Le problème des déchets plastiques s’aggrave chaque jour en Tunisie, où l’on enregistre une consommation annuelle d’environ 4,2 milliards de sacs en plastique— soit près de 400 sacs par habitant et par an —, un niveau élevé comparé aux moyennes européennes selon plusieurs études.
La Tunisie génère annuellement quelque 188 000 tonnes de déchets plastiques sur un total de plus de 2,5 millions de tonnes de déchets ménagers, alors que l’on estime à environ 60 % la proportion de déchets plastiques ne faisant pas l’objet d’un traitement adéquat.
Afin d’identifier les causes de la prolifération du plastique sous toutes ses formes — sur les routes, dans les rues, les terres agricoles, en mer, sur les plages et dans d’autres espaces à travers le territoire national —, le président de la Chambre nationale des collecteurs de déchets plastiques, relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), Hamza Chaouch, a appelé touts les parties prenantes à agir en commun pour réduite la pollution plastique sur l’ensemble du territoire national — devenue préoccupante aux plans environnemental, sanitaire et économique.
Cela nécessite une volonté collective, a-t-il déclaré à Mosaïque, lundi 24 août 2026, en citant la chambre syndicale, le ministère des Finances (qui supervise le Fonds de lutte contre la pollution), le ministère de l’Environnement, les collectivités locales, la société civile ainsi que les citoyens et citoyennes.
Nécessité d’adopter le tri sélectif dès la source
Comment limiter le rejet de plastique dans la nature ? C’est la question qui doit être posée aujourd’hui, a indiqué Hamza Chaouch, estimant que des solutions sont aisément envisageables si toutes les parties prenantes se réunissaient autour d’une même table pour examiner ce dossier.
Il est nécessaire de modifier les méthodes de travail en adoptant le tri sélectif dès la source — qu’il s’agisse des administrations, des foyers ou des écoles — tout en sensibilisant la nouvelle génération et les citoyens aux procédures de collecte et de tri, ainsi qu’à la répartition des déchets dans des conteneurs spécifiques selon leur nature, a souligné le dirigeant syndical, en soulignant la disposition des industriels membres de la Chambre et des acteurs légaux du secteur à proposer des solutions efficaces, estimant qu’il est urgent de placer ce dossier au cœur des discussions afin de trouver une solution radicale et durable à ce fléau.
Sur un autre plan, Hamza Chaouch a rappelé que le secteur des déchets plastiques compte plus de 25 000 collecteurs et recycleurs opérant dans un marché informel, en l’absence de statistiques officielles sur les quantités de plastique collectées à travers le pays.
Un autre problème majeur réside dans la présence d’environ 80 % d’acteurs informels — apparus après la Révolution de 2011 — qui exercent dans ce domaine sans s’acquitter de leurs obligations fiscales.
Ce désordre entrave le développement d’un marché organisé pour les collecteurs et les recycleurs de déchets en général, et de ceux en plastique en particulier, estime Hamza Chaouch, qui appelle à soutenir le secteur par l’octroi d’aides financières incitatives spécifiques de la part des municipalités et du ministère de l’Environnement, afin de faciliter le transport et la gestion organisée des déchets.
Encourager la création d’entreprises de collecte de plastique
Tout en soulignant l’importance de faire évoluer les mentalités concernant la collecte, le recyclage et la gestion des plastiques, afin de s’aligner sur les technologies modernes déployées à l’échelle mondiale pour le traitement de divers types de plastiques usagés, M. Chaouch a appelé l’État à intervenir pour encourager les jeunes entrepreneurs à investir et à créer des entreprises spécialisées dans la collecte des plastiques non recyclables.
Dans le même ordre d’idées, il a exhorté l’Assemblée des représentants du peuple à adopter une loi visant à moderniser le dispositif et à soutenir les activités de collecte et de recyclage afin de renforcer les capacités des entreprises, garantissant ainsi la fin de la pollution plastique qui perdure depuis des années.
Les taux de recyclage du plastique en Tunisie sont jugés limités ; en effet, les déchets plastiques représentent près de 84 % des déchets présents dans le milieu marin méditerranéen. Cette situation menace les écosystèmes côtiers et marins et affecte négativement des secteurs économiques vitaux tels que le tourisme et la pêche, engendrant un coût économique estimé à plus de 20 millions de dollars par an.
I. B.



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