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	<title>Archives des stents périmés - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des stents périmés - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Les potins du cardiologue &#124; Lettre à un collègue ambigu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Apr 2025 12:24:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
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		<category><![CDATA[big pharma]]></category>
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		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[médecine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La médecine, en Tunisie comme ailleurs, n'est pas exempte de quiproquos, de malentendus voire de graves divergences de vues impliquant notre santé à tous. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/17/les-potins-du-cardiologue-lettre-a-un-collegue-ambigu/">Les potins du cardiologue | Lettre à un collègue ambigu</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les réflexions contenues dans cet article peuvent paraître, à première vue, subjectives voire personnelles, concernant en premier lieu l’auteur et le confrère auquel il s’adresse. Elles n’en sont pas moins d’intérêt public puisqu’elles concernent, en réalité, l’exercice même de la médecine en Tunisie, qui n&rsquo;est pas exempte de quiproquos, de malentendus voire de graves divergences de vues</em></strong> <strong><em>impliquant notre santé à tous. </em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia *</strong></p>



<span id="more-16215844"></span>



<p>Ce n’est pas pour te faire des&nbsp;reproches que je t’écris aujourd’hui, mais plutôt pour me justifier face à ceux que tu pourrais me faire. D’abord m’estimant&nbsp;toujours être&nbsp;ton ami dans la mesure où nos&nbsp;relations dépassent largement le cadre professionnel et sont avant tout familiales, je ne remets nullement en cause ton droit à t’éloigner lorsque tu l’estimes nécessaire.</p>



<p>D’ailleurs, depuis plusieurs années, les contacts entre nous sont devenus rares,&nbsp;mis&nbsp;à part quelques occasions impliquant essentiellement nos enfants. Mais tu remarqueras que, me tenant à ma place, je ne t’avais jamais demandé quoi que ce soit. Ou plutôt si, mais pas pour propre compte!</p>



<p>Je me souviens encore de ce chirurgien que j’avais envoyé&nbsp;un jour te voir sur sa demande après avoir pris rendez-vous pour lui avec toi. Je n’avais été là que l’intermédiaire, <em>the&nbsp;broker</em> comme le disent les Anglo-saxons. Je ne lui avais fourni aucune garantie quant au succès de sa démarche,&nbsp;et je ne m’y étais impliqué d’aucune autre manière. Ayant parcouru quelques centaines de kilomètres, il avait dû attendre devant la porte de ton bureau, et en fin de compte comme l’attente se prolongeait inutilement, et même d’une manière injustifiable, selon lui, il était reparti sans te voir, et m’avait téléphoné pour me le dire.</p>



<p>Quelques minutes après, tu m’avais téléphoné pour t’étonner de son absence. Je t’en avais un peu voulu à ce moment là; d’autant que, considérant que tu étais mon ami, je t’avais accompagné un jour voir un homme d’affaires alors proche de Sakhr El Materi [ex-gendre de l’ancien président Ben Ali, Ndlr], contre le ministre de la Santé de l’époque, qui tentait de te spolier de tes droits d’ancienneté au profit d’un autre de tes collègues.</p>



<p>Ce ministre,&nbsp;un séide de Leila [Trabelsi épouse Ben Ali, Ndlr], de Paris, se fera environ vingt ans plus tard&nbsp;passer pour une alternative politique crédible au régime, et endossera le rôle de sauveur de la nation, costume, cravate, photo, vidéo, et drapeau du pays à l’appui.</p>



<p>Le contact s’était soldé par un échec,&nbsp;l’homme d’affaires sollicité avait rapporté un refus poli du gendre du dictateur, d’autres membres de la famille étant selon lui déjà impliqués.</p>



<p>Quelques années plus tard&nbsp; j’avais intenté une action en justice contre le chirurgien et l’établissement où il opérait, lorsque&nbsp;j’eus constaté qu’un dossier médical scabreux, d’une patiente que je lui avais confiée, qui s’était compliquée en post opératoire après avoir quitté l’établissement avec un cathéter veineux central de la sous clavière en place, et qui avait été réadmise contre le gré du chirurgien,&nbsp;m’impliquait, en mentionnant mon nom dans la commande de produits pharmaceutiques dont je n’étais pas l’auteur.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="BpEnuLZk4h"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/03/les-potins-du-cardiologue-le-permis-de-mise-en-danger-dans-lordre-normal-des-choses/">Les potins du cardiologue : le permis de mise en danger, dans l’ordre normal des choses</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les potins du cardiologue : le permis de mise en danger, dans l’ordre normal des choses » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/03/les-potins-du-cardiologue-le-permis-de-mise-en-danger-dans-lordre-normal-des-choses/embed/#?secret=tK0jl2Bkiu#?secret=BpEnuLZk4h" data-secret="BpEnuLZk4h" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le crépuscule des Dieux</h2>



<p>Pourrait-on raisonnablement me faire grief pour me sauver d’une situation qui n’était pas de mon fait, de&nbsp;ne pas avoir été soucieux, dans le contexte des terribles poursuites engagées dans l’affaire des stents périmés, d’épargner le propriétaire de la clinique, le chirurgien, le réanimateur, lorsque mon rôle s’était borné à leur confier la patiente, ni plus, ni moins?</p>



<p>Venant de la part de ceux pour qui la solidarité professionnelle fournit la légitimité (contestable), au nom du savoir, à leur emprise, le rejet de ceux qui violent une omerta dont ils ne tirent aucun avantage est une composante essentielle de la perpétuation du système.</p>



<p>Qu’importe, aujourd’hui ce chirurgien est mort, paix à son âme ! Mais cette assise idéologique nécessaire à la domination&nbsp;exercée par une caste liée à la fonction publique, forte de ses appuis politiques, sur la profession libérale, s’est selon moi écroulée avec l’affaire des stents périmés.</p>



<p>Ainsi qu’il est dit dans le célèbre Opéra de Richard Wagner, <em>Le Crépuscule des Dieux</em>, le sceptre symbolisant le pouvoir de Wotan s’est brisé lorsqu’il eût dérobé indûment l’Or du Rhin. Mais&nbsp;depuis lors on s’efforce de le restaurer, ce pouvoir, de multiples façons, en particulier par le biais des congrès médicaux organisés par Big Pharma.</p>



<p>Aussi dans tout cela, le fait d’écrire sur Kapitalis de quelle manière tu t’étais moqué de l’homme <em>«qui voulait être président»</em> ne me semble pas justifier ton silence actuel. Après tout, il vaut mieux encore ridiculiser ces gens-là, imbus de leurs petites personnes, au moment où elles font les clowns et qu’elles sont encore inoffensives en dehors de leurs champs d’activités professionnelles, plutôt que lorsqu’elles sont déjà arrivées au sommet du pouvoir. Naturellement, il faut faire abstraction de la rancune longue entretenue&nbsp;et dont inévitablement leurs détracteurs finissent par faire les frais lorsqu’ils réalisent leurs ambitions d’accéder à la plus haute marche de l’autorité de l’Etat. Mais c’est là un risque qu’il faut accepter de courir, quitte à en payer le prix lorsque cela s’avérera nécessaire.</p>



<p>Et donc je ne pense pas que tu te soucies trop de ce clown-là dont l’activité n’a aucune répercussion sur toi. Par contre, je reconnais avoir porté à la connaissance du Conseil de l’Ordre ce qu’il m’a paru être une violation des normes professionnelles consacrées par la science se rapportant à un cas déjà évoqué sur les pages de ce magazine.</p>



<p>Que le collègue en question soit un ponte de la profession, un ancien chef de service, président de la société savante, ne change rien à la nature des faits. En effet, je maintiens que le rapport établi avait été rédigé d’une manière susceptible d’induire en erreur les médecins contrôleurs de l’Assurance Maladie, et ainsi que je l’ai écrit, il ne faisait pas honneur à son auteur.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Im9689UaqD"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/25/les-potins-du-cardiologue-tiens-voila-lhomme-qui-voulait-etre-president/">Les potins du cardiologue : Tiens, voilà l’homme qui voulait être président !</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les potins du cardiologue : Tiens, voilà l’homme qui voulait être président ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/25/les-potins-du-cardiologue-tiens-voila-lhomme-qui-voulait-etre-president/embed/#?secret=y1cadGDfaC#?secret=Im9689UaqD" data-secret="Im9689UaqD" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les pontes peuvent-ils tout faire&nbsp;?</h2>



<p>Mes motivations? Je ne nie pas qu’elles soient personnelles. Il y a 22 ans, on dira que j’ai une mémoire de chameau,&nbsp;il m’avait agressé un jour verbalement, et même physiquement si on considère être bousculé en pleine procédure comme une agression physique, alors, que habillé d’une manière stérile, en étant assisté par un collègue en salle de cathétérisme, je tenais entre mes mains la vie d’une vieille patiente qui m’avait été confiée.</p>



<p>Cet individu qu’on peut difficilement qualifier de collègue, avait agi ainsi parce qu’il estimait que j’empiétais&nbsp;sur ses horaires d’activité privée complémentaire. En réalité il tentait de redorer son blason d’ami proche d’une célèbre personnalité de l’ancien régime aujourd’hui décédée, un blason partiellement terni par une retraite peu glorieuse, dont la profession avait fait des&nbsp;gorges chaudes, lors d’une inspection du ministère de la Santé publique dans la clinique où il opérait en dehors des horaires légaux d’activité, dénoncé semble-t-il par un collègue qui avait eu bien plus tard maille à partir avec la Justice.</p>



<p>Depuis lors, le personnage ne s’étant jamais excusé, je me suis tous les jours de ma vie reproché de ne pas avoir réagi de la manière qui aurait été naturelle vu les circonstances. C’est encore une motivation supplémentaire de ne plus laisser le champ libre aux kamikazes de la profession pour apparaître comme de véritables héros qui réussissent leurs actes professionnels en violant les guidelines scientifiques, en faisant courir aux patients des risques qu’ils ne soupçonnent même pas, en se vantant de leur avoir épargné la chirurgie, et en faisant apparaître comme&nbsp;idiots ou incompétents ceux qui s’en tiennent aux données établies par la science.</p>



<p>Si donc tu considères que prévenir le Conseil de l’Ordre de ce qui relève en réalité de ses prérogatives, comme un manquement aux règles établies de la confraternité, tu fais erreur;&nbsp;même si en l’occurrence le personnage en question se trouve être mon directeur de thèse, cela constitue une raison supplémentaire qui aurait dû d’abord le pousser à m’épargner, ou bien ne l’ayant pas fait, à s’excuser. Mais ces gens-là, étant des chevaux d’orgueil, pensent que les autres en sont dénués, qu’il ne compte pas.</p>



<p>Le secret médical n’est, quoiqu’il arrive, pas violé puisque le Conseil de l’Ordre lui-même est tenu de le respecter. Il est vrai que de ce rapport, je ne sais nullement ce qu’il sera fait. Peut être&nbsp; le Conseil de l’Ordre estimera-t-il nécessaire de le transmettre à l’Assurance Maladie. C’est sa responsabilité et pas la mienne. Mais si tu considères qu’en réalité, le médecin a le droit de faire ce qu’il veut du moment qu’il le décide, et qu’un acte réussi en constitue en soi même la justification, en particulier quand l’auteur en est un ponte de la profession, alors je crains que nous n’ayons pas la même conception de la médecine. J’ai d’ailleurs pris soin de préciser que les Professeurs universitaires devraient prendre l’habitude de respecter les guidelines, et pas seulement&nbsp;du haut des tribunes des&nbsp;congrès qu’ils président. Tu comprendras ma volonté de clarifier tout cela.</p>



<p>Du reste, si je suis devenu un personnage sulfureux dans le système établi par quelques-uns pour accaparer la profession à leur avantage, au point d’estimer préférable d’éviter tout contact avec moi, alors le mieux est de s’abstenir des promesses qui n’engagent que ceux qui les croient sur des consultations à domicile de membres de ma famille que nous n’avions sollicitées qu’à titre purement amical. Et dont il s’avère que vu les circonstances, les promesses de les faire soient hors de propos, ce pourquoi j’en profite pour présenter mes excuses de les avoir sollicitées en demandant de les oublier.</p>



<p>Veuille donc accepter, mon cher ami, et en dépit de tous nos malentendus, l’expression de mon sincère respect. </p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="R3L47vdJJS"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/30/les-potins-du-cardiologue-la-coronographie-une-angioraphie-numerisee-selective-sous-influence/">Les potins du cardiologue : la coronographie, une angioraphie numérisée sélective, sous influence</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les potins du cardiologue : la coronographie, une angioraphie numérisée sélective, sous influence » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/30/les-potins-du-cardiologue-la-coronographie-une-angioraphie-numerisee-selective-sous-influence/embed/#?secret=o4VI2GoJex#?secret=R3L47vdJJS" data-secret="R3L47vdJJS" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/17/les-potins-du-cardiologue-lettre-a-un-collegue-ambigu/">Les potins du cardiologue | Lettre à un collègue ambigu</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les potins du cardiologue: le stenting du tronc commun, de l’extase à l’agonie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/01/les-potins-du-cardiologue-le-stenting-du-tronc-commun-de-lextase-a-lagonie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jan 2025 08:24:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[angioplastie]]></category>
		<category><![CDATA[angioplastie coronaire]]></category>
		<category><![CDATA[cardiologie]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[stenting du tronc commun]]></category>
		<category><![CDATA[stents périmés]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si un patient accepte un risque trois fois supérieur dans une technique médicale par rapport à une autre, c’est que forcément le praticien le lui a mal expliqué. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/01/les-potins-du-cardiologue-le-stenting-du-tronc-commun-de-lextase-a-lagonie/">Les potins du cardiologue: le stenting du tronc commun, de l’extase à l’agonie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Il est douteux qu’un patient censé accepte un risque de mort ou de grave complication trois fois supérieur dans une technique médicale par rapport à une autre, et qui frappe près d’un patient sur quatre. S’il l’accepte c’est que forcément le praticien le lui a mal expliqué, au risque de se voir demander des comptes, en cas de malheur, même plusieurs années après l’acte.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia </strong>*</p>



<span id="more-15036561"></span>



<p>L’un des alibis aux habitudes ayant cours dans la profession a trait à l’argument selon lequel le médecin, d’aucuns&nbsp;diront le malade, est responsable de son fait.</p>



<p>Juridiquement parlant, cela est incontestable, mais dans les pays où la loi réprime avant tout ceux qui dérangent, la question ne rebondit jamais plus qu’en cas d’homicide,&nbsp;ou de dégâts corporels.</p>



<p>Autrement dit, dans les législations qui ne reconnaissent la mise en danger délibérée ou le principe de précaution, que comme facteur aggravant dans l’évaluation du dommage, une procédure techniquement réussie absout son auteur de toute faute, et l’immunise contre une quelconque responsabilité pénale, civile, professionnelle, ou administrative.</p>



<p>Il faudrait encore définir ce que procédure techniquement réussie veut dire, en particulier lorsqu’elle contredit les données acquises de la science.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le principe de responsabilité prolongée</h2>



<p>On  se souvient déjà comment dans la grande escroquerie des <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/26/les-potins-du-cardiologue-entre-pigeons-et-stents/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">stents périmés</a> il y a quelques années, la surveillance médicale des patients dans le cadre de l’expertise, plus précisément des victimes, avait couvert deux années. Désormais et en l’occurrence, une référence scientifique en double aveugle existe, et c’est une première mondiale.</p>



<p>On pourrait ajouter qu’à l’ère des stents nus, les caisses de compensation sociale avaient imposé, entre autres&nbsp;du fait des habituelles luttes intestines faisant rage dans la profession, la reprise gratuite des patients en cas de resténose survenant dans l’année qui suivait l’angioplastie coronaire, et ainsi que tout le monde le sait dans la profession, la resténose n’avait pourtant jamais été qu’une évolution non souhaitable inhérente à la technique, et non au praticien.</p>



<p>Ceci signifie bien qu’on avait admis en angioplastie coronaire, abusivement ou non, le principe de responsabilité prolongée, qui signifiait qu’il ne suffisait pas que le patient quittât&nbsp;la clinique en bonne santé, après l’acte, pour en admettre la validité, ou pour décharger son auteur de toute responsabilité. Évidemment, dans le cas de l’accord préalable par les Caisses, on peut toujours arguer de la responsabilité associée des médecins contrôleurs l’ayant accordée. Et il est d’autant plus envisageable de le faire que ces derniers, malgré toute l’estime qu’on puisse leur accorder, ne sont pas des cardiologues interventionnels, et ne peuvent s’empêcher d’être impressionnés par la qualité du médecin demandeur quand il s’agit d’un ponte de la profession, y compris en cas d’indication abusive. Ils n’ont pas la qualité&nbsp;nécessaire pour en apprécier l’opportunité, ou la réfuter, que relativement à la nomenclature des actes dont ils disposent.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="GvOryrPuoN"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/26/les-potins-du-cardiologue-entre-pigeons-et-stents/">Les potins du cardiologue: entre pigeons et stents</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les potins du cardiologue: entre pigeons et stents » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/26/les-potins-du-cardiologue-entre-pigeons-et-stents/embed/#?secret=kfXAQtxVMQ#?secret=GvOryrPuoN" data-secret="GvOryrPuoN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il y a quelques semaines une demande de scanner coronaire avait été réfutée sur l’absence de données conformes à la nomenclature (tabac + diabète ancien + rétinopathie diabétique). Il faut donc considérer que le stenting du tronc commun de la coronaire gauche accordé à un autre patient en fasse partie, et cela soulève déjà un doute, relativement à l’expertise chargée de la mise à jour des indications dans la nomenclature en question.</p>



<p>Il y a quelques années, j’avais processé un tronc commun dans le cadre d’une urgence, en plaçant deux stents nus, en culotte, sur ses deux branches, quand un ballon avait éclaté dans la circonflexe au cours de la procédure, occasionnant une dissection extensive rétrograde. Cet acte réussi dont les suites avaient été simples, au moins durant quelques mois, m’avait placé évidemment en ligne de mire des courtisans et des ambitieux qui, dans l’opportunité&nbsp;d’être téméraires après avoir été obséquieux, hantent les travers de la profession. Mais il s’agissait d’un patient étranger. Aussi l’accord préalable accordé pour une procédure réservée de principe à la chirurgie n’étonne en réalité pas étant données les limites précitées, même si pour en démontrer le caractère&nbsp;inadéquat, il faut en revenir aux données de la science,</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’angioplastie se conçoit lorsque la chirurgie est contre-indiquée</h2>



<p>On dira ce qu’on voudra de l’étude Syntax qui compare le stenting au pontage dans la maladie&nbsp;coronaire. Quoique remontant à l’année 2009, elle demeure LA référence valable, d’autant qu’elle a subi des remises à jour, et suscité des études dérivées (des sous-groupes).</p>



<p>Le sous-groupe du Tronc Commun dit la chose suivante, qui est en soi même remarquable : le stenting et la chirurgie du tronc commun possèdent un taux équivalent de succès et de survie à un an et plus, jusqu’à plus de 5 ans, au prix d’un taux de reprise (actes complémentaires) nettement supérieur dans&nbsp;l’angioplastie&nbsp;coronaire. La seule exception notable est l’existence d’un diabète associé qui constitue en lui-même un facteur de gravité indépendant.</p>



<p>En cas de diabète, le taux de mortalité et d’infarctus du myocarde au cours de la première année est de deux fois supérieur dans l’angioplastie par rapport à la chirurgie, et il est de trois fois supérieur, lorsqu’on tient compte de tous les évènements majeurs, associant les accidents vasculaires cérébraux, ce taux dépasse 25%, soit un patient sur 4, ce qui est énorme.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="nCOUzbf3AM"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/18/les-potins-du-cardiologue-un-credit-personnel-en-granite/">Les potins du cardiologue : un crédit personnel en granite</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les potins du cardiologue : un crédit personnel en granite » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/18/les-potins-du-cardiologue-un-credit-personnel-en-granite/embed/#?secret=j3E1wXoTQ6#?secret=nCOUzbf3AM" data-secret="nCOUzbf3AM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Cette réalité là rend ainsi le recours à l’angioplastie coronaire rédhibitoire par rapport au pontage coronaire en cas de sténose du tronc commun, et engage la responsabilité prolongée du praticien au long terme, même lorsque l’acte est à priori réussi. C’est pourquoi, en cas de sténose du tronc commun, mis à part les urgences, l’angioplastie ne se conçoit que lorsque la chirurgie est contre-indiquée.</p>



<p>Évidemment, le grand argument est la volonté du patient, qui souvent, quoique justiciable de la chirurgie, la refuse. Par rapport aux caisses sociales, cet argument n’a évidemment pas cours, étant donné que l’indication n’obéit pas aux normes en vigueur.</p>



<p>Il reste à envisager le cas du patient suffisamment fortuné et dont le praticien estime licite de donner suite à sa demande de lui épargner la chirurgie.</p>



<p>Il est d’abord douteux qu’une personne censée accepte un risque de mort ou de grave complication trois fois supérieur dans une technique par rapport à une autre, et qui frappe près d’un patient sur 4. S’il l’accepte c’est que forcément on le lui a mal expliqué.</p>



<p>D’autre part ce consentement non éclairé n’élimine pas le devoir du médecin de se conformer aux données les plus récentes de la science, autrement dit de se voir demander des comptes par la famille du patient, en cas de malheur, même plusieurs années après l’acte, ainsi que cela s’était passé dans le cas des stents périmés.</p>



<p>Ainsi entre l’extase du fruit défendu, dont les moins scrupuleux tirent une réputation professionnelle surfaite, et l’agonie souvent assumée du patient, quoique résultant d’un abus de confiance, doit s’insérer l’autorité ordinale assurant un équilibre entre les réalités et les nécessités professionnelles. </p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/01/les-potins-du-cardiologue-le-stenting-du-tronc-commun-de-lextase-a-lagonie/">Les potins du cardiologue: le stenting du tronc commun, de l’extase à l’agonie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Les potins du cardiologue: entre pigeons et stents</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/26/les-potins-du-cardiologue-entre-pigeons-et-stents/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 May 2023 07:45:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[angioplastie]]></category>
		<category><![CDATA[cardiologie]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[stents périmés]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En Tunisie, il existe un problème avec la narration des faits, y compris dans le domaine médical. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En Tunisie, la vérité pose toujours problème. La preuve c’est que la loi ne punit pas les faux témoignages émanant des accusés pour se défendre devant une cour de justice. Et le domaine médical ne fait pas exception.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-8055681"></span>



<p>Si la médecine est un art, celui-ci frise parfois le surréalisme. Il est notoire que dans ce pays, il existe un problème avec la narration des faits, et le domaine médical ne fait pas exception.</p>



<p>Ainsi, il y a une trentaine d’années, aux débuts de l’échodoppler cardiaque, certains praticiens, voulant dissuader leurs patients de réaliser cet examen pour des raisons qu’on évitera d’évoquer, prétendaient que le gel utilisé pour assurer le contact entre la sonde d’exploration et la peau du patient était toxique.</p>



<p>Depuis la diffusion des stents, la concurrence a pris une ampleur,&nbsp;parfois impitoyable. D’aucuns ont commencé à affirmer à leurs patients que les prothèses qui leur avaient été implantées étaient de qualité médiocre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Justification de l’injustifiable</h2>



<p>Cela ne doit pas être très agréable d’envisager l’éventualité d’avoir son cœur rapiécé avec de la ferraille, sans possibilité de recours. L’affaire des stents périmés ne l’avait plus tard que trop confirmé. Dans la recherche d’une justification de l’injustifiable, on avait même argué que par la force des choses, les stents implantés devenaient périmés.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ApeHYwEkFC"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/18/les-potins-du-cardiologue-un-credit-personnel-en-granite/">Les potins du cardiologue : un crédit personnel en granite</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les potins du cardiologue : un crédit personnel en granite » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/18/les-potins-du-cardiologue-un-credit-personnel-en-granite/embed/#?secret=zmrE7J1D3v#?secret=ApeHYwEkFC" data-secret="ApeHYwEkFC" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Dans la propagande, l’important n’est pas la réalité des faits, mais ce que le public croit. On en revient ainsi à cette phrase attribuée à Joseph Goëbbels mais qui n’est peut-être pas de lui : <em>«Mentez, mentez ! Un mensonge à force d’être répété finit toujours par devenir une vérité.»</em></p>



<p>Une patiente qui avait bénéficié de l’implantation de stents par un collègue s’est entendue dire quelques années plus tard par un autre collègue que l’un des stents était <em>«brisé»</em>, qu’un autre était <em>«tordu»</em>, mais que le troisième après tout <em>«ne causerait pas trop de mal»</em>.</p>



<p>Qu’un stent se bouche par le biais de la resténose ou l’athérome, sinon la thrombose, cela est rare, mais peut arriver. Mais un stent ne se brise ni ne se tord jamais dans une artère.</p>



<p>Évidemment la dramatisation escomptée a joué son rôle, cela a constitué un argument décisif pour faire subir une autre angioplastie à la patiente, qui à priori ne se plaignait&nbsp;que de maux de tête.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le silence de la vérité</h2>



<p>C’est encore un autre sujet d’intérêt sociologique que de savoir comment un homme issu d’un quartier populaire puisse se considérer comme l’ami de l’éminent médecin opérant dans la clinique toute proche, au point de lui confier sa propre mère; en l’occurrence, le médecin a pris son ami pour un pigeon. Mais tout comme cela se passe en Sicile, les classes exquises doivent pour survivre contrôler la rue, en particulier par les <em>«amis»</em> qu’ils s’y assurent. Les parkings et les buvettes des cliniques en constituent l’illustration la plus vivante. Bien entendu parler de tout cela fait perdre les rares amis qu’on puisse encore posséder.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Y8rLpqs8fg"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/09/les-potins-du-cardiologue-sauf-le-respect-dhippocrate/">Les potins du cardiologue : sauf le respect d’Hippocrate!</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les potins du cardiologue : sauf le respect d’Hippocrate! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/09/les-potins-du-cardiologue-sauf-le-respect-dhippocrate/embed/#?secret=w0XA6TpEsi#?secret=Y8rLpqs8fg" data-secret="Y8rLpqs8fg" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Dans le monde entier les gens d’une manière générale&nbsp;n’aiment pas qu’on évoque les contorsions auxquelles ils s’estiment&nbsp;obligés de se soumettre pour consolider leur statut économique ou social,&nbsp;en particulier quand il s’agit de milieux scientifiques,&nbsp;ceux qui justement sont censés détenir la vérité la plus haute.</p>



<p>L’important&nbsp;n’est donc pas l’empoignade générale qui fait partie de l’ordre normal des choses, mais le silence qu’elle impose et qui doit être respecté.&nbsp;</p>



<p>La vérité? L’exemple juste est encore la Sicile où ceux qui veulent la connaître sont qualifiés de présomptueux. Il n’en demeure pas moins que, ici en Tunisie, elle nous pose un sérieux problème. La preuve c’est que la loi ne punit pas les faux témoignages émanant des accusés pour se défendre devant une cour de justice. </p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/26/les-potins-du-cardiologue-entre-pigeons-et-stents/">Les potins du cardiologue: entre pigeons et stents</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Justice : Seuls 10% des affaires de corruption dans le secteur de la santé ont été traités</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2019/11/14/justice-seuls-10-des-affaires-de-corruption-dans-le-secteur-de-la-sante-ont-ete-traites/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Nov 2019 15:30:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Chawki Tabib]]></category>
		<category><![CDATA[corruption]]></category>
		<category><![CDATA[INLUCC]]></category>
		<category><![CDATA[justice]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[secteur public]]></category>
		<category><![CDATA[stents périmés]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sur les 850 dossiers de corruption dans le secteur de la santé transférés à la justice, depuis 2016, seuls 10% ont été traités, déplore le résident de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc), Chawki Tabib. Ces affaires concernent notamment le problème des stents périmés, les vols de médicaments, ainsi que le détournement de...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/11/14/justice-seuls-10-des-affaires-de-corruption-dans-le-secteur-de-la-sante-ont-ete-traites/">Justice : Seuls 10% des affaires de corruption dans le secteur de la santé ont été traités</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/07/Hopital.jpg" alt="" class="wp-image-222629"/></figure>



<p><em><strong>Sur les 850 dossiers de corruption dans le secteur de la santé transférés à la justice, depuis 2016, seuls 10% ont été traités, déplore le résident de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc), Chawki Tabib.</strong></em></p>



<span id="more-255579"></span>



<p>Ces affaires concernent notamment le problème des stents périmés, les vols de médicaments, ainsi que le détournement de patients du secteur public vers le secteur privé ainsi que l’achat d’équipements d&rsquo;une manière frauduleuse, précise M. Tabib dans une déclaration à l&rsquo;agence Tap.</p>



<p>Ces dizaines de dossiers avaient été transférés à la justice par l&rsquo;Inlucc et en l&rsquo;absence de décision, plusieurs suspects poursuivent leurs fonctions sans être inquiétés, déplore encore la même source.</p>



<p>Chawki Tabib a ajouté que depuis 2011, le pouvoir judiciaire n’a tranché que dans 20% des dossiers qui  concernent les différents secteurs.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Y. N.</strong></p>
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		<item>
		<title>Tunisie: Le Pôle judiciaire financier a reçu 1060 dossiers d&#8217;affaires de corruption</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2018/05/02/tunisie-le-pole-judiciaire-financier-a-recu-1060-dossiers-daffaires-de-corruption/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[emna benabdallah]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 May 2018 14:48:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Chafik Jarraya]]></category>
		<category><![CDATA[INLUCC]]></category>
		<category><![CDATA[Kélibia]]></category>
		<category><![CDATA[Sofiène Selliti]]></category>
		<category><![CDATA[stents périmés]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pas moins de 1060 dossiers portant sur des soupçons de corruption financière et administrative ont été reçus par le Pôle judiciaire financier depuis sa mise en place en 2014. C&#8217;est ce qu&#8217;a indiqué le porte-parole du Pôle lors d&#8217;une conférence de presse aujourd&#8217;hui, mercredi 2 mai 2018, à Tunis, en précisant qu&#8217;à elle seule, l’Instance...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/05/02/tunisie-le-pole-judiciaire-financier-a-recu-1060-dossiers-daffaires-de-corruption/">Tunisie: Le Pôle judiciaire financier a reçu 1060 dossiers d&rsquo;affaires de corruption</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-98759" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/05/sofiene-selliti.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Pas moins de 1060 dossiers portant sur des soupçons de corruption financière et administrative ont été reçus par le Pôle judiciaire financier depuis sa mise en place en 2014.</strong></em><br />
<span id="more-151942"></span></p>
<p>C&rsquo;est ce qu&rsquo;a indiqué le porte-parole du Pôle lors d&rsquo;une conférence de presse aujourd&rsquo;hui, mercredi 2 mai 2018, à Tunis, en précisant qu&rsquo;à elle seule, l’Instance nationale de lutte contre la corruption (INLUCC) a transféré au Pôle, à ce jour, 95 dossiers portant sur des soupçons de corruption et que 38 personnes soupçonnées dans des affaires de corruption financière et administrative ont été arrêtées et écrouées.</p>
<p>Sofiene Selliti a, par ailleurs, pointé du doigt l&rsquo;absence d&rsquo;une unité sécuritaire spécialisée mie à la disposition du Pôle.</p>
<p>Il a aussi indiqué que 1060 dossiers portant sur des affaires de corruption financière et administrative ont été déposés au pôle depuis sa mise en place le 16 septembre 2014.  Parmi ces affaires, 549 sont actuellement en phase d&rsquo;instruction et seuls 343 ont déjà été bouclées et transférés au juge.</p>
<p>Depuis sa mise en place, en mars 2018, la chambre pénale relevant du Pôle a examiné 91 affaires et 40 ont été jugées en première instance.</p>
<p>Interrogé sur l&rsquo;affaire des <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2018/03/14/cardiologie-stents-perimes-et-activite-privee-complementaire/">stents périmés</a> qui a fait coulé beaucoup d&rsquo;encre ces derniers mois, le porte-parole du Pôle a annoncé qu&rsquo;un médecin a été arrêté et que 20 autres ont été interrogés, ajoutant que selon l&rsquo;enquête, des entreprises et des cliniques privées y sont impliquées.</p>
<p>En ce qui concerne l&rsquo;explosion d&rsquo;une maison à Kélibia (Nabeul), en avril dernier, M. Selliti a indiqué que l&rsquo;enquête a révélé que la cellule terroriste, composée de 10 individus, dont 8 placés en garde à vue, planifiait des attaques contre des postes de police et des agents de sécurité. Les membres de cette cellule, active depuis 2016, apprenaient, à travers internet, comment fabriquer des explosifs, a précisé M. Selliti</p>
<p>Concernant l&rsquo;affaire du baron de la corruption et de la contrebande, Chafik Jarraya, qui rappelons-le est poursuivi par le tribunal militaire pour trahison, atteinte à la sécurité publique et intelligence avec une armée étrangère, le porte-parole du pôle a indiqué qu&rsquo;il fait l&rsquo;objet de poursuite dans 4 affaires pour falsification de documents et fraude financière.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>E. B. A.</strong></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="XYaayKQ9bZ"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/04/24/explosion-dans-la-maison-de-kelibia-huit-suspects-ecroues-pour-terrorisme/">Explosion dans la maison de Kélibia : Huit suspects écroués pour terrorisme</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Explosion dans la maison de Kélibia : Huit suspects écroués pour terrorisme » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/04/24/explosion-dans-la-maison-de-kelibia-huit-suspects-ecroues-pour-terrorisme/embed/#?secret=0n06x97n8o#?secret=XYaayKQ9bZ" data-secret="XYaayKQ9bZ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="PmgtASjeeM"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/11/26/chafik-jarraya-lhomme-qui-en-sait-trop/">Chafik Jarraya : L’homme qui en sait trop</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Chafik Jarraya : L’homme qui en sait trop » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/11/26/chafik-jarraya-lhomme-qui-en-sait-trop/embed/#?secret=3FlYusFbER#?secret=PmgtASjeeM" data-secret="PmgtASjeeM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/05/02/tunisie-le-pole-judiciaire-financier-a-recu-1060-dossiers-daffaires-de-corruption/">Tunisie: Le Pôle judiciaire financier a reçu 1060 dossiers d&rsquo;affaires de corruption</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Cardiologie : Stents périmés et activité privée complémentaire</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/14/cardiologie-stents-perimes-et-activite-privee-complementaire/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Mar 2018 17:30:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[activité privée complémentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Caisse nationale d’assurance maladie]]></category>
		<category><![CDATA[medecine]]></category>
		<category><![CDATA[médecins libéraux]]></category>
		<category><![CDATA[stents périmés]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’affaire des stents périmés a amené un nombre important de cardiologues libéraux à remettre en cause les privilèges illégaux acquis par leurs collègues hospitalo-universitaires, devenus sources d’abus. Par Dr Mounir Hanablia * Les contes pour enfants ont ceci de remarquable qu’une ligne de démarcation manichéenne soit toujours bien établie entre le bien et le mal....</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/14/cardiologie-stents-perimes-et-activite-privee-complementaire/">Cardiologie : Stents périmés et activité privée complémentaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-127983" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/12/Cardiologues.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>L’affaire des stents périmés a amené un nombre important de cardiologues libéraux à remettre en cause les privilèges illégaux acquis par leurs collègues hospitalo-universitaires, devenus sources d’abus.</strong></em></p>
<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>
<p><span id="more-143547"></span></p>
<p>Les contes pour enfants ont ceci de remarquable qu’une ligne de démarcation manichéenne soit toujours bien établie entre le bien et le mal. Le bien c’est toujours évidemment la jolie princesse, parce qu’elle est belle et bonne, en butte à l’hostilité de sa belle-mère ou de ses ennemis, dont elle finit par triompher après maintes péripéties grâce à l’appui autant des fées que des gens simples, y compris ceux qui veulent la tuer, conquis par sa bonté, et qui finit par épouser le prince charmant. Le mal, ce sont bien sûr tous ses ennemis, sorciers, fée carabosse, personnes envieuses auxquelles le bien-être de la princesse est insupportable et qui essaient par tous les moyens de lui causer du tort.</p>
<h3>Les techniques de persuasion massive</h3>
<p>Dans l’univers des enfants, il ne viendrait donc jamais à l’esprit de quiconque de remettre en cause cet ordre normal des choses : le bien c’est toujours la princesse, et le mal, ses ennemis.</p>
<p>Mais apparemment, cet argument du bien contre le mal, ou de la vérité contre le mensonge, dans les sociétés de culture biblique ou coranique, ou même védique, continue toujours de peser lourdement dans la vision que beaucoup de personnes portent sur leur quotidien, ou les événements dont ils sont les témoins.</p>
<p>Naturellement cette perception de la réalité demeure purement subjective, mais elle n’en peut pas moins être massive, elle peut rassembler des millions de personnes, dans une même vision irrationnelle d’une situation éminemment urgente et conduire à des choix politiques catastrophiques.</p>
<p>On a vu, par exemple, comment, en 2011, les gens ont voté pour le parti islamiste Ennahdha parce qu’ils étaient convaincus que ses membres, martyrisés par la kleptocratie policière de Ben Ali, étaient des saints, ou bien, une vingtaine d’années auparavant, en 1991, les foules arabes massivement rangées derrière Saddam Hussein qui venait pourtant de rayer le Koweït de la carte, parce qu’elles croyaient qu’il était capable de battre la coalition internationale menée par les Etats-Unis. De la même manière, en 2014, les gens ont voté pour le Nidaa parce qu’on les avait convaincus qu’après sa victoire, il y aurait un tel flot d’investissements dans le pays que tous ses problèmes économiques seraient abattus d’un coup.</p>
<p>Evidemment ceux qui maîtrisent les ressorts des techniques visant à convaincre les foules conquièrent généralement le pouvoir à l’échelle politique, ou bien, réussissent dans les affaires quand il s’agit d’intérêts économiques ou commerciaux. C’est ce qu’on appelle les techniques de persuasion massive, ou propagande.</p>
<h3>La confiance du public dans le corps médical mise à mal</h3>
<p>En médecine et, particulièrement, en cardiologie, de telles techniques de persuasion clandestine sont également utilisées, et à une échelle beaucoup plus large qu’on le pense.</p>
<p>Beaucoup de personnes ont du mal à penser qu’un médecin, dont elles ont été convaincues (sic) qu’il leur ait un jour sauvé la vie, puisse posséder de ses propres intérêts financiers une vision beaucoup plus proche de celle d’un homme d’affaires avide de bénéfices et n’hésitant pas à implanter un matériel non conforme. Et d’autres ne peuvent admettre que la sommité médicale hospitalo-universitaire entre les mains desquelles elles ont accepté de confier leur avenir et leur intégrité physiques puisse exercer dans un établissement privé en dehors de toute légalité établie.</p>
<p>Or, l’affaire des stents périmés a établi dûment que le corps médical était non seulement capable d’implanter un matériel non conforme aux données de la science, mais aussi d’en justifier l’usage ou d’en atténuer la portée d’une manière très peu convaincante en faisant état d’arguments scientifiques.</p>
<p>Bref, l’establishment médical n’a pas donné l’impression dans cette affaire, comme dans celle du VioxX aux Etats Unis, d’être de bonne foi, et ceci a évidemment porté atteinte à son prestige et à sa crédibilité auprès de l’opinion publique. Et on peut, sans peur de se tromper, considérer que l’emprise sur les esprits constitue le plus grand capital dont le corps médical, c’est à dire son establishment, tire sa puissance, sa richesse, et son influence. Et voilà que l’affaire des stents périmés, en traînant devant la justice certains parmi eux à l’instar de leurs collègues libéraux, en provoquant l’arrestation d’un collègue et d’un fournisseur, et en suscitant des sanctions administratives par le ministère de la Santé contre certains chefs de service, mettait à mal la confiance que le public plaçait dans leurs compétences et leur honnêteté.</p>
<h3>Le mythe de la toute puissance du corps hospitalo-universitaire</h3>
<p>Face à cela quelques uns ont réagi par l’usage de la langue de bois, en avertissant que le débat sur la place publique mettrait à mal non seulement la crédibilité du corps médical, mais celle du pays en tant que pôle selon eux d’excellence médicale qui avait canalisé pendant près de 20 ans la demande en soins d’un pays voisin, et contribué à la prospérité générale. Autrement dit, la vérité était tellement précieuse qu’il était raisonnable de l’envelopper pour la protéger dans un tissu de mensonges.</p>
<p>D’autres ont nié qu’il y eût eu délit, mais avec l’affaire en justice, les arrestations, les enquêtes judiciaires, les plaintes d’institutions de l’Etat comme la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), il était très difficile d’adopter des thèses révisionnistes allant à l’encontre de la vérité officielle, qui avait mis à mal bien des mythes, entre autres celui de la toute puissance du corps hospitalo-universitaire et de son droit naturel à une main mise hégémonique sur l’activité libérale.</p>
<p>Mais les thèses révisionnistes allaient connaître un nouveau développement d’abord chez des patients du médecin détenu, exprimant leur incrédulité quant à sa culpabilité, et mettant sa situation tragique sur le compte de la malveillance dans la clinique où il avait l’habitude d’exercer, de ceux qui lui auraient fourni pendant son travail des stents périmés pour lui nuire, qu’il aurait utilisés en toute bonne foi; ceci signifierait avant tout un complot impliquant le surveillant de la salle de cathétérisme, ce que dément la réalité des faits, le surveillant ayant été notoirement l’un de ses alliés, au point, au début de l’affaire, de disparaître au moment où il allait être traduit devant le comité directeur pour être renvoyé, et de ne jamais produire de témoignage devant la justice.</p>
<p>Il est non moins vrai que la rumeur attribue cette incarcération au témoignage d’un technicien de la salle en question, qui, au cours d’une confrontation, a pu produire un document accablant, naturellement fourni fort à propos par sa hiérarchie; est-ce de la haine pour un technicien de se défendre face à des accusations, et est-ce participer au complot pour une hiérarchie que de lui fournir les moyens de le défendre?</p>
<h3>Pour la suppression de l’activité privée complémentaire</h3>
<p>La <em>vox populi</em> ignore sans aucun doute tous ces détails. Puis il y a eu des voix qui se sont élevées, au sein de la cardiologie libérale, pour demander la suppression de l’activité privée complémentaire (APC), estimant à juste titre qu’elle obligeait les médecins du secteur privé à recourir à des pratiques malhonnêtes pour pouvoir faire face à la concurrence déloyale exercée par leurs collègues hospitalo-universitaires.</p>
<p>Il faut savoir que l’APC des professeurs est très souvent pratiquée dans l’irrégularité par ses bénéficiaires parce que le ministère de la Santé publique ne fait pas appliquer le règlement, n’en sanctionne pratiquement jamais les dépassements, et parce que les cliniques ne sont pas tenues pour responsables du respect du règlement concernant les fonctionnaires publics même quand ils s’adonnent à l’activité privée.</p>
<p>Ce laxisme est bien évidemment préjudiciable aux médecins du secteur privé, parce que l’administration publique, concrètement et dans les faits, en tant que juge et partie, protège sauf exceptions ses fonctionnaires, même lorsqu’ils violent la loi, lors de l’APC en vertu de la fameuse règle <em>«si la faute est détachable du service, le service ne peut être détaché de la faute».</em></p>
<p>Ce qui fait que depuis 1995, et grâce aux soutiens politiques dont ils jouissaient, les professeurs en médecine ont toujours fait ce qu’ils voulaient au sein du secteur libéral, au point de devenir inconvenant de s’en plaindre, et au risque de s’exposer à différentes mesures de rétorsion, allant du redressement fiscal, à l’interdiction d’exercer dans les établissements concernés, sinon à l’agression verbale ou physique.</p>
<p>Les mauvaises habitudes sont tellement bien ancrées que tout appel au respect des lois et des règlements est désormais vécu de la part des intéressés comme une agression contre des droits acquis. Mais il faut dire que la prospérité économique permettant à tous d’y trouver leur compte a fait long feu. Et pour preuve…</p>
<h3>Jeu de rôles : quand le coupable se la joue victime</h3>
<p>Les événements qui se sont produits récemment dans une clinique privée où des médecins libéraux ont entrepris, pour le moment sans réel résultat, une action administrative contre un collègue hospitalier peu respectueux des règlements, constitue un cas d’espèce. Ce dernier, dans une lettre ouverte à la confrérie, a d’abord mis en cause la responsabilité de trois collègues, dont moi-même, dans la campagne administrative et médiatique dont il aurait été victime, et avant d’accorder son pardon, il a évoqué la haine qui régnait dans la profession, et qui a, selon lui, conduit à l’incarcération du confrère précédemment cité dans l’affaire des stents périmés; un pardon certes assez étrange, compte tenu du fait qu’il soit dans son tort, de la part d’un médecin peu respectueux des règlements, mais qui a l’immense avantage de transformer son statut de coupable en victime…</p>
<p>Il est intéressant de noter que cette lettre a également fait état de pratiques illégales pendant 18 ans, de la part de quelques uns de ses prédécesseurs, desquelles l’auteur a semblé prendre prétexte pour justifier ses propres irrégularités.</p>
<p>Autrement dit, dans son activité privée, bien qu’il soit coupable de violations systématiques des horaires de travail, il ne s’estime pas fautif, et met en cause simplement un complot de la haine, celui-là même qui avait mis en branle la machine judiciaire contre les cardiologues dans l’affaire des stents, avec toutes les conséquences.</p>
<p>C’est ainsi que le révisionnisme, c’est-à-dire la remise en cause non prouvée par des faits, de la vérité officielle, est une nouvelle fois utilisé, mais cette fois pour justifier ses propres violations de la loi et pour discréditer ses collègues qui à juste titre se plaignent des préjudices que ses dépassements leur font subir.</p>
<p>Le complot de la haine… On a déjà vu comment en usant de ces concepts dans certains pays, on avait rejeté la responsabilité de situations catastrophiques sur certains groupes, désignés comme boucs émissaires.</p>
<p>Dans le milieu de la cardiologie d’aujourd’hui, certains intérêts dominants, considèrent désormais qu’il faille réécrire l’histoire d’une manière qui leur soit favorable afin de rétablir leur pouvoir de persuasion, basé autant sur l’autorité naturelle de l’enseignant que sur un présupposé de compétences supérieures, et ébranlé par l’intrusion de la justice et la mise à nu des pratiques condamnables. Pour cela ils ont besoin de faire croire que sans l’action de certains membres de la confrérie, mus par la haine, et complotant dans l’ombre, l’affaire n’aurait pas eu les développements fâcheux qu’elle a connus.</p>
<h3>Le révisionnisme corporatiste d’un establishment influent</h3>
<p>À partir de là, il est devenu pour eux nécessaire de faire du collègue incarcéré un martyr, un symbole de l’injustice, dont la honte rejaillirait sur ceux qui en sont les instigateurs. Les instigateurs? Mais bien évidemment ceux qui sont visés sont ceux-là mêmes qui, après avoir étroitement collaboré avec lui, <em>«avoir trafiqué avec lui les rubis en Inde»</em> ainsi qu’on les en a accusés, s’en sont dissociés depuis plusieurs années, et ont publiquement condamné les pratiques condamnables au sein de la profession, telles que les ristournes sur stents; d’autant plus visés quand il s’agit des mêmes qui dénoncent l’APC ainsi que ses abus, et qui s’avèrent disposer souvent du don d’anticipation par rapport aux événements, au point de pouvoir paraître comme les ayant suscités.</p>
<p>La particularité de ce révisionnisme corporatiste est d’abord qu’il soit inspiré par un establishment influent, ensuite qu’il soit issu d’une ambition, la préservation de privilèges, c&rsquo;est-à-dire l’association du pouvoir administratif issu du prestige académique dans l’hôpital, et du droit à l’accès sans restriction à la fortune dans les cliniques privées.</p>
<p>Il est cependant condamnable essentiellement parce qu’il est élitiste, qu’il méprise les lois, ou le chômage des jeunes, et parce qu’il sous-estime le rôle d’une institution fondamentale du pays dans la recherche de la vérité, la justice, considérée par tous les complotistes, comme complice, sinon incompétente.</p>
<p>En conclusion, le fait nouveau dans la cardiologie actuellement, c’est après l’affaire des stents périmés, la remise en cause par un nombre de plus en plus important de cardiologues libéraux des privilèges illégaux acquis depuis plus de deux décennies par une caste hospitalo-universitaire qui malgré un prestige largement écorné n’en dispose pas moins toujours, 7 ans après le départ de Ben Ali, de l’indéniable complaisance de l’administration publique, tout en usant de son influence pour réécrire indument les faits issus d’un scandale dans lequel elle est largement impliquée, en en rejetant la responsabilité sur tous ses détracteurs.</p>
<p>Le révisionnisme, c&rsquo;est-à-dire la réinterprétation tendancieuse des faits établis, ne doit pas être toléré même dans le domaine médical, parce qu’ailleurs il avait conduit à l’affaire Dreyfus, au mythe de la trahison de l’armée allemande en 1918, aux expériences du Dr Mengele, à la négation des chambres à gaz, ou celle du peuple palestinien, à la réhabilitation de la colonisation en Algérie, ou au mythe de l’Eurabia.</p>
<p>Si un collègue est aujourd’hui incarcéré, ce n’est pas parce qu’il a été victime du complot de la haine professionnelle dont se prétend avoir aussi été victime un professeur hospitalo-universitaire peu scrupuleux, ainsi qu’il l’a écrit à ses collègues – dans d’autres pays, une telle profession de foi révisionniste coûterait son poste à l’intéressé –. C’est parce qu’il y a eu des faits condamnables de la part de médecins suivis d’une plainte de la Cnam et que la justice est en train de faire son travail. Cela ne préjuge certes pas de la culpabilité finale de quiconque. C’est donc d’autant moins de raisons d’user d’arguments contestables pour asseoir au sein d’une profession une hiérarchie couvrant des actes qui ne le sont pas moins; dont continuent d’être victimes d’autres médecins.</p>
<p><em>* Cardiologue, Gammarth, La Marsa.</em></p>
<p><em><strong>Articles du même auteur dans Kapitalis: </strong></em></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="JqHp2nT4Eh"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/10/20/affaire-des-stents-perimes-le-non-dit-sur-lhopital-public/">Affaire des stents périmés : Le non-dit sur l’hôpital public</a></p></blockquote>
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="JqHp2nT4Eh"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/10/20/affaire-des-stents-perimes-le-non-dit-sur-lhopital-public/">Affaire des stents périmés : Le non-dit sur l’hôpital public</a></p></blockquote>
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="YDtt88usHO"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/22/affaire-stents-m-chahed-gang-cardiologues-lapc/">Affaire des stents : M. Chahed, le « gang des cardiologues » et… l’APC ?</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Affaire des stents : M. Chahed, le « gang des cardiologues » et… l’APC ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/22/affaire-stents-m-chahed-gang-cardiologues-lapc/embed/#?secret=3Kfk1m0jh3#?secret=YDtt88usHO" data-secret="YDtt88usHO" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/14/cardiologie-stents-perimes-et-activite-privee-complementaire/">Cardiologie : Stents périmés et activité privée complémentaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Activité privée complémentaire : Donkey shot et Don Quichotte</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Mar 2018 09:22:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Paradoxe de la médecine en Tunisie : un jeune médecin ne peut plus s’installer dans son pays et partira à l’étranger parce que des médecins fonctionnaires de l’Etat ont la haute main sur le secteur libéral. Par Dr Mounir Hanablia * Une fois encore, je me vois contraint de sortir de ma réserve pour m’exprimer...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-142533" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/03/Angioplastie.jpg" alt="" width="640" height="480" /></p>
<p><em><strong>Paradoxe de la médecine en Tunisie : un jeune médecin ne peut plus s’installer dans son pays et partira à l’étranger parce que des médecins fonctionnaires de l’Etat ont la haute main sur le secteur libéral.</strong></em></p>
<p>Par<strong> Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>
<p><span id="more-141459"></span></p>
<p>Une fois encore, je me vois contraint de sortir de ma réserve pour m’exprimer relativement à de récents événements dont la scène professionnelle a été le théâtre, plus précisément à la clinique Taoufik de Tunis, où un collègue, professeur de médecine, fonctionnaire civil exerçant à l’hôpital militaire de Tunis, avait été pris en flagrant délit d’exercice illégal de la médecine par l’inspection de la Santé publique, c&rsquo;est-à-dire en dehors de ses horaires reconnus d’activité privée complémentaire.</p>
<h3>Un droit de cuissage hérité de la dictature</h3>
<p>En fin de compte, une fois encore, une fois de plus, l’administration publique a démontré qu’en matière d’activité privée complémentaire, son principal souci n’était pas de faire respecter la loi, et le professeur en question, jouissant d’une impunité de fait , ne s’est pas fait faute de railler ses détracteurs , en les qualifiant de <em>«Don Quichotte»</em>, et les accusant même d’avoir cherché à lui nuire en le filmant à son insu et en transmettant à l’inspection des documents prouvant sa culpabilité… une chasse aux sorcières a subséquemment été déclenchée par l’administration de la clinique, par le biais de sa direction médicale, pour en expulser les coupables.</p>
<p>Evidemment, ayant déjà eu maille à partir avec mon collègue il y a quelques semaines, et étant nommément contre l’activité privée complémentaire (APC) des professeurs, un véritable droit de cuissage hérité de la dictature, dans une société qui se prétend démocratique, de telles accusations, pour peu qu’elles ne me visent pas, ce qui n’est pas le cas, ne me laissent pas indifférent…</p>
<p>Avant d’y répondre, il m’a paru nécessaire d’abord de replacer les faits dans leur contexte avéré. A dire vrai, mon collègue n’en est pas à un paradoxe près : démocrate qui use – mal – de l’intimidation contre ses contradicteurs; défenseur de la réputation de la profession portant préjudice à ses collègues; patriote convaincu et au service d’intérêts étrangers, en l’occurrence un fonds d&rsquo;investissement international basé à Dubaï; défenseur des sit-inneurs d’El-Kamour, à Tataouine, exprimant son mépris pour ses collègues chômeurs; familier des plateaux télévisés, mais qualifiant la liberté d’expression de journalisme d’investigation; civil œuvrant dans une institution qui ne l’est pas; fonctionnaire de l’Etat passant une bonne partie de son temps dans une institution privée; partisan de Samia Abbou mais s’opposant à ceux qui dénoncent les scandales médicaux.</p>
<h3>Des malades issus de l’hôpital public adressés vers le secteur privé</h3>
<p>Le cher professeur de médecine possède apparemment une personnalité à facettes multiples qui ne l’empêche pas de disposer d’une clientèle considérable à la clinique Taoufik, naturellement aux dépens de ses collègues libéraux qui n’ont jamais été professeurs ou assistants, dont beaucoup possèdent pourtant plus d’expérience que lui, ou sont simplement, aussi compétents, sinon plus, de l’avis même de ses propres initiateurs, à l’hôpital français où il avait exercé. Simplement c’est le titre académique de l’intéressé, celui de professeur, qui fait la différence dans un pays cultivant le sens hiérarchique. Un titre d’ailleurs bien commode puisqu’il permet à des fonctionnaires de la santé publique d’adresser vers le secteur privé des malades issus de l’hôpital public sans encourir les soupçons de corruption qui pèsent depuis l’affaire des stents sur la profession, tout en bénéficiant d’un appui précieux dans les jurys d’examens.</p>
<p>Mais il n’y a pas que cela : le cher professeur fait appel à ses collègues du service qui eux n’ont pas le droit à l’activité privée, dans les interventions qui ne sont pas de son ressort, et cela naturellement constitue un autre nœud d’intérêts, bien entendu contre ceux de ses collègues libéraux.</p>
<p>Le dernier élément, le plus important évidemment, est la volonté de l’Etat tunisien d’attirer les investisseurs étrangers, dont les Emirats arabes unis (EAU) constituent l’une des principales cibles, et à ce titre, il semble que l’administration tunisienne n’ait pas l’intention de déplaire aux investisseurs de ce pays qui se sont portés acquéreurs d’établissements de santé privée, comme la clinique Taoufik, et qui désirent réaliser des bénéfices en Tunisie; y compris au détriment des lois du pays, et des intérêts des médecins qui y exercent.</p>
<p>Autrement dit la complaisance dont continue à bénéficier le cher professeur, et lui permettant de violer les règlements, et de défier ses contradicteurs est d’ordre purement politique, mais elle a néanmoins des conséquences d’ordre médical : mon collègue semble tout au dessus des lois du pays que des contraintes physiologiques liés à la fatigue, et des lois de la physique liées aux radiations ionisantes. Il est disponible à tout moment pour prendre en charge les urgences que lui confie la clinique.</p>
<h3>Au mépris des normes et des risques</h3>
<p>Jeudi avant-dernier, selon ce qui m’a été rapporté, il aurait réalisé 14 angioplasties dans la journée; en admettant qu’il eût réalisé son activité de professeur hospitalo-universitaire (il est quand même payé pour cela), il faut considérer qu’il a possède les ressources physiques et psychologiques pour assurer un tel nombre d’actes avec des tabliers de plomb sur le dos pesant au minimum 1 kg, toute la concentration pour assurer avec succès des actes à haut risque; généralement pour un médecin normalement constitué, au bout de 6 actes, on est lessivé, et ceux qui possèdent une activité aussi intense travaillent en équipes de 2 à 3 médecins.</p>
<p>Le super-professeur, lui, en enchaînant 14 angioplasties coronaires d’affilée, ne travaille qu’avec la collaboration du surveillant de la salle, pour des raisons que l’on devine aisément, et ne semble de ce fait prendre en compte ni le risque que sa propre santé encourt, ni celle de son patient. Il faut savoir que la dose annuelle autorisée pour un médecin exerçant dans les radiations ionisantes, sur 5 ans, est d’environ 100 mSv, la dose annuelle ne devant pas dépasser, durant ces 5 ans, 50 mSv.</p>
<p>Un autre problème se pose, celui de l’assurance professionnelle : en principe tout médecin exerçant des actes à risque pour le patient est tenu de contracter une assurance professionnelle, et naturellement celle-ci ne couvre qu’un exercice professionnel légal; l’activité du super-professeur à la clinique Taoufik, elle, ne respecte pas les horaires réglementaires de l’APC, et c’est là un fait qui a été dument établi.</p>
<p>D’où la question incontournable : dans une activité à haut risque ne respectant pas toujours la réglementation en vigueur, qui sera responsable le jour où, inévitablement, le coup de chien, dont pâtira un patient, surviendra?</p>
<p>En fin de compte, mon collègue n’est que l’incarnation d’un nœud d’intérêts associant l’Etat tunisien, des investisseurs émiratis, ses collègues du service, quelques collègues du privé impliqués plus qu’il n’eut fallu dans les affaires, des correspondants discrets des hôpitaux publics. Un nœud d’intérêts qui associé à ses titres universitaires a contribué à l’élaboration d’un mythe, celui de ses compétences professionnelles hors pair.</p>
<p>Mon collègue n’est pas manchot de ses mains, c’est une évidence. Sauf qu’il n’est pas le seul à l’être, loin de là. Faut-il pour autant situer TOUTE cette affaire sur le plan d’un combat entre collègues se disputant les malades? C’est évidemment la thèse dont lui-même et tous ses commanditaires ont un intérêt à convaincre l’opinion publique.</p>
<h3>Des médecins publics ont la haute main sur le secteur libéral</h3>
<p>En réalité, la médecine libérale, pour dire les choses prosaïquement, est-ce qu’elle est avec l’APC, et un certain nombre de ses membres sont loin d’être des saints. Pourtant le fait est là : elle l’est d’autant moins avec l’APC.</p>
<p>Ce qui n’était à l’origine qu’une faveur révocable accordée par le ministère est devenu pour les postulants un droit acquis, et c’est un fait qu’aujourd’hui aucun ministre de la Santé n’oserait mécontenter l’ensemble de la corporation universitaire en remettant en cause son droit au privé. Aucune loi n’en limite le nombre, ils ne sont pas soumis aux contraintes matérielles et financières de leurs collègues libéraux, et ils ont le pouvoir de recruter à tour de bras dans les hôpitaux et d’en exiger la contrepartie en malades dans les cliniques.</p>
<p>L’activité d’un seul parmi eux, le professeur en question, prive 20 cardiologues de chances de s’installer dans le privé et de gagner honorablement leur vie, à un moment où l’Etat s’efforce d’empêcher les jeunes médecins d’émigrer sous des cieux plus cléments.</p>
<p>Ils ne sont pas non plus soumis aux mêmes lois fiscales; aucune réglementation ne fixe un minimum à déclarer pour un APC, contrairement aux médecins libéraux, ainsi que le stipule l’article 44 alinéa 2 du code de l’impôt sur les revenus des personnes physiques et morales, leur faisant obligation de ne pas déclarer moins que les salaires de leurs homologues de la santé publique.</p>
<p>Il n’ y a pas de loi faisant obligation à un APC de ne pas déclarer moins que son collègue en question par exemple, et les conséquences en sont énormes : un jeune médecin ne peut plus s’installer dans une grande ville et partira en Allemagne parce que, et c’est un comble, des médecins fonctionnaires de l’Etat ont la haute main sur le secteur libéral, associés à ses membres qui dénués de scrupules sont assez effrontés pour les tenir en respect en usant des moyens tristement connus qui confèrent à la médecine tunisienne son aspect actuel glauque de cour des miracles.</p>
<p>En conclusion, la loi sur l’APC est mauvaise parce qu’au sein d&rsquo;une même profession, elle crée deux catégories de citoyens qui n’ont ni les mêmes droits, ni les mêmes chances d’accès aux ressources, et la seule garantie qu’elle concède aux médecins du privé et aux malades et étudiants des hôpitaux, est sa limitation dans la durée.</p>
<p>Pourtant, l’administration ne la faisant pas respecter, et s&rsquo;abstenant de prendre des sanctions lorsque les irrégularités sont clairement établies, elle est allègrement violée, et aucune mesure n&rsquo;est jamais prise contre l’établissement complice; il a fallu des faits graves et un ministre relativement volontariste comme Saïd Aïdi pour que des mesures soient prises à l’encontre de ces établissements responsables, des mesures qui ont d’ailleurs été ultérieurement révoquées.</p>
<p>Pour conclure je répondrai à l’accusation de mon collègue: ne me rendant jamais à la clinique Taoufik, je n’ai matériellement pas eu l’opportunité de le prendre en film, ni de détourner des documents l’impliquant.</p>
<p>Pourtant, je ne m’en cache pas, si j’avais été en mesure de le faire je n’aurais pas hésité un seul instant, et cela aurait été pour moi un immense plaisir de le faire mettre sous pression par l’administration; afin qu’il apprenne une fois pour toutes à respecter les lois et à ne pas mépriser ses collègues. Et il vaut encore mieux que l’administration se charge de faire respecter les lois, et non pas les particuliers. Le véritable sage est celui qui ne dédaigne pas les leçons. Mais mon collègue ne l’est visiblement pas.</p>
<p><em>* Cardiologue, Gammarth, La Marsa. </em></p>
<p><em>** La rédaction a préféré ne pas citer nommément le professeur de médecine en question pour éviter de personnaliser un débat sur une problématique qui pourrit la médecine libérale en Tunisie : les abus commis par certains professeurs en médecine au nom de l’APC.</em></p>
<p><em><strong>Articles du même auteur dans Kapitalis: </strong></em></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="IMTX6Oynyg"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/16/tunisie-activite-privee-complementaire-et-chomage-des-medecins/">Tunisie : Activité privée complémentaire et chômage des médecins</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Activité privée complémentaire et chômage des médecins » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/16/tunisie-activite-privee-complementaire-et-chomage-des-medecins/embed/#?secret=knr6R8Ap3e#?secret=IMTX6Oynyg" data-secret="IMTX6Oynyg" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="9KzaqtsAIb"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/04/medecine-tunisienne-entre-appat-gain-respect-de-vie-humaine/">Médecine tunisienne : Entre appât du gain et respect de la vie humaine</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Médecine tunisienne : Entre appât du gain et respect de la vie humaine » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/04/medecine-tunisienne-entre-appat-gain-respect-de-vie-humaine/embed/#?secret=zSYFhuntSD#?secret=9KzaqtsAIb" data-secret="9KzaqtsAIb" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="VGWwN4XQ0n"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/22/affaire-stents-m-chahed-gang-cardiologues-lapc/">Affaire des stents : M. Chahed, le « gang des cardiologues » et… l’APC ?</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Affaire des stents : M. Chahed, le « gang des cardiologues » et… l’APC ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/22/affaire-stents-m-chahed-gang-cardiologues-lapc/embed/#?secret=XlXh17jBiO#?secret=VGWwN4XQ0n" data-secret="VGWwN4XQ0n" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/02/activite-privee-complementaire-donkey-shot-et-don-quichotte/">Activité privée complémentaire : Donkey shot et Don Quichotte</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : Activité privée complémentaire et chômage des médecins</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jan 2018 08:45:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[activité privée complémentaire]]></category>
		<category><![CDATA[APC]]></category>
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		<category><![CDATA[santé publique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un professeur de médecine pratiquant l’activité privée complémentaire (APC) condamne au chômage 20 de ses collègues médecins libéraux. Par Dr Mounir Hanablia * L’affaire des stents périmés a proprement secoué le champ de la cardiologie tunisienne et continue de faire des remous. Des personnes ont été arrêtées et l’enquête, aux mains du pôle judiciaire financier,...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/16/tunisie-activite-privee-complementaire-et-chomage-des-medecins/">Tunisie : Activité privée complémentaire et chômage des médecins</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p><em><strong>Un professeur de médecine pratiquant l’activité privée complémentaire (APC) condamne au chômage 20 de ses collègues médecins libéraux.</strong></em></p>
<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>
<p><span id="more-133315"></span></p>
<p>L’affaire des stents périmés a proprement secoué le champ de la cardiologie tunisienne et continue de faire des remous. Des personnes ont été arrêtées et l’enquête, aux mains du pôle judiciaire financier, se poursuit normalement.</p>
<p>Mais alors qu’elle semble cibler principalement le champ de l’activité libérale, le ministère de la Santé Publique a apparemment décidé de réformer l’activité privée complémentaire (APC) des professeurs en médecine. Dans quelle mesure ?</p>
<p>On l’ignore encore, mais il semble que les nouvelles décisions provoquent le mécontentement, en particulier auprès des cardiologues.</p>
<h3>Aux sources d’une polémique</h3>
<p>L’échange polémique survenu récemment sur facebook, entre un Professeur de médecine, et un personnage taisant son identité derrière un pseudo, Ranjeet Singh, semble cependant, à travers la rancœur qu’elle traduit, en révéler plus sur le discours et les relations de pouvoir à l’œuvre à l’intérieur du champ de la cardiologie.</p>
<p>Cette polémique avait été déclenchée par une remarque ironique concernant la réussite au concours de professorat d’une cardiologue membre du bureau directeur de la Société tunisienne de cardiologie et de chirurgie cardiovasculaire (STCCCV), et à laquelle ledit professeur a jugé devoir répondre. De quelle manière ? En accusant son auteur d’avoir <em>«démoli»</em> ses collègues, d’être un dépressif désœuvré mais néanmoins nullement désargenté, passant ses journées à se défouler en publiant des articles dans un cabinet médical, <em>«au cas où il en disposerait»</em> selon lui, ce qui serait d’après lui <em>«injuste»</em>.</p>
<p>Cette dernière remarque particulièrement désobligeante ne peut dans la cardiologie, en Tunisie, que s’adresser à moi-même puisque, à ma connaissance, il y a eu une période révolue où je m’étais consacré uniquement aux actes médicaux dans les cliniques en négligeant et en fermant mon cabinet nullement rentable (cela ne fait pas de moi un criminel), que je suis le seul à publier régulièrement des articles sur les journaux électroniques, et que dans une lettre récente adressée au ministère de la Santé publique, je me suis plaint de l’injustice constituée par la concurrence déloyale à laquelle l’APC des professeurs soumettait la médecine libérale, alors même qu’une loi fiscale faisait obligation au spécialiste libéral de ne pas gagner moins que le salaire d’un médecin spécialiste de la fonction publique, et le soumettait éventuellement à un redressement fiscal.</p>
<p>Mais, apparemment, mon collègue, me soupçonnant d’être Ranjeet Singh, allait continuer dans la même voie en l’accusant d’avoir avec sa femme, accompagné un collègue, Faiçal Derbel, à Mumbai, en Inde, pour <em>«acheter des rubis???!</em>», alors qu’il travaillait avec lui, et qu’il cosignait ses rapports.</p>
<h3>Le procureur de la cardiologie</h3>
<p>A mon avis et jusqu’à présent, jamais quelqu’un n’avait publiquement livré en pâture au public le nom de ce collègue, qui malgré tout, demeure, et jusqu’à preuve du contraire, innocent.</p>
<p>Ce feu roulant d’accusations allait se conclure par un véritable défi, lancé au dénommé Ranjeet Singh (moi même?), celui de révéler sa véritable identité devant les 450 cardiologues de l’association, afin qu’ils connaissent le nom véritable <em>«de celui qui veut les faire lyncher en public»</em> (sic).</p>
<p>Il ne s&rsquo;agit pas de savoir faire face à ce flot d’accusations et d’insinuations malveillantes, qui est ou non Ranjeet Singh; de toutes les manières la justice est en train de faire son travail et révélera toutes les connivences et les avantages délictueux, sinon le bien-fondé ou non d’accusations de diffamation.</p>
<p>Le plus remarquable c’est d’abord que le Professeur s’arroge le pouvoir de parler au nom de 450 à 500 cardiologues, et d’agir comme un procureur de la cardiologie, afin de démasquer, et de désigner à leur vindicte, celui qui veut leur perte, <em>«le cardiologue chômeur devenu journaliste d’investigation»</em> (quelle déchéance !!!).</p>
<p>On voit bien une fois encore qui il vise. Et le Professeur, le grand universitaire d’extraction modeste arrivé à la force du poignet, exerçant dans l’un des hôpitaux les plus prestigieux, a semblé en fait désireux de fédérer l’ensemble de la profession autour de sa personne et contre un ennemi commun, moi-même (Ranjeet Singh???) qui, depuis un an et demi, n’ai pas cessé de dénoncer l’abîme dans lequel la profession avait été entraînée, non seulement par les pratiques d’un certain nombre de collègues, mais aussi par la gestion désastreuse de la communication avec le public, réalisée par le bureau de la Société de Cardiologie.</p>
<p>En principe la défense des intérêts moraux de la profession est du ressort exclusif du Conseil national de l’Ordre des médecins. Mais apparemment le professeur a décidé de lui substituer, dans le domaine de la cardiologie, sa propre autorité.</p>
<p>Pourquoi avoir choisi ce moment particulier, après un an et demi de philippiques dans les journaux électroniques?</p>
<p>Probablement parce qu’il a estimé son propre prestige terni par les nouvelles mesures prises par le ministère contre l’APC, limitant sa propre liberté de mouvements ainsi que ses revenus, et qu’il a jugé nécessaire de se construire, auprès de ses collègues et de ses correspondants, une nouvelle prééminence, une nouvelle légitimité, particulièrement face aux cardiologues libéraux dont beaucoup, sans l’affirmer ouvertement, demeurent toujours profondément opposés à l’intrusion des hospitaliers dans la médecine privée.</p>
<p>Le Professeur, face à une affaire pourtant aux mains de la justice, et ne concernant qu’une poignée de délinquants en blouses blanches, le fameux gang des cardiologues, a parlé de lynchage public de l’ensemble de la profession, afin de salir ceux qui, en dénonçant ces pratiques, apparaissaient honnêtes, de terroriser la totalité de ses collègues, et de leur faire comprendre que si l’APC était supprimée, c’est toute la profession qui coulerait avec les hospitaliers, et que plus personne ne les défendrait.</p>
<p>Et c’est bien de cela qu’il s’agit, ce qui a poussé le Professeur à réagir, se manifester, insulter, terroriser ses collègues, et, cerise sur le gâteau, accuser autrui d’incompétence au point de leur préférer les guérisseurs, ce n’est pas la défense de leurs intérêts professionnels, mais la perspective de la modification de son propre statut dans l’activité privée par l’autorité de tutelle. A moins que ce ne fût son hostilité innée à mon égard qui me vaut depuis des années d’être ignoré par lui les rares fois où l’on se croise.</p>
<h3>Ces médecins libéraux qu’on accule au chômage</h3>
<p>Mais afin d’en revenir à Ranjeet Singh (moi, ainsi que lui m’en accuse implicitement?), sa réponse au défi lancé contre lui de révéler son identité sous peine d’être un lâche, allait être subtile, et sibylline. Il accepterait de le faire, si de son côté, le Professeur publiait ses déclarations d’impôts issues de ses activités privées complémentaires.</p>
<p>Bien sûr, ce dernier s’en abstiendrait, mais il allait néanmoins fournir un renseignement capital et, à bien des égards, fatal; ces revenus là équivalaient ainsi qu’il le reconnaissait lui-même à celui <em>«d’une entreprise employant largement plus de vingt personnes»</em> (sic !). Autrement dit, sans débourser un rond, sans prendre un seul risque, sans se soumettre à la concurrence à laquelle lui-même soumettait les médecins libéraux, et sans créer un seul emploi, alors même que les hôpitaux publics accusent un déficit financier sans précédent, et que le pays traverse une situation sociale et financière des plus délicates, le Professeur avouait, en toute bonne conscience, priver d’emploi 20 personnes, tout en disposant, en plus, de son salaire confortable issu de la fonction publique.</p>
<p>Or, c’est là que l’expression qui l’a mis hors de lui, <em>«que d’étoiles au firmament de la cardiologie !»</em> prend toute sa signification: dans cinq ans, ce nouveau professeur de cardiologie, dont on venait de fêter si chaudement le succès, soumettrait sa demande d’APC au ministère de la Santé publique, et sa présence dans son service public deviendrait aussi virtuelle que celle de ses prédécesseurs. Et c’est en définitive cela qu’il faut retenir : chaque APC, disposant pourtant d’un salaire confortable dans le secteur public, prive en fait potentiellement le pays de 20 emplois, ainsi que le Professeur l’a lui-même avoué, et quelquefois, de 20 cardiologues.</p>
<p>En conclusion, la question ici posée n’est pas le mépris démontré par mon collègue pour la liberté d’expression, qualifiée de journalisme d’investigation, ou pour les chômeurs, ou pour ceux qui gagnent moins; ce n’est pas non plus de savoir, qui est qui sur facebook, qui a travaillé avec qui, qui est allé avec qui en Inde ou ailleurs, et a acheté quoi; cela ainsi que toute autre accusation est désormais du ressort de la justice, qui fera toute la lumière en temps voulu et agira en conséquence.<br />
Ce que je peux affirmer c’est que depuis 2013 et, contrairement au Professeur et à d&rsquo;autres de ses collègues, je n’ai plus travaillé dans le cathétérisme avec qui que ce soit, ni été pris en charge par un fournisseur dans un congrès, et que personnellement je ne dispose pas d’un compte en devises.</p>
<p>La question n’est pas non plus la menace purement chimérique de lynchage public de 500 cardiologues, ainsi que l’a affirmé mon collègue. Non ! Le problème c’est le droit accordé, au nom de compétences mythiques, à des fonctionnaires publics salariés, de priver chacun son pays de 20 emplois dans le secteur privé, et de le revendiquer fièrement, à une époque où les citoyens en ont le plus grand besoin. Est-ce là le sens du sacrifice ou de la solidarité vanté par monsieur le chef du gouvernement?</p>
<p><em>* Cardiologue, Gammarth, La Marsa.</em></p>
<p><em><strong>Articles du même auteur dans Kapitalis:</strong></em></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="unwZ9IUNuA"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/04/medecine-tunisienne-entre-appat-gain-respect-de-vie-humaine/">Médecine tunisienne : Entre appât du gain et respect de la vie humaine</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Médecine tunisienne : Entre appât du gain et respect de la vie humaine » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/04/medecine-tunisienne-entre-appat-gain-respect-de-vie-humaine/embed/#?secret=5nHqvR4oYl#?secret=unwZ9IUNuA" data-secret="unwZ9IUNuA" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="qRdozUT3DT"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/22/affaire-stents-m-chahed-gang-cardiologues-lapc/">Affaire des stents : M. Chahed, le « gang des cardiologues » et… l’APC ?</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Affaire des stents : M. Chahed, le « gang des cardiologues » et… l’APC ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/22/affaire-stents-m-chahed-gang-cardiologues-lapc/embed/#?secret=pWAtDeuTyh#?secret=qRdozUT3DT" data-secret="qRdozUT3DT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="UWzY8wT6sX"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/13/les-cardiologues-liberaux-a-la-croisee-des-chemins/">Les cardiologues libéraux à la croisée des chemins</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les cardiologues libéraux à la croisée des chemins » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/13/les-cardiologues-liberaux-a-la-croisee-des-chemins/embed/#?secret=5cj8X6aqtN#?secret=UWzY8wT6sX" data-secret="UWzY8wT6sX" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/16/tunisie-activite-privee-complementaire-et-chomage-des-medecins/">Tunisie : Activité privée complémentaire et chômage des médecins</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Affaire des stents : M. Chahed, le « gang des cardiologues » et… l’APC ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/22/affaire-stents-m-chahed-gang-cardiologues-lapc/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Dec 2017 16:21:04 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[activité privée complémentaire]]></category>
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		<category><![CDATA[Caisse nationale d’assurance maladie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les poursuites judiciaires contre le « gang des cardiologues » poseurs de stents périmés va aider à assainir le secteur de la santé. Par Mounir Hanablia * La justice est en train de marquer des points décisifs contre le « gang des cardiologues », depuis l’arrestation d’un des plus éminents membres de la profession, et...</p>
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<p><em><strong>Les poursuites judiciaires contre le « gang des cardiologues » poseurs de stents périmés va aider à assainir le secteur de la santé.</strong></em></p>
<p>Par <strong>Mounir Hanablia</strong> *</p>
<p><span id="more-129599"></span></p>
<p>La justice est en train de marquer des points décisifs contre le «<em> gang des cardiologues</em> », depuis l’arrestation d’un des plus éminents membres de la profession, et tout dernièrement, d’un fournisseur de stents, ainsi qu’on vient de l’apprendre. L’un des principaux poseurs de stents périmés et membre du gang serait en fuite, en Algérie. La brigade économique a par ailleurs mis à nu les connexions existant entre le gang, bien connu dans la profession sous le nom de «<em>Dawaech</em>», et le fournisseur arrêté. D’autres arrestations seraient imminentes. L’enquête impliquerait également les directions de plusieurs cliniques. L’un des Pdg d’un grand établissement de Tunis a démissionné il y a quelques jours mais on ignore si cela est lié à l’affaire. Et bien sûr, c’est la panique dans la corporation.</p>
<h3>La chasse aux malhonnêtes doit se poursuivre</h3>
<p>Apparemment, beaucoup vont devoir se justifier de leurs fortunes très vite établies et du train de vie somptueux qu’ils mènent, ainsi bien sûr que des innombrables voyages et achats à l’étranger avec leurs épouses durant les congrès médicaux, pendant des années.</p>
<p>Bien sûr la profession portera pendant longtemps les stigmates de ce coup de pied dans la fourmilière asséné par la justice. Beaucoup en feront les frais, c’est certain. Il n’en demeure pas moins que cette chirurgie à vif était nécessaire parce que des médecins en sont arrivés avec la plus parfaite bonne conscience à implanter un matériel périmé chez leurs patients, et parce qu’ils ont fait l’amour avec les fournisseurs de stents. Et aujourd’hui, la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), qui a financé tout cela, se trouve au bord d’un gouffre financier qui menace non seulement les retraités, mais tout le pays.</p>
<p>Cette affaire a donc pour enjeu beaucoup plus que l’emprise que les médecins entretiennent sur les esprits de leurs patients, ou la concurrence parfaitement déloyale qu&rsquo;ils ont exercée contre leurs collègues respectueux des valeurs médicales. Et d’autre part, malgré son ampleur, elle ne représente que peu de choses par rapport à la partie immergée de l’iceberg, les appels d’offres publics du marché des hôpitaux, depuis l’époque de Ben Ali.</p>
<h3>Quid de l’activité privée complémentaire ?</h3>
<p>Pour peu qu’il continue dans cette voie, l’Etat tunisien tient donc là une occasion inestimable d’éponger une partie non négligeable du déficit financier du pays, et de rétablir la confiance internationale dans la rigueur et l’efficacité de nos institutions.</p>
<p>Toute la question est donc de savoir si les autorités surmonteront la complaisance dont les fonctionnaires ont depuis toujours bénéficié dans ce pays. Le plus difficile n’est en effet pas de récupérer l’argent public sur les malfrats, cela est toujours possible du moment que la volonté politique ne fait pas défaut. Simplement, il faut que l’Etat se débarrasse des clichés réducteurs qui attribuent le mal au seul secteur libéral, et s’attaque aussi à sa racine dans l’hôpital public, dont le fil directeur se nomme l’activité privée complémentaire (APC).</p>
<p>Mais bravo tout de même au chef du gouvernement Youssef Chahed ! Grâce à lui le citoyen sera plus en sécurité dans les hôpitaux publics et les cliniques privées, ce qui est déjà en soi, énorme.</p>
<p><em>* Cardiologue, Gammarth, La Marsa. </em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les cardiologues libéraux à la croisée des chemins</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/13/les-cardiologues-liberaux-a-la-croisee-des-chemins/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Dec 2017 13:13:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[STCCCV]]></category>
		<category><![CDATA[stents périmés]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour qui faut-il voter lors de l’élection du nouveau bureau de l’Association des cardiologues libéraux de Tunis (ACLT) ? Par Mounir Hanablia * Le bureau actuel de l’ACLT termine son mandat dans quelques jours. Et il faut reconnaître que sous l’autorité de l’actuel président, le Dr Mohamed Mezghani, il n’a pas chômé, il y a...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/13/les-cardiologues-liberaux-a-la-croisee-des-chemins/">Les cardiologues libéraux à la croisée des chemins</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-127983" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/12/Cardiologues.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Pour qui faut-il voter lors de l’élection du nouveau bureau de l’Association des cardiologues libéraux de Tunis (ACLT) ?</strong> </em></p>
<p>Par <strong>Mounir Hanablia</strong> *</p>
<p><span id="more-127981"></span></p>
<p>Le bureau actuel de l’ACLT termine son mandat dans quelques jours. Et il faut reconnaître que sous l’autorité de l’actuel président, le Dr Mohamed Mezghani, il n’a pas chômé, il y a eu beaucoup de colloques sur la cardiologie, certes toujours financés par les laboratoires pharmaceutiques, et les cardiologues libéraux ont eu l’opportunité de présenter à de multiples reprises des communications scientifiques, chose dont ils demeurent généralement privés dans les congrès organisés sous l’égide de la société savante, la Société tunisienne de cardiologie et de chirurgie cardio-vasculaire (STCCCV), dominée par les médecins hospitalo-universitaires.</p>
<p><strong>Transformation de la cardiologie tunisienne</strong></p>
<p>C’est d’ailleurs après le 14 janvier 2011 que les cardiologues libéraux ont eu l’opportunité de créer leur propre association, alors que la mainmise exercée sur la cardiologie et la médecine au plus haut sommet de l’Etat, durant l’époque de Ben Ali, était levée.</p>
<p>Mais, cette transformation de la cardiologie s’est faite dans le sens de la continuité, selon l’adage cité par Giuseppe Thomazio de Lampedusa, dans son célèbre roman <em>‘‘Le Guépard’’</em> : <em>«Tout changer afin que rien ne change»</em>, à l’instar d’ailleurs de tous les événements concomitants qui surviendraient dans le pays après le départ du dictateur.</p>
<p>Et en fin de compte, derrière le visage débonnaire et rassurant du Dr Mezghani, ce sont quelques vieilles connaissances étroitement liées au monde hospitalo-universitaire de l’ancien régime, qui en ont en réalité contrôlé le fonctionnement.</p>
<p>Le résultat de l’action de ces dinosaures a été patent, l’information et la communication scientifiques se sont certes relativement libéralisées avec l’entrée en scène de visages nouveaux sur la scène professionnelle, et on peut d’ailleurs se demander dans quelle mesure les nouvelles technologies de l’information n’ont pas peu contribué à ce changement rendant possible l’accès relativement libre de tous à la ce que François de Closets avait nommé <em>«l’ascendant sur les esprits»</em>, chose qui, sous l’ancien régime, était totalement impossible sans parrainage politique, ou en usant d’une analogie, sans titre universitaire pompeux.</p>
<p>Dans l’absolu, le fait est là : les cardiologues libéraux ont fait preuve de complexe, ou de mimétisme, vis-à-vis de la société savante, en demeurant rivés sur la communication scientifique, et n’ont jamais engagé une réflexion profonde pouvant conduire à proposer aux pouvoirs publics une réorganisation en profondeur de leur profession, alors même qu’ils se trouvent depuis plusieurs années en butte à une concurrence aiguë, déloyale, et néanmoins réglementaire, de la part des professeurs universitaires, dans l’espace même de l’activité libérale.</p>
<p>Ce n’est là que l’apparence des choses : cardiologues libéraux dont les cabinets ne désemplissent pas et universitaires disposant d’une clientèle inépuisable ont établi leurs fortunes grâce aux malades issus de l’hôpital, et ont conjointement acquis des parts majoritaires dans les cliniques privées dont ils interdisent l’accès aux malotrus.</p>
<p><strong>L’éternel retour des mêmes </strong></p>
<p>On comprend dès lors mieux leur souci de prendre le contrôle de l’association et de réduire son champ d’activité au domaine strictement technique; afin de l’empêcher de devenir une force alternative, ou un interlocuteur éventuel des pouvoirs publics, mais surtout afin que le flux de malades continue de s’écouler dans le sens public-privé, et pas l’inverse. On a vu où tout cela a mené avec l’affaire des stents périmés, et comment l’association a choisi de rester silencieuse alors que la profession brûlait.</p>
<p>Ne voilà-t-il pas qu’avec le renouvellement du bureau, parmi quelques figures de l’association impliquées dans le scandale, et il y en a eu, l’une prétende avec sa morgue habituelle se présenter au grand jour pour en pendre la tête après y avoir assumé l’une des responsabilités dans le dernier bureau.</p>
<p>Outre le caractère anachronique de ce visage bien connu de la profession depuis plus de 20 ans, qui, n’ayant plus rien à prouver ni à gagner, aurait pu faire place nette, mais qui par pure ambition désire toujours diriger, et comme il l’a souvent fait, barrer l’accès à de plus jeunes porteurs d’idées nouvelles, le contexte de l’étalage de cette ambition, lui n’est pas anodin : depuis plusieurs mois la STCCCV, la société savante de la profession, s’escrime, au nom de la science, à obtenir des pouvoirs publics la commercialisation sur le territoire tunisien des stents que son <em>think-tank</em>, issu de son bureau dirigeant, seul agréerait, avec l’appui d’une figure politique bien connue dans la profession.</p>
<p>Dans ces conditions bien particulières, il devient crucial pour tous ceux qui en tireraient avantage qu’aucune voix crédible discordante ne puisse s’élever au sein de la profession pour s’opposer à l’instauration d’un diktat dont les véritables enjeux, s’ils sont aussi obscurs que les relations entre médecins et industrie médicale, ne sont pas moins aisément devinables.</p>
<p>En conclusion, et afin que l’ACLT ne se soit plus une simple courroie de transmission au service d’intérêts occultes qui prétendent perpétuer des mécanismes de domination ayant conduit la profession vers le scandale national, il est important que les collègues élisent à leur tête une figure nouvelle connue pour sa gentillesse, sa sincérité, son honnêteté, ainsi que son courage dans l’adversité, et qui, nonobstant l’activité scientifique habituelle, fera entendre la voix de tous les cardiologues libéraux, au besoin auprès des instances publiques, sur toutes les questions importantes intéressant directement la profession.</p>
<p><em>* Cardiologue, Gammarth, La Marsa. </em></p>
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