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	<title>Archives des ordre mondial - Kapitalis</title>
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	<title>Archives des ordre mondial - Kapitalis</title>
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		<title>Ukraine / Iran &#124; Quand l’ordre mondial vacille…</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Mar 2026 06:14:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec la guerre d'Iran, Le monde évolue vers une configuration plus multipolaire, où plusieurs centres de pouvoir coexistent. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/28/ukraine-iran-quand-lordre-mondial-vacille/">Ukraine / Iran | Quand l’ordre mondial vacille…</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>«Novus Ordo Seclorum», la devise latine signifiant «Nouvel Ordre des Siècles», figurant au revers du Grand Sceau des États-Unis et sur le billet de 1 dollar, se fragilise. Le monde ne s’effondre pas. Mais il n’est plus certain de lui-même. Et ne sait plus où il va. Et cette incertitude, désormais la chose au monde la mieux partagée, par les riches comme par les pauvres, n’est pas sans conséquence&nbsp;sur les équilibres géopolitiques, l’économie mais aussi l’inconscient des peuples.</em></strong></p>



<p><strong>Manel Albouchi</strong></p>



<span id="more-18529839"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1.jpg" alt="" class="wp-image-15290578" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Pendant des décennies, un équilibre s’est imposé. Il reposait sur trois piliers : le pétrole, le dollar et la puissance militaire. Structuré depuis la Bretton Woods et consolidé par des institutions comme le Fonds monétaire international (FMI), cet ordre mondial a permis de stabiliser les échanges, d’organiser les alliances et de sécuriser les flux énergétiques.</p>



<p>Dans les années 70, l’arrimage du pétrole au dollar a renforcé cette architecture. Le système du pétrodollar a durablement lié le triptyque. Et ce modèle a tenu non seulement parce qu’il était efficace, mais parce qu’il était perçu comme fiable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le monde dans un entre-deux &nbsp;</h2>



<p>Aujourd’hui, nous ne sommes ni face à un effondrement, ni dans une stabilité retrouvée. Nous sommes dans ce que l’on peut appeler un espace liminal : un moment de transition où les structures anciennes persistent, tandis que les nouvelles ne sont pas encore stabilisées. Dans cet entre-deux, les repères deviennent flous&nbsp;: &nbsp;les certitudes s’érodent, les équilibres se tendent. &nbsp;</p>



<p>Les crises récentes en donnent une première lecture. La guerre entre la Russie et l’Ukraine a déjà profondément perturbé les marchés énergétiques. Avec la guerre en Iran, la hausse des prix du gaz et du pétrole ne va pas cesser ce qui se répercutera sur les prix du transport, des engrais, des céréales et autres produits agricoles, entraînant des pénuries alimentaires et une hausse de l’inflation dans de nombreuses régions du monde. Mais ces phénomènes ne sont pas seulement économiques. Ils signalent une transformation plus profonde : le système fonctionne encore, mais il ne produit plus le même sentiment de sécurité. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un système sous contrainte</h2>



<p>Ces évolutions peuvent être éclairées à travers une grille simple : la pyramide de Maslow. Lorsque le besoin le plus fondamental (<em>«se nourrir»)</em> est affecté, ce n’est pas seulement l’économie qui vacille. C’est l’ensemble de la structure sociale qui est fragilisée. Les tensions remontent ensuite dans le système : insécurité économique, instabilité sociale, polarisation politique…</p>



<p>Autrement dit, ce qui commence à la base finit par affecter l’ensemble de l’ordre mondial.</p>



<p>Dans le même temps, les équilibres globaux évoluent. Des stratégies de dédollarisation émergent, notamment dans le cadre des Brics. Des accords commerciaux en monnaies locales se développent. Les chaînes d’approvisionnement se fragmentent sous l’effet des rivalités et des sanctions.</p>



<p>Le monde évolue vers une configuration plus multipolaire, où plusieurs centres de pouvoir coexistent sans qu’un cadre unique ne s’impose clairement. Ce mouvement ne marque pas la disparition de l’ordre actuel, mais sa transformation progressive.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Iran&nbsp;: point de tension révélateur</h2>



<p>Dans ce contexte, certains espaces concentrent les enjeux. L’Iran en est un exemple central. Par sa position stratégique (notamment autour du détroit d’Ormuz) et par son rôle dans les équilibres énergétiques, il se trouve au cœur des tensions régionales et internationales. Mais au-delà de ces éléments, il joue aussi un rôle de révélateur. Ce qui s’y cristallise dépasse les intérêts nationaux : il s’agit d’une expression des tensions d’un système global en transition. &nbsp;</p>



<p>Une dimension reste souvent sous-estimée dans l’analyse géopolitique : celle de l’inconscient collectif. Un ordre mondial ne repose pas uniquement sur des institutions ou des rapports de force. Il repose aussi sur des représentations partagées : la croyance dans la stabilité d’une monnaie, la confiance dans les alliances, l’idée que le système est durable. Lorsque ces représentations se fragilisent, même sans rupture immédiate, l’ensemble devient plus instable.</p>



<p>Le système international continue de fonctionner. Le dollar reste dominant. Les échanges se poursuivent. Mais quelque chose a changé. Ce n’est pas seulement l’équilibre des puissances. C’est la manière dont cet équilibre est perçu. Ce qui vacille aujourd’hui, ce n’est pas seulement un ordre mondial, c’est la croyance qu’il était immuable. Dans cet espace liminal, le monde ne disparaît pas. Il se redéfinit. Et dans ces moments de transition, une chose devient décisive : la capacité à lire non seulement les faits visibles, mais aussi les transformations invisibles qui traversent les sociétés et l’inconscient collectif.</p>
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		<item>
		<title>La boîte de Pandore américaine : l’ordre mondial au bord de la rupture</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/06/la-boite-de-pandore-americaine-lordre-mondial-au-bord-de-la-rupture/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Feb 2025 11:04:24 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Ould Amar Yahya]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le président Donald Trump a ouvert une boîte de Pandore géopolitique aux implications incalculables.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le président Donald Trump, en formulant une proposition assortie de menaces pour l&rsquo;intégration du Canada et du Groenland aux États-Unis, a ouvert une boîte de Pandore géopolitique aux implications incalculables.</em></strong></p>



<p><strong><strong>Yahya</strong></strong> <strong>Ould Amar *</strong></p>



<span id="more-15432438"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure>
</div>


<p>L’histoire de l’humanité a toujours été un balancier oscillant entre l’ordre et le chaos, entre l’instauration de règles destinées à encadrer les rapports de force et leur subversion par des puissances aspirant à les remodeler à leur avantage.</p>



<p>Aujourd’hui, nous assistons à une mutation profonde de l’ordre international, non pas une simple transition, mais un bouleversement radical. Ce qui se profile à l’horizon n’est rien de moins qu’une ère de chaos et de confrontation, où la force primera sur le droit, où la diplomatie cèdera la place à la brutalité des rapports de puissance, et où les organisations internationales, si elles ne se réinventent pas, deviendront les témoins impuissants d’un monde en dislocation.</p>



<p>Cette dynamique rappellerait les grandes expansions impérialistes du XIX<sup>e</sup> siècle, où les grandes puissances s’appropriaient des territoires sans égard pour les droits des peuples concernés. Mais à l’ère moderne, cela déclencherait des réactions nationalistes violentes et de potentielles guerres asymétriques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le choix de l’affrontement au lieu de l’ordre</h2>



<p>Les grandes puissances, aveuglées par l’illusion de leur toute-puissance et/ou la certitude de leur déclin imminent, se lancent aujourd’hui dans une fuite en avant où le chaos devient non pas un accident, mais un choix délibéré. Elles voient dans l’effondrement du multilatéralisme l’occasion de rebattre les cartes à leur avantage, de figer dans la violence ce que l’économie et la diplomatie ne leur permettent plus d’imposer. Confrontées à l’épuisement de leur modèle de croissance, à la montée des colères internes, à l’érosion de leur soft power et à l’inévitable basculement du centre du monde, elles préfèrent la confrontation au compromis, la force à la négociation, l’unilatéralisme au dialogue. Chaque crise devient un prétexte, chaque faiblesse adverse une opportunité, chaque frontière un pari.</p>



<p>La Russie voit dans le chaos la chance de rétablir son empire perdu, la Chine celle de précipiter l’effondrement de l’ordre occidental, les États-Unis celle de prolonger leur hégémonie en radicalisant l’affrontement avec leurs rivaux. L’Europe, tétanisée, hésite entre le suivisme et l’isolement. L’Onu, impuissante, se mue en spectateur.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="HARZ3t3Htd"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/27/donald-trump-ou-la-recette-du-chaos/">Donald Trump ou la recette du chaos</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Donald Trump ou la recette du chaos » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/27/donald-trump-ou-la-recette-du-chaos/embed/#?secret=p9IW0xprPf#?secret=HARZ3t3Htd" data-secret="HARZ3t3Htd" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un retour aux lois de la jungle&nbsp;?</h2>



<p>Depuis 1945, l’ordre mondial repose sur un socle fragile : la souveraineté des États, l’intangibilité des frontières, la coopération internationale et la régulation des conflits par des institutions supranationales. Ces principes ont été bafoués à maintes reprises, mais jamais de manière aussi assumée et généralisée qu’aujourd’hui.</p>



<p>Si aujourd’hui, une grande puissance – les États-Unis, la Russie, la Chine – s’arroge le droit d’annexer des territoires sous prétexte de nécessité stratégique, historique ou économique, alors plus aucun État ne pourra prétendre à la stabilité.</p>



<p>Un tel bouleversement risquerait de déclencher une réaction en chaîne incontrôlable, entraînant une escalade des conflits régionaux où chaque nation chercherait à redéfinir ses frontières, une intensification des rivalités géopolitiques menant à une bipolarisation du monde entre un bloc occidental dominé par les États-Unis et un axe Russie-Chine, ainsi qu’une instabilité économique majeure, alimentée par l’incertitude des marchés, la perturbation des flux commerciaux et la frilosité des investisseurs face à un environnement imprévisible.</p>



<p>Si l&rsquo;annexion de territoires par la force devient une norme acceptée, alors la Russie pourra revendiquer l’ensemble des régions qu’elle considère comme faisant partie de son <em>«monde russe»</em>, de l’Ukraine aux pays baltes, tandis que la Chine pourra s’emparer de Taïwan sans autre justification que sa volonté expansionniste. Israël, au nom de sa sécurité, pourra intégrer Gaza, la Cisjordanie, voire étendre son emprise au sud du Liban et au sud de la Syrie. L’Inde et le Pakistan pourraient raviver leur confrontation sur le Cachemire, et des puissances comme la Turquie ou l’Iran, ainsi que d’autres acteurs régionaux, se sentiraient en droit de remodeler les frontières à leur avantage, déclenchant ainsi une reconfiguration chaotique de l’ordre mondial. Cette dynamique, une fois enclenchée, ne connaîtra aucun frein. Car ce qui est légitime pour l’un le deviendra pour tous.</p>



<p>L’histoire nous enseigne que lorsque le droit est remplacé par la force, les guerres deviennent la seule monnaie d’échange entre nations.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Onu en ruines : le spectre de la Société des Nations ?</h2>



<p>L’Onu, née sur les cendres de la Seconde Guerre mondiale, n’a jamais été un véritable gouvernement mondial, mais un espace de dialogue et de régulation des conflits. Déjà affaiblie par le blocage du Conseil de sécurité, elle risque de devenir un fantôme institutionnel, réduit à la simple gestion des conséquences humanitaires des guerres qu’elle ne pourra plus prévenir.</p>



<p>Ce n’est pas la première fois qu’une organisation internationale s’effondre sous le poids de son impuissance. La Société des Nations avait succombé à son incapacité à stopper l’expansionnisme de l’Allemagne nazie et du Japon impérial. L’Onu pourrait connaître le même sort si elle ne parvient pas à se réinventer.</p>



<p>L’avenir de l’Onu repose sur un dilemme : soit elle se réinvente en un véritable arbitre doté de pouvoirs coercitifs effectifs, ce qui nécessiterait une refonte radicale de sa gouvernance et l’abandon du droit de veto des grandes puissances, soit elle sombre dans l’inefficacité et disparaît de facto, laissant place à une diplomatie fondée sur les rapports de force, où seules les alliances militaires, les blocs de puissance et les jeux d’influence dicteront l’ordre mondial. L’option intermédiaire, celle d’un statu quo où l’Onu subsiste en tant que caisse de résonance des conflits mondiaux, ne fera qu’accélérer sa marginalisation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers un monde fragmenté ?</h2>



<p>L’ère de chaos et de confrontation qui se dessine ne se limitera pas aux sphères militaires et &nbsp;diplomatiques. Elle marquera également la fin d’un certain modèle économique.</p>



<p>Depuis la fin de la Guerre froide, le monde s’est construit sur l’illusion d’une interdépendance économique qui garantirait la paix. Or, cette interdépendance est désormais une arme. La Russie, la Chine et les États-Unis ont compris que le commerce, l’énergie, la technologie et les infrastructures financières sont autant d’instruments de pression que de prospérité.</p>



<p>Si la logique de confrontation venait à s’imposer, les échanges commerciaux ne seraient plus guidés par la rentabilité mais par des impératifs stratégiques, entraînant une multiplication des sanctions économiques et une fragmentation accrue du commerce mondial. Face à cette dynamique, les grandes puissances se replieraient sur des blocs régionaux, marquant la fin de la mondialisation ouverte au profit d’un protectionnisme agressif, où chaque acteur chercherait avant tout à sécuriser ses intérêts face à un environnement international de plus en plus hostile.</p>



<p>Ce monde ne sera pas seulement plus instable, il sera aussi plus pauvre. Les innovations technologiques ralentiront, les chaînes d’approvisionnement seront perturbées, la croissance mondiale s’essoufflera.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="R9UEipd80D"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/22/limperialisme-americain-est-de-retour-qui-pourrait-arreter-donald-trump/">L’impérialisme américain est de retour : Qui pourrait arrêter Donald Trump?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’impérialisme américain est de retour : Qui pourrait arrêter Donald Trump? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/22/limperialisme-americain-est-de-retour-qui-pourrait-arreter-donald-trump/embed/#?secret=OSe0wxBI3u#?secret=R9UEipd80D" data-secret="R9UEipd80D" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le chaos, terreau de l’innovation ou de l’effondrement ?</h2>



<p>Faut-il pour autant voir dans cette ère de chaos une fatalité absolue ? L’histoire nous enseigne que les périodes de grande instabilité sont aussi celles où émergent les idées les plus révolutionnaires.</p>



<p>Si les États ne parviennent plus à garantir la stabilité, d’autres acteurs prendront le relais. Les entreprises multinationales, les réseaux numériques, deviendront des pôles d’influence capables de remodeler l’équilibre des pouvoirs. L’intelligence artificielle, les crypto-monnaies, les nouvelles formes de gouvernance décentralisée pourraient, à terme, supplanter les institutions en déclin.</p>



<p>Mais ce futur demeure incertain. Soit l’humanité trouve dans le chaos l’énergie de se réinventer, soit elle s’y engloutit. La clé réside dans notre capacité à anticiper les fractures et à bâtir de nouveaux équilibres avant qu’ils ne s’imposent dans la violence.</p>



<p>Il est aujourd’hui clair que le XXIe siècle ne sera pas une simple continuité du précédent, il sera soit celui de la fragmentation et de la survie, soit celui de la refondation et de l’innovation. Tout dépendra de notre capacité collective à comprendre que le chaos n’est pas une fatalité, mais une alerte.</p>



<p>L’histoire n’est jamais écrite à l’avance. Mais elle n’attend jamais longtemps ceux qui tardent à en prendre la mesure.</p>



<p>Enfin, l’humanité se trouve une fois encore entre l’effondrement et la réinvention, entre le repli sur des logiques belliqueuses et l’audace de repenser un nouvel ordre mondial fondé sur autre chose que la seule loi du plus fort. Si le chaos semble aujourd’hui l’option privilégiée par les grandes puissances, il n’est pas une fatalité. L’histoire a prouvé que l’instabilité peut être le terreau de grandes mutations, pour peu que les acteurs politiques, économiques et intellectuels sachent en tirer les leçons et proposer de nouveaux modèles. Face à la déliquescence des institutions, à la fragmentation des alliances et à la montée des confrontations, le choix n’est plus entre statu quo et conflit, mais entre la construction d’un nouvel équilibre global et l’abandon progressif à l’anarchie internationale. L’enjeu n’est pas de préserver un passé révolu, mais d’imaginer un futur où la puissance ne serait plus l’unique critère de souveraineté et où la coopération, loin d’être un vœu pieux, redeviendrait une nécessité vitale. Si les États échouent à saisir cette opportunité, alors l’histoire se chargera, une fois de plus, de redistribuer les cartes à leur place, dans une tempête dont personne ne ressortira indemne.</p>



<p>* <em>Economiste, banquier et financier.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="VUXxCuWFJr"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/05/donald-trump-veut-prendre-le-controle-de-la-bande-de-gaza/">Donald Trump veut «prendre le contrôle de la bande de Gaza»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Donald Trump veut «prendre le contrôle de la bande de Gaza» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/05/donald-trump-veut-prendre-le-controle-de-la-bande-de-gaza/embed/#?secret=37J7ZxEpNY#?secret=VUXxCuWFJr" data-secret="VUXxCuWFJr" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>‘‘World Order’’ : le jeu des nations vu par un ancien secrétaire d’Etat américain</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/19/world-order-le-jeu-des-nations-vu-par-un-ancien-secretaire-detat-americain/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Nov 2023 08:13:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Anouar Sadate]]></category>
		<category><![CDATA[arabes]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
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		<category><![CDATA[Richard Nixon]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Joe Biden semble se poser en adepte de la doctrine de Henry Kissinger, pour qui un Etat doit se défendre même s’il contrevient pour cela au droit international reconnu par l’Onu, comme Israël depuis sa création en 1948</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/19/world-order-le-jeu-des-nations-vu-par-un-ancien-secretaire-detat-americain/">‘‘World Order’’ : le jeu des nations vu par un ancien secrétaire d’Etat américain</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En appuyant militairement et diplomatiquement Israël dans sa guerre génocidaire actuelle à Gaza, et en soutenant militairement l’Ukraine contre la Russie afin d’assurer l’équilibre européen, Joe Biden semble ainsi se poser en adepte de la doctrine de Henry Kissinger, pour qui un Etat doit se défendre même s’il contrevient pour cela au droit international reconnu par l’Onu, mais uniquement lorsqu’il bénéficie du soutien américain, comme Israël depuis sa création en 1948.</em></strong> <em>(Illustration: Henry Kissinger et l&rsquo;ancienne Première ministre israélienne Golda Meir)</em>.</p>



<p>Par<strong> Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



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<p>Pourquoi l’ordre politique mondial actuel est-il ce qu’il est? Henry Kissinger, l’ex-secrétaire d’Etat américain et conseiller à la sécurité nationale des présidents Richard Nixon et Gerald Ford dans les années 70, situe ses débuts avec la paix de Westphalie de 1648, concluant la guerre de Trente Ans entre le Saint Empire Romain Germanique, champion de la cause catholique, et les nouvelles principautés allemandes protestantes, avec les participations de la Suède, du Danemark, et de la France. La terrible saignée qui en avait résulté avait fait juger préférable aux belligérants d’instaurer un modus vivendi, où chaque population suivrait la religion de son prince, et aucun Etat ne courrait le risque d’être annihilé.</p>



<p>La religion quittait ainsi le champ de la politique internationale par la grande porte. Désormais, les relations entre Etats, ouest-européens cela s’entend, seraient régis par les intérêts, et les différends réglés par les négociations, évidemment dans la mesure du possible.</p>



<p>Kissinger attribuait la naissance de l’Etat, en tant qu’entité immuable dont la seule morale admise consistait à assurer sa survie, au Cardinal de Richelieu, le ministre de Louis XIII, Roi de France.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="QEg7ItP5d6"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/06/la-sale-guerre-du-mexique-ou-la-destinee-imperiale-manifeste-de-lamerique/">‘‘La sale guerre’’ du Mexique, ou la destinée impériale manifeste de l&rsquo;Amérique </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La sale guerre’’ du Mexique, ou la destinée impériale manifeste de l&rsquo;Amérique  » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/06/la-sale-guerre-du-mexique-ou-la-destinee-imperiale-manifeste-de-lamerique/embed/#?secret=yHugfPJHV5#?secret=QEg7ItP5d6" data-secret="QEg7ItP5d6" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Pourquoi situer ainsi la naissance de l’ordre international, faisant abstraction de la guerre du Péloponnèse entre les différentes cités grecques, des guerres médiques entre Grecs et Perses au Ve siècle avant l’ère universelle, des conflits entre Égyptiens et Hittites, de l’Histoire de Rome avec tous ces traités l’unissant à ses alliés, à ses confédérés et même parfois ses adversaires, de l’Eglise Romaine qui avait la première instauré un ordre international en arbitrant les conflits entre puissances chrétiennes, en organisant les Croisades, et même en partageant le monde grâce à la paix de Tordesillas entre le Portugal et l’Espagne?</p>



<h2 class="wp-block-heading">La guerre, la paix et l&rsquo;équilibre des forces</h2>



<p>On arguera peut-être qu’il s’était agi d’un ordre international basé sur la guerre et la tentative de détruire l’ennemi, et non la paix pour cohabiter avec lui. Mais justement, la paix entre le Sultan d’Egypte Al-Kamil, le fils de Salaheddine El-Ayoubi, restituant Jérusalem à l’Empereur Germanique Frédéric de Hohenstaufen, avait instauré des relations pacifiques entre les deux empires, tout comme d’ailleurs celle entre Haroun Al-Rachid et Charlemagne 400 ans plus tôt, en l’an 800 de l’ère universelle.</p>



<p>Ainsi ce livre fait-il d’emblée de la paix internationale une réalisation européenne, et qui plus est, contre l’immixtion de la politique dans la religion. C’est oublier qu’elle n’a pas englobé l’Empire Ottoman, mais l’auteur a une explication: l’islam étant expansionniste de nature (voir Bernard Lewis) ne s’accommode pas de traités de paix avec les infidèles, ce qui est tout aussi vrai sur le plan théorique que le pacifisme des Européens du fait de la religion d’amour du Christ qu’ils confessent.&nbsp;Mais le&nbsp;corollaire de la paix de Westphalie est que dans la recherche de sa survie, qui constitue sa raison d’être,&nbsp;chaque Etat&nbsp;soit libre de poursuivre les alliances qui lui siéent.</p>



<p>Dans le monde froid et obscur des relations interétatiques, tiraillées entre légitimité et pouvoir, l’équité et la justice n’existent ainsi pas, ou ne doivent pas l’être. On doit en conclure certaines réalités: un pays de grande civilisation aussi immémoriale que l’Iran adepte d’une version minoritaire de l’islam se doit de donner des gages de paix, en abandonnant son programme nucléaire, autrement dit son Etat doit remettre le gage de sa survie, dont on vient de dire qu’il s’agit de sa principale raison d’être selon la paix de Westphalie, entre les mains d’autres Etats.</p>



<p>Pourquoi cet Etat doit-il violer ainsi les normes admises pour les Etats européens? Parce qu’il n’est pas démocratique? C’est une manière moins crue de dire qu’il ne fait culturellement pas partie de l’Europe. Mais la Turquie démocratique, selon les normes occidentales, n’a pas pour autant obtenu son ticket d’entrée en Europe. Néanmoins on n’a pas exigé de la Chine ni de l’Inde qu’elles désarment.&nbsp;</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7BQBPmLp9V"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/22/georges-w-bush-mensonges-guerres-et-paix/">Georges W. Bush : mensonges, guerres et paix</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Georges W. Bush : mensonges, guerres et paix » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/22/georges-w-bush-mensonges-guerres-et-paix/embed/#?secret=UmC9YnMX5v#?secret=7BQBPmLp9V" data-secret="7BQBPmLp9V" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Selon Kissinger, c’est compréhensible, ces pays n’ayant jamais été expansionnistes, ce qui dans le cas de la Chine avec l’occupation du Tibet, est discutable;&nbsp;de surcroît, l’Inde n’est que la concrétisation d’un fantasme&nbsp;britannique, qui l’a unifiée alors que rien ne la prédisposait à l’être, et lui a fourni une Histoire taillée sur mesure, où les méchants sont&#8230; les musulmans.</p>



<p>Comme le Pakistan est musulman et nucléarisé, on doit en conclure que ce n’est pas l’islam qui rend implacable l’opposition à l’Iran dans sa marche vers le nucléaire, mais sa situation géostratégique dans l’une des régions contenant&nbsp;les réserves les plus riches en hydrocarbures au monde.</p>



<p>La création d’une Inde unie a-t-elle obéi à un souci d’équilibre face à la Chine?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;es Etats-Unis ai cœur de l&rsquo;ordre mondial </h2>



<p>Abstraction faite du rôle d’équilibre joué par la puissance britannique sur le continent européen contre Charles Quint, Louis XIV, puis Napoléon, la notion de sécurité collective est née au Congrès de Vienne en 1815 de la coalition des nations emmenée par la Russie, pays expansionniste et absolutiste entre tous où le servage constituait la norme, avec la volonté d’empêcher l’émergence de toute hégémonie ou de toute révolution antimonarchique&nbsp;en Europe.</p>



<p>Comment dans ces conditions les Etats-Unis d&rsquo;Amérique ont-ils été amenés à jouer un rôle majeur dans les affaires mondiales, alors qu’au départ, les pères fondateurs tenaient absolument à se tenir à l’écart des affaires européennes, et à maintenir avec les puissances des relations strictement commerciales?</p>



<p>Une nation de colons d’origine européenne en majorité britanniques, allemands et irlandais, s’est agrandie vers l’Ouest jusqu’en Californie après avoir absorbé la Louisiane achetée aux Français, puis au prix de guerres contre le Mexique, le Texas et tous les territoires mexicains au Nord du Rio Grande. Jusque-là et avec la proclamation de la doctrine Monroe, sa volonté hégémonique s’était limitée au continent américain. Il est vrai que la démonstration de la flottille du commodore Perry au large du Japon en 1853 avait convaincu les autorités de ce pays de se soumettre aux demandes américaines, celles d’ouvrir leur territoire au commerce international. Mais c’est à partir de 1898 avec la guerre contre l’Espagne et l’occupation des Philippines, de Cuba, de Porto Rico et des îles&nbsp;Hawaï, que les Etats-Unis ont fait irruption sur la scène mondiale en tant qu’acteur majeur.</p>



<p>Cependant, Kissinger semble présenter tout cela comme un changement de doctrine stratégique induit&nbsp;par le président Théodore Roosevelt, pour qui la sécurité des Etats-Unis ne pouvait être dissociée des affaires du monde. Son rôle d’intermédiaire dans la guerre russo-japonaise de 1905, ainsi que l’envoi de la flotte blanche dans le port de Yokohama en seront l’illustration.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un enfer pavé de bonnes intentions</h2>



<p>Cette théorie de la sécurité collective sera plus tard complétée par la doctrine Wilson sur la liberté des peuples, après l’effondrement de l’équilibre européen du fait des jeux des alliances conduisant à la première guerre mondiale, consécutivement à l’attentat de Sarajevo et au conflit banal entre la Serbie et l’empire austro-hongrois. La sécurité européenne n’avait pas joué face à la volonté autrichienne d’en découdre avec la petite Serbie.&nbsp;A la fin du conflit, la Société des Nations sera créée, dont la mission proclamée sera de confier des mandats limités aux puissances coloniales conduisant les peuples occupés vers l’indépendance,&nbsp;et de désamorcer par la négociation les conflits entre les puissances.</p>



<p>Il ne s’agira là que d’un vœu pieux, ainsi que le démontreront les guerres en Ethiopie et en Chine. La déclaration Balfour sera d’autre part intégralement insérée dans le préambule de la charte de la Société des nations, illustrant parfaitement l’adage selon lequel l’enfer soit pavé de bonnes intentions, pour peu que celles-ci existent vraiment. Mais si le retrait du président Wilson a entraîné un reflux américain hors de l’Europe, la politique américaine de la porte ouverte en Chine a continué, avec une opposition de plus en plus ouverte aux conquêtes japonaises en Mandchourie puis dans l’Est du pays.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="XLe5Z2PFMp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/28/lukraine-a-la-croisee-des-interets-geostrategiques/">L&rsquo;Ukraine à la croisée des intérêts géostratégiques</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L&rsquo;Ukraine à la croisée des intérêts géostratégiques » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/28/lukraine-a-la-croisee-des-interets-geostrategiques/embed/#?secret=wyWRcaHOq7#?secret=XLe5Z2PFMp" data-secret="XLe5Z2PFMp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>A la veille de la seconde guerre mondiale, si un conflit avec le Japon était ainsi envisageable, rien ne laissait à priori prévoir une guerre avec l’Allemagne. Pourtant Kissinger a justifié cette dernière par la vieille antienne britannique, le souci de l’équilibre européen; dont&nbsp; le président Franklin-Delano Roosevelt se faisait ainsi le continuateur avec la nécessité proclamée de défendre la démocratie.</p>



<p>D’autre part sur le théâtre du Pacifique, c’est la volonté hollandaise de s&rsquo;associer à l’embargo sur les hydrocarbures qui a précipité la guerre. Toujours est-il qu’à la fin de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis se sont retrouvés face à la menace soviétique. Une nouvelle contrainte s’ajoutait ainsi, celle de la défense la liberté, qui allait mener l’armée américaine en Corée, puis au Vietnam, dans le but de contenir l’expansion du communisme en Asie, et à la création d’organismes de défense collective (Cento, Otase) perçus souvent à juste titre comme une interférence intolérable par les peuples des pays concernés.</p>



<p>L’auteur qui fut un acteur politique majeur du conflit vietnamien a nié toute défaite militaire américaine dans ce pays. Pour lui, c’est l’ampleur du mouvement pacifiste, relayé par les médias, les universités, et le Congrès, qui a été responsable du désastre. Qui plus est, c’est le refus du Congrès d’accorder une aide militaire au Sud Vietnam qui a entraîné l’effondrement de ce pays face à l’offensive du Nord.</p>



<p>Cette opinion est évidemment très contestable, et le récent effondrement de l&rsquo;armée afghane surarmée après le retrait américain ne le confirme que trop. Les guerres en Irak et en Afghanistan menées au nom de la lutte contre le terrorisme n’ont suscité de la part de l’ancien secrétaire d’Etat aucune critique. On a ainsi l’impression que ses opinions ont fini par rejoindre celles des Néoconservateurs américains. Il a conclu d’ailleurs sur la nécessité pour les Américains d’empêcher l’émergence de toute puissance hégémonique dans le monde (la Chine) et de propager les deux valeurs universelles susceptibles selon eux de protéger la paix mondiale, le libéralisme économique et la démocratie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le malheur des Arabes </h2>



<p>Naturellement les réflexions de Kissinger sur le nucléaire et les transformations que les nouvelles techniques de la communication induisent dans le fonctionnement de la démocratie ne sont pas sans intérêt. Néanmoins, ce qu’il nomme idéalisme et même souci moralisateur de l’Amérique dans la défense de la liberté a eu des répercussions néfastes sur les populations soumises à des guerres décidées par les administrations du pays au gré de ce qu&rsquo;ils définissent comme leurs intérêts, ou bien ce que l’on a appelé en 1839 sa <em>«destinée manifeste»</em> d’étendre ses valeurs de liberté, de justice et de progrès, qui n’a abouti finalement qu’à faire le malheur de ceux à qui elle s&rsquo;adresse.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DO6vx6yD0S"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/20/genius-devil-l-amerique-de-la-democratie-a-la-ploutocratie/">«Genius devil» : L&rsquo; Amérique, de la démocratie à la ploutocratie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Genius devil» : L&rsquo; Amérique, de la démocratie à la ploutocratie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/20/genius-devil-l-amerique-de-la-democratie-a-la-ploutocratie/embed/#?secret=fGOitmZUYb#?secret=DO6vx6yD0S" data-secret="DO6vx6yD0S" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Comment ne pas évoquer l’implication personnelle du secrétaire d’Etat dans le coup d’État sanglant au Chili en 1973 ? D’autre part, Kissinger ne s’est jamais montré soucieux d’aborder la question de l’équité et de la justice dans les relations internationales, pourtant promues par l’Onu. Il n’a évoqué que des questions concernant la légitimité, la puissance, la sécurité des Etats. Et son opinion sur les Etats arabes et musulmans est sans appel: ils ne sont pas puissants, leur légitimité est souvent sujette à caution, et ils sont incapables de s’opposer au terrorisme islamiste, pourtant disséminé par les alliés des Américains : les Turcs, Pakistanais, Saoudiens et Qataris. Le seul dirigeant arabe qui ait trouvé grâce à ses yeux est l’ancien président égyptien Anouar Sadate parce qu’il a décidé d’arrimer son pays à l’ordre international en signant la paix avec Israël, non pas parce que l’Etat égyptien est l’un des plus anciens du monde.</p>



<p>En appuyant militairement et diplomatiquement l’Etat Juif dans sa guerre génocidaire actuelle à Gaza, et en soutenant militairement l’Ukraine contre la Russie afin d’assurer l’équilibre européen, Joe Biden semble ainsi se poser en adepte de la doctrine de Henry Kissinger, pour qui un Etat doit se défendre même s’il contrevient pour cela au droit international reconnu par l’Onu, mais uniquement lorsqu’il bénéficie du soutien américain. Qu’attendent donc les Palestiniens pour proclamer le leur sans attendre ? Et faut-il dans ces conditions en vouloir à la Corée du Nord? <strong><em>‘</em></strong></p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique. </em></p>



<p><strong><em> »World Order: Reflections on the Character of Nations and the Course of History’’, de Henry Kissinger, Penguin Press, New York 2014 432 pages.</em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/19/world-order-le-jeu-des-nations-vu-par-un-ancien-secretaire-detat-americain/">‘‘World Order’’ : le jeu des nations vu par un ancien secrétaire d’Etat américain</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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