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	<title>Archives des Mafia - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Mafia - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Mafia italienne &#124; A propos du fugitif capturé en Tunisie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Mar 2026 20:47:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fin de cavale pour Diego Bocciero, le trentenaire italien, considéré comme le chef actuel du clan « Nuovo Partenio » de l&#8217;organisation de la Camorra , interpellé en Tunisie après trois mois de fuite. Selon les médias italiens, il s’agit de Diego Bocciero, 37 ans, originaire d&#8217;Avellino, qui était activement recherché depuis décembre dernier après avoir été...</p>
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<p><strong><em>Fin de cavale pour Diego Bocciero, le trentenaire italien, considéré comme le chef actuel du clan « Nuovo Partenio » de l&rsquo;organisation de la Camorra , interpellé en Tunisie après trois mois de fuite.</em></strong></p>



<span id="more-18460903"></span>



<p>Selon les médias italiens, il s’agit de Diego Bocciero, 37 ans, originaire d&rsquo;Avellino, qui était activement recherché depuis décembre dernier après avoir été visé par un mandat de dépôt émis par la Direction de district anti-mafia (DDA) de Salerne.</p>



<p>Il est notamment accusé d&rsquo;extorsion de fonds avec circonstances aggravantes par méthode mafieuse, entre autres accusations et après son arrestation, il est actuellement détenu dans une des prisons tunisiennes et y restera jusqu&rsquo;à la finalisation des procédures administratives.</p>



<p>Il devrait ensuite être extradé vers l&rsquo;Italie pour répondre de ses actes devant la justice de son pays.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Y. N.</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="WNAScT5YqH"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/10/arrestation-en-tunisie-dun-chef-de-la-camorra-italienne/">Arrestation en Tunisie d’un chef de la Camorra italienne</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Arrestation en Tunisie d’un chef de la Camorra italienne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/10/arrestation-en-tunisie-dun-chef-de-la-camorra-italienne/embed/#?secret=7gx4fzd5sc#?secret=WNAScT5YqH" data-secret="WNAScT5YqH" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>‘‘Robert Kennedy : His life’’ &#124; Le destin brisé d’un aristocrate, populiste par nécessité</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/11/robert-kennedy-his-life-le-destin-brise-dun-aristocrate-populiste-par-necessite/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Sep 2025 06:56:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Robert Kennedy]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec le recul, on peut se demander aujourd’hui si Robert Kennedy n’aurait été qu’un Donald Trump avant l'heure.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Avec le caractère flamboyant de Robert Kennedy, populiste, sportif, courageux, défenseur du nom de sa famille, mais compromis avec le FBI contre les droits civiques et animé par un désir de revanche contre l’establishment de Washington, on peut se demander aujourd’hui s’il n’aurait été qu’un Donald Trump avant l&rsquo;heure.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-17451531"></span>



<p>Dans les pays démocratiques, certaines règles établies en politique interdiraient&nbsp;le recours aux membres de sa propre famille par un homme d’État,&nbsp;sous peine de prêter le flanc à l&rsquo;accusation de népotisme. Le cas Robert Kennedy adoubé par son frère, le Président John Kennedy, et se voyant confier le poste considérable d’Attorney Général des Etats Unis d’Amérique à la tête du département de la Justice, contredit significativement cette idée.</p>



<p>Robert Kennedy avait certes été auparavant membre du Congrès, collaborateur du fameux sénateur Joseph Mc Carthy responsable de la chasse aux sorcières contre les communistes, membre de la commission contre la corruption. Il avait de surcroît démontré son efficacité lors de la campagne présidentielle ayant permis à son frère d&rsquo;accéder&nbsp;à la fonction suprême. Mais cette nomination avait eu pour objectif de brider&nbsp;le Directeur du FBI, Edgar Hoover, suspect afin d’éviter d’être démis de ses fonctions, de ressortir les vieux dossiers de la Prohibition impliquant le patriarche de la famille, Joe Kennedy, ou de dévoiler les imprudences du Président nouvellement élu dont certaines des maîtresses avaient des accointances avec la mafia ou auraient pu en avoir avec les services secrets communistes.</p>



<p>En fait, c’est Robert Kennedy qui, pour protéger le nom de sa famille finit par jouer entre les mains du Directeur du FBI en permettant notamment la mise sous écoute du leader du mouvement des droits civiques Martin Luther King, dont l’un des conseillers les plus en vue était un ancien membre du Parti Communiste. Ce fait est remarquable après la marche pour la liberté ou l’incident du Ole Miss, quand le gouvernement fédéral afin d’appliquer une décision de Justice enjoignant l’inscription universitaire d’étudiants noirs avait affronté l’hostilité des terroristes blancs.</p>



<p>On peut concevoir que ce sont les circonstances, quand ce ne sont pas des conseillers possédant le sens de l’Histoire, qui ont dicté au Président de téléphoner à Coretta King pour la soutenir, et à son frère de demander à un Juge la libération de son époux Martin Luther King,&nbsp;leader des Droits Civiques, malgré les conséquences sur les futures élections dans les Etats du Sud.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le désastre de la Baie des Cochons</h2>



<p>Dès lors, l’action projetée par l’Attorney Général contre le Milieu ou les syndicalistes corrompus dont il avait fait son cheval de bataille fut, elle, dès le départ, entravée par les réticences du Directeur qui niait l’existence de la Mafia. Pour faire bonne mesure, devenu concomitamment à ses responsabilités officielles, conseiller du Président, il fut impliqué dans le désastre de la Baie des Cochons, ce débarquement manqué des mercenaires cubains à la solde de la CIA rapidement encerclés et faits prisonniers par les troupes de Fidel Castro, et auxquels le Président refusa le soutien de l’armée américaine, et certains parmi leurs amis ne le lui pardonnèrent pas. C&rsquo;est la CIA qui dut en assumer la responsabilité au prix de limogeages dont la présidence crut profiter en plaçant à sa tête des personnalités sûres.</p>



<p>Robert Kennedy n’eut dès lors de cesse de monter des scénarios pour l’assassinat du <em>«lider maximo»</em>, y compris les plus farfelus avec la participation de personnages douteux, souvent d’anciens marines, auxquels l’agence ne se fit évidemment pas faute de se prêter. Tous demeurèrent à l’état de projets, et&nbsp;quelques-uns apportèrent même de l’eau au moulin du FBI lorsque la CIA y fut impliquée dans une collaboration avec le milieu du banditisme réputé avoir des accointances à Cuba. Cela se passait en 1961.</p>



<h2 class="wp-block-heading">A deux doigts d’un conflit nucléaire</h2>



<p>En 1962, il y eut l’affaire des missiles, qui mit le monde à deux doigts d’un conflit nucléaire. Il semble que Robert Kennedy y joua un rôle fondamental, celui d’éminence grise, dans la solution pacifique du conflit, grâce à des contacts établis depuis des mois avec un agent soviétique, qui fit parvenir officieusement à Khrouchtchev une promesse de retrait des fusées nucléaires américaines de Turquie contre celles soviétiques installées à Cuba. Fidel Castro s’y voyait garantir l’abstention de toute intervention militaire américaine pour renverser son régime contre le respect des zones alliées à Berlin. Des contacts officieux établis avec l’ennemi au moment où l’état-major de l’armée préconisait un bombardement massif de l&rsquo;île ?</p>



<p>Le plus étonnant est que dans leur recherche effrénée de dossiers contre la famille Kennedy, le FBI, les ennemis politiques, ou les journalistes adoubés par ces derniers ne lui en firent jamais grief. Ainsi Robert Kennedy fut celui qui véritablement épargna à l’humanité une catastrophe nucléaire.</p>



<p>On ne saurait naturellement faire abstraction du rôle éventuel joué dans le renversement du dictateur dominicain Trujillo,&nbsp;l’assassinat du président sud vietnamien Diem, ou même celui de Patrice Lumumba dont la survenue immédiatement après l’intronisation du Président Kennedy implique plutôt l’administration précédente, celle d’Eisenhower.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dans un contexte de guerre froide</h2>



<p>Naturellement tout cela se passait dans un contexte de guerre froide et on peut créditer Robert Kennedy qu’il fut une fois encore l’homme qui comprit que la lutte contre le communisme ou contre l’insurrection impliquait plus que les conflits armés, la solution de la question raciale malgré toute sa complexité qui menaçait d’amener le pays au bord de la guerre civile à l’intérieur, et le développement du tiers-monde issu de la décolonisation grâce à l&rsquo;aide américaine à l&rsquo;extérieur.</p>



<p>C’était le temps où les Etats Unis d’Amérique ne supprimaient pas les agences d’aide au développement&nbsp;ainsi qu’ils le font actuellement et envoyaient aux quatre coins du monde les volontaires du Peace Corps. Cela rejoint l’idée que l’ère de la décolonisation fut aussi une conséquence de la vision du monde des frères Kennedy, dans la continuité de celle d’Eisenhower, dont l’accès aux marchés des pays nouvellement indépendants faisait partie intégrante.</p>



<p>C’est évidemment au Vietnam que la politique américaine serait mise à l’épreuve. Mais il semble que celle de la Maison Blanche était au désengagement. Autrement dit, il fallait aider les sud-vietnamiens mais sans envoyer de troupes américaines se battre. L’assassinat du Président, officiellement et contre toute évidence un acte isolé, engagea l’Amérique résolument dans la guerre en Asie du Sud-Est.</p>



<p>D’aucuns ont prétendu que c’est l’Attorney Général qui le 22 novembre 1963 à Dallas fut visé à travers son frère, Robert Kennedy, dont l’aversion au président Johnson n’avait d’égale que celle que ce dernier lui portait, fut remplacé par Ramsey Clark et élu au Sénat. C’est à ce moment-là qu’il aborda le virage populiste de sa carrière en accordant son soutien aux droits civiques, aux petits fermiers, et en engageant des actions de réhabilitation des cités défavorisées et des ghettos, mobilisant quelques hommes d’affaires, toujours dans l’optique de mettre un terme aux conflits raciaux et sociaux qui favoriseraient la diffusion du communisme.</p>



<p>Robert Kennedy ne mit jamais en doute publiquement la version officielle de l’assassinat de son frère, quoiqu’il fût parfaitement conscient qu’il pouvait constituer la prochaine cible, ainsi que l’avait prévu sa belle-sœur, la veuve du Président. Et il avait considéré les thèses du procureur Jim Garrison, de la Nouvelle-Orléans, sur le complot, comme étant fantaisistes issues d’un esprit à la recherche de la célébrité.</p>



<p>Naturellement, ses adversaires politiques, à compter du Président Johnson qui le soupçonnait de briguer la présidence lors d’élections ultérieures, insinuèrent&nbsp;que l’assassinat du Président Kennedy fut l’œuvre de Fidel Castro en réponse aux tentatives dont lui-même aurait fait l’objet à l’instigation de Robert Kennedy. Il est vrai que ce dernier toujours par des voies détournées avait réussi à faire libérer de Cuba les 1100 combattants détenus depuis la Baie des Cochons contre l’équivalent de 50 millions de dollars livrés essentiellement sous forme de médicaments, et pour 2 millions de dollars, en cash. Il avait ainsi soldé ses comptes avec les Cubains, pro et anti castristes réunis. Mais sous la pression de son entourage, en particulier de son épouse, il s’était lancé en 1968 dans la campagne pour la présidence et avait remporté 3 primaires du Parti démocrate, en particulier celle de Californie, contre le candidat surprise Eugène Mc Carthy dont on se demande s’il ne lui avait pas été sciemment opposé par le Président Johnson. Ce dernier, quoique ayant annoncé qu’il ne se représenterait pas, était peu désireux de laisser le champ libre à son ennemi.</p>



<p>Robert Kennedy voulait arrêter la guerre au Vietnam devenue très impopulaire dans laquelle les Etats-Unis s’étaient engagés après la mort du Président&nbsp; Kennedy sans possibilité de la remporter et l’establishment américain était peu désireux de voir un nouveau président mobilisant les foules dans et en dehors des ghettos ainsi qu’il avait commencé à le faire lors de sa campagne électorale au nom autant de la justice sociale et des droits constitutionnels contestés par les racistes, que de la paix que le complexe militaro-industriel s’obstinait à éviter. La victoire en Californie avait brusquement rendu probable son accession à la Maison Blanche. Son assassinat en juin 68 au moment même où il préparait les primaires du Wisconsin s’était donc situé dans un certain ordre des choses, celui de l’élimination violente de tous les tribuns populaires qui de Malcolm X à Martin Luther King, abattu quelques semaines plus tôt, avaient commencé à ébrécher l’infranchissable barrière raciale qui divisait depuis toujours la société américaine.</p>



<p>Le caractère singulier de cet assassinat se situait dans son auteur, Sirhan Sirhan, un Palestinien prétendument déséquilibré dont on peut logiquement se poser la question de savoir comment il avait pu se faufiler vers les cuisines de l’Hôtel dont rien ne laissait prévoir qu’elles seraient traversées par le candidat à la Présidence afin d’éviter la pression de la foule.</p>



<p>Robert Kennedy avait annoncé sa volonté d’armer Israël après la guerre des Six jours, mais en cela il ne différait en rien des autres candidats et le conflit du Proche-Orient n’avait jusque-là constitué aucun sujet de controverse dans la campagne présidentielle américaine.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Robert-F-Kennedy-Junior-Donald-Trump-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-17451577" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Robert-F-Kennedy-Junior-Donald-Trump-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Robert-F-Kennedy-Junior-Donald-Trump-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Robert-F-Kennedy-Junior-Donald-Trump-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Robert-F-Kennedy-Junior-Donald-Trump-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Robert-F-Kennedy-Junior-Donald-Trump-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Robert-F-Kennedy-Junior-Donald-Trump-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Robert-F-Kennedy-Junior-Donald-Trump.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Robert F. Kennedy Junior, ministre de la Santé de Donald Trump 2.</figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Un Donald Trump avant l&rsquo;heure</h2>



<p>La partie la plus remarquable de cette biographie est évidemment la transformation de Robert Kennedy issu d’une famille de riches irlandais mais catholiques, qui de serviteur chargé de couvrir les arrières de son frère à la Maison Blanche, s’était transformé en candidat crédible à la Présidence en mobilisant la fraction de la plèbe qui avait toujours été exclue du jeu politique. Son passé issu d’une nation opprimée par les Anglais l’y a peut-être aidé. Son obstination à ignorer la thèse du complot ayant conduit à l’assassinat de son frère ne pouvait être que de la dissimulation conférant à ses motivations secrètes pour accéder à la Présidence leur caractère plausible. Il avait sans doute été mû par la volonté d’en châtier les commanditaires si tant est qu’il eût dû auparavant les démasquer, mais ces derniers ne lui en avaient pas laissé l’occasion.</p>



<p>Abstraction faite du caractère flamboyant du personnage, sportif, courageux, défenseur du nom de sa famille, mais compromis avec le FBI contre les droits civiques, il avait commencé à forger son personnage de tribun de la plèbe en Pologne communiste, puis en Afrique du Sud en butte au régime ségrégationniste de l’Apartheid,&nbsp;sur les toits des voitures défoncées de l’ambassade américaine. Mais il ne faut peut-être pas s’y leurrer. La participation actuelle de son fils Robert Jr au gouvernement de Donald Trump à la tête du département de la Santé et ses prises de positions contre la vaccination et la recherche médicale ont suscité des appels à sa démission dans la communauté scientifique. Se situe-t-elle en droite ligne de l’action de son père elle-même née d’un désir de revanche contre l’establishment de Washington ?&nbsp;En dépit des différences notables dans les personnalités des deux hommes, et dans leurs parcours, il est légitime de se demander si Robert Kennedy à la Présidence n’aurait été qu’un Donald Trump avant l’heure.&nbsp; &nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong><em>‘‘Robert Kennedy: His Life’’ de&nbsp;Evan Thomas, éd. </em></strong><strong><em>Simon &amp; Schuster, 10 septembre 2002, 512 pages.</em></strong></p>
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		<title>‘‘Histoire de Ia Sicile’’: au confluent de deux mondes, une nation sous le boisseau</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/28/histoire-de-ia-sicile-au-confluent-de-deux-mondes-une-nation-sous-le-boisseau/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Jan 2024 08:14:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Sicile constitue envers et contre tout le miroir qui réfléchit vers nous, arabes et musulmans, notre propre visage inquiétant de réfractaires au modernisme.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/28/histoire-de-ia-sicile-au-confluent-de-deux-mondes-une-nation-sous-le-boisseau/">‘‘Histoire de Ia Sicile’’: au confluent de deux mondes, une nation sous le boisseau</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La Sicile est cette île, la plus grande de toute la Méditerranée, que seuls 200 kilomètres  séparent de notre pays, la Tunisie, à travers cette mer tragiquement devenue un cimetière, alors que la côte italienne se situe à seulement trois kilomètres de ses rivages. Il ne faut pas croire pour autant qu’elle ait par la force de sa proximité géographique gravité constamment dans le sillage de la botte, même si elle a souvent subi le contrecoup des événements qui s’y déroulaient.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong></p>



<span id="more-11430492"></span>



<p>Cependant la Sicile est entrée dans l’histoire avec l’arrivée des colons grecs et la fondation de villes importantes telles que Syracuse. Au cours de la guerre du Péloponnèse entre Athènes et Sparte, un corps expéditionnaire athénien ne peut prendre la ville et est décimé pour avoir écouté les augures défavorables et tardé à embarquer. L’île devient ensuite l’enjeu de la lutte entre Puniques et Grecs; une armée syracusaine débarque même au Cap Bon et tente de marcher sur Carthage, créant ainsi un précédent que les Romains n’oublieront pas.&nbsp;L’intervention de&nbsp;Rome pour mettre en échec le projet colonial Carthaginois déclenche la première guerre punique. La Sicile devient alors une province romaine pour plusieurs siècles.</p>



<p>Avec la chute de Rome et les invasions germaniques en Italie et en Afrique, la Sicile subit le contrecoup des entreprises des vandales et des ostrogoths, qui y laissent cependant peu de traces, l’île demeurant sous la domination de l’empire romain d’Orient et sa capitale, Byzance, grâce à sa marine de guerre, la plus importante de la Méditerranée. Néanmoins ce sont alors les dynasties arabo-musulmanes de l’Ifriqiya, les Aghlabides qui prennent alors l’initiative de créer une flotte de combat pour conquérir l’île au IXe siècle. Celle-ci demeurera musulmane pendant deux siècles jusqu’à l&rsquo;arrivée des Normands à partir de 1031, d’abord comme mercenaires de Byzance, puis des émirs siciliens, avant d’opérer pour leur&nbsp;propre compte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La fin d’Ibn Abbad, le dernier émir de Sicile &nbsp;</h2>



<p>Les Normands&nbsp; conquièrent l’Angleterre en une seule bataille, celle de Hastings en 1066. Ils mettent 31 ans à conquérir la totalité de la Sicile. Mais en fin de compte après les horreurs de la guerre et son lot de massacres et de trahisons, le dernier émir, Ibn Abbad, est pris et exécuté dans l’ouest de l&rsquo;île,&nbsp;là où la population arabe s’était réfugiée. Les Normands créent alors un Etat&nbsp;multiethnique et multiculturel arabe, latin grec, et normand, unique en son genre, qui s’étend sur toute l’Italie du Sud. La cour de Sicile compte de nombreux savants dont le fameux géographe Al-Idrissi. Et l’Italie du Sud étant également sous domination normande, le comte Roger se voit couronner&nbsp;et reconnaître le titre royal par le pape reconnaissant d’avoir été débarrassé de ses adversaires byzantins et lombards,&nbsp;ainsi que de ses opposants au sein de l’Eglise.</p>



<p>L’État normand&nbsp;est ainsi&nbsp;tributaire dans sa légitimité du pape de Rome dont la politique est d’empêcher l’émergence en Italie de tout pouvoir unificateur, et même de tout pouvoir fort susceptible de menacer son propre territoire. Qu’à cela ne tienne! Mais le comte Guillaume le Bon après son&nbsp;échec à conquérir Byzance&nbsp;meurt sans laisser d’héritiers et c’est sa tante, Constance, la fille du Roi Roger II qui constitue alors sa seule héritière en vie. Celle-ci épouse l’empereur du Saint Empire Romain germanique Henry&nbsp;VI qui ne connaît rien aux affaires de la Sicile ou de l’Italie. Mais cela a pour conséquence d’abord de créer un Etat s’étendant de la mer Baltique au Nord au détroit de Sicile au Sud, ensuite de plonger l’île dans les tourments de la politique allemande.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Frédéric II, la merveille du monde</h2>



<p>A la mort de Henri VI, Otton de Brunswick déclenche le courroux du pape en tentant de mettre la main sur la Sicile et après avoir traversé toute l’Italie sans résistance, ne peut franchir les trois kilomètres du détroit de Messine et est obligé de rebrousser chemin pour courir affronter le Roi de France à Bouvines en 1214 où il est vaincu avec son allié le Roi d’Angleterre. La couronne échoit alors au fils de Constance et de Henri, Frédéric II, la merveille du monde ainsi qu’on l’a nommé,&nbsp;qui pour créer l’université de Naples, respecter ses sujets musulmans, parler l&rsquo;arabe, et entretenir un harem,&nbsp;devient la bête noire du pape qui l’excommunie&nbsp;alors qu’il reprend le contrôle de Jérusalem pacifiquement par la négociation avec le sultan d’Egypte Al-Achraf.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Roi des Deux Sicile</h2>



<p>A sa mort en 1250, après avoir sondé les ducs anglais&nbsp;Henry&nbsp;de Cornouailles et Edmond de Lancastre, le pape confie la Sicile à Charles d’Anjou, frère de Louis IX le Roi de France, qui envahit le sud de l’Italie et la Sicile, affronte les héritiers de Frédéric II qu’il vainc, et en fait exécuter le dernier, Conradin, âgé de 16 ans.</p>



<p>Charles d’Anjou dépossède les nobles siciliens de leurs terres pour les confier à ses compatriotes provoquant ainsi la colère de la population. Un premier soulèvement a lieu en 1267 et il est noyé dans le sang, la répression est impitoyable et fait des&nbsp;milliers de&nbsp;morts. Un second a lieu en mars 1282 qui cette fois réussit et se termine par un massacre général des Français. Charles d’Anjou s’enfuit à Naples, mais continue de revendiquer le titre de Roi des Deux Sicile. L’île est conquise par le Roi d’Aragon Pierre III, époux de Constance, petite-fille de Frédéric II par son fils&nbsp;Manfred, qui accorde un parlement à ses nouveaux sujets et promet de respecter leurs droits et leurs coutumes Le traité de Caltabellotta&nbsp; marque le début de quatre siècles de domination ibérique.</p>



<p>La Sicile de par la volonté des papes qui se succèdent de la détacher de la couronne d’Aragon, est en fin de compte coupée de l’Italie et de la renaissance, elle demeure sous le contrôle de l’obscurantisme catholique ibérique jusqu’à la réunification de l’Aragon avec la Castille et la formation du Royaume d’Espagne. En 1348, elle est frappée par un autre fléau, la peste. L’inquisition y est introduite en 1486. Et la Sicile demeure un pays où seuls les nobles souvent d’origine espagnole détiennent la plupart des terres alors que la population est maintenue dans un grand Etat d’ignorance et de pauvreté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’irruption des puissances maritimes</h2>



<p>Les choses se&nbsp;prolongent ainsi jusqu’au règne de Louis XIV de France. L’irruption de la puissance maritime anglaise en Méditerranée bouleverse modifie les enjeux stratégiques autour de l’île, en particulier avec la guerre de succession d’Espagne. La marine française appuie la rébellion de la ville de Messine contre Palerme mais finit par se retirer.</p>



<p>En fin de compte Philippe VI le petit fils de Louis XIV accède au trône espagnol mais la Sicile est confiée à son beau père le duc Victor Amédée de Savoie qui essaie d’implanter une administration efficace dans un pays dont le peuple est indolent,&nbsp;paresseux et peu entreprenant. Il ouvre même une université à Catane, mais les intrigues de la nouvelle reine d’Espagne, la jeune noble italienne Elisabeth Farnèse, finissent par le déposséder de l&rsquo;île, en échange de laquelle il reçoit celle de la Sardaigne. La maison de Savoie se nommera dès lors royaume de Sardaigne jusqu’à la réunification italienne sous son égide.</p>



<p>Cependant l’Angleterre peu désireuse de voir de nouveau la Sicile réunifiée avec l’Espagne détruit la flotte espagnole&nbsp;sans déclaration de guerre et assure le transport des troupes autrichiennes sur l’île. Celles-ci sont battues mais privée de flotte l’Espagne ne peut amener de renforts et finit par évacuer l’île. Au bout de quatorze années l’Autriche finit également par abandonner la partie, sans résultat notable. La Sicile n&rsquo;est pour autant pas indépendante, elle est rattachée au Royaume des Bourbons de Naples. Ferdinand IV de Naples devient Ferdinand III de Sicile puis Ferdinand Ier des deux Siciles. Mais l’heure est à la&nbsp;révolution française.</p>



<p>Les troupes de Napoléon arrivent jusqu’à Naples où une république Parthénopéenne est proclamée, et Ferdinand Ier se réfugie à Palerme grâce à la flotte anglaise. Puis Murat, mari de la sœur de Napoléon, Caroline, devient&nbsp;roi de Naples et il obtient de se maintenir sur le trône moyennant de se ranger aux côtés des ennemis de son illustre beau-frère. Cependant Murat dont le faste a séduit les Napolitains a d’autres ambitions, il veut conquérir la totalité de l’Italie malgré l’opposition de l’Autriche et de l&rsquo;Angleterre. Et lors de ce qu’on a appelé les Cent Jours, il fait le mauvais choix et se range du côté de Napoléon lors de son retour de l’île d’Elbe. Cela lui coûtera le royaume et la vie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le printemps des peuples</h2>



<p>Avec la disparition définitive de Napoléon, Ferdinand Ier retrouve donc son trône, Palerme est de nouveau abandonnée au profit de Naples,&nbsp;et la Sicile retrouve son statut de province oubliée, malgré un appel aux Anglais, en vue de l’instauration d’un parlement et d’institutions démocratiques. L’île se rappelle rapidement au souvenir du roi.&nbsp;En 1820 y a lieu un premier soulèvement, inspiré par celui de généraux espagnols contre Ferdinand VII, leur souverain.&nbsp;</p>



<p>En 1848 a lieu le grand soulèvement des peuples européens qualifié de printemps des peuples, et celui-ci débute à Palerme. Le parlement constitué destitue le roi Ferdinand II des Deux Sicile. Celui-ci envoie alors ses troupes pour mater le soulèvement. La ville de Messine, qui s’était pourtant rendue sans combattre, est impitoyablement bombardée. Ferdinand&nbsp;II passera ainsi à la postérité comme le Roi Bomba. Pourtant il construit le premier chemin de fer italien au sud de Naples,&nbsp;le télégraphe,&nbsp;le transport maritime.</p>



<p>Mais 1848 marque aussi l’apparition du fameux Garibaldi et de ses chemises rouges qui, quelques années plus tard en 1861, avec l’aide des Américains et des Anglais, conquiert la Sicile, sans la participation des Siciliens, demeurés dans l’expectative,&nbsp;en l’espace d’un mois, puis débarque en Calabre et conquiert Naples. Cela fournit l’occasion au Royaume piémontais de Sardaigne du roi Victor Emmanuel et de Cavour d’intervenir et de réunifier la péninsule italienne en un seul Etat.</p>



<p>Napoléon III, l’empereur des français dont les troupes étaient stationnées à Rome, n’a pas bougé et reçoit en échange la Savoie et Nice, la ville natale de Garibaldi. La Sicile est désormais une province du nouveau royaume d’Italie,&nbsp;et des fonctionnaires venus du nord de la péninsule y sont nommés qui ne comprennent&nbsp;rien à la mentalité et aux coutumes des Siciliens, et à peine leur dialecte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La mafia à la manœuvre</h2>



<p>Les Siciliens ont de nouveau l’impression d’être colonisés,&nbsp;et leur repli sur soi aboutit à la diffusion du brigandage et des activités illégales sous l’égide de sociétés clandestines instaurant leur pouvoir par la violence, la mafia.</p>



<p>Un violent tremblement de terre détruit en 1908 la ville de Messine et fait des dizaines de milliers de réfugiés dont personne ne soucie. Les Siciliens fuyant la misère, la sécheresse et les mauvaises récoltes émigrent en masse aux Etats-Unis où ils seront tristement connus. Cependant avec l’arrivée de Mussolini au pouvoir, un préfet de police, Cesare Mori, dit le préfet de fer, est investi des pleins pouvoirs pour purger l’île de la mafia. Malgré cela, celle-ci survit et à l’instigation des gangsters siciliens de New York ses&nbsp;membres aident les armées américaine&nbsp;et britannique lors de leur débarquement en Sicile en juillet 1943. Ils reçoivent en rétribution la responsabilité d’assurer le ravitaillement de leurs affaires et sont nommés aux postes de responsabilités laissés vacants par la disparition du parti fasciste.</p>



<p>La mafia investit et anime alors le parti démocrate chrétien en Sicile,&nbsp;ce dont elle tirera&nbsp;tout son pouvoir durant une cinquantaine d’années et expliquera largement l’impunité dont jusqu’à présent elle continue de jouir.</p>



<p>L’île finit après la guerre par être reconnue comme territoire autonome avec un parlement et un gouvernement régional, achevant son intégration dans l’Etat italien et les institutions européennes. Le problème de l’émigration en provenance des pays du sud la recadre cependant à l’avant scène de l’histoire. De nouveau la Sicile constitue un point chaud, et pas seulement à cause de ses volcans.</p>



<p>En conclusion, la Sicile est-elle une nation avortée? On peut effectivement s’en poser la question. Si on examine les faits, il n’y existe pas de différence notable avec l’Italie du Sud,&nbsp;à part peut-être&nbsp;les deux siècles de domination arabo-musulmane. Durant&nbsp;les périodes grecque, phénicienne, romaine, byzantine, arabe, la Sicile ne fut au mieux qu’une province, au pis un champ de bataille.&nbsp;Cependant l’État normand avait sa capitale à Palerme, à la différence notable de celle des deux Sicile, située à Naples.</p>



<p>Si donc un Etat a représenté le mieux la volonté nationale des Siciliens, c’est bien à celui des Normands qu’il faut se référer. Son rattachement au Saint Empire Romain germanique en a fait un jouet au gré des conflits entre l’Aragon, l’État&nbsp;pontifical, les différentes cités Etats italiennes, l’Espagne, l’Autriche, la France, l’Angleterre. La Sicile a fini par se hispaniser, et culturellement elle en garde toujours une empreinte qui semble indélébile. Et elle a fini par tomber dans l’escarcelle de l’État italien nouvellement constitué grâce à l’entreprise d’un anarchiste idéaliste qui n’était même pas sicilien.</p>



<p>Il y a certes une comparaison à établir entre les royaumes insulaires normands, d’Angleterre et de Sicile. Le premier a résisté aux Français et au pape, même après avoir été dominé pendant près de quatre siècles par une dynastie angevine, celle des Plantagenêts, pour&nbsp;établir d’une manière pérenne un Etat qui a fini par devenir une puissance mondiale de premier ordre, grâce à sa marine. Le second situé entre les bassins oriental et occidental de la Méditerranée, et doté d’une marine de premier plan qui l’a mené jusqu’à&nbsp;Constantinople, a été détruit par ces mêmes Angevins, et de surcroît à l’instigation du pape, pour ne plus devenir que l’appendice des protagonistes de différents affrontements européens qui ne l’ont jamais vraiment concerné. Mais la fragilité sicilienne s’explique aussi par sa structure interne. La classe noble amenée par chaque envahisseur n’a eu de cesse de détrôner et de déposséder celle qui l’avait précédée,&nbsp;contrairement à celle anglaise où la noblesse d’origine normande malgré les déprédations de la conquête contre les Saxons a constitué l’ossature de l’État, et en dépit des conflits entre les différentes factions. La conséquence en a été qu’en Sicile la noblesse a toujours cherché à s’accommoder avec l’envahisseur, afin de garder ses privilèges et ses possessions. Et le Parlement concédé par les souverains d’Aragon dès le XIVe siècle n’a jamais servi à faire écouter sa voix ou ses revendications, à la notable exception de l’opposition à l’interdiction du commerce avec les pays musulmans dont l’île retirait de substantiels profits.</p>



<p>En fin de compte, la noblesse sicilienne n’a pas été un véhicule de progrès et la féodalité y a perduré alors qu’elle disparaissait ailleurs en Europe. Quant à la mafia, n’étant pas présente en Espagne, il est plus juste de la qualifier de phénomène américain et de cesser de la rattacher à une quelconque origine arabe. Cependant, si la sicilitude ainsi que la qualifie Leonardo Sciascia est cette part psychologique et sociale qui se traduit par un comportement présomptueux et arrogant, alors la Sicile constitue envers et contre tout le miroir qui réfléchit vers nous, arabes et musulmans, notre propre visage inquiétant de réfractaires au modernisme.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/01/28/histoire-de-ia-sicile-au-confluent-de-deux-mondes-une-nation-sous-le-boisseau/">‘‘Histoire de Ia Sicile’’: au confluent de deux mondes, une nation sous le boisseau</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Arrestation de Jebali : Bouchlaka évoque un «enlèvement par des gangs sécuritaires liés à Saïed»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jun 2022 19:45:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[gangs sécuritaires]]></category>
		<category><![CDATA[ghannouchi]]></category>
		<category><![CDATA[Hamadi Jebali]]></category>
		<category><![CDATA[Mafia]]></category>
		<category><![CDATA[Rafik Abdessalem Bouchlaka]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Arrestation de Jebali : Bouchlaka évoque un «enlèvement par des gangs sécuritaires liés à Saïed»</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Commentant l&rsquo;arrestation de Hamadi Jebali par la police, ce jeudi 23 juin 2022, Rafik Abdessalem Bouchlaka, gendre de Rached Ghannouchi chef du parti islamiste Ennahdha, a évoqué «un enlèvement par des gangs sécuritaires liés à Kaïs Saïed».</em></strong></p>



<span id="more-1699719"></span>



<p>Arrêté à Sousse, l’ancien chef du gouvernement nahdhaoui Hamadi Jebali a été conduit à Tunis pour une affaire en cours, avait annoncé Abdellatif Mekki, citant l&rsquo;épouse du concerné.</p>



<p>Quant à Bouchlaka il a évoqué un enlèvement (comme aiment dire les islamistes à chaque arrestation policière), «<em>par des forces brutales du coup d&rsquo;État», </em>qui lui ont également confisqué son téléphone et l&rsquo;ont emmené <em>«dans un lieu inconnu</em>» (terme également utilisé par les islamistes à chaque arrestation de l&rsquo;un des leurs).</p>



<p>Et d&rsquo;ajouter : «<em> des gangs parallèles de l&rsquo;appareil sécuritaire poursuivent le jeu des enlèvements à la manière des gangs de la Mafia et de la drogue</em>»&#8230;</p>



<p>Pour conclure, Bouchlaka affirme tenir les autorités pleinement responsables «<em>moralement, politiquement et juridiquement de l&rsquo;intégrité physique et psychologique du professeur Hamadi Jebali… A bas le coup d&rsquo;Etat ! A bas le dictateur têtu»</em></p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Y. N.</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Bl3ZBdTfVY"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/23/tunisie-hamadi-jebali-arrete-selon-abdellatif-mekki/">Tunisie : Hamadi Jebali arrêté, selon Abdellatif Mekki</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Hamadi Jebali arrêté, selon Abdellatif Mekki » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/23/tunisie-hamadi-jebali-arrete-selon-abdellatif-mekki/embed/#?secret=4KyxCLZXpo#?secret=Bl3ZBdTfVY" data-secret="Bl3ZBdTfVY" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Tunisie : du nouveau dans l&#8217;affaire des conteneurs des déchets italiens</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/28/tunisie-du-nouveau-dans-laffaire-des-conteneurs-des-dechets-italiens/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Moncef Dhambri]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Mar 2022 11:02:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[déchets italiens]]></category>
		<category><![CDATA[ettayar]]></category>
		<category><![CDATA[Mafia]]></category>
		<category><![CDATA[Majdi Karbaï]]></category>
		<category><![CDATA[ordures ménagères italiennes]]></category>
		<category><![CDATA[Salerne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fidèle au poste, depuis que le scandale des conteneurs de déchets italiens a éclaté, le député Majdi Karbaï a toujours répondu présent et suivi pas à pas l&#8217;évolution de cette affaire d&#8217;Etat. Hier, dimanche 27 mars 2022, le député d&#8217;Attayar a confirmé l&#8217;arrivée des conteneurs en Italie et leur mise à la disposition des autorités...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/28/tunisie-du-nouveau-dans-laffaire-des-conteneurs-des-dechets-italiens/">Tunisie : du nouveau dans l&rsquo;affaire des conteneurs des déchets italiens</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/03/Conteneurs-Port.jpg" alt="" class="wp-image-385583"/></figure></div>



<p><strong><em>Fidèle au poste, depuis que le scandale des conteneurs de déchets italiens a éclaté, le député Majdi Karbaï a toujours répondu présent et suivi pas à pas l&rsquo;évolution de cette affaire d&rsquo;Etat. Hier, dimanche 27 mars 2022, le député d&rsquo;Attayar a confirmé l&rsquo;arrivée des conteneurs en Italie et leur mise à la disposition des autorités concernées de Salerne&#8230; pour complément d&rsquo;enquête. Il y aurait encore beaucoup à apprendre sur ce dossier.</em></strong></p>



<span id="more-385560"></span>



<p>Selon les résultats préliminaires des inspections et contrôles effectués par la police et les autorités douanières de Salerne &#8211; et sur lesquels le député Karbaï a obtenu des informations -, il y aurait dans les conteneurs incriminés des «<em>déchets médicaux de haute nocivité</em>». D&rsquo;ailleurs, c&rsquo;est ce qui explique l&rsquo;obligation, pour un délai indéterminé, d&rsquo;immobiliser ces conteneurs. L&rsquo;enquête se poursuit donc&#8230;</p>



<p>Majdi Karbaï, dans un post sur son compte Facebook, hier soir, insiste sur la nature très dangereuse de ces déchets médicaux «<em>que les Italiens voulaient enfouir dans notre pays, avec la complicité de trafiquants tunisiens qui n&rsquo;avaient en tête que le gain facile et sale</em>», au propre et au figuré.</p>



<p>Pour rappel, cette affaire des déchets ménagers importés d&rsquo;Italie, qui remonte à 2020, a suscité la colère de l&rsquo;opinion publique tunisienne contre le voisin italien qui traite ainsi notre pays. Pour redonner à cette affaire ses dimensions réelles, il s&rsquo;agit, du côté italien, de la mafia des ordures ménagères &#8211; oui, ça existe! &#8211; et, du côté tunisien, d&rsquo;un homme d&rsquo;affaires mafieux, aujourd&rsquo;hui en fuite à l&rsquo;étranger.</p>



<p>Dans ce scandale, les médias tunisiens et italiens, certains politiques italiens et tunisiens &#8211; et, surtout, M. Karbaï &#8211; et les citoyens ordinaires des deux pays ont joué pleinement leurs rôles et n&rsquo;ont pas laissé faire les malfrats&#8230; Et les conteneurs en question, débarqués en catimini en Tunisie, ont été retournés en Italie en grande pompe.</p>



<p>Nous pouvons faire confiance au député d&rsquo;Attayar qui suivra ce dossier jusqu&rsquo;à son terme final.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>M. Ch.</strong> </p>



<p> </p>
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		<title>Abbou à Mechichi : «Les lobbies de la corruption et la mafia gouvernent le pays»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2020/11/28/abbou-a-mechichi-les-lobbies-de-la-corruption-et-la-mafia-gouvernent-le-pays/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Nov 2020 18:28:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[corruption]]></category>
		<category><![CDATA[députée Attayar]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernement]]></category>
		<category><![CDATA[lobbies]]></category>
		<category><![CDATA[Mafia]]></category>
		<category><![CDATA[Mechichi]]></category>
		<category><![CDATA[Qalb Tounes]]></category>
		<category><![CDATA[Samia Abbou]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La députée Attayar, Samia Abbou, a estimé que le discours du chef du gouvernement, Hichem Mechichi, prononcé ce matin à l&#8217;ouverture de la plénière consacré à l&#8217;examen projet de loi de finances 2021 était vide et manquait de sincérité : «Vous n&#8217;avez fait que marquer votre présence ! De toute façon, ce n&#8217;est pas vous...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/11/28/abbou-a-mechichi-les-lobbies-de-la-corruption-et-la-mafia-gouvernent-le-pays/">Abbou à Mechichi : «Les lobbies de la corruption et la mafia gouvernent le pays»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/11/Samia-Abbou.jpg" alt="" class="wp-image-326044"/></figure>



<p><strong><em>La députée Attayar, Samia Abbou, a estimé que le discours du chef du gouvernement, Hichem Mechichi, prononcé ce matin à l&rsquo;ouverture de la plénière consacré à l&rsquo;examen projet de loi de finances 2021 était vide et manquait de sincérité : «Vous n&rsquo;avez fait que marquer votre présence ! De toute façon, ce n&rsquo;est pas vous qui gouvernez, ni moi, ni personne ici : la Tunisie est gouvernée et contrôlée par la mafia et les lobbies de la corruption».</em></strong></p>



<span id="more-326042"></span>



<p>Selon Samia Abbou les lobbies choisissent des personnes douteuses qu&rsquo;ils aident à accéder au pouvoir <em>«et cela s&rsquo;appelle ceinture politique prétendant gouverner, mais en réalité on sait tous, que le système d&rsquo;avant 2011 </em>(avant la révolution, Ndlr) <em>est le même et c&rsquo;est la mafia qui contrôle tous les secteurs, et qui a la mainmise sur la Tunisie»</em>, a-t-elle dit, en ajoutant : «<em>Aujourd’hui, ils vous flattent et vous félicitent pour votre travail, car vous servez ce système, mais le jour où vous leur direz non, vous subirez le même sort que vos prédécesseurs</em>».</p>



<p>La députée Attayar a également déploré que les richesses du pays soient contrôlés par les lobbies : «<em>Dire que le pouvoir appartient au peuple est certainement l&rsquo;un des plus grand mensonge, le pouvoir revient à quelques familles, qui sous l&rsquo;aile de la mafia, gèrent les secteurs et en tirent profit. Ne soyez pas au cœur de ce système»,</em> a-t-elle ajouté en s’adressant au chef du gouvernement.</p>



<p>Samia Abbou a également appelé M. Mechichi à être sincère et à larguer les partis épinglés par la Cour des comptes (en référence notamment à Qalb Tounes), «<em>et qui ont fait tomber le gouvernement Fakhfakh, sous prétexte d&rsquo;une affaire de conflit d&rsquo;intérêts, mais en réalité c&rsquo;est parce qu&rsquo;il a refusé d&rsquo;élargir la ceinture politique pour intégrer ceux qui sont liés  à des affaires de blanchiment d&rsquo;argent et d&rsquo;évasion fiscale et qui sont mouillés jusqu&rsquo;au cou dans la corruption</em>», a ajouté l&rsquo;élue Attayar.</p>



<p>«<em>Œuvrez pour le bien du pays et soyez sincère avec les Tunisiens et on ne vous laissera pas seul ! On soutiendra toute démarche qui servira l&rsquo;intérêt de la Tunisie et de son peuple</em>», a-t-elle conclu.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Y. N.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/11/28/abbou-a-mechichi-les-lobbies-de-la-corruption-et-la-mafia-gouvernent-le-pays/">Abbou à Mechichi : «Les lobbies de la corruption et la mafia gouvernent le pays»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Présidentielle : L’Association  Farhat  Hached appelle à voter au 2e tour «contre l’ordre de la mafia»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2019/09/18/presidentielle-lassociation-farhat-hached-appelle-a-voter-au-2e-tour-contre-lordre-de-la-mafia/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Sep 2019 17:15:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[blanchiment d'argent]]></category>
		<category><![CDATA[fraude fiscale]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saied]]></category>
		<category><![CDATA[Mafia]]></category>
		<category><![CDATA[Nabil Karoui]]></category>
		<category><![CDATA[Pôle judiciaire financier]]></category>
		<category><![CDATA[présidentielle 2019]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Association Farhat Hached «Justice -Solidarite», basée à Paris, France, appelle les Tunisiens à voter au second tour des élections présidentielles pour «défendre l’Etat de droit contre l’ordre de la mafia» et à «soutenir l’homme intègre contre la candidature de la pègre». L’association ajoute dans un communiqué diffusé aujourd’hui, mercredi 18 septembre 2019, que les mafieux...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/09/18/presidentielle-lassociation-farhat-hached-appelle-a-voter-au-2e-tour-contre-lordre-de-la-mafia/">Présidentielle : L’Association  Farhat  Hached appelle à voter au 2e tour «contre l’ordre de la mafia»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/05/Nabil-Karoui-carthage-prs.jpg" alt="" class="wp-image-215084"/></figure>



<p><strong><em>L’Association  Farhat  Hached  «Justice -Solidarite», basée à Paris, France, appelle les Tunisiens à voter au second tour des élections présidentielles pour «défendre l’Etat de droit contre l’ordre de la mafia» et à «soutenir l’homme intègre contre la candidature de la pègre».</em></strong><br></p>



<span id="more-240801"></span>



<p> L’association ajoute dans un communiqué diffusé aujourd’hui, mercredi  18 septembre 2019, que les mafieux<em> «veulent réduire le peuple à la mendicité», </em>et appelle les Tunisiens à <em>«se battre pour leur dignité». </em><br></p>



<p> Toute en appelant à la mobilisation générale pour la victoire du candidat Kaïs Saïed, élu en tête lors du 1er tour, devant Nabil Karoui, 2e, incarcéré depuis le 23 août dernier, dans le cadre d’enquêtes du Pôle judiciaire financier, sur des présomptions de fraude fiscale et blanchiment d’argent, l’association rappelle le message adressé par Farhat Hached au peuple tunisien quelques heures avant son assassinat, en 1952 : <em>«Plutôt mourir debout que vivre a genoux». </em><br></p>



<p style="text-align:right"><strong> I. B.</strong> </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/09/18/presidentielle-lassociation-farhat-hached-appelle-a-voter-au-2e-tour-contre-lordre-de-la-mafia/">Présidentielle : L’Association  Farhat  Hached appelle à voter au 2e tour «contre l’ordre de la mafia»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Un présumé terroriste tunisien balancé par la mafia italienne</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/26/terrorisme-un-tunisien-demasque-grace-a-la-mafia-italienne/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Sep 2018 13:28:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Daech]]></category>
		<category><![CDATA[Isis]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>
		<category><![CDATA[jihadistes]]></category>
		<category><![CDATA[kalachnikovs]]></category>
		<category><![CDATA[Mafia]]></category>
		<category><![CDATA[Naples]]></category>
		<category><![CDATA[organisation terroriste]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[zones de conflit]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mohamed Kamel Khemiri. Le procès du Tunisien Mohamed Kamel Khemiri, arrêté en 2016 en Italie, pour suspicion de lien avec le terrorisme, a été rouvert hier, mardi 25 septembre 2018, au tribunal de Naples. Le prévenu a été démasqué grâce au témoignage du chef mafieux du clan Casalesi. Ce dernier (S. O.) s’est vu commander, par...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/26/terrorisme-un-tunisien-demasque-grace-a-la-mafia-italienne/">Un présumé terroriste tunisien balancé par la mafia italienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-175749" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/09/Med-kamel-Khemiri-italie-Terrorisme.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Mohamed Kamel Khemiri</em>.</p>
<p><em><strong>Le procès du Tunisien Mohamed Kamel Khemiri, arrêté en 2016 en Italie, pour suspicion de lien avec le terrorisme, a été rouvert hier, mardi 25 septembre 2018, au tribunal de Naples. Le prévenu a été démasqué grâce au témoignage du chef mafieux du clan Casalesi.</strong></em><span id="more-175737"></span></p>
<p>Ce dernier (S. O.) s’est vu commander, par Mohamed Kamel Khemiri (43 ans), résideat en Italie depuis une dizaine d’années, 5 kalachnikovs et une voiture de luxe. S&rsquo;inquiétant de l’usage que ce dernier pourrait faire de ces armes de guerre, il lui a alors donné rendez-vous dans un bar à Naples et a enregistré leurs discussions à l’insu du Tunisien, qui a clairement parlé de terrorisme.</p>
<p>Le chef mafieux repenti a alerté la police qui a ouvert une enquête pour se rendre compte que Khemiri communiquait via les réseaux sociaux avec des Tunisiens et des Algériens et leur proposait de le rejoindre en Italie pour les embrigader et les envoyer au jihad dans les zones de conflits. Selon la<a href="https://www.ilfattoquotidiano.it/2018/09/26/terrorismo-i-giudici-su-tunisino-condannato-pronto-allazione-casalesi-non-gli-vendettero-5-kalashnikov/4650737/"> justice italienne</a>, il utilisait de faux contrats de travail pour faciliter leur venue <em>«légal»</em> en Italie.</p>
<p>Mohamed Kamel Khemiri est également accusé d’être à la tête d’un réseau de passeurs, opérant entre le Maghreb et l’Italie, qui a prêté allégeance à l’organisation terroriste de l’Etat islamique (Daech).</p>
<p>Notons que le procureur a décidé d’annuler toutes les poursuites contre S. O., le chef du clan Casalesi, spécialisé dans l’extorsion de fonds, le blanchiment d&rsquo;argent et le trafic d&rsquo;armes et de drogues.</p>
<p>Notons que 2 autres Tunisiens, Mohamed Khammari (57 ans) et Badreddine Aifia (27 ans), liés à cette affaire, n&rsquo;ont pas encore comparu devant le juge.</p>
<p>D&rsquo;autres prévenus : Mohammed Kamrul Shek et un dénommé Ali du Bangladesh ainsi qu’un Marocain, Mohammed Charraki, sont également, en détention depuis 2 ans, pour avoir aidé Khemiri à recruter des apprentis jihadistes.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Y. N.</strong></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="KMS0rRV8gM"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/08/06/italie-arrestation-de-3-tunisiens-soupconnes-de-terrorisme/">Italie : Arrestation de 3 Tunisiens soupçonnés de terrorisme</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Italie : Arrestation de 3 Tunisiens soupçonnés de terrorisme » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2016/08/06/italie-arrestation-de-3-tunisiens-soupconnes-de-terrorisme/embed/#?secret=Cn1h8GGPbO#?secret=KMS0rRV8gM" data-secret="KMS0rRV8gM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/26/terrorisme-un-tunisien-demasque-grace-a-la-mafia-italienne/">Un présumé terroriste tunisien balancé par la mafia italienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Bloc-notes : L’imaginaire de la corruption en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/16/bloc-notes-limaginaire-de-la-corruption-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Sep 2018 09:15:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Mafia]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La corruption en Tunisie ne peut être combattre qu’en délégitimant dans l’imaginaire populaire et l’inconscient collectif tout ce qui l’alimente et qui en arrive même à donner à la mafia un brevet de légitimité auprès du peuple. Par Farhat Othman * L’imaginaire populaire, tout autant que l’inconscient collectif, est reconnu aujourd’hui comme étant une structure...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/16/bloc-notes-limaginaire-de-la-corruption-en-tunisie/">Bloc-notes : L’imaginaire de la corruption en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-140409" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/02/tentative-de-corruption.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>La corruption en Tunisie ne peut être combattre qu’en délégitimant dans l’imaginaire populaire et l’inconscient collectif tout ce qui l’alimente et qui en arrive même à donner à la mafia un brevet de légitimité auprès du peuple.</strong> </em></p>
<p>Par <strong>Farhat Othman</strong> *</p>
<p><span id="more-174160"></span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-80097 alignleft" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/01/Farhat-Othman.jpg" alt="" width="200" height="150" />L’imaginaire populaire, tout autant que l’inconscient collectif, est reconnu aujourd’hui comme étant une structure anthropologique éminente. Tout y prend forme avant de se manifester dans la conscience et s’y transformer en actes, actions et comportement. C’est bien l’inconscient qui commande le conscient humain, et c’est l’imaginaire que l’on se fait d’un phénomène qui lui donne sa réalité.</p>
<p>Aussi, quel serait l’imaginaire populaire de la corruption, ce monstre qu’on dit officiellement vouloir combattre ? Le décrypter, c’est assurément aider à ce que réussisse un tel combat. Car ce sera bel et bien un rude combat comme on le verra, supposant une véritable nouvelle prouesse herculéenne pour en venir à bout, l’ennemi étant intime, niché au creux de nos mentalités. Il n’est même pas simplement intime, mais est aussi au plus près de nous et quasiment irrésistible avec des racines qui échappent au strict champ d’action nationale, générant un comportement quasi conditionné irrépressible du fait des réalités actuelles de la mondialisation.</p>
<h3>Fatalité de la corruption</h3>
<p>La corruption est perçue populairement comme fatale, puisqu’elle est vue non seulement comme généralisée au pays, mais aussi être le fait de qui est censé donner l’exemple de l’intégrité : les notabilités du pays et ses autorités publiques. Qui donc paye honnêtement et régulièrement ses impôts en dehors des Tunisiens soumis au prélèvement à la source, et donc les plus pauvres? N’a-t-on pas vu récemment le branle-bas des avocats refusant l’assainissant de la gestion de leurs honoraires? Et quelle justice y a-t-il dans le système fiscal qui brime les moins fortunés ou les plus rétifs au sport national qu’est devenue la fraude?</p>
<p>Cette dernière n’est pas que fiscale, puisque quasiment tout le monde fraude ou se sent encouragé à le faire ou estimant nécessaire de s’y adonner. Il est même une sorte d’encouragement quasi systémique à cela avec le calcul des tarifs publics comme s’ils étaient taillés sur mesure pour qu’on arrondisse les montants, et jamais à la baisse bien évidemment. Or, les petites sommes accumulées font ce qui peut constituer une fortune pour qui est chargé de percevoir ces tarifs saugrenus au vu du montant dérisoire de sa paye; c’est bien comme si l’on encourageait ces gagne-petits à se rattraper par une telle opportunité.</p>
<p>Ce qui encourage aussi la perception généralisée de cette fatalité est surtout la persistance des injustices flagrantes dans les administrations, aggravées depuis le 14 janvier 2011 par ce qu’on a appelé justice transitionnelle. C’est que la supposée révolution n’a profité qu’à certaines catégories de citoyens, affidées à des idéologies politiques, surtout l’islamiste, et qui ont toutes obtenu des privilèges exorbitants malgré leurs méfaits au vu de la législation de l’ordre déchu. Or, certaines personnes parmi elles n’ont pas seulement défié politiquement cette législation, mais commis des crimes relevant du droit commun.</p>
<p>Cela ne les a pas empêchées de faire partie des bénéficiaires de l’amnistie et d’être même réintégrées dans la Fonction Publique, au même moment où des fonctionnaires intègres, n’ayant en rien enfreint la loi, ni politiquement ni pénalement, sauf de s’être opposés à l’ancien régime corrompu, peinent toujours à obtenir pareille réintégration bien qu’elles ne demandent nulle réparation financière, juste le droit de servir leur patrie un pays en manque de compétences. Par exemple, l’annulation de ces décisions injustes dont l’administration d’ancien régime était coutumière.</p>
<p>Rappelons-le encore tellement c’est grotesque! Depuis 2011, 10.000 anciens détenus pour le moins ont bénéficié de l’amnistie générale et près de 6.000 d’entre eux (5.647 exactement) ont été recrutés dans la fonction publique par décision gouvernementale en 2012, et 3.646 ont reçu des sommes de 6.000 dinars chacun soit 119 millions de dinars tunisiens (MDT) pour les 2.729 des anciens détenus intégrés dans la fonction publique.</p>
<h3>Amoralité de la corruption</h3>
<p>Du fait de sa généralisation, la corruption dans l’imaginaire populaire est de la sorte passée de l’immoralité à un état d’amoralité; elle n’est plus ce qui est contraire à la morale ou qui ne respecte pas les principes moraux, mais juste ce dont la morale est faible ou en faisant fi. L’amoralité est ainsi une sorte de manque de tact, une conduite certes pas conseillée en théorie, mais nullement répréhensible dans la pratique.</p>
<p>Que dire d’autre quand on voit le silence total des autorités sur les dépassements ci-dessus évoqués et l’inertie face aux injustices flagrantes envers les compétences, n’arrivant pas encore à voir reconnaître l’injustice de l’ordre ancien comme si on la validait, comme si l’administration actuelle n’en est que le parfait prolongement ?</p>
<p>Que dire quand on voit comment on occulte la politique d’envoi de nos jeunes sur les champs des conflits armés au nom d’une fausse guerre sainte qu’on se refuse à déclarer forclose en un islam où ne demeure que le jihad majeur, l’effort sur soi ? Que dire quand on voit le chef du parti islamiste blanchi, par un tour de passe-passe juridique, de tous ses anciens méfaits bien que n’étant pas tous que des crimes d’opinion ou strictement politiques, ayant emporté trouble effectif, direct ou indirect de l’ordre public ? Que dire, alors que dans le même temps, on n’amnistie pas pareillement ceux qui n’ont rien commis de répréhensible comme lui, ceux dont on a ruiné la vie pour un joint, une relation sexuelle hors mariage ou avec le même sexe, ou pour avoir consommé de l’alcool ou échangé juste un baiser en public?</p>
<p>L’amoralité s’affiche partout et est non seulement tolérée, mais entretenue également par ces lois scélérates qu’on n’ose abolir par manque de courage, intérêt politique ou financier (tels ces avocats tenant aux lois sur l’homophobie ou la pénalisation du cannabis) ? On accepte une telle immoralité, car elle se prétend n’être que de l’amoralité relevant de la pratique politique à l’antique commandant de jouer au lion et au renard à la fois, d’être roublard et menteur, goujat même.</p>
<p>Une telle politique n’ayant rien à voir avec l’éthique, cette amoralité édifiée en système, est inadmissible de la part de qui se prétend honorer les valeurs de l’islam. C’est le cas du parti islamiste qui continue à manœuvrer, simuler et dissimuler, au point de dire la chose et son contraire. Ainsi, dans sa lettre au président de la République, sous l’influence de ses soutiens occidentaux et pour compenser son refus de l’égalité successorale, Ennahdha a bien déclaré ne pas s’opposer à l’abolition de l’homophobie et la levée de toutes les restrictions en matière d’alcool, consommation y compris en toute liberté, même vendredi et durant ramadan; pourquoi donc ne le dit-il urbi et orbi? Pourquoi ne pas publie-t-il pas enfin cette lettre?</p>
<h3>Relativité de la corruption</h3>
<p>L’attitude envers les lois scélérates de l’ancien régime est une preuve supplémentaire que la notion de la corruption est devenue relative, puisque l’on s’en fait, de plus en plus, une conception d’un phénomène relativisé. On pense, par conséquent, que le recours à la corruption n’est pas absolu, qu’elle ne doit pas être jugée en soi, mais impérativement par rapport à autre chose, devant être, par exemple, reliée aux lois injustes, légales et psychosociales, qui l’imposent. Ayant ainsi une valeur relative, la corruption mue en cette unique façon de survivre pour certains dans un pays et/ou monde où domine une corruption plus grande et qui reste, elle, intouchable.</p>
<p>Par conséquent, bien que la société tunisienne actuelle soit gangrenée par cette corruption, que des mafias religieuses et profanes y agissant, quiconque attentif à la socialité de base du pays ne peut que noter que l’on donne dans la Tunisie profonde à la mafia une autre signification que celle, péjorative, de coterie secrète servant des intérêts privés par des moyens plus ou moins illicites. On estime donc, par exemple et par extension, que la mafia qui est un groupe occulte, serait qu’un groupe de pression qui n’est, au final, qu’une mafia certes pas nécessairement occulte, mais agissant et servant des intérêts pas toujours avoués ? C’est bien une telle réalité du sens premier, non péjoratif, de la mafia que véhicule le sens populaire amené par sa conception relativisée de la corruption; ainsi, la mafia ne serait plus qu’une sorte de groupe de pression postmoderne et la corruption, son oeuvre, une contre-politique populaire. Cela permet à la mafia tunisienne, surtout constituée des barons de la contrebande, de prospérer en étant vue comme un facteur positif contribuant à faire tourner une économie parallèle se substituant à une solidarité officielle défaillante.</p>
<p>Notons, à ce propos, que le mot mafia signifiait en sicilien : <em>hardiesse</em> et <em>vantardise</em>; or nous savons ce qu’il y a dans l’imaginaire populaire tunisien de la déférence à tout bandit osant défier l’État; on lui trouve quelque chose de Robin des bois ou d’un gentleman cambrioleur. Certes, la mafia est désormais une organisation criminelle qui n’est plus d’origine sicilienne ayant essaimé dans le monde et ses activités ne sont plus exercées à l’ancienne, par des clans familiaux soumis à une direction collégiale occulte; toutefois, la famille d’antan a un sens plus large et son action repose toujours sur une même stratégie d’infiltration de la société civile et des institutions. Que font donc les partis, en Tunisie et dans les pays sans lois démocratiques, sinon de s’adonner à une telle activité de manière légale? N’est-ce pas ce que fait le parti islamiste cherchant à islamiser en douce le pays ?</p>
<p>Aujourd’hui, bien plus que d’être simplement une association criminelle d’envergure par sa structure et ses procédés, la mafia est une réalité sociale se distinguant par un dehors lisse et des actions de solidarité sociale, autant d’investissement utile pour justifier ses menées politiques et idéologiques occultes. Y a-t-il grande différence avec les multinationales en notre monde devenu un immeuble planétaire et leur prolongement partisan dans le Tiers-monde ?</p>
<p>Or, le sens péjoratif de groupes occultes de personnes se soutenant dans leurs actions et intérêts par toutes sortes de moyens est au cœur même de la démocratie ; il y a juste l’aspect occulte qui est de nature à tracer une mythique ligne de démarcation, car il n’est pas nécessaire d’apparence pour que l’inapparence soit effective.</p>
<p>Notons, pour finir, que dans la Grèce antique, la fortune et ses privilèges étaient reconnus et protégés par la loi même (par ce qu’on nommait évergétisme); ne nous faut-il pas, pour mieux combattre la corruption ainsi relativisée, sortir de notre hypocrisie en reconnaissant l’état de fait de la réalité mafieuse de la politique en terre sans droit, livrée aux appétits débridés d’un capitalisme de plus en plus sauvage ?</p>
<p>Ne faut-il pas instituer une sorte d’obligation d’évergétisme s’imposant aux mafiosi locaux, les amenant à contribuer par des dons aux cités où ils font leurs profits, afin de les garantir tout autant que de gagner quelque moralité en perdant sa relativité ?</p>
<p><em>* Ancien diplomate et écrivain.</em></p>
<p><em><strong>Articles du même auteur dans Kapitalis:</strong></em></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="5oisKbKzru"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/13/tunisie-union-europeenne-il-faut-enterrer-aleca/">Tunisie-Union européenne : Il faut enterrer Aleca!</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie-Union européenne : Il faut enterrer Aleca! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/13/tunisie-union-europeenne-il-faut-enterrer-aleca/embed/#?secret=vglAYpP4d8#?secret=5oisKbKzru" data-secret="5oisKbKzru" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="A741CBLDs0"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/09/bloc-notes-youssef-chahed-sur-les-pas-de-jules-cesar/">Bloc-notes : Youssef Chahed sur les pas de Jules César ?</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Bloc-notes : Youssef Chahed sur les pas de Jules César ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/09/bloc-notes-youssef-chahed-sur-les-pas-de-jules-cesar/embed/#?secret=qH4iG1OIFt#?secret=A741CBLDs0" data-secret="A741CBLDs0" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="cgWI8IKeFr"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/02/bloc-notes-le-double-peche-originel-dennahdha/">Bloc-notes : Le double péché originel d’Ennahdha</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Bloc-notes : Le double péché originel d’Ennahdha » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/02/bloc-notes-le-double-peche-originel-dennahdha/embed/#?secret=n5jlBPysn5#?secret=cgWI8IKeFr" data-secret="cgWI8IKeFr" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/09/16/bloc-notes-limaginaire-de-la-corruption-en-tunisie/">Bloc-notes : L’imaginaire de la corruption en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La mafia en Tunisie : Une puissance omnipotente, éclatée et multiforme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Aug 2018 13:49:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[blanchiment d'argent]]></category>
		<category><![CDATA[contrebande]]></category>
		<category><![CDATA[évasion fiscale]]></category>
		<category><![CDATA[Mafia]]></category>
		<category><![CDATA[Nidaa Tounes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La mafia en Tunisie s’impose sous la forme de souverainetés autonomes et parfois concurrentes : mafia salafiste, mafia des médicaments, de la friperie, des fruits et légumes, du carburant de contrebande, de la contrefaçon, des marchandises chinoises interdites à l’importation, de l’évasion fiscale, des transferts et du blanchiment d&#8217;argent, des passeurs d’immigrés clandestins, celle qui...</p>
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<p><em><strong>La mafia en Tunisie s’impose sous la forme de souverainetés autonomes et parfois concurrentes : mafia salafiste, mafia des médicaments, de la friperie, des fruits et légumes, du carburant de contrebande, de la contrefaçon, des marchandises chinoises interdites à l’importation, de l’évasion fiscale, des transferts et du blanchiment d&rsquo;argent, des passeurs d’immigrés clandestins, celle qui gère les ports et les aéroports.</strong> </em></p>
<p>Par <strong>Yassine Essid</strong></p>
<p><span id="more-170934"></span></p>
<p><em><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-118739 alignleft" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/10/Yassine-Essid.jpg" alt="" width="200" height="250" />«Une poule calabraise, se trouvant fort dépourvue, décida de devenir mafieuse. Elle alla trouver un ministre mafieux, l’aborda humblement dans le dessein d’avoir une recommandation, mais celui-ci lui dit que la mafia n’existait pas. Elle alla trouver un juge mafieux, lui fit compliment en vue de s’assurer un bien meilleur destin, mais celui-ci aussi lui dit que la mafia n’existait pas. Elle alla enfin trouver dans une certitude profonde un maire mafieux qui lui dit aussi que la mafia n’existait pas. La poule retourna au poulailler et, à ses compagnes qui lui posaient des questions, elle répondait que la mafia n’existait pas. Toutes les poules, saisies d’étonnement et d’effroi, pensèrent alors qu’elle était devenue mafieuse et elles commencèrent à la redouter».</em></p>
<p>Depuis la chute du régime de Ben Ali, un spectre hideux, ou plutôt un revenant reconnu tout en étant objet de déni, hante le pays et les esprits : le spectre de la mafia. Mafia? Un mot de trop? En tous les cas un vocable de plus en plus sollicité par les médias, qui revient de façon répétitive dans les diatribes contre les pratiques douteuses des dirigeants des deux principaux partis, et qui dissimule en fait des réalités différentes même si les deux principales composantes de la mafia, le pouvoir et l’argent, dont nous subissons chaque jour les effets collatéraux, sont bien présentes.</p>
<h3>Une bête noire devenue un animal familier</h3>
<p>Mafia est devenu un lieu commun, un poncif dépourvu de toute originalité, qui fait penser et empêche de penser. D’une bête noire il est devenu un animal familier. Ainsi en est-il dans le langage de tous les jours pour qualifier une réalité tangible où se croisent phénomène criminel et organisation clandestine reconnus socialement et face auxquels on est impuissants.</p>
<p>C’est d’ailleurs par un extravagant détournement de sens que le mot mafia a investi le langage commun de la manière la plus innocente et la plus banale qui soit. Ne désigne-t-on, presque comme un compliment, par «mafia» (prononcé ave le a long), de façon moitié admirative, moitié inquiète, tout individu débrouillard, qui flirte avec la loi, toujours habile à se tirer d’affaires et à parvenir à ses fins ?</p>
<p>Le fonctionnement de la langue n’étant pas séparable d’une forme de vie, nous avons vécu depuis l’indépendance une forme courante de clientélisme de parti à l’échelle nationale plutôt que de pratiques mafieuses.</p>
<p>En effet, à côté d’une certaine frange d’irréductibles, personne n’avait intérêt à se soustraire à ce phénomène basé sur l’allégeance et l’aptitude à servir le régime politique en place à travers la hiérarchie du parti destourien puis celle du RCD.</p>
<p>Ainsi, des factions de partisans ou de militants prêtent, chacun selon son rang et ses moyens, en échange de faveurs et de la promesse de faveurs, son appui sans que n’interviennent en rien les considérations idéologiques : intermédiation, mobilisation des foules pendant les manifestations, lutte contre l’ennemi intérieur assimilé à toute espèce d’opposition politique au régime en place, y compris par la dénonciation des opposants.</p>
<p>Dans tout cela, ce sont les bénéfices tangibles qui importent selon la place que l’on occupe dans les instances du parti. En fait, dans un pays sous-développé, le phénomène du clientélisme est d’autant plus aigu qu’il s’agit de l’accès à un nombre limité de ressources à travers le prélèvement et la redistribution de la rente de l’Etat. Dans de nombreuses régions de l’intérieur, fort démunies, s’est développée une forme de patronage politique exercée par des notables locaux désormais affiliés au parti et qui sont devenus autant de relais entre le pouvoir et la population. C’est à eux que revenait la mission de manipuler le plus habilement la précarité tout en renforçant la présence du parti. Eux seuls étaient capables de mettre la population en ordre de marche, d’acheter des voix là où elles ne peuvent en recevoir normalement même en l’absence d’enjeu pour le pouvoir. En échange de ces voix, des soutiens sont donnés par les instances centrales aux plus entreprenants.</p>
<p>Par ailleurs, une partie des investissements destinés à la lutte contre le sous-développement ira remplir directement les poches des hommes du parti reconvertis dans les affaires.</p>
<p>Tout titulaire de la carte du parti bénéficiait alors, selon son rang, de certains privilèges. Le plus important est d’avoir surtout affaire à des fonctionnaires arrangeants au sein d’une administration connue pour être tatillonne et arbitraire pour le commun des gens, ignorants et stupides, et pour lesquels des droits formels et explicites deviennent souvent des faveurs.</p>
<p>Il n’y a plus alors de limites aux facilités de toutes sortes : obtenir des autorisations et des recommandations, profiter de passe-droits, trouver des emplois pour des proches, bénéficier de certaines prestations sociales, avoir affaire à une justice magnanime et une police compréhensive, se voir octroyer des terres agricoles domaniales, jouir d’une fiscalité plus douce, avoir un accès prioritaire au service de santé public, obtenir des marchés avec l’Etat, faire des affaires immanquablement profitables, etc.</p>
<h3>Désarmement moral et désintérêt croissant à l’égard de la loi</h3>
<p>Ainsi l’économie se politise pour se réduire à une distribution discriminatoire de bienfaits qui se traduisent généralement par des gains pécuniaires. Dans ce contexte, les évidences de la vie quotidienne, telle que la promotion sociale de certaines personnes parmi les élites économiques, administratives et politiques se réalise moins par le mérite que par le <em>«piston»</em>. C’est l’une des bases profondes du désarmement moral et du désintérêt croissant à l’égard de la loi et de la complaisance d’une grande partie de la société forcée à s’en remettre au rite de don et de contre-don.</p>
<p>La montée en puissance de la famille du président Ben Ali a sensiblement changé le modèle de la légitimation du pouvoir. Certes, le parti unique demeure, mais le clanisme a supplanté le clientélisme. Les attentes de RCDistes diminuèrent progressivement au fur et à mesure que les partisans perdaient du terrain au profit de la <em>«famille»</em> qui a pris le contrôle des ressources à la fois politiques et économiques du pays.</p>
<p>En pareilles circonstances, les attentes ont tendance à se déplacer rapidement : on ne mise plus que sur les puissants du moment et, en l&rsquo;absence de liens idéologiques, les désertions s’avérèrent très vite massives. La perte d&rsquo;influence du parti et sa hiérarchie dans l’affectation des ressources explique en partie le peu d’empressement des militants du RCD, l’ancien parti au pouvoir, à défendre le régime pendant les manifestations préludant le départ de leur leader.</p>
<p>Suite à la désagrégation des régimes monolithiques en 2011, l’avènement du pluralisme démocratique et ses prétentions à une justice sociale et à une égalité devant la loi, le clientélisme généralisé était normalement destiné sinon à disparaître du moins à atteindre des limites raisonnables. Or la mauvaise gouvernance, le délitement des fonctions régaliennes de l’Etat, la dérégulation libérale, la décadence politique et syndicale, l’appauvrissement économique, moral et idéologique, l’aggravation de la rareté de l’emploi parallèlement à l’irruption d’une nouvelle culture de l’enrichissement rapide et de nouvelles valeurs éloignées de toute préoccupation civique, et le ressentiment de ceux qui ne bénéficient plus du clientélisme généralisé, ont contribué à l’émergence de nouvelles pratiques, cette fois de nature mafieuse.</p>
<p>À l’origine, la mafia italienne s’est inventée dans un contexte de lutte agraire et d’absence de l’Etat piémontais, sous forme de féodalité du crime, pour assurer sur un territoire le monopole de certaines ressources naturelles et productives.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, la mafia participe dans le monde entier, à toutes les formes du capitalisme industriel, bancaire et criminel : drogue, trafic d’armes, etc., par le biais de ses réseaux de blanchiment de l’argent qui sont utilisés partout au service des dérégulations politiques et économiques du capitalisme.</p>
<h3>Criminalité en réseaux, solidarités d’intérêts et inefficacité de l’Etat</h3>
<p>De ce bref historique relatif à cette subculture, de nouvelles réalités apparaissent en Tunisie : une criminalité en réseaux, des solidarités d’intérêts, inefficacité de l’Etat dans sa fonction distributive et répressive, stratégie d’argent facile associée à la pauvreté et à la rareté des ressources où les considérations éthiques n’ont guère de poids.</p>
<p>Quant aux hommes politiques, l’honnêteté n’étant pas leur qualité première, leur avidité pour le pouvoir les plonge dans des luttes où les fins justifient les moyens.</p>
<p>Pendant ses deux ans au gouvernement (janvier 2012-janvier 2014), la Troïka, l’ancienne coalition dominée par Ennahdha, a donné le ton, appelons cela butin, contrebande, détournement de l’argent public en plus des recrutements massifs. Ainsi, 300.000 personnes étaient rentrées au service de l’État et des entreprises publiques, la plupart du temps sans aucun contrôle préalable sur leurs compétences ou sur leurs mérites excepté leur allégeance sans faille au parti islamiste.</p>
<p>Les coûts des campagnes électorales sont connus. La naissance, l’essor ou la survie des partis politiques passe inévitablement par l’appui des uns, les subventions des autres, les soutiens ainsi que les financements que doivent fournir les puissances économiques, individus et entreprises privées.</p>
<p>Dans cette nouvelle structure, les pratiques d’agent mafieux s’imposent comme intermédiation entre les tensions et les <em>«prêts»</em> réciproques du monde économique et du monde politique, à charge pour les bénéficiaires d’accorder, le moment venu, un ensemble de faveurs par le biais des institutions publiques contrôlées par la classe politique dominante.</p>
<p>Depuis 2014, la mafia est devenue le produit de l’insertion problématique d’une démocratie brinquebalante au sein d’une société encore sous-développée. Sur un plan anthropologique, elle est le résultat de la permanence d’une culture traditionnelle dans une société marquée par une modernisation sans développement.</p>
<p>Ainsi, Nidaa Tounes et Ennahdha, opposés idéologiquement, s’étaient pourtant ligués pour faire du pays leur <em>cosa nostra</em>.</p>
<p>Le gouvernement lui est toujours à mi-chemin entre l’espoir et le désarroi. Enfin, la perspective des échéances électorales à venir exacerbe les tensions et installe le désordre dans un pays devenu carrément ingouvernable. Autant de facteurs qui ont fait que l’idée de mafia a cessé d’être une réalité taboue et certaines personnalités politiques n’hésitent plus à prouver son irréductible spécificité dans tous les secteurs de la société, appelant à la mobilisation pour la combattre.</p>
<p>Ainsi, sur le plan politique, des dirigeants de partis osent enfin parler d’une <em>«mafia qui contrôle Nidaa Tounes»</em>, n’hésitent plus à dénoncer <em>«des mafias qui se cachent derrière Ennahdha et Nidaa Tounes»</em>, et pointent du doigt <em>«la mafia des syndicalistes et des parrains de l’UGTT»</em>.</p>
<p>Dans la mesure où visiblement ces structures n’enfreignent aucune loi, leur position se trouve légitimée du point de vue de la morale publique parce qu’ils n’exercent pas leur activité pour leur propre compte, mais assument une fonction de protection et de médiation entre les intérêts de leurs partisans et l’appareil administratif de l’Etat qui leur permet d’asseoir leur légitimité. L’exemple de l’UGTT est ici emblématique dans la mesure où elle trouve un intérêt à faire du gouvernement un concurrent plutôt qu’un partenaire.</p>
<h3>Une «mafia entrepreneuriale» touchant de nombreuses activités</h3>
<p>Les instances de répression et de contrôle de l’État étant défaillantes, une <em>«mafia entrepreneuriale»</em> touchant à un nombre élevé d’activités a vu le jour. Fortement structurée, profitant des opportunités d’enrichissement que fournit le laissez-faire économique, elle s’est insérée dans les appareils politiques et administratifs qui gèrent l’essentiel des ressources sociales su pays.</p>
<p>N’étant ni formelle, ni centralisée, ni hiérarchisée, la mafia en Tunisie s’impose sous la forme de souverainetés autonomes et parfois concurrentes : mafia salafiste, mafia des médicaments, de la friperie, des fruits et légumes, du carburant de contrebande, de la contrefaçon, des marchandises chinoises interdites à l’importation, de l’évasion fiscale, des transferts et du blanchiment d’argent, des passeurs d’immigrés clandestins, celle qui gère les ports et les aéroports.</p>
<p>Toutes ces mafias tirent parti de l’évolution du marché, élargissent leur domaine d’intervention et leurs réseaux de complicité en opérant sans haine ni violence. De plus, l’augmentation régulière du chômage crée une société d’exclus qui va se révéler constituer une demande de protection.</p>
<p>Il faut reconnaître que de temps en temps éclatent des grands scandales liés à la corruption d’un certain nombre de hauts fonctionnaires. Une façon pour le gouvernement de nier d’abord l’existence de la mafia, et de se dédouaner ensuite de toute responsabilité en la réduisant à la délinquance commune, évitant ainsi toute investigation réelle des forces politiques placées à la tête des institutions de l’Etat et leur implication dans des activités vécues par une majorité de citoyens comme une trahison à l’égard des valeurs de la société mafieuse. Sauf qu’ils ignorent certainement que le recours à la loi du silence, la fameuse omerta, est une composante essentielle de phénomène mafieux.</p>
<p><em><strong>Articles du même auteur dans Kapitalis : </strong></em></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Y1LJyVSwaR"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/08/19/gouverner-la-tunisie-chronique-dune-incurie-ordinaire/">Gouverner la Tunisie : Chronique d’une incurie ordinaire</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Gouverner la Tunisie : Chronique d’une incurie ordinaire » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/08/19/gouverner-la-tunisie-chronique-dune-incurie-ordinaire/embed/#?secret=8r9XbdNVim#?secret=Y1LJyVSwaR" data-secret="Y1LJyVSwaR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="PezvPYaeJo"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/29/la-tunisie-de-la-resistance-au-changement-au-discredit-general/">La Tunisie, de la résistance au changement au discrédit général</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie, de la résistance au changement au discrédit général » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/29/la-tunisie-de-la-resistance-au-changement-au-discredit-general/embed/#?secret=3lPWf6VN4v#?secret=PezvPYaeJo" data-secret="PezvPYaeJo" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DN7eLMiIai"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/22/beji-caid-essebsi-ou-leffarante-insignifiance-de-la-politique/">Béji Caïd Essebsi ou l’effarante insignifiance de la politique</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Béji Caïd Essebsi ou l’effarante insignifiance de la politique » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/07/22/beji-caid-essebsi-ou-leffarante-insignifiance-de-la-politique/embed/#?secret=TU64fugTXs#?secret=DN7eLMiIai" data-secret="DN7eLMiIai" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/08/26/la-mafia-en-tunisie-une-puissance-omnipotente-eclatee-et-multiforme/">La mafia en Tunisie : Une puissance omnipotente, éclatée et multiforme</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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