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	<title>Archives des Qoraïch - Kapitalis</title>
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	<title>Archives des Qoraïch - Kapitalis</title>
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		<title>Roman-feuilleton du Ramadan &#8211; «Aux origines de l&#8217;islam» : Un pouvoir oligarchique</title>
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		<pubDate>Thu, 21 Apr 2022 06:22:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Houleuse fut la journée; si elle cristallisa davantage les lignes de fracture traversant la communauté musulmane, elle n’eut pas de suites immédiates. L’acceptation de Talha, dernier conseiller désigné par Omar, conforta le nouveau calife. Par Farhat Othman Au sein de Qoraïch, les partisans d’Ali, tout en regrettant son éviction, respectaient la discipline de leur chef...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/04/Ali-Ibn-Abi-Taleb-1.jpg" alt="" class="wp-image-388404"/><figcaption><em>Ali Ibn Taleb.</em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Houleuse fut la journée; si elle cristallisa davantage les lignes de fracture traversant la communauté musulmane, elle n’eut pas de suites immédiates. L’acceptation de Talha, dernier conseiller désigné par Omar, conforta le nouveau calife.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Farhat Othman</strong></p>



<span id="more-388403"></span>



<p>Au sein de Qoraïch, les partisans d’Ali, tout en regrettant son éviction, respectaient la discipline de leur chef de file. D’autres se dédouanaient de ne pas lui avoir apporté leur soutien en rapportant des propos entendus d’Omar manifestant sa réserve à son égard. Certes, celui-ci ne le croyait pas manquer de talent, de piété ou de justice et de grandeur d’âme ; il en serait même par trop pourvu. Non plus il ne le soupçonnait d’avoir une quelconque incapacité de réussir à plier sa tribu à sa volonté ; bien au contraire, il pensait qu’il était à même de la mener sur la juste voie, contre son gré s’il le fallait.</p>



<p>Cependant, il lui trouvait une tendance à volontiers verser dans une sorte de sottise, quelque chose comme de la stupidité qui entacherait un caractère au demeurant fort appréciable et digne d’éloges. Globalement, Ali était perçu bien plus comme un homme de guerre qu’un politicien. Plus âgé, Othmane semblait avoir plus d’expérience politique. Sa richesse et la noblesse de sa famille, qui lui avaient permis de vivre dans l’aisance, lui apprirent à user de ce qui a toujours fait le succès des hommes en compétition sociale ou politique&nbsp;: largesses et souplesse.</p>



<p><strong>Troisième calife dans l’ordre chronologique, Ali était issu d’Omeyya fils d’Abd Chams, le second fils d’AbdManaf</strong>, dont était issu également Hachem, le grand-père d’AbdAllah, père du prophète. Ce dernier était le fils d’Abd AlMouttalib qui eut aussi, entre autres, Hamza, AlAbbas et Abou Talib, le père d’Ali.</p>



<p>Si avec Abou Bakr et Omar, le califat échut à des clans secondaires de la tribu qoraïchite, l’arrivée au pouvoir d’Othmane permettait à sa principale famille d’en hériter, retrouvant du coup la prééminence qu’elle avait avant l’avènement de l’Islam.</p>



<p>Pour Ali qui avait nourri de la déception et même du ressentiment lorsqu’il fut écarté les deux premières fois de la succession de son cousin prophète, cela fut plus facile à supporter qu’à la troisième fois, le rang mineur des deux clans d’Abou Bakr et d’Omar relativisant leur choix. Il en allait différemment avec Othmane ; son choix était forcément lourd de conséquences. Omeyya était une dynastie habituée à gouverner. Abou Soufiane, son chef, petit-fils d’Omeyya, avait la responsabilité de la bannière de la tribu : AlOukab (l’Aigle).</p>



<p>Ainsi, elle reprenait à la dynastie rivale des Hachémites le pouvoir que cette dernière lui avait ravi à l’avènement de Mohamed. Outre le risque que cette famille ne lâchât plus ce qu’elle pouvait considérer comme son dû, Ali avait la plus grande peur qu’elle retrouvât ses mauvaises habitudes préexistant à l’Islam. Sans sous-estimer les qualités d’Othmane, il craignait qu’il ne fût incapable d’exercer le pouvoir de manière neutre comme ses prédécesseurs en se laissant, du fait de sa généreuse nature, aller à favoriser son clan.</p>



<p><strong>Cette crainte, le responsable du choix du nouveau calife, Abd ErRahmane Ibn Aouf, ne l’avait pas.</strong> Il pensait avoir agi en conscience pour le bien de tous. Othmane, du reste, commença son règne comme il l’annonça dans son discours à la mosquée lors de son investiture. Il y dit, notamment : <em>— Vous êtes dans une demeure temporaire&#8230; Que la vie dissimule de la vanité ! Ne la laissez pas vous duper et ne vous laissez pas gagner par la prétention ! Tirez une leçon de l’exemple de ceux qui sont passés, puis appliquez-vous et ne négligez rien, car Dieu vous a à l’oeil. Où sont passés ceux qui ont honoré la vie terrestre, en ont-ils profité ? Ne les a-telle pas vomis ? Rejetez la vie là où Dieu l’a jetée et recherchez l’au-delà&nbsp;!</em></p>



<p>Quand des faits ultérieurs seront venus donner raison aux appréhensions d’Ali, quand Othmane aura réservé le commandement de la plupart des provinces et la responsabilité des plus importantes charges aux siens, leur distribuant en plus biens et faveurs sur le compte du</p>



<p>Trésor public, Ibn Aouf en sera le premier surpris et marri. Certains ne manqueront pas de venir lui faire des reproches, le considérant, en dernier lieu, le premier responsable de la situation. Aussi, n’hésitera-t-il pas à aller voir l’intéressé et à le blâmer. Le retrouvant chez lui, il le tancera : <em>— Je t’avais choisi à la condition expresse de te comporter avec nous comme le firent Abou Bakr et Omar ; or tu n’as pas suivi leur exemple et tu as privilégié tes gens que tu as imposés aux musulmans.</em></p>



<p>— <em>Omar n’honorait pas sa parentèle et moi je le fais volontiers ; il n’y a pas de mal à cela, répondra Othmane sans sourciller.</em></p>



<p>— <em>Puisqu’il en est ainsi, je jure alors par Dieu de ne plus t’adresser la parole.</em></p>



<p><strong>Même lorsque le calife viendra lui rendre visite sur son lit de mort, il ne daignera pas le regarder </strong>et, le visage détourné vers le mur, ne répondra point à ses souhaits de bon rétablissement.</p>



<p>Othmane répétait volontiers que ses prédécesseurs étaient d’inégalables saints; qu’en ce qui le concernait, il vécut toujours dans l’aisance et disposait de moyens pour profiter de la vie sans toutefois faillir à ses devoirs religieux essentiels. Il assumait aussi la conception ancienne que l’individu n’était rien sans sa famille, hors son clan; il se réclamait de la tradition faisant l’individu redevable aux siens d’aide, de soutien et de privilèges.</p>



<p>La période de grâce dont il disposa les premières années de son règne aussitôt finie, on pointa du doigt sa conduite. On lui reprocha, notamment, d’avoir contredit le prophète en recevant chez lui son oncle AlHakam dont il avait pris le fils pour secrétaire. Le pauvre homme qui allait perdre la vue, sentait sa fin proche et souhaitait mourir à Médine. AlHakam Ibn Al’Ass avait été, en effet, interdit de Médine, exilé à Taèf, et Abou Bakr et Omar respectèrent à la lettre ce bannissement. Le prophète le trouvait impertinent, l’accusant d’espionner sa vie privée, d’en faire matière à gloser, à jaser. En plus de braver cet interdit, on déplora qu’il osât gratifier l’intéressé de sommes prélevées sur l’argent public et ce nombre de fois dont la dernière fut l’offrande du cinquième des richesses obtenues à la suite de la conquête de l’Ifriquiya (la Tunisie actuelle et une bande d’Algérie) qui devait normalement être versé au Trésor. On ne lui pardonna pas non plus de lui avoir donné en fief un terrain que le prophète réserva expressément à l’ensemble des musulmans.</p>



<p>Pareilles pratiques ne se limitant pas à ce familier et touchant la plupart des membres du clan omeyyade, les critiques ne cessèrent de se multiplier. Othmane n’en avait cure. Quand, parmi les protestataires à élever la voix, d’anciens Compagnons du prophète se signalèrent, il n’hésita pas à les bannir de Médine.</p>



<p><strong>L’État musulman commençait de fait à changer profondément. </strong>Après les transformations qui avaient touché son apparence, il passait en profondeur par une pleine mutation. Tout en gardant son imperium, la foi se relâchait ; les mœurs n’étaient pas les seules concernées, le pouvoir lui-même changeait ; hors l’apparence, il s’éloignait de plus en plus de l’humilité des débuts pour se doter des attributs de la puissance que sont l’apparat, les richesses et la terreur.</p>



<p>À Médine, de nouvelles pratiques apparaissaient et le jeu à la mode, malgré les interdits, était la chasse à l’arbalète des colombes. Les poètes osaient recouvrer leur liberté de ton et braver les interdits. L’un d’eux, Abd ErRahmane Al Joumahi, ne manqua pas de stigmatiser ce temps d’Othmane gros de périls sous-jacents :</p>



<p><em>Et, par Dieu, maître des vivants, je le jure bien :</em></p>



<p><em>En pure perte, Dieu ne légua rien.</em></p>



<p><em>Des désordres nous furent créés,</em></p>



<p><em>Toi de nous ou nous, avec toi, pareillement éprouvés.</em></p>



<p><em>Les deux Loyaux avaient pourtant posé,</em></p>



<p><em>Sur le droit chemin, un jalon de vérité ;</em></p>



<p><em>Par ruse, ils ne prirent point de pognon</em></p>



<p><em>Ni ne mirent dans le plaisir le moindre picaillon.</em></p>



<p><em>Toi, tu as donné à Marouane le cinquième revenant aux gens ;</em></p>



<p><em>Qu’il est bien loin de leur exemple ton rang !</em></p>



<p>À suivre&#8230;</p>



<p>*<strong> <em>«Aux origines de l’islam : Succession du prophète, ombres et lumières» ; roman de Farhat Othman, éd. Afrique Orient 2015</em></strong>.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Précédents épisodes: </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="z1oJJ9xH2z"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/19/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-lepreuve-de-la-consultation/">Roman-feuilleton du Ramadan &#8211; «Aux origines de l&rsquo;islam» : L’épreuve de la consultation</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Roman-feuilleton du Ramadan &#8211; «Aux origines de l&rsquo;islam» : L’épreuve de la consultation » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/19/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-lepreuve-de-la-consultation/embed/#?secret=f1brVb2gDh#?secret=z1oJJ9xH2z" data-secret="z1oJJ9xH2z" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="pW18xgtr2Y"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/18/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-le-lourd-heritage-du-pouvoir/">Roman-feuilleton du Ramadan &#8211; «Aux origines de l&rsquo;islam» : Le lourd héritage du pouvoir</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Roman-feuilleton du Ramadan &#8211; «Aux origines de l&rsquo;islam» : Le lourd héritage du pouvoir » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/18/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-le-lourd-heritage-du-pouvoir/embed/#?secret=BK9BxS53sG#?secret=pW18xgtr2Y" data-secret="pW18xgtr2Y" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="KC2VP9J534"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/17/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-la-mort-au-rendez-vous/">Roman-feuilleton du Ramadan «Aux origines de l&rsquo;islam» : La mort au rendez-vous</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Roman-feuilleton du Ramadan «Aux origines de l&rsquo;islam» : La mort au rendez-vous » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/17/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-la-mort-au-rendez-vous/embed/#?secret=ijPrnSG2bt#?secret=KC2VP9J534" data-secret="KC2VP9J534" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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			</item>
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		<title>Roman-feuilleton du Ramadan &#8211; «Aux origines de l&#8217;islam» : Un si court magistère</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Apr 2022 09:52:15 +0000</pubDate>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/04/Grotte-de-Hira-1.jpg" alt="" class="wp-image-387668"/><figcaption><em>La grotte de Hira à La Mecque où le prophète Mohamed reçut la révélation du message divin. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>C’était un chaud mardi, huit jours avant la fin du mois lunaire arabe de joumada 2 (ou joumada dernier) de ce qui n’était pas encore appelé l’an 13 musulman de l’hégire, soit le 22 du mois d’août 634. Alité, Abou Bakr avait perdu son teint blanchâtre, son visage maigre ayant pâli depuis quelques jours. Son front protubérant était plissé, il songeait au passé. Il revoyait tout le chemin parcouru depuis un certain lundi 17 ramadan, autre chaude journée d’août – le 12 – date du début de la Révélation pour le prophète Mohamed.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Farhat Othman</strong></p>



<span id="more-387663"></span>



<p>C’était comme s’il y était, en cette année 610; dans la grotte de Hira, l’une des trois montagnes entourant La Mecque; il revoyait le prophète méditer et il croyait entendre de nouveau la voix de l’archange Gabriel lui dicter la première sourate révélée du Coran : <em>«Lis au nom de ton Seigneur qui a créé ! Il a créé l’homme d’un caillot de sang. Lis ! Ton Seigneur est le généreux qui a enseigné l’écriture ; il a enseigné à l’homme ce qu’il ignorait. Pourtant, l’homme se fait arrogant aussitôt qu’il devient riche ; mais tout revient à ton Dieu. Vois-tu celui qui détourne le fidèle de sa prière ; penses-tu qu’il fût sur le bon chemin ou qu’il recommandât la piété ? Qu’en penses-tu s’il dénie la vérité, lui tournant le dos ? N’ignore-t-il pas que Dieu voit tout ? Nullement ! Et s’il n’arrête pas, on le saisira au toupet, on tirera ce toupet menteur et pécheur. Qu’il appelle alors son cénacle ; nous appellerons les anges justiciers. Non, ne lui obéis point ; prosterne-toi et tu seras à proximité de Dieu».</em></p>



<p>Il avait plein la tête les versets de <em>«Al ’Alaq»</em> (le caillot de sang) et n’entendait pas ce qui se disait autour de lui, ces mêmes propos qu’on avait aussi tenus relativement à une prétendue cause de la mort du prophète. D’après ces mensonges, il en irait pour lui comme pour le prophète qui aurait été empoisonné par un repas préparé un an auparavant par des Arabes juifs et qui ne devait produire son effet qu’au bout de cette période.</p>



<p><strong>Il continuait à remonter le temps et revoyait sa sortie de La Mecque avec le prophète qu’il accompagna seul dans un refuge de montagne.</strong> Les cavaliers de Qoraïch étaient lancés à leur poursuite; ils allaient les découvrir et se saisir d’eux. Il s’en fallut d’une toile d’araignée tissée à l’entrée de la grotte.</p>



<p>Le voici dans cette caverne de Thaour. Sa tête résonnait des versets de la sourate <em>«La Résipiscence»</em> (Attaouba) dominant les longs chuchotements autour de lui : <em>«Et si vous ne le secourez pas, Dieu l’aura déjà secouru quand les infidèles le firent sortir, seul et son compagnon ; et lorsqu’ils étaient dans la grotte, il lui dit de ne point s’affliger, Dieu est bien avec nous. Dieu, alors, fit régner sa sérénité sur lui et le soutint par des alliés demeurés invisibles».</em></p>



<p>Les scènes d’un passé formidable se bousculaient dans une tête de plus en plus alourdie par deux semaines de forte fièvre le clouant au lit. Il revoyait les jours de gloire du prophète et ses batailles gagnées. Le voilà, lors de l’expédition de Hounaïn contre la tribu de Hawazene, descendant de sa jument, l’humeur guillerette, faisant de la prose rimée :</p>



<p><em>Je suis le prophète, et sans malice;</em></p>



<p><em>D’Abd El Mouttalib, je suis le fils.</em></p>



<p><strong>Il le revoyait aussi lors de la bataille perdue d’Ohod, abandonné par ses plus fidèles</strong>; ni Omar ni lui-même ne purent le préserver des stigmates de la guerre. Certes, heureusement, le prophète n’était pas laissé seul ; une poignée de compagnons, courageux ou téméraires, le défendaient, dont Ali. Ce dernier, encore enfant, le précéda dans l’islam avec la toute première épouse du prophète, Khadija.</p>



<p>Mais, après ces deux personnes, Abou Bakr fut la première personnalité de Qoraïch à adhérer à la nouvelle religion et à croire assez tôt tout ce que disait son prophète, ce qui lui valut le surnom qui lui était resté de Très croyant, célébrant cette foi précoce, aussi solide que généreuse, en Mohamed et son Message. Cet homme, il l’admirait beaucoup ; surtout, il admirait son dépouillement extrême qui le fit vivre et mourir dans le dénuement. Les sueurs brûlantes perlant de son front et venant se nicher au profond creux de ses yeux déjà humides d’émotion, il se souvenait que le prophète mourut en laissant sa cuirasse en gage chez un juif auprès duquel il empruntait de quoi nourrir sa famille.</p>



<p>Abou Bakr, le Très croyant, naquit trois ans avant son idole qui vit le jour en ce qu’on appelait l’année de l’éléphant, soit quelque cinquante-cinq années avant ce qui allait devenir l’ère musulmane.</p>



<p><strong><em>Il avait pour prénom Abd Al Kaaba, le serviteur de la Kaaba, jusqu’à ce que le prophète le lui changeât en AbdAllah, </em></strong>Serviteur de Dieu. Son père se prénommait Othmane et était appelé par un surnom, Abou Kouhafa, comme le voulait la tradition chez les Arabes de se doter de surnoms et de s’inventer des sobriquets.</p>



<p>Bien plus qu’Abou Bakr (Père chamelon), il aimait l’autre surnom que lui donna aussi le prophète&nbsp;: Atik (le libéré), magnifiant ainsi son affranchissement par Dieu du feu de l’enfer. Marchand à La Mecque, issu d’une lignée de notables, ses moyens furent de grand secours pour la religion naissante, permettant de racheter certains des premiers croyants martyrisés par leurs maîtres et de leur rendre leur liberté.</p>



<p>Vicaire du prophète de Dieu à la mort de ce dernier, il lui avait succédé depuis deux ans, trois mois et quelque quinzaine de jours. Il avait 63 ans. Il pensait son heure venue non sans s’être dit qu’à cet âge, il aurait dû faire plus attention à ne pas prendre le risque de se laver en un jour de grand froid au point d’attraper la fièvre et de se retrouver grabataire pendant les quinze derniers jours.</p>



<p>Durant toute cette période, ce qui lui pesa le plus était moins la perspective de plus en plus évidente de quitter ce bas monde que l’empêchement d’accomplir son premier devoir de chef de la communauté et de présider la prière.</p>



<p><strong><em>C’est Omar, son fidèle second, qu’il chargea d’y pourvoir depuis le début de sa maladie. </em></strong>En même temps, il lui fit part de son pressentiment qu’il ne survivrait pas à la fin de la journée et, lui rappelant la mort du prophète, il insista pour que la sienne ne l’occupât point ni ne le détournât de suivre de très près l’évolution des guerres d’expansion.</p>



<p>À cette quinzième journée suivant la déclaration de sa fièvre, il ne survécut pas et décéda après le coucher du soleil ; il fut enterré durant la nuit. Transportée sur le lit du prophète, la dépouille mortelle fut placée entre le tombeau de ce dernier et le trône de la mosquée pour une prière funèbre assurée par Omar.</p>



<p>Comme il le leur avait demandé, il a été enveloppé dans un linceul fait de deux vieux manteaux lavés pour la circonstance ;<em> «le vivant a bien plus besoin du neuf que le mort»</em>, leur avait-il dit. Selon son souhait, sa tombe fut creusée à côté de celle du prophète, à la hauteur des épaules duquel on plaça sa tête. En procédant à la prière de la mort, Omar voyait déjà une troisième tombe se creuser dans le même endroit ; il se la destinait, situant l’emplacement de sa tête au niveau des hanches d’Abou Bakr.</p>



<p><strong>Dans la maison d’Abou Bakr, des cris et des lamentations fusèrent</strong>; le traditionnel concert des pleureuses était orchestré par Aïcha. Se conformant aux consignes du disparu, Omar le leur avait pourtant défendu; mais la tradition était plus forte. Aussitôt, Omar alla demander à un familier de lui faire sortir la fille du disparu et n’hésita pas à lever sa badine sur la première qui vint à lui, une sœur d’Abou Bakr; cela suffit pour faire s’éparpiller les pleureuses.</p>



<p>Abou Bakr mourut au même âge que le prophète. Son père, qui lui survécut quelques mois et une poignée de jours, était particulièrement fier de lui ; il n’arrêtait pas de répéter le verset 101 de la sourate <em>«Youssef»</em>, la prière à Dieu qui constitua les dernières paroles de son fils :</p>



<p>— Mon Dieu, «<em>fais-moi mourir en musulman et que je sois en compagnie des vertueux.</em>»</p>



<p>Pendant deux années moins quatre mois, durée totale de son vicariat, le premier calife utilisa le sceau du prophète pour cacheter les actes officiels ; il avait aussi le sien propre portant l’inscription : «Que tout-Puissant est Dieu ! ».</p>



<p>Il fut le premier à se soucier du sort du Coran, pensant en réunir toutes les traces écrites disséminées chez les Compagnons – Émigrants et Renforts – saisies sur des peaux et des omoplates de chameaux, outre ce qui était simplement retenu du Coran par cœur, notamment chez ses lecteurs spécialisés.</p>



<p>Ce fut au lendemain de la rude guerre de Yémama contre Moussaylima le Menteur, qui ravagea les rangs musulmans, faisant périr bon nombre de la fine fleur des Compagnons, qu’il ordonna la réunion de l’ensemble du texte sacré afin de lui éviter tout risque de perte.</p>



<p>De cette mission, il chargea l’un des plus grands Compagnons du prophète et certainement l’un des plus connaisseurs du Coran, puisqu’il était chargé de le rédiger pour le prophète : le Renfort Zayd Ibn Thabit. Chez l’une des femmes du prophète, Hafsa, fille d’Omar, un dépôt en fut alors placé. Avant de s’en aller rejoindre son Dieu, Abou Bakr se soucia aussi de sa succession. Sagement, il prit la précaution de désigner son remplaçant à la tête de l’État musulman naissant.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>À suivre..</strong></p>



<p> <strong><em>«Aux origines de l’islam. Succession du prophète, ombres et lumières», roman de Farhat Othman, éd. Afrique Orient, Casablanca, Maroc, 2015.</em></strong></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Précédents épisodes: </em></h4>



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		<title>Roman-feuilleton du Ramadan : «Aux origines de l&#8217;islam» : Luttes d’influence et guerre de religion (5/5)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Apr 2022 13:25:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Violentes, cruelles même, ces guerres, dites génériquement d’apostasie, durèrent une année entière; comme il y allait de la survivance d’une croyance naissante, les soldats d’Abou Bakr n’avaient aux yeux que le désir irrésistible de protéger cette religion neuve d’un ennemi retors auquel le droit à l’erreur allait être à peine reconnu. Par Farhat Othman On...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/04/Omar-Ibn-Al-Khattab.jpg" alt="" class="wp-image-387255"/><figcaption><em>Omar Ibn Al-Khattab dans une ancienne miniature persane. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Violentes, cruelles même, ces guerres, dites génériquement d’apostasie, durèrent une année entière; comme il y allait de la survivance d’une croyance naissante, les soldats d’Abou Bakr n’avaient aux yeux que le désir irrésistible de protéger cette religion neuve d’un ennemi retors auquel le droit à l’erreur allait être à peine reconnu.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Farhat Othman</strong></p>



<span id="more-387254"></span>



<p>On s’accommoda de mares de sang, un prix élevé certes, mais justifié par les circonstances ; à ce prix allaient être éliminés les chefs renégats les uns après les autres et s’éteindre aussitôt les foyers d’agitation; et on toléra que tombent pour cela de nombreuses victimes, non seulement coupables de ne pas répondre à l’invitation de faire amende honorable, mais soupçonnées aussi de s’y refuser ou même d’hésiter simplement à s’y décider.</p>



<p><strong>C’est sur une vaste étendue boisée, aux arbres fruitiers en abondance, que le comble de l’horreur fut atteint</strong>. Au Yémama, en Arabie centrale, région tenant son nom de celui d’une bédouine aux yeux bleus et à la vue perçante dont la légende remonte à la nuit des temps, finit par périr Moussaylima avec la plupart de ses hommes. Nombre de musulmans, dont notamment pas mal de convertis de la première heure, laissèrent la vie également sur cette terre devenue, en la circonstance, le Verger de la mort.</p>



<p>Et on vit, les mains attachées au cou, certains des renégats les plus réputés traînés à Médine sous les quolibets, n’échappant pas à la vindicte de la populace. Ce fut la fête, pour les les enfants surtout, s’acharnant sur eux avec des queues de palmiers juste le temps avant de les voir finir sur des bûchers, brûlant aux portes de la ville en terrible exemple pour leurs semblables ou qui oseraient suivre leur exemple.</p>



<p>Certes, ils ne le furent pas tous, la solidarité clanique jouant pour certains d’entre eux, leur permettant d’avoir la vie sauve. Ainsi survécut grâce à l’entremise de son clan celui qui fut le dernier à se prétendre envoyé de Dieu durant la vie même du prophète, Tolayha Ibn Khouaylid.</p>



<p><strong>Il est sûr que le soi-disant prophète Moussaylima constitua le plus grave danger menaçant l’islam</strong> en ce moment crucial de son essor ; et le mérite d’en avoir triomphé revint, pour l’essentiel, à un grand homme, un véritable colosse, rompu au métier des armes, qui en avait les mœurs dans le sang : Khalid Ibn Al Walid, l’un des chefs de guerre les plus en vue de la tribu de Qoraïch.</p>



<p>Bien haut de corps, très large d’épaules, une poitrine d’athlète, la barbe fournie et les yeux grands sous des sourcils broussailleux, l’homme a toujours imposé le respect. Premier des cavaliers de sa tribu avant l’islam, il ne se convertit qu’en l’an 8 de l’hégire, dans une démarche commune avec son compère Amr Ibn Al ‘Ass, plus réputé par sa malice et son industrie que par des qualités guerrières pourtant non négligeables.</p>



<p>Par ce ralliement, Khalid entendait apporter sa valeur certaine pour défendre la cause de l’islam aussi vaillamment qu’il l’avait combattue, gagnant rapidement l’estime du prophète. Il avait pourtant de l’ostentation dans le port de ses innombrables qualités, plus naturelle qu’affectée certes, lui venant d’une façon d’être familiale de tradition; cela aurait pu le déconsidérer auprès de ce prophète qui prêchait une humilité totale qu’il incarnait à la perfection. Cependant, il n’en fit rien, même s’il lui arriva de ne pas cacher un certain agacement de son comportement emporté, excessif même. Surtout, il alla jusqu’à le surnommer <em>«le Sabre de l’islam»</em>; ce fut après la bravoure montrée lors de l’expédition de Mou’ta, en Jordanie, contre les Byzantins, réussissant à limiter d’immenses pertes dans les rangs musulmans dont pas moins de trois Compagnons du prophète réputés en la personne de Zayd Ibn Haritha, son affranchi et fils adoptif, son cousin Jaafar Ibn Abi Talib et son ami AbdAllah Ibn Rawaha.</p>



<p><strong>Déjà imbu de sa personne, Ibn Al Walid tirait de son surnom pas mal de fierté</strong>, ce qui le faisait se dandiner encore plus dans sa démarche qu’il assurait avoir naturellement déhanchée. C’était peu dire qu’il avait de l’assurance ; il était confiant dans sa force, convaincu de son invincibilité, et ce n’était pas seulement du fait de sa taille ou sa force imposantes ; la mèche des cheveux du prophète, qu’il portait dans son turban manifestement immense, y était probablement pour quelque chose, ayant pour lui l’effet d’un talisman.</p>



<p><a></a> Physiquement, Khalid avait la même stature qu’un autre grand homme de l’islam sans en partager cependant le caractère ni commuer dans des sentiments proches; Omar, le pourfendeur de la vanité du monde, était presque un sosie pour qui le verrait de loin. Toutefois, s’il arrivait fréquemment de nuit qu’on les confondît, on ne savait aucunement se méprendre sur leur sens des valeurs qu’ils avaient totalement opposées, inconciliables même.</p>



<p><strong>Certes, Khalid Ibn Al Walid n’était pas dénué d’honneur ni de principes ou de moralité</strong>; cela coulerait dans le sang familial, dirait-il. Lors de sa brillante victoire sur Moussaylima, il arriva ainsi que l’on reçut le courrier du calife avec l’ordre de tuer tous les hommes, y compris les adolescents pubères ; il ne s’en retint pas moins de l’exécuter pour avoir donné sa parole, juste avant, de laisser la vie sauve à ceux qui se rendraient. Et rien ne pouvait le faire faillir à sa parole ; même pas le risque de désobéir à sa hiérarchie, Abou Bakr en l’occurrence, dont la sévérité de l’ordre tranchant avec sa magnanimité habituelle prouvait à quel point l’avait affecté la dureté de la bataille engagée contre les apostats de Moussaylima, gourmande en nombre considérable de pieux musulmans, parmi notamment les lecteurs chevronnés du Coran.</p>



<p>Pourtant, il pouvait avoir un prétexte valable pour ne pas tenir sa parole puisqu’il pouvait arguer qu’on l’avait trompé à l’occasion de la reddition des dernières troupes du faux prophète. En effet, le vieux bonhomme qui la négocia, roublard et rusé comme personne, lui fit croire que le peu de gens encore retranchés dans la ville étaient bien nombreux, tous des guerriers farouches, alors qu’il ne restait dans l’enceinte fortifiée que des femmes, des vieux et des enfants. Pour réussir son stratagème, leur faisant porter les armes, il leur demanda d’apparaître en haut des murs aux assaillants et de s’agiter, simulant le grand nombre, pour tromper les assaillants, leur faire croire à leur intacte détermination à combattre. Certes marri par pareil stratagème prenant à défaut sa vigilance, le général musulman n’eut pas moins le tact d’apprécier l’habileté du négociateur lui arrachant par son intelligence la vie sauve des siens.</p>



<p><strong>Mais, d’abord, Khalid était un guerrier vaillant au combat,</strong> il ne s’embarrassait généralement point de soigner les moyens ; nonobstant d’éventuelles majeures conséquences fâcheuses, seule comptait la fin : le triomphe total. Et pour y accéder, il savait être cruel.</p>



<p>Lors de ses batailles suivantes contre les Perses, une fois les révoltes matées en terre d’Arabie, il lui arrivera même de faire le serment, s’il l’emportait, de faire couler de ses ennemis un véritable fleuve de leur sang. Le jour venu, la bataille gagnée, il aura à cœur de tenir son serment et, une journée et sa nuit durant, n’ayant de cesse de mettre à mort tous ses prisonniers les uns après les autres pour obtenir son cours de sang. Il ne saura se retenir de cette pulsion irrésistible de tuer que lorsqu’il se laissera convaincre que son serment ne serait pas moins tenu en faisant simplement couler de l’eau sur le sang abondant déjà versé.</p>



<p>Malgré pareille cruauté de son général, une cruauté que l’intéressé ne reniait nullement, car faisant partie intégrante des attributs les plus naturels d’un homme de guerre dans le milieu hostile de la nature environnante, Abou Bakr, au cœur tendre, avec sa délicate nature et l’âme pacifiste qui le caractérisait, ne cessa d’apprécier l’homme, lui gardant toujours une confiance sans faille. Ainsi, même si à sa mort, il regrettera d’avoir brûlé du renégat, il ne reniera nullement ni ne mégotera l’appui apporté à ce grand chef militaire malgré tous les reproches qui lui étaient adressés, notamment de la part d’un Omar irrité par les écarts de conduite de celui qui lui paraissait d’abord un homme excessif en tout.</p>



<p><strong>Un fait de nature très grave figurait parmi les bavures imputées à Khalid Ibn Al Walid et qu’Omar retenait contre lui</strong>, dont il ne manqua pas d’user pour le discréditer auprès d’Abou Bakr. Juste emporté par un élan vengeur, cédant aussi à des sentiments belliqueux qui n’avaient aucun rapport avec la morale islamique faite d’amour et de tolérance, Khalid aurait mis à mort tout un village arabe soupçonné d’apostasie lors du combat des renégats alors que, d’après une somme de témoignages variés et avérés, les pauvres villageois apportèrent la preuve suffisante qu’ils observaient bien les préceptes de Dieu tel que leur demanda le calife.</p>



<p>Ne contestant pas les faits, les hommes du village faits prisonniers, ayant été passés par le fil de l’épée en une nuit particulièrement glacée, Khalid apporta cependant les plus vives dénégations d’une quelconque responsabilité de cette tuerie, n’avouant que l’erreur d’avoir retenu prisonniers les villageois. Il n’ordonna point leur élimination qui fut réalisée sur une méprise, ses hommes ayant mal interprété ses ordres de les tenir au chaud. Mais Omar, connaissant la ruse dont pouvait faire l’homme dans la guerre, ne pouvait ni le croire ni ne le voulait. Il avait à l’esprit un épisode similaire du temps du prophète qui eut lui-même à se plaindre de la fougue de ce chef de guerre à l’arme trop assoiffée de sang. De plus, pour lui, Khalid signa bel et bien son forfait en épousant la femme du chef du village supplicié.</p>



<p>Par ailleurs, Omar était convaincu que ce genre de guerres était une occasion d’enrichissement et de prestige pour certains profiteurs se prétendant musulmans ; pareil comportement lui répugnait au plus profond de son être ; ce type de personnages le révulsait, surtout durant la guerre contre les incroyants où aucun écart ne se pouvait pardonner. Aussi ne savait-il tolérer quoi que ce soit s’y rapportant de la part d’un musulman avéré ou prétendu tel ; pour lui, cela relevait de la haute trahison et, concernant Ibn Al Walid, il ne pouvait jamais l’oublier. Il le soupçonnait, en effet, de ne point hésiter, pour parvenir à ses fins, de recourir à ce qui pouvait être assimilé à de la corruption.</p>



<p><strong>C’est qu’au plus profond de sa mémoire, Omar a toujours gardé une image</strong>; celle de Khalid sortant de chez Abou Bakr où il avait réussi à le précéder au point du jour. Un sourire illuminant narquoisement, en ce matin blême, son regard et ses traits de traces de variole marqués&nbsp;; il ne manqua même pas un geste de défiance, affichant le caractère belliqueux de celui qui s’apprêtait à dégainer le sabre de son fourreau.</p>



<p>Il venait d’être rappelé auprès d’Abou Bakr à la suite des reproches d’Omar et il réussit à obtenir d’être introduit le premier auprès du calife grâce à Bilal, le muezzin du prophète. Furieux, Omar n’était pas loin de penser que l’intéressé a dû faire au chambellan un précieux présent pour réussir ainsi à plaider sa cause et influencer à sa guise le calife.</p>



<p>Bien plus que l’issue de la démarche de l’homme auprès du calife qui permit de confirmer la confiance de ce dernier en son général, c’était la méthode qu’il supputait tortueuse qui le révoltait. Droit et intègre dans le moindre aspect de sa vie, Omar voulait que fussent ainsi tous ceux qu’il avait à côtoyer ; c’était sa conception du musulman, la seule du vrai. En tout cas, c’était l’exemple laissé par le prophète et que tout musulman se devait de reproduire scrupuleusement.</p>



<p>Abou Bakr était certainement sensible aux arguments d’Omar qui lui demandait de punir l’homme et de se passer de ses services, mais comment pouvait-il rengainer une arme dégainée par le prophète d’Allah ? Il affirmait en tout cas ne pouvoir se passer des services d’un valeureux guerrier au moment même où l’islam en avait le plus grand besoin. Ce n’était pas nécessairement son souhait, c’était son devoir d’homme d’État.</p>



<p>En effet, après ces guerres d’apostasie vite gagnées grâce à de valeureux guerriers comme Khalid, le vicaire de Dieu avait à gérer les guerres d’expansion, aussi décisives que les premières pour l’avenir de l’islam. Il est à noter que si les guerres interarabes furent habituellement considérées comme étant engagées contre l’apostasie, il aurait été plus juste de les qualifier de guerres de désobéissance politique généralisée ; car il s’agissait véritablement de contestation du pouvoir en place à Médine, ses adversaires n’ayant pas été nécessairement que des apostats.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>À suivre&#8230;</strong></p>



<ul class="wp-block-list"><li><strong><em>«Aux origines de l’islam. Succession du prophète, Ombres et lumières», roman de Farhat Othman, éd. Afrique Orient, Casablanca, Maroc, 2015.</em></strong>0</li></ul>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Précédents épisodes : </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="tV6MVx7Fj6"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/10/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-luttes-dinfluence-et-guerre-de-religion-4-5/">Roman-feuilleton du Ramadan &#8211; «Aux origines de l&rsquo;islam» : Luttes d’influence et guerre de religion (4/5)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Roman-feuilleton du Ramadan &#8211; «Aux origines de l&rsquo;islam» : Luttes d’influence et guerre de religion (4/5) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/10/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-luttes-dinfluence-et-guerre-de-religion-4-5/embed/#?secret=Vtyh6GeqH6#?secret=tV6MVx7Fj6" data-secret="tV6MVx7Fj6" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="XkV0OK7qXv"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/09/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-luttes-dinfluence-et-guerre-de-religion-3-5/">Roman-feuilleton du Ramadan &#8211; «Aux origines de l&rsquo;islam» : Luttes d’influence et guerre de religion (3/5)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Roman-feuilleton du Ramadan &#8211; «Aux origines de l&rsquo;islam» : Luttes d’influence et guerre de religion (3/5) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/09/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-luttes-dinfluence-et-guerre-de-religion-3-5/embed/#?secret=TSqZCd7cMq#?secret=XkV0OK7qXv" data-secret="XkV0OK7qXv" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="zCHDUgEAlo"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/09/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-luttes-dinfluence-et-guerre-de-religion-2-5/">Roman-feuilleton du Ramadan : «Aux origines de l&rsquo;islam» : Luttes d’influence et guerre de religion (2/5)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Roman-feuilleton du Ramadan : «Aux origines de l&rsquo;islam» : Luttes d’influence et guerre de religion (2/5) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/09/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-luttes-dinfluence-et-guerre-de-religion-2-5/embed/#?secret=WLM0wVk0DS#?secret=zCHDUgEAlo" data-secret="zCHDUgEAlo" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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		<title>Roman-feuilleton du Ramadan &#8211; «Aux origines de l&#8217;islam» : Luttes d’influence et guerre de religion (3/5)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Apr 2022 13:41:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Déjà, au Yémen, le premier des apostats était défait et tué avant même la mort du prophète, certains des musulmans dans la région ayant répondu à l’appel de ce dernier de combattre pour leur religion et de se débarrasser par tout moyen de l’imposteur. Donnant à son mouvement non seulement une coloration religieuse, mais aussi...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/04/Prophete-Mohamed-represente-par-une-miniature-persane.jpg" alt="" class="wp-image-387102"/><figcaption><em>Le Prophète Mohamed représenté par une ancienne miniature persane.</em></figcaption></figure></div>



<p> <strong><em>Déjà, au Yémen, le premier des apostats était défait et tué avant même la mort du prophète, certains des musulmans dans la région ayant répondu à l’appel de ce dernier de combattre pour leur religion et de se débarrasser par tout moyen de l’imposteur. Donnant à son mouvement non seulement une coloration religieuse, mais aussi un aspect nationaliste en s’en prenant aux descendants des Perses dans la région (venus dans le passé libérer le pays de l’emprise des Abyssins chrétiens) et dont bon nombre s’étaient convertis à l’islam, il s’était fait des ennemis dans leurs rangs.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Farhat Othman</strong></p>



<span id="more-387101"></span>



<p>Usant de la ruse que leur religion nouvelle ne renie pas en temps de guerre, se faisant passer pour des ralliés à la cause des révoltés, deux d’entre eux réussirent à se rapprocher de son chef, Al Ansi. Grâce à la complicité de l’une de ses femmes, la fille d’un ancien roi du Yémen, désireuse de venger son père tué par ce mari qui l’a humiliée et asservie, la nuit venue, ils s’introduisirent dans la cabane du faux prophète.</p>



<p>Elle les lui avait présentés comme étant de sa parentèle et les cacha dans sa masure ; durant son sommeil, avec son aide, ils se ruèrent sur lui et lui coupèrent la tête. Les gardes postés devant la maison entendant le râle de la mort faillirent se douter de quelque chose ; mais la voix de la femme du chef les rassura ; il serait juste en transe, en pleine révélation divine.</p>



<p>De Sanaa, la capitale du Yémen, la nouvelle de la mort d’Al Ansi et les détails de la reprise de la ville par les musulmans parvinrent à Médine un mois après, tout juste la veille du décès du prophète.</p>



<p><strong>Dans la capitale yéménite, les conjurés crièrent leur slogan de ralliement, lançant haut et fort l’appel à la prière</strong> ; en trophée sanglant, ils avaient à la main la tête coupée d’Al Aswad qu’ils jetèrent aux pieds de ses hommes arrivés précipitamment dans le plus grand désordre. Cela fit retomber leur ardeur et la courte bataille qui s’engagea se termina par la fuite des apostats.</p>



<p>À Médine, malgré une tonalité globalement triste d’un temps fait d’incertitude sur la santé du prophète, la joie fut immense ; la fin du Noir du Yémen (c’était la signification du prénom) était voulue comme le prélude à des moments plus cléments, de bien moindre noirceur.</p>



<p>Si le renégat du Yémen fut tué, il restait bien les autres aux noms et faits d’armes devenus célèbres, et encore d’autres moins connus. Ils allaient tous finir par être ramenés à la juste religion, de gré ou de force ; il ne resterait pas moins à s’assurer de leur sincérité. Certains varièrent assez souvent, parmi lesquels il y avait de vaillants guerriers&nbsp;; fallait-il leur faire confiance dans les guerres d’expansion qui allaient commencer tout juste après en Irak et en Syrie, ou était-il plus sage de s’en méfier ?</p>



<p>En les empêchant de prendre part aux immenses butins en cas de victoire, on pouvait estimer leur faire chèrement payer la faute de leur mauvaise conduite ; ce faisant, on se priverait de leur précieux apport pouvant être décisif pour les batailles éclair et les razzias auxquelles ils étaient rompus et dont certains n’avaient pas manqué déjà de s’y adonner de leur propre initiative dans les riches contrées du voisinage perse.</p>



<p>Avec la multiplication de ces apostasies, le nouveau calife se retrouvait à la tête d’une communauté apeurée et fragilisée ressemblant à un troupeau de moutons en l’une de ces nuits d’hiver, pluvieuses et venteuses. Et cela le préoccupait fort.</p>



<p><strong>À part Qoraïch et Thakif, pourtant les plus réticentes à embrasser l’islam à ses débuts, </strong>toutes les tribus ou, pour le moins, certains de leurs membres, avaient rejeté la religion de Mohamed en totalité ou en partie. Hawazene, Sélim ou Ameur étaient parmi les tribus renégates dans leur totalité et à Bahreïn, Oman et Hadhramout, notamment, se retrouvaient les individualités promptes à rallier par leurs talents de nombreux groupes hétéroclites. Et voici les étendards rouges de l’un d’eux qui avançaient sur Médine nourrissant l’ambition félonne de l’enlever.</p>



<p>Sous les yeux d’Abou Bakr, la situation bien critique déjà à son avènement l’était encore plus&nbsp;; dans sa tête, les pensées s’entrechoquaient. Pourtant, il se sentait tout d’abord dans l’obligation d’honorer la mémoire du prophète et ce doublement : en permettant, en premier, la réalisation de la dernière décision qu’il prit – une expédition militaire – et, ensuite, en maintenant à la tête de celle-ci le général qu’il avait déjà nommé, le fils de son ancien esclave affranchi devenu son fils adoptif. On l’appelait l’expédition d’Oussama, du nom de ce jeune général, et elle avait été décidée par le prophète pour combattre en Syrie les Jaunes (ou encore les Rouges, ainsi appelait-on les Byzantins) et leurs alliés Arabes chrétiens.</p>



<p>Cette sortie guerrière n’était pas dirigée contre les tribus révoltées et n’était pas conduite par quelqu’un faisant l’unanimité, s’agissant d’un jeune à peine majeur, inexpérimenté ou considéré comme tel. Malgré les protestations, y compris celles d’Omar, Abou Bakr restait intraitable. Or, voilà son second qui revenait à la charge, reprenant à son compte l’opinion générale, dénigrant le jeune chef de dix-huit ans qui campait aux abords de la ville, attendant les ordres.</p>



<p><strong>De cette expédition, Abou Bakr tout comme Omar en étaient partie</strong>; et n’était la mort du prophète, ils y auraient participé sans broncher. Aussi, les réserves, fusant de toutes parts, y compris de son plus proche conseiller, avaient de quoi l’irriter. Se redressant lestement sur ses pieds malgré son âge, prenant vigoureusement dans sa main la barbe d’Omar que cette réaction inattendue surprit, il lui cria au visage, comme il ne l’avait jamais fait :</p>



<p>— Que ta mère te perde ! Qu’Allah me prive de toi ! Le prophète l’a désigné et tu oses me demander de désavouer son initiative !</p>



<p>Soucieux de s’inscrire dans la même lignée que son prédécesseur, Abou Bakr s’adonnerait au mimétisme, s’il le fallait. Aussi, jusqu’à l’ostentation, il poussa son attachement à la dernière volonté de Mohamed en tenant à saluer à pied les troupes et à faire quelques pas auprès du jeune commandant sur son cheval monté.</p>



<p>Évidente, la gêne de ce dernier se faisait pressante ; il aurait voulu soit descendre de sa monture soit en faire venir une pour le calife; mais celui-ci était moins préoccupé par d’aussi banales questions de protocole que par les consignes qu’il tenait à répéter aux troupes pour surtout éviter les excès et les exactions accompagnant souvent ce genre d’expéditions :</p>



<p>— Je vous fais dix recommandations, retenez-les bien. Ne trahissez pas, n’abusez pas, ne trompez pas ; ne défigurez pas vos victimes, ne tuez ni de jeunes enfants ni de vieilles personnes, ni des femmes ; ne décimez pas de palmiers, ne coupez ni ne brûlez d’arbres fruitiers&nbsp;; n’égorgez ni vaches ni moutons ni dromadaires sauf pour manger. Vous passerez par des gens repliés sur eux-mêmes dans des couvents, vous les laisserez tranquilles. D’autres vous donneront à manger différentes sortes de mets ; invoquez Dieu avant si vous devez y toucher.</p>



<p>Sur le qui-vive, quarante jours durant, en l’absence des troupes d’Oussama, Médine allait vivre dans la peur permanente ; serait-elle attaquée par les tribus révoltées ? Tout alentour, apostats, faux musulmans, juifs et chrétiens rongeaient leur frein ; une attaque concertée ou d’envergure suffirait à ne faire qu’une bouchée de la cité de la religion nouvelle !</p>



<p>Il y avait encore peu, des délégations de certaines tribus y venaient encore au prétexte de trouver un arrangement avec le successeur du prophète, voulant bien garder de la religion la prière, mais se faire exonérer de l’aumône légale, davantage vue comme un tribut attentatoire</p>



<p>au prestige de la tribu qu’un impôt ou une redevance nécessaires à la vie du nouvel État en construction.</p>



<p>En fait, elles observaient la ville, ses défenses et sa capacité à repousser une attaque. Et le refus d’Abou Bakr de transiger avec les préceptes de l’islam ne faisait qu’exciter l’envie folle d’agresser ce qui leur paraissait une proie facile.</p>



<p><strong>C’est que ces tribus nomades au mode de vie instable, avec leurs mœurs frustes, étaient mal perçues par les musulmans citadins</strong> qui les jugeaient sévèrement, voyant d’un très mauvais oeil les Bédouins convertis à l’islam revenir en leur milieu hors les villes, allant jusqu’à assimiler ce retour en milieu nomade à de l’apostasie ; la foi bédouine restant à leurs yeux friable, par trop instable !</p>



<p>Dans le même temps, d’autres troupes musulmanes de Médine, attaquaient des tribus infidèles, comme Kothaa, tuant leurs hommes, asservissant leurs femmes et leurs enfants, s’appropriant leurs biens.</p>



<p>Des hommes de grande valeur guerrière et de grand mérite personnel y prenaient une part éminente tel le Qoraïchite Khalid Ibn Al Walid et Adii Ibn Hatem, chef de la grande tribu de Tayy, et fils de l’un des plus célèbres Arabes, pour leur générosité réputés : Hatem AtTaïy (de Tayy).</p>



<p>Faisant de l’attaque comme meilleure défense une stratégie, Abou Bakr ne rappela pas auprès de lui ces hommes en action, malgré ses forces réduites ; ils devaient finir leur mission et contre-attaquer les renégats, prendre même l’initiative d’attaquer.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>À suivre&#8230;</strong></p>



<p><em><strong>«Aux origines de l’islam : Succession du prophète, Ombres et lumières», roman de Farhat Othman, éd. Afrique Orient, Casablanca, Maroc, 2015.</strong></em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Précédents épisodes : </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="XsszIGTqGP"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/09/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-luttes-dinfluence-et-guerre-de-religion-2-5/">Roman-feuilleton du Ramadan : «Aux origines de l&rsquo;islam» : Luttes d’influence et guerre de religion (2/5)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Roman-feuilleton du Ramadan : «Aux origines de l&rsquo;islam» : Luttes d’influence et guerre de religion (2/5) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/09/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-luttes-dinfluence-et-guerre-de-religion-2-5/embed/#?secret=9qgN8HMf2I#?secret=XsszIGTqGP" data-secret="XsszIGTqGP" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="BdE0KQr4np"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/07/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-luttes-dinfluence-et-guerre-de-religion-1-5/">Roman-feuilleton du Ramadan : «Aux origines de l&rsquo;islam» : Luttes d’influence et guerre de religion (1/5)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Roman-feuilleton du Ramadan : «Aux origines de l&rsquo;islam» : Luttes d’influence et guerre de religion (1/5) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/07/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-luttes-dinfluence-et-guerre-de-religion-1-5/embed/#?secret=jKQScRb07A#?secret=BdE0KQr4np" data-secret="BdE0KQr4np" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="XAvurp8Ltf"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/06/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-et-sourde-la-contestation-2-2/">Roman-feuilleton du Ramadan : «Aux origines de l&rsquo;islam» : Et sourde la contestation ! (2/2)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Roman-feuilleton du Ramadan : «Aux origines de l&rsquo;islam» : Et sourde la contestation ! (2/2) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/06/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-et-sourde-la-contestation-2-2/embed/#?secret=3C8ORgVOP1#?secret=XAvurp8Ltf" data-secret="XAvurp8Ltf" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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		<title>Roman-feuilleton du Ramadan : «Aux origines de l&#8217;islam» : Luttes d’influence et guerre de religion (1/5)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Apr 2022 14:48:24 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le marché de la ville, assis à son commerce comme il l’a toujours fait, Abou Bakr était pensif. Sa désignation en tant que vicaire du prophète de Dieu n’avait rien changé encore pour lui et il gardait ses habitudes. Par Farhat Othman On était samedi; la veille, il s’était teint la tête et la...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/04/Mohamed-a-Medine.jpg" alt="" class="wp-image-386892"/><figcaption><em>Mohamed à Médine à travers une miniature persane du 11e siècle.</em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Dans le marché de la ville, assis à son commerce comme il l’a toujours fait, Abou Bakr était pensif. Sa désignation en tant que vicaire du prophète de Dieu n’avait rien changé encore pour lui et il gardait ses habitudes.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Farhat Othman</strong></p>



<span id="more-386891"></span>



<p>On était samedi; la veille, il s’était teint la tête et la barbe et avait présidé la prière de groupe du vendredi. Entre sa maison sur les hauteurs de la ville et le centre de Médine, il continuait à faire l’aller-retour, à pied souvent, à cheval par moments, venant toujours vendre, acheter. Outre la mercerie, il n’a pas arrêté, non plus, de s’occuper de son troupeau d’ovins et de traire lui-même ses chèvres et brebis.</p>



<p>Tiendrait-il ainsi plus longtemps, plus de six mois ? il ne le pensait plus. Le commerce ne pouvait se cumuler avec la gestion des intérêts de la communauté, il en était persuadé, désormais. L’investissement total pour remplir dignement sa charge devenait de rigueur, d’autant plus que la situation était grave.</p>



<p><strong>Les idées d’Abou Bakr vagabondaient, son regard se projetait de la petite cité orpheline de son chef aux parages en ébullition, tout autour. </strong>Il n’était pas qualifié par sa tribu d’érudit pour rien ; sa science de la généalogie et des lignées arabes, sa connaissance pointue des faits et des événements du temps passé, outre sa prescience, en faisait un véritable sage au regard pertinent, aux vues judicieuses.</p>



<p>Plus que jamais, il avait désormais besoin de ces qualités unanimement reconnues. L’islam était en danger ; la mort de leur guide avait fait vaciller leur foi aux Arabes ! Avant même son décès, déjà, le prophète eut à faire face à des apostats en plus des mécréants arabes qu’il cherchait à convertir à l’Islam tantôt par la raison, tantôt par l’argent et enfin par la force des armes.</p>



<p><strong>Que de chemin parcouru depuis l’apparition de la nouvelle religion à La Mecque, </strong>dans le centre-est de la péninsule arabique, au milieu de la province du Hijaz ! L’islam s’installa officiellement à Médine depuis la fuite du prophète en l’an 622, dite Hijra ou Émigration. Parti de nuit, fuyant les siens qui en étaient venus enfin à attenter à sa vie, Mohamed avait pris Abou Bakr pour compagnon de route, jusqu’à l’ancienne Yathrib, au nord de La Mecque, où les tribus arabes autres que juives attendaient une venue appelée de leurs vœux.</p>



<p>La péninsule arabique était loin d’être un foyer exclusif de paganisme. Parmi les Arabes, il y avait de nombreux israélites attachés au judaïsme ainsi que des chrétiens non moins fiers de leur religion. Si, au Hijaz, les Arabes polythéistes étaient nombreux, les Arabes judaïques et chrétiens se retrouvaient à ses confins, aussi bien au sud, au Yémen, qu’au nord, vers l’Irak, et sur tout le pourtour méditerranéen. Il y avait aussi nombre d’autres croyances, un véritable patchwork de confessions, chacun optant pour la foi que sa liberté lui faisait choisir quitte à en changer au gré de ses humeurs ou de ses convictions.</p>



<p>À Yathrib, devenue Médine, assez nombreuses étaient les tribus arabes juives avant l’installation officielle du prophète. Au demeurant, ce fut pour contrebalancer leur puissance tout aussi que pour unir leurs propres forces que les tribus des Aws et des Khazraj – appelées, depuis les Renforts – adhérèrent au message du prophète et le reçurent dans leur ville.</p>



<p>L’Arabie était le royaume des tribus; dans un désert aride parsemé d’un chapelet d’oasis, la solidarité ethnique faisait loi. Mais, dans les quelques tribus sédentarisées, la lutte pour le pouvoir et son corollaire, la politique des alliances, pouvait occulter la prééminence du sang ; c’était le cas à La Mecque dont la principale tribu, Qoraïch, avec ses divers clans rivaux mais solidaires, s’adonnait au commerce, aux affaires, et avait besoin de pacifier ses voies moyennant des pactes et des liens de diverses natures.</p>



<p>Chez les nomades, condamnés à être les maîtres du désert pour survivre, ils avaient les mœurs guerrières, corollaire d’une propension atavique vers la liberté absolue comme idéal suprême de vie. Leur existence était rythmée de razzias, de rançons, et d’asservissement, et il n’y avait pas de place aux faibles. Hors les rapports de paix découlant des pactes à la valeur sacrée, aussi rapides à être célébrés solennellement qu’à se défaire au gré des intérêts, la guerre permanente était la constante de ce mode de vie. De rares moments de concorde ou de paix existaient toutefois, limités aux temps des pâturages, moments éphémères de cohabitation pour les tribus lors des transhumances, ou aux mois sacrés réservés au pèlerinage ou au commerce dans les quelques marchés connus et courus. Tous ces moments, supposés être de paix, où les armes et les querelles se taisent pour un temps, laissaient place à la vie et à la poésie, autre façon de survivre, mais des armes de l’éloquence cette fois-ci.</p>



<p>S’il apporta à la majorité de ces peuples la religion qui leur manquait, les faisant même se sentir inférieurs par rapport aux autres Arabes, gens de l’Écriture, parmi les juifs et les chrétiens, l’avènement de l’Islam ne fut pour certaines tribus belliqueuses qu’une façon nouvelle de s’adonner à leur mode de vie ancestral, le marquant tout juste d’un idéal nouveau.</p>



<p>Ainsi étaient-elles plus sensibles à la forme de la nouvelle religion qu’à son fond, moins attachées à ses principes qu’au surcroît de prestige, de puissance et de gains qu’elle leur apportait. Aussi, leurs batailles et leurs razzias continuaient-elles sous le couvert d’une légitimation nouvelle. Mais, grâce à l’unité réalisée autour de la personne du prophète et, à travers lui, d’un Seigneur tutélaire : Dieu, le seul qu’ils acceptaient de servir sans se sentir diminués, leur force fut décuplée et leurs butins plus importants.</p>



<p><strong>Chez nombre de ces tribus — et plus elles étaient nomades, plus le phénomène prenait l’aspect de l’évidence — Mohamed avait davantage le rang d’un chef de guerre que celui d’un prophète. </strong>Et même pour qui admettait cette qualité, on l’assimilait alors volontiers à un devin ou un magicien dont on avait bien davantage l’habitude, chaque tribu possédant au moins le sien.</p>



<p>Au reste, si sa personne avait fini par revêtir un caractère sacré pour la plupart de ses disciples, cela ne fut ni automatique ni généralisé. Lors de la célèbre bataille d’Ohoud perdue face à sa tribu Qoraïch, il fut abandonné par la plupart de ses plus proches, ne se retrouvant qu’avec de très rares fidèles. De la vie même de Mohamed, il arriva à pas mal de tribus de rechigner à l’accomplissement de certains dogmes de la nouvelle religion comme l’aumône légale ou impôt.</p>



<p>Nombre de personnes, à la recherche de prestige, de gloire ou simplement dans le prolongement de la pratique fort répandue des arts divinatoires, prétendirent même s’offrir une part de ce qu’elles voulurent considérer comme un gâteau prophétique. Depuis les plus célèbres d’entre tous, le duo Chikk et Satih — le premier, une moitié d’homme ne possédant qu’un oeil, un seul bras et une unique jambe, et le second, un cul-de-jatte —, les augures, mages, aruspices, sibylles et pythonisses n’ont jamais manqué en terre d’Arabie. De là à prétendre à la prophétie, il n’y avait qu’un pas que d’aucuns sautaient bien allègrement.</p>



<p>Mais si certains, comme ces deux-là, étaient sages et pouvaient mériter le respect général, ne serait-ce que pour leur vision juste et avisée du monde et des choses humaines, croyant dans une osmose entre l’univers des vivants incarnés et celui des esprits désincarnés, la plupart arrivait à peine à leur hauteur, leurs prétentions au pouvoir ou aux biens terrestres les retenant au ras de leurs élucubrations.</p>



<p><strong>Ce fut du Yémen, terre de haute civilisation où l’on situe les ancêtres des Arabes</strong> qui se sont disséminés par la suite sur les terres d’Arabie, que vint la manifestation la plus en vue d’une prétention pareille, la toute première apostasie de la vie même du prophète.</p>



<p>En cette contrée où les tribus s’étaient assez tôt sédentarisées en des villes de goût et de prestige à la culture déjà raffinée, la religion hébraïque était fort répandue et on assistait à des querelles de religions entre juifs et chrétiens de tradition. Ce fut, au reste, la persécution des chrétiens par les chefs arabes de confession juive de Najrane qui entraîna l’occupation de la région par les troupes chrétiennes venues d’Abyssinie au sixième siècle de l’ère commune, quelque cent ans avant l’apparition de l’islam, une période de troubles se prolongeant, ayant assez vite fait d’effacer le lustre et la puissance d’antan.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>À suivre&#8230;</strong></p>



<p> <em>«Aux origines de l’islam : Succession du prophète, ombres et lumières», Farhat Othman, éd. Afrique Orient 2015.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Précédents épisodes : </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="OiT6uatLkM"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/06/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-et-sourde-la-contestation-2-2/">Roman-feuilleton du Ramadan : «Aux origines de l&rsquo;islam» : Et sourde la contestation ! (2/2)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Roman-feuilleton du Ramadan : «Aux origines de l&rsquo;islam» : Et sourde la contestation ! (2/2) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/06/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-et-sourde-la-contestation-2-2/embed/#?secret=iBm67wt8ee#?secret=OiT6uatLkM" data-secret="OiT6uatLkM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="zaUaZOMiQS"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/05/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-et-sourde-la-contestation-1-2/">Roman-feuilleton du Ramadan : «Aux origines de l&rsquo;islam» : Et sourde la contestation ! (1/2)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Roman-feuilleton du Ramadan : «Aux origines de l&rsquo;islam» : Et sourde la contestation ! (1/2) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/05/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-et-sourde-la-contestation-1-2/embed/#?secret=WwI2zG29ZW#?secret=zaUaZOMiQS" data-secret="zaUaZOMiQS" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="8haneEzOgf"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/04/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-coup-de-force-au-preau-2-2/">Roman-feuilleton du Ramadan : «Aux origines de l&rsquo;islam» : Coup de force au préau (2-2)</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Roman-feuilleton du Ramadan : «Aux origines de l&rsquo;islam» : Coup de force au préau (2-2) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/04/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-coup-de-force-au-preau-2-2/embed/#?secret=wqaRVXEOvs#?secret=8haneEzOgf" data-secret="8haneEzOgf" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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