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	<title>Archives des occident - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des occident - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Les peuples du Sud ne plient pas devant l&#8217;hégémonie occidentale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 06:20:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les peuples du Sud ont, à travers les siècles, opposé à la domination occidentale une même réponse : résister, encore et toujours.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/15/les-peuples-du-sud-ne-plient-pas-devant-lhegemonie-occidentale/">Les peuples du Sud ne plient pas devant l&rsquo;hégémonie occidentale</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Du combat de l’Emir Abdelkader face à l’expansion coloniale française, à la détermination de Ho Chi Minh défiant les puissances impériales, en passant par la résilience de Patrice Lumumba jusqu’à l’action héroïque de Gamal Abdel Nasser, face à l’agression tripartite lors de la crise de Suez, défiant l’ordre établi, les peuples du Sud ont, à travers les siècles, opposé à la domination occidentale une même réponse : résister, encore et toujours.</em></strong></p>



<p><strong>Khémaïs Gharbi *</strong></p>



<span id="more-18628252"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-14682166" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/11/Khemais-Gharbi-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Il est des moments dans l’Histoire où les peuples cessent d’être des spectateurs pour redevenir des acteurs. Des instants rares où, au milieu des décombres et des humiliations accumulées, surgit une vérité ancienne : celle de la dignité qui ne se négocie pas.</p>



<p>Et pourtant, que de chemins brisés.</p>



<p>Le tiers-monde — ou ce que l’on nommait ainsi avec condescendance — n’a pas seulement été une géographie. Il a été une succession d’espoirs contrariés. Des indépendances chèrement acquises, aussitôt fragilisées. Des révoltes étouffées, des élans dévoyés, des divisions savamment entretenues. Les victoires d’hier se sont souvent muées en désillusions, et les promesses en fractures.</p>



<p>Nos faiblesses ont parfois ouvert la voie à des retours insidieux. À des formes renouvelées de domination, plus subtiles, mais tout aussi efficaces. Comme si l’Histoire refusait de nous laisser pleinement écrire la nôtre.</p>



<p>Mais voici que quelque chose vacille.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ne jamais plier, toujours faire face</h2>



<p>Nous assistons aujourd’hui, sous nos yeux, à une scène que beaucoup croyaient impossible : un pays du monde dit <em>«en développement», </em>l’Iran en l’occurrence, qui, au lieu de plier, choisit de faire face. Qui, au lieu de céder, résiste. Qui, au lieu de disparaître dans le silence, impose sa présence.</p>



<p>Face à lui, non pas une puissance isolée, les Etats-Unis, mais un bloc, une mécanique, une certitude de domination. Et pourtant, cette certitude s’effrite. Car la force brute ne suffit plus lorsque, en face, un peuple décide de ne plus avoir peur.</p>



<p>Ce n’est pas tant l’issue militaire qui marque les esprits. L’Histoire a montré que les rapports de force sont souvent inégaux. Non — ce qui compte ici, c’est autre chose. C’est cette capacité à transformer l’épreuve en ciment. À faire de la résistance un langage commun. À souder un peuple autour d’une idée simple, mais révolutionnaire : nous pouvons tenir.</p>



<p>Car la véritable victoire, dans ces moments-là, ne se mesure pas uniquement en territoires ou en traités. Elle se lit dans les regards. Dans la fierté retrouvée. Dans la conviction, fragile mais tenace, que même face aux plus grandes puissances, l’homme debout reste une force.</p>



<p>Et c’est là, peut-être, que nous sommes à un tournant.</p>



<p>Non pas un tournant géopolitique — l’Histoire en a connu d’autres — mais un tournant moral. Un basculement silencieux où les peuples longtemps relégués aux marges redécouvrent leur propre puissance intérieure.</p>



<p>Cela ne signifie pas que les rapports de domination disparaissent. Ni que les injustices s’effacent. Mais cela signifie qu’un imaginaire se fissure : celui de l’invincibilité des puissants.</p>



<p>Et lorsque cet imaginaire tombe, tout devient possible.</p>



<p>Il ne s’agit pas de désigner des vérités absolues, ni de distribuer les rôles du bien et du mal avec simplisme. Il s’agit de constater un fait essentiel : lorsqu’un peuple choisit de résister, il ne se contente pas de répondre à une agression — il se redéfinit.</p>



<p>Il devient autre chose que ce que l’on avait prévu pour lui.</p>



<p>Alors, peut-être, faut-il relire notre Histoire autrement. Non plus comme une succession de défaites, mais comme une longue école de résistance. Une mémoire accumulée, prête à resurgir lorsque les circonstances l’exigent.</p>



<p>Car au fond, la question n’est pas de savoir qui a vaincu.</p>



<p>La question est de savoir qui, dans le tumulte, a su rester debout. Qui a su transformer la douleur en force. Qui a su, malgré tout, faire naître l’espoir.</p>



<p>Et au-delà des figures, au-delà des noms gravés dans les livres, il y a ceux que l’Histoire n’a pas retenus. Les anonymes. Les oubliés. Ceux qui, génération après génération, ont porté en silence ce feu fragile et indestructible.</p>



<p>Un feu qui ne consume pas, mais qui régénère.</p>



<p>Un feu transmis dans les regards, dans les mots chuchotés, dans les refus obstinés.</p>



<p>À ceux-là — connus ou invisibles — qui n’ont jamais cessé d’y croire, même lorsque tout semblait perdu, même lorsque la nuit paraissait sans fin,</p>



<p>À ceux qui ont gardé, au fond d’eux-mêmes, la braise intacte de la résistance,</p>



<p>Nous devons plus qu’un souvenir.</p>



<p>Nous leur devons ce que nous sommes encore capables de devenir.</p>



<p>* <em>Ecrivain et traducteur. </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/15/les-peuples-du-sud-ne-plient-pas-devant-lhegemonie-occidentale/">Les peuples du Sud ne plient pas devant l&rsquo;hégémonie occidentale</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les dessous de l’opposition franco-occidentale à l’indépendance de la Tunisie  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/10/les-dessous-de-lopposition-franco-occidentale-a-lindependance-de-la-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Apr 2026 06:22:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie et le déséquilibre structurels des relations arabo-occidentales dans le prolongement des décolonisations ratées. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/10/les-dessous-de-lopposition-franco-occidentale-a-lindependance-de-la-tunisie/">Les dessous de l’opposition franco-occidentale à l’indépendance de la Tunisie  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Alors que la Tunisie célèbre le 70<sup>e</sup> anniversaire de son indépendance, nous avons jugé utile de situer l’évolution des déséquilibres structurels des relations arabo-occidentales dans le prolongement des décolonisations ratées du fait de la négation par l’Occident du droit des pays du tiers-monde à une véritable indépendance, y compris de ceux d’entre eux qui étaient réputés alliés de l’Occident comme la Tunisie, objet de cet article.</em></strong></p>



<p><strong>Ahmed Ben Mustapha *</strong></p>



<span id="more-18598912"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/04/Ahmed-Ben-Mustapha.jpg" alt="" class="wp-image-91794"/></figure>
</div>


<p>La guerre israélo-américaine déclenchée contre l’Iran depuis plus d’un mois est souvent présentée, du point de vue de la géopolitique, comme étant l’étape ultime du processus d’élimination des principales composantes de l’axe de la résistance lequel est perçu comme étant le dernier obstacle à la mise en œuvre du plan messianiste expansionniste israélo-sioniste soutenu par l’Occident en Palestine et au Proche- Orient. En réalité, elle s’inscrit dans une dynamique de reconquête et de recolonisation politique, militaire et économique du monde arabo-musulman qui a démarré avec l’invasion et l’occupation de l’Irak en 2003.</p>



<p>Avec les printemps arabes, ce phénomène s’est accentué visant prioritairement la chute des régimes considérés comme étant hostiles à l’Occident et Israël ainsi que la mainmise sur leurs richesses. Mais, outre les guerres destructrices dirigées contre la Libye, le Yémen et la Syrie, les changements de régime ont également touché ceux réputés alliés de l’Occident notamment en Tunisie et en Egypte.</p>



<p>A l’épreuve des faits, ces changements avaient pour but de favoriser l’accession au pouvoir, en Tunisie et dans les pays ciblés, de pouvoirs d’obédience islamiste considérés comme étant plus accommodants et ouverts à la politique de normalisation des relations arabo-israéliennes.</p>



<p>De même ces nouveaux pouvoirs se sont révélés très coopératifs dans la reconduction des politiques d’ouverture économique, de libre échange inégal et d’insertion dans la globalisation qui servent prioritairement les intérêts occidentaux.</p>



<p>La finalité de cette entreprise était de préserver l’hégémonie occidentale jugée menacée par l’émergence des Brics ainsi que la résurgence des aspirations indépendantistes dans le monde arabo-musulman ainsi qu’en Afrique.</p>



<p>Alors que la Tunisie célèbre le 70<sup>e</sup> anniversaire de son indépendance, nous avons jugé utile de situer ces évolutions et les déséquilibres structurels des relations arabo-occidentales dans le prolongement des décolonisations ratées du fait de la négation par l’Occident du droit des pays du tiers monde à une véritable indépendance.</p>



<p>Ce premier article a pour point de départ la marginalisation croissante en Tunisie de l’indépendance qui, en tant que tournant historique, n’a pas bénéficié à mon sens de l’intérêt qu’elle mérite auprès des historiens et des économistes.</p>



<p>En effet, le protocole du 20 mars 1956 a été, à mon sens, le premier acte d’insertion de la Tunisie dans la mondialisation laquelle revêtait, dès le départ, une double dimension économique et diplomatique. Sa finalité première, était, du point de vue français, destinée à maintenir la Tunisie dans le giron de la France et l’Occident tant dans le domaine des orientations stratégiques économique qu’en politique étrangère. D’où l’inclusion des conventions sur l’autonomie interne en tant que partie intégrante de ce protocole qui est fondé sur le concept d’<em>«interdépendance»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’indépendance dans l’interdépendance</h2>



<p>Depuis de nombreuses décennies, la fête de l’indépendance de la Tunisie, acquise en vertu du protocole du 20 mars 1956, n’est plus célébrée en tant que moment historique fondateur de l’histoire tunisienne. Cette situation remonte en vérité à l’époque de l’ex-Président Ben Ali qui a laissé cet évènement sombrer dans un quasi oubli au profit du <em>«changement»</em> du 7 novembre 1987, lequel s’était substitué dans le discours officiel à toutes les autres dates clés symbolisant notre lutte de libération nationale.</p>



<p>Il s’agit là d’une des caractéristiques de la classe politique dirigeante tunisienne qui a tendance à marginaliser ou déprécier sans distinction, toute référence aux évènements historiques précédents ainsi qu’aux acquis réalisés par ses prédécesseurs.</p>



<p>Dans ses mémoires, Hédi Baccouche – ancien &nbsp;Premier ministre et l’un des artisans du <em>«changement»</em> du 7 novembre 1987 – confirme que la décision d’écarter le Président Bourguiba du pouvoir avait été prise car il n’était plus en mesure d’assumer les responsabilités inhérentes à ses fonctions en raison de sa sénilité et de son âge avancé <sup>(1)</sup>. Mais il est maintenant admis que les principaux partenaires de la Tunisie, notamment les USA et l’Union européenne, ainsi que ses alliés occidentaux membres du G7 – qui ont toujours exercé une influence considérable sur les centres de pouvoir en Tunisie – avaient reçu des assurances préalables quant à la préservation de leurs intérêts ainsi que le respect par la Tunisie de ses engagements internationaux dans le cadre de la continuité de l’Etat.</p>



<p>Rappelons que le Président Bourguiba était par conviction hostile au communisme et avait revendiqué, dès son accession au pouvoir, son attachement aux valeurs politiques et démocratiques associées aux choix économiques libéraux d’insertion dans l’économie de marché qui étaient promues par les USA et l’Occident<sup> (2)</sup>.</p>



<p>Toutefois, il était fermement attaché à l’indépendance de décision de la Tunisie dans la détermination de sa politique étrangère ainsi que le choix de ses partenaires dans le domaine de la coopération internationale.</p>



<p>A cet effet, il avait introduit, la notion de coopération librement consentie entre nations souveraines dans le préambule de la constitution de 1959 au nombre des principes fondateurs de la République tunisienne.</p>



<p>La constitution de 1959 proclamait en effet – dans son préambule qui définissait les orientations stratégiques de la Tunisie indépendante – la volonté du peuple tunisien qui s’est libéré de la domination étrangère grâce à sa puissante cohésion et à la lutte qu’il a livrée à la tyrannie, à l’exploitation et à la régression&nbsp;d’<em>«instaurer une démocratie fondée sur la souveraineté du peuple et caractérisée par un régime politique stable basée sur la séparation des pouvoirs»</em>.</p>



<p>En politique intérieure et étrangère, la constitution réaffirme la volonté du peuple de <em>«consolider l’unité nationale et de demeurer fidèle aux valeurs humaines qui constituent le patrimoine commun des peuples attachés à la dignité de l’homme, à la justice et à la liberté et qui œuvrent pour la paix, le progrès et la libre coopération des nations»</em>. De même, elle proclame<em> «la volonté du peuple tunisien de demeurer fidèle aux enseignements de l’Islam, à l’unité du Grand Maghreb, à son appartenance à la famille arabe, à la coopération avec les peuples qui combattent pour la justice et la liberté»</em>.</p>



<p>Soulignons que la référence, dans le préambule de la constitution, à la <em>«libre coopération des nations»</em> revêtait une importance capitale dans la mesure où elle exprimait le rejet de la notion d’interdépendance introduite dans le protocole d’indépendance sur insistance de la France. Elle traduisait également l’attachement de la Tunisie à sa pleine souveraineté décisionnelle dans le domaine de la coopération économique internationale ainsi que dans les domaines de la diplomatie, de la sécurité et de la défense. D’où son opposition à la volonté affichée par la France, soutenue par ses alliés occidentaux, de maintenir des rapports de dépendance et de domination avec ses anciennes colonies en les empêchant de varier leurs partenariats internationaux et d’acquérir les attributs d’une véritable indépendance politique, économique, diplomatique et financière.</p>



<p>Soulignons toutefois que le Président Bourguiba, n’aura jamais recours à une politique de rupture avec la France même dans les moments de tensions extrêmes notamment lors de la bataille de Bizerte ainsi que celle de la nationalisation des terres agricoles<sup>(3)</sup>.</p>



<p>D’ailleurs, les USA se sont toujours déployés pour empêcher que les divergences tuniso-françaises n’affectent les orientations de la diplomatie tunisienne qui sont demeurées étroitement ancrées à l’Occident<sup>(4) </sup>.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Hostilité occidentale à l’indépendance tunisienne</h2>



<p>La Tunisie a accédé à l’indépendance en mars 1956 dans un contexte géopolitique régional et international défavorable aux pays arabes et africains qui souhaitaient bâtir des relations équilibrées, respectueuses de leur souveraineté et mutuellement bénéfiques avec les puissances coloniales et en particulier avec la France.</p>



<p>Il importe de rappeler la nature de ces contraintes d’ordre interne et international qui ont lourdement hypothéqué le processus de décolonisation et de construction des édifices d’un Etat national tunisien démocratique et souverain.</p>



<p>Au nombre de ces facteurs, la détermination des responsables français à préserver, sous des formes aménagées, le contrôle de leur empire colonial dont les ressources sont jugées nécessaires à la reconstruction<sup>(5)</sup> et au maintien de la France au rang de grande puissance dans la nouvelle reconfiguration du monde après la seconde guerre mondiale. Or la France n’avait pas les moyens de cette ambition du fait qu’elle était sortie de ce conflit, ainsi que l’Europe, défaite, sous domination américaine et économiquement sinistrée. Mais ne pouvant résister à la vague de décolonisation d’après-guerre, elle va œuvrer à maintenir sous tutelle ses anciennes colonies en ne leur concédant que des indépendances de façade à l’instar des pays d’Europe de l’Est qui ont été soumis au statut d’Etats à <em>«souveraineté limitée»</em> par l’URSS durant la guerre froide.<sup>(6)</sup></p>



<p>Dès lors, la France va œuvrer à mettre en place un nouveau cadre de gestion de ses relations avec l’Afrique lui permettant d’exercer une sorte de tutelle politique, économique et sécuritaire sur ses colonies africaines .</p>



<p>J’ai évoqué cet aspect méconnu de la stratégie française d’après-guerre en ces termes&nbsp;: <em>«En vérité, il est maintenant admis que les responsables français étaient, pour des raisons économiques et stratégiques, déterminés à conserver des liens étroits et indéfectibles avec leurs anciennes colonies. L’historiographie française et contemporaine nous apprend en effet, que la France, sortie dévastée, ruinée et affaiblie des deux conflits mondiaux ne pouvait réussir sa reconstruction et retrouver un statut de grande puissance sans garder le contrôle des marchés et des ressources de son empire. Ce qui a hypothéqué les aspirations à l’indépendance de ses anciennes colonies»</em><sup> (7)</sup>.</p>



<p>Dans son ouvrage publié en 2015 Pierre Vermeren – professeur d’histoire contemporaine à la Sorbonne, spécialiste des mondes arabes et africains du Nord et de la décolonisation – révèle que la France, considérablement affaiblie par la seconde guerre mondiale avait besoin de conserver le contrôle de son empire colonial pour pouvoir se reconstruire. Je le cite <em>«pour les autorités françaises la France, occupée, détruite et humiliée n’a aucune chance de se relever sans son empire»</em>. Il précise qu’en 1945 la France était menacée de révolution car occupée par l’armée américaine, elle était dépourvue de capitaux, de monnaie, d’armée indépendante sans compter ses infrastructures dévastées, son peuple vieillissant, et ses élites majoritairement compromises durant l’occupation. Dès lors, <em>«l’appel à l’empire se révèle donc plus crucial encore que dans les années 1930»<sup> (8)</sup></em>.</p>



<p>En somme, les responsables français de l’époque estimaient, pour des considérations stratégiques vitales, qu’un désengagement total de ses possessions coloniales, priverait la France de ressources humaines et matérielles nécessaires à sa renaissance économique et à la préservation de son statut de grande puissance au plan régional et mondial.</p>



<p>S’agissant de la Tunisie, cette politique va se traduire par la conclusion en juin 1955 des conventions sur l’autonomie interne qui seront à l’origine de graves dissensions au sein du mouvement national tunisien.</p>



<p><em>* Diplomate et ancien ambassadeur.</em></p>



<p><strong><em>Notes&nbsp;:</em></strong></p>



<p><em>1- Hédi Baccouche&nbsp;: ‘‘En toute franchise’’, Sud Editions, 2018 : «Le pays connait une grave instabilité. Le Président, du fait de sa maladie et de sa sénilité, peut prendre des décisions irréfléchies, inopportunes et imprévues, compliquer davantage la situation. La menace islamiste est réelle. Ben Ali pense devoir prendre les devants et écarter Bourguiba du pouvoir. Habib Ammar l’approuve Pour ma part, après beaucoup d’hésitation, et privilégiant la Tunisie sur le Président si grand soit- il, je me solidarise avec eux» (P. 405).</em></p>



<p><em>2- Michel Collon et Grégoire Lalieu&nbsp;: ‘‘La stratégie du chaos. Impérialisme et Islam. Entretiens avec Mohamed Hassan, Investig’ Action – Couleur&nbsp; Livres, 2011 (P. 171 et s.)</em></p>



<p><em>3- Abdelaziz&nbsp; Chenguir&nbsp;: ‘‘La politique extérieure de la Tunisie 1956-1987, L’Harmattan, 2004 (. P. 77- 91).</em></p>



<p><em>4- Ibid (P 51-65).</em></p>



<p><em>5 &#8211; Pierre Vermeren&nbsp;: ‘‘Le choc des décolonisations.&nbsp; De la guerre d’Algérie aux printemps arabes’’, Odile Jacob, 2015 (P. 17 et S.)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</em></p>



<p><em>6- Sophie Guillermin-Golet : <a href="https://les-yeux-du-monde.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘La doctrine Brejnev, ou doctrine de la souveraineté limitée’’</a>. Voir également l’article publié en date du 5 mai 1980 sur le site du quotidien Le Monde :<a href="https://www.lemonde.fr/archives/article/1980/05/05/la-souverainete-limitee_2820833_1819218.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘La souveraineté limitée’’</a>.</em></p>



<p><em>7- Ahmed Ben Mutapha&nbsp;: ‘‘L’histoire méconnue des négociations tuniso-européennes depuis l’indépendance’’, étude parue dans l’ouvrage collectif&nbsp;‘‘Economie et relations internationales.&nbsp; Histoire et mutations nouvelles’’, L’Harmattan, 2021 (P. 309).</em></p>



<p><em>8- Pierre Vermeren&nbsp;: ‘‘Le choc des décolonisations. De la guerre d’Algérie aux printemps arabes’’, Odile Jacob, 2015 (P. 17 et S.).</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/10/les-dessous-de-lopposition-franco-occidentale-a-lindependance-de-la-tunisie/">Les dessous de l’opposition franco-occidentale à l’indépendance de la Tunisie  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Sommes-nous tous les otages de Donald Trump ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/19/sommes-nous-tous-les-otages-de-donald-trump/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Mar 2026 07:20:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Trump a envoyé ses troupes au front sans véritable plan de bataille, tout en prenant l’humanité entière en otage. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/19/sommes-nous-tous-les-otages-de-donald-trump/">Sommes-nous tous les otages de Donald Trump ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Avec Donald Trump, les dérapages sont devenus une habitude. À force de décisions hasardeuses, ubuesques et irrationnelles, le monde a fini par ne plus le prendre au sérieux, même si ce qu’il décide et fait exécuter a des conséquences graves voire catastrophiques pour les Etats-Unis et le monde. Mais cette fois, il est allé jusqu&rsquo;au bout de sa folie : tuer et faire tuer, massivement et sans retenue, ni légale ni morale.</em> Dans un retour à la loi de la jungle. </strong></p>



<p><strong>Dr Abderrahmane Cherfouh *</strong></p>



<span id="more-18489924"></span>



<p>En s’attaquant à l’Iran, Trump emprunte une voie pour le moins dangereuse et peut-être suicidaire. Cette guerre est un acte irréfléchi. Elle est révélatrice de pulsions qui menacent d’entraîner le Moyen-Orient et le monde vers des catastrophes dont les conséquences seront terribles pour l&rsquo;humanité.</p>



<p>Avec l’appétit d’expansion et de conquête des Etats-Unis, une fatalité nouvelle semble s’abattre sur les pays&nbsp;pauvres et faibles du Tiers-Monde qui remet en question jusqu’à leur souveraineté acquise au terme de luttes de libération nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’asservissement global</h2>



<p>L’ancien ordre colonial, qui a régi le monde par la voie de l’emprise et de l’administration directe des territoires et des populations, ordre qui a été considéré comme définitivement révolu au lendemain des indépendances, semble se redéployer sous une autre forme à la faveur de la nouvelle conjoncture internationale induite par l’avènement de Trump à la Maison Blanche.</p>



<p>Les prémisses de ce nouvel ordre indiquent que les puissances occidentales, passées presque toutes au garde-à-vous sous la bannière américaine, mettent la planète sous surveillance permanente aux fins de contrôler les faits et gestes des autres nations en mettant sous l’éteignoir l’Onu et en bafouant le droit international, rabrouant même leurs partenaires lorsque ceux-ci tentent timidement de faire valoir la loi, l’éthique ou la raison et ne marchent pas dans la combine concoctée à Washington, à l&rsquo;instar de l’Espagne et de son brave chef de gouvernement Pedro Sánchez.</p>



<p>Des forces d’intervention rapide et des moyens de frappe hyper-technologiques achèveront de soumettre les volontés récalcitrantes dans n’importe quelle région du monde. Les États-Unis en Irak, en Syrie et récemment au Venezuela (peut-être ce sera bientôt le tour de Cuba) et en Iran, Israël dans les territoires palestiniens, au Liban et en Syrie, la France en Libye -conjointement avec les Etats-Unis- nous ont donné les signes avant-coureurs de ce nouveau dispositif d’asservissement global.</p>



<p>La crise du Moyen-Orient, parce que cette région concentre tous les ingrédients d’une opposition radicale à l’ordre occidental, et l’insoumission de l’Iran, de par sa position géostratégique et ses richesses pétrolières, constituent l’épreuve décisive où se joue aujourd’hui le destin du monde.</p>



<p>La puissance médiatique mise en service de la guerre en Iran&nbsp;et de la dénaturation des données réelles du conflit, de même que les discours uniformes et consensuels de&nbsp;l’Occident -malgré les fausses réserves exprimées de temps en temps pour la forme et pour sauver la face- ont révélé la&nbsp;volonté unilatérale de ce même Occident de&nbsp;régenter le monde, de soumettre les nations et de s’accaparer leurs richesses. C’est là une tendance lourde qui doit nous inquiéter au plus haut point.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une guerre sans fin&nbsp;?</h2>



<p>Ceci dit, les nouvelles qui nous parviennent du front ne prouvent absolument pas la victoire annoncée à cor et à cri par&nbsp;Trump, l’ami intime du pédo-criminel Epstein et de son acolyte génocidaire Netanyahu sous mandat d’arrêt international émis par la Cour pénale internationale (CPI).</p>



<p>Trump avait initialement prévu une frappe foudroyante au terme de laquelle l’Iran, son gouvernement, son armée et ses infrastructures militaires et industrielles allaient être totalement anéantis en trois à quatre jours, à l’issue desquels le peuple iranien allait enfin se débarrasser des mollahs, accéder à la liberté et initier sa transition démocratique. </p>



<p>Or, trois semaines après, ce scénario tarde à se réaliser et des voix s’élèvent, y compris à Washington, pour critiquer les élans belliqueux de l’homme d’affaires converti en chef de guerre qui a envoyé ses troupes au front sans véritable plan de bataille, tout en mettant la paix et la stabilité mondiales en danger, prenant l’humanité entière en otage.</p>



<p>Face à la plus grande superpuissance mondiale qui, pressée par son propre agenda politique, a hâte de finir le sale boulot et d’anéantir toute résistance, sans y parvenir vraiment, chaque minute, chaque heure et chaque jour de résistance à sa folie furieuse constituent une victoire du peuple iranien qui, au final, décidera de l’issue de cette guerre.</p>



<p><em>* Médecin.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/19/sommes-nous-tous-les-otages-de-donald-trump/">Sommes-nous tous les otages de Donald Trump ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>La barbarie occidentale, encore et toujours !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Mar 2026 06:45:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir commis un génocide contre les Palestiniens, les américano-israéliens lancent un nouvel épisode de barbarie contre l’Iran.  </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Après avoir commis un génocide contre le peuple palestinien, et ce malgré une réprobation planétaire, la coalition américano-israélienne a entamé un nouvel épisode de barbarie contre l’Iran et le Liban, où chaque jour des civils innocents, personnes âgées, femmes et enfants, meurent sous un déluge de fer et de feu.</em></strong> <strong><em>La civilisation occidentale dans toute sa splendeur. </em></strong><em>(Photo : Israël bombarde la banlieue sud de Beyrouth. Le Liban entré dans la guerre malgré lui). </em> </p>



<p><strong>Abderrahmane Cherfouh *</strong></p>



<span id="more-18449718"></span>



<p>Cette coalition criminelle mène des raids aériens d’une intensité sans précédent contre un pays qui a osé lui tenir tête et défier ses ambitions de domination. L’Iran est coupable d’avoir refusé d’être au service des intérêts stratégiques américano-sionistes au Moyen-Orient, de disposer d’une force militaire lui permettant de constituer un potentiel adversaire pour l’État d’Israël sioniste et de perturber ainsi la fausse quiétude d’une région que l’on croyait domptée par les accords d’Abraham, sur fond de menaces et chantages.</p>



<p>Rappelons, à cet égard, qu&rsquo;après la chute de l&rsquo;Egypte de Nasser, de l&rsquo;Irak de Saddam, de la Libye de Kadhafi et de la Syrie des Assad père et fils, l’Iran a été, durant les trois dernières décennies, le seul pays du Moyen-Orient à afficher clairement sa volonté de s’émanciper de toute tutelle étrangère, en faisant confiance à ses cadres nationaux et à leur savoir-faire technologique, notamment en matière d’armement. Et il y a partiellement réussi. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Le dernier des résistants</h2>



<p>Malgré l’embargo dont il fut victime, ce pays a mené une politique d’indépendance nationale qui s’est traduite par des réalisations scientifiques et militaires que les Occidentaux, et à leur tête les États-Unis, Israël, et leurs vassaux arabes du Golfe, ont perçues comme une menace pour leurs intérêts stratégiques au Moyen-Orient et, au-delà, en Asie centrale.</p>



<p>À travers les bombardements massifs de l’Iran, on cherche surtout à détruire cette volonté d’émancipation vis-à-vis de l’Occident arrogant et dominateur et à perpétuer la dépendance et la soumission à un ordre international dicté par les puissances d’hier et qui cherchent à le rester indéfiniment.</p>



<p>Le silence de Moscou, qui mène une guerre difficile contre l’Ukraine, la neutralité calculée de la Chine, soucieuse de conforter son avance technologique dans tous les domaines, et la déliquescence morale de la presque totalité des régimes arabes leur auront grandement facilité la tâche.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’ennemi à abattre</h2>



<p>Pour toutes ces raisons, et pour beaucoup d’autres encore, l’Iran est devenu l’irréductible ennemi à abattre. Qu’il ait ou non arrêté l’enrichissement de son uranium, qu’il ait ou non avancé dans les négociations avec ses adversaires américano-sionistes, l’Iran aurait de toute façon subi l’agression dont il est aujourd’hui victime. Cette agression n’est, en fait, que le point d’orgue d’un plan longuement mûri par Israël et les États-Unis, qui ont orchestré une campagne médiatique de dénigrement&nbsp;contre l’Iran et sa supposée puissance militaire, axant leurs attaques sur le du régime des mollahs, assimilé à tort ou à raison à une dictature sanguinaire.</p>



<p>Cela est en partie vrai et prouvé, mais justifie-t-il une agression militaire menée en dehors de tout cadre légal et au mépris du droit international&nbsp;? Et qui met le peuple iranien en tenaille entre, d’un côté, un régime dictatorial qui réprime brutalement toute contestation, et de l’autre, une coalition américano-israélienne qui frappe aveuglément et sans répit.</p>



<p>Les raids impressionnants sur l’Iran et le Liban, où les cibles sont aussi bien militaires que civiles, n’épargnant ni femmes, ni enfants, ni écoliers, se multiplient.</p>



<p>L’Occident soi-disant civilisé et défenseur des droits et des libertés se range derrière l’État génocidaire d’Israël pour s’attaquer aux <em>«hordes fanatisées»</em> de l’Iran, un prétexte tout trouvé pour détruire ce pays et imposer définitivement sa domination à un Moyen-Orient qui n’a pas fini de voir couler le sang de ses populations.</p>



<p><em>* Médecin.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="NaFrVXdZMA"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/07/iran-des-militaires-americains-parlent-de-guerre-biblique/">Iran | Des militaires américains parlent de guerre biblique !</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Iran | Des militaires américains parlent de guerre biblique ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/07/iran-des-militaires-americains-parlent-de-guerre-biblique/embed/#?secret=u2fi6xp6ka#?secret=NaFrVXdZMA" data-secret="NaFrVXdZMA" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Iran &#124; Mélenchon, une voix pondérée contre la guerre !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Feb 2026 10:50:20 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Jean-Luc Mélenchon]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[occident]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Commentaire censé, rationnel, pondéré et raisonnable de Jean-Luc Mélenchon à propos de l’attaque militaire israélo-américaine contre l’Iran. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/28/iran-melenchon-une-voix-ponderee-contre-la-guerre/">Iran | Mélenchon, une voix pondérée contre la guerre !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’un des rares commentaires censés, rationnels, pondérés et raisonnables de l’attaque militaire israélo-américaine <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/28/israel-lance-un-raid-aerien-sur-teheran/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">contre l’Iran</a>, on le doit à Jean-Luc Mélenchon, le leader «extrémiste de gauche» que tous les bobos gavés de propagande sioniste aiment détester en France. Face aux va-t-on guerre qui bombent le torse depuis ce matin, cet homme apparaît aujourd’hui comme l’un des rares partisans de la paix et de la raison en France, en Europe et dans tout l’Occident.</em></strong></p>



<p><strong>Latif Bahri</strong></p>



<span id="more-18417602"></span>



<p>Dans un <a href="https://www.facebook.com/100044261927909/posts/1591408779011171/?rdid=rQ6AwamaeDFCJvHR#" target="_blank" rel="noreferrer noopener">post</a> publié ce samedi 28 février 2026, après les premiers bombardements israélo-américains contre plusieurs villes iraniennes, Mélenchon a écrit : <em>«Les États-Unis et Israël ont engagé une guerre contre l’Iran. Quels sont leurs objectifs ? Une fois de plus ni les libertés démocratiques ni le désarmement dans la région, mais le pétrole, les rapports de force en Asie-Pacifique et au Moyen-Orient ! C’en est donc fini pour la perspective d’un accord diplomatique.» </em>Un discours que n’auraient pas renié Michel Jobert, Claude Cheysson, Roland Dumas, Dominique de Villepin ou autres Jacques Chirac, les voix historiques d’une diplomatie française équilibrée, pondérée et au service de la paix dans le monde.</p>



<p><em>«La guerre n’est pas la solution, mais le problème. Ce qu’elle déclenche à présent met la région puis le monde entier davantage au bord d’un drame global. Les Iraniens et les Israéliens vont mourir sous les bombes», </em>a enchaîné le leader de LFI.</p>



<p>Ayant souvent critiqué le bellicisme d’Israël, qui ne cesse de larguer des bombes, fabriquées et délivrées par ses alliés occidentaux, sur ses voisins immédiats, Mélenchon sait que tant que les armes parlent au Moyen-Orient, il n’y aura jamais de paix, ni pour les Arabes, ni pour les Iraniens, ni pour les Turcs, ni à fortiori aussi pour les Israéliens, qui croient pouvoir encore semer la terreur dans leur voisinage immédiat et mettre la paix mondiale en danger. Impunément et avec l&rsquo;appui des capitales occidentales. </p>



<p><em>«Pourtant, le désarmement nucléaire global de la région reste l’impératif absolu»</em>, a lancé Mélenchon, en pensant, bien sûr, d’abord, à Israël, mais en évitant de nommer cet Etat violent qui se croit au-dessus des lois du monde, de crainte d’être une nouvelle fois accusé d’antisémitisme. Car le seul Etat surarmé au Moyen-Orient et qui dispose dans son arsenal d’un nombre de bombes nucléaires capables d’effacer le Moyen-Orient de la carte du monde, c’est bien, justement, Israël, même si à Berlin, Paris, Londres ou Washington on continue de faire semblant de l’ignorer. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p><em>«La communauté internationale doit reprendre le contrôle politique de la situation. La France doit refuser la guerre et n’y aider d’aucune façon. Pensées pour les personnels des ambassades françaises et pour nos deux otages»</em>, a conclu Mélenchon qui est bien placé pour savoir ce que les dirigeants français vont faire&nbsp;: ils vont s’aligner tous, comme un troupeau de moutons, derrière Israël et les Etats-Unis, les mâles dominants de la meute, au risque d’attiser encore le feu dans une région inflammable et déjà enflammée.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="819" height="1024" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Post-Melenchon-819x1024.jpg" alt="" class="wp-image-18417611" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Post-Melenchon-819x1024.jpg 819w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Post-Melenchon-240x300.jpg 240w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Post-Melenchon-768x960.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Post-Melenchon-1229x1536.jpg 1229w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Post-Melenchon-580x725.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Post-Melenchon-860x1075.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Post-Melenchon-1160x1450.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Post-Melenchon.jpg 1638w" sizes="(max-width: 819px) 100vw, 819px" /></figure>
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="hpBJkOHWXP"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/28/israel-lance-un-raid-aerien-sur-teheran/">Israël lance un raid aérien sur Téhéran</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Israël lance un raid aérien sur Téhéran » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/28/israel-lance-un-raid-aerien-sur-teheran/embed/#?secret=2MEx4To5pp#?secret=hpBJkOHWXP" data-secret="hpBJkOHWXP" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/28/iran-melenchon-une-voix-ponderee-contre-la-guerre/">Iran | Mélenchon, une voix pondérée contre la guerre !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’impérialisme du XXIe siècle ou le nouveau primitivisme des puissances</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/06/limperialisme-du-xxie-siecle-ou-le-nouveau-primitivisme-des-puissances/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Jan 2026 09:20:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[occident]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie Monroe]]></category>
		<category><![CDATA[Venezuela]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’affaire du Venezuela est une illustration flagrante d’un vieux réflexe colonial : le «déni d’égalité politique universelle».</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/06/limperialisme-du-xxie-siecle-ou-le-nouveau-primitivisme-des-puissances/">L’impérialisme du XXIe siècle ou le nouveau primitivisme des puissances</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Depuis quelques années, une théorie séduisante mais pernicieuse émerge dans certains cercles stratégiques occidentaux : la «Théorie Donroe» <sup>(1)</sup>, qui postule que certains États ou régions, en raison de facteurs culturels, historiques ou religieux structurels, seraient «incapables» d’accéder à une démocratie stable ou à une souveraineté pleine sans supervision extérieure. Présentée comme un réalisme géopolitique éclairé, cette théorie n’est en réalité qu’un habillage savant d’un vieux réflexe colonial : le «déni d’égalité politique universelle». L’affaire du Venezuela, avec la tentative de renversement reconnu par une partie de la communauté internationale, en est une illustration flagrante, mais on en trouve les prémisses dans les discours sur le Monde arabe, l’Afrique ou l’Asie centrale.</em></strong></p>



<p><strong>Abdelhamid Larguèche</strong> *</p>



<span id="more-18203473"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1.jpg" alt="" class="wp-image-7425261" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">I. <strong>Les présupposés philosophiques d’une régression </strong></h2>



<p>La Théorie Donroe repose sur trois piliers philosophiques malsains :</p>



<p><em>1. Le culturalisme déterministe</em> qui essentialise les peuples et les cultures, leur assignant une trajectoire politique fixe. Comme le soulignait déjà Emmanuel Todd dans <em>‘‘Après l’empire’’</em>, cette tendance à figer les civilisations est un symptôme de l’affaiblissement de l’Occident, qui, ne parvenant plus à imposer son modèle par la simple force, le fait désormais par le discours de l’<em>«incapacité native»</em>. Ce déterminisme nie la possibilité de l’événement politique – au sens d’Alain Badiou, c’est-à-dire de la rupture historique par laquelle un peuple invente sa propre forme d’émancipation.</p>



<p><em>2. L’universalisme asymétrique</em> : sous couvert de défendre des valeurs universelles (démocratie, droits humains), cette théorie en réserve l’application aux seuls peuples <em>«éligibles»</em>, jugés selon des critères opaques définis par les puissances dominantes. Badiou y verrait une <em>«trahison de l’idée même d’universalité»</em> : l’universel ne se décrète pas depuis un centre, il se conquiert dans la singularité des luttes.</p>



<p><em>3. La négation de la souveraineté comme concept vide :</em>&nbsp; pour les tenants de la Théorie Donroe, la souveraineté des États <em>«faillis»</em> ou <em>«immatures»</em> serait un concept dépassé, justifiant des interventions sous formes variées : ingérences humanitaires, sanctions ciblées, soutien à des oppositions, jusqu’à la reconnaissance de présidents autoproclamés. Cette posture revient à <em>«institutionnaliser l’état d’exception géopolitique»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">II- L’application géopolitique : un impérialisme de l’urgence permanente</h2>



<p>Sur le terrain, la Théorie Donroe sert à légitimer une gamme d’actions qui violent le droit international tout en prétendant le servir :</p>



<p><em>&#8211; «La délégitimation systématique»</em> : tout régime qui résiste à l’alignement géopolitique occidental est progressivement étiqueté comme <em>«illégitime», «autoritaire»</em> ou <em>«défaillant»</em>. Le Venezuela de Maduro, la Syrie d’Assad, ou encore la Biélorussie de Loukachenko deviennent ainsi des cibles désignées, non pas nécessairement pour ce qu’ils font, mais pour ce qu’ils <em>«symbolisent»</em> : une résistance à l’ordre libéral-atlantiste.</p>



<p><em>&#8211; L’ingérence comme norme :</em> le <em>«droit d’ingérence»</em> mute en <em>«devoir d’ingérence»</em> pour les États<em> «responsables»</em>. Cette logique a été poussée à son paroxysme dans la tentative de changement de régime au Venezuela en 2019, où les États-Unis et plusieurs alliés ont reconnu un président parallèle sans élection, au nom de la <em>«restauration démocratique»</em>.</p>



<p><em>&#8211; La criminalisation de la résistance</em> : tout État qui défend sa souveraineté face à ces pressions est accusé de <em>«nationalisme déviant»</em> ou de <em>«populisme rétrograde»</em>. La Théorie Donroe fournit ainsi un lexique commode pour diaboliser la résistance à l’hégémonie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">III- Les conséquences : un monde moins stable, moins libre, moins juste </h2>



<p>L’application de cette théorie produit des effets contraires à ses prétentions :</p>



<p><em>1. Destabilisation régionale :</em> les interventions menées au nom du <em>«salut démocratique» </em>génèrent souvent du chaos, des guerres civiles et des flux migratoires. L’exemple libyen, après 2011, est une tragique démonstration de ce scénario.</p>



<p><em>2. Renforcement des régimes autoritaires :</em>&nbsp; sous la menace permanente d’une ingérence, les régimes ciblés se durcissent, mobilisent le nationalisme comme bouclier et répriment toute opposition interne perçue comme une <em>«cinquième colonne»</em>.</p>



<p><em>3. Érosion de l’ordre international</em> : en sapant le principe de souveraineté, pilier de la Charte de l’Onu, cette théorie ouvre la voie à un monde de puissances rivales où chaque bloc justifiera ses ingérences par sa propre <em>«exception»</em>. Nous risquons de basculer dans une <em>«jungle normative»</em>, où le droit n’est plus que l’instrument du plus fort.</p>



<p><em>4. Trahison des peuples :</em>&nbsp; en niant aux peuples leur capacité à écrire leur propre histoire, on les infantilise et on étouffe dans l’œuf les véritables mouvements d’émancipation locaux, qui ne sauraient être réduits à une imitation du modèle occidental.</p>



<h2 class="wp-block-heading">IV- Pour un universalisme de l’émancipation, contre un universalisme de la tutelle </h2>



<p>Il est urgent d’opposer à la Théorie Donroe une autre vision du monde, fondée sur :</p>



<p><em>&#8211; L’égalité politique inconditionnelle :</em>&nbsp; tout peuple, quelle que soit sa culture ou son histoire, est présumé capable de se gouverner et de choisir son destin. C’est le principe de base de l’auto-détermination.</p>



<p><em>&#8211; La non-ingérence comme éthique minimale :</em> le respect scrupuleux de la souveraineté n’est pas un relativisme moral, mais la condition nécessaire pour que les changements soient durables et légitimes.</p>



<p><em>&#8211; La solidarité des luttes singulières :</em> plutôt que d’imposer un modèle, il s’agit de soutenir les forces progressistes et démocratiques <em>«là où elles émergent»</em>, à leur rythme et selon leurs modalités propres, comme le suggère une lecture attentive de Badiou sur l’<em>«idée»</em> et de Todd sur la nécessaire <em>«décentralisation du monde».</em></p>



<p><em>&#8211; «Un multilatéralisme authentique» : </em>&nbsp;refonder les institutions internationales pour qu’elles ne soient plus le lieu où les puissances légitiment leurs interventions, mais l’espace où se construisent des compromis entre égaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">V- Refuser le primitivisme savant </h2>



<p>La Théorie Donroe est un retour en arrière masqué en avancée conceptuelle. Sous des atours scientifiques, elle réactive le vieux mythe de la <em>«mission civilisatrice»</em>. Face à cela, la tâche de la pensée critique est de démasquer cette fiction et de rappeler, avec force, que <em>«la liberté ne s’exporte pas, elle se conquiert de l’intérieur»</em>.&nbsp;</p>



<p>Le Venezuela, comme d’autres pays pris dans l’étau de ces théories, nous rappelle une évidence trop souvent oubliée : un peuple n’a pas besoin de tuteurs pour être libre ; il a besoin de respect, de temps et du droit à l’expérimentation politique – y compris celui de se tromper et de se corriger lui-même.&nbsp;</p>



<p>C’est seulement en renonçant à cette arrogance théorique que nous pourrons espérer construire un monde commun, où la diversité des chemins ne sera plus perçue comme une menace, mais comme la richesse de l’humanité politique en mouvement.</p>



<p><em>* Historien.</em></p>



<p><em>1- Le terme «Théorie Donroe» est une construction fictive vulgarisée par les médias, utile pour critiquer un courant de pensée réel qui, sous divers noms et formes, a justifié l’ingérence, l’interventionnisme et le déni de souveraineté au nom de la démocratie, de la stabilité ou des droits humains ou tout simplement des intérêts stratégiques. Cette théorie de Monroe née aux USA en 1823, revient en force sous une version nouvelle.</em></p>



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		<title>‘‘Le trône d’Adoulis’’ &#124; L’islam, entre mythe et déni</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Dec 2025 07:54:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lorsque les armées de l’islam avaient surgi au Moyen-Orient, au VIIe siècle, elles y avaient trouvé des populations déjà largement arabisées. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Lorsque les armées de l’islam avaient surgi au Moyen-Orient, au VII<sup>e</sup> siècle, elles y avaient trouvé des populations déjà largement arabisées écrasées par les impôts, épuisées par les conséquences horribles des guerres incessantes entre Perses et Byzantins, divisées par les querelles christologiques entre chrétiens orthodoxes et monophysites,&nbsp;et n’aspirant qu’à la paix. On peut certes qualifier d’impérialisme ce qui amena les armées arabes au Maghreb et en Espagne. Mais furent-elles moins fondées à y aller que ne le furent les Romains ?</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia*</strong></p>



<span id="more-18060222"></span>



<p>C’est toujours&nbsp;avec une certaine gêne qu’on envisage l’histoire de l’islam lorsqu’on est musulman d’ascendance ou de conviction; une gêne qui ne le cède qu’à la haine irrationnelle que cette religion induit de nouveau dans les sphères du pouvoir et chez les influenceurs occidentaux, dont la traduction la plus manifeste est le génocide perpétré à Gaza et les innombrables actes d’agression que l’armée sioniste n’a&nbsp;cessé de perpétrer contre les peuples et les pays du Moyen-0rient.</p>



<p>Or l’identité&nbsp;musulmane constituant en fin de compte la cible ultime de ces guerres qu’on a nommées antiterroristes, ainsi que le démontre la judaïsation de la Palestine et de Jérusalem, il est désormais à tout le moins de mauvais ton par l’introduction d’un autre récit fondateur, de remettre en cause la légitimité historique d’une religion dont la conscience collective qu’elle insuffle à des&nbsp;peuples ethniquement différents et politiquement morcelés lorsqu’ils se réclament d’une langue commune, constitue&nbsp;toujours bon an mal an le socle de la résistance de ces peuples au colonialisme.</p>



<p>Le moment serait donc mal choisi d’en parler,&nbsp;si tant est qu’il y eût jamais eu un bon moment pour le faire. Néanmoins il se trouve que le taire ne contribue pas à déconstruire l’arbitraire du récit adverse, celui des ennemis, ni le caractère illégitime de leurs prétentions. Car si la teneur du programme sioniste est de faire revenir les différents peuples qu’on prétend subjugués par l’islam à leurs cultures antérieures, de Berbères, d’Araméens, de Coptes, d’Assyriens, de Chaldéens, de Mèdes, de Perses, et de Hittites, il faudrait commencer par parler des conquêtes macédoniennes, qu’on a justifiées comme étant la grande contre-offensive ayant fait suite aux guerres médiques, à l’origine ainsi qu’on l’a prétendu, de l’esprit européen.</p>



<p>Selon ce récit, l’armée grecque aurait été composée de citoyens libres se battant pour leur liberté (il n’y avait pas d’Etat unitaire en Grèce mais des cités), celle du Grand Roi étant un ramassis d’esclaves et au mieux de mercenaires. Le résultat ne pouvait faire de doute. Puis il y a eu, faisant suite à la conquête d’Alexandre le Grand et son rêve d’Etat Universel, les États hellénistiques&nbsp;d’Orient dont la politique d’assimilation par l’usage de la langue et des coutumes grecques a suscité en Palestine le courroux des prêtres juifs contraints pour marquer leur différence et sauvegarder leur identité monothéiste d’imposer des règles ségrégationnistes, telles la circoncision, l’interdiction du porc, celle des mariages mixtes et des repas avec les idolâtres.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La défense de l&rsquo;Occident</h2>



<p>Enfin est survenue&nbsp;Rome dont on a prétendu qu’elle a repris à son propre compte l’œuvre civilisatrice gréco-macédonienne en Orient, ainsi que la défense de l’Occident. L’occupation romaine a laissé à la postérité des monuments, des aqueducs, une solide tradition juridique. Mais elle a suscité les résistances des peuples&nbsp;vaincus écrasés par les impôts et dont les innombrables révoltes furent réduites par le fer et par le feu à l’intérieur d’un empire appelé à s’étendre indéfiniment.</p>



<p>En Afrique il y eut Syphax, Jugurtha, Tacfarinas, Garmoul, pour ne citer que quelques-uns de ceux qui périrent&nbsp;sous le joug romain.</p>



<p>A l’extérieur, Rome a fait face à la pression constante exercée par les peuples germaniques, et surtout à la grande réaction de l’Empire Perse, d’abord des Parthes Arsacides issus du Khorassan, puis celle des Sassanides descendus des montagnes du Fârs, dont les prétentions impériales universelles s’appuyaient sur une religion élaborée,&nbsp;le Mazdéisme, unifiée autour d’un livre sacré, l’Avesta, et soutenue par un clergé organisé et intolérant.</p>



<p>Rome a cru trouver son salut dans la conversion de ses empereurs au christianisme, une religion réputée d’amour censée fondre les différents peuples de l’Empire dans une foi commune en mettant fin au bain de sang perpétuel au moins à l’intérieur de ses limites.</p>



<p>En réalité, les controverses théologiques autour de la trinité et les natures du Christ furent jusqu’au VI<sup>e</sup> siècle de l’ère universelle âpres et fournirent aux différents peuples, en particulier orientaux, à l’instar des Arméniens ou des Egyptiens, l’occasion d’affirmer leurs personnalités <em>«nationales»</em> face au facteur grec au pouvoir à Byzance.</p>



<p>La conversion des Arabes de Ghassane établis au Cham, alliés aux Byzantins orthodoxes, au christianisme monophysite, et des Lakhmides d’Irak alliés des&nbsp;Perses probablement au nestorianisme, seul christianisme toléré dans leur empire, aurait pu ainsi fournir le cadre théologique nécessaire à la formation d’un royaume&nbsp;unifiant toute la péninsule arabique sous une même autorité. Il n’en fut rien. Etats croupions au service de puissances étrangères, et chargés de garder les frontières de leurs suzerains contre les incursions des nomades, ils n’avaient rien pour jouir de la considération de ces derniers.</p>



<p>Pour ceux qui prétendent que les Arabes ne furent que des envahisseurs, le prince Qais originaire de Kinda s’était vu offrir le phylarcat de Palestine par l’empereur byzantin Justin pour services rendus&nbsp;avant l’avènement de l’islam. Autrement dit il aurait été en droit d’y fonder un royaume au nom de la seule légitimité reconnue par les historiens occidentaux, celle issue de l’empire romain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’irrédentisme éthiopien</h2>



<p>En réalité, le seul état indépendant de la péninsule arabique à cette époque était celui de Himyar au Yémen qui face à l’irrédentisme éthiopien, issu d’un Etat chrétien monophysite co-riverain de la mer Rouge, s’était converti au judaïsme.</p>



<p>Le Roi Youssef Dhu Nuwas s’était lancé dans une persécution généralisée contre ses sujets chrétiens qui avait atteint son point culminant avec le bûcher de Najrane, un autodafé gigantesque contre ceux que le Coran avait qualifiés de <em>Ashab Al Oukhdoud</em>. Cela avait fourni le prétexte à une croisade et les armées du Négus chrétien monophysite éthiopien Kaleb, transportées par la flotte byzantine envoyée en mer Rouge par l’empereur chrétien orthodoxe Justinien, avaient débarqué au Yémen et renversé l’Etat de Himyar.</p>



<p>En réalité, les Byzantins n’avaient pas été mécontents de renverser un royaume client de leurs ennemis perses afin d’établir leur contrôle sur la mer Rouge et cette guerre s’était insérée dans l’affrontement entre les deux empires à vocation universelle.</p>



<p>Mais les choses n’en étaient pas restées là. Un général éthiopien, Abraha, avait établi un Etat chrétien indépendant au Yémen, une sorte de Rhodésie avant l’heure, en se détachant de son suzerain, le négus d’Ethiopie, dont les armées, envoyées soumettre le rebelle, s’y étaient ralliées.</p>



<p>Abraha avait envoyé ses forces, qualifiées par le Coran de <em>Ashab Al Fil</em>, les gens de l’Eléphant, vers le Nord. Une épidémie, vraisemblablement aviaire selon le Coran, les y avait décimés et ce qui apparaissait comme une légende est devenu une possibilité corroborée par la découverte des virus auxquels l’humanité a été récemment confrontée.</p>



<p>La tradition musulmane dit que les Ethiopiens étaient venus détruire la Kaaba et la Mecque. Dans quel but ? Dans la lutte entreprise pour le contrôle du commerce de la mer Rouge, était-ce pour supprimer un rival commercial, un concurrent religieux, ou les deux ?</p>



<p>Si la Mecque était en passe de devenir un pôle politique au sein de la péninsule, il est douteux que cela eût pu susciter l’inquiétude du maître du Yémen, du moment que ses sujets arabes, pour ne pas dire éthiopiens, parlaient une langue étrangère pour les&nbsp;gens du Hijaz, et écrivaient une écriture sudarabique que ces derniers ne comprenaient pas.</p>



<p>Le grand écrivain égyptien&nbsp;Taha Hussein avait soulevé avec justesse cette discordance yéménite dont il avait tiré les conclusions lui valant d’être mis à l’index par les religieux de son pays, celle d’une poésie supposée antéislamique créée de toute pièce après la conquête musulmane.</p>



<p>Pourtant la suite des événements devait démontrer que la&nbsp;Mecque ne pouvait, dès cette époque, qu’avoir acquis la puissance potentielle qui allait plus tard se traduire sous son égide par l’unification de la totalité de la péninsule Arabe.</p>



<p>Quoiqu’il en soit, le reflux éthiopien amorcé par la défaite et la mort d’Abraha s’était traduit sur le plan politique par le rétablissement grâce à une armée perse du royaume juif de Himyar sous l’autorité d’un nouveau souverain, Sayf Dhi Yazane. Or ce protectorat perse, sans doute irrémédiablement affaibli, ne fera plus parler de lui, même lorsque les juifs de Médine et de Khaybar auront eu le plus besoin de son aide. D’où l’hypothèse vraisemblable d’une culture sud-arabique déclinante sous l’influence de la culture arabe en provenance du nord, celle que nous connaissons, sans doute véhiculée par le christianisme en provenance de Kinda et de Ghassane et d’Al Hira peut être via la Mecque et que les souverains du Yémen, juifs puis Ethiopiens, par la persécution ou par la conquête, n’auront pu stopper.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’apparition de l’islam</h2>



<p>Se pose alors évidemment la question de l’apparition de l’islam, une religion monothéiste évoluant pour son propre compte, au sein du plus grand sanctuaire idolâtre d’Arabie alors que le judaïsme&nbsp;était fermement établi dans la péninsule et que le christianisme en provenance du Cham et d’Irak, y était en pleine expansion.</p>



<p>On peut comprendre que les marchands de la Mecque, représentés par la tribu Qoraïch, pris en tenaille entre les ambitions impériales byzantine et perse, avaient jugé leur position commerciale suffisamment menacée pour&nbsp;pousser&nbsp;au moins certains parmi eux à tenter d’unifier sous leur égide l’ensemble des tribus qui échappaient&nbsp;jusque-là à la domination des deux empires, afin de&nbsp;s’assurer&nbsp;le contrôle des routes commerciales entre la Méditerranée, la mer Rouge et l’océan Indien.</p>



<p>L’idolâtrie jusque-là pratiquée en Arabie n’aurait pas pu constituer le cadre politique nécessaire à ce programme, en raison de son caractère pluraliste mais aussi anachronique, alors qu’une grande partie des tribus d’Arabie avait déjà adopté le monothéisme et que la plus grande partie du Moyen-Orient était incorporée à l’empire byzantin chrétien, le mazdéisme perse étant quant à lui trop étranger aux traditions sémitiques.</p>



<p>Ce qu’on appelle le hanafisme, ce monothéisme teinté de monachisme vécu à l’échelon personnel par les croyants en rupture de ban avec leur société polythéiste environnante, en étant qualifié de religion d’Abraham, avait constitué le paradigme fondateur&nbsp;légitimant&nbsp;la nouvelle foi, mais uniquement après la rupture définitive avec les tribus juives qui en rejetant l’apostolat du prophète avaient refusé de cautionner le grand projet d’unification arabe.</p>



<p>Naturellement cette rupture s’était traduite par la consécration de la Mecque, en tant qu’épicentre du culte d’Abraham, au détriment de Jérusalem.</p>



<p>A la légitimité issue du judaïsme adoptée par les souverains yéménites de Himyar dans le but de raffermir leur indépendance face aux prétentions éthiopiennes, on avait ainsi substitué une autre légitimité universelle mise au service de l’unification arabe, celle d’un Dieu non pas propriété exclusive d’Israël, mais de tous les peuples.</p>



<p>On peut donc penser que l’islam en tant que religion évoluant pour son propre compte est issu d’un échec, celui de l’investissement du judaïsme au service de la cause arabe. Le succès des armes avait rallié les marchands de la Mecque, initialement opposés à un projet qui leur inspirait de la crainte, et avait réduit les oppositions locales centrées sur des prédications concurrentes, à l’instar de celle de Musaylima à Yamama. Et lorsque les armées de l’islam avaient surgi au Moyen-Orient, au VII<sup>e</sup> siècle, elles y avaient trouvé des populations déjà largement arabisées écrasées par les impôts, épuisées par les conséquences horribles des guerres incessantes entre Perses et Byzantins telles que la peste, divisées par les querelles christologiques entre chrétiens orthodoxes et monophysites,&nbsp;et n’aspirant qu’à la paix. On peut certes qualifier d’impérialisme ce qui amena les armées arabes au Maghreb et en Espagne. Mais furent-elles moins fondées à y aller que ne le furent les Romains ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;islam au service de la cause arabe</h2>



<p>L’imprévu est que, de religion au service de la cause arabe, l’islam entre Djakarta et Casablanca, ait rallié des peuples si différents dans un même espérance ou une même identité, même en l’absence d’autorité politique ou religieuse commune.</p>



<p>Il est donc faux de dire que les Arabes n’avaient rien à faire au Moyen-Orient. Ils avaient plus à y faire que les Grecs ou les Perses qui avaient, les premiers, conféré à leurs guerres un antagonisme religieux.</p>



<p>Quant au caractère hérétique de l’islam selon l’Eglise, il n’est issu que d’anathèmes prononcés par des conciles d’évêques et de prélats&nbsp;s’affrontant&nbsp;pour s’assurer les faveurs impériales et échouant à s’entendre sur les personnes et les natures du Christ.</p>



<p>Pour ce qui est de la légitimité issue d’Israël, dont il serait dépourvu, la référence à Abraham prouve bien que ce que l’islam remet en question dans le judaïsme n’est rien de plus que l’autorité des Rabbins qui en avaient fait une religion réservée et sectaire au lieu d’être ouverte sur le reste de l’humanité, une espérance qui avait été à l’origine du message chrétien, rejeté par les rabbins pour les mêmes raisons.&nbsp;</p>



<p>En fin de compte c’est bien un antagonisme d’un autre âge institué par l’Eglise et les rabbins fait d’anathèmes et d’imprécations qui sert de socle à la haine aujourd’hui réapparue au sein d’un Occident prétendument devenu laïc, contre l’une des plus grandes communautés religieuses du monde. &nbsp; &nbsp; &nbsp;</p>



<p><em>* Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><strong><em>‘‘Le Trône d’Adoulis: Les guerres de la mer Rouge à la veille de l’Islam’’, de Glen Bowersock, traduit en français par Pierre-Emmanuel Dauzat, éd. Albin Michel, Paris, 1<sup>er</sup> octobre 2014, 208 pages.</em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="B3RaHTm7pk"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/07/histoire-du-coran-de-lislam-de-la-fin-de-la-fin-des-temps-a-celui-des-emirs-du-golfe/">‘‘Histoire du Coran’’ : de l’islam de la fin des temps à celui des émirs du Golfe</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Histoire du Coran’’ : de l’islam de la fin des temps à celui des émirs du Golfe » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/07/histoire-du-coran-de-lislam-de-la-fin-de-la-fin-des-temps-a-celui-des-emirs-du-golfe/embed/#?secret=hHk9GICzG0#?secret=B3RaHTm7pk" data-secret="B3RaHTm7pk" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Tech, or et «légitimité» des Etats &#124; Le triangle du XXIᵉ siècle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Oct 2025 08:20:22 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Yahya Ould Amar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les actions des géants de l’IA s’envolent, alors que l’or, valeur archaïque, atteint simultanément des sommets historiques. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/19/tech-or-et-legitimite-des-etats-le-triangle-du-xxi%e1%b5%89-siecle/">Tech, or et «légitimité» des Etats | Le triangle du XXIᵉ siècle</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Jamais les marchés n’auront autant incarné nos contradictions. Alors que les actions des géants de l’intelligence artificielle (IA) s’envolent —Nvidia +1531 %, Palantir +2265 % en trois ans —, l’or atteint simultanément des sommets historiques à 4 250 dollars l’once, une envolée de +157 % sur la même période. La planète financière célèbre le triomphe de la raison artificielle tout en se ruant vers le refuge le plus archaïque qui soit, comme si l’avenir prometteur des transformations de l’IA et la fin du monde cotaient désormais sur le même marché. Deux actifs censés s’exclure montent ensemble : le risque et la peur, la promesse du futur et la couverture contre la fin. Les investisseurs n’ont plus une foi unique, ils en ont deux, contradictoires mais simultanées. Ils croient à la toute-puissance du code informatique et à la fragilité de la civilisation. Ils misent sur l’IA pour reconstruire la croissance, et sur l’or pour survivre à l’échec de cette promesse.</em></strong></p>



<p><strong>Yahya Ould Amar</strong> *</p>



<span id="more-17698452"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure>
</div>


<p>Ce qui se joue ici dépasse les courbes : c’est le récit même du capitalisme contemporain qui vacille. Là où autrefois le progrès et la stabilité marchaient main dans la main, ils avancent désormais dos à dos.</p>



<p>Les investisseurs des pays développés s’abandonnent à une nouvelle mystique, celle de l’IA. Ils croient que les machines sauveront la croissance, que les algorithmes répareront ce que les gouvernements ont détruit, et que les data remplaceront la diplomatie. Le progrès technique devient la dernière idéologie universelle, une théologie du calcul où le code se substitue à la loi, et la prédiction à la politique. Les ingénieurs remplacent les hommes d’État comme gardiens du destin collectif. Les citoyens doutent des institutions, mais croient aux mises à jour logicielles. Les investisseurs ne font plus confiance aux devises, mais aux start-ups. Le capitalisme ne cherche plus à produire, il cherche à croire.</p>



<p>Pour la première fois depuis la machine à vapeur, le capitalisme s’imagine infini. L’IA promet d’abolir la rareté, la fatigue, l’erreur — jusqu’à la mort du doute. Les bénéfices futurs sont actualisés à l’infini, comme si la technologie annulait le temps. Les marchés, eux, se sont faits métaphysiques, s’ils pensent que l’IA peut tout prédire, alors plus rien ne peut surprendre — et donc tout vaut plus, les entreprises technologiques n’ont plus de prix.</p>



<p>Derrière cet enthousiasme algorithmique se cache cependant un autre récit, celui du désespoir d’un monde qui ne croit plus en ses dirigeants. La tech est devenue le dernier substitut à la confiance politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Détresse du Sud : des États fantomatiques</h2>



<p>Pendant que les investisseurs du Nord se laissent envoûter par les promesses de l’IA, les peuples du Sud, eux, fuient des États devenus fantomatiques, incapables de s’imposer comme entités tangibles : infrastructures en déliquescence, institutions minées par la suspicion, populations délaissées se repliant sur des réseaux informels ou choisissant l’exode.</p>



<p>À quoi bon un drapeau flottant au vent avec une monnaie nationale, si les territoires qu’il surplombe ne recèlent que du néant ?</p>



<p>Lorsque la protection, l’équité et l’espérance se réfugient dans des enclaves communautaires, des factions armées ou des migrations forcées, l’État se mue en abstraction bureaucratique – tolérée par les puissances étrangères, mais reléguée à l’insignifiance par ceux qu’elle devrait élever.</p>



<p>Aujourd’hui, la planète des investisseurs s’enflamme pour les promesses de l’IA, tandis que des centaines de millions de personnes dans le Sud Global cherchent encore un abri, une justice, une école ou un dispensaire pour se soigner. L’Occident parie sur la machine; le Sud réclame encore la légitimité de ses Etats. L’un veut abolir les contraintes de la réalité, l’autre cherche simplement à en retrouver une.</p>



<p>Ce contraste n’est pas seulement économique, il est existentiel. Le Nord rêve d’un monde dématérialisé; le Sud réclame encore de la matière — des routes, de la nourriture, de l’eau, de la dignité. Les uns déploient des réseaux neuronaux ; les autres cherchent des réseaux électriques. Le fossé n’est plus entre riches et pauvres, mais entre ceux qui croient encore à la promesse d’un futur, et ceux qui peinent à tenir le présent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’or : la revanche du réel</h2>



<p>Pendant que les entreprises de la tech fabriquent des promesses, la planète redécouvre la plus vieille valeur refuge : l’or.</p>



<p>Le métal ne produit rien, n’innove pas, ne distribue aucun dividende ni intérêt — et pourtant il redevient la seule vérité quand tout vacille. Chaque lingot acheté est un aveu de doute, un bulletin de défiance silencieux. La Chine, la Russie, l’Inde, la Turquie ou le Brésil en remplissent leurs coffres, c’est la dédollarisation par la gravité.</p>



<p>L’or est la monnaie des nations méfiantes, des économies blessées, des peuples trahis. Dans les villages du Sahel ou les ruelles du Venezuela, il circule comme une contre-monnaie de la confiance. Quand la parole de l’État ne vaut plus rien, le métal pèse ce que la légitimité ne vaut plus.</p>



<p>Ainsi, la ruée vers l’or et la foi dans la tech ne s’opposent pas, elles se complètent. Elles disent la même chose que le monde a perdu confiance. Le Nord se protège de la faillite du système; le Sud, de la faillite de l’État. Les uns achètent des puces ; les autres, de la poussière d’or. Mais tous achètent la même chose : une assurance contre la fin.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faillites jumelles des monnaies et des États</h2>



<p>Ce que les marchés vivent sur les écrans, les peuples du Sud le vivent dans la chair. La perte de confiance monétaire et la perte de légitimité politique ne sont que les deux faces d’un même effondrement économique, politique et moral. Là où les investisseurs n’ont plus foi en la valeur de leurs monnaies, les citoyens n’ont plus foi en la parole de leurs gouvernants. Le capital symbolique – celui de la confiance – s’est évaporé.</p>



<p>Le résultat est identique : la fuite. Fuite vers les cryptos ou vers les exils. Fuite des capitaux au Nord, des cerveaux au Sud. Les deux mondes fuient la même chose, la promesse trahie d’un ordre stable. Il n’y a plus d’hommes ou femmes d’Etat, il n’y a dans plusieurs pays que des gestionnaires du déclin ou des comptables du chaos.</p>



<p>Dans les marchés comme dans les institutions, la crédibilité s’est dissoute. Et dans cette érosion, l’humanité redécouvre son vide : sans foi, il n’y a ni monnaie, ni État, ni avenir.<br>La légitimité : la vraie valeur refuge. </p>



<p>La seule ressource durable du XXI<sup>e</sup> siècle, ce n’est ni le pétrole, ni le lithium, ni les data, c’est la légitimité. C’est elle qui convertit le pouvoir en autorité, la richesse en prospérité, la loi en justice. Sans elle, les États se désagrègent en zones grises, et les marchés se perdent dans les bulles.</p>



<p>Dans le Sud global, la légitimité devient la frontière entre l’effondrement et la renaissance. L’Indonésie ou Singapour l’ont compris, la confiance se gagne par la performance, l’inclusion et la justice. Un État est légitime, non pas parce qu’il est reconnu internationalement, mais parce qu’il répond aux besoins de ses citoyens. Un peuple ne croit pas à un drapeau, mais à une promesse tenue.</p>



<p>Demain, la technologie construira des outils, mais seule la confiance construira des nations. L’IA pourra anticiper des famines, prévenir des crises, détecter la corruption, mais encore faut-il que les gouvernants veuillent s’en servir pour le bien commun. La technologie sans légitimité des Etats n’est qu’un pouvoir sans boussole.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Sud, laboratoire de la refondation mondiale</h2>



<p>C’est au cœur de l’instabilité que naissent les grandes renaissances. Et si la fracture du Sud global, loin d’être une fatalité, devenait l’opportunité fondatrice du XXIᵉ siècle ?Berceau des défis majeurs de notre temps — climatiques, démographiques, technologiques, le Sud n’est pas condamné à subir le désordre du monde, il peut en devenir l’architecte du renouveau.</p>



<p>Déjà, des expériences émergent : plateformes citoyennes pour suivre la gestion des budgets publics, IA prédictives pour anticiper les famines ou les sécheresses. Autant d’initiatives qui prouvent qu’une autre modernité est possible<strong>, </strong>enracinée dans la réalité du terrain.</p>



<p>Le Sud peut ainsi transformer la technologie en instrument de légitimité, et non en bulle spéculative. Car l’innovation, lorsqu’elle sert la justice, la transparence et la dignité, devient le ciment d’un nouvel ordre mondial, un ordre fondé sur la <strong>confiance</strong>, non sur la domination.</p>



<p>Le monde de demain ne se divisera plus entre riches et pauvres, mais entre sociétés crédibles et sociétés désavouées, entre celles qui inspirent confiance et celles qui la perdent. Et sur ce terrain décisif, le Sud détient un avantage, celui d’avoir connu la fragilité, et d’avoir appris à rebâtir. Le Sud pourrait réconcilier progrès et légitimité, technologie et humanité.</p>



<p>Enfin, le XXIᵉ siècle s’ouvre sur une équation inédite : la technologie promet l’infini, l’or rappelle la peur, et la légitimité des Etats devient la condition de survie. Entre la foi dans les machines et la fuite vers les refuges anciens, l’humanité cherche un cap — un sens, une boussole, un horizon commun.</p>



<p>Or, cette boussole ne se trouve ni dans les algorithmes ni dans les lingots d’Or, mais dans la confiance retrouvée entre les peuples et leurs États. C’est elle, et elle seule, qui transformera la puissance en civilisation, la richesse en avenir, le progrès en justice.</p>



<p>*<em> Economiste, banquier et financier.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="TAclsk9psR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/12/fin-de-la-democratie-vers-une-gouvernance-algorithmique/">Fin de la démocratie | Vers une gouvernance algorithmique ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Fin de la démocratie | Vers une gouvernance algorithmique ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/12/fin-de-la-democratie-vers-une-gouvernance-algorithmique/embed/#?secret=vWm1d9bQKk#?secret=TAclsk9psR" data-secret="TAclsk9psR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Les Arabes, otages d’Israël des Etats-Unis</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Sep 2025 09:05:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De quelles preuves les Arabes et les Musulmans ont-ils encore besoin pour comprendre qu’ils sont les otages des Israéliens et des Américains ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/17/les-arabes-otages-disrael-des-etats-unis/">Les Arabes, otages d’Israël des Etats-Unis</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>De quelles preuves les Arabes et les Musulmans ont-ils encore besoin pour comprendre enfin qu’ils sont désormais des otages aux mains des Israéliens et des Américains, et que le parapluie militaire américain sous lequel ils croient s’être abrités pour prévenir une éventuelle attaque de …l’Iran est troué de toutes parts&nbsp;?</em></strong></p>



<p><strong>Habib Glenza</strong></p>



<span id="more-17499654"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/05/Habib-Glenza.jpg" alt="" class="wp-image-155577"/></figure>
</div>


<p>Le Sommet arabo-islamique, qui s’est tenu le 15 septembre 2025 à Doha, n’a finalement pris aucune des décisions fermes et historiques que les nations arabes et islamiques attendaient contre Israël. Pas de rupture des relations diplomatiques, économiques&nbsp;et militaires avec l’Etat hébreu, pas de fermeture de toutes ses ambassades dans les pays arabes et islamiques, pas d’instauration d’un embargo commercial, maritime, terrestre et aérien contre lui, pas de fermeture de bases militaires américaines installées au Moyen-Orient, pas de menace de retrait des investissements arabo-islamiques placés en Occident, pas de création d’une armée régionale capable de faire le poids face à un ennemi qui ne comprend que la force… Rien que le ronron habituel des vaines dénonciations et appels à la raison, de quoi désespérer les nations arabes et islamiques qui ont de bonnes raisons de craindre l’expansionnisme suprémaciste décomplexé de Benjamin Netanyahu et de son <em>«parrain»</em> américain, Donald Trump.</p>



<h2 class="wp-block-heading">D’une Nakba l’autre</h2>



<p>Pour comprendre les enjeux de cet expansionnisme, qui a commencé il y a plus de soixante-dix ans et qui semble aujourd’hui s’accélérer face à l’immobilisme impuissant et lâche des Etats arabes et musulmans, il faut revenir aux conditions historiques dans lesquelles l’État d’Israël a été créé au Moyen-Orient en 1948 et essayer de comprendre l’évolution de la situation géopolitique depuis cette date.</p>



<p>L’un des premiers à lancer l’idée d’un Etat national pour les juifs fut Theodor Herzl&nbsp;qui fonda&nbsp;l’Organisation sioniste mondiale(OSM). Il est également&nbsp;le fondateur, en 1899, du Fonds pour l’implantation&nbsp;juive. Il se&nbsp;rapproche&nbsp;des Rothschild et va demander le soutien de plusieurs personnalités de l’époque comme le pape Pie X, le roi d’Italie Victor-Emmanuel III ou le Britannique Cecil Rhodes.</p>



<p>En mai 1901, Herzl rencontre le sultan ottoman Abdelhamid&nbsp;II pour lui demander la cession d’un lopin de terre en Palestine, en échange du paiement intégral de la dette de l’Empire ottoman, mais le sultan refuse catégoriquement en affirmant&nbsp;: «<em>Les terres de Palestine ne m&rsquo;appartiennent pas, elles appartiennent à la nation musulmane, elles ont été conquises par le sang des musulmans. Si vous voulez&nbsp;les prendre, il faudra passer mon corps».</em></p>



<p>Joseph Chamberlin, à l’époque secrétaire&nbsp;d’Etat britannique aux colonies, propose à Herzl l’installation des juifs dans la région d’Al Arish, dans la péninsule du Sinaï, jouxtant le sud de la Palestine, mais ce projet n’aboutit pas.</p>



<p>En 1903, Herzl reçoit une offre du gouvernement britannique lui proposant l’implantation d’une grande colonie juive en Afrique de l’Est, sous souveraineté britannique, mais avec un gouvernement autonome. C’est le projet Ouganda&nbsp;qui n’aboutit pas lui non plus. <strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;</em></strong></p>



<p>Après&nbsp;la mort de Herzl en 1904, le 7<sup>e</sup> congrès juif mondial, qui s’est tenu en 1905, refuse définitivement&nbsp;toute implantation des juifs en dehors de la Palestine. &nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="0aocBLnusB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/11/bombardement-israelien-de-doha-a-quoi-sert-le-parapluie-americain/">Bombardement israélien de Doha | À quoi sert le parapluie américain ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Bombardement israélien de Doha | À quoi sert le parapluie américain ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/11/bombardement-israelien-de-doha-a-quoi-sert-le-parapluie-americain/embed/#?secret=GmuGhg1q5x#?secret=0aocBLnusB" data-secret="0aocBLnusB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">La création&nbsp;de l&rsquo;Etat sioniste</h2>



<p>Après la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques décident de mettre un terme à leur mandat en Palestine en raison de son coût financier et de la difficulté de plus en plus grande qu’ils ont à y maintenir l’ordre. Ils doivent, en effet, faire face aux attaques terroristes de groupes armés juifs (comme l’Irgoun, organisation militaire de la droite sioniste) protestant contre la limitation, par les autorités mandataires,&nbsp;de l’immigration des populations juives rescapées de la Shoah.&nbsp;</p>



<p>Pour sortir de cette impasse, la Grande-Bretagne décide de confier le sort de la Palestine aux Nations-Unies qui recommande, en août 1947, de partager le territoire&nbsp;entre deux États indépendants : un État juif sur près de 55 % du territoire et un État arabe sur les 45 % restants. Ces recommandations sont adoptées par l&rsquo;Assemblée générale des Nations Unies en novembre 1947, ce que les Juifs accueillent favorablement, tandis que&nbsp;les&nbsp;Palestiniens rejettent le plan de partage, soutenant que l’étendue du territoire qui leur est attribué est inversement proportionnelle au rapport démographique entre les deux peuples en 1948. Les violences armées entre les communautés juives et arabes prennent alors la forme d’une véritable guerre entre la Haganah (groupe armé formé par des populations juives en Palestine) et les populations arabes soutenues par les volontaires égyptiens, syriens et irakiens.&nbsp;Sur ce, le 14 mai 1948, la veille du jour du départ&nbsp;des Britanniques, les Juifs proclament la création de l&rsquo;État d&rsquo;Israël.</p>



<p>La guerre dure jusqu’en janvier 1949 et se conclut par une série d’accords d’armistice entre l’État d’Israël et ses voisins (Égypte, Liban, Transjordanie, Irak). Les victoires militaires du nouvel permettent aux juifs d’occuper désormais 77% de l’ancienne Palestine mandataire, bien au-delà des lignes de partages fixées par l’Onu en 1947, tandis que 650&nbsp;000 Palestiniens s’enfuirent ou sont expulsés par la force, suite à des massacres de populations civiles arabes. Ils ne sont pas autorisés à revenir et deviennent des réfugiés dans les pays arabes limitrophes.&nbsp;Cet exode est retenu dans la mémoire collective palestinienne sous le terme de&nbsp;<em>Naqba</em>(catastrophe).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Israël au service des desseins de l’Occident  </h2>



<p>Pour remercier leurs protecteurs et alliés occidentaux, les sionistes se sont engagés à empêcher toute tentative d’unification des pays arabes du Moyen-Orient et de défendre les intérêts vitaux des pays occidentaux dans cette région&nbsp;stratégique dotée d’immenses gisements de pétrole et de gaz.</p>



<p>C’est ains que de 1948 jusqu’à ce jour, les sionistes ont réussi à museler le monde arabe et ont même convaincu certains pays de la région d&rsquo;adhérer aux fameux accords d’Abraham, signifiant leur soumission totale à Israël !  </p>



<p>Le rêve Netanyahu est&nbsp;désormais de créer le Grand Etat d’Israël, qui s’étendrait du Nil à l’Euphrate, en annexant toute la Palestine historique, le Liban, la Jordanie, l&rsquo;Egypte, la Syrie et l’Irak. Et au rythme où vont aujourd’hui les choses, ce scénario est loin d’être une vue de l’esprit.</p>



<p>Trump, principal allié d’Israël, cherche pour sa part à spolier les énormes richesses naturelles du Moyen-Orient, aussi importantes que celles du Groenland, du Canada ou du Venezuela qui possède les plus grandes réserves&nbsp;de pétrole du monde, estimées à plus de 300 milliards de barils exploitables. Cela veut clairement dire, que les intérêts de ces deux personnages lugubres sont strictement liés, même si leurs objectifs à terme divergent. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les dindons de la farce</h2>



<p>Netanyahu veut annexer les pays arabes du Moyen-Orient et mettre leurs richesses à la disposition de Trump, ce qui explique le soutien total des Etats-Unis à un Etat sioniste hors-la-loi. &nbsp; &nbsp;</p>



<p>Quid maintenant de la position des pays arabes, éternels dindons de la farce ?   </p>



<p>L’attaque ratée d’Israël contre la délégation palestinienne du Hamas, venue à Doha pour discuter du plan de cessez-le-feu proposé par le président américain, s’est avéré un piège tendu aux négociateurs palestiniens pour les liquider et une atteinte à la souveraineté du Qatar. Pire encore, des sources ont assuré que le matériel militaire vendu par les Etats-Unis au Qatar à des prix exorbitants s’est révélé être, à l’occasion de cette attaque, totalement inopérant, notamment en cas de conflit avec Israël.</p>



<p>De quelles preuves ces chers Arabes et musulmans ont-ils encore besoin pour comprendre enfin qu’ils sont désormais des otages aux mains des Israéliens et des Américains, et que le parapluie militaire américain sous lequel ils croient s’être abrités pour prévenir une éventuelle attaque de …l’Iran est troué de toutes parts&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="SDd4XrCCFl"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/16/doha-et-apres-la-dignite-des-peuples-absente-des-sommets/">Doha et après | La dignité des peuples absente des sommets</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Doha et après | La dignité des peuples absente des sommets » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/16/doha-et-apres-la-dignite-des-peuples-absente-des-sommets/embed/#?secret=UIe8AQeb9J#?secret=SDd4XrCCFl" data-secret="SDd4XrCCFl" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/17/les-arabes-otages-disrael-des-etats-unis/">Les Arabes, otages d’Israël des Etats-Unis</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>OCS &#124; Quelle place pour la Tunisie dans la recomposition mondiale?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/05/ocs-quelle-place-pour-la-tunisie-dans-la-recomposition-mondiale/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Sep 2025 07:37:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie doit s’insérer dans le nouvel ordre international et exploiter les opportunités offertes par les dynamiques en cours, notamment en Asie.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/05/ocs-quelle-place-pour-la-tunisie-dans-la-recomposition-mondiale/">OCS | Quelle place pour la Tunisie dans la recomposition mondiale?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), fondée en 2001 autour de la Chine, de la Russie et de quatre autres pays d’Asie centrale, s’impose aujourd’hui comme un acteur incontournable sur la scène internationale. Sa récente évolution, marquée par l’élargissement du bloc et par le renforcement des liens sino-russes, soulève des questions cruciales pour l’Occident et pour les pays du Sud, dont la Tunisie.</em></strong> </p>



<p><strong>Sabrine Bouzeriata</strong><strong> *</strong><strong></strong></p>



<span id="more-17394186"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Sabrine-Bouzeriata.jpg" alt="" class="wp-image-17394193" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Sabrine-Bouzeriata.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Sabrine-Bouzeriata-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Sabrine-Bouzeriata-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Lors de leur 25e sommet, les 31 août et 1er septembre 2025, à Tianjin, les grandes puissances non alignées ont affiché une solidarité stratégique, démontrant leur capacité à peser sur l’ordre mondial.** La Chine et la Russie, piliers de l’OCS, poursuivent un rapprochement économique et militaire, tandis que l’Inde et d’autres membres observent attentivement la redéfinition des équilibres internationaux. L’impact de cette alliance dépasse l’Asie : l’Europe et l’Otan se trouvent confrontées à une nouvelle dynamique où leurs lignes d’influence sont contestées, non seulement par la puissance militaire mais aussi par la capacité diplomatique de ces États.</p>



<p>Pour la Tunisie, cette recomposition offre à la fois des opportunités et des défis. D’un côté, l’ouverture à de nouveaux partenariats économiques, notamment avec la Chine, peut soutenir des projets d’infrastructure, de technologie et de développement industriel. La Belt and Road Initiative (BRI) offre un cadre d’investissements qui pourrait transformer certains secteurs clés tunisiens, de l’énergie aux transports. D’un autre côté, la Tunisie doit préserver sa souveraineté politique et éviter de s’aligner trop exclusivement sur un bloc, au risque d’être fragilisée par ses relations trop exclusives avec l’Union européenne et ses autres partenaires traditionnels.</p>



<p>L’enjeu stratégique pour Tunis est de définir un projet politique clair qui concilie pragmatisme et souverainisme : profiter des opportunités offertes par l’OCS, tout en consolidant la diplomatie multilatérale et en restant un acteur crédible pour l’Europe et les institutions internationales. La Tunisie pourrait ainsi devenir un point de rencontre entre le Sud global et l’Occident, capable d’attirer des investissements tout en renforçant sa position géopolitique régionale.</p>



<p>Le positionnement tunisien doit également prendre en compte les transformations internes de l’OCS. La Chine y exerce une influence grandissante, notamment économique et technologique, tandis que la Russie s’affirme sur le plan militaire et diplomatique. Les décisions de l’OCS auront donc des répercussions directes sur la sécurité, le commerce et les équilibres stratégiques en Méditerranée et en Afrique du Nord. Une approche proactive de la Tunisie, avec des projets précis et une diplomatie habile, pourrait lui permettre de tirer profit de cette recomposition mondiale tout en préservant son autonomie.</p>



<p>En conclusion, l’OCS n’est pas seulement un acteur asiatique : il redessine l’équilibre mondial et oblige l’Europe et les États du Sud à repenser leurs alliances. Pour la Tunisie, le défi est double : s’insérer dans ce nouvel ordre international et exploiter les opportunités offertes par cette dynamique, sans compromettre sa souveraineté et son indépendance politique.</p>



<p>L’heure est venue de préparer un projet clair, qui permette à Tunis de devenir un acteur stratégique crédible, capable de dialoguer avec les grandes puissances tout en défendant ses intérêts nationaux.</p>



<p><em>* Journaliste et écrivaine à Paris.  </em></p>



<p>** <em>La «Déclaration de Tianjin» issue du sommet reflète un large consensus entre les membres de l’OCS en faveur du renforcement de la coopération face aux défis géopolitiques croissants, et de la construction d’un ordre mondial plus équilibré et plus juste. Tout en affirmant les principes de non-ingérence dans les affaires intérieures et de non-recours à la force.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="tPIKCr4B29"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/14/montee-du-sud-global-et-declin-de-la-domination-de-loccident/">Montée du Sud Global et déclin de la domination de l’Occident</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Montée du Sud Global et déclin de la domination de l’Occident » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/14/montee-du-sud-global-et-declin-de-la-domination-de-loccident/embed/#?secret=If9m5jqNrF#?secret=tPIKCr4B29" data-secret="tPIKCr4B29" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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