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	<title>Archives des Nasser - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Nasser - Kapitalis</title>
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		<title>La maison de Mohamed, la fibre de Saladin, la cinquième colonne, et le grand jeu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 May 2025 07:25:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trump rafle la mise lors de sa récente visite aux pays arabes du Golfe : l'hospitalité et la générosité des Arabes n'a pas de limite). </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/21/la-maison-de-mohamed-la-fibre-de-saladin-la-cinquieme-colonne-et-le-grand-jeu/">La maison de Mohamed, la fibre de Saladin, la cinquième colonne, et le grand jeu</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Après son tour du propriétaire au Golfe, Donald Trump est rentré avec dans son escarcelle les pertes américaines occasionnées par le Covid, auquel il aura pris soin d’ajouter l’aide militaire accordée à l’Ukraine, ainsi qu’au génocidaire des Palestiniens perpétré par Netanyahu à Gaza. En attendant, les foules de l’Islam continuent de se rendre chaque année aux lieux saints d’Abraham afin d’alimenter sa tire-lire. Qui a dit que la nation du prophète était vouée à disparaître, ainsi qu’il en avait été en Andalousie?</em></strong> <em>(Ph. Trump apprend la danse de l&rsquo;épée lors de sa première visite en Arabie saoudite, en 2017. L&rsquo;hospitalité et la générosité des Arabes n&rsquo;a pas de limite). </em></p>



<p> <strong>Dr Mounir Hanablia *</strong></p>



<span id="more-16584693"></span>



<p>Lorsque j’étais à l’école primaire, il était communément admis que l’Islam, qui était arrivé en Inde et aux confins de la Chine, n’avait dû sa déchéance qu’à deux facteurs: les Mongols à l’Est, et les Taifas en Andalousie, à l’Ouest, qui s’étaient alliés avec les chrétiens pour se combattre les uns les autres.</p>



<p>Nos maîtres avaient été là pour entretenir nos convictions à ce sujet, fortement aidés par les romans Jorge Zaydan, et les victoires sur le ring de Mohamed Ali Clay. Il y avait eu la guerre de Juin 1967 lorsque l’un des instituteurs de 4<sup>e</sup>&nbsp;année nous faisait écouter sur son transistor les diatribes enflammées du palestinien&nbsp;Ahmed Choukairy, sur la <em>Voix des Arabes</em>, émettant du Caire. Qui n’avait pas cru à la victoire finale?</p>



<p>Quelques années plus tard, en lisant un livre du journaliste Jacques Derogy **, j’avais appris qu’en fait de guerre, il n’y en avait pas eu puisque l’aviation égyptienne avait été clouée au sol dès les premières heures et que les blindés privés de soutien aérien n’avaient eu aucune chance face à leurs ennemis. Il s’est avéré que les choses n’avaient pas été ce qu’on croyait.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des mirages au désert d&rsquo;Arabie </h2>



<p>Nasser avait été entraîné sur un terrain glissant par les Syriens, sécessionnistes de la défunte République Arabe Unie, il faut le préciser, et il s’était placé dans la position de l’agresseur sans avoir jamais eu l’intention d’attaquer, celle que ses adversaires voulaient qu’il endosse, afin d’avoir le prétexte adéquat pour atteindre leur but, la destruction de l’armée égyptienne et l’occupation de la totalité du territoire palestinien.</p>



<p>Dans cette optique, de l’aveu même des généraux israéliens,&nbsp;les sermons hystériques de Choukairy promettant de dormir à Tel Aviv, certains ont ajouté avec des femmes juives,&nbsp;avaient valu pour leur pays plus qu’une division blindée.</p>



<p>On a prétendu que Bourguiba avait prévenu du désastre en 1965 mais que personne n’avait voulu l’écouter. Près de 60 ans après, le Golan a été annexé et la Cisjordanie est en passe d’être totalement colonisée, avec en perspective une expulsion massive des Palestiniens qui y résident encore, faisant suite au génocide en cours à Gaza pour lequel nul ne lève le petit doigt, à commencer les Arabes.</p>



<p>Avant d’en arriver là, il y avait eu la chute du mur de Berlin, la disparition de l’Union Soviétique, suivie en 1991 par la première Guerre du Golfe, lorsque la <em>«troisième armée du monde»</em>, en occupant le Koweït, avait fait croire à la Rue Arabe, qui avait oublié sa leçon de 1967, et dont la fibre de Saladin avait de nouveau vibré.</p>



<p>En fait de guerre, cette fois non plus il n’y en eut pas dans le sens souhaité par les foules. Comme toujours des bruits avaient circulé relativement à des <em>«signes»</em>, annonçant la victoire, comme ce cheveu qu’invariablement&nbsp;on découvrait dans tout exemplaire du Coran. Ou bien encore ce hadith de Mohamed le prophète sorti d’on ne sait où annonçant l’arrivée d’un homme appelé Sadem, et non pas Saddam, qui verrait se dresser contre lui une coalition réunissant les Arabes et Ajams, ce terme étant l’équivalent de goys chez les juifs, qu’il les vaincrait, et qu’aucun n’en réchapperait, <em>«entre Ramadan et Rajeb, vous verrez de lui le prodige»</em>.</p>



<p>Au lieu de cela, l’armée Irakienne fut enterrée sous les bombes américaines et seule la crainte par les États du Golfe d’un pouvoir chiite inféodé à l’Iran maintint Saddam en survie pendant 12 années supplémentaires et la fiction d’un État irakien.</p>



<p>On apprit plus tard qu’une fois encore un ambassadeur américain, en l’occurrence Avril Gillespie, avait joué un rôle majeur dans le déclenchement de l’agression en assurant Saddam que son pays ne bougerait pas si l’Irak envahissait le Koweït, coupable de casser les prix du pétrole dont il avait besoin pour sa reconstruction après 9 années de guerre contre l’Iran.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La cinquième colonne </h2>



<p>En 2001, il y eut l’assaut contre New York suivie de la grande guerre ouverte menée contre le monde musulman, qui débuta par l’occupation de l’Afghanistan puis de l’Irak en 2003, et qui se prolongea à partir de 2011 par ce qu’on a appelé le Printemps Arabe, dont on prétendit que l’holocauste d’un petit marchand de légumes de Sidi Bouzid en Tunisie, giflé par une policière, fut l’étincelle. Puis les étranges personnages férus d’Islam et de sainteté qui rentrèrent du Londonistan accueillis comme le prophète par le chant <em>«la lune est apparue au-dessus de nous»</em> prétendirent être revenus pour instaurer la démocratie.</p>



<p>Des visionnaires tels que Hamma Hammami firent demander par les jeunes de leur parti une assemblée constituante, et Béji Caïd&nbsp;Essebsi n’eut de rien plus pressé que de l’accorder, afin de prendre le temps de constituer le parti politique dont il était dépourvu,&nbsp;et qu’il s’empressa de saborder en accédant à la magistrature suprême.</p>



<p>Au lieu de six mois, il avait fallu près de quatre années de palabres pour rédiger la fameuse Constitution, dont on nous demanda de rester bien sages parce qu’on nous en promettait monts et merveilles une fois <em>«la transition»</em> achevée; promis, juré !</p>



<p>Le quartet du Dialogue national (UGTT, Utica, LTDH et Conseil de l’ordre des avocats) reçut même le prix Nobel, pour nous rappeler que nous étions sur la bonne voie,&nbsp;au cas où nous en aurions douté.</p>



<p>Entretemps le terrorisme avait fait florès, il y a eu le Covid, et nous avons eu pour majorité parlementaire Rached Ghannouchi allié à Nabil Karoui et Saifeddine Makhlouf, dont le parti s’affubla de l’épithète <em>«Dignité»</em>. Autrement dit, le Vieux de la Montagne à la tête des&nbsp;Frères Internationaux de Qaradawi s’était associé aux Frères Nationaux et à Silvio Berlusconi.</p>



<p>La dégradation concomitante de la situation économique inquiéta suffisamment les bailleurs étrangers soucieux de rentrer dans leurs fonds pour permettre la perpétuation d’une situation sans issue. On en vit présentement les conséquences.</p>



<p>Après le Covid il fallut bien que les Etats-Unis cherchassent à financer aux dépens du monde entier leur manque à gagner consécutif à la pandémie. Il y eut donc inévitablement la guerre en Ukraine puis à Gaza, dont on affubla opportunément pour la circonstance les habitants du qualificatif de violeurs. Ce fut la résurrection des thèses de Choukairy, reprises cette fois par les sionistes et qui furent le prétexte opportun justifiant le massacre des civils sur une grande échelle, et on étendit la fureur de destruction de Yahvé au Liban, abritant le Hezbollah coupable d’avoir vidé de ses habitants le Nord d’Israël par un tir continu de missiles et de drones durant plus d’une année.</p>



<p>Bien que&nbsp;les Etats-Unis&nbsp;eussent été chassés ignominieusement d’Afghanistan, et dans une moindre mesure d’Irak, on pensait que la Maison de Muhammad s’écroulait par&nbsp;pans entiers, surtout après le départ peu glorieux de Bachar, l’évaporation de son armée travaillée par la cinquième colonne, lâchée&nbsp;par un Poutine occupé ailleurs, et l’écartèlement de la Syrie en cantons d’obédiences Daech turque, kurde américaine, et depuis peu, druze israélienne. Néanmoins les thèses israéliennes d’inviolabilité de la frontière ont volé en éclat, sous les missiles du Hezbollah, le double lâcher de missiles&nbsp;iraniens, et la perpétuation des attaques des va nus pieds Houthi, qui mettent à mal autant la sécurité de l’aéroport de Tel Aviv, que l’orgueil sioniste.</p>



<p>Les Américains ont estimé préférable de s’accommoder du porc-épic yéménite par un accord qui ne peut être que provisoire. Comme toujours, la foule arabe a considéré cela comme une grande victoire militaire. Comme toujours, la suite a démontré que ce n’était là qu’un mirage du désert, un de plus. Trump est entré dans le Golfe par la grande porte, et il avait besoin de la menace yéménite, et plus encore iranienne, afin de gagner ses interlocuteurs à ses vues sonnantes et trébuchantes. Mais pas seulement. Les Israéliens pensaient se tailler une zone de prospérité exclusive au Moyen-Orient s’étendant de l’Océan Indien à la Méditerranée grâce à un accord de paix avec les Taifas de la Mecque et du Golfe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;Oncle Sam rafle la mise </h2>



<p>C’est une telle éventualité que la guerre à Gaza a torpillée, à leurs dépens. Et on s’aperçoit à présent que les Américains n’ont jamais eu l’intention de partager leur chasse gardée du désert d’Arabie avec quiconque, et qu’ils ont même fourni toute la logistique militaire et financière nécessaire pour laisser leur allié sioniste se fourvoyer dans une aventure sans issue, dont il ne sortira qu’au prix d’une marge de manœuvre des plus réduites. Le génocide à Gaza aura un prix. Les récentes mesures contre l’État d’Israël, prises par le valet servile de l’oncle Sam, l’Angleterre, même si elles ont plus une portée symbolique, sont significatives,&nbsp;à ce sujet. Y a-t-il eu une entente américano-iranienne dès le début? On peut se le demander. Cela expliquerait dans une large mesure la hardiesse des dirigeants persans piquant le museau de la bête sioniste au nez, et dans le même temps, prenant bien soin de prévenir de leurs ripostes.</p>



<p>Dans ce grand jeu, Bachar Al-Assad et Hassan Nasrallah auront été des pièces qu’on aura sacrifiées pour la grandeur de l’Iran,&nbsp;lui assurant une place à la table des négociations.</p>



<p>Quant à Trump, après son tour du propriétaire au Golfe, il est rentré avec dans son escarcelle les pertes américaines occasionnées par le Covid, auquel il aura pris soin d’ajouter l’aide militaire accordée à l’Ukraine, ainsi qu’au génocidaire des Palestiniens perpétré par Netanyahu à Gaza.</p>



<p>L’Oncle Sam serait bien entendu heureux que les Taifas et les Sionistes s’entendent, mais pas sur son dos. En attendant&nbsp;les foules de l’Islam continuent de se rendre chaque année aux lieux saints d’Abraham afin d’alimenter sa tire-lire. Et le Pakistan, qui dispose de l’arme atomique, a de nouveau fait vibrer la fibre de Babur le conquérant de l’Inde en abattant trois rafales français aux couleurs indiennes&nbsp;par le biais d’avions chinois dont personne n’a jamais entendu parler, dont sans doute le nom imprononçable leur vaut le qualificatif plus simple de J10.</p>



<p>Qui a dit que la nation du prophète était vouée à disparaître, ainsi qu’il en avait été en Andalousie?</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em> </p>



<p><em>** ‘‘The untold history of Israel’’ de  Jacques Derogy, éd. Grove Press, 1<sup>er</sup> janvier 1979, 346 pages.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="mqsQSneIXH"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/20/trump-au-moyen-orient-ou-laube-du-crepuscule/">Trump au Moyen-Orient ou l’aube du crépuscule </a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Trump au Moyen-Orient ou l’aube du crépuscule  » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/20/trump-au-moyen-orient-ou-laube-du-crepuscule/embed/#?secret=TEBSr6OtEM#?secret=mqsQSneIXH" data-secret="mqsQSneIXH" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>‘‘Suez 1956’’ : Nasser, un patriote égyptien antibritannique, entre Américains et Russes</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/31/suez-1956-nasser-un-patriote-egyptien-antibritannique-entre-americains-et-russes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 Dec 2023 07:15:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le mobile qui a animé Nasser dans toutes les entreprises dans lesquelles il s'est engagé à la tête de son pays, c'est sa haine de l’Angleterre. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/31/suez-1956-nasser-un-patriote-egyptien-antibritannique-entre-americains-et-russes/">‘‘Suez 1956’’ : Nasser, un patriote égyptien antibritannique, entre Américains et Russes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Que fut Nasser? Un nationaliste arabe? Un patriote égyptien? Un tiers-mondiste militant? Un dictateur ambitieux, cynique et avide de pouvoir? Un agent américain? Un nouvel Hitler? Il est utile de se le demander tellement les avis ont divergé sur la question.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-11113191"></span>



<p>Ce qui est certain c’est que le raïs a établi des relations amicales et même confiantes (selon Miles Copeland **) avec des membres de la CIA ou du Département d’Etat tels Kermit Roosevelt, le tombeur du Dr Mossadegh, l’ancien premier ministre iranien, qu’il recevait chez lui et avec qui il entrait souvent en discussion. Ils l’auraient même mis en contact avec Otto Skorzeny, un ancien agent secret allemand et la propagande israélienne en avait fait ses choux gras. Nécessité oblige, dira-t-on. L’émetteur radio de Sawt A-Arab (Voix des Arabes) acheté grâce aux deniers de l’oncle Sam et pour lequel Nasser bâtit la tour de la Radio du Caire constitue la preuve matérielle de cette collaboration qui semble avoir débuté avant même le coup d’Etat qui abattit le roi Farouk.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les sables mouvants de la politique moyen-orientale</h2>



<p>Les Américains estimaient&nbsp;nécessaire un changement de régime au Caire inféodé aux britanniques et ne voulaient pas d’une révolution populaire. Ils ont donc trouvé ce qu’ils recherchaient avec les officiers libres, qui étaient suffisamment antibritanniques pour exiger le départ des Anglais, suffisamment anticommunistes&nbsp;pour ne pas s’allier aux Soviétiques, et suffisamment réalistes pour s’abstenir de toute guerre contre Israël.</p>



<p>Évidemment avec l’accord de désengagement du Canal de Suez de 1954, imposé par les Anglais et leur laissant toute latitude de revenir dès lors que la Turquie serait attaquée, avec, autre exigence anglaise, l’indépendance du Soudan, avec le refus égyptien de s’engager dans le Pacte de Bagdad, c’est le facteur anglais qui a déterminé l’implication de Nasser dans les sables mouvants de la politique moyen-orientale et il a trouvé dans le nationalisme arabe l’opportunité de donner corps à son opposition. Dès lors, la Voix des Arabes et l’émetteur fourni par les Américains n’ont cessé de porter des coups aux Anglais et à leurs alliés Nouri Said et le Roi Hussein de Jordanie.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="WZ5Mff7P0A"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/13/la-revolte-dorabi-et-loccupation-anglaise-la-malediction-du-canal-de-suez-avant-nasser/"> »La révolte d’Orabi et l’occupation anglaise’’: la malédiction du canal de Suez, avant Nasser</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="«  »La révolte d’Orabi et l’occupation anglaise’’: la malédiction du canal de Suez, avant Nasser » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/08/13/la-revolte-dorabi-et-loccupation-anglaise-la-malediction-du-canal-de-suez-avant-nasser/embed/#?secret=SGA1VeFrlQ#?secret=WZ5Mff7P0A" data-secret="WZ5Mff7P0A" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il faut reconnaître que les rapports personnels ont joué un rôle politique important. Ainsi le ministre britannique des Affaires étrangères n’avait pas supporté de l’entendre rire quand étant en conférence, ils avaient appris le revirement de la Jordanie contre la volonté anglaise et son renoncement à adhérer&nbsp;au pacte de Bagdad. Et puis, il y eut le fameux rire de Suez qu’Anthony Eden considéra comme une insulte après la nationalisation du Canal.</p>



<p>Quant à Christian Pineau, le ministre français des Affaires étrangères, la capture par les Français de résistants algériens entraînés en Egypte deux mois après s’être entendu jurer sur l’honneur qu’il n’en était rien, lui avait fait considérer le raïs comme un personnage peu crédible et dénué de scrupules.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le péché d’orgueil du raïs égyptien</h2>



<p>Il ne faut cependant pas exonérer le raïs du péché d’orgueil. Il n’avait&nbsp;pas apprécié de se voir critiqué par l’ambassadeur américain peut être un peu éméché durant un cocktail, pas plus que son absence lors de son retour triomphal de la conférence des non-alignés de Bandung. Cependant c’est bien lui qui en avait ouvert la porte de la conférence aux représentants algériens Ait Ahmed, Yazid et Lahouel, qui recherchaient des appuis internationaux au FLN algérien. Et c’est par le biais de Zhou Enlai qu’il a pu obtenir de la Tchécoslovaquie&nbsp;avec bien sûr l’assentiment soviétique, l’armement qu’il jugeait nécessaire à la défense de l’Egypte après <em>«l’incursion»</em> israélienne à Gaza en 1955 (déjà&nbsp;?).</p>



<p>Nasser voulait le barrage de retenue d’eau à Assouan pour développer l’agriculture et l’électrification du pays et il voulait des armes pour se défendre contre les Israéliens. Les Américains ont subordonné l’un et l&rsquo;autre à un accord de paix avec Israël et il s’est ainsi tourné vers les Soviétiques. C’est pour subventionner la construction du barrage qu’il a nationalisé le Canal de Suez.</p>



<p>Il reste à savoir si les Américains agissant ainsi n’avaient pas en vue la réaction de Nasser et la crise internationale qui affaiblirait les anciennes puissances coloniales anglaise et française au point de les chasser du Moyen-Orient et du Maghreb. Toujours est-il qu’il s’attendait à une attaque anglo-française, mais nullement à celle d’Israël, et en cela il semble avoir partagé l’analyse américaine.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="NhorfP9OSf"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/06/05/la-guerre-des-six-jours-six-jours-de-guerre-50-ans-doccupation/">La guerre des Six jours : Six jours de guerre, 50 ans d&rsquo;occupation</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La guerre des Six jours : Six jours de guerre, 50 ans d&rsquo;occupation » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/06/05/la-guerre-des-six-jours-six-jours-de-guerre-50-ans-doccupation/embed/#?secret=kpsbr7wyW1#?secret=NhorfP9OSf" data-secret="NhorfP9OSf" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Finalement ce sont ces mêmes Américains associés aux Russes, en pleine guerre froide, qui ont exigé et obtenu le retrait des trois pays assaillants, permettant ainsi au raïs d’obtenir une victoire diplomatique de grande ampleur et d’acquérir cette stature de héros, de l’Océan au Golfe. Mais en fin de compte, avec la doctrine Eisenhower, les Etats Unis se donnaient l’opportunité de remplacer au Moyen-Orient le parapluie&nbsp;anglais désormais troué, et d’envoyer les Marines parader à Beyrouth en 1958 pour protéger Camille Chamoun et le Roi Hussein, après la révolution irakienne et le lynchage de Nouri Saïd.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Etats-Unis tombent le masque</h2>



<p>Comment dès lors Nasser en est-il arrivé à la guerre des Six jours de Juin 1967? sans doute se jugeait-il encore une carte indispensable du jeu américain. En réalité, à Washington, on ne voulait plus du neutraliste tiers-mondiste ni du nationaliste arabe unioniste de la République arabe unie. C’était le précipiter dans les bras des Soviétiques une nouvelle fois, mais après Juin 1967, les Etats-Unis avaient jeté le masque.</p>



<p>On peut donc comparer Nasser à Fidel Castro; tous deux avaient bénéficié du soutien américain pour prendre le pouvoir et tous deux avaient été des autocrates, étaient devenus anti-impérialistes, tous deux avaient fini dans l’alliance soviétique, l’un, Nasser, par patriotisme égyptien, l’autre, Castro, prétendument par conviction idéologique, tous deux avaient finalement servi de prétexte à l’impérialisme américain qu’ils prétendaient combattre pour asseoir sa présence dans leurs zones respectives.</p>



<p>Mais si on en revient à la question essentielle, sur le mobile qui a animé le raïs dans toutes les entreprises dans lesquelles il s&rsquo;est engagé à la&nbsp;tête de son pays, on répondra sans grande chance de se tromper que sa haine de l’Angleterre, qui avait asservi son pays depuis la révolution de Orabi en 1882 et créé l’Etat&nbsp;d’Israël, n’y a pas été pour rien.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<p>** <em>Voir son livre <a href="https://ia801004.us.archive.org/26/items/milescopelandthegameofnationstheamoralitzlib.org/%5BMiles_Copeland%5D_The_game_of_nations%3B_the_amoralit%28z-lib.org%29.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘The Game of Nations: The Amorality of Power Politics’’ </a> (éd. Simon &amp; Schuste, New York, 15 mai 1970, 317 pages), où un ancien officier de la CIA décrit comment se joue le jeu de l’espionnage, en faisant particulièrement référence à l’Égypte de l’ère Nasser.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/31/suez-1956-nasser-un-patriote-egyptien-antibritannique-entre-americains-et-russes/">‘‘Suez 1956’’ : Nasser, un patriote égyptien antibritannique, entre Américains et Russes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Gaza et les va-t-en-guerre des plateaux de télévision</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Dec 2023 06:39:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La tragédie de Gaza semble fournir l’occasion à plusieurs é «experts», militaires et autres,  d’essaimer les plateaux de télévision. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/06/gaza-et-les-va-t-en-guerre-des-plateaux-de-television/">Gaza et les va-t-en-guerre des plateaux de télévision</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Ce n’est pas faire preuve de défaitisme que d’admettre la réalité de son infériorité militaire et d’éviter de déclencher une guerre qu’on n’a pas les moyens de remporter. N’en déplaise aux va-t-en-guerre des plateaux de télévision qui nous gavent d’inchallah.  Alors que Gaza n’en finit pas de compter ses morts…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Faik Henablia</strong> *</p>



<span id="more-10822239"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/03/Faik-Henablia.jpg" alt="" class="wp-image-338998"/></figure></div>


<p>La tragédie de Gaza&nbsp;semble fournir l’occasion à&nbsp;plusieurs&nbsp;é&nbsp;<em>«experts»</em>, militaires et autres,&nbsp; d’essaimer les plateaux de télévision en nous expliquant&nbsp;comment l’action du Hamas du 7 octobre dernier constitue un succès&nbsp;pour le peuple palestinien ainsi qu’une défaite cuisante pour Israël.&nbsp;</p>



<p>Si la démolition, aux trois quarts, d’un territoire et le déplacement de 1,5 million de personnes se retrouvant sans logement, sans eau, sans nourriture, sans soins, constitue une victoire, si la disparition de 16.000 Gazaouis sans compter ceux encore non comptabilisés et sous les décombres et les mutilés à&nbsp;vie, si tout cela ne suscite de commentaires autres que <em>«toute cause a&nbsp;besoin de martyrs»</em>, alors c’est qu’il faudrait sans doute revoir notre conception tant de la victoire que de la défaite, comme celle de l’empathie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">D’une défaite, l’autre&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>Pour en revenir aux <em>«experts»</em>, l’un d’eux, ex-militaire mais semblant&nbsp;poursuivre sa quête&nbsp;de&nbsp; galons, de propagandiste, cette fois-ci, vient de nous affirmer avec beaucoup d’aplomb, sur un récent plateau&nbsp;TV que l’armée&nbsp;égyptienne&nbsp;est capable de pulvériser&nbsp;Israël en quelques heures, en cas d’attaque. Rien que ça!&nbsp;</p>



<p>Sans doute avait-il dit la même&nbsp;chose de l’armée&nbsp;de Saddam.</p>



<p>Son raisonnement se base sur la quantité de matériel militaire accumulée par l’armée égyptienne depuis quelques années.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="mjY7IdaRrZ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/25/israel-monde-arabe-et-pourtant-il-faut-normaliser/">Israël &#8211; Monde arabe : Et pourtant, il faut normaliser</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Israël &#8211; Monde arabe : Et pourtant, il faut normaliser » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/25/israel-monde-arabe-et-pourtant-il-faut-normaliser/embed/#?secret=4L80G3oAi2#?secret=mjY7IdaRrZ" data-secret="mjY7IdaRrZ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Accumuler est certes, bien, mais être capable de produire par soi-même des chars d’assaut, des avions de chasse, des sous-marins, de la haute technologie et ne pas dépendre de l’étranger pour les pièces de rechange est encore mieux. Ou alors c’est que cet <em>«expert»</em> a oublié le fameux discours du Palmarium, lorsque Bourguiba avait fait la leçon à Kadhafi, qui y allait de son fameux <em>«Toz Fi Amerika !»</em> (<em>«Au diable l’Amérique !»</em>), si tant est qu’il en ait jamais entendu parler. </p>



<p>Lors de la guerre de 1967, nous étions encore élèves de secondaire, et notre professeur d’anglais, un Palestinien, nous expliquait aux premières heures des opérations, que les troupes&nbsp; égyptiennes venaient&nbsp; de libérer son village natal en Palestine. . . Le lendemain, lorsque la sombre vérité avait fini par éclater, nous lui avions demandé sans une certaine cruauté infantile: <em>«Alors qu’ont-ils fait ? Rien</em>, nous avait-il répondu, en baissant la tête, <em>rien»</em>.</p>



<p>En écoutant cet expert, l’on se croirait revenu à cette époque de propagande nassérienne lorsque l’on nous affirmait qu’Israël n’avait qu’à bien se tenir et qu’il allait voir ce qu’il allait voir.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rattraper le retard</h2>



<p>La différence entre Israël et l’Egypte est que le premier est à la pointe de la technologie et de l’invention, alors que le second dépend du bon vouloir de l’étranger pour s’équiper. L’un produit, ou du moins, maîtrise ses sources de production, l’autre non. L’un peut compter sur la générosité sans limite des Etats-Unis, premier marchand d’armes au monde, l’autre non.</p>



<p>C’est une question d’écart civilisationnel que l’ego surdimensionné de certains empêche d’admettre, malgré les défaites et les raclées successives.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="5IBSzKtd2y"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/16/israel-palestine-revenir-a-la-legalite-internationale/">Israël &#8211; Palestine : revenir à la légalité internationale  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Israël &#8211; Palestine : revenir à la légalité internationale   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/16/israel-palestine-revenir-a-la-legalite-internationale/embed/#?secret=hkuIeVZbG4#?secret=5IBSzKtd2y" data-secret="5IBSzKtd2y" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ce gap ne sera pas comblé à coup de bla-bla d’<em>«experts»</em> faisant la vedette sur les plateaux de télé, flattant les gens en leur disant ce qu’ils veulent entendre, mais par un travail profond et de très longue haleine.   </p>



<p>Il est malheureux que la Tunisie, qui paraissait avoir échappé à cette rhétorique, semble aujourd’hui y sombrer corps et biens.   </p>



<p>* <em>Docteur d’Etat en droit, ex-gérant de portefeuille associé.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/06/gaza-et-les-va-t-en-guerre-des-plateaux-de-television/">Gaza et les va-t-en-guerre des plateaux de télévision</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>‘‘Les coups d’Etat en Syrie’’: une armée orpheline du colonialisme</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/10/les-coups-detat-en-syrie-une-armee-orpheline-du-colonialisme/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Sep 2023 06:38:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelkarim Kassem]]></category>
		<category><![CDATA[Adib Chichakli]]></category>
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		<category><![CDATA[coups d'Etat]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[Hosni Zaïm]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed Maarouf]]></category>
		<category><![CDATA[Nasser]]></category>
		<category><![CDATA[Nouri Saïd]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un témoin privilégié lève le rideau sur la tragi-comédie des coups d'Etat qui a ensanglanté la Syrie au milieu du siècle dernier...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/10/les-coups-detat-en-syrie-une-armee-orpheline-du-colonialisme/">‘‘Les coups d’Etat en Syrie’’: une armée orpheline du colonialisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La série de coups d&rsquo;Etat que la Syrie a connue entre 1949 et 1969 ont tous fini dans un bain de sang. La soif de pouvoir y était souvent desservie par un amateurisme suicidaire et les convictions idéologiques sacrifiées sur l&rsquo;autel des calculs personnels et des considérations communautaires. Un témoin privilégié de cette époque lève le rideau sur cette tragi-comédie qui a ensanglanté la Syrie au milieu du siècle dernier&#8230; </em></strong><em>(Photo : Hafez El-Assad a clos le feuilleton tragi-comique des coups d&rsquo;Etat militaires).</em>   </p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-9726944"></span>



<p>Qui était vraiment Mohammed Maarouf? Un officier syrien de confession alaouite, témoin, acteur, mais aussi victime de coups d’État qui ont secoué son pays entre 1949 et 1969. Fut-il aussi un agent du Royaume Hachémite Irakien? Il reconnaît en avoir été matériellement aidé après avoir été exilé par Adib Chichakli à Beyrouth en 1950; tout comme il reconnaît en 1956 avoir préparé un coup d’État par le biais du Parti National Social Syrien en livrant des armes (parfois inutilisables) financées par les Irakiens.  </p>



<p>Par-delà sa lecture, deux figures se distinguent par leur machiavélisme : Akram El Hourani, le politicien de Hama, chef du Parti Socialiste qui allait fusionner avec le Baath,<em>&nbsp;«en faveur de tous les complots, dans tous les complots, et contre tous les complots»</em>, et Abdelhamid Serraj, le chef du deuxième bureau de renseignement militaire qui devint l’âme damnée du président Nasser en Egypte et d’Abdelhakim Ameur en Syrie lors de l’avènement de la République Arabe Unie, entre 1958 et 1961.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour un oui, pour un non&nbsp;!</h2>



<p>Tous les chefs issus des coups d’État, Hosni Zaïm, Sami El Hennaoui, et Adib Chichakli, finirent de mort violente après avoir été chassés du pouvoir,&nbsp;parfois victimes de vendettas. Des officiers, tels que Ghassen Jedid, réfugié à Beyrouth, ou Adnane El Malki, qui assistait à une rencontre sportive au stade de Damas, furent assassinés.</p>



<p>Des motivations&nbsp; personnelles animèrent souvent les conjurés, en règle des militaires prétendant lutter contre la corruption et rétablir la démocratie, parfois soutenus par des civils, et il suffisait parfois d’une mutation, d’un transfert, ou d’un accrochage verbal, pour provoquer une rancune tenace conduisant à la participation au premier complot venu.</p>



<p>L’amateurisme des conjurés, se réunissant dans les cafés, les restaurants, ou dans leurs lieux de résidence, et souvent en état d’ébriété, faisait que le secret n’était jamais gardé longtemps, mais fait étonnant, les régimes en place n’y accordaient que rarement crédit. Pouvaient-ils d’ailleurs le faire? </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="w3KMUQUBth"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/02/les-gites-de-la-defaite-le-parti-baath-fossoyeur-de-lunite-arabe/">‘‘Les gîtes de la défaite’’ : le parti Baath, fossoyeur de l’unité arabe</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Les gîtes de la défaite’’ : le parti Baath, fossoyeur de l’unité arabe » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/02/les-gites-de-la-defaite-le-parti-baath-fossoyeur-de-lunite-arabe/embed/#?secret=rAbcF2Xf0u#?secret=w3KMUQUBth" data-secret="w3KMUQUBth" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En tant que chef de la police militaire, Mohammed Maarouf eut l’opportunité d’entrer en possession de documents secrets de la mission britannique qu’il dut restituer sans les avoir déchiffrés, ni même filmés.</p>



<p>L’esprit de corps de l’armée, si on peut appeler ainsi son mépris de toute autorité civile, empêchait généralement les mesures de sécurité appropriées, et ceux dont la participation à un complot était prouvée étaient soit mutés, soit renvoyés, soit nommés à des postes lointains, rarement arrêtés.&nbsp;</p>



<p>De nombreux officiers issus des minorités pauvres, souvent alaouite, avaient été recrutés en passant des concours organisés sous la supervision de l’armée et d’officiers français, et quelques-uns avaient même fait l’école de guerre de Saint-Cyr,&nbsp;d’autres étaient issus de l’armée ottomane.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une ambiance surréaliste</h2>



<p>Comme toutes les armées coloniales, les minorités y jouèrent un rôle important. L’armée syrienne ne fut donc&nbsp;finalement que le résultat de deux politiques&nbsp;coloniales, ottomane et&nbsp; française, celles du communautarisme.&nbsp;A l’indépendance, on peut considérer qu’elle s’en est retrouvée orpheline. Le loyalisme envers le nouvel Etat syrien ne&nbsp;constituait ainsi pas sa vertu&nbsp;cardinale. Il semble que les relations personnelles y eussent tenu une importance fondamentale, expliquant la facilité avec laquelle les clans et les coteries se faisaient et se défaisaient. Sa performance sur le terrain, durant la guerre en Palestine,&nbsp;a traduit ces réalités,&nbsp;celles d’une organisation s’apparentant plus à des milices où la fidélité aux officiers faisait office de ciment,&nbsp;qu’à une force combattante régulière sous l’autorité de l’Etat.&nbsp;</p>



<p>Dans tout cela, la situation géostratégique de la Syrie était inconfortable, entre Israël, les Hachémites d’Irak et de Jordanie, l’Egypte, et l’Arabie Saoudite. Mais le fameux Nouri Saïd, surnommé le Pacha, quoique faisant toujours mine de poursuivre la politique de l’Union hachémite, agissait en réalité en phase avec les Britanniques et souvent  contre la volonté de son souverain. Il repoussa la proposition d’union de l’envoyé de Nasser, qui prétendait que l’Egypte produisait les armes nécessaires à la défense de l’Irak, et se montra ironique en rétorquant qu’il s&rsquo;agissait de choses importantes et non pas d’une conversation de café.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="RhfxwBm3T1"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/16/aux-pays-de-lor-noir-et-des-illusions-perdues/">‘‘Aux pays de l’or noir’’… et des illusions perdues</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Aux pays de l’or noir’’… et des illusions perdues » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/16/aux-pays-de-lor-noir-et-des-illusions-perdues/embed/#?secret=ZvN5xteea0#?secret=RhfxwBm3T1" data-secret="RhfxwBm3T1" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Nouri Saïd finit lynché par la foule à Bagdad, tout comme le roi Fayçal&nbsp;II et le prince Abdel Ilah, lors du coup d’État de Abdelkarim Kassem de 1958.</p>



<p>C’est donc dans cette ambiance surréaliste expliquant les échecs répétés des pays arabes dans toutes leurs tentatives d’union, tout comme dans les guerres menées pour libérer la Palestine, que nous plonge l’auteur, qui après avoir utilisé ses stagiaires palestiniens dans le coup d’Etat auquel il participa, puis épousé une jeune palestinienne, fut un jour invité à la Maison Blanche par le président Carter avec son épouse anglophone sur intercession d’une de ses connaissances, un milliardaire arménien. Quand on a les amis qu’il faut !</p>



<p>On saura gré à l’auteur d’avoir évité d’aborder l’épineuse question&nbsp;confessionnelle, mais la lutte pour le pouvoir et l’ère des coups d’Etats&nbsp;finirent, avec l’arrivée au pouvoir de la minorité religieuse alaouite qui dominait l’armée. C’est peut être là la raison pour laquelle&nbsp;l’auteur&nbsp;a rendu&nbsp;hommage à Hafez El Assad et à son fils (!!!).</p>



<p>La Syrie démocrate? Avec Aflak et Hourani en embuscade, avec une armée en butte à des luttes de clans, elle ne serait de toutes les manières pas allée bien loin !&nbsp;</p>



<p><em>* Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><em><strong>‘‘Jours que j’ai vécus (1949-1969) : Les coups d’Etat et leurs secrets en Syrie’’ de Mohammed Maatouf, en arabe,  éd. Riyad El-Rayyes Books, Beyrouth, 2003.</strong></em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/10/les-coups-detat-en-syrie-une-armee-orpheline-du-colonialisme/">‘‘Les coups d’Etat en Syrie’’: une armée orpheline du colonialisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>‘‘Les gîtes de la défaite’’ : le parti Baath, fossoyeur de l’unité arabe</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/02/les-gites-de-la-defaite-le-parti-baath-fossoyeur-de-lunite-arabe/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Apr 2023 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment le parti Baath a fini par vider le panarabisme de toute crédibilité. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/02/les-gites-de-la-defaite-le-parti-baath-fossoyeur-de-lunite-arabe/">‘‘Les gîtes de la défaite’’ : le parti Baath, fossoyeur de l’unité arabe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le parti Baath, qui prit le pouvoir en Syrie et en Irak, a non seulement été incapable de réaliser son principal objectif : l’union de ces deux pays comme prélude à l’unité arabe, mais, par ses prises de position opportunistes, il a fini par vider le panarabisme de toute crédibilité, en avivant les conflits et les guerres qui menèrent finalement à l’occupation étrangère de la région, ainsi qu&rsquo;à l’islamisme.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *  </p>



<span id="more-7230342"></span>



<p>Ce livre est un témoignage important rapporté par l’un des dirigeants du parti politique Baath, chiite, pharmacien, fils d’avocat, qui a été membre des commandements régionaux Irakien et Syrien entre 1961 et 1963, ainsi que du conseil de commandement de la révolution dans son pays, l’Irak, et qui fuyant Saddam s’est finalement réfugié en Angleterre en 1979.</p>



<p>A travers sa propre trajectoire politique, on suit le cheminement du Baath depuis sa naissance jusqu’à sa prise du pouvoir en Irak puis en Syrie. On découvre ainsi son fondateur, Michel Aflak, un écrivain de la politique dont l’éloquence littéraire lui a valu d’être élevé au statut de prophète par ses disciples, et dont la propulsion au cœur du nationalisme arabe à une époque charnière, celle de la République arabe unie présidée par Nasser, constitue à posteriori la preuve de l’inanité d’un projet voué à l’échec, celui de l’Union.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le prophète de la discorde </h2>



<p>Mais le prophète ne s’est révélé être qu’un générateur de slogans, un illusionniste jouant sur la fibre historico-religieuse de la renaissance d’une nation arabe qui en réalité n’a jamais existé, et il n’a fourni aucun programme économique politique, social ou militaire à la réalisation de ses objectifs.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="NhZAcrDJfI"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/19/la-guerre-iran-irak-une-guerre-par-procuration/">‘‘La guerre Iran-Irak’’: une guerre par procuration ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La guerre Iran-Irak’’: une guerre par procuration ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/19/la-guerre-iran-irak-une-guerre-par-procuration/embed/#?secret=Yh5YnUfAEa#?secret=NhZAcrDJfI" data-secret="NhZAcrDJfI" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Lors de l’union syro-égyptienne réalisée à la demandé du Baath syrien, Aflak s’est effacé par nécessité devant les exigences de l’idole des foules arabes de l’époque, le président Nasser, et a accepté la dissolution de son parti en Syrie, mais sans cesser de stimuler le mécontentement des militaires syriens face à ce qu’ils considéraient comme une occupation étrangère. Et trois années plus tard, il a dans les faits appuyé la sécession, en prétendant la condamner et en réclamant le retour à une union obéissant cette fois aux vues du Baath, autrement dit aux siennes propres.</p>



<p>La prise du pouvoir par ce parti en Irak puis en Syrie a selon Aflak élargi les perspectives de l’union aux trois pays. Néanmoins, la sécession syrienne a porté un coup sévère à son autorité, et par l’intrigue, il a tenté d’y faire face en semant la discorde dans son parti parmi ceux qui voulaient l’écarter, aussi bien en Syrie qu’en Irak, en appuyant les militaires contre les civils, les conservateurs contre les progressistes, les putschistes contre les institutions et le caractère civil de l’Etat.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;esprit sectaire</h2>



<p>Ainsi Aflak a contribué d’une manière décisive à l’investissement d’un parti se prétendant socialiste par l’esprit sectaire qui allait en faire celui du pouvoir alaouite en Syrie, et du clan sunnite de Tikrit en Irak. Mais afin de ne pas confondre les causes et les conséquences, ce n’est pas lui qui a inventé les généraux irakiens, ni les ambitieux de son propre parti dont il a attisé les dissensions, et il s’est avéré dans les faits qu’en l’absence de projet politique et institutionnel bien défini, les détenteurs du pouvoir ne pouvaient être sans une police secrète à leur main, que ceux disposant des armes. Et le commandement régional du Baath irakien, pour&nbsp;avoir cru à la primauté du Parti par rapport à l&rsquo;Etat, a fini par être démis de ses fonctions et remplacé avec la bénédiction de Aflak lui-même allié aux généraux anti-baathistes, dans un véritable coup d’État, ouvrant ainsi la voie à l’ascension de Saddam Hussein&nbsp;et Tarak Aziz.</p>



<p>Dans tout cela la démocratie n’est devenue qu’un argument de circonstance. Le code du statut personnel&nbsp;instauré par les alliés communistes du président exécuté&nbsp;Abdelkarim Kacem a été aboli à l’instigation du Mufti et de l’Ayatollah, la réforme agraire mise en veilleuse, les droits de l’homme ont été piétinés,&nbsp;et la guerre contre les Kurdes est devenue de plus en plus meurtrière.</p>



<p>Il est intéressant de noter que pour Aflak, les Kurdes n’étaient qu’une cinquième colonne au service de l’impérialisme dont les droits ne pouvaient être dissociés de ceux des Arabes ou des autres minorités.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="nzL2eHOscc"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/22/georges-w-bush-mensonges-guerres-et-paix/">Georges W. Bush : mensonges, guerres et paix</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Georges W. Bush : mensonges, guerres et paix » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/22/georges-w-bush-mensonges-guerres-et-paix/embed/#?secret=eDsvtcaXV7#?secret=nzL2eHOscc" data-secret="nzL2eHOscc" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Le Baath syrien fut pour le raïs égyptien sa <em>némésis</em>, qui outre la sécession et sa conséquence, l’intervention militaire au Yémen&nbsp;l’entraîna dans la débâcle de Juin 67. Mais si nul ne conteste aujourd’hui le patriotisme, avant tout égyptien il ne faut pas l’oublier, de Nasser pour qui le panarabisme ne fut qu’un moyen au service de son pays même s’il eut finalement des conséquences néfastes, on ne peut pas en dire autant de la troïka&nbsp;du Baath Aflak, Salah Al-Bitar et Akram Hourani, qui aux yeux de l’Histoire demeurent des personnages à tout le moins controversés.</p>



<p>Ainsi le Parti de la Nation&nbsp;Arabe&nbsp;qui prit le pouvoir en Syrie et en Irak non seulement fut incapable d’en réaliser l’union, mais&nbsp; installa ces deux pays dans une inimitié durable qui eut de lourdes conséquences, particulièrement lors du conflit du Liban et de la guerre du Golfe. Si le Baath a acquis une mauvaise réputation, en devenant synonyme d’opportunisme, de complot et de félonie, ce n’est pas parce qu’il fut l’expression politique des minorités religieuses chrétienne orthodoxe, druze, ismaïlienne, alaouite, qui trouvaient dans une laïcité de façade l’expression de leurs aspirations politiques communautaristes. Il fut objectivement le parti qui, par ses prises de position opportunistes, vida le panarabisme qu’il prétendait défendre de toute crédibilité, en&nbsp;avivant les conflits et les guerres qui menèrent finalement à l’intervention et à l&rsquo;occupation étrangère de la région, ainsi qu&rsquo;à l’islamisme.&nbsp; &nbsp;&nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><strong><em>‘‘Les gîtes de la défaite : mon expérience au sein du parti Baath Irakien’’, mémoire de Hani Al-Fakiki, en arabe, éditions Riyad El-Rayyes, Londres 2011, 383 pages.</em></strong></p>
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		<item>
		<title>«Rise and kill first»: Permis de tuer pour Israël</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/29/rise-and-kill-first-permis-de-tuer-pour-israel/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 May 2022 06:25:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ariel Sharon]]></category>
		<category><![CDATA[Ashraf Marwan]]></category>
		<category><![CDATA[assassinats ciblés]]></category>
		<category><![CDATA[Benjamin Netanyahu]]></category>
		<category><![CDATA[Hussein Moussaoui]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Mossad]]></category>
		<category><![CDATA[Nasser]]></category>
		<category><![CDATA[Palestiniens]]></category>
		<category><![CDATA[Ronen Bergman]]></category>
		<category><![CDATA[Sherin Abou Akleh]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La propagande sioniste insinue toujours qu'il existe des traîtres dans les états majors et aux plus hauts échelons des Etats arabes.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/29/rise-and-kill-first-permis-de-tuer-pour-israel/">«Rise and kill first»: Permis de tuer pour Israël</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les faits relatifs aux services secrets sont toujours difficiles à rapporter, c&rsquo;est l&rsquo;évidence; sans le nécessaire secret, un service spécial ne remplit plus sa mission et met en danger les intérêts du pays qui l&#8217;emploie. Les services israéliens en ce sens sont différents, non pas forcément parce qu&rsquo;ils sont plus efficaces, mais parce qu&rsquo;ils se vantent de l&rsquo;être plus que les autres, ce qui les situe dans le domaine de la propagande, et qu&rsquo;ils fournissent des informations pour le corroborer, qui à priori pourraient les mettre en danger pour peu qu&rsquo;elles fussent exactes.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-1054911"></span>



<p>Il faudrait donc admettre que dans tout ce que rapportent les Israéliens, le bon grain se mêle à l&rsquo;ivraie, et cela laisse perplexe le lecteur confronté aux multiples ouvrages en vantant les exploits, obligé d&rsquo;essayer de démêler le vrai du faux, comme par exemple cette prétendue collaboration de Ashraf Marwan, le gendre du président Nasser mort défenestré de son appartement londonien, avec les services spéciaux israéliens, et qui n&rsquo;a somme toute servi à rien puisque l&rsquo;armée israélienne a été prise de cours par le franchissement égyptien du Canal de Suez le jour du Yom Kippour en 1973.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Détourner l&rsquo;attention d&rsquo;un véritable agent</h2>



<p>La propagande sioniste insinue toujours qu&rsquo;il existe des traîtres dans les états majors et aux plus hauts échelons des Etats arabes, mais on ne voit pas pourquoi le gendre de Nasser, pour peu qu&rsquo;il eut un intérêt personnel à trahir, aurait eu accès à des informations militaires confidentielles au temps de Sadate, qui avait écarté du pouvoir et sans ménagement les plus proches collaborateurs de son prédécesseur.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/Nasser-Ashraf-Marwan-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-1055008" width="600" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/Nasser-Ashraf-Marwan-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/Nasser-Ashraf-Marwan-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/Nasser-Ashraf-Marwan-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/Nasser-Ashraf-Marwan-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/Nasser-Ashraf-Marwan-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/Nasser-Ashraf-Marwan-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/Nasser-Ashraf-Marwan.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption><em>Nasser au mariage de sa fille avec Marwan Ashraf.</em></figcaption></figure></div>


<p>Or selon Hassanein Heykal, Ashraf Marwan a toujours nié avoir trahi et a même laissé entendre sans le nommer que c&rsquo;était plutôt du côté de Hosni Moubarak qu&rsquo;il aurait fallu chercher, cela expliquerait les <em>«révélations»</em> israéliennes, dont on ne comprendrait pas les raisons autrement que par un souci de détourner l&rsquo;attention d&rsquo;un véritable agent pour peu qu&rsquo;il existât vraiment.</p>



<p>Cependant cet ouvrage de Ronen Bergman est tout de même particulier parce que l&rsquo;idée qui en transparaît est que l&rsquo;explosion actuelle des moyens informatiques et technologiques à l&rsquo;échelle du monde permet désormais un recueil permanent d&rsquo;informations de toutes natures nettement plus important que celui en provenance des sources humaines limitées, faillibles et vulnérables, et plus encore, en permet le cas échéant le traitement et l&rsquo;exploitation en temps réel. Ainsi en a-t-il été de l&rsquo;exécution du chef du Hezbollah libanais Hussein Moussaoui après un repérage par un drone et un tir de missile guidé par laser sur sa voiture, dans un village du Sud Liban.</p>



<p>Quoiqu&rsquo;il en soit, deux ennemis sont clairement identifiés dans ce livre, les Palestiniens qui utilisent eux mêmes des moyens de plus en plus sophistiqués pour frapper, et les Iraniens, dont les ambitions nucléaires sont jugées menaçantes pour la sécurité de l&rsquo;État juif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tueurs par nécessité ou par vocation </h2>



<p>Cependant, l&rsquo;auteur dévoile les parties en conflit au sein de l&rsquo;administration israélienne et prend bien soin d&rsquo;opposer ceux qu&rsquo;il qualifie d&rsquo;ambitieux dont le chef de file serait Benjamin Netanyahu, capable de mener son pays dans des aventures militaires extérieures sans objet, aux disciples d&rsquo;Ariel Sharon, le responsable de Sabra et Chatila, dépeint d&rsquo;une manière surprenante sous les traits d&rsquo;un homme qui n&rsquo;ordonne pas de tuer sans de sérieuses raisons de le faire.</p>



<p>Ainsi, au sein de l&rsquo;appareil d&rsquo;Etat israélien, il n&rsquo;y a pas de pacifistes, il n&rsquo;y a que ceux qui tuent par nécessité pour ce qu&rsquo;ils considèrent comme relevant de la sécurité de leur peuple, face à ceux qui le font pour réaliser des ambitions personnelles. Faire la distinction entre les uns et les autres n&rsquo;est pas si évident.</p>



<p>On apprend presque incidemment que les exécutions extra judiciaires devenues possibles grâce aux drones ne peuvent avoir lieu qu&rsquo;avec l&rsquo;assentiment du Premier ministre après consultation de son conseiller juridique (!!!), et que quelques unes n&rsquo;ont pu avoir lieu, les pilotes aux commandes des drones brusquement saisis de scrupules que leurs collègues pilotant les chasseurs bombardiers ne partagent presque jamais, ayant estimé les risques encourus par les civils (palestiniens !!!) trop élevés.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/Sherine-Abu-Akleh-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-513539" width="600" height="362"/><figcaption><em>La journaliste palestinienne Sherin Abou Akleh , dernière victime en date des services israéliens. </em></figcaption></figure></div>


<h2 class="wp-block-heading">La «pureté» des armes</h2>



<p>Il y a ainsi toujours ce souci de faire apparaître l&rsquo;armée comme respectueuse de la vie humaine (!!!), ce que l&rsquo;on nomme la pureté des armes, qui transparaît dans ce genre de récits, remettant en question une part non négligeable de la crédibilité qui pourrait lui être conférée.</p>



<p>En effet, l&rsquo;assassinat récent de sang froid de la journaliste palestinienne Sherin Abou Akleh démontre que la doctrine militaire israélienne ne change pas avec les années, et que le respect de la vie arabe n&rsquo;y tient jamais que peu de place.</p>



<p>Ceci est évidemment corroboré par le titre du livre, un commandement tiré du Talmud qui fait obligation de tuer quiconque venant le faire, et qui ne s&rsquo;adresse évidemment qu&rsquo;aux juifs, mais en Israël, il n&rsquo;a jusqu&rsquo;à présent jamais été invoqué contre les Allemands. Le Talmud contredit ainsi le commandement biblique :<em> «Tu ne tueras point !»,</em> mais on n&rsquo;en est pas à un paradoxe près.</p>



<p>D&rsquo;un point de vue moral ou juridique, il est déjà difficile de détecter celui dont l&rsquo;intention homicide est clairement établie au point d&rsquo;en justifier l&rsquo;élimination préalable, mais la question de la réparation des torts qu&rsquo;un juif aurait causés et qui mettrait fin à toute hostilité à son encontre ne se pose aux yeux de ce commandement du Talmud même pas. Appliqué à l&rsquo;échelle des nations, ce commandement confère à l&rsquo;Etat d&rsquo;Israël ce que celui-ci nomme le droit de se protéger, en frappant ceux qu&rsquo;il considère comme ses ennemis partout où ils se trouvent, et en menant contre eux des guerres préventives quelles qu&rsquo;en soient les raisons, sans se soumettre aux nécessités de recourir à d&rsquo;autres moyens tels que la diplomatie ou la négociation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les assassinats n&rsquo;apportent pas la sécurité </h2>



<p>Une telle doctrine qui ignore le droit international lui confère depuis sa création le caractère belliqueux qui est le sien et dont il ne s&rsquo;est jamais départi. Il n&#8217;empêche! L&rsquo;ancien chef du Mossad Meïr Dagan, un dur qui n&rsquo;en est pas à un meurtre près, reconnaît qu&rsquo;en dépit des moyens létaux désormais disponibles liés à la supérorité technoscientifique israélienne et américaine, les assassinats ciblés ne résoudront pas le conflit et n&rsquo;apporteront pas la sécurité requise, que seul un accord politique serait à même de garantir.</p>



<p><em>* Médecin de libre pratique.</em></p>



<p> <em><strong>«Rise and Kill First: The Secret History of Israel&rsquo;s Targeted Assassinations» (Levez-vous et tuez : l&rsquo;histoire secrète des assassinats ciblés d&rsquo;Israël), Ronen Bergman, éd. Hodder &amp; Stoughton, 2018.</strong></em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="D3YaYMcacI"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/22/les-slaves-aux-sources-du-conflit-entre-la-russie-et-l-occident/">«Les Slaves» : aux sources du conflit entre la Russie et l&rsquo; Occident</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Les Slaves» : aux sources du conflit entre la Russie et l&rsquo; Occident » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/22/les-slaves-aux-sources-du-conflit-entre-la-russie-et-l-occident/embed/#?secret=CWyRePd0Jz#?secret=D3YaYMcacI" data-secret="D3YaYMcacI" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="rhrJWe8dLw"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/24/politics-of-the-periphery-regions-minorites-et-identites-en-indonesie/">«Politics of the periphery» : Régions, minorités et identités en Indonésie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Politics of the periphery» : Régions, minorités et identités en Indonésie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/24/politics-of-the-periphery-regions-minorites-et-identites-en-indonesie/embed/#?secret=JX7QI61UmL#?secret=rhrJWe8dLw" data-secret="rhrJWe8dLw" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="dgDXj3PRIh"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/17/south-east-asia-la-quete-de-lautonomie-entre-chine-et-etats-unis/">«South East Asia»: La quête de l&rsquo;autonomie, entre Chine et Etats-Unis</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «South East Asia»: La quête de l&rsquo;autonomie, entre Chine et Etats-Unis » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/17/south-east-asia-la-quete-de-lautonomie-entre-chine-et-etats-unis/embed/#?secret=BnIvd8pAzL#?secret=dgDXj3PRIh" data-secret="dgDXj3PRIh" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#8211; Kais Saied et l&#8217;ambition d&#8217;un leadership politique</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/19/tunisie-kais-saied-et-lambition-dun-leadership-politique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Oct 2021 09:06:40 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Helal Jelali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il est de notoriété publique que tout homme politique rêve de devenir un leader, un meneur de troupes et de se «construire» un charisme pour satisfaire ses ambitions. Le président Kais Saied, qui n&#8217;a pas un passé militant, a déjà avancé sur ce chemin sauf qu&#8217;il lui manque l&#8217;intendance et beaucoup de moyens. Par Helal Jelali...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/10/Kais-Saied-Base-militaire-de-Bizerte-15-oct-2021.jpg" alt="" class="wp-image-366627"/><figcaption><em>Kais Saied visite la base militaire de Bizerte, le 15 octobre 2021.</em> </figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Il est de notoriété publique que tout homme politique rêve de devenir un leader, un meneur de troupes et de se «construire» un charisme pour satisfaire ses ambitions. Le président Kais Saied, qui n&rsquo;a pas un passé militant, a déjà avancé sur ce chemin sauf qu&rsquo;il lui manque l&rsquo;intendance et beaucoup de moyens.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Helal Jelali</strong> *</p>



<span id="more-366623"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Helal-Jelali.jpg" alt="" class="wp-image-311626"/></figure></div>



<p>Que l&rsquo;on soit partisan ou adversaire du président de la république, force est de constater que Kais Saied a bien réussi à créer un vrai climat de confiance entre lui et une écrasante majorité des Tunisiens. Et ceci est une première depuis 2011, il a battu en brèche la défiance qui frappait toute l&rsquo;élite politique.</p>



<p>Deuxième succès, il n&rsquo;a cessé depuis 2019 de donner des coups de griffes au parti Ennahdha, sachant que l&rsquo;impopularité des islamistes s&rsquo;est installée durablement.</p>



<p>Avec l&rsquo;activation de l&rsquo;article 80 de la Constitution et son interprétation personnelle, il est devenu le chef politique dont les pouvoirs ne connaissent aucune limite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un nouveau «récit national»</h2>



<p>Cette situation inédite révèle bien que le président de la république tente, bon gré mal gré, d&rsquo;écrire  un nouveau <em>«récit national»</em> dont il serait le héros et le zaïm, sauveur d&rsquo;un pays à la dérive.</p>



<p>Le processus d&rsquo;<em>«héroisation»</em> se révèle facilement dans la sémantique présidentielle : complots contre sa personne, complots contre le pays, des ennemis souvent non identifiés, danger imminent, effondrement de l’État et des institutions…</p>



<p>Parallèlement, Kais Saied ne ménage pas sa peine pour dire qu&rsquo;il gouverne <em>«par le peuple et pour le peuple»</em>. Il voudrait démontrer, lors des visites à l&rsquo;intérieur du pays, créer cette <em>«fusion populaire»</em> chère à tous les zaïm.<br>Par ailleurs, il a choisi une communication <em>«descendante»</em>, sanctuarisée, et teintée de solennité  autoritaire, qui pourrait se traduire ainsi : <em>«Je vous écoute, mais c&rsquo;est moi qui décide… Nous n&rsquo;avons pas le temps pour un débat  contradictoire»</em>.</p>



<p>La politique de palais est devenue la colonne vertébrale de l&rsquo;action politique. </p>



<p>Son identité politique est un fourre-tout de conservatisme, d&rsquo;idéalisme socialiste et de relents révolutionnaires, ce qui permettrait à chacun de ses partisans d&rsquo;y trouver son compte. En politique  Kais Saied ratisse large pour contenter tout le monde.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le peuple trahi par son élite</h2>



<p>Avec le recours à la rhétorique guerrière de «missiles juridiques» contre les adversaires politiques  et les corrompus, le processus d&rsquo;«héroisation» devient plus actif auprès d&rsquo;un auditoire tout acquis à  sa cause. C&rsquo;est la condition nécessaire pour l&rsquo;établissement d&rsquo;un consensus plébiscitaire, doublé  d&rsquo;une bienveillance de bon père du peuple, un peuple trahi et désespéré par son élite, fatigué par dix ans de promesses évaporées et qui cherche le salut et le sauveur.</p>



<p><em>«Il est des nôtres»</em> : ainsi s&rsquo;est popularisée l&rsquo;image de Kais Saied. Il prend son café dans les quartiers populaires, fait la queue chez le boulanger, et accroche derrière son bureau sa photo avec des potières. Pas de photo de Mendès-France comme jadis Habib Bourguiba ou celle de Barak Obama pour Béji Caïd Essebsi.</p>



<p>En clair, Kais Saied voudrait devenir un zaïm. Mais à ce desiderata, il manque l&rsquo;essentiel, l&rsquo;intendance. Goethe, qui était un grand écrivain, mais aussi un visionnaire politique, écrivait : <em>«Un grand homme attire les meilleures personnes et sait comment les lier ensemble»</em>. Le président  de république donne l&rsquo;image d&rsquo;un solitaire qui se méfie de tout le monde : pas de parti politique, pas d&rsquo;activation des corps intermédiaires, relation distante avec la société civile, méfiance vis-à-vis des médias… Cette attitude ne cesse de brouiller son image et de le desservir même auprès de ses partisans.</p>



<p>Le leadership ne pourrait s&rsquo;accomplir sans des relais puissants, indéfectibles, et surtout visibles.</p>



<p>Étrangement, sa communication reste rudimentaire pour ne pas dire nulle. Ignore-t-il que les médias participent aussi à la sédimentation de l&rsquo;identité politique du leader? Qu&rsquo;auraient été Nasser sans le journaliste Hassanine Haykal, sans <em>Al-Ahram</em> et la radio <em>Sawt Al Arab</em>… ou De Gaulle sans <em>Le Figaro</em> ou <em>France-Soir</em>?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Face au défi économique  </h2>



<p>Autre condition : l&rsquo;action politique devrait être suivie de résultats tangibles et indiscutables. </p>



<p>Enfin, pas de zaïm sans un projet économique et social viable. Si le diagnostic de Kais Saied est perçu comme juste, le peuple ne voit pas encore la lueur de sa fameuse <em>«nouvelle construction»</em> (<em>«Al-binaa Al-jadid»</em>) dont parlent ses partisans, simple slogan ou serpent de mer. </p>



<p>Une question  reste posée : l&rsquo;époque des leaders et des zaïm n&rsquo;est-elle pas révolue? Le temps présent n&rsquo;est-il pas celui des dirigeants managers, gestionnaires et pragmatiques? La <em>«peopolisation»</em> éphémère des réseaux sociaux n&rsquo;a-t-elle démoli l&rsquo;ancien monde des leaders charismatiques ?</p>



<p>À tort ou à  raison, l&rsquo;économie est devenue la mère de la politique et non le contraire… Ce que Kais Saied, qui a jusque-là négligé l&rsquo;économie, va être bientôt obligé d&rsquo;admettre, d&rsquo;autant que la crise économique et financière où se morfond la Tunisie ne cesse de s&rsquo;aggraver.</p>



<p><em>* Ancien journaliste tunisien basé à Paris.  </em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



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		<title>Tunisie : Petit dictionnaire de la fourberie politique</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Jul 2021 08:41:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Je n&#8217;ai pas le génie de Jean de La Bruyère pour écrire  »Les caractères ou les mœurs de ce siècle ». Cependant et néanmoins, depuis mon retour en Tunisie en 2017, je découvre, sur la scène politique tunisienne, des personnalités assez fantasques qui me font penser presque tous les jours à Molière, Jean de la Bruyère et...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/07/Kalila-wa-Dimna.jpg" alt="" class="wp-image-356931" width="626" height="380"/><figcaption><em>Miniature persane représentant une scène de l&rsquo;ouvrage classique d&rsquo;Ibn Al Mouqafaa « Kalila wa dimna », ou la politique comme un bestiaire. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Je n&rsquo;ai pas le génie de Jean de La Bruyère pour écrire  »Les caractères ou les mœurs de ce siècle ». Cependant et néanmoins, depuis mon retour en Tunisie en 2017, je découvre, sur la scène politique tunisienne, des personnalités assez fantasques qui me font penser presque tous les jours à Molière, Jean de la Bruyère et bien sûr Abdallah Ibn Al-Muqaffa et son  »Kalila Wa Dimna »&#8230;</em></strong></p>



<p>Par <strong>Helal Jelali</strong> *</p>



<span id="more-356930"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Helal-Jelali.jpg" alt="" class="wp-image-311626"/></figure></div>



<p>Savez-vous pourquoi le dinosaure avait disparu? Paraît-il, parce qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas fait de formation continue&#8230; Mes personnages sont vraiment des génies dans ce domaine.</p>



<p>J&rsquo;ai rencontré celui qui se présente Nahdhaoui, le matin, et puis Frontiste à midi et Nidaiste le soir&#8230; Le pauvre, il faut bien qu&rsquo;il améliore son sort&#8230;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le bal des intrus</h2>



<p>Les vestes ne coûtent pas cher à la friperie, certains les changent selon la situation. Petite remarque, ces vestes sont toujours mal repassées&#8230;</p>



<p>Il y a l&rsquo;islamiste <em>«global»</em>, l&rsquo;islamiste <em>«total»</em>, ou totalitaire, avec une parure de piété et d&rsquo;humilité sortie des temps anciens. L&rsquo;islamiste politique est, quant à lui, souvent un honnête commerçant, très discret dans ses affaires et la barbe bien taillée. Il vous offre un visage bienveillant pour vous inviter à lui faire confiance.</p>



<p>Chez les islamistes démocrates ou ceux qui rêvent de le devenir, vous avez peut-être découvert les intrus et les<em> «entristes»,</em> spécialité du Léninisme Il sont très facile à repérer : psycho-rigides et agités, leur discours est construit sur l&rsquo;enfumage et l&rsquo;esquive et leur analyse n&rsquo;a recours qu&rsquo;aux comparaisons.</p>



<p>Nous avons les flagorneurs, ils étaient nombreux au temps de Béji Caïd Essebsi, même au Palais de Carthage – les <em>«tabala», «bandara»</em> ou <em>«qaffafa»</em> en tunisien –. Leur spécialité: protéger le chef mais profiter au maximum des privilèges.</p>



<p>Méfiez-vous de certaines personnes qui prononcent 20 fois la minute le mot «qanoun» (loi), ce sont les premiers à la transgresser&#8230;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les nouveaux Bourgeois Gentilhommes</h2>



<p>Ceux qui font légion depuis quelques années : ce sont ceux qui disent le contraire de ce qu&rsquo;ils font et se font passer pour ce qu&rsquo;il ne sont pas : comme Monsieur Jourdain, ils échouent dans tout ce qu&rsquo;ils entreprennent, mais ils crient après leurs échecs: <em>«Nous avons gagné… nous avons gagné&#8230;»</em> Depuis dix ans, il n&rsquo;arrêtent pas de gagner&#8230; des sous et des privilèges.</p>



<p>Vous avez l&rsquo;homme des médias qui attaque un gendre bien connu sur la place publique le matin, et le retrouve le soir dans un salon privé d&rsquo;un bel hôtel.</p>



<p>Les meilleurs à découvrir, ce sont les spécialistes des colloques et des séminaires dans les beaux hôtels de Hammamet&#8230;Tous frais payés pour un bon week-end de préférence en célibataire, sait-on jamais , si la pêche pourrait rapporter&#8230;</p>



<p>Et les complotistes, pour qui la faute est toujours imputés aux autres: les Américains, les Européens, les Turcs et les autres, notre pays va mal à cause d&rsquo;eux. Ceux-là se prennent pour des spécialistes de la politique internationale, mais à part le papier journal du poissonnier, leurs doigts n&rsquo;avaient jamais touché un&nbsp;<em>newspaper</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Rcdiste caméléon</h2>



<p>Mais alors&#8230; Mais alors? Le comble, c&rsquo;est ce célèbre Rcdiste qui, au lendemain du départ de son big boss en Arabie saoudite, a débarqué au bureau avec un petit tapis pour faire ses prières les portes de son  bureau grandes ouvertes. Ici, je ne peux qu&rsquo;apprécier Spinoza qui avait écrit que <em>«le repentir est une seconde faute».</em></p>



<p>Comment peut-on faire des études de relations internationales à Genève, être diplômé de droit de l&rsquo;université de la Haye et du Wisconsin, fonctionnaire onusien, ministre de la Défense et des Affaires Étrangères de Ben Ali et terminer sa carrière à courber l&rsquo;échine devant un chef islamiste pour un poste de ministre&#8230; Le vertige de l&rsquo;ambition ou la chute d&rsquo;Icare ? <em>«Rien de plus pathétique que le dérisoire»,</em> aurait répété Lamartine.</p>



<p>Je compatis avec les samaritains, envahis par des généreux donateurs qui sur les chemins des douars roulent en Porsche, avec un pantalon de golf, pour embrasser ces vieilles paysannes et leur exprimer tout son soutien. L&rsquo;exhibition n&rsquo;a rien à voir avec le marketing politique. Je commence à croire que ce sont ces pauvres paysannes qui soulagent la bonne conscience du propriétaire de la Porsche. Histoire de contre-transfert psychanalytique. Au secours, Monsieur Freud&nbsp;!</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les maréchaux de pacotille</h2>



<p>Depuis l&rsquo;indépendance, nous avons une doctrine qui a nourri plusieurs générations de politicards: celle de l&rsquo;«isteblah»: considérer le peuple comme un troupeau d&rsquo;imbéciles, lui asséner des mensonges présentés comme des vérités divines. Dans ce chapitre, comme au cirque, vous avez sûrement découvert des clowns, des jongleurs et des prestidigitateurs.</p>



<p>Depuis quelque temps, vous avez sûrement découvert sur vos écrans les goujats, souvent méchants et violents. N&rsquo;ayez pas peur, ce sont des coqs de villages qui se prennent pour des Rambo. C&rsquo;est bien connu, <em>«en temps de paix, le mercenaire se dérobe, en temps de guerre, il déserte»</em>, disait Machiavel</p>



<p>Nous avons tous étudié au lycée Anatole France, rappelez-vous qu&rsquo;il disait: <em>«La violence est le dernier refuge de l&rsquo;incompétence».</em></p>



<p>Monsieur Molière, la Tunisie t&rsquo;exprime toute sa gratitude et sa reconnaissance pour avoir écrit <em>« Les fourberies de Scapin », « Le politicien malgré lui », </em>mais non excusez-moi, <em>« Le médecin malgré lui », « Le bourgeois gentilhomme » , </em>et surtout <em>« Le tartuffe », </em>ce faux dévot, imposteur professionnel. M. Molière, la Tunisie te remercie, parce que tes spectacles sont du théâtre «vivant» chez nous, bien qu&rsquo;il soit tristement vivant&#8230;</p>



<p>L&rsquo;ancien ministre français Edgar Faure, surnommé la girouette, pensait qu&rsquo;<em>«il est indispensable de distiller un peu de vérité pour faire passer un gros mensonge.»</em> Certains des nôtres ont ouvert une académie pour enseigner cette stratégie.</p>



<p>Vous pouvez vous amuser avec la race des voltigeurs&nbsp;: une année à Nidaa Tounes, une deuxième à Qalb Tounes, et une troisième année à Tahya Tounes&#8230; Ces personnages ont un pressing à la place de la cervelle. Généralement à table, ils ne mâchent pas les morceaux de pain ou de viande, mais les avalent directement comme les reptiles. Ils ramassent les chips de fin de soirée et les cachent&nbsp;dans leur cartable&#8230;</p>



<p>Enfin, quelques notables, vrais connaisseurs des sciences administratives, comme disait Coluche «Même dans le désert, ils trouvent le moyen de manquer de sable». Ils sont spécialisés dans le mille-feuilles administratif. Pour eux, la faute est à ces politiques&#8230; Mais attendez, revenez demain&#8230;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les tricheurs de la mémoire et de l&rsquo;histoire</h2>



<p>Terminons avec quelques cas de nostalgiques bien affectueux du bourguibisme. Ils me rappellent Mme Bovary, ils mélangent la réalité et le désir romanesque. Depuis une année, ces nostalgiques nous racontent que le <em>«zaim»</em> était un grand diplomate&#8230; Non, mais arrêtons. «Si Lahbib» était un des rares leaders du tiers-monde à soutenir les Américains dans la sale guerre du Vietnam dans les années 1970. Dans l&rsquo;affaire de la base militaire française de Bizerte, aux Nations Unis, les Américains se sont abstenus&#8230; Pas de soutien à la diplomatie du Combattant Suprême à cause de ses sautes d&rsquo;humeur et son instabilité. «Si Lahbib» avait des rapports houleux avec Boumediene, Kadhafi, Nasser, considérés par lui comme des pro-Soviétiques. Il critiquait ouvertement, sans retenue diplomatique, les rois et émirs du Golfe. Presque zéro investissement étranger dans les années de collectivisme d&rsquo;Ahmed Ben Salah, son super-ministre de tout. La démarche mémorielle n&rsquo;est pas l&rsquo;Histoire.</p>



<p>Comme en amour, le dépit et le ressentiment rendent aveugles ces nostalgiques, et parfois tricheurs&#8230; tricheurs avec leur&nbsp; propre histoire et leur propre mémoire.&nbsp;</p>



<p>Enfin , devrions-nous pleurer ou rire devant de tels spectacles? Peut-être les deux à la fois. Un éminent neurologue nous a appris que les deux émotions sont localisées dans la même zone du cerveau et c&rsquo;est cette équation émotionnelle qui a fait tout le succès de Molière&#8230; et de Walt Disney aussi. Sauvons au moins notre humour, seul gardien de notre élégance du désespoir.</p>



<p>* <em>Ancien journaliste basé à Paris. </em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



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<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="VxKhBaufO8"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/14/tunisie-au-dela-des-lamentations-nous-sommes-tous-responsables-du-gachis-actuel/">Tunisie : Au-delà des lamentations, nous sommes tous responsables du gâchis actuel</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Au-delà des lamentations, nous sommes tous responsables du gâchis actuel » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/14/tunisie-au-dela-des-lamentations-nous-sommes-tous-responsables-du-gachis-actuel/embed/#?secret=uTcnXjEPmO#?secret=VxKhBaufO8" data-secret="VxKhBaufO8" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="R32dclnq4u"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/06/tunisie-la-grande-confusion-entre-democratie-et-pluralisme/">Tunisie : la grande confusion entre démocratie et pluralisme</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : la grande confusion entre démocratie et pluralisme » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/06/tunisie-la-grande-confusion-entre-democratie-et-pluralisme/embed/#?secret=GKO46kjK1p#?secret=R32dclnq4u" data-secret="R32dclnq4u" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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		<title>Tunisie-Egypte : L’autre façon de faire de la diplomatie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/02/tunisie-egypte-lautre-facon-de-faire-de-la-diplomatie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 May 2021 08:45:16 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Mohamed Ben Salmane]]></category>
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		<category><![CDATA[Soudan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Parmi les rares visites du président Kais Saïed à l’étranger, celle au Caire a soulevé plusieurs controverses. Oscillant entre des admirations sans réserve et des condamnations sommaires, ces controverses incitent à réfléchir au contexte, implications et objectifs de cette visite. Les réactions injustement condamnatoires ou exagérément admiratives se sont succédé sans pour autant donner justifier...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/04/Saied-Al-Sissi-2.jpg" alt="" class="wp-image-345425"/><figcaption><em>Kaïs Saïed &#8211; Abdelfattah Al-Sissi : les intérêts tuniso-égyptiens bien compris. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Parmi les rares visites du président Kais Saïed à l’étranger, celle au Caire a soulevé plusieurs controverses. Oscillant entre des admirations sans réserve et des condamnations sommaires, ces controverses incitent à réfléchir au contexte, implications et objectifs de cette visite. Les réactions injustement condamnatoires ou exagérément admiratives se sont succédé sans pour autant donner justifier de telles positions extrêmes. Il serait donc important de procéder à une évaluation sereine aux significations et aux potentielles répercussions de cette visite d’Etat.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Maître Taoufik Ouanes </strong>*</p>



<span id="more-347632"></span>



<p>Réduire cette visite à une volonté de coordination sécuritaire anti-islamiste entre la Tunisie et l’Egypte ne peut qu’émaner d’une volonté de dénigrement malsain. Superficiellement et à première vue, il est étonnant de noter que, dans les deux pays, cette position soit prise à la fois par les islamistes et les anti-islamistes. Pour les islamistes, cette visite ne vise que des objectifs de coopération entre les services renseignements des deux Etats afin d’intensifier la répression des citoyens d’obédience islamiste. Pour beaucoup de ceux qui prétendent un certain progressisme cette visite n’est autre qu’une expression d’un opportunisme réactionnaire qui met en scène deux chefs d’Etat, l’un est autoritaire, l’autre démagogue.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Islamisme politique et gauchisme dogmatique</h3>



<p>De telles évaluations du sommet entre Kaïs Saïed et Abdelfattah Al Sissi illustrent les a priori de deux idéologies quand bien même antinomiques peuvent aboutir aux mêmes conclusions; à savoir l’islamisme politique et le gauchisme dogmatique.</p>



<p>Rien que de ce fait, cette double position condamnatoire de cette visite ne peut que perdre de sa crédibilité.</p>



<p>À l’opposé, l’encensement inconditionnel et préalable de cette visite appelle à une analyse de ses tenants et de ses aboutissants et une évaluation minutieuse de ses répercussions, de son suivi et de sa mise en œuvre.</p>



<p>Certes, les questions du terrorisme et de l’islamisme politique demeurent des soucis communs pour la Tunisie et l’Egypte. Cependant, ces deux éléments sont insuffisants pour comprendre les relations entre les deux pays surtout dans le contexte politique et stratégique régional. Indéniablement, ce contexte connait, depuis quelques semaines, une significative mutation.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’évolution du dossier libyen en point de mire</h3>



<p>Pour faire court, l’élection de Joe Biden à la présidence américaine constitue le repère dans le temps de cette mutation. Son impact s’est très rapidement fait sentir, en premier lieu sur le dossier Libyen. Pour des raisons géographiques, humaines et économiques évidentes, ni la Tunisie ni l’Egypte ne peuvent ignorer la récente évolution de la situation en Libye.</p>



<p>Quoiqu’encore fragile les changements intervenus en Libye pourraient connaître une accélération positive d’ici la fin de cette année. Tous deux limitrophes de la Libye, la Tunisie et l’Egypte se devaient donc naturellement se consulter sur leurs intérêts respectifs dans ce pays.</p>



<p>Contrairement à ce qu’était la situation auparavant, ces intérêts doivent éviter de retomber dans la concurrence effrénée et sérieusement réfléchir dans une perspective de complémentarité. Ceci est d’autant plus nécessaire que plusieurs autres intérêts et d’autres intervenants (Turquie, Russie, Qatar, France, Italie et bien d’autres) se bousculent au portillon des ressources en hydrocarbures et des projets de reconstruction de la Libye.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Relecture nouvelle de la situation géopolitique régionale</h3>



<p>Par ailleurs, les relations géopolitiques dans le monde arabe sont en train d’être impactées par une évidente baisse du soutien des Etats-Unis au Prince héritier de l’Arabie Saoudite, entre autres dans sa guerre absurde et cafouilleuse au Yémen ou son impunité dans l’affaire Khashoggi.</p>



<p>Sentant l’évolution de la position américaine, Mohamed Ben Salmane a œuvré pour mettre fin au conflit avec le Qatar et cherche à se dégager du bourbier militaire du Yémen offrant même un cessez-le feu que les Houthis se sont payé le luxe de décliner. Encore plus significatif, il commence depuis quelques jours à citer l’embrouille avec l’Iran en indiquant qu’il pourrait faire la paix et améliorer les relations avec ce pays. Il est également important de noter que la vague d’empressement de certains pays arabes à «normaliser» leurs relations avec Israël connaît une véritable sourdine.</p>



<p>Tous ces changements successifs et rapides poussent à une relecture nouvelle de la situation géopolitique régionale.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’importante question des eaux du Nil</h3>



<p>Dans cette perspective et même si c’est encore en état de prémisses, l’Egypte semble procéder à une réadaptation de sa stratégie politique. Cette réadaptation semble aller beaucoup au-delà des relations économiques et financières de l’Egypte, surtout avec les pays du Golfe. La première cause nationale de l’Egypte qu’elle n’a de cesse de défendre depuis plus d’une décennie concerne la gestion et la répartition distribution et des eaux du Nil, nerf de la vie depuis des millénaires.</p>



<p>Découvrant le royaume des pharaons, le voyageur grec Hérodote, écrivit il y a 2500 ans que <em>«L’Égypte est un don du Nil»</em>, il en demeure toujours ainsi. Pour l’Egypte, les eaux du Nil est une question vitale. Les 100 millions d’Égyptiens reçoivent du Nil 90% de leurs ressources en eau.</p>



<p>Tout comme pour tous les cours d’eaux dans le monde, un contrôle ou une réduction, par un ou plusieurs pays de l’amont, pourrait avoir de graves conséquences pour les pays en aval. Il en est ainsi pour l’Egypte et le Soudan s’agissant des eaux du Nil.</p>



<p>C’est pour cela que la communauté internationale a conclu sous l’égide de l’Onu la <em>«Convention sur le droit relatif aux utilisations des cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation»</em> entrée en vigueur le 17 août 2014. Cette convention contient des principes généraux sur l’utilisation et la répartition équitables et raisonnables des eaux auxquels sont tenus les Etats limitrophes des cours d’eaux et de leurs confluents. Ces critères<em> «équitable et raisonnable»</em> doivent être évalués en fonction de différents facteurs pertinents tels que la géographie, les besoins économiques et sociaux, la population, la conservation et protection des eaux, etc. Cette convention contient une obligation à la charge des Etats de coopérer et d’échanger les données et les informations.</p>



<p>À la marge de tous ces principes et profitant de l’effervescence révolutionnaire en Egypte en 2011, l’Ethiopie a commencé à construire le gigantesque barrage de la «Renaissance» sur le bras éthiopien du Nil bleu. Le chantier a été mené <em>«tambour battant» </em>avec les encouragements et le soutien d’Israël et un financement substantiel de la Chine. Toutes les tentatives pour mettre sur pied un système conventionnel entre les Etats concernés pour limiter ou gérer les conséquences de l’édification de ce barrage (surtout sur le Soudan et l’Egypte) n’ont pas abouti.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’eau du Nil est une légitime cause pour l’Egypte</h3>



<p>Ce barrage est devenu donc du domaine du<em> «fait accompli»</em> faisant de sa prochaine mise en fonction et surtout ses phases de remplissage, un danger imminent pour l’Egypte. Ce danger est double. Le premier danger est que le barrage ait été érigé sur un terrain en pente qui accuse une inclinaison géographique suffisamment dangereuse pour qu’en cas d’accident ou de rupture, les conséquences humaines, économiques et écologiques sur les pays en aval (Soudan et Egypte) pourraient être cataclysmiques. L’autre danger, moins spectaculaire mais également dévastateur, c’est que toute réduction substantielle de la quantité d’eau du Nil pour l’Egypte sera dramatique pour le climat, l’énergie hydraulique et surtout l’agriculture vivrière de l’Egypte. Ceci est d’autant plus vrai que du fait de la construction du barrage éthiopien, une grande partie du limon (ensemble de particules de terre mêlées de débris organiques extrêmement fertilisant) se déposera au fond du barrage. Toute la vallée du Nil en Egypte sera ainsi privée d’une grande partie cet important fertilisant naturel.</p>



<p>Il ressort de tout ce qui précède que l’Egypte a une véritable et légitime cause à défendre. Cette cause revêt clairement un caractère de sécurité nationale car son enjeu concerne la survie même du plus large spectre de la population égyptienne en plus d’un important secteur de son économie. C’est pour cela que l’Egypte l’a placé en priorité de son agenda politique de ces dernières années. L’Egypte vient d’entamer une grande action diplomatique internationale avec l’objectif d’amener les Etats concernés et surtout l’Ethiopie à adopter une position de coopération positive et en conformité avec les principes du droit international et de l’équité entre pays limitrophes du Nil.</p>



<p>La Tunisie est actuellement membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies et pourrait, en cette qualité, jouer un rôle important dans la promotion des justes revendications égyptiennes. Ceci qui explique dans une très large mesure l’invitation adressée au président tunisien pour une visite d’Etat au Caire.</p>



<p>Le déroulement et les résultats de cette visite ont démontré que son moment fort a été l’expression, au plus haut niveau, de la solidarité de la Tunisie avec l’Egypte sur ce dossier. Certes, la coordination sécuritaire est un domaine usuel des relations interétatiques. Mais une telle coordination se réalise en général au niveau technique et d’une manière plutôt discrète. Il n’est ni utile ni usuel de recourir au formalisme et au protocole des visites d’Etat pour une telle fin.</p>



<p>Procédure exceptionnelle dans les pratiques des relations internationales, les visites d’Etat ne se justifient que pour les plus grands enjeux. Vouloir décrire la visite du président Saïed sous la vision réductrice de l’aspect sécuritaire relève ou bien d’une ignorance des modalités des relations entre Etats ou bien alors d’une volonté de dénigrement mal intentionnée.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Bourguiba-Nasser.jpg" alt="" class="wp-image-347633" width="500"/><figcaption><em>Nasser &#8211; Bourguiba  une entente fondée sur les intérêts des deux pays malgré une divergence idéologue entre les deux hommes. </em></figcaption></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading">Nouvelle ère pour la diplomatie arabe </h3>



<p>Depuis presqu’un siècle, les relations interarabes se sont malheureusement inscrites dans le registre de l’antagonisme idéologique et les conflits politiques. Les manifestations publiques de ces relations ont souvent tourné au show creux et futile et quelques fois dangereux. Ce n’est qu’à de rares occasions que la diplomatie entre les Etats arabes, aussi bien bilatérales que multilatérales, n’a obéi que rarement à la logique des impératifs de la solidarité réelle et de défense efficiente des intérêts vitaux communs ou respectifs. Le seul exemple (ou presque) qui nous vient à l’esprit est le soutien franc et fort du Président Nasser à la Tunisie contre la France dans la crise de Bizerte (1960-1963).</p>



<p>À l’époque, tout opposait Bourguiba et Nasser; l’idéologie, les alliances internationales et les méthodes de gouvernement. Sans états d’âme, Nasser avait alors, publiquement et sincèrement, soutenu la Tunisie car, pensait-il, et à juste titre, il s’agissait d’une question de décolonisation et de souveraineté nationale de la Tunisie. Toutes les considérations de concurrence de leadership ou d’antagonisme idéologique se sont alors littéralement évanouies.</p>



<p>Avec de très rares exceptions, la diplomatie interarabe se résumait à provoquer des conflits pour, par la suite, prétendre vouloir les résoudre. En réalité, cette pratique diplomatique a presque toujours visé et souvent abouti à se liguer les uns contre les autres. Trop de moyens indignes ont été utilisés; le clientélisme politique, idéologique, militaire ou financier dégénérait quelques fois en menaces et même en guerres. Le concept de solidarité dont ne cessent de se gargariser les dirigeant arabes n’était au fond qu’un leurre pour leurs peuples.</p>



<p>Il est grand temps que cette diplomatie soit profondément refondée pour incarner une véritable vision de solidarité moderne et loyale. Bien comprise, cette nouvelle façon de faire la diplomatie interarabe créera certainement d’importants espaces appropriés pour promouvoir les intérêts aussi bien individuels que collectifs des Etats arabes.</p>



<p>C’est sous cet angle et en excluant toute interprétation tendancieuse ou étroite que la visite du président tunisien en Egypte doit être comprise et évaluée.</p>



<p>* <em>Ancien diplomate à l’Onu, avocat aux barreaux de Tunis et de Genève.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis :</em></h4>



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		<title>Le poème du dimanche : ‘‘Retour à la mer’’ de Fadwa Touqan</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Jan 2021 08:00:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Fadwa Touqan]]></category>
		<category><![CDATA[Ibrahim Touqan]]></category>
		<category><![CDATA[Moshé Dayan]]></category>
		<category><![CDATA[Naplouse]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Poétesse célèbre dans tout le monde arabe, Fadwa Touqan est la voix majeure de la poésie palestinienne. Née le 1er mars 1917 à Naplouse, elle est morte le 12 décembre 2003 à l’hôpital de cette même ville des suites d’une attaque cérébrale. Sœur du grand poète Ibrahim Touqan, considéré comme le fondateur de la littérature...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/01/Fadwa-Touqan.jpg" alt="" class="wp-image-330593"/></figure>



<p><strong><em>Poétesse célèbre dans tout le monde arabe, Fadwa Touqan est la voix majeure de la poésie palestinienne. Née le 1er mars 1917 à Naplouse, elle est morte le 12 décembre 2003 à l’hôpital de cette même ville des suites d’une attaque cérébrale.</em></strong></p>



<span id="more-330592"></span>



<p>Sœur du grand poète<strong> </strong>Ibrahim Touqan, considéré comme le fondateur de la littérature palestinienne, qui l’initie à la poésie et lui apprend les règles de la prosodie arabe classique, ses premiers écrits sont des élégies funèbres, où elle conjugue au féminin les thèmes du romantisme: la nature, l’amour, la solitude, la tristesse, le désarroi, etc. Après la guerre des Six Jours de 1967 et l’occupation de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza, sa poésie s’oriente vers des thèmes plus nationalistes.</p>



<p>Dans son autobiographie <em>‘‘Le Rocher et la peine’’</em>, elle raconte l’histoire émouvante de son enfance et de son adolescence enfermées dans la rigidité des règles familiales : <em>«Mon histoire, c’est l’histoire de la lutte d’une graine aux prises avec la terre rocailleuse et dure. C’est l’histoire d’un combat contre la sécheresse et la roche»</em>. Elle précise que son temps «était celui de l’asservissement» et son espace <em>«celui de la prison domestique»</em>, faisant ainsi allusion à son enfance difficile d’enfant non désiré dans une famille traditionnelle, avec un père despotique, qui l’a empêchée de poursuivre ses études, et une mère soumise. C’est ce qui l’a poussée à fuir le diktat paternel pour aller étudier à Oxford, en Grande-Bretagne, à devenir une féministe engagée et à fonder, plus tard, à Naplouse, un Centre de recherche sur la situation des femmes.</p>



<p>Dans le deuxième volume de ses mémoires intitulé<em> ‘‘Le Cri de la pierre’’</em>, Touqan évoque ses rencontres, notamment avec Moshé Dayan – qui la convoqua après avoir entendu parler de ses livres et des lectures qu’elle donnait lors de réunions secrètes –, ou avec Nasser, qui demanda aussi à la rencontrer. Elle y parle également de son espoir en une paix durable, et de ses amis, Palestiniens et Israéliens, et de la compréhension et du soutien qu’ils lui ont témoigné.</p>



<p>Dans ses poèmes de luttes (tel<em> ‘‘Les Martyrs de l&rsquo;Intifada’’</em>), la poétesse décrit les souffrances de son peuple et la dureté de l&rsquo;occupation. Dans son poème intitulé <em>‘‘La Nuit et les Cavaliers’’</em> elle écrit : <em>«Il me suffit de mourir dans mon pays, d’y être enterrée, de m’y dissoudre et m’anéantir.»</em></p>



<p><em>Île où rêvent nos rêves;<br>Laisse-nous partir.<br>Délivre-nous de tes appels,<br>Scintillant mirage,<br>Fils de lumières si transparents,<br>Qu’ils nous ont pris au piège<br>Et jetés au désert.<br>Île absurde où rêvent nos rêves,<br>Tu nous as perdus.</em></p>



<p><em>Lorsque nous apparut ton ombre fraîche,<br>Nous avons dit: terre!<br>Voici l’invitation au repos,<br>Et de nos pas la récompense.<br>Ici nous entrons dignes et sauvés.<br>Ici nous déposons notre fardeau,<br>Et le chagrin de tant d’années.<br>Nous avons dit: Ici, notre âme oubliera.<br>Nous avons dit, nous nous sommes dit…<br>Le vert des prairies battait sous notre espoir.<br>Dieu! comme c’est beau l’espoir<br>Pour ceux qui errent au long des routes,<br>Pour ceux qui marchent la nuit sans compagnon.<br>Nous avons dit, nous nous sommes dit…<br>Ah, belle tromperie! Eclatante illusion!<br>Quand sur toi nous avons jeté l’ancre,<br>Nous rêvions.</em></p>



<p><em>D’abord, nous avons ramassé les pas perdus de notre vie.<br>Nous avons labouré, pour nos semences, les sillons de l’amour.<br>Nous y avons planté les désirs, l’amour<br>Frais, les nostalgies.<br>Mais la semence, nous l’avions jetée dans le sel.<br>Nous nous sommes trompés, entends-tu?<br>Nous avons jeté la semence<br>Dans les entrailles stériles de la terre.<br>Île où demeurent nos rêves,<br>Renonce à te nourrir de nos vains désirs<br>Et de nos vies.<br>Garde pour d’autres ta profusion,<br>Les méandres de l’ombre et de l’eau.<br>Déjà nous te tournons le dos.<br>L’espoir s’est tari en nos cœurs.</em></p>



<p><em>Rivages aux folles couleurs: adieu!<br>De nouveau, notre voilier se livre aux mains du vent.<br>Par lui nous porterons errance et perdition<br>-ô errance ô perdition-<br>Sur la mer hurlante et sans fond.<br>Nous combattrons la démesure des vagues.<br>Là nous offrirons nos vies.<br>À la mer nous laisserons nos vies en holocauste,</em><br><em>Et ce dernier combat.<br>Là prendront racine notre errance, notre destinée,<br>Pour s’affronter.<br>Là, au secret de notre sein nous mêlerons<br>Orgueil et blessures.</em></p>



<figure class="wp-block-embed-wordpress wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<figure class="wp-block-embed-wordpress wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="M85TVR4fbq"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/12/13/le-poeme-du-dimanche-le-cholera-de-nazik-al-malaika/">Le poème du dimanche : ‘‘Le choléra’’ de Nazik Al-Malaika</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Le choléra’’ de Nazik Al-Malaika » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/12/13/le-poeme-du-dimanche-le-cholera-de-nazik-al-malaika/embed/#?secret=As714m3zZu#?secret=M85TVR4fbq" data-secret="M85TVR4fbq" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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