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	<title>Archives des Noah Feldman - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Noah Feldman - Kapitalis</title>
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		<title>Retour sur le rôle de Noah Feldman dans la rédaction de la Constitution tunisienne de 2014</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Sep 2021 10:00:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet article sous forme de chronologie est un post-scriptum à article publié par Kapitalis sur le rôle du chercheur américain Noah Feldman dans la rédaction de la Constitution de 2014, principale responsable de l&#8217;instabilité politique en Tunisie et que le président Kaïs Saïed voudrait à juste titre faire amender. Cette chronologie révèle des détails inconnus...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/09/13/retour-sur-le-role-de-noah-feldman-dans-la-redaction-de-la-constitution-tunisienne-de-2014/">Retour sur le rôle de Noah Feldman dans la rédaction de la Constitution tunisienne de 2014</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/09/Noah-Feldman-Rached-Ghannouchi.jpg" alt="" class="wp-image-362577"/><figcaption><em>Noah Feldman chuchote, Rached Ghannouchi dicte et les constituants écrivent&#8230; </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Cet article sous forme de chronologie est un post-scriptum à <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/08/30/noah-feldman-je-suis-content-davoir-collabore-a-lecriture-de-la-constitution-tunisienne/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article publié par Kapitalis </a>sur le rôle du chercheur américain Noah Feldman dans la rédaction de la Constitution de 2014, principale responsable de l&rsquo;instabilité politique en Tunisie et que le président Kaïs Saïed voudrait à juste titre faire amender. Cette chronologie révèle des détails inconnus ou très peu connus ou oubliés qui ont déterminé les vicissitudes par lesquelles est passée la rédaction de cette Constitution, et le rôle qu&rsquo;ont joué les islamistes d&rsquo;Ennahdha et leurs alliés de la «Troïka» dans la trahison des Tunisiens en permettant l&rsquo;ingérence étrangère dans une question aussi essentielle qu&rsquo;est l&rsquo;établissement d&rsquo;un pacte fondamental entre les Tunisiens. </em></strong></p>



<p>Par <strong>Abdellatif Ben Salem</strong></p>



<span id="more-362575"></span>



<p><strong>Le 11</strong>&nbsp;s<strong>eptembre 2012</strong>: un groupe formé par une trentaine de terroristes d’Al-Qaïda comptant deux Tunisiens prennent d&rsquo;assaut le bâtiment du consulat américain de Benghazi, 4 diplomates sont tués dont l’ambassadeur des États-Unis J. Christopher Steven, lynché puis violé avant d’être achevé. D&rsquo;après les révélations de la CIA, un des terroristes tunisiens aurait participé au meurtre des fonctionnaires américains.</p>



<p><strong>Le 14&nbsp;septembre 2012:</strong> après la prière du vendredi, des groupes compacts de salafistes partisans du jihad convergent à pied ou en convoi de véhicules de la mosquée Al-Fath au centre-ville de Tunis en direction du siège de l’ambassade des États-Unis située aux quartier des Berges du Lac. Cette démonstration de force est organisée suite à un appel à manifester au prétexte de la diffusion d’un film <em>«L’innocence</em> <em>de l’islam</em>» présenté comme islamophobe. Les forces de l’ordre laissent passer librement les foules des barbus excités. Arrivés sur place, un millier de salafistes prend d’assaut le bâtiment de la représentation diplomatique. L’école américaine attenante est mise à sac et incendiée. Un groupe parvient à s’introduire dans l’enceinte même de l’ambassade en escaladant les murailles. La bannière étoilée est démâtée, un drapeaux noir d’Al-Qaïda est hissé à la place. Un début d’incendie se déclare dans les bâtiments extérieurs. Postés sur le toit, les Marines ont reçu l’ordre de ne pas tirer sur les assaillants. Totalement désorientés par des ordres et des contre-ordres et submergés par une foule déterminée et rompue aux mouvements de combat de rue, impuissantes à contenir les foules, les forces de l’ordre sont contraintes de se retirer. Il a fallu faire appel à l’intervention d’un détachement de la sécurité présidentielle dépêché par le président provisoire Moncef Marzouki à la demande insistante de la secrétaire d&rsquo;Etat Hillary Clinton pour dégager le périmètre de l’ambassade et reprendre la situation en main.</p>



<p>Le cerveau de l’attaque, Seifallah Ben Hassine alias Abou Iyadh, chef du groupe jihadiste Ansar Charia, a été exfiltré de la mosquée Al-Fath dissimulée sous un niqab. Il s’est glissé hors la mosquée devant laquelle se trouvaient les responsables du ministère de l’Intérieur presque au grand complet&nbsp;: Mohamed Nabil Abid, directeur général de la sûreté publique, Taoufik Dimassi, directeur des services spéciaux, Rachid Mahjoub, directeur du district de Tunis – qui ont dans un premier temps reçu l’ordre de l’appréhender à la sortie de la mosquée Al-Fath, mais arrivés sur place, ils reçoivent un contre-ordre émanant du ministre de l’Intérieur en personne, le Nahdhaoui Ali Larayedh. Plus de deux ans plus tard, Dimassi devait reconnaître dans une émission TV en direct sur <em>Ettounsia</em> en date du 2 mai 2014 qu’il s’est abstenu de procéder à l’arrestation de Abou Iyadh en exécution de l’ordre venu de ses supérieurs hiérarchiques, en l’occurrence de Larayedh. Le 1er juin 2014, dirigeant islamiste passe à son tour aux aveux et reconnaît avoir émis l’ordre de laisser filer Seifallah Ben Hassine pour éviter l’affrontement avec les salafistes d’Ansar Charia.</p>



<p>La Tunisie a frôlé l’intervention directe et le débarquement des Marines de la 6e flotte qui a mis le cap sur les côtes tunisiennes. Cherchez l&rsquo;erreur et les complicités&#8230;</p>



<p><strong>Le 18&nbsp;septembre 2012 :</strong> quatre jours seulement après ces faits (disons que c&rsquo;est une simple coïncidence pour ne pas sacrifier au complotisme ambiant), Noah Feldman, auteur de «<em>The Fall and Rise of the Islamic State» </em>(Déclin et essor de l’État islamique),<em> </em>se rend pour la première fois à Tunis, accompagné de l’agent d’influence américano-tunisien, l’islamiste Radwan Masmoudi, président d’une obscure officine de <em>lobbying</em> politique au profit d’Ennahdha dont il est membre actif. Ce centre, au nom antinomique, de Center for the Studies of Islam ant Democracy (Centre d’études sur l’islam et la démocratie) est une vitrine pseudo-intellectuelle de l’Organisation internationale de Frères musulmans basée à Washington. Elle est subventionnée par le Département d’État et est proche de l&rsquo;ancien congressman John Mc Cain et de l’Aipacc, le lobby sioniste aux Etats-Unis.</p>



<p>Feldman s’entretiendra avec Rached Ghannouchi, auquel il voue une admiration sans bornes, ainsi qu’avec Iyadh Ben Achour et l’historien de l’islam et intellectuel de renom Hichem Djaït. On aura l’occasion de revenir un jour sur la dérive islamiste de ce dernier.</p>



<p>Dès qu’il a su que Feldman était en visite à Tunis, un écrivain américain, dont la spécialité est la traque de l’activisme pro-islamiste de celui-ci, a écrit sur sa page <em>facebook</em> ce post&nbsp;ironique: «<em>Ainsi donc,</em> <em>Noah Feldman de l&rsquo;Université Harvard est à Tunis, pour dispenser ses conseils à Rached Ghannouchi&#8230;»</em>.</p>



<p>Feldman remet au président d’Ennahdha <em>«à titre d’ébauche d’inspiration»</em> un projet de la future <em>«Constitution»</em> tunisienne rédigé en anglais et traduit en arabe. Il faudra encore deux longues années d&rsquo;interminables palabres sous la coupole du Bardo pour que ces chers <em>«Constituants»</em> (qui se révéleront, au final, des idiots bien inutiles et nuisibles) pour pondre un texte indigeste, redondant, ennuyeux et, surtout, totalement impraticable.</p>



<p><strong>Le 30 septembre 2012</strong> : une équipe de<strong> </strong><em>Wilberforce Society</em> un <em>think tank</em> américano-britannique dirigé par un expert en droit constitutionnel d’origine indo-britannique Riddhi Dasgupta (29 ans) est arrivée à Tunis à l’invitation – tenue secrète – du président de l’Assemblée nationale constituante (ANC), Mustapha Ben Jaafar, pour présenter un projet de constitution. Le groupe d’experts (composé de 35 constitutionnalistes !) a effectué un séjour de plusieurs mois dans notre pays entouré du plus grand secret et passa au crible un à un les articles du projet de Constitution sans que personne ne soit mis au courant.</p>



<p><strong>Le 28&nbsp;août 2013 : </strong>Noah Feldmann est de retour à Tunis. Il s’entretient d’urgence avec Rached Ghannouchi, président du bureau politique d’Ennahdha. Au cours de l’entrevue, il lui remet une copie retravaillée de la <em>«Constitution tunisienne»</em> en le pressant d’en tenir compte.</p>



<p><strong>Le 11&nbsp;janvier 2014 : </strong>entre affirmation et démenti, la présence à Tunis de Noah Feldman se précise. L&rsquo;auteur de «<em>The Fall and Rise of</em> the <em>Islamic State»</em>, expose dans son ouvrage sa fumeuse théorie sur la nécessité de ressusciter l’Etat de droit musulman qui a existé pendant treize siècle jusqu’à ce que le Sultan Abdûlhamîd II l’abolisse et promulgue à la place la Loi Fondamentale (<em>Qânûn-u-‘Asâsi</em>) de l’Empire en 1876 qu’il a aussitôt suspendue en raison de la guerre russo-turque de 1877.</p>



<p>D’après Feldman et d’après également les <em>think-tanks</em> néo-conservateurs et sionistes, les islamistes et leur expression politique organisée dans l&rsquo;Organisation internationale des Frères musulmans seront tout désignés pour ressusciter cet État basé sur le dogme musulman. Les révolutions arabes donneront l’occasion tant attendue à travers un détournement constitutionnel sinueux et complexe d’en asseoir la fondation. Il s’agit en d’autres termes d’un retour déguisé à un régime politique basé sur la <em>chariâ</em> incluant artificiellement des contenus empruntés aux démocraties libérales occidentales tels que la séparation des pouvoirs, les élections libres, le multipartisme, des droits de l’homme, les libertés publiques et individuelles, etc.</p>



<p>Constitutionnaliste proche des néoconservateurs et des cercles sionistes, Feldman a été recruté par Paul Bremer, <em>«proconsul»</em> des États Unis en Irak occupé, pour donner <em>«main forte»</em> à l’équipe chargée d’élaborer la nouvelle Constitution irakienne. D’après sa biographie, certains intellectuels américains comme le Palestino-américain Edward Saïd, estimaient qu&rsquo;il manquait de compétence pour collaborer à une telle tâche. Il manquait également d’expérience, et sa connaissance de la réalité de l’Irak en particulier et du monde arabe et musulman est limitée. Quoiqu’il en soit sa participation dans l’équipe de Bremer demeure controversée et on ignore jusqu’à quel point sa collaboration fut ou pas du tout déterminante dans l’élaboration tant de la Constitution irakienne que celle afghane.</p>



<p>Dans une vidéo mise en ligne par le magazine électronique <em>Business news</em> on voit clairement Feldman insérer sa carte d’accès à l’hémicycle de Palais de Bardo&nbsp;! On a appris au cours de la journée que deux élues, l’une du CpR, Mabrouka M’barek (élue pour les États-Unis et Europe) et l’autre d’Ennahdha, Imen Ben Mohamed, avaient reconnu avoir facilité deux jours de suite l’accès de Feldman à la coupole du Bardo, d’autant que ces deux visites quotidiennes au siège de l’Assemblée ont coïncidé avec l’organisation du vote sur la criminalisation de la normalisation («<em>tatbî‘»)</em> avec l’Etat sioniste. Identifié le deuxième jour par un élu, Feldman a pris littéralement la poudre d’escampette vers la porte de sortie du siège de l’Assemblée. </p>



<p>Pour rappel, les élus d&rsquo;Ennahdha, qui défendaient bec et ongles ce projet de loi, se sont finalement abstenus de le voter. Suivez mon regard !</p>



<p>D’après une information divulguée ce jour-là par un site électronique, un élu nahdhaoui de l’ANC avait précisé que lors de l’entrevue qui eut lieu le 18 septembre 2012 au domicile de Rached Ghannouchi entre Feldman et les dirigeants d’Ennahdha, étaient présents entre autres Radwan Masmoudi, Saïd Ferjani, exécuteur de basses œuvres du parti islamiste, Rafik Bouchlaka, ministre des Affaires étrangères et gendre de Ghannouchi, ainsi que Noureddine Bhiri, ministre de la Justice, et un membre actif de Freedom House dont l’identité n&rsquo;a pas été divulguée.</p>



<p>Qui a parlé de complot américano-islamiste ? </p>



<p><em>* Ces données sont extraites d&rsquo;un essai (non encore édité) intitulé&nbsp;:</em> «<em>Contre-révolution islamiste et</em> <em>résistance populaire, chroniques politiques».</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles liés :</em></h4>



<p><a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/08/30/noah-feldman-je-suis-content-davoir-collabore-a-lecriture-de-la-constitution-tunisienne/"><em>http://kapitalis.com/tunisie/2021/08/30/noah-feldman-je-suis-content-davoir-collabore-a-lecriture-de-la-constitution-tunisienne/</em></a></p>



<p><em><a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/08/06/tunisie-pourquoi-la-constitution-de-ben-achour-feldman-doit-elle-etre-abrogee/">http://kapitalis.com/tunisie/2021/08/06/tunisie-pourquoi-la-constitution-de-ben-achour-feldman-doit-elle-etre-abrogee/</a></em></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="yzURx4PXTJ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/29/lete-2013-en-tunisie-un-flash-back-pour-rafraichir-les-memoires/">L&rsquo;été 2013 en Tunisie : Un flash-back pour rafraîchir les mémoires</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L&rsquo;été 2013 en Tunisie : Un flash-back pour rafraîchir les mémoires » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/29/lete-2013-en-tunisie-un-flash-back-pour-rafraichir-les-memoires/embed/#?secret=zgeQjkaD5Z#?secret=yzURx4PXTJ" data-secret="yzURx4PXTJ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/09/13/retour-sur-le-role-de-noah-feldman-dans-la-redaction-de-la-constitution-tunisienne-de-2014/">Retour sur le rôle de Noah Feldman dans la rédaction de la Constitution tunisienne de 2014</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
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		<title>Noah Feldman: «Je suis content d&#8217;avoir collaboré à l&#8217;écriture de la Constitution tunisienne»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/08/30/noah-feldman-je-suis-content-davoir-collabore-a-lecriture-de-la-constitution-tunisienne/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Aug 2021 09:07:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À chaque fois qu&#8217;un Tunisien dit que Noah Feldman a contribué à l&#8217;écriture de la Constitution tunisienne, il a été traité par les islamistes et les révolutionnaires de la 25e heure de menteur et d&#8217;adepte de la théorie du complot qui veut diaboliser la démocratie naissante et d&#8217;œuvrer pour la contre-révolution. La version officielle qu&#8217;ils...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/08/30/noah-feldman-je-suis-content-davoir-collabore-a-lecriture-de-la-constitution-tunisienne/">Noah Feldman: «Je suis content d&rsquo;avoir collaboré à l&rsquo;écriture de la Constitution tunisienne»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Noah-Feldman.jpg" alt="" class="wp-image-360873"/><figcaption><em>Les Américains dépêchent un «gamin» pour aider à écrire les constitutions de l&rsquo;Afghanistan, de l&rsquo;Irak et de la Tunisie, on connaît la suite : le «désordre créateur» est en marche dans ces trois pays. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>À chaque fois qu&rsquo;un Tunisien dit que Noah Feldman a contribué à l&rsquo;écriture de la Constitution tunisienne, il a été traité par les islamistes et les révolutionnaires de la 25e heure de menteur et d&rsquo;adepte de la théorie du complot qui veut diaboliser la démocratie naissante et d&rsquo;œuvrer pour la contre-révolution. La version officielle qu&rsquo;ils veulent imposer: les constituants élus par le peuple ont écrit la Constitution et personne n&rsquo;a le droit de la contester. Or cette version n&rsquo;est pas une vérité historique mais un mensonge historique car le juriste américano-israélien a bel et bien participé à l&rsquo;écriture de la Constitution de 2014&#8230; de son propre aveu.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-360872"></span>



<p>M. Feldman a sûrement des défauts mais il a une qualité que personne ne peut lui contester, la franchise. Il assume ses idées et ses actes et les revendique devant tout le monde. Sa participation à l&rsquo;écriture de la Constitution tunisienne, il l&rsquo;assume alors que beaucoup à Tunis, surtout parmi les islamistes, ne veulent pas en entendre parler et préfèrent le déni et le mensonge. Sa présence au Bardo, le 26 janvier 2014, jour de l&rsquo;adoption de la Constitution, il la revendique fièrement, alors que beaucoup à Tunis ne veulent pas en entendre parler, car ça les gêne.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Feldman assume son tropisme islamiste</h3>



<p>Le tropisme islamiste de M. Feldman et sa défense très forte des islamistes en général et des Frères Musulmans en particulier, qu&rsquo;il considère comme des démocrates, il les assume aussi. Mais ces derniers, adeptes du double langage, ça les arrange que M. Feldman les défende aux États-Unis mais ils ne veulent pas que ça se sache à Tunis car être défendu par un américano-israélien est une énième preuve qu&rsquo;ils sont les alliés des méchants Yankees dans le monde musulman, alors que le discours qu&rsquo;ils destinent à la consommation intérieure est anti-américain, anti-israélien et même souvent antisémite. Chez les islamistes, la frontière entre juifs et sionistes est, on le sait, très poreuse.</p>



<p>Interrogé en 2014 par le journal canadien <em><a href="https://www.lapresse.ca/international/201407/26/01-4786946-noah-feldman-beaucoup-de-gens-preferent-la-laicite-a-la-democratie.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Presse</a></em> sur sa présence au Bardo et les critiques qu&rsquo;elle a suscitées, Noah Feldman répondra à cette question mais en plus c&rsquo;est à ce moment qu&rsquo;il reconnaît publiquement qu&rsquo;il a participé à l&rsquo;écriture de la Constitution tunisienne que jusque-là aucune partie tunisienne n&rsquo;a reconnu et ne veut reconnaître plus de 7 ans après l&rsquo;adoption de ce texte aujourd&rsquo;hui très controversé et remis en question dans les plus hautes sphères de l&rsquo;Etat. <em>«Ça a mis beaucoup de mes amis tunisiens dans l&#8217;embarras. Tant des islamistes que des laïcs ont dû se porter à ma défense,</em> dit-il.<em> Je suis néanmoins content d&rsquo;avoir collaboré à l&rsquo;écriture de la Constitution tunisienne. Je suis très optimiste quant à l&rsquo;avenir de ce pays, qui pourrait devenir la première démocratie du monde arabe»</em>. C&rsquo;est clair comme le jour.</p>



<p>Que pense-t-il de ses amis islamistes, il les défend: <em>«Cette démocratie doit donner une place aux islamistes»,</em> soutient-il, avant de poursuivre avec une certitude déconcertante: <em>«Au début, dans les années 70 et 80, les islamistes n&rsquo;étaient pas démocrates. Mais dans les années 90, avec des victoires comme celle qu&rsquo;ils ont remportée en Algérie, ils ont réalisé qu&rsquo;ils pouvaient gagner des élections et sont devenus démocrates»</em>.</p>



<p>Rached Ghannouchi, Ibrahim Mounir ou encore Azzam Tamimi n&rsquo;aurait pas pu mieux dire! Mais au moins M. Feldman n&rsquo;est pas dans l&rsquo;ambiguïté et la langue de bois, il dit ce qu&rsquo;il pense et l&rsquo;assume. On aimerait bien que nos autorités fassent preuve de franchise et avouent le rôle de ce Yankee dans la rédaction de la Constitution de 2014 et qu&rsquo;il nous révèlent ce qu&rsquo;il y a exactement apporté ? Quelles ont été ses idées traduites dans notre loi fondamentale? Qu&rsquo;ils nous rendent des comptes, c&rsquo;est notre pays et nous avons le droit de savoir.</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Feldman-2.jpg" alt="" data-id="360874" data-full-url="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Feldman-2.jpg" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/?attachment_id=360874" class="wp-image-360874"/><figcaption class="blocks-gallery-item__caption"><em>Capture d&rsquo;écran de l&rsquo;article de La Presse.</em></figcaption></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Feldman-1.jpg" alt="" data-id="360875" data-full-url="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Feldman-1.jpg" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/?attachment_id=360875" class="wp-image-360875"/><figcaption class="blocks-gallery-item__caption"><em>Capture d&rsquo;écran de l&rsquo;article de La Presse.</em></figcaption></figure></li></ul></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Le fait religieux chez Feldman, fruit de son histoire personnelle&nbsp;</h3>



<p>Noah Feldman est né le 22 mai 1970 dans une famille juive orthodoxe dans l&rsquo;Etat du Massachusetts (côte est) où il grandit dans une fratrie composée de trois garçons, lui et ses deux frères Ezra et Simon. Ce déterminisme social et religieux, pour reprendre le terme sociologique, explique la place centrale de la religion chez le juriste américano-israélien, ami des islamistes, qui cherche à mettre en place des Etats à fondement religieux dans tout le monde arabe pour qu&rsquo;Israël ne reste pas le seul Etat à fondement religieux dans cette région, où tous les régimes laïcs, au cours des cinquante dernières années, étaient hostiles à&#8230; Israël. Il ne fallait pas trop se triturer les méninges pour comprendre les réelles motivations de M. Feldman. Élémentaire, mon cher Watson!</p>



<p>Toujours franc et ne cachant jamais rien, il dira dans le même article qui lui est consacré par <em><a href="https://www.lapresse.ca/international/201407/26/01-4786946-noah-feldman-beaucoup-de-gens-preferent-la-laicite-a-la-democratie.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Presse</a></em> qu&rsquo;il portera la kippa jusqu&rsquo;à la fin de ses études universitaires. Maintenant, on comprend mieux pourquoi Feldman, une fois devenu juriste, n&rsquo;a aucun problème à ce que la religion soit instrumentalisée par la politique et on comprend mieux sa défense solide des islamistes. On comprend mieux pourquoi dans ses travaux constitutionnels comme en Irak, il a défendu la création d&rsquo;un État confessionnel et d&rsquo;une démocratie avec des éléments islamistes. Cette dernière position a été saluée par certains comme une solution pragmatique et sensible aux problèmes inhérents à la création d&rsquo;un nouveau gouvernement irakien mais d&rsquo;autres ont cependant fait objection qualifiant les vues de Feldman de simplistes et à courte vue.</p>



<p>En effet, à l&rsquo;époque où M. Feldman a eu sa première expérience irakienne en 2003 avant celle de la Constitution de 2005, il n&rsquo;avait même pas 33 ans. En 2003, il a été nommé conseiller constitutionnel principal auprès de l&rsquo;Autorité provisoire de la coalition en Irak. À ce titre, il a conseillé la rédaction de la loi administrative de transition, précurseur de la constitution irakienne. Donc le texte qui a régi l&rsquo;Irak, énorme pays du Moyen-Orient et État stratégique entre l&rsquo;Iran, la Turquie et le Golfe arabe, a été écrit par un garçon de 32 ans qui ne connaissait même pas le pays.</p>



<p>Hélas, certaines personnes considèrent qu&rsquo;être diplômé de prestigieuses universités (Harvard et Oxford pour Feldman) fait de vous un <em>«Monsieur je sais tout»</em> et vous octroie une légitimité pour faire ce que vous voulez.</p>



<p>M. Feldman se dit connaisseur de l&rsquo;islam. La belle affaire&nbsp;! Quand on connaît l&rsquo;islam, on ne connaît pas forcément les pays arabes et leurs spécificités. Pour Feldman, cette connaissance, apprise dans les universités, est toute théorique. Il est loin, très loin de la pratique et il est dépourvu de toute expérience de terrain or il ne suffit pas d&rsquo;avoir fait des études en droit constitutionnel dans une université prestigieuse et de s&rsquo;intéresser à la religion musulmane pour pouvoir rédiger les Constitutions des pays arabes. Il faut connaître la mentalité, la sociologie politique de chaque pays, son histoire, sa composition religieuse, ethnique et confessionnelle, sa structure sociale, etc&#8230; Et tout cela, Feldman l&rsquo;ignore. Il est dans une logique à la fois simpliste et subjective. Simpliste car pour lui un pays arabe est de facto un pays musulman et donc on donne une place centrale à la religion dans la Constitution et on accorde aux islamistes le premier rôle sur la scène politique. C&rsquo;est plus que simpliste, c&rsquo;est de l&rsquo;ignorance d&rsquo;un monde arabe plus complexe. C&rsquo;est une vision truquée car basée sur des clichés. Ensuite sa vision n&rsquo;est pas scientifique et rationnelle mais fortement subjective car M. Feldman de par la place centrale du fait religieux dans son histoire personnelle et familiale met la religion au cœur de son travail.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Feldman vole au secours de ses amis islamistes</h3>



<p>Aujourd&rsquo;hui, le sincère M. Feldman dont nous critiquons le travail et le tropisme islamiste&nbsp; mais dont nous reconnaissons la sincérité et la franchise vole au secours de ses amis islamistes tunisiens mis à mal par l&rsquo;activation de l&rsquo;article 80 par Kaïs Saïed. Dans une tribune publiée dans <em>Bloomberg</em>, il estime que M. Saïed a commis une violation de la Constitution et pire, il perd ses nerfs et exige que la communauté internationale et surtout les États-Unis fassent pression sur le président tunisien pour qu&rsquo;il se rétracte et revienne à l&rsquo;avant 25 juillet.</p>



<p>Une nouvelle fois, M. Feldman prouve qu&rsquo;il n&rsquo;a pas le sens de la réalité, qu&rsquo;il ignore surtout la réalité tunisienne et qu&rsquo;il est toujours prisonnier de la théorie qui est pour lui la vérité absolue à laquelle le monde arabo-musulman doit se conformer car il a décidé ainsi.</p>



<p>M. Feldman reste un petit garçon capricieux. Ou bien son choix prévaut ou bien c&rsquo;est mauvais mais jamais il n&rsquo;essaye de comprendre la réalité des autres pays et la spécifié de leurs situations respectives. Il ira même sans doute sous le férule du lobbying et de la manipulation de ses amis islamistes jusqu&rsquo;à considérer que la Tunisie comme un pays qui vit des aides, des dons et des prêts et qu&rsquo;il faille donc utiliser ce levier pour faire pression sur M. Saïed. Si ce n&rsquo;est pas là du néo-colonialisme c&rsquo;est quoi alors?</p>



<p>Ou bien la Tunisie et son peuple se conforment à la volonté de M. Feldman ou bien ce pays et son peuple doivent être punis. Le garçon de 30 ans qui participa à l&rsquo;écriture de la Constitution irakienne, qui avait 40 ans quand il a participé à l&rsquo;écriture de la Constitution tunisienne a aujourd&rsquo;hui 50 ans mais il demeure capricieux et veut à tout prix imposer sa vision simpliste. Cependant, la tribune de M. Feldman a tellement plu à l&rsquo;islamiste Radwan Masmoudi que son officine (le CSID, financé par le Département d&rsquo;Etat américain) l&rsquo;a envoyée à tous les médias tunisiens, preuve que faire du chantage à la Tunisie ne dérange pas ce <em>«vendu»</em> car pour lui le parti Ennahdha passe avant la patrie tunisienne. D&rsquo;ailleurs, il est&#8230;&nbsp;américain.</p>



<p><strong><em><a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/08/06/tunisie-pourquoi-la-constitution-de-ben-achour-feldman-doit-elle-etre-abrogee/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien de l&rsquo;article de La Presse qui contient les déclarations de Feldman.</a></em></strong></p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Article lié :</em></h3>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="hexPBQkGmY"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/08/06/tunisie-pourquoi-la-constitution-de-ben-achour-feldman-doit-elle-etre-abrogee/">Tunisie : Pourquoi la Constitution de Ben Achour/Feldman doit-elle être abrogée ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Pourquoi la Constitution de Ben Achour/Feldman doit-elle être abrogée ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/08/06/tunisie-pourquoi-la-constitution-de-ben-achour-feldman-doit-elle-etre-abrogee/embed/#?secret=Fy15xBgxKM#?secret=hexPBQkGmY" data-secret="hexPBQkGmY" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/08/30/noah-feldman-je-suis-content-davoir-collabore-a-lecriture-de-la-constitution-tunisienne/">Noah Feldman: «Je suis content d&rsquo;avoir collaboré à l&rsquo;écriture de la Constitution tunisienne»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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