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	<title>Archives des endettement - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des endettement - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Tunisie &#124; Un prêt sans intérêt ou l’illusion de l’argent magique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 12:12:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Larbi Ben Bouhali]]></category>
		<category><![CDATA[prêt sans intérêt]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un prêt sans intérêt auprès de la BCT est le rêve de l’argent magique cher au Parlement tunisien. Voilà pourquoi c'est très mauvaise idée. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/15/tunisie-un-pret-sans-interet-ou-lillusion-de-largent-magique/">Tunisie | Un prêt sans intérêt ou l’illusion de l’argent magique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’obtention d’un prêt sans intérêt auprès de la Banque centrale de Tunisie (BCT) – on parlera alors de «monétisation directe de la dette publique» – est le rêve de l’argent magique cher au Parlement tunisien. Une pareille opération risquerait d’augmenter la masse monétaire, de relancer l’inflation et de nuire à l’ensemble de l’économie nationale. Explications…</em></strong></p>



<p><strong>Larbi Ben Bouhali</strong> *</p>



<span id="more-18639070"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Larbi-Benbouhali.jpg" alt="" class="wp-image-17855925" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Larbi-Benbouhali.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Larbi-Benbouhali-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Larbi-Benbouhali-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Toutes les écoles de pensée économique des XX<sup>e</sup> et XXI<sup>e</sup> siècles s’accordent sur un point : si les banques centrales augmentent la masse monétaire, l’inflation augmentera. Or, une inflation trop élevée nuira à l’ensemble de l’économie et nous conduira à une économie à deux classes, où les riches s’enrichiront et les pauvres s’appauvriront (Milton Friedman, Ludwig von Mises, Friedrich Hayek, Thomas Piketty et Carl Menger).</p>



<p>À cela s’ajouteront d’autres problèmes économiques, sociaux et politiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Corriger d’abord le double déficit chronique</h2>



<p>Le Parlement devrait s’attaquer aux causes profondes du problème, qui ne réside pas dans la loi de la Banque centrale de Tunisie de 2016, mais dans le double déficit chronique que connaît l’État (twin deficits, déficits jumeaux) : un déficit budgétaire et un déficit commercial importants. Lorsqu’un État est déficitaire, il doit emprunter des sommes considérables. Il convient donc de corriger d’abord ce double déficit, puis de réformer le code de la Banque centrale de Tunisie.</p>



<p>Que le gouvernement emprunte directement auprès de la banque centrale ou auprès des banques commerciales, le résultat est le même : une forte inflation, une faible croissance économique et une économie à deux vitesses.</p>



<p>Prenons l’exemple des deux dernières années : le gouvernement a emprunté 14 milliards de dinars à la banque centrale et 11 milliards de dinars au système bancaire local. Cette année 2026, il devra emprunter à nouveau 27 milliards de dinars.</p>



<p>Premièrement, je suis opposé au financement direct de la dette publique tunisienne par la Banque centrale (monétisation de la dette publique).</p>



<p>Deuxièmement, je soutiens la réforme globale d la loi de la Banque centrale de Tunisie de 2016, ainsi que du système de paiement, de la législation sur les taux de change, du mandat de la Banque centrale en matière de stabilité des prix (inflation) et des règles prudentielles visant à réguler le système bancaire.</p>



<p>Un ensemble de mesures est nécessaire pour moderniser la Banque centrale et l’adapter aux réalités du XXI<sup>e</sup> siècle.</p>



<p>Lorsque la Banque centrale augmente la masse monétaire en circulation, elle perturbe l’économie dans son ensemble, détourne l’épargne des investissements productifs réels vers la surconsommation et le gaspillage des ressources rares, et creuse les inégalités. Plus important encore, elle dévalue le dinar et l’épargne totale, dont le taux a diminué, passant de 9 % du PIB en 2020 à 4,5 % en 2025.</p>



<p>Les parlementaires tunisiens devraient se poser la question suivante : pourquoi la Banque centrale suisse et la Banque centrale allemande sont-elles interdites par la loi et la constitution de prêter directement de l’argent à leurs gouvernements respectifs ?</p>



<p>Modifier la loi sur l’autonomie et l’indépendance de la Banque centrale de Tunisie ne résoudra pas les problèmes économiques du pays. Pourquoi ?</p>



<p>Le Parlement sait-il que la Banque centrale de Tunisie ne fournit que 20 % des liquidités du système bancaire et financier, les 80 % restants étant assurés par les banques commerciales et autres organismes de crédit, comme dans tout autre système bancaire au monde ?</p>



<p>Dès lors, pourquoi le Parlement souhaite-t-il légiférer sur ces 20 % de liquidités et ignorer les 80 % restants ?</p>



<p>Par ailleurs, le problème ne réside pas dans le fait que la Banque centrale puisse choisir entre un double mandat (stables prix et plein emploi) et un mandat unique (stables prix et inflation). (Single mandate or double mandate).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Prendre aux pauvres pour donner aux riches </h2>



<p>Le problème est que lorsque la Banque centrale augmente la masse monétaire (M2/M3) de plus de 10 % par an pour financer l’État et l’économie, l’inflation monétaire se maintient à un niveau élevé, faussant l’économie et créant deux classes sociales distinctes : les très riches et les très pauvres, à l’image des situations au Venezuela et en Argentine.</p>



<p>C’est précisément ce qui s’est produit en Tunisie ces deux dernières années, lorsque la Banque centrale a accordé un prêt de 14 milliards de dinars à l’État en 2024 et 2025. Le Parlement tunisien devrait faire le point sur les deux dernières années et éviter de plonger l’économie tunisienne dans une profonde récession.</p>



<p>Il devrait s’atteler en priorité à la résolution des deux déficits majeurs que sont le déficit budgétaire et le déficit commercial.</p>



<p>La science économique du XXI<sup>e</sup> siècle est radicalement différente de celle des trois siècles précédents. En quoi ?</p>



<p>On nous a appris que la définition théorique de l’économie est <em>«la gestion de la rareté des ressources réelles»</em> afin de créer de la richesse et d’améliorer le niveau de vie de l’ensemble de la société.</p>



<p>Or, dans la réalité de ce XXI<sup>e</sup> siècle, l’économie keynésienne ne sert plus les intérêts de la société dans son ensemble et la politique monétaire est fortement influencée par la conjoncture budgétaire.</p>



<p>Lorsque les gouvernements du monde entier accumulent des déficits budgétaires, ils se tournent vers les banques centrales pour qu’elles impriment davantage de monnaie afin de refinancer les nouvelles dettes par l’ancienne.</p>



<p>Le niveau d’endettement mondial a atteint 300 000 milliards de dollars en 2025, soit environ 300 % du PIB mondial (Source : Banque des règlements internationaux – BRI – Bâle).</p>



<p>Les banques centrales du G20 disposent d’une offre monétaire illimitée (la rareté des ressources n’existe plus) et impriment des milliers de milliards de dollars pour maintenir la croissance du PIB indéfiniment. Telle est la réalité économique du XXI<sup>e</sup> siècle.</p>



<p>Mais lorsque les banques centrales impriment des milliards de dollars (FED, BoJ, ECB, BoE, Pboc) sans véritable production industrielle de biens et de services, l’ensemble de l’économie se trouve faussée par des niveaux d’endettement et de chômage élevés, une faible croissance de la productivité, et les riches s’enrichissent tandis que les pauvres s’appauvrissent.</p>



<p>Ainsi, supprimer l’autonomie et l’indépendance de la Banque centrale de Tunisie ne résoudra pas, et ne pourra pas résoudre, les problèmes économiques du pays.</p>



<p>Cela créera une économie à deux vitesses, avec une Bourse de Tunis progressant de 35 % par an tandis que l’économie réelle et productive croîtra de seulement 2,5 %, le tout accompagné d’une forte inflation, d’une faible croissance économique, d’un chômage élevé, de faibles gains de productivité et d’un endettement croissant d’année en année.</p>



<p>L’argent, transféré de la Banque centrale vers l’économie réelle, faussera les politiques monétaire et budgétaire, affaiblira le dinar et alimentera l’inflation. Les indicateurs macroéconomiques deviendront alors inopérants et ne refléteront plus fidèlement la performance de l’économie au cours du cycle économique.</p>



<p>N’oublions pas ce qui s’est passé ces deux dernières années lorsque la Banque centrale de Tunisie a injecté 14 000 millions de dinars (7 + 7) et tirons les leçons de cette expérience : l’augmentation de la masse monétaire (M2/M3) de 10 % par an a maintenu une inflation trop élevée et a créé des économies à deux vitesses, semblables à l’économie américaine avec un marché boursier élevé et une économie réelle stagnante, caractérisée par un niveau d’endettement et de chômage élevé.</p>



<p>La Bourse de Tunis et l’économie financière ont progressé de 35 % en 2025, mais l’économie productive réelle est restée en situation de stagflation, avec une croissance du PIB de 2,5 %, des niveaux d’inflation et de chômage élevés et une faible croissance du PIB.</p>



<p>L’histoire du prêt sans intérêt accordé au gouvernement par la BCT est une illusion, une véritable arnaque. Comment ?</p>



<p>Premièrement, l’économie tunisienne est une économie ouverte qui dépend des importations d’énergie et de matières premières pour produire et satisfaire la demande intérieure, et pour exporter ses excédents de production afin de constituer des réserves de devises. Or, la hausse des prix du pétrole brut et du gaz naturel sur le marché mondial creuse le déficit de la balance commerciale tunisienne.</p>



<p>Parallèlement, l’augmentation des subventions du gouvernement à l’alimentation et à l’énergie aggrave le déficit budgétaire d’année en année. Ce double déficit commercial et budgétaire contraint le gouvernement à emprunter toujours plus en devises étrangères, engendrant un déficit chronique de la balance des paiements courants.</p>



<p>La Tunisie doit emprunter en devises étrangères, et non en dinars, année après année, pour assurer sa croissance, satisfaire la demande intérieure et produire les biens et services nécessaires. Imprimer des dinars par la banque centrale pour acheter des devises étrangères et de l’énergie n’est pas une bonne politique économique.</p>



<p>Deuxièmement, depuis 2022, j’affirme que même si la Banque centrale de Tunisie émet 100 000 millions e dinars par an, cela ne résoudra pas le problème de la dette et ne stimulera pas la croissance économique. Pourquoi ?</p>



<p>Parce que la Tunisie doit acheter de l’énergie, des matières premières et du blé sur le marché mondial en devises étrangères (dollars américains et euros), et non en dinars tunisiens, et rembourser sa dette extérieure en euros et en dollars américains.</p>



<p>Par conséquent, la BCT doit toujours disposer de réserves de change d’au moins 150 jours pour pouvoir gérer la politique monétaire tunisienne, maintenir la stabilité des prix, maîtriser l’inflation, protéger le dinar de la dépréciation et honorer la dette extérieure à son échéance.</p>



<p>En résumé, le gouvernement du président Kaïs Saïed emprunte auprès des banques locales et de la banque centrale pour payer les salaires et les subventions, tandis que les ménages tunisiens dépensent cet argent auprès de ces mêmes banques et des supermarchés qui engrangent des profits colossaux. L’argent passe de la banque centrale aux poches des plus riches en Tunisie.</p>



<p>On constate clairement que la dette publique et le déficit budgétaire tunisiens augmentent, tandis que les entreprises cotées en bourse (oligopoles) voient leurs revenus et leurs profits exploser chaque année. Les riches s’enrichissent, les pauvres s’appauvrissent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Indépendance de la BCT et stabilité financière</h2>



<p>L’autonomie et l’indépendance protègent la Banque centrale de Tunisie des pressions politiques et lui permettent de se concentrer sur sa mission première : garantir la stabilité des prix, le plein emploi et la stabilité des systèmes bancaire et financier, protéger le dinar tunisien et préserver le patrimoine du peuple tunisien pour les générations actuelles et futures.</p>



<p>De plus, depuis 68 ans, la Banque centrale de Tunisie œuvre dans le cadre du mandat que lui confère la Constitution tunisienne et a toujours obtenu de bons résultats. Lors de la crise pétrolière et de la forte inflation des années 1970 et 1980, elle a su préserver le dinar tunisien et maintenir un système bancaire résilient pour financer l’économie.</p>



<p>De plus, la BCT a travaillé avec le gouvernement dans les années 1990 et a remboursé toute la dette du FMI, et a travaillé avec le gouvernement japonais pour organiser de nouveaux prêts en utilisant l’émission d’obligations Samurai afin de financer les besoins budgétaires du gouvernement tunisien et a recommencé à investir et à faire croître l’économie, et au premier trimestre 2007, l’économie avait progressé de 5,9 %.</p>



<p>Le Parlement devrait s’attaquer aux causes profondes des problèmes : le problème ne réside pas dans le code de la Banque centrale de Tunisie de 2016 ; la cause première est le déficit jumeau chronique que connaît le gouvernement : un déficit budgétaire et un déficit commercial importants. Lorsqu’un gouvernement est déficitaire, il doit emprunter des sommes considérables. Il convient donc de corriger d’abord ce déficit jumeau, puis de réformer le code de la BCT de 2016.</p>



<p>Par ailleurs, l’expérience des deux dernières années, marquée par un emprunt de 14 milliards de dinars auprès de la Banque centrale de Tunisie, nous permet de tirer des enseignements.</p>



<p>Nous constatons clairement que le discours du président Kaïs Saïed sur l’État-providence produit l’effet inverse : il prend aux pauvres pour donner aux riches. Le gouvernement est surendetté et n’a pas les moyens d’investir et de stimuler la croissance économique. De nombreuses entreprises publiques, telles que Steg, Tunisair, Sonede, Stir, etc., sont en difficulté.</p>



<p>Les deux seuls gagnants de la politique économique du président Saïed sont le marché financier tunisien (BVMT), dont les revenus ont augmenté de 35 % en 2025 grâce à la croissance de toutes les entreprises, et l’économie informelle, qui a progressé de 15 % en 2025 (atteignant 28,2 milliards de dinars en circulation).</p>



<p>En revanche, le principal perdant est l’État, qui s’endette toujours plus, contractant de nouvelles dettes pour rembourser les anciennes : un véritable piège de la dette. Celle-ci a augmenté de 69 milliards de dinars ces cinq dernières années.</p>



<p>En fin de compte, le résultat est le suivant : le gouvernement emprunte auprès des banques commerciales et de la banque centrale tunisienne, puis distribue cet argent aux ménages sous forme de salaires et de subventions énergétiques. Ces derniers le restituent ensuite aux banques et aux supermarchés sous forme de dépenses alimentaires, de remboursement de prêts et d’énergie, générant ainsi des bénéfices nets pour les sociétés cotées à la Bourse de Tunis.</p>



<p>De plus, 75 % de la capitalisation boursière tunisienne repose sur les banques, les sociétés de crédit-bail et les compagnies d’assurance. Si l’on ajoute les supermarchés et les entreprises agroalimentaires, on constate clairement que ces entreprises réalisent d’importants profits au sein de la BVMT, tandis que le gouvernement et les ménages se retrouvent fortement endettés.</p>



<p>Les investissements directs étrangers en Tunisie sont extrêmement faibles, et en 2025, toutes les entreprises étrangères ont transféré leurs bénéfices de 3 milliards de dinars tunisiens hors de Tunisie, ce qui signifie qu’une très petite quantité de devises étrangères reste dans l’économie tunisienne pour l’investissement et la création de nouveaux emplois.</p>



<p><em>* Expert financier.</em></p>
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		<title>Tunisie &#124; Que faire et par où commencer ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/07/tunisie-que-faire-et-par-ou-commencer/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Apr 2026 07:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Ridha Ben Slama]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment reconstruire la Tunisie, quand ses fondations ont été fragilisées par trente ans de navigation à vue ? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/07/tunisie-que-faire-et-par-ou-commencer/">Tunisie | Que faire et par où commencer ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La Tunisie fait face depuis au moins trois décennies à un défi de transformation socioéconomique et culturelle pour répondre aux attentes des Tunisiens. C’est encore la question centrale qui hante les esprits : Comment reconstruire, quand les fondations ont été fragilisées par trente ans de navigation à vue, entre la sclérose autoritaire et le chaos fragmenté de la transition post-2011&nbsp;? Une feuille de route pour sortir de la crise et se relancer… &nbsp;</em></strong></p>



<p><strong>Ridha Ben Slama *</strong></p>



<span id="more-18590989"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2.jpg" alt="" class="wp-image-16957652" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Il arrive que nous prenions de la distance, un instant, pour porter un regard sur notre Tunisie. Lorsque les contingences courantes se dissipent, nous distinguons <em>«la forêt plutôt que l’arbre»</em>. La trame de fond réapparait, on perçoit l’âme d’une nation, on discerne qu’elle représente un cas exceptionnel parmi les autres nations et ce à travers une sédimentation humaine et culturelle qui s’est opérée depuis la nuit des temps. Les traditions, les langues et les architectures se superposent. On construit le <em>«nouveau»</em> sur les fondations de l’ancien. Les vagues humaines successives, jointes aux populations premières, apportent leurs propres sédiments (mots, saveurs, coutumes) qui finissent par se solidifier pour former une culture locale unique et foisonnante.</p>



<p>Les influences extérieures ne sont pas simplement juxtaposées, elles fusionnent. C’est le passage de la<em> «coexistence»</em> à la transculturalité. C’est là que s’est forgée cette identité méditerranéenne, complétée ensuite par les différentes strates civilisationnelles.</p>



<p>Aussi bien par sa situation géographique que par sa capacité de résilience, la Tunisie représente un pont entre les continents africain et européen. Quant à la sociologie et l’identité<strong>,</strong> le concept de la <em>«Tunisité»</em> ou <em>«Tunisianité»</em>, synthétise cette capacité unique de brassage humain et d’assimilation qui a créé une société extraordinairement axée sur la réviviscence et l’ouverture. On reprend des savoir-faire ou des philosophies de la vie pour les adapter aux enjeux contemporains. C’est un socle solide qui ne craint pas les vents de l’histoire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une longue tradition de réformisme</h2>



<p>Le réformisme en Tunisie a été une trajectoire rarissime dans sa sphère géographique d’Est en Ouest, marquée par une volonté précoce de concilier authenticité et modernité.</p>



<p>Il y a quelques similitudes avec le tournant historique qu’illustre l’ère Meiji (1868-1912), une période charnière pour le Japon.</p>



<p>Avant même le protectorat colonisateur qui interrompit cet élan, la Tunisie avait lancé des réformes radicales pour moderniser ses institutions.&nbsp;Sous Mohammed Bey, le Pacte Fondamental (1857)garantissait pour la première fois la liberté de culte et l’égalité devant la loi pour tous les citoyens, sans distinction de religion. La Tunisie devient le premier pays du monde dit arabe à se doter d’une constitution (1861), limitant le pouvoir absolu du Bey. Khaireddine Pacha fonda le Collège Sadiki en 1875. Cette institution devient la pépinière d&rsquo;une nouvelle élite, bilingue et ouverte sur les sciences modernes, qui portera plus tard le mouvement national.&nbsp;</p>



<p>Au début XX<sup>e</sup> siècle, les <em>«Jeunes Tunisiens»</em> réclamèrent une réforme profonde du systèmecolonial pour obtenir l’égalité des droits et militèrent pour l’éducation des masses et la modernisation de la justice et de l’administration.</p>



<p>À l’indépendance, le nouvel État indépendant privilégia l’éducation et les droits sociaux (Le Code du statut personnel en 1956, un investissement massif dans l’éducation…).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le défi de la transformation structurelle  </h2>



<p>Cependant, le pays fait face depuis au moins trois décennies à un défi de transformation socioéconomique et culturelle pour répondre aux attentes des Tunisiens. C’est encore la question centrale qui hante les esprits : Comment reconstruire, quand les fondations ont été fragilisées par trente ans de navigation à vue, entre la sclérose autoritaire et le chaos fragmenté de la transition post-2011&nbsp;?</p>



<p>Pour s’affranchir et se relever de ces <em>«systèmes autodestructeurs»</em>, le pays pourrait actionner trois leviers de résilience.</p>



<p><em>1. Réhabiliter l’État stratège</em> : sortir du court-termisme pour redonner à l’administration son rôle de planificateur. Cela passe par une réforme de la fonction publique et une lutte réelle contre l’économie de rente qui étouffe l’initiative&nbsp;;</p>



<p><em>2. Miser sur le capital humain par un retour aux sources&nbsp;:</em> la seule véritable richesse de la Tunisie a toujours été son intelligence (<em>«matière grise»)</em>. Relancer la dynamique du système éducatif est l’unique moyen de recréer une classe moyenne (décimée) capable de porter un projet de société soudée et ouverte sur les défis du monde&nbsp;;</p>



<p><em>3. Réconcilier l&rsquo;identité et la modernité</em> : cesser les guerres idéologiques stériles qui n’ont provoqué que des occasions manquées. Le réformisme tunisien a toujours réussi quand il a su marier ses racines méditerranéennes et arabo-africaines avec une vision universelle des droits et du progrès&nbsp;;</p>



<p><em>4. Décentraliser l’économie :</em> la Tunisie exige une valorisation des régions pour transformer des zones de tension en pôles de production.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un nouveau contrat social entre État et citoyens</h2>



<p>Bien que la Tunisie possède une capacité de <em>«résilience silencieuse»</em>, celle-ci risque de s’épuiser faute de sursaut salvateur. La boussole ne pourra être retrouvée que si un nouveau contrat social clair est établi entre l’État et les citoyens. Le double blocage crée un effet de ciseau : l’asphyxie financière réduit la marge de manœuvre de l’État, tandis que le mode de gouvernance, caractérisé par une concentration des pouvoirs, peine à générer les réformes structurelles nécessaires. Surtout que le pays navigue dans une zone de haute turbulence financière, marquée par un isolement relatif sur les marchés internationaux. Cela s’est traduit par une croissance anémique<strong>.</strong></p>



<p>L’économie a enregistré une croissance de 2,5 % en 2025 selon l’Institut national de la statistique (INS), mais elle reste insuffisante pour réduire le chômage ou stabiliser durablement le pouvoir d&rsquo;achat. On constate une dépendance au financement intérieur. L’État sollicite massivement les banques locales et la Banque centrale, ce qui risque d’<em>«évincer»</em> le crédit au secteur privé.</p>



<p>Il y a certes une esquisse timide d’amélioration mais elle est fragile,l’agence Fitch Ratings a relevé la note de la Tunisie à «B-» en septembre 2025, saluant une réduction du déficit courant, il convient de le préciser, grâce aux recettes touristiques et aux transferts des Tunisiens à l’étranger.&nbsp;</p>



<p>Le mode de gouvernance centralisé a épuisé ses effets, il soulève des défis quant à l’élaboration d’une vision économique de long terme. Il y a un manque de prévisibilité un climat d’incertitude pour les partenaires bilatéraux et multilatéraux. Les mesures ponctuelles (sauvetage d’entreprises publiques, budgets de salaires en hausse de 3,6 % pour 2026) ne parviennent pas à engager la grande transformation économique espérée, ce sont plutôt les urgences contre le structurel.</p>



<p>Le pays se trouve à la croisée des chemins, avec une reprise qui dépendra de facteurs externes et de la capacité à rétablir une boussole claire.&nbsp;</p>



<p>Les prévisions du FMI anticipent une croissance de 2,1 % pour 2026, signe d’un ralentissement par rapport à 2025. Les défis sont persistants notamment concernant la vulnérabilité aux chocs climatiques (sècheresse) et l’endettement public record (autour de 90 % du PIB) restent des menaces majeures pour la stabilité.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un contrat de confiance entre Etat et société civile</h2>



<p>Face à tous ces défis, un contrat de confiance est vivement sollicité. Sans un consensus minimal avec les corps intermédiaires (syndicats, patronat, société civile), aucune réforme structurelle — aussi techniquement parfaite soit-elle — ne pourra être acceptée ou appliquée sur le terrain. Cela repose sur une communication claire, une fermeté bienveillante et la connexion plutôt que la contrainte. Il est crucial d&rsquo;adopter une posture calme, de donner des consignes positives et précises à la fois.</p>



<p>Pour que ce dialogue ne soit pas une simple formalité, mais le moteur d’une vision d’avenir, il devrait s’articuler autour de trois chantiers prioritaires :</p>



<p><em>1. Un Pacte de productivité et de soutien.</em> Le dialogue social va au-delà de la question des salaires. Il doit devenir un échange : modernisation de l’outil de production et flexibilité contre garanties de protection sociale (santé, transport, chômage). L’idée est de sortir de la logique de confrontation pour entrer dans une logique de co-construction de la valeur.</p>



<p><em>2. La planification économique de «territoires»</em>. Une vision adaptée à tous les niveaux signifie qu’on ne peut plus décider de tout depuis Tunis. Le dialogue doit inclure les forces vives régionales pour identifier les spécialisations par zone (énergies renouvelables au Sud, industries mécaniques au Sahel, agro-technologie au Nord-Ouest). Cela permet de créer des opportunités là où se trouve la jeunesse, freinant ainsi l’exode, l’expatriation et le découragement.</p>



<p><em>3. La réforme de l’école et de la formation</em>. C’est le choix d’avenir par excellence. Le dialogue avec les corps intermédiaires doit impérativement intégrer les acteurs de l’éducation pour aligner, sur 10 ans, les compétences des jeunes avec les besoins de l’économie de demain (numérique, transition écologique). C’est le seul moyen de recréer l’ascenseur social.</p>



<p><em>4. La transparence comme boussole</em>. Pour que tous les niveaux de la société adhèrent, l’État doit jouer la carte de la vérité sur les chiffres de la dette et des finances publiques. Ce n’est qu’à travers cette clarté que les efforts demandés peuvent être compris et que les fruits de la croissance future peuvent être équitablement répartis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour un nouveau collectif de la société civile</h2>



<p>La Tunisie a déjà prouvé par le passé qu’elle est capable de générer des solutions par le dialogue. L’émergence d’un nouveau collectif de la société civile, indépendant des clivages partisans et des appareils traditionnels (parfois perçus comme trop rigides ou accrochés à une forme de clientélisme), semble être la clé pour briser l’immobilisme. Pour que ce collectif, réussisse cette<em> «approche chirurgicale»</em>, il devrait s&rsquo;appuyer sur trois piliers de crédibilité :</p>



<p><em>1. Une expertise de «terrain» et technocratique entrecroisées</em>. Contrairement aux think-tanks classiques, ce collectif doit réunir des praticiens de l’économie (entrepreneurs, agriculteurs, ingénieurs), des universitaires et des acteurs associatifs régionaux. Cette mixité permet de proposer des solutions qui ne sont pas seulement théoriques, mais applicables immédiatement au niveau local.</p>



<p><em>2. Une méthode : le «diagnostic partagé»</em>. La paralysie vient souvent du fait que chaque acteur a sa propre version de la situation. Le collectif doit imposer un audit de vérité sur les comptes de l’État et des entreprises publiques. Une fois les chiffres acceptés par tous, la marge de discussion sur les <em>«sacrifices»</em> et les <em>«investissements»</em> devient rationnelle et non plus émotionnelle ou idéologique.</p>



<p>3<em>. Le collectif pourrait structurer son action autour des axes d’une «sortie planifiée»</em>, et permettrait de porter une vision d’avenir&nbsp;: sécurité alimentaire et énergétique par une transition verte massive (solaire, hydraulique), créatrice d’emplois locaux, suppression des rentes de situation par la digitalisation radicale de l’administration, libérant ainsi l’initiative privée des jeunes, transformation des subventions universelles (souvent inefficaces) en aides directes ciblées sur les familles les plus précaires, tout en finançant un plan d’urgence pour l&rsquo;école publique.</p>



<p>Le principal obstacle pour un tel collectif reste sa tolérance par la bureaucratie en place et sa capacité à ne pas être récupéré politiquement.</p>



<p>En Tunisie, la force de la société civile a toujours été sa capacité à s’unir dans les moments de péril imminent. C’est une approche à la fois stratégique et rationaliste. En se positionnant comme un mécanisme de proposition consultative, ce collectif ne cherche pas de conflit frontal, mais utilise la puissance de l’expertise et de l’adhésion citoyenne pour rendre ses solutions incontournables et admises.</p>



<p>Pour <em>«prescrire»</em> ce nouveau contrat social sans passer par la contrainte politique classique, le collectif doit transformer la réflexion technique en une exigence citoyenne.</p>



<p>Trois leviers pourraient être actionnés pour réussir ce pari :</p>



<p><em>1. La légitimité de l’évidence</em> : en produisant des études chiffrées, sourcées et sans idéologie, le collectif place les décideurs devant leurs responsabilités. Quand une solution est techniquement imparable et socialement juste, ne pas l’appliquer se traduit par un coût politique majeur.</p>



<p><em>2. La pédagogie de masse</em> : ce nouveau contrat social ne doit pas rester dans les lieux fermés. Il doit être communiqué. Si le citoyen comprend qu’une réforme (même difficile) garantit l’avenir de ses enfants ou la baisse de l’inflation à moyen terme, il devient le premier défenseur du collectif.</p>



<p><em>3. Le rôle de «médiateur» </em>: ce collectif peut servir de passerelle. Il offrirait une porte de sortie honorable à toutes les parties, basée sur l’intérêt national plutôt que sur les intérêts corporatistes.</p>



<p>Cette démarche permettrait de briser le <em>«centralisme bureaucratique»</em> qui a démontré son échec en Tunisie. Un <em>«Livre Blanc»</em> serait publié, il ne consiste pas seulement à aligner des statistiques, mais à réaliser un électrochoc de vérité. En dissipant le brouillard des chiffres, souvent perçus comme opaques ou embellis, le collectif installe d’emblée sa crédibilité scientifique et son indépendance. Ce document devrait être le miroir sans complaisance de la Tunisie, structuré autour de la vérité financière, en dressant l’inventaire réel de la dette publique, de la situation des entreprises étatiques et des réserves de change. C’est le préalable pour que chaque Tunisien comprenne l&rsquo;urgence des réformes.</p>



<p>Concernant la vérité sociale, il s’agirait de mesurer le coût réel de la vie, l’état de dégradation des services publics (santé, transport, école) et le niveau de précarité des classes moyennes, souvent les grandes oubliées des statistiques.</p>



<p>La vérité du potentiel gâché devrait être chiffré, ce que l’économie perd chaque année à cause de la corruption, de la bureaucratie et de l’économie informelle. Cela permettrait de transformer la frustration en une volonté de changement productif.</p>



<p>Le <em>«Livre Blanc»</em> serait ensuite soumis à l’épreuve du terrain. Ces assises ne sont pas des réunions de doléances, mais des ateliers de solutions locales par l’identification des verrous (pourquoi tel projet agricole à tel endroit ou telle usine sont bloqués ?), la valorisation des spécificités, en transformant chaque région en un pôle de compétitivité (tourisme médical, énergies propres, artisanat d’exportation…), faire des acteurs locaux (agriculteurs, diplômés chômeurs, entrepreneurs) des co-auteurs du projet.</p>



<p>L’intégrité et l’absence d’ambition politique de ce noyau d’experts garantiraient que le diagnostic sera reçu comme une <em>«vérité sur l’état des lieux»</em> et non comme une opinion partisane.</p>



<p>La force de cette équipe (économistes, sociologues, statisticiens) résiderait dans l’impartialité des données, en utilisant des méthodologies internationales incontestables, ils ôtent tout argument de manipulation. Le statisticien apporte la rigueur, l’économiste la viabilité, et le sociologue l’acceptabilité humaine. C’est cette synthèse qui manque cruellement. Leur réputation d’experts désintéressés protège le collectif contre les tentatives de décrédibilisation. La clause d’inéligibilité volontaire (par exemple sur une période de 5 à 10 ans) est l’acte qui sépare l’expertise de l’attentisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le maillon nécessaire des expatriés</h2>



<p>L’inclusion des expatriés est le maillon nécessaire pour parfaire cette <em>«synthèse tunisienne»</em>. Ces experts expatriés sont souvent les gardiens des standards de performance mondiaux et possèdent un recul critique que le quotidien tunisien peut parfois embrumer. Leur intégration dans ce noyau dur apporte des avantages stratégiques, dont le transfert de <em>«best practices»</em>. Qu’il s&rsquo;agisse de gestion de la dette, de transition énergétique ou de réforme de la santé, ils ont vu ce qui fonctionne ailleurs. Ils peuvent adapter ces modèles aux spécificités locales pour éviter à la Tunisie de <em>«réinventer la roue»</em> avec des méthodes obsolètes.</p>



<p>Ces figures occupent souvent des postes clés dans de grandes institutions internationales ou des centres de recherche. Leur présence au sein du collectif rassure les marchés et facilite l’accès à des expertises de pointe souvent inaccessibles. Vivant à l’extérieur des circuits de pouvoir locaux, ils renforcent la garantie d’indépendance du groupe. Ils n’ont aucun lien d’intérêt avec l’administration ou les lobbys de rente tunisiens.</p>



<p>L’enjeu serait de créer une osmose, les experts résidents apporteraient la connaissance viscérale du terrain et de l’administration, tandis que les experts tunisiens exerçant à l’étranger injecteraient l’exigence et la rigueur des normes internationales. Ensemble, ils formeraient une équipe capable de rédiger un Livre Blanc d’une crédibilité mondiale. L’objectif serait de créer un processus <em>«ascendant»</em> où la légitimité naîtrait de la compétence reconnue et non d’une nomination administrative.</p>



<p>En commençant par le social, le collectif toucherait au quotidien des Tunisiens tout en posant les bases d&rsquo;une réforme financière rigoureuse.</p>



<p>Le calcul du coût de l’inaction d’ici 2030 serait utile, il agirait comme un électrochoc rationnel qui transforme l’apathie en urgence nationale. Il y a une réalité comptable immuable&nbsp;: réformer coûte cher, mais ne rien faire coûte infiniment plus. Ce chapitre du Livre Blanc devrait chiffrer le coût de&nbsp;:</p>



<p><em>&#8211; la «Génération Perdue» (Éducation)</em><strong> :</strong> calculer la perte de PIB sur 10 ans due au décrochage scolaire et à l’inadéquation des diplômes. Si 100 000 jeunes quittent l’école chaque année sans qualification, quel est le manque à gagner en productivité et le coût en sécurité sociale/chômage en 2030 ?;</p>



<p><em>&#8211; l’hémorragie du capital santé :</em> chiffrer le coût pour l’État de le départ massif à l’étranger des médecins et des cadres de santé (investissement de formation perdu au profit de l’étranger) combiné à la dégradation des hôpitaux. Quel sera le prix à payer pour importer des soins ou gérer des crises sanitaires avec un système exsangue dans 5 ans ?;</p>



<p><em>&#8211; l’impact sur la souveraineté financière</em>&nbsp;: démontrer que sans réforme profonde du service public, la part du budget dévorée par les <em>«pansements»</em> (subventions inefficaces, gestion de l’urgence) rendra le pays totalement dépendant de l’aide extérieure pour sa simple survie quotidienne d’ici 2030.</p>



<p>Cette approche est dépourvue de toute prétention, elle tente simplement de favoriser un échange authentique et serein, permettant une communication honnête et constructive. C’est exactement ce qui permet de passer d’un débat en sourdine à une véritable intelligence collective. En retirant l’enjeu du <em>«qui a raison»</em>, on libère de l’espace pour que les idées se libèrent.</p>



<p><em>* Essayiste et écrivain. &nbsp;</em></p>
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		<title>El Fouladh &#124; De l’asphyxie financière à la refonte stratégique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Apr 2026 06:29:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Bizerte]]></category>
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		<category><![CDATA[Sarra Zaafrani Zenzeri]]></category>
		<category><![CDATA[Steg]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le plan de redressement et de restructuration de l'usine sidérurgique El Fouladh écarte toute idée de privatisation.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/06/el-fouladh-de-lasphyxie-financiere-a-la-refonte-strategique/">El Fouladh | De l’asphyxie financière à la refonte stratégique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Réuni le 17 mars 2026 sous la présidence de la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzeri, un conseil ministériel restreint a tranché : Société tunisienne de sidérurgie El Fouladh (Menzel Bourguiba, Bizerte) sera restructurée en profondeur, sans ouverture du capital. Tout en réaffirmant le principe de la préservation du patrimoine public, le gouvernement a établi un plan de sauvetage et de restructuration inscrit dans une logique de valorisation des ressources locales.</em></strong></p>



<p><strong>Lotfi Sahli</strong></p>



<span id="more-18586880"></span>



<p>El Fouladh, acteur historique de l’industrie nationale, traverse la plus grave crise de son histoire. L’exercice 2024 a accouché de résultats alarmants : un chiffre d’affaires en chute libre de 25 % (113,5 millions de dinars contre 145,7 millions en 2023) et une perte nette qui s’est creusée à&nbsp;69,2 millions de dinars, contre 42 millions l’année précédente.</p>



<p>Le rapport des commissaires aux comptes ne laisse aucun doute : la société souffre d’une <em>«accumulation des pertes et d’un alourdissement de l’endettement»</em> qui appelle une <em>«intervention urgente»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Situation financière et opérationnelle intenable</h2>



<p>Les causes de cette dégradation sont multiples. Sur le plan commercial, les ventes de ronds à béton, qui représentaient encore récemment l’essentiel de l’activité, ont chuté de 17,5 % en volume. La production industrielle a suivi la même pente descendante, avec un recul global de 11 % en 2024 par rapport à 2023. L’aciérie n’a fonctionné qu’à 68 % de ses objectifs, la tréfilerie à 22 % et les structures métalliques à 34 %. Des arrêts à répétition – manque de personnel, ruptures d’électrodes, coupures d’eau, vétusté des équipements – ont paralysé les ateliers.</p>



<p>À cela s’ajoute un endettement colossal : plus de 308 millions de dinars de concours bancaires, des arriérés de 146 millions de dinars envers la CNSS (principal et pénalités) et 177 millions de dinars dus à la Steg. Des accords de paiement ont été conclus avec certains créanciers, mais ils ne suffisent pas à enrayer l’hémorragie.</p>



<p>Pourtant, El Fouladh dispose d’atouts indéniables : une maîtrise technique, des certifications de qualité (Innorpi, Afcab), et un positionnement stratégique dans un secteur où la Tunisie importe encore pour plus de&nbsp;300 millions de dollars d’acier par an. C’est sur cette base que l’État a décidé un processus de restructuration de l’entreprise.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Kais-Saied-Usine-El-Fouladh-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-11090922" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Kais-Saied-Usine-El-Fouladh-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Kais-Saied-Usine-El-Fouladh-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Kais-Saied-Usine-El-Fouladh-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Kais-Saied-Usine-El-Fouladh-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Kais-Saied-Usine-El-Fouladh-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Kais-Saied-Usine-El-Fouladh-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Kais-Saied-Usine-El-Fouladh.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Le président Saïed en visite à l&rsquo;usine El Fouladh en décembre 2023.</em></figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Devise de l’Etat&nbsp;: sauver sans privatiser</h2>



<p>Réuni le 17 mars 2026 sous la présidence de la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzeri, un conseil ministériel restreint a tranché :&nbsp;El Fouladh sera restructurée en profondeur, sans ouverture du capital. La préservation du patrimoine public est un principe affirmé. Le plan de sauvetage repose sur quatre piliers, dévoilés par la presse&nbsp;: &nbsp;</p>



<p><strong><em>1. Un nouveau modèle économique pour sortir de la monoculture du fer à béton&nbsp;: </em></strong>jusqu’ici, les ronds à béton contribuaient à près de 75 % du chiffre d’affaires. Désormais, ce taux sera ramené à moins de 10 %. Le cœur de métier deviendra la&nbsp;fabrication de billettes d’acier, qui représentera plus de 90 % du chiffre d’affaires.</p>



<p>L’objectif industriel est ambitieux : porter la capacité de production à&nbsp;600 000 tonnes de billettes par an (en deux étapes : 300&nbsp;000 tonnes puis 600&nbsp;000 tonnes), permettant d’alimenter l’ensemble des laminoirs privés tunisiens et de substituer progressivement les importations.</p>



<p><strong><em>2. Souveraineté industrielle et réduction des importations&nbsp;:</em></strong> la restructuration s’inscrit dans une logique de valorisation des ressources locales. La Tunisie génère chaque année environ 300 000 tonnes de ferraille, jusqu’ici en partie exportée ou sous-exploitée.</p>



<p>Le nouveau programme prévoit de recycler cette matière localement, réduisant ainsi la facture des importations de billettes, qui grève lourdement la balance commerciale de notre pays.</p>



<p>La production de billettes destinées aux transformateurs locaux contribuera également à sécuriser les chaînes d’approvisionnement nationales contre la forte volatilité du marché mondial de l&rsquo;acier.</p>



<p><strong><em>3. Un volet social et d’assainissement financier&nbsp;:</em></strong><strong> </strong>le gouvernement a intégré des objectifs sociaux clairs : la montée en puissance du nouveau modèle devrait permettre la création de&nbsp;<strong>6 600 emplois</strong>, directs et indirects.</p>



<p>Parallèlement, le plan d’affaires vise à générer des flux de trésorerie suffisants pour honorer les dettes accumulées, selon des échéanciers déjà négociés avec la CNSS et les fournisseurs d’énergie.</p>



<p>L’assainissement passe aussi par un programme d’investissement dans de nouvelles infrastructures, avec le soutien de financements étrangers garantis par l’État.</p>



<p><strong><em>4. Exclusion de toute privatisation&nbsp;:</em></strong><strong><em> </em></strong>la cheffe du gouvernement a tenu à clarifier la ligne politique : <em>«sauver sans privatiser»</em>. Conformément aux orientations présidentielles, El Fouladh restera une entreprise publique, placée sous la tutelle du ministère de l’Industrie, et son capital ne sera pas ouvert à des actionnaires privés. L’objectif est de restaurer sa place de pilier de l’industrie sidérurgique nationale tout en préservant son statut d’établissement public.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une renaissance industrielle ?</h2>



<p>Le programme de restructuration est ambitieux et rend le projet potentiellement porteur. La modernisation de l’outil productif, la spécialisation dans les billettes et la sécurisation de l’approvisionnement en ferraille locale pourraient faire d’El Fouladh un fournisseur incontournable, réduisant durablement la dépendance extérieure du pays.</p>



<p>L’assemblée générale ordinaire du 31 mars 2026, qui doit nommer de nouveaux administrateurs, marquera la première étape de cette refonte.</p>



<p>Reste à concrétiser les financements, à mener à bien les projets de dépollution et de mise aux normes environnementales (notamment dans le cadre du programme Ecopact), et à mobiliser les compétences internes pour que l’industrie sidérurgique tunisienne redevienne un fleuron.</p>



<p>Si le projet de restructuration se concrétise, El Fouladh pourra passer du statut d’entreprise sinistrée à celui de locomotive de la souveraineté industrielle.</p>



<p>Pour espérer réussir cette restructuration, ont doit :</p>



<p>&#8211; accélérer l’assainissement financier;</p>



<p>&#8211; accélérer la modernisation des installations de production&nbsp;;</p>



<p>&#8211; consentir un effort supplémentaire pour rendre l’activité industrielle rentable à l’instar des années 2021 (+14,4 MDT) et 2022 (+31,1 MDT).</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="MrFRZrgE3y"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/28/tunisair-el-fouladh-ciments-de-carthage-la-grande-comedie-nationale/">Tunisair, El Fouladh, Ciments de Bizerte | La grande comédie nationale</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisair, El Fouladh, Ciments de Bizerte | La grande comédie nationale » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/28/tunisair-el-fouladh-ciments-de-carthage-la-grande-comedie-nationale/embed/#?secret=pChrRDQZDC#?secret=MrFRZrgE3y" data-secret="MrFRZrgE3y" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/06/el-fouladh-de-lasphyxie-financiere-a-la-refonte-strategique/">El Fouladh | De l’asphyxie financière à la refonte stratégique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Tunisie &#124; Mesures pour assurer de bonnes récoltes de céréales</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/19/tunisie-mesures-pour-assurer-de-bonnes-recoltes-de-cereales/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Mar 2026 06:40:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[agriculteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[céréales]]></category>
		<category><![CDATA[endettement]]></category>
		<category><![CDATA[Ezzeddine Ben Cheikh]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18493419</guid>

					<description><![CDATA[<p>Face aux changements climatiques, des efforts sont déployés pour améliorer la productivité agricole en Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/19/tunisie-mesures-pour-assurer-de-bonnes-recoltes-de-cereales/">Tunisie | Mesures pour assurer de bonnes récoltes de céréales</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Face aux effets néfastes du changement climatique, des efforts sont déployés pour adopter des pratiques agricoles durables qui améliorent la productivité et garantissent la préservation des ressources naturelles en optimisant la fertilité des sols grâce à une rotation des cultures appropriée.</em></strong></p>



<span id="more-18493419"></span>



<p>C’est ce qu’a indiqué le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche joutant que les agriculteurs sont incités à continuer d’investir dans l’agriculture à grande échelle et des campagnes de sensibilisation ciblées sont mises en œuvre pour souligner l’importance de la protection des cultures contre les incendies et les maladies, a rapporté <a href="https://www.mosaiquefm.net/ar/%D8%AA%D9%88%D9%86%D8%B3-%D9%88%D8%B7%D9%86%D9%8A%D8%A9/1509375/%D8%A7%D9%84%D9%81%D9%84%D8%A7%D8%AD%D8%A9-%D9%85%D9%88%D8%B3%D9%85-%D8%AA%D8%AC%D9%85%D9%8A%D8%B9-%D8%A7%D9%84%D8%AD%D8%A8%D9%88%D8%A8-%D9%8A%D9%85%D8%B1-%D8%AF%D9%88%D9%86-%D8%A5%D8%B4%D9%83%D8%A7%D9%84%D9%8A%D8%A7%D8%AA-%D9%88%D8%A7%D9%84%D8%AD%D8%B5%D9%8A%D9%84%D8%A9-12-%D9%85%D9%84%D9%8A%D9%88%D9%86-%D9%82%D9%86%D8%B7%D8%A7%D8%B1" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mosaïque FM</a>. L’objectif est d’assurer de bonnes récoltes de céréales, de renforcer la production nationale de ces denrées, de réduire le déficit de la balance commerciale induit, entre autres, par les importations de céréales, et de soutenir la souveraineté alimentaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Tunisie importe 85% de ses besoins en céréales </h2>



<p>Rappelons à ce propos que la Tunisie dépend fortement des importations pour couvrir ses besoins céréaliers, avec une consommation annuelle d’environ 3,4 à 4 millions de tonnes. En raison de la sécheresse, le pays importe plus de 85 % de son blé tendre et une part importante de son blé dur et orge, principalement de Russie et de l’Union européenne (UE). </p>



<p>Dans ce contexte, Ezzeddine Ben Cheikh a indiqué que la quantité totale de céréales collectées lors de la campagne précédente s’élevait à environ 12 millions de quintaux, dont 8,3 millions de quintaux de blé dur, 2,9 millions de quintaux d’orge et 0,65 million de quintaux de blé tendre.</p>



<p>Ce résultat a été obtenu grâce au renforcement des capacités de stockage existantes, avec un million de quintaux supplémentaires, et à la mise en œuvre par l’Office national des céréales d’un plan opérationnel prévoyant l’évacuation anticipée des céréales des centres de collecte. Ce plan était en vigueur depuis le début de la campagne, fin mai 2025, dans le gouvernorat de Kairouan, et la limitation de la capacité de chargement des camions de transport de céréales a été suspendue.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des agriculteurs fortement endettés </h2>



<p>Dans un autre contexte, l’encours des prêts aux agriculteurs du secteur agricole s’élevait à environ 4,6 milliards de dinars, selon les données de la Banque centrale datant de novembre 2025.</p>



<p>Par ailleurs, 5&nbsp;674 agriculteurs avaient bénéficié de 7&nbsp;257 prêts de la Banque tunisienne de solidarité en 2025, pour un montant total de 53,9 millions de dinars, dont 49,1 millions de dinars de pénalités de retard et 4,8 millions de dinars d’intérêts contractuels.</p>



<p>Le département travaille actuellement à la mise en œuvre des mesures de rééchelonnement de la dette prévues par la loi de finances 2026.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong> </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/19/tunisie-mesures-pour-assurer-de-bonnes-recoltes-de-cereales/">Tunisie | Mesures pour assurer de bonnes récoltes de céréales</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
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		<title>Tunisie &#124; Réformer l’administration avant qu’elle n’étouffe le pays</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/12/tunisie-reformer-ladministration-avant-quelle-netouffe-le-pays/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 07:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelwaheb Ben Moussa]]></category>
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		<category><![CDATA[bureaucratie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour sortir d'une stagnation économique prolongée, la Tunisie doit faire sauter d'urgence le verrou bureaucratique. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/12/tunisie-reformer-ladministration-avant-quelle-netouffe-le-pays/">Tunisie | Réformer l’administration avant qu’elle n’étouffe le pays</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La Tunisie se trouve à un tournant historique. Longtemps saluée pour la diversité de son économie et la qualité de son capital humain, elle pourrait basculer soit dans une stagnation prolongée, soit dans une véritable transformation. Mais pour que ce potentiel se concrétise, il faudra dépasser l’entrave historique que représente l’administration.</em></strong></p>



<p><strong>Abdelwaheb Ben Moussa</strong> *</p>



<span id="more-18462435"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Contrairement à certains voisins mono-sectoriels, la Tunisie dispose d’un mix industriel, agricole et technologique qui, correctement exploité, peut absorber certains chocs économiques. L’industrie manufacturière, le tourisme, l’agriculture et les services constituent un socle solide, soutenu par une main-d’œuvre qualifiée et une proximité stratégique avec l’Europe.</p>



<p>Pourtant, cette diversification reste fragile : croissance faible, inflation persistante et chômage des jeunes souvent supérieur à 30 %. La dette publique, supérieure à 80 % du PIB, limite la marge de manœuvre de l’État. La diversification seule ne suffit pas : sans réformes structurelles, les atouts du pays resteront largement inexploités.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faire face au frein bureaucratique</h2>



<p>L’administration tunisienne, héritée d’un État centralisé et renforcée après la révolution de 2011, demeure un obstacle majeur à l’investissement et à la création d’entreprises. Les procédures complexes et la multiplication des autorisations étouffent l’initiative privée et favorisent l’informalité.</p>



<p>Certains diront que la bureaucratie protège les citoyens et encadre l’économie. C’est vrai dans une certaine mesure. Mais l’excès de procédures freine la compétitivité et le développement. La digitalisation, la simplification des licences et la mise en place d’un guichet unique pour les investisseurs pourraient accélérer les projets tout en maintenant la régulation et la transparence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des secteurs porteurs pour relancer l’économie</h2>



<figure class="wp-block-gallery aligncenter has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="1000" data-id="18462442" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Tunisie-20235.jpg" alt="" class="wp-image-18462442" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Tunisie-20235.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Tunisie-20235-240x300.jpg 240w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Tunisie-20235-768x960.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Tunisie-20235-580x725.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="1000" data-id="18462440" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Relance-Tunisienne.jpg" alt="" class="wp-image-18462440" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Relance-Tunisienne.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Relance-Tunisienne-240x300.jpg 240w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Relance-Tunisienne-768x960.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Relance-Tunisienne-580x725.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>
</figure>



<p>Plusieurs secteurs – énergies renouvelables, industrie technologique, numérique et agro-industrie – pourraient soutenir une croissance annuelle de 3 à 4 % en Tunisie d’ici 2035. Mais cette trajectoire reste conditionnée par des réformes structurelles, notamment la modernisation de l’administration et la gestion des défis économiques et climatiques.</p>



<p>Si la Tunisie parvient à canaliser ses forces, plusieurs secteurs pourraient devenir les véritables moteurs d’une relance durable d’ici 2035. Imaginez un pays où le désert tunisien n’est plus un obstacle, mais une source de puissance énergétique. Des panneaux solaires étincelants s’étendent sur des hectares, et des éoliennes tournent au rythme des vents méditerranéens, produisant de l’électricité non seulement pour alimenter le pays, mais aussi pour exporter vers l’Europe.</p>



<p>Les énergies renouvelables représentent bien plus qu’une solution écologique : elles sont un levier stratégique pour réduire la dépendance énergétique, attirer des investissements et créer des emplois dans des régions longtemps délaissées.</p>



<p>L’industrie automobile et électronique pourrait devenir un autre pilier de cette transformation. Déjà intégrée aux chaînes européennes, la Tunisie a l’opportunité de se positionner sur les véhicules électriques et les composants high-tech. Chaque usine capable de produire localement des pièces pour l’Europe ou de créer des composants électroniques de pointe est une promesse de modernisation industrielle et de dynamisation de l’exportation, tout en développant des compétences technologiques rares dans la région.</p>



<p>Dans les villes comme Tunis, Sfax et Sousse, le secteur numérique et les startups offre un horizon tout aussi prometteur. Des jeunes ingénieurs et développeurs, formés dans les meilleures écoles tunisiennes, rêvent de transformer l’innovation en valeur économique. Les coûts compétitifs et l’expertise locale peuvent faire naître un véritable écosystème technologique, capable de rivaliser avec les hubs régionaux et d’attirer des investisseurs internationaux.</p>



<p>Enfin, l’agro-industrie modernisée pourrait revitaliser les régions intérieures. Imaginez des champs équipés de systèmes d’irrigation intelligents et de technologies avancées, transformant les produits locaux en biens exportables à forte valeur ajoutée : huile d’olive de qualité, dattes soigneusement sélectionnées, fruits et légumes conditionnés pour les marchés européens. Ce secteur ne serait pas seulement un moteur économique : il offrirait des emplois stables, réduisant les disparités régionales et donnant un nouvel élan aux zones rurales.</p>



<p>Si ces quatre secteurs sont développés de manière cohérente et planifiée, le pays pourrait soutenir une croissance annuelle de 3 à 4 %, ramener le chômage global à environ 10 % et créer des emplois répartis entre le littoral et l’intérieur, donnant enfin vie au potentiel longtemps contenu de la Tunisie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vigilance face aux risques persistants</h2>



<p>Pourtant, cette projection optimiste n’est pas automatique. La Tunisie doit naviguer avec prudence face à plusieurs obstacles majeurs. La dette publique élevée continue de limiter les marges de manœuvre, freinant les investissements et la construction d’infrastructures vitales. Le chômage des jeunes, toujours très élevé dans certaines régions, reste un facteur de tension sociale et une menace pour la rétention des talents. Et le spectre du stress climatique plane sur l’agriculture et l’industrie agroalimentaire : sécheresses répétées et raréfaction de l’eau pourraient fragiliser la production, ralentissant les ambitions de croissance.</p>



<p>Ces défis ne sont pas insurmontables, mais ils mettent en évidence une vérité simple : le succès dépendra de la cohérence des politiques publiques et de la capacité à réformer l’administration. Sans cette volonté de modernisation et d’action structurée, même les meilleures idées resteront lettre morte, et le potentiel de la Tunisie continuera d’être étouffé par ses propres structures.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Agir ou périr</h2>



<p>La Tunisie a tous les atouts pour réussir : diversification économique, capital humain qualifié et position stratégique. Mais le temps presse. L’administration doit être modernisée, les procédures simplifiées, et les investissements ciblés et protégés.</p>



<p>Le choix est clair et brutal : soit la Tunisie réforme son administration et libère son potentiel, soit elle condamne ses talents, ses richesses et ses ambitions à mourir sous le poids de ses propres procédures.</p>



<p><em>* Ingénieur informatique, cadre d’une entreprise publique.</em></p>



<p><em>** Un outil d’intelligence artificielle a été utilisé pour affiner la structure, fluidifier le texte et vérifier la cohérence des informations factuelles.</em></p>
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		<item>
		<title>La Tunisie s’endette et fait du surplace</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/02/la-tunisie-sendette-et-fait-du-surplace/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Mar 2026 07:35:58 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Elyes Kasri]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie est confrontée au défi de la robotisation et de l’IA qui risquent de détourner les investissements étrangers qu'elle attire.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/02/la-tunisie-sendette-et-fait-du-surplace/">La Tunisie s’endette et fait du surplace</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans un monde en effervescence et une concurrence qui avance au pas de course, la Tunisie ne peut plus se permettre de faire du surplace et de distribuer l’endettement tout en accablant l’initiative et l&rsquo;entrepreneuriat.</em></strong></p>



<p><strong>Elyes Kasri</strong> *</p>



<span id="more-18425652"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure>
</div>


<p>En plus de son infrastructure qui accumule les déficiences et les retards par rapport à ses concurrents dans sa région et ailleurs, la Tunisie est confrontée au grand défi de la robotisation et de l’intelligence artificielle qui risquent de détourner les investissements étrangers attirés depuis 1972 principalement par l’équation <em>low skills/low wages</em> (basse compétence/bas salaires).</p>



<p>En dépit de quelques cas qui restent malheureusement l’exception par rapport à la majorité des investissements étrangers de basse ou moyenne technicité et valeur ajoutée, la perpétuation du mode de production et de gouvernance des années 80 du siècle dernier fait que le cadre législatif, administratif et fiscal, en dépit et peut être même à cause des nombreuses expérimentations politiques, n’encourage ni la transition vers des activités à haute valeur ajoutée ni des investissements d’avant-garde. Et ce, à quelques rares exceptions d’exploitation de techniciens supérieurs et ingénieurs dans des opérations de délocalisation d’activités subalternes et facilement transposable ailleurs avec un minimum de rétention de savoir-faire en Tunisie.</p>



<p>Au lieu de se satisfaire du modèle désormais obsolète des salons/foires de l’investissement qui ont fini par prendre l’allure d’exposition de vœux (plutôt que des projets) d’infrastructure pour un pays dont le classement souverain a connu une chute brutale depuis 2011, la Tunisie gagnerait à engager une réflexion stratégique – avec l’apport de compétences nationales et mondiales à l&rsquo;abri de toute tentation d’un quelconque maroquin ou satisfécit politique – sur les pré requis et les mécanismes de la compétitivité internationale du pays. Non pas pour offrir des avantages exorbitants aux investisseurs étrangers mais plutôt un cadre institutionnel, réglementaire, fiscal et monétaire en mesure de faire de chaque diplômé tunisien ou autodidacte avec une idée intéressante, un entrepreneur potentiel susceptible d’attirer des partenaires étrangers ou de se tailler une place sur les marchés étrangers.</p>



<p>Dans un monde en effervescence et une concurrence qui avance au pas de course (le Maroc, l’Egypte et la Turquie en sont quelques exemples), la Tunisie ne peut plus se permettre de faire du surplace et de distribuer l’endettement tout en accablant l’initiative et l&rsquo;entrepreneuriat.</p>



<p>Il est grand temps de changer de paradigme et de reprendre l’initiative. Ce défi est à la portée des Tunisiens pourvu que la volonté et la vision politique soient au rendez-vous.</p>



<p><em>* Ancien ambassadeur.</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; Une « révolution » qui a cannibalisé l’économie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/22/tunisie-une-revolution-qui-a-cannibalise-leconomie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Jan 2026 08:27:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
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		<category><![CDATA[révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie post-2011 a réussi l’exploit de transformer une révolution en catastrophe économique intégrale.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/22/tunisie-une-revolution-qui-a-cannibalise-leconomie/">Tunisie | Une « révolution » qui a cannibalisé l’économie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><span><em style="font-weight: bold;">Le 14 janvier 2011, la Tunisie écrivait une page glorieuse de son histoire. Zine el-Abidine Ben Ali fuyait le pays, emportant avec lui des richesses spoliées et le destin pathétique d</em></span><strong><em>e finir ses jours et d’être enterré en Arabie Saoudite, loin du pays qu’il avait gouverné pendant vingt-trois ans. Ce jour-là, Tunis vibrait d’espérance. Les poètes proclamaient que «le destin répondrait aux aspirations du peuple». Le monde entier applaudissait ce petit pays maghrébin qui osait défier la tyrannie. Quinze ans plus tard, le bilan est d’une brutalité insoutenable : la Tunisie post-2011 a réussi l’exploit de transformer une révolution en catastrophe économique intégrale.</em></strong></p>



<p><strong>Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-18273412"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p>Comparez la Tunisie de 2011 avec la Serbie de 2000, et vous mesurerez l’abîme qui sépare une vraie transition d’une mascarade. Lorsque Slobodan Milošević est tombé, le nouveau gouvernement serbe a agi avec détermination : rétablissement des relations avec le FMI, réouverture du commerce, stabilisation macroéconomique immédiate. L’inflation a chuté de moitié, la croissance a explosé à 6% par an, les capitaux étrangers sont revenus en masse. Les Serbes ont cru que les règles avaient changé, et l’économie a répondu.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La paix sociale à crédit</h2>



<p>La révolution du jasmin, elle, a accouché d’un monstre. Des élections compétitives, certes. Une constitution démocratique, effectivement. Mais l’économie ? Totalement sacrifiée sur l’autel de la lâcheté politique et du clientélisme généralisé. Les gouvernements successifs – qu’ils soient islamistes, laïques, technocrates ou populistes – ont tous adopté la même stratégie suicidaire : acheter la paix sociale à crédit.</p>



<p>La masse salariale du secteur public a explosé, passant de 12% du PIB en 2010 à plus de 15% aujourd’hui. Des dizaines de milliers de postes ont été créés non pas pour améliorer les services publics, mais pour calmer les manifestants.</p>



<p>L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), ce syndicat mafieux déguisé en défenseur des travailleurs, a obtenu tout ce qu’elle voulait : augmentations salariales, primes garanties, impunité totale pour ses adhérents. Résultat ? Un État obèse, paralysé, incapable de fournir le moindre service décent malgré une armée de fonctionnaires payés à ne rien faire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un suicide économique par consensus</h2>



<p>Pendant ce temps, les choix difficiles ont été systématiquement reportés. Les subventions – cette drogue économique qui représente aujourd’hui 6,3% du PIB – n’ont jamais été réformées. Pire : elles ont augmenté. L’essence, le pain, l’électricité, l’eau et même le gaspillage… tout est subventionné. Pas pour aider les pauvres, qui en bénéficient proportionnellement moins, mais pour éviter les émeutes. La Tunisie dépense des milliards de dinars pour subventionner les 4&#215;4 des classes aisées pendant que les hôpitaux publics manquent de gaze. Et depuis peu de médicaments vitaux.</p>



<p>Les entreprises publiques ? Toujours là, toujours aussi inefficaces, toujours aussi corrompues, toujours aussi irrespectueuses du droit citoyen à un service public digne de nom. La Tunisair perd des centaines de millions chaque année. La Steg, la Sonede, la Pharmacie centrale – toutes au bord de la faillite, toutes maintenues en vie par perfusion budgétaire. Et l’économie doit payer la facture, par une sur-fiscalisation honteuse.</p>



<p>Aucun gouvernement n’a osé les privatiser, les restructurer, ou même simplement exiger qu’elles cessent de saigner les finances publiques. Aucune évaluation sérieuse de ces vampires des taxes des contribuables. Pourquoi ? Parce que l’UGTT menace de grève générale au moindre murmure de réforme.</p>



<p>La rigidité du marché du travail ? Intacte. Le Code du travail tunisien, cette relique protectionniste des années 1960, rend le licenciement quasiment impossible. Résultat : les entreprises privées n’embauchent plus, ou embauchent au noir.</p>



<p>Le chômage des jeunes – le grief initial qui a déclenché la révolution – stagne autour de 40% dans certaines régions. Les diplômés universitaires attendent des années un emploi public qui ne viendra jamais, pendant que le secteur privé étouffe sous les contraintes réglementaires. Leurs diplômes ne valent plus rien, tellement l’UGTT a bourré le système éducatif par les moins compétents.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La corruption viscérale</h2>



<p>Et la corruption ? Ah, la corruption ! Le régime de Ben Ali était une kleptocratie familiale organisée. Au moins avait-elle une certaine efficacité : tu payais la famille Trabelsi, et ton business fonctionnait.</p>



<p>Depuis 2011, la corruption s’est démocratisée. Elle est devenue diffuse, décentralisée, tentaculaire. Chaque parti politique, chaque administration, chaque niveau de gouvernement a développé ses propres réseaux de prédation.</p>



<p>En 2018, la confiance dans le gouvernement avait chuté de moitié par rapport à 2011. Les investisseurs ont compris que la <em>«nouvelle Tunisie»</em> n’était que l’ancienne en pire : plus instable, plus corrompue, plus paralysée.</p>



<p>Les IDE se sont effondrés. En 2010, malgré la dictature, la Tunisie attirait 1,5 milliard de dollars d’investissements étrangers. En 2023, après treize ans de <em>«démocratie»</em>, ce chiffre peinait à atteindre 800 millions.</p>



<p>Les investisseurs ont vu de nouvelles politiques s’empiler sur l’ancienne économie sans rien changer au fond. Pire encore : ils ont vu l’instabilité politique détruire la seule chose que Ben Ali offrait – la prévisibilité. Sous la dictature, on savait à quoi s’attendre.</p>



<p>Depuis 2011, personne ne sait rien. Les gouvernements tombent tous les dix mois. Les politiques changent au gré des coalitions et humeurs de leur patron. Les promesses ne valent rien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du chaos démocratique au chaos autoritaire</h2>



<p>Puis vint Kaïs Saïed. Élu triomphalement en 2019 avec 73% des voix, porté par le ras-le-bol généralisé envers la classe politique. Le 25 juillet 2021, il suspend le parlement, concentre tous les pouvoirs, promet de <em>«nettoyer»</em> le système. Les Tunisiens fatigués applaudissent. Enfin, quelqu’un va agir !</p>



<p>Quatre ans plus tard, le verdict est sans appel : Saïed a encore plus enfoncé le sens du travail et du mérite. Une catastrophe intégrale véhiculée par encore moins de compréhension des principes fondamentaux de l’économie. On détruit les institutions démocratiques sans rien construire à la place. On écarte les partis politiques sans proposer d’alternative. On dissout le parlement sans améliorer la gouvernance. On concentre tous les pouvoirs pour… ne rien faire, comme réforme structurante, courageuse et conçues à l’aune des résultats.</p>



<p>Ou plutôt si : on a aggravé la situation. On a rejeté l’accord avec le FMI, ce qui aurait au moins apporté 1,9 milliard de dollars et imposé des réformes structurelles. Et pour quel argument ?</p>



<p>La <em>«souveraineté nationale»</em> et le refus des <em>«diktats néolibéraux»</em>. Noble posture. Sauf qu’il n’a aucun plan B.</p>



<p>La dette publique atteint 81% du PIB. Le service de la dette engloutit 14% du PIB – de l’argent qui ne va ni dans l’éducation, ni dans la santé, ni dans les infrastructures. Les réserves en devises fondent à vue d’œil. Les pénuries de produits de base se multiplient.</p>



<p>Pendant ce temps, l’État donne des discours surréalistes sur les <em>« complots étrangers »</em> et les «&nbsp;<em>traîtres à la nation »</em>. Il arrête des opposants politiques. Il musèle les médias. Il persécute les migrants subsahariens dans des raids racistes dignes des heures les plus sombres.</p>



<p>Et l’économie ? Elle continue de sombrer dans l’indifférence la plus totale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le naufrage en chiffres</h2>



<p>Les chiffres sont implacables. Catastrophiques. La croissance moyenne post-2011 ? Misérable 1,5% par an, contre 4-5% sous Ben Ali. Le chômage ? Passé de 13% en 2010 à plus de 16% aujourd’hui, et toujours autour de 40% pour les jeunes diplômés. L’inflation ? Chroniquement supérieure à 7-8% ces dernières années, atteignant 10% en 2023. Les salaires réels ? En baisse constante depuis quinze ans. La paupérisation ronge les classes moyennes, alors que les affaires proposèrent pour les plus aisés à Tunis et sa banlieue nord.</p>



<p>La Tunisie de 2026 est objectivement plus pauvre, plus endettée, plus désespérée qu’en 2010. Le PIB par habitant en termes réels a à peine progressé d’un iota.</p>



<p>Des centaines de milliers de Tunisiens – souvent les plus qualifiés – ont fui le pays. Les <em>boat people</em> se noient par centaines en Méditerranée chaque année, fuyant ce paradis démocratique que le monde entier leur envie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’ancre institutionnel, ce chaînon manquant</h2>



<p>Le problème fondamental ? L’absence totale de crédibilité institutionnelle. Une rupture politique ne produit des résultats économiques que si elle établit un point d’ancrage clair : qui décide, selon quelles règles, et pour combien de temps.</p>



<p>La Tunisie post-2011 n’a jamais fourni cette clarté. Gouvernements éphémères (une quinzaine de premiers ministres et plus de 750 ministres), coalitions fragiles, constitution réécrite, institutions détruites puis reconstruites puis détruites de nouveau.</p>



<p>Aucun investisseur sensé ne peut miser sur un pays où les règles du jeu – notamment fiscales – changent tous les dix-huit mois. Aucune entreprise ne peut planifier quand elle ne sait pas si le gouvernement tiendra encore l’année prochaine. Aucun citoyen ne peut investir dans l’avenir quand cet avenir est illisible.</p>



<p>L’économie de la rupture est une question de crédibilité. La Tunisie post-2011 a détruit méthodiquement toute crédibilité. Chaque gouvernement a promis des réformes avant de capituler face à l’UGTT. Chaque coalition a juré de réduire la dépense publique avant d’augmenter les salaires pour acheter la paix sociale. Chaque président a proclamé la guerre à la corruption tout en laissant prospérer les réseaux clientélistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le verdict final</h2>



<p>La révolution tunisienne n’a pas échoué par accident. Elle a été consciemment sabotée par une classe politique incapable, lâche et corrompue.</p>



<p>Des islamistes d’Ennahdha aux laïcs de Nidaa Tounes, des technocrates aux populistes, tous ont préféré leur survie politique immédiate à l’intérêt national à long terme. Tous ont refusé les choix difficiles. Tous ont bradé l’avenir pour acheter le présent.</p>



<p>Et les Tunisiens ? Ils paient cash. Quinze ans après avoir renversé un dictateur, ils sont plus pauvres, plus désespérés, plus impuissants. Le destin devait répondre à leurs aspirations. Il leur a craché au visage.</p>



<p>La révolution tunisienne restera dans l’histoire comme la preuve éclatante qu’un changement de régime sans transformation économique structurelle ne produit qu’une chose : le chaos stérile.</p>



<p>La Tunisie post-2011 est un cimetière d’espoirs, un monument à l’incompétence collective, une démonstration grandeur nature que la démocratie sans responsabilité économique mène droit à l’abîme. Le jasmin est mort. Il ne reste que les épines du cactus (el hindi) qui entouraient le Jasmin… de l’espoir !</p>



<p><em>* Economiste universitaire.</em></p>



<p><strong><em>Blog de l’auteur </em></strong>: <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Economics for Tunisia</a>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="WKS6SUKgqt"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/19/selon-lia-y-aura-t-il-une-nouvelle-revolution-en-tunisie/">Selon l’IA, y aura-t-il une nouvelle révolution en Tunisie ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Selon l’IA, y aura-t-il une nouvelle révolution en Tunisie ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/19/selon-lia-y-aura-t-il-une-nouvelle-revolution-en-tunisie/embed/#?secret=GmlKYdWWC9#?secret=WKS6SUKgqt" data-secret="WKS6SUKgqt" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/22/tunisie-une-revolution-qui-a-cannibalise-leconomie/">Tunisie | Une « révolution » qui a cannibalisé l’économie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Tunisie &#124; Louzir plaide pour des mesures en faveur de l’investissement</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Jan 2026 11:33:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[CCITF]]></category>
		<category><![CDATA[endettement]]></category>
		<category><![CDATA[fonction publique]]></category>
		<category><![CDATA[loi de finances 2026]]></category>
		<category><![CDATA[masse salariale]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Louzir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mohamed Louzir déplore la faiblesse des mesures en faveur de l’investissement créateur de croissance, de richesses et d’emploi dans la LF2026. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/09/tunisie-louzir-plaide-pour-des-mesures-en-faveur-de-linvestissement/">Tunisie | Louzir plaide pour des mesures en faveur de l’investissement</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les mesures à caractère social ont dominé la loi de finances 2026. On y constate un très fort impact des dépenses à caractère social contre une faiblesse des mesures en faveur de l’investissement créateur de croissance, de richesses et d’emploi, a indiqué, jeudi 8 janvier 2026, à Tunis, Mohamed Louzir, secrétaire général de la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française (CCITF).</em></strong></p>



<span id="more-18215267"></span>



<p>Intervenant lors d’une matinée d’information et d’échanges consacrée aux nouvelles dispositions de la loi de finances 2026, Louzir a précisé que les dépenses à caractère social et de subvention dépassent 19 milliards de dinars soit l’équivalent de 5 472 dinars par an pour chacune des 3 472&nbsp;188 familles dénombrées en Tunisie en 2025.</p>



<p><em>«Ces aides sociales importantes sont par ailleurs, associées à un système de gestion compliqué, non efficace, à risque et présentant une complexité de chiffrage et de suivi»</em>, a-t-il ajouté, par allusion à la lourde machine bureaucratique nationale.</p>



<p>Louzir a, par ailleurs, évoqué le poids de la masse salariale de la fonction publique soulignant la croissance, depuis 2010, de 35% des effectifs et de 191% du salaire brut annuel moyen. <em>«Cette augmentation des effectifs qui s’accompagne par un véritable manque de productivité, pose un vrai problème auxquelles de vraies solutions devraient être trouvées», </em>a-t-il dit<em>.</em></p>



<p>Le secrétaire général de la CCITF s’est en outre longuement arrêté sur la forte pression fiscale qui est des plus élevées en Afrique, précisant que celle-ci s’est établie à 33,5% du PIB en 2022. Elle devrait passer à plus de 34% à fin 2025 et se poursuivre en 2026.</p>



<p><em>«L’impôt sur les sociétés a significativement augmenté passant de 2,8 milliards en 2022 à 6 milliards en 2025, soit une augmentation de 113% en 3 ans. Cette tendance ne va pas être inversée en 2026. Trop d’impôt tue l’impôt. Cette tendance va certainement impacter négativement, les investissements»</em>, a enchaîné Louzir.</p>



<p><em>«L’autre problème en rapport avec la fiscalité en Tunisie est que le nombre de contribuables reste faible vu l’importance de l’informel qui grignote plus de 40% du PIB»</em>, a-t-il encore déploré.</p>



<p>Autre problème évoqué par Louzir, le poids de la dette. Face aux difficultés à lever la dette extérieure, il y a eu un asséchement du marché local par le fort financement de l&rsquo;Etat au détriment de l’investissement public et privé (part de l’Etat dans le total des crédits est passé de 17% en 2020 à 33,4% en 2025), outre le financement du déficit par le recours à l’emprunt direct auprès de la Banque centrale.</p>



<p>S’agissant des mesures que la CCITF aurait souhaité trouver dans la LF2026, Louzir a parlé de signaux de confiance aux investisseurs publics et privés, de vraies actions de restructuration des entreprises et des administrations publiques, une orientation des fonds de la BCT vers le secteur productif plutôt que vers les dépenses de fonctionnement, une accélération de la réforme fiscale, des encouragements tangibles pour les secteurs porteurs comme l’énergie renouvelable ou l’intelligence artificielle et un maintien du dialogue avec les bailleurs de fonds internationaux.</p>



<p>D’après <a href="https://www.tap.info.tn/fr/Portail-%C3%A0-la-Une-FR-top/19675495-loi-de-finances" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tap</a>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="nM1aVU47cI"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/08/ahmed-el-karm-letat-doit-soutenir-davantage-lentreprise/">Ahmed El Karm | «L’Etat doit soutenir davantage l’entreprise»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ahmed El Karm | «L’Etat doit soutenir davantage l’entreprise» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/08/ahmed-el-karm-letat-doit-soutenir-davantage-lentreprise/embed/#?secret=aoT99uCPTN#?secret=nM1aVU47cI" data-secret="nM1aVU47cI" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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		<item>
		<title>Tunisie &#124; Un Etat social sans croissance forte est une fiction</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/03/tunisie-un-etat-social-sans-croissance-forte-est-une-fiction/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Jan 2026 10:22:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[croissance]]></category>
		<category><![CDATA[endettement]]></category>
		<category><![CDATA[Etat social]]></category>
		<category><![CDATA[investissement]]></category>
		<category><![CDATA[pression fiscale]]></category>
		<category><![CDATA[services publics]]></category>
		<category><![CDATA[subvention]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sans croissance forte, le projet d’État social préconisé par le président Kaïs Saïed reste de la pure gesticulation politique.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/03/tunisie-un-etat-social-sans-croissance-forte-est-une-fiction/">Tunisie | Un Etat social sans croissance forte est une fiction</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Renforcer l’État social, comme le préconise aujourd’hui le régime en place en Tunisie, est un objectif légitime. Mais sans croissance d’au moins 3 %, il restera un projet sans fondations… de la pure gesticulation politique. Vouloir protéger les plus vulnérables sans relancer la croissance finit par affaiblir l’ensemble du tissu économique, y compris ceux que l’on prétend défendre.</em></strong><strong></strong></p>



<p><strong>Moktar Lamari *</strong></p>



<span id="more-18184043"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p>Depuis trois années, le discours politique officiel en Tunisie insiste sur la nécessité d’édifier un État social fort, protecteur, équitable, capable de garantir la dignité, l’accès aux services publics et la justice sociale.</p>



<p>Ce projet, porté avec constance par le président Kaïs Saïed, répond à une aspiration réelle et profonde de larges franges de la population. Mais à force de privilégier l’intention politique sans en affronter les contraintes économiques, une question centrale demeure trop souvent éludée : un modèle social renforcé est-il possible sans croissance économique significative ?</p>



<p>La réponse, aussi inconfortable soit-elle, est non. Sans une croissance annuelle d’au moins 3 % (et plusieurs années de suite), le renforcement du modèle social tunisien relève davantage de la simple rhétorique que de la politique publique effective.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vivre au-dessus de ses moyens</h2>



<p>Le modèle social — subventions, services publics, protection sociale, investissements dans la santé, l’éducation et les infrastructures — a un coût. Ce coût n’est pas idéologique, il est comptable. Or, dans une économie à croissance faible, voire stagnante, l’État ne crée pas suffisamment de richesses nouvelles pour financer durablement ces engagements. Il ne fait alors que redistribuer une richesse existante qui s’amenuise, aggravant mécaniquement les tensions budgétaires.</p>



<p>Depuis plusieurs années, la croissance tunisienne évolue en dessous de son potentiel. Elle est insuffisante pour absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail, encore moins pour réduire le chômage structurel, améliorer les revenus et élargir l’assiette fiscale. Dans ce contexte, chaque dinar supplémentaire dépensé pour le social est financé soit par l’endettement, soit par la compression d’autres dépenses, soit par une pression fiscale accrue sur une économie déjà fragilisée.</p>



<p>Le paradoxe est là : vouloir protéger les plus vulnérables sans relancer la croissance finit par affaiblir l’ensemble du tissu économique, y compris ceux que l’on prétend défendre.</p>



<p>Les subventions généralisées, par exemple, deviennent de plus en plus coûteuses dans un contexte inflationniste et bénéficient souvent davantage aux ménages les plus aisés qu’aux plus pauvres. Sans croissance, leur réforme devient politiquement risquée et économiquement explosive.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Modèle de survie ?</h2>



<p>Une croissance d’au moins 3 % n’est pas un chiffre arbitraire. Elle correspond, dans le cas tunisien, au seuil minimal permettant de stabiliser les finances publiques, de créer des emplois nets et d’augmenter les recettes fiscales sans alourdir la pression sur les acteurs existants. En dessous de ce seuil, l’État court après les urgences, gère la pénurie et transforme le modèle social en simple mécanisme de survie.</p>



<p>Or, le discours dominant tend parfois à opposer croissance et justice sociale, comme si la première était suspecte et la seconde moralement supérieure. Cette opposition est intellectuellement séduisante, mais économiquement dangereuse. Il n’y a pas de justice sociale durable sans création de richesse. La redistribution ne précède pas la production ; elle en dépend.</p>



<p>Le renforcement du rôle de l’État, tel qu’il est envisagé aujourd’hui, suppose un secteur productif dynamique, capable d’investir, d’exporter, d’innover et de créer de l’emploi.</p>



<p>Cela implique un climat de confiance, une visibilité réglementaire, un accès au financement et une administration efficace. Sans ces conditions, la croissance restera molle, et le modèle social restera sous-financé.</p>



<p>Le risque majeur est alors celui d’un État social sans moyens, contraint de multiplier les annonces sans pouvoir les traduire en politiques effectives. Les attentes sociales augmentent, mais les ressources stagnent. Ce décalage alimente frustration, perte de crédibilité et tensions sociales. À terme, c’est le modèle lui-même qui se délégitime.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sans croissance forte, point de salut</h2>



<p>Il ne s’agit pas de renoncer à l’ambition sociale portée par le président, ni de l’opposer à une vision purement libérale de l’économie. Il s’agit de rappeler une évidence souvent oubliée : la croissance n’est pas un luxe, c’est une condition de souveraineté sociale. Sans elle, l’État devient dépendant de financements extérieurs, de mesures d’urgence et d’arbitrages douloureux.</p>



<p>La vraie question n’est donc pas de savoir si la Tunisie veut un modèle social fort. La société tunisienne a déjà répondu. La vraie question est de savoir comment créer les conditions d’une croissance inclusive, soutenable et durable, capable de financer ce modèle sans l’asphyxier.</p>



<p>En l’absence d’une stratégie claire de relance de l’investissement, de modernisation productive et d’intégration économique, le modèle social restera une promesse fragile. Et les promesses sociales, lorsqu’elles ne reposent pas sur des bases économiques solides, finissent toujours par se retourner contre ceux qu’elles prétendent protéger.</p>



<p>Renforcer l’État social est un objectif légitime. Mais sans croissance d’au moins 3 %, il restera un projet sans fondations… de la pure gesticulation politique.</p>



<p><em>* Economiste universitaire.</em></p>



<p><strong><em>Blog de l&rsquo;auteur</em></strong>: <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494" target="_blank" rel="noreferrer noopener">E4T</a>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="j5bE6DqVvw"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/17/tunisie-un-etat-social-combien-ca-coute/">Tunisie | Un Etat social, combien ça coûte ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Un Etat social, combien ça coûte ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/17/tunisie-un-etat-social-combien-ca-coute/embed/#?secret=RHD2d7T5vD#?secret=j5bE6DqVvw" data-secret="j5bE6DqVvw" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/03/tunisie-un-etat-social-sans-croissance-forte-est-une-fiction/">Tunisie | Un Etat social sans croissance forte est une fiction</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; La loi de finances 2026 adoptée d’ici le 10 décembre</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/28/tunisie-la-loi-de-finances-2026-adoptee-dici-le-10-decembre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Nov 2025 10:46:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Assemblée]]></category>
		<category><![CDATA[budget]]></category>
		<category><![CDATA[endettement]]></category>
		<category><![CDATA[loi de finance]]></category>
		<category><![CDATA[PLF2026]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La loi de finances 2026 de la Tunisie doit être approuvée au plus tard le 10 décembre 2025, comme le stipule le Constitution.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/28/tunisie-la-loi-de-finances-2026-adoptee-dici-le-10-decembre/">Tunisie | La loi de finances 2026 adoptée d’ici le 10 décembre</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La séance plénière conjointe de ce vendredi 28 juillet 2025 entre les membres de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et deux du Conseil national des régions et des districts (CNRD), consacrée à l&rsquo;examen des dispositions du projet de loi de finances 2026 (PLF2026) est consacrée à la présentation du rapport conjoint des commissions des finances et du budget des deux chambres parlementaires sur le PLF2026, suivie d’un débat général.</em></strong></p>



<span id="more-17996351"></span>



<p>Dans les jours suivants, les députés voteront d’abord certaines dispositions du projet de loi, notamment les affectations de missions et de missions spéciales ainsi que certains articles, puis sur la loi dans son ensemble.</p>



<p>Les membres du CNRD voteront ensuite sur la loi de finances 2026, telle qu’approuvée par l’APR, et qui doit être approuvée au plus tard le 10 décembre prochain, conformément aux dispositions de l’article 78, paragraphe 3, de la Constitution de 2022.</p>



<p>Cette loi combine des mesures sociales, des incitations ciblées et une augmentation des recettes grâce à des contributions spécifiques et de nouvelles taxes, en réponse aux besoins de trésorerie de l’Etat toujours couverts par l’emprunt extérieur et intérieur. C’est d’ailleurs là le principal grief retenu contre ce texte, qui serait, selon certains députés, copié et collé de la loi de finances de l’exercice en cours. Trop porté sur la fiscalité et pas assez sur la relance économique, à un moment où la croissance stagne, le déficit budgétaire se creuse et l’endettement s’aggrave, prévue à 85,5 du PIB en 2025 contre <em>«seulement»</em> 68% en 2019, selon la <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/28/la-dette-publique-tunisienne-passe-de-68-du-pib-en-2019-a-845-en-2025/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Banque mondiale</a>.  </p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/28/tunisie-la-loi-de-finances-2026-adoptee-dici-le-10-decembre/">Tunisie | La loi de finances 2026 adoptée d’ici le 10 décembre</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
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