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	<title>Archives des Marcello Mastroianni - Kapitalis</title>
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	<title>Archives des Marcello Mastroianni - Kapitalis</title>
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		<title>‘‘L’Etranger’’ de Camus à l’écran &#124; Absurde et vertige du doute   </title>
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		<pubDate>Fri, 14 Nov 2025 06:56:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>‘‘L’Étranger’’ de Camus reste une œuvre magnifique, qui appartient à un monde où l’on lisait, doutait et cherchait à comprendre.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/14/letranger-de-camus-a-lecran-absurde-et-vertige-du-doute/">‘‘L’Etranger’’ de Camus à l’écran | Absurde et vertige du doute   </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>‘‘L’Etranger’’, le nouveau film de François Ozon, est une autre adaptation à l’écran du roman homonyme d’Albert Camus. L’auteure de l’article n’a pas résisté à la tentation de le comparer à la première adaptation de Luchino Visconti avec Marcello Mastroianni dans le rôle de Meursault.</em></strong></p>



<p><strong>Amel Ben Youssef *</strong></p>



<span id="more-17889142"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="955" height="960" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Amel-Ben-Youssef.jpg" alt="" class="wp-image-17889177" style="width:200px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Amel-Ben-Youssef.jpg 955w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Amel-Ben-Youssef-298x300.jpg 298w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Amel-Ben-Youssef-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Amel-Ben-Youssef-768x772.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Amel-Ben-Youssef-120x120.jpg 120w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Amel-Ben-Youssef-580x583.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/11/Amel-Ben-Youssef-860x865.jpg 860w" sizes="(max-width: 955px) 100vw, 955px" /></figure></div>


<p>Le nouveau film n’a rien à envier au premier, vu que les deux approches sont différentes et restent toutes deux intéressantes. Visconti, grand metteur en scène classique, avait été fidèle au roman, aux concepts de l’absurde, de l’aliénation, du détachement et du non-sens de la vie. Il avait su aussi mettre le spectateur dans le décor de l’ambiance chaleureuse de l’Algérie, mais a quelque peu occulté le problème de la colonisation.</p>



<p>Je dirais également qu’en choisissant Mastroianni, il ne pouvait garantir l’expression physique parfaite du sentiment de l’absurde, de l’aliénation ou du détachement. Mastroianni, à mon sens, était trop méditerranéen et avait trop vécu l’intensité à l’écran pour pouvoir exprimer le vide existentiel et le désenchantement complets.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Meursault dénué de tout attachement</h2>



<p>Ozon, lui, nous a donné une vision plus contemporaine en optant pour le noir et blanc et les prises de vues très esthétiques des ombres, des lumières et des corps, surtout celui de Meursault.</p>



<p>Son choix de Benjamin Voisin est le bon car il pouvait faire de la prestation de ce dernier ce qu’il voulait pour aboutir à un Meursault dénué de tout attachement.</p>



<p>Son engagement intellectuel et <em>«politique»</em> a été lui aussi quelque peu contenu pour le goût du spectateur de nos jours, mais, subtilement et symboliquement, il a été perceptible à travers l’insertion de documentaires de l’Algérie des années 1930, ou du nom de la famille de l’Arabe qui a été tué, ou de quelques clins d’œil humanistes.</p>



<p>Mais ce n’est pas l’essentiel de ce que je voulais dire après avoir vu ce film, ce qui m’a fait réfléchir le plus, c’est cette vérité flanquée au visage que ce genre de film ne peut plus être compris ou ne peut plus atteindre la sensibilité du spectateur tunisien et encore moins du jeune tunisien.</p>



<p>Je suis sûre que la petite élite qui a juste rempli, hier, la salle 𝐿’𝐴𝑔𝑜𝑟𝑎 est sortie avec les mêmes idées qui me préoccupent.</p>



<p>La première raison, c’est que le public formé à jouir de ce genre de spectacle s’est beaucoup réduit.</p>



<p>Dans la Tunisie des années 1970 et 1980, les élèves lisaient Camus, Sartre, Hugo. On étudiait les courants littéraires, on découvrait l’absurde, l’existentialisme, la liberté. Il y avait, dans l’enseignement public, une vraie culture de la pensée.</p>



<p>Depuis les années 1990, tout cela s’est peu à peu effacé. Les programmes sont devenus plus légers, plus techniques, plus orientés vers les examens et les débouchés professionnels. Résultat : cette <em>«élite culturelle»</em> est aujourd’hui vieillissante, réduite à quelques professeurs, anciens étudiants en lettres ou en philosophie, et à quelques passionnés qui, par fidélité, continuent à lire et à réfléchir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mal être et embrigadement idéologique</h2>



<p>Quand un film comme ‘‘𝐿’𝐸𝑡𝑟𝑎𝑛𝑔𝑒𝑟’’ sort, il parle une langue que beaucoup de Tunisiens ne comprennent plus. Ce n’est pas par manque d’intelligence, mais parce que le langage de la réflexion et du doute a disparu de l’école et du quotidien.</p>



<p>Nous vivons une époque où les idéaux humanistes se sont affaiblis.</p>



<p>La mondialisation nous pousse à la vitesse, la consommation, l’apparence. La réussite individuelle a pris la place du sens, et l’on ne se donne plus le temps d’interroger l’absurdité de la vie comme le faisait Camus.</p>



<p>En Afrique du Nord, le mal-être existe, bien sûr. Il est profond, parfois douloureux. Mais il est rarement exprimé dans un langage philosophique : il est absorbé par des formes d’embrigadement religieux ou idéologique. On cherche des réponses toutes faites, au lieu d’accepter le vertige du doute.</p>



<p>Or, ‘‘𝐿’𝐸𝑡𝑟𝑎𝑛𝑔𝑒𝑟’’, c’est justement le roman du doute, de la distance, du refus de mentir. C’est peut-être pour cela qu’il résonne si peu aujourd’hui.</p>



<p>Je ne suis pas allée voir le film à 𝑃𝑎𝑡ℎ𝑒́ ou à l’Institut français de Tunisie, j’aurais bien voulu le faire pour voir la réaction des spectateurs, surtout des jeunes.</p>



<p>Finalement, le silence autour de ce film en dit long sur nous. Pour l’anecdote, quand je suis arrivée au guichet pour acheter les tickets, une foule de gens n’avait pas trouvé de places pour le film tunisien ‘‘𝑃𝑎𝑟𝑎𝑠𝑜𝑙’’ (séance du soir), alors qu’il en restait beaucoup pour <em>‘‘L’Etranger’’</em>. Ceci montre combien la culture de la réflexion s’est amenuisée sous nos cieux, combien la parole philosophique s’est dissipée des conversations et des salles de classe.</p>



<p><em>‘‘L’Étranger’’</em> reste une œuvre magnifique, mais elle appartient à un monde où l’on lisait, où l’on doutait, où l’on cherchait à comprendre.</p>



<p>Moi, j&rsquo;ai vu ce film avec une émotion toute particulière, un peu comme si je revoyais un vieil ami.</p>



<p>* <em>Enseignante.</em></p>
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		<title>Réception du film et critique cinématographique</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/07/reception-du-film-et-critique-cinematographique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Dec 2024 09:49:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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		<category><![CDATA[critique cinématographique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un film reste une œuvre incomplète s'il n'est pas revisité par le discours de la critique cinématographique.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Comme toute création littéraire ou artistique, un film reste une œuvre en puissance, une œuvre incomplète, si elle n’est pas, non seulement regardée, admirée ou détestée, mais aussi, ranimée et revisitée par le discours de la critique cinématographique.</em></strong></p>



<p><strong>Salah El-Gharbi</strong></p>



<span id="more-14811949"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-14811974" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>La création cinématographique est un produit de consommation comme un autre, destiné à divertir le grand public et qui, par conséquent, a besoin d’être promue pour exister, se développer et s’imposer. Ainsi, tant qu’elle reste dans ses bobines et qu’elle ne s’est pas offerte aux regards des spectateurs, cette œuvre reste inaccomplie. Autrement dit, sa destinée ne commence que du moment où elle est projetée en salle et qu’elle est prise en charge par la critique.</p>



<p>Au départ, avant même que l’œuvre ne soit mise sur le marché, il y a toujours les critiques-chroniqueurs de la télévision, qui vont faire office de médiateurs entre le public et l’œuvre. Leur rôle est d’annoncer la sortie du film en tant qu’évènement, tout en s’évertuant à susciter la curiosité et l’intérêt du consommateur pour le produit. Ainsi, le caractère incitatif de ces critiques, se réduit au rôle que joue, d’habitude, la bande d’annonce.</p>



<p>Une fois le film est en salle, la critique, généralement prise en charge par des journalistes cinéphiles, est destinée à un public de spectateurs avisés. Désormais, on n’est plus dans l’annonce, mais plutôt dans le commentaire et dans l’appréciation de l’œuvre ce qui constitue un moment important dans&nbsp; la destinée que celle-ci est amenée à vivre. Ainsi, comme toute création littéraire ou artistique, une œuvre cinématographique, reste une œuvre en puissance, une œuvre incomplète, si elle n’est pas, non seulement regardée, admirée ou détestée, mais aussi, ranimée et revisitée par le discours de la critique.</p>



<p>En effet,&nbsp; grâce à sa capacité à décrypter le langage cinématographique, le critique va traduire pour nous le récit filmique en mots… À travers l’attention qu’il porte à l’œuvre et la manière avec laquelle il la fait vivre ou revivre pour nous, il va œuvrer à alimenter notre connaissance du produit qui nous est offert. Cet apport ne se réduit pas à nous livrer, par exemple, des éléments d’informations, plus ou moins anecdotiques, autour des conditions de la production du film, il réside, surtout, dans la manière avec laquelle ce critique contribue à enrichir notre perception et notre intelligence de l’œuvre qu’on vient de regarder, grâce à son expertise de cinéphile averti.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Construire un récit personnel sur le film</h2>



<p>En somme, le rôle du critique est d’amener le spectateur à dépasser la réaction spontanée, produit de l’émotion qu’on pourrait ressentir après avoir vu le film, et à s’affranchir de ces expressions onomatopéiques, celle d’un <em>«waouh&nbsp;!»</em> admiratif ou d’un <em>«zut&nbsp;!»</em> déceptif, à un discours qui se veut plus élaboré et plus conceptualisé sur le film. Ainsi, orienté par le critique, le spectateur devrait transcender la réaction épidermique pour aboutir à la construction d’un récit personnel sur le film, ce qui est une manière de se l’approprier.</p>



<p>Autrement dit, on peut dire qu’un bon article critique est celui qui est capable de nous engager à nous interroger sur la réalité qu’offrait le récit filmique en rapport avec nous-mêmes comme sur notre propre perception du monde.</p>



<p>Par conséquent, le rôle de la critique n’est pas seulement de jauger la qualité de l’œuvre et d’offrir une lecture personnelle qui porte généralement sur sa dimension esthétique. Après tout, qu’est-ce qu’un bon ou un mauvais film&nbsp;?</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Homme-de-Cendre-Halfaouine-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-14812033" style="width:800px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Homme-de-Cendre-Halfaouine-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Homme-de-Cendre-Halfaouine-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Homme-de-Cendre-Halfaouine-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Homme-de-Cendre-Halfaouine-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Homme-de-Cendre-Halfaouine-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Homme-de-Cendre-Halfaouine-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Homme-de-Cendre-Halfaouine.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>« L&rsquo;homme de cendre » de Nouri Bouzid et « Halfaouine » de Férid Boughedir.</em></figcaption></figure></div>


<p>En fait, en matière de critique, ce qui compte, c’est le débat ou les polémiques que les commentaires du texte critique pourraient susciter et alimenter auprès du public. Plus la polémique enfle, plus l’œuvre prospère et triomphe, ce qui constitue en soi une victoire sur l’indifférence. Car, l’indifférence est l’ennemi de l’art.&nbsp;</p>



<p>De même, plus la critique s’éloigne du simple compte rendu, plus elle est dans l’interprétation et dans une quête permanente du sens, plus elle est féconde. Grâce à sa maîtrise de la grammaire de l’art cinématographique, elle est dans le questionnement, scrutant ces combinaisons d’images en train de se transformer en récit, allant au fond des choses.</p>



<p>L’écrit sur le vu a le mérite, aussi, de permettre au spectateur-lecteur de retrouver des sensations, de prolonger le plaisir du spectacle, de revisiter autrement le film. De même, le texte va permettre à l’œuvre cinématographique de se réincarner, au fil du temps, et de se faire&nbsp; un nouveau destin.</p>



<p>Plus on évoque oralement ou par écrit une œuvre, plus elle vit en nous et au-delà. Ainsi, le rôle de la critique est de servir de médium entre les générations, d’entretenir le lien, et de conjurer l’oubli. Dans ce sens, on peut dire que la critique est la mémoire vivante du cinéma. Si l’on parle encore, aujourd’hui, de certains films cultes, vieux d’un siècle, comme ‘‘<em>Citizen Kane</em>’’, d’Orson Wells, qui constitue un moment important de l’histoire du cinéma pour avoir renouvelé le langage cinématographique, de scènes cultes, comme celle du duo à la marge, seuls sur le toit d’un l’immeuble incarné par Sophia Loren et Marcello Mastroianni, dans <em>‘‘Une Journée particulière’’</em> d’Ettore Scola, voire même des répliques cultes au cinéma, (je pense notamment à certains films comiques réunissant Bourvil et De Funès), ce serait, en grande partie, grâce à la critique.</p>



<p>Néanmoins, ce travail critique ne saurait gagner en crédibilité qu’en s’émancipant des préjugés et du conformisme moral de la société dans laquelle le critique évolue. Le cinéma, comme tout art, a horreur de la frilosité, il est toujours dans l’audace aussi bien technique qu’éthique. Ainsi, on ne peut que déplorer chez nous, que des <em>«critiques»</em> aient accueilli des films audacieux comme ‘‘<em>Homme de cendres</em>’’, de Nouri Bouzid ou ‘‘<em>Halfaouine</em>’’ de Ferid Boughedir avec des réserves au nom de la morale bien-pensante.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ajouter du sens au sens</h2>



<p>Chez certains critiques, et ils sont rares, l’imprégnation du film est telle que ce dernier devient un simple support, voire un prétextepourtout un travail sur la langue dans son rapport à l’imaginaire que suscite l’œuvre filmique. Chez ce genre de critiques, il n’est plus question d’éclairer le public, de lui apporter une expertise sur la construction du récit cinématographique et de susciter des envies. Désormais, d’objet de connaissance, le texte&nbsp; se transforme lui-même en un objet de désir et de jouissance qu’on sollicite, qu’on encense et qu’on vénère. Non satisfaits d’être de simples interprètes, ces critiques vont chercher à ajouter du sens au sens, à élargir et à approfondir leur perception de l’œuvre pour lui donner une nouvelle épaisseur. De la sorte, une courte séquence qui rend compte d’un fait anodin, comme celui d’une porte qui s’ouvre derrière le personnage, dans ‘‘<em>Europe 51</em>’’, le film de l’Italien Roberto Rossellini, acquiert une dimension métaphorique et devient, ainsi, l’objet d’exégèse. De la sorte, cette séquence se trouve ravie à sa réalité prosaïque (une porte qui s’ouvre) pour acquérir une dimension mythique (une source de menace maléfique).</p>



<p>L’obsession de ce genre de critique serait de faire œuvre. Plutôt que de commenter, d’analyser le film, le critique-auteur cherche à le réinventer et à le soumettre à son propre imaginaire et à son talent créateur. À travers les mots, et en adoptant un point de vue assez original, il va s’essayer à nous surprendre, à nous étonner et à nous séduire, ce qui est l’essence même de l’art.</p>



<p>En fait, l’ambition de cette catégorie de critiques serait de rivaliser avec le créateur du film en transportant son lecteur dans une autre dimension, celle que la littérature a l’habitude de nous offrir, où l’image se fait verbe et où le <em>«beau texte»</em> tente de faire de l’ombre au <em>«beau film»</em>. </p>



<p>* <em>Ecrivain et critique.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6jCSh72jc5"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/13/atelier-danalyse-filmique-et-decriture-critique-en-marge-des-jcc-2024/">Atelier d’analyse filmique et d’écriture critique en marge des JCC 2024</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Atelier d’analyse filmique et d’écriture critique en marge des JCC 2024 » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/13/atelier-danalyse-filmique-et-decriture-critique-en-marge-des-jcc-2024/embed/#?secret=Fvl5abR1xE#?secret=6jCSh72jc5" data-secret="6jCSh72jc5" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>Le coin du cinéphile : ‘‘Mariage à l’italienne’’ de Vittorio de Sica</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Dec 2023 06:51:33 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Mariage à l’italienne]]></category>
		<category><![CDATA[néoréalisme italien]]></category>
		<category><![CDATA[Sophia Loren]]></category>
		<category><![CDATA[Vittorio de Sica]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>‘‘Mariage à l’italienne’’, un classique du cinéma italien construit de façon magistrale. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/11/le-coin-du-cinephile-mariage-a-litalienne-de-vittorio-de-sica/">Le coin du cinéphile : ‘‘Mariage à l’italienne’’ de Vittorio de Sica</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>‘‘Mariage à l’italienne’’, un classique du cinéma italien construit de façon magistrale. Le rythme est plaisant et on ne s’ennuie pas un instant avec deux amants qui s’entredéchirent, s’abandonnent aux mauvaises passions et se consument, mais qui s’aiment à pleins poumons.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mohamed Sadok Lejri </strong></p>



<span id="more-10881396"></span>


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<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Mohamed-Sadok-Lejri-1.jpg" alt="" class="wp-image-358589"/></figure></div>


<p>Je me suis fait, vendredi soir, 8 décembre 2023, un réel plaisir de regarder <em>‘‘Mariage à l’italienne’’</em>, un classique du cinéma italien. C’est un film réalisé par un des maîtres du néoréalisme italien : Vittorio de Sica. Les deux rôles principaux sont tenus par Marcello Mastroianni et Sophia Loren, deux acteurs sublimes qui sont indissociables de la culture italienne et qui symbolisent à eux seuls le cinéma italien dans sa période la plus faste.</p>



<p>Même si la trame du scénario est simple et usée jusqu’à la corde, <em>‘‘Mariage à l’italienne’’ </em>&nbsp;est un film original, réalisé avec maestria et porté par des acteurs dont les noms sont passés à la postérité.</p>



<p>C’est l’histoire de Domenico Soriano (Marcello Mastroianni), un séducteur égoïste, manipulateur, orgueilleux, fier comme un paon et issu d’une famille napolitaine aisée, qui tombe amoureux d’une prostituée, Filumena Marturano (Sophia Loren). Celle-ci suit Domenico et lui sert de factotum. En effet, en plus de lui servir de bonne, elle veille sur ses affaires en s’occupant de sa pâtisserie.</p>



<p>Pendant ce temps-là, libre de toute contrainte, et en incorrigible séducteur napolitain, Domenico voyage et enchaîne les conquêtes sans lendemain. Filumena s’en accommode tant bien que mal. Elle plie l’échine, mais ne rompt pas. Elle endure cette vie ingrate pendant plus de vingt ans, sans jamais perdre l’espoir de devenir un jour sa légitime.</p>



<p>Comme dans tous les grands films italiens, on passe de l’humour, des scènes qui sont d’une apparente légèreté, à un registre plus sombre et dramatique.</p>



<p>Malgré la rugosité de certaines répliques, car la deuxième partie du film prend une allure grave et dramatique, <em>‘‘Mariage à l’italienne’’ </em> recèle une tendresse particulière du début à la fin. Et, au risque de me répéter, il est porté par un duo d’acteurs admirables, drôles, émouvants et capables de multiplier les palettes et les registres au sein d’un même film. <em>Mariage à l’italienne</em> est un film construit de façon magistrale, le rythme est plaisant et on ne s’ennuie pas un instant avec ces deux amants qui s’entredéchirent, s’abandonnent aux mauvaises passions et se consument, mais qui s’aiment à pleins poumons.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="lLpRX7aOvr"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/18/garde-a-vue-coupable-ideal-et-attachant-suspect/">‘‘Garde à vue’’ : coupable idéal et attachant suspect</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Garde à vue’’ : coupable idéal et attachant suspect » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/18/garde-a-vue-coupable-ideal-et-attachant-suspect/embed/#?secret=fSAPI0MgYU#?secret=lLpRX7aOvr" data-secret="lLpRX7aOvr" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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