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	<title>Archives des science - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des science - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Quand le voile entre dans la salle de classe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Sep 2025 11:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans l’espace académique, le voile n’est pas neutre. Il véhicule une vision du monde fondée sur un dogme incompatible avec la science.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans l’espace académique, le voile n’est pas un vêtement neutre. Il véhicule un message : celui d’une lecture du monde où la transcendance et le dogme occupent une place centrale.</em></strong></p>



<p><strong>Zouhaïr Ben Amor</strong><strong> *</strong></p>



<span id="more-17518904"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg" alt="" class="wp-image-17518909" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>J’ai aujourd’hui 70 ans, dont plus de quarante années passées à enseigner la biologie à la Faculté des Sciences de Tunis. Ce long parcours m’a permis de rencontrer des générations d’étudiants, d’échanger avec d’innombrables collègues, et de mesurer l’impact subtil qu’un professeur exerce, par son savoir mais aussi par son apparence et son attitude. Depuis des années, une question ne cesse de me travailler : comment un jeune étudiant perçoit-il les concepts biologiques — des bases du vivant à l’évolution — quand son enseignante est voilée ?</p>



<p>À mon âge, je pourrais me contenter de transmettre des souvenirs. Mais je ressens toujours ce besoin d’interpeller, de questionner, d’aller au fond des choses. J’invite ici mes collègues encore en exercice, mais aussi mes anciens professeurs, dont certains approchent les 90 ans, à se prononcer sur ce sujet délicat. Car il engage non seulement l’avenir de l’enseignement, mais aussi l’esprit même de la science.</p>



<p>La biologie n’est pas une simple accumulation de connaissances. Elle exige un esprit critique, une capacité à remettre en question des certitudes établies. Enseigner la biologie, c’est inviter l’étudiant à concevoir la vie comme un processus en perpétuelle évolution, où l’homme n’est pas une créature isolée, mais un maillon parmi d’autres.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La liberté intellectuelle</h2>



<p>J’ai toujours enseigné à mes étudiants que l’Homme partage son patrimoine génétique avec des organismes aussi éloignés en apparence qu’une mouche ou une plante. Que nous sommes le produit d’une histoire longue, faite de mutations, de hasards et de sélections. Or, pour accéder à cette vision, il faut pouvoir se libérer, ne serait-ce qu’un instant, de lectures préétablies du monde. Et c’est là que se pose ma question : le voile, signe religieux visible, permet-il vraiment à l’étudiant de franchir ce seuil de liberté intellectuelle ?</p>



<p>Je ne juge pas la foi personnelle des individus. Mais en tant que pédagogue, je constate que le voile, dans l’espace académique, n’est pas un vêtement neutre. Il véhicule un message : celui d’une lecture du monde où la transcendance et le dogme occupent une place centrale. L’étudiant, même sans l’analyser consciemment, perçoit ce message. Il peut alors se demander si ses questions — sur Darwin, sur l’ancêtre commun avec les singes, sur l’embryologie comparée — seront accueillies avec ouverture ou filtrées par une grille de conviction religieuse.</p>



<p>Je ne parle pas d’un risque théorique. J’ai vu des étudiants s’autocensurer, éviter certaines interrogations, se réfugier dans le silence. Ce silence, pour un professeur, est une défaite : il indique que l’espace de liberté n’est plus assuré.</p>



<p>Je sais que la question est sensible. Faut-il interdire tout signe religieux à l’université, au nom de la neutralité ? Ou bien faut-il permettre à chacun d’afficher ses convictions, au nom de la liberté individuelle ? Les modèles internationaux varient : en France, la laïcité impose la neutralité; ailleurs, comme aux États-Unis, la liberté prime.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Foi personnelle et autorité académique</h2>



<p>Pour ma part, je ne plaide pas pour une interdiction sèche. Mais je crois à une exigence : celle de séparer la foi personnelle et l’autorité académique. L’université doit rester ce lieu universel où l’étudiant ose tout questionner. Si l’apparence du professeur suggère que certaines réponses sont déjà verrouillées, alors l’exercice scientifique se trouve compromis.</p>



<p>Après quarante années à enseigner, j’ai le devoir de poser ces questions non pas seul, mais avec vous : mes collègues d’aujourd’hui, mes compagnons d’hier, et mes maîtres qui approchent désormais le grand âge. Comment percevez-vous ce dilemme ? Avez-vous observé, comme moi, ce moment où l’étudiant retient sa question ? Pensez-vous que l’autorité du savoir puisse cohabiter avec le signe visible d’une conviction religieuse ?</p>



<p>Je ne cherche pas la polémique. J’appelle à un débat serein, nourri de nos expériences cumulées. Car nous avons consacré nos vies à former des générations. Nous savons combien chaque détail compte : un mot d’encouragement peut libérer une vocation, mais un signe d’interdit peut museler une curiosité.</p>



<p>À 70 ans, je pourrais penser que la vérité des choses m’a déjà été livrée. Il n’en est rien. Je continue à chercher, à douter, à interroger. La science, par nature, est inachevée. Et c’est peut-être la plus grande leçon que nous devons transmettre à nos étudiants : la vérité n’est jamais donnée une fois pour toutes, elle se construit, se déconstruit et se reconstruit sans cesse.</p>



<p>C’est pourquoi je m’interroge encore : comment enseigner l’évolution, l’embryologie, la génétique, lorsque le signe visible du professeur indique déjà une réponse transcendante ? Et surtout, comment garantir que l’étudiant ose poser ses questions, même les plus dérangeantes, sans crainte d’un jugement implicite ?</p>



<p>Ce texte n’apporte pas de réponse définitive. Il se veut une invitation à réfléchir ensemble. Car l’école et l’université ne nous appartiennent pas, elles appartiennent à ceux qui apprennent aujourd’hui et qui apprendront demain.</p>



<p>Je lance donc cet appel : à mes professeurs vénérés, qui approchent les 90 ans, à mes collègues qui poursuivent encore l’enseignement, et à mes étudiants devenus eux-mêmes enseignants. Comment percevez-vous ce problème ? Comment concilier la dignité des convictions personnelles et l’exigence absolue de neutralité intellectuelle ?</p>



<p>Pour ma part, je demeure dans cette quête, humble et obstinée, de la vérité des choses. Car même à 70 ans, après une vie entière passée dans la biologie, je reste convaincu que la première vertu de la science est de ne jamais cesser de douter.</p>



<p>* <em>Dr en biologie marine.</em></p>
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		<title>Conférence à Beït Al-Hikma : «Science, religion et société aujourd’hui»  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/30/conference-a-beit-al-hikma-science-religion-et-societe-aujourdhui/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Apr 2024 07:55:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si l’Histoire montre que la raison a été du côté de l’islam et le fanatisme du côté du christianisme, comment alors expliquer la décadence de l’un et l’épanouissement de l’autre ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/30/conference-a-beit-al-hikma-science-religion-et-societe-aujourdhui/">Conférence à Beït Al-Hikma : «Science, religion et société aujourd’hui»  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts, Beït Al-Hikma a organisé, le samedi 27 avril 2024, au Palais de l’Académie, sis à Carthage-Hannibal, une conférence sur le thème&nbsp;: «Science, religion et société aujourd’hui».</em></strong></p>



<span id="more-12646842"></span>



<p>La conférence a été donnée par Pre Faouzia Charfi, physicienne et professeure émérite à l’Université de Tunis, et membre de l’Académie, auteur de l&rsquo;ouvrage <em>« La science voilée. Science et islam » </em>(éd. Odile Jacob), et le Pr Taieb El Hadhri y a assuré la présentation.</p>



<p>D’emblée, Pre Charfi a évoqué la relation conflictuelle entre le religieux et le scientifique qui se pose, aujourd’hui, de manière plus importante eu égard à l’amplification que les réseaux sociaux donnent à certains courants qui sont, selon l’intervenante, de véritables menaces contre la science. Elle remonte au 5<sup>e</sup>&nbsp;siècle pour rappeler les persécutions, à travers l’histoire, dont ont été victimes les scientifiques à cause des dogmes.</p>



<p>Hypatie d’Alexandrie, tuée par des fanatiques chrétiens en 415. Des siècles plus tard, Giordano Bruno est condamné pour hérésie par l’Eglise et brûlé vif à Rome en 1600 ou encore Galilée qui est jugé par le Saint Office en 1633.</p>



<p>On oppose à cette histoire de la persécution des scientifiques par l’Eglise chrétienne, en pays d’islam, aucun scientifique n’a été attaqué, et qu’au contraire, comme le proclamait le réformateur du 19<sup>e</sup>&nbsp;siècle Mohamed Abdou&nbsp;: il n’y pas de contradiction entre l’islam et la science; le hadith ayant encouragé la quête de la science&nbsp;: <em>«Allez chercher la science (‘el-iîlm) jusqu’en Chine»</em>.</p>



<p>Bien que Pre Charfi concède que l’interprétation du mot <em>«iîlm»</em> est une question à débattre et elle cite, dans ce contexte, Mohamed Arkoun&nbsp;:&nbsp;<em>«</em>iîlm<em> désigne le type spécifique de ‘science’, c’est-à-dire de connaissance, liée à la révélation de la parole de Dieu […] Par contraste avec la version pluralisée des sciences, le </em>iîlm<em> est une science ou une connaissance unique, qui englobe tout […] et surplombe tout»</em>.</p>



<p>Alors si l’Histoire montre que la raison a été du côté de l’islam et le fanatisme du côté du christianisme, comment alors expliquer la décadence de l’un et l’épanouissement de l’autre&nbsp;? La force de l’Occident est-elle fondée sur la raison et la liberté&nbsp;? Pre Charfi a tenté de donner des éléments de réponse à cette question en se basant, entre autres, sur le concordisme entre texte religieux et démarche scientifique.</p>
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		<title>Univers, science et religion : des voies moins impénétrables du seigneur</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/19/univers-science-et-religion-des-voies-moins-impenetrables-du-seigneur/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Oct 2021 11:01:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La science dans les pays musulmans est inexistante; elle constitue toujours un champ que la religion essaie d’investir pour renforcer sa légitimité et son prestige, que ce soit à la mosquée, ou bien parmi les militants et les courants politiques censés la représenter et la défendre. Mais le Coran est-il bien le précurseur de la science...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/10/Creationnisme.jpg" alt="" class="wp-image-366652"/></figure></div>



<p><strong><em>La science dans les pays musulmans est inexistante; elle constitue toujours un champ que la religion essaie d’investir pour renforcer sa légitimité et son prestige, que ce soit à la mosquée, ou bien parmi les militants et les courants politiques censés la représenter et la défendre. Mais le Coran est-il bien le précurseur de la science moderne ainsi qu’on veut le faire à tout prix considérer, et plus précisément peut-il être considéré comme tel?</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia </strong>*</p>



<span id="more-366646"></span>



<p>Fréquemment au sein du monde arabo-musulman des livres sont édités et des émissions de télévision programmées pour démontrer la véracité du Coran et sa compatibilité avec les dernières découvertes de la science, un thème de choix qui n’a pas peu contribué à apporter de l’eau au moulin de la propagande islamiste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La science dévoyée par ceux-là même qui s&rsquo;en réclament</h2>



<p>Ce sont le plus souvent des professionnels de la foi parfois diplômés de théologie et affublés du titre prestigieux de docteur qui s’occupent de convaincre leurs ouailles de l’immensité de leur propre savoir scientifique du haut des chaires des mosquées.</p>



<p>Parfois ce sont des personnalités connues qui se transforment pour les besoins de la cause en parangons du Coran précurseur des découvertes scientifiques les plus actuelles.</p>



<p>Récemment, <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/10/09/livre-soleil-geante-rouge-ou-lislamisme-sans-stethoscope/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">un cardiologue de renom a publié un livre sur le sujet</a> et s’est métamorphosé pour les besoins de la cause et contre toute évidence en savant en astrophysique ayant consacré plus de vingt ans à la recherche dans ce domaine, sans que cela ne soulève quelque objection que ce soit dans les médias, qui n’ont pas hésité à faire la publicité de l’ouvrage et à inviter l’auteur à venir le présenter sur leurs plateaux.</p>



<p>On a ainsi démontré qu’il suffisait de disposer du capital relationnel et symbolique adéquat pour s’auto-adjuger des compétences auxquelles on semble être le premier à avoir cru.</p>



<p>Les politiciens n’agissent certes pas autrement mais il semble bien que leur exemple commence à faire tache d’huile, et dans le domaine de la science, cela risque de constituer un sujet de sérieuse préoccupation relativement à l’objectivité de l’information scientifique déjà mise à mal par des personnalités telles que le Pr Didier Raoult ou bien le comité de rédaction de la revue <em>The Lancet</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Coran est-il bien le précurseur de la science moderne&nbsp;?</h2>



<p>La science&nbsp;dans les pays musulmans est inexistante; elle constitue toujours un champ que la religion essaie d’investir pour renforcer sa légitimité et son prestige, que ce soit à la mosquée, ou bien parmi les militants et les courants politiques censés la représenter et la défendre. Mais le Coran est-il bien le précurseur de la science moderne&nbsp;ainsi qu’on veut le faire à tout prix considérer, et plus précisément peut-il être considéré comme tel?</p>



<p>Le premier obstacle est bien évidemment celui de la théorie de l&rsquo;évolution absolument rejetée par les religieux de tous bords et qui ne sera pas ici abordée. Cependant, les techniques actuelles abouties de manipulation des gènes suggèrent que la place de Dieu risque d&rsquo;être encore plus ténue dans le destin des hommes au point de susciter bien plus d&rsquo;inquiétudes; d&rsquo;aucuns moins respectueux ont même évoqué une divinité bouche-trous qui ne trouve plus sa place que dans les questions demeurées sans réponses, ou celles mettant en jeu des théories probabilistes dont il est impossible de connaître à l&rsquo;avance les réponses. Même si beaucoup de choses demeurent inconnues, comme l&rsquo;énergie sombre, les attributs de Dieu n&rsquo;ont cessé de se réduire depuis la connaissance de la météo et la prévision des catastrophes naturelles jusqu&rsquo;au choix des sexes et des caractères génétiques des enfants.</p>



<p>Aujourd&rsquo;hui ce sont l&rsquo;Internet et le Facebook qui cataloguent l&rsquo;être humain, connaissent ses secrets les plus intimes et façonnent ses goûts ou ses choix politiques. La liberté de l&rsquo;être humain est désormais bien plus menacée qu&rsquo;elle ne l&rsquo;a jamais été dans les régimes politiques les plus totalitaires ou inquisitoriaux. Mais si de nombreux versets appellent effectivement à réfléchir sur l’astronomie, la biologie, l’agriculture, la géologie, en tant que manifestations de la présence divine, si la création se résume à <em>«sois&nbsp;et il sera»</em>, qui est peut être le plus proche de l&rsquo;apparition de l&rsquo;univers dans la narration scientifique que celle des six jours, il n’en demeure pas moins qu’on ne puisse pas prétendre que de telles questions n’eussent pas été posées près de dix siècles auparavant par les philosophes ou les mathématiciens grecs, comme Aristote, Platon, et Pythagore, ou encore mille ans avant eux par les philosophes hindous.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’univers matériel créé en 15 minutes</h2>



<p>On peut même dire que le récit biblique de la création du monde en 6 jours contredit toutes les découvertes de la science moderne relativement au big-bang, c’est-à-dire l’hyperinflation issue du point primordial de volume nul et de courbure infinie appelé singularité initiale, qui s’est produite en quelques milliardièmes de seconde au cours de la première seconde, au moment de la formation des quarks, avant l’apparition que l’hydrogène soit formé en 3 minutes, à 10 milliard de degrés Kelvin de température, l’hélium, le deutérium et le lithium en 15 minutes après la chute de température à 1 milliard de degrés Kelvin. Passées les 15 premières minutes, la température ayant chuté à 300 millions de degrés, la nucléosynthèse primordiale, c’est-à-dire de création d’atomes, donc de matière, s’est définitivement arrêtée.</p>



<p>L’univers matériel a donc été créé en 15 minutes. Tous les atomes des autres composants chimiques existant dans la nature ont plus tard été formés par la fusion nucléaire des atomes d’hydrogène et d’hélium, au cœur des étoiles, apparues des millions d’années plus tard.</p>



<p>Quant à la lumière, elle n&rsquo;apparaîtra qu’au bout de 380.000 ans, quand la température de l’univers aura atteint environ 3000 degrés, et les étoiles ne s&rsquo;allumeront qu&rsquo;après un milliard d&rsquo;années quand la température sera tombée à 20 degrés Kelvin.&nbsp;Et là il ne s’agit pas d’une simple théorie mais de faits corroborés par des observations scientifiques recueillies à partir des satellites Cobe, WMAP, et Planck, qui ont analysé le rayonnement micro-onde résiduel de l’explosion primitive, à spectre de corps noir. Et l’expansion de l’univers apparu il y a 13,8 milliards d’années, découverte par Edwin Hubble en 1929, se poursuit depuis lors et elle s’accélère même sans que l’on en connaisse la cause, ni la nature de l’énergie sombre qui semble en être l’origine. Sans cela l’univers s’effondrerait sur lui-même entraîné par la force gravitationnelle des galaxies et des constellations.</p>



<p>Il faut reconnaître que les premiers à avoir évoqué une origine de l’univers ont été le Russe Friedmann et l’abbé Lemaître dans les années 1920, mais Albert Einstein, qui avait d’abord opté pour l’univers stationnaire immobile et éternel d’Aristote et de Newton au point de fausser ses propres calculs par une constante cosmologique, avait d’abord rejeté sa thèse, avant de finir par être convaincu par l’Autrichien Paul Ehrenfest, et un autre russe du nom de Krutkov. Et il finit par venir regarder dans la lunette du télescope d’Edwin Hubble en 1932 pour constater de visu l’existence des galaxies et l’expansion de l’univers, qui signifiaient bien que ce dernier avait eu une origine. Et selon Poincaré dont la conjecture a été démontrée en 2003 et selon Riemann, la forme de l’univers ne peut être qu’une sphère à trois dimensions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Beaucoup de choses dans l’univers échappent à la connaissance</h2>



<p>Tout cela a donc fourni une solide assise au créationnisme, c’est-à-dire la vision mathématique et physique d’un univers ayant un commencement. Et puisque l’univers a eu une naissance, il fallait bien qu’il ait aussi une fin. Celle-ci a été prédite par le savant autrichien Boltzmann, le célèbre spécialiste de la thermodynamique, dans son second principe énonçant l’entropie, c’est-à-dire l’évolution de tout système organisé vers le désordre. Appliqué à l’univers, il signifie qu’à l’origine il était issu d’un ordre absolu. Et pour faire bonne mesure, le mathématicien Gödel a énoncé le principe d’incomplétude dans son article sur les propositions indécidables, stipulant que tout système cohérent et organisé ne pouvait être connu sans faire appel à un facteur extérieur à lui et radicalement différent. Selon ce principe beaucoup de choses dans l’univers échapperont toujours à la compréhension et à la connaissance de l’être humain.</p>



<p>Évidemment beaucoup de membres de toutes les religions ont allègrement sauté dans le créationnisme pour y voir la preuve de l’existence du Dieu qu’ils vénèrent et du caractère sacré de leurs livres de culte. Mais les choses ne sont pas aussi simples. L’Univers ainsi que l’ont stipulé Galilée, Kepler, et Leibniz, obéit à des lois mathématiques et semble se comporter comme une machine dont le fonctionnement a été programmé avant même sa naissance. Platon dès le IVe siècle avant le temps universel avait déjà eu l’intuition d’un univers fini, s’opposant en cela à Aristote pour qui il était éternel. Malgré cela, si on s’en réfère aux livres sacrés il semble bien que les Hindous, c’est-à-dire des polythéistes, soient ceux qui professent les convictions sur l’origine de l’univers les plus proches des théories modernes. Pour eux le créateur à l’origine de toute chose, le Brahman, est inconnaissable, il n&rsquo;est ni un ni deux, il pourrait même être né de rien, on ne peut qu’en constater les différentes manifestations à travers la création. Selon eux l’univers a été créé à partir de ce qu’ils ont appelé œuf primordial, rappelant en tous points la singularité initiale de la théorie du big-bang, c’est-à-dire ce point mathématique venu de l’ailleurs du cône de lumière de Minkowski, né dans le temps imaginaire, de dimension nulle et qui s’est matérialisé au temps de Planck, 1/10 puissance 33 secondes après son apparition.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le divorce entre la science et la religion </h2>



<p>Si donc la recherche de preuves ou d’indices conformes aux données les plus récentes de la science &nbsp;en faveur de l’existence du Dieu moral et personnalisé d’Abraham dans les religions monothéistes à travers l’étude de la Bible et du Coran possède quelque justification aux yeux des fidèles, elle risque de ne révéler finalement rien de plus que les nombreux emprunts faits par les religions monothéistes au polythéisme qu’elles ont combattu et diabolisé.</p>



<p>N&rsquo;est-ce pas dans la vallée des Rois à Louxor que se trouvent des fresques murales datant des pharaons qui représentent des scènes du jugement dernier qu&rsquo;on croirait tirées du Coran? N&rsquo;est-ce pas à Louxor que les chrétiens s&rsquo;efforcèrent d&rsquo;effacer des murs des temples les clés de la vie de la religion pharaonique parce qu&rsquo;elles rappelaient trop la croix chrétienne ? Au XVIe siècle lors de la prise de Cajamarca par les Espagnols, un stratagème avait été mis en place pour s’emparer de l’empereur du Pérou, Atahualpa l’Inca. Dans une place vide de la ville, l&rsquo;Inca s’était présenté pour parlementer avec la délégation espagnole et un prêtre chrétien lui avait présenté une bible en disant que c’était la parole de Dieu. L’Inca l’avait prise, rapprochée de son oreille, puis il avait dit que si c’était la parole de Dieu il n’avait rien entendu, et par contre il savait que tous étaient venus pour s’emparer de l’or de son pays. Cela lui avait valu d’être pris, emprisonné, rançonné, et finalement étranglé.</p>



<p>Cette manière d’agir a-t-elle été propre au fanatisme chrétien ou à un divorce entre l’Église et la science ? Au XIIe siècle après la conquête Almohade de la ville de Cordoba en Andalousie, le calife Abou Yacoub Youssef El Mansour, le vainqueur de la bataille d&rsquo;Alarcos en 1192, avait convoqué un philosophe de renom et lui avait demandé si selon lui le Coran était bien la parole de Dieu. Celui-ci avait répondu que son cœur en était convaincu, mais pas sa raison. Le Calife lui dit alors que son cœur et sa raison ne faisant pas bon ménage, il fallait éviter qu’ils créent la sédition, le mieux étant de les séparer. Là-dessus il fut décapité. Mais cette manière expéditive de procéder n’est pas propre aux religieux.</p>



<p>En Allemagne sous les Nazis les ouvrages d’Einstein sur la relativité générale furent détruits en tant que propagateurs des mensonges juifs et Hitler préféra une théorie dite de la glaciation éternelle inventée par un sombre savant. Et en Union Soviétique, sous Staline, mis à part Friedmann, mort lors d’une ascension en ballon en 1927, les mathématiciens et physiciens Landau&nbsp;et Ivanov, furent déportés pour avoir soutenu que l’univers avait eu un commencement, Bronstein fut exécuté par la police secrète, et Gamow -eut la chance de se réfugier en Amérique où il devint un professeur universitaire de physique et fut avec Alpher et Bethe l’auteur du fameux article <em>«de la constitution des éléments chimiques» </em>dit Alpha Beta Gamma en 1948 qui théorisait le Big-Bang avant même la découverte du rayonnement micro-onde du fond cosmique par Penzias et Wilson.</p>



<p>Si on fait abstraction de la théorie probabiliste des univers parallèles qui est par définition indémontrable, la seule scientifiquement prouvée sur l’origine de l’univers demeure celle du Big-Bang, qui suggère l’existence d’un créateur inconnaissable, mathématicien logique et cohérent, architecte de la réalité physique dont nous faisons partie.</p>



<p>C&rsquo;est plus dans les laboratoires que dans les lieux&nbsp;de culte qu&rsquo;on comprendra donc le mieux la Création. Dans ce cas plutôt que de démontrer d’improbables passerelles entre le monothéisme et la science pour des raisons politiques souvent inavouables en usant de techniques de persuasion parfois amorales, le mieux est de continuer à assigner aux livres sacrés la fonction qui devrait être toujours la leur, celle d’entretenir la foi en une société éthique, et l’espérance en un monde meilleur&nbsp; que, de toute évidence, la science seule sera incapable de matérialiser.</p>



<p>NB: les renseignements scientifiques communiqués dans l&rsquo;article relativement aux débuts de l&rsquo;univers et à la découverte du big-bang ont été relevés à partir de l&rsquo;ouvrage « 3 minutes pour comprendre la grande théorie du big bang », de Grichka et Igor Bogdanov, docteurs en mathématiques et astrophysique, et préfacé par John Mather, prix Nobel d&rsquo;astrophysique et responsable de la mission spatiale COBE (édition Les courriers du Livre, 2014) .</p>



<p>* <em>Médecin de pratique libérale.</em></p>



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