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	<title>Archives des Karim Mezran - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Karim Mezran - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>L’Italie, les États-Unis et le dilemme de Saïed</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Jun 2023 12:47:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que la médiation italienne a ouvert une brèche, le président Kaïs Saïed a encore peu d'options.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/14/litalie-les-etats-unis-et-le-dilemme-de-saied/">L’Italie, les États-Unis et le dilemme de Saïed</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans des entretiens accordés au site <a href="https://decode39.com/7032/tunisia-quandary-mezran-melcangi/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Decode39</a>, deux experts du Conseil de l’Atlantique expliquent l’impasse de la Tunisie avec le FMI et les criticités du pays, tant internes qu’internationales. Alors que la médiation italienne a ouvert une brèche, le président Saïed a encore peu d&rsquo;options.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Karim Mezran</strong> et <strong>Alessia Melcangi</strong></p>



<span id="more-8354287"></span>



<p>Les cartes sont entre les mains de Tunis. C’est ce qu’a retenu le secrétaire d’État américain Antony Blinken, qui a discuté du dossier tunisien (puis s’est adressé à la presse) lundi dernier avec le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani.</p>



<p>Il a dit, en substance, qu’il appartient au gouvernement de Kaïs Saïed de présenter une proposition crédible au Fonds monétaire international (FMI) afin de débloquer le prêt de près de 2 milliards de dollars dont il a besoin pour sauver son économie du défaut de paiement.</p>



<p>Néanmoins, le chef de la diplomatie américaine a souligné que Washington partage les préoccupations de l’Italie – le pays qui travaille le plus activement à la médiation entre les parties – et comprend qu’un effondrement économique aggraverait la sécurité de la région, avec des répercussions immédiates sur la stabilité et les flux migratoires.</p>



<p>Plus de la moitié des plus de 50 000 personnes qui ont débarqué sur les côtes italiennes depuis le début de l’année ont quitté la Tunisie…</p>



<p>… Et comme l&rsquo;a averti le ministre de la Défense italien Guido Crosetto, ne pas empêcher l’effondrement de la Tunisie pour excès de bureaucratie équivaut à «[la] <em>livrer à la Chine et à la Russie»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Etat de droit et réformes structurelles </h2>



<p>Les questions d’État de droit et les réformes structurelles sont au cœur des doutes du FMI quant au déblocage des fonds. Le président tunisien a suspendu les pouvoirs du gouvernement et du parlement par décret à l’été 2021 (et a commencé à emprisonner l’opposition). Il prévoyait de relancer le développement le pays loin de la corruption endémique, mais près de deux ans plus tard, la situation n’a fait qu’empirer.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="scCcVlnFfk"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/12/de-rome-a-washington-en-passant-par-bruxelles-la-tunisie-fait-jaser/">De Rome à Washington en passant par Bruxelles, la Tunisie fait jaser !  </a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« De Rome à Washington en passant par Bruxelles, la Tunisie fait jaser !   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/12/de-rome-a-washington-en-passant-par-bruxelles-la-tunisie-fait-jaser/embed/#?secret=hbK46kSwpj#?secret=scCcVlnFfk" data-secret="scCcVlnFfk" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Le président Saïed rejette les réformes prévues comme des <em>«diktats»</em> et résiste à de nouveaux progrès, car il craint que la suppression des mesures de lutte contre la pauvreté (telles que les subventions) ne déclenche un retour de manivelle, voire un conflit interne.</p>



<p>Il a également menacé de se tourner vers le groupe Brics pour obtenir une aide financière si le FMI n’intervenait pas.</p>



<p>Pendant ce temps, la guerre russe en Ukraine a déclenché des problèmes de sécurité alimentaire et énergétique; l’économie est au point mort; le chômage augmente, tout comme l’inflation; et Tunis, pour reprendre les propres mots de M. Blinken, risque de <em>«tomber dans le précipice économique»</em>.</p>



<p><em>«Les Etats-Unis restent sceptiques (pesant sur les positions du FMI) car ils ne voient aucun engagement du président Saïed»</em>, explique Karim Mezran – Senior Fellow au Centre Rafik Hariri de l’Atlantic Council – à Decode39. <em>«Nous sommes face à un dilemme : il y a une position maximaliste, qui considère le respect des conditions fixées par le FMI comme la seule façon d’aider Tunis, </em>[et]<em> il y a une position opposée, plus laxiste, qui estime nécessaire d’aider</em> [le président]<em> Saïed sans conditions</em>», explique-t-il. Et d’ajouter : <em>«L’Italie se porte garante d’une solution intermédiaire,</em> a-t-il aussi soutenu<em>, basée sur la conscience pragmatique du règne du président sur le pays et la nécessité de travailler avec lui. Il s’agit de débloquer immédiatement une partie des fonds pour conjurer le risque d’effondrement, de conditionner la poursuite de l’aide à certaines actions et de procéder progressivement.»</em></p>



<p>L’expert a ensuite fait valoir que le président Saïed pourrait peut-être envisager <em>«quelques avancées, même symboliques, comme la libération de Rached Ghannouchi»</em>, le dirigeant de 81 ans du groupe politique islamiste Ennahda et ancien président du Parlement qui a été arrêté lorsque le président a restreint la liberté de l&rsquo;opposition.</p>



<p>Alessia Melcangi, professeur d’histoire contemporaine de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient à l’Université La Sapienza de Rome et chercheur non résident au Conseil de l’Atlantique, a indiqué que la situation intérieure de la Tunisie a atteint un point critique. Les agences de notation ont dégradé sa dette – qui est à risque total de défaut. Aussi, même si l&rsquo;aide du FMI arrive, elle pourrait encore être insuffisante.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Kaïs Saïed a peu d&rsquo;options </h2>



<p><em>«La spirale de la dette déclenchée par le président Saïed met en grand danger la souveraineté économique dont il parle»</em>, a-t-elle ajouté et d’ajouter : <em>«Cela met aussi en danger son consensus qui, malgré un certain soutien – basé sur une coalition tacite et la vague de ressentiment populaire contre une classe politique perçue comme corrompue – reste mesuré sur le terrain économique</em>.<em>»</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="KHZE5Zsr1F"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/27/la-situation-en-tunisie-fait-debat-aux-etats-unis/">La situation en Tunisie fait débat aux Etats-Unis</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La situation en Tunisie fait débat aux Etats-Unis » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/27/la-situation-en-tunisie-fait-debat-aux-etats-unis/embed/#?secret=VuagXQ7ml7#?secret=KHZE5Zsr1F" data-secret="KHZE5Zsr1F" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il lui était facile de blâmer Ennahdha, explique encore l’expert, lui permettant d’agir comme un paratonnerre pour les nombreux problèmes du pays. <em>«Mais la situation pourrait rapidement devenir intenable»</em>, avertit-elle.</p>



<p>Même ses menaces d’utiliser le financement des Brics sont quelque peu creuses, a ajouté Mme Melcangi, car la Chine elle-même lie son aide éventuelle au déblocage de l’aide du FMI – ce qui déclencherait un cycle vertueux de reprise économique, permettant à Pékin d’investir de manière rentable.</p>



<p>En résumé : le président Saïed <em>«a vraiment peu d’options, Pékin ayant fait des investissements mineurs et symboliques jusqu’à présent»</em>, et les États-Unis réduisant leur budget de coopération militaire parce qu’ils sont mécontents de son attitude. Tout cela «peut altérer l’équilibre précaire sur lequel repose la coalition des puissances qui le soutient et éroder le consensus public si davantage d’insécurité se crée», conclut l’expert.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l’anglais.</em></p>



<p><strong><em>Source&nbsp;</em></strong>: <a href="https://decode39.com/7032/tunisia-quandary-mezran-melcangi/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Decode 39</a>. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/14/litalie-les-etats-unis-et-le-dilemme-de-saied/">L’Italie, les États-Unis et le dilemme de Saïed</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Quatre scénarios possibles pour la crise politique en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/16/quatre-scenarios-possibles-pour-la-crise-politique-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Mar 2023 10:06:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie entre dans une période difficile. Que va-t-il se passer demain ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/16/quatre-scenarios-possibles-pour-la-crise-politique-en-tunisie/">Quatre scénarios possibles pour la crise politique en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em><strong>Nous continuons à traduire et à publier des articles sur la Tunisie publiés dans la presse étrangère et notamment anglo-saxonne afin que les Tunisiens en général et le pouvoir politique en particulier prennent conscience de l’image que notre pays renvoie à l‘étranger, en espérant que cela les aidera à rectifier le tir et à prendre les bonnes décisions.</strong></em> <em>(Illustration:  le président Saïed semble toujours conserver une importante base de soutien).</em></p>



<p>Par <strong>Karim Mezran</strong> * &amp; <strong>Sabina Henneberg</strong> **</p>



<span id="more-6966272"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="300" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Karim-Mezran-Sabina-Henneberg.jpg" alt="" class="wp-image-6966415"/></figure></div>


<p>La Tunisie fait face à des vagues de protestations suite aux arrestations massives d’opposants politiques au président Kaïs Saïed. Que va-t-il se passer ensuite?</p>



<p>La Tunisie entre dans une période difficile. Suite à l’arrestation fin janvier d’un responsable syndical pour avoir organisé une grève des opérateurs de péages, le gouvernement a lancé une série d’arrestations contre des opposants politiques. Le président a accusé les personnes arrêtées de <em>«comploter»</em> contre la sûreté de l’État et/ou les a qualifiées de <em>«terroristes»</em> sans, dans la plupart des cas, présenter des preuves suffisantes pour les accuser.</p>



<p>Cela a donné une impulsion à un mouvement de protestation organisé par le syndicat, connu sous son acronyme français d’UGTT (Union générale tunisienne du travail). Le 4 mars, l’UGTT aurait mobilisé le plus grand nombre de personnes dans toutes les manifestations contre le président tunisien Kaïs Saïed depuis son entrée en fonction, des manifestations tout aussi importantes étant organisées par une coalition de partis politiques, le Front du salut national.</p>



<p>Il existe quatre scénarios imaginables pour la résolution de cette crise.</p>



<p><strong>Premièrement, Saïed pourrait volontairement se retirer face à une opposition croissante.</strong> Ce scénario est hautement improbable à ce stade. Dans d’autres cas de dirigeants autoritaires démissionnant sous la pression populaire, comme Hosni Moubarak en Égypte (2011) ou Abdelaziz Bouteflika en Algérie (2019), d’importants acteurs sur le soutien desquels ces dictateurs s’appuyaient ont influencé leurs décisions. Par exemple, Moubarak a été invité à démissionner par l’armée (et les États-Unis); Bouteflika par les puissants clans au pouvoir du pays.</p>



<p>En revanche, et notamment depuis le début de la consolidation de son contrôle sur les institutions du pays en juillet 2021, Saïed est apparu de plus en plus isolé et non-influençable. En supposant qu’il agisse conformément à son comportement antérieur, il ne fera que continuer à détourner la critique, quelles que soient les voix essayant de se faire entendre ou la situation dans le pays.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="cIGDqqEwmO"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/11/le-succes-du-populisme-du-president-tunisien-kais-saied/">Le succès du populisme du président tunisien Kaïs Saïed</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le succès du populisme du président tunisien Kaïs Saïed » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/11/le-succes-du-populisme-du-president-tunisien-kais-saied/embed/#?secret=NnGVbeBaxG#?secret=cIGDqqEwmO" data-secret="cIGDqqEwmO" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p><strong>Deuxièmement, et conformément à la tradition tunisienne, c’est que Saïed pourrait accepter un dialogue national</strong>, comme l’exige l’UGTT. Comme en 2013, lorsque, à la suite de deux assassinats politiques et dans des conditions sécuritaires et économiques qui se sont fortement détériorées, la société civile tunisienne – dirigée par l’UGTT – a organisé un dialogue national pour les partis politiques divisés afin de surmonter leurs divergences dans la rédaction d’une nouvelle constitution. Par ce mécanisme, le parti en charge du gouvernement de coalition de l’époque, le parti islamiste modéré Ennahdha, a accepté de céder le pouvoir à un gouvernement intérimaire chargé de conduire le pays vers de nouvelles élections.</p>



<p>Malheureusement, il existe plusieurs raisons de douter qu’un scénario similaire puisse se dérouler aujourd’hui. Le contexte en 2013 était unique : le pays était toujours en proie à la ferveur révolutionnaire après la destitution de l’ancien président Ben Ali, et il y avait une demande populaire importante de dépassement de l’instabilité sécuritaire, dont Ennahdha était largement accusé.</p>



<p>De plus, la prise de contrôle par le général Abdelfattah Sissi du gouvernement élu des Frères musulmans en Égypte ce même été a pesé lourdement sur l’esprit des dirigeants d’Ennahdha, qui ne voulaient pas subir le même sort.</p>



<p>Par ailleurs, il y avait un objectif clair autour duquel organiser le dialogue : la finalisation d’une nouvelle constitution, dont le processus d’élaboration a été lancé sur la base d’un consensus forgé par la mobilisation populaire.</p>



<p>On ne sait pas quel type de feuille de route largement convenue un nouveau dialogue pourrait s’établir dans les conditions actuelles. Se mettre d’accord sur une constitution nouvelle ou révisée, ou organiser de nouvelles élections législatives, n’aurait aucun sens étant donné qu’il s’agissait de l’aboutissement de la propre feuille de route unilatérale de Saïed déclarée en décembre 2021, qui manquait de légitimité populaire malgré le fait que le président semble toujours conserver une importante base de soutien.</p>



<p><strong>Troisièmement, une prise de contrôle militaire est possible</strong>. Ce serait une rupture claire avec la tradition en Tunisie, dont le premier président postindépendance, Habib Bourguiba, a délibérément cultivé une petite armée apolitique. En 2011, l’armée a assuré sa place en tant qu’institution fort respectée pour avoir refusé de tirer sur des manifestants, provoquant la fuite de Ben Ali. Depuis lors, les forces armées ont continué à jouir d’une bonne réputation tout en jouant un rôle clé dans le rétablissement de la sécurité après une recrudescence des activités terroristes entre 2011 et 2015.</p>



<p>Sous Saïed, l’armée a renforcé son prestige ainsi que son rôle en politique. Le président, qui a été élu en tant qu’outsider sans base de soutien claire, en a toujours eu besoin en tant qu’allié. En juillet 2021, lorsque des chars et des troupes ont empêché les députés d’entrer dans le bâtiment du parlement après la dissolution de cette institution par Saïed, les observateurs se sont inquiétés du fait que l’armée abandonnait son rôle traditionnellement apolitique. Tout cela rend extrêmement imprévisible la façon dont l’armée réagirait dans une situation de troubles accrus.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="fVhsU28OSP"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/07/il-ny-a-pas-de-bon-scenario-pour-la-tunisie/">Il n’y a pas de bon scénario pour la Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Il n’y a pas de bon scénario pour la Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/07/il-ny-a-pas-de-bon-scenario-pour-la-tunisie/embed/#?secret=jVf1jtZOiW#?secret=fVhsU28OSP" data-secret="fVhsU28OSP" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Dans l’éventualité d’un coup d’État militaire, on ne sait pas non plus comment procéderaient ceux qui prendraient les commandes. Les forces armées voudraient presque certainement céder le pouvoir à un nouveau gouvernement civil le plus rapidement possible, mais trouver un gouvernement neutre et intérimaire serait difficile étant donné le paysage très fracturé. Même en 2013, lorsqu’un gouvernement intérimaire efficace sous la direction du technocrate Mehdi Jomaa a été installé, le processus de sélection était difficile. Au cas où l’armée interviendrait pour empêcher la violence de devenir incontrôlable, il est peu probable qu’elle soit prête à jouer un tel rôle.</p>



<p><strong>Quatrièmement, une impasse prolongée dans laquelle les arrestations et les protestations finissent par s’éteindre</strong> <strong>et Saïed reste au pouvoir. </strong>C’est la possibilité la plus probable, d’autant plus que l’éclatement de la violence généralisée, du moins à ce stade, ne semble pas imminent. Malheureusement, dans ce scénario, étant donné que Saïed n’a apporté aucun changement significatif et sera de plus en plus préoccupé par la sauvegarde de son propre pouvoir, les conditions socio-économiques et politiques continueront de s’aggraver et de décliner.</p>



<p>Compte tenu de ces perspectives, Washington doit être prêt à soutenir économiquement la Tunisie, surtout si d’autres prêteurs ne se présentent pas. Il devrait tirer parti de ce soutien économique pour pousser le président à être plus inclusif et élargir la base du consensus. Un dialogue national qui produit des résultats immédiats offre le plus d’espoir pour calmer les protestations et permettre la mise en place de plans à plus long terme.</p>



<p>La crise actuelle de la Tunisie ne représente que la pointe de l’iceberg, alors que toute la région Afrique du Nord/Sahel glisse rapidement dans un état de profonde instabilité. Les États-Unis devraient travailler avec des partenaires européens pour élaborer un plan régional plus large de réconciliation politique, de respect des droits de l’homme, de coopération économique et de développement socio-économique.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l’anglais.</em></p>



<p><strong><em>Source&nbsp;</em></strong>: <a href="https://nationalinterest.org/blog/lebanon-watch/four-possible-scenarios-tunisia%E2%80%99s-political-crisis-206306" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The National Interest.</a>  &nbsp;</p>



<p><em>* Le Dr Karim Mezran est le directeur de l’Initiative Afrique du Nord au Conseil de l’Atlantique.</em></p>



<p><em>** Sabina Henneberg est boursière Soref au Washington Institute for Near East Policy, où elle se spécialise dans les affaires de l’Afrique du Nord. Elle était auparavant analyste senior chez Libya-Analysis LLC.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/16/quatre-scenarios-possibles-pour-la-crise-politique-en-tunisie/">Quatre scénarios possibles pour la crise politique en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le Qatar teste sa nouvelle stratégie nord-africaine en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/23/le-qatar-teste-sa-nouvelle-strategie-nord-africaine-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Feb 2023 09:24:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Qatar semble reproduire en Tunisie le même modus operandi qu'il a suivi en Egypte, en abandonnant ses protégés islamistes.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/23/le-qatar-teste-sa-nouvelle-strategie-nord-africaine-en-tunisie/">Le Qatar teste sa nouvelle stratégie nord-africaine en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le Qatar maintient ses objectifs en Afrique du Nord, mais opte pour le pragmatisme après avoir aplani les différends avec ses voisins du Golfe. L&rsquo;émirat semble reproduire en Tunisie le même modus operandi qu&rsquo;il a suivi en Egypte, où il n’a montré aucune intention de résoudre la situation délicate des Frères musulmans suite à une réconciliation diplomatique avec le Caire.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Álvaro Escalonilla</strong></p>



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<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Alvaro-Escalonilla.jpg" alt="" class="wp-image-6624223" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Alvaro-Escalonilla.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Alvaro-Escalonilla-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/02/Alvaro-Escalonilla-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Le printemps arabe a mis les États du Golfe en compétition pour gagner en poids et en influence à l’échelle régionale. L’assaut révolutionnaire qui a gagné en quelques semaines la Tunisie de Ben Ali, la Libye de Kadhafi et l’Égypte de Moubarak n’a pas tardé à subir l’ingérence de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar, qui cherchaient à renforcer leurs alliés internes en profitant du chaos dans une zone stratégique en raison de ses ressources énergétiques et de ses importantes connexions avec l’Afrique subsaharienne, l’Europe et la Méditerranée.</p>



<p>Alors que Riyad et Abou Dhabi concentraient leur action extérieure sur l’arrêt de l’avancée politique des mouvements islamistes, qui se sont rapidement renforcés dans des pays comme la Tunisie et l’Égypte, avec l’argument d’éloigner la menace terroriste de leurs régimes, Doha a pris le chemin inverse et a décidé d’accompagner les différentes franchises locales des Frères musulmans dans leur montée au pouvoir, d’autant que Qatar avait des liens avec eux avant la révolution. La stratégie a contrarié ses voisins du Golfe. En 2017, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Égypte et Bahreïn ont imposé un blocus terrestre, maritime et aérien au Qatar sur fond d(accusations de promotion du terrorisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tensions autour de l’islam politique</h2>



<p>La signature en janvier 2021 de la déclaration d’Al-Ula a mis fin à la crise entre Doha et le quatuor du blocus. Une décennie après le déclenchement du printemps arabe, les tensions dans le Golfe commençaient à s’apaiser compte tenu de l’inefficacité du blocus &nbsp;économique imposé au Qatar en plein essor et grâce, en partie, à la pression diplomatique américaine continue sur l’Arabie saoudite, qui dirigeait de facto le blocus contre son voisin et principal concurrent. Cependant, la rivalité dans le Golfe continue de mijoter. Contrairement à Abu Dhabi ou au Caire, Riyad n’a pas totalement rétabli ses relations avec Doha.</p>



<p>Le rapprochement a cependant fini par façonner la politique étrangère des pays du Golfe, en particulier celle du Qatar, une réalité qui a été dénoncée en Afrique du Nord. Dans cette région, Doha a cessé de montrer tout intérêt à raviver les tensions idéologiques antérieures avec Riyad et Abu Dhabi sur l’islam politique. Il est vrai que la chute des mouvements islamistes en Égypte et en Tunisie a influencé sa nouvelle feuille de route, mais depuis quelque temps, les plans des autorités qataries se concentrent sur la transformation de Doha en une plate-forme régionale de dialogue et de résolution des conflits. Les précédents incluent les négociations entre l&rsquo;administration Trump et les talibans afghans et celles entre le régime tchadien de Mahamat Kaka Déby et l’opposition, qui se sont toutes deux tenues à Doha.</p>



<p>Mais cette nouvelle position n’est pas incompatible avec l’adoption d’une nouvelle stratégie étrangère. De fait, le Qatar élabore rapidement un nouveau plan pour maintenir et étendre son influence en Afrique du Nord, cette fois sans le soutien d’acteurs idéologiquement proches du pouvoir. Au lieu de s’appuyer sur les organisations salafistes habituelles, l’émirat cherche à adapter ses actions à la réalité politique de chaque pays de la région, du Maroc à l’Egypte, en passant par l’Algérie et la Tunisie. En d’autres termes, il est attaché à la realpolitik.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La technique d’apaisement avec Saïed</h2>



<p>L’émir du Qatar Tamim Bin Hamad Al Thani a appelé, lundi 20 février 2023, le président tunisien Kaïs Saïed au milieu des manifestations contre son gouvernement. L’UGTT, le plus grand syndicat du pays, était descendu dans la rue dimanche après l’échec de Saïed à endiguer la crise économique pressante et le recul visible des droits civils. La manifestation a coïncidé avec une campagne d’arrestations contre des personnalités de l’opposition, notamment des militants et anciens hommes politiques du parti islamiste Ennahdha, un mouvement inspiré des Frères musulmans et lié aux intérêts turcs et qataris.</p>



<p>Le Diwan Amiri, le cabinet de l’émir du Qatar, a déclaré dans un communiqué laconique que les deux dirigeants <em>«ont discuté des relations bilatérales et des développements dans la région»</em>, sans donner plus de détails. Quelques heures avant la conversation téléphonique, Saïed avait reçu au palais présidentiel le vice-ministre qatari des Affaires étrangères chargé des affaires régionales, Mohammed Al Khulaifi. Doha n’a pas ouvertement pris position sur la crise politique en Tunisie après l’auto-coup d’État de Saïed en juillet 2021, mais s’est limitée à appeler au dialogue entre les parties.</p>



<p>Al Thani, cependant, s’est personnellement engagé auprès de Saïed à injecter des fonds dans les caisses vides de l’État tunisien.<em> «Notre pays est prêt à donner un nouvel élan aux relations d’échange, d’investissement et de partenariat avec le Qatar, notamment à travers la mise en œuvre d’accords bilatéraux, ainsi que la finalisation de projets d’investissement et de développement en Tunisie dans les secteurs d’intérêt mutuel»</em>, a déclaré la présidence tunisienne. Après la France, le Qatar est le deuxième investisseur en Tunisie, notamment dans les secteurs de l’immobilier, des infrastructures, du tourisme, du financement, des médias et de la pétrochimie, entre autres.</p>



<p>Le Qatar semble avoir oublié Ennahdha. La récente vague d’arrestations par Saied de plusieurs anciens cadres de la formation islamiste n’a même pas conduit à une condamnation ferme par Doha, bien au contraire. Plus d’avantages pour un dirigeant autoritaire qui a concentré son action politique sur la lutte contre la corruption et de l’islamisme politique dans le pays, qui a été historiquement représenté le parti Ennahdha.</p>



<p>Bien que la presse qatarie blâme le président pour la descente effectuée dans les bureaux de la chaîne Al Jazeera, propriété de la famille Al Thani, par ses forces de sécurité tunisiennes en juillet 2021, quelques jours après le coup d’État de Saïed.</p>



<p>Le Qatar semble reproduire en Tunisie le même <em>modus operandi </em>qu&rsquo;il a suivi en Egypte, où il n’a montré aucune intention de résoudre la situation délicate des Frères musulmans suite à une réconciliation diplomatique avec le Caire. La technique d’apaisement de Doha avec le président Abdelfattah Sissi n’a amené aucun progrès dans ce sens. De plus, les Frères musulmans sont à leur point le plus faible depuis des décennies. Et les investissements qataris n’ont cessé d’augmenter ces derniers mois.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le dossier du Sahara occidental</h2>



<p>Le dossier du Sahara conditionne les relations du Qatar avec le Maroc et l’Algérie. L’ambassadeur de Doha auprès des Nations unies, Abdulrahman Bin Abdulaziz Al Thani, a nuancé en octobre son soutien à la proposition de Rabat d’autonomie sous souveraineté marocaine, qu’il a qualifiée de <em>«base objective pour toute solution réaliste et durable à ce problème»</em>. Ainsi, malgré le recul de l’islamisme politique au Maroc suite aux élections de septembre 2021, au cours desquelles le Parti de la justice et du développement (PJD) a perdu plus d’une centaine de sièges et la direction du gouvernement, le Qatar a maintenu le volume des investissements dans le pays.</p>



<p>Bien que le pic de l’influence qatarie ait coïncidé avec la domination politique du PJD, cela <em>«s’est peut-être le plus clairement reflété lorsqu’en 2017 le Maroc a adopté une position neutre envers les Émirats arabes unis et le blocus saoudien contre le Qatar et a même transporté par avion des expéditions de nourriture vers Doha»</em>, rappellent les analystes Karim Mezran et Sabina Henneberg de &nbsp;Newlines Institut. Cependant, la diplomatie marocaine n’est pas satisfaite de la position de Doha sur le dossier du Sahara. Rabat ne le considère pas aussi explicite qu’il le voudrait.</p>



<p>Contrairement au Maroc, l’Algérie n’a jamais eu de relations étroites avec les monarchies du Golfe. La politique étrangère algérienne a historiquement tendu vers le non-alignement, mais la proximité apparente entre Doha et Alger génère de la méfiance à Rabat. Al Thani et le président algérien Abdelmadjid Tebboune sont en contact régulier, et le pays du Golfe a récemment annoncé plusieurs projets d’investissement en Algérie, avec un accent sur le secteur du tourisme. Parallèlement, le Qatar entretient des relations étroites avec le chef d’état-major des armées Saïd Chengriha, l’homme fort du pays et l’homme chargé de tendre les relations avec le Maroc. En effet, son homologue qatari, le général de corps d’armée Salem Salem Bin Hamad Bin Aqeel Al Nabit, l’a rencontré cette semaine à Alger.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Libye, un cas à part</h2>



<p><em>«Les pays du Golfe ont joué un rôle important dans la chute de Kadhafi. Contrairement aux mobilisations en Egypte ou en Tunisie, il y a eu une convergence presque totale en Libye. L’hostilité envers Kadhafi était l’une des rares choses sur lesquelles toutes les capitales arabes du Golfe étaient d’accord»</em>, note l’analyste Eduard Soler i Lecha dans une publication de l’Institut européen de la Méditerranée (IEMed). Doha a ramé dans le même sens qu’Abou Dhabi dans ce scénario, mais des divergences ont rapidement commencé à apparaître. Les pays du Golfe ont formé, équipé et armé différents groupes rebelles, ce qui les a amenés à soutenir des factions opposées, ce qui a jeté les bases de leur rivalité de longue date en 2014.</p>



<p><em>«Plusieurs pays arabes ont accusé le Qatar de financer des groupes répertoriés comme organisations terroristes, comme Ansar Charia et les Brigades de défense de Benghazi. Doha a nié ces accusations. Au lieu de cela, son soutien au gouvernement de Tripoli et aux groupes liés aux Frères musulmans est un fait avéré»</em>, souligne Soler i Lecha. <em>«Après les élections du 25 juin, deux centres de pouvoir ont émergé : Tripoli et Tobrouk, soutenus respectivement par le Qatar et les Emirats. Ils n’étaient pas les seuls acteurs régionaux à prendre parti, mais ils étaient parmi les plus influents»</em>. À partir de ce moment, l’implication du Qatar a commencé à diminuer considérablement.</p>



<p><em>«Bien que ni les objectifs du Qatar ni ceux des EAU au Maghreb n’aient changé, depuis 2011, tous deux ont transformé leurs engagements en une diplomatie plus pragmatique»</em>, résument les analystes Karim Mezran et Sabina Henneberg. <em>«Ils visent à renforcer leur influence régionale tout en protégeant leurs propres régimes. Les formes et les niveaux d’intervention du Golfe au Maghreb varient dans le temps, mais c’est toujours dans l’intérêt des États du Golfe, pas du Maghreb»</em>.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Article traduit de l&rsquo;anglais. </em></p>



<p><strong><em>Source :</em></strong> <a href="https://atalayar.com/en/content/qatar-tests-its-new-north-africa-strategy-tunisia" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Atalayar</a>. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/23/le-qatar-teste-sa-nouvelle-strategie-nord-africaine-en-tunisie/">Le Qatar teste sa nouvelle stratégie nord-africaine en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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