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	<title>Archives des Edward Saïd - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Edward Saïd - Kapitalis</title>
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		<title>Gaza, théâtre de l’humanité, de la Nakba au Sumud  </title>
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		<pubDate>Mon, 06 Oct 2025 07:38:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est toute la condition humaine qui se joue à Gaza : deuil impossible, fraternité assassinée, langage épuisé. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>«Rien de nouveau sous le soleil» : le communiqué de Hamas du 3 octobre 2025, en réponse au plan du président américain Donald Trump, illustre cette fatalité. Promesses, trêves, ruptures. Mais derrière les mots de politique et de diplomatie, c’est toute la condition humaine qui se joue à Gaza : deuil impossible, fraternité assassinée, langage épuisé.&nbsp;</em></strong></p>



<p><strong>Manel Albouchi</strong></p>



<span id="more-17607822"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1.jpg" alt="" class="wp-image-15290578" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Dans nos quartiers, le feuilleton commence toujours par la fenêtre du voisin : on observe, on commente, on s’indigne. À la télévision, ce sont les interminables feuilletons turcs où se rejouent les mêmes intrigues : une promesse, une trahison, une réconciliation manquée.&nbsp;</p>



<p>Le 3 octobre 2025, c’est Gaza qui a livré son nouvel épisode : un communiqué de Hamas en réponse au plan de Donald Trump. Un texte qui dit à la fois<em> «oui»</em> et <em>«non»</em> : oui à la libération des otages, oui à une gestion technocratique de Gaza, mais non à toute imposition extérieure sur l’avenir du peuple palestinien. Une ouverture qui n’ouvre rien, une concession qui garde intact le fond du drame.&nbsp;</p>



<p>Le texte a été accueilli avec prudence. Dans les rues de Gaza comme dans les capitales occidentales, chacun a retenu son souffle. Mais, au fond, tous savent que cette séquence n’est qu’un nouvel épisode d’un feuilleton que l’on connaît trop bien : annonce, espoir, rupture.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le monde rivé sur Gaza&nbsp;</h2>



<p>L’opinion publique mondiale a suivi ces derniers jours la Global Flottilla Sumoud, partie d’Espagne, d’Italie et de Tunisie pour briser symboliquement le blocus et acheminer une aide humanitaire. Les images des bateaux fragiles, porteurs d’un espoir disproportionné face à la puissance militaire israélienne, ont fait le tour du monde.&nbsp;</p>



<p>Comme lors de chaque crise à Gaza, le globe entier a fixé ses yeux sur ce territoire minuscule, devenu le théâtre d’un drame planétaire. Le spectateur, fasciné et impuissant, s’indigne, commente, partage. Gaza n’est plus seulement une guerre locale : c’est un miroir où se reflète l’humanité – ou l’inhumanité – entière.&nbsp;</p>



<p>De la Nakba de 1948 aux bombardements récents, Gaza condense tout le drame humain. Ici, le deuil est permanent, la fraternité est brisée, la médecine est impuissante, et les familles portent sur leurs visages la fatigue d’une perte sans fin.&nbsp;</p>



<p>Chaque guerre a laissé les mêmes images : hôpitaux débordés, écoles détruites, enfants arrachés à la vie. Gaza est devenue le condensé d’une souffrance universelle, une scène où se rejouent sans cesse les mêmes rôles : victime, bourreau, sauveur, spectateur.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La répétition sans fin&nbsp;</h2>



<p>Freud parlait de compulsion de répétition : la blessure traumatique qui revient inlassablement. Gaza est enfermée dans ce cercle : promesse, trêve, rupture, violence.&nbsp;</p>



<p>La théorie des jeux (John Nash) montre que deux adversaires peuvent avoir tout intérêt à coopérer, mais qu’ils choisissent souvent la défiance par peur d’être trahis.&nbsp;</p>



<p>C’est ce qu’on appelle un équilibre de Nash : chacun croit protéger son intérêt immédiat en refusant la coopération, mais le résultat final est pire pour les deux.&nbsp;</p>



<p>Ici la logique est flagrante :&nbsp;</p>



<p>&#8211; Israël, obsédé par la sécurité, choisit la force pour ne pas paraître faible.&nbsp;</p>



<p>&#8211; Hamas, obsédé par la dignité et la survie, choisit la résistance armée pour ne pas être effacé.&nbsp;</p>



<p>Résultat : tout le monde perd. Gaza perd des vies humaines et des générations traumatisées. Israël perd la paix intérieure et l’image publique qui lui garantissait jadis une soi-disant légitimité morale.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le langage épuisé&nbsp;</h2>



<p>Depuis Oslo (1993) jusqu’aux multiples conférences internationales, les mêmes formules reviennent : <em>«cessez-le-feu»</em>, <em>«trêve humanitaire»</em>, <em>«solution à deux États»</em>. À force d’être répétées, elles se sont vidées de leur force. Le langage diplomatique recouvre l’indicible sans parvenir à le nommer.&nbsp;</p>



<p>À Gaza, les mots sont devenus des coquilles vides, incapables de porter le poids de l’horreur. </p>



<p>Et pourtant, au milieu des ruines, persiste un souffle. Ce souffle s’appelle Sumoud : la résilience.&nbsp;</p>



<p>Il prend la forme d’une mère qui refait du pain dans une maison détruite.&nbsp;</p>



<p>Il prend la voix d’un enfant qui retourne à l’école dans une salle éventrée.&nbsp;</p>



<p>Il prend le visage d’un peuple qui, malgré tout, répète : <em>«Nous existons.»</em>&nbsp;</p>



<p>Sumoud n’est pas un messie au sens religieux. C’est une force messianique silencieuse, collective, qui refuse l’effacement. Chaque humiliation la renforce. Chaque ruine la ravive.&nbsp;</p>



<p>Du nouveau ?&nbsp;</p>



<p><em>«Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera»</em>, dit encore l’Ecclésiaste. Gaza illustre cette vérité universelle. Le feuilleton continue, identique et insupportable.&nbsp;</p>



<p>Mais Gaza n’est pas seulement répétition. Elle est aussi mémoire et avertissement. Elle rappelle que tant que l’Autre ne sera pas reconnu, l’histoire de Caïn et Abel se rejouera.&nbsp;</p>



<p>Pour Edward Saïd, la Palestine n’est pas seulement une terre disputée, mais une question existentielle : un peuple qui réclame d’être reconnu dans son humanité.&nbsp;</p>



<p>Et aucun conflit <em>«intraitable»</em> ne peut être résolu si l’on nie les besoins fondamentaux :&nbsp;l’identité,&nbsp;la sécurité,&nbsp;la reconnaissance de la souffrance.&nbsp;</p>



<p>Tant que ces trois besoins resteront bafoués, Sumoud persistera, dans l’attente d’un scénario nouveau.&nbsp;</p>



<p>* <em>Psychothérapeute, psychanalyste.  </em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6sLO44APKv"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/04/que-cache-le-plan-trump-blair-kushner-pour-gaza/">Que cache le «plan Trump-Blair-Kushner» pour Gaza ? </a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Que cache le «plan Trump-Blair-Kushner» pour Gaza ?  » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/04/que-cache-le-plan-trump-blair-kushner-pour-gaza/embed/#?secret=zDFHg7uVcC#?secret=6sLO44APKv" data-secret="6sLO44APKv" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Etat de Palestine &#124; Une approche décoloniale  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/19/etat-de-palestine-une-approche-decoloniale/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Sep 2025 08:29:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhamid Larguèche]]></category>
		<category><![CDATA[Accord d’Oslo]]></category>
		<category><![CDATA[Cisjordanie]]></category>
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		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>‘‘Repenser l’État en Palestine’’ dépasse le débat un État/deux États et propose une vision plurielle, dé-coloniale et humaine de l’avenir.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Ouvrage collectif édité en anglais aux Etats-Unis en 2021 par des universitaires d’origine palestinienne et dirigé par la politologue Leila Farsakh, ‘‘</em></strong><strong><em>Repenser l’État en Palestine : entre reconnaissance onusienne et réalité coloniale’’ propose des analyses économiques, juridiques, politiques et culturelles. Il dépasse le simple débat un État / deux États et propose une vision plurielle, dé-coloniale et profondément humaine de l’avenir de la région.</em></strong></p>



<p><strong>Abdelhamid Larguèche *</strong></p>



<span id="more-17511229"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1.jpg" alt="" class="wp-image-7425261" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Le 22 septembre 2025, une majorité écrasante de l’Assemblée générale des Nations Unies sera invitée à voter en faveur de la reconnaissance de la Palestine comme État membre à part entière de l’organisation. Ce vote historique, porté par une vague de reconnaissances nationales et soutenu par une opinion internationale horrifiée par les images de destruction à Gaza, sera certainement célébré comme une victoire diplomatique majeure pour la cause palestinienne.</p>



<p>Pourtant, ce triomphe onusien attendu contraste violemment avec une réalité quotidienne implacable.</p>



<p>À Gaza, une population survit sous les bombes et un blocus total, dans des conditions qualifiées de <em>«crise humanitaire au-delà de l’imaginable»</em> par l’Onu même.</p>



<p>En Cisjordanie, la colonisation israélienne s’étend inexorablement, fragmentant le territoire en une mosaïque d’enclaves isolées, tandis que Jérusalem-Est fait l’objet d’une annexion rampante.</p>



<p>Le contraste est saisissant : une reconnaissance symbolique au plus haut niveau international d’un côté, et de l’autre, une négation persistante sur le terrain des droits les plus élémentaires et de toute souveraineté réelle.</p>



<p>C’est dans ce gouffre entre le droit et la réalité, entre la diplomatie et la colonisation, que s’inscrit l’ouvrage collectif dirigé par la politologue Leïla H. Farsakh <em>‘‘Repenser l’État en Palestine : Autodétermination et décolonisation au-delà de la partition.’’</em> Il pose une question radicale : et si la quête d’un siège à l’Onu, aussi légitime soit-elle, masquait un piège plus profond ? Celui de croire que la forme État, dans le contexte d’un colonialisme de peuplement toujours actif, puisse suffire à garantir la liberté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Echec d’Oslo et souveraineté fantôme</h2>



<p>L’introduction de Leïla Farsakh rappelle combien le projet d’État fut central pour affirmer l’existence politique du peuple palestinien. La déclaration d’indépendance de 1988, la reconnaissance par 137 États, l’admission de la Palestine à l’Onu comme État observateur : autant d’étapes qui semblaient valider ce droit. Mais les accords d’Oslo ont transformé l’utopie en piège.</p>



<p>En acceptant de limiter l’autodétermination aux fragments de la Cisjordanie et de Gaza, l’OLP a permis à Israël de reformuler, plutôt que de mettre fin, à son régime colonial. L’Autorité nationale palestinienne (ANP), censée incarner l’embryon de l’État, s’est muée en appareil de gestion néolibérale, dépendant de l’aide internationale et chargé de maintenir l’ordre plus que de libérer un peuple.</p>



<p>Cette analyse rejoint la critique cinglante formulée dès les années 1990 par le grand intellectuel palestinien Edward Saïd. Pour lui, Oslo était une <em>«reddition de velours»</em>, une <em>«forme de packaging israélo-américain pour l’occupation»</em> qui créait une <em>«autorité palliative»</em> sans pouvoir réel. Il dénonçait avec une clairvoyance prophétique l’émergence d’une bourgeoisie palestinienne corrompue, plus intéressée par les privilèges que par la libération. L’alternative qu’il défendait farouchement était celle d’un État unique, laïc et démocratique sur toute la Palestine historique, fondé sur l’égalité absolue des droits pour tous ses citoyens, sur le modèle de la lutte sud-africaine contre l’apartheid.</p>



<p>Après Oslo, Edward Saïd rejette catégoriquement cette option, voyant en elle une illusion dangereuse. L’alternative qu’il défend est l’idée d’un État unique, laïc et démocratique, sur toute la Palestine historique, inspiré de l’expérience sud-africaine contre l’apartheid.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Gaza, Jérusalem, et la crise d&rsquo;un projet national</h2>



<p>La première partie du livre donne à voir les fractures internes du projet étatique, plus criantes que jamais.</p>



<p>À Gaza, explique Tareq Baconi, la division entre Fatah et Hamas a transformé le territoire en champ de ruines humanitaire, symbole d’un nationalisme fragmenté et de l’échec cuisant de l’autorité souveraine. Le territoire, théoriquement <em>«libéré»</em> en 2005, est en réalité la plus grande prison à ciel ouvert du monde, démontrant l’absurdité d’une souveraineté sans frontières ni contrôle.</p>



<p>À Jérusalem-Est, Hania Assali montre comment la politique israélienne d’annexion et d’exclusion démographique a marginalisé les Palestiniens, malgré leur résistance acharnée — comme lors de <em>«l’intifada des prières»</em> en 2017 et 2021. La ville, cœur symbolique de toute souveraineté palestinienne, est méthodiquement vidée de sa substance arabe.</p>



<p>Plus surprenant, Hanane Toukan analyse le Musée palestinien de Birzeit, inauguré en 2016. Conçu comme un symbole de modernité et d’identité nationale, il reflète les ambitions des élites proches de l’ANP et du Golfe, mais suscite aussi des critiques cinglantes : à quoi sert un musée national quand le peuple manque d’électricité, de logements, de liberté et de patrie ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’économie de l’État, ou quand la libération devient gestion</h2>



<p>Dans un chapitre décisif, Adam Hanieh démonte l’économie politique de la construction de l’État. L’ANP, loin d’incarner un projet émancipateur, a intégré les logiques néolibérales dictées par la Banque mondiale et le FMI. Une nouvelle élite économique palestinienne s’est formée, plus soucieuse de profits que de souveraineté.</p>



<p>Ainsi, la formation de l’État ne s’est pas traduite par la fin de la domination coloniale, mais par une nouvelle dépendance : financière vis-à-vis des bailleurs, politique et sécuritaire vis-à-vis d’Israël. Cette analyse fait écho aux avertissements de Leila Shahid, ancienne déléguée générale de la Palestine auprès de l’Union européenne (UE), qui alertait dès les années 2000 sur les dangers de la <em>«dépendance à l’aide internationale»</em>, créant une <em>«économie de rente»</em> qui étouffe toute velléité de résistance et de développement autonome.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des droits plutôt qu’un État</h2>



<p>Face à cet échec, certains chercheurs proposent un renversement stratégique. Yousef Munayyer plaide pour l’abandon de la quête d’un État et le recentrement de la lutte sur les droits inaliénables : égalité, dignité, retour des réfugiés. Cette approche, relayée par le mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS), a trouvé un écho croissant, notamment aux États-Unis où l’opinion publique évolue.</p>



<p>Dans le même esprit, Nadim Khoury rappelle l’importance de la justice transitionnelle. Comment parler de paix sans reconnaître la Nakba, sans réparer les injustices historiques, sans garantir le droit au retour ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Imaginer l&rsquo;après-partition : un État pour tous ?</h2>



<p>Le cœur du livre explore les alternatives au paradigme de la partition, dans la droite ligne de la vision d’Edward Saïd.</p>



<p>Leïla Farsakh retrace les projets historiques d’un État unique, démocratique et inclusif, proposés par l’OLP dans les années 1970 comme par certains intellectuels sionistes critiques.</p>



<p>Susan Akram insiste sur la validité juridique de la nationalité palestinienne, malgré les tentatives israéliennes de l’effacer. Elle argue que le droit international, qui a permis la reconnaissance à l’Onu, doit aussi servir de fondement à la revendication d’égalité dans un seul État.</p>



<p>Mazen Masri propose d’examiner les différents modèles constitutionnels — fédéralisme, binationalisme, démocratie libérale — pour concilier droits individuels et droits collectifs.</p>



<p>Au-delà de la théorie, ces contributions posent une question centrale : quelle forme politique pourrait garantir à la fois la fin de la colonisation et l’égalité de tous les habitants de la Palestine historique ?</p>



<p>Les Palestiniens d&rsquo;Israël entre citoyenneté et «indigénéité»</p>



<p>Les chapitres consacrés aux Palestiniens citoyens d’Israël soulignent leur rôle crucial. Maha Nassar analyse leur position ambiguë : citoyens d’un État qui les discrimine, ils demeurent partie intégrante de la lutte nationale palestinienne. Ilan Pappé, de son côté, propose de penser leur avenir à travers la notion de <em>«souveraineté autochtone»</em> : une manière de replacer la lutte palestinienne dans le cadre plus large de la décolonisation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un horizon à reconstruire</h2>



<p>En conclusion, l’ouvrage affirme une idée forte : le projet d’État a rempli son rôle historique, mais il est désormais épuisé. L’avenir de la lutte palestinienne passe par un changement de paradigme.</p>



<p>Plutôt que la quête d’une souveraineté territoriale illusoire — même si elle est désormais reconnue par l’Onu —, il s’agit d’articuler une politique fondée sur la justice, l’égalité et la dignité. Décoloniser la Palestine ne signifie pas seulement libérer une terre, mais transformer les relations entre colonisateurs et colonisés, reconnaître les mémoires croisées, et inventer une communauté politique partagée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un livre pour sortir de l’impasse</h2>



<p>Avec ses analyses économiques, juridiques, politiques et culturelles,<em> ‘‘Repenser l’État en Palestine’’</em> dépasse le simple débat un État / deux États. Il propose une vision plurielle, dé-coloniale et profondément humaine de l’avenir.</p>



<p>En ce sens, ce livre est plus qu’une critique de l’échec d’Oslo : c’est un appel urgent à imaginer un autre futur, au-delà des reconnaissances symboliques et des structures de domination, où Palestiniens et Israéliens pourraient enfin vivre ensemble dans la dignité et l&rsquo;égalité.</p>



<p>* <em>Historien</em>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’historien Rashid Khalidi dénonce la dérive vichyste de l’Université de Columbia</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/27/lhistorien-rashid-khalidi-denonce-la-derive-vichyste-de-luniversite-de-columbia/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 06:03:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[université de Columbia]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le terme d'université sied-il encore à Columbia qui, sous la pression du lobby sioniste et de l'administration Trump, connaît actuellement une dérive vichyste ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/27/lhistorien-rashid-khalidi-denonce-la-derive-vichyste-de-luniversite-de-columbia/">L’historien Rashid Khalidi dénonce la dérive vichyste de l’Université de Columbia</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’historien américano-palestinien Rashid Khalidi, titulaire de la chaire Edward Saïd d’études arabes modernes à l’Université de Columbia et longtemps chef de son département Moyen-Orient, s’est demandé si le terme université sied encore à Columbia et a dénoncé une dérive vichyste.</em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-15990265"></span>



<p>Ces critiques sont intervenues après que la célèbre université de l’Ivy League ait accepté la mise sous la tutelle fédérale de son département Moyen-Orient ce qui fait qu’elle a perdu de facto son indépendance et que le lobby sioniste a fini par mettre sa main dessus.</p>



<p>L’administration Trump avait menacé Columbia de lui retirer les 400 millions de dollars que lui alloue chaque année l’État fédéral si elle refusait la tutelle sur le département Moyen-Orient.</p>



<p>Dans une tribune publiée dans les colonnes du quotidien britannique <a href="https://www.theguardian.com/commentisfree/2025/mar/25/does-columbia-merit-the-name-of-university" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Guardian</a>, Khalidi a souligné que la célèbre université new-yorkaise a toujours été gérée comme un empire financier et non comme une institution éducative et qu’aujourd’hui elle agit comme <em>«Vichy sur l’Hudson»</em> en référence au gouvernement pronazi de Vichy en France pendant la Seconde Guerre mondiale. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="eB113VJM6L"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/03/columbia-la-police-new-yorkaise-ecarte-les-journalistes-pour-imposer-son-recit-biaise/">Columbia : La police new-yorkaise écarte les journalistes pour imposer son récit biaisé</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Columbia : La police new-yorkaise écarte les journalistes pour imposer son récit biaisé » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/03/columbia-la-police-new-yorkaise-ecarte-les-journalistes-pour-imposer-son-recit-biaise/embed/#?secret=CpQQQ9vX9a#?secret=eB113VJM6L" data-secret="eB113VJM6L" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Khalidi a écrit au début de son article: <em>«Il n’a jamais été question d’éradiquer l’antisémitisme. Il a toujours été question de réduire la Palestine au silence. C’est ce à quoi aboutirait la réduction au silence des manifestants étudiants et maintenant celle des professeurs.»</em>&nbsp;Il a ajouté que de beaucoup des étudiants lourdement sanctionnés pour avoir soutenu Gaza et que nombreux membres du corps enseignant qui perdront leur liberté académique et leur droit de diriger l’université et qui risquent d’être expulsés sont eux-mêmes juifs et même pour certains d’entre eux étant Israéliens. Il a également pointé du doigt la partialité des dirigeants de l’université: <em>«S’il s’agissait réellement de discrimination, l’université aurait pris des mesures contre le harcèlement continu des étudiants et des professeurs palestiniens, arabes et musulmans ainsi que de leurs alliés et sympathisants plutôt que de soutenir leur harcèlement et de le permettre»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Justifier les massacres des Palestiniens</h2>



<p>Le cœur du problème n’est pas la discrimination mais plutôt la protection des mensonges évidents selon lesquels la guerre israélo-américaine en cours depuis 17 mois et le génocide contre l’ensemble du peuple palestinien n’étaient rien de plus qu’une guerre contre le Hamas ou que tout ce qui s’est passé le 7 octobre 2023 peut justifier les massacres en cours d’au moins 50 000 personnes à Gaza principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées ainsi que le nettoyage ethnique dont sont victimes les Palestiniens dans leur patrie.</p>



<p>Ces mensonges, fabriqués par Israël et imprégnés par le système politique et les élites riches ont été répétés sans relâche sous les administrations Biden et Trump et dans des médias comme le <em>New York Times</em> et <em>Fox News</em> et bénéficient désormais de l’approbation officielle d’une université autrefois grande.</p>



<p>Khalidi ajoute que ces mensonges sont enracinés dans un racisme flagrant. Frantz Fanon écrivait que le dualisme du colonisateur atteint parfois <em>«sa conclusion logique, dépouillant l’indigène de son humanité ou le transformant simplement en animal»</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6EbIvfEHkp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/23/genocide-a-gaza-luniversite-de-columbia-au-coeur-de-la-tempete/">Génocide à Gaza: L’université de Columbia au cœur de la tempête</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Génocide à Gaza: L’université de Columbia au cœur de la tempête » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/23/genocide-a-gaza-luniversite-de-columbia-au-coeur-de-la-tempete/embed/#?secret=qGQrTSKrx5#?secret=6EbIvfEHkp" data-secret="6EbIvfEHkp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En effet, l’ancien ministre israélien de la Défense Yoav Galant a déclaré en octobre 2023 que les Palestiniens étaient des <em>«animaux humains»</em>. Benjamin Netanyahu a déclaré à leur sujet: <em>«Je ne les décrirais pas comme des animaux humains car ce serait une insulte aux animaux»</em>.</p>



<p>Khalidi soutient que dans le cadre de cette guerre coloniale et à travers ces prismes, la vie des Palestiniens –ainsi que celle des personnes de couleur et des Noirs– devient une masse sans valeur, sans identité, dépouillée d’humanité tandis que la vie des autres se voit conférer sainteté et pathétique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un monde cauchemardesque</h2>



<p>L’historien souligne la nécessité de s’accrocher à ces faits le plus longtemps possible car dans ce monde cauchemardesque dans lequel nous sommes entrés même faire référence à la race et au racisme est, ou deviendra bientôt, une violation de la lecture déformée actuelle de la loi fédérale américaine.</p>



<p>Une fois que les traîtres qui dirigent l’Université Columbia auront exécuté les ordres de leurs maîtres à Washington et de <em>«son Conseil des régents»</em> et que ces actions se seront propagées à d’autres universités menacées, enseigner ou même simplement citer un texte juridique deviendra risqué tout comme mentionner la race et le racisme sans parler d’autres questions comme le genre et le handicap.</p>



<p>Khalidi estime que les universités américaines se rapprochent d’une situation similaire à celle des universités chiliennes à l’époque de Pinochet où les idées et les livres étaient interdits, les étudiants expulsés et arrêtés, les départements universitaires saisis par les autorités et les professeurs et le personnel licenciés tout cela à la demande d’un gouvernement autoritaire.</p>



<p>Khalidi commente: <em>«Nous ne devrions pas être tristes de ce qu’est devenue l’Université Columbia. Aussi formidable qu’elle ait été, ce qui se passe aujourd’hui n’est pas nouveau»</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="gwHyloNyJH"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/14/laffaire-du-palestinien-mahmoud-khalil-secoue-les-etats-unis/">L’affaire du Palestinien Mahmoud Khalil secoue les États-Unis</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’affaire du Palestinien Mahmoud Khalil secoue les États-Unis » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/14/laffaire-du-palestinien-mahmoud-khalil-secoue-les-etats-unis/embed/#?secret=ndnk1KuYj4#?secret=gwHyloNyJH" data-secret="gwHyloNyJH" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Avant la vague actuelle d’expulsions et de suspensions, Columbia n’avait expulsé qu’une seule fois un étudiant pour avoir manifesté pacifiquement dans son histoire. C’était en 1936, lorsqu’un étudiant avait été expulsé pour avoir protesté contre le fait de donner une tribune aux Nazis. En 1953, le président de l’université a signé une lettre déclarant que les communistes n’étaient pas qualifiés pour enseigner. Les administrateurs de l’Université de Columbia ont également renvoyé deux membres du corps enseignant pour s’être opposés à la Première Guerre mondiale pour des raisons pacifistes tandis que les étudiants qui refusaient de participer à la guerre pour des raisons de conscience ont été arrêtés et même emprisonnés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une longue tradition de répression</h2>



<p>L’Université Columbia a longtemps été gérée davantage comme un vaste et riche empire commercial et immobilier que comme un établissement d’enseignement. C’est un endroit où les politiques sont imposées par les administrateurs, les donateurs et les instituts professionnels influents et non par le corps universitaire.</p>



<p>Au printemps 2024, les deux tiers des professeurs du Collège des arts et des sciences ont voté pour destituer la présidente de l’université qui avait cédé à la pression extérieure, abdiqué ses responsabilités et même appelé le département de police de New York sur le campus pour la première fois depuis 1968. Cependant, celle qui lui a succédée l’a dépassée, renforçant la longue tradition de répression de l’université et sa soumission humiliante aux diktats du gouvernement, promue et soutenue avec enthousiasme par des collaborateurs au comportement honteux au sein de l’institution.</p>



<p>Pour Rashid Khalidi, après sa reddition vendredi dernier, Columbia ne mérite guère d’être appelée une université. Son enseignement et ses recherches sur le Moyen-Orient –et bientôt sur d’autres domaines– seront étroitement surveillés par un <em>«vice-président principal pour l’éducation inclusive»</em>, qui est en fait un vice-président principal pour la propagande israélienne.</p>



<p>Les partisans d’Israël, irrités par la présence de recherches sur la Palestine à l’Université de Columbia, ont surnommé cette initiative <em>«Birzeit sur l’Hudson»</em>&nbsp;par référence à l’université palestinienne de Birzeit en Cisjordanie. Mais si elle mérite encore d’être appelée une université, elle devrait plutôt s’appeler <em>«Vichy sur l’Hudson»</em> et non <em>«Birzeit sur l’Hudson»</em>.</p>



<p><strong><em>Articles de Rashid Khalidi dans Kapitalis: </em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="V7gP9hr1Iw"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/24/du-fleuve-a-la-mer-il-est-temps-daffronter-la-version-israelienne/">«Du fleuve à la mer» : il est temps d’affronter la version israélienne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Du fleuve à la mer» : il est temps d’affronter la version israélienne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/24/du-fleuve-a-la-mer-il-est-temps-daffronter-la-version-israelienne/embed/#?secret=8OVpAKV2Iz#?secret=V7gP9hr1Iw" data-secret="V7gP9hr1Iw" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="W3AAzyfpIw"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/28/histoire-aux-sources-lalliance-americano-israelienne/">Histoire : aux sources de l’alliance américano-israélienne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Histoire : aux sources de l’alliance américano-israélienne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/28/histoire-aux-sources-lalliance-americano-israelienne/embed/#?secret=5zgINjXCAn#?secret=W3AAzyfpIw" data-secret="W3AAzyfpIw" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/27/lhistorien-rashid-khalidi-denonce-la-derive-vichyste-de-luniversite-de-columbia/">L’historien Rashid Khalidi dénonce la dérive vichyste de l’Université de Columbia</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Kamel Daoud n’est pas sioniste</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/05/kamel-daoud-nest-pas-sioniste/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Nov 2024 10:42:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[sionisme]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Djaout]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Kamel Daoud n'est pas sioniste. Il plaide pour une lecture objective et dépassionnée de l’Histoire et des massacres perpétrés en Palestine.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/05/kamel-daoud-nest-pas-sioniste/">Kamel Daoud n’est pas sioniste</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Ce qui se passe en Palestine est bien évidemment abjecte et tragique, et Kamel Daoud le sait mieux que quiconque ! En revanche, il estime que les plaidoyers en faveur de la cause palestinienne sont toujours motivés par l’émotion et les sentiments. Pour le lauréat du prix <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/04/lecrivain-algerien-kamel-daoud-remporte-le-prix-goncourt-2024-pour-houris/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Goncourt 2024</a>, il ne suffit pas de chialer, de parler de colonisation et d’injustice, de se placer invariablement dans la posture de la victime outragée pour avoir raison. Ce qui l’irrite au plus haut point, c’est «l’orthodoxie pro-palestinienne que l’on ne doit jamais penser ni interroger» (<a href="https://flam-mauritanie.org/kamel-daoud-ce-pourquoi-je.../" target="_blank" rel="noreferrer noopener">cf. son article traitant de cette question</a>).</em></strong></p>



<p><strong>Mohamed Sadok Lejri *</strong> &nbsp;</p>



<span id="more-14537911"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Mohamed-Sadok-Lejri-1.jpg" alt="" class="wp-image-358589"/></figure></div>


<p>Les peuples dits arabo-musulmans doivent s’imposer un travail intellectuel très poussé et procéder à un travail de déconstruction. Un long travail de déconstruction théorique et de reconstruction politique doit être effectué pour démontrer aux Occidentaux, aux puissants de ce monde et aux peuples étrangers à ce conflit que la réalité n’est pas telle qu’ils l’entendent. Les Juifs ont été capables d’imposer leur vision du conflit, de l’Histoire, voire leurs légendes, et pas toujours par l’oppression et la menace telles que la loi Gayssot qui est une véritable honte pour la France.</p>



<p>En effet, il faut bien démontrer que ceux qui défendent la politique de l’Etat d’Israël le font à partir de présupposés historiques. Ces derniers doivent être déconstruits pour mettre en évidence leur caractère infondé. Si l’on ne déconstruit pas ces présupposés historiques, les défenseurs de la cause palestinienne ne pourront pas contester l’orientation actuelle d’Israël de façon sérieuse et s’en tiendront aux arguments superficiels et au manichéisme primaire : <em>«nous les gentilles victimes vs eux les méchants sionistes»</em>, etc.</p>



<p>Il faut travailler sur la démythification d’Israël pour lui ôter toute légitimité. Les chercheurs et intellectuels israéliens et sionistes ont bien exploré ce champ de recherche, contrairement à ceux du monde dit arabo-musulman qui, à quelques exceptions près, et pour des raisons idéologiques, s’interdisent certaines études et formations telles que l’hébreu ou l’analyse de la Thora et du Talmud.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Colonisation ou <em>«reconquête»</em></h2>



<p>Les Israéliens estiment que cette terre leur appartient depuis 3000 ans, voire 5000 ans. Ainsi, tout ce qui vient après, notamment les exactions et expropriations commises par l’armée israélienne, ne sont plus de la colonisation pour eux, mais, au contraire, une <em>«reconquête»</em>, une <em>«décolonisation»</em>. Il y a ce dogme qui est loin d’être une vérité de raison et qui prétend que cette terre est à eux, qu’elle leur appartient de droit divin, parce que Yahvé en a voulu ainsi. Il faut déconstruire tout cela.</p>



<p>Comme cette terre leur appartient depuis plus de 3000 ans, ou depuis 5000 ans, les Palestiniens deviennent les <em>«colons»</em> et les Israéliens les <em>«décolonisateurs»</em>. Ainsi, toute la réflexion est inversée de manière pernicieuse. Il faut construire une pensée solide à partir d’un rapport objectif aux faits historiques et susciter l’attention de l’opinion sur la manière dont les sionistes imposent leur lecture du <em>«conflit israélo-palestinien»</em> à partir d’un messianisme conquérant qui justifie tout ce qui se passe actuellement en Israël et en Palestine. Plusieurs penseurs palestiniens ont déjà marché sur cette voie comme les historiens Edward Saïd et Rashid Khalidi. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="dAQ2kVfXnf"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/04/03/kamel-daoud-les-monarchies-arabes-tentent-de-detruire-le-modele-tunisien/">Kamel Daoud : «Les monarchies arabes tentent de détruire le modèle tunisien»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Kamel Daoud : «Les monarchies arabes tentent de détruire le modèle tunisien» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/04/03/kamel-daoud-les-monarchies-arabes-tentent-de-detruire-le-modele-tunisien/embed/#?secret=KeLBfVYmHw#?secret=dAQ2kVfXnf" data-secret="dAQ2kVfXnf" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En somme, les Israéliens disent : <em>«Vous êtes sur nos terres et, au nom de Dieu, nous avons le droit de vous chasser de ces terres, voire de vous éliminer, parce que Dieu nous a promis cette terre.»</em> Et les Arabes ne sont pas capables d’opposer un discours solide et crédible à ces assertions théologiques. Ils se contentent de prévaloir leurs propres croyances et opposent à la violence israélienne des convictions religieuses et des dogmes identitaires. Les arguments fondés sur le <em>«Nous, les arabo-musulmans…»</em> sont toujours entrecoupés de récriminations et de lamentations.</p>



<p>La question historique est fondamentale au même titre que la question religieuse, sinon beaucoup plus. Par conséquent, il ne faut pas les mêler les uns aux autres comme le fait sans cesse la <em>«rue arabe»</em>, pour que cela ne devienne pas une querelle théologique, une guerre de religions.</p>



<p>Les gens comme Kamel Daoud tentent de nous expliquer que la seule voie possible est de faire une lecture objective et dépassionnée de l’Histoire et des massacres perpétrés en Palestine. Il faut être rationnel, fédérateur, faire preuve de pragmatisme et produire un discours d’inspiration universaliste, en expliquant à ceux qui lancent de <em>«vibrants plaidoyers»</em> en faveur de la Palestine que l’on ne vainc pas Israël en faisant de la cause palestinienne une question profondément identitaire et religieuse ou en refusant de prononcer le mot <em>«Israël»</em> – un déni pathologique qui signe une rupture totale avec la réalité –.</p>



<p>Tant que les Arabes parleront d’<em>«entité sioniste»</em>, leur cause n’avancera pas d’un iota car ils demeureront dans le déni le plus total et en état de puérilité politique. L’on ne vainc pas Israël en boycottant quelques produits ou en refusant de serrer la main à ses sportifs, ni en l’insultant à tout bout de champ ou en le menaçant d’extermination d’une manière grotesque. Le problème est beaucoup plus profond et complexe que cela : c’est un problème d’ordre culturel et civilisationnel, et non d’ordre dogmatique et religieux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La valeur universelle d’un combat</h2>



<p>C’est que le meilleur moyen de dénaturer la lutte palestinienne et de produire la désaffection du reste du monde, c’est de la charger d’une forte teneur identitaire. En arabisant et en islamisant la cause palestinienne, on lui a fait perdre sa valeur universelle. Palestiniens, Arabes et Musulmans ne combattent plus pour la Palestine, mais pour Al-Aqsa et l’islam. Ils ne combattent plus l’occupant sioniste, mais le<em> «mécréant juif»</em>. Ils ne combattent plus pour récupérer la terre occupée, mais pour rendre des terres islamisées à la oumma.</p>



<p>Tant que les défenseurs de la cause palestinienne se définiront seulement à l’aune de leur arabité et de leur islamité et tant qu’ils assigneront une portion congrue aux idéaux qui font quasiment l’unanimité parmi le genre humain, tels que l’Indépendance, la Justice, l’Humanisme, la Dignité et la Liberté, ils se sentiront toujours isolés et souffriront d’un manque de soutien de la part de ce que l’on appelle aujourd’hui la communauté internationale. Même les Sud-Africains pourraient un jour les abandonner à leur sort, eu égard à l’indécrottable racisme des Arabes. De ce fait, les soutiens que les Palestiniens continueront de récolter de la part des dirigeants non arabes (Chinois, Russes, Iraniens, Turcs, etc.) s’expliqueront d’abord par des raisons géostratégiques évidentes et seront motivés par des raisons économiques.</p>



<p>Et c’est ce que Kamel Daoud tente vainement de faire comprendre aux imbéciles et aux obtus qui lui chantent pouilles depuis l’annonce du lauréat du prix Goncourt 2024 ! Maintenant, qu’ils ravalent leurs complexes et leur haine de cet écrivain ou qu’ils aillent les vomir ailleurs!</p>



<p>Ainsi et pour toutes ces raisons, il m’est agréable d’exprimer à Kamel Daoud mes félicitations les plus chaleureuses à l’occasion de son obtention du Goncourt qui, malgré tout ce que l’on peut en dire de négatif ou en penser, demeure la distinction littéraire la plus convoitée et la plus prestigieuse aussi bien en France que dans l’ensemble du monde francophone. Le regretté et ancien président de l’Académie Goncourt, Bernard Pivot, mais aussi Albert Camus, Kateb Yacine, Assia Djebar, Tahar Djaout et tous les grands écrivains algériens d’expression française doivent en être fiers, là où ils sont.</p>



<p>* <em>Universitaire.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="BUtCzOifMX"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/03/23/lecrivain-kamel-daoud-je-reve-detre-tunisien/">L’écrivain algérien Kamel Daoud : ‘‘Je rêve d’être tunisien’’</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’écrivain algérien Kamel Daoud : ‘‘Je rêve d’être tunisien’’ » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/03/23/lecrivain-kamel-daoud-je-reve-detre-tunisien/embed/#?secret=H0sZVd5pYb#?secret=BUtCzOifMX" data-secret="BUtCzOifMX" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p></p>



<p></p>



<p></p>
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		<title>Roman-feuilleton du Ramadan : «Aux origines de l&#8217;islam»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Apr 2022 13:25:51 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Maxime Rodinson]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’histoire arabe est encore à explorer pour le large public populaire — mais pas seulement — et les jeunes générations, notamment, chez les Arabes eux-mêmes. Il en va de même pour ceux qui s’intéressent de près ou de loin aux choses du monde arabe, particulièrement à la gloire passée ainsi qu’au déclin subséquent qui dure...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/01/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-2/">Roman-feuilleton du Ramadan : «Aux origines de l&rsquo;islam»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/04/Islam-Origines-Islam.jpg" alt="" class="wp-image-386187"/><figcaption><em>Miniature persane représentant le prophète Mohamed conduisant la prière avec Abraham, Moïse, Jésus et d&rsquo;autres prophètes.</em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>L’histoire arabe est encore à explorer pour le large public populaire — mais pas seulement — et les jeunes générations, notamment, chez les Arabes eux-mêmes. Il en va de même pour ceux qui s’intéressent de près ou de loin aux choses du monde arabe, particulièrement à la gloire passée ainsi qu’au déclin subséquent qui dure encore avec ses soubresauts tantôt tragiques tantôt grotesques. Or, la richesse, surtout manuscrite du fastueux temps jadis arabo-musulman, et l’indigeste présent culturel et politique, cruel de vacuité, mandent pareille exploration ; la commandent même !</em></strong></p>



<p class="has-text-align-right">Par <strong>Farhat Othman</strong></p>



<span id="more-386185"></span>



<p>Pourtant, si patent que soit ce besoin, intimement voulu tôt ou tard par tout Arabe musulman, durablement ou fugacement épris de libre pensée, sa concrétisation relève encore de la quadrature du cercle. Cela tient aux réalités sociologiques et politiques ainsi qu’aux contingences économiques et géostratégiques alimentant des freins idéologiques, des impératifs moraux, des diktats théologiques. Sans parler d’un imaginaire réticent.</p>



<p>Malgré la téméraire dimension de cette mission quasi impossible en les temps présents faits de fallacieuses inimitiés culturelles, doutes, anathèmes et suspicions, l’auteur a essayé de relever le défi avec un groupe de jeunes scolaires. Animés par la saine fougue de l’adolescence, la force du rêve et cette ardeur indomptable de la liberté d’imaginer un avenir meilleur, ils ont osé revisiter un beau passé terni par le passage du temps et l’œuvre d’humains au large horizon subitement rétréci en des intérêts communautaires mesquins. Et ils l’ont fait avec la seule devise de n’avoir comme seule perspective que la vérité conçue en un horizon vers lequel l’on s’oriente, qu’il est hors de propos de croire atteindre, mais sur la voie duquel on doit cheminer pour progresser dans toute création humaine se voulant véridique.</p>



<p>Tout a commencé avec un légitime besoin irrépressible de retour aux sources d’une étendue commune d’eau vitale, tantôt rivière aux ondes claires, à la luxuriance de la vie, tantôt mare marécageuse aux odeurs nauséabondes. On voulait y quêter une renaissance à la véracité, une vérité toute vraie, rien qu’authentique en un monde de plus en plus d’illusion, où simulacre et faux-semblants en sont devenus le sceau distinctif.</p>



<p>Hétérogène et fondamentalement pluraliste dans les convictions idéologiques et les orientations philosophiques de ses membres venant des horizons divers et bigarrés de l’ère culturelle arabe lato sensu, c’était une équipe de lycéens avides du savoir et passionnés par l’histoire, soudée par une homogénéité de libre pensée, de curiosité scientifique et d’une saine volonté d’être utiles, faire œuvre bénéfique.</p>



<p>Réunie autour de l’auteur lors de séances de travaux pratiques en parallèle à leur cours de civilisation islamique, cette dizaine de lycéens aux origines variées, baignant pour le moins dans une tradition familiale arabe musulmane, a imaginé donc cette fresque. Ils l’ont fait en puisant dans l’histoire sans rejeter les atours de la fiction, découvrant autant que faisant découvrir les événements d’un passé, fondateurs d’une identité réclamée ou contestée par les uns, mais ignorée ou confuse chez d’autres, bien que souvent magnifiée ou même mythifiée.</p>



<p>L’encadrement fut particulièrement attentif au respect de la liberté de chacun à s’exprimer dans le total respect de sa sensibilité autant qu’à l’obtention de la synthèse la plus harmonieuse des positions. Souvent radicalement opposées au départ, celles-ci finissaient par converger vers des nuances et des formules de compromis, moyennant une franche discussion et une permanente bonne foi issue d’un esprit se voulant le plus scientifique possible. Avec pour objectif de refléter l’ensemble des croyances ou ne les négligeant point, le groupe a réussi à imaginer une romance d’un temps évanoui, et pourtant si présent dans les esprits.</p>



<p>L’auteur s’est attaché à en rendre compte d’une manière structurée, respectant la vérité historique et les canons du genre littéraire adopté, sans que personne au groupe n’ait eu à renier ses convictions différentes, parfois divergentes, en les mariant judicieusement dans un récit éclectique à l’image de leur culture — de la vraie vie, tout simplement, respectueuse de tous. Aussi la fresque historique se veut-elle une ouverture dans le sens de cette modernité-là (on dit désormais postmodernité) qui n’est que la garantie de toutes les différences fondées sur le droit de tout un chacun à une liberté déférente et respectée dans un vivre-ensemble paisible.</p>



<p>Introduction à une histoire méconnue, oubliée ou tue, c’est une oeuvre de vulgarisation en ce temps de négation ou de confusion des valeurs encore plus qu’un essai d’analyse ou de synthèse. Il s’agit, tout d’abord, d’un récit romancé, sans exclusion de la liberté et de la fantaisie inhérentes à ce genre de littérature, ne nourrissant pas la prétention de faire objet de science ou d’histoire. Pour autant, il n’est pas irrespectueux, quant à l’essentiel, des faits et des événements passés, méticuleusement recensés.</p>



<p>Comme pour toute introduction dans un domaine ayant souvent revêtu les oripeaux des passions, se saisissant avec la liberté de la romance de faits dont la relation est parfois variable et dont l’appréhension peut relever du tabou pour d’aucuns, cette oeuvre ne manquera pas toutefois de susciter des réactions. Aussi, le souhait ayant continuellement animé le groupe est qu’elle contribue à ouvrir la voie à une littérature féconde en l’objet, amenant aux débats fructueux — comme il y en eut en son sein — et que la raison y domine toujours la passion et la canalise ou en triomphe en cas extrême de rupture !</p>



<p>Dans ce travail, par un choix délibéré et de principe, il n’a pas été fait recours dans toutes les sources ayant servi de référence au corpus, bien riche pourtant, à des orientalistes et des chercheurs extérieurs au monde arabe musulman et ce pour la simple raison que, d’une part, ces derniers se sont simplement basés dans leurs travaux sur les mêmes sources de référence que nous avons sélectionnées et que, d’autre part, ils n’ont fait qu’interpréter ces sources selon leurs propres vues et critères.</p>



<p>Aussi, notre souci d’authenticité, dans le cadre bien défini de la romance bien entendu, nous commanda-t-il de revenir aux textes d’origine et de négliger ce à quoi ils ont donné naissance, quel que soit son intérêt, car ceux-ci ne sont, par rapport à ces sources, que des effluents. Ainsi, nous nous sommes situés bien à l’opposé de ce que d’aucuns, parmi nos contemporains, y ont pris habitude, ignorant les textes d’origine, faisant recours à des œuvres ultérieures, demeurant secondes et bien grosses d’interprétations dont le grand tort est de laisser peu de place à la libre réflexion, en conditionnant d’office la libre découverte des faits consignés par les textes originels, y compris dans leur possible fantaisie propre à leur époque, faisant leur charme et celui d’une fresque romancée.</p>



<p>Chaque groupe s’était chargé de la lecture, de l’analyse et du commentaire d’ouvrages sélectionnés parmi les incunables de l’histoire arabo-musulmane, plusieurs groupes pouvant se charger des ouvrages volumineux dont les tomes étaient alors répartis entre eux, dont les notes de lecture établies et les résumés élaborés étaient confrontés, discutés et harmonisés lors de séances plénières de débat, de compréhension et d’échange de vues qui donnaient lieu à une synthèse générale utilisée dans la mise en forme ultérieure du travail final romancé. De telle sorte que si la fiction gardait son rôle majeur, elle se greffait sur un socle de véridicité nourri des références les plus sérieuses et les moins sujettes à caution. Car l’histoire romancée dont il s’agit était voulue une lecture dans le texte, mais une lecture critique et éclairée.</p>



<p>À titre d’exemple, furent notamment sollicités les ouvrages suivants cités par ordre alphabétique et non d’importance, d’usage ou d’inspiration et dont le lecteur attentif retrouvera l’esprit et la trace dans l’oeuvre finale, nuancés par l’éclectisme de la méthode choisie se voulant la moins dogmatique, la plus rationnelle avec le zeste de la romance : Abou Al Faraj AI Isfahani (<em>Aghani</em>), Balladhouri (<em>Généalogies des nobles, Conquêtes des pays</em>), Chahrestani (<em>Milal et Nihal</em>), Ibn Abd Rabbih (<em>Le collier</em>), Ibn Al Athir (<em>Tarikh</em>), Ibn Asakir (<em>Tarikh Dimashq</em>), Ibn Habib (<em>Muhabbar</em>), Ibn Hajar (<em>Isaba</em>), Ibn Hisham (<em>Sira</em>), Ibn Kahldoun (<em>Prolégomènes</em>), Ibn Saad (<em>Tabaqat</em>), Tabari (<em>Annales, Exégèse</em>), Yakout (<em>Udaba</em>), Yaqubi (<em>Tarikh</em>), Wakidi (<em>Maghazi</em>), etc.</p>



<p>Voulant magnifier symboliquement leur travail commun, les membres du groupe, sous la méticuleuse orientation de leur mentor, ont fini par se mettre unanimement d’accord pour retenir, comme une sorte d’exergue de leur création, mais discrètement placé en fin de présentation du travail, la pensée suivante de Maxime Rodinson, extraite de sa postface à l’ouvrage de Bernard Lewis <em>Comment l’islam a découvert l’Europe</em>.</p>



<p>Ce choix est hautement symbolique dans sa signification eu égard aux réserves inspirées à certains par la personnalité de l’auteur américain et l’adhésion d’autres aux travaux du Français au-delà de toute nouvelle évaluation critique de l’œuvre orientaliste désormais exhaustive avec sa pertinente analyse menée par l’universitaire américano-palestinien Edward Saïd.</p>



<p><em>Il n’est pas de peuple qui soit toujours et partout innocent&#8230;</em></p>



<p><em>Les délires des uns sont souvent conditionnés par les erreurs ou les crimes passés des autres.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Addenda</h2>



<p>Écrite, pour l’essentiel, avant la révolution salutaire qui secoue tout le monde arabe depuis son déclenchement victorieux en Tunisie, cette préface se voit complétée tout logiquement dans les faits par l’action concrète et sur le terrain de la jeunesse arabe qui, faisant écho à l’effort intellectuel du groupe à l’origine de la présente fresque, le prolonge — et de quelle manière ! — sur le plan des réalités politiques et sociales.</p>



<p>Il n’est ainsi pas étonnant que le changement de la condition arabe soit l’œuvre, d’abord et avant tout, de la jeunesse, car elle représente la portion des populations arabes la plus sensible à la vacuité de son espace sociologique et à la stérilité actuelle de ses référents psychologiques malgré une fabuleuse richesse passée, certes dénuée d’utilité immédiate, mais non de valeur et surtout pas de sens, gardant la symbolique puissante, apte à se substituer à l’indigence du présent, sinon en réalité du moins en idéal.</p>



<p>Un fil invisible, comme une vibration magnétique, une radiation électrique, relie en effet les aspirations les plus intimistes et les réalisations concrètes des uns et des autres qui, fatalement, se rencontrent un jour pour faire sens de la plus belle façon, celle dont sont faites les réalisations les plus spectaculaires de l’histoire des hommes.</p>



<p>Il n’en reste pas moins que les unes, essentiellement de pure cogitation, et les autres, fondamentalement faites d’extrospection et d’extraversion, sont interdépendantes, s’alimentant mutuellement, s’inspirant et se prolongeant réciproquement.</p>



<p>Ainsi se fait l’histoire; ainsi est le cours du temps; nos destinées véritables sont l’œuvre de la Providence, les humains étant dans la vie, au fond, en pilotage providentiel, comme on le dirait d’un avion, en pilotage automatique.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>À suivre&#8230;</strong></p>



<p><strong><em>«Aux origines de l’islam : Succession du prophète, Ombres et lumières », de Farhat Othman, éd. Afrique Orient 2015, Casablanca, 1915.</em></strong></p>



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