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	<title>Archives des Bourguiba - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Bourguiba - Kapitalis</title>
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		<title>L’Algérie, telle qu’elle doit s’assumer, légataire du fardeau colonial</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 11:08:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il faut lire l'histoire de nos peuples du Maghreb loin des mystifications et de la langue de bois des pouvoirs politiques. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/31/lalgerie-telle-quelle-doit-sassumer-legataire-du-fardeau-colonial/">L’Algérie, telle qu’elle doit s’assumer, légataire du fardeau colonial</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’auteur réagit ici à la réponse du Dr Abderrahmane Cherfouh intitulée <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/27/lalgerie-face-a-lhistoire-de-la-souverainete-a-la-reconquete/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’Algérie face à l’histoire : De la souveraineté à la reconquête</a> à un précédent article qu’il avait publié dans Kapitalis : <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/26/tunisie-du-souverainisme-a-la-question-numide-ou-lopposition-aveugle/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tunisie : du souverainisme à la question numide</a>.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dr Mounir Hanablia *</strong></p>



<span id="more-19543224"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Suite à l’intervention de mon collègue algérien, qui semble avoir perdu&nbsp; le fil de l’essentiel de mon précédent écrit, à savoir le caractère inutile et nuisible d’une guerre du gaz entre nos deux pays, ou bien d’entreprises qui pourraient remettre en cause leur intégrité territoriale mutuelle, et qui finit&nbsp; par se lancer dans un récit apologétique dénué d’intérêt sur l’Histoire de l’Algérie contemporaine,&nbsp; je me dois de rappeler que beaucoup de nations ne furent que les conséquences du fait colonial. Leurs citoyens doivent-ils pour autant porter cela comme une marque d’infamie ? L’Inde est une création anglaise. Aucun Indien ne le niera aujourd’hui, pas plus qu’aucun Pakistanais. Pourtant lors de la bataille de Plassey en 1757, l’Inde possédait les attributs au moins nominaux de l’État unitaire,&nbsp;même si celui-ci&nbsp;miné par les sécessions n’était&nbsp;plus que l’ombre de lui-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un bébé né d’un viol</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie aujourd’hui est un état libre et indépendant reconnu par la communauté internationale. Et nul ne prétend minimiser l’ampleur du combat héroïque de son peuple contre le colonialisme. Cela n’est nullement antinomique avec la réalité que ce pays, dépourvu à l’origine d’Etat unitaire, ait été réunifié bon gré mal gré par la puissance destructrice de l’armée française. C’est un fait, même si la France n’avait aucun droit légitime à occuper un sol qui ne lui appartenait pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les gouvernements européens ont établi entre eux des protocoles et des droits de conquête fondés sur des traités inégaux ou illégaux signés avec des chefs indigènes pour légitimer leurs entreprises respectives, cela ne constitue pas un argument valable pour justifier une conquête, tant bien même la négation ou l’absence d’un État en servirait de couverture juridique. Mais quand le bébé est né d’un viol, il faut avoir le courage de le reconnaître, et non pas prétendre à la légitimité du mariage. Et que les colonialistes usent&nbsp;de cet argument&nbsp;pour nier tout droit algérien à l’indépendance ne signifie pas plus qu’ils aient raison de le faire, face à la reconnaissance internationale. Et celle-ci se rapporte à l’Onu, créée par le Président Roosevelt et consolidée par Truman, avec l’assentiment de l’URSS. Et lorsque la Tunisie, l’Algérie et le Maroc sont passés à l’indépendance, celle-ci n’est devenue effective que par la communauté internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1943 à Casablanca c’est un fait que le Président Roosevelt ait promis l’indépendance au Sultan Mohamed V et que à la suite de cela les agents américains aient diffusé la bonne nouvelle sur la fin proche du colonialisme français&nbsp;chez les leaders indépendantistes maghrébins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La protection conférée par Robert Murphy à Bourguiba contre les représailles françaises pour ses contacts avec les Italiens ne démentira certes pas cette réalité.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le rôle américain dans la décolonisation du Maghreb</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le statut de l’Algérie demeure particulier du fait de l’intégration du territoire algérien à la France. Et si Messali Hadj&nbsp;fut le véritable père de l’indépendance algérienne, il n&rsquo;en a pas moins été renié et combattu par le Front de libération national&nbsp;(FLN) algérien. Il est vrai que ses tendances socialisantes ne l’auraient pas fait considérer d’un bon œil de la part des Américains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or au moment du débarquement américain en Afrique&nbsp;du Nord, le FLN n’existait pas encore. Ferhat Abbès, fondateur de l’Union démocratique du Manifeste algérien et futur président du Gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA), lui, écrivait quelques années auparavant : <em>«J’ai erré parmi les cimetières, la nation algérienne n’existe pas, notre avenir est avec la France»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi on ne peut pas prétendre que l’indépendance du Maghreb ait été l’œuvre de Roosevelt et je ne l’ai pas fait. Par contre sans les pressions américaines il est fort probable que la France n’eût pas quitté au moins l’Algérie,&nbsp;tout comme l’Allemagne n’eût pas évacué la France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Naturellement l’historiographie indépendantiste algérienne prétend que ce départ des Français s’est opéré sous la pression militaire des fellagas. Rien ne le prouve. Outre que cela est nié par de nombreux Français, en particulier les militaires, ce qui est naturel,&nbsp;il n’y a pas eu de Dien Bien Phu algérien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est admis ailleurs que dans&nbsp;le discours officiel algérien, c’est que les combattants algériens de l’intérieur aient été écrasés dans des opérations d’encerclement, par exemple celle dite Courroie, après avoir été enfermés grâce à ligne Morrice qui a coupé leurs approvisionnements et les lignes de communication avec la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est d’ailleurs l’une des raisons qui a entraîné le putsch des généraux contre De Gaulle en avril 1961 qui ne comprenaient pas les raisons de quitter l’Algérie alors que les opérations militaires tournaient à leur avantage contre les résistants algériens. Ceux qui ont survécu ont été les combattants massés à la frontière et que les lignes de haute tension déployées depuis Tabarka jusqu’au Sahara ont empêchés de traverser. Cela a d’ailleurs provoqué des frictions entre les maquis de l’intérieur et l’armée des frontières commandée par le colonel Boumediene accusé d’être un planqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donc sans prétendre que les Algériens n’aient pas lutté pour leur indépendance, il n’en demeure pas moins que l’élément décisif a été la volonté américaine de liquider les colonies anglaises et françaises, non dans un souci de liberté, mais pour ouvrir ces pays au commerce et à l&rsquo;influence américains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas d’Israël prouve bien à l’inverse que le soulèvement populaire et la lutte pour l’indépendance nationale seuls aussi légitimes soient ils ne suffisent pas à abattre une puissance coloniale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour en revenir à l’Etat algérien tel que nous le connaissons, qu’il ait été forgé par le fer et par le sang ainsi que je l’ai indiqué, ne signifie nullement que Bugeaud et le Duc d’Aumale eussent été de grands hommes. Evoquer cela ne laisse d’autre opportunité aux détracteurs de la fiction nationaliste algérienne que d’apparaître comme des colonialistes. Houcine Ait Ahmed, l’un des chefs historiques du FLN, tout comme Krim Belkacem, auraient-ils donc été des colonialistes pour s’être opposés au Clan de Oujda ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me refuse&nbsp;à entrer dans ce sujet qui m’apparaît témoigner d’une volonté de détournement du cœur du débat, à savoir si l’Etat algérien actuel est bien le successeur de celui dont l’armée de Massu et de Salan a constitué un des piliers fondamentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Afin de répondre à cette question, et indépendamment de celle des frontières issues de la colonisation française, que Bourguiba, conscient des réalités, a choisi de régler définitivement avec une grande sagesse,&nbsp;il m’apparaît nécessaire de rappeler qu’en 1991 alors que le Front islamique du salut (Fis) gagnait les élections, éventualité dont je reconnais volontiers le caractère funeste pour l’Algérie et le Maghreb dans son ensemble, c’est bien l’armée algérienne appelée à la rescousse par des intellectuels se qualifiant de démocrates qui a mis fin au processus électoral et engagé le pays dans la décennie noire. Aurait-elle été en droit de le faire sans l’emprise exercée sur le régime qui n’en&nbsp;était&nbsp;que l’émanation ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le déroulement de la lutte contre-insurrectionnelle, ou si vous voulez antiterroriste, a apporté&nbsp;la&nbsp;preuve que les méthodes utilisées ne différaient&nbsp;en rien de celles utilisées par l’armée coloniale pour écraser la résistance algérienne, depuis la guerre psychologique, la bleuite et les faux maquis, jusqu’à la torture et aux liquidations extrajudiciaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La guerre d’Algérie a été loin du stéréotype Maghrébin contre Français</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je vous invite à ce sujet à lire le livre de Habib Souaïdia un ex officier du DRS, ‘<em>‘La sale guerre’’</em>, ainsi que les comptes-rendus du procès en diffamation après une plainte déposée auprès du parquet de Paris par le Général Khaled Nezzar. Un autre livre, <em>‘‘Françalgérie, crimes et mensonges d’Etat’’</em> de Louis Aggoun et Jean Baptiste Rivoire, éclairera sur tous les&nbsp;liens occultes entretenus&nbsp;par les élites de la métropole et celles du nouvel Etat algérien indépendant, loin des mystifications et de la langue de bois, dans le cadre des accords d’Evian, cela va sans dire, qui n’étaient que les obligations contractées par le nouvel Etat vis-à-vis de l’ancienne puissance occupante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si d’aucuns s’estiment offensés par le rappel de ces réalités, c’est plutôt à leurs dirigeants qu’ils doivent en faire reproche, plutôt que les nier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’empêche ! En tant que Tunisien, j’ai beaucoup d’admiration pour Mustapha Ben Boulaïd, Larbi Ben M’hidi, Abane Ramdane,&nbsp;Djamila Bouhired, ou Yassef Saadi. J’ai en ai aussi&nbsp;pour le Docteur Cholet et sa femme qui cachaient les deux résistants kabyles Krim Belkacem et le capitaine Ouamrane dans leur voiture et risquaient d’être arrêtés et exécutés par les Parachutistes. Tout comme j’ai de l’admiration pour l’aspirant Maillot ou bien l’instituteur Maurice Labbene, cet ancien internationaliste d’Espagne fondateur du maquis rouge dans l’Ouarsenis, et qui sont morts en patriotes algériens dans un accrochage avec les harkis du bachaga Boualem au service de l’armée coloniale française.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela démontre combien la guerre d’Algérie a été loin du stéréotype Maghrébin contre Français. L’Histoire de l’Algérie m’intéresse donc même si mon interprétation en est différente. Je n’ai à ce sujet pas de complexe. Les Hambli se trouvent de part et d’autre de la frontière algéro-tunisienne et Ali Hambli un résistant qui ne voulait pas tenir le rôle à lui assigné a été liquidé par le FLN avec la complicité des autorités tunisiennes qui le trouvaient trop proche de ses propres fellagas. Ma grand-mère paternelle était originaire d’au-delà la frontière, tout comme mon aïeule maternelle. Mon grand-père maternel a exercé la médecine pendant de nombreuses années en Algérie, à Souk Ahras, et après la guerre sa maison a été confisquée par le FLN qui en a fait une bibliothèque. Il n’a jamais pu se faire dédommager. Mais cela ne pèse d’aucun poids dans ma réflexion. Je n’en demeure pas moins convaincu que tout comme les peuples sont les seuls à même de choisir les dirigeants qui les gouvernent sans aucune interférence extérieure,  la Tunisie et l’Algérie, tout comme le Maroc, sont appelés à plus de coopération pour faire face à un environnement international de plus en plus hostile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Médecin de libre pratique.&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
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		<title>Tunisie &#124; Du souverainisme à la question numide, ou l’opposition aveugle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Aug 2026 06:48:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Etat algérien est bien le successeur en droite ligne de l’État colonial français, et  c’est sciemment que la frontière algéro-tunisienne a été délimitée par la puissance coloniale et dans son intérêt. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/26/tunisie-du-souverainisme-a-la-question-numide-ou-lopposition-aveugle/">Tunisie | Du souverainisme à la question numide, ou l’opposition aveugle</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les récents articles** publiés dans Kapitalis font table rase du passé d’une manière somme toute radicale. De surcroît, l’idéologie souverainiste à la base de sa réflexion&nbsp;est assez insolite dans un pays par nature tolérant dont les élites se vantent volontiers d’être cosmopolites.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-19505180"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Je dis bien souverainiste, le nationalisme au Maghreb étant d&rsquo;essence arabo- musulmane, comme si dans le contexte le sentiment de tunisianité était exclusif, opposable à toute autre appartenance. C’est déjà faire insulte à la double nationalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’auteur des articles ne laisse donc d’autre choix que de remonter le cours de l’Histoire afin de relativiser le bien-fondé de ses thèses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On veut bien admettre l’existence d&rsquo;un souverainisme tunisien dont il serait le fondateur, sans la référence à la bataille de Legnano. Mais dans ce cas pourquoi le limiter à la borne 233 ou aux redevances gazières ? Il n’est venu à l’esprit de quiconque de réclamer la souveraineté sur la&nbsp;Sicile qui pendant deux siècles a fait partie de l’émirat aghlabide de Kairouan, Fatimide de Mahdia ou Ziride, ou bien sur&nbsp;le Mezzogiorno quand Bari était le chef-lieu d’un émirat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais revenons&nbsp;à l’époque moderne et à l’indépendance de la Tunisie. Force est d’admettre dans la polémique engendrée par ses opinions que l’impulsion décisive en faveur de l’indépendance au Maghreb est bien constituée par le débarquement américain au Maroc qui aboutira à la défaite des Nazis en Tunisie en juin 1943, ainsi que la volonté clairement exprimée par le président Roosevelt et ses représentants, ou bien perçue comme telle par les leaders nationalistes, de liquider l’empire français. La suite est donc dans l’ordre normal des choses même si l’affrontement Est-Ouest la retarde inévitablement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Vietnam en 1954, le Maroc et la Tunisie en 1956, obtiennent l’indépendance. Seule l’Algérie du fait de son statut de territoire français pose problème, l’armée de Challe et de Salan qui émerge de l’humiliation de Dien Bien Phu avec une terrible soif de revanche refuse de l’abandonner et envisage la constitution d’une Algérie européenne sécessionniste, un Israël&nbsp;français.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Algérie est bien une création de la France</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant en 1962, elle accède à l’indépendance dans le cadre des accords d’Evian et le Sahara lui est attribué. Ainsi ce pays, contrairement à ses voisins, ne disposait d’aucun Etat unitaire en 1830. C’est bien une création de la France dont la colonne vertébrale est constituée non&nbsp;par la bourgeoisie citadine comme en Tunisie, ni par le Palais comme au Maroc, mais par les ultimes détenteurs de la force seule à même de maintenir la cohésion de cet immense espace, les prétoriens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A ce titre l’État algérien est bien le successeur en droite ligne de l’État colonial français forgé par les troupes de Bugeaud et du Duc d’Aumale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré un vernis de socialisme, la coopération entre la métropole et l’ex- colonie, pas plus qu’avec les Américains, ne se démentira jamais, en particulier au Sahara dans le domaine des essais nucléaires ainsi que les exploitations du gaz et des hydrocarbures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à ce que d’aucuns affirment actuellement, c’est sciemment que la frontière algéro-tunisienne a été délimitée par la puissance coloniale et dans son intérêt. Et le Président Bourguiba l’a bien compris. Il n’était en effet pas question d’assurer au pays contrôlant Bizerte et le détroit de Sicile la part d’hydrocarbures et de gaz qui lui eût assuré la puissance.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="zLhSSxXjna"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/18/tunisie-algerie-le-grand-reniement-de-lete-1962/">Tunisie &#8211; Algérie | Le grand reniement de l’été 1962</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie – Algérie | Le grand reniement de l’été 1962 » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/18/tunisie-algerie-le-grand-reniement-de-lete-1962/embed/#?secret=1nwl4tM9AY#?secret=zLhSSxXjna" data-secret="zLhSSxXjna" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Bourguiba et la question des frontières</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bourguiba toujours visionnaire admettra également en réglant la question de la frontière ne pas vouloir chez lui d’un problème numide, c’est-à-dire d’un irrédentisme des habitants des montagnes de l’Ouest qui acceptent mal le diktat de populations côtières se prévalant&nbsp;de l’unité nationale et qui brandissent le drapeau du pays voisin dans des manifestations de protestation contre une politique de développement inégalitaire. C’est d’ailleurs du bassin minier à l’Ouest que naîtra l’incendie qui jettera à bas le régime de Ben Ali.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant l’Algérie elle-même en butte à un irrédentisme kabyle soutenu par Israël peut difficilement tabler sur la partition de la Tunisie ; il lui en coûterait la sécession de toute sa partie orientale pour former une nouvelle Numidie forcément hostile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins des arguments souverainistes totalement étrangers à la nature de notre pays prennent pour cible le voisin de l’Ouest, jugé hégémoniste.&nbsp;L’Etat, le nôtre, est accusé de complaisance coupable dans ses rapports avec lui, notamment sur la question du gaz. L’Histoire est là pour rappeler que Carthage fut une colonie étrangère, que Massinissa le Roi des Numides a bien contribué à sa destruction, que l’Afrique du Nord a été dans son ensemble une province romaine, arabe, française, que l’armée française est arrivée en Tunisie en 1881 en provenance d’Algérie pour imposer le protectorat, et que les enfants de Hussein Ben Ali Turki n’ont dû qu’au Dey d’Alger d’être rétablis sur le trône de leur père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’inverse, c’est bien sûr à nos frontières que l’ALN algérienne s’est constituée en vue de prendre le pouvoir, avec le total assentiment de la puissance coloniale sur le départ.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui et de nouveau on tient rigueur à Bourguiba de l’avoir accepté pour fustiger l’ingratitude. Mais que vaut la gratitude en politique ? C’est tout juste si on ne précise pas qu’on eût dû aider le colonel Tahar Zbiri en fuite chez nous à prendre le pouvoir à Alger, ou bien que de là-bas Ahmed Ben Salah ou Nabil Karoui, pour ne pas dire Mohamed Mzali, eussent dû trouver l’aide fraternelle nécessaire à la chute de la tyrannie. Qu’à cela ne tienne ; c’est désormais dans le Hirak, pour ne pas dire le MAK, que nous devons selon nos souverainistes&nbsp;placer nos espoirs d’entretenir des relations apaisées et équilibrées. Mais les acteurs politiques peuvent se suivre sans se ressembler, les réalités géostratégiques elles sont immuables,&nbsp;ainsi que le prouve du Chah aux mollahs la volonté iranienne de maîtriser le nucléaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Peut-on remettre en question l’intégrité territoriale de son pays ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avant donc de parler de jugulaire, de goulot de bouteille, ou d’étranglement, ou de terrorisme importé avec un parti Ennahdha au pouvoir, il convient de savoir s’il est dans l’intérêt de la Tunisie d’avoir à ses portes un nouvel Etat numide soutenu de l’étranger doté d’une idéologie expansionniste et revancharde qui rogne sur son territoire et pour qui Carthage ne soit qu’un ramassis d’envahisseurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si donc le pouvoir tunisien est déstabilisé par les grèves, les pannes, les pénuries, ou selon certains, l’incompétence, et que l’opposition&nbsp;pour parvenir à ses fins&nbsp;est capable de placer son destin entre les mains de ceux qui remettent en question l’intégrité territoriale de son propre pays, faut-il s’étonner que nos voisins envisagent des projets alternatifs&nbsp;exclusifs&nbsp;à l&rsquo;écoulement du gaz ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le contexte conflictuel que nous connaissons qui frappe la mer Rouge et le Golfe Persique, arguer des difficultés techniques de l’entreprise pour en faire un simple outil de propagande ne tient compte ni de la volonté européenne de garantir son approvisionnement énergétique, ni de le sécuriser, ni de l’évolution constante des moyens techniques disponibles vers plus&nbsp;d’efficacité. C’est dire combien minutieusement&nbsp;l’opposition doit choisir le panier où placer ses œufs.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Médecin de libre pratique.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>** L’auteur fait allusion aux articles de l’ambassadeur Elyes Kasri sur le Transmed et la nécessité pour la Tunisie de mieux défendre ses intérêts dans le passage par ses territoires de ce gazoduc transportant le gaz algérien vers l’Italie.    </em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="9OJvnPlBRC"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/22/la-tunisie-goulot-energetique-de-leurope-et-jugulaire-de-lalgerie/">La Tunisie, goulot énergétique de l’Europe et jugulaire de l’Algérie</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie, goulot énergétique de l’Europe et jugulaire de l’Algérie » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/22/la-tunisie-goulot-energetique-de-leurope-et-jugulaire-de-lalgerie/embed/#?secret=xolNvmbvGp#?secret=9OJvnPlBRC" data-secret="9OJvnPlBRC" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Quand les Tunisiennes réécrivent Beauvoir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Aug 2026 06:47:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après le 13 août, la question est  : qu'a-t-on donné aux Tunisiennes ? Et que sont-elles  prêtes à défendre et à conquérir ?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 13 août 2026, la Tunisie a célébré les 70 ans du Code du statut personnel, promulgué le 13 août 1956, quelques mois après l’indépendance et près d’un an avant la proclamation de la République. Tout a été dit sur le caractère exceptionnel de ce texte et sur l’audace de Bourguiba, qui s’est attaqué à des règles que l’on croyait intangibles. Mais cette année, quelque chose trouble la célébration.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Monia Kallel</strong> *</p>



<span id="more-19438976"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Monia-Kallel.jpg" alt="" class="wp-image-14872475" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Monia-Kallel.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Monia-Kallel-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Monia-Kallel-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Jamais peut-être la fête du 13-Août n’aura suscité autant de controverses. La femme tunisienne est à nouveau sommée de se justifier : sur ses acquis, ses vêtements, son corps. Les gardiens de la morale, de plus en plus décomplexés, ne se contentent plus de regarder : ils prescrivent.<br>Dans le même temps, les voix qui réclament une révision du CSP se font plus audibles, et de plus en plus radicales. Mais le plus inquiétant n’est peut-être pas que le CSP soit ouvertement remis en question. C’est que la contestation se déplace, gagne du terrain, change de visage — et qu’elle trouve parfois des alliées parmi celles-là mêmes qui ont bénéficié de ses avancées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le corps féminin, territoire à surveiller</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a d’abord cette campagne virulente autour des vêtements des femmes. Le corps féminin redevient un territoire à surveiller, à commenter, à corriger. On ne dit plus seulement à la femme ce qu’elle doit faire : on lui dit comment elle doit être vue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le moralisme se mêle au prosélytisme. On le perçoit aussi dans ces voix qui réclament le retour à ce qui fut, en 1956, l’une des ruptures les plus audacieuses avec la tradition juridique : la polygamie. Celle-ci redevient un sujet de discussion ; même des députés s’en mêlent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis il y a l’autre front, plus fort encore : celui qui conteste l’égalité dans l’héritage. Là, la situation devient presque vertigineuse. Car ce ne sont pas seulement les adversaires traditionnels des droits des femmes qui la contestent. De nombreux <em>«modernistes»</em>, hommes et femmes, s’opposent à cette revendication. Et lorsqu’une responsable féministe affirme que l’égalité dans l’héritage doit désormais être au cœur du combat, elle se retrouve au centre d’une cabale qui dépasse largement la discussion juridique. Voilà le paradoxe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes tunisiennes sont légitimement fières du CSP. Elles savent ce qu’il a changé dans leur vie et dans celle de leurs mères et de leurs grands-mères. Elles célèbrent l’audace de Bourguiba lorsqu’il a transgressé, interprété le texte, contextualisé, fait entrer le droit dans une société nouvelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais lorsqu’il s&rsquo;agit de l’héritage, lorsqu’il s’agit de franchir un pas de plus, certaines invoquent soudain la règle <em>«claire et nette»</em> du texte religieux. Comme si l’histoire, l’évolution, le temps devaient s’arrêter exactement là où commencent nos hésitations et nos craintes. Comme si la famille tunisienne de 2026 était encore celle de 1956. Elle ne l’est évidemment plus. La structure de la famille a changé. Le rôle économique des femmes a changé. Leur niveau d’instruction, leur accès au travail, leur contribution aux revenus familiaux, leur espérance de vie, leur place dans l’espace public ont changé. La société elle-même a changé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi donc l’histoire serait-elle convoquée pour justifier certaines transgressions et congédiée lorsqu’il faudrait en accomplir une nouvelle ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est peut-être là le paradoxe le plus profond de notre rapport aux droits des femmes. Nous aimons les droits lorsqu’ils nous arrivent sur un plateau d’argent. Nous les célébrons lorsqu’un État les inscrit dans la loi. Nous sommes fières lorsque l’histoire nous les offre. Mais sommes-nous prêtes à nous battre pour ceux qui ne sont pas encore acquis ? C’est une autre affaire.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="usjujfsiBU"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/12/70-ans-apres-le-combat-recommence-pour-les-droits-des-femmes-en-tunisie/">70 ans après | Le combat recommencé pour les droits des femmes en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« 70 ans après | Le combat recommencé pour les droits des femmes en Tunisie » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/12/70-ans-apres-le-combat-recommence-pour-les-droits-des-femmes-en-tunisie/embed/#?secret=XXEWvk5Qru#?secret=usjujfsiBU" data-secret="usjujfsiBU" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Des droits jamais vraiment acquis</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 1949, Simone de Beauvoir écrivait : <em>«N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis.»</em> La Tunisie pourrait ajouter aujourd’hui quelque chose à cette phrase. Les droits des femmes sont d’autant plus fragiles lorsqu’ils ont été accordés par un pouvoir qui, même lorsqu’il se voulait progressiste, demeurait un pouvoir masculin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le CSP est l’une des grandes réussites de ce que l’on a appelé le féminisme d’État. Mais le féminisme d’État comporte une ambiguïté fondamentale : il peut faire gagner aux femmes plusieurs décennies en quelques années, mais il ne leur apprend pas nécessairement à devenir les sujets politiques de leurs propres droits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le CSP de 1956 n’est pas le produit d’une évolution spontanée de la société tunisienne : il est le résultat d’une volonté politique extraordinairement forte. Bourguiba a assumé une lecture politique et réformatrice de l’islam. Et nous continuons à en parler comme si le <em>zaïm</em> était encore là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est peut-être notre problème. Le <em>«sauveur»</em> est une figure tenace. Chez les conservateurs, il prend parfois la forme du religieux qui vient expliquer aux femmes comment être de bonnes musulmanes. Chez les modernistes, il peut prendre celle du dirigeant éclairé qui vient expliquer aux femmes comment être libres. Dans les deux cas, le mécanisme est étrangement proche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bourguiba est justement célébré parce qu’il a osé. Mais qui, après Bourguiba, osera ? Et surtout : pourquoi faudrait-il encore attendre qu’un homme ose à notre place ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ici que la réflexion de Simone de Beauvoir, si précieuse, paraît à la fois prophétique et incomplète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne suffit pas de rester vigilantes. Il faut devenir actrices de la construction, de la défense et de l’extension de nos droits.<br>Car un droit que personne ne porte politiquement devient rapidement un droit que d’autres peuvent redéfinir. Et un droit dont les principales bénéficiaires ne se sentent pas responsables peut finir par paraître étranger à celles-là mêmes qu’il protège.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Que sommes-nous prêtes à conquérir ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà pourquoi la bataille actuelle ne se résume pas au CSP. Le CSP traversera probablement cette tempête. Il a traversé bien d’autres vents contraires. Et l’égalité successorale finira, tôt ou tard, par devenir une réalité, parce que les sociétés changent, parce que les familles changent, parce que les femmes changent, et parce que le droit ne peut indéfiniment prétendre que le monde est demeuré celui d’hier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie question est ailleurs. Sommes-nous capables de défendre ce que nous avons reçu et de conquérir ce que nous n’avons pas encore reçu ? Sommes-nous capables de passer du statut de bénéficiaires à celui de citoyennes qui savent que les droits ne sont pas des cadeaux ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 13 août ne devrait donc pas être seulement la fête d’une femme à qui l’État a donné des droits. Il devrait être le jour où les Tunisiennes se demandent ce qu’elles sont prêtes à faire pour que ces droits deviennent réellement les leurs. Car il existe une autre manière de perdre ses droits que de les voir supprimer par une loi. C’est de renoncer à les défendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ennahdha peut renaître de plusieurs manières. Ce parti conservateur peut renaître d’une crise politique, d’une crise économique, d’une poussée religieuse. Mais il peut aussi renaître d’une abdication beaucoup plus silencieuse : celle des femmes elles-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après le 13 août, la question n’est plus seulement : que nous a-t-on donné ? Mais : que sommes-nous prêtes à défendre et à conquérir ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ecrivaine. </em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="wXem8FDcMi"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/12/tunisie-le-combat-pour-legalite-en-matiere-dheritage-se-poursuit/">Tunisie | Le combat pour l’égalité en matière d’héritage se poursuit  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Le combat pour l’égalité en matière d’héritage se poursuit   » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/12/tunisie-le-combat-pour-legalite-en-matiere-dheritage-se-poursuit/embed/#?secret=9lQn6ccHA8#?secret=wXem8FDcMi" data-secret="wXem8FDcMi" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Tunisie &#8211; Algérie &#124; Aux origines d’un contentieux territorial</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/06/tunisie-algerie-aux-origines-dun-contentieux-territorial/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Aug 2026 10:28:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Houari Boumediene]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'auteur situe les vieux différends frontaliers entre la Tunisie et l'Algérie dans leur contexte historique exact, loin de tout révisionnisme.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/06/tunisie-algerie-aux-origines-dun-contentieux-territorial/">Tunisie &#8211; Algérie | Aux origines d’un contentieux territorial</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’auteur de cette tribune répond à l’article du Dr Abderrahmen Cherfouh <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/01/en-diabolisant-lalgerie-on-dessert-les-interets-de-la-tunisie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘En diabolisant l’Algérie, on dessert les intérêts de la Tunisie’’</a>, qui répondait, pour sa part, à un article de l’ambassadeur Elyes Kasri intitulé <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/30/les-menaces-reelles-a-la-stabilite-tunisienne/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘Les menaces réelles de l’instabilité tunisienne’’</a>, tous deux publiés par Kapitalis. Il situe les relations tuniso-algériennes, et notamment les vieux différends frontaliers entre les deux pays, dans leur contexte historique exact, loin de toute propagande ou de révisionnisme.</em></strong> <em>(Photo : Houari Boumediene revient sur la parole donnée par le GPRA et Ahmed Ben Bella à Habib Bourguiba). </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong>Abderrahmane Fekih *</strong></p>



<span id="more-19383945"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’ai aucune raison de douter de votre sincérité mais je dois à la vérité d’apporter quelques éclaircissements à votre discours par des faits historiques que vous semblez ignorer, dans le seul but de rétablir la vérité afin de mieux dépasser nos malentendus pour ne pas dire nos différends.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Attaché comme vous à des relations algéro-tunisiennes de coopération fraternelle à l’abri de tous risques de conflit mais j’ai du mal à comprendre les faits exposés ci-après à moins que vous ayez des éléments de réponse correctifs que je ne connais pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La dimension coloniale des frontières terrestres</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Durant l’occupation de l’Algérie par la France celle-ci se croyant installée pour toujours a annexé plus d’un territoire de tous les pays limitrophes à l’Algérie&nbsp;: c’est une vérité historique bien établie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’aube de l’indépendance, la Tunisie a réclamé à la France de lui restituer les territoires <strong>spoliés</strong>, le contentieux n’est-il pas franco-tunisien sur le plan juridique Dr. Cherfouh&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réaction du GPRA à l’époque fut immédiate, en prétendant que c’est <em>«un coup de poignard dans le dos de&nbsp;l’Algérie combattante»</em> et d’ajouter qu’après l’indépendance de l’Algérie <em>«le problème sera réglé entre frères».</em> La mauvaise foi du GPRA ne peut être plus flagrante car transformer un litige franco-tunisien en litige algéro-tunisien n’est pas la meilleure façon de le résoudre, mais d’<em>«acheter du temps&nbsp;!&nbsp;»</em>. Car la France ayant rogné de façon arbitraire des terres sur le territoire tunisien pour les annexer à l’Algérie, il était de son devoir de corriger son abus de pouvoir d’autant plus qu’elle avait le pouvoir de le faire sans aucune difficulté&nbsp;et sans léser l’Algérie&nbsp;: c’était juste retour à la situation antérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le GPRA n’a rien voulu savoir et a maintenu sa position contre toute logique. Ainsi donc tout se passe comme si le GPRA s’est déjà approprié les territoires annexés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand l’Algérie a recouvré son indépendance le gouvernement tunisien a rappelé au gouvernement algérien sa promesse de solution à l’amiable (<em>«entre frères»</em>&nbsp;!) du problème. Mais le gouvernement algérien, au lieu d’honorer son engagement envers la Tunisie (vous savez certainement comme moi le caractère sacré de la parole donnée dans notre culture commune), a préféré se référer au principe de ne pas modifier les frontières héritées de la colonisation décrété par l’Organisation de l’Unité Africaine de l’époque pour éviter à l’Afrique les affres des guerres de frontières. Ce principe étant décrété après l’engagement pris par le GPRA n’est pas opposable à la Tunisie car il ne pouvait pas avoir d’effet rétroactif (vous en convenez j’espère, vous qui semblez si bien connaitre le droit).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Devant la position ferme de l’Etat algérien, Bourguiba a préféré contre mauvaise fortune faire bon cœur pour ne pas entrer en conflit (pour ne pas dire en guerre) contre son voisin en déclarant qu’<em>«il renonce à ses revendications (pourtant légitimes) en hommage aux martyres algériens»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans ce contexte qu’il faut placer l’accord du 20 mars 1970&nbsp;: ce dernier n’est pas le résultat d’une négociation (mais d’un rapport de forces&nbsp;!) entre deux partenaires égaux mais entre une Algérie dominante imbue de sa puissance (et non de son droit) et une Tunisie qui n’a pour elle que la légitimité des faits historiques qui ne pèsent pas lourds malheureusement dans les relations internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes l’accord ci-dessus (résultat du rapport des forces de l’époque&nbsp;!) a réglé définitivement le problème sur le plan juridique pour établir la paix entre voisins mais pas sur le plan légitimité. La mémoire populaire en gardera souvenir longtemps comme d’une injustice insupportable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le comble c’est que l’Etat Algérien, pour remercier Bourguiba de son geste de conciliation, n’a pas trouvé mieux que de forer un puit oblique pour pomper le pétrole du seul bassin pétrolier tunisien El Borma !</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne peut pas qualifier cet acte de bienveillant ni de fraternel mais bel et bien de prédateur, ne vous en déplaise&nbsp;!</p>



<h2 class="wp-block-heading">La sécurité énergétique en question  </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette sécurité n’est pas due à la magnanimité de l’Algérie ni à sa bienveillance envers la Tunisie mais à la position stratégique dont l’Algérie bénéficie pour exporter son gaz vers l’Europe. Donc un peu d’humilité SVP (pour ne pas dire trêve d’arrogance&nbsp;!).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous prétendez que l’Algérie <em>«subventionne le gaz qui éclaire les foyers tunisiens»</em> sans préciser à quelle hauteur, c’est pour le moins une contrevérité (pour ne pas dire une insulte gratuite aux Tunisiens), car les fournitures de gaz à la Tunisie sont régies par la loi de l’offre et la demande et les prix sur le marché international&nbsp;(je suis bien placé pour le savoir en tant qu’ingénieur ex-chef du Département de la distribution électrique de la Steg à la retraite) : donc l’Algérie ne nous fait pas de cadeaux contrairement à vos insinuations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les vérités historiques étant ainsi établies, à mon humble avis les peuples nord-africains resteront unis à jamais par les liens de fraternité, de sang et d’entraide tissés durant des siècles de vie commune malgré les aléas politiques. Mais les responsables algériens seront toujours vus par les Tunisiens comme arrogants, dominateurs et particulièrement malveillants envers la Tunisie, tant qu’ils ne changent pas de comportements sur la base du principe <em>«il faut rendre à César ce qui appartient à César&nbsp;!&nbsp;Est-ce trop demander&nbsp;?»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ose espérer que la compétition entre les responsables nord-africains pour exercer leur hégémonie sur la Région se transforme en volonté de servir sincèrement les intérêts bien compris de leurs peuples respectifs loin de tout esprit hégémonique et de toute volonté de puissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils gagneraient à réduire leurs égos pour se mettre au service de leurs peuples et non au service de leurs intérêts personnels étroits. Ces derniers ont coûté déjà à la communauté nord-africaine la non-réalisation de son unité décidée pourtant par l’accord de Tanger de 1958, la même année que la création du pool charbon acier fondateur de l’Union Européenne actuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tandis que les Européens que tout séparent (langues, religions, histoires tumultueuses, etc.) construisent leur Etat Fédéral patiemment <em>«pierre à pierre et brique à brique»,</em> nos leaders ont perdu leur temps dans des querelles marginales stériles (d’abord querelle de leadership ensuite le problème du Sahara créé de toutes pièces et maintenant le Maroc trouve son intérêt avec le pire ennemi des Arabes et des Musulmans, Israël, et non avec son voisin, l’Algérie, à laquelle tout le lie (géographie, langue, culture, religion, histoire commune, etc.).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le statu quo n’est pas dans l’intérêt des peuples nord-africains mais il faut espérer que ces derniers finissent par imposer à leurs leaders les mesures correctives nécessaires pour assurer d’abord la réalisation de l’unité nord-africaine ensuite sa prospérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur, ex-chef du département de la distribution électrique de la Steg à la retraite.</em></p>
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			</item>
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		<title>La Tunisie pourra-t-elle fournir l’Europe en énergie ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/la-tunisie-pourra-t-elle-fournir-leurope-en-energie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jul 2026 06:50:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’heure n’est plus aux slogans creux, mais à l’action froide et rationnelle pour rattraper le déficit énergétique de la Tunisie.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/la-tunisie-pourra-t-elle-fournir-leurope-en-energie/">La Tunisie pourra-t-elle fournir l’Europe en énergie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le paradoxe du jour en Tunisie semble être le potentiel que lui prêtent de nombreux experts de pouvoir fournir l’Europe en énergie électrique alors que la part de la compensation énergétique creuse un trou de plus en plus profond dans son budget et que la principale aspiration des Tunisiens est devenue de connaître suffisamment à l’avance l’horaire et la durée des prochaines coupures d&rsquo;électricité auxquelles ils se sont résignés.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Elyes Kasri</strong> *</p>



<span id="more-19319894"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Depuis son indépendance, la Tunisie a été le pays des contrastes. Pays arabo-musulman doté d’une société ouverte et d’un statut de la femme que certains conservateurs islamistes considéraient blasphématoire, en plus d’une qualité de vie que ses voisins nettement plus riches ne pouvaient que lui envier et cherchaient la première occasion pour en profiter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2011, les paradoxes se sont multipliés mais dans une direction opposée, dans la mesure où les slogans d’emploi, de liberté, de refus de toute ingérence étrangère semblent avoir enfanté leurs contraires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe du jour semble être le potentiel prêté par de nombreux experts tunisiens et étrangers à la Tunisie de pouvoir fournir l’Europe en énergie électrique alors que la part de la compensation énergétique creuse un trou de plus en plus profond dans le budget national et que la principale aspiration des Tunisiens est devenue de connaître suffisamment à l’avance l’horaire et la durée des prochaines coupures d&rsquo;électricité auxquelles ils se sont résignés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La nécessaire réorganisation du secteur énergétique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le plus grave est qu’un pays voisin utilise ce levier pour exercer une influence indue sur les choix de la Tunisie quitte à donner l’impression de vouloir la réduire au statut de province en raison de cette dépendance énergétique alors que ce même pays accapare, en vertu d’un découpage territorial colonial assimilable à un recel de bien mal acquis à la suite de ce qui pourrait être assimilé à un crime de guerre par la France coloniale, d’importantes ressources énergétiques et hydrauliques qui reviennent historiquement à la Tunisie et la mettraient à l’abri du besoin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les nombreux slogans de liberté, de dignité et surtout d’indépendance et de compter sur soi gagneraient, surtout dans le domaine énergétique et dans cette conjoncture socio-économique volatile, à faire l’objet d’une priorité absolue par le Conseil de sécurité nationale quitte à figurer comme un point principal et permanent sur son ordre du jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre la réorganisation du secteur énergétique et une réforme sérieuse de l’Etap et de la Steg, une décision gagnerait à être prise pour faire du plan solaire une priorité vitale nationale quitte à tout mettre en place pour rattraper les retards dans sa mise en œuvre et accélérer les prochaines étapes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, une négociation, basée uniquement sur l’intérêt national, devrait être menée avec les parties intéressées par le transit du Transmed (pipeline acheminant le gaz algérien en Italie en passant par le territoire tunisien) alors que l’échéance de renégociation des frais de transit approche.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Compter sur soi et ne rien attendre des voisins terrestres</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir soulevé avec le président De Gaulle et la direction politique algérienne de l’époque la question de la restitution du Sahara tunisien, Bourguiba avait obtempéré dans le fol espoir que la reconnaissance de la dette envers la Tunisie encouragerait les dirigeants algériens à faire bénéficier la Tunisie d’au moins d’une partie des richesses du Sahara.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a été remercié à Gafsa, le 27 janvier 1980 **. Ses successeurs ont bénéficié de ce genre de reconnaissance, sous d’autres formes, de la part d’un régime qui se targue d&rsquo;être le fer de lance de la lutte pour l’émancipation des peuples alors qu’il ne cesse d’opprimer et de piller son propre peuple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie ne devrait rien attendre des régimes des pays voisins qui ont poussé leurs peuples au dénuement et à l&rsquo;exil et devrait prendre conscience sans la moindre illusion que son existence est déjà une menace existentielle pour ces deux pays voisins, créations coloniales et structures socio-politiques en crise systémique et perpétuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne compter que sur soi-même. ABSOLUMENT, surtout dans le domaine de l’énergie et vis-à-vis des voisins terrestres dont le mauvais sort a accablé la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’heure n’est plus aux slogans ni aux émotions déplacées, mais à l’action froide, rationnelle et surtout patriotique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ancien diplomate.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>** Attaque de cette ville du sud-ouest tunisien par des éléments armés infiltrés de l’Algérie voisine en connivence avec les gouvernements algérien et libyen dans le but de déstabiliser le pouvoir de&nbsp;Habib Bourguiba</em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89v%C3%A9nements_de_Gafsa_(1980)#cite_note-stora-2"><em><sup>.</sup></em></a>.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7e0EjVAFRG"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/23/la-steg-sous-haute-tension-a-limage-dune-tunisie-qui-seteint/">La Steg sous haute tension à l’image d’une Tunisie qui s’éteint</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Steg sous haute tension à l’image d’une Tunisie qui s’éteint » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/23/la-steg-sous-haute-tension-a-limage-dune-tunisie-qui-seteint/embed/#?secret=p1IHv7lwyv#?secret=7e0EjVAFRG" data-secret="7e0EjVAFRG" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/27/la-tunisie-pourra-t-elle-fournir-leurope-en-energie/">La Tunisie pourra-t-elle fournir l’Europe en énergie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; Le Plan 26-30 vend la vitrine et solde l’usine</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/13/tunisie-le-plan-26-30-vend-la-vitrine-et-solde-lusine/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 12:23:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Ben Salah]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Ali]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Hedi Nouira]]></category>
		<category><![CDATA[industrie]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[Plan 2026-2030]]></category>
		<category><![CDATA[services]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie est exposée à une désindustrialisation précoce, avant même d’avoir tiré profit de l’industrialisation  en termes d'apprentissage technologique durable. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/13/tunisie-le-plan-26-30-vend-la-vitrine-et-solde-lusine/">Tunisie | Le Plan 26-30 vend la vitrine et solde l’usine</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Il y a une dissonance qui devrait faire tousser n’importe quel lecteur attentif du Plan de développement économique 2026-2030 : le discours officiel promet simultanément la «souveraineté économique», la «résilience aux chocs» et la «croissance durable» — et il organise, dans le même souffle, la fuite en avant vers un tertiaire de proximité, opportuniste pour l’investisseur privé, jetable au premier coup de vent. On ne bâtit pas une souveraineté sur des call centers et des applications de livraison. Une tertiarisation en trompe l’œil… </em></strong><em>(Photo : Que reste-t-il de l&rsquo;industrie industrialisante du tandem Bourguiba-Ben Salah ?)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari *</strong></p>



<span id="more-19217914"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">On ne construit pas de résilience avec des activités qui ferment en trois mois dès que la demande se contracte. Le Plan parle la langue de la solidité et finance la fragilité. C’est un texte qui se contredit lui-même, phrase après phrase, et qui ne le sait pas — ou pire, qui le sait très bien et préfère regarder ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Plan 26-30 multiplie les pages sur l’écosystème numérique, le hub logistique, la destination touristique repositionnée. Il ne dit presque rien de l’industrie de transformation, de la valeur ajoutée manufacturière, de la R-D appliquée aux filières productives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas un oubli technocratique, c’est un choix de facilité budgétaire et politique : les services ne demandent ni patience, ni vision territoriale pensée sur vingt ans, ni bras de fer avec des intérêts installés. Ils demandent un local, une connexion internet et une story sur LinkedIn.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Résultat : on habille en stratégie ce qui n’est, au fond, qu’une gestion comptable du court terme — un pari opportuniste sur des activités à faible engagement de capital, faciles à ouvrir, encore plus faciles à fermer, et qui laissent l’économie nationale à la merci du moindre choc externe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De l’industrie industrialisante à la rente de services</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut regarder les chiffres en face. Dans la décennie 1970, celle de Nouira et de l’ouverture au secteur privé après l’expérience collectiviste de Ben Salah, l’économie tunisienne se construisait encore autour de l’industrie manufacturière naissante — textile, habillement, cuir — qui concentrait, dès 1977, 54 % des investissements industriels et 87 % des emplois créés dans le secteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les services pesaient alors une part modeste du PIB, de l’ordre de 35 à 40 % selon les séries de la Banque mondiale, une proportion cohérente avec une économie encore agricole et en cours d’industrialisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cinquante ans plus tard, cette proportion a explosé : le tertiaire — commerce, tourisme, transport, administration, finance — représente aujourd’hui autour de 60 % du PIB tunisien, quand l’industrie manufacturière stagne, comme en témoignent les publications récentes de l’INS où le secteur recule en glissement annuel pendant que l’hôtellerie-restauration bondit de plus de 8 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Rapport annuel 2025 de la BCT confirme la tendance : ce sont l’agriculture et le tourisme qui <em>«sauvent»</em> la croissance, non l’appareil productif industriel. Ce basculement n’est pas une modernisation, c’est un vidage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie n’est pas devenue une économie de services sophistiqués comme l’Irlande ou l’Estonie ; elle est devenue une économie de services de rattrapage, qui comble par du commerce et de l’hôtellerie ce que l’industrie ne produit plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un travail récent publié sur <em>Les Échos</em>, éclaire crûment ce piège : tous les services ne se valent pas. Il y a les services de connaissance — TIC, ingénierie, services professionnels exportables — capables de générer des devises et de s’insérer dans les chaînes de valeur mondiales ; et il y a les services locaux — commerce, restauration, informel — qui créent de l’emploi sans transformer l’économie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces services de connaissance ne pèsent qu’environ 6 % du PIB tunisien, contre 15 à 17 % dans les économies européennes avancées, et n’emploient qu’une fraction marginale de la population active — au Maroc, comparateur régional habituel, ils ne mobilisent qu’environ 1,5 % des actifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même le tertiaire noble reste, chez nous, un village éphémère : brillant sur les réseaux sociaux, insignifiant dans la masse salariale et dans les recettes d’exportation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le reste — l’écrasante majorité du tertiaire tunisien — n’est que de la redistribution locale de revenus déjà créés ailleurs, essentiellement par les transferts de la diaspora, le tourisme de masse et une agriculture climato-dépendante.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="FJ8mNb3GH8"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/tunisie-les-memes-plans-generent-les-memes-echecs/">Tunisie | Les mêmes plans génèrent les mêmes échecs</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Les mêmes plans génèrent les mêmes échecs » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/10/tunisie-les-memes-plans-generent-les-memes-echecs/embed/#?secret=CAMgyfvDlW#?secret=FJ8mNb3GH8" data-secret="FJ8mNb3GH8" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Cinq dissonances que le Plan 26-30 préfère ne pas voir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Premièrement, le coût fixe d’entrée : un centre d’appel ou une plateforme de livraison s’ouvre avec quelques dizaines de milliers de dinars, quand une unité industrielle de taille moyenne — mécanique, agroalimentaire de transformation, chimie fine — exige des mises de fonds initiales dix à vingt fois supérieures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxièmement, la productivité : la valeur ajoutée par travailleur dans l’industrie manufacturière tunisienne dépasse structurellement celle des services locaux, précisément parce que l’industrie incorpore capital, machines et procédés, là où le service repose d’abord sur le geste humain répétitif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisièmement, le délai de récupération de l’investissement : un commerce ou un service se rentabilise en quelques mois et se ferme tout aussi vite en cas de crise — d’où la vitesse de casse observée depuis 2011 dans le commerce de détail et l’informel, quand une usine, elle, engage un pari de dix à quinze ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quatrièmement, la consommation intermédiaire en technologie de pointe : l’industrie tire la demande de machines-outils, d’automatisation, de recherche appliquée, alors que le service tertiaire local consomme surtout du loyer et de la main-d’œuvre peu qualifiée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cinquièmement, le risque : le capital investi dans les services locaux est mobile, liquidable, réversible — celui englouti dans une chaîne de production industrielle est immobilisé, spécifique, sans valeur de revente en cas d’échec.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’intensité capitalistique — le capital par travailleur — reste ainsi infiniment plus faible dans le tertiaire banal que dans l’industrie, ce qui explique que la tertiarisation crée vite des emplois précaires, jamais des emplois qui durent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces différences et leurs enjeux n’ont même pas été effleurés dans les débats parlementaires, fautes de de visions et de lectures économiques sérieuses et réfléchie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quatre conséquences stratégiques que le Plan devrait assumer et qu’il élude&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; primo, une économie qui mise sur le tertiaire de proximité gonfle son PIB à court terme sans construire de chaînes d’approvisionnement nationales — elle importe ce qu’elle consomme et exporte peu&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; secundo, elle fabrique du chômage déguisé en activité : le vendeur ambulant et le livreur à moto sont statistiquement actifs, économiquement fragiles, et disparaissent des radars dès le premier choc — exactement le profil de vulnérabilité que rappelle la Direction générale du Trésor lorsqu’elle qualifie le modèle tunisien de <em>«particulièrement exposé aux chocs externes»&nbsp;</em>;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; tertio, elle perd la capacité d’entraînement intersectorielle propre à l’industrie — un atelier textile ou mécanique tire fournisseurs, sous-traitants, transporteurs, formateurs ; un salon de coiffure ne tire rien, un centre d’appel encore moins&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; quarto, elle expose le pays à une désindustrialisation précoce, avant même d’avoir tiré profit de l’industrialisation — exactement le scénario que documentent les économies en développement comparables, du Maroc à l’Égypte, où l’insertion dans les services mondiaux se fait sans apprentissage technologique durable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De l’industrie industrialisante aux rentiers de la politique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il fut un temps où la Tunisie avait une théorie. L’industrie industrialisante d’Ahmed Ben Salah, prolongée avec les nuances libérales d’Hédi Nouira sous Bourguiba, visait des pôles moteurs — sidérurgie, chimie, textile intégré — censés irriguer tout l’appareil productif et transformer une économie agricole en économie industrielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On pouvait critiquer la méthode, l’étatisme, les excès de concentration régionale ; on ne pouvait nier l’ambition stratégique ni la cohérence doctrinale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vision s’est éteinte sous Ben Ali (1987-2011), remplacée par une économie de rente, de façade exportatrice sans montée en gamme, et de capture progressive des filières porteuses par des cercles familiaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2011, c’est pire encore : l’ère de l’islam politique et de ses alliances sommitales avec l’appareil d’État n’a produit aucune doctrine industrielle de substitution — seulement une gestion comptable de la pénurie, saupoudrée d’un discours sur le numérique et l’entrepreneuriat qui tient lieu, à moindres frais, de politique économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Plan 2026-2030 hérite de ce vide et choisit de l’habiller en vertu : plutôt que de reconstruire l’escalator manufacturier, il vend le tapis roulant du tertiaire, plus doux sous le pied, mais qui ne mène nulle part et se dérobe au premier ralentissement de la demande européenne ou du tourisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le dit l’adage bien connu, on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif — et l’on ne peut prétendre construire une économie souveraine avec des activités dont la première vertu, vantée par leurs promoteurs eux-mêmes, est de pouvoir se replier sans dommage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas de la résilience, c’est de la précarité érigée en modèle. Tant que le Plan n’assumera pas des choix stratégiques clairs — pôles industriels ciblés, R-D appliquée, intégration technologique, financement patient du capital productif —, il continuera de gérer la vitrine pendant que l’arrière-boutique, seule à créer une richesse qui dure, se vide un peu plus chaque année.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<em>* Economiste universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Bloc de l&rsquo;auteur</em></strong>: <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494/permalink/1540748877600590/">E4T</a>.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vAJ3rsZZyh"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/13/tunisie-plan-26-30-plus-que-le-financement-le-defi-est-lexecution/">Tunisie &#8211; Plan 26-30 | Plus que le financement, le défi est l’exécution ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie – Plan 26-30 | Plus que le financement, le défi est l’exécution ? » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/13/tunisie-plan-26-30-plus-que-le-financement-le-defi-est-lexecution/embed/#?secret=iQMYOrFD2x#?secret=vAJ3rsZZyh" data-secret="vAJ3rsZZyh" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/13/tunisie-le-plan-26-30-vend-la-vitrine-et-solde-lusine/">Tunisie | Le Plan 26-30 vend la vitrine et solde l’usine</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>70e anniversaire de l’armée tunisienne &#124; Neutralité politique et loyauté à l’Etat</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/25/70e-anniversaire-de-larmee-tunisienne-neutralite-politique-et-loyaute-a-letat/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2026 09:15:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[armée tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Ali]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Rachid Ammar]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19042771</guid>

					<description><![CDATA[<p>A la différence de la plupart des armées arabes et africaines, l'armée tunisienne s'est toujours gardée de se mêler directement de politique. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/25/70e-anniversaire-de-larmee-tunisienne-neutralite-politique-et-loyaute-a-letat/">70e anniversaire de l’armée tunisienne | Neutralité politique et loyauté à l’Etat</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’armée nationale tunisienne célèbre le 70<sup>e</sup> anniversaire de sa création en 1956, quelques mois après l’indépendance, acquise le 20 mars 1956. Devenue l’une des institutions piliers de l’État tunisien, engagée dans la lutte pour la pleine souveraineté nationale ainsi que dans les défis de sécurité, de développement et de coopération internationale, elle s’est toujours gardée, à la différence de la plupart des armées arabes et africaines, de se mêler directement à la politique, et c’est ce qui fait sa spécificité et sa différence, malgré les tentatives visant à l’impliquer davantage dans la gestion des conflits internes.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Latif Belhedi</strong></p>



<span id="more-19042771"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Selon l’agence de presse officielle Tap, cet anniversaire rappelle le rôle des forces armées dans la consolidation de la souveraineté nationale en prenant part aux événements de Sakiet Sidi Youssef en février 1958, à la bataille de Remada en mai de la même année et à la bataille de l’évacuation de Bizerte en juillet 1961, qui s’est achevée le 15 octobre 1963 avec le départ du dernier soldat français du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, l’armée tunisienne est engagée non seulement dans la défense du territoire et la protection des frontières, mais aussi dans la lutte contre le terrorisme, la lutte contre l’immigration irrégulière, la réponse aux catastrophes naturelles et le soutien logistique à l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour marquer cet anniversaire, le ministère de la Défense organise, du 20 au 26 juin, une exposition documentaire sur l’avenue Habib Bourguiba à Tunis, consacrée à l’histoire, aux missions et à l’évolution de l’institution militaire. L’exposition met également en lumière la contribution de l’armée à la formation professionnelle, au développement des régions intérieures et sahariennes, ainsi qu’aux missions internationales de maintien de la paix.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un contexte régional marqué par l’instabilité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette célébration intervient dans un contexte régional marqué par l’instabilité en Libye, les flux migratoires et les tensions en Méditerranée et au Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, le 70<sup>e</sup> anniversaire revêt également une importance politique&nbsp;: il réaffirme le rôle de l’armée comme institution républicaine centrale, garante de la souveraineté et de la stabilité tunisiennes. Sa mission ne se limite pas à la protection de l’intégrité territoriale, elle consiste aussi au soutien au développement du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La création de l’armée tunisienne s’inscrivait dans le cadre du processus de consolidation de l’indépendance. Les forces armées furent appelées à combattre les derniers bastions de la présence coloniale française, notamment lors des événements de Sakiet Sidi Youssef en février 1958, de la bataille de Remada en mai de la même année et de la bataille de Bizerte en juillet 1961, qui s&rsquo;achèvera par le retrait définitif des troupes françaises le 15 octobre 1963.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, l’armée continue de jouer un rôle central dans la sécurité nationale, contribuant à la lutte contre le terrorisme, le crime organisé, la contrebande, le trafic d’êtres humains et l’immigration clandestine. Elle participe également aux opérations de protection civile, à la lutte contre les incendies et apporte son aide lors de situations d’urgence et de catastrophes naturelles.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="MdYcoGAGQO"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/31/pourquoi-larmee-tunisienne-soutient-elle-kais-saied/">Pourquoi l’armée tunisienne soutient-elle Kaïs Saïed ?  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Pourquoi l’armée tunisienne soutient-elle Kaïs Saïed ?   » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/31/pourquoi-larmee-tunisienne-soutient-elle-kais-saied/embed/#?secret=JlsSJ4dpMM#?secret=MdYcoGAGQO" data-secret="MdYcoGAGQO" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">60 ans au service de la paix dans le monde</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan international, la Tunisie peut se targuer de plus de soixante ans de participation aux missions de maintien de la paix des Nations Unies. En 1960, le président Habib Bourguiba décida d’envoyer 3&nbsp;000 soldats au Congo, inaugurant une collaboration avec l’Onu qui a permis, à ce jour, la participation à 26 missions internationales et le déploiement de contingents de soldats tunisiens. Actuellement, plus de 800 personnes sont engagées dans la mission de l’Onu en République centrafricaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces dernières années, la Tunisie a investi dans la production militaire nationale afin de réduire sa dépendance aux importations et de maîtriser ses dépenses de défense. Parmi les réalisations les plus significatives figurent le véhicule blindé résistant aux mines <em>«Barb»</em>, conçu et construit par des techniciens militaires tunisiens, et la construction de navires de guerre de fabrication locale, dont le patrouilleur <em>«Istiqlal B201»</em>. Un nouveau patrouilleur de 52 mètres pour la Marine tunisienne est également en construction, avec une mise en service prévue pour fin 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette stratégie de production militaire répond non seulement aux besoins de sécurité, mais constitue également un moteur de croissance industrielle, d’innovation technologique, de formation professionnelle et de création d’emplois.</p>



<h2 class="wp-block-heading">A l’écart des manœuvres politiciennes pour le pouvoir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’armée tunisienne a certes souvent été entraînée à gérer des situations extrêmes et a fait face à de nombreuses tentatives du pouvoir politique de l’entraîner dans le sillage de ses conflits internes, mais elle a toujours su résister, jusque-là, à la tentation de s’y impliquer. Sous Bourguiba, comme sous Ben Ali et même après, elle s’est toujours tenue à l’écart des manœuvres politiciennes pour le pouvoir. Ce fut le cas après la fuite de Ben Ali le 14 janvier 2011. Ce soir-là, lors d’une réunion de crise au ministère de l’Intérieur, le chef d’état-major de l’époque, le général Rachid Ammar, avait répondu vertement au Premier ministre Mohamed Ghannouchi qui lui demandait de prendre les commandes du pays. <em>«Ce sont les politiciens qui ont créé cette situation. Et c’est à eux de la gérer de la meilleure façon possible. Le rôle de l’armée consiste à protéger le pays et à garder ses frontières»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pouvoir était à prendre, mais l’armée s’était gardée de faire le pas, et cela mérite d’être souligné. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Très récemment, et en réaction à des appels politiques interpellant l’armée tunisienne sur la situation politique intérieure dans le pays, relayés par certains médias, le ministère de la Défense nationale a rompu son silence habituel pour rappeler, dans un <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/21/le-ministere-de-la-defense-reaffirme-la-neutralite-de-linstitution-militaire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">communiqué </a>au ton ferme, diffusé le 21 mai 2026, les fondements républicains de l’armée tunisienne : sa neutralité, son refus d’être impliquée dans des <em>«tiraillements politiques»</em> et son attachement aux lois de l’État.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="OVfsbVj9KZ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/24/tunisie-quand-un-communique-de-larmee-devient-un-test-de-verite/">Tunisie | Quand un communiqué de l’armée devient un test de vérité</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Quand un communiqué de l’armée devient un test de vérité » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/24/tunisie-quand-un-communique-de-larmee-devient-un-test-de-verite/embed/#?secret=TZCpsRzab2#?secret=OVfsbVj9KZ" data-secret="OVfsbVj9KZ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/25/70e-anniversaire-de-larmee-tunisienne-neutralite-politique-et-loyaute-a-letat/">70e anniversaire de l’armée tunisienne | Neutralité politique et loyauté à l’Etat</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Terres en friche &#124; Le rendez-vous manqué du foncier tunisien</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/26/terres-en-friche-le-rendez-vous-manque-du-foncier-tunisien/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 May 2026 08:22:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[bureaucratie]]></category>
		<category><![CDATA[Djemaïa des Habous]]></category>
		<category><![CDATA[Domaines de l’Etat]]></category>
		<category><![CDATA[mainmorte]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des millions d’hectares de terres sont inexploitées pendant que la Tunisie importe des céréales et que ses jeunes partent en mer.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/26/terres-en-friche-le-rendez-vous-manque-du-foncier-tunisien/">Terres en friche | Le rendez-vous manqué du foncier tunisien</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Il y a soixante-dix ans, presque jour pour jour, la Tunisie indépendante faisait ce que beaucoup de nations n’osent pas : elle s’attaquait à la terre. Pas avec une pioche, mais avec un décret. Le 31 mai 1956, à peine deux mois après l’indépendance, Bourguiba et ses juristes liquidaient la Djemaïa des Habous. Un an plus tard, le décret du 18 juillet 1957 abolissait définitivement les habous privés et mixtes. Environ un million d’hectares fut ainsi remis dans le circuit économique.</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari, Ph.D</strong></p>



<span id="more-18818357"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Grande ambition. Beau geste. Et pourtant, soixante-dix ans après, une large partie de la terre tunisienne reste figée, stérile, et invisible aux yeux des marchés. La terre promise n’a pas tenu toutes ses promesses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Terres collectives, terres en friche</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre ce paradoxe, il faut d’abord saisir ce qu’était le habous — ce système juridico-religieux par lequel une personne se dépouillait d’un bien foncier, le consacrait à perpétuité à une œuvre pieuse ou charitable, et le sortait irrémédiablement du marché. Baux perpétuels (l’<em>enzel</em>), locations à rente variable (le <em>kirdar</em>), terres figées dans une mainmorte séculaire — voilà le décor. Les habous représentaient plus du tiers des terres cultivables en Tunisie au moment de leur abolition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En langage économique contemporain, on appellerait cela un gigantesque problème d’allocation inefficiente des ressources, illustré par le théorème de Coase : quand les droits de propriété sont flous ou aliénés, les transactions mutuellement bénéfiques n’ont pas lieu, et la richesse collective en pâtit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réforme de 1956-1957 avait donc une logique imparable. Parmi les réformes visant à libérer les forces vives du pays et à booster l’économie figuraient en bonne place l’abolition du régime des terres habous, aux côtés du Code du statut personnel, de la création de la Banque centrale et du dinar tunisien.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="zjowIXf7ER"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/26/31-mai-1956-abolir-les-habous-pour-liberer-la-societe/">31 mai 1956 | Abolir les habous pour libérer la société</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« 31 mai 1956 | Abolir les habous pour libérer la société » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/26/31-mai-1956-abolir-les-habous-pour-liberer-la-societe/embed/#?secret=9GhoZjveNK#?secret=zjowIXf7ER" data-secret="zjowIXf7ER" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les errements du juridisme a-économique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’était un projet de modernisation global, cohérent, presque vertigineux. À juste titre, l’économiste Hernando de Soto aurait reconnu là les prémices de sa thèse centrale : transformer le capital mort en capital vif, donner un titre, une valeur marchande, une capacité de levier à des actifs qui dormaient dans le silence juridique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant. L’État tunisien, en absorbant les terres habous dans son domaine, n’a pas seulement libéré la terre — il l’a changée de prison. D’une mainmorte religieuse, on est passé à une mainmorte étatique, bureaucratique, lente, et parfois corrompue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La superficie des terres agricoles en Tunisie est estimée à 10 millions d’hectares répartis entre propriété privée, terres domaniales (dites <em>amiri</em>) d’un demi-million d’hectares, et terres collectives tribales d’environ 3 millions d’hectares.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Terres dominicales, un crime d’État</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des deux dernières décennies, la mauvaise gestion des terres agricoles domaniales s’est aggravée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’État a cessé de vendre, a commencé à louer sans stratégie, et les terres les plus fertiles ont été confiées à des locataires dont la priorité était rarement l’investissement à long terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le vrai scandale économique — le serpent de mer du foncier tunisien — ce sont les terres collectives. Celles-ci constituaient un casse-tête chronique pour l’État jusqu’à ce qu’il décide de tenter d’y répondre par une loi d’août 2016 réglementant leur système primaire de gestion. Néanmoins, cette loi n’a pas abordé les questions en profondeur et n’a pas fourni de solutions claires dans les cas complexes.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6mEpGMNEZq"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/10/14/terres-domaniales-et-revolution-verte-en-tunisie-2/">Terres domaniales et révolution verte en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Terres domaniales et révolution verte en Tunisie » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2016/10/14/terres-domaniales-et-revolution-verte-en-tunisie-2/embed/#?secret=k6lchnRgJ8#?secret=6mEpGMNEZq" data-secret="6mEpGMNEZq" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">3 millions d’hectares dans l’indivision</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Trois millions d’hectares, soit 30 % de l’ensemble du foncier agricole tunisien, restent dans l’indivision tribale, soumis à des droits collectifs flous, non immatriculés, non cessibles, non mobilisables comme garantie bancaire. Trois millions d’hectares qui baillent aux corneilles, pendant que la Tunisie importe des céréales et que ses jeunes partent en mer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En termes économiques, l’indivision est l’ennemi juré de l’investissement. Quand une parcelle appartient à une collectivité de cent héritiers disséminés entre Tunis, Paris et Montréal, nul ne peut décider d’y planter des oliviers, d’y forer un puits ou d’y construire un hangar agricole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est la tragédie des communs revisitée par Garrett Hardin, augmentée d’un contentieux successoral et d’une administration foncière sous-staffée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’insuffisance de la mise en valeur des exploitations due à l’existence de conflits inhérents à la copropriété et à l’indivision, et l’absence d’une législation permettant de préserver le capital foncier des unités de production et d’éviter le morcellement, constituent des facteurs de blocage du développement des exploitations.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une équation cruelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Morcellement + indivision + insécurité foncière = investissement nul.  L’équation est cruelle, mais elle est vraie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres donnent le vertige. Le secteur agricole contribue à hauteur de 9 % du PIB, représente 7,5 % du total des investissements, 8 % des importations et 9 % des exportations totales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour un pays disposant de 10 millions d’hectares de terres agricoles, c’est une performance anémique. Environ 75 % des terres agricoles exploitées ont une superficie inférieure à 10 hectares. Les petits agriculteurs constituent l’épine dorsale du secteur, mais sont les plus pauvres et les moins capables d’obtenir des fonds.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pendant ce temps, la croissance tunisienne plafonne à 1,4 % en 2024, avec un chômage des jeunes de moins de 25 ans culminant à 40,5 % — des jeunes qui, pour beaucoup, vivent dans des régions rurales entourées de terres qui ne leur appartiennent pas, ne leur rapportent rien, et ne peuvent pas être mobilisées pour financer leur avenir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La brèche et les incohérences</h2>



<p class="wp-block-paragraph">On dira que la réforme de 1956 fut une nécessité historique — et c’est vrai. En brisant la mainmorte religieuse, Bourguiba a ouvert une brèche dans une immobilité séculaire. Mais la brèche s’est refermée d’elle-même, faute d’avoir été prolongée par une politique foncière cohérente, courageuse et continue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les campagnes organisées pour encourager l’immatriculation, la moitié des terres seulement ont été immatriculées. L’État a été plutôt lent dans la privatisation des terres collectives. Soixante-dix ans de lenteur, c’est un luxe que la Tunisie ne peut plus se payer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que faire ? Cinq chantiers s’imposent, sans délai.</p>



<p class="wp-block-paragraph">1- Premier chantier : accélérer l’apurement foncier. Environ 340 000 hectares à vocation arboricole n’ont pas encore été attribués à titre individuel, sans compter les terres pastorales collectives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un programme national d’immatriculation accéléré, doté de moyens humains et budgétaires réels, doit être lancé — non pas comme vœu pieux dans un Plan d’Action Annuel, mais comme priorité de l’exécutif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">2- Deuxième chantier : créer un mécanisme de sortie d’indivision simplifié. Dans de nombreux pays méditerranéens, des procédures judiciaires ou administratives allégées permettent à une majorité qualifiée d’indivisaires de décider d’une mise en valeur ou d’une cession. La Tunisie a besoin d’un équivalent : pragmatique, encadré, respectueux des droits de chacun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">3- Troisième chantier : permettre la mobilisation du foncier comme garantie bancaire. Une terre immatriculée mais non mobilisable est un capital mort de Soto : elle existe sur le papier, elle ne produit rien dans la réalité. Ouvrir l’accès au crédit agricole par une réforme des sûretés réelles foncières est une condition sine qua non de la modernisation agricole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">4- Quatrième chantier : redonner à la société civile et aux collectivités locales un rôle dans la gestion des terres collectives, en sortant de la logique purement centralisatrice héritée de 1956. Les conseils de gestion des terres collectives existent sur le papier ; il faut leur donner une autonomie réelle, des ressources, et une obligation de résultats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">5- Cinquième chantier : lancer une fiscalité du foncier agricole non exploité. En France, en Espagne, au Maroc, des mécanismes fiscaux pénalisent la mise en jachère délibérée des terres arables. En Tunisie, ne rien faire avec sa terre ne coûte rien. Cela devrait changer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Casser une institution sans la remplacer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut ici rendre justice à Bourguiba et aux juristes de 1956 : ils ont eu l’audace rare de trancher dans le vif d’une institution millénaire. Mais l’économie du développement enseigne une vérité têtue — il ne suffit pas de casser l’ancienne cage pour que l’oiseau s’envole. Il faut encore lui apprendre à voler dans un espace ouvert, balisé, sécurisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Soixante-dix ans après le décret libérateur, des millions d’hectares tunisiens attendent encore que quelqu’un leur tende cette main- là. Ni mainmorte religieuse, ni mainmorte étatique — une main vivante, investisseuse, citoyenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La terre est là. Elle est fertile. Elle est tunisienne. Il ne lui manque qu’un titre, un droit, et une décision politique digne de 1956.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economiste universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Blog de l&rsquo;auteur</em></strong>: <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494" target="_blank" rel="noreferrer noopener">E4T</a>. </p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="8ATgpN0xjR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/14/tunisie-une-fete-de-lagriculture-au-gout-amer/">Tunisie : une fête de l’agriculture au goût amer</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : une fête de l’agriculture au goût amer » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/14/tunisie-une-fete-de-lagriculture-au-gout-amer/embed/#?secret=bSCDz36JxJ#?secret=8ATgpN0xjR" data-secret="8ATgpN0xjR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/26/terres-en-friche-le-rendez-vous-manque-du-foncier-tunisien/">Terres en friche | Le rendez-vous manqué du foncier tunisien</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Zied Bakir &#124; «La naturalisation, c’est une question de liberté plus que d’identité»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Nov 2025 06:55:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Ali]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[naturalisation]]></category>
		<category><![CDATA[Zied Bakir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entretien avec le romancier tunisien Zied Bakir, auteur d'un troisième roman intitulé ‘‘La Naturalisation’’ (Grasset, 2025). </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/04/zied-bakir-la-naturalisation-cest-une-question-de-liberte-plus-que-didentite/">Zied Bakir | «La naturalisation, c’est une question de liberté plus que d’identité»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Candidat au Prix de la Littérature arabe 2025, Zied Bakir revient avec son nouveau roman ‘‘La Naturalisation’’ (Grasset, 2025), poursuivant avec humour et gravité sa réflexion sur l’exil, la mémoire et l’appartenance. L’auteur tunisien, déjà remarqué pour ‘‘On n’est jamais mieux que chez les autres’’ et ‘‘L’Amour des choses invisibles’’, explore ici les zones d’ombre de l’identité postcoloniale à travers Elyas, un narrateur tiraillé entre deux mondes, deux langues, deux fidélités. Sous une plume ironique et élégante, Bakir interroge les faux-semblants de l’intégration et la quête inépuisable d’une liberté intérieure.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Entretien réalisé par <strong>Djamal Guettala</strong></p>



<span id="more-17807005"></span>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Kapitalis</em></strong><em> : ‘<strong>‘La Naturalisation’’ s’ouvre sur une phrase à double tranchant : intime et politique à la fois. Pourquoi avoir choisi de relier la circoncision du narrateur à la fin de Bourguiba ?</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zied Bakir</strong>: Ma petite enfance a été marquée par ces deux évènements douloureux, deux amputations que l’on ressent dans sa chair — du moins la circoncision. Quant à la fin du règne de Bourguiba, j’en subirai les conséquences plus tard, ayant vécu sous la <em>«douce dictature»</em> de Ben Ali. Il y a un début dans la vie, celui d’un enfant anonyme, et une fin, celle du grand Bourguiba. Dans les deux cas, se mêlent violence et fatalité. Je voulais ancrer le narrateur dans une réalité culturelle et politique, montrer d’où il vient. Et puis, cette concomitance produit un effet comique : elle donne le ton du livre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ce titre, ‘‘La Naturalisation’’, sonne administratif. Pourtant, votre roman parle d’exil, de filiation, de langue, d’appartenance. Qu’est-ce que cela signifie vraiment, pour vous, «être naturalisé» ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas grand-chose, en réalité. Au moment d’écrire ce livre, j’ai moi-même demandé la naturalisation, pour des raisons pratiques — la liberté de circuler, l’assurance vie, etc. Dans le roman, c’est un prétexte narratif, une porte d’entrée vers un itinéraire initiatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut y voir une métaphore ironique : contrairement aux animaux qu’on naturalise à leur mort, les immigrés le sont de leur vivant. Les premiers gardent l’apparence du vivant, les seconds celle de quelque chose qui a peut-être disparu&#8230; Mais arrêtons là les comparaisons — cela n’engage que moi (rire).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Elyas vit entre deux mondes, deux langues, deux fidélités. Quelle part de vous se glisse dans ce miroir ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Elyas est un indifférent, presque un fumiste, affranchi des fictions identitaires. Il incarne une philosophie du non-agir, inspirée de Lao Tseu : être en phase avec le cours des évènements. Ce n’est pas un exilé tragique mais un observateur ironique. Elyas est un double littéraire, un miroir déformant. Son <em>«exil»</em> est surtout une quête de soi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Vous mêlez réel et imaginaire avec liberté. Pourquoi faire dialoguer Bourguiba et Victoria Ocampo, rencontre pourtant fictive ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce qu’elle aurait pu avoir lieu ! Tous deux partageaient la francophilie et une ambition démesurée. Cette scène me permettait surtout de souligner un paradoxe : Ocampo, argentine, aimait Drieu La Rochelle, collaborationniste notoire, tandis que Bourguiba, militant pour l’indépendance tunisienne, demeurait fidèle à la France. Ce contraste en dit long, surtout pour un lecteur français.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le roman traverse Paris et Tunis, les années 1920 et 1987. Qu’est-ce qui relie ces deux moments-clés de l’histoire tunisienne ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils dessinent une boucle : Bourguiba passe de la Sorbonne à Carthage, du rêve d’indépendance à la chute. Mon narrateur, lui, fuit la grandeur pour éviter la chute. Ces deux temporalités mettent en lumière l’héritage franco-tunisien et interrogent le rapport entre histoire personnelle et histoire nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Votre écriture allie ironie douce et regard tragique. Est-ce votre manière d’aborder la gravité sans pathos ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui. Parler de choses graves avec légèreté — et inversement — est un style que j’explore. L’ironie est un remède contre l’absurde. Comme le dit un proverbe tunisien : <em>«Kothr el hamm y dhahak» — «trop de chagrin fait rire»</em>. Et s’il fallait un slogan, ce serait celui des Beatles : <em>«Take a sad song and make it better»</em>. Tout est là.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Vous décrivez la nuit du 7 novembre 1987 avec une précision quasi cinématographique. Pourquoi revenir sur cet instant ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que c’est un moment fondateur de notre histoire. Une délivrance qui s’est transformée en dictature plus bête et dévastatrice que celle du <em>«despote éclairé»</em> Bourguiba.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2011, la révolution tunisienne a suscité la même illusion d’aube. Aujourd’hui, le constat est amer : nos pays semblent condamnés à faire un pas en avant, deux en arrière. J’interroge cette fatalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La langue française est à la fois arme et refuge dans votre roman. Comment vivez-vous cette dualité ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une langue appartient à ceux qui la parlent et l’enrichissent. L’<em>«autre»</em> n’existe pas : Romain Gary, Cioran, Assia Djebar, Kateb Yacine, François Cheng… tous ont fait du français une langue sans frontières. Habiter une terre, c’est d’abord habiter une langue. Et écrire, c’est habiter le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’exil, chez vous, semble apaisé. Est-ce une blessure ou une condition nécessaire à la création ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je parle plutôt d’<em>«anti-exil»</em>. Je ne viens pas chercher refuge, ni remplacer, ni profiter (quoique !). J’avance, tout simplement. La naturalisation n’est pas une fin, mais un moyen d’être plus libre — et la liberté, c’est la condition première de la création.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Elyas dit qu’il faut «guérir de l’amour de Paris». Vous partagez cette idée ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, avec ironie. C’est une variation sur un vers de Mahmoud Darwich : <em>«Comment guérir de l’amour de la Tunisie ?»</em> Mon personnage aime Paris d’un amour non réciproque. Tout amour est illusion, parfois piège — mais nécessaire. Paris aussi vaut le détour.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Vos trois romans semblent liés par une même veine : mémoire et filiation. Une continuité assumée ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être. J’écris toujours à partir du vécu et de l’observation. J’ai parfois peur d’écrire le même livre sous des formes différentes — mais peut-être faut-il se répéter pour être entendu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Enfin, si un jeune lecteur tunisien ou maghrébin devait lire ‘‘La Naturalisation’’, qu’aimeriez-vous qu’il y trouve ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une liberté, avant tout. La lecture, comme l’écriture, est un exercice de liberté. Et si certains y trouvent aussi une mémoire, une leçon, ou même un sourire, ce sera déjà beaucoup.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="gmFNandz6M"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/27/la-naturalisation-de-zied-bakir-lexil-comme-quete-de-soi/">“La Naturalisation” de Zied Bakir | L’exil comme quête de soi</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« “La Naturalisation” de Zied Bakir | L’exil comme quête de soi » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/27/la-naturalisation-de-zied-bakir-lexil-comme-quete-de-soi/embed/#?secret=4clxSwzqrB#?secret=gmFNandz6M" data-secret="gmFNandz6M" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Peuple pur contre élite corrompue &#124; Du démon au complot </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Oct 2025 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[élite]]></category>
		<category><![CDATA[Manel Albouchi]]></category>
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		<category><![CDATA[populisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans une société, élites et peuple n’ont pas les mêmes attentes, mais leur destin est lié. Quand l’équilibre se perd, tout s’abîme. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/21/peuple-pur-contre-elite-corrompue-du-demon-au-complot/">Peuple pur contre élite corrompue | Du démon au complot </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans un jardin, chaque plante a ses besoins en eau. Le jasmin réclame de l’attention, l’olivier résiste à la sécheresse, le cactus vit là où la rose se flétrit. Si le jardinier oublie cela, certaines plantes se fanent et d’autres pourrissent. La société, c’est la même chose : élites et peuple n’ont pas les mêmes attentes, mais leur destin est lié. Quand l’équilibre se perd, c’est tout le jardin qui s’abîme.&nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Manel Albouchi</strong> *</p>



<span id="more-17704560"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1.jpg" alt="" class="wp-image-15290578" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, cet équilibre est menacé. Les élites parlent un langage compliqué, réservé à elles-mêmes. Le peuple, lui, se réfugie dans des slogans courts et rassurants. Entre les deux, le fossé s’élargit et la démocratie se fragilise. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Bourguiba avait compris cette tension. Formé dans les grandes écoles en France, il aurait pu rester enfermé dans un langage d’élite. Mais il avait le talent rare de traduire les grandes idées en images simples. Il parlait du pain, de l’école, de la femme, de la santé. Il expliquait longuement, comme un instituteur patient.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne cherchait pas à séduire par des promesses faciles, mais à instruire pour que chacun comprenne. C’est ce qui a marqué son époque : il fut à la fois un père qui explique et un maître qui enseigne. Bien sûr, cette pédagogie avait aussi ses limites : le peuple restait souvent en position d’élève, sans vraie possibilité de répondre.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le raccourci des slogans&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, la logique est inversée. Le populisme ne cherche plus à élever, mais à séduire. Il ne donne pas des explications, il lance des slogans. Il flatte la colère, la peur, l’indignation.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le montre le politologue Christophe Jaffrelot, le populisme oppose toujours un <em>«peuple pur»</em> à des <em>«élites corrompues»</em>, en utilisant un langage simple, émotionnel, direct. Mais il va plus loin : il mobilise la peur et la colère, moralise l’adversaire et personnalise à l’extrême le pouvoir via l’héroïsation du leader et sa relation <em>«directe»</em> au peuple.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là où Bourguiba essayait de rendre le peuple adulte par la pédagogie, le populisme tend à le maintenir dans l’illusion.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du démon au complot&nbsp;&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a pourtant une continuité psychologique. Autrefois, quand une personne faisait une crise d’angoisse ou entendait des voix, on disait qu’elle était possédée par des djinns ou des démons. C’était une manière d’expliquer ce que l’on ne comprenait pas.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Freud, dans <em>‘‘Totem et Tabou’’</em> (1913), expliquait déjà que les sociétés anciennes donnaient un visage invisible à ce qui leur faisait peur. Elles projetaient leurs angoisses sur des forces surnaturelles, pour transformer l’incompréhensible en récit.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, la même structure existe encore. Quand une décision politique paraît injuste ou une crise difficile à comprendre, beaucoup se tournent vers la théorie du complot. Ce ne sont plus les djinns qui manipulent, mais des <em>«puissances cachées»</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chercheurs en psychologie (Karen M. Douglas, Alexandra Cichocka et Robbie M. Sutton2017) montrent que ces croyances ne sont pas anodines : elles répondent à trois besoins fondamentaux&nbsp;&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>comprendre ce qui échappe; </li>



<li>reprendre un sentiment de contrôle, et; </li>



<li>se sentir appartenir à un groupe qui <em>«sait»</em>. </li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette explication ne résout rien : elle rassure un instant, tout en alimentant la méfiance et la division.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Tunisie miroir vivant de ces mécanismes&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces recherches ne sont pas seulement théoriques. Elles se vérifient chaque jour sur le terrain tunisien.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand la population, face à la crise économique ou politique, cherche des explications simples et rassurantes, elle illustre exactement ce que décrivent Douglas et ses collègues : le besoin de sens, de contrôle et d’appartenance. Les rumeurs de complot circulent dans les cafés, sur les réseaux sociaux, comme autrefois les récits de djinns et de malédictions.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De la même manière, les émotions politiques analysées par Jaffrelot (peur, colère, héroïsation du leader, relation <em>«directe»</em> et accolades avec le peuple) se lisent à ciel ouvert dans les discours quotidiens.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie est ainsi un laboratoire à vif de la psychologie politique contemporaine : un pays où se dévoilent sans fard les mécanismes universels de la peur collective, du besoin de figures protectrices et du risque de manipulation.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment retrouver l’équilibre ?&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La liberté se perd quand les élites méprisent et que le peuple s’enflamme. C’est entre le mépris d’en haut et la colère d’en bas que naît le despotisme.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie a besoin aujourd’hui d’une nouvelle médiation vivante :&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>des élites qui expliquent clairement sans jargon ni mépris; </li>



<li>un peuple qui refuse les illusions faciles et accepte l’effort de compréhension. </li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Sans cette médiation, le jardin se dérègle. Certaines plantes meurent de soif, d’autres se noient. Et dans ce déséquilibre, ce sont toujours les mauvaises herbes qui prospèrent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Psychothérapeute, psychanalyste.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="etdU94dWNK"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/30/la-nouvelle-lutte-des-classes-entre-elites-et-populistes/">La nouvelle lutte des classes entre élites et populistes</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La nouvelle lutte des classes entre élites et populistes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/30/la-nouvelle-lutte-des-classes-entre-elites-et-populistes/embed/#?secret=gcxUPRCKhm#?secret=etdU94dWNK" data-secret="etdU94dWNK" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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