La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme a condamné, mardi soir, 27 octobre 2026, le journaliste Zied El Heni à une peine de quatre ans de prison, dans une affaire liée à son travail journalistique concernant ce qui est connu sous le nom d’«enregistrements sonores», a rapporté le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) dans un communiqué publié sur sa page Facebook officielle, en réclamant la révision de cette décision et en exigeant que le droit à un procès équitable soit garanti au journaliste et que toutes les garanties de la défense soient respectées.
Le syndicat a précisé que les poursuites judiciaires contre El Heni ont fait suite à son audition en tant que témoin dans l’affaire des enregistrements sonores impliquant l’homme politique Mondher Ounissi, ancien secrétaire général du parti Ennahdha. Il a été interrogé sur ses relations avec ses sources d’information dans ce dossier, avant que son statut juridique ne soit requalifié en celui d’accusé.
Selon le même communiqué, le journaliste Zied El Heni fait face à quatre chefs d’accusation en vertu de la loi relative à la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent : constitution d’une organisation terroriste, divulgation de secrets au profit de ladite organisation, non-dénonciation d’un crime terroriste, et prise de contact avec des agents d’un État étranger en vue de les inciter à porter atteinte aux intérêts du pays.
Le syndicat a, par ailleurs, appelé à mettre fin aux poursuites judiciaires — qualifiées d’arbitraires — engagées contre des journalistes en raison de leur travail professionnel ou de leurs opinions, tout en insistant sur la nécessité de respecter la confidentialité des sources journalistiques et de les protéger contre toute forme d’atteinte ou de pression.
Le SNJT a également appelé à mettre un terme à l’instrumentalisation des lois et des procédures judiciaires visant pour restreindre la liberté d’expression et le travail journalistique.
Le Syndicat a, par ailleurs, exhorté les autorités politiques à assumer leurs responsabilités et à prendre des mesures concrètes pour faire cesser les restrictions, garantir l’indépendance de la presse et assurer le respect de la liberté d’expression.
En conclusion de son communiqué, le SNJT a affirmé que la protection des journalistes et de la confidentialité de leurs sources constitue un engagement non négociable, soulignant que s’en prendre à un seul journaliste représente une menace pour la liberté de la presse ainsi que pour le droit de la société à disposer d’une information libre et indépendante.
I. B.



Donnez votre avis