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	<title>Archives des Ilyes Bellagha - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Ilyes Bellagha - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Le sens suspendu &#124; Entre improbable vérité et persistante rumeur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Oct 2025 08:02:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[rumeur]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sur la société du commentaire et la fragilité de la vérité publique, perdue sous des tas de mensonges, de désinformations et de rumeurs </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/23/le-sens-suspendu-entre-improbable-verite-et-persistante-rumeur/">Le sens suspendu | Entre improbable vérité et persistante rumeur</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em><strong>Réflexion sur la société du commentaire et la fragilité de la vérité publique, perdue sous des tas de mensonges, de désinformations et de rumeurs distillées comme un lent poison à travers les réseaux sociaux.</strong></em></p>



<p><strong>Ilyes Bellagha </strong>*</p>



<span id="more-17718433"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg" alt="" class="wp-image-6080029" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Chez nous, plus peut-être qu&rsquo;ailleurs, l’information n’éclaire plus : elle clignote et éblouit. Chaque jour, on apprend et on désapprend, dans un même souffle. Le citoyen se réveille entre une rumeur de scandale, une promesse de réforme et une image volée sur les réseaux. Tout est vrai, tout est faux, tout est <em>«presque sûr»</em>, mais rien, au final, ne l’est vraiment.</p>



<p>La vérité ne s’impose plus : elle se négocie. Le citoyen devient alors un funambule : suspendu entre ce qu’il voit, ce qu’il croit et ce qu’on veut qu’il croie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La société du commentaire</h2>



<p>Dans les cafés comme en ligne, chacun parle avec l’assurance d’un témoin oculaire. On ne débat plus : on interprète, on suppute, on extrapole. Le fait divers devient philosophie, la rumeur certitude, le silence preuve. Le citoyen n’est plus acteur du monde : il est commentateur du bruit.</p>



<p>Et pourtant, dans ce chaos bavard, il y a une forme de lucidité : parler, c’est ne pas mourir. Chez nous, la parole est le dernier luxe de la démocratie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La rumeur comme un bruit continu</h2>



<p>Ici, le pouvoir ne gouverne pas seulement par décret : il s’appuie sur le flou du continu. Un glissement lent où la rumeur sert de bruit de fond, si elle n’est pas aussi un message. Une phrase fuitée, une image floue, une émotion partagée — et tout s’ajuste sans heurt. La rumeur devient un mode de gestion douce : elle occupe sans contraindre, rassure sans convaincre, occupe, divertit, fait diversion…</p>



<p>Le citoyen, lui, vit dans cette zone d’entre-deux : ni informé ni aveuglé, ni dupe ni réfractaire, ni brimé ni libre. Il sait qu’on façonne sa conscience, mais il préfère encore l’ambiguë continuité à la rupture brutale.</p>



<p>Entre deux versions du monde, il invente la sienne. Il s’en remet à ce qu’il sent : le geste du voisin, le regard de l’enfant, l’ironie du marchand. Dans ce minuscule espace de vérité, il retrouve un semblant de dignité, une improbable liberté.</p>



<p>Là où la rumeur échoue, l’humain recommence. Le citoyen suspendu n’est pas perdu : il est en attente d’un sol stable et qui ne tremble plus.</p>



<p>Peut-être qu’un jour, on cessera de commenter pour recommencer à construire. On cessera de partager pour commencer à comprendre. Alors, de ce brouhaha naîtra peut-être une parole vraie : celle qui ne cherche plus à convaincre, mais à relier.<br>Le citoyen suspendu, c’est chacun de nous — oscillant entre l’espoir et la mémoire.</p>



<p>* <em>Architecte ITAAUT – écrivain et chercheur indépendant</em>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le décret-loi 2022-54 et la culture de la censure en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/07/le-decret-loi-2022-54-et-la-culture-de-la-censure-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Sep 2025 07:51:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[MEDIA]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[censure]]></category>
		<category><![CDATA[décret-loi 2022-54]]></category>
		<category><![CDATA[Ilyes Bellagha]]></category>
		<category><![CDATA[liberté d’expression]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le décret-loi n° 2022-54 est de plus en plus perçu comme un outil de contrôle qui restreint la liberté d’expression.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/07/le-decret-loi-2022-54-et-la-culture-de-la-censure-en-tunisie/">Le décret-loi 2022-54 et la culture de la censure en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le <a href="https://legislation-securite.tn/latest-laws/decret-loi-n-2022-54-du-13-septembre-2022-relatif-a-la-lutte-contre-les-infractions-se-rapportant-aux-systemes-dinformation-et-de-communication/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">décret-loi n° 2022-54</a>, adopté en septembre 2022, prétend encadrer la diffusion de fausses informations sur Internet. Mais dans la pratique, il est perçu comme un outil de contrôle qui restreint la liberté d’expression. Cette tribune analyse ses implications sur la culture de la censure et sur la confiance des citoyens dans les institutions tunisiennes, et plaide pour une inflation de liberté plutôt qu’une répression mal appliquée.</em></strong></p>



<p><strong>Ilyes Bellagha *</strong></p>



<span id="more-17413122"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg" alt="" class="wp-image-6080029" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Le décret-loi n° 2022-54 du 13 septembre 2022, relatif à la lutte contre les infractions se rapportant aux systèmes d’information et de communication, prétend encadrer la diffusion de fausses informations sur Internet. Mais dans la pratique, il est devenu un instrument paradoxal : au lieu de protéger, il restreint et intimide. Dans un pays qui se cherche encore après les bouleversements de décembre 2010 et janvier 2011, ce décret-loi est souvent interprété de manière large et utilisé comme un bâillon contre les voix critiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Menaces réelles pour la liberté d’expression</h2>



<p>Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que des responsables de diverses institutions menacent avec ce décret-loi, en inventant de toutes pièces des atteintes supposées. Et nous savons tous qu’ici, comme ailleurs, il est plus difficile de prouver son innocence que de nier sa culpabilité.</p>



<p>Mais le problème dépasse la loi elle-même. Toute loi tombe naturellement sous la houlette de l’interprétation, et notre société est culturellement formatée pour accepter la soumission – si ce n’est vis-à-vis du gouvernant, du moins vis-à-vis des juges. Le peuple, n’ayant pas encore acquis pleinement sa dimension de citoyen d’une république, confond le président avec le pouvoir : par conséquent, toute entorse aux règles est perçue comme sa responsabilité, et la liberté d’expression se retrouve encore plus bridée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Héritage historique et culture de la peur</h2>



<p>Le réflexe de peur que l’on observe aujourd’hui s’explique historiquement. Avant ce décret-loi, le cadre juridique existant contre la diffamation – principalement le Code pénal – servait déjà souvent à réprimer la parole publique. Ceux qui dénoncent aujourd’hui cette loi ou alimentent la polémique ont raison de craindre une régression du droit à l’expression, car cette peur est héritée des pratiques anciennes.</p>



<p>À cela s’ajoute le poids de la culture sociale : dès l’école, parfois dès la famille, nous apprenons ce que nous pouvons ou ne pouvons pas dire, sous peine de réprimande ou de honte. Tous ces codes et tabous façonnent nos comportements bien avant que la justice n’intervienne. Le décret-loi 2022-54, en criminalisant certaines publications en ligne, institutionnalise un mécanisme de contrôle déjà profondément enraciné.</p>



<p>Le problème qui se pose aujourd’hui est essentiellement un problème de confiance. Seule l’instauration de toutes les instances constitutionnelles et, en attendant, la création d’un vrai ordre professionnel des journalistes, distinct du syndicat, avec son conseil de discipline indépendant, pourra restaurer cette confiance et protéger la liberté d’expression.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Inflation de liberté plutôt que répression</h2>



<p>Au lieu de nourrir le débat, ce décret-loi installe la peur et l’autocensure. Pourtant, ce dont nous avons besoin aujourd’hui, ce n’est pas d’une répression excessive, mais d’une inflation de liberté : plus d’espace pour dire, critiquer, proposer et expérimenter. Chaque opinion exprimée librement participe à la maturation de notre démocratie naissante, bien plus que des sanctions qui étouffent la parole.</p>



<p>Il est temps de reconnaître que la véritable protection d’une société ne se mesure pas par le contrôle des mots, mais par sa capacité à accueillir la diversité des voix, même discordantes. Le décret-loi 2022-54, tel qu’il est appliqué aujourd’hui, reste un obstacle à cette ambition. Il est temps de le repenser ou de le dépasser pour que la liberté d’expression devienne enfin un moteur de progrès et non un frein à notre renaissance collective.</p>



<p>* <em>Architecte.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="aTikw9y5kh"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/23/pour-que-le-decret-loi-2022-54-cesse-detre-un-instrument-de-repression-judiciaire/">Pour que le décret-loi 2022-54 cesse d’être un instrument de répression judiciaire </a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Pour que le décret-loi 2022-54 cesse d’être un instrument de répression judiciaire  » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/23/pour-que-le-decret-loi-2022-54-cesse-detre-un-instrument-de-repression-judiciaire/embed/#?secret=dJNHLNZFBr#?secret=aTikw9y5kh" data-secret="aTikw9y5kh" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/07/le-decret-loi-2022-54-et-la-culture-de-la-censure-en-tunisie/">Le décret-loi 2022-54 et la culture de la censure en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Désespérance et incivilité des élites en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/20/desesperance-et-incivilite-des-elites-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Aug 2025 07:30:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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		<category><![CDATA[Ilyes Bellagha]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie traverse une crise silencieuse où la désespérance des élites et l’incivilité quotidienne des citoyens. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/20/desesperance-et-incivilite-des-elites-en-tunisie/">Désespérance et incivilité des élites en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La Tunisie traverse une crise silencieuse où la désespérance des élites et l’incivilité quotidienne des citoyens se combinent pour façonner une culture de la laideur. Les architectes, intellectuels et autres acteurs culturels ont un rôle décisif pour transformer ce désordre latent en projet collectif. Ignorer cette dynamique, c’est laisser la société se réinventer par défaut, dans le désordre et la gabegie.</em></strong> <em>(Ph. Cité Ennasr, à Tunis : Quand chacun fait comme il veut, c’est la société tout entière qui apprend à tolérer l’inacceptable.)</em></p>



<p><strong>Ilyes Bellagha *</strong></p>



<span id="more-17291680"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg" alt="" class="wp-image-6080029" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Nous ne savons plus où nous allons, mais nous continuons à marcher comme si tout était normal.</p>



<p>La bourgeoisie tunisienne, traditionnellement formée et privilégiée, exprime un désarroi profond. Architectes, cadres et intellectuels continuent de se projeter dans les cercles de pouvoir sans mettre à jour leurs méthodes, leurs pratiques ou leur rapport au travail. Le prestige académique et les titres ne suffisent plus.</p>



<p>Le travail devient précaire, mal reconnu, et souvent déconnecté des réalités sociales. Pendant ce temps, la population, elle-même en quête de repères, ne trouve ni sens ni reconnaissance dans ces élites déphasées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Incivilité et normalisation des comportements</h2>



<p>Quand chacun fait comme il veut, c’est la société tout entière qui apprend à tolérer l’inacceptable.</p>



<p>L’incivilité quotidienne n’est pas un simple problème moral : elle est le symptôme d’une société qui expérimente de nouvelles normes dans l’ombre des institutions défaillantes. Frustration, absence de projet collectif et détachement des élites transforment le quotidien en laboratoire social.</p>



<p>Ce qui était autrefois marginal devient progressivement toléré, visible, et, à terme, normalisé. La Tunisie ne subit plus seulement une politique défaillante : elle fabrique sa propre inculture par défaut, dans laquelle comportements et pratiques s’imposent plus vite que la loi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’architecte comme révélateur et acteur</h2>



<p>Ce que je fais à une maison, je le fais à un corps. Ce que je fais à la société, je le fais à son avenir, dirait l’architecte qui, en tant qu’acteur culturel, occupe une place cruciale. Une formation élitiste et théorique ne suffit plus à légitimer un travail souvent précaire et mal valorisé. Ceux qui se limitent à la posture du prestige risquent d’alimenter le désordre latent.</p>



<p>À l’inverse, ceux qui réinventent leur rôle, adaptent leurs savoir-faire aux réalités locales et ouvrent le dialogue avec la population peuvent devenir des leviers de renaissance culturelle et civique. L’architecte peut alors transformer l’incivilité et la frustration en création et en projet collectif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers un projet collectif</h2>



<p>Ignorer cette dynamique, c’est laisser la société se réinventer par défaut. Et si rien n’est fait, la frustration, l’incivilité et la désespérance peuvent devenir la norme.</p>



<p>Le véritable défi pour les élites et pour l’architecte est de transformer cette énergie négative en un projet collectif tangible et intelligible. Avant que la culture émergente par défaut ne s’impose, il est urgent de reconstruire des repères communs et de réinventer le rôle de chacun dans la société tunisienne.</p>



<p><em>* Ancien président de l’Ordre des Architectes de Tunisie.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="cbb9DwGDGY"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/27/tunisie-la-crise-culturelle-un-miroir-brise/">Tunisie | La crise culturelle, un miroir brisé</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | La crise culturelle, un miroir brisé » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/27/tunisie-la-crise-culturelle-un-miroir-brise/embed/#?secret=3Fa5aFe00N#?secret=cbb9DwGDGY" data-secret="cbb9DwGDGY" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/20/desesperance-et-incivilite-des-elites-en-tunisie/">Désespérance et incivilité des élites en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les architectes en Tunisie, une famille… trop soudée</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/08/les-architectes-en-tunisie-une-famille-trop-soudee/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Aug 2025 12:11:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Ilyes Bellagha]]></category>
		<category><![CDATA[loi du silence]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La profession d'architecte en Tunisie est devenue une grande famille recomposée, avec ses mariages arrangés, ses pactes de sang et ses secrets bien gardés. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/08/les-architectes-en-tunisie-une-famille-trop-soudee/">Les architectes en Tunisie, une famille… trop soudée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Il fut un temps où l’on parlait de confraternité. D’un lien noble, fondé sur le respect, la compétence, la solidarité entre pairs. Aujourd’hui, le mot a changé de sens. Ce n’est plus un serment d’éthique : c’est une promesse de silence.</em></strong></p>



<p><strong>Ilyes Bellagha</strong> *</p>



<span id="more-17171868"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg" alt="" class="wp-image-6080029" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Dans notre milieu, la profession se transforme peu à peu en une grande famille recomposée, avec ses mariages arrangés, ses pactes de sang et ses secrets bien gardés. On ne défend plus un métier, on protège les siens. Le cousin, le gendre, le camarade de promo. Ceux du réseau. Ceux du <em>«groupe»</em>. Ceux qui font semblant d’être en désaccord, mais se retrouvent à chaque commission.</p>



<p>Ce n’est plus une institution, c’est un mariage permanent. Une tribu urbaine où l’Ordre agit comme une belle-famille : autoritaire, opaque, conservatrice. On distribue les projets comme des dots, on fait passer les concours comme des alliances, et on couvre les fautes comme on étouffe un scandale dans un souper.</p>



<p>Et gare à celui qui ose parler. Une règle tacite règne, une loi du silence qu’on n’ose même plus questionner : ne pas laver le linge sale en public.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des logiques claniques</h2>



<ul class="wp-block-list"></ul>



<p>Briser cette règle, c’est commettre une profanation. C’est trahir une sorte de serment d’adhésion non écrit, hérité des logiques claniques: <em>«Tais-toi, même si tu sais»</em>. Celui qui la transgresse reçoit, symboliquement, le baiser de la mort : mise à l’écart, harcèlement, boycott. Il devient persona non grata dans les cercles.</p>



<p>Certains diront : <em>«Mais il y a des conflits ! Les architectes se déchirent !»</em></p>



<p>Oui. Mais comme dans toute famille toxique, ce sont des disputes de pouvoir, pas des débats de fond. Ce sont des conflits de sang, pas d’idées.</p>



<p>On se bat pour un strapontin, qu’on imagine trône. Il faut donc qu’il rapporte quelque chose — autrement, pourquoi tant de rage pour l’atteindre? Sûrement qu’il y a du prestige, mais aussi du pouvoir, des passe-droits, des marchés à orienter, et parfois, appelons les choses : des rétrocommissions à blanchir.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="tsvNE8z8Cy"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/02/larchitecture-en-tunisie-a-lepreuve-de-la-citoyennete/">L’architecture en Tunisie à l’épreuve de la citoyenneté</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’architecture en Tunisie à l’épreuve de la citoyenneté » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/02/larchitecture-en-tunisie-a-lepreuve-de-la-citoyennete/embed/#?secret=b6yFtAhAIw#?secret=tsvNE8z8Cy" data-secret="tsvNE8z8Cy" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Chacun cherche à se rapprocher du <em>«principe»</em>, du centre, de ce feu tiède où se brassent les appels d’offres, les signatures et les petits arrangements. Et pour cela, beaucoup acceptent de devenir de simples lurons : amuseurs dociles, instruments décoratifs d’un pouvoir clanique.</p>



<p>Mais ce n’est pas tout. Il faut appeler les choses par leur nom : Le corporatisme est pour une société ce que la lèpre est pour la peau. Il ronge lentement les corps vivants de la démocratie. Il isole, il anesthésie, il déforme. Il protège les plus forts et invisibilise les plus justes.</p>



<p>Sur les plateaux d’une balance symbolique, il y a les corporations, souvent de confession fasciste, repliées, violentes, intouchables. Et de l’autre côté, les citoyens : désarmés, moqués, assignés à se taire.</p>



<p>Et ce n’est pas qu’un problème moral, c’est aussi un ratage économique.</p>



<p>Quand un architecte s’accroche au gain facile, à l’appel d’offres biaisé, au projet politique, il doit ensuite le blanchir. Il exfiltre l’argent hors des circuits productifs : achat d’un terrain au nom de la belle-famille, rénovation d’un bien sous couvert, consommation de luxe.</p>



<p>Cet argent ne crée aucune plus-value. Il ne retourne jamais à la communauté. Il est capté, figé, stérilisé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le poison lent du corporatisme</h2>



<p>Le corporatisme, contrairement à ce qu’on croit, bloque la circulation des richesses. Il n’est pas moteur de développement : il en est le poison lent.</p>



<p>Et la culture dans tout cela ?</p>



<p>Elle devient une caution décorative, un outil de valorisation pour les puissants, un prétexte pour des projets sans âme. L’État s’imagine qu’elle pourra servir à décorer le néant, stabiliser un peu de paix sociale, attirer l’œil de quelque mécène étranger. Mais la vérité, c’est que cette politique culturelle est un échec intégral.</p>



<p><em>«La crise consiste précisément dans le fait que l&rsquo;ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître. Dans cet interrègne surgissent les phénomènes morbides les plus variés»</em>, disait Antonio Gramsci.</p>



<p>Nous y sommes. L’ancien monde refuse de mourir. Le nouveau est encore sans voix. Et entre les deux, surgissent les formes morbides : les clans professionnels, les postures creuses, les médiocres qui s’accrochent aux titres sans jamais porter le moindre projet vivant.</p>



<p>Alors il faut choisir. Soit on se tait et on mange avec eux, soit on parle et on construit contre eux.</p>



<p>Moi, j’ai choisi. Je suis architecte, oui — mais je suis d’abord citoyen. Et ce n’est pas dans une réunion de famille que je veux exercer ma parole.</p>



<p><em>* Architecte.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="VRP4d3sfe8"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/15/la-responsabilite-de-larchitecte-face-au-paysage-urbain-degrade-en-tunisie/">La responsabilité de l’architecte face au paysage urbain dégradé en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La responsabilité de l’architecte face au paysage urbain dégradé en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/15/la-responsabilite-de-larchitecte-face-au-paysage-urbain-degrade-en-tunisie/embed/#?secret=Ec9ZdZq51z#?secret=VRP4d3sfe8" data-secret="VRP4d3sfe8" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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		<item>
		<title>Tunisie &#124; La crise culturelle, un miroir brisé</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/27/tunisie-la-crise-culturelle-un-miroir-brise/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Jul 2025 10:20:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[architecture]]></category>
		<category><![CDATA[crise culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Ilyes Bellagha]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’espace bâti eb Tunisie, naguère porteur de sens et de beauté, est désormais livré à l’anarchie spéculative et à la perte de repères.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/27/tunisie-la-crise-culturelle-un-miroir-brise/">Tunisie | La crise culturelle, un miroir brisé</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La Tunisie traverse une crise politique, sociale et économique profonde, que nul n’ignore. Les chiffres parlent, les visages l’expriment, les rues le crient. Mais au cœur de cette tourmente, un autre pan de notre être collectif s’effondre plus discrètement : la culture. Un effondrement plus silencieux, mais peut-être plus grave. Car si les crises politiques se traitent par des réformes, les fractures économiques par des mesures de redressement, une crise culturelle, elle, altère la conscience même d’un peuple.</em></strong></p>



<p><strong>Ilyes Bellagha</strong> *</p>



<span id="more-17108539"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg" alt="" class="wp-image-6080029" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Dans une société où l’architecture, la littérature, la musique et les arts étaient autrefois le souffle discret d’une résistance, la culture semble désormais reléguée à l’ornement, au folklore, à la distraction, au futile.</p>



<p>L’architecture est un prisme. Elle révèle le lien d’un peuple à son histoire, à son imaginaire collectif, à son avenir. En Tunisie, ce prisme est brisé. L’espace bâti, naguère porteur de sens, d’identité et de beauté, est aujourd’hui livré à l’anarchie, au cynisme spéculatif, à la perte de repères. L’urbanisme n’est plus un projet, mais une fatalité. Le patrimoine, un fardeau. La beauté, une option.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une crise imbriquée</h2>



<p>Comment ne pas voir dans cette dégradation de nos villes, de nos paysages et de nos gestes architecturaux, le symptôme d’une crise culturelle profonde ? Car bâtir, c’est déjà penser. Et ce que nous bâtissons aujourd’hui dit tout de notre vide intérieur.</p>



<p>Il serait naïf de croire que cette crise culturelle est isolée. Elle est le fruit — mais aussi la matrice — des autres crises. Une société privée de rêves, de récits, de repères symboliques, est une société vulnérable. La culture n’est pas un luxe. Elle est ce qui donne sens à l’économie, dignité à la politique, humanité au social.</p>



<p>La disparition des lieux de débat, le rétrécissement des espaces de création, la marginalisation des penseurs et artistes, la désertification intellectuelle des institutions : tout cela crée un vide dans lequel prospèrent l’ignorance, la résignation et parfois la violence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des responsabilités à assumer</h2>



<p>Il est temps que les acteurs culturels — architectes en tête — assument leur part de responsabilité dans ce naufrage. Trop souvent, nous avons fui en avant. Trop souvent, nous avons préféré le confort des colloques aux actes courageux, les discours aux engagements concrets.</p>



<p>Cette responsabilité est double.</p>



<p>La première est directe : nombreux sont ceux qui ont accepté de servir un système qui les humilie. Ils se sont mis à la table du pouvoir, même lorsqu’on ne leur offrait que du pain noir. Ils ont renoncé à leur rôle de conscience pour devenir des techniciens dociles, des décorateurs du déclin, des gestionnaires du renoncement.</p>



<p>La seconde est indirecte, mais tout aussi destructrice : elle consiste à se draper dans une posture de victime permanente. À chaque nouveau bâton dans les roues, on lève les bras au ciel, on proteste, on simule le refus, mais sans jamais aller au bout de la rupture. On joue à préserver sa dignité… tout en piétinant celle des citoyens. Ce théâtre de la plainte empêche toute refondation.</p>



<p>Et entre les deux, il faut nommer ce qui étouffe : la responsabilité du politique, bien sûr — mais aussi l’ego ignorant des décideurs, incapables d’envisager la culture comme un enjeu stratégique.</p>



<p>L’un des héritages les plus pernicieux de Ben Ali dans le champ des arts aura été de nous laisser une élite administrative aussi inculte que le plus simple des citoyens, qui n’aurait pas compris cette phrase de Victor Hugo : <em>«L’architecture, c’est le grand livre de l’humanité.»</em></p>



<p>Alors oui, face à cela, il devient vital de réhabiliter le militantisme culturel, et de l’incarner pleinement. Les architectes, en particulier, ne peuvent plus détourner le regard pendant que leur pays est vandalisé — par l’argent, par l’indifférence, par l’ignorance.</p>



<p>Que faire ? Continuer à expatrier nos jeunes architectes brillants pendant que l’on importe des modèles urbains préfabriqués, des produits chinois, un béton sans âme ? Sommes-nous devenus incapables de bâtir nous-mêmes notre propre avenir ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Refaire société par la culture</h2>



<p>Le chantier est immense. Mais il est vital. La Tunisie de demain ne se bâtira pas seulement avec des plans économiques ou des réformes institutionnelles. Elle devra retrouver ce souffle, cette dignité culturelle qui faisait d’elle, jadis, un phare. Redonner à l’architecture sa poésie. À la parole sa puissance. À la mémoire sa profondeur.</p>



<p>Et cela commence par un acte simple, mais difficile : se tenir debout. Ne plus déléguer à d’autres ce que nous seuls pouvons porter.</p>



<p>* <em>Architecte.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="16aQZEkCRX"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/15/la-responsabilite-de-larchitecte-face-au-paysage-urbain-degrade-en-tunisie/">La responsabilité de l’architecte face au paysage urbain dégradé en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La responsabilité de l’architecte face au paysage urbain dégradé en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/15/la-responsabilite-de-larchitecte-face-au-paysage-urbain-degrade-en-tunisie/embed/#?secret=NYt1uO1T22#?secret=16aQZEkCRX" data-secret="16aQZEkCRX" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p></p>
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		<item>
		<title>Pour une refondation de l’Ordre des architectes tunisiens</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/17/pour-une-refondation-de-lordre-des-architectes-tunisiens/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Jul 2025 10:31:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ilyes Bellagha]]></category>
		<category><![CDATA[Ordre des architectes]]></category>
		<category><![CDATA[solidarité corporatiste]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le redressement de l'Ordre des architectes tunisiens ne viendra pas de l’intérieur du système actuel, mais d'un sursaut des professionnels du secteur.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/17/pour-une-refondation-de-lordre-des-architectes-tunisiens/">Pour une refondation de l’Ordre des architectes tunisiens</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’état actuel de l’Ordre des architectes tunisiens (<a href="https://oat.tn/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">OAT</a>) est abominable. Il n’y a pas d’autre mot. Ce qui devait être une instance de régulation, de défense et de projection de notre profession est devenu un marécage d’atermoiements, de conflits d’intérêts et d’opacité. La parole est confisquée, les priorités sont inversées, et la dignité même du métier est bradée à coups de petites stratégies et de grandes compromissions.</em></strong> <em>(Ph. Siège de l&rsquo;OAT, à Tunis)</em>.</p>



<p><strong>Ilyes Bellagha</strong> *</p>



<span id="more-17046909"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg" alt="" class="wp-image-6080029" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Ce que nous vivons est le fait d’une minorité accaparatrice. C’est là que se révèlent les limites de l’exercice démocratique, quand l’indifférence du plus grand nombre permet à une poignée d’imposer sa médiocrité. La majorité silencieuse, fatiguée, résignée ou désabusée, laisse faire. Mais nous ne pouvons plus nous permettre ce luxe.</p>



<p>Il est temps, et même plus que temps, de chercher une sortie. Et cette sortie ne pourra être que fondatrice. Il ne s’agit pas simplement de réformer l’existant, de rafistoler un édifice vermoulu, mais bien de construire une nouvelle instance, solide, crédible, orientée vers l’intérêt général.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="LfgiBV3pqX"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/15/la-responsabilite-de-larchitecte-face-au-paysage-urbain-degrade-en-tunisie/">La responsabilité de l’architecte face au paysage urbain dégradé en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La responsabilité de l’architecte face au paysage urbain dégradé en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/15/la-responsabilite-de-larchitecte-face-au-paysage-urbain-degrade-en-tunisie/embed/#?secret=rxESG0X7CO#?secret=LfgiBV3pqX" data-secret="LfgiBV3pqX" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une refondation qui exige des sacrifices</h2>



<p>Il est possible — et peut-être inévitable — que cette refondation exige des sacrifices. Certains confrères devront être écartés, non par vengeance ni esprit de clan, mais parce que la solidarité corporatiste à tout prix n’a plus sa place dans un monde qui s’effondre quand les structures ne répondent plus à leur mission.</p>



<p>Cette responsabilité, lourde et exigeante, ne peut incomber qu’à des militants assidus, engagés non par ambition personnelle mais par nécessité historique.</p>



<p>Le redressement ne viendra pas de l’intérieur du système actuel; il viendra d’un sursaut, d’un engagement profond et radical de celles et ceux qui refusent la compromission.</p>



<p>Ce que nous défendons ici, c’est avant tout l’honneur d’une profession, celle de bâtisseurs, de penseurs d’espaces, d’acteurs du territoire. Mais au-delà, c’est l’intérêt même de l’État, du moins de ce qu’il devrait être : garant d’un avenir commun, non d’une gestion de la résignation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une gestion calibrée sur un faux confort matériel</h2>



<p>Nos gouvernants sont largement en-deçà de ce que toute société vivante est en droit d’attendre. Le pays ne peut pas se contenter d’une gestion minimale, calibrée sur un pseudo-confort matériel. Ce peuple n’a pas seulement besoin d’être nourri pour être tenu tranquille. Il a besoin de sens, d’élan, de justice, de beauté aussi. Et c’est là, précisément, que notre rôle redevient central.</p>



<p>Il faut redonner à notre profession son souffle, sa raison d’être, son courage. Et cela passe par la réinvention d’un ordre digne de ce nom, capable de parler haut, de parler clair, et surtout d’agir.</p>



<p>* <em>Architecte.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="R71ucHHrMk"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/22/la-tunisie-a-t-elle-encore-besoin-de-ses-architectes/">La Tunisie a-t-elle encore besoin de ses architectes ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie a-t-elle encore besoin de ses architectes ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/22/la-tunisie-a-t-elle-encore-besoin-de-ses-architectes/embed/#?secret=1HcVcIvdeC#?secret=R71ucHHrMk" data-secret="R71ucHHrMk" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/17/pour-une-refondation-de-lordre-des-architectes-tunisiens/">Pour une refondation de l’Ordre des architectes tunisiens</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>La responsabilité de l’architecte face au paysage urbain dégradé en Tunisie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Jul 2025 07:06:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[administration]]></category>
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		<category><![CDATA[urbanisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qui porte la responsabilité du paysage urbain  laid et dégradé dans la plupart des villes tunisiennes ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/15/la-responsabilite-de-larchitecte-face-au-paysage-urbain-degrade-en-tunisie/">La responsabilité de l’architecte face au paysage urbain dégradé en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Alors que nos villes se diluent dans une monotonie inquiétante, que nos quartiers s’étalent sans âme, et que l’espace public se meurt sous les coups conjugués de la spéculation et de la médiocrité, une question s’impose : qui porte la responsabilité de ce paysage urbain laid et en déshérence ?</strong> (<em>Ph. Avenue Hedi Nouira à Ennasr, Ariana)</em>. </p>



<p><strong>Ilyes Bellagha *</strong></p>



<span id="more-17038881"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg" alt="" class="wp-image-6080029" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Depuis trop longtemps, une réponse paresseuse s’imposait dans les cercles professionnels et ui renvoyait la responsabilité de ce gâchis à l’administration publique. L’urbanisme serait entravé par des règlements obsolètes, une bureaucratie aveugle et une corruption rampante. À cela s’ajoute un autre coupable commode : le citoyen, présenté comme ignorant, peu sensible à l’architecture, indifférent à la qualité du cadre de vie.</p>



<p>Mais cette défausse systématique masque une autre vérité, plus inconfortable, plus intime : la démission silencieuse d’une partie du corps des architectes.</p>



<p>C’est dans ce contexte que nous lançons une campagne médiatique nationale, destinée à réveiller les consciences, à exposer les non-dits, et à inviter l’ensemble des acteurs à un sursaut. Il ne s’agit pas de dénoncer pour dénoncer, mais d’appeler à une prise de position lucide, responsable et courageuse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une profession en retrait face à ses obligations</h2>



<p>L’architecte est censé être le garant de la qualité de l’environnement bâti. Pourtant, dans la pratique, trop nombreux sont ceux qui se contentent d’exécuter, de valider, de s’adapter, parfois même de se compromettre. Le paysage urbain actuel — fait de volumes incohérents, de matériaux bas de gamme, d’espaces publics délaissés — ne peut pas être uniquement le fruit de décisions administratives ou de choix imposés. Il est aussi le produit d’une chaîne de renoncements professionnels.</p>



<p>L’architecture, par sa nature, n’est jamais neutre. Elle façonne la société autant qu’elle en émane. Lorsqu’elle devient purement décorative ou réduite à un acte commercial, elle cesse d’être un outil de transformation sociale. Cette dérive n’est pas une fatalité : c’est une posture.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une culture du bâti à reconstruire collectivement</h2>



<p>Il est trop facile de dire que <em>«le citoyen ne comprend pas»</em>. La réalité, c’est qu’on ne lui parle plus. L’architecture est absente des débats publics, exclue des écoles, ignorée par les médias généralistes. Qui porte cette responsabilité sinon nous-mêmes, architectes ? Si notre langage s’est refermé sur lui-même, si nos gestes se sont vidés de sens, alors la distance avec le public n’est pas une fatalité, mais le résultat de notre silence.</p>



<p>C’est pourquoi cette campagne s’adresse également aux citoyens, aux journalistes, aux enseignants, aux urbanistes, aux élus. Nous voulons reconstruire un dialogue, recréer un imaginaire collectif autour de la ville, réaffirmer que l’architecture est une affaire publique, pas une simple affaire d’experts.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un rempart contre la spéculation foncière</h2>



<p>Dans un contexte où le sol devient une marchandise, où chaque mètre carré est exploité sans vision, l’architecture reste l’un des rares contre-pouvoirs possibles. L’architecte, lorsqu’il assume son rôle, peut ralentir, repenser, proposer d’autres usages, défendre la beauté et la justice spatiale.</p>



<p>Mais cela suppose un engagement, une éthique, un courage. Il ne s’agit pas d’idéalisme, mais de lucidité. Notre métier est politique au sens noble : il engage la cité, il engage notre temps. Le réduire à un service technique, c’est trahir son essence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un appel à la responsabilité partagée</h2>



<p>Nous, architectes citoyens, lançons donc un appel public : aux architectes d’abord, pour qu’ils reprennent la parole, qu’ils assument leurs échecs mais aussi leur potentiel ; à l’administration, pour qu’elle cesse de considérer le projet architectural comme une variable d’ajustement ; aux citoyens, pour qu’ils exigent de meilleurs cadres de vie ; aux médias, pour qu’ils relaient ces enjeux.</p>



<p>Il n’y aura pas de ville durable sans architecture responsable.</p>



<p>Il n’y aura pas de société harmonieuse sans un urbanisme porteur de sens.</p>



<p>Il n’y aura pas de futur commun si nous laissons nos paysages à l’abandon.</p>



<p>* <em>Architecte.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Os7ipta2Zk"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/02/larchitecture-en-tunisie-a-lepreuve-de-la-citoyennete/">L’architecture en Tunisie à l’épreuve de la citoyenneté</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’architecture en Tunisie à l’épreuve de la citoyenneté » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/02/larchitecture-en-tunisie-a-lepreuve-de-la-citoyennete/embed/#?secret=01ebWYCPgg#?secret=Os7ipta2Zk" data-secret="Os7ipta2Zk" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/15/la-responsabilite-de-larchitecte-face-au-paysage-urbain-degrade-en-tunisie/">La responsabilité de l’architecte face au paysage urbain dégradé en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Un territoire à aménager, un futur à inventer</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/30/un-territoire-a-amenager-un-futur-a-inventer/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Dec 2024 11:08:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[administration]]></category>
		<category><![CDATA[aménagement du territoire]]></category>
		<category><![CDATA[citoyenneté]]></category>
		<category><![CDATA[Ilyes Bellagha]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Unissons-nous autour de ce qui nous rassemble : une friche à aménager ensemble au mieux de nos besoins.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/30/un-territoire-a-amenager-un-futur-a-inventer/">Un territoire à aménager, un futur à inventer</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’enjeu, aujourd’hui, n’est pas de revenir à la Nature — elle est si belle sans nous. L’enjeu, c’est de réfléchir, avec humilité et conscience, à notre place dans cet équilibre fragile qu’elle nous offre. Alors unissons-nous autour de ce qui nous rassemble : une friche à aménager ensemble au mieux de nos besoins.</em></strong></p>



<p><strong>Ilyes Bellagha *</strong></p>



<span id="more-15023647"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg" alt="" class="wp-image-6080029" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>L’aménagement du territoire, terme riche de sens et non dénué de poésie, n’a pas d’équivalent exact en langue arabe, où on remplace le terme <em>«territoire»</em> par celui de «<em>terre», </em>plus concret ou terre à terre. Et cette substitution n’est pas anodine ou sans conséquence. Lorsqu’un ouvrier agricole laboure une terre qui ne lui appartient pas, travaille-t-il réellement «<em>son territoire»</em>? La nuance disparaît, car le territoire est un espace de vie que l’on partage avec d’autres.</p>



<p>Par ailleurs, malgré le foisonnement du discours clamant la souveraineté, il est frappant de constater l’absence d’une réflexion profonde sur l’aménagement du territoire, pourtant essentielle à toute vision d’un avenir collectif. C’est comme si le territoire n’appartient pas aux citoyens, mais à cette institution omnipotente et paresseuse&nbsp;: l’administration publique, qui se donne pour mission, non pas de nous servir mais de nous administrer et d’administrer notre territoire, et pas toujours à bon escient.</p>



<p>L’aménagement du territoire obéit à des règles précises, souvent complexes. La première de ces règles repose sur la distinction entre trois types de territoires : le micro-territoire, qui correspond à l’espace personnel, comme l’appartement ou le foyer, un lieu où l’individu est pleinement chez lui; le méso-territoire, qui englobe des espaces communautaires, comme le quartier, où se tissent les relations sociales&nbsp;; et le macro-territoire, qui est celui de tous, partagé par l’ensemble de la société.</p>



<p>Il est essentiel de souligner que cette notion de territoire n’a rien à voir avec celle de la <em>terre</em>, qui a un sens mortuaire, celui d’un espace réservé aux morts. Le territoire, en revanche, est une notion vivante, dynamique et profondément humaine.</p>



<p>En physique, lorsqu’on place une quantité d’éléments auto-structurants dans une boîte que l’on secoue, ces derniers finissent par adopter une forme stable. Seules les forces physiques entrent en jeu. La boîte étant opaque, ni notre vision limitée, ni notre incapacité à intervenir ne peuvent influencer ou rectifier le résultat de cette interaction. Mais que faire lorsque, en ouvrant la boîte, on découvre un monstre? Rien, sauf que l’histoire écrira que nous avons raté notre révolution.</p>



<p>L’État, tel que nous l’avons hérité de l’époque coloniale, n’existe plus — et c’est tant mieux. Cependant, notre problème réside dans l’incapacité à lui trouver un remplaçant. Ce qu’il nous faut, c’est un État plus collégial, où le Tunisien est réconcilié avec le concitoyen qui est en lui.</p>



<p>Pour atteindre cet objectif, une politique d’aménagement du territoire s’impose aux côtés des autres politiques&nbsp;: économique, sociale ou culturelle. Et, chez nous, l’aménagement du territoire requiert une véritable révolution. Car il ne peut exister d’économie, de société ou, surtout, de culture sur une terre qui ne serait pas offerte librement à ses citoyens.</p>



<p>L’État qui administre possède certes <em>la terre</em>, mais il ne possède nullement <em>le territoire</em> où nous inscrivons nos rêves, nos visions et nos ambitions.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="UTtCxqnuyx"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/22/la-tunisie-a-t-elle-encore-besoin-de-ses-architectes/">La Tunisie a-t-elle encore besoin de ses architectes ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie a-t-elle encore besoin de ses architectes ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/22/la-tunisie-a-t-elle-encore-besoin-de-ses-architectes/embed/#?secret=a5HEa8d22A#?secret=UTtCxqnuyx" data-secret="UTtCxqnuyx" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Un instant mystique, si vous le permettez. Imaginons que la Nature, majestueuse, siège sur un trône. Face à elle se tient un aménageur d’espace. La Nature s’adresse à lui :</p>



<p>— J’ai décidé de créer un fleuve infranchissable. À toi, maintenant, de bâtir un pont pour relier ses deux rives.</p>



<p>L’aménageur, hésitant, répond:</p>



<p>— Mais, Mère Nature, je ne sais pas comment faire.</p>



<p>Et la Nature de répondre avec sagesse :</p>



<p>— Tu en es capable. Il te suffit de réfléchir.</p>



<p>L’aménageur se met alors à l’œuvre. Il construit le pont qui permet aux habitants des deux rives de se réunir en un seul village. Ce jour-là, l’aménageur commence à penser en termes de <em>territoire</em> et non plus simplement en termes de <em>terre</em>.</p>



<p>Les siècles passent, et l’aménageur oublie sa mère, la Nature. Mais elle, elle n’oubliera jamais cette trahison.</p>



<p>Aujourd’hui, l’enjeu n’est pas de revenir à la Nature — elle est si belle sans nous. L’enjeu, c’est de réfléchir, avec humilité et conscience, à notre place dans cet équilibre fragile qu’elle nous offre.</p>



<p>Alors unissons-nous, tout simplement, autour de ce qui nous rassemble : une friche que nous devons aménager ensemble.</p>



<p>Faisons-le par égard pour la mémoire de nos arrière-arrière-parents, qui ont façonné ce sol avant nous.</p>



<p>Et faisons-le, surtout, par amour pour nos enfants et petits-enfants, afin qu’ils héritent d’un territoire digne de leurs rêves.</p>



<p>* <em>Architecte.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ngcfXBhvFh"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/24/tunisie-les-villes-sont-moches-mais-que-font-les-architectes/">Tunisie : Les villes sont moches, mais que font les architectes ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Les villes sont moches, mais que font les architectes ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/24/tunisie-les-villes-sont-moches-mais-que-font-les-architectes/embed/#?secret=7rTTUNPDZc#?secret=ngcfXBhvFh" data-secret="ngcfXBhvFh" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/30/un-territoire-a-amenager-un-futur-a-inventer/">Un territoire à aménager, un futur à inventer</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La Tunisie a-t-elle encore besoin de ses architectes ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/22/la-tunisie-a-t-elle-encore-besoin-de-ses-architectes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Jun 2024 10:09:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[architecture]]></category>
		<category><![CDATA[équipement]]></category>
		<category><![CDATA[habitat]]></category>
		<category><![CDATA[habitats informels]]></category>
		<category><![CDATA[Ilyes Bellagha]]></category>
		<category><![CDATA[Ordre des architectes]]></category>
		<category><![CDATA[urbanisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En Tunisie, près de la moitié du parc immobilier est constitué d’habitats informels. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/22/la-tunisie-a-t-elle-encore-besoin-de-ses-architectes/">La Tunisie a-t-elle encore besoin de ses architectes ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Nous faisons tout, en Tunisie, pour mériter notre statut de pays sous-développé, et cela ne se limite pas seulement au fait que nous aimons vivre dans des conditions insalubres. Gouvernants et citoyens ont décidé que les choses doivent rester dans l’état de précarité où elles sont depuis toujours. Comment, vous demandez-vous? Notamment en réduisant le rôle de l’architecte et de l’urbaniste à une simple formalité.</em></strong> (Illustration : </p>



<p><strong>Ilyes Bellagha *</strong></p>



<span id="more-13414111"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg" alt="" class="wp-image-6080029" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Partout où ils se soucient du bien-être de leurs concitoyens, les dirigeants mettent les architectes et les urbanistes sur les devants de la scène, sauf chez nous où, pour avoir négligé notre cadre de vie, nous avons manqué le train du développement. En fait, nous avons manqué deux rendez-vous cruciaux pour notre pays, ceux du 14 janvier 2011 et du 25 juillet 2021, changements politiques majeurs qui ne se sont pas traduits, pour les citoyens, par une amélioration notable de leur cadre de vie.</p>



<p>Les citoyens ont droit à une vie de qualité, et ce droit mérite peut-être un ministère dédié. Comprenez bien, chez nous, les architectes sont prisonniers d’un ministère, l’Equipement et l’Habitat, qui confond œuvre et ouvrage, conception et travaux, et il suffit de voir le bâtiment morne et triste où il est logé pour mesurer l’importance qu’il accorde à la qualité de la vie.</p>



<p>Pour son 25<sup>e</sup> congrès électif, l’Ordre national des architectes doit faire, lui aussi, un bilan de ses réalisations, plutôt rares, et de ses échecs, assez nombreux. Et son plus grand échec réside dans le fait que, par son inaction, il s’est rendu complice de la marginalisation de la profession.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Kd5r0VMYYW"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/08/tunisie-a-propos-des-demolitions-de-constructions-anarchiques-a-sousse/">Tunisie : A propos des démolitions de constructions anarchiques à Sousse</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : A propos des démolitions de constructions anarchiques à Sousse » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/08/tunisie-a-propos-des-demolitions-de-constructions-anarchiques-a-sousse/embed/#?secret=ZnqvXvU8fd#?secret=Kd5r0VMYYW" data-secret="Kd5r0VMYYW" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Architectes, réveillez-vous ! Aucun prince sur son cheval blanc ne viendra vous sauver. La Tunisie vous appartient plus qu’aux ministres qui se succèdent, et laissent la situation générale dans le pays se détériorer davantage. Vous devez lutter contre l’ignorance et l’incompétence des dirigeants, dont certains devraient être éloignés pour le bien de la communauté. Sinon, comment expliquer qu’avec un si grand nombre d’architectes sur le marché, nous ayons un paysage urbain aussi laid et aussi médiocre. Rappelez-moi si j’ai oublié une seule œuvre digne d’être mentionnée qui aurait été réalisée au cours des dernières décennies !</p>



<p>Est-il concevable aussi qu’en Tunisie, l’habitat spontané représente une proportion si significative du paysage urbain ? Selon les données disponibles, près de la moitié du parc immobilier national est constitué d’habitats informels, c’est-à-dire non autorisés voire anarchiques. Ce fléau s’est aggravé, passant de 12% en 2010 à près de 48% en 2021. Ces habitats spontanés se sont développés principalement en raison de l’absence de logements adéquats et accessibles pour une large partie de la population. Des logements conçus par des architectes, dont le rôle est fondamental dans la mise en place d’un cadre de vie agréable. Ne sont-ce pas eux qui conçoivent des bâtiments et des espaces urbains fonctionnels, esthétiques et durables, répondant aux besoins de la société&nbsp;? En intégrant les traditions et l’histoire locales dans leurs designs, ne préservent-ils pas l’identité culturelle de la communauté&nbsp;? Par l’innovation, en introduisant de nouvelles technologies et des matériaux innovants, tels ceux garantissant l’efficacité énergétique, n’améliorent-ils pas la qualité de vie des citoyens&nbsp;? Ne jouent-ils pas également un rôle crucial dans la conception de bâtiments écologiques, réduisant ainsi l’empreinte carbone et promouvant un développement durable&nbsp;? Ne contribuent-t-ils pas, ce faisant, à la création d’espaces publics accessibles et inclusifs, favorisant l’interaction sociale et la cohésion de communauté&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ozc0M4hdE1"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/29/attribution-marches-publics-blues-architectes-tunisiens/">Attribution des marchés publics : Le blues des architectes tunisiens</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Attribution des marchés publics : Le blues des architectes tunisiens » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/29/attribution-marches-publics-blues-architectes-tunisiens/embed/#?secret=3KY5Z1sQgA#?secret=ozc0M4hdE1" data-secret="ozc0M4hdE1" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Bref, l’architecte façonne non seulement l’environnement bâti, mais aussi les dynamiques sociales et culturelles&nbsp;et contribue à l’édification d’une nation et au développement d’une civilisation. C’est pourquoi son rôle doit être valorisé dans une société qui aspire au développement. Mais ce n’est malheureusement pas le cas en Tunisie, où les architectes sont considérés comme la cinquième roue de la charrette.</p>



<p>C’est pour cela que le Conseil de l’ordre des architectes, qui s’apprête à tenir son 26<sup>e</sup> congrès, a beaucoup de pain sur la planche pour redorer le blason des architectes et, d’abord, pour les imposer comme des artistes avant tout, confrontés à une administration à la fois sourde et bavarde, qui multiplie décrets et arrêtés dont l’unique but est de marginaliser les architectes et de réduire leur rôle dans la société à de simples comparses sans impact réel sur la vie de leurs compatriotes.</p>



<p><em>* Architecte. </em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="c65L6OMAvD"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/24/tunisie-les-villes-sont-moches-mais-que-font-les-architectes/">Tunisie : Les villes sont moches, mais que font les architectes ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Les villes sont moches, mais que font les architectes ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/01/24/tunisie-les-villes-sont-moches-mais-que-font-les-architectes/embed/#?secret=OHnLA9jisI#?secret=c65L6OMAvD" data-secret="c65L6OMAvD" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/22/la-tunisie-a-t-elle-encore-besoin-de-ses-architectes/">La Tunisie a-t-elle encore besoin de ses architectes ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le cité médicale de Raqqada entre le possible et le souhaitable</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/14/le-cite-medicale-de-raqqada-entre-le-possible-et-le-souhaitable/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Feb 2024 06:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[cité médicale de Raqqada]]></category>
		<category><![CDATA[Ilyes Bellagha]]></category>
		<category><![CDATA[Kairouan]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment éviter l’échec du projet de cité médicale à Raqqada ?  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/14/le-cite-medicale-de-raqqada-entre-le-possible-et-le-souhaitable/">Le cité médicale de Raqqada entre le possible et le souhaitable</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Pour éviter l’échec du projet de <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/10/la-presidence-de-la-republique-devoile-lavancement-du-projet-de-la-cite-medicale-des-aghlabides-video/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">cité médicale à Raqqada</a>, auquel semble beaucoup tenir le président Kaïs Saïed, il est impératif de réaliser un important travail sur l’infrastructure de base, dans le gouvernorat de Kairouan et les régions proches.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Ilyes Bellagha</strong> *</p>



<span id="more-11609158"></span>


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<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg" alt="" class="wp-image-6080029" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Une ville est bien plus qu’un simple regroupement urbain, dont les limites sont uniquement définies par la continuité des habitations. Elle incarne une vision de l’urbanité, conditionnée par des facteurs tels que la superficie, la situation géographique et l’histoire. Cependant, le véritable défi pour une ville réside dans sa capacité à offrir une fonctionnalité complète en tant qu’entité où convergent la plupart des activités humaines : logement, commerce, industrie, éducation, culture, etc. Or, dans le cas de Kairouan, ces aspects fonctionnels sont soit absents, soit peu développés, mettant ainsi en évidence une lacune fondamentale à combler.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les attraits et les défis d’une ville historique</h2>



<p>Fondée en 671 par Oqba Ibn Nafaa, Kairouan a continué de croître pour devenir, au IXe siècle sous la dynastie Aghlabide, la capitale du Maghreb ainsi qu’un centre culturel majeur rivalisant avec d’autres au bassin méditerranéen. Depuis, Kairouan est demeurée une ville où l’art, la science et la spiritualité ont toujours été intimement liés. Avec son riche patrimoine historique et culturel, elle attire aujourd’hui beaucoup de visiteurs, attirés par ses monuments historiques et son artisanat renommé, et notamment la fabrication des tapis.</p>



<p>En outre, Kairouan dispose d’un cyber-parc et de trois parcs naturels, ainsi que de zones industrielles aménagées pour accueillir de nouveaux projets.</p>



<p>Dans des zones enclavées comme Kairouan, les résidents rencontrent des difficultés pour accéder à des services de santé de base ou à des hôpitaux de proximité. Les hôpitaux régionaux souffrent d’une pénurie de médecins spécialistes, tandis que les centres de santé de base manquent de personnels et d’équipements. Cette situation entraîne une surcharge des hôpitaux existants. De plus, le manque de médicaments essentiels aggrave la situation.</p>



<p>Kairouan est confrontée à une série de défis complexes, notamment urbains, environnementaux, économiques et sociaux. Parmi ces défis, la multiplicité des intervenants et le manque d’infrastructures dans les quartiers non-planifiés, la détérioration des espaces verts due à l’expansion urbaine, le climat des affaires peu propice à l’investissement et l’augmentation de la pauvreté et de l’analphabétisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les inconvénients structurels de la région</h2>



<p>Les stratégies de développement mises en place depuis l’indépendance de la Tunisie en 1956 ont négligé les besoins réels de la région et n’ont pas pleinement exploité son potentiel. Cette situation découle principalement d’un système politico-administratif centralisé, qui exacerbe les disparités de développement et augmente la pauvreté et le chômage.</p>



<p>Les politiques d’attractivité des investissements étrangers sont essentielles pour stimuler le développement économique. Les partenariats public-privé (PPP) peuvent être une solution pour attirer ces investissements et développer des infrastructures publiques. Cependant, des réformes sont nécessaires pour améliorer l’efficacité des processus administratifs et encourager l’investissement dans les infrastructures clés.</p>


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<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="450" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Kais-Saied-Kairouan.jpg" alt="" class="wp-image-11609236" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Kais-Saied-Kairouan.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Kais-Saied-Kairouan-300x169.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Kais-Saied-Kairouan-768x432.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Kais-Saied-Kairouan-580x326.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption class="wp-element-caption"> Kaïs Saïed, le 27 février 2021, à Menzel Mhiri, Kairouan, où doit être érigée la Cité médicale des Aghlabides.</figcaption></figure></div>


<p>Dans ce contexte, le projet de la cité médicale à Raqqada, dont le président de la république Kaïs Saïed a souvent parlé, nécessite une révision approfondie de l’infrastructure et une prise en compte des défis structurels de la région pour garantir son succès. Il est essentiel d’améliorer le niveau des équipements socio-économiques et culturels, et de prendre en compte les zones périphériques afin de garantir la réussite du projet et son rayonnement régional.</p>



<p>Dans un PPP, le gouvernement conserve la responsabilité envers les citoyens pour la prestation d’un service spécifique. Contrairement à la privatisation (lorsque le secteur public vend ses actifs au secteur privé en échange d’une compensation financière), où la responsabilité de la fourniture des services incombe aux privés, dans un PPP, le secteur public reste impliqué dans la supervision et la régulation du service en question, tandis que le secteur privé est généralement chargé de sa mise en œuvre et de son exploitation.</p>



<p>Par ailleurs, dans un PPP, le secteur privé vise principalement à réaliser un retour sur investissement satisfaisant. Pour atteindre cet objectif, la fiabilité du projet et le respect des délais sont des préoccupations majeures. Le promoteur s’efforce donc de garantir que le projet soit géré efficacement, que les risques soient maîtrisés et que les bénéfices attendus soient réalisés selon le calendrier prévu. Cela peut impliquer une gestion rigoureuse des coûts, des ressources et des délais pour maximiser les rendements et minimiser les risques.</p>



<p>D’autre part, les autorités publiques s’engagent dans des PPP dans le but de réduire leurs charges financières tout en assurant la fourniture de services publics et des infrastructures essentiels. Elles cherchent à garantir l’efficacité et à bénéficier d’une mise en œuvre rapide de ces services ou de ces infrastructures.</p>



<p>Les PPP offrent aux pouvoirs publics la possibilité de mobiliser des capitaux privés et des expertises spécialisées pour réaliser des projets d’infrastructures tout en limitant les contraintes budgétaires et en répondant aux besoins croissants de la population en matière de services publics.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour éviter l’échec du projet</h2>



<p>La question cruciale aujourd’hui est de savoir si la région de Raqada possède les caractéristiques nécessaires pour garantir le succès du projet de la cité médicale que l’on compte y implanter. À l’état actuel de cette région, ce projet reste peu attractif et nous craignons qu’à l&rsquo;instar de ce qui s’est passé pour l’aéroport d’Enfidha-Hammamet, les investisseurs – si investisseurs il y aura – chercheront à compenser un éventuel échec par l’acquisition de parts dans d’autres projets porteurs pour l’économie tunisienne.</p>



<p>Pour éviter l’échec du projet, il est impératif de réaliser un important travail sur l’infrastructure de base, à Kairouan et dans les régions proches. Aussi est-il nécessaire de revoir en profondeur le réseau de transport, que ce soit ferroviaire ou autoroutier. Et d’améliorer le niveau des équipements socio-économiques et culturels. Il est crucial de prendre conscience que chaque projet d’une superficie globale de 300 hectares déploie autour de lui des centaines d’hectares d&rsquo;habitat spontané. Si l’on ne prend pas en compte ces zones périphériques, en anticipant leurs besoins, elles pourraient compromettre l’attractivité souhaitée du projet dans lequel l’État se serait fortement engagé.</p>



<p>* <em>Architecte, président de l’association Architectes Citoyens.</em></p>



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