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	<title>Archives des déficit public - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des déficit public - Kapitalis</title>
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		<title>Tunisie │ Les politiques sociales ont un coût, qui va payer ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Jun 2025 11:05:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Que faire pour faire bouger une administration publique qui emploie quelque 700 000 salariés et que l’on continue d’engraisser par des milliers de recrutements supplémentaires chaque année? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/10/tunisie-%e2%94%82-les-politiques-sociales-ont-un-cout-qui-va-payer/">Tunisie │ Les politiques sociales ont un coût, qui va payer ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Que faire pour faire bouger une administration publique qui emploie quelque 700&nbsp;000 salariés (plus du double de ce dont elle a besoin pour fonctionner plus ou moins correctement) et que l’on continue d’engraisser par des milliers de recrutements supplémentaires chaque année, sans tenir compte des difficultés financières de la Tunisie, ni de ses déficits chroniques ni encore de son surendettement qui la rend de moins en moins solvable au regard d’éventuels prêteurs internationaux&nbsp;?</em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-16742401"></span>



<p><em>«Les textes de loi, à eux seuls, ne suffisent pas, tant que les personnes chargées de leur mise en œuvre ne font pas preuve de responsabilité et de dévouement au service de l’administration»</em>, a déclaré le président de la République, Kaïs Saïed, lors de son entretien avec la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzeri, hier, lundi 9 juin 2025, au Palais de Carthage.</p>



<p>Selon le communiqué de la présidence, l’entretien a porté sur la situation de plusieurs établissements et entreprises publics, se gardant d’ajouter que ces établissements et entreprises connaissent presque tous des difficultés financières et des dysfonctionnements structurels qui ne datent pas d’aujourd’hui mais auxquels on n’a pas encore trouvé de solutions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un manque d’engagement</h2>



<p>Le président Saïed a indiqué qu’il suit de près le fonctionnement de plusieurs services publics, une tâche <em>«qui devait, normalement, être confiée directement aux autorités compétentes à l’échelle nationale, régionale ou locale»</em>, a-t-il souligné, dans ce qui ressemble à un reproche adressé à la Première ministre et aux membres de son cabinet.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="nuipFvgQi1"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/30/kais-saied-%e2%94%82-les-politiques-sociales-vont-creer-la-richesse/">Kaïs Saïed │ «Les politiques sociales vont créer la richesse»</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Kaïs Saïed │ «Les politiques sociales vont créer la richesse» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/30/kais-saied-%e2%94%82-les-politiques-sociales-vont-creer-la-richesse/embed/#?secret=MefYytwHH8#?secret=nuipFvgQi1" data-secret="nuipFvgQi1" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Dans ce contexte, Saïed a fait remarquer – pour la énième fois et sans craindre de se répéter – que servir les citoyens est un devoir sacré qui incombe à tout responsable, ajoutant que <em>«les textes de loi ne tirent pas leur valeur de leur existence, mais de l’engagement de ceux chargés de veiller à leur mise en œuvre», </em>laissant ainsi entendre que les membres du gouvernement et les hauts cadres de l’Etat ne font pas montre d’engagement et encore moins de zèle dans la mise en œuvre des mesures prises et des lois promulguées dans le cadre de la <em>«révolution législative»</em> et de la <em>«lutte de libération nationale»</em> qu’il mène depuis la proclamation de l’état d’exception, le 25 juillet 2021. Mesures et lois qui tardent à donner leurs fruits, en termes de relance de la croissance économique et d’amélioration du niveau de vie des citoyens. D’où l’impatience du chef du chef de l’Etat et ce lancinant sentiment d’impuissance qu’il ne cesse d’exprimer face à une bureaucratie lourde et inefficace.</p>



<h2 class="wp-block-heading">On engraisse le mastodonte</h2>



<p>A qui la faute&nbsp;? Et que faire pour faire bouger le mastodonte qui emploie quelque 700&nbsp;000 salariés (plus du double de ce dont le pays a besoin pour fonctionner plus ou moins correctement) et que l’on continue d’engraisser par des milliers de recrutements supplémentaires chaque année, sans tenir compte des difficultés financières du pays, ni de ses déficits chroniques ni de son surendettement qui le rend de moins en moins solvable au regard d’éventuels prêteurs internationaux.</p>



<p>Et puis, jusqu’à quand le pays va-t-il continuer de s’endetter, auprès des bailleurs de fonds, intérieurs et extérieurs, non pas pour relancer son économie en panne depuis 2011, mais pour financer ses dépenses publiques, lesquelles poursuivent leur irrésistible escalade de l’Everest ? &nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="s5Ca3rSXGd"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/12/tunisie-saied-veut-accelerer-la-mise-en-oeuvre-de-ses-politiques-sociales/">Tunisie : Saïed veut accélérer la mise en œuvre de ses politiques sociales</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Saïed veut accélérer la mise en œuvre de ses politiques sociales » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/12/tunisie-saied-veut-accelerer-la-mise-en-oeuvre-de-ses-politiques-sociales/embed/#?secret=gh0JNVzIgR#?secret=s5Ca3rSXGd" data-secret="s5Ca3rSXGd" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Déficit budgétaire et surendettement &nbsp;</h2>



<p>Le chef de l’Etat estime sans doute que son rôle est éminemment politique et qu’il consiste à décider des politiques publiques et à faire promulguer des décrets et des lois, et qu’il revient aux membres du gouvernement de trouver et de mobiliser l’argent nécessaire pour leur mise en œuvre.</p>



<p>Recevant, au cours de la même journée, le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, qui s’apprêtait à partir pour Genève pour participer aux réunions de l’Organisation internationale du travail (OIT), le chef de l’Etat a souligné la nécessité de trouver des solutions pour le financement des caisses sociales qui, comme on le sait, sont toutes déficitaires, et maintenues sous perfusion grâce aux injections de fonds de l’Etat.</p>



<p>Selon un communiqué de la présidence de la République, le chef de l’État a souligné que la <em>«révolution législative»</em> dans le domaine du travail doit être fondée sur la justice et l’équité afin de répondre aux aspirations du peuple tunisien dans les secteurs public et privé, faisant ainsi allusion à la suppression de la sous-traitance et de l’emploi précaire dans les secteurs aussi bien privé que public, <em>«révolution»</em> qui va se traduire par des recrutements dont bénéficieront des dizaines de milliers de chômeurs de longue durée. </p>



<p>Ce n’est certes pas de refus, et c’est même une excellente nouvelle pour cette catégorie sociale longtemps oubliée. Il reste, cependant, l’essentiel, à savoir la mobilisation des fonds nécessaires au financement des salaires et des indemnités de ces travailleurs, sachant que la Loi de Finances pour l’année 2025, dont le financement est loin d’être bouclé, n’a pas prévu ces dépenses supplémentaires. </p>



<p>Et le problème, car problème il y a, c’est que ni la Première ministre, ni la ministre des Finances, que le président a également reçu hier, ni encore les membres de l’Assemblée des représentants du peuples (ARP), n’ont cru devoir nous expliquer comment ils vont procéder pour <em>«trouver des solutions pour le financement des caisses sociales»</em> et des masses de nouveaux travailleurs publics, comme les y invite Kaïs Saïed.</p>



<p>La balle est dans leur camp, mais on ne voit vraiment pas comment ils vont faire pour mobiliser les financements nécessaires pour la mise en œuvre des politiques sociales du président sans crever le plafond du déficit public et de l’endettement extérieur.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="RKPNvBLHpB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/11/tunisie-combien-coutent-les-mesures-sociales-du-president-saied/">Tunisie : combien coûtent les mesures sociales du président Saïed ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : combien coûtent les mesures sociales du président Saïed ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/11/tunisie-combien-coutent-les-mesures-sociales-du-president-saied/embed/#?secret=aYrcTzrnYe#?secret=RKPNvBLHpB" data-secret="RKPNvBLHpB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/10/tunisie-%e2%94%82-les-politiques-sociales-ont-un-cout-qui-va-payer/">Tunisie │ Les politiques sociales ont un coût, qui va payer ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La décision de Kais Saïed de rompre les relations avec le FMI analysée par le modèle du Minimax</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/25/la-decision-de-kais-saied-de-rompre-les-relations-avec-le-fmi-analysee-par-le-modele-du-minimax/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/25/la-decision-de-kais-saied-de-rompre-les-relations-avec-le-fmi-analysee-par-le-modele-du-minimax/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Mar 2025 09:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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		<category><![CDATA[Minimax]]></category>
		<category><![CDATA[Sadok Zerelli]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie aurait gagné à accepter les réformes structurelles demandées par le FMI quitte à bien négocier les conditions de le leur mise en œuvre. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/25/la-decision-de-kais-saied-de-rompre-les-relations-avec-le-fmi-analysee-par-le-modele-du-minimax/">La décision de Kais Saïed de rompre les relations avec le FMI analysée par le modèle du Minimax</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’auteur, économiste universitaire, se livre ici à un exercice original : transposer le raisonnement à la base du modèle de décision très connu du Minimax à la décision que Kais Saïed à prise de rompre les relations avec le FMI. Aucune formation économique ou autre n’est nécessaire pour comprendre cet article, juste un minimum d’esprit logique et de bon sens communs à tout un chacun. Pour le reste, l’article se laisse lire facilement et sa conclusion est on peut plus claire.&nbsp;</em></strong><em><strong>&nbsp;</strong>(Ph. Dernière rencontre entre Kaïs Saïed et Kristalina Georgieva, DG du FMI, en marge d’un sommet financier en juin 2023&nbsp;à Paris).</em>&nbsp;</p>



<p><strong>Dr. Sadok Zerelli</strong></p>



<span id="more-15973349"></span>



<p>Parmi les disciplines qu’on enseigne aux maitrisards de l’Institut des hautes études commerciales (Ihec) et futurs gestionnaires d’entreprises et que j’ai eu personnellement plaisir à enseigner, parmi d’autres disciplines, figure la théorie de décision.</p>



<p>La problématique que traite cette théorie est que nous vivons tous dans un avenir incertain et que personne, à moins d’être un prophète, ne peut prévoir de quoi sera fait demain, mais que nous devons quand même prendre des décisions importantes qui engagent notre avenir que ce soit sur le plan professionnel ou personnel.</p>



<p>Cette théorie comporte plusieurs modèles stochastiques (basés sur la théorie des probabilités), plus ou moins compliqués, dont je vais prendre juste le raisonnement à la base de l’un des plus simples d’entre eux, le modèle du Minimax, pour analyser avec cet outil de décision le bienfondé ou non de la décision prise par notre président de rompre toute collaboration de la Tunisie avec le FMI.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Raisonnement à la base du modèle du Minimax</strong></h2>



<p>Pour expliquer de la façon la plus simple ce raisonnement au grand public, je vais prendre un exemple que nous avons tous vécu ou que les jeunes gens vivront un jour ou l’autre.</p>



<p>Supposons qu’on fasse connaissance d’une jeune femme (ou d’un jeune homme s’il s’agit du genre opposé) qui nous plaît beaucoup et qu’on hésite à épouser ou pas (le raisonnement ne s’applique pas au cas où on tombe fou amoureux et que l’on fonce tête baissée sans même réfléchir!). Dans ce cas, il y a quatre scénarios possibles (on parle d’hypothèses dans la théorie de la décision).</p>



<p><em>Scénario A</em> : on décide d’épouser la personne et l’avenir montrera qu’on a eu raison de le faire et qu’on sera heureux avec elle. Dans ce cas la perte subie est nulle puisqu’on a pris la bonne décision&nbsp;</p>



<p><em>Scénario B</em> : on décide de ne pas l’épouser et l’avenir montrera qu’on a eu raison de ne pas le faire parce cette personne qui n’était pas celle qu’il nous fallait et qu’on aurait été malheureux avec elle. Dans ce cas la perte subie est nulle aussi puisqu’on a pris la bonne décision&nbsp;</p>



<p><em>Scénario C</em> : on a décidé de l’épouser mais l’avenir montrera que c’était une mauvaise décision qu’on n’aurait pas dû prendre. Dans la théorie de décision, on appelle cela le risque de première espèce. La perte MAXIMALE (au pire des cas) associée à ce risque est un divorce, des enfants déchirés entre leurs parents divorcés, une pension alimentaire à payer, peut-être même une dépression psychologique, etc.</p>



<p><em>Scénario D</em> : on décide de ne pas l’épouser alors que l’avenir montrera que c’était une erreur parce c’était la personne qu’il nous fallait pour être heureux. On appelle cela le risque de deuxième espèce. Dans ce cas, la perte MAXIMALE qu’on subit est la valeur qu’on attache à la vie en famille, à avoir des enfants, etc.</p>



<p>Selon ce modèle, la meilleure décision à prendre est celle qui correspond au minimum du risque maximum associé à chaque décision, d’où le nom de modèle du Minimax.</p>



<p>En clair, dans cet exemple, si la valeur qu’on attache au coût financier et psychologique d’un divorce est plus élevée que la valeur qu’on attache à la vie en famille, avoir des enfants, etc., il faut prendre la décision de ne pas se marier avec cette personne et inversement.</p>



<p>Ce modèle, tel qu’il est enseigné à l’université aux futurs gestionnaires d’entreprises, s’applique surtout pour les décisions à prendre dans les domaines de l’investissement, d’achat d’actions&nbsp;et de placements financiers en bourse, etc.,&nbsp;où il est plus facile de traduire en termes financiers les coûts attachés aux risques de première et deuxième espèce. Il se complique par l’introduction de probabilités de réalisation de chaque scénario estimé à priori (au nez) ou en ayant recours à des lois statistiques telles que la loi de Poisson (qui permet de calculer la probabilité d’un évènement rare tel qu’un accident, une faillite, un divorce, etc.) et en raisonnant en termes d’espérance mathématique de coût (modèle de Bayes), ou en introduisant un coefficient d’optimisme/pessimisme (modèle de Hurwicz).</p>



<p><em>Mais bien sûr je ne vais pas aller aussi loin dans cet article destiné au grand public et je vais juste appliquer le raisonnement qui est à la base de ce modèle à la décision qu’aurait dû prendre notre Président en rapport avec les relations avec le FMI.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ATtpzFMdvA"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/04/le-president-saied-a-t-il-raison-de-rompre-les-relations-de-la-tunisie-avec-la-fmi/">Le Président Saïed a-t-il raison de rompre les relations de la Tunisie avec le FMI?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le Président Saïed a-t-il raison de rompre les relations de la Tunisie avec le FMI? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/04/le-president-saied-a-t-il-raison-de-rompre-les-relations-de-la-tunisie-avec-la-fmi/embed/#?secret=PbGJdcksdx#?secret=ATtpzFMdvA" data-secret="ATtpzFMdvA" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Risque de première espèce de la décision de Kais Saïed&nbsp;</h2>



<p><em>Il s’agit du risque associé à la décision d’accepter les conditions posées par le FMI pour débloquer le prêt de 1,9 milliards de dollars (et donc de ne pas rompre avec lui) alors que l’avenir montrera que c’était une erreur et qu’il n’aurait pas dû accepter ces conditions et prendre cette décision.</em></p>



<p>Quelle est la perte Maximale (au pire des cas) associée à ce risque?</p>



<p>Elle est la résultante ou la somme des pertes associées à la mise en œuvre de chacune des conditions que le FMI avait posé pour débloquer son prêt, à savoir&nbsp;:</p>



<p>&#8211; la restructuration des entreprises publiques déficitaires;&nbsp;</p>



<p>&#8211; la réduction du poids de la masse des salaires des fonctionnaires dans le budget de l’Etat;&nbsp;</p>



<p>&#8211; la suppression de la compensation des prix des produits énergétiques et de consommation de base. &nbsp;</p>



<p><em>Dans mon avant dernier article intitulé «<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/04/le-president-saied-a-t-il-raison-de-rompre-les-relations-de-la-tunisie-avec-la-fmi/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Président Kais Saïd avait-il raison de rompre avec le FMI ?</a>», j’avais analysé d’une façon approfondie l’impact et les modalités possibles de mise en œuvre de chacune de ces réformes structurelles que le FMI avait exigé. Je ne vais pas reprendre cette analyse dans le présent article pour ne pas me répéter mais en faire juste une synthèse en faveur ou contre la décision prise par notre Président.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Risque de première espèce associé à la condition de restructuration des entreprises publiques&nbsp;</h2>



<p>Il s’agit d’une centaine (110 exactement) d’entreprises publiques structurellement et historiquement largement déficitaires dont les déficits d’exploitation pèsent de plus en plus lourd sur le budget de l’Etat l’obligeant à chercher des sources de financement internes ou externes pour les financer.</p>



<p>Parmi les impacts négatifs de cette politique, je citerais :</p>



<p><em>&#8211; l’aggravation du déficit budgétaire&nbsp;:</em> ces subventions et aides pèsent sur les finances publiques, réduisant les marges de manœuvre pour d’autres investissements;</p>



<p><em>&#8211; le financement des entreprises publiques déficitaires se fait souvent par l’endettement</em>, soit directement par l’État, soit par des garanties accordées aux entreprises pour contracter des prêts, ce qui la contribue à l’augmentation du déficit budgétaire et à l’endettement global du pays;</p>



<p><em>&#8211; la réduction des ressources pour les secteurs productifs&nbsp;:</em> les fonds alloués au sauvetage des entreprises publiques sont souvent détournés des secteurs productifs ou essentiels comme la santé, l’éducation ou les infrastructures, ce qui limite la capacité de l’État à financer des projets de développement et&nbsp;améliorer le bien-être de la population et la croissance économique;</p>



<p><em>&#8211; l’effet sur l’investissement privé et la compétitivité&nbsp;:</em> les entreprises publiques déficitaires fonctionnent souvent avec des coûts élevés, un faible rendement et une gestion inefficace, ce qui nuit à la compétitivité de l’économie et peut décourager les investissements privés, qui craignent une concurrence déloyale ou un environnement économique instable;</p>



<p><em>&#8211; la pression fiscale accrue&nbsp;:</em> pour compenser les pertes des entreprises publiques et maintenir un niveau minimal de services, l’État est contraint d’augmenter les impôts ou d’introduire de nouvelles taxes, ce qui impacte le pouvoir d’achat des citoyens et la compétitivité des entreprises;&nbsp;&nbsp;</p>



<p><em>&#8211; une plus grande injustice sociale&nbsp;:</em> contrairement à ce que pense notre Président, une telle politique augmente l’injustice sociale. Je citerais comme exemple le cas de la SNCFT où toutes les recettes du trafic de voyageurs et de marchandises ne couvrent que 87% des charges salariales, ne laissant rien pour la consommation d’énergie, l’entretien du réseau, le renouvellement du matériel roulant&#8230; Au nom de quel principe de justice sociale le citoyen qui habite a Sidi Bouzid ou Kairouan qui n’a pas la possibilité de prendre un train puisque ces villes ne sont pas connectées au réseau ferroviaire, doit-il contribuer, à travers les taxes qu’il paie à l’Etat, à subventionner à hauteur de 13% les salaires perçus par les cheminots? Je pourrais multiplier les exemples pour Tunisair, la Steg, la Sonede, etc.;</p>



<p><em>&#8211; enfin, au nom de quel principe l’Etat peut-t-il justifier le maintien d’une telle politique,</em> d’autant plus que, comme je l’ai expliqué dans mon article, il existe bel et bien plusieurs techniques de montages juridiques et financiers qui permettent de restructurer une entreprise publique et la rendre excédentaire sans avoir à la privatiser (contrat programme, PPP, BOT, concession&#8230;)?</p>



<p><em>A moins que ce soit la politique de la fuite en avant ou de celle du proverbe qui dit </em>«le dernier qui reste paiera le loyer»<em>, je ne trouve aucun argument en termes de justice sociale ou d’allocation optimale des ressources qui justifie le rejet par notre Président de cette réforme structurelle demandée par le FMI qui est absolument nécessaire à court ou moyen terme pour équilibrer les finances publiques. En conséquence, la perte associée à cette condition posée par le FMI est à mon avis non seulement nulle, mais on pourrait parler même d’une opportunité ratée pour résoudre ce problème de ces entreprises publiques structurellement déficitaires à ses racines.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Risque de première espèce associé à la condition de réduction du poids de la masse salariale dans le budget de l’Etat&nbsp;</h2>



<p>Avec 56 fonctionnaires par 1000 habitants (contre 17 au Maroc et 14 en Jordanie, des pays à taille et économie comparables), l’administration tunisienne est l’une des plus pléthoriques au monde. Il en résulte un poids de la masse salariale des fonctionnaires sur le budget de l’État excessif&nbsp;: en 2025, les dépenses salariales sont estimées à 24,389 milliards de dinars, marquant une augmentation de 8,1% par rapport à 2024. Cette somme représente 40,7% des dépenses totales du budget et 13,3% du produit intérieur brut (PIB).&nbsp;</p>



<p>Cette proportion élevée des dépenses salariales limite la capacité de l’État à investir dans d’autres secteurs essentiels tels que l’infrastructure, la santé et l’éducation.&nbsp;Son financement par le biais d’emprunts obligataires et de Bons du Trésor à court, moyen ou long termes souscrits par les banques commerciales, coûte très cher à l’État en termes d’intérêts à payer et détourne les banques commerciales de leur vocation de financer les entreprises et l’activité économique pour favoriser la croissance. De même que son financement par la BCT, à travers le recours excessif au mécanisme de la <em>planche à billets</em> renforce l’inflation, réduit la compétitivité des entreprises et aggrave le déficit de la balance commerciale et déprécie la valeur du dinar, engendrant une plus grande baisse de la compétitivité, un plus grand déficit commercial, etc.</p>



<p>Le maintien d’une telle armée de fonctionnaires (640 000), ou pire son renforcement par 5000 autres parmi les diplômés de l’enseignement supérieur en chômage de longue durée comme vient de le décider le chef de tout l’Etat, ne peut qu’aggraver la situation et obliger l’Etat à continuer à s’endetter davantage, s’il trouve qui veut bien lui prêter, sinon <em>augmenter davantage la pression fiscale qui est déjà parmi les plus élevées au monde.</em></p>



<p><em>En termes de perte liée au risque de première espèce à subir, on peut ainsi conclure qu’elle est nulle aussi et qu’au contraire, l’Etat a perdu une occasion d’assainir les finances publiques une fois pour toutes.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Risque de première espèce associé à la suppression de la compensation&nbsp;</h2>



<p>Le système de compensation des prix en Tunisie, destiné à stabiliser les coûts des produits de base et énergétiques, représente une charge financière notable pour le budget de l’État. En 2024, les dépenses de compensation sont estimées à 11 337 millions de dinars (MD), en légère baisse par rapport aux 11 475 MD de 2023. De plus, l’augmentation des prix du pétrole et la dépréciation du dinar ont entraîné des dépassements budgétaires, notamment en 2017, où une dérive de 900 millions de dinars a été enregistrée pour la compensation énergétique.</p>



<p>Ces fluctuations rendent le système de compensation vulnérable aux variations des marchés internationaux et aux facteurs économiques internes. En particulier, la compensation des prix de l’énergie exerce une pression notable sur le budget de l’État&nbsp;: en 2024, une enveloppe de 7,086 milliards de dinars a été allouée à la compensation des hydrocarbures et de l’électricité, contre 7,030 milliards en 2023. Cette situation limite la capacité de l’État à investir dans d’autres secteurs essentiels tels que l’éducation, la santé et les infrastructures.</p>



<p>De plus, la volatilité des prix internationaux du pétrole des cours des produits alimentaires (blé, orge, sucre, riz etc.) et les fluctuations du taux de change du dinar rendent difficile la prévision et la gestion efficace de ces dépenses.&nbsp;</p>



<p>Face à ces défis, le gouvernement tunisien doit tôt ou tard procéder à des réformes pour rationaliser le système de subventions des prix des produits de consommation de base et énergétiques, avec pour objectif de réduire le fardeau financier sur le budget de l’État tout en protégeant les populations vulnérables contre les hausses des prix de l’énergie.&nbsp;Une des solutions que j’avais proposé dans mon avant-dernier article est de créer une caisse autonome de compensation financée par des taxes «<em>pigurrienes</em>» telles qu’un impôt sur le <em>capital oisif</em> ou un impôt sur le patrimoine, afin de décharger le budget de l’Etat du poids de la compensation et sans en priver&nbsp; les catégories sociales les plus vulnérables.</p>



<p><em>Si on tient compte du fait que le FMI n’a jamais exigé la suppression immédiate et d’un seul coup de la compensation mais l’élaboration d’une stratégie et d’un programme étalés sur plusieurs années pour arriver à cet objectif, on peut considérer que la perte maximale associé au risque de première espèce de cette réforme est faible</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Risque de première espèce associé à la perte de la souveraineté nationale&nbsp;</h2>



<p>C’est le principal argument avancé par notre Président pour justifier non seulement le rejet des conditions de FMI mais même la rupture de toute collaboration avec lui.A ce sujet, il faut bien qu’on ouvre les yeux et qu’on ne prenne pas nos rêves pour de la réalité. En effet, de quelle souveraineté nationale parle notre Président lorsqu’on doit importer 87% du blé dur et 73% de l’orge que nous consommons chaque année, que l’on doit taper à la porte du FMI ou d’autres bailleurs de fonds pour obtenir des prêts en devises pour rembourser notre dette et payer nos importations, ou que l’on doit demander l’aumône au Roi de l’Arabe Saoudite pour qu’il veuille bien nous accorder 87 millions de dollars pour financier la construction d’un hôpital à Kairouan ou à l’Émir du Koweït pour qu’il nous accorde 100 millions de dollars pour construire quatre autres hôpitaux, des sommes qui constituent des miettes pour ces Rois et Émirs?</p>



<p><em>La véritable souveraineté nationale ne viendra que le jour où nous serons capables de produire nous-mêmes ce que nous consommons, ou exporter nos produits pour pouvoir en importer d’autres. Tout le reste, ce sont des discours naïfs, utopiques et populistes entièrement déconnectés de la réalité qu’on peut à la limite tenir dans la buvette des facultés, mais pas quand on détient le sort de 12 millions de Tunisiens entre les mains.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="OB98i950GM"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/22/kais-saied-a-t-il-raison-de-mettre-en-cause-les-modalites-de-calcul-du-pib/">Kaïs Saïed a-t-il raison de mettre en cause les modalités de calcul du PIB?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Kaïs Saïed a-t-il raison de mettre en cause les modalités de calcul du PIB? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/22/kais-saied-a-t-il-raison-de-mettre-en-cause-les-modalites-de-calcul-du-pib/embed/#?secret=2aXYKhnvuu#?secret=OB98i950GM" data-secret="OB98i950GM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Pour résumer, la perte maximale associée au risque de première espèce lié à la décision de Kais Saïed, je prendrais l’exemple d’un cancer, que Dieu nous en préserve tous. Pour moi, tant les déficits chroniques des entreprises publiques, que le poids de la masse salariale des fonctionnaires sur le budget de l’Etat et le fardeau de la compensation, sont comme des cancers qui rongent les finances publiques: soit on choisit de les ignorer avec le risque que l’économie nationale s’effondre au bout de quelques années, soit de les soigner par des chimio ou radiothérapies avec tous les désagréments qui en résultent : vomissements, diarrhées, perte de cheveux,.., avec l’espoir de guérison au bout. C’est aussi simple et dramatique que cela.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Risque de deuxième espèce associé à la décision de Kais Saïed&nbsp;</h2>



<p><em>C’est celui que représente la décision de refuser les conditions posées par le FMI pour le déblocage du prêt de 1,9 milliards de dollars et même d’annoncer la rupture de toute collaboration avec lui, alors que l’avenir montrera que notre Président avait tort de prendre cette décision</em>.&nbsp;</p>



<p>Comme pour le risque de première espèce, la perte maximale (au pire des cas) est la somme de plusieurs pertes probables :</p>



<p>&#8211; perte des 1,9 milliards de dollars qui auraient été les bienvenus dans une conjoncture aussi difficile que celle que traverse notre économie; c’est même une perte certaine et non probable puisqu’on ne verra plus la couleur de ces dollars;</p>



<p>&#8211; nos entreprises publiques continueront à être de plus en plus déficitaires et incapables de réaliser les investissements nécessaires pour améliorer la qualité des services publics qu’ils fournissent aux usagers;</p>



<p>&#8211; la masse salariale des fonctionnaires continuera à creuser le déficit du budget de l’Etat, avec des difficultés de financement et un détournement plus grand des ressources des banques locales pour le financement du déficit de l’État plutôt que des entreprises et des investisseurs privés;</p>



<p>&#8211; le budget de la compensation pèsera de plus en plus lourd sur le budget de l’Etat en raison de la fluctuation des cours internationaux&nbsp;des produits alimentaires et énergétiques et du glissement lent mais continu du taux de change du dinar;</p>



<p>&#8211; ces trois facteurs combinés alourdiront d’une année à l’autre les déficits budgétaires de l’État, augmenteront son endettement interne et externe et détrôneront ses rares ressources de l’investissement en infrastructures, santé, éducation, etc., pour améliorer la qualité des services publics, y compris pour les catégories sociales vulnérables pour la protection desquelles le Président a cru bon de refuser les conditions du FMI et même rompre avec lui;</p>



<p>&#8211; ils accroissent aussi le risque d’une pression fiscale encore plus grande, faute de trouver d’autres sources de financement internes et externes;</p>



<p>&#8211; sans l’aval de FMI, les autres bailleurs de fonds n’accepteront pas de nous accorder des prêts en devises pour honorer les échéances de notre dette extérieure et importer nos produits alimentaires, médicaments, pétrole, etc. A ce sujet, il faut bien noter que nos banques commerciales ne peuvent souscrire qu’à des emprunts libellés en dinars, et que la banque centrale ne peut créer grâce à la planche à billets que des dinars aussi, et que ni les unes ni l’autre ne peuvent créer des dollars ou des euros qui ne peuvent provenir que de l’exportation de biens et de services, tels que le tourisme, ou des transferts effectués par nos TRE au profit de leurs familles restées en Tunisie;</p>



<p>&#8211; tant que les investissements publics et privés restent faibles et que les taux de croissance économique continuent à osciller entre 1% et 2% (1,4% en 2024), soient des taux nettement plus fiables que les taux d’intérêt auxquels nous avons emprunté souvent à long terme, le défaut de paiement de la dette publique est mathématiquement inéluctable et le passage devant le Club de Paris n’est qu’une question de temps.</p>



<p>Dans ce cas, on risque de perdre pour de bon et dans des conditions humiliantes notre souveraineté nationale que Saïed pense avoir sauvé en rejetant les conditions du FMI et en rompant avec lui.</p>



<p>Déjà sans en arriver là, ce que personnellement et en tant que Tunisien je ne souhaite pas, trouver dans le communiqué du FMI en date du 14 mars 2025 le nom de la Tunisie parmi les rares pays dans le monde dont les consultations en vertu de l’article IV avec FMI sont retardées, tels que la Syrie, le Yémen, le Soudan et l’Afghanistan,&nbsp;des pays dont le seul nom évoque la famine ou la guerre civile quand ce n’est pas les deux à la fois, est une bien triste nouvelle et ne présage&nbsp;rien &nbsp;de bon pour l’avenir de notre pays<em>.</em></p>



<p><em>En résumé de cet exercice de transposition du raisonnement qui est la base du modèle du Minimax à la décision que devait prendre Kais Saïed en relation avec le FMI, il apparaît clairement pour le commun des mortels doté du minimum de bon sens&nbsp; que le minimum du risque maximum, en termes d’assainissement des finances publiques y compris en termes de préservation de la paix sociale et de la souveraineté nationale, se&nbsp; trouve bel et bien dans la décision <strong><u>d’accepter</u></strong> les réformes structurelles demandées par le FMI quitte à bien négocier les conditions de le leur mise en œuvre et le planning de leur exécution.</em></p>



<p>Pour conclure cet article, j’hésite entre deux conclusions possibles:</p>



<p>&#8211; soit rappeler qu’en économie, comme dans tous les domaines de la vie <em>«celui qui n’avance pas recule»</em> et que des petits pays qui n’ont pas davantage de ressource naturelles ou humaines, tels que la Côte d’Ivoire ou le Rwanda ou l’Ethiopie ou même la petite Gambie (1,5 millions d’habitants) arrivent à faire 5 ou même 7% de croissance économique annuelle et sont donc en train de nous rattraper et même de nous dépasser grâce à leur seule bonne gouvernance économique;&nbsp;</p>



<p>&#8211; soit parler à notre Président dans le langage qu’il semble comprendre le mieux, celui du bonheur&nbsp;! Etant donné qu’il n’avait pas hésité à proposer le plus sérieusement du monde de remplacer le calcul du PIB (<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/22/kais-saied-a-t-il-raison-de-mettre-en-cause-les-modalites-de-calcul-du-pib/">Produit Intérieur Brut</a>) par un autre PIB (Produit Intérieur du Bonheur), a-t-il pris le temps de lire, entre deux poèmes de Bayram Ettounsi, que, selon <em>The World Happiness Report</em> basé sur des données récoltées par un sondage mondial Gallup dans plus de 140 pays au cours des trois années précédentes, soit de 2022 à 2024, la Tunisie se classe 113<sup>e</sup>, loin derrière l’Algérie (84<sup>e</sup>) et même la Libye (79<sup>e</sup>)?</p>



<p><strong>Post scriptum </strong>: les lecteurs et lectrices, que je suis le premier à regretter que mes analyses économiques pessimistes dépriment, peuvent toujours aller sur mon blog <a href="https://sadokzerelli.blogspot.com/2025/03/donne-moi-la-main-pour-traverser.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«<em>Poèmes de la vie</em>»</a> pour rêver avec moi d’un monde meilleur. Avec sa politique, Kais Saïed peut nous enlever beaucoup de choses, mais ne pourra jamais nous enlever la capacité de rêver&nbsp;!</p>



<p><em>* Economiste, consultant international.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/25/la-decision-de-kais-saied-de-rompre-les-relations-avec-le-fmi-analysee-par-le-modele-du-minimax/">La décision de Kais Saïed de rompre les relations avec le FMI analysée par le modèle du Minimax</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>La Tunisie face au casse-tête de la Caisse générale de compensation</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/14/la-tunisie-face-au-casse-tete-de-la-caisse-generale-de-compensation/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Jun 2023 09:58:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Caisse générale de compensation]]></category>
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		<category><![CDATA[énergie]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Mounir Chebil]]></category>
		<category><![CDATA[subventions]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Populisme oblige, à l'instar de tous ses prédécesseurs, Saïed n'osera pas toucher au prix du pains, mais jusqu'à quand ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/14/la-tunisie-face-au-casse-tete-de-la-caisse-generale-de-compensation/">La Tunisie face au casse-tête de la Caisse générale de compensation</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La solution simpliste prônant la suppression de la Caisse générale de compensation, et celles, populistes et démagogiques, qui défendent son maintien contre vents et marées ne peuvent être raisonnablement envisagées dans une Tunisie aux prises avec une crise financière asphyxiante. Mais que faire ?</em></strong> <em>(Illustration: populisme oblige, à l&rsquo;instar de tous ses prédécesseurs, Saïed n&rsquo;osera pas toucher au prix du pains, mais jusqu&rsquo;à quand ?).</em> </p>



<p>Par <strong>Mounir Chebil </strong>*</p>



<span id="more-8351970"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Mounir-Chebil-2.jpg" alt="" class="wp-image-312661"/></figure></div>


<p>Le débat sur la Caisse générale de compensation en Tunisie refait surface avec acuité ces dernières années. Seulement, il tend à se réduire à la seule dimension du coût budgétaire de la subvention servie par cette caisse. Certes, la question du déficit public ne peut être occultée, mais le débat ne doit pas se limiter aux seuls aspects financiers.</p>



<p>Cette attitude rétive néglige un aspect important du problème à savoir le rôle fondamental que joue la caisse dans le maintien de la paix sociale à travers le soutien aux catégories sociales nécessiteuses et dans sa participation active au développement économique du pays. Ainsi,&nbsp;toute analyse du coût de la compensation doit être placée dans un cadre macroéconomique pour bien mesurer les répercutions économiques, sociales et politiques éventuelles de sa suppression ou de son réajustement.&nbsp;</p>



<p>Créée par la loi de finances de 1971, sous la forme d’un fonds spécial du trésor, la Caisse générale de compensation est un instrument utilisé par l’Etat pour la mise en œuvre de sa politique dans le domaine social en venant en aide à ses administrés en situation précaire. Aussi, cette caisse a-t-elle été utilisée pour subventionner des produits aussi divers que le pain, la farine, la semoule, les pâtes alimentaires, le couscous, le lait demi-écrémé, le café, le thé, les médicaments fabriqués en Tunisie, le sucre à usage domestique, les huiles végétales, le double concentré de tomate, et ce selon la liste actualisée par le ministère du Commerce en 2018. Il faut ajouter les subventions du maïs, du cahier scolaire, du livre culturel, de la collecte de lait, de la semence de pomme de terre, des engrais, de l’essence à la pompe et le gaz combustible pour les ménages, le transport public, etc. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Préserver le pouvoir d’achat</h2>



<p>Selon une étude de l’Institut tunisien études stratégiques réalisée en 2017, les subventions des produits de première nécessité ont permis de maintenir à un certain niveau le pouvoir d’achat des catégories sociales à faibles ou même à moyens revenus. Ces catégories ont pu aussi, dans une certaine limite, améliorer leur régime alimentaire, en consacrant une part de leur revenu aux protéines animales à des prix abordables, particulièrement la viande blanche et les produits laitiers.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="tsHVhF9yNS"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/29/tunisie-la-subvention-des-carburants-sera-definitivement-levee-en-2026/">Tunisie : la subvention des carburants sera définitivement levée en 2026</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : la subvention des carburants sera définitivement levée en 2026 » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/10/29/tunisie-la-subvention-des-carburants-sera-definitivement-levee-en-2026/embed/#?secret=YuNm3nk0gP#?secret=tsHVhF9yNS" data-secret="tsHVhF9yNS" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Par ailleurs, la Caisse générale de compensation a évolué, au fil des années, d’un moyen de mise en œuvre de la politique sociale du gouvernement destiné à maintenir les équilibres sociaux et la paix sociale pour devenir un outil pour soutenir divers secteurs économiques (industrie, agriculture, infrastructures), en vue de l’amélioration de leur capacité concurrentielle au profit de l’économie nationale.</p>



<p>Sur le plan de la politique du développement agricole, la même étude a montré que l’intervention de la Caisse générale de compensation dans la collecte du lait a joué un rôle important dans l’amélioration des revenus d’une part importante de la population rurale et également dans le développement d’une industrie nationale de transformation du lait frais.</p>



<p>La subvention de la semence de pomme de terre a eu un impact positif sur la production nationale et la compensation du maïs et du tourteau de soja a été à l’origine de la pérennisation du secteur de l’élevage avicole industriel, par la réduction des coûts et la&nbsp; préservation d’un pouvoir d’achat décent pour les catégories sociales précaires.</p>



<p>La Caisse de compensation intervient ainsi dans presque tous les secteurs économiques, et ce, par le moyen de la subvention énergétique. En effet,&nbsp;bien que cette dernière soit un fardeau pesant sur les équilibres de cette caisse et, en conséquence, sur le budget de l’Etat, son rôle dépasse l’idée que le Tunisien s’en fait.</p>



<p>En tenant compte de la subvention des carburants, et en ajoutant la subvention de l’électricité, on réalise que la quasi-totalité des secteurs économiques (agriculture, pêche, industrie manufacturière, transports publics ou privés, tourisme et autres services en tout genre) se trouvent indirectement sinon directement subventionnés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les opérateurs économiques aussi en profitent </h2>



<p>Cette politique a été inaugurée depuis les années 1970 quand la Tunisie a choisi&nbsp;de miser sur le tourisme et d’entrer dans une dynamique d’industrialisation, pariant sur les industries légères et de transformation, ainsi que sur l’implantation des investisseurs étrangers en Tunisie.</p>



<p>Outre les incitations fiscales ainsi que le faible coût de la main-d’œuvre, le faible coût des énergies a, d’une part, incité les promoteurs locaux à investir, et d’autre part, a&nbsp;été parmi les options offertes aux sociétés étrangères qui s’installaient dans le pays.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="IFhHfpYjNu"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/27/les-tunisiens-gaspillent-900-000-pains-par-jour/">Les Tunisiens gaspillent 900 000 pains par jour</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Tunisiens gaspillent 900 000 pains par jour » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/27/les-tunisiens-gaspillent-900-000-pains-par-jour/embed/#?secret=KcJcy4fcsr#?secret=IFhHfpYjNu" data-secret="IFhHfpYjNu" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ainsi, l’intervention de la Caisse générale de compensation et la politique énergétique tunisienne plus particulièrement étaient-elles largement justifiées. Il reste que les temps ont changé, et pratiquement tous les paramètres en vigueur!</p>



<p>Jusqu’en 2010, les charges de la caisse étaient maintenues à un niveau compatible avec ce que peut supporter le budget de l’Etat. Mais notre pays, après avoir été exportateur de pétrole, a évolué peu à peu vers une certaine dépendance de l’importation des hydrocarbures. Par ailleurs, les prix des produits alimentaires (essentiellement céréales, huile…) n’étaient pas élevés outre mesure.</p>



<p>Après le changement de 2011, les dépenses de la Caisse générale de compensation ont sensiblement progressé et ont contribué à l’aggravation du déficit budgétaire. En effet, elles se sont accrues d’environ 300% entre 2010 et 2013 passant de 1500 MDT à 5514 MDT. Les dépenses de compensation ont plus que doublé au cours des onze premiers mois de 2022. Elles ont augmenté de 166%, à fin novembre 2022 pour dépasser les 7,8 milliards de dinars, contre environ 3 milliards de dinars, durant la même période de 2021, d’après le rapport de l’exécution du Budget de l’Etat, publié le 10 février 2023, par le ministère des Finances.</p>



<p>Cette hausse colossale du budget alloué à la compensation énergétique et céréalière coïncide avec le déclenchement de la guerre en Ukraine qui a provoqué une envolée sans précédent des prix des produits pétroliers et des céréales ainsi que des frais du transport. Les dépenses de compensation des hydrocarbures particulièrement sont devenues insoutenables. Sachant que les carburants accaparent 67% du volume global des subventions de la Caisse de compensation, suivis par les produits de base (25,2%) et le transport (7,6%).</p>



<h2 class="wp-block-heading">La fuite en avant, jusqu&rsquo;à quand ? </h2>



<p>Les dépenses de cette Caisse représentent plus de 7% du budget de l’État. Elles sont effectuées aux dépens des plans régionaux de développement ou des plans d’investissement public. Par ailleurs, elles ont impacté négativement le taux de croissance qui s’est situé à 2,4% en 2022 malgré l’activation du mécanisme d’ajustement des prix du carburant.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ImQrS1PqQ1"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/22/tunisie-la-levee-progressive-de-la-compensation-ne-fait-pas-lunanimite/">Tunisie : La levée progressive de la compensation ne fait pas l’unanimité</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : La levée progressive de la compensation ne fait pas l’unanimité » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/22/tunisie-la-levee-progressive-de-la-compensation-ne-fait-pas-lunanimite/embed/#?secret=XwdYAw7BFq#?secret=ImQrS1PqQ1" data-secret="ImQrS1PqQ1" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>N’avions-nous pas vu venir ce renversement de situation ? Nous l’avions certainement vu venir. Mais au lieu d’apporter une réponse à la hauteur des défis, on a préféré la fuite en avant. Aucun changement significatif n’a en effet été apporté à notre politique de subvention à l’énergie et autres, et ce, malgré les changements radicaux qui ont affecté les secteurs de l’énergie et des céréales, et la forte dépréciation du dinar par rapport aux devises étrangères a aggravé la situation. C’est cet immobilisme congénital de l’Etat qui explique les périls pesant aujourd’hui sur notre sécurité alimentaire et l’économie nationale dans son ensemble. Et qui s’explique par la crainte partagée par les décideurs, depuis les <em>«émeutes du pain» </em>survenues dans le pays entre le29 décembre 1983 et le 5 janvier 1984, de faire face à un séisme social le jour où ils décident de lever les subventions. Si la solution simpliste qui prône la suppression de la Caisse générale de compensation, et celles populistes et démagogiques qui défendent son maintien contre vents et marées ne peuvent être raisonnablement envisagées, le responsables gouvernementaux doivent avoir l’intelligence et le courage d’accélérer les réformes qui s’imposent, aussi douloureuses soient-elles, tout prévoyant des filets sociaux adéquats et applicables.</p>



<p>* <em>Haut fonctionnaire à la retraite. </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/14/la-tunisie-face-au-casse-tete-de-la-caisse-generale-de-compensation/">La Tunisie face au casse-tête de la Caisse générale de compensation</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>La Tunisie, ruinée par ses enfants, tend la main à l&#8217;aumône !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Apr 2022 05:57:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[déficit public]]></category>
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		<category><![CDATA[dette publique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Face au tableau catastrophique de la situation en Tunisie brossé par la plupart des instances internationales, les autorités tunisiennes semblent faire du surplace, tous les regards étant tournés vers Washington où se déroulent les négociations avec le FMI, sachant que le crédit attendu sera conditionné par la mise en œuvre de mesures douloureuses qui vont...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/07/famille-pauvre.jpg" alt="" class="wp-image-227530"/><figcaption><em>Voilà vers quel destin la mauvaise gouvernance mène un pays qui, dix ans auparavant, et sous une atroce dictature, était classé pré-émergent par les instances internationales.     </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Face au tableau catastrophique de la situation en Tunisie brossé par la plupart des instances internationales, les autorités tunisiennes semblent faire du surplace, tous les regards étant tournés vers Washington où se déroulent les négociations avec le FMI, sachant que le crédit attendu sera conditionné par la mise en œuvre de mesures douloureuses qui vont exacerber la crise sociale et que, de toute façon, il ne sera pas suffisant pour faire face à la crise, si tant est qu&rsquo;il sera utilisé à bon escient pour aider à relancer une machine économique grippée.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Imed Bahri </strong></p>



<span id="more-386951"></span>



<p>Les besoins de financement extérieur de la Tunisie restent largement tributaires de la conclusion d&rsquo;un accord avec le Fonds monétaire international (FMI), du <em>«respect de l&rsquo;État de droit» </em>et de la mise en œuvre de réformes structurelles, a indiqué la direction générale du Trésor français, dans une note publiée fin mars 2022, où il souligne que la Tunisie fait face à de très sérieuses difficultés pour emprunter et financer ses besoins, notamment en l&rsquo;absence de programme avec le FMI et les inquiétudes croissantes quant à la pérennité de sa dette.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une dette publique insoutenable sans réformes</h2>



<p><em>«Le recours massif à l&#8217;emprunt extérieur prévu pour 2022, à hauteur de 12,7 milliards de dinars, afin de couvrir près des deux tiers des besoins de financement annuels rend impératif la conclusion d&rsquo;un accord avec le FMI», note </em>le Trésor français, ajoutant que la crise russo-ukrainienne devrait également exacerber les besoins de financement au-delà des 20 milliards de dinars prévus dans la loi de finances 2022 pour soutenir le système de prix subventionnés des produits de base.</p>



<p>La trajectoire de la dette publique reste <em>«insoutenable»</em> sans réformes. La dette publique est passée de 74,2% du PIB en 2019 à 89,7% en 2020 et devrait atteindre 90,2% en 2021 selon le FMI. Il n&rsquo;inclut pas la dette des entreprises publiques, qui atteindrait 40% du PIB, dont plus de 15% du PIB garantis par l&rsquo;Etat.</p>



<p>Après une récession historique, le rythme actuel de reprise ne permettrait pas un retour aux niveaux d&rsquo;activité d&rsquo;avant la crise avant 2024. Les taux d&rsquo;investissement et d&rsquo;épargne bruts, déjà jugés insuffisants, se sont effondrés à respectivement 7,8% du PIB et 4% du PIB en 2020 .</p>



<p>Depuis, l&rsquo;instabilité politique et les besoins de financement élevés de la Tunisie ont pesé sur les perspectives économiques : les dernières projections de croissance pour 2022 se situent entre 3,3 % (FMI) et 3,5 % (BM).</p>



<p>Le DG du Trésor français pointe du doigt les pressions inflationnistes qui refont surface, tandis que la dégradation de la situation sociale et de l&#8217;emploi entretient les tensions.</p>



<p>En effet, le taux de chômage atteint 18,4% de la population active, au plus haut depuis 2011, avec un taux de plus de 42% chez les jeunes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Inquiétudes sur la capacité du pays à financer son déficit public</h2>



<p><em>«La résilience actuelle du secteur bancaire semble rassurante, mais des incertitudes subsistent quant à l&rsquo;ampleur du choc à venir et à la capacité du secteur à y faire face. Cependant, la situation reste incertaine. L&rsquo;inquiétude porte sur l&rsquo;expiration des extensions de crédit et l&rsquo;exposition des banques au risque souverain et des entreprises publiques, dont les problèmes de trésorerie s&rsquo;accroissent et dont l&rsquo;encours de crédit s&rsquo;élève à 17% du PIB»</em>, souligne encore le rapport du Trésor français. Qui ajoute&nbsp;: <em>«Alors que le déficit du compte courant s&rsquo;est récemment réduit, des inquiétudes subsistent quant à la capacité de la Tunisie à le financer. Le déficit courant devrait encore se creuser cette année de 7 à 7,5% du PIB, aggravé par les conséquences de la crise sanitaire sur les échanges (perturbation du système d&rsquo;exportation, pénuries et hausse des prix des importations). Les risques pour les soldes extérieurs restent élevés.»</em></p>



<p>Pour ne rien arranher, <em>«le déficit budgétaire devrait se maintenir à 6,7% en 2022 selon la loi de finances. La masse salariale a explosé à un rythme annuel moyen de près de 12% entre 2010 et 2020. La situation dégradée des entreprises publiques fait également peser des risques de plus en plus préoccupants sur Les transferts aux entreprises publiques seraient passés de 7,5% du PIB en 2019 à 8,9% en 2020, principalement dans les transports, l&rsquo;énergie et l&rsquo;agroalimentaire, auxquels sont fixés des objectifs sociaux.»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">La vache ne donne plus de lait </h2>



<p>Face à ce tableau catastrophique brossé par la plupart des instances internationales, les autorités tunisiennes semblent faire du surplace, tous les regards étant tournés vers Washington où se déroulent les négociations avec le FMI, sachant que le crédit attendu sera conditionné par la mise en œuvre de mesures douloureuses qui vont exacerber la crise sociale et que, de toute façon, il ne sera pas suffisant pour faire face à la crise, si tant est qu&rsquo;il sera utilisé à bon escient pour aider à relancer une machine économique grippée.</p>



<p>Apparemment, la vache ne donne plus de lait et ceux qui ont profité un demi siècle durant du modèle économique en place, basé sur le clientélisme, le népotisme et la corruption, à tous les étages de l&rsquo;administration publique, lève le pied et préfère attendre. Mais quoi&nbsp;au juste ? Le mur où tout le monde va en claxonnant&#8230;</p>



<p>Pauvre Tunisie, ruinée par ses propres enfants&nbsp;et condamnée à tendre la main aux miettes lâchées par les bailleurs de fonds internationaux pour survivre&nbsp;! Ah, le bon vieux temps de la dictature, s&rsquo;exclament certains, sans ironie aucune pour qui la démocratie est en passe de devenir synonyme de corruption, mal-gouvernance et pauvreté   </p>
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		<title>Enlisement de l’État tunisien ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2020/12/04/enlisement-de-letat-tunisien/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Dec 2020 09:03:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Banque centrale de Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Houcine Dimassi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Coincée entre l’amateurisme de ses multiples gouvernements et le cynisme de ses partis et élus politiques, la démocratie tunisienne fait face au spectre d’un imminent défaut de paiement. Le déficit budgétaire est abyssal : avec un surendettement sanctionné par les agences de notation et décrié par les prêteurs, y compris la Banque centrale de Tunisie...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/09/Palais-du-Gouvernement-Kasbah1.jpg" alt="" class="wp-image-16484"/><figcaption><em>Palais du gouvernement de la Kasbah: l&rsquo;antre de la mal-gouvernance. </em></figcaption></figure>



<p><strong><em>Coincée entre l’amateurisme de ses multiples gouvernements et le cynisme de ses partis et élus politiques, la démocratie tunisienne fait face au spectre d’un imminent défaut de paiement. Le déficit budgétaire est abyssal : avec un surendettement sanctionné par les agences de notation et décrié par les prêteurs, y compris la Banque centrale de Tunisie (BCT). Tous incriminent l’indiscipline budgétaire des gouvernements successifs et tous dénoncent un État qui se dope par une dette toxique, improductive et siphonnée par les salaires et privilèges de l’État. Le volcan des contestations sociale gronde : le ton monte et les taux d’intérêt avec, alors que les caisses sont vides! Est-ce l’enlisement? Et pourquoi ?</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari</strong>, Ph. D.</p>



<span id="more-326670"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>



<p>La Tunisie doit se ressaisir, et rapidement! L’État doit discipliner ses dépenses en communiquant au sujet de l’impératif de la réduction de la taille l’État. Faute de quoi, le défaut de paiement devient inéluctable… ruinant dans son sillage les aspirations démocratiques.</p>



<p>Plusieurs économistes tunisiens, intègres, et non embrigadés politiquement, ont vu venir le précipice budgétaire. Et ils ont prévenu contre les dégâts, en disant la vérité, les yeux dans les yeux aux pouvoirs politiques en place. Mais personne ne les a crus! Les plus politisés de ces élites (souvent les plus médiatisés) ont courbé l’échine, ne voulant pas alarmer l’opinion publique et encore moins offenser les principaux partis politiques qui gouvernent depuis 2011!</p>



<p>Pas besoin de dessin, la gouvernance instituée depuis 2011 et institutionnalisée par la nouvelle Constitution de 2014 a dévoyé l’État, a perverti ses valeurs éthiques et noyé ses missions essentielles dans une mare de promesses utopiques et idéologisées. Et c’est bien là que le précipice budgétaire et la dette liée ont pris ancrage.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’État : une débâcle en 3D</h3>



<p>Depuis 2011, la (mal) gouvernance économique se déploie en trois 3D :</p>



<p>1) un <strong>déficit public</strong> à tout-va;<br>2) une<strong> dette exponentielle</strong>;<br>3) une <strong>dégradation continue des services publics</strong> et des autres indicateurs économiques.</p>



<p>Ces 3D ont constitué le dénominateur commun des politiques publiques engagées par les 10 gouvernements et les 440 ministres ayant gouverné le pays depuis 2011. Tous ont administré la Tunisie du Printemps arabe grâce à la dette (fardeau à payer par les plus jeunes), tous ont gonflé l’État démesurément et au détriment de l’investissement (public et privé). Tous ont contribué à atrophier les recettes fiscales et à amplifier les dépenses publiques !</p>



<p>Aucun de ces gouvernements n’a haussé le ton et aucun de ces <em>«honorables ministres»</em> n’a osé démissionner pour dénoncer la dette et pour condamner les déficits qui érodent les équilibres macro-économiques et le capital social. La démission de l’ancien ministre des Finances Houcine Dimassi (2013-14) constitue l’exception qui confirme la règle. La crédibilité des élites politiques est profondément entachée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une bureaucratie qui vampirise les services publics</h3>



<p>De 36.000 fonctionnaires en 1961, la Tunisie comptait en 2010, 490.000 fonctionnaires et plus de 840.000 fonctionnaires (administrations et sociétés publiques) en 2020. Entre 1961 et 2020, des effectifs de fonctionnaires sont multipliés presque par 25, alors que la population a seulement triplé pour la même période (60 ans).</p>



<p>Mais le saut le plus grave dans les effectifs date de 2013. Depuis la Révolte du Jasmin, presque 250.000 fonctionnaires se sont ajoutés aux effectifs de l’État et à la masse salariale.</p>



<p>Un très grand nombre d’entre eux sont payés pour ne rien faire : des emplois fictifs, des fonctionnaires fantômes, des fonctionnaires à temps partiel… n’ayant pas le sens de l’État dans leurs convictions et valeurs. Ces «faux» fonctionnaires, recrutés souvent sans concours au mérite, ont pullulé et dans tous les secteurs : santé, éducation, sécurité, justice, etc.</p>



<p>En même temps, et depuis la révolte du Jasmin, l’investissement s’est contracté drastiquement. La croissance s’est atrophiée à presque 1% en moyenne interannuelle. L’État finance les salaires de ses fonctionnaires par la dette, ses recettes fiscales n’ont pas suivi l’emballement des dépenses publiques et les excès dans le train de vie de l’État.</p>



<p>Depuis 2011, la croissance démographique en Tunisie a été de presque 10% (un million de personnes additionnelles), la croissance des effectifs de fonctionnaires a été de 50%. C’est pourquoi la facture salariale de l’État a explosé depuis! La masse salariale de l’État augmente de presque 16% par an, alors que i) les gains de productivité des fonctionnaires convergent vers zéro et ii) la croissance est asthénique, voire négative : -21% pour le 2e trimestre 2020.</p>



<p>Une sélection adverse qui ne dit pas son nom : les bons fonctionnaires sont délogés par les mauvais, et la loi de Newton fait le reste : un nivellement par le bas qui vide l’administration tunisienne de ses compétences et qui ouvre les portes aux moins dévoués et de facto les moins compétents. Avec à la clef, un risque moral, lié notamment aux abus de pouvoir et corruption liée.</p>



<p>L’État tunisien peut fonctionner et plus efficacement avec une atrophie des effectifs de fonctionnaires, du tiers facilement. L’État peut commencer par couper dans la mauvaise graisse : réduire ses effectifs avant d’endetter le pays et de pénaliser les générations futures. Et ce, par évaluation des politiques et un audit systématique des administrations. Il y a, ici, la variable d’ajustement pour compresser les déficits et contenir le fardeau de la dette.</p>



<p>Mais cela requiert du courage et du leadership des hommes et des femmes politiques. Et c’est ce courage qui semble faire défaut chez les élus et les élites liées.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un État infiltré par les intérêts et lobbies</h3>



<p>L’autre preuve du dévoiement de l’État a trait à la politisation extrême des administrations publiques, toutes sans exception. Du ministère de l’Intérieur (police et forces de l’ordre), au ministère de la Justice, en passant par le ministère de l’Environnement, ou celui des Finances, pour ne citer que ceux-là.</p>



<p>Les partis politiques ayant gouverné le pays depuis 2011 ont placé beaucoup de leurs <em>«militants»</em> dans des postes clefs, pour servir de sentinelles et pour satisfaire leurs intérêts partisans, plutôt que ceux du pays et de la collectivité.</p>



<p>À cette gestion partisane, s’ajoute une méchante couche de corruption, génératrice d’une indescriptible évasion fiscale. Une évasion qui concerne quasiment 80% des entreprises et tous les employés du secteur informel. Le secteur informel compte 48% des 3,6 millions d&rsquo;actifs déclarés.</p>



<p>De la petite corruption… disent plusieurs ministres et économistes sollicités par les médias locaux. Mais quand la petite corruption se généralise, ses impacts finissent, somme toute, par coûter bien plus cher que la <em>«grosse corruption»</em>. Cette dernière est plus concentrée et plus limitée dans son étendue… comme du temps de l’ère de Ben Ali (et sa famille).</p>



<p>La neutralité et la probité des fonctionnaires ne figurent plus dans les priorités des gouvernements de l’après 2011.</p>



<p>Les lobbyistes et les barons de la contrebande font désormais la loi et se sont installés dans les articulations névralgiques de la prise de décision au sommet de l’État. Tous évitent de payer leurs impôts et s’enrichissent par des situations rentières, creusant davantage la <em>«faillite fiscale»</em> de l’État tunisien.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Dette toxique, pression fiscale, désinvestissement privé !</h3>



<p>Le niveau de la dette par rapport au PIB est passé de 38% en 2010 à plus de 92% en 2020, voire même 112%, si on tient compte de la dette des entreprises publiques. En même temps, la pression fiscale a atteint 33% (contre 19% en 2009). Et cela n’a pas arrangé l’investissement qui s’est rétracté de 26% du PIB, en 2010 à seulement 8% en 2020.</p>



<p>La Tunisie vit sans le savoir, la tragédie de l’<em>Équivalence de Ricadro</em>! Cette loi stipule que l’augmentation des dettes publiques fait augmenter les taxes et fait péricliter les investissements privés. Anticipation rationnelle oblige! Et c&rsquo;est bien ce qui arrive à la décadence de l’investissement et la fuite des capitaux… pour éviter les risques et les très probables dévaluations à venir.</p>



<p>Sur un plan purement éthique, les déficits budgétaires et l’endettement lié vont pénaliser lourdement les jeunes générations tunisiennes. Et cette pénalisation sera encore plus dure quand on sait que la Tunisie est sur la trajectoire d’un imminent déclin démographique (moins d’actifs occupés pour remplacer les départs à la retraite).</p>



<p>Avec la transition démographique, l&rsquo;État-providence est en passe de laisser place à un État-défaillance.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Trop d’État tue l’État !</h3>



<p>L’État tunisien perd continuellement le sens de la qualité des services publics. Aujourd’hui, il y a cinquante fois plus de voitures de fonction pour les <em>«gestionnaires de l’État»</em> que de lits d’hôpitaux équipés pour les citoyens.</p>



<p>Voulant être un État passe-partout, un État touche-à-tout, l’État tunisien d’aujourd’hui a fini par éroder sa crédibilité, endetté sa population et creusé les déficits publics.</p>



<p>L&rsquo;État tunisien s&rsquo;est effrité, s’est dispersé progressivement, instabilité politique oblige!</p>



<p>L’État tunisien s’est épuisé par toutes ces coalitions-défections qui ont marqué ces dernières années.</p>



<p>Trop d’État ruine l’économie et dégrade la soutenabilité du bien-être collectif.</p>



<p>La démocratie tunisienne paie déjà les frais du fardeau d&rsquo;une dette insoutenable. Et si le gouvernement n’engage pas les réformes requises, l’État risque de se trouver incapable de payer les salaires de 850.000 fonctionnaires, incapable d’honorer les indemnités d’un demi-million de retraités, avec toujours moins d’appui aux services sociaux d’une population démunie qui avoisine les 3 millions.</p>



<p>En déclarant faillite, en continuant à reporter sine die des réformes attendues depuis 2011, la Tunisie ne peut que compromettre sa transition démocratique, et ce, en se plaçant de facto sous la tutelle politique de ses créanciers et à la merci de ses prédateurs.</p>



<p><em>* Universitaire au Canada.</em></p>
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