<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Bourguiba - Kapitalis</title>
	<atom:link href="https://kapitalis.com/tunisie/tag/bourguiba/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/bourguiba/</link>
	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
	<lastBuildDate>Mon, 27 Jul 2026 06:58:54 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0.2</generator>

<image>
	<url>https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/cropped-Logo-Kapitalis-32x32.png</url>
	<title>Archives des Bourguiba - Kapitalis</title>
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/bourguiba/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>La Tunisie pourra-t-elle fournir l’Europe en énergie ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/la-tunisie-pourra-t-elle-fournir-leurope-en-energie/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/la-tunisie-pourra-t-elle-fournir-leurope-en-energie/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jul 2026 06:50:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Budget de l’Etat]]></category>
		<category><![CDATA[compensation]]></category>
		<category><![CDATA[coupures électriques]]></category>
		<category><![CDATA[Elyès Kasri]]></category>
		<category><![CDATA[énergie]]></category>
		<category><![CDATA[Etap]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Sahara tunisien]]></category>
		<category><![CDATA[Steg]]></category>
		<category><![CDATA[Transmed]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19319894</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’heure n’est plus aux slogans creux, mais à l’action froide et rationnelle pour rattraper le déficit énergétique de la Tunisie.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/la-tunisie-pourra-t-elle-fournir-leurope-en-energie/">La Tunisie pourra-t-elle fournir l’Europe en énergie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le paradoxe du jour en Tunisie semble être le potentiel que lui prêtent de nombreux experts de pouvoir fournir l’Europe en énergie électrique alors que la part de la compensation énergétique creuse un trou de plus en plus profond dans son budget et que la principale aspiration des Tunisiens est devenue de connaître suffisamment à l’avance l’horaire et la durée des prochaines coupures d&rsquo;électricité auxquelles ils se sont résignés.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Elyes Kasri</strong> *</p>



<span id="more-19319894"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Depuis son indépendance, la Tunisie a été le pays des contrastes. Pays arabo-musulman doté d’une société ouverte et d’un statut de la femme que certains conservateurs islamistes considéraient blasphématoire, en plus d’une qualité de vie que ses voisins nettement plus riches ne pouvaient que lui envier et cherchaient la première occasion pour en profiter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2011, les paradoxes se sont multipliés mais dans une direction opposée, dans la mesure où les slogans d’emploi, de liberté, de refus de toute ingérence étrangère semblent avoir enfanté leurs contraires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe du jour semble être le potentiel prêté par de nombreux experts tunisiens et étrangers à la Tunisie de pouvoir fournir l’Europe en énergie électrique alors que la part de la compensation énergétique creuse un trou de plus en plus profond dans le budget national et que la principale aspiration des Tunisiens est devenue de connaître suffisamment à l’avance l’horaire et la durée des prochaines coupures d&rsquo;électricité auxquelles ils se sont résignés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La nécessaire réorganisation du secteur énergétique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le plus grave est qu’un pays voisin utilise ce levier pour exercer une influence indue sur les choix de la Tunisie quitte à donner l’impression de vouloir la réduire au statut de province en raison de cette dépendance énergétique alors que ce même pays accapare, en vertu d’un découpage territorial colonial assimilable à un recel de bien mal acquis à la suite de ce qui pourrait être assimilé à un crime de guerre par la France coloniale, d’importantes ressources énergétiques et hydrauliques qui reviennent historiquement à la Tunisie et la mettraient à l’abri du besoin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les nombreux slogans de liberté, de dignité et surtout d’indépendance et de compter sur soi gagneraient, surtout dans le domaine énergétique et dans cette conjoncture socio-économique volatile, à faire l’objet d’une priorité absolue par le Conseil de sécurité nationale quitte à figurer comme un point principal et permanent sur son ordre du jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre la réorganisation du secteur énergétique et une réforme sérieuse de l’Etap et de la Steg, une décision gagnerait à être prise pour faire du plan solaire une priorité vitale nationale quitte à tout mettre en place pour rattraper les retards dans sa mise en œuvre et accélérer les prochaines étapes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, une négociation, basée uniquement sur l’intérêt national, devrait être menée avec les parties intéressées par le transit du Transmed (pipeline acheminant le gaz algérien en Italie en passant par le territoire tunisien) alors que l’échéance de renégociation des frais de transit approche.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Compter sur soi et ne rien attendre des voisins terrestres</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir soulevé avec le président De Gaulle et la direction politique algérienne de l’époque la question de la restitution du Sahara tunisien, Bourguiba avait obtempéré dans le fol espoir que la reconnaissance de la dette envers la Tunisie encouragerait les dirigeants algériens à faire bénéficier la Tunisie d’au moins d’une partie des richesses du Sahara.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a été remercié à Gafsa, le 27 janvier 1980 **. Ses successeurs ont bénéficié de ce genre de reconnaissance, sous d’autres formes, de la part d’un régime qui se targue d&rsquo;être le fer de lance de la lutte pour l’émancipation des peuples alors qu’il ne cesse d’opprimer et de piller son propre peuple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie ne devrait rien attendre des régimes des pays voisins qui ont poussé leurs peuples au dénuement et à l&rsquo;exil et devrait prendre conscience sans la moindre illusion que son existence est déjà une menace existentielle pour ces deux pays voisins, créations coloniales et structures socio-politiques en crise systémique et perpétuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne compter que sur soi-même. ABSOLUMENT, surtout dans le domaine de l’énergie et vis-à-vis des voisins terrestres dont le mauvais sort a accablé la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’heure n’est plus aux slogans ni aux émotions déplacées, mais à l’action froide, rationnelle et surtout patriotique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ancien diplomate.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>** Attaque de cette ville du sud-ouest tunisien par des éléments armés infiltrés de l’Algérie voisine en connivence avec les gouvernements algérien et libyen dans le but de déstabiliser le pouvoir de&nbsp;Habib Bourguiba</em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89v%C3%A9nements_de_Gafsa_(1980)#cite_note-stora-2"><em><sup>.</sup></em></a>.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7e0EjVAFRG"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/23/la-steg-sous-haute-tension-a-limage-dune-tunisie-qui-seteint/">La Steg sous haute tension à l’image d’une Tunisie qui s’éteint</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Steg sous haute tension à l’image d’une Tunisie qui s’éteint » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/23/la-steg-sous-haute-tension-a-limage-dune-tunisie-qui-seteint/embed/#?secret=p1IHv7lwyv#?secret=7e0EjVAFRG" data-secret="7e0EjVAFRG" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/la-tunisie-pourra-t-elle-fournir-leurope-en-energie/">La Tunisie pourra-t-elle fournir l’Europe en énergie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/la-tunisie-pourra-t-elle-fournir-leurope-en-energie/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>6</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; Le Plan 26-30 vend la vitrine et solde l’usine</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/13/tunisie-le-plan-26-30-vend-la-vitrine-et-solde-lusine/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/13/tunisie-le-plan-26-30-vend-la-vitrine-et-solde-lusine/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 12:23:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Ben Salah]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Ali]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Hedi Nouira]]></category>
		<category><![CDATA[industrie]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[Plan 2026-2030]]></category>
		<category><![CDATA[services]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19217914</guid>

					<description><![CDATA[<p>La Tunisie est exposée à une désindustrialisation précoce, avant même d’avoir tiré profit de l’industrialisation  en termes d'apprentissage technologique durable. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/13/tunisie-le-plan-26-30-vend-la-vitrine-et-solde-lusine/">Tunisie | Le Plan 26-30 vend la vitrine et solde l’usine</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Il y a une dissonance qui devrait faire tousser n’importe quel lecteur attentif du Plan de développement économique 2026-2030 : le discours officiel promet simultanément la «souveraineté économique», la «résilience aux chocs» et la «croissance durable» — et il organise, dans le même souffle, la fuite en avant vers un tertiaire de proximité, opportuniste pour l’investisseur privé, jetable au premier coup de vent. On ne bâtit pas une souveraineté sur des call centers et des applications de livraison. Une tertiarisation en trompe l’œil… </em></strong><em>(Photo : Que reste-t-il de l&rsquo;industrie industrialisante du tandem Bourguiba-Ben Salah ?)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari *</strong></p>



<span id="more-19217914"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">On ne construit pas de résilience avec des activités qui ferment en trois mois dès que la demande se contracte. Le Plan parle la langue de la solidité et finance la fragilité. C’est un texte qui se contredit lui-même, phrase après phrase, et qui ne le sait pas — ou pire, qui le sait très bien et préfère regarder ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Plan 26-30 multiplie les pages sur l’écosystème numérique, le hub logistique, la destination touristique repositionnée. Il ne dit presque rien de l’industrie de transformation, de la valeur ajoutée manufacturière, de la R-D appliquée aux filières productives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas un oubli technocratique, c’est un choix de facilité budgétaire et politique : les services ne demandent ni patience, ni vision territoriale pensée sur vingt ans, ni bras de fer avec des intérêts installés. Ils demandent un local, une connexion internet et une story sur LinkedIn.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Résultat : on habille en stratégie ce qui n’est, au fond, qu’une gestion comptable du court terme — un pari opportuniste sur des activités à faible engagement de capital, faciles à ouvrir, encore plus faciles à fermer, et qui laissent l’économie nationale à la merci du moindre choc externe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De l’industrie industrialisante à la rente de services</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut regarder les chiffres en face. Dans la décennie 1970, celle de Nouira et de l’ouverture au secteur privé après l’expérience collectiviste de Ben Salah, l’économie tunisienne se construisait encore autour de l’industrie manufacturière naissante — textile, habillement, cuir — qui concentrait, dès 1977, 54 % des investissements industriels et 87 % des emplois créés dans le secteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les services pesaient alors une part modeste du PIB, de l’ordre de 35 à 40 % selon les séries de la Banque mondiale, une proportion cohérente avec une économie encore agricole et en cours d’industrialisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cinquante ans plus tard, cette proportion a explosé : le tertiaire — commerce, tourisme, transport, administration, finance — représente aujourd’hui autour de 60 % du PIB tunisien, quand l’industrie manufacturière stagne, comme en témoignent les publications récentes de l’INS où le secteur recule en glissement annuel pendant que l’hôtellerie-restauration bondit de plus de 8 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Rapport annuel 2025 de la BCT confirme la tendance : ce sont l’agriculture et le tourisme qui <em>«sauvent»</em> la croissance, non l’appareil productif industriel. Ce basculement n’est pas une modernisation, c’est un vidage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie n’est pas devenue une économie de services sophistiqués comme l’Irlande ou l’Estonie ; elle est devenue une économie de services de rattrapage, qui comble par du commerce et de l’hôtellerie ce que l’industrie ne produit plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un travail récent publié sur <em>Les Échos</em>, éclaire crûment ce piège : tous les services ne se valent pas. Il y a les services de connaissance — TIC, ingénierie, services professionnels exportables — capables de générer des devises et de s’insérer dans les chaînes de valeur mondiales ; et il y a les services locaux — commerce, restauration, informel — qui créent de l’emploi sans transformer l’économie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces services de connaissance ne pèsent qu’environ 6 % du PIB tunisien, contre 15 à 17 % dans les économies européennes avancées, et n’emploient qu’une fraction marginale de la population active — au Maroc, comparateur régional habituel, ils ne mobilisent qu’environ 1,5 % des actifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même le tertiaire noble reste, chez nous, un village éphémère : brillant sur les réseaux sociaux, insignifiant dans la masse salariale et dans les recettes d’exportation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le reste — l’écrasante majorité du tertiaire tunisien — n’est que de la redistribution locale de revenus déjà créés ailleurs, essentiellement par les transferts de la diaspora, le tourisme de masse et une agriculture climato-dépendante.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="FJ8mNb3GH8"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/tunisie-les-memes-plans-generent-les-memes-echecs/">Tunisie | Les mêmes plans génèrent les mêmes échecs</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Les mêmes plans génèrent les mêmes échecs » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/tunisie-les-memes-plans-generent-les-memes-echecs/embed/#?secret=CAMgyfvDlW#?secret=FJ8mNb3GH8" data-secret="FJ8mNb3GH8" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Cinq dissonances que le Plan 26-30 préfère ne pas voir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Premièrement, le coût fixe d’entrée : un centre d’appel ou une plateforme de livraison s’ouvre avec quelques dizaines de milliers de dinars, quand une unité industrielle de taille moyenne — mécanique, agroalimentaire de transformation, chimie fine — exige des mises de fonds initiales dix à vingt fois supérieures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxièmement, la productivité : la valeur ajoutée par travailleur dans l’industrie manufacturière tunisienne dépasse structurellement celle des services locaux, précisément parce que l’industrie incorpore capital, machines et procédés, là où le service repose d’abord sur le geste humain répétitif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisièmement, le délai de récupération de l’investissement : un commerce ou un service se rentabilise en quelques mois et se ferme tout aussi vite en cas de crise — d’où la vitesse de casse observée depuis 2011 dans le commerce de détail et l’informel, quand une usine, elle, engage un pari de dix à quinze ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quatrièmement, la consommation intermédiaire en technologie de pointe : l’industrie tire la demande de machines-outils, d’automatisation, de recherche appliquée, alors que le service tertiaire local consomme surtout du loyer et de la main-d’œuvre peu qualifiée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cinquièmement, le risque : le capital investi dans les services locaux est mobile, liquidable, réversible — celui englouti dans une chaîne de production industrielle est immobilisé, spécifique, sans valeur de revente en cas d’échec.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’intensité capitalistique — le capital par travailleur — reste ainsi infiniment plus faible dans le tertiaire banal que dans l’industrie, ce qui explique que la tertiarisation crée vite des emplois précaires, jamais des emplois qui durent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces différences et leurs enjeux n’ont même pas été effleurés dans les débats parlementaires, fautes de de visions et de lectures économiques sérieuses et réfléchie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quatre conséquences stratégiques que le Plan devrait assumer et qu’il élude&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; primo, une économie qui mise sur le tertiaire de proximité gonfle son PIB à court terme sans construire de chaînes d’approvisionnement nationales — elle importe ce qu’elle consomme et exporte peu&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; secundo, elle fabrique du chômage déguisé en activité : le vendeur ambulant et le livreur à moto sont statistiquement actifs, économiquement fragiles, et disparaissent des radars dès le premier choc — exactement le profil de vulnérabilité que rappelle la Direction générale du Trésor lorsqu’elle qualifie le modèle tunisien de <em>«particulièrement exposé aux chocs externes»&nbsp;</em>;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; tertio, elle perd la capacité d’entraînement intersectorielle propre à l’industrie — un atelier textile ou mécanique tire fournisseurs, sous-traitants, transporteurs, formateurs ; un salon de coiffure ne tire rien, un centre d’appel encore moins&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; quarto, elle expose le pays à une désindustrialisation précoce, avant même d’avoir tiré profit de l’industrialisation — exactement le scénario que documentent les économies en développement comparables, du Maroc à l’Égypte, où l’insertion dans les services mondiaux se fait sans apprentissage technologique durable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De l’industrie industrialisante aux rentiers de la politique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il fut un temps où la Tunisie avait une théorie. L’industrie industrialisante d’Ahmed Ben Salah, prolongée avec les nuances libérales d’Hédi Nouira sous Bourguiba, visait des pôles moteurs — sidérurgie, chimie, textile intégré — censés irriguer tout l’appareil productif et transformer une économie agricole en économie industrielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On pouvait critiquer la méthode, l’étatisme, les excès de concentration régionale ; on ne pouvait nier l’ambition stratégique ni la cohérence doctrinale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vision s’est éteinte sous Ben Ali (1987-2011), remplacée par une économie de rente, de façade exportatrice sans montée en gamme, et de capture progressive des filières porteuses par des cercles familiaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2011, c’est pire encore : l’ère de l’islam politique et de ses alliances sommitales avec l’appareil d’État n’a produit aucune doctrine industrielle de substitution — seulement une gestion comptable de la pénurie, saupoudrée d’un discours sur le numérique et l’entrepreneuriat qui tient lieu, à moindres frais, de politique économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Plan 2026-2030 hérite de ce vide et choisit de l’habiller en vertu : plutôt que de reconstruire l’escalator manufacturier, il vend le tapis roulant du tertiaire, plus doux sous le pied, mais qui ne mène nulle part et se dérobe au premier ralentissement de la demande européenne ou du tourisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le dit l’adage bien connu, on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif — et l’on ne peut prétendre construire une économie souveraine avec des activités dont la première vertu, vantée par leurs promoteurs eux-mêmes, est de pouvoir se replier sans dommage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas de la résilience, c’est de la précarité érigée en modèle. Tant que le Plan n’assumera pas des choix stratégiques clairs — pôles industriels ciblés, R-D appliquée, intégration technologique, financement patient du capital productif —, il continuera de gérer la vitrine pendant que l’arrière-boutique, seule à créer une richesse qui dure, se vide un peu plus chaque année.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<em>* Economiste universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Bloc de l&rsquo;auteur</em></strong>: <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494/permalink/1540748877600590/">E4T</a>.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vAJ3rsZZyh"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/13/tunisie-plan-26-30-plus-que-le-financement-le-defi-est-lexecution/">Tunisie &#8211; Plan 26-30 | Plus que le financement, le défi est l’exécution ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie – Plan 26-30 | Plus que le financement, le défi est l’exécution ? » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/13/tunisie-plan-26-30-plus-que-le-financement-le-defi-est-lexecution/embed/#?secret=iQMYOrFD2x#?secret=vAJ3rsZZyh" data-secret="vAJ3rsZZyh" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/13/tunisie-le-plan-26-30-vend-la-vitrine-et-solde-lusine/">Tunisie | Le Plan 26-30 vend la vitrine et solde l’usine</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/13/tunisie-le-plan-26-30-vend-la-vitrine-et-solde-lusine/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>3</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>70e anniversaire de l’armée tunisienne &#124; Neutralité politique et loyauté à l’Etat</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/25/70e-anniversaire-de-larmee-tunisienne-neutralite-politique-et-loyaute-a-letat/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/25/70e-anniversaire-de-larmee-tunisienne-neutralite-politique-et-loyaute-a-letat/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2026 09:15:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[armée tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Ali]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Rachid Ammar]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19042771</guid>

					<description><![CDATA[<p>A la différence de la plupart des armées arabes et africaines, l'armée tunisienne s'est toujours gardée de se mêler directement de politique. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/25/70e-anniversaire-de-larmee-tunisienne-neutralite-politique-et-loyaute-a-letat/">70e anniversaire de l’armée tunisienne | Neutralité politique et loyauté à l’Etat</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’armée nationale tunisienne célèbre le 70<sup>e</sup> anniversaire de sa création en 1956, quelques mois après l’indépendance, acquise le 20 mars 1956. Devenue l’une des institutions piliers de l’État tunisien, engagée dans la lutte pour la pleine souveraineté nationale ainsi que dans les défis de sécurité, de développement et de coopération internationale, elle s’est toujours gardée, à la différence de la plupart des armées arabes et africaines, de se mêler directement à la politique, et c’est ce qui fait sa spécificité et sa différence, malgré les tentatives visant à l’impliquer davantage dans la gestion des conflits internes.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Latif Belhedi</strong></p>



<span id="more-19042771"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Selon l’agence de presse officielle Tap, cet anniversaire rappelle le rôle des forces armées dans la consolidation de la souveraineté nationale en prenant part aux événements de Sakiet Sidi Youssef en février 1958, à la bataille de Remada en mai de la même année et à la bataille de l’évacuation de Bizerte en juillet 1961, qui s’est achevée le 15 octobre 1963 avec le départ du dernier soldat français du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, l’armée tunisienne est engagée non seulement dans la défense du territoire et la protection des frontières, mais aussi dans la lutte contre le terrorisme, la lutte contre l’immigration irrégulière, la réponse aux catastrophes naturelles et le soutien logistique à l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour marquer cet anniversaire, le ministère de la Défense organise, du 20 au 26 juin, une exposition documentaire sur l’avenue Habib Bourguiba à Tunis, consacrée à l’histoire, aux missions et à l’évolution de l’institution militaire. L’exposition met également en lumière la contribution de l’armée à la formation professionnelle, au développement des régions intérieures et sahariennes, ainsi qu’aux missions internationales de maintien de la paix.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un contexte régional marqué par l’instabilité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette célébration intervient dans un contexte régional marqué par l’instabilité en Libye, les flux migratoires et les tensions en Méditerranée et au Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, le 70<sup>e</sup> anniversaire revêt également une importance politique&nbsp;: il réaffirme le rôle de l’armée comme institution républicaine centrale, garante de la souveraineté et de la stabilité tunisiennes. Sa mission ne se limite pas à la protection de l’intégrité territoriale, elle consiste aussi au soutien au développement du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La création de l’armée tunisienne s’inscrivait dans le cadre du processus de consolidation de l’indépendance. Les forces armées furent appelées à combattre les derniers bastions de la présence coloniale française, notamment lors des événements de Sakiet Sidi Youssef en février 1958, de la bataille de Remada en mai de la même année et de la bataille de Bizerte en juillet 1961, qui s&rsquo;achèvera par le retrait définitif des troupes françaises le 15 octobre 1963.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, l’armée continue de jouer un rôle central dans la sécurité nationale, contribuant à la lutte contre le terrorisme, le crime organisé, la contrebande, le trafic d’êtres humains et l’immigration clandestine. Elle participe également aux opérations de protection civile, à la lutte contre les incendies et apporte son aide lors de situations d’urgence et de catastrophes naturelles.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="MdYcoGAGQO"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/31/pourquoi-larmee-tunisienne-soutient-elle-kais-saied/">Pourquoi l’armée tunisienne soutient-elle Kaïs Saïed ?  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Pourquoi l’armée tunisienne soutient-elle Kaïs Saïed ?   » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/31/pourquoi-larmee-tunisienne-soutient-elle-kais-saied/embed/#?secret=JlsSJ4dpMM#?secret=MdYcoGAGQO" data-secret="MdYcoGAGQO" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">60 ans au service de la paix dans le monde</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan international, la Tunisie peut se targuer de plus de soixante ans de participation aux missions de maintien de la paix des Nations Unies. En 1960, le président Habib Bourguiba décida d’envoyer 3&nbsp;000 soldats au Congo, inaugurant une collaboration avec l’Onu qui a permis, à ce jour, la participation à 26 missions internationales et le déploiement de contingents de soldats tunisiens. Actuellement, plus de 800 personnes sont engagées dans la mission de l’Onu en République centrafricaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces dernières années, la Tunisie a investi dans la production militaire nationale afin de réduire sa dépendance aux importations et de maîtriser ses dépenses de défense. Parmi les réalisations les plus significatives figurent le véhicule blindé résistant aux mines <em>«Barb»</em>, conçu et construit par des techniciens militaires tunisiens, et la construction de navires de guerre de fabrication locale, dont le patrouilleur <em>«Istiqlal B201»</em>. Un nouveau patrouilleur de 52 mètres pour la Marine tunisienne est également en construction, avec une mise en service prévue pour fin 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette stratégie de production militaire répond non seulement aux besoins de sécurité, mais constitue également un moteur de croissance industrielle, d’innovation technologique, de formation professionnelle et de création d’emplois.</p>



<h2 class="wp-block-heading">A l’écart des manœuvres politiciennes pour le pouvoir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’armée tunisienne a certes souvent été entraînée à gérer des situations extrêmes et a fait face à de nombreuses tentatives du pouvoir politique de l’entraîner dans le sillage de ses conflits internes, mais elle a toujours su résister, jusque-là, à la tentation de s’y impliquer. Sous Bourguiba, comme sous Ben Ali et même après, elle s’est toujours tenue à l’écart des manœuvres politiciennes pour le pouvoir. Ce fut le cas après la fuite de Ben Ali le 14 janvier 2011. Ce soir-là, lors d’une réunion de crise au ministère de l’Intérieur, le chef d’état-major de l’époque, le général Rachid Ammar, avait répondu vertement au Premier ministre Mohamed Ghannouchi qui lui demandait de prendre les commandes du pays. <em>«Ce sont les politiciens qui ont créé cette situation. Et c’est à eux de la gérer de la meilleure façon possible. Le rôle de l’armée consiste à protéger le pays et à garder ses frontières»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pouvoir était à prendre, mais l’armée s’était gardée de faire le pas, et cela mérite d’être souligné. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Très récemment, et en réaction à des appels politiques interpellant l’armée tunisienne sur la situation politique intérieure dans le pays, relayés par certains médias, le ministère de la Défense nationale a rompu son silence habituel pour rappeler, dans un <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/21/le-ministere-de-la-defense-reaffirme-la-neutralite-de-linstitution-militaire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">communiqué </a>au ton ferme, diffusé le 21 mai 2026, les fondements républicains de l’armée tunisienne : sa neutralité, son refus d’être impliquée dans des <em>«tiraillements politiques»</em> et son attachement aux lois de l’État.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="OVfsbVj9KZ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/24/tunisie-quand-un-communique-de-larmee-devient-un-test-de-verite/">Tunisie | Quand un communiqué de l’armée devient un test de vérité</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Quand un communiqué de l’armée devient un test de vérité » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/24/tunisie-quand-un-communique-de-larmee-devient-un-test-de-verite/embed/#?secret=TZCpsRzab2#?secret=OVfsbVj9KZ" data-secret="OVfsbVj9KZ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/25/70e-anniversaire-de-larmee-tunisienne-neutralite-politique-et-loyaute-a-letat/">70e anniversaire de l’armée tunisienne | Neutralité politique et loyauté à l’Etat</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/25/70e-anniversaire-de-larmee-tunisienne-neutralite-politique-et-loyaute-a-letat/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>2</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Terres en friche &#124; Le rendez-vous manqué du foncier tunisien</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/26/terres-en-friche-le-rendez-vous-manque-du-foncier-tunisien/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/26/terres-en-friche-le-rendez-vous-manque-du-foncier-tunisien/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 May 2026 08:22:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[bureaucratie]]></category>
		<category><![CDATA[Djemaïa des Habous]]></category>
		<category><![CDATA[Domaines de l’Etat]]></category>
		<category><![CDATA[mainmorte]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18818357</guid>

					<description><![CDATA[<p>Des millions d’hectares de terres sont inexploitées pendant que la Tunisie importe des céréales et que ses jeunes partent en mer.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/26/terres-en-friche-le-rendez-vous-manque-du-foncier-tunisien/">Terres en friche | Le rendez-vous manqué du foncier tunisien</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Il y a soixante-dix ans, presque jour pour jour, la Tunisie indépendante faisait ce que beaucoup de nations n’osent pas : elle s’attaquait à la terre. Pas avec une pioche, mais avec un décret. Le 31 mai 1956, à peine deux mois après l’indépendance, Bourguiba et ses juristes liquidaient la Djemaïa des Habous. Un an plus tard, le décret du 18 juillet 1957 abolissait définitivement les habous privés et mixtes. Environ un million d’hectares fut ainsi remis dans le circuit économique.</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari, Ph.D</strong></p>



<span id="more-18818357"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Grande ambition. Beau geste. Et pourtant, soixante-dix ans après, une large partie de la terre tunisienne reste figée, stérile, et invisible aux yeux des marchés. La terre promise n’a pas tenu toutes ses promesses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Terres collectives, terres en friche</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre ce paradoxe, il faut d’abord saisir ce qu’était le habous — ce système juridico-religieux par lequel une personne se dépouillait d’un bien foncier, le consacrait à perpétuité à une œuvre pieuse ou charitable, et le sortait irrémédiablement du marché. Baux perpétuels (l’<em>enzel</em>), locations à rente variable (le <em>kirdar</em>), terres figées dans une mainmorte séculaire — voilà le décor. Les habous représentaient plus du tiers des terres cultivables en Tunisie au moment de leur abolition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En langage économique contemporain, on appellerait cela un gigantesque problème d’allocation inefficiente des ressources, illustré par le théorème de Coase : quand les droits de propriété sont flous ou aliénés, les transactions mutuellement bénéfiques n’ont pas lieu, et la richesse collective en pâtit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réforme de 1956-1957 avait donc une logique imparable. Parmi les réformes visant à libérer les forces vives du pays et à booster l’économie figuraient en bonne place l’abolition du régime des terres habous, aux côtés du Code du statut personnel, de la création de la Banque centrale et du dinar tunisien.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="zjowIXf7ER"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/26/31-mai-1956-abolir-les-habous-pour-liberer-la-societe/">31 mai 1956 | Abolir les habous pour libérer la société</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« 31 mai 1956 | Abolir les habous pour libérer la société » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/26/31-mai-1956-abolir-les-habous-pour-liberer-la-societe/embed/#?secret=9GhoZjveNK#?secret=zjowIXf7ER" data-secret="zjowIXf7ER" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les errements du juridisme a-économique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’était un projet de modernisation global, cohérent, presque vertigineux. À juste titre, l’économiste Hernando de Soto aurait reconnu là les prémices de sa thèse centrale : transformer le capital mort en capital vif, donner un titre, une valeur marchande, une capacité de levier à des actifs qui dormaient dans le silence juridique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant. L’État tunisien, en absorbant les terres habous dans son domaine, n’a pas seulement libéré la terre — il l’a changée de prison. D’une mainmorte religieuse, on est passé à une mainmorte étatique, bureaucratique, lente, et parfois corrompue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La superficie des terres agricoles en Tunisie est estimée à 10 millions d’hectares répartis entre propriété privée, terres domaniales (dites <em>amiri</em>) d’un demi-million d’hectares, et terres collectives tribales d’environ 3 millions d’hectares.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Terres dominicales, un crime d’État</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des deux dernières décennies, la mauvaise gestion des terres agricoles domaniales s’est aggravée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’État a cessé de vendre, a commencé à louer sans stratégie, et les terres les plus fertiles ont été confiées à des locataires dont la priorité était rarement l’investissement à long terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le vrai scandale économique — le serpent de mer du foncier tunisien — ce sont les terres collectives. Celles-ci constituaient un casse-tête chronique pour l’État jusqu’à ce qu’il décide de tenter d’y répondre par une loi d’août 2016 réglementant leur système primaire de gestion. Néanmoins, cette loi n’a pas abordé les questions en profondeur et n’a pas fourni de solutions claires dans les cas complexes.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6mEpGMNEZq"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/10/14/terres-domaniales-et-revolution-verte-en-tunisie-2/">Terres domaniales et révolution verte en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Terres domaniales et révolution verte en Tunisie » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2016/10/14/terres-domaniales-et-revolution-verte-en-tunisie-2/embed/#?secret=k6lchnRgJ8#?secret=6mEpGMNEZq" data-secret="6mEpGMNEZq" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">3 millions d’hectares dans l’indivision</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Trois millions d’hectares, soit 30 % de l’ensemble du foncier agricole tunisien, restent dans l’indivision tribale, soumis à des droits collectifs flous, non immatriculés, non cessibles, non mobilisables comme garantie bancaire. Trois millions d’hectares qui baillent aux corneilles, pendant que la Tunisie importe des céréales et que ses jeunes partent en mer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En termes économiques, l’indivision est l’ennemi juré de l’investissement. Quand une parcelle appartient à une collectivité de cent héritiers disséminés entre Tunis, Paris et Montréal, nul ne peut décider d’y planter des oliviers, d’y forer un puits ou d’y construire un hangar agricole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est la tragédie des communs revisitée par Garrett Hardin, augmentée d’un contentieux successoral et d’une administration foncière sous-staffée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’insuffisance de la mise en valeur des exploitations due à l’existence de conflits inhérents à la copropriété et à l’indivision, et l’absence d’une législation permettant de préserver le capital foncier des unités de production et d’éviter le morcellement, constituent des facteurs de blocage du développement des exploitations.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une équation cruelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Morcellement + indivision + insécurité foncière = investissement nul.  L’équation est cruelle, mais elle est vraie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres donnent le vertige. Le secteur agricole contribue à hauteur de 9 % du PIB, représente 7,5 % du total des investissements, 8 % des importations et 9 % des exportations totales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour un pays disposant de 10 millions d’hectares de terres agricoles, c’est une performance anémique. Environ 75 % des terres agricoles exploitées ont une superficie inférieure à 10 hectares. Les petits agriculteurs constituent l’épine dorsale du secteur, mais sont les plus pauvres et les moins capables d’obtenir des fonds.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pendant ce temps, la croissance tunisienne plafonne à 1,4 % en 2024, avec un chômage des jeunes de moins de 25 ans culminant à 40,5 % — des jeunes qui, pour beaucoup, vivent dans des régions rurales entourées de terres qui ne leur appartiennent pas, ne leur rapportent rien, et ne peuvent pas être mobilisées pour financer leur avenir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La brèche et les incohérences</h2>



<p class="wp-block-paragraph">On dira que la réforme de 1956 fut une nécessité historique — et c’est vrai. En brisant la mainmorte religieuse, Bourguiba a ouvert une brèche dans une immobilité séculaire. Mais la brèche s’est refermée d’elle-même, faute d’avoir été prolongée par une politique foncière cohérente, courageuse et continue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les campagnes organisées pour encourager l’immatriculation, la moitié des terres seulement ont été immatriculées. L’État a été plutôt lent dans la privatisation des terres collectives. Soixante-dix ans de lenteur, c’est un luxe que la Tunisie ne peut plus se payer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que faire ? Cinq chantiers s’imposent, sans délai.</p>



<p class="wp-block-paragraph">1- Premier chantier : accélérer l’apurement foncier. Environ 340 000 hectares à vocation arboricole n’ont pas encore été attribués à titre individuel, sans compter les terres pastorales collectives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un programme national d’immatriculation accéléré, doté de moyens humains et budgétaires réels, doit être lancé — non pas comme vœu pieux dans un Plan d’Action Annuel, mais comme priorité de l’exécutif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">2- Deuxième chantier : créer un mécanisme de sortie d’indivision simplifié. Dans de nombreux pays méditerranéens, des procédures judiciaires ou administratives allégées permettent à une majorité qualifiée d’indivisaires de décider d’une mise en valeur ou d’une cession. La Tunisie a besoin d’un équivalent : pragmatique, encadré, respectueux des droits de chacun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">3- Troisième chantier : permettre la mobilisation du foncier comme garantie bancaire. Une terre immatriculée mais non mobilisable est un capital mort de Soto : elle existe sur le papier, elle ne produit rien dans la réalité. Ouvrir l’accès au crédit agricole par une réforme des sûretés réelles foncières est une condition sine qua non de la modernisation agricole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">4- Quatrième chantier : redonner à la société civile et aux collectivités locales un rôle dans la gestion des terres collectives, en sortant de la logique purement centralisatrice héritée de 1956. Les conseils de gestion des terres collectives existent sur le papier ; il faut leur donner une autonomie réelle, des ressources, et une obligation de résultats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">5- Cinquième chantier : lancer une fiscalité du foncier agricole non exploité. En France, en Espagne, au Maroc, des mécanismes fiscaux pénalisent la mise en jachère délibérée des terres arables. En Tunisie, ne rien faire avec sa terre ne coûte rien. Cela devrait changer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Casser une institution sans la remplacer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut ici rendre justice à Bourguiba et aux juristes de 1956 : ils ont eu l’audace rare de trancher dans le vif d’une institution millénaire. Mais l’économie du développement enseigne une vérité têtue — il ne suffit pas de casser l’ancienne cage pour que l’oiseau s’envole. Il faut encore lui apprendre à voler dans un espace ouvert, balisé, sécurisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Soixante-dix ans après le décret libérateur, des millions d’hectares tunisiens attendent encore que quelqu’un leur tende cette main- là. Ni mainmorte religieuse, ni mainmorte étatique — une main vivante, investisseuse, citoyenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La terre est là. Elle est fertile. Elle est tunisienne. Il ne lui manque qu’un titre, un droit, et une décision politique digne de 1956.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economiste universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Blog de l&rsquo;auteur</em></strong>: <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494" target="_blank" rel="noreferrer noopener">E4T</a>. </p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="8ATgpN0xjR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/14/tunisie-une-fete-de-lagriculture-au-gout-amer/">Tunisie : une fête de l’agriculture au goût amer</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : une fête de l’agriculture au goût amer » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/14/tunisie-une-fete-de-lagriculture-au-gout-amer/embed/#?secret=bSCDz36JxJ#?secret=8ATgpN0xjR" data-secret="8ATgpN0xjR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/26/terres-en-friche-le-rendez-vous-manque-du-foncier-tunisien/">Terres en friche | Le rendez-vous manqué du foncier tunisien</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/26/terres-en-friche-le-rendez-vous-manque-du-foncier-tunisien/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>4</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Zied Bakir &#124; «La naturalisation, c’est une question de liberté plus que d’identité»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/04/zied-bakir-la-naturalisation-cest-une-question-de-liberte-plus-que-didentite/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/04/zied-bakir-la-naturalisation-cest-une-question-de-liberte-plus-que-didentite/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Nov 2025 06:55:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Ali]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[naturalisation]]></category>
		<category><![CDATA[Zied Bakir]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=17807005</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entretien avec le romancier tunisien Zied Bakir, auteur d'un troisième roman intitulé ‘‘La Naturalisation’’ (Grasset, 2025). </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/04/zied-bakir-la-naturalisation-cest-une-question-de-liberte-plus-que-didentite/">Zied Bakir | «La naturalisation, c’est une question de liberté plus que d’identité»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Candidat au Prix de la Littérature arabe 2025, Zied Bakir revient avec son nouveau roman ‘‘La Naturalisation’’ (Grasset, 2025), poursuivant avec humour et gravité sa réflexion sur l’exil, la mémoire et l’appartenance. L’auteur tunisien, déjà remarqué pour ‘‘On n’est jamais mieux que chez les autres’’ et ‘‘L’Amour des choses invisibles’’, explore ici les zones d’ombre de l’identité postcoloniale à travers Elyas, un narrateur tiraillé entre deux mondes, deux langues, deux fidélités. Sous une plume ironique et élégante, Bakir interroge les faux-semblants de l’intégration et la quête inépuisable d’une liberté intérieure.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Entretien réalisé par <strong>Djamal Guettala</strong></p>



<span id="more-17807005"></span>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Kapitalis</em></strong><em> : ‘<strong>‘La Naturalisation’’ s’ouvre sur une phrase à double tranchant : intime et politique à la fois. Pourquoi avoir choisi de relier la circoncision du narrateur à la fin de Bourguiba ?</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zied Bakir</strong>: Ma petite enfance a été marquée par ces deux évènements douloureux, deux amputations que l’on ressent dans sa chair — du moins la circoncision. Quant à la fin du règne de Bourguiba, j’en subirai les conséquences plus tard, ayant vécu sous la <em>«douce dictature»</em> de Ben Ali. Il y a un début dans la vie, celui d’un enfant anonyme, et une fin, celle du grand Bourguiba. Dans les deux cas, se mêlent violence et fatalité. Je voulais ancrer le narrateur dans une réalité culturelle et politique, montrer d’où il vient. Et puis, cette concomitance produit un effet comique : elle donne le ton du livre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ce titre, ‘‘La Naturalisation’’, sonne administratif. Pourtant, votre roman parle d’exil, de filiation, de langue, d’appartenance. Qu’est-ce que cela signifie vraiment, pour vous, «être naturalisé» ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas grand-chose, en réalité. Au moment d’écrire ce livre, j’ai moi-même demandé la naturalisation, pour des raisons pratiques — la liberté de circuler, l’assurance vie, etc. Dans le roman, c’est un prétexte narratif, une porte d’entrée vers un itinéraire initiatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut y voir une métaphore ironique : contrairement aux animaux qu’on naturalise à leur mort, les immigrés le sont de leur vivant. Les premiers gardent l’apparence du vivant, les seconds celle de quelque chose qui a peut-être disparu&#8230; Mais arrêtons là les comparaisons — cela n’engage que moi (rire).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Elyas vit entre deux mondes, deux langues, deux fidélités. Quelle part de vous se glisse dans ce miroir ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Elyas est un indifférent, presque un fumiste, affranchi des fictions identitaires. Il incarne une philosophie du non-agir, inspirée de Lao Tseu : être en phase avec le cours des évènements. Ce n’est pas un exilé tragique mais un observateur ironique. Elyas est un double littéraire, un miroir déformant. Son <em>«exil»</em> est surtout une quête de soi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Vous mêlez réel et imaginaire avec liberté. Pourquoi faire dialoguer Bourguiba et Victoria Ocampo, rencontre pourtant fictive ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce qu’elle aurait pu avoir lieu ! Tous deux partageaient la francophilie et une ambition démesurée. Cette scène me permettait surtout de souligner un paradoxe : Ocampo, argentine, aimait Drieu La Rochelle, collaborationniste notoire, tandis que Bourguiba, militant pour l’indépendance tunisienne, demeurait fidèle à la France. Ce contraste en dit long, surtout pour un lecteur français.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le roman traverse Paris et Tunis, les années 1920 et 1987. Qu’est-ce qui relie ces deux moments-clés de l’histoire tunisienne ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils dessinent une boucle : Bourguiba passe de la Sorbonne à Carthage, du rêve d’indépendance à la chute. Mon narrateur, lui, fuit la grandeur pour éviter la chute. Ces deux temporalités mettent en lumière l’héritage franco-tunisien et interrogent le rapport entre histoire personnelle et histoire nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Votre écriture allie ironie douce et regard tragique. Est-ce votre manière d’aborder la gravité sans pathos ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui. Parler de choses graves avec légèreté — et inversement — est un style que j’explore. L’ironie est un remède contre l’absurde. Comme le dit un proverbe tunisien : <em>«Kothr el hamm y dhahak» — «trop de chagrin fait rire»</em>. Et s’il fallait un slogan, ce serait celui des Beatles : <em>«Take a sad song and make it better»</em>. Tout est là.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Vous décrivez la nuit du 7 novembre 1987 avec une précision quasi cinématographique. Pourquoi revenir sur cet instant ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que c’est un moment fondateur de notre histoire. Une délivrance qui s’est transformée en dictature plus bête et dévastatrice que celle du <em>«despote éclairé»</em> Bourguiba.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2011, la révolution tunisienne a suscité la même illusion d’aube. Aujourd’hui, le constat est amer : nos pays semblent condamnés à faire un pas en avant, deux en arrière. J’interroge cette fatalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La langue française est à la fois arme et refuge dans votre roman. Comment vivez-vous cette dualité ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une langue appartient à ceux qui la parlent et l’enrichissent. L’<em>«autre»</em> n’existe pas : Romain Gary, Cioran, Assia Djebar, Kateb Yacine, François Cheng… tous ont fait du français une langue sans frontières. Habiter une terre, c’est d’abord habiter une langue. Et écrire, c’est habiter le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’exil, chez vous, semble apaisé. Est-ce une blessure ou une condition nécessaire à la création ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je parle plutôt d’<em>«anti-exil»</em>. Je ne viens pas chercher refuge, ni remplacer, ni profiter (quoique !). J’avance, tout simplement. La naturalisation n’est pas une fin, mais un moyen d’être plus libre — et la liberté, c’est la condition première de la création.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Elyas dit qu’il faut «guérir de l’amour de Paris». Vous partagez cette idée ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, avec ironie. C’est une variation sur un vers de Mahmoud Darwich : <em>«Comment guérir de l’amour de la Tunisie ?»</em> Mon personnage aime Paris d’un amour non réciproque. Tout amour est illusion, parfois piège — mais nécessaire. Paris aussi vaut le détour.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Vos trois romans semblent liés par une même veine : mémoire et filiation. Une continuité assumée ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être. J’écris toujours à partir du vécu et de l’observation. J’ai parfois peur d’écrire le même livre sous des formes différentes — mais peut-être faut-il se répéter pour être entendu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Enfin, si un jeune lecteur tunisien ou maghrébin devait lire ‘‘La Naturalisation’’, qu’aimeriez-vous qu’il y trouve ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une liberté, avant tout. La lecture, comme l’écriture, est un exercice de liberté. Et si certains y trouvent aussi une mémoire, une leçon, ou même un sourire, ce sera déjà beaucoup.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="gmFNandz6M"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/27/la-naturalisation-de-zied-bakir-lexil-comme-quete-de-soi/">“La Naturalisation” de Zied Bakir | L’exil comme quête de soi</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« “La Naturalisation” de Zied Bakir | L’exil comme quête de soi » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/27/la-naturalisation-de-zied-bakir-lexil-comme-quete-de-soi/embed/#?secret=4clxSwzqrB#?secret=gmFNandz6M" data-secret="gmFNandz6M" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/04/zied-bakir-la-naturalisation-cest-une-question-de-liberte-plus-que-didentite/">Zied Bakir | «La naturalisation, c’est une question de liberté plus que d’identité»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/04/zied-bakir-la-naturalisation-cest-une-question-de-liberte-plus-que-didentite/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Peuple pur contre élite corrompue &#124; Du démon au complot </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/21/peuple-pur-contre-elite-corrompue-du-demon-au-complot/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/21/peuple-pur-contre-elite-corrompue-du-demon-au-complot/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Oct 2025 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[élite]]></category>
		<category><![CDATA[Manel Albouchi]]></category>
		<category><![CDATA[peuple]]></category>
		<category><![CDATA[populisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=17704560</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans une société, élites et peuple n’ont pas les mêmes attentes, mais leur destin est lié. Quand l’équilibre se perd, tout s’abîme. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/21/peuple-pur-contre-elite-corrompue-du-demon-au-complot/">Peuple pur contre élite corrompue | Du démon au complot </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans un jardin, chaque plante a ses besoins en eau. Le jasmin réclame de l’attention, l’olivier résiste à la sécheresse, le cactus vit là où la rose se flétrit. Si le jardinier oublie cela, certaines plantes se fanent et d’autres pourrissent. La société, c’est la même chose : élites et peuple n’ont pas les mêmes attentes, mais leur destin est lié. Quand l’équilibre se perd, c’est tout le jardin qui s’abîme.&nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Manel Albouchi</strong> *</p>



<span id="more-17704560"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1.jpg" alt="" class="wp-image-15290578" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, cet équilibre est menacé. Les élites parlent un langage compliqué, réservé à elles-mêmes. Le peuple, lui, se réfugie dans des slogans courts et rassurants. Entre les deux, le fossé s’élargit et la démocratie se fragilise. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Bourguiba avait compris cette tension. Formé dans les grandes écoles en France, il aurait pu rester enfermé dans un langage d’élite. Mais il avait le talent rare de traduire les grandes idées en images simples. Il parlait du pain, de l’école, de la femme, de la santé. Il expliquait longuement, comme un instituteur patient.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne cherchait pas à séduire par des promesses faciles, mais à instruire pour que chacun comprenne. C’est ce qui a marqué son époque : il fut à la fois un père qui explique et un maître qui enseigne. Bien sûr, cette pédagogie avait aussi ses limites : le peuple restait souvent en position d’élève, sans vraie possibilité de répondre.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le raccourci des slogans&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, la logique est inversée. Le populisme ne cherche plus à élever, mais à séduire. Il ne donne pas des explications, il lance des slogans. Il flatte la colère, la peur, l’indignation.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le montre le politologue Christophe Jaffrelot, le populisme oppose toujours un <em>«peuple pur»</em> à des <em>«élites corrompues»</em>, en utilisant un langage simple, émotionnel, direct. Mais il va plus loin : il mobilise la peur et la colère, moralise l’adversaire et personnalise à l’extrême le pouvoir via l’héroïsation du leader et sa relation <em>«directe»</em> au peuple.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là où Bourguiba essayait de rendre le peuple adulte par la pédagogie, le populisme tend à le maintenir dans l’illusion.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du démon au complot&nbsp;&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a pourtant une continuité psychologique. Autrefois, quand une personne faisait une crise d’angoisse ou entendait des voix, on disait qu’elle était possédée par des djinns ou des démons. C’était une manière d’expliquer ce que l’on ne comprenait pas.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Freud, dans <em>‘‘Totem et Tabou’’</em> (1913), expliquait déjà que les sociétés anciennes donnaient un visage invisible à ce qui leur faisait peur. Elles projetaient leurs angoisses sur des forces surnaturelles, pour transformer l’incompréhensible en récit.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, la même structure existe encore. Quand une décision politique paraît injuste ou une crise difficile à comprendre, beaucoup se tournent vers la théorie du complot. Ce ne sont plus les djinns qui manipulent, mais des <em>«puissances cachées»</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chercheurs en psychologie (Karen M. Douglas, Alexandra Cichocka et Robbie M. Sutton2017) montrent que ces croyances ne sont pas anodines : elles répondent à trois besoins fondamentaux&nbsp;&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>comprendre ce qui échappe; </li>



<li>reprendre un sentiment de contrôle, et; </li>



<li>se sentir appartenir à un groupe qui <em>«sait»</em>. </li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette explication ne résout rien : elle rassure un instant, tout en alimentant la méfiance et la division.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Tunisie miroir vivant de ces mécanismes&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces recherches ne sont pas seulement théoriques. Elles se vérifient chaque jour sur le terrain tunisien.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand la population, face à la crise économique ou politique, cherche des explications simples et rassurantes, elle illustre exactement ce que décrivent Douglas et ses collègues : le besoin de sens, de contrôle et d’appartenance. Les rumeurs de complot circulent dans les cafés, sur les réseaux sociaux, comme autrefois les récits de djinns et de malédictions.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De la même manière, les émotions politiques analysées par Jaffrelot (peur, colère, héroïsation du leader, relation <em>«directe»</em> et accolades avec le peuple) se lisent à ciel ouvert dans les discours quotidiens.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie est ainsi un laboratoire à vif de la psychologie politique contemporaine : un pays où se dévoilent sans fard les mécanismes universels de la peur collective, du besoin de figures protectrices et du risque de manipulation.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment retrouver l’équilibre ?&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La liberté se perd quand les élites méprisent et que le peuple s’enflamme. C’est entre le mépris d’en haut et la colère d’en bas que naît le despotisme.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie a besoin aujourd’hui d’une nouvelle médiation vivante :&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>des élites qui expliquent clairement sans jargon ni mépris; </li>



<li>un peuple qui refuse les illusions faciles et accepte l’effort de compréhension. </li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Sans cette médiation, le jardin se dérègle. Certaines plantes meurent de soif, d’autres se noient. Et dans ce déséquilibre, ce sont toujours les mauvaises herbes qui prospèrent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Psychothérapeute, psychanalyste.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="etdU94dWNK"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/30/la-nouvelle-lutte-des-classes-entre-elites-et-populistes/">La nouvelle lutte des classes entre élites et populistes</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La nouvelle lutte des classes entre élites et populistes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/30/la-nouvelle-lutte-des-classes-entre-elites-et-populistes/embed/#?secret=gcxUPRCKhm#?secret=etdU94dWNK" data-secret="etdU94dWNK" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/21/peuple-pur-contre-elite-corrompue-du-demon-au-complot/">Peuple pur contre élite corrompue | Du démon au complot </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/21/peuple-pur-contre-elite-corrompue-du-demon-au-complot/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>5</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La seconde affaire Gueni : l’alibi  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/15/la-seconde-affaire-gueni-lalibi/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/15/la-seconde-affaire-gueni-lalibi/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Oct 2024 12:13:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Mestiri]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Chedly Bendjedid]]></category>
		<category><![CDATA[Donia Gueni]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Zemmour]]></category>
		<category><![CDATA[Geert Wilders]]></category>
		<category><![CDATA[Houari Boumediene]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=14224395</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’intérêt bien compris de Donia Gueni exige d’abord que le verdict dont elle fait l’objet en Algérie soit ramené à ses justes proportions. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/15/la-seconde-affaire-gueni-lalibi/">La seconde affaire Gueni : l’alibi  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’intérêt bien compris de Donia Gueni n’est pas dans la surenchère politicienne et faussement nationaliste. Il exige d’abord que le verdict dont elle fait l’objet en Algérie soit ramené à ses justes proportions, afin qu’elle bénéficie PAR LES VOIES LÉGALES d’une remise de peine ou d’un acquittement qui lui permettraient de regagner son pays et de retrouver sa famille dans les délais les plus brefs.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dr Mounir Hanablia </strong>*</p>



<span id="more-14224395"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a eu la première affaire Gueni, qui a mis en évidence l’impréparation de beaucoup de touristes tunisiens débarquant&nbsp;dans des pays étrangers sans rien en connaître et incapables de résoudre les problèmes qu’ils pourraient y affronter d’une manière cohérente, respectueuse des lois en vigueur. Il n’y a en vérité pas que les touristes pour ignorer les conditions de leur pays d’accueil; les fournisseurs de produits pharmaceutiques et de stents ne font pas mieux. En 2006, 80 cardiologues tunisiens avaient bénéficié d’une prise en charge à Beyrouth et étaient rentrés par le plus grand des hasards trois jours avant le début de l’attaque israélienne et de la guerre des 33 jours.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a eu aussi les maladresses commises sur le plan médiatique par certains de ceux&nbsp;dont le devoir et la mission sont d’assurer aux citoyens à l’étranger l’assistance nécessaire, hypothéquant ainsi les possibilités de les sauver des situations pénibles où ils peuvent se trouver, avec le moins de dégâts possibles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dangereux shopping </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cela me rappelle quand d’aucuns débarquaient à Palerme dans les années 80-90 pour faire du shopping, alors que la ville était transformée en champ de bataille entre les familles de la mafia. Interrogés sur les éventuels dangers de l’entreprise, ces compatriotes, souvent des nobles dames allant constituer leur trousseau de mariage (c’était des temps prospères), répondaient que n’ayant rien à y voir, elles ne s’estimaient&nbsp;pas menacées.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="wc1aEC1zvu"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/11/laffaire-donia-gueni-la-debacle/">L’affaire Donia Gueni : La débâcle!</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’affaire Donia Gueni : La débâcle! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/11/laffaire-donia-gueni-la-debacle/embed/#?secret=PaPVBAvrqo#?secret=wc1aEC1zvu" data-secret="wc1aEC1zvu" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a désormais une seconde affaire Gueni, celle dont la responsabilité n’incombe nullement à celle qui en est la victime, dont mais certains, que je suis bien obligé de qualifier d’irresponsables, tentent de tirer profit pour situer son&nbsp;arrestation dans le cadre de l’affrontement tout à fait chimérique avec un pays voisin, censé nous annexer et nous occuper.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est ici tout à fait inutile de rappeler les liens géographiques et historiques établis entre des Etats voisins unis de surcroît par la langue et la religion, puisque le terme <em>«fraternel»</em> est devenu pour ces mêmes personnes le symbole d’une aliénation insupportable, et même d’une&nbsp;trahison envers la cause nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette mauvaise foi n’a d’égale que celle affichée par ce président [Ahmed Ben Bella, Ndlr] qui se voulait révolutionnaire et qui pour avoir passé la moitié de la guerre d’indépendance dans les geôles françaises, et l’autre moitié dans un autre pays <em>«frère»,</em> fer de lance du panarabisme, n’en déclarait pas moins devant l’ambassadeur de Tunisie, au début des années 60 [Ahmed Mestiri, Ndlr], que seul ce pays <em>«frère»</em> là, chantre du panarabisme, avait aidé le sien lors de la lutte de libération nationale, et que les autres, autrement dit les voisins de l’Est et de l’Ouest, où ses combattants avaient stationné, reçu des armes et de l’argent, s’étaient ressourcés pour repartir à l’assaut, ces voisins n’étaient pour ce président là que des menteurs, en prétendant avoir aidé son pays dans sa guerre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une certaine forme de solidarité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a beaucoup de choses qu’on peut reprocher à ses voisins, mais on ne les choisit pas, ainsi que le disait le président Bourguiba. Et même après l’attaque contre une ville d’une région minière [Gafsa, menée par un commando tunisien venu d&rsquo;Algérie, Ndlr] ou bien la découverte d’un complot militaire, il convient de se rappeler qu’en 1983, lorsqu’il avait été hospitalisé et qu’il sentait que le destin de son pays pouvait avec sa propre disparition basculer dans l’inconnu, quel président d’un pays voisin [Algérie, Ndlr] était venu lui rendre visite [Chedly Bendjedid, Ndlr], et quel traité&nbsp;de fraternité et de concorde avait été signé, et qui à ma connaissance n’a jamais été invalidé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il convient de se souvenir également d’où était venue l’assistance lorsque notre pays pour différentes raisons avait eu des difficultés d’approvisionnement en énergie. Ce pays-là avait fourni une assistance substantielle en gaz au Liban, une véritable bouffée d’oxygène, lorsqu’il s’était écroulé économiquement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’aucuns argueront que notre pays, la Tunisie, n’a rien à y voir. Cela témoigne néanmoins sinon d’un souci d’aider&nbsp;les autres Etats&nbsp;arabes, du moins d’une volonté de les empêcher de les s’écrouler, qui même obéissant au souci de rompre la dynamique du pacte d’Abraham, n’en démontre pas moins une volonté de respecter une certaine forme de solidarité face à la prépondérance sioniste.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6xYSniHVyZ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/14/le-calvaire-algerien-de-donia-gueni-et-les-agents-subreptices-de-letranger/">Le calvaire algérien de Donia Gueni et les «agents subreptices de l’étranger»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le calvaire algérien de Donia Gueni et les «agents subreptices de l’étranger» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/14/le-calvaire-algerien-de-donia-gueni-et-les-agents-subreptices-de-letranger/embed/#?secret=yfzlDuHxOa#?secret=6xYSniHVyZ" data-secret="6xYSniHVyZ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne faut pas oublier qu’Israël encourage ouvertement la sédition berbère, parce qu’il est de son intérêt d’affaiblir les Etats&nbsp;arabes, dans leur intégrité territoriale, et dans leur homogénéité culturelle.&nbsp;Mais <em>«fraternels»</em>&nbsp;ou pas, les relations de voisinage acquièrent de toute évidence pour la Tunisie une importance fondamentale mettant en jeu ses intérêts nationaux les plus urgents. On comprend donc le souci du président Saïed de les consolider, d’autant que, on le veuille ou non, il suffit de se rendre à Sousse, même en plein mois d’Octobre, pour en réaliser l’impact économique sur le tourisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le nœud du problème</h2>



<p class="wp-block-paragraph">On en arrive ainsi au nœud du problème. D’aucuns contestent à Kaïs&nbsp;Saïed la pertinence de ses choix politiques et économiques, et d’une manière plus générale sa gestion autoritaire de l’Etat. Ils ont peut-être leurs raisons. Mais lorsqu’ils en arrivent à confondre la situation politique interne de la Tunisie, dont ils désirent le changement, avec les relations extérieures du pays, ils commettent à mon avis une erreur lourde de conséquences, en enfourchant un cheval de bataille galopant vers l’inconnu, dont la première à pâtir est celle dont la condamnation, sévère ou pas, injuste ou non, sert d’alibi à l’expression d’une opposition politique interne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand un tunisien est injustement emprisonné en France, parfois tué, rares sont ceux qui clament que la Tunisie ne doit pas devenir un protectorat français. Quand une Tunisienne y est violée, l’évènement&nbsp;est souvent carrément passé sous silence dans notre pays, seule la presse locale en fait généralement état,&nbsp;pour dire souvent que dans nos communautés, cela fait partie de la condition féminine, justement&nbsp;le même argument attribué à tort ou à raison à Mme Gueni sur ses hôtes dans les réseaux sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant aux remarques sur les toilettes turques, pour démontrer le caractère fruste de nos voisins, outre le caractère&nbsp;plus sain de ces cuvettes évitant les risques de contagion, ces remarques ne font pas avancer la cause de la détenue, loin de là. On voit donc dans quel registre les soi-disant partisans de Mme Gueni puisent, celui de l’extrême droite sioniste de Geert Wilders et Eric Zemmour. L’intérêt bien compris de Mme Gueni exige d’abord que le verdict dont elle fait l’objet soit ramené à ses justes proportions, afin qu’elle bénéficie PAR LES VOIES LÉGALES d’une remise de peine ou d’un acquittement qui lui permettraient de regagner son pays et de retrouver sa famille dans les délais les plus brefs.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="v4fDy3IllF"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/15/la-tunisie-et-ses-voisins-je-taime-moi-non-plus/">La Tunisie et ses voisins : Je t’aime, moi non plus !</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie et ses voisins : Je t’aime, moi non plus ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/15/la-tunisie-et-ses-voisins-je-taime-moi-non-plus/embed/#?secret=rEvIVOz7BE#?secret=v4fDy3IllF" data-secret="v4fDy3IllF" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/15/la-seconde-affaire-gueni-lalibi/">La seconde affaire Gueni : l’alibi  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/15/la-seconde-affaire-gueni-lalibi/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Qu’est-ce qui fait courir Mondher Zenaïdi ? (Vidéo)</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/30/quest-ce-qui-fait-courir-mondher-zenaidi-video/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Jun 2024 10:44:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abir Moussi]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Ali]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Mondher Zenaïdi]]></category>
		<category><![CDATA[Parti destourien libre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=13472136</guid>

					<description><![CDATA[<p>Comment Mondher Zenaïdi entend-il agir pour mettre en route son fameux «projet de sauvetage national»?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/30/quest-ce-qui-fait-courir-mondher-zenaidi-video/">Qu’est-ce qui fait courir Mondher Zenaïdi ? (Vidéo)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Mondher Zenaïdi, ancien ministre sous Ben Ali, multiplie les messages vidéo sur les réseaux sociaux à l’adresse des Tunisiens. Il se propose pour une mission de «sauvetage et de réforme», qui reste aussi vague et ambiguë qu&rsquo;irréalisable.</em></strong> <a href="https://www.facebook.com/Mondher.Zenaidi1/videos/1839101096569788/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Vidéo.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ridha Kefi</strong></p>



<span id="more-13472136"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/03/Ridha-Kefi.jpg" alt="" class="wp-image-203122"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Dans ses messages, qui se suivent et se ressemblent, le candidat malheureux à la présidentielle de 2014 <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/14/mondher-zenaidi-a-kais-saied-il-est-temps-de-partir/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">critique le président Kaïs Saïed</a> tout en se gardant de le nommer, brosse un tableau sombre de la situation en Tunisie, sur les plans politique, économique et social, appelle à la libération des militants politiques, notamment la présidente du Parti destourien libre (PDL) Abir Moussi, des journalistes et des acteurs de la société civile emprisonnés et poursuivis en justice dans des affaires selon lui montées de toutes pièces, demande aux Tunisiens de rallier son <em>«projet de sauvetage national»</em>, car, estime-t-il, il n’y a pas de réforme possible sans sauvetage préalable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Inconstance et ambiguïté</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, le problème avec Zenaïdi ce sont son inconstance et son ambiguïté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’inconstance réside dans ses disparitions fréquentes, plus ou moins longues et inexpliquées, et dans ses apparitions intempestives qui traduisent, chez lui, un opportunisme politique dont la vanité et la prétention n’échappent guère aux Tunisiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette inconstance réside aussi dans la manière qu’il a de se dérober au devoir d’autocritique. Il ne retient de sa longue carrière au service de la dictature de Ben Ali que sa connaissance des rouages de l’Etat et son expérience de la gestion des affaires publiques. Et évite de répondre aux critiques qui lui sont souvent adressées, au sein même de sa famille politique, destourienne l’occurrence, à propos de ses accointances avec Leila Ben Ali et son clan de prévaricateurs attitrés qu’il servit sans état d’âme sinon avec un zèle fort remarqué. &nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ce qui est de l’ambiguïté que Zenaïdi semble entretenir sciemment, elle réside dans la stratégie d’évitement qu’il a adoptée pour ne pas avoir à avouer clairement aux Tunisiens la teneur et la nature de ses ambitions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Résidant en France depuis plusieurs années, l’ancien ministre se contente de parler aux Tunisiens via des séquences vidéo où il les invite à rejoindre ce qu’il appelle son <em>«projet de sauvetage national»</em>, sans clarifier sa démarche ni dire comment il entend s’y prendre pour le réaliser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Va-t-il proposer une nouvelle fois sa candidature à la présidentielle, qui est prévue à l’automne prochain, et dont on attend la fixation de la date par le président de la république?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand on connaît la situation personnelle de M. Zenaïdi et celle qui prévaut aujourd’hui dans le pays, il ne fait aucun doute que ce scénario a de très faibles chances de se réaliser. Etant poursuivi dans plusieurs affaires de corruption – qu’il affirme être montées de toutes pièces pour l’exclure de la scène politique –, on ne le voit pas courir le risque de rentrer au pays et de se voir conduire illico presto en prison.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sur un cheval blanc</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comment entend-il alors agir pour mettre en route son fameux<em> «projet de sauvetage national»</em>? Mise-t-il sur un mouvement populaire de désobéissance civile voire une nouvelle révolution qui le porterait, sur un cheval blanc, comme Bourguiba le 1<sup>er</sup> juin 1956, vers la plus haute charge de l’Etat?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si c’est le cas, il risque d’attendre longtemps, car rien n’indique, pour le moment, que le pays est sur un volcan ou que le pouvoir en place est en passe de perdre le contrôle de la situation, comme cela est arrivé pour Bourguiba la veille du 7 novembre 1987 et pour Ben Ali la veille du 14 janvier 2011.</p>



<p class="wp-block-paragraph">M. Zenaïdi peut toujours rêver et tirer des plans sur la comète, en prêtant trop l’oreille à quelques agitateurs politiques intéressés, quand on n’a aucune emprise sur la réalité à l’intérieur du pays, on ne peut orienter celle-ci dans le sens de ses désirs et de ses ambitions. Et M. Zenaïdi ne tardera pas à en faire l’expérience à ses dépens. A moins qu’il ne parvienne à prouver le contraire, en misant sur l’inconstance et la versatilité d’un peuple qui, jusque-là, à chaque fois qu’il s’est soulevé, a eu tout faux… Mais même un pareil scénario semble fort improbable dans l&rsquo;état de lassitude et d&rsquo;abattement où se trouve aujourd&rsquo;hui le peuple tunisien, qui semble revenu de toutes ses illusions. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="UGQm00itjY"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/09/tunisie-quelles-chances-pour-mondher-zenaidi-dacceder-a-carthage-video/">Tunisie : Quelles chances pour Mondher Zenaïdi d’accéder à Carthage ? (Vidéo)  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Quelles chances pour Mondher Zenaïdi d’accéder à Carthage ? (Vidéo)   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/09/tunisie-quelles-chances-pour-mondher-zenaidi-dacceder-a-carthage-video/embed/#?secret=zw5WlrJPkH#?secret=UGQm00itjY" data-secret="UGQm00itjY" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/30/quest-ce-qui-fait-courir-mondher-zenaidi-video/">Qu’est-ce qui fait courir Mondher Zenaïdi ? (Vidéo)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le poème du dimanche : ‘‘Les Djerbiennes’’ de Léopold Sédar Senghor</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/23/le-poeme-du-dimanche-les-djerbiennes-de-leopold-sedar-senghor/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Jun 2024 06:20:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Académie française]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Djerbiennes]]></category>
		<category><![CDATA[Léopold Sédar Senghor]]></category>
		<category><![CDATA[négritude]]></category>
		<category><![CDATA[Normandie]]></category>
		<category><![CDATA[Sénégal]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Bekri]]></category>
		<category><![CDATA[Verson]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=13383191</guid>

					<description><![CDATA[<p>Léopold Sédar Senghor est poète, écrivain, enseignant et homme politique sénégalais.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/23/le-poeme-du-dimanche-les-djerbiennes-de-leopold-sedar-senghor/">Le poème du dimanche : ‘‘Les Djerbiennes’’ de Léopold Sédar Senghor</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Né en 1906 à Joal, au Sénégal, Léopold Sédar Senghor est poète, écrivain, enseignant et homme politique. Membre de l’Académie Française. Il est l’un des fondateurs importants du mouvement de la négritude.</em></strong></p>



<span id="more-13383191"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Premier président du Sénégal indépendant, son œuvre poétique, comme ses essais, écrivent l’Afrique et l’enracinent dans une haute mémoire, œuvre d’émancipation et de dignité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ami du président Bourguiba, et son complice dans le projet de la francophonie, familier de la Tunisie, qu’il célèbre, en juillet 1971, dans <em>«Elégie de Carthage»</em> (<em>Elégies majeures</em>, Ed. Seuil, 1979), il chante ici les Djerbiennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il décède à Verson, en Normandie, en 2001. &nbsp;</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Tahar Bekri</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Inspire-moi, Tanit la Tendre, Tanit la Tunisienne</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Quand je chante les Djerbiennes au rythme des tam-tams et tabalas</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les voilà entrant dans la danse, vases sveltes, un vase sur la tête altère</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les voilà longues lisses, les Djerbiennes à la tête d’or</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Et les hauts Dieux d’ébène pour rythmer leurs pas</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les tam-tams dansent et les tabalas, les tam-tams sous la main d’ébène dur</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les voici de soie fine, les Djerbiennes soyeuses et souples</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Et déroulant rythmée la fuite foisonnante, gracieuse</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Et montent les hosannas dans la nuit bleue étoilée</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em><strong>Poèmes divers, Ed. Seuil, 1990.</strong></em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="LObImUDkBA"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/07/le-poeme-du-dimanche-gros-sang-de-tchicaya-u-tamsi/">Le poème du dimanche : ‘‘Gros sang’’ de Tchicaya U Tam’si</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Gros sang’’ de Tchicaya U Tam’si » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/07/le-poeme-du-dimanche-gros-sang-de-tchicaya-u-tamsi/embed/#?secret=0rQxbme6VF#?secret=LObImUDkBA" data-secret="LObImUDkBA" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="bpCs20MDII"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/06/09/le-poeme-du-dimanche-poeme-a-lafrique-daime-cesaire/">Le poème du dimanche : ‘‘Poème à l’Afrique’’ d’Aimé Césaire</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Poème à l’Afrique’’ d’Aimé Césaire » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/06/09/le-poeme-du-dimanche-poeme-a-lafrique-daime-cesaire/embed/#?secret=CvAX8TWMrj#?secret=bpCs20MDII" data-secret="bpCs20MDII" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/23/le-poeme-du-dimanche-les-djerbiennes-de-leopold-sedar-senghor/">Le poème du dimanche : ‘‘Les Djerbiennes’’ de Léopold Sédar Senghor</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les associations en Tunisie sous Ben Ali : entrisme, clientéliste et collusion</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/02/les-associations-en-tunisie-sous-ben-ali-entrisme-clienteliste-et-collusion/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/02/les-associations-en-tunisie-sous-ben-ali-entrisme-clienteliste-et-collusion/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 May 2024 09:11:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Associations]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Ali]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[société civile]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=12663311</guid>

					<description><![CDATA[<p>La société de contrôle a toujours craint les rassemblements. Et donc, les associations. Elle a aussi toujours cherché à les utiliser. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/02/les-associations-en-tunisie-sous-ben-ali-entrisme-clienteliste-et-collusion/">Les associations en Tunisie sous Ben Ali : entrisme, clientéliste et collusion</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les régimes politiques policiers qui se sont succédé en Tunisie ont fait de sorte que se réunir hors des cadres établis par les autorités était suspect, voire délictueux. La société de contrôle a toujours craint les rassemblements. De là viendrait certainement l’injonction policière : Circulez, il n’y a rien à voir ! Mais voir quoi au fait? Ce que font les classes dominantes bien entendu!</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mahmoud Gabsi </strong>*</p>



<span id="more-12663311"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Mahmoud-Gabsi.jpg" alt="" class="wp-image-10416309" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Mahmoud-Gabsi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Mahmoud-Gabsi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/11/Mahmoud-Gabsi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Les associations existaient depuis au moins la colonisation française, mais elles étaient interdites aux musulmans. Elles ont exercé un quasi-monopole sous Bourguiba. Ben Ali n’a fait que récupérer le passif. En clair, les autorisations étaient accordées à certains individus, ou plutôt à certains groupes avec une mission préalable et dans un cadre bien déterminé. Il y avait ceux qui <em>«avaient leur association»</em> – une expression purement tunisienne – et les autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà un autre fait d’armes de l’œuvre <em>«benalienne»</em> : transformer le champ associatif qui est un espace de liberté civile fondamentale en un terrain de marchandage, de clientélisme et de passe-droit.&nbsp;De cette censure tacite, un climat de suspicion a été installé. Lorsque l’on venait du mauvais bord, déposer une demande d’autorisation était déjà considéré comme un acte hostile au régime. <em>«Pourquoi vous voulez créer une association&nbsp;?»</em>, c’était la question que les militants et autres activistes politiques et sociaux ne souhaitaient pas entendre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un tremplin pour le pouvoir :</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et ce sont les mêmes parties dominantes qui ont fait monter les enchères. Les autorisations n’étaient pas automatiques, elles étaient monnayées contre divers services politiques, sociaux ou économiques rendus à l’oligarchie gouvernante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette bourse de l’arrivisme et du clientélisme, les présidents d’association vitales pour la paix civile, surtout lorsqu’elles étaient nationales, c’est-à-dire représentées avec des succursales à l’intérieur du pays étaient bien vus des autorités. Mais pour y arriver, il fallait dépasser maints obstacles et exercer diverses pratiques propres au champ politique&nbsp;: multiplier les allégeances et jouer certains rôles ardus. C’était aussi une entrée permettant d’accéder à certains cercles du pouvoir. L’agitation, ou le travail associatif et en fonction du degré de son utilité au système, rendait son auteur<em> «ministrable»</em>. D’autres lorgnaient sur les <em>«bonnes»</em> ambassades à l’étranger et la voracité des assoiffés du pouvoir a été sans limites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La fausse <em>«opposition»</em> a compris le système. Elle a été créée pour produire un effet catharsis dans la société, et elle remplissait bien son rôle d’exutoire populaire. L’autre, la vraie, lorsqu’elle était <em>«fréquentable»</em>, donc dans la négociation et non dans l’affrontement, elle voyait les plus diplomates de ses dirigeants, eux aussi périodiquement récompensés par des nominations gouvernementales. Les gardiens du temple RCD, ancien parti au pouvoir, voyaient d’un très mauvais œil l’intrusion de ces <em>«associatifs»</em> dans les arcanes du pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est important de rappeler que beaucoup de présidents d’associations étaient nommés par le pouvoir. Mais là aussi on ne choisit par n’importe qui. A cette époque, le filtrage était très rigoureux, vu les enjeux en question.  </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="OaJuL5y0LN"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/12/ong-genocide-palestinien-et-droits-de-lhomme-en-tunisie/">ONG, génocide palestinien et droits de l’homme en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ONG, génocide palestinien et droits de l’homme en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/12/ong-genocide-palestinien-et-droits-de-lhomme-en-tunisie/embed/#?secret=tmEoDs3ATS#?secret=OaJuL5y0LN" data-secret="OaJuL5y0LN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Tous les moyens sont bons :</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les partis politiques étant quasiment interdits, ce fut la ruée sur les associations, fédérations, ligues, ONG et autres regroupements qui étaient officiellement non politiques.&nbsp;Il fallait faire du bruit pour sortir de l’anonymat et surtout être reçus au <em>«palais»</em>, ou à défaut, être recommandé par l’un des membres du clan Ben Ali. Et ce fut la ruée sur le sport, les droits de l’homme, les syndicats, les fédérations patronales&#8230; les accros du pouvoir n’étaient guère regardants sur le domaine d’activité. On a même vu des secteurs qui étaient jadis réservés aux gens passionnés et qui étaient animés par la bonne volonté, tels celui des handicapés, des maladies incurables, ou de la sécurité routière, investis par les gros bonnets de l’économie, des médias et de la culture. Le mot d’ordre était&nbsp;: être président d’association ou de fédération à tout prix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils appelaient cette manœuvre faire de la politique autrement, or au même moment, d’autres individus avaient choisi le vrai chemin, celui de l’activisme avec ses différentes variantes et surtout avec tous ses risques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong> </strong>Une guerre contre la compétence </h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’intention étant mauvaise dès le départ, ceux qui avaient des objectifs politiques s’étaient introduits dans ces associations comme des éléphants dans un magasin de porcelaine. Pressés par le temps et dépourvus de scrupules, ils ont détruit les structures et aboli les procédures. Chemin faisant, ils ont ramené leur <em>«équipe»</em>, traduisons : leur petite mafia de service afin de consolider leur pouvoir. Par la même, ils ont exclu méthodiquement les gens du domaine. Ils se sont attaqués aux compétences qui régissaient ces organisations en les écartant, car elles représentaient tout ce qu’ils ne souhaitaient ni voir ni entendre : l’histoire. Ils devaient faire table rase du passé. Ces sinistres personnages étaient redoutables dans l’anéantissement des institutions. Le fait qu’elles étaient déjà expérimentées dans leur propre domaine faisait d’elles de véritables prédateurs de l’organisation, de l’ordre et surtout du militantisme social. Pour elles, les anciens militants étaient des proies faciles, car elles débarquaient le plus souvent dans des associations qui étaient tenues par des gens modestes et qui n’étaient animées que par l’intérêt public.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="pQ2MebeUzV"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/29/les-ong-etrangeres-en-tunisie-qui-sont-elles-et-que-font-elles/">Les ONG étrangères en Tunisie : Qui sont-elles? Et que font-elles ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les ONG étrangères en Tunisie : Qui sont-elles? Et que font-elles ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/29/les-ong-etrangeres-en-tunisie-qui-sont-elles-et-que-font-elles/embed/#?secret=fj36kIMipz#?secret=pQ2MebeUzV" data-secret="pQ2MebeUzV" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une destruction méthodique </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les parachutés, qui ne comprenaient rien au secteur où ils ont été parachutés, ont œuvré pour leur propre pouvoir au détriment de la promotion des objectifs de l’association dont ils avaient la charge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucune région, ni secteur n’a échappé à ce fléau. Les politicards ont accouru et se sont rués sur des organisations censées être sans buts autres que ceux qui étaient mentionnés dans leur chartes : services publics non assurés par l’Etat, aide aux plus démunis, encadrement des jeunes&#8230; En brisant la chaîne, ils ont fait sortir le jeu associatif de ses rails. Voilà comment, à titre d’exemple, la jeunesse, le sport, le tourisme, l’agriculture et l’enseignement ont été détruits de l’intérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ces basses manœuvres, ils ont tué la poule aux œufs d’or, car les bénévoles qui sont le cœur battant des associations se sont retirés. Les grands perdants sont les citoyens et par ricochet l’Etat qui voit les maux sociaux s’amplifier et les revendications augmenter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Etat tunisien pris à son propre piège </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au final, l’Etat tunisien de l’époque s’est fait prendre à son propre piège. En interdisant les partis politiques d’opposition il a crée un courant parallèle qui a détruit ses propres structures sur lesquelles il s’appuyait vu qu’elles comblaient ses carences. Il est notoire que l’Etat ne peut tout faire, en déléguant aux associations certaines tâches il en sort gagnant.&nbsp;&nbsp;Mais c’est le contraire qui s’est produit. Ce qui est paradoxal, c&rsquo;est que <em>«l’Etat»</em> tunisien en favorisant ce système entriste et clientéliste pensait consolider son pouvoir sur la société. Mais comme tout petit calcul, il ne dure qu’un temps.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à définir ce qu’est un Etat, quels intérêts sert-il? Qui le compose?&nbsp;C’est une autre histoire.&nbsp;&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="0AJpZPiCfX"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/12/en-tunisie-le-sentiment-anti-occidental-pourrait-pousser-a-une-loi-anti-ong/">En Tunisie, le sentiment anti-occidental pourrait pousser à une loi anti-ONG</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« En Tunisie, le sentiment anti-occidental pourrait pousser à une loi anti-ONG » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/12/en-tunisie-le-sentiment-anti-occidental-pourrait-pousser-a-une-loi-anti-ong/embed/#?secret=JlGeitMsQu#?secret=0AJpZPiCfX" data-secret="0AJpZPiCfX" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les acteurs du système </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Qui sont les coupables de ces holdups sur les associations et les institutions qui leur étaient apparentées, en l’occurrence, amicales, syndicats, représentations patronales, mutuelles…&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui composait la galaxie des usurpateurs du pouvoir associatif? Cela nécessiterait une enquête sociologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons découvert sans surprise, les mêmes catégories sociales omnipotentes. Sans exhaustivité, des professions nous sont apparues plus que d’autres. Ce sont &nbsp;les avocats, les médecins et les affairistes de tous bords, d’ailleurs, ces derniers étaient le plus souvent peu diplômés. D’une domination l’autre, pourrait-on dire. Les enseignants ont été comme toujours peu représentés. Cela confirme l’hostilité du système de Ben Ali envers l’intellectuel et l’artiste. Néanmoins, il a été constaté que les professeurs de langue, dits arabisants, étaient souvent présents dans les arcanes du pouvoir.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au final, et même si la réflexion mérite approfondissement, on peut déduire que les pouvoirs judiciaire, médical et économique, à défaut d’améliorer les conditions sociales du peuple tunisien, ils se sont ligués pour l’enfoncer dans la misère en le privant d’une aide sociale associative précieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, il serait intéressant de s’interroger sur la représentation populaire actuelle en lien avec&nbsp;ces professions. Sans préjugés, mais en portant la casquette de sociologue on s’interroge&nbsp;: Comment le Tunisien considère t-il le médecin, l’avocat et l’homme d’affaires&nbsp;? Et si la négativité de cette vision viendrait de la fausse pratique politique que ces catégories ont exercée à diverses étapes de l’évolution de la vie politique en Tunisie&nbsp;? Certes plusieurs paramètres interviennent, mais nous pouvons déjà retenir une chose&nbsp;: un statut social privilégié n’entraîne pas que des avantages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà pour ce qui est de certains éléments historiques en lien avec la promiscuité du politique et du milieu associatif au temps de Ben Ali.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qu’en est-il aujourd’hui ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Vint 2011 et on est passé subitement du manque à l’excès : ne dit-on pas aujourd’hui dans le milieu des activistes <em>«qui n’a pas son association»</em> ? L’overdose de <em>«la fausse liberté»</em> a suivi et le pays en paie le prix. La frénésie <em>«de s’organiser»</em> et d’œuvrer avec pignon sur rue est devenue une nécessité pour tous les <em>«accidentés»</em> de la dictature. Mais le résultat de la profusion associative est catastrophique. Et la question est la suivante : pourquoi autant d’associations, on parle de plus de 23 000, si c’est pour voir le pays dans cet état lamentable? Quelle est leur part de responsabilité dans tout ce qui s’est passé pendant la décennie noire?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Sociologue à Tunis. </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/02/les-associations-en-tunisie-sous-ben-ali-entrisme-clienteliste-et-collusion/">Les associations en Tunisie sous Ben Ali : entrisme, clientéliste et collusion</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/02/les-associations-en-tunisie-sous-ben-ali-entrisme-clienteliste-et-collusion/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
