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	<title>Archives des taux directeur - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des taux directeur - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Le taux directeur de la BCT maintenu à 7 %</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Feb 2026 21:15:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[BCT]]></category>
		<category><![CDATA[conjoncture économique]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[taux directeur]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Conseil d’Administration de la Banque centrale de Tunisie a décidé, lors de sa réunion du 11 février 2026, de maintenir le taux directeur de la Banque Centrale de Tunisie inchangé à 7,00%. Le Conseil d’Administration de la Banque centrale a tenu une réunion le 11 février 2026, au cours de laquelle il a passé...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em><strong>Le Conseil d’Administration de la Banque centrale de Tunisie a décidé, lors de sa réunion du 11 février 2026, de maintenir le taux directeur de la Banque Centrale de Tunisie inchangé à 7,00%.</strong></em></p>



<span id="more-18350630"></span>



<p>Le Conseil d’Administration de la Banque centrale a tenu une réunion le 11 février 2026, au cours de laquelle il a passé en revue l’évolution récente de la conjoncture économique et financière aussi bien à l’échelle internationale que nationale, ainsi que la dynamique récente de l’inflation.</p>



<p>A l’échelle internationale, l’inflation a poursuivi sa modération en janvier 2026 en dépit d’un redressement lent des prix des principaux produits de base et matières premières. Dans ce cadre, les banques centrales des principales économies ont opté pour le statuquo lors de leurs dernières réunions de politique monétaire, au regard des incertitudes entourant les politiques commerciales et les perspectives d’évolution des prix.</p>



<p>Sur le plan national, l’inflation s’est repliée à 4,8% en janvier 2026, après s’être stabilisée à 4,9% au cours des trois mois précédents. Cette détente a été favorisée par le ralentissement de l’inflation des produits à prix administrés, revenue à 0,6% contre 0,8% en décembre 2025, dans un contexte marqué par le maintien du gel de la plupart des prix administrés prépondérants dans le panier de consommation. </p>



<p>Par ailleurs, le rythme de progression des prix des produits alimentaires frais s’est ralenti en janvier 2026, pour s’établir à 10,3% contre 11,2% le mois précédent, à la faveur d’une amélioration de l’offre de plusieurs produits. En revanche, l’inflation sous-jacente « <em>Hors prix des produits alimentaires frais et des produits à prix administrés </em>» a poursuivi sa progression graduelle, passant d’un creux de 4,3% en septembre 2025 à 4,9% en janvier 2026. </p>



<p>Cette orientation tient essentiellement à l’atténuation de l’effet de base baissier lié à la forte contraction des prix domestiques de l’huile d’olive observée en 2025.</p>



<p>Au niveau du secteur extérieur, l’année 2025 s’est soldée par un déficit courant de -4.350 MDT ou -2,5% du PIB (contre -2.576 MDT ou -1,6% du PIB un an auparavant). </p>



<p>Ce creusement s’explique par l’aggravation du déficit commercial, partiellement compensé par l’amélioration des revenus de travail et des recettes touristiques.</p>



<p>La consolidation progressive des avoirs en devises s’est poursuivie récemment, portant les réserves à 25,8 milliards de dinars (ou 109 jours d’importation) à la date du 10 février 2026, contre 23,3 milliards (ou 102 jours d’importation) une année auparavant.</p>



<p>Le Conseil estime nécessaire de continuer à soutenir le processus désinflationniste en cours afin de ramener l’inflation vers sa moyenne de long terme. Il décide de maintenir inchangé à 7,00% le taux directeur de la Banque Centrale de Tunisie.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Communiqué</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/11/le-taux-directeur-de-la-bct-maintenu-a-7/">Le taux directeur de la BCT maintenu à 7 %</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Tunisie &#124; La BCT baisse son taux directeur à 7%</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/30/tunisie-la-bct-baisse-son-taux-directeur-a-7/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Dec 2025 22:48:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Banque centrale de Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[BCT]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[taux directeur]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réuni le 30 décembre 2025, le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a décidé d’abaisser le taux directeur de 50 points de base, le ramenant à 7%, à compter du 7 janvier 2026. Les taux des facilités de prêt et de dépôt à 24 heures seront ajustés en conséquence, à 8% et...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Réuni le 30 décembre 2025, le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a décidé d’abaisser le taux directeur de 50 points de base, le ramenant à 7%, à compter du 7 janvier 2026.</em></strong></p>



<span id="more-18162504"></span>



<p>Les taux des facilités de prêt et de dépôt à 24 heures seront ajustés en conséquence, à 8% et 6% respectivement afin d’assurer la cohérence du corridor des taux et la bonne transmission de l’orientation monétaire au marché.</p>



<p>Également, le Conseil a décidé d’abaisser à 6% le taux minimum de rémunération de l’épargne.</p>



<p>Le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a tenu une réunion le 30 décembre 2025, au cours de laquelle il a examiné l’évolution récente de la conjoncture économique et financière, tant à l’échelle internationale que nationale, ainsi que l’évolution et les perspectives de l’inflation.</p>



<p>Sur le plan international, l’économie mondiale a fait preuve, en 2025, d’une résilience notable face à divers chocs, notamment ceux induits par le durcissement des politiques protectionnistes et la persistance des tensions géopolitiques. Cette résilience a été soutenue par un apaisement marqué des pressions sur les prix internationaux des produits de base, en particulier de l’énergie, ainsi que par un assouplissement significatif des conditions financières internationales.</p>



<p>Au niveau national, la croissance économique s’est établie à 2,4% au troisième trimestre 2025 contre 3,2% un trimestre auparavant. Hors agriculture, la croissance s’est limitée à 1,5% contre 2,6% le trimestre précédent. Cette évolution porte la marque de la contreperformance des secteurs clés, notamment l’énergie ainsi que les industries du textile, habillement et cuir.</p>



<p>En ce qui concerne le secteur extérieur, le déficit commercial (FOB-CAF) s’est aggravé pour s’établir à 20.168 MDT au terme des onze premiers mois de 2025, contre 16.758 MDT sur la même période de l’année précédente, sous l’effet de la progression notable des importations. La bonne tenue des revenus du travail et des recettes touristiques a permis de contenir le déficit courant à 4.188 MDT, représentant 2,4 % du PIB à fin novembre 2025, contre 1.841 MDT et 1,2 % du PIB, un an auparavant.</p>



<p>Les avoirs nets en devises se sont établis à 25,5 milliards de dinars, couvrant 108 jours d’importations, au 29 décembre 2025, contre 25,8 milliards de dinars et 116 jours d’importations une année auparavant. Par ailleurs, le dinar continue à faire preuve de résilience sur le marché des changes, se caractérisant par une appréciation vis-à-vis du dollar américain, contre un ajustement modéré face à l’euro.</p>



<p>S’agissant des prix à la consommation, le processus désinflationniste s’est poursuivi au cours des derniers mois, quoiqu’à un rythme relativement lent. Le taux d’inflation s’est maintenu à 4,9% en novembre 2025. Cette évolution résulte, principalement, d’un net ralentissement de l’inflation des produits à prix administrés, dans un contexte marqué par le maintien du gel de la majorité des produits et services concernés, conjuguée à une détente modérée de l’inflation des produits alimentaires frais, laquelle est revenue à 11,1 % en novembre 2025 contre 12 % le mois précédent. En revanche, l’inflation sous-jacente « hors produits alimentaires frais et produits à prix administrés », a poursuivi sa progression graduelle, atteignant 4,7% en novembre 2025, contre 4,5% un mois auparavant.</p>



<p>Au vu des réalisations, l’inflation devrait s’établir à 5,4%, en moyenne, pour toute l’année 2025 contre 7% en 2024.</p>



<p>Au regard de l’ensemble de ces évolutions, le Conseil d’Administration décide d’abaisser le taux directeur de 50 points de base le ramenant à 7%.</p>



<p>Le Conseil d’Administration indique qu’il continuera de suivre avec attention l’évolution des perspectives d’inflation et des risques entourant la stabilité macroéconomique, et demeure disposé à ajuster, de manière appropriée, l’orientation de la politique monétaire.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Communiqué</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/30/tunisie-la-bct-baisse-son-taux-directeur-a-7/">Tunisie | La BCT baisse son taux directeur à 7%</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; Le TMM reste stable autour de 7,50%</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/30/tunisie-le-tmm-reste-stable-autour-de-750/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Aug 2025 12:30:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale]]></category>
		<category><![CDATA[investissement]]></category>
		<category><![CDATA[marché monétaire]]></category>
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		<category><![CDATA[TMM]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le taux du marché monétaire (TMM) en Tunisie est resté stable à 7,50 % en août 2025. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/30/tunisie-le-tmm-reste-stable-autour-de-750/">Tunisie | Le TMM reste stable autour de 7,50%</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le taux du marché monétaire (TMM) en Tunisie est resté stable à 7,50 % en août 2025, et ce pour le cinquième mois consécutif. Ce taux reste cependant relativement élevé et n’encourage pas l’investissement. &nbsp;</em></strong></p>



<span id="more-17362040"></span>



<p>Selon les données de la Banque centrale de Tunisie, depuis le début de l’année, le taux d’intérêt du marché monétaire a suivi une tendance à la baisse, passant de 7,99 % en janvier et février à 7,91 % en mars, puis se stabilisant à 7,50 % entre avril et août 2025.</p>



<p>Il est à noter que l’évolution des taux d’intérêt sur le marché monétaire est liée au taux directeur de l’institution émettrice, qui reste à 7,50 % depuis 5 mois.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong> </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/30/tunisie-le-tmm-reste-stable-autour-de-750/">Tunisie | Le TMM reste stable autour de 7,50%</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; Le taux directeur de la BCT maintenu à 7,50%</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/30/tunisie-le-taux-directeur-de-la-bct-maintenu-a-750/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Jul 2025 20:26:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Banque centrale de Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[BCT]]></category>
		<category><![CDATA[géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[PIB]]></category>
		<category><![CDATA[taux directeur]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie a décidé, lors de sa réunion du 30 juillet 2025, de maintenir le taux directeur de la Banque Centrale de Tunisie inchangé à 7,50%. Le Conseil d’Administration de la Banque centrale a tenu une réunion le 30 juillet 2025, au cours de laquelle il a passé...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/30/tunisie-le-taux-directeur-de-la-bct-maintenu-a-750/">Tunisie | Le taux directeur de la BCT maintenu à 7,50%</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie a décidé, lors de sa réunion du 30 juillet 2025, de maintenir le taux directeur de la Banque Centrale de Tunisie inchangé à 7,50%.</em></strong></p>



<span id="more-17135240"></span>



<p>Le Conseil d’Administration de la Banque centrale a tenu une réunion le 30 juillet 2025, au cours de laquelle il a passé en revue l’évolution récente de la conjoncture économique et financière aussi bien à l’échelle internationale que nationale ainsi que l’évolution de l’inflation, qui, en dépit de la détente récente, se maintient encore sur un palier supérieur à 5%.</p>



<p>L’environnement international reste confronté à des risques financiers et économiques inédits, induits par les tensions commerciales et géopolitiques. Ces tensions continueront de peser sur les perspectives de croissance des principales économies, et exacerberont l’incertitude quant à l’évolution des prix internationaux des produits de base et de l’inflation. La marge de manœuvre des banques centrales pour poursuivre l’assouplissement monétaire s’est sensiblement réduite récemment, cédant la place à la prudence quant aux ajustements des taux d’intérêt.</p>



<p>Sur le plan national, les indicateurs conjoncturels disponibles laissent présager un redressement graduel de la croissance après un léger ralentissement au cours du premier trimestre 2025. Ce renforcement devrait être favorisé par la reprise de l’activité des principales industries exportatrices et le dynamisme de la demande intérieure. D’ailleurs, les flux d’importation se sont maintenus en hausse soutenue, durant le deuxième trimestre 2025, particulièrement les importations des matières premières et demi-produits.</p>



<p>Au niveau du secteur extérieur, le déficit commercial (FOB-CAF) s’est situé à 9.900 MDT au terme du premier semestre 2025, contre 8.017 MDT un an auparavant, induisant un creusement du déficit courant, qui a atteint 3.399 MDT (ou 1,9% du PIB) à fin juin 2025, contre 1.964 MDT (ou 1,2% du PIB) une année auparavant. L’aggravation du déficit courant a été relativement atténuée par la bonne tenue des flux des revenus de travail et des recettes touristiques.</p>



<p>Les avoirs nets en devises continuent à faire preuve de résilience. Elles se sont établies à 23,2 milliards de dinars (ou 101 jours d’importations) à la date du 29 juillet 2025 contre 24,4 milliards une année auparavant. Pour sa part, le taux de change du Dinar continue à bien se comporter vis-à-vis des principales devises, ce qui devrait soutenir la détente de l’inflation.</p>



<p>S’agissant des prix à la consommation, l’atténuation des tensions provenant des facteurs externes sur la formation des prix, conjuguée à la transmission des actions antérieures de politique monétaire, a soutenu la poursuite du processus désinflationniste graduel durant le premier semestre 2025. Le taux d’inflation s’est stabilisé à 5,4% au mois de juin 2025, contre 6,2% au terme de l’année 2024. </p>



<p>Cet apaisement a marqué particulièrement la principale mesure de l’inflation sous-jacente « hors prix des produits alimentaires frais et des produits à prix administrés » qui s’est établie à 4,7% en mai-juin 2025 contre 5,2% en décembre 2024. Le ralentissement de l’inflation des produits administrés s’est poursuivi, sur fond du maintien du gel de la plupart des prix, en évoluant de 1,5% au mois de juin 2025 contre 3,8% à fin 2024. En revanche, les conditions d’offre limitées ont continué d’attiser les pressions sur l’inflation des produits alimentaires frais, qui s’est maintenue élevée, à 13,6% au mois de juin 2025 contre 12,6% à fin 2024 et une moyenne historique de 5%.</p>



<p>Les récentes prévisions laissent entrevoir une poursuite de l’orientation baissière graduelle de l’inflation, durant le second semestre 2025, avec un taux moyen de 5,3% pour toute l’année, contre 7% en 2024.</p>



<p>Toutefois, des tensions inflationnistes plus fortes et plus persistantes que prévu provenant de l’évolution des prix internationaux des principaux produits de base et des matières premières pourraient porter l’inflation à la hausse.</p>



<p>Le Conseil considère que les risques haussiers pesant sur la trajectoire de l’inflation demeurent actifs et qu’il est nécessaire de continuer à soutenir le processus désinflationniste en cours et de ramener l’inflation à sa moyenne de long terme. Il décide de maintenir inchangé à 7,50% le taux directeur de la Banque centrale de Tunisie.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Communiqué</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/30/tunisie-le-taux-directeur-de-la-bct-maintenu-a-750/">Tunisie | Le taux directeur de la BCT maintenu à 7,50%</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La décision de la BCT de baisser son taux directeur de 50 points ou quand la montagne accouche d’une souris !</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/02/la-bct-baisse-son-taux-directeur-de-50-la-montagne-accouche-dune-souris/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Apr 2025 12:02:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale]]></category>
		<category><![CDATA[croissance]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[investissement]]></category>
		<category><![CDATA[politique monétaire]]></category>
		<category><![CDATA[Sadok Zerelli]]></category>
		<category><![CDATA[taux directeur]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La décision de la Banque centrale de Tunisie de réduire son taux directeur de 50% est trop timide pour provoquer une reprise de confiance des investisseurs.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/02/la-bct-baisse-son-taux-directeur-de-50-la-montagne-accouche-dune-souris/">La décision de la BCT de baisser son taux directeur de 50 points ou quand la montagne accouche d’une souris !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’auteur de cet article, un économiste spécialiste en théorie monétaire et expert international, considère que la dernière décision prise par la Banque centrale de Tunisie (BCT) de réduire son taux directeur de 50 points, va certes dans le bon sens, mais est de loin trop timide pour provoquer une reprise de confiance des investisseurs et une véritable bouffée d’oxygène pour les opérateurs économiques. L’article se termine par la proposition de mesures monétaires choc afin de relancer la croissance économique et sortir l’économie du marasme qu’elle connaît depuis plusieurs années.&nbsp;Son analyse, objective et basée sur les enseignements de la science économique, ne présage rien de bon si un tel électrochoc d’ordre monétaire n’est pas décidé dans les plus brefs délais, y compris s’il le faut par un décret présidentiel, pour remettre l’économie tunisienne sur les rails de la croissance économique et de la création d empois et de richesses.</em></strong></p>



<p><strong>Dr. Sadok Zerelli</strong></p>



<span id="more-16075715"></span>



<p>Tous les opérateurs économiques, mêmes des observateurs et experts comme moi-même, attendaient avec impatience que la BCT se décide enfin à desserrer l’étau qu’elle maintenait sur les opérateurs économiques avec un taux directeur qu’elle a augmenté à huit reprises depuis la promulgation de la loi de 2016 qui lui accorde l’autonomie de décision, et l’a porté jusqu’à 8%, niveau auquel il se situe depuis deux ans. Ni la nomination d’un nouveau gouverneur, qui n’a fait que reconduire la politique de son prédécesseur, ni les pressions exercées par le Président de la République lui-même qui, bien que juriste de formation, a bien compris le caractère nocif d’un taux directeur aussi élevé et l’inefficacité de la politique monétaire menée par la BCT, sous le prétexte de lutter contre l’inflation, n’y ont rien fait</p>



<p>Finalement, la montagne a accouché d’une souris&nbsp;et la BCT a bien voulu baisser son taux directeur de 50 points, le ramenant de 8% à 7,5%, comme si cette baisse infime va changer grand-chose dans le comportement des agents économiques et permettre de relancer les investissements, la création d’emplois et la croissance économique qui stagne depuis plusieurs années entre 1% et 2%, justement depuis que la BCT mène cette politique monétaire très restrictive basée sur une spirale d’accroissement de son taux directeur, dans l’espoir d’arriver à maîtriser l’inflation, objectif qu’elle a lamentablement échoué à atteindre puisque celle-ci avait plafonné à 11,3% et qu’elle demeure encore aujourd’hui relativement élevée (7% en 2024, pour un taux de croissance du PIB qui n’a pas dépassé 1,4% pour la même année, soit une baisse du pouvoir d&rsquo;achat général et du niveau de vie de la population de 5,6% pour cette seule année).&nbsp;</p>



<p>Plus décevant encore est le fait que la BCT a baissé par le même communiqué le taux de rémunération de l’épargne de 50 points aussi, le ramenant de 7% à 6,5% et annihilant ainsi du même coup le peu d’effet que pourrait avoir la baisse de 50 points de son taux directeur.</p>



<p>En tant qu’économiste universitaire ayant enseigné pendant des années la théorie monétaire et expert international ayant plus de vingt ans d’expérience dans une trentaine de pays africains pour le compte de grands bailleurs de fonds (BAD, BEI, Banque Mondiale, UE&#8230;), je dénonce dans le présent article la timidité voire l’inefficacité de cette décision pour relancer les investissements et sortir l’économie nationale de sa torpeur et je propose à la fin de mon analyse les mesures choc d’ordre monétaire qu’il faudrait prendre, à mon avis, pour provoquer un véritable soubresaut et remettre notre économie sur le chemin de la croissance et de la création d’emplois et de richesses.</p>



<p>En introduction, je voudrais faire remarquer à l’attention de mes fidèles lecteurs et lectrices qui ont déjà lu un ou plusieurs de mes précédents articles sur ce même sujet (au moins une bonne quinzaine publiés depuis trois ou quatre ans dans Kapitalis)&nbsp;que la plupart des idées et arguments que je présente dans le présent article ne sont pas vraiment nouveaux, mais quitte à me répéter, j’en reprends un certain nombre pour argumenter le présent article et convaincre les plus sceptiques et les plus hauts responsables du pays de l’inefficacité&nbsp;et de la nuisance&nbsp;de la politique monétaire que la BCT mène&nbsp;depuis 2016, et de la pertinence des mesures que je propose à la place.</p>



<p>Pour la facilité de compréhension de mon analyse, je vais la présenter, dans le langage le plus simple et accessible au grand public, idée par idée ou argument par argument.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="GBYKVByvn0"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/27/la-banque-centrale-de-tunisie-ou-la-politique-de-la-fuite-en-avant/">La Banque centrale de Tunisie ou la politique de la fuite en avant</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Banque centrale de Tunisie ou la politique de la fuite en avant » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/27/la-banque-centrale-de-tunisie-ou-la-politique-de-la-fuite-en-avant/embed/#?secret=19UKQYl0lD#?secret=GBYKVByvn0" data-secret="GBYKVByvn0" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Argument&nbsp;1 / La première fonction d’un Institut d’Emission est de financer l’activité économique</h2>



<p>Fixer et inscrire dans le statut même de la BCT que sa première mission est la lutte contre l’inflation comme l’ont fait les députés qui ont élaboré et voté cette loi de 2016 est une preuve de leur ignorance totale des enseignements de la science économique et des mécanismes de base&nbsp;de financement d’une économie. Je leur rappelle que&nbsp;la théorie monétaire est une discipline universitaire qui s’enseigne dans toutes les facultés de sciences économiques du monde et dont certains spécialistes ont obtenu le prix Nobel en économie pour leurs travaux de recherche dans ce domaine. Ne s’improvise pas économiste qui veut, surtout spécialiste en économie monétaire, une des disciplines parmi les plus complexes et difficiles de la science économique, en particulier nos ex-législateurs en herbe.</p>



<p>Ces ex-députés amateurs en politique auraient dû savoir que la première responsabilité de la BCT est d’abord de veiller à la solvabilité de l’ensemble du système bancaire (en imposant à chaque banque de détenir un minimum de réserves obligatoires pour faire face à des demandes de retraits de dépôts), ensuite de mettre à la disposition de l’ensemble des agents économiques, y compris l’Etat, assez de liquidités pour leur permettre de financer leurs activités à travers ce qu’on appelle le processus de refinancement des banques commerciales (achat et vente de titres de créance publics et privés sur le marché monétaire, ce qu’on appelle des opérations d’<em>open market</em>). Sa responsabilité dans la lutte contre l’inflation n’arrive qu’en troisième position et se limite au contrôle de la masse monétaire en circulation et la fixation du taux directeur qui sert de&nbsp; base de calcul du taux du marché monétaire (TMM) qui lui-même sert de base de calcul des taux d’intérêt débiteurs que les banques appliquent à leurs clients (TMM + une marge bénéficiaire de 4 à 5 points selon les banques, soir 12 à 13% pour un taux directeur de 8%).</p>



<p>En matière de politique monétaire, ce qui est fondamental de savoir et que les responsables de notre banque centrale semblent ignorer, est que le taux directeur d’une banque centrale est LA variable de base qui détermine l’équilibre macroéconomique général dans une économie, en assurant l’équilibre simultané sur le marché des biens et services (tel que l’épargne est égale à l’investissement) et l’équilibre sur le marché monétaire (tel que l’offre de monnaie est égale à la demande de monnaie). <em>Selon le niveau du taux directeur de la banque centrale, cet équilibre général peut correspondre à un équilibre de plein emploi sans chômage ou un équilibre de sous-emploi avec chômage involontaire, comme c’est le cas en Tunisie où la croissance économique n’a jamais été aussi faible et le chômage aussi élevé que depuis que la BCT a enclenché cette spirale infernale et stupide d’accroissement de&nbsp;</em><em>son taux directeur (Je renvoie à ce sujet les&nbsp; responsables de notre BCT aux travaux de recherche et au modèle du type keynésien IS/LM développé par Hicks et pour lesquels il a reçu le Prix Nobel en économie).</em><em></em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Argument 2 / L’inflation n’est pas seulement un phénomène monétaire&nbsp;</h2>



<p>Il n’est pas nécessaire d’être un éminent économiste ni l’un de ces &nbsp;<em>«professeurs des universités»</em> en sciences économiques qui n’ont que le titre et qui ne publient jamais aucun article, pour savoir qu’il existe quatre causes principales d&rsquo;inflation, sur trois desquelles le taux directeur de la BCT ne peut avoir aucun effet. Cette réalité explique pourquoi, malgré les huit accroissements successifs auxquels la BCT a procédé depuis sept à huit ans jusqu&rsquo;à le porter 8% depuis deux ans, celle-ci n’a jamais réussi à la ramener au niveau où elle était avant l’adoption de la loi de 2016 (4%) et l’inflation&nbsp;reste élevée encore aujourd’hui (7% pour 2024, après avoir atteint même 11,3% en 2022/2023).</p>



<p><em>Je dois faire remarquer à ce sujet que la baisse relative de l’inflation qu’on enregistre depuis deux ans n’est pas due au succès de la politique monétaire du taux directeur, comme les responsables de la BCT s’en vantent, mais à baisse de la demande intérieure en raison du blocage des salaires et de la baisse du pouvoir d’achat d’un côté, et de la détente des cours du pétrole et des matières premières sur le marché international de l’autre.</em></p>



<p>La première cause de l’inflation en Tunisie est le déséquilibre entre l’offre et la demande sur chacun des marchés de biens ou services. Lorsque l’offre globale (production locale plus importations,) diminue ou reste stable, alors que la demande globale (consommation intérieure plus exportation) augmente, les prix s’élèvent pour ajuster l’offre à la demande.</p>



<p>Ce phénomène est aggravé par l’opacité des circuits de distribution et les spéculateurs qui y sévissent à tous les niveaux.</p>



<p>Compte tenu du stress hydrique en Tunisie, de la baisse de la production agricole et des contraintes d’importations posées par la BCT pour préserver les réserves en devises pour pouvoir payer les échéances de la dette extérieure, on peut considérer que cette première cause est responsable d’au moins 30% ou 40% de l’inflation globale, sur laquelle le niveau du taux directeur ne peut avoir aucun effet.</p>



<p><em>Pire, en rendant le crédit plus cher pour les entreprises qui veulent investir et accroître leur production pour satisfaire la demande, on peut accuser cette politique du taux directeur élevé de générer et alimenter l’inflation au lieu de la combattre.</em><em></em></p>



<p>&nbsp;La deuxième cause de l’inflation est celle importée à travers notre commerce extérieur et qui est dû à l’accroissement des cours du pétrole et certaines matières premières et produits agricoles sur le marché international, aggravé par la dépréciation lente et continue du taux de change du dinar, qui est une résultante directe du déficit de notre balance des paiements.</p>



<p>Il est évident que le taux directeur de la BCT est impuissant pour lutter contre cette deuxième source de l’inflation qui est loin d&rsquo;être négligeable compte de tenu de la grande ouverture de notre économie&nbsp;</p>



<p>La troisième cause est l’accroissement des coûts de production des entreprises, salaires, matières premières, taxes, etc. Là encore, en augmentant les taux d’intérêt et les charges de financement des entreprises les obligeant à les répercuter sur leurs prix de vente si elles ne veulent pas faire faillite, on peut accuser la politique du taux directeur élevé de la BCT de contribuer à créer de l’inflation au lieu de la combattre.</p>



<p>Il ne reste donc plus à mon sens que 10 ou 20% d’inflation qui est d’origine&nbsp;strictement monétaire que la BCT pourrait combattre en augmentant son taux directeur dans l’espoir que cela va réduire les crédits accordés par les banques et donc la masse monétaire en circulation, si les conditions de réussite de cette politique sont remplies, ce qui est loin d&rsquo;être le cas comme je vais l’expliquer par la suite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Argument 3&nbsp;/ Les conditions de réussite d’une politique de type monétariste ne sont pas réunies en Tunisie&nbsp;</h2>



<p>L’ex-Gouverneur, qui est à l’origine de la loi d’indépendance de la BCT et qui l’a dirigée jusqu’à son remplacement il y moins d’un an, a appliqué sur recommandation du FMI (selon ses dires) et probablement sans le savoir (encore moins pour le nouveau qui n’est même pas un économiste spécialiste en économie monétaire mais en économie de l’énergie) une politique monétaire de type monétariste basée sur les enseignements de la théorie quantitative de la monnaie dont le chef de file est l’Américain Milton Friedmann.</p>



<p>Cette théorie repose sur une fameuse <em>«Equation de Cambridge</em>» qui stipule que lorsque la masse monétaire en circulation baisse suite à une augmentation du taux directeur (ou des réserves obligatoires imposées aux banques, une autre politique monétaire alternative), le niveau général des prix baisse automatiquement pour le même niveau de la production (PIB) si <em>la vitesse de circulation de la monnaie reste constante à court terme (nombre de fois où un dinar change de mains durant une période de temps donnée,)</em><em></em></p>



<p>Or, en Tunisie cette condition fondamentale pour la réussite d’une politique monétaire de type monétariste n’est pas remplie à cause de l’importance du secteur informel ou de ce qu’on appelle l’économie souterraine (54% du PIB selon certains experts) où le volume et le nombre de transactions s’accroît à chaque fois que la BCT élève son taux directeur,&nbsp;obligeant davantage d’opérateurs économiques à recourir à des financements hors des circuits bancaires classiques. Les économistes appellent cela les mécanismes de transmission entre l’économie réelle et l’économie monétaire, qui sont d’autant plus faibles en Tunisie que, selon une étude de Fich Solutions, seuls 35% des Tunisiens disposent d’un compte courant bancaire ou postal.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6uDZshkB1V"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-augmentation-du-taux-directeur-de-la-bct-un-remede-pire-que-le-mal/">Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-augmentation-du-taux-directeur-de-la-bct-un-remede-pire-que-le-mal/embed/#?secret=l1cttRGmh1#?secret=6uDZshkB1V" data-secret="6uDZshkB1V" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Argument 4 | L’inefficacité de la politique d’«<em>ajouter de l’eau, ajouter de la semoule»</em></h2>



<p>Ce proverbe tunisien illustre bien à mon sens la politique monétaire appliquée par la BCT depuis qu’elle est indépendante, qui consiste à lutter contre l’inflation par un accroissement de son taux directeur qui lui-même contribue à créer davantage d’inflation (en rendant plus cher les crédits pour les entreprises qui veulent investir ou accroître leur production et en les obligeant à répercuter l’accroissement de leurs charges de financement sur leurs prix de vente si elles ne veulent pas faire faillite), ce qui engendre un autre accroissement du taux directeur…&nbsp;</p>



<p>L’argument que l’ex-Gouverneur avait l’habitude de donner dans toutes ses interviews (le nouveau n’en donne tout simplement pas et autant il était omniprésent sur tous les médias audiovisuels pour se faire un nom d’économiste compétent, autant il ne fait plus aucune déclaration depuis qu’il a obtenu le poste qu’il convoitait, ainsi il ne prend pas le risque d’être critiqué et peut espérer garder son poste plus longtemps) est que le taux d’intérêt réel doit être toujours positif. Sa définition du concept de taux d’intérêt réel est la différence entre le taux directeur de la BCT et le taux d’inflation: si le dernier augmente, le premier doit augmenter aussi pour garder la même différence.&nbsp;</p>



<p>Or, il n’est pas nécessaire d’être un grand économiste et il suffit de consulter n’importe quel manuel d’économie monétaire ou même Wikipédia ou une IA pour savoir que le taux d’intérêt&nbsp; réel est la différence entre le taux d’intérêt nominal appliqué par les banques à leurs clients&nbsp;(qui seul oriente leurs comportements des agents économiques en matière de consommation, épargne, investissement, etc. ) et le taux d’inflation. Par exemple, si ma banque m’accorde un crédit au taux de 10% et que l’inflation sera de 7%, le taux d’intérêt réel (coût du capital) que je vais payer est de 3%. De même le salaire réel est le salaire nominal divisé par un + le taux d’inflation. Il en est de même du PIB réel ou de tout autre agrégat économique.</p>



<p>Avec un taux d’intérêt nominal appliqué actuellement par les banques commerciales de l’ordre de 13% et un taux d’inflation dé de 7% en 2024, le taux d’intérêt réel subi par les opérateurs économiques est de l’ordre de 6%, soit un taux largement positif qui ne justifie nullement de maintenir le taux directeur de la BCT à 7,5%. Un simple calcul arithmétique montre que, même avec une même marge bénéficiaire des banques de l’ordre de 5%, un taux directeur de l’ordre de 3 ou 4% qui aboutit à un&nbsp;taux d’intérêt débiteur appliqué par les banques de l’ordre de 8 ou 9% suffit pour que le taux d’intérêt réel reste positif et égal à 1 ou 2% (c’est le niveau du taux directeur que je vais recommander dans ma conclusion, notamment après un benchmark international avec des pays à économie similaires et concurrentes de la nôtre tels que le Maroc, la Jordanie et un grand nombre de pays ouest africains).</p>



<p>Ainsi, à cause de cette erreur de définition du concept taux d’intérêt réel (voulue ?), tous les opérateurs économiques (ménages, entreprises, Investisseurs&#8230;) payent depuis des années&nbsp;des millions de dinars d’intérêt supplémentaires injustifiés qui sont allés enrichir les poches des actionnaires des banques et qui ont asphyxié l’économie nationale et aggravé la récession économique et le chômage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Argument 5 | La baisse simultanée du taux de rémunération de l’épargne de 50 points  annule les effets possibles de la baisse de 50 points du taux directeur&nbsp;</h2>



<p>Dans l’un de mes articles, j’avais expliqué, analyse des agrégats macro-économiques à l’appui, que le problème numéro un de l’économie tunisienne, à l’origine de tous les autres (faiblesse des investissements, de la croissance économique, accroissement du chômage, de l’inflation, déficit de la balance des paiements, dépréciation du dinar, baisse du niveau de vie, etc.) <em>est la faiblesse de l’épargne nationale qui est passée de 27% du PIB en 2010 à 6% actuellement</em>. Une des causes principales est que depuis que l’inflation s’est emballée, soit pratiquement depuis 2017, le taux de rémunération de l’épargne est resté presque le même réduisant ainsi le taux de rémunération réel de l’épargne.</p>



<p>Or, les ménages ne sont pas dupes et même ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans une école, comprennent instinctivement qu&rsquo;ils n’ont pas intérêt à épargner parce qu’ils seront perdants en termes de pouvoir d’achat.</p>



<p>Pire, dans un contexte inflationniste comme celui que nous connaissons depuis plusieurs années, lorsque les opérateurs économiques n’ont pas confiance dans la capacité des autorités monétaires pour maîtriser l’inflation, ils ont tendance à accélérer leurs consommations à court terme parce qu’ils anticipent une inflation plus grande dans le futur (<em>d’après la théorie des anticipations rationnelles de Lucas)</em>.</p>



<p>C’est exactement ce qui se passe en Tunisie où la consommation intérieure ne diminue pas malgré l’augmentation continue du taux directeur de la BCT et en conséquence des taux d&rsquo;intérêt débiteurs appliqués par les banques commerciales à leurs clients. La seule résultante certaine de cette politique monétaire est une baisse de l’épargne et un accroissement de l’endettement des ménages et des entreprises.</p>



<p>Dans ce sens, je peux l&rsquo;affirmer sans me tromper que la décision de baisser de 50 points le taux de rémunération de l’épargne va à contre sens et annule les effets possibles sur le comportement des agents économiques de sa décision de réduire son taux directeur de 50 points aussi.</p>



<p>La seule explication que personnellement je trouve (il y a toujours une explication derrière chaque décision, il suffit de bien chercher) est que la BCT tient à garder intacte la marge bénéficiaire des banques qui provient de la différence entre le taux de rémunération des dépôts d’épargne qu’elles reçoivent et le taux d&rsquo;intérêt débiteur qu’elles appliquent à leurs clients. <em>A partir du moment où elles seront obligées de répercuter la baisse de 50 points du taux directeur sur leurs taux d’intérêts débiteurs, la baisse de 50 points du taux de rémunération de l’épargne leur permet de préserver leurs marges bénéficiaires. Pour moi, c’est une preuve de plus que notre banque centrale est au service des lobbies bancaires avant d’être au service de l’économie nationale</em>&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Argument 6 | La politique monétaire alternative&nbsp;</h2>



<p>A supposer que l’école de pensée monétariste à laquelle semblent adhérer consciemment ou pas l’ex comme le nouveau gouverneur de notre BCT soit juste (beaucoup d’économistes, comme moi-même, n’en sont pas convaincus &#8211; voir mon article où je présente les différentes écoles de pensées économiques et intitulé <em>«</em><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/18/quel-modele-de-developpement-economique-pour-la-tunisie-de-kais-saied/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Quel modèle de développement économique pour la Tunisie de Kais Saïed</em>&nbsp;?»</a>), à savoir qu’il suffit de contrôler la masse monétaire en circulation pour contrôler l’inflation, les économistes monétaristes eux-mêmes, Friedmann en premier lieu, mentionnent clairement qu’il existe un autre moyen pour arriver à contrôler la masse monétaire en circulation : le taux de réserves obligatoires que les banques commerciales sont tenues de détenir, par des circulaires de la banque centrale</p>



<p>Il faut savoir à ce sujet qu’en Tunisie, environ 80% de la masse monétaire en circulation est sous forme de monnaie scripturale, c’est-à-dire de monnaie créée par les banques commerciales à l’occasion des crédits qu’elles accordent à leurs clients. Or, on démontre mathématiquement, que le processus de création monétaire par les banques commerciales est une suite algébrique qui converge vers l’inverse du taux de réserves obligatoires.&nbsp;Cela veut dire qu’augmentant par circulaire le taux moyen des réserves obligatoires des banques commerciales par exemple de 5% seulement, réduit automatiquement de 20 fois leur capacité de créer de la monnaie scripturale et gonfler ainsi la masse monétaire en circulation.</p>



<p>La question que tout un chacun(e) se pose est : puisque c&rsquo;est si facile et plus efficace, pourquoi la BCT n’applique-t-elle pas cette politique des réserves obligatoires? La seule réponse que j’ai est que si elle le fait, les banques commerciales vont pouvoir accorder beaucoup moins de crédit et donc gagner beaucoup moins de bénéfices alors qu’en augmentant son taux directeur, les banques commerciales vont faire beaucoup plus de bénéfices, surtout à cause de cet article 25 de la loi de 2016 qui interdit au Trésor d’emprunter directement auprès de la banque centrale et l’oblige à émettre des bons du Trésor dont le taux de rémunération est d’autant plus élevé que le taux directeur de la BCT est élevé<em>. C’est aussi simple et aussi choquant que cela.&nbsp;Un économiste qui enseigne et vit au Canada, Moktar Lamari pour ne pas le nommer, dont les analyses et conclusions rejoignent totalement les miennes, parle de «vampirisation» de l’économie nationale par le lobby bancaire avec la BCT à sa tête, un terme que je n’ai jamais entendu ou lu mais que je reprends à mon compte. </em><em></em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="jJx0Dp17kB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/25/banque-centrale-de-tunisie-oui-lamendement-de-la-loi-de-2016-simpose/">Oui à l&rsquo;amendement de la loi de 2016 sur le statut de la BCT</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Oui à l&rsquo;amendement de la loi de 2016 sur le statut de la BCT » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/25/banque-centrale-de-tunisie-oui-lamendement-de-la-loi-de-2016-simpose/embed/#?secret=G3w2DnvSbn#?secret=jJx0Dp17kB" data-secret="jJx0Dp17kB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Argument 7 | Opacité des décisions de la BCT&nbsp;</h2>



<p>Aujourd’hui, la mode parmi les hauts responsables de l’Etat est de se cacher derrière telle ou telle commission, tel ou tel conseil d’administration ou structure administrative pour échapper à leurs responsabilités et ne pas subir les conséquences de leurs décisions. Cela permet aussi de donner l’impression au public que c’était la bonne décision à prendre puisqu’elle a été débattue et votée souvent à l’unanimité des membres de cette structure administrative ou CA.</p>



<p>Dans le cas de la BCT, aussi bien l’ex que le nouveau gouverneur excellent dans cet art dilatoire de responsabilité et commencent toujours la moindre déclaration par : le CA a décidé&#8230; comme s’ils ne sont eux-mêmes que les porte-paroles de leur CA et non pas des Gouverneurs&nbsp;payés 120 000 dinars par an avec Mercedes, chauffeur, etc., pour tracer et assumer la responsabilité de la politique monétaire à mener dans le pays. &nbsp;</p>



<p>A propos de ce mystérieux CA de la BCT, il faut savoir que la liste, les CV, et l’expérience de ses membres n’est jamais été publiée. C’est déjà une entorse de taille à la transparence des décisions prises par ce fameux CA. Tout ce qu’on sait est qu’ils sont une vingtaine, souvent des directeurs généraux d’administration nommés par leur ministre de tutelle pour représenter leurs départements ministériels au sein du CA de la BCT, en plus de trois économistes universitaires nommés par le Gouverneur lui-même ou sur sa proposition. A ce sujet, deux remarques s’imposent.</p>



<p>La première est que les différents directeurs généraux d’administration, membres du CA de la BCT, peuvent être très compétents dans leurs domaines respectifs (agriculture, industrie, commerce, transport, etc.) mais n’ont certainement pas une formation en économie monétaire suffisante pour savoir quelles sont les fondements théoriques de la politique monétaire qu’ils ont en train d’appliquer, quelles autres politiques monétaires possibles pour maîtriser l’inflation, quel est le rôle et l’impact du taux directeur non seulement sur l’inflation mais aussi sur le niveau auquel s’établit l’équilibre macroéconomique général, à quelles conditions l’équation de Cambridge, qu’ils sont en train d’appliquer et dont ils n’ont certainement jamais entendu parler, pourrait-elle réussir…</p>



<p>La deuxième remarque est que les trois économistes universitaires qui sont censés éclairer leur collègues non économistes sur les enseignements de la théorie monétaire et les différentes politiques monétaires possibles pour lutter contre l’inflation selon les différentes écoles de pensée économique (monétariste, keynésienne, néolibérale), sont nommés d’une façon opaque par le gouverneur sur la base d’affinités d’idées quand ce n’est pas de relations personnelles. Personnellement, cela m’intéresse beaucoup de savoir à travers la lecture de leurs publications scientifiques (au cas où ils en ont, ce qui n’est souvent pas le cas), s’ils appartiennent bien chacun à l’une de ces&nbsp; trois écoles et procèdent bien à des débats contradictoires avant de proposer à leurs collègues ou au gouverneur de prendre telle ou telle décision. Le philosophe allemand Hegel ne disait-il pas que c’est seulement&nbsp;<em>de la contradiction que naît la vérité?</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Argument 8 / Benchmark&nbsp;</h2>



<p>Admettons que je ne comprends rien à l’économie monétaire et que Hicks ne méritait pas le Prix Nobel en économie qui lui a été décerné pour ses travaux de recherche sur lesquels je me base dans mes analyses, montrant sans équivoque le lien entre le taux directeur d’une banque centrale et le niveau auquel s’établit le niveau du PIB et donc le taux de croissance économique d’un pays, il y a quand même des comparaisons internationales (benchmark) qui parlent d’elles-mêmes.&nbsp;</p>



<p>Je ne vais pas citer des pays développés comme la Grande-Bretagne ou le Japon ou les Etats-Unis&#8230; des pays desquels des années lumières nous séparent tant en termes de transparence de leurs politiques monétaires que de compétence des gouverneurs de leurs banques centrales et des résultats qu’ils arrivent à obtenir, mais de pays proches et de taille et niveau de développement proches de la Tunisie.</p>



<p>Au Maroc, un pays où l’économie est basée essentiellement sur les phosphates, l’agriculture et le tourisme, comme la nôtre, le taux directeur de la banque centrale est de 2,25%, le taux d’inflation annuelle pour l’année 2024 est de 0,8% (ce n’est pas une erreur de frappe, je dis bien 0,8% par an et non pas par mois comme chez nous) et le taux de croissance économique est de 3,5% avec 3,9% attendu pour 2025 selon le FMI (contre, je le rappelle, un taux directeur de 7,5% selon la dernière décision de la BCT, un taux d’inflation officiel en 2024 de 7% et un taux de croissance de 1,4% en Tunisie).</p>



<p>Dans les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) qui partagent une monnaie commune, le <em>«franc CFA»</em> et une politique monétaire gérée par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO&nbsp;: Bénin, Burkina Faso, Côte d&rsquo;Ivoire, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo), le taux directeur actuel est de 3,5%, le taux d’inflation en glissement annuel s’est établi à 2,6% en décembre 2024 et le taux de croissance du PIB réel pour la même année 2024 s’est établit à 6,2%.</p>



<p><em>Est-ce que ces dirigeants des banques centrales africaines, auxquels on a tendance à se croire supérieurs parce qu’on a la peau plus claire, sont plus compétents que les nôtres? Il y a lieu de le croire. En tout cas, moi je le crois sur la base de leurs performances en matière de bonne gouvernance économique par rapport à celles de nos responsables.</em><em></em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion&nbsp;</h2>



<p>Pour cet article, j’ai deux conclusions, l’une est sérieuse et professionnelle et l’autre est humoristique.</p>



<p>Sur le plan professionnel, je considère d’après ma formation d’économiste, mon suivi régulier de tous les indicateurs et agrégats macro-économiques et mon expérience internationale, que notre économie est non seulement malade mais elle est même mourante (je ne lui donne pas plus de trois ou quatre ans de survie, avant la banqueroute de l’Etat, le défaut de paiement et le passage devant les créanciers des&nbsp;clubs de Paris pour négocier le rééchelonnement la dette publique et&nbsp;celui&nbsp;de Londres pour la dette privée, avec à la clé une explosion sociale à côté e laquelle la révolté du pain de1980 et la révolution&nbsp;&nbsp;de 2011 apparaîtront comme des incidents mineurs).</p>



<p>Or, quand quelqu’un est mourant, le seul espoir de le sauver est un électrochoc. <strong><em>Dans le cas de notre économie, cet électrochoc doit consister à mon avis en une baisse de 4 points du taux directeur pour le ramener à 3,5%, simultanément qu’une augmentation de 4 points du taux moyen de réserves obligatoires des banques pour limiter drastiquement leur capacité à créer de la monnaie et une augmentation de 2 points du taux de rémunération de l’épargne pour le porter à 8,5% et encourager l’épargne, source de l’investissement, de la création d’emplois et de croissance économique.</em></strong>&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Je parie publiquement tous mes diplômes obtenus de trois des meilleurs universités du monde (Sorbonne, et Dauphine en France et MIT aux Etats-Unis) et mes vingt ans d’expérience internationale dans une trentaine de pays, que dans délai six mois au maximum, les opérateurs économiques reprendront confiance, les investissements et la croissance économique seront relancés et le sang recommencera à couler dans les veines de notre économie. <em>Si le Gouverneur de la BCT et son CA ne veulent pas prendre ces mesures, c’est au président Kaïs Saïed, premier responsable du pays et du sort de son économie, de le faire par décret présidentiel s’il le faut</em>.</p>



<p>Ma conclusion d’ordre humoristique est basée sur un article que j’avais publié il y a deux ans environ dans cette même magazine Kapitalis intitulé «<em><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/21/la-politique-monetaire-de-la-banque-centrale-de-tunisie-jugee-par-lia/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La politique monétaire de la BCT jugée par l’IA</a>»</em>. Dans cet article, j’avais reproduit la réponse intégrale de ChatGPT 4 à la question que je lui avais posée d’évaluer la politique monétaire suivie par notre banque centrale. J’avais été frappé et même impressionné par la pertinence de sa réponse, la profondeur de son analyse et la perspicacité de ses conclusions qui rejoignaient totalement les miennes. Il a reconnu que la politique monétaire suivie par la BCT est&nbsp; d’ordre monétariste, basée sur la théorie quantitative de la monnaie et l’équation de Cambridge dont il a reproduit la formule exacte et expliqué la signification de chacun des paramètres ainsi que&nbsp;les hypothèses sous-jacentes pour son succès. Il a identifié que ces hypothèses ne se vérifient pas en Tunisie à cause de l’importance du secteur informel qui affaiblit le mécanisme de transmission entre l’économie réelle et l’économie monétaire&#8230; Ainsi, sans avoir jamais mis les pieds en Tunisie (puisqu’il n’en a pas !), il semble connaître la structure de l’économie tunisienne et la sociologie de sa population mieux que les responsables de notre BCT qui y vivent!</p>



<p>D’où m’est venue l’idée de proposer au Président Kais Saïed de nommer comme Gouverneur de la BCT Monsieur ChatGPT (ou Mme l’IA, pour ne pas être accusé de sexisme). Lui au moins, il n’aurait pas besoin d’un salaire annuel de 120 000 dinars, d’une Mercedes avec chauffeur,&nbsp;d’une autre voiture pour sa femme et ses enfants (puisqu&rsquo; il n’en a pas) et de billets en classe affaires pour ses allers et retours à Washington ou Davos. Les opérateurs économiques seront contents puisqu’ ils auront moins d’intérêt à payer sur leur crédit, la croissance économique reprendra, les chômeurs trouveront du travail et le budget de l’Etat fera l’économie du salaire et avantages du Gouverneur. Que demande le peuple ?</p>



<p>&nbsp;<em>PS : Ceux et celles que la morosité de l’actualité économique, politique et culturelle dans notre pays déprime comme elle me déprime, peuvent visiter mon blog <a href="https://sadokzerelli.blogspot.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«Poèmes de la vie»</a> pour y lire des poèmes d’ordre métaphysique où je laisse mon esprit voyager dans le temps et l’espace&nbsp;à la recherche de sérénité et de sens de notre passage éphémère sur cette belle planète qu’on appelle la Terre, un grain de sable dans l’immensité de l’univers&#8230;</em></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/02/la-bct-baisse-son-taux-directeur-de-50-la-montagne-accouche-dune-souris/">La décision de la BCT de baisser son taux directeur de 50 points ou quand la montagne accouche d’une souris !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>La BCT cherche à protéger l’économie tunisienne des risques inflationnistes</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/29/la-bct-cherche-a-proteger-leconomie-tunisienne-des-risques-inflationnistes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Mar 2025 12:51:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale]]></category>
		<category><![CDATA[Bassem Ennaifar]]></category>
		<category><![CDATA[croissance]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[investissement]]></category>
		<category><![CDATA[taux directeur]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La BCT cherche à mettre en place les meilleures conditions pour le bon fonctionnement de l’économie tunisienne. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/29/la-bct-cherche-a-proteger-leconomie-tunisienne-des-risques-inflationnistes/">La BCT cherche à protéger l’économie tunisienne des risques inflationnistes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em> «La décision de la Banque centrale de Tunisie de <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/27/tunisie-le-taux-directeur-fixe-a-75-50-points-de-base/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">réduire le taux directeur </a>de la BCT de 50 points de base de 8% à 7,5% s’inscrit dans le cadre d’une politique d’ajustement progressive, lui permettant d’être toujours en mesure de maîtriser les prix, tout en mettant en place les meilleures conditions pour le bon fonctionnement de l’économie».</em></strong></p>



<span id="more-16015499"></span>



<p>C’est ce qu’a indiqué, vendredi 28 mars 2025, l’analyste économique et financier, Bassem Ennaifar, dans une interview accordée à l’<a href="https://www.tap.info.tn/fr/Portail-%C3%A0-la-Une-FR-top/18595722-bct-la-baisse-du" target="_blank" rel="noreferrer noopener">agence Tap</a>, estimant que <em>«la BCT a trouvé le juste milieu des solutions intermédiaires entre la concrétisation des résultats et des avancées réalisées au niveau de maîtrise de l’inflation, d’une part, et d’autre part, la protection de notre économie nationale des risques inflationnistes, qui peuvent résulter des évolutions des prix sur le marché international, ou de la hausse de la demande locale, favorisée par la hausse salariale, d’autre part»</em>.</p>



<p>De même, l’Institut d’émission s’est retrouvé dans l’obligation de stimuler la croissance économique, à travers, entre autres, la facilitation de l’accès au financement, grâce surtout à la réduction de son taux directeur, d’autant plus que l’inflation s’est inscrite, depuis des mois, sur une courbe descendante, a ajouté Ennaifar.</p>



<p>Pour rappel, le taux directeur de la BCT a été révisé à la hausse pour atteindre 8%, depuis le mois de décembre 2022, afin de faire face à une inflation à deux chiffres, engendrée, notamment, par l’accroissement des prix des produits de base à l’échelle internationale, causé essentiellement par le conflit russo-ukranien.</p>



<p><em>«Aujourd’hui nous sommes dans une période où l’inflation est relativement maîtrisée, bien qu’elle soit toujours élevée au niveau de 5,7%, mais elle a significativement baissé par rapport au pic enregistré en 2022, et donc il est légitime que les opérateurs économiques demandent une baisse du taux directeur pour accéder aux financements»</em>, a noté l’économiste. Et d’ajouter que <em>«la BCT est consciente que la baisse de 50 points de base du taux directeur ne va pas révolutionner la demande de financement et relancer l’investissement, mais cela lui permettra de suivre de près l’évolution des prix»</em>.</p>



<p>Si les prix confirment leur tendance baissière, la BCT pourrait, dans quelques mois, baisser encore davantage son taux directeur. Mais si reviennent en hausse, elle serait contrainte d’adopter des politiques monétaires encore plus strictes n’excluant la révision à la hausse du taux directeur, estime Ennaifar.</p>



<p>En ce qui concerne les ménages, cette légère baisse du taux directeur n’aura pas, d’après lui, d’importantes répercussions immédiates sur les crédits de consommation. Par contre, elle pourrait stimuler les financements destinés à l’acquisition de logements. A ce propos, les banques pourraient se focaliser sur l’octroi de crédits à taux variables afin de pouvoir maintenir leur niveau de profit.</p>



<p>Pour rappel, le nouvel article 412 de la Loi du 2 août 2024 (Code de commerce) stipule que toute personne ayant obtenu un prêt dont la durée est supérieure à 7 ans avec un taux fixe, et ayant remboursé 3 ans, peut bénéficier d&rsquo;une réduction du taux d&rsquo;intérêt sur le capital restant dû.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="FOEjDhLKOM"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/27/tunisie-le-taux-directeur-fixe-a-75-50-points-de-base/">Tunisie | Le taux directeur fixé à 7,5% (-50 points de base)  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Le taux directeur fixé à 7,5% (-50 points de base)   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/27/tunisie-le-taux-directeur-fixe-a-75-50-points-de-base/embed/#?secret=aXqsX9Gs3d#?secret=FOEjDhLKOM" data-secret="FOEjDhLKOM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/29/la-bct-cherche-a-proteger-leconomie-tunisienne-des-risques-inflationnistes/">La BCT cherche à protéger l’économie tunisienne des risques inflationnistes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie &#124; Le taux directeur fixé à 7,5% (-50 points de base)  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/27/tunisie-le-taux-directeur-fixe-a-75-50-points-de-base/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 07:49:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[avoirs en devises]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale]]></category>
		<category><![CDATA[BCT]]></category>
		<category><![CDATA[déficit courant]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[taux de change]]></category>
		<category><![CDATA[taux directeur]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La BCT réduit son taux d’intérêt directeur de 50 points de base à 7,5%, après que  l’inflation ait montré des signes de ralentissement. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/27/tunisie-le-taux-directeur-fixe-a-75-50-points-de-base/">Tunisie | Le taux directeur fixé à 7,5% (-50 points de base)  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Comme attendu et revendiqué depuis deux ou trois ans par les opérateurs économiques et financiers, le Conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie (BCT) a enfin décidé, lors de sa réunion du 26 mars 2025, de réduire son taux d’intérêt directeur de 50 points de base à 7,5%.</em></strong></p>



<span id="more-15991458"></span>



<p>Cette décision, qui reflète l&rsquo;engagement du conseil de la BCT en faveur de la stabilité des prix, sans négliger le soutien à la croissance, entrera en vigueur à partir du 27 mars 2025, indique la BCT dans son communiqué publié hier.</p>



<p>A cet effet, les facilités de dépôt et de prêt à 24 heures ont été ramenées respectivement à 6,5% et 8,5%.</p>



<p>Le Conseil a, également, décidé d&rsquo;abaisser à 6,5% le taux minimum de rémunération de l’épargne.</p>



<p><em>«Au vu des incertitudes grandissantes, le Conseil continuera de surveiller de près les risques aussi bien internes qu’externes entourant les perspectives d’inflation et se tiendra prêt à prendre les décisions nécessaires»</em>, a encore précisé l&rsquo;institut d’émission.</p>



<p>Lors de la réunion, le Conseil a passé en revue les récents développements économiques et financiers aussi bien à l’échelle internationale que nationale, ainsi que les perspectives de l’inflation.</p>



<p><strong><em>Croissance en hausse&nbsp;:</em></strong> sur le plan national, la croissance économique s’est maintenue sur une tendance haussière au dernier trimestre 2024 pour atteindre 2,4% (en glissement annuel) contre 1,8% le trimestre précédent et ce, grâce, notamment, au renforcement de l’activité dans le secteur des services et de l’agriculture.</p>



<p><strong><em>Hausse du déficit courant</em></strong>&nbsp;: au niveau du secteur extérieur, le déficit courant s’est situé à 1 654 MDT (ou 0,9% du PIB) au terme du mois de février 2025, contre 113 MDT (ou 0,1% du PIB) un an auparavant, en raison, notamment, du creusement du déficit commercial (-3 518 MDT contre -1 780 MDT à fin février 2024), et ce, en dépit de la bonne tenue des recettes touristiques et des revenus de travail.</p>



<p><strong><em>Baisse des avoirs en devises&nbsp;:</em></strong> à la date du 25 mars 2025, les avoirs nets en devises se sont élevés à 22,9 milliards de dinars (ou 100 jours d’importation), contre 27,3 milliards (ou 121 jours) à fin décembre 2024. Le taux de change du dinar reste résilient vis-à-vis des principales devises.</p>



<p><strong><em>Ralentissement de l’inflation</em></strong>&nbsp;: l’inflation continue à montrer des signes de ralentissement pour s’établir à 5,7% au mois de février 2025 contre 6% le mois précédent.</p>



<p>Cette atténuation a été favorisée, particulièrement, par la détente de l’inflation des produits à prix administrés (2,2% contre 3,8%) en relation avec la réduction de la TVA sur les prix à la consommation de l’électricité et le maintien du gel des prix des principaux produits et services.</p>



<p>En revanche, l’inflation sous-jacente <em>«hors produits alimentaires frais et produits à prix administrés»</em> a légèrement augmenté pour s’établir à 5,1% en février 2025 contre 5,0% le mois précédent.</p>



<p>De leur côté, les prix des produits alimentaires frais continuent à évoluer sur un palier relativement élevé, soit 13,3% contre 13,2% en janvier 2025. La BCT a noté que les réalisations récentes de l’inflation ont engendré une révision à la baisse des perspectives de l’inflation au cours de la période à venir.</p>



<p>Toutefois, les augmentations des salaires, aussi bien dans le secteur privé que public, devraient occasionner des pressions à la hausse sur les coûts de production et stimuler davantage la demande dans un contexte des capacités de production moins dynamiques, en relation particulièrement avec le stress hydrique persistant et le rythme lent dans la mise en place des réformes stratégiques. Cette situation pourrait entraver, selon la BCT, une baisse plus sensible de l’inflation à court terme.</p>



<p>En termes de moyennes annuelles, le taux d’inflation devrait revenir de 7% en 2024 à 5,3% en 2025.</p>



<p>Selon l’institut d’émission, la trajectoire future de l’inflation reste entourée de plusieurs risques haussiers. Elle serait particulièrement tributaire de l’évolution des prix internationaux des principaux produits de base et des matières premières, de la dynamique de la demande et de la capacité de gérer le déséquilibre du budget de l’Etat.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/27/tunisie-le-taux-directeur-fixe-a-75-50-points-de-base/">Tunisie | Le taux directeur fixé à 7,5% (-50 points de base)  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Quel modèle de développement économique pour la Tunisie de Kais Saïed?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/18/quel-modele-de-developpement-economique-pour-la-tunisie-de-kais-saied/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Mar 2025 09:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[cartel bancaire]]></category>
		<category><![CDATA[endettement]]></category>
		<category><![CDATA[FMI]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saied]]></category>
		<category><![CDATA[modèle de développement]]></category>
		<category><![CDATA[Sadok Zerelli]]></category>
		<category><![CDATA[taux directeur]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'auteur propose au président Kais Saïed un modèle de développement qui tient compte de sa vision politique et de ses valeurs et lui permettront de transformer ses rêves pour la Tunisie en réalité.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/18/quel-modele-de-developpement-economique-pour-la-tunisie-de-kais-saied/">Quel modèle de développement économique pour la Tunisie de Kais Saïed?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’auteur de cet article, un économiste universitaire ayant enseigné différentes disciplines de l’économie pendant vingt ans et l’ayant pratiqué en tant que consultant international pendant vingt autres années, se livre à un exercice inédit&nbsp;: associer à chacun des présidents qui ont gouverné la Tunisie depuis son indépendance, le nom d’un grand économiste dont lui ou son gouvernement ont appliqué les idées souvent sans le savoir. Il propose à la fin de son analyse au président Kais Saïed une école de pensée économique et les axes d’un modèle de développement qui tiennent compte de sa vision politique et de ses valeurs et lui permettront de transformer ses rêves pour la Tunisie en réalité. Un article très pédagogique et didactique à lire et à faire lire aux plus hauts responsables du pays.</em></strong></p>



<p><strong>Dr. Sadok Zerelli</strong></p>



<span id="more-15915945"></span>



<p>Il est un fait connu de tout le monde qu’il est plus facile de critiquer que de proposer et plus facile de détruire que de construire.</p>



<p>Conscient de cela, j’ai toujours fais personnellement des efforts dans tous les articles que j’ai publiés dans Kapitalis depuis quatre ou cinq ans (une bonne trentaine) de ne pas tomber dans ce travers et de proposer toujours une voie de sortie ou une solution, que je pense est la plus adaptée aux problématiques économiques que j’analyse dans ces articles, qu’il s’agisse de la politique monétaire suivie par la BCT, ou de la décision de Kais Saïed de rompre les relations avec le FMI, ou même de cette dernière loi catastrophique sur les chèques qui s’avère non pas <em>avant-gardiste</em> en engendrant un moindre usage des billets de banques dans l’économie, comme le proclamaient haut et fort sur tous les médias ses auteurs et défenseurs, mais bien <em>arrière-gardiste</em> qui s’est traduite, au contraire, par l’accroissement des paiements en espèces dont le montant a explosé depuis la promulgation de cette loi, comme malheureusement je l’avais prédit dans quatre ou cinq articles que j’avais consacrés à ce sujet (Notamment le dernier en date <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/04/dix-questions-aux-auteurs-de-la-nouvelle-loi-sur-les-cheques/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘Six questions aux auteurs de la nouvelle loi sur les chèques’’</a>).</p>



<p>Il est une réalité aussi relevée par l’opinion publique, tous les responsables politiques et tous les observateurs économiques, qu’alors que les plus grands défis qui se posent pour la Tunisie depuis quelques années déjà sont d’ordre économique, la démission des économistes de ce pays devant leurs responsabilités est flagrante et leur silence est assourdissant.</p>



<p>En effet, à part moi-même et quelques autres économistes qui se comptent sur les doigts d’une seule main, dont le Professeur Hachemi Alaya, l’un des meilleurs économistes que ce pays a enfantés et l’un des rares qui méritent de porter le titre de <em>«Professeur des Universités»</em> en sciences économiques, contrairement à plus de deux mille autres (dont je n’ai pas l’honneur de faire partie), dont on n’entend&nbsp;ni ne lit jamais les analyses, à part quatre ou cinq bien introduits dans les cercles médiatiques et qui sont d’ailleurs toujours les mêmes à occuper le devant de la scène audiovisuelle et dont la superficialité et la&nbsp; banalité des analyses font à mon avis honte à la profession.</p>



<p><strong>Un modèle développement pour quelle Tunisie ?</strong></p>



<p>J&rsquo;ai tenu à préciser dans le titre de cet article que mon objectif final à travers cet essai est de proposer un modèle de développement pour la Tunisie de 2025 gouvernée par Kais Saïed, qui n’est pas celle de 1956-1987 gouvernée par Bourguiba, ni celle de 1987-2010 gouvernée par Ben Ali, ni celle de 2011-2019 gouvernée par le tandem Ghannouchi/Caïd Essebsi, suite à leur fameuse rencontre à Paris et leur entente pour se partager le pouvoir, l’un au Palais du Bardo et l’autre au Palais de Carthage.</p>



<p>En effet, il est clair que tant sur le plan du contexte politique international, que démographique et sociologique propres à la Tunisie ainsi que politique, il y a eu de grands changements d’une période à l’autre, dont on doit compter si on veut être réaliste et appliquer avec rigueur la maxime de l’homme le plus riche du monde et le génie du temps modernes, Elon Musk, à savoir : <em>un problème bien posé est un problème à moitié résolu.</em></p>



<p>Ainsi, sur le plan du contexte international et si je m’en tiens à comparer les deux périodes les plus extrêmes dans le temps, celle de Bourguiba et celle de Kais Saïed, il est évident qu’il y a une grande différence entre le contexte de la guerre froide et de la vive compétition entre les blocs Est et Ouest des années 1960/1970 et celle de la guerre d’Ukraine avec domination des Etats-Unis comme seule superpuissance mondiale qu’on vit actuellement. Même la personnalité et le charisme des principaux dirigeants du monde ne sont plus les mêmes : on ne peut pas comparer un Donald Trump à un John Kennedy ou un Emanuel Macron à un Charles De Gaulle&#8230;</p>



<p>Sur le plan démographique et sociologique, on ne peut pas comparer la Tunisie de Bourguiba avec des familles souvent nombreuses et une mère souvent au foyer qui s’occupent bien de ses enfants à la Tunisie Kais Saïed avec des familles de deux ou trois enfants, des mères qui travaillent et des enfants souvent livrés à eux-mêmes. Les jeunes ne sont plus les mêmes et n’ont plus les mêmes valeurs et visions de la vie : entre jouer à la toupie ou aux billes et lire Taha Hussein, comme ma génération le faisait du&nbsp; temps de Bourguiba, et lire Harry Potter et naviguer sur&nbsp;Tik-Tok ou Facebook comme le font les enfants d’aujourd’hui, il y de sacrées différences qui impactent la personnalité et les comportements des jeunes et donc des futurs consommateurs et producteurs qu’ils seront.</p>



<p>Sur le plan du régime politique aussi, et sans trop m’avancer sur ce terrain miné et courir le risque de détourner l’objet de cet article qui est d’ordre économique et non politique, je dirais que le type de régime présidentiel, la répartition des pouvoirs au sein d’un même type, et les dispositions des constitutions de 1958, 2014 et 2021 sont forts différentes, ce qui doit être pris en compte dans le choix du modèle de développement économique à proposer à Kais Saïed, car le lien entre l’économique et le politique n’est plus à démontrer.</p>



<p><strong>Les sciences économiques, au pluriel&nbsp;</strong></p>



<p>Ce n’est pas un hasard qu’on ne parle pas de la science économique au singulier mais des sciences économiques au pluriel, parce qu&rsquo;il existe effectivement plusieurs écoles de pensée qui présentent chacune une vision différente du type de société visé, des objectifs à atteindre en matière de répartition de la richesse nationale entre plusieurs classes de la société et des politiques économiques les plus efficaces pour y arriver.&nbsp;</p>



<p><em>L&rsquo; objet de cet article, qui se veut pédagogique et didactique, est justement de présenter et d’expliquer dans le langage le plus simple accessible au grand public, les principales écoles de pensées économiques, d’identifier laquelle se trouve à la base des différentes politiques économiques menées en Tunisie depuis son indépendance et de </em>«marier»<em> chacun des Présidents qui ont gouverné notre pays au grand économiste, considéré comme le chef de file de l’école de pensée, dont ce Président ou son gouvernement a épousé les idées et les a appliquées consciemment ou pas. L’objectif final est d’identifier pour le Président Saïed, qu’on peut considérer comme encore </em>«célibataire»<em> dans le sens où il est manifestement encore à la recherche de l’école de pensée économique avec laquelle il pourrait&nbsp;</em>«se fiancer»<em> et qui lui permettrait de réaliser le modèle de société dont il rêve pour la Tunisie de l’après le 25 juillet 2021.</em></p>



<p><strong>Le couple Bourguiba/Keynes&nbsp;</strong></p>



<p>John Maynard Keynes (1883-1946) est un économiste anglais qui a probablement le plus marqué l’histoire de la pensée économique, plus même que le fondateur de l’économie en tant que discipline, Adam Smith (1723-1790), qui a été anoblit par la reine d’Angleterre pour ses travaux de recherche synthétisés dans son fameux livre qui s’enseigne encore dans toutes les facultés de sciences économiques dans le monde (‘‘<em>La Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie’’,1936</em>). Dans ce livre, il remet en question les idées classiques et néoclassiques en vigueur à son époque, selon lesquelles l’économie s’autorégule et le marché assure naturellement et <em>à long terme</em> le plein emploi. Keynes montre dans cet ouvrage que l’économie peut rester bloquée à court terme en situation de sous-emploi (chômage et récession persistants) et que l’intervention de l’État est nécessaire pour relancer l’activité économique.&nbsp;Un de ses arguments est sous la forme d’une boutade restée célèbre qui a consisté à dire que,&nbsp;même si les classiques et néoclassiques avaient raison de considérer que le libre fonctionnement du marché permet d’atteindre à long terme le plein emploi<em>,&nbsp;«à long terme on est tous morts</em>», et personne ne sera encore là pour le vérifier&nbsp;!</p>



<p>La pensée keynésienne repose sur quatre idées fondamentales très novatrices à cette époque qui était dominée par la pensée néoclassique :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>la demande globale (consommation publique et privée + investissement + exportation) est le moteur de la croissance économique;</li>



<li>une politique budgétaire expansionniste, qui consiste à augmenter les dépenses publiques même en recourant s’il le faut à un budget volontairement déficitaire, permet de relancer la croissance et résorber le chômage;</li>



<li>il faut baisser les impôts directs et indirects pour stimuler la consommation et l’investissement, donc la croissance économique;</li>



<li>il faut appliquer une politique monétaire accommodante basée sur la réduction du taux directeur de la banque centrale et de faibles taux d’intérêt bancaire pour inciter les entreprises et les ménages à emprunter et à investir.  </li>
</ul>



<p>La pensée keynésienne a été appliquée avec succès par tous les pays occidentaux à la sortie de la deuxième guerre mondiale (notamment par le ‘New Deal’ du Président Roosevelt aux Etats-Unis), et a généré ce qu’on appelle encore aujourd’hui avec nostalgie <em>«les trente glorieuses»</em> en référence aux trente années durant lesquelles les principaux pays occidentaux ont connu une forte croissance économique sans chômage et une nette élévation des niveaux de vie (1950-1980).</p>



<p>Bourguiba, un grand visionnaire comme l’était Keynes, a su épouser les idées de ce dernier et a lancé dès le début de l’indépendance un vaste programme d’emploi massif de dizaines de milliers de chômeurs sur des chantiers qu’il savait pratiquement improductifs mais qui permettaient de leur distribuer des salaires pour augmenter leur consommation et donc la demande globale.</p>



<p>Dans le domaine de l’investissement, autre composante de la demande finale, sa politique économique d’inspiration keynésienne s’est traduite par la création de grands pôles de développent régionaux (raffinerie à Bizerte, usine de cellulose à Kasserine, de sucre à Béja, chimique à Gabès, El-Fouledh à Menzel Bourguiba, etc.), souvent financés par le recours à l’endettement extérieur, et une politique monétaire accommandante de la part de la BCT qui se traduisait par de faibles taux d’intérêt, comme le préconisait Keynes.</p>



<p><em>Soixante ans après, on peut dire avec le recul que le couple Bourguiba/Keynes a plutôt bien réussi à relever les défis qui se posaient à l’époque et que leurs progénitures, en l’occurrence toute ma génération, en ont largement profité sous forme d’enseignement gratuit, de bourses d’études, de soins médicaux gratuits, etc.</em></p>



<p><strong>Le couple Nouira/ Marshall</strong></p>



<p>Après l’échec cuisant en 1969 de la politique collectiviste des coopératives agricoles prônée par Ahmed Ben Salah, Bourguiba en véritable <em>«animal»</em> politique qu’il était, a effectué un virage de 180° et a confié les rênes de la politique économique à Hedi Nouira, Gouverneur de la Banque Centrale, qui ne cachait pas ses idées libérales. Celles-ci sont basées sur les enseignements de l’école néoclassique, menée par Alfred Marshall (1842-1924) qui, par son ouvrage ‘‘<em>Principles of Economics</em>’’ (1890), a joué un rôle central dans la formalisation de cette école de pensée, notamment en développant les concepts <em>d’élasticité</em>et de <em>coût marginal</em> et en structurant l’économie comme une discipline mathématisée et analytique.</p>



<p>L’idée à la base de cette théorie est que les marchés sont efficaces et que l’offre et la demande déterminent naturellement le niveau des prix et le volume de la production. Son hypothèse de base est qu’il existe un «<em>Homo œconomicus</em>», un être imaginaire parfaitement rationnel et bien informé, qui cherche toujours à maximiser sa fonction d’utilité tandis que les entreprises cherchent toujours à maximiser leurs bénéfices.</p>



<p>Contrairement à l’école keynésienne, l’école néoclassique préconise que l’Etat ne doit pas intervenir dans la vie économique d’un pays et qu’il doit juste assumer ses fonctions régaliennes de puissance publique (justice, police, diplomatie, armée, etc.).</p>



<p>Un des enseignements de cette théorie est que tous les facteurs de production (travail et capital) doivent être rémunérés selon leur productivité marginale (supplément de production) en particulier les travailleurs, justifiant ainsi l’inégalité des salaires entre les cadres et les ouvriers et la distribution inégale du revenu national entre les travailleurs et les capitalistes et entre les classes sociales.</p>



<p>Avec l’élection de Margaret Thatcher au Royaume-Uni et de Ronald Reagan aux États-Unis au début des années 1980, deux dirigeants mondiaux conservateurs, cette école de pensée néoclassique, qui date du XIX<sup>e</sup> et du début du XX<sup>e</sup> siècle, est redevenue à la mode.</p>



<p><em>Ce sont les idées de cette école de pensée, qu’on appelle aussi l’école marginaliste, qui ont inspiré Hedi Nouira pour promulguer la fameuse loi de 1972 qui ouvre largement les portes de la Tunisie aux investissements directs étrangers (IDE), en tablant sur les bas salaires des ouvriers qui doivent être payés, conformément à la théorie néoclassique, selon leur productivité marginale qui est faible en raison de leurs faibles qualifications.</em></p>



<p><strong>Le couple Ben Ali / Lucas</strong></p>



<p>L’économiste American Robert Lucas (1937-2023) a expliqué dans son célèbre livre ‘‘<em>Les anticipations rationnelles</em>’’ (1970), que les individus anticipent les décisions économiques du gouvernement, ce qui rend inefficaces les politiques de relance keynésiennes.</p>



<p>L’idéologie néolibérale, dont il est considéré comme le chef de file, est une idéologie à la fois politique et économique, qui applique certaines idées néo-classiques mais va plus loin en prônant des réformes structurelles pour libéraliser l&rsquo;économie, supprimer les régulations qui entravent le marché, réduire les barrières douanières pour ouvrir davantage l’économie au marché international, privatiser les entreprises publiques etc.&nbsp;</p>



<p>Cette idéologie, qui est à l’origine de l’apparition dans les années 1990 du phénomène de la mondialisation, se retrouve encore aujourd’hui dans le type de réformes structurelles que le FMI et la Banque Mondiale exigent des pays qui leur demandent des prêts, comme conditions préalables pour leur en accorder (c’est ce qui a justifié la dernière décision de Kais Saïed de rompre les relations avec le FMI).</p>



<p>C’était le cas pour Plan d&rsquo;Ajustement Structurel (PAS), appliqué par la Tunisie dans les années 1990 qui avait pour but de stabiliser l&rsquo;économie et de réformer les finances publiques après la crise économique et la forte dette accumulée durant les années 1980.</p>



<p>Les objectifs et mesures du PAS étaient&nbsp;:&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>stabilisation macroéconomique : réduction des déficits budgétaires et maîtrise de l&rsquo;inflation; </li>



<li>libéralisation de l’économie : suppression de certaines subventions, privatisations, ouverture aux investissements étrangers;  </li>



<li>réduction du rôle de l’État : privatisation d’entreprises publiques et baisse des dépenses publiques;  </li>



<li>réforme monétaire et fiscale : dévaluation du dinar, encouragement des exportations et modernisation du système fiscal;  </li>



<li>déréglementation du marché du travail : réforme des codes du travail pour favoriser la flexibilité.  </li>
</ul>



<p>Force est de reconnaitre qu’avec le PAS,&nbsp; le couple Ben Ali/Lucas a obtenu un succès relatif dans le sens où :</p>



<p>&#8211; une certaine stabilisation macroéconomique a été obtenue (réduction de l’inflation et des déficits budgétaires);</p>



<p>&#8211; la Tunisie a connu une croissance économique soutenue dans les années 1990 à 2010 grâce à l’investissement aussi bien public que privé, l’industrialisation et au développement des exportations;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>&#8211; le pays est devenu plus attractif pour les investissements étrangers.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Mais comme dans tout couple, le bonheur apparent cache quelque fois de profondes fissures qui finissent avec les années par apparaitre&nbsp;:</p>



<p>&#8211; la dévaluation du dinar a entraîné une perte du pouvoir d’achat pour la population;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>&#8211; les privatisations ont profité à une minorité liée au pouvoir, favorisant la corruption;</p>



<p>&#8211; la réduction des dépenses publiques a affecté l’éducation, la santé et les services sociaux;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>&#8211; le chômage est resté élevé, notamment chez les jeunes et les diplômés;</p>



<p>&#8211; l’augmentation des inégalités sociales et régionales a nourri un mécontentement qui a culminé avec la Révolution de 2011.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><em>En conclusion, je dirais que le couple Ben Ali/Lucas a réussi à obtenir une bonne stabilisation macroéconomique, mais a creusé davantage les inégalités sociales et régionales et a ainsi semé les graines de la révolte de 2011, dont les répercussions bouleversent encore aujourd’hui la vie économique et politique du pays</em></p>



<p><strong>Le couple Ghannouchi/Friedman</strong></p>



<p>Il s’agit de la période entre 2011 et jusqu’à la première élection de Kais Saïed comme Président en 2019, durant laquelle on peut considérer pour ne pas tomber dans un débat de politique politicienne, que Rached Ghannouchi a effectivement gouverné le pays, soit seul à travers les gouvernements dirigés par ses disciples Hamadi Jebali et Ali Larayedh soit conjointement avec Béji Caid Essabsi au Palais de Carthage et lui-même au perchoir de l’ARP.</p>



<p>Les gouvernements qui se sont succédé durant cette période ont tous appliqué, probablement sans même le savoir, une politique économique monétariste, surtout après la promulgation de la loi de 2016 qui a accordé à la BCT l’indépendance de décision.</p>



<p>Cette école de pensée, dont le chef de fille est Milton Friedman (1912-2006), cherche à déterminer comment la monnaie influence l’économie et comment les politiques strictement monétaires peuvent être utilisées pour relancer la croissance, résorber le chômage et stabiliser l’économie.</p>



<p>Elle repose sur la fameuse équation quantitative de la monnaie, connue sous le nom de «<em>Equation de Cambridge»</em> (que j’avais exposée et expliquée dans plusieurs de mes articles très critiques à l’égard de la politique monétaire suivie par la BCT, notamment le dernier <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/25/plaidoyer-en-faveur-de-lamendement-de-la-loi-sur-lindependance-de-la-bct/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘Plaidoyer en faveur de l’amendement de la loi de la BCT’’</a>), qui affirme qu’une augmentation de la masse monétaire entraîne <em>mécaniquement</em> une hausse proportionnelle des prix si la vitesse de circulation et la production restent constantes à court terme. Elle attribut la première responsabilité pour lutter contre l’inflation aux banques centrales qui disposent de trois instruments pour le faire :</p>



<p>&nbsp;&#8211; les taux directeurs qui, à travers le taux du marché monétaire (TMM)&nbsp; influencent le coût du crédit;</p>



<p>&nbsp;&#8211; les opérations d’«<em>open market</em>» qui se traduisent par l’achat/vente d’obligations et autres actifs financiers pour réguler le volume de monnaie en circulation;</p>



<p>&nbsp;&#8211; le contrôle des réserves obligatoires des banques commerciales qui déterminent leur capacité à accorder des crédits à leurs clients et à créer ainsi de la monnaie scripturale et gonfler la masse monétaire en circulation.</p>



<p>Il faut dire que les enseignements de cette théorie ont été appliqués souvent avec succès dans les pays développés pour maîtriser l’inflation à travers la manipulation du taux directeurs fixés par les banques centrales (BCE, FED…).</p>



<p>Par exemple, c’est grâce à une telle politique monétaire que des pays comme la France ou les Etats-Unis, qui ont connu des taux d’inflation à deux chiffres (supérieurs à 10%) juste après le déclenchement de la guerre en Ukraine et la flambée des cours du pétrole et des matières premières qui s’en est suivie, ont réussi à les ramener pratiquement à 2% aujourd’hui en moins de deux ans.</p>



<p>Mais, en Tunisie, la même politique monétaire du taux directeur appliquée depuis que la BCT est devenue indépendante en 2016 s’est avérée un échec cuisant, puisque l’inflation a atteint à un moment donné 11,3% et qu’elle reste encore élevée jusqu’à aujourd’hui (6,7%). La raison est que les deux conditions de base que Friedman lui-même a bien indiquées pour le succès d’une politique du taux directeur pour la maîtrise de l’inflation, à savoir une vitesse de circulation de la monnaie stable à court terme et l’existence d’un bon mécanisme de transmission entre l’économie réelle et l’économie monétaire, sont loin d’être remplies en Tunisie en raison de l’importance du secteur informel (qui représente jusqu’à 54% du PIB, selon certains experts) et de la faible inclusion financière (seuls 35% des ménages disposent d’un compte courant bancaire ou postal).</p>



<p>J’ai personnellement publié depuis trois ou quatre ans une bonne dizaine d’articles à ce sujet, expliquant de long et en large les causes structurelles de cet échec, formule mathématique de l’équation quantitative à l’appui et citant même Friedman… mais cela n’a pas empêché&nbsp;l’ex-gouverneur de la BCT d’augmenter à huit reprises successives le taux directeur jusqu’à atteindre 8% et le nouveau gouverneur (qui n’est même spécialiste en économie monétaire mais en économie de l’énergie) de le garder à ce niveau jusqu’à aujourd’hui, asphyxiant ainsi les ménages, les entreprises et prenant en otage les investissements et la croissance économique, sans réussir pour autant à maîtriser l’inflation.</p>



<p>Quant à l’excuse derrière laquelle l’ex comme le nouveau gouverneur ont l’habitude de se cacher pour échapper à leur responsabilité, à savoir que c’est le conseil d’administration de la BCT qui décide en la matière, elle est à rejeter d’un revers de la main, parce les membres de ce conseil sont des directeurs généraux dans différents départements ministériels (agriculture, commerce, industrie, transport, etc.) qui, même s’ils sont compétents dans leur domaine, n’ont aucune formation économique pour savoir quelle est la politique monétaire la plus adaptée aux spécificités de l’économie tunisienne et à quelles conditions l’équation quantitative de la monnaie de Friedman, dont ils n’ont probablement jamais entendu parler, pourrait s’appliquer avec succès. Quant aux trois économistes universitaires qu’il revient au gouverneur de nommer dans son conseil d’administration, ils le sont souvent sur la base d’affinité sinon d’amitié personnelles, compte tenu des énormes jetons de présence qu’ils touchent à ce titre.</p>



<p>Pourtant, il existe une autre politique monétaire beaucoup plus efficace et facile à mettre en œuvre pour lutter contre l’inflation, que tous les économistes disciples de Friedman mentionnent et que j’ai rappelée dans tous mes articles, celle des réserves obligatoires (voir plus haut). En effet, il suffit d’augmenter de quelques points le taux de réserves obligatoires que les banques commerciales sont tenues de détenir pour réduire drastiquement et mécaniquement leur capacité à créer de la monnaie scripturale (on démontre mathématiquement que le processus de création monnaie scripturale par les banques commerciales est une suite algébrique qui converge vers l’inverse du taux de réserves obligatoires).</p>



<p>Il ne fait pas de doute pour moi que si j’habitais le Palais de Carthage, je convoquerais, dès demain, le Gouverneur de la BCT et lui ferais signer dans mon bureau même deux circulaires à adresser aux banques commerciales de trois mots chacune&nbsp;: l’une stipule que le taux directeur est de la BCT est diminué de 8% à 4% (c’est son niveau dans des pays à économie similaire à la nôtre, tels que le Maroc ou la Jordanie) et l’autre stipulant que le taux de réserves obligatoires est augmenté de 4%. <em>Si la consommation des ménages, les investissements des entreprises et la croissance économique ne reprendront pas en moins de trois mois sans produire pour autant plus d’inflation, alors je ne suis pas un économiste mais un charlatan!</em></p>



<p>Il reste une question que tous les lecteurs et lectrices se posent certainement et à laquelle je me dois de leur apporter une réponse même subjective&nbsp;: pourquoi les responsables de la BCT s’entêtent-ils à appliquer une politique du taux directeur pour essayer de maîtriser l’inflation plutôt qu’une politique du taux de réserves obligatoires qu’ils doivent certainement connaître (c’est du niveau d’un maîtrisard en sciences économiques)?</p>



<p>La seule réponse que je trouve est que la première permet aux banques d’accroître considérablement leurs bénéfices puisque le taux de rémunération des bons du Trésor que l’Etat est obligé d’émettre pour financer son déficit budgétaire (selon un article pernicieux de la loi de 2016) sont indexés au taux directeur de la BCT, alors que la seconde réduit considérablement leur capacité à accorder des crédits, leurs chiffres d’affaires et donc leurs bénéfices. De là à déduire que la BCT est au service du lobby bancaire, je laisse à chacun(e) la liberté de franchir ou non ce pas.</p>



<p><em>Toujours est-il qu’avec l’échec pour la maitrise de l’inflation, un taux de chômage dépassant 16% de la population active et même 40% parmi les diplômés de l’enseignement supérieur et un taux officiel de croissance économique négatif de -1,8% en moyenne par an durant la période 2012 et 2021, on ne peut pas dire que le couple Ghannouchi/Friedman a laissé de bons souvenirs aux Tunisiens&nbsp;!</em></p>



<p><strong>Les possibles «fiançailles» de Kais Saïed avec Arthur Pigou</strong></p>



<p>On peut considérer notre Président qui, d’après ses discours, sait quel type de société il veut construire pour la Tunisie et quelles valeurs il veut défendre, comme un <em>«célibataire»</em> qui n’a pas encore «<em>trouvé chaussure à son pied</em>», dans le sens où il est encore à la recherche de l’école de pensée économique et du modèle de développement qui lui permettront de réaliser la Tunisie dont il rêve.<br>Compte tenu des idées qu’il développe dans&nbsp; ses discours que je ne rate jamais, je lui propose de «<em>se fiancer, en vue d’un futur mariage si entente mutuelle»</em>, comme il est d’usage de le dire dans ces circonstances, avec la théorie économique du bien-être (<em>Welfare Theory</em>)&nbsp; qui a été développée par plusieurs économistes dont le chef de file est Arthur Pigou (1877-1959) dans son célèbre ouvrage ‘‘<em>The Economics of Welfare</em>’’ (1920).</p>



<p>Pigou a développé l’idée que l’État peut améliorer le bien-être économique en corrigeant les défaillances du marché et a introduit ce que les économistes appellent les <em>«taxes pigouviennes» </em>pour réduire les effets négatifs des externalités (exemple : taxe carbone pour lutter contre la pollution, taxe sur le capital oisif que j’avais proposée dans mon dernier article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/04/le-president-saied-a-t-il-raison-de-rompre-les-relations-de-la-tunisie-avec-la-fmi/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘Le président Saïed a-t-il raison de rompre les relations avec le FMI’’</a>).  </p>



<p>L’objectif recherché par cette école de pensée est la réalisation de l’optimum de Pareto, qui désigne <em>une situation d’allocation des ressources matérielles et humaines disponibles optimale dans le sens où aucune amélioration du bien-être d’un individu ne peut se faire sans détériorer celui d’un autre</em>.</p>



<p>En pratique, il s’agit de maximiser une fonction d’utilité collective que Paul Samuelson (1915-2009) appelle <em>«fonction de bien-être social»,</em> qui permet d’agréger les préférences individuelles pour évaluer le bien-être collectif, et que Kenneth Arrow (1921-2017) a démontré par son «<em>théorème d’impossibilité</em>» qu’elle ne peut pas être construite par simple agrégation des utilités individuelles. Par exemple, si chaque individu décide pour maximiser son utilité individuelle de se rendre dans sa voiture à son travail, il en résultera un tel embouteillage sur les routes que personne n’arrivera à temps à son bureau.</p>



<p>Il se trouve que je suis moi-même «<em>marié</em>» à cette école de pensée depuis que j’avais soutenu en 1979 à la Sorbonne une thèse Doctorat d’Etat portant sur ‘‘<em>L’investissement en infrastructures des transports selon la théorie d’allocation optimale des ressources</em>’’, devant un jury présidé par Maurice Allais qui a reçu en 1988 le prix Nobel d’économie pour ses recherches dans ce domaine. J’en applique les enseignements depuis plus de 30 ans pour l’évaluation de la rentabilité économique d’un grand nombre de programmes projets d’infrastructures réalisés en Tunisie et dans une trentaine de pays africains pour le compte des bailleurs de fonds multinationaux tels que la BAD, la BEI, la Banque Mondiale, etc.</p>



<p>Sans trop entrer dans des détails techniques et théoriques, je dirais à l’intention de notre Président que la théorie du bien-être cherche un équilibre entre l’objectif d’efficacité et de croissance économique et celui d’une plus grande justice sociale, une préoccupation majeure qu’on retrouve dans tous ses discours. Elle est utilisée pour justifier et analyser les interventions économiques de l’État, notamment :&nbsp;&nbsp;</p>



<p>&#8211; les politiques de redistribution (impôts progressifs, allocations sociales) pour corriger les inégalités;&nbsp;</p>



<p>&#8211; les politiques de régulation pour corriger les défaillances de marché (monopoles, externalités négatives comme la pollution);</p>



<p>&#8211; la justification des investissements publics dans l’éducation, la santé et les infrastructures de transport, qui augmentent le bien-être global.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong>Quel Modèle de développement économique pour la Tunisie de Kais Saïed</strong></p>



<p>La Tunisie a adopté plusieurs modèles de développement économique au fil des décennies, mais aucun n’a réellement permis d’atteindre un équilibre durable entre croissance, inclusion sociale et stabilité financière. Aujourd’hui, la question du modèle de développement est au cœur des débats, car le pays peine à sortir de la crise économique persistante.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>En se basant sur les enseignements de la théorie du bien-être comme cadre théorique, et face aux défis actuels (croissance faible, dette élevée, chômage, inflation, corruption…), les axes du modèle de développement que je propose à notre Président sont :&nbsp;&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>un modèle basé sur l&rsquo;économie de la connaissance et l&rsquo;innovation : </em>la Tunisie possède une jeunesse instruite et un fort potentiel en matière de numérique. Miser sur l’économie du savoir (technologies, intelligence artificielle, industrie 4.0, biotechnologies…) permettrait d’attirer des investissements et de créer des emplois qualifiés;  </li>



<li><em>une transformation vers une économie productive et diversifiée : </em>la Tunisie doit réduire sa dépendance aux services et au tourisme en développant des industries à plus forte valeur ajoutée, comme l’aéronautique, les énergies renouvelables et l’agro-industrie. Cela implique des réformes pour améliorer l’environnement des affaires et soutenir les entreprises locales;</li>



<li><em>un modèle axé sur le développement durable : </em>avec la crise climatique et la rareté des ressources naturelles, une transition vers une économie verte est nécessaire. L’investissement dans les énergies renouvelables, l’agriculture biologique et l’économie circulaire pourrait permettre à la Tunisie de se positionner comme un leader régional en matière de développement durable.  </li>



<li><em>Une économie plus inclusive et équilibrée : </em>la croissance ne peut être durable que si elle bénéficie à toutes les régions du pays. Un développement régional équilibré, avec une meilleure répartition des infrastructures et des opportunités économiques, est crucial pour réduire les inégalités sociales et territoriales.  </li>
</ul>



<p><em>Ce modèle nécessitera des réformes profondes pour améliorer la gouvernance, renforcer l’éducation, moderniser l’administration et attirer les investissements. Sans ces transformations, la Tunisie risque de rester dans un cercle vicieux de crises économiques et sociales, avec le risque de défaut de paiement et le Club de Paris à l’horizon</em></p>



<p><strong>Post Scriptum 1 : </strong>Je doute fort qu’un tel article académique et didactique soit lu par notre Président, qui paraît-il, préfère la lecture des poèmes de Bayram Ettounsi… que ce genre d’articles économiques rébarbatifs. &nbsp;&nbsp;Cependant, s’il m’aurait permis d’enrichir la culture économique du public et partager avec lui un tant soit peu mes connaissances acquises au prix d’une vie d’études universitaires et de pratique de l’économie un peu partout dans le monde, je ne regretterais pas de l’avoir rédigé.</p>



<p><strong>Post Scriptum 2</strong> : Le seul bénéfice que je peux espérer retirer de la rédaction de ce genre d’article que je fais gratuitement et qui me demande beaucoup d’efforts, est quelques visiteurs de plus de mon blog <a href="https://sadokzerelli.blogspot.com/2025/03/donne-moi-la-main-pour-traverser.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«<em>Poèmes de la vie</em>»</a>, pour y lire mes poèmes sur ce que les poètes grecs appellent la «<em>finitude</em>» et que j’appelle «<em>l’insignifiance des êtres et des choses</em>». Ils y trouveront un dernier poème que j’ai appelé «<em>Donne-moi la main pour traverser</em> e<em>nsemble</em>» (il ne s’agit pas de traverser la Méditerranée sur un bateau de fortune pour immigrer clandestinement… !).</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/18/quel-modele-de-developpement-economique-pour-la-tunisie-de-kais-saied/">Quel modèle de développement économique pour la Tunisie de Kais Saïed?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Oui à l&#8217;amendement de la loi de 2016 sur le statut de la BCT</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Feb 2025 08:53:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi la loi de 2016 qui accorde l’indépendance et l’autonomie de décision à la Banque centrale de Tunisie doit-elle être amendée ? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/25/banque-centrale-de-tunisie-oui-lamendement-de-la-loi-de-2016-simpose/">Oui à l&rsquo;amendement de la loi de 2016 sur le statut de la BCT</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans cet article l’auteur récapitule les idées et arguments qu’il n’a cessé depuis trois ou quatre ans de défendre dans une quinzaine d’articles publiés dans <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/25/plaidoyer-en-faveur-de-lamendement-de-la-loi-sur-lindependance-de-la-bct/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Kapitalis</a> pour recommander par des analyses d’un niveau académique et loin de toute politique politicienne d’amender la loi de 2016 qui accorde l’indépendance et l’autonomie de décision à la Banque centrale de Tunisie (BCT). Il approuve et soutient la décision récente prise par le chef de l’Etat dans ce sens. Et s&rsquo;en explique&#8230; </em></strong></p>



<p><strong>Dr. Sadok Zerelli</strong></p>



<span id="more-15665901"></span>



<p>Je dois dire tout d’abord et pour ne pas être soupçonné de faire de la politique sous couvert d’analyse économique, comme font certains <em>«experts»</em> omniprésents dans les médias, que je n’appartiens et je n’ai jamais appartenu à aucun parti politique et que je ne me suis même pas dérangé le jour des élections présidentielles pour aller voter pour ou contre Kais Saïed.</p>



<p>J’ajouterais même, pour être encore plus clair à ce sujet, que je suis un retraité âgé qui tient à savourer sa retraite après une vie de dur labeur et qui pour tout l’or du monde n’accepterait un poste de responsabilité quelconque ou de conseiller de qui que soit.</p>



<p>Pour moi, en tant qu’économiste, ce qui compte avant tout c’est l’efficacité de la politique économique et monétaire pour assurer le développement du pays et améliorer le niveau de vie de la population, peu m’importe qui est le Président, qu’il soit de gauche ou du centre ou de droite, islamiste ou laïc, dictateur ou démocrate républicain&#8230;</p>



<p>Selon cette conception de la politique, qu’on peut approuver ou pas mais qui est la mienne, je ne peux que saluer,&nbsp;une fois n’est pas coutume, les directives données par le chef de l Etat au gouverneur de la BCT lors de l’audience qu’il lui a accordée le vendredi 21 février 2025 pour amender la loi de 2016 sur l’indépendance de la BCT et redéfinir son rôle dans le développement économique et social du pays.</p>



<p>J’applaudis d’autant plus cette décision et la nouvelle mission&nbsp;que Kais Saïed a fixé à la BCT qu’il est juriste de formation et qu’il y a une différence comme entre ciel et terre entre le droit constitutionnel qu’il a enseigné pendant des années et l’économie monétaire que j’ai enseignée pendant des années également.</p>



<p>A ce titre, je suis bien placé pour savoir que ce n&rsquo;est pas une discipline facile et qu’arriver à comprendre certains concepts économiques tels que l’économie réelle et l’économie monétaire, les mécanismes de transmission de l’une à l’autre, le fonctionnement d’un système bancaire, le rôle d’un Institut d’Émission, etc.,&nbsp;n&rsquo;est pas à la portée du premier responsable politique venu.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ID4hGZlW7K"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/25/plaidoyer-en-faveur-de-lamendement-de-la-loi-sur-lindependance-de-la-bct/">Plaidoyer en faveur de l’amendement de la loi sur l’indépendance de la BCT</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Plaidoyer en faveur de l’amendement de la loi sur l’indépendance de la BCT » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/25/plaidoyer-en-faveur-de-lamendement-de-la-loi-sur-lindependance-de-la-bct/embed/#?secret=OIBjFcgmXP#?secret=ID4hGZlW7K" data-secret="ID4hGZlW7K" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Une approche récapitulative</h2>



<p>Je ne vais pas développer dans cet article tous les arguments et idées pour lesquels je soutiens fermement la décision le Président sur ce dossier. J’avais publié depuis deux ou trois ans dans Kapitalis une bonne vingtaine d’articles plus ou moins techniques et plus ou moins approfondis critiquant la politique monétaire menée par la BCT depuis qu’elle est devenue indépendante, que j’invite les lecteurs et lectrices à lire ou relire pour faire le lien avec cet article. J’y avais développé de long en large mes arguments, tantôt en m’adressant à des experts spécialistes en théorie monétaire en leur rappelant la formulation de l’équation de Cambridge sous-jacente à la politique monétaire suivie par la BCT ou en faisant la démonstration mathématique de l’efficacité de l’autre politique monétaire possible pour maîtriser l’inflation, à savoir celle des taux des réserves obligatoires (voir plus loin), tantôt en m adressant au grand public en expliquant avec le langage le plus simple&nbsp; les fondements et les raisonnements économiques qui se trouvent à la base des différentes politiques monétaire de lutte contre l’inflation.&nbsp;</p>



<p>Dans cet article, je vais juste rappeler les principaux arguments et idées que j’avais développés en détail dans des articles antérieurs et qui justifient la décision du chef de l’Etat d’amender le statut d’indépendance de la BCT que la loi de 2016 lui a accordé, en mettant à profit mes compétences pédagogiques d’ex-enseignant universitaire pour expliquer dans le langage le plus accessible à tous des concepts et des raisonnements économiques qui sont en réalité assez compliqués.</p>



<p><strong>1) La loi de 2016 a détourné la BCT de sa vocation&nbsp;:</strong></p>



<p>En théorie monétaire comme en pratique et dans tous les pays du monde, une banque centrale remplit trois fonctions essentielles pour faciliter l’activité économique dans un pays et&nbsp;qui sont par ordre hiérarchique d’importance :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>celle d’un Institut d’Émission : c’est d’ailleurs le nom originel d’une banque centrale. A ce titre elle émet et fabrique la monnaie fiduciaire d’un pays, billets et pièces de monnaie, théoriquement selon le volume d’or et de devises qu’elle détient dans ses coffres. Ce processus de fabrication est sous-traité par la majorité des banques centrales du monde à des industries de haute précision technologique qui se trouvent pour la plupart en Suisse, pays qui en fait sa spécialité;</li>



<li>celle de banque des banques, et à ce titre, la banque centrale rachète aux banques commerciales les titres de créances et les bons du Trésor qu’elles détiennent pour leur permettre de reconstituer leurs liquidités. On appelle cela le mécanisme de refinancement des banques. D’autre part, la banque centrale assume une mission d’autorité de tutelle des banques commerciales et doit veiller à ce titre à ce qu’elles soient toujours solvables et continuent à jouir de la confiance de leurs clients sans laquelle l’ensemble du système bancaire s’écroulera comme un château de cartes par un effet de dominos (la faillite d’une banque entraine la faillite d’une autre);</li>



<li>celle de lutte contre l’inflation : c&rsquo;est la troisième fonction en termes de hiérarchie des responsabilités. A ce titre, la banque centrale doit veiller en permanence par des opérations d’&nbsp;«<em>open market</em>» réalisées tous les jours sur le marché monétaire à ce que la masse monétaire en circulation (monnaie fiduciaire + monnaie scripturale sous forme d’écriture dans les comptes bancaires des clients) soit suffisante pour répondre aux besoins de financement des agents économique et en même temps pas trop pour ne pas créer de pressions inflationnistes.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="oi474rVt1T"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/15/pourquoi-linflation-ne-baisse-pas-en-tunisie/">L’inflation a-t-elle baissé en Tunisie ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’inflation a-t-elle baissé en Tunisie ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/15/pourquoi-linflation-ne-baisse-pas-en-tunisie/embed/#?secret=istfBvqNY3#?secret=oi474rVt1T" data-secret="oi474rVt1T" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Il convient de mentionner à ce sujet que la lutte contre l’inflation ne relève pas de la responsabilité exclusive de la banque centrale, mais de l’ensemble des départements ministériels chacun dans le secteur qui le concerne pour augmenter la production et réduire les coûts et donc les prix de vente des biens et services, en particulier de la responsabilité du département du commerce qui doit mettre en place une politique efficace pour assainir les circuits de distribution et sévir contre les spéculateurs.</p>



<p>Or par ignorance du rôle et des fonctions de base d’une banque centrale, les députés qui ont voté la loi de 2016 lui ont attribué comme première mission la lutte contre l’inflation, reléguant au second plan sa mission plus fondamentale de financement de l’activité économique et de satisfaction des besoins de liquidités de tous les agents économiques, y compris l’Etat.</p>



<p>Kais Saïed, malgré sa formation de juriste non familier avec l’économie monétaire, semble avoir bien compris ce détournement de vocation de la BCT et a entièrement raison d’ordonner son retour à sa vocation initiale qui est d’être au service du financement de l’économie nationale pour permettre la plus grande croissance économique possible et créer assez de liquidités pour satisfaire les besoins de financement de l’ensemble des agents économiques y compris de l’Etat. Il a raison aussi de considérer que la BCT ne saurait se dérober à ses responsabilités dans le financement de l’activité économique sous prétexte de l’indépendance de décision que la loi de 2016 lui a accordée, car c’est une institution publique qui fait partie des structures de l’Etat.</p>



<p><strong>2) Depuis son indépendance en 2016 et sous l’influence du FMI, la BCT applique une politique monétaire de type monétariste basée sur le taux directeur :&nbsp;</strong></p>



<p>Depuis qu’elle a acquît non seulement son indépendance administrative et financière mais aussi son indépendance de décision en matière de politique monétaire grâce à cette fameuse loi de 2016, la BCT a augmenté pas moins que huit fois son taux directeur, qui se situe encore aujourd’hui à 8%, entraînant des taux d’intérêt bancaires <em>«d’enfer»</em> selon le langage même des banquiers de l’ordre de 14% qui asphyxient aussi bien les ménages que les entreprises.&nbsp;</p>



<p>Cette politique monétaire s’est traduite entre autres par un effet d’éviction des investissements et une aggravation de la récession économique et du chômage sans réussir pour autant à maîtriser l’inflation qui demeure élevée (6,7% en ajustement annuel pour le dernier mois).&nbsp;Pire, en augmentant les charges de financement des entreprises qui n’ont pas d’autres choix que de répercuter cette augmentation sur leurs prix de vente, cette politique du taux directeur menée par la BCT a contribué à alimenter l’inflation qu’elle est censée combattre !</p>



<p>Il existe une autre cause de l’échec de la politique du taux directeur pour maîtriser l’inflation que le premier Tunisien rencontré dans la rue connaît mais apparemment pas les responsables de la BCT : l’inflation n’est pas due seulement à l’accroissement de la consommation intérieure comme les responsables de la BCT le supposent, mais bien et en grande partie à l’insuffisance de l’offre, à l’inflation importée et à l’accroissement des coûts de production, toutes causes sur lesquelles le taux directeur de la BCT n’a aucun impact.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="8in4HOi9U8"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-augmentation-du-taux-directeur-de-la-bct-un-remede-pire-que-le-mal/">Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-augmentation-du-taux-directeur-de-la-bct-un-remede-pire-que-le-mal/embed/#?secret=UJGMfVP8vH#?secret=8in4HOi9U8" data-secret="8in4HOi9U8" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p><strong>3) Les fondements théoriques de la politique monétaire menée par la BCT&nbsp;:</strong></p>



<p>Sans entrer dans des considérations d’ordre théorique qui seraient inappropriées dans cet article destiné au grand public, il est nécessaire de rappeler qu’il existe non pas une mais plusieurs théories ou écoles de pensées économiques (d’où le nom de sciences économiques au pluriel) qui vont de l’école classique d’Adam Smith, à l’école néoclassique de Ricardo, à l’école de Keynes, à l’école monétariste&nbsp; (qu’on appelle aussi l’école de Chicago) de Milton Friedmann, qui est l’école de pensée la plus récente et dominante actuellement notamment dans les institutions financières internationales telles que le FMI et la Banque Mondiale.</p>



<p>La politique monétaire préconisée par cette école de pensée, appliquée consciemment ou pas par l’ex et le nouveau gouverneur de la BCT, qui applique la même politique monétaire que son prédécesseur et a maintenu le même taux directeur à 8% (au point de se demander à quoi cela peut servir de changer de gouverneur si c&rsquo;est pour appliquer la même politique?), repose sur une fameuse équation qu’on appelle <em>«équation quantitative de la monnaie»</em> ou <em>«équation de Cambridge»</em> pour laquelle Friedmann a reçu le Prix Nobel en économie. Celle-ci établit une relation mathématique et mécanique entre le PIB, la masse monétaire et la vitesse de circulation de la monnaie. Friedman lui-même explique que pour que cette équation fonctionne pour maîtriser l’inflation dans un pays, il faut que la vitesse de circulation de la monnaie soit stable à court terme et qu’il existe un bon mécanisme de transmission entre l’économie réelle (opérations de production, consommation, exportation, investissement, etc.) et l’économie monétaire (masse monétaire en circulation, taux d’intérêt, taux de change, niveau général des prix, etc.). Ces deux conditions se trouvent souvent remplies dans les pays développés tels que les Etats-Unis où la France qui ont appliqué avec succès une telle politique du taux directeur et ont effectivement réussi à ramener leur taux d’inflation qui a atteint plus de 10% à la suite de la flambée des prix des matières premières et du pétrole ayant suivi le déclenchement de la guerre en Ukraine à environ 2% actuellement.</p>



<p>Mais chaque pays a ses spécificités, sa sociologie et la structure de son économie et la politique monétaire qui peut réussir dans un pays ne fonctionne pas forcément dans un autre. En particulier chez nous où la même politique du taux directeur appliquée par la BCT depuis la promulgation de la loi de 2016 s’est avérée non seulement inefficace pour maîtriser l’inflation mais a bloqué les investissements et la croissance économique.</p>



<p><strong>4) les raisons de l’échec de la politique du taux directeur&nbsp;:</strong></p>



<p>Il existe deux raisons principales qui expliquent l’échec cuisant de la politique du taux directeur pour maîtriser l’inflation, que tous les Tunisiens connaissent, sauf apparemment les responsables de notre banque centrale.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La première est l’importance de l’économie souterraine ou de ce qu’on appelle le secteur informel qui représente selon plusieurs experts 54% du PIB : à chaque fois que la BCT augmente son taux directeur que les banques commerciales répercutent automatiquement sur les taux d’intérêt débiteurs qu’elles facturent à leurs clients, rendant ainsi le crédit plus cher, les opérateurs économiques ont davantage recours à des transactions souterraines et hors des circuits bancaires. Le résultat est que la vitesse de circulation de la monnaie dans ce secteur augmente considérablement à court terme alors que, selon Friedman lui-même, l’équation quantitative de la monnaie ne peut fonctionner que si elle reste stable à court terme.</li>



<li>La deuxième raison qui explique l’échec de la politique du taux directeur suivie par la BCT est la faible inclusion financière en Tunisie : selon une étude récente réalisée par Fitch Solutions, seuls 35% des Tunisiens disposent d’un compte bancaire ou postal (contre plus de 95% dans les pays développés où cette politique fonctionne). Cette réalité propre à la Tunisie fait qu’il existe un faible mécanisme de transmission entre l’économie réelle (décisions de consommation, de production, d’investissement etc.) et l’économie monétaire (décision d’augmenter le taux directeur), parce que beaucoup d’agents économiques opèrent hors des circuits bancaires classiques.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="XiJ6rgVeva"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/21/la-politique-monetaire-de-la-banque-centrale-de-tunisie-jugee-par-lia/">La politique monétaire de la Banque centrale de Tunisie jugée par l’IA</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La politique monétaire de la Banque centrale de Tunisie jugée par l’IA » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/21/la-politique-monetaire-de-la-banque-centrale-de-tunisie-jugee-par-lia/embed/#?secret=6w2nem1dH3#?secret=XiJ6rgVeva" data-secret="XiJ6rgVeva" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>A ce sujet, je voudrais rappeler un article que j’avais publié il y a quelques mois dans Kapitalis et que je considère comme l’un des plus intéressants que j’ai eu à publier et que j’invite les lecteurs et lectrices à lire ou à relire. Il s’intitule <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/21/la-politique-monetaire-de-la-banque-centrale-de-tunisie-jugee-par-lia/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«<em>La politique monétaire de la BCT jugée par l’IA</em>»</a> dans lequel je reproduis la réponse intégrale de ChatGPT à la question que je lui avais posée à ce sujet. J’ai été personnellement frappé par la perspicacité de son analyse et la pertinence de ses arguments, en particulier par le fait qu’il a bien identifier l’importance du secteur informel en Tunisie comme cause de l’échec de la politique du taux directeur menée par la BCT pour lutter contre l’inflation. <em>L’IA serait-elle plus intelligente que les responsables de notre BCT ? Il y a lieu de le croire.</em></p>



<p>En tout cas, pour moi en tant qu’économiste ayant enseigné pendant des années un cours de théorie monétaire, ce sont des explications tellement évidentes qu’elles me rappellent la fameuse réplique de Sherlock Holmes qu’on retrouve dans tous les romans policiers écrits par Agatha Christie&nbsp;: «<em>C&rsquo;est élémentaires, mon cher Watson</em>!»</p>



<h2 class="wp-block-heading">J’accuse…</h2>



<p>Que ChatGPT ait raison ou pas, que j’aie raison ou pas et que l’explication théorique à laquelle nous arrivons tous les deux soit fausse ou pas, je n’arrive pas&nbsp; à comprendre l’entêtement des responsables de la BCT, y compris du nouveau gouverneur (qui n’est pas, rappelons-le, monétariste mais expert en énergie), à continuer à appliquer la même politique du taux directeur depuis bientôt dix ans alors que les chiffres officiels de l’inflation publiés par l’INS sont là et montrent clairement qu’elle ne donne pas de résultat tangible puisque l’inflation demeure encore élevée jusqu’à aujourd&rsquo;hui (la baisse à 6,7% actuellement contre 9,3% en 2023 n’est pas due à l’efficacité de cette politique monétaire comme les responsables de la BCT veulent le faire accroire au public, mais bien à une baisse relative des cours des matières premières et du pétrole sur le marché international après le pic atteint en 2023 et à la baisse du pouvoir d’achat en raison du blocage des salaires depuis deux ou trois ans).</p>



<p>On peut se tromper de politique monétaire une fois, deux fois, trois fois mais pas huit fois et décider encore il y a quelques semaines de maintenir le taux directeur à 8%, alors qu’il ne dépasse pas 3 à 4% dans des pays à économie similaire et concurrente à la nôtre tels que le Maroc ou la Jordanie ou le Sénégal.</p>



<p><strong><em>Dans le style du célèbre article intitulé ‘‘J’accuse’’ écrit par Émilie Zola à propos de l’affaire Dreyfus, j’accuse ici les responsables de la BCT, anciens comme nouveaux, d’avoir, par leur incompétence et ignorance du minimum de connaissances en théorie monétaire, occasionné la faillite de milliers de PME qui ne pouvaient pas payer les taux d’intérêt d’enfer de 14 ou même 15% que les banques leur demandent à cause du niveau injustifié et très élevé du taux directeur fixé par la BCT, d’avoir ainsi mis en chômage des dizaines de milliers de salariés, d’avoir bloqué les investissements et&nbsp; aggravé la récession économique et le chômage et d’avoir commis, ainsi, ce que j’appelle, en mesurant bien mes mots, un crime contre l’économie de ce pays! Un tel crime n’aurait pas été rendu possible sans cette loi de 2016 qui a été votée par des députés ignorants de la chose économique et financière et dont le président Kais Saïed, bien que juriste et n’ayant pas de formation en économie monétaire, a bien compris le caractère pernicieux et veut à juste raison amender, que cela plaise au puissant lobby de la BCT ou non.</em></strong></p>



<p>Quant à l’argument que l’ex-gouverneur avait l’habitude de présenter pour justifier une telle politique monétaire basée sur le taux directeur (le nouveau est plus malin et n’a fait aucune déclaration depuis qu’il a pris ses fonctions il y a plus de six mois, ainsi il ne risque pas d’être critiqué et peut espérer garder plus longtemps son fauteuil!), à savoir que c’est le FMI qui impose à la BCT d’appliquer cette politique, je ne peux qu’être d’accord avec le président Kais Saïed qui rejette à juste raison&nbsp; tout diktat et toute ingérence de cette institution dans la politique intérieure du pays.</p>



<p><strong>5) Le financement du déficit budgétaire de l’Etat&nbsp;:</strong></p>



<p>Un des articles de cette loi de 2016 interdit expressément à la BCT de financer directement le déficit ou l’impasse (déficit temporaire) du budget de l’Etat.</p>



<p>Le prétexte avancé par les auteurs de cet article est de se prémunir contre le risque que l’Etat n’abuse de son pouvoir de tutelle pour obliger la BCT à faire fonctionner à fond le mécanisme de la planche à billets pour financer à volonté ses déficits et impasses budgétaires.</p>



<p>Je vais expliquer en quelques lignes et dans les termes les plus clairs pourquoi cet argument ne tient pas la route et qu’on se retrouve en fait dans une situation bien illustrée par le proverbe tunisien qui dit «<em>Moussa el-haj mouch el-haj moussa</em>» !</p>



<p>Avant 2016, le ministre des Finances en tant qu’autorité de tutelle de la BCT, peut prendre son téléphone à tout moment et ordonner au gouverneur de la BCT de créditer le compte du Trésor public ouvert à la BCT de X millions de dinars pour financer le déficit ou l’impasse du budget de l’Etat. Le gouverneur de la BCT s’exécute s’il veut garder son fauteuil et en général il le veut.</p>



<p>C’est ce qu’on appelle le mécanisme de la <em>planche à billets </em>qui est très inflationniste car il se traduit par l’injection d’une nouvelle quantité de monnaie dans l’économie sans contreparties réelles (accroissement de la production, ou des exportations, ou des transferts effectués par nos TRE, ou des recettes touristiques, ou de nouveaux emprunts accordés par les bailleurs de fonds ou des pays amis).</p>



<p>Depuis la promulgation de la loi de 2016, le Trésor public est tenu d’émettre des bons du Trésor à court ou moyen ou long terme ou des emprunts obligataires à des taux suffisamment rémunérateurs pour que les banques commerciales acceptent d’y souscrire.</p>



<p>Cependant, ce que les auteurs de cette disposition de la loi de 2016 semblent ignorer, c’est que les banques commerciales ont la possibilité de céder sur le marché monétaire ces titres publics à la banque centrale qui les règle en créditant leurs comptes détenus chez elle par un jeu d’écriture. C’est donc toujours la planche à billets qui fonctionne puisque dans les deux cas il y a création monétaire sans contreparties réelles.</p>



<p>La seule différence entre les deux procédures de financement du déficit budgétaire est que dans celle introduite par la loi de 2016, les banques commerciales et leurs actionnaires encaissent des millions de dinars sur le dos de l’État et donc des contribuables. D’ailleurs, tout observateur de l’actualité économique et financière en Tunisie relève, qu’alors que le marasme économique est général et dure depuis des années, seules les banques tirent leur épingle du jeu et n’ont jamais réalisé autant de bénéfices que depuis l’entrée en vigueur de cette loi de 2016 (pour l’exercice de 2023,&nbsp; une moyenne de 500 millions de dinars par banque avec un pic de 975 millions de dinars pour la seule BNA).</p>



<p>Ce qu’il faut faire remarquer est que le taux de rémunération des bons du Trésor émis par l’Etat pour financer son déficit ou impasse budgétaire sont indirectement indexés au taux directeur de la BCT d’une façon telle que toute augmentation de celui-ci entraîne automatiquement davantage de bénéfices pour les banques commerciales qui ont souscrit à ces titres!&nbsp;</p>



<p>Un autre effet pervers de cette loi est que nos banquiers, qui cherchent toujours le maximum de bénéfices avec le minimum de risques, ont tendance à préférer souscrire à ces bons du Trésor aux rendement élevé et qui ne présentent pas de risques d’insolvabilité plutôt que de prêter aux entreprises pour financer leurs activités, obligeant certaines&nbsp;à déposer leurs bilans et mettre leurs salariés au chômage.</p>



<p><strong>6) La politique monétaire alternative pour lutter contre l’inflation&nbsp;:</strong></p>



<p>Pour tout économiste maîtrisant la théorie monétaire, il ne fait pas de doute que la politique de taux de réserves obligatoires est infiniment plus efficace qu’une politique de taux directeur pour réduire la masse monétaire en circulation et espérer ainsi maîtriser l’inflation.&nbsp;</p>



<p>Dans l’un de mes articles, j’ai expliqué, démonstration mathématique à l’appui, que le processus de création monétaire par les banques commerciales (qui, contrairement à l&rsquo;idée admise par le public, sont les premières responsables de l’accroissement de la masse monétaire dont 80% est sous forme de monnaie scripturale) constitue une suite algébrique convergente dont la somme est égale à l’inverse du taux de réserves obligatoires que la BCT impose aux banques par circulaire. Cela veut dire qu’augmenter ce taux par exemple de 5% réduit automatiquement et mécaniquement de 20 fois la capacité des banques à créer de la monnaie et à augmenter la masse monétaire.</p>



<p>La question que chacun(e) est en droit de se poser est la suivante : pourquoi les responsables de la BCT n’appliquent-t-ils pas une telle politique qu’ils connaissent certainement (c’est du niveau d’un maitrisard en sciences économiques)?</p>



<p>La réponse à laquelle j’arrive en toute objectivité va choquer plus d’un(e) : en augmentant le taux de réserves obligatoires imposé aux banques, la BCT réduit drastiquement leurs capacités à accorder des crédits donc leurs chiffres d’affaires et donc leurs bénéfices alors qu’en augmentant son taux directeur, elle augmente automatiquement leurs bénéfices à travers les bons de trésors qu’ils ont souscrits.</p>



<p>De là à conclure que la BCT est au service des lobbies bancaires avant d’être au service de l&rsquo;économie nationale, c&rsquo;est ce dont le président Kais Saïed semble être convaincu et que personnellement je rejoins, chiffres et analyses scientifiques à l’appui.</p>



<p><em>* Economiste, consultant international</em>. </p>



<p><em>** Le titre est de la rédaction. Le titre original de l&rsquo;auteur : « Amendement de la loi de 2016 sur le statut de la BCT : Bravo au Président Kais Saïd ». </em></p>



<p><strong><em>PS&nbsp;:</em></strong><em> Cet article sera probablement le dernier d’une série d’une quarantaine d’articles d’ordre économique que j’ai publiés dans Kapitalis, parce que j’ai fini par réaliser au bout de trois ou quatre ans que c’est une perte de temps dans le sens où ils n’ont aucun impact sur la politique économique et monétaire menée dans le pays. J’ai donc décidé de me reconvertir vers un autre domaine qui m’intéresse davantage, à savoir… la poésie&nbsp;! J’ai créé dans ce but sur Google un blog que j’ai appelé <a href="https://sadokzerelli.blogspot.com/2025/02/a-ceux-qui-ont-croise-mon-chemin-dans.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«Poèmes de la vie» </a>où je compte publier des poèmes d’ordre métaphysique traitant du sens de la vie&nbsp; et de l’insignifiance des êtres et des choses que j’aurais plus de plaisir à écrire et que les lecteurs amateurs de poésie trouveront certainement plus de plaisir à lire que cette charabia sur l’économie monétaire&nbsp;!</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/25/banque-centrale-de-tunisie-oui-lamendement-de-la-loi-de-2016-simpose/">Oui à l&rsquo;amendement de la loi de 2016 sur le statut de la BCT</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie &#124; Politique monétaire : ce qui compte et ce qui se conte</title>
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		<pubDate>Sat, 15 Feb 2025 07:37:59 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[politique monétaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le président Kaïs Saïed multiplie les décisions et les rencontres avec les décideurs en charge des politiques économiques et monétaires. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/15/tunisie-politique-monetaire-ce-qui-compte-et-ce-qui-se-conte/">Tunisie | Politique monétaire : ce qui compte et ce qui se conte</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p><strong><em>Le président Kaïs Saïed multiplie les décisions et les rencontres avec les décideurs en charge des politiques économiques et monétaires. Après le remplacement inattendu de la ministre des Finances, les rencontres avec le gouverneur de la Banque centrale se suivent et se ressemblent. Des rencontres inquiétantes pour les investisseurs et les opérateurs économiques en Tunisie.</em></strong></p>



<p><strong>Moktar Lamari *</strong></p>



<span id="more-15549320"></span>


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<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
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<p>Cinq sources d’inquiétudes sont palpables&nbsp;:</p>



<p>1- Le remplacement en pleine nuit de la ministre des Finances, il y a plus d’une semaine, n’est toujours pas justifié, ni expliqué au public. Est-ce pour faute déontologique? Est-ce pour des défaillances professionnelles? Est-ce pour compromis compromettant? Aucune réponse n’est donnée et ici, les rumeurs remplacent le vide informationnel à cet effet!</p>



<p>2- La BCT ne change rien à son taux directeur malgré le recul du taux d’inflation, mais appelle de ses vœux la trentaine de banques à baisser leur taux d’intérêt. Le message est certes dissonant et pas à peu près! La BCT est comme entre le marteau et l’enclume. On ne veut pas déplaire aux consignes du président, mais on ne veut pas, non plus, faire mal aux profits vertigineux qu’accumulent les banques sur le compte de l’économie dans son ensemble.</p>



<p>3- La Tunisie vient de rembourser depuis le début janvier presque 1,2 milliard de $, en Eurobonds et autres prêts dus. Cela constitue un exploit, mais on ne dit pas à quoi a servi ce montant, contracté depuis 2015 à un taux d’intérêt usuraire. L’audit de la dette publique en Tunisie reste tabou. Pourtant on a promis aux Tunisiens qu’on va tout leur dire sur ces sommes faramineuses empruntées à l’international à des taux exorbitants.</p>



<p>4- En recevant, avant-hier, le gouverneur de la Banque centrale, Dr Fethi Zouhair Nouri, le président Kaïs Saïed salue le principe de l’<em>«autonomie»</em> de la Tunisie dans le remboursement de sa dette, mais occulte totalement l’effet d’éviction de ces remboursements sur l’investissement et la relance d’une économie qui n’arrive pas à se relever de la décennie noire, dominée par les intégristes musulmans et leurs mal-gouvernance économique.</p>



<p>5- En parallèle, les média et les économistes du sérail remâchent le même discours, ignorant le recul de l’épargne. Le taux d’épargne ne constitue plus que 3-4% du PIB, après avoir été supérieur à 20%, dans les années précédant la <em>«Révolution du Jasmin»</em>. Les économistes du sérail ne veulent pas faire un lien entre taux d’intérêt, taux d’investissement et taux d’épargne. La trilogie d’enfer…</p>



<p>Ceci explique cela! Mais, comme si tous les économistes du sérail tournent autour du pot, évitent les sujets qui fâchent. Ils se protègent contre les risques de s’écarter des éléments de langages officiels. Et en subir les conséquences…</p>



<p>Les investisseurs ne sont pas naïfs, et les bailleurs de fonds internationaux, avec le FMI en tête, sont aux aguets. Ils comptent tout, chiffres à l’appui. Ils ne se croient pas trop aux contes, ils aiment fonctionner avec les comptes et tout ce qui se comptent.</p>



<p>La théorie macroéconomique nous apprend que l’anticipation rationnelle remplace désormais l’anticipation adaptative… et naïve!</p>



<p><em>* Economiste universitaire</em>. </p>



<p><strong><em>Blog de l’auteur :</em></strong> <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494/?__cft__%5b0%5d=AZWTCG1tCAPBFQMvJ3uZThYP64lqLaPWvn3R4288u_IqrkfBV9yEO96PjhNZGBPS0kMZhBwUg7zn8nD4nvp_GunnJUIQBFipRt4-foMmUlGj0F6BVEz4GTOji6aRL0dC7eURx87JAQIDJdj0iYEN6ENsvaWuGSsHqGiEHnyEw98RLA&amp;__tn__=-UK-R" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Economics for Tunisia, E4T</strong></a>.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="iclZfFpH8p"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/14/kais-saied-se-felicite-de-la-justesse-des-choix-economiques-de-la-tunisie/">Kaïs Saïed se félicite de la justesse des choix économiques de la Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Kaïs Saïed se félicite de la justesse des choix économiques de la Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/14/kais-saied-se-felicite-de-la-justesse-des-choix-economiques-de-la-tunisie/embed/#?secret=pcx0gcqN3U#?secret=iclZfFpH8p" data-secret="iclZfFpH8p" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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