Né en 1931 dans le village de Saffouriyaصفورية en Galilée, Palestine, Taha Muhammad Ali est poète, nouvelliste, autodidacte.
En 1948, son village est détruit par les Israéliens, il s’enfuit vers le sud du Liban puis revient clandestinement à Nazareth الناصرة où il tient une boutique de souvenirs et vit jusqu’à sa mort, en 2011.
Il est considéré comme l’une voix majeure de la littérature palestinienne de la résistance. Son œuvre, traduite dans différentes langues, marquée par la Nakba, est un témoignage bouleversant par sa grande tristesse et son évocation du pays perdu.
Tahar Bekri
Amira,
Lorsque nos aimés s’en vont
Comme toi
Une migration sans fin commence en nous
Une certitude nous accompagne
Que tout ce qui est beau
En nous et autour de nous,
Excepté la tristesse,
S’en va
Sans jamais revenir.
Les grenadiers
Dont tu aimais les fleurs
Leurs branches sont ramollies
Et les ombres les ont quittées.
Le chemin, les quinquinas
Et les ruisseaux
Tous sont partis
Après ton départ
Et ne sont plus jamais revenus.
En hiver
Arrivent des oiseaux étranges cherchant refuge
Parmi eux des cailles
Aux ailes colorées
Des oiseaux de proie
Et des oiseaux frêles et tristes
Qui nous captivent par leur beauté
Ils ramassent cailloux et graines
Tremblent sous le coup du froid
Et d’un profond sentiment d’exil.
Mais tous ces oiseaux partent
Soudaienement
Ils viennent soudain en hiver
Et soudain ils s’en vont avec lui.
Extraits traduits de l’arabe par Antoine Jockey
Les Poètes de la Méditerranée, Poésie/ Gallimard.



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