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	<title>Archives des Tarek Mami - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Tarek Mami - Kapitalis</title>
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		<title>Attaque de Djerba : enthousiasme, tristesse et… mauvaise communication</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 May 2023 07:45:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[synagogue de La Ghriba]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les cinq familles endeuillées cette semaine par l'attaque terroriste de Djerba méritaient plus de considération. Et de compassion.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/14/attaque-de-djerba-enthousiasme-tristesse-et-mauvaise-communication/">Attaque de Djerba : enthousiasme, tristesse et… mauvaise communication</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Commentant l’attaque contre la synagogue de Djerba, le président Kaïs Saïed a bien raison de déclarer que «ce genre d’acte peut arriver partout». Mais la communication officielle, et ses éléments de langage se contentent de tourner autour des conséquences de l’attaque meurtrière sur la saison touristique que le pèlerinage de la Ghriba ouvre traditionnellement, oubliant, ou presque, qu’il y a eu mort d’hommes, et que, dans de pareilles circonstances, on ne peut cacher la réalité derrière des mots.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Tarek Mami </strong>*</p>



<span id="more-7932620"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Tarek-Mami.jpg" alt="" class="wp-image-359559"/></figure></div>


<p>J’écris rarement des articles avec le pronom personnel je, que je déteste humainement et professionnellement, car pour moi le travail de journaliste est de rapporter les faits, de les analyser et de les exposer à son lecteur (auditeur, téléspectateur) libre de ses prises de position, après prise de connaissance. Plus rarement pour donner un avis personnel, en tant que rédacteur, sauf dans des billets ou tribunes dédiés, du style <em>«Ce que je crois»</em>, marque de fabrique du journaliste, natif de Djerba, feu Béchir Ben Yahmed, fondateur du magazine <em>Jeune Afrique</em>.</p>



<p>Djerba, île du sud-est tunisien, est petite par la taille, grande par son histoire et ses spécificités humaines et culturelles&nbsp;</p>



<p>Côté géographie, elle a une superficie de 514&nbsp;km<sup>2</sup>&nbsp;(25&nbsp;sur 20 kilomètres).</p>



<p>Côté histoire, elle fait son apparition, dans les annales de l’histoire, sous la dénomination de l’île des <em>«lotophages»</em>, dont l’évocation remonte, dut-on, à <em>L’Odyssée</em> d’Homère, (425 avant J.-C.), qui nous raconte&nbsp;: <em>«Mais, à peine en chemin, mes envoyés se lient avec les Lotophages qui, loin de méditer le meurtre de nos gens, leur servent du lotos. Or, sitôt que l’un d’eux goûte à ces fruits de miel, il ne veut plus rentrer ni donner de nouvelles.»</em></p>



<p>L’île voit défiler les Berbères, les Carthaginois, les Romains, les Vandales, les Byzantins, les Arabes, les Ottomans et les Français, avant l’indépendance de la Tunisie, avant de devenir depuis les&nbsp;années 1960&nbsp;une destination touristique populaire.</p>



<p>Petite île qui a tout de même donné deux empereurs romains, selon l’historien Salah Eddine Tlatli (1916-2008).</p>



<p>Côté spécificités humaines et culturelles, Djerba voit la coexistence de la religion musulmane avec une majorité sunnite et une minorité ibadite, et de la religion juive (présente, dit-on, depuis 586 av. J.-C. avec l’arrivée d’une première communauté juive). Sur le plan linguistique, l’île a vu la coexistence de la langue arabe, langue officielle de la Tunisie, mais aussi du tamazight et de l’hébreu. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="BXoGf4d4Vs"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/12/apres-lattaque-de-la-ghriba-loccident-pourrait-renforcer-son-aide-securitaire-a-la-tunisie/">Après l’attaque de la Ghriba, l’Occident pourrait renforcer son aide sécuritaire à la Tunisie</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Après l’attaque de la Ghriba, l’Occident pourrait renforcer son aide sécuritaire à la Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/12/apres-lattaque-de-la-ghriba-loccident-pourrait-renforcer-son-aide-securitaire-a-la-tunisie/embed/#?secret=XwXHaYMzpP#?secret=BXoGf4d4Vs" data-secret="BXoGf4d4Vs" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Enthousiasme</h2>



<p>Habitué de la <em>«ziara»</em>, pèlerinage annuel à la synagogue de la Ghriba, depuis une vingtaine d’année, soit dans le cadre du voyage de presse organisé par l’Office national du tourisme tunisien, ONTT), soit à titre personnel. Cette année, l’ONTT a fait les choses en grand, avec la présence, à Djerba, d’une importante délégation de journalistes étrangers, venus de France, Allemagne, Espagne, Portugal, et… Etats-Unis, sous la double houlette de Leila Tekaia pour la presse étrangère, et l’ensemble de la direction nationale de l’office, pour l’ensemble des délégations. Au programme aussi, une escapade découverte du sud tunisien, et sa nouveauté, le circuit Dahar, et de l’île de Djerba pour les journalistes nouveaux venus, une redécouverte pour les journalistes habitués. Deux jours mémorables qui rappellent et détaillent l’ancienneté et la richesse du <em>«vivre ensemble»</em>, à Djerba, naturel et légendaire. Un déjeuner offert au <em>«Foundouk»</em> à Houmt Essouk, constitue un moment féerique, avant d’assister aux cérémonies cultuelles et culturelles dans la synagogue et dans la <em>«wkalaa»</em> (caravansérail), dans une ambiance de fête partagée par les 5000 visiteurs de toutes origines, provenances et confessions, et qui m’a rappelé les meilleurs crus de ce pèlerinage.</p>



<p>Le voyage et la fête devaient se terminer sur cette note de bonheur et d’enthousiasme partagé, pour lancer la saison touristique et remettre sur les rails la destination Tunisie, en souffrance depuis plusieurs années.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Violence, tristesse, et fête gâchée</h2>



<p>Malheureusement, cette note d’enthousiasme va s’évaporer. La fête a été gâchée par une lâche attaque, dont l’horreur est double, du fait qu’elle soit réfléchie et exécutée par un agent de sécurité, dont le premier engagement professionnel, lors de son embauche, comme fonctionnaire de l’Etat, était de protéger la vie des Tunisiens, tous les Tunisiens sans discrimination d’aucune sorte, et celle de tous ceux qui se trouvent sur le territoire national, quel que soient leurs sexe, nationalité, confession &#8230; Car dès que les visiteurs étrangers mettent les pieds en Tunisie, les Tunisiens leur doivent un accueil fraternel, une tradition millénaire, et… une protection pour qu’ils repartent indemnes. &nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Le cru 2023 me laissera un goût doux-amer fait d’enthousiasme et de tristesse, auquel s’ajoute le constat des erreurs de communication de la part du gouvernement.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Erreur de communication</h2>



<p>Malheureusement encore, à cette lâche attaque, a succédé une communication et un storytelling gouvernemental erratique. Il a fallu plusieurs heures avant la publication d’un premier communiqué de presse officiel pour annoncer l’attaque. Deux jours pour que le ministre de l’Intérieur organise une conférence de presse. Trois jours pour que le président Kaïs Saïed organise une réunion, au palais de Carthage, et faire une déclaration pour réfuter tout antisémitisme d’État, en référence à la qualité de gendarme de l’assaillant, responsable de la fusillade meurtrière perpétrée aux abords de la synagogue. Antisémitisme d’État que personne ne pointe. Car il s’agit bien d’une action d’un <em>«loup solitaire»</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="JmGh4OwYn6"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/12/la-ghriba-en-deuil-se-relevera-comme-toujours/">La Ghriba en deuil se relèvera comme toujours</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Ghriba en deuil se relèvera comme toujours » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/12/la-ghriba-en-deuil-se-relevera-comme-toujours/embed/#?secret=ihWyoYmX41#?secret=JmGh4OwYn6" data-secret="JmGh4OwYn6" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Certes le ministre du Tourisme, Mohamed Moez Belhassine, a été prompt à se rendre à Djerba, dans la foulée de l’attaque, un second voyage en deux jours, puisqu’il avait ouvert le pèlerinage, quarante-huit heures auparavant. Mais ce n’était pas suffisant. Car, dans toutes les démocraties du monde, c’est le chef de l’Etat et/ou le chef du gouvernement qui se rend, quasi-instantanément, sur les lieux d’une attaque terroriste.</p>



<p>Le président Saïed a bien raison lorsqu’il déclare que <em>«ce genre d’acte peut arriver partout»</em>. Mais la communication gouvernementale, et ses éléments de langage, se contentent de tourner autour des conséquences de l’attaque meurtrière sur la saison touristique que le pèlerinage de la Ghriba ouvre traditionnellement. Or, il s’agit de<em> «mort d’hommes»</em>. Et à ce titre, une question politique, juridique et éthique s’impose à tous. Celle de la qualification&nbsp;de l’<em>«acte»</em> en question. Les autorités tunisiennes dénoncent une <em>«attaque criminelle» </em>et évitent de qualifier celle-ci de terroriste.</p>



<p>Il revient bien sûr à l’enquête de déterminer la qualification juridique. Mais l’on ne peut, politiquement, de prime abord, éluder le terme d’<em>«acte terroriste»</em>. Djerba a déjà subi un acte terroriste similaire en 2002, qui a fait 21 morts. Et la Tunisie a eu son lot d’actions terroristes, au cours de la dernière décennie. Les cinq familles endeuillées cette semaine méritaient plus de considération. Et de compassion.  </p>



<p>On relèvera cependant que l’UGTT, principal syndicat du pays, a fait le choix d’utiliser le terme terrorisme pour qualifier l’attaque de Djerba. Certains médias tunisiens aussi, comme <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/10/tunisie-le-terrorisme-frappe-au-plus-mauvais-moment/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Kapitalis</a>, ont, dès les premières heures, parlé d’acte terroriste. Il est également heureux que les autorités aient mis en place une cellule d’assistance psychologique à disposition des familles. Ce qui cadre bien avec la gravité de ce qui s’est passé.</p>



<p>* <em>Journaliste, directeur de France Maghreb 2 – Paris.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="NuAG3LlEH7"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/10/tunisie-le-terrorisme-frappe-au-plus-mauvais-moment/">Tunisie : le terrorisme frappe encore à Djerba</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : le terrorisme frappe encore à Djerba » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/10/tunisie-le-terrorisme-frappe-au-plus-mauvais-moment/embed/#?secret=KfimisqkkZ#?secret=NuAG3LlEH7" data-secret="NuAG3LlEH7" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : la fin du compromis historique entre Destouriens et islamistes</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/09/01/tunisie-la-fin-du-compromis-historique-entre-destouriens-et-islamistes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Sep 2021 10:06:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La classe politique tunisienne, souvent portée sur les compromis et les compromissions historiques, devra en finir avec les petits jeux (naïfs ou opportunistes) de ceux qui défendent Rached Ghannouchi et croient que son parti Ennahdha est devenu incontournable et indispensable à la vie politique tunisienne; maintenant que la stratégie destructrice des Frères musulmans est on...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/09/01/tunisie-la-fin-du-compromis-historique-entre-destouriens-et-islamistes/">Tunisie : la fin du compromis historique entre Destouriens et islamistes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/09/Ridha-Lenine-Ajmi-Lourimi-Mohamed-Ghariani.jpg" alt="" class="wp-image-361144"/><figcaption><em>Les affinités toxiques, de droite à gauche : Ridha Chiheb Mekki, alias Ridha Lénine, éminence grise de Kais Saied, Ajmi Lourimi (Ennahdha) et Mohamed Ghariani (ancien RCD devenu nahdhaoui).  </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>La classe politique tunisienne, souvent portée sur les compromis et les compromissions historiques, devra en finir avec les petits jeux (naïfs ou opportunistes) de ceux qui défendent Rached Ghannouchi et croient que son parti Ennahdha est devenu incontournable et indispensable à la vie politique tunisienne; maintenant que la stratégie destructrice des Frères musulmans est on ne peut plus évidente.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Rachid Barnat</strong></p>



<span id="more-361143"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/08/Rachid-Barnat.jpg" alt="" class="wp-image-109886"/></figure></div>



<p>Les Américains pour affaiblir les empires coloniaux, et <a href="https://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2013/02/le-wahhabisme-au-service-du-colonialisme.html">plus particulièrement les empires français et anglais</a>, ont encouragé les peuples colonisés à la création d&rsquo;Etats-nations, reprenant une idée initiée et propagée par Napoléon. Leur soutien aux militants nationalistes dans leur lutte pour la libération de leur pays est indéniable mais pas sans arrière pensée; puisqu&rsquo;ils escomptaient bien <em>«récupérer»</em> ces pays libérés du colonialisme français et anglais, dans le giron du nouveau impérialisme américain !</p>



<h3 class="wp-block-heading">Au péril rouge, les Américains ont préféré le péril vert</h3>



<p>Une fois l&rsquo;indépendance acquise et les empires coloniaux disloqués, les Américains, dans leur phobie permanente et quasi obsessionnelle du communisme, veulent empêcher la propagation du communisme dans les pays nouvellement indépendants, en s&rsquo;appuyant sur leurs leaders charismatiques. Si Gamel Abdel Nasser s&rsquo;était détourné d&rsquo;eux pour se jeter dans les bras de l&rsquo;URSS, leur ennemi juré, ce ne sera pas le cas pour la Tunisie où, pour donner l&rsquo;illusion d&rsquo;une démocratie, les Américains <em>«conseilleront»</em> à Habib Bourguiba le pluralisme en autorisant les islamistes mais en interdisant les communistes ! Autrement dit, <a href="https://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2013/01/sequelle-de-la-guerre-froide-expansion.html">au péril rouge, ils ont préféré le péril vert</a>, persuadés qu&rsquo;il restera cantonné dans les pays dits <em>«arabo-musulmans»</em>.</p>



<p>Ce que fera Bourguiba, dès le début des années 1970, ou qu&rsquo;on fera pour lui plus exactement, lui-même étant malade en plein dans sa dépression dont il ne se remettra jamais, malgré ses fréquents séjours en Suisse. C&rsquo;est ainsi que certains Destouriens ont choisi de pactiser avec les islamistes, dans l&rsquo;espoir de les utiliser pour mieux les neutraliser.</p>



<p>A-t-on profité de l&rsquo;absence physique ou mentale du visionnaire Bourguiba pour ouvrir la porte aux islamistes ? Sûrement oui car, lucide et en possession de ses facultés mentales, cet homme féru d&rsquo;histoire ne se serait pas rapproché des islamistes, sachant pertinemment que le panislamisme dogmatique est antinomique du nationalisme libéral des Destouriens qui avaient libéré le pays et bâti la Tunisie moderne, en en faisant une nation bien définie et une république dont les institutions sont copiées sur le modèle français, fruit des Lumières dont Bourguiba s&rsquo;était nourri.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Inconscience ou opportunisme de certains Destouriens</h3>



<p>Ce que refera Béji Caid Essebsi en s&rsquo;alliant à Ghannouchi, <em>«conseillé»</em> nous dit-on par les Etats-Unis et l&rsquo;Union européenne, quand <a href="https://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2015/02/la-trahison.html">il avait trahi ses électeurs et surtout ses électrices</a>, auxquels il promettait d&rsquo;être leur rempart contre les Frères musulmans, alors qu&rsquo;il avait fait un deal avec leur leader Rached Ghannouchi lors de leur <a href="https://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2016/01/le-ver-est-dans-le-fruit-depuis-la.html">rencontre <em>«secrète»</em> à Paris</a>. Lui aussi se persuadait de neutraliser Ennahdha en s&rsquo;alliant à Ghannouchi et escomptait refaire le coup de François Mitterrand à Georges Marchais. Sauf que n&rsquo;est pas Mitterrand qui veut et que les Frères musulmans ont un soutien financier illimité de la part de l&rsquo;émir de l&rsquo;émirat du Qatar, qui se rêve le bœuf de la fable de La Fontaine et croit pouvoir tout acheter avec ses pétrodollars, pour jouer dans la cour des grands.</p>



<p>Et depuis que ces Destouriens sans principes – et en totale contradiction avec la doctrine du parti &#8211; avaient banalisé l&rsquo;alliance avec les Frères musulmans, de plus en plus de progressistes ont fini par croire Ennahdha incontournable et indispensable à la vie politique tunisienne. Certains Destouriens, malgré <a href="https://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2020/10/10-annees-dislamisme-en-tunisie-portent.html">10 années de pouvoir islamiste</a>, croient encore pouvoir redresser le pays avec <a href="https://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2021/01/10eme-anniversaire-de-la-revolution-du.html">ceux-là mêmes qui l&rsquo;ont mis à genou</a> ! Inconscience ? Ou simple opportunisme&nbsp;?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un pseudo <em>«printemps arabe»</em> peut en cacher un autre</h3>



<p>Si la fumeuse <em>«révolution du jasmin»</em> du 14 janvier 2011 avait pour but d&rsquo;éliminer de la scène politique le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), <em>«la révolte du peuple»</em> du 25 juillet 2021 <a href="https://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2021/08/le-malentendu-de-la-revolte-spontanee.html">semble orientée contre les Destouriens</a>, du moins contre ceux qui refusent toute alliance avec les Frères musulmans et qui les combattent ouvertement, comme le Parti destourien libre (PDL) <a href="https://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2020/02/abir-moussi-rend-leur-fierte-aux.html">qui revient à ses fondamentaux en tirant les leçons des erreurs</a> commises par les Destouriens en 100 d&rsquo;existence.</p>



<p>Or le 25-Juillet marque aussi un coup d&rsquo;arrêt au cirque des trois pouvoirs exécutifs, quand Kaïs Saïed a sifflé la fin de la récréation. Seulement voilà, le <em>«peuple»</em> se persuade que Kaïs Saïed veut mettre un terme à l&rsquo;islam politique et qu&rsquo;il les avait débarrassés de Ghannouchi et de ses Frères musulmans. Mais une fois de plus le <em>«peuple»</em> sera manipulé et se réveillera un jour en disant qu&rsquo;il a été trompé, quand il découvrira que Ghannouchi restera probablement derrière sa doublure Mohamed Goumani, le <em>«musulman de gauche»</em>, ami de Naoufel Saïed, le frère du président. Que son mea-culpa et le sacrifice de sa personne pour son parti et sa patrie ne sont qu&rsquo;une suite de comédies. Et qu&rsquo;un pseudo <em>«printemps arabe»</em> peut en cacher un autre. Et depuis, des propositions fusent de partout pour trouver des solutions aux crises politique, économique et sanitaire que connaît le pays.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>L&rsquo;«islamisme modéré»</em> n&rsquo;a jamais existé et n&rsquo;existera jamais </h3>



<p>Pour contrer l&rsquo;islam politique, certains proposent un nouveau concept, celui de <em>«Démocrates musulmans»,</em> à l&rsquo;instar des <em>«Démocrates chrétiens»</em>. Ce qu&rsquo;expliquaient déjà Ghannouchi et ses Frères musulmans aux Occidentaux, que <em>«l&rsquo;islamisme radical»</em> effraye, pour les amadouer avec leur <em>«islamisme modéré»</em>, qu&rsquo;ils leur vantaient en le comparant à la <em>«démocratie chrétienne»</em>. <em>«Islamisme modéré»</em> que les Tunisiens découvrent tout comme les Occidentaux être une supercherie; puisque <em>«l&rsquo;islamisme modéré»</em>, tout comme <em>«l&rsquo;islam du centriste»</em> (<em>«al-islam al wasati»</em>) et <em>«l&rsquo;islam de gauche»</em> (dernière trouvaille des Frères musulmans)&#8230; tous ont pour référent Youssef Qaradaoui, le guide spirituel des Frères musulmans, installé par l&rsquo;émir du Qatar président de l&rsquo;Organisation mondiale des savants musulmans.</p>



<p>Devant la méfiance des Tunisiens et des Occidentaux, Ghannouchi poussera la supercherie jusqu&rsquo;à renier son appartenance à l&rsquo;organisation mondiale des Frères musulmans, dont il est l&rsquo;un des principaux dirigeants. Mieux encore, il annoncera, lors du congrès d&rsquo;Hammamet, en mai 2016, qu&rsquo;Ennahdha laisse la <em>«religion»</em> aux religieux et devient un parti politique <em>«civil»</em> comme les autres; alors qu&rsquo;il figure toujours, lui et des membres de son parti, dans l&rsquo;organigramme de l&rsquo;Organisation mondiale des Frères musulmans&#8230; où il siège dans le bureau politique !</p>



<p>Alors il faut en finir avec ces petits jeux (naïfs ou à dessein) de ceux qui défendent Ghannouchi et croient que son parti Ennahdha est devenu incontournable et indispensable à la vie politique tunisienne; maintenant que la stratégie des Frères musulmans de destruction des républiques arabes est on ne peut plus évidente.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les Destouriens doivent corriger les erreurs de leurs prédécesseurs</h3>



<p>L&rsquo;unique remède contre l&rsquo;islam politique est de l&rsquo;interdire, <a href="https://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2021/08/plaidoyer-pour-linterdiction-des-partis.html">en interdisant constitutionnellement les partis politiques qui instrumentalisent la religions</a>, et d&rsquo;inscrire la laïcité dans la constitution de la future 3e république tunisienne, ce qui a le mérite de séparer la religion de l&rsquo;Etat et de la renvoyer dans la sphère du privée, en confirmant définitivement la primauté du droit civil sur toutes les lois religieuses, toutes religions confondues.</p>



<p>Alors que d&rsquo;autres voient dans le <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/08/24/vers-une-quatrieme-constitution-pour-une-tunisie-reellement-democratique/?fbclid=IwAR12HmUxxHEnhftmKb9kmv9pTUPfOpLr-qjUECHVlrBZBNO78txUFNBCO3o">référendum</a>, la panacée pour en finir avec la dictature des partis; reprenant une idée fixe de Kaïs Saïed d&rsquo;instaurer une démocratie participative émanant de la base. Idée farfelue trahissant un président plutôt utopique qu&rsquo;homme politique. Mais comme le reconnaît le journaliste Tarek Mami, la Tunisie n&rsquo;est pas la Suisse. Les Tunisiens sont encore loin de la culture politique et du civisme des Suisses, pour être consultés à tout bout de champ.</p>



<p>Alors faut-il jeter le bébé avec l&rsquo;eau du bain parce que certains Destouriens se sont compromis avec les islamistes ? Ce n&rsquo;est pas parce que quelques Destouriens ont trahi leurs idéaux, qu&rsquo;il faut jeter aux oubliettes leur parti, l’œuvre et les sacrifices des milliers d&rsquo;authentiques militants. Ce sont les Destouriens qui avaient libéré et construit la Tunisie moderne. Il leur revient de poursuivre l’œuvre de leurs prédécesseurs et d&rsquo;en corriger les erreurs car ce ne sont pas <a href="https://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2020/07/que-restera-t-il-de-la-valse-des_14.html">les panarabistes ni le communiste Hamma Hammami</a>, qui soutiennent Ennahdha, qui sortiront le pays de l&rsquo;ornière où l&rsquo;avaient mis Ghannouchi et ses <em>«Frères»</em> !</p>



<p>Il est curieux que beaucoup sont disposés à croire sur parole les métamorphoses qu&rsquo;annoncent les dirigeants d&rsquo;Ennahdha alors qu&rsquo;en dix ans de pouvoir, ils ont ruiné la Tunisie, passant tour à tour d&rsquo;un <em>«islamisme radical»</em> à un <em>«islamisme modéré»</em>, puis à un <em>«islam centriste»</em>, pour devenir un <em>«parti civil laissant la religion aux religieux» </em>et enfin de reprendre la religion en annonçant l&rsquo;<em>«islamisme de gauche»</em>; alors qu&rsquo;ils dénient aux Destouriens d&rsquo;évoluer et de corriger les erreurs de leurs prédécesseurs !</p>



<p>A moins que ce ne soit à dessein …</p>



<p><a href="https://latroisiemerepubliquetunisienne.blogspot.com/2021/08/ces-destouriens-qui-ont-pactise-avec.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Blog de l&rsquo;auteur. </a></p>



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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/09/01/tunisie-la-fin-du-compromis-historique-entre-destouriens-et-islamistes/">Tunisie : la fin du compromis historique entre Destouriens et islamistes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : Mohamed Ghariani, l&#8217;homme au destin contrarié</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Aug 2021 09:31:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abir Moussi]]></category>
		<category><![CDATA[Béji Caïd Essebsi]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Kais Saied]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Ghariani]]></category>
		<category><![CDATA[Rached Ghannouchi]]></category>
		<category><![CDATA[Sakher El-Materi]]></category>
		<category><![CDATA[Tarek Mami]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour avoir souvent fait de mauvais choix et au plus mauvais moment, Mohamed Ghariani n’a plus, aujourd&#8217;hui, aucune place sur la scène politique nationale. Les Tunisiens l’ayant jeté à la poubelle de l’Histoire, à deux reprises, en 2011 et en 2021, il apparaît désormais comme il a toujours été : un politicien médiocre, simple apparatchik...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Mohamed-Ghariani-Janus.jpg" alt="" class="wp-image-359558"/></figure></div>



<p><strong><em>Pour avoir souvent fait de mauvais choix et au plus mauvais moment, Mohamed Ghariani n’a plus, aujourd&rsquo;hui, aucune place sur la scène politique nationale. Les Tunisiens l’ayant jeté à la poubelle de l’Histoire, à deux reprises, en 2011 et en 2021, il apparaît désormais comme il a toujours été : un politicien médiocre, simple apparatchik dénué de tout charisme et sans stature pouvant imposer le respect.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Tarek Mami</strong> *</p>



<span id="more-359552"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Tarek-Mami.jpg" alt="" class="wp-image-359559"/></figure></div>



<p>On dit de Janus, le dieu romain, qu&rsquo;il est<em> «bifronts»</em> ou à deux visages, l’un tourné vers le passé, l’autre vers l’avenir. Il est fêté le premier janvier car il marque la fin de l’année écoulée et le début de l’année qui commence. On dit aussi que son temple est ouvert en temps de guerre et fermé en temps de paix. Cependant, le commun des mortels retient de lui, non pas sa définition de dieu des commencements, des transitions et des fins, mais l’image de l’homme au double visage, qui enterre une page pour en ouvrir une autre, effacer le passé et regarder vers l&rsquo;avenir. En Tunisie, Mohamed Ghariani représente pour beaucoup cette dernière image, celle de celui qui brûle le lundi ce qu’il a adoré le dimanche.</p>



<p>Les concitoyens de l’homme politique retiennent son discours, ses actes et ses trajectoires tout au long de sa carrière. Le cas de Mohamed Ghariani, titulaire d’une maîtrise en sociologie, s’impose, en Tunisie, comme un <em>«idéal-type»</em>, dans sa définition théorisée par le sociologue allemand Max Weber. Il peut, en effet, représenter un échantillon pour l’analyse du personnel politique tunisien qui a sévi entre le 14 janvier 2011 et le 25 juillet 2021. S&rsquo;il est évoqué ici, c’est à double titre, en tant que diplômé de l&rsquo;université et en tant que <em>«touriste politique»</em>, expression créée par les Tunisiens pour qualifier certains acteurs politiques qui changent constamment de parti.</p>



<h3 class="wp-block-heading">De rupture en ralliement </h3>



<p>Que va faire Ghariani après les décisions annoncées, le 25 juillet, par le président de la république Kais Saied, et notamment celle de geler les travaux de l&rsquo;Assemblée? Ambassadeur de Tunisie en Grande-Bretagne, chargé un moment de la formation politique de Sakher El Materi, gendre du défunt président Zine El Abidine Ben Ali, conseiller politique de ce dernier, secrétaire général du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), au moment de la chute de l&rsquo;ancien régime, en janvier 2011, puis conseiller politique du défunt président Béji Caïd Essebsi, en 2015 et membre de la direction du parti Al-Moubadara de Kamel Morjane, il a bifurqué une nouvelle fois pour devenir, à compter de début décembre 2020, conseiller politique de Rached Ghannouchi, président du parti islamiste Ennahdha et, accessoirement, président de l’Assemblée (décret n° 2020-934 du 27 novembre 2020 &#8211; Journal officiel du 1er décembre 2020), dont les travaux sont gelés depuis le 25 juillet.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Discours officiel et deal caché</h3>



<p>Cette carrière a été expliqué, par ses nouveaux employeurs islamistes, par le fait qu&rsquo;il a fait son mea-culpa, admis <em>«ses erreurs»</em> commises avant le 14 janvier 2011, quitté <em>«la contre-révolution»</em> (sic!), et rejoint les rangs des soutiens et défenseurs de <em>«la révolution et de la démocratie» (re-sic!).</em> Et que c’est donc au titre de<em> «la réconciliation nationale»</em> qu&rsquo;a démarré sur les chapeaux de roue la quatrième carrière de Mohamed Ghariani. Ses adversaires s’amusent, bien sûr, de ces explications, et lui répondent par les paroles du chanteur français au cigare, Jacques Dutronc : <em>«Je retourne ma veste, toujours du bon côté».</em></p>



<p>Les Tunisiens, devenus tous de fins analystes politiques, ne l’écoutent pas de cette oreille. Pour eux, le <em>«retournement de veste» </em>et le <em>«tourisme politique»</em> du dernier chef du parti qui a opprimé les militants et sympathisants du parti islamiste, avant de devenir leur défenseur et leur zélé serviteur, détonne et confirme l&rsquo;inconsistance intellectuelle, l&rsquo;immoralité politique et la carrière sinueuse du personnage. Il n’est assurément pas l’homme d’une ligne politique et d&rsquo;une conviction au long cours.</p>



<p>Beaucoup de Tunisiens ont également compris que ce dernier revirement de Ghariani s&rsquo;inscrit, du point de vue d&rsquo;Ennahdha (et l&rsquo;intéressé en est sûrement conscient et en joue aussi) dans le cadre de la lutte contre l’aura grandissante de Abir Moussi, le principal adversaire des Frères musulmans, au moment où les sondages accordent à sa formation, le Parti destourien libre (PDL), la première place en termes d&rsquo;intentions de vote pour les législatives.</p>



<p>Ghariani pensait, à tort, qu’il suffisait d&rsquo;agiter la promesse de <em>«réconciliation nationale»</em> pour que des anciens affidés du parti de Ben Ali se sentent attirés par l’ancien secrétaire général de leur défunt parti, par nostalgie ou par calcul, pour retrouver quelque peu l&rsquo;estime de soi dans une scène politique dominée par les islamistes. Mais il se trahit lui-même et révèle l’objet réel de sa mission lorsqu’il déclare : <em>«Abir Moussi n’est pas la solution, elle exprime des pensées effrayantes même au sein de sa famille destourienne».</em> L&rsquo;expression <em>«sa famille destourienne»</em> révèle le deal caché entre les Mohamed Ghariani et Rached Ghannouchi. Selon ce deal, le rôle du premier consiste à vendre matin, midi et soir l’idée de la réconciliation nationale, pour convaincre une partie de la mouvance destourienne de le rejoindre dans son aventure<em> «islamiste»</em>. </p>



<p>Selon les chiffres officiels, le RCD, le parti de Ben Ali comptait plus de deux millions de membres avant 2011. Et parmi eux se trouveraient de nombreux hommes d’affaires aujourd&rsquo;hui dans la tourmente, poursuivis en justice et interdits de voyage, qui pourraient être tentés de rejoindre le tandem Ghannouchi-Ghariani pour se refaire une virginité. </p>



<p>Au moment où sa base électorale fond comme neige au soleil, le président d’Ennahdha espère puiser dans cette réserve destourienne. Le constat est clair sans appel : de 1,5 million de voix et 37,04% des votants, lors de l’élection de l’Assemblée nationale constituante (ANC) du 23 octobre 2011, le parti islamiste n&rsquo;a recueilli que 947.000 voix et 27,79% des votants, lors des législatives de 2014 et <em>«seulement» </em>561.000 et 19,55% des votants lors de celles de 2019. Soit la perte d’un tiers de ses électeurs à chaque élection générale.</p>



<p>Grâce à l&rsquo;électorat destourien qu&rsquo;il aura récupéré entretemps, Ghannouchi espère concrétiser son rêve de remporter la présidentielle de 2024 et terminer ainsi en beauté, à 83 ans, une carrière politique commencée il y a un demi siècle, qui l&rsquo;a vu affronter trois présidents, Habib Bourguiba, Zine Al-Abidine Ben Ali et Kaïs Saïed.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Calcul politicien erroné</h3>



<p>La réconciliation nationale suppose de prendre langue avec tous hommes et femmes politiques du pays, et de toutes tendances, pour tenter de construire des passerelles entre eux et les dirigeants du parti majoritaire au parlement. Or, il n’en a rien été. Mohamed Ghariani est devenu le perroquet, qui se contente de répéter les éléments de langage du patron du parti islamiste, sans même y ajouter une touche personnelle. Sa mission se résumant, en réalité, à contrer son ancienne camarade du RCD, Abir Moussi, l&rsquo;adversaire des islamistes, essayer de ridiculiser ses prises de positions et justifier toutes les attaques qu’elle subit. La réconciliation nationale promise attendra.</p>



<p>L’homme ne se révèle pas acteur (de son destin) mais un simple instrument, le bras armé de son ancien adversaire politique. De serviteur de Ben Ali, Mohamed Ghariani est devenu le serviteur de Ghannouchi. Il n’a donc qu’une constance: servir, servir et encore servir. C’est, à ce titre, le triomphe de la conception négative de Janus, pour qui la vérité d’hier (rejet de l’islam politique) n’a plus cours, voire vire à l’inverse aujourd&rsquo;hui (soutien de l’islam politique).</p>



<p>Avec les décisions fortes et exceptionnelles du président en titre, Kais Saied, et au-delà de la casuistique autour du coup d’état ou du coup d&rsquo;éclat, violation ou respect de la constitution, le rêve partagé du duo Ghannouchi-Ghariani s’est brisé sur le mur de la réalité politique et populaire tunisienne, pour devenir une chimère.</p>



<h3 class="wp-block-heading">A la poubelle de l&rsquo;Histoire</h3>



<p>Ghariani n’apparaîtra pas comme l’homme de la réconciliation post 2011 et Ghannouchi ne sera pas président de la république tunisienne. Le marché de dupes passé entre les deux hommes se termine en queue de poisson. En se soulevant, le 25 juillet, en s’attaquant à plusieurs locaux du parti Ennahdha dans différentes régions du pays et en manifestant en masse pour exiger la destitution de chef du gouvernement Hichem Mechichi et la dissolution de l’Assemblée qui ne les représente pas, les Tunisiens visaient directement Rached Ghannouchi, comme le reconnaissent des poids lourds de son parti, dont certains lui demandent de se démettre de ses deux présidences.</p>



<p>Mohamed Ghariani n’a plus, quant à lui, aucune place dans ce tableau, les Tunisiens l’ayant jeté à la poubelle de l’histoire, à deux reprises, en 2011 et en 2021. Il apparaît aujourd&rsquo;hui comme il a toujours été : un politicien médiocre, simple apparatchik dénué de tout charisme et sans stature pouvant imposer le respect.</p>



<p><em>* Journaliste,&nbsp;directeur Radio France Maghreb 2,&nbsp;Paris.</em></p>
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