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	<title>Archives des Omeyyades - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
	<lastBuildDate>Sun, 07 Jul 2024 07:04:39 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Archives des Omeyyades - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>‘‘Histoire du Coran’’ : de l’islam de la fin des temps à celui des émirs du Golfe</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/07/histoire-du-coran-de-lislam-de-la-fin-de-la-fin-des-temps-a-celui-des-emirs-du-golfe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Jul 2024 07:01:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Ubaidallah Ibn Ziyed]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quel est le contexte historique, religieux, politique et linguistique de la rédaction di Coran ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/07/histoire-du-coran-de-lislam-de-la-fin-de-la-fin-des-temps-a-celui-des-emirs-du-golfe/">‘‘Histoire du Coran’’ : de l’islam de la fin des temps à celui des émirs du Golfe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Livre de l’au-delà, le Coran en provient-il ? Ce n&rsquo;est pas à cette question que cet ouvrage s’efforce de répondre, préoccupé par la recherche des éléments matériels qui composent le corpus coranique ainsi que l’analyse de la pensée qui le sous-tend.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-13522065"></span>



<p>Cette recherche a mis à contribution nombre de techniques modernes d’investigation&nbsp;des écrits dans leurs formes et leurs supports (épigraphie, paléographie, radioactivité du Carbone 14), mais aussi dans leurs contenus (philologie, herméneutique), afin de déterminer la teneur des écrits coraniques, le contexte historique, religieux, politique, linguistique, de leur rédaction.</p>



<p>Or il s’avère que la langue utilisée dans le Coran est celle du Hedjaz du VIIe siècle de l’ère Universelle (eU), celle qui a été qualifiée d’authentique claire (<em>fosha</em>), mais dont les règles&nbsp;ont été souvent ignorées au bénéfice des contraintes imposées par la rime. Et elle est parsemée de mots étrangers allant de l’Hébreu et l’Araméen (<em>moshaf, salat, zakat, shahid</em>)&nbsp; au Grec (<em>qostas</em>), et à l’Ethiopien (<em>Jibt, Taghout</em>).</p>



<p>Quant à l&rsquo;écriture arabe cursive arrondie, la plus ancienne semble se situer chez les Nabatéens (Pétra) au 3e siècle eU, contemporaine de l’Etat arabe de Palmyre, inscrite sur de la roche, une écriture graphique d’ailleurs apparentée à celle des Nabatéens, sans voyelles, ponctuations, ni diacritiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fait religieux et conjoncture historique</h2>



<p>Le nom de Mohamed, fait sa première apparition sur une pièce de monnaie vers 698 eU, soit 66 ans après la Hijra. Et une formule utilisée usuellement de nos jours, telle que <em>«La Ilaha illa Allah Mohamed Rassoul Allah»</em>, gravée sur la mosquée du Dôme du Rocher construit par le Calife Omeyyade Abdulmalak Ibn Marwane, n’avait jusque-là pas eu de précédent, du moins accompagnée du nom du prophète. Seul <em>«La ilaha illa Allah»</em> avait été utilisée. Et il s’avère que des noms tels que Rahmane étaient connus au Yémen au moins deux siècles avant l’apparition de l’islam.</p>



<p>Pour ce qui est de la datation des feuillets du Coran, les plus anciennes se situent entre 599 et 699 eU. Mais il n’y a pas que le Codex et les feuillets, il y a aussi les inscriptions sur les rochers écrites par des particuliers d’une manière angulée qui reproduisent des versets du Coran et qui s’étendent de la Syrie jusqu’à l’Arabie; les versets retrouvés ne sont parfois pas identiques au texte. Plusieurs versets évoquent le prophète Issa (Jésus). Et ce sont les versets les plus courts, ceux de Amma, qui, paradoxalement, manquent.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="YCk6snq32z"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/30/islam-et-science-un-debat-jamais-clos/">Islam et science : un débat jamais clos</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Islam et science : un débat jamais clos » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/30/islam-et-science-un-debat-jamais-clos/embed/#?secret=4TOXlsgXwk#?secret=YCk6snq32z" data-secret="YCk6snq32z" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ainsi la piété populaire dans les 50 années ayant suivi la mort du prophète semble avoir ignoré&nbsp;la <em>Basmala</em> et la <em>Fatiha</em>, ce qui pour un musulman contemporain est surprenant.</p>



<p>Relativement aux thèmes abordés dans le corpus, un paradigme important caractérisant l’islam actuel, <em>«le sceau de la prophétie»</em>, avait été revendiqué par le prophète iranien Mani, fondateur du manichéisme au IIIe siècle eU. Le plus intéressant est que son père était membre de la secte baptiste des Elkasaïtes, pour qui Jésus Christ n’était qu&rsquo;un simple prophète mortel dénué de tout attribut divin, ainsi que le confesseraient&nbsp;plus tard les musulmans.</p>



<p>Quant à des récits tels celui de <em>Ahl El-Kahf</em>, et de <em>Dhu l Qarnayn</em>, c’est dans la littérature syriaque et manichéenne qu’on les retrouve, dans une perspective de fin imminente du monde, la corne étant l’un des attributs de la bête vue en rêve par le prophète de la Bible Daniel, captif à Babylone. Mais si on admet que la croyance en un dieu unique, ainsi que les préoccupations apocalyptique (fin du monde) et eschatologique (vie après la mort) constituent la préoccupation principale de l’islam, celle-ci a souvent été partagée par les églises chrétiennes d’Orient, par le biais des écrits qu’on a qualifiés de pseudo apocalypses, et dont la rédaction a été stimulée par les multiples guerres opposant les Byzantins aux Perses Sassanides.</p>



<p>Ainsi le fait religieux ne se dissociait donc pas de la conjoncture historique. Et c&rsquo;est en pleine querelle christologique sur la nature du Christ, unique ou double, différentiée ou non, que l’islam apparaissait. Mais l’histoire de la compilation du Coran soulève un autre problème, celui de l’authenticité du texte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les l’accusations de manipulation du texte</h2>



<p>On sait en effet que différentes versions existaient, depuis celles de Damas,&nbsp;Basra, Koufa, jusqu’à celle de Othmane, réputée les avoir toutes abrégées. Mais elles ont toutes disparu après l’œuvre de correction entreprise par le général Hajjaj Ibn Youssouf et le gouverneur Ubaidallah Ibn Ziyed, sous le Calife Abdul Malek Ibn Marwane, deux personnalités à poigne réputées plutôt pour leur savoir-faire expéditif contre les opposants au Calife que pour leurs qualités intellectuelles. Mais la réalité est là: c’est un État Omeyyade à son plus haut niveau militaire qui avait repris à son compte la compilation et la codification du Coran, alors que sa légitimité n’a jamais cessé d’être contestée. Et une raison de la contestation par les Chiites portait justement sur l’accusation de manipulation du texte coranique, et sur l’existence selon eux d’une version alternative authentique que seuls les imams connaîtraient, leur conférant même une autorité supplémentaire&nbsp; d’interprétation de l’écriture falsifiée.</p>



<p>Néanmoins, si les écrits chiites sont parsemés d’ajouts fragmentaires qui seraient issus de la version authentique, la réalité est que jusqu’à maintenant, aucune version supplémentaire du Coran n’a été découverte. La conclusion des auteurs de cette Histoire du Coran est sans appel: la religion musulmane actuelle est dans le meilleur des cas issue des contraintes politiques, culturelles, religieuses, qui durant les cinquante années suivant son apparition, l’ont façonnée, et dans le pire une invention des Califes Omeyyades et Abbassides.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="GU2ypChh79"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/26/la-deuxieme-fatiha-sapproprier-le-coran-depuis-la-bataille-de-siffin-jusqua-nos-jours/">‘‘La deuxième Fatiha’’ : s’approprier le Coran, depuis la bataille de Siffin jusqu’à nos jours</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La deuxième Fatiha’’ : s’approprier le Coran, depuis la bataille de Siffin jusqu’à nos jours » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/26/la-deuxieme-fatiha-sapproprier-le-coran-depuis-la-bataille-de-siffin-jusqua-nos-jours/embed/#?secret=XWNYV2VJAO#?secret=GU2ypChh79" data-secret="GU2ypChh79" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Cependant, on ne peut pas ignorer que toutes les recherches menées sur l’islam et utilisant les outils d’investigation modernes,&nbsp;et la prétendue&nbsp;critique rationnelle, n’ont jamais été neutres. Si l’orientalisme a eu pour fonction de faire accepter la domination coloniale aux musulmans, en jetant un doute sur le bien-fondé de leur culture, les recherches actuelles sont utilisées pour faire accepter le fait accompli israélien, au nom d’une supposée primauté juive sur le monothéisme, tout autant qu’un ordre économique mondial foncièrement injuste.</p>



<p>Évidemment cette perception musulmane réactionnelle, celle de la citadelle assiégée, est celle-là même dont les traditionalistes alliés aux islamistes se servent pour justifier le maintien d’un supposé caractère sacré spécifique de la société que, à l’ère de l’Internet, beaucoup jugent pesant et rétrograde.</p>



<p>Malgré cela, la faute capitale des musulmans contemporains se situe dans le fait de laisser à leurs adversaires le champ libre à la critique, de les y aider même en usant des mêmes outils, ceux de l’orientalisme, sans entreprendre une contre-narration originale, rationnelle et cohérente de leur propre Histoire .Or, l’inertie ne peut servir de stratégie.&nbsp;Si le peuple palestinien dans sa lutte pour ses droits nationaux a parfois prêté le flanc à l’accusation de terrorisme, c’est aussi à cet immobilisme qu’on le doit.&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;</p>



<p><em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><strong><em>‘‘Histoire du coran : contexte, origine, rédaction’’, de Mohammad Ali Amir-Moezzi et Guillaume Dye, éditions du Cerf, 13 octobre 2022. 1 092 pages. </em></strong></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="JVfi6W1oRE"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/27/europe-et-islam-les-origines-dun-antagonisme-perenne/">Europe et islam : les origines d&rsquo;un antagonisme pérenne</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Europe et islam : les origines d&rsquo;un antagonisme pérenne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/27/europe-et-islam-les-origines-dun-antagonisme-perenne/embed/#?secret=EV8l3BHnh8#?secret=JVfi6W1oRE" data-secret="JVfi6W1oRE" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>‘‘La seconde fitna’’: Contre l’orientalisme et la sacralisation, démystifier le récit fondateur</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/16/la-seconde-fitna-contre-lorientalisme-et-la-sacralisation-demystifier-le-recit-fondateur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Jun 2024 07:29:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Abbassides]]></category>
		<category><![CDATA[Boutheina Ben Hassine]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Djaït]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[Omeyyades]]></category>
		<category><![CDATA[prophète Mohamed]]></category>
		<category><![CDATA[seconde fitna]]></category>
		<category><![CDATA[Yazid Ibn Mouaouia]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce livre détaillé traite d’une époque charnière dans l’histoire de l’islam dont les effets continuent de se faire sentir.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/16/la-seconde-fitna-contre-lorientalisme-et-la-sacralisation-demystifier-le-recit-fondateur/">‘‘La seconde fitna’’: Contre l’orientalisme et la sacralisation, démystifier le récit fondateur</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Si les pays arabes représentent aujourd’hui un néant stratégique abyssal ainsi que ne fait que le confirmer leur silence face aux massacres de Gaza et un alignement inconditionnel sur le nouveau calife, Israël, dont ils paieront inévitablement le prix, il serait plus judicieux d’en chercher la raison ailleurs que dans des accusations contre des ennemis qui forcément ont beau jeu de tirer profit de nos errements.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia</strong></p>



<span id="more-13319744"></span>



<p>Ce livre détaillé traite d’une époque charnière dans l’histoire de l’islam dont les effets continuent de se faire sentir. Il n’est pas ici opportun d’évoquer les guerres dont l’enjeu a été le pouvoir après la mort du prophète Mohamed et qui ont abouti à la l’accession au califat de Mouaouia Ibn Abi Sofian, chef de la famille Omeya à la suite du modus vivendi obtenu avec l’accord de l’imam Hassan Ibn Ali, chef de la famille Hachem, reconnaissant au premier la dignité de la charge, jusqu’à sa mort, ce dernier devenant ainsi son successeur.</p>



<p>Le conflit a rebondi lorsque Mouaouia revenant sur ses engagements tenta de faire introniser comme héritier son fils, Yazid, réputé être un sybarite avide de plaisirs et incapable d’assurer les charges de l’Etat. C’est&nbsp; Moughira&nbsp;Ibn Chou’ba, l’un des apôtres,&nbsp;<em>«promis au paradis»</em>, qui le premier le suggéra, pour éviter d’être limogé de son poste de gouverneur en Irak.</p>



<p>A la mort de son père, le premier souci de Yazid fut de tenter d’obtenir l’hommage des chefs considérés comme les plus dangereux, Hussein Ibn Ali, petit-fils du prophète Mohamed, et Abdallah Ibn Zoubeir, arrière petit-fils du premier calife Abou Bakr, résidant à Médine.</p>



<p>Tous deux pour échapper aux pressions du gouverneur et pour se soustraire à cette obligation s’enfuirent à la Mecque et devinrent ainsi des opposants déclarés au premier calife.</p>



<p>Là, Hussein reçut un message venu de la ville irakienne d’Al-Koufa écrit par des partisans (<em>chiaa</em>) de son père Ali lui promettant l’aide et la reconnaissance nécessaires pour réclamer la dignité califale, selon eux usurpée par la famille Omeya.</p>



<p>Hussein décida d’envoyer secrètement son cousin Mouslim Ibn Aqil afin de préparer son arrivée. Mais prévoyant, et connaissant le danger représenté par l’Irak, le calife envoya à Al-Koufa un gouverneur énergique, Oubaidallah Ibn Ziyad, chargé de lui barrer la route et de le réduire, au besoin en le tuant. Établissant une véritable surveillance policière, il réussit grâce à ses informateurs à localiser l’agent secret et cousin de l’Imam Hussein, et à démanteler son organisation. La répression fut terrible. Ils furent tous torturés, précipités du haut des remparts du palais, achevés et décapités, leurs têtes étant envoyées au Calife Yazid à Damas, sans aucune prise en compte d’éventuels liens familiaux ou tribaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Atrocités, viols, séquestration des biens</h2>



<p>Lorsque l’imam Hussein apprit la nouvelle, il était déjà engagé dans le désert sur la route vers l’Irak avec toute sa famille, essentiellement des jeunes, des femmes et des enfants. S’étant enquis auprès du poète Al-Farazdaq sur les habitants d’Al-Koufa chez qui il se rendait, il suscita cette réponse cinglante: <em>«Leurs cœurs sont avec toi, leurs épées sont avec tes ennemis»</em>. Malgré cela il refusa de rebrousser chemin, cédant à la volonté des enfants de Mouslim Ibn Aqil désireux de le venger, et fut intercepté aux confins de l’Irak par des cavaliers envoyés par le gouverneur d’Al-Koufa à sa recherche. Il se retrouva privé d’eau face à une armée d’une dizaine de milliers d’hommes et refusant de prêter hommage, il fut massacré avec sa famille, et décapité, sa tête envoyé au Calife à Damas. Les corps ne furent pas enterrés et furent abandonnés aux bêtes sauvages. Seuls les femmes et un jeune, Ali, furent laissés en vie.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ynF8pqN7Wg"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/05/09/les-derniers-jours-de-muhammad-enquete-de-hela-ouardi/">‘‘Les derniers jours de Muhammad’’ : Enquête de Héla Ouardi</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Les derniers jours de Muhammad’’ : Enquête de Héla Ouardi » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2016/05/09/les-derniers-jours-de-muhammad-enquete-de-hela-ouardi/embed/#?secret=jFXiuX2Wzo#?secret=ynF8pqN7Wg" data-secret="ynF8pqN7Wg" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Entretemps, Médine où habitaient les illustres compagnons et témoins du prophète Mohamed avec leurs familles avait également refusé de prêter hommage à Yazid considéré comme un usurpateur, et la famille Omeya s’était retrouvée encerclée dans la maison d’Al-Hakam. Une armée professionnelle de 12.000 hommes avait donc été envoyée du Cham (Syrie)&nbsp;pour réduire la ville rebelle sous les ordres d’un vieux combattant connu pour sa fidélité à la famille Omeya, Muslim Ibn Okba. Il s’ensuivit une bataille dite d’Al-Hourra contre les gens de Médine et l’armée du Cham composée de troupes aguerries contre les Byzantins, n’avaient fait qu’une bouchée de leurs adversaires.</p>



<p>Tous les vaincus furent massacrés, et ainsi disparut la première génération des musulmans compagnons du prophète Mohamed, et Mouslim Ibn Okba n’épargna même pas son propre cousin.</p>



<p>La ville fut soumise trois jours durant aux exactions de la soldatesque et au pillage. Les femmes furent violentées et il en résulta plus de 900 naissances, qualifiées d’enfants d’Al-Hourra. Le quatrième jour, la population fut réduite au statut d’esclave et dut prêter serment. Il restait à réduire Abdallah Ibn Zoubeir&nbsp;réfugié à la Mecque appuyé par ses partisans, par des combattants kharijites et même par des troupes venues d’Ethiopie envoyées par le Négus. Le rebelle avait manifesté son opposition en refusant de prier ou d’accomplir les rites du pèlerinage sous l’autorité des officiels omeyyades. Le gouverneur de Médine lui avait bien envoyé son frère et néanmoins ennemi Amr ibn Zoubeir pour le capturer mais ce dernier avait échoué, s’était laissé prendre, avait été torturé et fouetté, et était mort en détention d’infection et d’épuisement.</p>



<p>Ainsi après la réduction de Médine à l’obéissance du calife Yazid, l’armée du Cham dirigée par Hussein ibn Noumeir, remplaçant son prédécesseur, mort,&nbsp;s’était dirigée vers la Mecque avec ses catapultes pour réduire le dernier bastion de l’opposition. Abdallah Ibn Zoubeir s’était réfugié dans la Kaaba et l’armée omeyyade&nbsp;l’avait bombardé usant de ses lance-pierres et de ses catapultes, ce qui avait abouti à l’incendie et la destruction du monument sacré.</p>



<p>Alors que le siège se poursuivait, Abdallah Ibn Zoubeir apprit soudain que le calife Yazid était mort à Damas à l’âge de 38 ans. Il en informa ses ennemis qui refusèrent durant 40 jours de le croire avant d’en avoir confirmation. L’armée du Cham décida alors de lever le siège et de rentrer chez elle, après l’accomplissement&nbsp;du rituel du Hajj, il faut le préciser,&nbsp;et proposa à Ibn Zoubeir de l’emmener en Syrie, de le soutenir, et de l’introniser calife, moyennant sans aucun doute son pardon pour la destruction de la Kaaba et ses exactions contre la population de Médine, mais il refusa.</p>



<p>En fin de compte, Abdallah Ibn Zoubeir se proclamerait&nbsp;calife jusqu’à ce que plusieurs années plus tard il soit capturé et tué à la Mecque par l’armée omeyyade&nbsp;dirigée par le célèbre général Al Hajjaj Ibn Youssef.</p>



<p>Dans tout cela, l’État omeyyade n’avait pas fait de quartier contre ses opposants. Atrocités, viols, séquestration des biens, utilisation des membres des tribus ou des familles les uns contre les autres, massacres de la famille du prophète, violations des mois sacrés, destruction de la maison du seigneur (Kaaba), la répression avait été bien plus sévère sous Yazid que sous Mouaouia, en usant pour ce faire de fonctionnaires dont la seule qualité avait été la fidélité, qui souvent dérogeaient&nbsp;aux normes arabes de la noblesse.</p>



<p>Ainsi le gouverneur Ibn Ziyed, qui avait mené une répression impitoyable, était considéré comme le descendant d’une esclave et d’une prostituée. Faudrait-il s’en enorgueillir ou le décrier?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’islam, outil de propagande dans la lutte pour le pouvoir</h2>



<p>Quant aux principes et aux normes de l’islam, ils n’avaient été que des outils de propagande dans la lutte pour le pouvoir. Parmi tous les protagonistes, seul Hussein Ibn Ali était apparu comme un croyant sincère dans toute la plénitude du terme, soucieux d’épargner l’effusion du sang. Mais il faut reconnaître que s’étant placé en situation d’infériorité, il ne peut pas en être crédité. Par ailleurs, il n’avait pas le charisme nécessaire pour convaincre les guerriers envoyés contre lui de se retourner en sa faveur. Son imprévoyance dans son équipée irakienne qui s’était conclue&nbsp;aussi tragiquement à Karbala prouve que, n’ayant pas eu le souci de préserver sa propre famille, il n’aurait pas eu les qualités nécessaires pour gérer un empire, ce que n’a fait que confirmer la <em>«trahison»</em> des habitants d’Al-Koufa qui pourtant l’avaient sollicité pour venir chez eux, et l’impéritie de son envoyé Muslim Ibn Aqil.&nbsp;</p>



<p>A l’opposé, l’Etat omeyyade appuyé sur une bureaucratie efficace menée par des fonctionnaires énergiques, ainsi que sur la fidélité des notables chargés de redistribuer vers leurs clans les rentes issues du jihad, s’était assurée les complicités nécessaires qui lui avaient permis de triompher de ses adversaires.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="mEyVhIQ50W"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/09/a-propos-du-terrorisme-islamiste-le-vieux-de-la-montagne-a-lassemblee-du-peuple/">A propos du terrorisme islamiste : le Vieux de la Montagne à l’Assemblée du peuple</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« A propos du terrorisme islamiste : le Vieux de la Montagne à l’Assemblée du peuple » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/09/a-propos-du-terrorisme-islamiste-le-vieux-de-la-montagne-a-lassemblee-du-peuple/embed/#?secret=KBZMfka3k1#?secret=mEyVhIQ50W" data-secret="mEyVhIQ50W" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Certes, la révolte de Médine d’expression religieuse avait été en grande partie due au sentiment d’injustice et au particularisme d’une région ayant pour elle la légitimité historique mais qui se sentait marginalisée au profit de la nouvelle aristocratie du Cham s’assurant les meilleures terres et accaparant&nbsp;l’eau.</p>



<p>Pour autant, sur le plan politique, la légitimité de l’Etat s’était établie sur une propagande qui ne manquait pas d’arguments convaincants: le prix du sang du calife Othman assassiné, la nécessaire union et son corollaire, l’obéissance due au calife représentant la volonté de Dieu, et chargé de mener le jihad contre les infidèles pour le bien et la prospérité de la communauté, par les revenus et les terres qu’elle en retirerait.</p>



<p>Ce fut là l’acte de naissance d’un césaro-papisme qui marque jusqu’à nos jours la vie politique dans les pays musulmans. Tributaires de l’Etat qui les corrompait, les notables ne tentèrent jamais d’établir le nécessaire contre-pouvoir qui ailleurs aboutit au parlement, et la religion finit par devenir un appendice de l’autorité politique.</p>



<p>Enfin, parmi tous les protagonistes de la seconde fitna, Abdallah Ibn Zoubeir s’était effectivement révélé celui qui, associant une légitimité familiale et religieuse incontestables, avait marqué son opposition au nom de la choura violée par l’exercice personnel du pouvoir califal, tout en étalant autant de cynisme et d’absence de scrupules (combien de frères et de neveux avait-il sacrifié à ses ambitions?) que ses adversaires. Mais son mauvais calcul au moment de la mort du calife Yazid, alors que la route du pouvoir était largement ouverte, lui avait été fatale.</p>



<p>Pour conclure, il n’est pas ici opportun de chercher pourquoi les musulmans ont commencé à s’accuser d’être <em>kafirs</em> pour s’étriper malgré les versets du Coran le leur interdisant formellement;&nbsp;cela sera traité ultérieurement, quand la grande fitna sera abordée.</p>



<p>Eu égard à l’abondante bibliographie sur le sujet qui date pour la plupart de l’époque du califat Abbasside, il est raisonnable de penser que les Omeyyades eussent pu aussi être dénigrés par ceux qui les ont renversés, supplantés, massacrés, des successeurs en mal de justification, soucieux de préserver la légitimité de l’institution califale afin de la détourner à leur profit, de rétablir la réputation de la famille de Ali héritier du prophète en tant que cousin et gendre, et subséquemment de son oncle Al- Abbas, mais aussi de dénigrer leurs prédécesseurs au point de les accuser de mécréance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">On ignorerait ainsi tout de la véritable histoire de l’islam</h2>



<p>Conformément à cette documentation qui reste la seule disponible, les musulmans ont été capables de violer, torturer, et tuer les membres de leur propre communauté,&nbsp;tout comme l’avaient fait contre la leur propre&nbsp;les Anglais durant la <em>«guerre&nbsp;des deux roses»</em>, les Allemands pendant celle <em>«des trente&nbsp;ans»</em>, les Espagnols durant la dernière guerre d’Espagne, ou selon la Bible les Israélites contre la tribu de Benjamin. Il demeure nécessaire de le préciser pour régler son compte à un exceptionnalisme judéo-chrétien soi-disant fondateur de la morale des peuples civilisés.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="LnX8GLVYub"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/30/le-17-du-ramadan-ou-la-defaite-de-lutopie-face-a-lesprit-de-clan-en-islam/">Le 17 du ramadan, ou la défaite de l’utopie face à l’esprit de clan, en islam</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le 17 du ramadan, ou la défaite de l’utopie face à l’esprit de clan, en islam » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/30/le-17-du-ramadan-ou-la-defaite-de-lutopie-face-a-lesprit-de-clan-en-islam/embed/#?secret=teP4QfOGsX#?secret=LnX8GLVYub" data-secret="LnX8GLVYub" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Mais en supposant que les faits rapportés par les auteurs du Tafsir et de la Sira soient vrais, cela remettrait en question le bien-fondé d’une religion censée conférer à ses adeptes un sens moral élevé. Si ces&nbsp;faits ne le sont pas, les clercs abbassides auraient créé un tissu de mensonges et une histoire à charge dont on assume aujourd’hui les conséquences.</p>



<p>On ignorerait ainsi tout de la véritable histoire de l’islam, comme  par exemple si le scandale se fut situé ou non dans l’usage de méthodes répressives contre les musulmans réservées en principe aux populations vaincues et occupées. Des musulmans ont été capables de massacrer la famille de leur prophète et d’outrager les femmes de la ville sainte de Médine, alors même que dans le Coran on fait reproche aux Juifs de tuer les envoyés de Dieu injustement.</p>



<p>Y a-t-il eu&nbsp;des viols&nbsp;de femmes juives à Gaza le 7&nbsp;Octobre dernier ainsi que le prétendent les sionistes pour justifier leurs propres crimes? On peut légitimement se poser la question, même s’il n’est actuellement pas opportun de le faire. Mais le sera-t-il jamais? Il n’est donc pas sûr qu’il n’y&nbsp;ait jamais eu une <em>«meilleure communauté»</em>, pas plus qu’un peuple élu. Pourtant, l’essence de l’islam, tout comme d’ailleurs celle du judaïsme ou du christianisme, c’est le courage de protester contre l’injustice, dont la manifestation contemporaine la plus éclatante est le mouvement dans les campus américains et en Occident contre la guerre à Gaza. Il faudrait donc cesser d’idéaliser un passé qui nous vaut souvent aujourd’hui dans le monde, non seulement de prêter le flanc aux attaques de nos ennemis, mais également&nbsp;le mépris à cause de nos Etats arabes qui s’associent par opportunisme ou absence de&nbsp; sens moral à leurs entreprises, tant bien même ces attaques seraient dirigées seulement contre quelques-uns parmi nous, ceux qui dérangent.</p>



<p>Si les pays arabes représentent aujourd’hui un néant stratégique abyssal ainsi que ne fait que le confirmer leur silence face aux massacres de Gaza et un alignement inconditionnel sur le nouveau calife, Israël, dont ils paieront inévitablement le prix, il serait plus judicieux d’en chercher la raison ailleurs que dans des accusations contre des ennemis qui forcément ont beau jeu de tirer profit de nos errements.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.  </em></p>



<p><strong><em>‘‘La seconde fitna au temps di calife Yazid Ibn Mouaouia’’ (en arabe), de Boutheina Ben Hassine, préface de Hichem Djaït, éditions Al-Jamal, 1er mars 2013, 705 pages.  </em></strong></p>



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		<title>‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Jan 2023 06:48:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Etat omeyyade arabe en Andalousie,  a été caractérisé tout au long de son existence par une instabilité chronique faite d’une succession de révoltes et de massacres. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/la-chute-du-califat-de-cordoue-lautre-grande-discorde-de-lislam/">‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Si l’Islam en Andalousie a disparu après avoir atteint les confins des Pyrénées, la faute en incombe plus à l’incapacité de ses propres fidèles à surmonter leurs antagonismes et à générer une société plus juste, qu’à la puissance des armées chrétiennes de la Reconquista.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong></p>



<span id="more-6168804"></span>



<p>L’Etat omeyyade arabe en Andalousie, fondé par un rescapé de la dynastie omeyyade de Damas en 756, Abderrahmane dit le faucon de Qoreich, a été caractérisé tout au long de son existence par une instabilité chronique faite d’une succession&nbsp;de révoltes&nbsp;inspirées par les Abbassides de Bagdad ou les Fatimides d’Afrique ou simplement issues du mécontentement local, telle celle de Omar Ibn Hafsoun qui a duré plus de vingt ans, dont la répression souvent longue et difficile fut le théâtre d’un horrible étalage de cruauté.</p>



<p>Cette instabilité donna lieu également à des conflits&nbsp;armés sans cesse renouvelés avec les royaumes chrétiens du nord.</p>



<p>Pourtant, c’est à partir de 1009 lorsque Abderrahmane ‘‘Sanchuelo’’, le fils du dictateur Almanzor, s’est fait proclamer héritier du calife Hichem&nbsp;El Moayed, qui ne régnait que nominalement, que la guerre civile a éclaté. Elle devait mener la dynastie omeyyade d’Andalousie à sa perte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La guerre civile à Cordoba &nbsp;</h2>



<p>Ce sont les représentants de différentes branches cousines issues du Calife Abderrahmane Ennasser, le plus prestigieux des souverains de la dynastie, qui sont entrés en guerre les uns avec les autres jusqu’en 1016. Mais l’affrontement entre El Mehdi et Al Mostayin n’a pris cette ampleur que parce qu’il a fourni aux Berbères et aux Slaves (les Saqalibas) l’occasion de se tailler des fiefs en Andalousie qui ont mené à la désagrégation de l’Etat unitaire et à ces cités-Etats appelées Royaumes de Taïfa. Mais c’est Al Mansour Ibn Abi Amer, le général invincible (Almanzor) qui en avait fait l’épine dorsale de l’armée, et lorsque la populace de Cordoba ou Cordoue s’est soulevée en 1009 en pillant, tuant et massacrant les partisans de son fils Sanchuelo, c’est d’abord à eux qu’elle s’est attaquée, et les Berbères se sont enfuis et ont alors fait appel au souverain chrétien de Léon qui avait accepté de les aider contre la remise de forteresses stratégiques.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="5lup6VuRD1"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/14/reflexion-sur-lhistoire-des-arabes-en-europe-de-charles-martel-a-la-statue-de-sel/">Réflexion sur l’histoire des Arabes en Europe, de Charles Martel à la statue de sel</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Réflexion sur l’histoire des Arabes en Europe, de Charles Martel à la statue de sel » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/14/reflexion-sur-lhistoire-des-arabes-en-europe-de-charles-martel-a-la-statue-de-sel/embed/#?secret=DXvAsqgPuD#?secret=5lup6VuRD1" data-secret="5lup6VuRD1" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Lorsque les Berbères et les Chrétiens réunis ont repris Cordoba, ils se sont livrés à un véritable massacre et des exactions innommables sur la population dont la ville ne s’est jamais véritablement relevée.</p>



<p>Finalement, Almoayyed a été victime d’une mise en scène funèbre montée par Elmehdi en usant d’un cadavre qui lui ressemblait pour convaincre de sa mort, avant de disparaître véritablement, probablement assassiné par El Mostayin ou un de ses fils.</p>



<p>Tous les prétendants au califat de la famille finirent de mort violente et cruelle et 7 années après le début des troubles, Cordoba devint le fief d&rsquo;une famille berbère, les Beni Hammoud, Ali, Kacem,&nbsp;puis Yahya.</p>



<p>Al Kacem, qui ne faisait pas confiance aux Cordouans ni aux Berbères de sa tribu, engagea pour se protéger une garde faite de noirs africains et il suscita ainsi l’hostilité et les mauvais instincts de la population.</p>



<p>Il y eut bien une tentative sérieuse de restauration de la part d’un autre Omeyyade, Al Mortada,&nbsp;mais victime d’une trahison à l’instigation de l’un de ses alliés, Khairane, il fut abandonné par son armée sous les murs de Grenade et assassiné.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La république des notables</h2>



<p>Quelques années plus tard, en 1019, après un nouvel interlude califal, celui d’Al Mustakfi, qui connut la même funeste fin, le frère d’Al Mortada, fut choisi comme Calife par les notables Cordouans, sous le nom d’Al Moated, mais très vite, ceux ci contestant les choix de ses collaborateurs jugés de trop basse extraction, finirent par lui susciter un rival, dans la famille, du nom de Omaya, et face aux désordres qui s’en suivirent avec une nouvelle fois le pillage du palais califal par la foule, les notables de Cordoba finirent par déclarer la déchéance de la famille Omeyyade, et confièrent la responsabilité du gouvernement à celui qu’ils jugeaient être le plus apte à l’assumer, un ancien ministre du nom d’Ibn Jahwar.&nbsp;</p>



<p>Cette république de notables ne dura que quelques années et demeura&nbsp;une expérience isolée et sans avenir confinée aux seules limites de la cité du Guadalquivir, les royaumes des Taïfas étant devenus des entités indépendantes, et elle n’eut donc aucune répercussion sur l’histoire politique du monde musulman, ce qui est profondément regrettable mais explicable; la République ne pouvait éclore en dehors du champ historique, politique, juridique, et institutionnel gréco-romain, dont la tradition islamique était dépourvue depuis la défaite des Mutazilites à Bagdad, et la mise à l&rsquo;écart d’Averroes par le sunnisme.</p>



<p>En fin de compte, l’Etat Omeyyade d’Andalousie fut victime de son incapacité à amalgamer ses différentes composantes, arabe, yéménite, berbère, slave, africaine, mais aussi les <em>«Mawalid»</em> (sang mêlés arabo-hispaniques) et les Mozarabes (chrétiens arabophones) en une entité unique surmontant ses différences ethniques et religieuses. Les différentes communautés vécurent la plupart du temps les unes à côté des autres mais sans véritable intégration, même entre Musulmans de différentes communautés.</p>



<p>Ce qui frappe est la férocité et la cruauté dont les différents partis en lutte faisaient preuve les uns contre les autres, et qui sera comparable aux guerres de religion et celle de Trente ans, en Europe, après l’apparition de la Réforme. A Tolède des notables séditieux avaient été invités par l’un des califes à un banquet et une fois réunis près de soixante-dix parmi les convives furent exécutés sur place.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="qJa64kKuLc"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/06/alhambra-le-massacre-des-abencerage-et-la-chute-dal-andalus/">Alhambra, le massacre des Abencérage et la chute d’Al-Andalus  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Alhambra, le massacre des Abencérage et la chute d’Al-Andalus   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/06/alhambra-le-massacre-des-abencerage-et-la-chute-dal-andalus/embed/#?secret=tw0V3LqJ2A#?secret=qJa64kKuLc" data-secret="qJa64kKuLc" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une folie meurtrière de destruction</h2>



<p>Les antagonismes ne se limitaient pas aux champs de batailles mais s’étendaient&nbsp;aux villes et aux maisons et donnaient lieu à une folie meurtrière&nbsp;de destruction aux conséquences irréversibles.</p>



<p>Ces vingt années de guerre civile à Cordoba mirent en miettes la puissance musulmane et recomposèrent définitivement le paysage politique de la péninsule au profit des royaumes du Nord. C’est d’autant plus notable que l’islam sur le plan des principes demeure une religion égalitaire nivelant les différences ethniques et raciales. Mais en Andalousie ces principes furent foulés aux pieds face aux ambitions exacerbées des uns des autres et n’ont pas plus prévalu que lors de la grande <em>«fitna»</em> (discorde) entre Ali et Mou&rsquo;awiya&nbsp;après la&nbsp; mort du prophète Mohamed.</p>



<p>Si l’Islam en Andalousie a disparu après avoir atteint les confins des Pyrénées, la faute en incombe plus à l’incapacité de ses propres fidèles à surmonter leurs antagonismes et à générer une société plus juste, qu’à la puissance des armées chrétiennes de la Reconquista.</p>



<p>Le plus étonnant est même qu&rsquo;il y ait survécu&nbsp;pendant cinq siècles supplémentaires&nbsp; aux conséquences de la guerre civile de Cordoue, qui a porté un coup fatal à l’unité de l’Etat, que même les Almoravides et les Almohades&nbsp;venus du Maghreb ne parviendraient plus à reconstituer.&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de pratique libre.</em></p>



<p><strong><em> ‘‘Histoire des Arabe en Espagne ; la fin du califat omeyyade en Andalousie’’, essai en arabe de Khaled Soufi, éditions Al Jamal, 4 janvier 2011. </em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/la-chute-du-califat-de-cordoue-lautre-grande-discorde-de-lislam/">‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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