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	<title>Archives des Fathi Triki - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Fathi Triki - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Par-delà les frontières, Ibn Khaldoun reste Tunisien  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Sep 2026 06:33:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Plaidoyer pour une inscription partagée de la ‘‘Muqaddima’’ d'Ibn Khaldoun au Registre «Mémoire du monde» de l’Unesco.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/28/par-dela-les-frontieres-ibn-khaldoun-reste-tunisien/">Par-delà les frontières, Ibn Khaldoun reste Tunisien  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ibn Khaldoun n</em></strong><strong><em>’</em></strong><strong><em>a pas besoin de frontières pour être tunisien&nbsp;</em></strong><strong><em>: p</em></strong><strong><em>laidoyer pour une inscription partagée de la</em></strong> <strong><em>‘‘</em></strong><strong><em>Muqaddima</em></strong><strong><em>’’</em></strong> <strong><em>au Registre «Mémoire du monde»</em></strong> <strong><em>de l’Unesco.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Larguèche</strong> <strong>*</strong></p>



<span id="more-19710241"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg" alt="" class="wp-image-18774922" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Depuis que notre délégation permanente auprès de l’Unesco a annoncé l&rsquo;acceptation du dossier de candidature de la <em>‘‘</em><em>Muqaddima</em><em>’’</em> d’Ibn Khaldoun, présenté conjointement avec l’Algérie, l’Égypte et la Turquie, une vague d’indignation parcourt les réseaux sociaux. De jeunes internautes, souvent sincères, parfois virulents, réclament une inscription exclusivement tunisienne et dénoncent ce qu’ils perçoivent comme une dépossession.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut entendre cette colère, car elle dit quelque chose d’une jeunesse en quête de repères et de fierté. Mais il faut aussi lui répondre, calmement et avec des arguments, car elle repose sur un malentendu profond.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Commençons par ce qui ne souffre aucune discussion. Ibn Khaldoun est né à Tunis en 1332, dans la médina, à deux pas de la Zitouna. C’est là qu’il s&rsquo;est formé, auprès de maîtres comme Ibn Arafa pour le droit et Al-Abili pour les sciences rationnelles. Mon ami et collègue Fathi Triki l’a rappelé avec force : la Zitouna de cette époque restait l’un des rares foyers du monde islamique où la tradition philosophique d’Aristote, d’Al-Farabi, d’Avicenne et d’Averroès continuait d’être enseignée. Sans ce terreau, la science du <em>&lsquo;umran</em> n’aurait sans doute pas vu le jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ibn Khaldoun est Tunisien de naissance, de formation et, pour une large part, de pensée. Aucune inscription conjointe ne retire une once de cette vérité historique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que l’on inscrit réellement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le malentendu vient d’une confusion entre deux choses : la nationalité d’un auteur et la nature d’un patrimoine documentaire. Le Registre <em>«Mémoire du monde»</em> ne distribue pas des passeports posthumes. Il ne dit pas à qui <em>«appartient»</em> Ibn Khaldoun. Il reconnaît la valeur universelle de documents, en l’occurrence des manuscrits, et engage les États qui les détiennent à les conserver, les protéger et les rendre accessibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or les manuscrits de la <em>Muqaddima</em> sont dispersés, à l’image de la vie de leur auteur. Ibn Khaldoun a quitté Tunis jeune, servi à Fès, à Grenade, à Béjaïa, rédigé la première version de son introduction dans la retraite de Qal’at Ibn Salama, sur le sol de l’actuelle Algérie, avant de s’établir au Caire où il enseigna, exerça la magistrature malékite, reprit et enrichit son texte jusqu’à sa mort en 1406.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains des témoins manuscrits les plus précieux, dont des copies revues par l’auteur lui-même, se trouvent aujourd’hui dans les bibliothèques d’Istanbul et du Caire. Prétendre inscrire seul un patrimoine dont une partie essentielle repose dans d’autres pays reviendrait à présenter un dossier incomplet, donc fragile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit international du patrimoine ne fonctionne pas selon nos goûts ni selon le volume des protestations en ligne. Les procédures de l’Unesco privilégient le consensus et encouragent les candidatures conjointes lorsque le patrimoine concerné traverse les frontières. Un dossier unilatéral pouvait se heurter à l’objection d’un autre État et se trouver bloqué pour des années. Ceux qui ont conduit ce projet l’ont compris. En associant les pays où Ibn Khaldoun a vécu, écrit et laissé des traces, ils ont choisi la voie de la réussite plutôt que celle d’un affrontement stérile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rappelons au passage que Michel Foucault a écrit à Sidi Bou Saïd une partie de <em>‘‘</em><em>L</em><em>’</em><em>Archéologie du savoir</em><em>’’</em>. Personne n’en conclut qu’il est devenu tunisien, ni que la France a perdu un penseur. Le lieu de naissance, le lieu d’écriture et le lieu de conservation sont trois réalités distinctes qui peuvent coexister sans se nier.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que la Tunisie y gagne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Loin d’être un renoncement, l’inscription conjointe est une victoire tunisienne. La Tunisie est le pays porteur, celui qui a pris l’initiative, mobilisé les institutions et fédéré les partenaires. Être à l’origine d’une candidature multinationale, c’est exercer un leadership culturel reconnu à l’échelle régionale et internationale. C’est démontrer une capacité de diplomatie patrimoniale que bien des pays nous envient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’œuvre elle-même y gagne davantage encore. Une inscription partagée ouvre la voie à une mise en réseau des manuscrits, à des programmes de numérisation communs, à des éditions critiques comparées, à une circulation des chercheurs entre Tunis, Alger, Le Caire et Istanbul. Elle permet de reconstituer, au moins virtuellement, l’unité d’un texte que l’histoire a dispersé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà ce que devrait être la véritable fierté tunisienne : non pas enfermer Ibn Khaldoun dans nos frontières, mais être le pays qui a rendu sa <em>Muqaddima</em> à l’humanité tout entière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a enfin une ironie cruelle dans cette querelle. Ibn Khaldoun est le penseur qui a analysé avec le plus de lucidité la <em>&lsquo;asabiyya</em>, cette solidarité de groupe qui fonde les pouvoirs mais qui, lorsqu’elle se referme sur elle-même, annonce leur déclin. Défendre son héritage par un repli identitaire, c’est lui faire la leçon qu’il nous a lui-même enseignée à l’envers. Sa pensée a franchi les siècles précisément parce qu&rsquo;elle refusait l’étroitesse dynastique pour embrasser le mouvement des sociétés humaines. Il est Tunisien, et il est universel. Les deux affirmations ne s’opposent pas, elles se fortifient mutuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si cette tempête a pu prendre une telle ampleur, ce n’est pas seulement la faute d’une jeunesse mal informée. C’est aussi, et surtout, la responsabilité de ceux qui savent et qui se taisent. Universitaires, spécialistes du patrimoine, responsables culturels, intellectuels habituellement prompts à s’exprimer : beaucoup connaissent parfaitement le fonctionnement de l’Unesco, l’histoire des manuscrits, l&rsquo;itinéraire d’Ibn Khaldoun. Ils savent que l’inscription conjointe était la seule voie raisonnable. Et pourtant, ils se taisent.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="2MAhcl5vmd"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/10/ibn-khaldoun-est-tunisien-et-ne-saurait-etre-partage/">Ibn Khaldoun est tunisien et ne saurait être partagé</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ibn Khaldoun est tunisien et ne saurait être partagé » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/10/ibn-khaldoun-est-tunisien-et-ne-saurait-etre-partage/embed/#?secret=1vGUjC48PX#?secret=2MAhcl5vmd" data-secret="2MAhcl5vmd" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ce silence n’est pas de la prudence, c’est de la démission. On craint la foule numérique, on redoute d’être taxé de tiédeur patriotique, on préfère laisser passer l’orage en attendant de s’associer, le moment venu, aux célébrations. Julien Benda parlait jadis de la <em>«trahison des clercs»</em>. Il y a une trahison plus discrète mais tout aussi grave : celle des clercs qui, sachant, laissent l’ignorance occuper l’espace public par peur de déplaire. Le rôle de l’intellectuel n’est pas de flatter les passions du moment, mais d’éclairer, même lorsque la lumière dérange.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Saluer plutôt que soupçonner</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Plutôt que de soupçonner une trahison là où il n’y en a aucune, rendons hommage à celles et ceux qui, depuis plusieurs années, ont travaillé avec persévérance, souvent dans l’ombre, pour que la <em>Muqaddima</em> obtienne cette reconnaissance. Le résultat obtenu n’est pas le fruit du hasard, mais d’un effort collectif qui honore la Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ibn Khaldoun n’a pas besoin de frontières pour être tunisien. Il a besoin que nous soyons à la hauteur de sa pensée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>*</em> <em>Historien, professeur émérite à l</em><em>’</em><em>Université de la Manouba</em><em>.</em></p>
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		<title>La révolution tunisienne, 15 ans après &#124; Inachevée mais toujours vivante  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/17/la-revolution-tunisienne-15-ans-apres-inachevee-mais-toujours-vivante/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 06:30:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 17 décembre 2025, quinze ans sont passés depuis l’immolation de Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid, l’étincelle qui a embrasé la Tunisie et le monde arabe. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/17/la-revolution-tunisienne-15-ans-apres-inachevee-mais-toujours-vivante/">La révolution tunisienne, 15 ans après | Inachevée mais toujours vivante  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le 17 décembre 2025 marque quinze ans depuis l’immolation de Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid, l’étincelle qui a embrasé la Tunisie et le monde arabe. Cette «Révolution de la dignité» n’a pas seulement renversé une dictature ; elle a fait naître une initiative citoyenne inédite, portée par des textes fondateurs qui ont transformé la révolte en projet politique durable. Ces textes – slogans, chartes, décrets, constitutions, essais réflexifs – forment une généalogie à la fois politique (revendication populaire), juridique (institutionnalisation de la liberté) et symbolique (dignité, vivre-ensemble, autonomie de la sphère civile). Quinze ans plus tard, ils restent des phares dans un paysage où la transition démocratique vacille.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Larguèche</strong> *</p>



<span id="more-18094917"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1.jpg" alt="" class="wp-image-7425261" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>1. Les mots d’ordre révolutionnaires</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Travail, liberté, dignité nationale» – «Le peuple veut la chute du régime». &nbsp;&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces slogans, anonymes et collectifs, constituent les véritables textes fondateurs. Ils sont des <em>«actes performatifs»</em> : en les énonçant, des sujets jusque-là invisibles (jeunes diplômés des régions intérieures) se sont autorisés à parler au nom du commun.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils fondent l’initiative citoyenne comme droit d’agir sans délégation préalable. Pas d’idéologie, pas de chef : seulement la dignité (<em>karāma</em>) revendiquée par tous. Le philosophe Fathi Triki y voit l’exigence éthique centrale : la révolution est d’abord une reconnaissance mutuelle, un vivre-ensemble dans la dignité. Ces mots ont brisé la peur et ouvert l’espace public à la multitude hétérogène.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>2. L’auto-organisation populaire&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès janvier 2011, à Sidi Bouzid, Kasserine et Gafsa, des comités de protection de la révolution produisent des appels publics, listes de revendications et chartes de vigilance. C’est une pratique d’auto-organisation hors partis et hors État : un contre-pouvoir populaire pur.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte citoyenne (lancée par l’Initiative citoyenne en février 2011) cristallise ces revendications en 16 principes : État civil, égalité, indépendance de la justice, alternance, rejet de la violence, préservation des acquis des femmes, liberté de conscience, droit au travail et développement régional équitable.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle affirme : <em>«La véritable légitimité est celle des valeurs citoyennes qui ont permis la victoire de la révolution.»</em> C’est le peuple, et non les partis, qui porte la légitimité révolutionnaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>&nbsp;3. Le décret-loi n°2011-88 : la première consécration juridique&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce décret, adopté le 24 septembre 2011 sous la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution (Hiror) présidée par Yadh Ben Achour, consacre la liberté d’association par simple déclaration. Il rompt avec le régime autoritaire des associations sous Ben Ali et transforme l’initiative citoyenne en acteur reconnu de l’espace public.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Yadh Ben Achour, dans ses écrits, y voit la <em>«deuxième naissance»</em> de la Tunisie : un État de droit où la société civile devient autonome et inaliénable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>&nbsp;4. La légitimité révolutionnaire institutionnalisée&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous Ben Achour, la Haute instance produit rapports et principes reconnaissant explicitement la légitimité révolutionnaire et la participation citoyenne.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Constitution de 2014 en est le couronnement : articles 21 (égalité), 31 (liberté d’expression), 35 (liberté d’association), 139 (démocratie participative locale). Pour la première fois, l’initiative citoyenne devient principe constitutionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>&nbsp;5. De la protestation à la proposition&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les manifestes pour la transparence, la justice transitionnelle, la décentralisation traduisent une maturation : l’initiative citoyenne devient force normative.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les penseurs donnent sens à ce mouvement :&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Fathi Triki : la révolution comme exigence éthique de dignité et reconnaissance.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Latifa Lakhdar : crise de l’imaginaire collectif, rôle de la culture et de l’école.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Aziz Krichen : crise de l’État et des élites modernisatrices.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Hamadi Redissi : sécularisation en marche, islam politique confronté au pluralisme.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Mondher Kilani : autonomie de la sphère civile, éclipse du religieux dans le politique, présence des femmes, non-violence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Moi-même j&rsquo;y ai vu un symptôme historique de longue durée (marginalisation des régions, héritage postcolonial).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>15 ans après : une révolution inachevée, mais vivante&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces textes fondateurs ont permis une transition unique : liberté d’expression, élections pluralistes, Constitution progressiste. Pourtant, la société civile reste tiraillée entre instrumentalisation partisane et autonomie réelle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La crise actuelle (concentration des pouvoirs, chômage persistant, inégalités régionales) montre que la flamme de Sidi Bouzid brûle encore. Les slogans de 2011 – dignité, travail, liberté – restent des exigences non satisfaites.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’initiative citoyenne tunisienne, née dans la rue, institutionnalisée par la Charte et le décret 88, consacrée par la Constitution, reste la boussole. Comme le dit Fathi Triki : <em>«La révolution n’est pas terminée ; elle est une œuvre éthique en devenir.»</em>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’heure de l’an XV, relisons ces textes fondateurs non comme archives, mais comme promesses : la Tunisie peut encore achever sa révolution citoyenne, inclusive, juste et digne pour tous.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Historien.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/17/la-revolution-tunisienne-15-ans-apres-inachevee-mais-toujours-vivante/">La révolution tunisienne, 15 ans après | Inachevée mais toujours vivante  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Séminaire à Beït Al-Hikma sur la question de l’individu en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/20/seminaire-a-beit-al-hikma-sur-la-question-de-lindividu-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Nov 2024 09:04:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhamid Henia]]></category>
		<category><![CDATA[Académie tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Beït Al-Hikma]]></category>
		<category><![CDATA[Essedik Jeddi]]></category>
		<category><![CDATA[Fathi Triki]]></category>
		<category><![CDATA[individu]]></category>
		<category><![CDATA[individuation]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Mahjoub]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Séminaire autour de la question de l’individu et du processus d’individuation en Tunisie sur les plans historique et sociopolitique.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/20/seminaire-a-beit-al-hikma-sur-la-question-de-lindividu-en-tunisie/">Séminaire à Beït Al-Hikma sur la question de l’individu en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts, Beït Al-Hikma, a organisé, le 18 novembre 2024, un séminaire autour de la question de l’individu et du processus d’individuation en Tunisie sur les plans historique et sociopolitique.</em></strong></p>



<span id="more-14674532"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Présidé par l’académicien Pr Mohamed Mahjoub, le séminaire a été marqué par la participation des professeurs Fathi Triki, Essedik Jeddi et Abdelhamid Henia, respectivement philosophe, psychiatre et historien; qui se sont penchés, chacun de l’intérieur de sa discipline, sur la dynamique qui permet l’émergence de l’individu en mettant surtout l’accent sur le processus d’individuation en Tunisie, son itinéraire et la particularité qui le caractérise selon l’historicité qu’on peut donner à ce phénomène.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le processus d’individuation en Tunisie doit être analysé à travers les dynamiques culturelles, sociales et politiques qui façonnent la manière dont les individus construisent leur identité personnelle dans un contexte marqué par des influences multiples, la Tunisie ayant été un véritable carrefour des civilisations et se prévalant d’un contexte historique et politique marqué par sa complexité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce processus est donc particulier car il se situe à la croisée de plusieurs tensions, entre traditions et modernité, entre le religieux et le séculaire. Il a également été grandement impacté par le rôle central joué par la généralisation de l’éducation, ainsi que l’émancipation de la femme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus récemment, la Révolution de 2011 a constitué un moment clé d’individuation personnelle et collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’individuation en Tunisie suit constamment un itinéraire où tradition et modernité s’entrechoquent et elle est marquée par un duel récurrent entre la volonté d’émancipation personnelle et les contraintes culturelles et sociales.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/20/seminaire-a-beit-al-hikma-sur-la-question-de-lindividu-en-tunisie/">Séminaire à Beït Al-Hikma sur la question de l’individu en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Révolution et éthique de la dignité selon Fathi Triki    </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/28/revolution-et-ethique-de-la-dignite-selon-fathi-triki/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Jun 2024 10:00:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Académie tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Beït Al-Hikma]]></category>
		<category><![CDATA[dignité]]></category>
		<category><![CDATA[Fathi Triki]]></category>
		<category><![CDATA[Jaleleddine Saïd]]></category>
		<category><![CDATA[Mehdi Mabrouk]]></category>
		<category><![CDATA[révolution]]></category>
		<category><![CDATA[vivre-ensemble]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ethique de la dignité. Révolution et vivre-ensemble, selon Fathi Triki.  </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts, Beït Al-Hikma, a organisé, le mardi 25 juin 2024, à son siège à Carthage-Hannibal, une rencontre consacrée à la présentation de l’ouvrage de l’académicien Pr Fathi Triki </em></strong><em>(2e à partir de la gauche)</em><strong><em>, intitulé ‘‘Ethique de la dignité. Révolution et vivre-ensemble’’.</em></strong></p>



<span id="more-13450931"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Les professeurs Jaleleddine Saïd et Mehdi Mabrouk, qui ont assuré la présentation, ont exposé les visées de cet ouvrage dans lequel le Pr Triki met en lumière les problématiques et les crises qui sont en train de transformer notre présence au monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par présence, l’auteur entend la capacité proprement humaine à s’inscrire dans le temps et à affirmer une nouvelle éthique de la vie. Or, le propre de cette capacité serait de valoriser l’humain pour le distinguer de son dehors, le mettre en coexistence, dans une relation de proximité avec l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une philosophie du vivre ensemble nécessite la mise en chantier d’un certain nombre de concepts avoisinants pour qu’elle soit recevable sans parti-pris mais aussi sans malentendu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un premier temps, les fondements éthiques et philosophiques du vivre ensemble sont examinés. Puis, l’auteur montre que le vivre ensemble se fait, dans la nature comme dans la société, sous l’ordre de l’hostilité, et il se penche, par la suite, sur les conditions du vivre ensemble dans l’hospitalité et la paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question de la dignité est évoquée, à la fin de l’ouvrage, comme garant de toute forme de citoyenneté, pacifique et militante, qui octroie au vivre ensemble toutes les qualités de l’humain. L’objectif final des révolutions serait, de ce fait, <em>«le vivre-ensemble dans la dignité»</em>.</p>
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		<title>Beit Al-Hikma à la redécouverte des écrits d’Ahmed Douraï  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 May 2023 11:11:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelmajid Charfi]]></category>
		<category><![CDATA[Académie tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Douraï]]></category>
		<category><![CDATA[Amira Ghenim]]></category>
		<category><![CDATA[Beit Al-Hikma]]></category>
		<category><![CDATA[Ezzeddine El Amri]]></category>
		<category><![CDATA[Fathi Triki]]></category>
		<category><![CDATA[Kalthoum Meziou-Douraï]]></category>
		<category><![CDATA[Raja Ben Slama]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Militant, dès son jeune âge, sur plusieurs fronts et toujours sur le terrain, Ahmed Douraï s’investit dans différentes activités ayant toutes, pour objectif, la réforme sociale.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts, Beit al-Hikma organise, le mercredi 10 mai 2023, un colloque autour des écrits d’Ahmed Douraï, dont l&rsquo;oeuvre complète vient d&rsquo;être publiée en deux volumes par l&rsquo;Académie. </em></strong></p>



<span id="more-7768590"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Ahmed Douraï est né le 25 novembre 1902 à Tunis. Il a fait ses études à la Zitouna où il a obtenu le diplôme de fin d&rsquo;études secondaires (Ettatoui). Très critique envers cet enseignement traditionnel, il a tenu à avoir une formation moderne au lycée Alaoui où il a appris le français devenant ainsi parfaitement bilingue. Il a ensuite entamé des études juridiques qui lui ont permis d&rsquo;être avocat auprès des tribunaux tunisiens pendant le Protectorat français et d&rsquo;intégrer la magistrature au moment de l&rsquo;indépendance en 1956.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Militant, dès son jeune âge, sur plusieurs fronts et toujours sur le terrain, Ahmed Douraï s’investit dans différentes activités ayant toutes, pour objectif, la réforme sociale. Fréquentant les milieux politique, syndical, littéraire et artistique, il a côtoyé des gens comme Abdelaziz Thaalbi, Zine El Abbidine Senoussi, Hédi Labidi, Mohamed El Metoui, Mhamed-Ali El Hammi et Ammar Farhat. Il a consacré sa vie, en grande partie, avec ses compagnons, à lutter contre l’ignorance et à combattre l’obscurantisme, s’opposant courageusement aux fanatiques religieux de l’époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des universitaires, des écrivains et des académiciens de renom, tels que Abdelmajid Charfi, Fathi Triki, Ezzeddine El Amri, Raja Ben Slama et Amira Ghenim reviendront sur l’œuvre littéraire riche et traitant de sujets éclectiques léguée par Ahmed  Douraï.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La coordination du colloque est assurée par l’académicienne Kalthoum Meziou-Douraï.</p>
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