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	<title>Archives des Mehdi Jendoubi - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Mehdi Jendoubi - Kapitalis</title>
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		<title>Tunisie : Trêve de politique, faisons preuve de sagesse!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 May 2022 10:13:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Mehdi Jendoubi]]></category>
		<category><![CDATA[référendum du 25 juillet]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par ses décisions unilatérales, Kaïs Saïed nous fait revenir la Tunisie à la case départ du système politique antérieur à la révolution de 2011. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/19/tunisie-treve-de-politique-faisons-preuve-de-sagesse/">Tunisie : Trêve de politique, faisons preuve de sagesse!</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En changeant les règles du jeu politique et électoral de manière aussi cavalière, et sans aucune forme de dialogue ou de consensus, Kaïs Saïed nous fait revenir à la case départ du système politique antérieur à la révolution de 2011, celle du doute généralisé. Il ferait mieux de se mettre à l&rsquo;écoute de tous ses administrés, ceux qui lui font une totale confiance et ceux qui s’opposent à sa politique.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mehdi Jendoubi </strong>*</p>



<span id="more-840213"></span>



<p>La Tunisie est fatiguée de politique; nous allons collectivement vers l’impasse et aucune partie, aussi bien du côté du pouvoir que de l’opposition, n’est en mesure de convaincre l’autre de la justesse de ses choix par des analyses politiques, bien sûr en donnant au terme analyse une définition bien large pour intégrer les affirmations laconiques, les invectives et les slogans colportées par vidéo, et élevés au rang, de pensée politique, à la va vite.</p>



<p>Le président de la république est actuellement le seul détenteur d’un pouvoir légitime après avoir mis hors circuit la représentation nationale arrivée déjà à un état de décrépitude avant le coup de grâce présidentiel du 25 juillet 2021. Il jouit d’un réel soutien populaire, et ses pires détracteurs reconnaissent, publiquement ou en leur âme et conscience, son honnêteté et sa rectitude, qui sont son ultime capital personnel, dans un pays qui a essuyé de multiples déceptions, élection après élection, depuis plus de trois décennies.</p>



<p>Un réel malentendu, au fossé de plus en plus grandissant, existe entre le président et l’élite politique de son pays, et il est dangereux de continuer à avancer en rang dispersé, et narguer l’élite sous prétexte de soutien populaire.</p>



<p>Avec tous ses défauts, celle-ci est fille de son pays, et elle a façonné son histoire contemporaine, et toute réforme politique, économique ou culturelle passera nécessairement par elle, ou sera mort-née.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quel arbitre crédible pour les élections&nbsp;?</h2>



<p>Dans l’habile stratégie présidentielle, qui a détricoté, en maître orfèvre, le système politique instauré en 2014, la <em>«réforme»</em> cavalière de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), est un coup de trop.</p>



<p>Indépendamment du champ de compétences, des retouches de structure et des personnes, l&rsquo;erreur fatale, qui équivaut à tuer la poule aux œufs d&rsquo;or, est de reformer l&rsquo;Isie, en dehors du consensus des futurs concurrents. On ne change pas d&rsquo;arbitre la veille d&rsquo;un mach et il ne revient à aucune équipe en compétition de designer l&rsquo;arbitre. Être juge et partie biaise le jeu.</p>



<p>La tare qui a longtemps collé aux régimes successifs avant la révolution a été le doute quasi général concernant la crédibilité des élections, devenue une simple formalité.</p>



<p>L&rsquo;Isie était loin d&rsquo;être parfaite, mais sa qualité principale depuis sa première version de 2011 était d&rsquo;être acceptée par les acteurs en compétition, ce qui entraîne aussi l&rsquo;acceptation des résultats électoraux par ceux qui ont échoué, rite démocratique majeur et seule garantie de stabilité d&rsquo;un régime.</p>



<p>Toutes les élections futures, même celles qui se dérouleront correctement, souffriront de ce bidouillage juridique. Changer de manière aussi légère les règles du jeu et sans souci de consensus nous fait revenir à la case départ du système politique antérieur à la révolution, celle du doute généralisé, le ver qui finira par faire pourrir le fruit, la graine de sable qui fera grincer la machine.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Deux pas en avant un pas en arrière</h2>



<p>La ligne droite n’est pas toujours le seul chemin à prendre et l’adage dit que parfois il faut savoir reculer pour mieux sauter. L’histoire est riche de décisions courageuses, prises par de grands leaders, contraints de faire des pauses ou même de changer de tactique.</p>



<p>Lénine, dans les années 1920, a dû changer de politique économique, au vu des mauvais résultats suite aux décisions prises après la révolution russe de 1917, et a lancé la Nouvelle économie politique (NEP), renonçant à certains dogmes, et justifié cette décision par sa fameuse formule&nbsp;: <em>«deux pas en avant, un pas en arrière»</em>.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="381" height="577" data-id="842264" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/Prix-du-Pain-Al-Mustaqbal.jpg" alt="" class="wp-image-842264" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/Prix-du-Pain-Al-Mustaqbal.jpg 381w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/Prix-du-Pain-Al-Mustaqbal-198x300.jpg 198w" sizes="(max-width: 381px) 100vw, 381px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="570" height="577" data-id="842265" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/Prix-du-pain-La-Presse.jpg" alt="" class="wp-image-842265" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/Prix-du-pain-La-Presse.jpg 570w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/Prix-du-pain-La-Presse-296x300.jpg 296w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/Prix-du-pain-La-Presse-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 570px) 100vw, 570px" /></figure>
</figure>



<p>Bourguiba après avoir signé avec le leader libyen Kadhafi un traité d’union, en 1975, a changé de politique en quelques jours devant les pressions venant de toutes parts, renoncé à ce projet de création de la République arabe islamique fusionnant la Tunisie et la Libye, et, par conséquent, à l&rsquo;espoir de voir toute la dette tunisienne effacée, comme promis par le leader libyen.</p>



<p>Plus tard, en 1984, après avoir cautionné la hausse du prix du pain à la demande de son premier ministre, Mohamed Mzali, ce qui a entraîné une révolte généralisée, communément appelée <em>«émeutes du pain»</em>, il annonça lui-même publiquement un retour à la case départ et l’annulation des hausses, et le calme revint.</p>



<p>Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent aujourd&rsquo;hui en Tunisie pour appeler à retarder l’échéance du référendum du 25 Juillet 2022. La question n’est pas technique, car il est évident pour toute personne sensée, que les conditions minimums, pour faire de cette date un rendez-vous de consensus national sont inexistantes.</p>



<p>Ce geste présidentiel de bonne volonté permettra de calmer les esprits, et donnera le temps d’organiser le débat national annoncé dans de meilleures conditions. Le président sera le moteur et la locomotive de ce vaste projet de réforme politique annoncé au lendemain de son élection en 2019, quand il a parlé, sans être pris au sérieux par les vieux routiers de la politique, de <em>«nouvelle révolution dans la loi</em>», mais un moteur ou une locomotive doivent être en mesure d’entraîner avec eux engrenages et wagons.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la pédagogie en classe à la pédagogie politique.</h2>



<p>A quoi bon être porteur de vérité si on ne réussit pas à la faire partager au-delà du cercle des ses amis et admirateurs? Ce n’est pas à un enseignant qui a passé sa vie à transmettre des idées aux jeunes qu’on rappellera que les idées sont toujours difficiles à transmettre, et la patience du maître est son atout principal dans cette mission. Passer de la pédagogie en classe à la pédagogie politique pose peut-être quelques problèmes, à ne pas sous-estimer, car ils sont source de confusion malgré la sincérité et la bonne volonté. Quel chef n’a pas de défauts? Les reconnaître et les corriger le fera grandir.</p>



<p>La décision ne sera pas d’ordre politique, même si elle aura de grandes conséquences politiques&nbsp;: c’est dans les pages de la sagesse des grands livres de l’humanité qu’on puisera les plus beaux arguments qui convaincront les adversaires qu’ils ont affaire à un président qui sait être à l’écoute de tous les citoyens, ceux qui le soutiennent et lui font confiance et ils sont nombreux, et ceux qui lui disent «<em>non</em>» et s’opposent à sa politique. Quelle haute sagesse d’aimer aussi ceux qui ne nous aiment pas. Quel beau et difficile métier d’être le président d’un peuple fier et libre&nbsp;!</p>



<p>* <em>Universitaire (<a href="mailto:jendoubimehdi@yahoo.fr">jendoubimehdi@yahoo.fr</a>)</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



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<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="cJOJ6hr4KE"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/13/tunisie-kais-saied-fossoyeur-ou-reformateur-de-la-democratie-3-3/">Tunisie : Kaïs Saïed, fossoyeur ou réformateur de la démocratie (3/3)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Kaïs Saïed, fossoyeur ou réformateur de la démocratie (3/3) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/13/tunisie-kais-saied-fossoyeur-ou-reformateur-de-la-democratie-3-3/embed/#?secret=CJ2qPIJikx#?secret=cJOJ6hr4KE" data-secret="cJOJ6hr4KE" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="sFt4iZgbVy"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/31/tunisie-dirigeants-bien-elus-et-mal-recus/">Tunisie : Dirigeants bien élus et mal reçus</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Dirigeants bien élus et mal reçus » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/31/tunisie-dirigeants-bien-elus-et-mal-recus/embed/#?secret=SC1yKGoNWc#?secret=sFt4iZgbVy" data-secret="sFt4iZgbVy" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : Un pays sous dopage juridique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Apr 2022 13:20:22 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Mehdi Jendoubi]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Chennoufi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Continuer à noircir les pages du journal officiel en ajoutant des lois aux lois, comme on le fait en Tunisie depuis 2011, peut donner l’illusion d’agir sur le réel, mais en fait cela relève plus de l’esprit magique où les incantations se substituent aux actions, car à quoi bon entasser les lois si les autorités...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/04/Kais-Saied-signe-un-decret.jpg" alt="" class="wp-image-387650"/></figure></div>



<p><strong><em>Continuer à noircir les pages du journal officiel en ajoutant des lois aux lois, comme on le fait en Tunisie depuis 2011, peut donner l’illusion d’agir sur le réel, mais en fait cela relève plus de l’esprit magique où les incantations se substituent aux actions, car à quoi bon entasser les lois si les autorités sont incapables de les faire appliquer comme en Tunisie&nbsp;?</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mehdi Jendoubi</strong> *</p>



<span id="more-387890"></span>



<p>Faites des lois, vous changerez le réel. Cela est vrai et cela a été expérimenté en Tunisie avec la promulgation du Code du statut personnel en 1956, et qui à l’époque devançait la société, et a façonné la réalité de la famille d’aujourd’hui en Tunisie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Emballement juridique</h2>



<p>Mais cela n’est pas toujours vrai, la Tunisie depuis des décennies connaît un emballement juridique, et fabriquer des lois est même devenue l’œuvre maîtresse d’une autorité publique de plus en plus enquiquinée et impuissante à agir sur le réel, dans ses plus simples enjeux comme nettoyer les rues, faire respecter les feux de la circulation ou tailler régulièrement les arbres des espaces publics, et je cite volontairement les mini enjeux, car c’est à leur aune qu’on peut juger de notre capacité à faire face aux grands enjeux.</p>



<p>Déjà, dans les années 1990, notre directeur nous réussissait en assemblée générale pour nous transmettre une directive de notre ministère&nbsp;: nous devions fixer définitivement les programmes de cours à l’école de journalisme (Ipsi), car le ministère de l’Enseignement supérieur avait pour politique générale de publier des arrêtés ministériels au journal officiel de l’ensemble des programmes de l’université. Je dis bien programmes avec intitulés de cours et horaires alloués en non pas seulement le statut de l’école et les intitulés scientifiques des licences ou leurs objectifs.</p>



<p>Notre directeur, feu Moncef Chennoufi, n’hésitait pas à nous confier publiquement son scepticisme, nous disant que cela rendrait très compliqué toute modification ultérieure, nécessitée par l’adaptation des enseignements, une règle d’or en pédagogie. Publier les programmes sous forme d’arrêtés, était presque équivalent à embaumer une momie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Lois vitrines sans impact sur le réel</h2>



<p>Sous l’ancien régime avant la révolution de 2011, plusieurs lois vitrines avaient juste pour objectif de faire bien, de paraître respectable parce que formellement ressemblant aux <em>«normes internationales»</em>.</p>



<p>Après la révolution, la Tunisie connut un déferlement juridico institutionnel. Animée par le concept fondamental d’Etat de droit, une armée de juristes de tout niveau pensait reconstruire le pays à coups de lois et faute de bâtir des édifices, ils bâtirent des institutions et conçurent des lois qui tombent comme un château de cartes après l&rsquo;annonce des <em>«mesures exceptionnelles»</em> par le président de la république Kaïs Saïed, un certain 25 juillet 2021, le chef de l&rsquo;Etat se donnant la mission de revoir toute l&rsquo;architecture juridique et constitutionnelle relative au système politique en vigueur dans le pays. Pas moins&nbsp;!</p>



<p>Crier à la dictature peut être respectable comme opinion politique, mais cela est loin d’expliquer cet effondrement fatal au premier coup de vent.</p>



<p>Être responsable en Tunisie durant la décennie passée, toute couleur politique confondue, équivalait presque à jongler avec les lois et à passer des nuits blanches à placer ses hommes/pions sur l’échiquier institutionnel de plus en plus complexe, et de plus en plus impuissant à agir sur le réel.</p>



<h2 class="wp-block-heading"> Echafaudage juridique inutile et inefficace</h2>



<p>Le rapport de force n’est pas uniquement sur le terrain politique. Il y a aussi un rapport de force entre disciplines scientifiques, qui se manifeste par une visibilité déséquilibrée des représentants de chacune des disciplines qui constituent un tout complémentaire de l’intelligence collective.</p>



<p>Ce déferlement juridico institutionnel où presque les seuls acteurs sont les hommes de loi de toutes catégories, ceux qui conçoivent et rédigent la loi et ceux qui l’appliquent, est le résultat de ce rapport de force qui exclut presque les autres disciplines des sciences humaines, comme si une loi était, en dehors du temps et de l’espace et n’obéissait pas dans toutes ses phases aux multiples autres déterminants qui agissent en silence mais en profondeur, dans le réel&nbsp;: comme le déterminant historique, ou social ou psycho-social ou économique.</p>



<p>Toute société a besoin de lois. Mais les lois ne sont pas de pures émanations désincarnées, sorties de têtes bien pensantes et bien intentionnées. Il y a aussi l’esprit de la loi, et la sociologie, l’anthropologie et la philosophie des lois et bien d’autres éclairages sur la <em>«fabrique»</em> sociale des lois, dont nous avons plus que jamais besoin actuellement en Tunisie, pour encadrer cette fébrilité juridique, relativiser, et corriger le tir. Continuer à noircir les pages du journal officiel en ajoutant des lois aux lois, peut donner l’illusion d’agir, mais en fait cela relève plus de l’esprit magique où les incantations se substituent aux actions.</p>



<p>* <em>Universitaire.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ILlM3sXFSN"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/01/tunisie-le-general-d-lallie-invisible-du-president-saied/">Tunisie : Le Général D…, l’allié invisible du président Saïed</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Le Général D…, l’allié invisible du président Saïed » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/01/tunisie-le-general-d-lallie-invisible-du-president-saied/embed/#?secret=MPTx2MEmmI#?secret=ILlM3sXFSN" data-secret="ILlM3sXFSN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="d37WaxWRdI"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/21/tunisie-lechec-dune-democratie-qui-se-voulait-trop-parfaite/">Tunisie : L&rsquo;échec d’une démocratie qui se voulait trop parfaite</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : L&rsquo;échec d’une démocratie qui se voulait trop parfaite » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/21/tunisie-lechec-dune-democratie-qui-se-voulait-trop-parfaite/embed/#?secret=U5rfaDpmAA#?secret=d37WaxWRdI" data-secret="d37WaxWRdI" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Yki3922bng"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/12/tunisie-kais-saied-fossoyeur-ou-reformateur-de-la-democratie-2-3/">Tunisie : Kaïs Saïed, fossoyeur ou réformateur de la démocratie (2/3)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Kaïs Saïed, fossoyeur ou réformateur de la démocratie (2/3) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/12/tunisie-kais-saied-fossoyeur-ou-reformateur-de-la-democratie-2-3/embed/#?secret=XL8N9q7MRa#?secret=Yki3922bng" data-secret="Yki3922bng" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : Le Général D…, l’allié invisible du président Saïed</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/01/tunisie-le-general-d-lallie-invisible-du-president-saied/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Apr 2022 08:45:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Mehdi Jendoubi]]></category>
		<category><![CDATA[Najla Bouden]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En Tunisie, l’appareil d’Etat est limité en termes d’efficacité. Les dix dernières années ont montré de manière flagrante la déconnexion entre la tête et les pieds, la décision et l’exécution, le vouloir et le pouvoir, le penser/dire et l’agir, toutes tendances politiques confondues. La politique a brassé des rêves qu’elle a été incapable de réaliser...</p>
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<p><strong><em>En Tunisie, l’appareil d’Etat est limité en termes d’efficacité. Les dix dernières années ont montré de manière flagrante la déconnexion entre la tête et les pieds, la décision et l’exécution, le vouloir et le pouvoir, le penser/dire et l’agir, toutes tendances politiques confondues. La politique a brassé des rêves qu’elle a été incapable de réaliser même partiellement. Et ce ne seront pas les jongleries juridiques ou les harangues politiques qui convaincront les Tunisiens qui sauront, le jour J, défaire un gouvernement ou mettre à bas un régime.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mehdi Jendoubi</strong> *</p>



<span id="more-386142"></span>



<p>Quand les Russes se sont retirés tactiquement du combat pour laisser Napoléon s’enliser dans la neige, l’empereur européen du&nbsp;XIXe siècle comprit, impuissant, l’ampleur du piège&nbsp;: c’était au général Hiver que les stratèges russes, en fins connaisseurs de leur propre territoire, assignaient la tâche de faire perdre l’ennemi. Quelle belle leçon pour vaincre sans combattre et éviter les pertes inutiles.</p>



<p>En Tunisie, quand le président Kais Saïed abandonne son travail d’orfèvre des lois, et passe à la canonnière, en dissolvant l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), acculé par ses adversaires qui ne lui laissent pas d’autre choix, un Général invisible ayant pour nom Désespoir l’a toujours servi avec fidélité et efficacité, depuis le 25 juillet 2021. Désespoir qui met tout le beau monde des professionnels de la politique dans le même sac, désespoir quasi général d’une grande partie des Tunisiens, élite et peuple confondus.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;art de transformer ses amis en ennemis</h2>



<p>Discutez tant que vous voudrez de droit ou de politique; accusez qui vous voulez; raisonnez avec les arguments les plus logiques; ouvrez tous les livres savants; rien n’y fera. La magie du 17 décembre 2010-14 janvier 2011 s’est évaporée. Le mariage d’amour entre les Tunisiens et la politique dégénère en scènes de ménages mesquines et acerbes, plus amères les unes que les autres. Et l’absence d’espoir nous fera avaler toutes les couleuvres possibles et imaginables.</p>



<p>A qui la faute&nbsp;? A celui qui n’est <em>«Roi»</em> que depuis huit mois et qui se refuse même de créer un parti, alors qu’une autoroute lui est largement ouverte dans l’opinion publique tunisienne, alors que naguère d’autres, à peine ministre, s’imaginaient déjà chef de gouvernement et se lançaient dans la création de leur parti ou pseudo-parti, soucoupe magique pour encore plus de pouvoir ǃ</p>



<p>Les erreurs du président sont réelles, alors que d’autres savent faire de leurs ennemis des amis, lui il excelle en transformant ses amis en ennemis, presque sans état d’âme. Ou veut-il nous mener? Nous ne le savons pas. Nous n’avons aucun document sérieux à lire et à discuter. J’ai répondu par devoir civique à la consultation nationale qu&rsquo;il a propoée et je ne suis pas plus éclairé. Je ne parle pas des discours, ils ont une logique qui me dépasse. Je comprends lentement en lisant un stylo à la main, et je n’ai presque rien à lire pour savoir où nous mène la politique actuelle de monsieur le président, d’autant plus que j’ignore ce qui peut se dire sur Facebook, sauf si un ami veut bien me briefer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mépris des Tunisiens pour les politiciens</h2>



<p>D’autres erreurs présidentielles peuvent être listées. Mais honnêtement toutes ses erreurs ne pèsent rien dans la balance qui l’oppose à tous ses adversaires actuels. Ils ont mené en dix ans les Tunisiens à exécrer politique et politiciens. Ce sentiment pèsera lourd, les prochaines années, dans la balance politique nationale. C’est le vrai allié du président Saïed.</p>



<p>Qui sera son ennemi le plus redoutable? Sûrement aucun de ses adversaires politiques actuels les plus virulents; ils sont perdus d’avance et nul besoin de tribunaux et d’accusations de complot qui ne tiennent pas la route. Pure perte de temps et d’énergie.</p>



<p>Le vrai ennemi du président Saïed, celui que ceux qui ont eu la charge et l’honneur de gouverner la Tunisie depuis plus de dix ans avant et après la révolution, n’ont pas voulu et/ou n’ont pas su affronter, se trouve détaillé en long et en large dans les documents officiels des plans de développement, des budgets et des multiples rapports et études sectorielles, communément appelés <em>«problèmes de développement»</em>, et qui ont pour nom chômage, pauvreté, échec scolaire, drogue dans les milieux juvéniles, piscines construites dans les années 60 et inexploitées, quartiers populaires sans bibliothèque, sans terrain de sport, et la liste est longue et bien connue, très bien connue.</p>



<p>J’affirme modestement que les vrais défis du régime qui se met en place actuellement, ne sont pas <em>«politiques»</em>, même si ces questions fortement médiatisées sont bruyantes et brûlantes, elles ne concernent que le microcosme de l’élite de l’élite et les <em>«observateurs»</em> étrangers. Perdre le temps des appareils d’Etat à poursuivre, ceux qui sont déjà perdus d’avance est sûrement inutile et inefficace.</p>



<p>Aucun homme politique, et aucun appareil d’Etat ne peut efficacement se battre sur tous les fronts et affronter mille et un ennemi. Il faut toujours prioriser. Et il ne faut pas surestimer ses forces ni les réelles capacités des hauts fonctionnaires les plus zélés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Déconnexion entre la tête et les pieds</h2>



<p>L’appareil d’Etat tunisien est en réalité limité en termes d’efficacité. Les dix dernières années ont montré de manière flagrante la déconnexion entre la tête et les pieds, la décision et l’exécution, le vouloir et le pouvoir, le penser/dire et l’agir, toutes tendances politiques confondues. La politique a brassé des rêves qu’elle a eté incapable de réaliser même partiellement.</p>



<p>Et ce n’est pas une question de bonne volonté. Ce sont des limites structurelles très difficiles à faire évoluer. Ceux qui gouvernent sont comme dans des cabines où ils contrôlent bien le volant, mais les roues ne bougent pas, l’arbre de transmission de l’engin est fortement endommagé. Et c’est avec cet appareil qu’il faut gouverner.</p>



<p>De grâce prenez soin de la machine, ne la chargez pas trop. On vous écoutera et on vous respectera, mais on vous désobéira poliment, discrètement, fonctionnellement. Les Arabes ne disaient-ils pas sagement&nbsp;que <em>«pour être obéi, demandez ce qui est possible»</em> ( لتطاع أطلب ما يستطاع ).</p>



<p>Dans le duo de l’exécutif tunisien actuel, Kaïs Saïed / Najla Bouden, la cheffe du gouvernement, toutes les analyses vont vers une minorisation du rôle du gouvernement et présentent le président comme le détenteur du vrai pouvoir. A mon humble avis, ces analyses ont la force de l’apparence, mais sous-estiment l’apport de la dialectique. Le maillon faible n’est faible qu’en apparence, car le vrai sort du président Saïed sur le moyen terme, c’est la réussite ou l’échec du gouvernement, qui le déterminera, indépendamment de qui le dirige.</p>



<p>Sur le court terme, le président sait parler à son peuple même s’il laisse l’élite dans l’inquiétude, mais sur le moyen terme, parler ne suffira plus, il faudra convaincre par les faits, et les <em>«faits sont têtus»</em>. C’est le gouvernement qui est le seul capable de relever ce défi, car il est en prise réelle et directe avec les problèmes qui hantent les Tunisiens. Voyez comme le fort dépend du faible. Si le cœur est à Carthage, la tête est à la Kasbah.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Transformer le Général Désespoir en Général Espoir</h2>



<p>Toutes les jongleries juridiques ne pèseront pas lourd en dehors des <em>«plateaux du débat public&nbsp;démocratique»</em>, si des actions concrètes continues et sans cesse grandissantes dans tous les secteurs, que ce soit les <em>«grandes réformes»</em>, ou la propreté des rues et la taille des arbres dans les espaces publics, finiront par convaincre les Tunisiens, qu’ils sont gouvernés et bien gouvernés. Que la politique qu’ils ont admiré en début de décennie et exécré en fin de décennie, marie enfin parole et action, penser et agir. Que les roues sont de nouveau connectées au volant. Le Général Désespoir se transformera en Général Espoir.</p>



<p>Que les démocrates ne se fassent pas de soucis, quand les Tunisiens seront convaincus qu’ils sont mal gouvernés, nul besoin de les haranguer pour se soulever dans leur style. Ils ont appris la leçon et savent défaire un gouvernement ou mettre à bas un régime.</p>



<p>* Universitaire (jendoubimehdi@yahoo.fr)</p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="fpPyYtiyzK"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/21/tunisie-lechec-dune-democratie-qui-se-voulait-trop-parfaite/">Tunisie : L&rsquo;échec d’une démocratie qui se voulait trop parfaite</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : L&rsquo;échec d’une démocratie qui se voulait trop parfaite » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/21/tunisie-lechec-dune-democratie-qui-se-voulait-trop-parfaite/embed/#?secret=oimXSkwgp1#?secret=fpPyYtiyzK" data-secret="fpPyYtiyzK" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="v14culywbT"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/11/tunisie-kais-saied-fossoyeur-ou-reformateur-de-la-democratie-1-3/">Tunisie : Kaïs Saïed, fossoyeur ou réformateur de la démocratie (1/3)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Kaïs Saïed, fossoyeur ou réformateur de la démocratie (1/3) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/11/tunisie-kais-saied-fossoyeur-ou-reformateur-de-la-democratie-1-3/embed/#?secret=p2fmvgEcsh#?secret=v14culywbT" data-secret="v14culywbT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : L&#8217;échec d’une démocratie qui se voulait trop parfaite</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Feb 2022 06:36:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Béji Caïd Essebsi]]></category>
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		<category><![CDATA[conseil supérieur de la magistrature]]></category>
		<category><![CDATA[Instance Vérité et Dignité]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Mehdi Jendoubi]]></category>
		<category><![CDATA[Omar Shabou]]></category>
		<category><![CDATA[transition démocratique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie s’est dotée d’une démocratie dernier cri, qui a vu s’encombrer et s’entremêler des institutions et des acteurs publics, tous très vigilants pour freiner les autres mais tous réduits à l’impuissance publique. C’est aussi une démocratie coûteuse en ressources nécessaires à entretenir les «fonctionnaires de la démocratie», gardiens du temple. Il fallait faire comme...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/09/Assemblee-fermee.jpg" alt="" class="wp-image-364699"/><figcaption><em>Gel des travaux de l&rsquo;Assemblée et ses portes fermées par un char militaire : l&rsquo;image d&rsquo;une démocratie compliquée et inefficace. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>La Tunisie s’est dotée d’une démocratie dernier cri, qui a vu s’encombrer et s’entremêler des institutions et des acteurs publics, tous très vigilants pour freiner les autres mais tous réduits à l’impuissance publique. C’est aussi une démocratie coûteuse en ressources nécessaires à entretenir les «fonctionnaires de la démocratie», gardiens du temple. Il fallait faire comme les «grandes démocraties», et en termes de copiage nous n&rsquo;avons pas lésiné ssur les moyens. Mais les grandes démocraties qui nous ont servi de modèle ont-elles des enfants qui boivent de l’eau moisie dans des citernes? Retour sur les raisons d&rsquo;un échec&#8230;</em></strong></p>



<p>Par<strong> Mehdi Jendoubi </strong>*</p>



<span id="more-381401"></span>



<p>Après presque soixante ans de pouvoir personnel fort, avec des passages de quasi-dictature, la Tunisie au lendemain de la révolution du 17 décembre 2010/14 janvier 2011, voulut se doter de la plus parfaite des démocraties, comme si un tel système pouvait exister. Les pères fondateurs constitués d’une alliance très originale entre grands militants post indépendance, qui ont tenu la dragée haute à Bourguiba, le fondateur de la Tunisie indépendante et à son successeur le Général président Ben Ali, et des juristes de haut niveau dotés d’une double formation universitaire à Tunis et à l’étranger, n’ont pas rongé leurs freins. Auraient-ils pêché par trop d’orgueil&nbsp;?</p>



<p>Aux concepts les plus classiques et les plus basiques du fonctionnement de l’Etat ont été surajoutés dans un esprit de perfectionnisme démocratique, qui s’avèrera irréaliste et sans implantation historique locale suffisante, des concepts tirés des références des sciences politiques les plus actuelles inspirés d’une multitude d’expériences de <em>«transitions démocratiques»</em>, et les plus exigeants en termes d’équilibre et de contrôle des pouvoirs, de participation citoyenne, de droits sociaux et économiques. Une avalanche d’institutions constitutionnelles et démocratiques ont été conçues dans un montage d’une admirable complexité. Bref, tout le haut de gamme démocratico-institutionnel.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des gouvernants bien élus mais impuissants à agir</h2>



<p><a></a>Il fallait définitivement fermer la porte à toute régression et à tout risque de <em>«retour de la dictature»</em>. Tout détenteur de l’autorité publique se trouvait devant un champ miné d’institutions garde-fou et ainsi la Tunisie arrivait à élire des autorités très démocratiques, mais une fois sorties victorieuses des urnes elles étaient presque impuissantes à gouverner.</p>



<p>Rédigées avec une mentalité d’opposants échaudés par leur expérience avec les excès du pouvoir personnel, ils s’empêtreront, une fois démocratiquement élus gouvernants, dans les filets des nouvelles lois de l’Etat qui nous donneront des gouvernants bien élus mais impuissants à agir.</p>



<p>Et d’élection démocratique en élection démocratique les citoyens désespérés voyaient ainsi leurs dirigeants s’enliser dans la bonne parole démultipliée en feu d’artifice, par la libération médiatique et se casser les dents dans l’action de développement. Dix ans après la révolution, nettoyer les rues et faire respecter la circulation reste un acte de bravoure étatique jamais atteint.</p>



<p>Un appareil institutionnel trop beau sur papier, mais impuissant sur le terrain. Impuissant, mais gros consommateur de ressources, dans un pays où des milliers d’enfants des écoles rurales font des kilomètres pour aller à pied à leur école et boivent de l’eau de citernes rouillées, par défaut de raccordement à l&rsquo;eau potable.</p>



<p>Imaginez qu’il fallait 40 dignitaires de très haut niveau, docteurs en droit et honorables juges, pour chapeauter le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), garantir <em>«l’indépendance de la justice»</em> et administrer quelques centaines de juges, sans compter la petite bureaucratie de service, et bien sûr en plus du ministère de la Justice.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«Tardhil» (rabaissement), mot clé pour comprendre le 25-Juillet</h2>



<p>Quand le président Kais Saied a tiré un trait final sur cette expérience, le soir d’une journée d&rsquo;émeutes sur tout le territoire national qui a vu des milliers de jeunes déferler dans les rues sans aucun appel lancé par les partis en présence, il a été salué par une nuit folle de youyous et klaxons de victoire, comme si la Tunisie avait remporté une compétition internationale. Le système de 2014, année de proclamation de la constitution, avait déjà perdu la plus importante des batailles&nbsp;: celle des esprits et des cœurs de beaucoup de citoyens.</p>



<p>Rien ne résume mieux l’état de déconfiture du système institutionnel de 2014 que le terme mille fois repris des mois avant le <em>«coup»</em> du président Saied, un peu par tout le monde du président de l’Assemblée, Rached Ghannouchi, aux commentateurs politiques et aux citoyens, que le mot arabe de <em>«tardhil»</em> (rabaissement) du parlement par le comportement folklorique et irresponsable de ses propres membres, et de la politique de manière plus générale. Et bien sûr, les gentlemen de tous bords, et ils n’en manquent pas, payent l’arrogance de leurs collègues malgré eux, car l’opinion populaire aime ou rejette en bloc.</p>



<p>Le terme fallacieux de <em>«classe politique»</em> lancé dans les medias après la révolution et repris sans cesse par nous tous, dans un jugement injuste de flagrante paresse intellectuelle généralisée, pour lancer un doigt accusateur mettant dans le même sac toutes les personnalités publiques qu’elle soient au pouvoir ou non, Dure réalité de toute personnalité publique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Chemin rêveur compliqué et coûteux</h2>



<p>Au tout début en 2011, suite à des débats passionnants et à des luttes politiques où le rapport des forces passe des coulisses à la rue qui a eu le dernier mot une seconde fois après le 17 décembre 2010, la Tunisie choisit le chemin démocratique le plus rêveur, qui s&rsquo;est avéré le plus difficile.</p>



<p>La constitution de 1959 qui a permis les dérives autoritaires de l’ancien régime devait être entièrement réécrite par une Assemblée constituante qu’il fallait élire. Plus encore, la majorité des constituants opte pour la fameuse <em>«feuille blanche </em><em>الصفحة البيضاء</em><em>»</em> et alors qu’ils devaient offrir à la Tunisie sa nouvelle constitution en une année comme cela a été convenu dans une entente publique, écrite et signée par onze partis, ils rallongent leur mandat qui prendra 3 ans. Souveraineté constitutionnelle exige, mais quel manquement à la parole donnée ǃ Ça sera chèrement payé. Entre-temps, nos constituants ont dû fonctionner de fait en assemblée nationale&nbsp;: désigner un chef de gouvernement et contrôler les ministres. Fiers de la confiance du peuple qui a récompensé les militants anti-Ben Ali les plus téméraires, comment renoncer à gouverner?</p>



<p>Une des options non retenue, était de laisser le gouvernement de consensus dirigé par Beji Caid Essebsi, et issu des <em>«compromis de coulisses»</em>, continuer à administrer le pays comme il l’a si bien fait des mois auparavant, pour gérer les urgences et consacrer les activités de la Constituante à la rédaction de la constitution le plus rapidement possible.</p>



<p>Toujours dans cet élan citoyen électrifié par la révolution, on décida d’étendre le droit de vote aux militaires et à la police qui dans leur majorité n’en voulaient pas et la très faible proportion de participation de ce corps aux différentes élections organisées en Tunisie en sont l’évidente preuve. Cette extension des droits a compliqué le calendrier dans la mesure où ils devaient élire avant leurs compatriotes pour pouvoir assurer la sécurité du scrutin. Dans beaucoup de pays <em>«très démocratiques»</em>, les militaires et la police, des professionnels en armes restent, <em>«politiquement muets»</em>, au service de tous, de toute autorité légitime, de l’Etat. Mais nous Tunisiens nous raffolons de gadgets démocratiques, le haut de gamme ou rien du tout.</p>



<p>En termes de genre, presque tous les pays comme le nôtre ont accordé aux femmes le droit de vote. D’autres pour renforcer l’accès des femmes à la politique et contourner les obstacles sociaux ont introduit des quotas exigés de femmes sur les listes électorales. En Tunisie, on rafle la mise. La loi électorale votée en mai 2014 imposera la parité. Toute liste devra comporter autant de femmes que d&rsquo;hommes. Belle idée, qui témoigne de ces rêves devenus possibles avec la révolution.</p>



<p>Je ne m’attarderai pas aux techniques de calcul des votes issus d’une réelle volonté inclusive et citoyenne, d’une complexité désarmante, et aux débats techniques qui ont animé nos juristes et nos militants/responsables chaque fois qu’il s’agira de rédiger ou de modifier la loi électorale tout le long de la décennie démocratique. L’option qui l’a remportée a été <em>«la règle de la proportionnelle en tenant compte du plus fort reste», </em>qui permettra aux <em>«petites listes»</em> d’obtenir quelques sièges à l’Assemblée.</p>



<p>Toujours cette pensée politique, généreuse et inclusive avec toujours ce souci constant de fermer la porte à tout retour d’un acteur <em>«dominant et écrasant»</em>. Cela aura les conséquences que nous savons sur <em>«l’effritement»</em> de la représentation nationale. Ainsi, vous serez élu démocratiquement, mais vous serez incapable de gouverner. Dans quel <em>«enfer politique»</em> nous jetteront ces bonnes intentions démocratiques ǃ</p>



<p>La mesure, dont l’impact financier sur la trésorerie publique est incontestable, est l’extension, sans aucune urgence apparente, du droit de vote aux Tunisiens résidents à l’étranger. Double dépense dans une première étape pour organiser les élections et dans une deuxième pour payer les 17 députés de la communauté tunisienne et couvrir leurs va-et-vient pour assister aux travaux de l’Assemblée. Nul doute de la valeur symbolique de cette extension du droit de vote, mais l’argent dépensé en devises fortes aurait été bien plus <em>«démocratique»</em> et plus utile s’il avait été consacré aux activités culturelles des enfants de tunisiens résidents à l’étranger ou dans des programmes sociaux au service de cette communauté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La guéguerre des institutions constitutionnelles</h2>



<p>Cette ferveur et ce souci de perfection démocratique doublés d’une <em>«gourmandise»</em> de pouvoir caractérisera la suite et constituera une culture de base de presque tous les acteurs politiques et institutionnels importants et se reproduira des années durant, chaque fois qu’il y aura débat et décision, et Dieu sait s’il y en eut, pour créer un organe, rédiger ses textes, fixer ses prérogatives et le doter des moyens et ressources nécessaires à sa mission.</p>



<p>La chronologie des années 2010 est riche en évènements relatifs à ces combats pour plus de démocratie, plus d’institutions garde-fou, plus de prérogatives pour chacune des institutions, plus d&rsquo;<em>«indépendance»</em> et plus de moyens pour garantir cette indépendance tant réclamée, devenue presque une fin en soi pour chaque organe, avec une flagrante absence de vue d’ensemble.</p>



<p>Chaque machine institutionnelle était presque conçue comme un acquis démocratique et une œuvre en soi défendue âprement par ses promoteurs, et plus tard par ceux qui seront démocratiquement et <em>«âprement» </em>élus (que de votes, de conciliabules, de retards faute de consensus), ou désignés par qui de droit.</p>



<p>Plus encore, l’indépendance institutionnelle était comprise comme presque totale. Indépendance fonctionnelle, cela va de soi, mais aussi indépendance financière comme garantie de l’indépendance fonctionnelle (l’argent n’est-il pas le nerf de la guerre ǃ), et de surplus une indépendance de la logistique et du logis, car chacun aura son immeuble.</p>



<p>Qui facturera les dépenses de ce train de vie de l’appareil démocratique et de l’armée des bureaucrates de la démocratie, dans un pays qui a presque doublé sa dette en dix ans. Il faudra écrire un jour l’histoire financière de cette démocratie de pays pauvre, conçue avec une mentalité dépensière de pays pétrolier.</p>



<p>Par une interprétation large des lois qui restent parfois vagues ou silencieuses sur certains aspects, et par une compréhension expansive de leurs attributions et champs d’application, les élus à la tête de nos institutions démocratiques, croyant bien faire en bâtisseurs de la démocratie en marche et en réparateurs invétérés des erreurs politiques cumulées de l’ancien régime, et excités par un appétit sans limite de pouvoir et d’action, chercheront systématiquement à étendre au maximum leurs prérogatives et domaines d’intervention, en bonne conscience car les urgences démocratiques ne manquaient pas.</p>



<p>C’est ainsi que l&rsquo;Instance Vérité et Dignité (IVD), chargée de la justice transitionnelle, se voit attribuer en 2013 par la loi l’épineux dossier de la réparation des préjudices subis par les citoyens sous l’ancien régime. Fallait-il se limiter à la période Ben Ali ou revenir à l’aube de l’indépendance en 1956?</p>



<p>Plus encore fallait-il se limiter aux exactions en rapport avec les libertés et les droits de l’homme ou prendre aussi en charge les dossiers des exactions financières, d’une grande complexité technique, qui exigent des compétences de banques ou de bureaux d’études financiers. C’est l’option <em>«généreuse»</em>, large mais combien lourde pour ceux qui auront à piloter ces dossiers, qui fut prise par le législateur et confirmée par ceux qui interprèteront la loi et tenteront de la mettre en pratique.</p>



<p>Multiplier les objectifs et les charges et faire face après aux pesanteurs du réel et aux moyens qui manqueront fatalement à nos ambitions les plus pures, et se transformer en champion des <em>«missions impossibles»</em>, devrait être un objet de méditation pour nos militants les plus respectés propulsés par la révolution à la tête de l’Etat et de ses appareils. Les bonnes intentions sont insuffisantes en politique.</p>



<p>Ce fut le même état d’esprit qui régna lors de la rédaction de la loi créant, en 2011, le premier noyau de l’Instance nationale de la lutte contre la corruption (Inlucc) et surtout en 2018 avec la loi sur la déclaration des biens et des intérêts. Au lieu de se concentrer sur les hauts responsables de l’Etat où les plus grands risques existent réellement vu l’ampleur de leurs décisions, l’application de la loi amena des milliers de petits responsables et même des journalistes et les membres des conseils d’administration d’une quelconque association à déposer leur déclaration de patrimoine. Bien sûr, la corruption peut toucher petits et grands, mais à trop vouloir étendre les zones d’intervention on risque de ne rien faire, sous la masse des tâches à accomplir. Pourquoi, à titre d’exemple, ne pas limiter l’application de cette loi aux associations qui gèrent des budgets conséquents?</p>



<p>La révolution, qui a amené une explosion des associations témoignant d’une vitalité citoyenne et qui a facilité les procédures de création d’une association, se trouve en contradiction avec ses propres principes, car enquiquiner un comité directeur d’une association de quartier par la paperasserie de la déclaration du patrimoine dans un pays où les gens aiment bien cacher leur petit patrimoine (<em>«ess</em>et<em>r</em> /الستر<em>»</em>), aura un effet dissuasif pour la partie la moins politisée et la plus apte à s’engager dans des activités de volontariat à l’échelle locale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Notre devise nationale nous sauvera peut-être</h2>



<p>La Tunisie s’est dotée d’une démocratie dernier cri qui a vu s’encombrer et s’entremêler des institutions et des acteurs publics, tous très vigilants pour freiner les autres mais tous réduits à l’impuissance publique. C’est aussi une démocratie coûteuse en ressources nécessaires à entretenir les <em>«fonctionnaires de la démocratie»</em>, gardiens du temple. Il fallait faire comme les autres, les <em>«grandes démocraties»</em>, et en termes de copiage nous n&rsquo;avons pas lésiné sur les moyens. Mais les grandes démocraties qui nous ont servi de modèle ont-elles des enfants qui boivent de l’eau moisie dans des citernes?</p>



<p>Tel est l’état de notre démocratie fille du rêve et de la naïveté politique où les calculs à court terme n’ont pas été absents, quand le président Kais Saied se décide enfin à faire presque deux ans après son élection ce que n’a cessé de conseiller et réclamer une bonne partie de ses propres détracteurs actuels, et de multiples documents écrits et vidéos sont dans les archives et les mémoires des citoyens. Certes il le fait dans son style messianique et solitaire qui n’a cessé de surprendre et d’exaspérer, mais c’est ainsi que ceux qui gagnent imposent aux autres les règles du jeu.</p>



<p>La Tunisie a testé les dérives du pouvoir personnel sur six décennies, mais elle sait être reconnaissante des acquis des bâtisseurs de l’Etat national avec peu de moyens au lendemain de l’indépendance en 1956, elle a vécu le rêve révolutionnaire et l’impuissance démocratique durant la décennie passée, que fera le président Saied de notre pays les prochains mois et les prochaines années?</p>



<p>Que feront les acteurs incontournables de la politique tunisienne, fruits d’une histoire politique que nul ne peut effacer ou ignorer comme l’a brillamment soutenu le journaliste et militant Omar Shabou (destouriens, islamistes, nationalistes arabes, gauche politique et culturelle toujours minoritaire mais sans cesse créative et tenace, et l&rsquo;UGTT, la centrale syndicale), avec ce président élu au suffrage universel avec deux tiers des votants dont une partie de ses opposants actuels, a appelé à voter pour lui au deuxième tour en 2019, et qui a annoncé dès le départ cartes sur tables, une <em>«nouvelle révolution dans la loi»</em>?</p>



<p>Serions-nous au départ d’une nouvelle décennie ratée comme nous savons si bien le faire en Tunisie, même si les bonnes intentions ne manquent pas? Ou au contraire allons-nous enfin marier rêve et réalité et construire un système politique moderne où la politique se corrigera de sa dérive verbale et de bien d’autres maladies, et aura pour objectif notre devise nationale adoptée par la constitution de 1959 et reprise et enrichie par celle de 2014 et que nul n’a contestée. Brève mais combien significative et ambitieuse&nbsp;: «Liberté, Dignité, Justice, Ordre».</p>



<p>Quel programme passionnant, consensuel et inclusif pour tous ǃ</p>



<p><em>* Universitaire.</em> <em>(<a href="mailto:jendoubimehdi@yahoo.fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">jendoubimehdi@yahoo.fr</a>)</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



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<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ALIOTyDLy2"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/05/30/politisation-de-la-charite-faisons-dune-fausse-polemique-un-vrai-programme/">Politisation de la charité : Faisons d’une fausse polémique un vrai programme</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Politisation de la charité : Faisons d’une fausse polémique un vrai programme » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/05/30/politisation-de-la-charite-faisons-dune-fausse-polemique-un-vrai-programme/embed/#?secret=Nz2d5oIQ0i#?secret=ALIOTyDLy2" data-secret="ALIOTyDLy2" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="wtAHuOFsPk"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/05/09/a-propos-de-tahya-tounes-ceux-qui-naissent-grands-peuvent-finir-petits/">À propos de Tahya Tounes : Ceux qui naissent grands peuvent finir petits</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« À propos de Tahya Tounes : Ceux qui naissent grands peuvent finir petits » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/05/09/a-propos-de-tahya-tounes-ceux-qui-naissent-grands-peuvent-finir-petits/embed/#?secret=ZMBhX5URnn#?secret=wtAHuOFsPk" data-secret="wtAHuOFsPk" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/21/tunisie-lechec-dune-democratie-qui-se-voulait-trop-parfaite/">Tunisie : L&rsquo;échec d’une démocratie qui se voulait trop parfaite</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie : Kaïs Saïed, fossoyeur ou réformateur de la démocratie (3/3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Feb 2022 08:11:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Mestiri]]></category>
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		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Mehdi Jendoubi]]></category>
		<category><![CDATA[POCT]]></category>
		<category><![CDATA[Sghaier Ouled Ahmed]]></category>
		<category><![CDATA[Taoufik Ben Brik]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On reprochait au président Ben Ali sa démocratie de «décor», dix ans après son départ, nous avons enfanté une démocratie de palabres télévisuelles. Sorti des urnes et des studios de télévision, c’est un autre monde. Quelle impuissance démocratique&#160;! La crise actuelle que connaît notre pays est loin d’être entre le président Kaïs Saïed et l’establishment...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/02/Kais-Saied-Encre-electorale.jpg" alt="" class="wp-image-380563"/><figcaption><em>La Tunisie ne pourra plus jamais revenir à une forme rétrograde d&rsquo;accès au pouvoir sans élections libres et transparentes.</em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>On reprochait au président Ben Ali sa démocratie de «décor», dix ans après son départ, nous avons enfanté une démocratie de palabres télévisuelles. Sorti des urnes et des studios de télévision, c’est un autre monde. Quelle impuissance démocratique&nbsp;! La crise actuelle que connaît notre pays est loin d’être entre le président Kaïs Saïed et l’establishment post révolutionnaire, elle est directement liée à cet instant révolutionnaire&nbsp;: dix ans après la fin de Ben Ali, qu’avons-nous fait de notre pays? Qu’avons-nous fait de notre démocratie? Où se situe l’erreur? Les bonnes intentions des pères fondateurs de notre démocratie sont réelles, mais les résultats sont évidents: un pouvoir grippé et un pays en dérive.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mehdi Jendoubi</strong> *</p>



<span id="more-380562"></span>



<h2 class="wp-block-heading">3- Kaïs Saïed dit et fait ce que d’autres revendiquent depuis des années</h2>



<p>C’est aussi un autre mal de notre démocratie, en plus d’être inefficace, elle est budgétivore. Elle a beurré les assiettes de ceux qui ont déjà un salaire, au lieu de donner un salaire à ceux qui n’en avaient pas. Oui la fameuse Karama/dignité, citée comme un des <em>«objectifs de la révolution»</em> et ajoutée à la devise de la République, passe par le salaire/revenu à tout citoyen en âge de travailler.</p>



<p>Oui notre constitution de 2014 a proclamé un droit à la vie digne. Relisez ses multiples articles sociaux du chapitre deux&nbsp;: Droits et libertés. Pourquoi la démocratie serait-elle menacée quand on touche aux prébendes de la caste démocratique constituée des nombreux postes de fonctionnaires de la démocratie créés par l’avalanche institutionnelle des années 2011, et ne le serait-elle pas quand les droits sociaux proclamés par la constitution restent inconnus d’une partie non négligeable de citoyens, galvaudés de promesses électorales non tenues par tous tout le long d’une décennie fascinante sur le plan purement intellectuel et politique, mais très difficile pour ceux qui ont des enfants à nourrir et à éduquer?</p>



<p>Si, honorables ambassadeurs, vous ne croyez pas à ce que vous écriviez dans votre déclaration <em>«punitive»</em>, car si vous aviez déjà diagnostiqué bien avant l’arrivée sur la scène politique de M. Saïed, l’impasse démocratique de notre pays, je serais plus rassuré. Cela ne fera qu’ajouter un papier aux multiples papiers incantatoires censés guérir notre démocratie.</p>



<p>C’est à cette démocratie impuissante et inefficace que s’attaque le président Kais Saied récemment venu sur la scène politique tunisienne, et devenu, conjoncturellement, acteur principal de son destin. Ceux qui le critiquent sont ceux qui n’ont cessé de dénoncer depuis des années le tourisme parlementaire, ceux qui parlaient régulièrement de <em>«tardhil»</em> (rabaissement) du parlement et plus généralement de la politique, ceux qui à chaque déclaration dénonçaient les <em>«knatria»</em> (contrebandiers) devenus parlementaires, et les abus du statut d’immunité parlementaire conçu pour protéger les députés dans leurs activités publiques et non pour couvrir leurs erreurs ou égarements de simples citoyens, et certains même ont écrit noir sur blanc qu’il fallait descendre l’armée dans les rues et mettre en prison les <em>«hommes politiques corrompus»</em>.</p>



<p>Nous avons tous rendu exécrable la démocratie aux yeux des Tunisiens, et quand le président Kais Saied s’attaque à ce pot-pourri démocratique, nous crions: <em>«notre démocratie est menacée»</em>, et nous pleurons avec des larmes de crocodile, ce que nous n’avons jamais cessé, mois après mois, année après année, de dénoncer. De grâce, reprenez les vidéos et relisez la littérature politique du débat public tunisien. Allez comprendre quelque chose à ces retournements.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tous responsables de ce que nous dénonçons à longueur de journée</h2>



<p>Les temps sont difficiles pour nous tous, fils de ce pays et amis étrangers <em>«soucieux de notre sécurité et de notre stabilité»</em>, car nous sommes dans leur espace géostratégique, et ce qui se passe chez nous peut les impacter.</p>



<p>Pourquoi cet échec politique endémique en Tunisie&nbsp;? Pourtant nous réussissons bien dans d’autres sujets de créativité culturelle. Nous avons du beau cinéma, un théâtre d’avant-garde et des acteurs toutes catégories de haut niveau, des courants littéraires dynamiques, des livres de haute tenue dans différents domaines.</p>



<p>C’est le débat politique public, l’action des acteurs en compétition, le fonctionnement de la machine institutionnelle et surtout les enjeux collectifs qui font perdre la tête même aux personnes les plus sensées et les plus originales dont les CV individuels et les carrières publiques n’ont rien à envier au reste du monde, qui posent problème.</p>



<p>La réponse à ces questions, n’est ni évidente ni aisée, car le débat politique public en Tunisie est biaisé par l’esprit partisan, inévitable et nécessaire dans une société <em>«démocratique apaisée»</em>, mais quand le système politique subit des tremblements de terres incessants d’un pays en perpétuelle <em>«transition démocratique»</em> où tout ce qui se construit sur le plan institutionnel risque facilement d’être remis en cause, une trêve des esprits de bonne volonté s’impose. Penser en dehors des lignes de démarcation politiques est pour nous tous une nécessité.</p>



<p>Comment diagnostiquer au-delà du jeu subtil des acteurs politiques tunisiens et des enjeux individuels de surface, les problématiques fondamentales qui sont à l’origine de cet échec collectif de la démocratie en Tunisie. Nous sommes tous responsables et redevables de cet échec.</p>



<p>Nous les citoyens qui continuons à brûler les feux rouges en pleine capitale, et qui nous transformons en loups solitaires qui s’attaquent sur la toile de manière humiliante, comme des guerriers numériques, à toute pensée indépendante qui nous déplairait. Donnez-nous un micro et nous vous diront qu’il faut appliquer la loi à tout le monde même par la force. Ce sont les mêmes citoyens, en contradiction avec eux-mêmes, qui continueront à brûler les feux de circulation tout en affirmant soutenir le président dans ses volontés de <em>«nettoyage»</em> (تطهير) institutionnel et social.</p>



<p>Mais ce sont aussi eux qui descendent volontairement dans la rue pour ramasser de leurs mains les ordures et nettoyer leur quartier, lors des campagnes nationales de propreté. Nous nous rappelons tous de cette belle campagne qui a salué l’arrivée de notre nouveau président à peine élu. Mais une campagne c’est un jour ou une semaine. Nous avons besoin de plus. Comment faire sortir de chacun ce bon côté enfoui dans les tracasseries de la vie commune&nbsp;?</p>



<p>Entrepreneurs qui échappent subtilement aux impôts nécessaires pour payer la force publique qui veille à leurs trésors, pire encore, certains oublient de rembourser des millions de dinars de banques publiques, reçus généreusement des décennies durant, pour soutenir leurs entreprises.</p>



<p>Avocats, médecins, et d’autres encore, aux revenus notoires presque tous éduqués gratuitement dans les écoles et universités de la République et qui vous feront un scandale dès que l’Etat tente de récupérer par des mesures fiscales une infime partie de leurs revenus. L’honorable corporation des médecins de libre pratique a résisté au plus strict des premiers ministres, Hedi Nouira qui a tenté en vain, durant les années 1970, de trouver une formule pour fiscaliser les ordonnances. Et tous, ils vous chanterons la nécessité de sauver la République et d’appliquer la loi. Bien sûr à tous sauf à eux-mêmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«Pays légal, pays réel», diagnostiquait déjà Ahmed Mestiri</h2>



<p>Monsieur le président Kaïs Saïed dit, du sommet de l’Etat, ce que les citoyens d’en bas disent et redisent depuis des années en sirotant leur thé au café du coin ou en pianotant sur leurs claviers pour se lamenter sur les murs des pages des réseaux sociaux, sans être entendus par leurs dirigeants bien élus, légitimes, mais incapables de les entendre. Trop fiers de leur échafaudage démocratique pour voir les failles du système et trop pris par les palabres que nécessite l’élection de chaque membre des multiples instances constitutionnelles pour être à l’écoute de leur propre peuple, de leurs électeurs.</p>



<p>Comment notre système politique démocratique en est-il venu à cette rupture avec le peuple, qui était le principal reproche que les démocrates des années 1970 adressaient à l’ancien régime&nbsp;? Elus démocratiquement ou pas élus démocratiquement nous serions dans le même schéma décrié très tôt par un des pères de la lutte démocratique en Tunisie Maître Ahmed Mestiri, qui déjà dans les années 70 parlait de société légale et de société réelle, mettant en évidence ce hiatus entre gouvernants issus de la lutte anticoloniale et leur peuple. A cette époque on disait que les élections étaient tronquées, mais comment expliquer la perpétuation de ce hiatus dans un système démocratique dix ans après la révolution?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Peste ou choléra&nbsp;: dictature ou impuissance démocratique</h2>



<p>Déjà en 1987 la déclaration du 7-Novembre proclamait&nbsp;: <em>«Notre peuple est digne d’une vie politique évoluée et organisée sur la base du pluralisme des partis politiques et des organisations populaires»</em>, proclamation trahie par les promoteurs d’un régime qui s’est <em>«</em><em>renversé sur lui-même» </em>(« نظام انقلب على نفسه ») comme l’a si bien conçu et écrit notre poète national Sghaier Ouled Ahmed en introduction d’un des ouvrages de Taoufik Ben Brik. Nous serions en 2022 en train de caresser des rêves de guide suprême? Pure aberration historique. Pure chimère. Pure perte de temps.</p>



<p>Les apprentis sorciers de la politique doivent savoir que la dictature n’est pas la volonté d’une personne hors norme contrairement aux apparences et aux affirmations gratuites, c’est un contexte historique local et international complexe, et cette page est historiquement révolue en Tunisie. Les Tunisiens ne doivent pas être forcés à choisir comme le disait Lénine, si ma mémoire est bonne, entre la peste et le choléra, entre la dictature et le pouvoir personnel d’un côté ou une démocratie inefficace de l’autre, où la parole est libre et l’action impuissante. La solution est ailleurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La bataille des esprits et de l’intelligence n’est pas gagnée</h2>



<p>Où nous mènera notre président fort de ses convictions et de son honnêteté, solide comme un roc dans son rigorisme juridique, et assuré d’une large adhésion populaire, lui que nous n’avons pas entendu et peut-être pas pris suffisamment au sérieux, quand il a annoncé immédiatement après son élection une <em>«nouvelle révolution dans la loi»</em>.</p>



<p>Notre président vit sa révolution dans sa tête, il sait où il va. Mais nous, nous ne le savons pas. Deux ans après son élection aucun document officiel ne présente clairement ce qu’il pense et ce qu’il envisage de faire. Tout citoyen non partisan qui veut tout simplement comprendre ce que veut notre président se trouve dépourvu face à une masse de discours que même le site officiel de la présidence ne juge pas utile de transcrire, à moitié enflammés par la force de conviction et l’indignation présidentielle de l’état de dégradation de la réalité politique de notre pays, indignation d’idéaliste et de novice en politique, et arme fatale qui lui a fait gagner le cœur de ce peuple fatigué de politique et de politiciens et en perpétuelle recherche de leaders dignes de sa confiance.</p>



<p>Monsieur le président a gagné cet enjeu majeur déjà considéré par le philosophe et historien chinois Confucius, cinq siècles avant notre ère, comme <em>«pilier des empires»</em>, avant le blé et les armes&nbsp;: la confiance du peuple.</p>



<p>Mais aucune réforme sérieuse, utile et durable n’est possible sans gagner les élites de ce pays. Ce sont elles qui sont en position de concevoir, d’inventer de comprendre, d’expliquer et de réaliser toute réforme et toute action petite ou grande dans leurs secteurs respectifs. Les élites, existent en Tunisie dans les partis, mêmes affaiblis, qui sont une émanation historique incontournable de notre pays, comme l’a souligné le journaliste militant et homme politique Amor Shabou dans une vidéo récente de soutien critique au président Kaïs Saïed, et la théorie de science politique de la fin des partis existe bien, mais ce n’est qu’une théorie parmi d’autres, et les partis ne meurent pas quand on dissous leurs appareils. Nous en avons eu la preuve avec le parti centenaire qu’est le Destour/RCD toujours vivant par ses militants et ses réseaux même une fois déclaré dissous légalement. Ce sont des phénomènes historiques qui s’imposent à tout le monde. De même Ennahdha ou le POCT (Parti ouvrier communiste tunisien) ont existé de fait plusieurs décennies avant leur reconnaissance officielle après la révolution. Penser la société en termes de lois est insuffisant scientifiquement.</p>



<p>Les élites peuplent aussi les associations, les organisations nationales, les administrations et les entreprises publiques et privées. Les jeunes, chéris dans le discours présidentiel, sont aussi une composante des élites de ce pays. Toutes ces élites, instruites par les sacrifices de ce peuple qui a payé leurs études, il faut bien leur parler autrement que par des vidéos et des communiqués sibyllins de la présidence ou par chroniqueurs interposés.</p>



<p>Les convaincre par un long, et combien difficile travail de pédagogie politique, complètement absent pour l’instant. Parler aux citoyens et leur donner la parole par tous les moyens et vecteurs disponibles et en premier lieu les débats publics, vivants, et directs de face-à-face qu’aucune autre technique de communication même les plus modernes et technologiques, ne peut surpasser; c’est aussi une des multiples tâches de tout chef, de surcroît de tout chef d’Etat.</p>



<p>Les lois seules même les plus géniales, ne feront jamais une réforme. Juste elles s’aligneront dans les pages grises du Journal Officiel. C’est dans les têtes que la grande bataille doit se faire, une fois gagnée celle des cœurs. Nous restons sur notre faim.</p>



<p>* <em>Universitaire retraité.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Précédents articles de la série&nbsp;:</em></h4>



<p><a href="http://kapitalis.com/tunisie/2022/02/11/tunisie-kais-saied-fossoyeur-ou-reformateur-de-la-democratie-1-3/">http://kapitalis.com/tunisie/2022/02/11/tunisie-kais-saied-fossoyeur-ou-reformateur-de-la-</a><a href="http://kapitalis.com/tunisie/2022/02/11/tunisie-kais-saied-fossoyeur-ou-reformateur-de-la-democratie-1-3/">democratie-1-3/</a></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="xh9k1KvZsI"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/12/tunisie-kais-saied-fossoyeur-ou-reformateur-de-la-democratie-2-3/">Tunisie : Kaïs Saïed, fossoyeur ou réformateur de la démocratie (2/3)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Kaïs Saïed, fossoyeur ou réformateur de la démocratie (2/3) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/12/tunisie-kais-saied-fossoyeur-ou-reformateur-de-la-democratie-2-3/embed/#?secret=KhgNezl21L#?secret=xh9k1KvZsI" data-secret="xh9k1KvZsI" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis&nbsp;:</em></h4>



<p>kapitalis.com/tunisie/2016/01/11/beji-caid-essebsi-mon-fils-avant-mes-compagnons-de-lutte/</p>



<p><a href="http://kapitalis.com/tunisie/2018/03/31/tunisie-dirigeants-bien-elus-et-mal-recus/">http://kapitalis.com/tunisie/2018/03/31/tunisie-dirigeants-bien-elus-et-mal-recus/</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : Kaïs Saïed, fossoyeur ou réformateur de la démocratie (2/3)</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/12/tunisie-kais-saied-fossoyeur-ou-reformateur-de-la-democratie-2-3/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Feb 2022 08:17:09 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[conseil supérieur de la magistrature]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Mehdi Jendoubi]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Marzouki]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On reprochait au président Ben Ali sa démocratie de «décor», dix ans après son départ, nous avons enfanté une démocratie de palabres télévisuelles. Sorti des urnes et des studios de télévision, c’est un autre monde. Quelle impuissance démocratique&#160;! La crise actuelle que connaît notre pays est loin d’être entre le président Kaïs Saïed et l’establishment...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/12/tunisie-kais-saied-fossoyeur-ou-reformateur-de-la-democratie-2-3/">Tunisie : Kaïs Saïed, fossoyeur ou réformateur de la démocratie (2/3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Kais-Saied-Prestation-de-serment-ARP.jpg" alt="" class="wp-image-249563"/><figcaption><em>Kaïs Saïed a été élu et a prêté serment sur la base de la Constitution de 2014 qu&rsquo;il s&rsquo;apprête à abroger. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>On reprochait au président Ben Ali sa démocratie de «décor», dix ans après son départ, nous avons enfanté une démocratie de palabres télévisuelles. Sorti des urnes et des studios de télévision, c’est un autre monde. Quelle impuissance démocratique&nbsp;! La crise actuelle que connaît notre pays est loin d’être entre le président Kaïs Saïed et l’establishment post révolutionnaire, elle est directement liée à cet instant révolutionnaire&nbsp;: dix ans après la fin de Ben Ali, qu’avons-nous fait de notre pays? Qu’avons-nous fait de notre démocratie? Où se situe l’erreur? Les bonnes intentions des pères fondateurs de notre démocratie sont réelles, mais les résultats sont évidents: un pouvoir grippé et un pays en dérive.</em></strong></p>



<p>Par&nbsp;: <strong>Mehdi Jendoubi </strong>*</p>



<span id="more-380456"></span>



<h2 class="wp-block-heading">2- Des rues qui restent sales et un appareil d’Etat inefficace</h2>



<p>Nous avons appris en dix ans à organiser des élections suite à des débats démocratiques et contradictoires. La liberté d’expression est réelle et tous les responsables sans exception de rang ont fait les frais de cet esprit libre et démocratique.</p>



<p>Mais pourquoi nos rues restent-elles sales&nbsp;? Pourquoi les déchets des chantiers de construction continuent à être déversés au détour des rues d’une cité ou aux abords des autoroutes&nbsp;? Pourquoi je n’ai jamais vu en dix ans de résidence dans un quartier mi-populaire mi-petit bourgeois de la banlieue sud de Tunis aucune activité culturelle pour enfants ou jeunes, aucune pièce de théâtre jouée parmi les multiples pièces subventionnées par le ministère de la Culture, ni je n’ai vu des bus transporter des enfants à la plage durant les vacances, quand papa n’a pas de voiture&nbsp;? Je reste, volontiers, dans les minimas d’efficacité managériale d’un Etat moderne.</p>



<p>Pourquoi cette incapacité à agir, cette inefficacité flagrante des appareils et des dirigeants? Voyez je ne parle pas de plein emploi, de dette démultipliée, de fiscalité injuste et de corruption, car ce sont des sujets majeurs sur lesquels je suis incompétent, mais je parle d’animation socio-culturelle, sorte de portion congrue démocratique et de minimum d’Etat.</p>



<p>Adolescent, j’ai assisté gratis dans les années 1960 assis à même le sol à des films devant un écran installé pour l’occasion, sur la place municipale de la ville de Béja. J’ai appris dans la piscine municipale aujourd’hui scandaleusement abandonnée depuis trois décennies, mes premiers gestes de nageur encadré par une jeune instructrice allemande déléguée par notre municipalité. Et au lycée, j’ai suivi les activités d’un club de théâtre animé par un formateur qui venait du comité culturel local installé dans les locaux de l’ancienne église de Béja et fonctionnaire du ministère de la Culture. Beau projet de <em>«coopération horizontale»</em> entre deux ministères, avant la lettre. Comment ce pouvoir à peine naissant après l’indépendance, et non démocratique dans ses formes, pouvait être plus démocratique et social dans le fond, que notre démocratie des années 2010 , issue d’une révolution qui revendiquait emploi et dignité&nbsp;? Allez expliquer cela à ceux qui pensent, naïvement, qu’íl suffit de faire voter des lois pour faire une révolution ou même une réforme.</p>



<p>On reprochait au président Ben Ali sa démocratie de <em>«décor»</em>, dix ans après son départ, nous avons enfanté une démocratie de palabres télévisuelles. Sorti des urnes et des studios de télévision, c’est un autre monde. Quelle impuissance démocratique&nbsp;! Certes c’est un pas dans le bon sens, mais d’une lenteur désespérante. Dieu donnez patience à ce peuple.</p>



<p>L’architecture institutionnelle post révolution a été l’œuvre de vie d’honorables juristes secondés par des militants échaudés qui, toute leur vie, ont souffert des abus de l’ancien régime. Leur préoccupation fondamentale légitime a été de tout faire pour éviter le <em>«retour de la dictature» </em>et ont multiplié les garde-fous démocratiques, et le résultat final est un vrai imbroglio institutionnel où tous luttent contre tous, tous doutent de tous, tous contrôlent tous, mais tous restent aussi impuissants à agir que tous.</p>



<p>Les bonnes intentions des pères fondateurs de notre démocratie sont réelles, mais les résultats sont évidents: un pouvoir grippé et un pays en dérive. Et le fameux débat très médiatisé, sur le régime présidentiel ou parlementaire ou mixte, n’est qu’un aspect infime du problème plus général de la machine démocratique tunisienne et de ses rapports complexes avec la culture politique des citoyens et leurs perceptions et pratiques de pouvoir, en famille, à l’école et en société. Le copié/collé démocratique, sous le vocable pertinent d’<em>«expériences internationales comparées»</em>, a ses limites et ses aberrations.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Meubler les bibliothèques des écoles est aussi une dépense démocratique</strong></h2>



<p>De ma petite lorgnette de simple citoyen retraité de l’enseignement, je vois les honorables ambassadeurs de puissances européennes, réunis pour pleurer le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), une des <em>«institutions démocratiques»</em>, menacée par la foudre présidentielle, et tomber d’accord pour adresser poliment une remontrance à l’adresse des autorités de notre pays. Seriez-vous sérieusement convaincus de ce que vous écriviez, vous seriez alors coupables d’incompétence, et l’Europe peut prétendre à de meilleurs observateurs que vous. Je m’explique.</p>



<p>Comment confondre un principe fondamental de tout Etat démocratique, à savoir l’indépendance de la justice, avec une des multiples formes institutionnelles possibles pour incarner ce principe.</p>



<p>D’ailleurs, c’est un des multiples problèmes de notre système politique post révolution, fait de copiage démocratique. Nous voulions dans notre fougue libératrice, le meilleur de chaque système, et nous avons fini par obtenir un monstre mort-né parce qu’historiquement inadapté et fonctionnellement inefficace.</p>



<p>Quarante membres pour superviser <em>«le bon fonctionnement de la justice»</em> et le <em>«respect de son indépendance»</em>, représenter et administrer l’honorable corporation des juges qui compte à peine quelques centaines de personnes. Il fallait quarante, car dix ou onze étaient insuffisants à représenter les juges selon leurs spécialités en plus des équilibres politiques entre les <em>«trois présidences»</em>. Imaginez un Ordre des médecins où il faudrait des quotas par spécialité. Une simple aberration démocratique. Savez-vous messieurs les observateurs que 40 c’est aussi le nombre des membres l’Assemblée des représentants du peuple de l’Etat du Bahreïn qui, pourtant, est une société multiconfessionnelle nécessitant un subtil dosage représentatif.</p>



<p>Quarante membres dont chacun perçoit une prime supérieure au salaire d’un jeune enseignant universitaire, dans un pays exsangue où les élèves continuent à boire de l’eau dans des citernes rouillées dans une multitude d’écoles primaires rurales de la République. Réparer les vitres cassées de ces écoles ou financer un fonds de livres pour des bibliothèques d’école est une destination bien plus démocratique, plus utile, et plus révolutionnaire, des subsides publics.</p>



<p>L’actualité est braquée conjoncturellement sur le CSM, mais bien d’autres institutions censée constituer le tissus démocratique et républicain sont dans la même logique. Leur fonction de principe est salutaire, mais leur format institutionnel et surtout les ressources qu’elles mobilisent ne justifient en rien les dépenses qu’elles raflent en bonne conscience.</p>



<p>Le président Moncef Marzouki parlait dans un de ses premiers livres politiques dans les années 1990 de <em>«forts vides</em><em>»</em> (« القلاع الفارغة ») pour dire comment des institutions ont de grands noms et de grandes fonctions mais sont comme des cruches vides. Elles captent les ressources publiques plus utiles pour d’autres projets, cela s’appelle mauvais usage du bien public ou allocations financières maladroites et improductives. Un audit financier de l’ensemble de la machine démocratique est une première nécessité.</p>



<p>L’erreur originelle a été de laisser les honorables juristes concevoir l’architecture démocratique sans la présence d’économistes et de spécialistes des finances publiques pour leur rappeler le coût de leurs <em>«rêves»</em> institutionnels. Le fameux concept ignoré en Tunisie&nbsp;: <em>«le train de vie de l’Etat»</em> est à introduire dans la culture de base de tous les acteurs publics.</p>



<p>* Universitaire retraité.</p>



<p><strong><em>A suivre.</em></strong></p>



<p><strong>3- Kaïs Saïed dit et fait ce que d’autres revendiquent depuis des années</strong></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Précédent article de la série&nbsp;:</em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="emm5EGPXtk"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/11/tunisie-kais-saied-fossoyeur-ou-reformateur-de-la-democratie-1-3/">Tunisie : Kaïs Saïed, fossoyeur ou réformateur de la démocratie (1/3)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Kaïs Saïed, fossoyeur ou réformateur de la démocratie (1/3) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/11/tunisie-kais-saied-fossoyeur-ou-reformateur-de-la-democratie-1-3/embed/#?secret=P3fRNdaMsg#?secret=emm5EGPXtk" data-secret="emm5EGPXtk" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis :</em></h4>



<p><strong>kapitalis.com/tunisie/2016/01/11/beji-caid-essebsi-mon-fils-avant-mes-compagnons-de-lutte/</strong></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="eKZqhyR6pk"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/31/tunisie-dirigeants-bien-elus-et-mal-recus/">Tunisie : Dirigeants bien élus et mal reçus</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Dirigeants bien élus et mal reçus » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/31/tunisie-dirigeants-bien-elus-et-mal-recus/embed/#?secret=6SVAtX8bLV#?secret=eKZqhyR6pk" data-secret="eKZqhyR6pk" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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		<title>Tunisie : Kaïs Saïed, fossoyeur ou réformateur de la démocratie (1/3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Feb 2022 07:04:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On reprochait au président Ben Ali sa démocratie de «décor», dix ans après son départ, nous avons enfanté une démocratie de palabres télévisuelles. Sorti des urnes et des studios de télévision, c’est un autre monde. Quelle impuissance démocratique&#160;! La crise actuelle que connaît notre pays est loin d’être entre le président Kaïs Saïed et l’establishment...</p>
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<p><strong><em>On reprochait au président Ben Ali sa démocratie de «décor», dix ans après son départ, nous avons enfanté une démocratie de palabres télévisuelles. Sorti des urnes et des studios de télévision, c’est un autre monde. Quelle impuissance démocratique&nbsp;! La crise actuelle que connaît notre pays est loin d’être entre le président Kaïs Saïed et l’establishment post révolutionnaire, elle est directement liée à cet instant révolutionnaire&nbsp;: dix ans après la fin de Ben Ali, qu’avons-nous fait de notre pays? Qu’avons-nous fait de notre démocratie? Où se situe l’erreur? Les bonnes intentions des pères fondateurs de notre démocratie sont réelles, mais les résultats sont évidents: un pouvoir grippé et un pays en dérive.</em></strong></p>



<p>Par&nbsp;: <strong>Mehdi Jendoubi</strong> *</p>



<span id="more-380354"></span>



<p>Toutes les apparences l’accusent. Il détricote consciencieusement et méticuleusement fil après fil le tissus institutionnel démocratique post 2014, année de la proclamation de la constitution tunisienne. Il a suspendu l’Assemble des représentants du peuple (ARP), a fait disparaître l’Instance anti-corruption et voici le tour du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), mis hors-jeu. Le président Kais Said est élu démocratiquement par plus des deux tiers de l’électorat, depuis plus de deux ans, mais installé de fait aux commandes de l’Etat depuis six mois.</p>



<p>Est-il si puissant que cela, pour tenir seul le cap de son destin et de notre destinée collective et rester sourd aux appels, aux injonctions et aux menaces, ou est-il si inconscient du rapport des forces national et international pour snober tout le monde, ou presque tout le monde, car comble de tout, il a gagné le cœur du «petit peuple» et n’a pas perdu un iota de sa popularité, peut-être aurait-il perdu quelques plumes aux dires de récents sondages.</p>



<h2 class="wp-block-heading">1 &#8211; <strong>Dix ans après la révolution, qu’avons-nous fait de notre pays&nbsp;?</strong></h2>



<p>Quel paradoxe tunisien&nbsp;: le <em>«fossoyeur»</em> de la démocratie tunisienne serait adulé par son peuple. Les ambassadeurs européens qui viennent de le critiquer vertement pour sa dernière décision de dissoudre/reformer le CSM, le savent. C’est un vrai casse-tête pour eux. Comment ne pas apprécier un président aimé de son peuple, même à mi-mandat. Et Dieu sait si usure il y a après deux ans de pouvoir.</p>



<p>Le président s’est mis progressivement sur le dos la fine fleur de la politique que compte Tunis et banlieue. Les vétérans du mouvement démocrate tunisien, ceux qui ont lutté contre Bourguiba depuis la fin des années 1960 et contre Ben Ali dans les décennies 1990-2000 et lui ont tenu tête avec beaucoup de courage, dans les conditions les plus difficiles.</p>



<p>Plusieurs d’entre eux ont été honorés par le peuple tunisien qui leur a remis après la révolution les clés de la cité, quand s’est effondré l’ancien régime, un certain 14 janvier 2011 après un mois de contestations sociales qui se transforment en crise politique majeure et finit par l’effondrement total d’un pouvoir qui n’a pas su et n’a pas voulu se réformer.</p>



<p>La crise actuelle que connaît notre pays est loin d’être une crise entre le président Kais Saied et l’establishment post révolutionnaire, elle est directement liée à cet instant révolutionnaire&nbsp;: dix ans après la fin de Ben Ali, qu’avons-nous fait de notre pays&nbsp;? Qu’avons-nous fait de notre démocratie&nbsp;? Où se situe l’erreur, la démocratie tunisienne serait-elle un château de sable pour se laisser décortiquer aussi aisément par un novice de la politique élu en 2019, presque comme un colis à la poste? Et ce peuple, vanté pour sa révolution ultra rapide, pacifique et inventive, prémonitoire d’une série noire d’hécatombes révolutionnaires arabes, serait-il aujourd’hui en attente d’un dictateur? Quelles sont les maladies de notre démocratie qui se laisse mourir presque sous les youyous entendus un certain 25 juillet 2021 (jour de l’intronisation effective du nouveau président) d’un peuple qu’elle est censée affranchir et servir?</p>



<p>Comment les <em>«démocrates»</em> ont-ils mené leur peuple à cet état d’exécration de la politique. Ce peuple qui a fait la queue élection après élection et qui a trempé l’index dans cette encre électorale magique et s’est fait fièrement photographier le doigt électoral, ce peuple qui a patiemment et passionnément suivi les multiples émissions de débats politiques des radios et des télévisions nationales et privées pour se cultiver et se hisser au niveau du discours de ses élites.</p>



<p>Il a successivement voté pour le parti Ennahdha de Rached Ghannouchi en 2012 le hissant au pouvoir avec le parti du Congrès pour la République (CpR) du Dr. Moncef Marzouki, un vétéran de la lutte démocratique élu par l’Assemblée Constituante en 2012, président de la République, après les années de harcèlement policier et d’exode, et le parti Ettakattol du Dr. Mustapha Ben Jaâfar, vétéran lui aussi de la lutte anti Ben Ali des années les plus dures, élu président de l’Assemblée Constituante.</p>



<p>Les Tunisiens ont voté ensuite pour le parti Nidaa Tounes de Béji Caid Essebsi, ministre toute sa vie presque depuis Bourguiba, élu président de la république en 2014 et Ennahdha une seconde fois. Et en 2019 Ennahdha récidive démocratiquement une troisième fois.</p>



<p>Les Tunisiens dont une large majorité, peuple et élite, étaient presque apolitiques avant la révolution, ont fait preuve de sagesse et de grande patience, mais ils étaient surtout face au vide crée par l’effondrement de l’ancien régime, en quête de dirigeants qui méritent sa confiance.</p>



<p>Les opposants à Ben Ali ont été auréolés de leurs sacrifices, M. Caïd Essebsi et ses compagnons ont été récompensés pour leur <em>«esprit d’hommes d’Etat»</em> et pour sa brillante gestion du premier ministère en pleine crise post révolutionnaire, et Ennahdha régulièrement élu pour la <em>«piété de ses dirigeants»</em> et pour la solidité du plus important parti politique connu par la Tunisie contemporaine après le Destour/RCD fondé en 1920 et dissous en 2011.</p>



<p>Presque tous les partis tunisiens naissent et éclatent en mille morceaux et Ennahdha sous la coupe de leur leader fondateur et idéologue aux nombreux articles et livres de théologie et de politique depuis les années 1970, Rached Ghannouchi, lui aussi enseignant comme Kais Saied, un maître en conciliations et en compromis. Tous ont eu leur chance. Tous ont déçu. Tous sont entrés en contradiction avec eux-mêmes. Tous ont donné une piètre image de la politique et de la démocratie.</p>



<p>Les uns pilonnent leur propre parti immédiatement après s’être faits élire sur les listes de ce parti, les autres distribuent des compensations d’anciens combattants à leurs militants, victimes d’exactions policières de l’ancien régime, confondant les deux casquettes de militant et d’homme d’Etat, et oubliant qu’ils sont élus par les citoyens et non pas par les fans de leur parti, et que des milliers de jeunes sont aussi victimes de chômage et d’abandon social, et que les subsides de l’Etat sont facilement épuisables. Ce sont des erreurs qui se payent cher. Mais c’est ainsi qu’on apprend collectivement.</p>



<p>Les autres font des rêves de patriarche et pensent plus à l’avenir politique de leur progéniture qu’aux réformes de l’Etat qu’ils incarnent. Les moins coupables de tous versent dans des luttes incompréhensibles où les ego se substituent aux idéologies tant professées depuis les années 70, et des discussions à moitié comprises sur tout sauf sur les causes et les solutions du chômage, les boat people version tunisienne qui mènent nos jeunes à la mort dans cette belle Méditerranée devenue un cimetière marin, ou à la bibliothèque de quartier qui tarde à ouvrir et à ces gens du peuple qui chaque soir font la queue dans les pharmacies de nuit pour se faire délivrer des traitements par des préparateurs de pharmacie, car aller voir un médecin coûte trop cher et nos dirigeants, élus démocratiquement et fils légitimes de la révolution, ont oublié d’ouvrir dans les quartiers populaires des dispensaires de nuit.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong><em>A suivre.</em></strong></p>



<p><strong>2- Des rues qui restent sales et un appareil d’Etat inefficace</strong></p>



<p> <em>*Universitaire retraité.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis&nbsp;:</em></h4>



<p>kapitalis.com/tunisie/2016/01/11/beji-caid-essebsi-mon-fils-avant-mes-compagnons-de-lutte/</p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DNbApjf5SM"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/31/tunisie-dirigeants-bien-elus-et-mal-recus/">Tunisie : Dirigeants bien élus et mal reçus</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Dirigeants bien élus et mal reçus » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/31/tunisie-dirigeants-bien-elus-et-mal-recus/embed/#?secret=X7zYG4J1dd#?secret=DNbApjf5SM" data-secret="DNbApjf5SM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/11/tunisie-kais-saied-fossoyeur-ou-reformateur-de-la-democratie-1-3/">Tunisie : Kaïs Saïed, fossoyeur ou réformateur de la démocratie (1/3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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