision trouve un écho puissant aux États-Unis auprès des milieux évangélistes, pour lesquels le destin d’Israël s’inscrit dans une lecture quasi prophétique de l’histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre stratégie, croyance et projection, la guerre s’est aussi jouée dans cet espace où l’irrationalité se mêle à la conviction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La nouveauté n’est donc pas seulement militaire, elle est psychologique. Pendant des années, les monarchies ont cru acheter la sécurité en important des armes, en finançant des partenariats occidentaux et en s’abritant sous la bannière américaine. Cette guerre leur révèle qu’on peut acheter des systèmes d’armement sophistiqués, mais on n’achète ni la décision politique de se battre jusqu’au bout pour vous, ni la certitude d’un ciel hermétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre la richesse et la sécurité, il y a un vide que les gros contrats d’armements et les investissements des recettes pétrolières des monarchies dans l’économie américaine ne comblent pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Israël, lui, vend moins une promesse qu’une compétence sur la défense antimissile, le renseignement, la guerre électronique, les frappes préventives, la profondeur stratégique partagée avec les monarchies. Dans le nouvel imaginaire sécuritaire de celles-ci, cela compte davantage que les déclarations solennelles de Washington.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette angoisse sécuritaire rencontre un vieux soubassement historique. Dans l’imaginaire politique du Golfe, la rivalité avec la puissance perse n’est jamais tout à fait dissociable de la vieille fracture entre univers chiite et monde sunnite – la guerre Iran/Irak en est un exemple.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le premier perdant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les États-Unis, eux, sortent de cette séquence comme le premier grand perdant. Ils ont perdu sur le terrain de la dissuasion. Une puissance dissuade lorsqu’elle persuade l’adversaire que résister est inutile. Or l’Iran a résisté. Il a encaissé, répliqué, tenu le verrou d’Ormuz et imposé la perspective d’une guerre longue, coûteuse, politiquement corrosive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de là, l’Amérique a cessé d’être une puissance qui impose pour redevenir une puissance qui menace puis négocie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le recours à une médiation extérieure, en l’occurrence pakistanaise, dit beaucoup. On n’est plus dans l’âge du commandement, on entre dans celui des transactions sous contrainte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les États-Unis ont perdu aussi sur le terrain du leadership. Cette guerre le montre avec force en rappelant la dévaluation ancienne de la parole américaine, de la rupture de tous les traités avec les nations amérindiennes aux retraits contemporains d’accords majeurs, qu’il s’agisse du traité sur les missiles antibalistiques, de l’accord nucléaire iranien, du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, de l’accord de Paris ou d’autres encore.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une puissance qui fait de l’engagement une option finit par transformer sa propre signature en instrument provisoire. Or une signature provisoire ne fonde aucun ordre international. Elle produit de la méfiance, puis de la distance, puis des stratégies de contournement. C’est ainsi que les empires cessent d’être des centres de gravité pour devenir des facteurs d’incertitude.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, l’Amérique populiste a accentué dans l’arrogance ce constat, elle ne structure plus l’ordre international, elle l’expose à l’aléa – devenant ainsi une puissance du désordre. Le leadership appartient à celui qui rétablit l&rsquo;ordre et non le contraire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Washington n’a pas seulement été incapable de rétablir à lui seul la liberté de navigation, demandant sans succès une aide des puissances alliées – on se rappelle des insultes proférées contre Macron après son refus d’envoyer la marine française dans le détroit d’Ormuz pour ne pas cautionner une guerre illégale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Washington a dû également constater qu’au Conseil de sécurité, la volonté américaine ne suffisait plus, puisque la Russie et la Chine ont bloqué une résolution, tandis que d’autres acteurs se sont installés dans la médiation et la gestion de crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ordre international ne répond plus à une seule capitale. Il se fragmente autour de centres de décision concurrents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cela s’ajoute une défaite morale. Lorsqu’une grande puissance en vient à menacer l’anéantissement d’une civilisation, à banaliser l’idée de frapper des infrastructures civiles et à laisser prospérer une rhétorique d’éradication, elle détruit le socle de légitimité dont elle avait besoin pour se présenter comme gardienne d’un ordre mondial. La condamnation de ces menaces par des voix internationales de premier plan (à commencer par le Pape) a montré qu’une ligne rouge avait été franchie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une puissance qui prétend défendre le droit tout en parlant le langage de l’anéantissement ne fait plus peur seulement à ses ennemis. Elle inquiète le monde entier. Et ce que le monde a entendu du Président Trump, c’est la fin de l’Amérique comme référence éthique. Il ne reste plus qu’une superpuissance… imprévisible, et désormais dangereuse pour tous, y compris pour ses propres alliés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le second perdant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les monarchies du Golfe, elles aussi, comptent parmi les perdants. Leur faiblesse n’est pas seulement militaire. Elle est structurelle. Elles ont découvert que des économies prospères, des infrastructures ultramodernes et des budgets de défense massifs ne suffisent pas à fabriquer une autonomie stratégique. Leurs ports, leurs installations énergétiques, leurs réseaux vitaux et jusqu’à leurs horizons urbains dépendent d’un environnement régional qu’elles ne contrôlent pas. Leur vulnérabilité n’est pas un accident de parcours. Elle tient à leur position même dans le système régional. Elles sont riches, mais exposées. Centrales pour les marchés, mais périphériques dans la décision stratégique. Redoutées pour leur influence financière, mais incapables d’imposer seules une dissuasion crédible à leurs frontières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les frappes ayant visé des infrastructures du Golfe (pétrolières, de dessalement d’eau de mer…) &nbsp;l’ont rendu visible au grand jour. Sachant que le bombardement des installations nucléaires iraniennes par les Etats-Unis et Israël, pourra empoisonner tout le Golfe Persique avec des matériaux radioactifs. Cela mettrait instantanément hors service les usines de dessalement dans les monarchies qui fournissent 100 % de l’eau potable, même si ces usines peuvent éliminer les éléments radioactifs avec une efficacité de 90 %, mais les risques à long terme pour l’approvisionnement alimentaire (poissons) et les sédiments resteront radioactifs pendant au moins un siècle voire plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les monarchies ne peuvent ni rompre avec Washington sans risque, ni continuer à s’en remettre exclusivement à lui sans naïveté. Elles ne peuvent pas davantage ignorer Israël, dès lors que la protection américaine a montré ses limites et que l’Iran s’est affirmé comme menace concrète pour leurs équilibres internes et leurs intérêts vitaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que cette guerre installe, c’est moins une alliance sentimentale qu’une convergence de nécessité. Les monarchies du Golfe se rapprochent inexorablement d’Israël non parce qu’elles l’auraient soudainement souhaité, mais parce qu’elles ne peuvent plus penser leur sécurité comme avant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La marge pour les monarchies est réduite, se soumettre à Israël ou à l’Iran qui était – pour sa survie – obligé de les bombarder.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette guerre leur a rappelé la loi implacable de l’histoire que la richesse sans puissance est une invitation au chantage. Et le chantage, Israël et l’Iran le maîtrisent à la perfection.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La fin du pouvoir d’organiser le monde</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi cette guerre marque un basculement. Le passage vers un ordre multipolaire est la traduction politique d’un ensemble de bouleversements déjà à l’œuvre comme la diffusion irréversible des capacités militaires de précision, la montée des puissances intermédiaires, l’érosion du leadership américain, le retour de la géographie contre les empires de projection, l’affaiblissement du monopole occidental sur les normes, la contestation croissante de la centralité du dollar, la fragmentation des chaînes logistiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La multipolarité ne signifie pas l’avènement d’un nouvel ordre stable. Elle signifie d’abord qu’aucune puissance ne peut plus convertir seule sa supériorité militaire en obéissance régionale durable. Elle signifie aussi que les médiations se diversifient, que les dépendances monétaires se relativisent, que les routes commerciales deviennent des instruments de négociation, et que la géographie reprend ses droits contre les empires de projection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucune puissance, désormais, n’est assez forte pour organiser seule le monde. Plusieurs le sont assez pour empêcher les autres de l’organiser.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’équilibre iranien-israélien au Moyen-Orient </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette nouvelle configuration, un équilibre régional se dessine. D’un côté, l’Iran s’impose comme la puissance qui a opposé à l’hégémonie américaine une résistance suffisamment efficace pour imposer le respect de ses lignes rouges et porter à la table des discussions des exigences de non-agression, de compensation et de contrôle politique accru sur Ormuz. De l’autre, Israël consolide sa place comme pivot sécuritaire pour les monarchies du Golfe et, par extension, pour une partie du système sunnite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce face-à-face n’est pas la paix. Mais c’est un équilibre. Or, dans l’histoire du Moyen-Orient, les équilibres comptent souvent davantage que les proclamations, parce que la stabilité n’y naît pas des discours, mais de l’acceptation contrainte, parfois tacite, d’un rapport de forces que nul ne peut abolir sans risquer l’embrasement général.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, cet équilibre peut rouvrir l’espace d’un règlement de la question palestinienne. Non par générosité soudaine, mais par logique stratégique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les monarchies qui se rapprocheront davantage d’Israël auront besoin de présenter à leurs opinions publiques et au monde arabe un dividende politique, et aucun dividende n’est plus structurant que la perspective d’un règlement négocié de la question palestinienne. Car aucune architecture régionale ne sera durable si elle prétend intégrer Israël dans la sécurité du monde arabe tout en laissant en suspens la question qui structure depuis des décennies la conscience politique de la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Israël, de son côté, découvrira qu’une intégration régionale durable ne peut reposer sur la seule force militaire, surtout dans un environnement où la profondeur des menaces s’est élargie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à l’Iran, s’il veut convertir sa résilience en rang durable, il lui faudra montrer qu’il peut être autre chose qu’une puissance de perturbation, et que sa capacité d’empêchement peut aussi servir une stabilisation négociée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque les rapports de force se clarifient, les guerres par procuration perdent une partie de leur utilité. Elles ne disparaissent pas par enchantement. Mais elles deviennent plus coûteuses politiquement pour des acteurs désormais contraints de composer dans un espace moins unipolaire, plus interdépendant, plus surveillé par les marchés, les opinions et les puissances rivales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie lecture de cette guerre est là. Elle ne consacre pas la toute-puissance d’un camp. Elle enterre une illusion. Celle d’une Amérique capable de punir sans limite, de protéger sans faille, de dicter les termes de l’ordre et de rester, malgré tout, le centre moral du système international. Cette illusion s’est brisée sur l’Iran. Et, dans le même mouvement, elle a rapproché Israël du cœur de la sécurité arabe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au terme de cette séquence, le bilan est net. L’Iran a gagné en statut et en respect. Israël a gagné en centralité stratégique. Les États-Unis ont perdu en dissuasion, en crédibilité et en autorité morale. Les monarchies du Golfe ont perdu leur dernière illusion d’invulnérabilité. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi que s’achèvent les cycles impériaux. Ils ne se ferment pas dans l’effacement de la puissance, mais dans son incapacité à produire de l’ordre. Les armes peuvent continuer de frapper, elles ne suffisent plus à convaincre, ni à soumettre, ni à stabiliser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Amérique ne disparaît pas ; elle change de nature et glisse d’un centre organisateur vers une force de désordre qui dérègle ce qu’elle prétendait structurer. Car une puissance cesse de dominer lorsque se fissurent les garanties qui fondaient sa légitimité : la sécurité des routes maritimes, le respect du droit, la solidité de la parole donnée, la protection effective des alliés. À cet instant, elle ne façonne plus l’histoire ; elle y prend place, comme l’une de ces puissances qui ont perdu la capacité de l’organiser.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economiste, banquier et financier.</em></p>
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		<title>Guerre d’Iran &#124; Vers une reconfiguration de l&#8217;ordre mondial</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Apr 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Noureddine Horchani]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18591145</guid>

					<description><![CDATA[<p>Avec la guerre israélo-américaine contre l’Iran, une dynamique de reconfiguration internationale des équilibres internationaux est en marche,</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/07/guerre-diran-vers-une-reconfiguration-internationale/">Guerre d’Iran | Vers une reconfiguration de l&rsquo;ordre mondial</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La nouvelle guerre contre l’Iran est un remake d’évènements déjà vécus mais cette fois-ci en version plus hard. A priori, Israël ne voulait pas perdre l’opportunité de faire régner définitivement sa Pax Judaïca dans la région du Moyen-Orient, en profitant d’un contexte géopolitique favorable&nbsp;avec un monde arabe en léthargie profonde, une administration américaine acquise aux thèses sionistes et une Europe focalisée sur un conflit ukrainien devant ses portes.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Noureddine Horchani *</strong></p>



<span id="more-18591145"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg" alt="" class="wp-image-17670549" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Mais la guerre déclenchée contre l’Iran au mépris du droit international et surtout au détriment des principes les plus élémentaires de la diplomatie, dans la mesure où elle a été lancée en pleines négociations que l’intermédiaire omanais annonçait pourtant fructueuses, était prévisible et ne dérogeait pas à la nature du système des relations internationales désormais anarchique donnant raison aux tenants du courant réaliste dans les relations internationales qui ne reconnaissent comme acteurs que les Etats auxquels ils attribuent, comme seul objectif, la quête de la puissance et les intérêts qui vont avec. <sup>(1)</sup></p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, l’ordre juridique international, ainsi que les organisations internationales supposées constituer des enceintes de règlement pacifique des conflits, existent, incarnées par l’Onu, mais l’efficacité de leur action dépend de la bonne volonté des grandes puissances et à leur tête les Etats-Unis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par leur gravité, les répercussions de la guerre contre l’Iran interpellent les analystes des relations internationales, les observateurs, les stratèges, les économistes et même les citoyens lambdas inquiets pour leur vie quotidienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce conflit pose deux types d’interrogations :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; sur le lien de ce conflit avec la configuration du système international actuel (unipolaire&nbsp;? bipolaire&nbsp;? multipolaire&nbsp;? bi-multipolaire&nbsp;? etc.) et sur son impact sur l’ordre international établi par les alliés au lendemain de la seconde guerre mondiale&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; sur la pérennité de l’approche trumpiste des relations internationales. Autrement dit, <em>«la doctrine»</em> (mot trop fort pour qualifier les folles agitations de Trump) qui fonde sa gestion de la politique étrangère des Etats-Unis, survivrait-elle à son départ de la Maison blanche ou assisterions-nous au retour à une gestion plus apaisée de la politique étrangère américaine&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Résilience du système international&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre et les crises en général sont l’expression de&nbsp;la <em>«vitalité»</em> du système international composé d’acteurs étatiques en perpétuelle compétition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme pour les crises économiques que le système capitaliste international transforme en occasions pour se revigorer et pour se réajuster, la guerre permet au système international de prendre en charge et d’intégrer la modification des rapports de force entre acteurs et de s’adapter à une redistribution de la puissance entre les Etats qu’ils soient des puissances régionales émergentes (Iran, Turquie) ou des superpuissances comme les Etats Unis, la Chine et la Russie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Israël agit dans ce cadre restreint de conquête et d’hégémonie propre aux acteurs étatiques dans un monde où prévaut la loi du plus fort, sans égard aux valeurs véhiculées par le droit international. Pourtant les velléités hégémoniques de l’entité sioniste ne correspondent pas nécessairement à ses intérêts à long terme eu égard aux données géopolitiques structurelles de la région, indéniablement favorables aux Etats arabes qui, jusque-là, manquent de volonté pour mobiliser ces données et les ressources dont ils disposent afin d’endiguer la menace que représente pour leur intégrité territoriale la stratégie d’expansion et de conquête israélienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un système international en mutation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le conflit opposant aujourd’hui Israël et les Etats-Unis l’Iran s’inscrit dans cette logique de l’instabilité et des crises majeures inhérentes aux phases de transition de la configuration internationale dont les caractéristiques ont largement été développées dans la littérature des auteurs réalistes des relations internationales.<sup>(3)</sup></p>



<p class="wp-block-paragraph">Loin de confirmer la suprématie de la puissance américaine, l’étalage par les Américains de la puissance armée contre l’Iran avec l’appui de l’entité sioniste, augure plutôt d’une évolution inéluctable de la configuration du système international de l’unipolarité impériale américaine vers une multipolarité émergente où la Chine, la Russie et l’Inde nucléaire occuperont des positions régaliennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la phase de transition d’une configuration à une autre, l’instabilité devient la caractéristique essentielle du système et des relations internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les entités étatiques en quête de puissance sont en compétition pour améliorer leur positionnement sur l’échiquier mondial ce qui constitue une source de conflit surtout lorsque les institutions internationales échouent à canaliser les ambitions des puissances émergentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans ce contexte de redistribution de la puissance et de remise en cause de l’ordre établi (nucléaire, géopolitique&#8230;) par les puissances émergentes, en occurrence l’Iran dans le cas actuel, que l’Etat impérial américain en déclin ne peut se résigner à la déliquescence de sa puissance et à la perte de&nbsp; son statut hégémonique<sup>(4)</sup> sans exprimer sa résistance à travers des coups d’éclat et des conflits où elle entend démontrer à ses concurrents qu’elle reste maitresse du système international.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre contre l’Iran et l’action contre le Vénézuéla constituent les derniers sursauts d’une puissance en décadence. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on peut expliquer la difficulté pour l’administration Trump de fixer des objectifs clairs à sa guerre contre l’Iran ou de la justifier auprès de ses alliés comme auprès de son opinion publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans ce sens également qu’on peut comprendre les multiples déclarations de Trump scandant en toute occasion la suprématie de l’armée des Etats Unis et la grandeur de son pays. Ce discours ne semble pas être adressé à l’Iran qui n’est pas le rival des Etats-Unis pour la suprématie mondiale, mais à ses concurrents directs&nbsp;: la Chine et la Russie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’illusion de la suprématie&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Présentée par Donald Trump lors de son déclenchement comme une balade de quelques jours de ses troupes, la campagne militaire américano-israélienne contre l’Iran atteint aujourd’hui son deuxième mois et n’en finit pas de gonfler la facture à payer non seulement par les citoyens américains au niveau du galon d’essence mais également par l’ensemble des pays du monde qui devront affronter une récession générale et une crise qui touche désormais tous les secteurs de l’activité économique en commençant par l’agriculture mondiale privée des engrais avec la fermeture partielle par l’Iran du détroit d’Ormuz par où transitent 20% de la production pétrolière mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre a provoqué des effets systémiques que le locataire de la Maison blanche n’a pas appréciés à leur juste mesure, aveuglé par une adhésion évangélique aux thèses sionistes étalées par Benjamin Natanyahu à qui <em>«il ne peut rien refuser»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enlisement de la plus puissante armée du monde dans le bourbier iranien était pourtant prévisible et ne déroge pas aux précédentes interventions américaines qui avaient toutes échoué&nbsp;: Vietnam, Afghanistan, Irak&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré sa supériorité militaire criante et le soutien de l’aviation israélienne, la plus puissante du Moyen-Orient, les Etats-Unis n’arrivent pas à en découdre avec une armée iranienne de loin moins outillée mais bien préparée et exploitant de manière optimale les atouts dont elle dispose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pire encore, l’administration américaine cherche aujourd’hui désespérément une porte de sortie honorable en renonçant aux objectifs qu’elle avait médiocrement exposés tout au long de son agression pour la justifier&nbsp;: provoquer la chute du régime des mollahs, détruire définitivement son projet nucléaire, anéantir son arsenal balistique&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’hégémon américain est frappé au cœur de son prestige et de sa crédibilité surtout aux yeux de ses concurrents directs, la Chine et la Russie, qui observent avec intérêt ses tactiques de guerre défaillantes et assistent à sa déchéance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette vérité s’applique également à la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine. C’est le phénomène de l’impuissance de la puissance largement développé par les auteurs de relations internationales de différents horizons. Ces auteurs décrivent l’incapacité endémique des superpuissances à vaincre par les seuls moyens militaires des Etats à moyenne ou faibles capacités.<sup>(5)</sup></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une guerre asymétrique comme celle lancée par Israel et les Etats-Unis contre l’Iran est dès le départ vouée à l’échec car ses artisans seront toujours incapables de prédire ses répercussions politiques (internes aux belligérants) économiques et militaires. L’interdépendance des économies, la globalisation des échanges ainsi que la puissance des opinions publiques dans les sociétés&nbsp;<em>«démocratiques»</em> sont autant de facteurs qui réduisent l’efficacité de la suprématie militaire brute.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ordre international entre instabilité et résilience</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’ordre international issue de la seconde guerre mondiale semble être éprouvé par des guerres transgressant la légalité internationale&nbsp;: contre l’Iran, contre Ukraine, contre Gaza… et menaçant d’effondrement tout l’édifice normatif et structurel construit au lendemain de la seconde guerre mondiale, et qui était&nbsp;fondé sur le multilatéralisme et le règlement pacifique des conflits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même les alliances qu’on croyait indéfectibles comme celle atlantique sont battues en brèche. Le président américain menace de se retirer de l’Otan qu’il qualifie de tigre de papier parce que ses membres ont refusé de s’associer à sa campagne guerrière contre l’Iran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le camp occidental est définitivement fissuré. Mégalomane comme il est, Trump propose des structures de rechange qu’il contrôlerait pour remplacer les institutions onusiennes <em>«moribondes»</em>, fiefs du multilatéralisme, principe ayant fondé la coopération internationale depuis 1945.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Comité de la paix créé par Trump dans le sillage de la guerre à Gaza est censé remplacer le Conseil de sécurité. Les traités commerciaux bilatéraux qu’il oblige certains pays à signer après ses décisions unilatérales d’augmentation des tarifs douaniers et des taxes sur l’importation de produits en provenance de ces pays sont censés remplacer les accords du GATT et de l’OMC.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre contre l’Iran, la prise en otage du président vénézuélien, le blocus de Cuba ainsi que la fronde des taxes et des représailles commerciales que l’administration Trump impose au reste du monde semblent indiquer que la remise en cause de l’ordre international d’après-1945 est bel et bien consommée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais en réalité, l’administration Trump n’est pas plus interventionniste ni plus belliqueuse que ses précédentes surtout républicaines mais elle est plus extravertie, moins discrète et plus chaotique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Etats Unis, toutes administrations confondues, sont intervenus militairement des dizaines de fois depuis 1945. L’intervention actuelle contre l’Iran à l’instigation d’Israel s’inscrit dans la logique de la politique étrangère par essence interventionniste, de la Maison Blanche au cours des 80 dernières années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, l’aliénation de la politique étrangère américaine au dictat israélien est aujourd’hui une constante de la stratégie des administrations américaines successives. Cette réalité s’est construite au fil de décennies d’efforts fournis par les groupes de pression juifs et sionistes et notamment la toute puissante American Israelian Public Affairs Commitee (Aipac).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Etats-Unis-Israël&nbsp;: une alliance en mutation&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut rappeler qu’avant la deuxième guerre mondiale, l’élite politique américaine n’était pas franchement réceptive aux thèses sionistes œuvrant pour la création d’un Etat juif en Palestine. Certaines éminentes personnalités politiques étaient même explicitement qualifiées d’antisémites comme le président Franklin Roosevelt (1933-1945). D’autres étaient plus réservés vis-à-vis des projets sionistes (Woodraw Wilson 1913-1921, Calvin Coolidge 1923-1929).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rappelons également que ce sont les Etats-Unis qui ont forcé l’Angleterre, la France et Israël à arrêter leur agression tripartite contre l’Egypte suite à la fermeture par le président Nasser du canal de Suez en 1956.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le soutien inconditionnel américain à la politique israélienne ne s’est transformé en donnée stratégique constante qu’après la guerre des Six jours en 1967. La stratégie de politique étrangère américaine repose, depuis, sur le principe du maintien de la suprématie militaire de l’Etat sioniste sur tous les Etats du Moyen-Orient. Mais la guerre contre Gaza en 2024 a annoncé un effritement stratégique du soutien américain à l’entité sioniste surtout auprès de l’opinion publique. Pour la première fois dans l’histoire récente des Etats-Unis, les sondages d’opinion révèlent un début de basculement du soutien de la société américaine en faveur des Palestiniens et au détriment des Israéliens (41% contre 36%) comme le révèle un sondage Gallup en 2026. Plus inédit encore, les débats au Congrès sur le fondement du soutien américain à l’entité sioniste. Ces débats étaient inimaginables quelques années auparavant et surtout avant la guerre de Gaza, tellement le soutien à l’Etat faisait l’unanimité auprès de l’élite politique américaine et transcendait les clivages partisans entre Républicains et Démocrates. C’est un changement stratégique majeur qui impactera la définition de la politique étrangère américaine à l’avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce qui est singulier aujourd’hui avec l’actuelle agression américano-israélienne contre l’Iran est qu’elle tranche avec le programme électoral non interventionniste du président Trump et risque de provoquer la défaite électorale de son parti lors des élections du midterm en novembre 2026. Cette défaite est devenue probable surtout avec l’enlisement des Etats-Unis dans une guerre d’usure aggravant le sentiment de dépit et de désaveu de l’électorat républicain américain, et notamment sa composante Maga, désabusée par le non-respect par le candidat Trump de ses engagements électoraux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers un nouvel équilibre mondial</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre menée par les Etats-Unis et Israel contre l’Iran met l’ordre international bâti au lendemain de la seconde guerre mondiale sous une tension intenable. Son coût direct pour les belligérants (4 milliards de $ de matériel militaire perdu rien que pour les Etats-Unis) et ses répercussions économiques sur l’ensemble de la planète, suite à la flambée des coûts de l’énergie et des matières premières et la récession qui frappera sans distinction l’ensemble des pays du monde, rappellent l’interdépendance des économies et la fragilité des équilibres mondiaux. Elles révèlent également les limites de la puissance militaire brute dans le cadre de la guerre asymétrique où le déséquilibre des moyens militaires est compensé chez la partie la plus faible par l’exploitation d’atouts inattendus&nbsp;: contrôle du détroit d’Ormuz, armement efficace et peu onéreux qui devrait changer la nature des conflits contemporains&nbsp;(drones, missiles balistiques..). Elles rappellent également que les puissances dominantes ne tirent pas les leçons de leur propre histoire récente et répètent les mêmes erreurs avant même que leurs conséquences ne soient définitivement consommées&nbsp;: intervention américaine en Irak et en Afghanistan, enlisement de la Russie en Ukraine&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En dépit de tout cela, l’effondrement de l’ordre international fondé sur la primauté du droit international et du multipartisme, ne semble pas imminent. En fait, la contestation de l’ordre international par l’administration Trump ne constitue qu’un épisode historique qui prendra fin avec l’alternance prochaine à la Maison blanche. Car tout semble présager – la &nbsp;popularité du président Trump étant descendue à 33% dans ls derniers sondages – une défaite des Républicains lors des prochaines législatives et présidentielles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, la dynamique de changement de la configuration internationale déjà en marche, ainsi que la quête naturelle de puissance entre les acteurs étatiques sur la scène internationale, bousculant la stabilité, la sécurité et la paix internationales, sans pour autant menacer la survie du système.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Notes&nbsp;:</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>1- Raymond Aron&nbsp;: ‘‘Guerre et paix entre les nations’’. Ed Calman Levy 1962.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>2- Mon article&nbsp;: «La politique étrangère des Etats-Unis entre rupture et continuité», Kapitalis du 15 octobre 2025.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>3- Robert Gilpin&nbsp;: ‘‘War and change in world Politics’’,Ed Cambridge university press 1981.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>4- Robert Keohane &amp; Joseph Nye : ‘‘Power and interdependance : World Politics in Transition’’, Ed Little, Brown, Boston, 1977.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>5- Bertrand Badie&nbsp;: ‘‘L’impuissance de la puissance’’, Fayard, 2004. </em><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; </em><em>Stanley Hoffmann&nbsp;: ‘‘Primacy or word order’’,&nbsp; Mc Graw-Hill, 1978.</em><em></em></p>
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		<title>Crise au Moyen-Orient &#124; Onze nouveaux Tunisiens rapatriés</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Apr 2026 17:25:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[aéroport de Tunis-Carthage]]></category>
		<category><![CDATA[Liban]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[rapatriement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Onze nouveaux ressortissants tunisiens ont été évacués du Liban et sont arrivés, dans la matinée de ce lundi 6 avril 2026, à l&#8217;aéroport de Tunis-Carthage. En provenance d’Istanbul, ce groupe de onze personnes a été accueilli à sa descente d’avion par des représentants du ministère des Affaires étrangères, des équipes du Croissant-Rouge tunisien et des...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Onze nouveaux ressortissants tunisiens ont été évacués du Liban et sont arrivés, dans la matinée de ce lundi 6 avril 2026, à l&rsquo;aéroport de Tunis-Carthage.</em></strong></p>



<span id="more-18591944"></span>



<p class="wp-block-paragraph">En provenance d’Istanbul, ce groupe de onze personnes a été accueilli à sa descente d’avion par des représentants du ministère des Affaires étrangères, des équipes du Croissant-Rouge tunisien et des familles impatientes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rapatriement s&rsquo;inscrit dans un effort diplomatique continu alors que le conflit au Moyen-Orient s&rsquo;intensifie, rendant les conditions de vie au Liban extrêmement dangereuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notons qu&rsquo;il s&rsquo;agit de la quatrième opération de secours organisée par l&rsquo;État tunisien et que depuis le 15 mars, le pont aérien, passant par la Jordanie ou la Turquie, a permis de mettre à l&rsquo;abri une cinquantaine de citoyens Tunisiens à ce jour.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Y. N.</strong></p>
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		<title>Comment la guerre de Trump enrichit-elle l’Iran ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/03/comment-la-guerre-de-trump-enrichit-elle-liran/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Apr 2026 07:24:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[détroit d’Ormuz]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump]]></category>
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		<category><![CDATA[Gardiens de la révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Gholam Hossein Mohseni Ejei]]></category>
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		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Mojtaba Khamenei]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[pétrole]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Grâce à la guerre que lui livrent les États-Unis et Israël, l’Iran n'a jamais autant profité de sa manne pétrolière. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La guerre livrée depuis le 28 février 2026 par les États-Unis et Israël à la République islamique d’Iran profite à cette dernière et précisément au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) car la manne pétrolière n’a jamais été aussi rentable avec la hausse des prix du pétrole et surtout que le pétrole iranien, contrairement à celui de ses voisins, continue de franchir le détroit d’Ormuz. Cette bonne santé financière donne du souffle au régime iranien pour pouvoir poursuivre la guerre actuelle qui s’est transformée en véritable guerre d’usure contre les Américains et les Israéliens.&nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-18578246"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une enquête intitulée <em>«Comment l’Iran profite de la guerre de Donald Trump pour s’enrichir considérablement?»</em>, <em><a href="https://www.economist.com/finance-and-economics/2026/03/29/how-iran-is-making-a-mint-from-donald-trumps-war" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Economist</a></em> commence par rappeler que pendant un demi-siècle, les monarchies pétrolières du Moyen-Orient se sont présentées comme des fournisseurs fiables de pétrole à bas prix. Cependant, la guerre israélo-américaine actuelle contre l’Iran, qui dure depuis cinq semaines, a brisé cette image. Le détroit d’Ormuz étant en grande partie fermé, près de 15% du pétrole mondial ne peut plus atteindre ses destinataires. Tous les États de la région ont réduit leur production et leurs recettes d’exportation se sont effondrées. </p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Iran remporte la guerre énergétique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tous, sauf un. Tandis que ses pétroliers continuent de naviguer dans le détroit, l’Iran engrange désormais près du double de ses ventes quotidiennes de pétrole d’avant les bombardements américains et israéliens du 28 février. S’il subit des pertes sur le champ de bataille, il remporte la guerre énergétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Déterminer le nombre de barils exportés par le plus grand pays qui contourne les sanctions au monde est complexe. Ses pétroliers sont plus discrets que jamais, les sociétés commerciales d’imagerie satellitaire ont cessé de mettre à jour leurs images de la région et le brouillage électronique plonge le Golfe dans un brouillard informationnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une source proche du dossier pétrolier iranien, s’exprimant sous couvert d’anonymat auprès de <em>The Economist</em>, a confirmé que le pays exporte actuellement entre 2,4 et 2,8 millions de barils par jour de pétrole et de produits pétroliers, dont 1,5 à 1,8 million de barils de pétrole brut. Ce volume est équivalent, voire supérieur, à la moyenne des exportations de l’année dernière. Les prix de vente sont par ailleurs nettement plus élevés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, le système pétrolier iranien s’est adapté pour mieux résister aux frappes et aux sanctions. La majeure partie des recettes est désormais versée au CGRI, la force d’élite du régime. La Chine joue également un rôle actif pour garantir ces flux financiers.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Convertir le pétrole en argent liquide</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le commerce pétrolier iranien repose sur trois piliers : les intermédiaires, le transport maritime et le système bancaire parallèle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Commençons par la puissance de vente. Comme dans la plupart des pays producteurs de pétrole, les exportations de pétrole iranien sont officiellement gérées par la Compagnie nationale iranienne du pétrole (Nioc). Mais la réalité est tout autre. Dans un pays en proie à une pénurie de devises, le pétrole constitue une source de liquidités. Diverses institutions gouvernementales, du ministère des Affaires étrangères à la police, se voient attribuer des quotas pétroliers qu’elles peuvent vendre. Certaines institutions religieuses détiennent également des quotas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon plusieurs sources iraniennes, toutes ces institutions sont contrôlées par une vingtaine de personnalités influentes qui utilisent leurs réseaux pour convertir le pétrole en argent liquide. Certaines figures importantes, comme Ali Shamkhani, ancien chef du Conseil suprême de sécurité nationale, sont décédées. D’autres sont encore en vie. Le fils d’Ali Shamkhani, Hossein Shamkhani, dirige un empire commercial et maritime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’entourage de Mojtaba Khamenei, fils et successeur désigné du défunt Guide suprême, tué dès le premier jour de la guerre, est également impliqué dans le commerce du pétrole. Certains négociants sont liés à Gholam Hossein Mohseni Ejei, un haut magistrat du régime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nombre de ces individus sont liés au CGRI. Emma Lee, de la société de suivi des navires Vortexa, estime que cette force, qui exploite ses propres champs pétroliers, est à l’origine de la majeure partie de la récente croissance des exportations de pétrole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fils et le gendre de Mohsen Rezaï, ancien commandant et père fondateur des Gardiens de la révolution devenu conseiller militaire de Mojtaba Khamenei en mars, seraient impliqués dans le transport de grandes quantités de pétrole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Force Qods, branche des Gardiens chargée des opérations extérieures, contrôle également 25% de la production iranienne de pétrole brut. Cette structure décentralisée la rend difficile à démanteler par des frappes aériennes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Emprise des Gardiens sur le détroit d’Ormuz</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Durant la guerre, les Gardiens de la révolution ont également renforcé leur emprise sur le transport maritime, second pilier du commerce pétrolier. Ils contrôlent le détroit d’Ormuz ainsi que les transports et les communications dans une grande partie du Golfe. Des sociétés d’apparence privée mais appartenant en réalité aux Gardiens de la révolution ou liées à leur société holding Khatam al-Anbiya* coordonnent la plupart des opérations maritimes avec la Nioc. Parmi ces sociétés figurent Sahand Industrial, Sahara Thunder Trading, Pasargad Financial, Admiral Shipping (propriété de la famille Shamkhani) et Gulf Petrochemical Industries Company. Toutes sont soumises à des sanctions américaines en tant que sociétés écrans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des experts iraniens en logistique s’efforcent de protéger les pétroliers des dangers. Leur cargaison peut valoir entre 150 et 200 millions de dollars, soit cinq à dix fois la valeur des navires eux-mêmes. Sur l’île de Kharg, d’où est habituellement exporté 90% du pétrole iranien, les navires amarrés au quai extérieur fonctionnent selon des procédures d’urgence leur permettant de larguer leurs amarres et de partir immédiatement sans assistance. L’utilisation du quai d’Azarabad, plus important, a également été réduite pour des raisons de sécurité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce temps, des pétroliers continuent d’assurer la navette entre l’île de Kharg et les îles voisines, ainsi que les navires de stockage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les États-Unis ont bombardé des installations militaires sur l’île de Kharg et menacé de s’en emparer et les Gardiens de la révolution semblent se préparer à cette éventualité. Des ports plus petits comme Jask, Lavan et Siri fonctionnent à pleine capacité et accumulent des quantités record de marchandises. On estime que ces ports réunis pourraient traiter 25% des exportations actuelles de l’île de Kharg.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous les détails concernant les navires –cargaison, noms des membres d’équipage et destinations– sont transmis aux Gardiens de la révolution par l’intermédiaire d’agents au moment du départ. Après autorisation, un code de transit est attribué. À l’approche du détroit d’Ormuz, les navires sont tenus de diffuser ce code par radio et, s’ils sont autorisés, sont escortés par des navires des Gardiens de la révolution. Ils empruntent souvent un étroit chenal le long de la côte iranienne, permettant aux Gardiens de les surveiller de plus près. Certains pétroliers sont contraints de payer des millions de dollars de frais et leurs dispositifs de suivi sont temporairement activés pour éviter les collisions avant d’être désactivés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré la récente décision de Washington d’alléger les sanctions, les pétroliers iraniens continuent d’employer des tactiques trompeuses : usurpation d’identité, falsification de documents et manipulation de leur position. Les cargaisons sont souvent transbordées en mer, au large des côtes malaisiennes ou singapouriennes, sur d’autres navires afin de dissimuler leur origine.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Chine, destinataire final, est à la manœuvre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La destination finale est souvent la Chine, qui absorbe plus de 90% du pétrole iranien. Une centaine de petites raffineries indépendantes de la province du Shandong achètent ce pétrole. Officiellement, ces raffineries sont distinctes des grandes entreprises d’État mais la réalité est plus complexe, certaines étant liées à des sociétés d’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant la guerre, ces raffineries bénéficiaient de remises importantes sur le pétrole iranien. Désormais, avec la diminution des approvisionnements du Golfe, ces remises ont diminué et le pétrole iranien, une fois les frais de transport ajoutés, est plus cher que le Brent. Les prix mondiaux ont également augmenté, ce qui a considérablement accru les revenus iraniens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, ces prix compriment les marges bénéficiaires des raffineries chinoises, notamment en raison du plafonnement des prix des carburants imposé par le gouvernement. Néanmoins, certaines raffineries d’État envisagent d’acheter du pétrole iranien dans le cadre de la dérogation américaine, ce qui pourrait officialiser davantage le rôle de la Chine dans le commerce pétrolier iranien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième pilier est le système de paiement. Les acheteurs, chinois et étrangers, paient via des comptes <em>«fiduciaires»</em> temporaires ouverts à cet effet auprès de petites banques en Chine ou à Hong Kong, sous le nom de sociétés écrans. Les fonds sont ensuite transférés à leurs destinations finales par le biais d’un réseau complexe de comptes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une partie de l’argent reste en Chine pour l’achat de biens, tandis que le reste est transféré à travers le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>The Economist</em> a révélé les noms d’entreprises chinoises récemment utilisées pour transférer des fonds provenant du pétrole iranien et il a été constaté qu’elles traitaient avec des entreprises en Inde, au Kazakhstan et en Turquie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce réseau est géré par des départements spécialisés au sein d’entreprises liées au ministère de la Défense ou aux Gardiens de la révolution, fonctionnant comme des banques informelles. La densité de ces réseaux, qui comprennent des milliers de comptes, les rend extrêmement résistants aux pressions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces dernières semaines, les Émirats arabes unis ont fourni aux États-Unis des informations détaillées sur les réseaux financiers liés à l’Iran, contraignant Téhéran à redistribuer ses fonds via de nouveaux canaux. Les transactions s’effectuent désormais par le biais de multiples sociétés écrans et avec une extrême prudence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré des retraits effectués sur certains comptes contenant entre 6 et 7 milliards de dollars, de nombreux paradis fiscaux subsistent, notamment des comptes en Asie de l’Est et en Europe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette complexité complique le suivi des fonds, même pour la banque centrale iranienne, mais permet simultanément à certains acteurs du secteur pétrolier d’engranger des profits supplémentaires. Le système pétrolier continue néanmoins de fonctionner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À moins d’une attaque d’envergure contre les infrastructures énergétiques iraniennes –qui pourrait inciter l’Iran à riposter en frappant des installations dans les pays du Golfe–, il sera difficile de paralyser ce système.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Khatam al-Anbiya est une société holding géante détenue par les Gardiens de la révolution avec qui contrôle plus de 812 sociétés enregistrées à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Iran. À ne pas confondre avec une autre structure, le commandement militaire Khatam al-Anbiya, commandement unifié des forces armées iraniennes.</em></p>



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