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	<title>Archives des Africains noirs - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Africains noirs - Kapitalis</title>
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		<title>Hannibal, ennemi de la Rome antique, était-il noir ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 Dec 2023 11:59:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La question de la couleur de peau du général carthaginois Hannibal Barca est loin d'être tranchée. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/02/hannibal-ennemi-de-la-rome-antique-etait-il-noir/">Hannibal, ennemi de la Rome antique, était-il noir ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le fait que l’acteur noir américain Denzel Washington ait été choisi pour jouer le rôle d’Hannibal Barca dans un film produit par la plateforme Netflix a remis à l&rsquo;ordre du jour le débat sur la couleur de peau du général carthaginois. Dans un article publié le 16 août 2019, intitulé «Hannibal, ennemi de la Rome antique, était-il noir ?», le site <a href="https://www.thoughtco.com/was-hannibal-black-118902" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ThoughtCo</a> avouait que la question est difficile à trancher. Nous reproduisons ci-dessous une traduction de cet article qui fait le tour de la question. </em></strong> <em>(Illustration : Buste en bronze d&rsquo;Hannibal Barca, Jeff Glasel, v. 1815; avec Hannibal traversant les Alpes, de Heinrich Leutemann, 19e siècle; et Hannibal en Italie, fresque de Jacopo Ripanda, XVIe siècle). </em></p>



<p>Par <strong>N.S. Gill</strong></p>



<span id="more-10772729"></span>



<p>Hannibal Barca était un général carthaginois considéré comme l’un des plus grands chefs militaires de l’histoire. Hannibal est né en 183 avant notre ère et a vécu à une époque de grands conflits politiques et militaires. Carthage était une grande et importante cité-État phénicienne en Afrique du Nord, souvent en conflit avec les empires grec et romain.</p>



<p>Parce qu’Hannibal est originaire d’Afrique, la question est parfois posée :<em> «Hannibal était-il noir ?»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Qu’entend-on par les termes <em>«Noir»</em> et <em>«Afrique »</em>?</h2>



<p>Le terme Noir, dans son usage moderne aux États-Unis, signifie quelque chose de différent de ce que signifierait l’adjectif latin commun pour <em>«noir»</em> (<em>niger</em>). Frank M. Snowden l’explique dans son article <em>«Idées fausses sur les Noirs africains dans le monde méditerranéen antique : spécialistes et afrocentristes»</em>. Comparé à un Méditerranéen, quelqu’un de Scythie ou d’Irlande était visiblement blanc et quelqu’un d’Afrique était visiblement noir.</p>



<p>En Égypte, comme dans d’autres régions d’Afrique du Nord, il existait d’autres couleurs permettant de décrire le teint. Il y avait également de nombreux mariages mixtes entre les personnes à la peau plus claire d’Afrique du Nord et les personnes à la peau plus foncée appelées Éthiopiens ou Nubiens. Hannibal avait peut-être la peau plus foncée qu’un Romain, mais il n’aurait pas été décrit comme éthiopien.</p>



<p>Hannibal venait d’une région appelée Afrique du Nord, d’une famille carthaginoise. Les Carthaginois étaient des Phéniciens, ce qui signifie qu’ils seraient classiquement décrits comme un peuple sémitique. Le terme sémitique fait référence à une variété de peuples de l’ancien Proche-Orient (par exemple les Assyriens, les Arabes et les Hébreux), qui comprenaient certaines parties de l’Afrique du Nord.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="800" height="500" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Hannibal-Barca-2.jpg" alt="" class="wp-image-10772889" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Hannibal-Barca-2.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Hannibal-Barca-2-300x188.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Hannibal-Barca-2-768x480.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Hannibal-Barca-2-580x363.jpg 580w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Buste en bronze d&rsquo;Hannibal Barca, Jeff Glasel, v. 1815</em>.</figcaption></figure></div>


<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi nous ne savons pas à quoi ressemblait Hannibal</h2>



<p>L’apparence personnelle d’Hannibal n’est ni décrite ni montrée sous une forme incontestable, il est donc difficile de simplement pointer vers une preuve directe. Les pièces de monnaie frappées pendant la période de sa direction pourraient représenter Hannibal, mais pourraient également représenter son père ou d’autres proches. De plus, selon un article de l’<em>Encyclopedia Britannica</em> basé sur les travaux de l’historien Patrick Hunt, s’il est possible qu’Hannibal ait des ancêtres originaires de l’intérieur de l’Afrique, nous n’avons aucune preuve claire pour ou contre :</p>



<p><em>«En ce qui concerne son ADN, à notre connaissance, nous n’avons aucun squelette, aucun os fragmentaire ou trace physique de lui, donc établir son appartenance ethnique serait principalement spéculatif. Cependant, d’après ce que nous pensons savoir de son ascendance familiale, sa famille Barcide (si c’est même le bon nom) a été généralement comprise comme descendant de l’aristocratie phénicienne&#8230; [donc] son ​​ascendance originale se situerait dans ce qui est aujourd’hui le Liban moderne. Pour autant que nous le sachions, peu ou pas d’africanisation – si ce terme est acceptable – ne s’est produite dans cette région avant ou pendant son époque. En revanche, depuis que les Phéniciens sont arrivés puis se sont installés dans ce qui est aujourd’hui la Tunisie&#8230; près de 1 000 ans avant Hannibal, il est très possible que sa famille se soit mêlée dans l’ADN à des peuples vivant alors en Afrique du Nord. Cela ne nie pas une éventuelle africanisation de la région de Carthage.» </em>(Encyclopedia Britannica).</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l&rsquo;anglais.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="qmnmCIMq4B"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/02/la-couleur-de-peau-dhannibal-en-discussion-a-lassemblee-tunisienne/">La couleur de peau d’Hannibal en discussion à l’Assemblée tunisienne   </a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La couleur de peau d’Hannibal en discussion à l’Assemblée tunisienne    » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/02/la-couleur-de-peau-dhannibal-en-discussion-a-lassemblee-tunisienne/embed/#?secret=WdBOExZNxv#?secret=qmnmCIMq4B" data-secret="qmnmCIMq4B" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>Pour les migrants, le rêve d’une nouvelle vie en Europe tourne au cauchemar en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/15/pour-les-migrants-le-reve-dune-nouvelle-vie-en-europe-tourne-au-cauchemar-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Nov 2023 11:04:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La répression en Tunisie des traversées en bateau a laissé de nombreux migrants dans le flou.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/15/pour-les-migrants-le-reve-dune-nouvelle-vie-en-europe-tourne-au-cauchemar-en-tunisie/">Pour les migrants, le rêve d’une nouvelle vie en Europe tourne au cauchemar en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Des milliers de personnes entreprennent le périlleux voyage jusqu’au sommet de l’Afrique dans l’espoir de trouver un avenir à travers la Méditerranée. Mais la répression tunisienne des traversées en bateau a laissé de nombreuses personnes dans le flou.</em></strong><em> (Photos Amine Landoulsi).</em></p>



<p>Par <strong>Amel Rachdi</strong></p>



<span id="more-10532217"></span>



<p>Il a fallu près de deux ans et une énorme somme d’argent à Yanelle* pour passer de son pays d’origine, le Cameroun, à la Tunisie. Contrainte par les circonstances sur le terrain d’emprunter un itinéraire détourné bien plus long que les 3 000 km entre les deux pays, elle a effectué la traversée à travers l’Afrique centrale et l’Afrique du Nord, à la recherche d’un endroit où rester et travailler. Le voyage lui a coûté bien plus cher qu’elle n’aurait pu l’imaginer.</p>



<p>Le conflit armé et l’instabilité politique dans son pays ont poussé cette femme de 39 ans à se lancer dans une aventure épuisante, comme cela a été le cas pour des milliers d’autres. Le voyage de Yanelle s’est terminé au sommet de l’Afrique, juste de l’autre côté de la mer par rapport à l’Europe. Mais la récente répression des autorités tunisiennes contre les traversées en petits bateaux a compromis ses chances de s’en sortir, et les épreuves pénibles de son voyage ont jusqu’à présent détruit sa santé physique et mentale.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="800" height="450" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Migrants-4.jpg" alt="" class="wp-image-10532329" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Migrants-4.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Migrants-4-300x169.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Migrants-4-768x432.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Migrants-4-580x326.jpg 580w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure></div>


<p>Des milliers de personnes, comme Yanelle, quittent des pays aux économies en difficulté, où les emplois sont rares et les salaires bas, pour venir en Tunisie avec le cœur tourné vers l’Europe, à un trajet en bateau court mais dangereux. Selon un récent rapport du HCR, sur 143 211 immigrants arrivés en Italie entre le 1<sup>er</sup> janvier et le 30 octobre à travers la Méditerranée, 91 875 venaient de Tunisie, 44 032 de Libye et le reste d’Algérie, de Turquie et d’ailleurs.</p>



<p><em>«Si je pouvais remonter le temps, je ne quitterais jamais le Cameroun»</em>, a déclaré Yanelle au <em>Guardian</em>, alors qu’elle attendait au refuge de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHRC) à Tunis. <em>«Je préfère mourir au combat plutôt que de vivre ce que j’ai vécu»</em>, ajoute-t-elle</p>



<h2 class="wp-block-heading">Violée, maltraitée et torturée</h2>



<p>Alors qu’elle traversait le Sénégal, Yanelle a été capturée par des trafiquants d’êtres humains. <em>«Ils m’ont détenue pendant une semaine. J’ai été violée, maltraitée et torturée avant de réussir à m’échapper»</em>, dit-elle, les mains tremblantes de détresse.</p>



<p>De là, elle s’est rendue au Kenya, puis en Guinée-Bissau et ensuite en Gambie, où elle a travaillé comme vendeuse ambulante pour gagner sa vie.</p>



<p><em>«Quand j’ai réussi à trouver un logement, deux hommes sont entrés par effraction dans ma maison et m’ont violée»,</em> raconte-t-elle en fondant en larmes.</p>



<p>Décidant de quitter le pays après l’assaut, elle a suivi les conseils d’un ami camerounais et a contacté des passeurs qui l’ont emmenée, elle et d’autres personnes, via le Mali, en Algérie jusqu’à ce qu’ils atteignent la Tunisie – dans l’espoir de traverser un jour la mer vers l’Europe. <em>«Nous avons été confrontés à la faim, aux abus et aux bandits qui nous volaient et violaient les femmes en plein jour et devant tout le monde, qui regardait sans rien faire. Ceux qui tombaient malades ou perdaient leurs forces étaient laissés pour compte»</em>, se souvient-elle.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="450" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Migrants-3.jpg" alt="" class="wp-image-10532332" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Migrants-3.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Migrants-3-300x169.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Migrants-3-768x432.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Migrants-3-580x326.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure></div>


<p>Alors que la Tunisie renforce ses mesures contre les passeurs et les immigrants, beaucoup, comme Yanelle, ne veulent pas risquer de se faire prendre. Après son arrivée en Tunisie, Yanelle a accepté que l’Europe – et son rêve d’une vie meilleure là-bas – n’ait jamais été aussi loin. Après avoir demandé l’asile en Tunisie, elle tente désormais de se rétablir à Tunis grâce aux conseils proposés au refuge du HCR.</p>



<p>En juillet, l’Union européenne (UE) a proposé un accord de 900 millions d’euros à la Tunisie, en difficulté financière, pour freiner la migration vers l’Europe, dans le cadre de sa stratégie visant à réduire l’afflux de réfugiés en provenance d’Afrique en externalisant le contrôle des frontières vers les pays de l’autre côté de la Méditerranée. Le même mois, les autorités tunisiennes auraient expulsé des centaines de demandeurs d’asile d’Afrique subsaharienne vers les zones torride du désert à la frontière avec la Libye. Des dizaines de personnes auraient été retrouvées mortes avant que la Libye et la Tunisie n’offrent refuge à ceux qui ont survécu.</p>



<p>Bien que le président tunisien Kaïs Saïed ait finalement rejeté l’accord avec l’UE, son gouvernement a poursuivi sa répression contre les immigrants africains et les passeurs de clandestins.</p>



<p>Le 16 octobre, une agence de presse tunisienne a annoncé que les garde-côtes avaient <em>«déjoué»</em> 668 tentatives de traversée maritime au cours du mois précédent, impliquant 9 580 personnes, dont 3 486 Tunisiens. Le communiqué indique également que 346 passeurs et facilitateurs de migration ont été appréhendés au cours de la même période, et que 12 459 migrants en provenance de pays d’Afrique subsaharienne ont été empêchés d’entrer sur le sol tunisien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Responsabilité envers la famille<em> </em></h2>



<p>Romdhane Ben Amor, porte-parole du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), affirme que les autorités sécuritaires tunisiennes ont intensifié leurs efforts pour empêcher les migrants à bord de bateaux de quitter leurs côtes. <em>«Le nombre enregistré de tentatives de migration irrégulière déjouées par la Tunisie est environ 10 fois supérieur à celui enregistré il y a trois ou quatre ans»</em>, dit-il.</p>



<p>Les autorités tunisiennes ont également amélioré le système judiciaire afin de traduire en justice un plus grand nombre de passeurs appréhendés. Malek Khaldi, membre de l’Instance&nbsp;<em>nationale de lutte contre la traite des personnes</em>&nbsp;(INLTP), déclare : <em>«Le nombre d’affaires examinées devant les tribunaux en 2022 a atteint 650, contre une moyenne de 30 à 50 affaires portées devant les tribunaux les années précédentes.»</em></p>



<p>Au milieu de ces restrictions renforcées, le nombre de demandeurs d’asile en Tunisie a augmenté, explique Mustapha Djemali, chef du Conseil tunisien pour les réfugiés (CTR), partenaire du HCR. <em>«Au 30 septembre, 10&nbsp;834 personnes ont demandé l’asile, contre 8&nbsp;940 enregistrées sur l’ensemble de l’année 2022»</em>, précise-t-il.</p>



<p>Selon Djemali, la majorité des immigrants arrivant en Tunisie viennent de Syrie, de Côte d’Ivoire, du Soudan et du Cameroun – des pays dont les économies sont ébranlées par des années de troubles et d’instabilité, laissant beaucoup d’entre eux incapables de trouver un travail régulier et de joindre les deux bouts. Aujourd’hui, la répression en Tunisie encourage nombre de ceux qui ont réussi à s’établir en Tunisie à rester sur place.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="450" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Migrants-2.jpg" alt="" class="wp-image-10532335" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Migrants-2.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Migrants-2-300x169.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Migrants-2-768x432.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Migrants-2-580x326.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure></div>


<p>Mariam*, une Malienne de 34 ans, a une famille nombreuse au pays dont elle doit subvenir aux besoins et n&rsquo;a pas réussi à trouver un emploi suffisamment rémunéré dans un pays où près de 20% d’une population en croissance rapide vit dans l’extrême pauvreté. Ainsi, début 2022, sans en parler à personne, elle est partie pour l’Europe, espérant que la prochaine fois que sa famille aurait de ses nouvelles, ce serait par le biais d’un transfert d’argent.</p>



<p>Mais en octobre 2023, des passants l’ont trouvée gravement malade au bord de la route dans la ville tunisienne de Kasserine et l’ont emmenée à l’hôpital de la ville où elle a reçu des soins médicaux. Elle est désormais soignée dans un refuge pour femmes maltraitées. Mariam raconte au<em> Guardian</em> qu&rsquo;elle a été volée, violée et que tous ses papiers, y compris son passeport, ont été volés. <em>«Je ne peux pas retourner au Mali. J’ai une responsabilité envers ma famille et je ne peux pas y gagner ma vie»</em>, dit-elle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une vie dans le flou</h2>



<p>Pour Martial, diplômé en droit de 34 ans, c’est le coup d’État de 2013 dans son pays d’origine, la République centrafricaine, qui l’a poussé à partir, après avoir survécu de peu à l’enlèvement et à la torture par des milices armées&nbsp;: <em>«J’étais l’un des rares à en sortir vivant. Un ami en Tunisie m’a conseillé de venir ici, d’obtenir un diplôme de deux ans pour améliorer mes chances d’emploi, puis de partir en Europe.»</em></p>



<p>Aujourd’hui, six ans plus tard, il se rend compte que ses projets sont vains. <em>«J’ai obtenu mon diplôme mais, compte tenu des difficultés économiques actuelles que connaît la Tunisie, je ne parviens pas à trouver un emploi décent et il devient de plus en plus difficile de passer par l’Europe. Je suis coincé ici pour le moment»</em>, conclut-il.</p>



<p>Nasra, 28 ans, originaire de Hodeidah au Yémen, affirme que sa famille, dont son mari et ses huit enfants, âgés de 1 à 11 ans, se dirigeait vers l’Europe via le Maroc où ils ont des proches prêts à les aider. Mais au cours de leur voyage, qui les a conduits à travers le Soudan turbulent et les a laissés au bord de la famine au Niger, ils ont changé de cap vers la Tunisie.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="450" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Migrants-1.jpg" alt="" class="wp-image-10532338" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Migrants-1.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Migrants-1-300x169.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Migrants-1-768x432.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Migrants-1-580x326.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure></div>


<p><em>«Nous avons été déposés par la police algérienne des frontières dans le désert du Niger pendant une semaine sans nourriture et seulement six bouteilles d’eau, que nous avons laissées à nos enfants,</em> raconte Nasra. <em>C’était une expérience de mort imminente. Pas d’abri, pas de nourriture, en plus de la menace des bandits et du contrôle des frontières. Nous avons de la chance d’avoir pu nous en sortir vivants.»</em></p>



<p>Son mari, déterminé à assurer un avenir meilleur à sa famille, a traversé la Méditerranée et est arrivé aux Pays-Bas il y a trois mois. Là, il espère régler son statut juridique et faire venir sa famille le rejoindre.</p>



<p><em>«C’était tout simplement trop risqué de soumettre nos enfants à des situations plus menaçantes»</em>, explique Nasra. Pour l’instant, comme tant d’autres, elle vit dans le flou, dépendante de l’aide et incapable de planifier un quelconque avenir.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l&rsquo;anglais. </em></p>



<p><strong><em>Source</em></strong><em> </em>: <a href="https://www.theguardian.com/global-development/2023/nov/09/africans-dreams-of-starting-a-new-life-in-europe-turn-to-nightmare-in-tunisia" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Guardian</a>. </p>



<p><em> * Les noms ont été modifiés ou seuls des noms uniques ont été utilisés pour protéger les identités</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/15/pour-les-migrants-le-reve-dune-nouvelle-vie-en-europe-tourne-au-cauchemar-en-tunisie/">Pour les migrants, le rêve d’une nouvelle vie en Europe tourne au cauchemar en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>L’Université La Sapienza appelée à annuler le doctorat honorifique en droit romain décerné à Kaïs Saïed</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Aug 2023 11:44:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Africains noirs]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Libye]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[Université La Sapienza]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des universitaires adressent au recteur de l’Université La Sapienza une lettre pour demander l’annulation du doctorat honorifique en droit romain décerné au président Kaïs Saïed. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/02/luniversite-la-sapienza-appelee-a-annuler-le-doctorat-honorifique-en-droit-romain-decerne-a-kais-saied/">L’Université La Sapienza appelée à annuler le doctorat honorifique en droit romain décerné à Kaïs Saïed</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Plus de 250 universitaires ont déjà signé une lettre adressée au recteur de l’Université La Sapienza en Italie pour demander l’annulation du doctorat honorifique en droit romain décerné au président tunisien Kaïs Saïed, rapporte le journal italien <a href="https://lepersoneeladignita.corriere.it/2023/08/02/la-sapienza-annulli-il-dottorato-di-ricerca-al-presidente-della-tunisia/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Corrière Della Sera</a>, aujourd’hui mercredi 2 août 2023.</em></strong></p>



<span id="more-9186892"></span>



<p><em>«Une vague de racisme sans précédent contre les citoyens d’Afrique subsaharienne a eu lieu en Tunisie ces derniers mois, dont beaucoup sont des demandeurs d’asile. Elle a été déclenchée par les discours racistes et haineux du président Saïed»</em>, explique le journal. Il ajoute&nbsp;: <em>«Depuis, des centaines d’Africains noirs ont été agressés dans les rues, expulsés violemment de chez eux et arrêtés. Beaucoup ont été expulsés ou déplacés de force, sans eau ni nourriture, à la frontière avec la Libye.»</em></p>



<p>Le journal reproduit un lien permettant aux membres du monde académique de<a href="https://docs.google.com/document/d/15XHKpX8sXYRixMONqtjLtL_C6HJrQLT7UdspeRSawKs/edit?pli=1" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> lire la lettre et de la signer</a>.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong>  </p>
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		<title>Des vacances en Tunisie ? Non, merci, pas pour moi…</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/06/des-vacances-en-tunisie-non-merci-pas-pour-moi/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 May 2023 08:38:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CONSO]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abram J. Krol]]></category>
		<category><![CDATA[aéroport de Tunis-Carthage]]></category>
		<category><![CDATA[Africains noirs]]></category>
		<category><![CDATA[douane tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Pays-Bas]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisair]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un universitaire et écrivain néerlandais de 76 ans relate la mésaventure qu’il a vécue à l’aéroport de Tunis-Carthage. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/06/des-vacances-en-tunisie-non-merci-pas-pour-moi/">Des vacances en Tunisie ? Non, merci, pas pour moi…</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’auteur, universitaire et écrivain néerlandais de 76 ans, relate ici la mésaventure qu’il a vécue récemment à l’aéroport de Tunis-Carthage où des agents de la douane lui ont pris 3400 euros. Injustement, pense-t-il… Et exige la restitution de son argent.</em></strong> <strong><em>Les autorités seraient bien inspirées de s&rsquo;expliquer pour éviter des malentendus à l&rsquo;orée d&rsquo;une saison touristique qui s&rsquo;annonce bonne&#8230; </em></strong><em>(Illustratiuon : l&rsquo;auteur est un grand voyageur, ici au Népal, en décembre 2022). </em></p>



<p>Par <strong>Abram J. Krol</strong></p>



<span id="more-7766815"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Abram-J.-Krol.jpg" alt="" class="wp-image-7766884" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Abram-J.-Krol.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Abram-J.-Krol-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Abram-J.-Krol-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Vous passez des vacances dans un pays ensoleillé ? Insouciant? Vous n’avez pas besoin de la Tunisie pour cela.</p>



<p>Le fait est qu’un nationalisme effrayant a surgi récemment dans ce pays, où les étrangers ont tort et où il n’est pas rare de les voir volés ou agressés. Ce phénomène touche principalement les Africains noirs. Ils sont parfois battus, volés et maltraités. Même la police participe à cette maltraitance et fait peu ou pas d’efforts pour faire sanctionner les agressions contre les Noirs. Toute personne à la peau foncée est par définition dangereuse et criminelle.</p>



<p>Revenons maintenant à ma propre expérience. Je ne suis pas noir de peau, mais j’ai vécu moi aussi une mauvaise expérience à l’aéroport de Tunis-Carthage&nbsp;: 3400 euros – dont j’avais un besoin urgent – ​​m’ont été pris (volés&nbsp;?) par les douaniers. Je voyageais plus au sud en Afrique et j’ai été traité comme un ennemi de l’État et un criminel.</p>



<p>Le fait que j’étais un passager en transit, qui avait raté un vol en raison des circonstances, ne comptait pas. <em>«Cet argent peut avoir des origines criminelles»</em>, ont déclaré les douaniers. <em>«Je peux prouver le contraire. J’ai mon ordinateur avec moi»</em>, ai-je répliqué. <em>«Tais-toi maintenant, ou tu vas manquer le prochain vol.», </em>m’a lancé l’un des agents. Un autre a menacé de me prendre toutes mes affaires et ce qui restait de mon argent.</p>



<p>Corruption? Vol? Prouve-le&nbsp;! C’est ce m’a été dit un douanier subalterne et, plus tard, un journaliste tunisien. Il existe des mesures contre les grosses sommes d’argent qui sont acheminées vers l’Afrique noire. Mais je ne transportais rien, sauf les 5000 euros dont j’avais besoin. Les banques de nombreux pays du Sud fonctionnent au ralenti ou ne sont tout simplement pas présentes partout. On doit donc apporter de l’argent sur soi pour parer à toute urgence.</p>



<p>Au départ, cela semblait si agréable. Avec Tunisair vers Abidjan. Horaires de vol favorables, prix bas. Mais il y a des accros. L’information à l’aéroport de Tunis-Carthage était lacunaire. Les panneaux d’annonce ne fonctionnaient pas et la sonorisation était défectueuse.</p>



<p>J’étais assis dans le bon hall de départ en train de lire quelque chose. Le vol a été retardé, mais personne ne savait de combien de temps. C’est ainsi que, sans que je le sache, l’avion est parti, mais apparemment seul un petit groupe de personnes près de la sortie était au courant. Mon nom n’a pas été annoncé, pas même par les fonctionnaires dans un haut-parleur. Et c’est souvent le cas à Tunis…</p>



<p>Bien sûr, j’ai essayé de récupérer mon argent. <em>«Nous avons une procédure pour ça»</em>, a déclaré le chef de service qui m’a pris mon argent. <em>«Laisse tomber»</em>, murmura l’un de ses subordonnés. J’ai quand même essayé en envoyant trente lettres au système bureaucratique des douanes, aux institutions de contrôle, au ministère du Tourisme et à la compagnie aérienne et j’ai reçu trois réponses. Vous devez vous adresser ailleurs, m’a-t-on dit, mais ce n’est pas vrai. ! Deux fois, on m’a donné la mauvaise adresse web. C’est l’art de la tromperie. Un touriste ne compte pas. Il n’est là que pour être dépouillé.</p>



<p>Vous êtes en Tunisie pour vous faire escroquer et puis vous êtes encore raisonnablement aisé. Si quelqu’un a la peau foncée, il est immédiatement considéré comme un criminel potentiel. Je ne suis pas le seul à avoir vécu une telle expérience. Quand j’ai commencé à en parler autour de moi, j’en ai entendu des histoires, et des biens bonnes. Des vacances en Tunisie ? C’est seulement pour ceux qui ne recherchent ni la paix ni le plaisir.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="676" height="902" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Doc-1.jpg" alt="" class="wp-image-7766903" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Doc-1.jpg 676w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Doc-1-225x300.jpg 225w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Doc-1-580x774.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 676px) 100vw, 676px" /></figure></div>


<p class="has-text-align-center"><em>Photo du document remis par les douaniers tunisien en guise de PV de plainte déposée par le concerné. </em></p>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center">Lettre de M. Krol aux autorités tunisiennes</h2>



<p><strong><em>Nous reproduisons, ci-dessous, la lettre que le citoyen néerlandais a envoyée aux autorités tunisiennes pour exiger la restitution du montant que lui a pris la douane tunisienne. Nous avons juste corrigé quelques fautes de langue pour une meilleure lisibilité du texte.  </em></strong></p>



<p>Cher Monsieur, Madame,</p>



<p>Mardi le 10 janvier, j’ai été confronté – totalement contre ma volonté – à une mesure de la douane tunisienne à l’aéroport de Tunis-Carthage. On m’a pris 3400 euros, un montant dont j’ai vraiment besoin. Cette mesure m’a posé un grand problème. Je suis convaincu que la douane a commis une faute grave et répréhensible.</p>



<p>Laisse-moi expliquer ce qui s’est passé: j’ai manqué lundi le 9 janvier mon vol vers Abidjan avec Tunisair. Je me trouvais malgré tout dans la salle du départ, mais l’information sur l’écran manquait presque totalement et la sonorisation ne marchait pas. J’étais entouré des gens, mais ils attendaient un autre vol. Je n’ai pas réalisé que mon vol était déjà sur le point de partir. Puis, on n’a pas appelé ceux qui étaient en retard, au moins pas d’une manière que moi je pouvais l’entendre. Pas de mauvaises pensées de ma part envers Tunisair ou l’aéroport. C’est comme ça. Il y avait des gens qui m’attendaient à Abidjan. Mais bon&#8230;</p>



<p>J’ai demandé aux autorités sur place (la police et la douane) ce que je dois faire. En effet, selon eux, il n’y avait pour moi rien d’autre que régler mon bagage. C’est cela ce que j’ai fait.</p>



<p>J’ai dû quitter la partie intérieure de l’aéroport pour régler mon vol pour l’autre journée.</p>



<p>Le personnel de la section du bagage m’a bien aidé.</p>



<p>Après avoir reçu un autre billet d’avion, j’ai passé la nuit sur une chaise. J’avais déjà perdu de l’argent. J’ai pris justement un petit peu pour la nourriture.</p>



<p>Bien à temps, je suis retourné à l’intérieur de l’aéroport pour prendre mon vol.</p>



<p>A la question des douanes (toujours très actifs quand il y a des vols vers l’Afrique noir, où dans beaucoup des cas les banques ne marchent pas ou bien difficilement).<em> «Combien d’argent avez-vous?»</em> J’ai répondu la vérité: «5.000 euros» (pas assez pour les voyages que je devais effectuer). On m’a dit qu’il était interdit de prendre sur soi plus de 1600 euros, une loi inconnue par les spécialistes que j’ai consultés. Car j’étais un passager en transit&#8230; On m’a pris (volé?) 3400 euros. On m’a insulté et menacé.</p>



<p>Quand j’ai dit que je pouvais leur fournir la preuve de l’origine du montant que je transportais sur moi (j’avais mon ordinateur avec moi). On m’a demandé un ton insistant et menaçant de me taire. On m’a aussi menacé de prendre ce qui restait de mon argent, ou de me faire manquer mon vol.</p>



<p>Le douanier qui m’avait laissé passer la nuit avant était là. Il a pris ma défense, mais son supérieur lui a coupé la parole. Je compris que si l’homme avait fait son travail comme il le fallait, il aurait dû me donner une déclaration concernant l’argent que je portais avec moi. C’est un grand montant, certainement pour moi, mais il ne faut pas oublier qu’en Europe, on peut prendre 10.000 euros en voyageant.</p>



<p>Malgré tout, on m’a informé que je pouvais porter plainte auprès du procureur. Et à ma grande surprise, ce sont seulement les coordonnées de la douane qui se trouvaient sur le P.V. de cette affaire. Cela ne m’a pas donné beaucoup d’espoir.</p>



<p>A l’ambassade des Pays-Bas à Tunis, on m’a dit de suivre malgré tout cette voie, ce que j’ai fait. Ils n’étaient pas au courant d’une limitation de 1600 euros pour les voyageurs. Selon eux, cela devrait être un montant de 6.000 euros. Assez des raisons pour qu’on me rende les 3400 euros qu’on m’a pris (ou bien volé?) sur le compte bancaire que je mentionnerai ci-dessus.</p>



<p>Même si la loi mentionnée par les douaniers, selon laquelle un voyageur ne peut transporter sur lui qu’un maximum 1600 euros, existe, il y a toujours des exceptions, par exemple pour quelqu’un qui doit être considéré comme un passager en transit (mais retardé), ou bien quand les douaniers eux-mêmes ont commis une erreur. Il n’y a pas des lois sans exceptions, et la loi n’est pas contre les bons, mais contre les méchants.</p>



<p>J’envois cette lettre aussi au conseiller juridique de notre fondation et à l’ambassade des Pays-Bas à Tunis. Il faut bien comprendre que vous m’avez ruiné. Il va me falloir deux ou trois années pour remettre ça en ordre. Récupérer ce montant est presqu’impossible à mon âge (76 ans).</p>



<p>Salut,</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Abram J. Krol</strong></p>
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		<title>Onu : La Tunisie doit mettre fin aux discours de haine contre les migrants subsahariens</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/04/onu-la-tunisie-doit-mettre-fin-aux-discours-de-haine-contre-les-migrants-subsahariens/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Apr 2023 07:47:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Africains noirs]]></category>
		<category><![CDATA[Cerd]]></category>
		<category><![CDATA[discours de haine]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination raciale]]></category>
		<category><![CDATA[migrants subsahariens]]></category>
		<category><![CDATA[tunisiens noirs]]></category>
		<category><![CDATA[violence raciste]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie appelée à mettre fin immédiatement aux discours de haine et à la violence contre les migrants du sud du Sahara.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/04/onu-la-tunisie-doit-mettre-fin-aux-discours-de-haine-contre-les-migrants-subsahariens/">Onu : La Tunisie doit mettre fin aux discours de haine contre les migrants subsahariens</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans le communiqué publié à Genève, le 4 avril 2023, et que nous reproduisons ci-dessous, le Comité des Nations Unies pour l&rsquo;élimination de la discrimination raciale (Cerd) appelle la Tunisie à mettre fin immédiatement aux discours de haine et à la violence contre les migrants du sud du Sahara.</em></strong></p>



<span id="more-7263622"></span>



<p>Le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale (Cerd) a exhorté les plus hautes autorités tunisiennes à condamner publiquement et à prendre leurs distances avec les discours de haine raciste des politiciens et des personnalités publiques et privées.</p>



<p>Il demande également à l’État partie de lutter contre toutes les formes de discrimination raciale et de violence raciste à l’encontre des Africains noirs, en particulier les migrants du sud du Sahara et les citoyens tunisiens noirs.</p>



<p>Dans une déclaration publiée dans le cadre de sa procédure d’alerte rapide et d’action urgente, le Comité s’est dit alarmé par les propos tenus fin février par le chef de l’État tunisien, alléguant que des <em>«hordes de migrants illégaux»</em> en provenance des pays africains au sud du Saharat s’inscrivaient dans <em>«un plan criminel visant à modifier la composition du paysage démographique de la Tunisie»</em> et étaient à l’origine <em>«de violences, de crimes et de pratiques inacceptables»</em>. Le Comité a estimé que de tels propos étaient contraires à la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale.</p>



<p>Face aux violences suite aux propos tenus par le chef de l’Etat tunisien, des centaines de migrants de pays comme la Côte d’Ivoire, le Mali, la Guinée et le Sénégal ont décidé de rentrer dans leur pays d’origine. De nombreux autres migrants et réfugiés du sud du Sahara ont été expulsés de force de leurs maisons ou ont perdu leur emploi. Ils ont donc demandé protection et assistance à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et à l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).</p>



<p>Le nombre de détentions arbitraires de migrants du sud du Sahara a également considérablement augmenté dans tout le pays depuis début février. Beaucoup d’entre eux sont toujours détenus, y compris dans le centre de détention administrative de Ouardia, où certains migrants sont détenus depuis plus de 18 mois.</p>



<p>Dans ce contexte, le Comité est profondément préoccupé par les informations faisant état d’une recrudescence des discours de haine raciale ou xénophobe en Tunisie à l’encontre des migrants des pays d’Afrique au sud du Sahara, sur les réseaux sociaux et certains autres médias, y compris les discours de haine raciste tenus par des personnalités privées et des partis politiques, surtout après les propos tenus par le chef de l’État.</p>



<p>Il est également gravement préoccupé par le fait que cette vague de discours de haine et de stigmatisation a conduit à des actes de violence contre ces migrants, notamment des agressions physiques et des expulsions de leur domicile et de leur travail.</p>



<p>Le Comité est alarmé par les informations faisant état de nombreuses arrestations arbitraires de ces migrants, dont des femmes, des enfants et des étudiants, menées par les forces de l’ordre dans le cadre de la campagne intitulée <em>«Renforcement du tissu sécuritaire et réduction du phénomène de séjour irrégulier en Tunisie»</em>, sans toutes les garanties procédurales.</p>



<p>Il a exhorté les autorités tunisiennes à s’abstenir de tenir des propos contribuant à la haine raciale et à la discrimination raciale à l’encontre des migrants des pays au sud du Sahara et à condamner de manière proactive quiconque le ferait.</p>



<p>Le Comité a demandé à la Tunisie de cesser immédiatement les arrestations et les détentions collectives de ces migrants, de libérer ceux qui sont détenus arbitrairement, en particulier les femmes et les enfants, et de permettre à ceux qui choisissent de demander l’asile de le faire.</p>



<p>Il a également demandé à la Tunisie d’enquêter sur les cas de migrants arbitrairement retirés de leur travail ou de leur domicile et de prendre d’autres mesures pour prévenir et combattre toutes les formes de discrimination raciale.</p>



<p>La procédure d’alerte précoce et d&rsquo;action urgente du Cerd vise principalement à examiner les situations susceptibles de dégénérer en conflits afin de prendre des mesures préventives appropriées pour éviter des violations à grande échelle des droits de l’homme en vertu de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale.</p>



<p><strong><em>La déclaration complète est <a href="https://tbinternet.ohchr.org/_layouts/15/treatybodyexternal/Download.aspx?symbolno=INT%2FCERD%2FSWA%2FTUN%2F9716&amp;Lang=en" target="_blank" rel="noreferrer noopener">disponible en ligne</a>.  </em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/04/onu-la-tunisie-doit-mettre-fin-aux-discours-de-haine-contre-les-migrants-subsahariens/">Onu : La Tunisie doit mettre fin aux discours de haine contre les migrants subsahariens</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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