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	<title>Archives des Salah Garmadi - Kapitalis</title>
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	<title>Archives des Salah Garmadi - Kapitalis</title>
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		<title>Noureddine Bouarrouj, la mémoire effacée du communisme tunisien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Sep 2026 07:25:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Se souvenir de Noureddine Bouarrouj, c’est reprendre une question que l’histoire officielle du Parti communiste tunisien a préféré ne pas poser.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/10/noureddine-bouarrouj-la-memoire-effacee-du-communisme-tunisien/">Noureddine Bouarrouj, la mémoire effacée du communisme tunisien</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Cet article est un acte de mémoire. Il paraît à l’occasion du trente-quatrième anniversaire de la mort de Noureddine Bouarrouj, comme un hommage et un devoir de mémoire. Mais rendre justice à sa pensée impose aussi d’interroger la manière dont elle a été effacée : car cet effacement n’est pas un simple oubli. Il est le produit d’une gestion du parti centrée sur une personne et sur un appareil, qui a fini par réduire la mémoire collective de la gauche tunisienne à un récit de personnes et de divisions. Se souvenir de Bouarrouj, c’est donc aussi reprendre une question que l’histoire officielle du parti a préféré ne pas poser : pourquoi le Parti communiste tunisien n’a-t-il pas de mémoire collective ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Larguèche *</strong></p>



<span id="more-19609853"></span>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire du communisme tunisien s’est longtemps écrite autour d’un nom, celui de Mohamed Harmel, présenté comme l’homme qui sauva le Parti communiste tunisien (PCT) de la clandestinité, de la répression, puis de l’effondrement du communisme international. Ce récit n’est pas faux. Il est seulement incomplet, et son incomplétude a un coût : elle a occulté une autre histoire, plus discrète, celle des intellectuels que la gestion centralisée et personnelle du parti a progressivement marginalisés, et au premier rang desquels figure Noureddine Bouarrouj.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un récit d’appareil, une mémoire de personnes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le coût va plus loin que la mise à l’écart d’un homme ou d’un groupe. À force de faire reposer sa légitimité sur la figure d’un seul dirigeant et sur la préservation de l’appareil, le parti a fini par transformer sa propre histoire en un récit de personnes : celui d’un sauveur et de ceux qu’il aurait, volontairement ou non, écartés. Les témoignages de ses camarades le rappellent avec amertume : jusqu’à aujourd’hui, certains sont irrités par la seule évocation des noms de Noureddine Bouarrouj, Ali Mtimet ou Bechir El Fani, comme si leurs rôles dans l’édification du parti, y compris dans les moments les plus difficiles de la clandestinité, devaient rester volontairement tus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une mémoire collective réduite à un récit de personnages et de rivalités n’est plus une mémoire collective : elle devient un instrument de gestion interne, qui a servi à trancher des désaccords intellectuels par des mises à l’écart plutôt qu’à les faire vivre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Se souvenir de Bouarrouj, trente-quatre ans après sa disparition, ce n’est donc pas instruire le procès d’un homme. C’est reconnaître qu’un pan entier de la pensée marxiste tunisienne, l’un des plus originaux, est resté mal connu, non par accident, mais parce que le parti qui aurait dû le porter a préféré, à un moment déterminant de son histoire, la cohésion de l’appareil à l’ouverture doctrinale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un itinéraire de militant et de passeur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bouarrouj n’était pas un doctrinaire. Militant de la clandestinité, puis exilé pendant une quinzaine d’années, il revient en Tunisie et devient l’un des artisans les plus actifs de la recherche d’unité entre communistes tunisiens. Autour de lui se constitue le <em>«groupe de Tunis»</em>, parfois appelé <em>«groupe de Kléber»</em>, qui réunit notamment Taoufik Baccar, Salah Garmadi, Habib Attia, Hamadi Ben Rachid, Bechir El Fani et Ali Mtimet, rejoints plus tard par Sahbi Denguezli, Bechir Ben Brahim, Jamil Hayder et Mondher Belhaj Ali. Ce cercle anime de multiples rencontres avec des intellectuels et des artistes tunisiens, et fonde, dans son sillage, le Syndicat de l’enseignement supérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa contribution la plus significative touche à la question nationale elle-même. Les témoignages de ses camarades rappellent le rôle qu’il a joué, avec plusieurs <em>«communistes patriotes»</em>, lors du sixième congrès du PCT, au moment où le parti procède à une autocritique de sa position antérieure à l’égard du mouvement national. Cette inflexion rouvrait la possibilité de penser le socialisme à partir de l’histoire tunisienne elle-même, plutôt qu’à partir d’une doctrine importée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le septième congrès prolonge cette ligne : le groupe de Tunis s’y rapproche de personnalités destouriennes de gauche, puis des réformateurs autour d’Ahmed Ben Salah, dont il défend un soutien critique aux réformes de structures des années 1960. Cette même exigence unitaire le conduira, en janvier 1978, à soutenir la légitimité de la direction de l’UGTT face à une lecture plus sectaire du conflit syndical.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or c’est précisément l’élan issu de ce septième congrès, et la légalité interne qu’il avait établie, qu’un huitième congrès viendra rompre, au début de l’année 1981, ainsi que l’attestent les témoignages de ses camarades : réuni en dehors de toute règle démocratique et sans le pluralisme qu’appelaient les discussions d’unification alors en cours, ce congrès n’a pas seulement clos une tentative de reconstruction du parti, il a substitué à la légalité collective issue du septième congrès la décision d’un cercle restreint. Cette rupture, qui n’a rien d’un simple épisode d’appareil, scelle pour plusieurs années la fin des espoirs de réunification des communistes tunisiens, et prive le mouvement d’une génération de militants qui portaient une lecture nationale et non dogmatique du marxisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est cette capacité à faire dialoguer le marxisme avec l’histoire, la culture et les aspirations nationales, plutôt qu’à l’imposer contre elles, qui constitue l’apport le plus durable de Bouarrouj à l’histoire intellectuelle de la gauche tunisienne, et c’est elle que la logique d’appareil a fini par sacrifier.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une pensée de la modernité critique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est cependant dans les entretiens recueillis par Hédi Dhoukar que se révèle le mieux l’ampleur de cette pensée, longtemps confinée à la mémoire orale de ses proches. Bouarrouj y développe une réflexion sur la modernité qui dépasse de loin les débats de son parti. Pour lui, la modernité n’est pas un état donné une fois pour toutes que l’on rattraperait en suivant un modèle occidental : elle est un processus en action, que chaque société doit s’approprier à partir de ses propres attentes plutôt que subir de l’extérieur. Il critique aussi bien le mimétisme des élites modernisatrices, prêtes à adopter les formes de la modernité occidentale sans en garder l’esprit critique, que le repli conservateur qui invoque des valeurs anciennes pour se dispenser de tout changement réel. Entre ces deux impasses, il défend l’idée d’une modernité critique, à construire, et non à imiter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette même exigence critique traverse sa réflexion sur les rapports entre islam et marxisme, l’une des dimensions les plus singulières de sa pensée. Contrairement à une partie de la critique marxiste de son temps, qu’il juge fondée sur une connaissance superficielle des sources islamiques elles-mêmes, Bouarrouj insiste sur la nécessité d’aborder l’islam à partir de son histoire propre plutôt qu’à travers les orientalistes ou les vulgates militantes. Il retient notamment, dans son dialogue avec l’itinéraire de Roger Garaudy, l’idée que l’islam refuse de séparer le savoir de la sagesse, la foi de l’engagement politique, et vise l’unité de la personne plutôt que son morcellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette rigueur, il la met également au service d’une lecture du rapport entre religion et pouvoir dans le monde arabo-musulman qui doit beaucoup à Ibn Khaldoun. Interrogeant la question de savoir si c’est l’islam qui a servi les Arabes ou l’inverse, il rappelle la thèse khaldounienne selon laquelle l’islam s’est mis au service de l’<em>açabiyya</em> arabe, l’esprit de corps qui soude un groupe, et l’illustre par le rapprochement inattendu qu’il opère entre la sécularisation kémaliste et le rigorisme wahhabite : deux réponses opposées à une même ambition, celle de reconstituer la force d’un peuple à partir de ses propres ressources. Il porte d’ailleurs un regard tout aussi critique sur les tentatives savantes de relire l’islam à la lumière des sciences modernes, comme celle de Mohamed Arkoun, qu’il juge pertinentes dans leur principe mais limitées par leur détachement de la société islamique réelle. C’est cette même exigence, refuser autant le dogmatisme militant que la relecture savante coupée du terrain, qui caractérise sa démarche intellectuelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Harmel, la gestion personnelle et le prix de la mémoire collective</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Que Mohamed Harmel ait maintenu un appareil quand d’autres formations disparurent purement et simplement est un fait. Mais ce fait n’épuise pas la question posée par le sort de Bouarrouj et de ses camarades, et il ne saurait servir à euphémiser ce qui s’est joué au début de 1981 : la survie du parti ne s’est pas seulement décidée face à la répression extérieure, elle s’est aussi décidée dans le choix, interne celui-là, de trancher par un congrès sans démocratie ni pluralité une tentative de reconstruction et de réunification qui engageait pourtant l’avenir intellectuel du mouvement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est cette décision, gestion personnelle et centralisée d’un moment où le parti pouvait encore s’élargir, qu’il faut regarder en face plutôt que de la dissoudre dans le seul récit de la survie de l’appareil. Car cette survie eut un prix, et ce prix fut payé par les intellectuels du parti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous une direction de plus en plus personnalisée, l’organisation devint progressivement une fin en soi. La discipline remplaça le débat. La fidélité à l’appareil l’emporta sur la créativité intellectuelle. Le centralisme démocratique, qui aurait dû demeurer un instrument de discussion, se transforma en mécanisme de sélection : les désaccords théoriques y devinrent des problèmes disciplinaires, les débats politiques des questions de loyauté, l’autonomie intellectuelle un objet de suspicion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bouarrouj fut le premier sacrifié de cette logique, mais non le seul. Autour de lui, le linguiste Salah Garmadi, le critique Taoufik Baccar et d’autres militants refusant de confondre unité et unanimisme s’éloignèrent ou furent marginalisés, notamment à l’approche du congrès des <em>«novateurs»</em> de 1993.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le coût le plus durable de cette gestion, cependant, ne se mesure pas seulement en noms écartés ou en intellectuels marginalisés. Il se mesure dans la manière dont l’histoire même du parti a fini par s’écrire : non comme le récit collectif d’une pensée en discussion, mais comme un récit de personnes, de fidélités et de ruptures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une mémoire de parti qui se raconte à travers ses dirigeants et ses scissions, plutôt qu’à travers les idées qui s’y sont affrontées, cesse d’être une mémoire intellectuelle : elle devient une mémoire de gestion, transmise par ceux qui ont tenu l’appareil, aux dépens de ceux qui portaient la pensée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi qu’un patrimoine critique réel, sur le marxisme, la modernité et l’islam, a pu rester confiné à la mémoire orale de quelques camarades, quand l’histoire officielle du mouvement ne retenait que les noms de ses dirigeants successifs et le récit de ses querelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le moment le plus révélateur de cette responsabilité se situe à la fin des années 1980, lorsque les transformations du monde communiste ouvraient une fenêtre réelle pour repenser les doctrines, les méthodes et les rapports entre le parti et la société. Bouarrouj incarnait précisément cette possibilité de rénovation, non comme abandon du communisme mais comme son renouvellement. La direction choisit une autre voie : celle de la cohésion de l’appareil contre l’ouverture doctrinale. Ce choix permit sans doute au parti de traverser la crise. Il lui interdit d’en sortir porteur d’une capacité d’invention retrouvée, et d’une mémoire collective faite d’autre chose que de fidélités personnelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le dernier geste d’un homme de rigueur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le trait le plus émouvant de cet itinéraire intellectuel se situe dans ses derniers mois. Rattrapé par la maladie, quelques mois avant sa mort, Bouarrouj éprouve le besoin de livrer, depuis son lit d’hôpital, un bilan critique de l’effondrement de l’Union soviétique, acté en décembre 1991. Dicté en quelques jours, sans autre appui que sa mémoire, ce texte se distingue par sa rigueur et son absence de tout calcul institutionnel : il ne cherche ni à réhabiliter ni à justifier l’expérience soviétique, mais à en comprendre les échecs, notamment dans l’incapacité de ses dirigeants à penser correctement les rapports entre peuples dominants et dominés, entre le Nord et le Sud, entre l’Occident et l’Orient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce geste, celui d’un homme qui choisit de consacrer ses dernières forces à un exercice de vérité intellectuelle plutôt qu’à la défense d’un camp, résume à lui seul ce que fut sa démarche tout au long de sa vie : rester fidèle à l’exigence critique, y compris quand elle dérange son propre camp. C’est cette même exigence, précisément, que la gestion personnelle et centralisée du parti n’a jamais su accueillir en son sein tant qu’elle relevait de vivants plutôt que d’un testament.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi le PCT n’a-t-il pas de mémoire collective</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette fragmentation de la mémoire de la gauche n’est pas un phénomène isolé dans l’histoire politique tunisienne postcoloniale. On en retrouve un écho, sous une forme différente, dans le sort réservé à l’expérience économique des années 1960 portée par Ahmed Ben Salah, ce même projet que Bouarrouj et ses camarades avaient soutenu de façon critique : là aussi, un projet ambitieux fut interrompu avant d’avoir pu tirer pleinement les leçons de ses propres contradictions. Mais le cas du PCT pose une question plus précise, et qu’il faut poser directement : pourquoi un parti qui s’est voulu, pendant des décennies, le dépositaire d’une pensée critique n’a-t-il pas de mémoire collective, faite d’idées débattues et transmises, mais seulement une mémoire de personnes, de fidélités et de scissions ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse tient à trois mécanismes que cet article a tenté de mettre au jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord, une gestion centralisée qui a fait reposer la légitimité du parti sur un homme et sur la préservation de l’appareil, plutôt que sur les débats qui le traversaient : ce que l’organisation a gagné en cohésion, elle l’a perdu en capacité à garder trace de ses désaccords autrement que comme des trahisons ou des ruptures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, l’absence de démocratie et de pluralité au moment où elle aurait le plus compté, celle qui a permis au huitième congrès de 1981 de trancher unilatéralement une tentative de reconstruction et de réunification, substituant la décision d’un cercle restreint à la légalité collective issue du septième congrès.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, la transmission elle-même : faute d’avoir été assumée par le parti, la pensée de Bouarrouj, comme celle de plusieurs de ses camarades, n’a survécu que dans la mémoire orale de quelques proches et dans des entretiens comme ceux recueillis par Hédi Dhoukar, jamais dans une histoire écrite et débattue du mouvement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un parti qui ne transmet de son passé que les noms de ses dirigeants et le récit de ses ruptures n’a pas de mémoire collective : il a une mémoire de gestion, entretenue par ceux qui ont tenu l’appareil, et une mémoire militante, maintenue en marge par ceux qui en ont été écartés. Ces deux mémoires, celle de Harmel et celle de Bouarrouj, ne se sont jamais réconciliées parce que la première n’a jamais eu besoin de rendre compte à la seconde. C’est cette tension, plus que tout désaccord doctrinal, qui explique l’absence d’une mémoire collective au sens plein du terme : une mémoire qui appartiendrait au parti tout entier, débats compris, et non aux seuls vainqueurs de ses congrès.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces questions concernent moins le passé du communisme tunisien que l’avenir de toute gauche, et de tout mouvement politique, qui voudrait échapper à la même logique : celle où la gestion de l’appareil, aussi nécessaire soit-elle un temps, finit par se substituer à la vie intellectuelle et à la mémoire qu’elle était censée protéger.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rendre à Bouarrouj sa place, et au parti sa mémoire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Trente-quatre ans après sa mort, ce devoir de mémoire n’a rien perdu de son actualité. Les nouvelles générations qui s’interrogent sur la possibilité d’un marxisme enraciné dans l’histoire et la culture arabo-musulmanes, sur les impasses du mimétisme modernisateur, ou sur les conditions d’une pensée critique fidèle à elle-même jusqu’au bout, trouveront dans l’itinéraire de Noureddine Bouarrouj bien plus qu’un épisode de l’histoire de la gauche tunisienne : une pensée qui mérite, pour elle-même, d’être enfin connue. Mais elles y trouveront aussi, si elles savent la lire, un avertissement : aucun patrimoine intellectuel ne résiste longtemps à une mémoire organisée autour des seules personnes qui l’ont gouverné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire retiendra sans doute que Mohamed Harmel fut celui qui maintint le PCT en vie. Elle doit aussi retenir qu’une gestion à ce point personnalisée et centralisée de cette survie a fini par priver le parti non seulement de ses intellectuels les plus originaux, mais de la capacité même à se souvenir de sa propre histoire autrement qu’à travers le récit de ses hommes et de ses ruptures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet article doit beaucoup, dans ce qu’il tente de restituer de cette pensée, au livre que Hédi Dhoukar a consacré à Noureddine Bouarrouj**. Fruit d’un travail d’écoute et de transcription mené avec une grande rigueur documentaire, cet ouvrage constitue à ce jour la source la plus riche et la plus fidèle pour accéder à la profondeur et à l’originalité d’une pensée que l’histoire officielle de la gauche tunisienne a trop longtemps laissée dans l’ombre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Post-scriptum : une histoire à écrire à plusieurs voix</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis sa mise en circulation, cet article suscite déjà, de l’aveu de ses premiers lecteurs, le débat qu’il appelait sans doute de ses vœux. Plusieurs anciens camarades, acteurs ou témoins directs de cette histoire, m’ont fait part de leurs réactions, et je tiens à leur en exprimer ma sincère gratitude : leurs remarques me confortent dans l’idée que cette histoire reste à écrire, non à partir d’une mémoire unique, mais à partir de mémoires plurielles, de témoignages et de documents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je voudrais préciser un point qui me paraît essentiel. Mon propos n’était pas de réduire l’histoire du PCT à une querelle entre Harmel et Bouarrouj, encore moins de construire un procès rétrospectif de Mohamed Harmel. Je reconnais pleinement le rôle historique qu’il a joué dans la préservation et la continuité du parti dans des conditions extrêmement difficiles. Mais reconnaître ce rôle ne doit pas empêcher d’interroger, en parallèle, ce que cette gestion de la continuité a pu produire comme marginalisation d’autres expériences et d’autres pensées. C’est précisément cette tension qui m’intéresse. Bouarrouj n’est pas, à mes yeux, simplement <em>«l’adversaire de Harmel»</em> : il représente une possibilité intellectuelle et politique du communisme tunisien, un marxisme plus attentif à l’histoire nationale, à la culture et à la question de la modernité, dont je pense que nous n’avons pas suffisamment conservé la trace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je prends aussi très au sérieux une remarque touchant ma propre position dans cette histoire. Je n’ai jamais prétendu être un observateur extérieur : j’ai moi-même appartenu à cette génération, et j’en ai partagé les espoirs, les engagements, et aussi les ambiguïtés. Si mon texte a pu, par endroits, donner une autre impression, c’est un point que je dois mieux expliciter. Cette implication ne me paraît cependant pas invalider la nécessité, avec le recul, de questionner ce que nous avons vécu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur un dernier point, je rejoins pleinement mes interlocuteurs : nos souvenirs, aussi sincères soient-ils, ne suffisent pas à eux seuls à établir la vérité historique. C’est précisément pourquoi je souhaite que ce texte soit reçu non comme une conclusion, mais comme une invitation à confronter nos mémoires aux documents et aux témoignages disponibles. Je ne cherche ni à réhabiliter Bouarrouj contre Harmel, ni Harmel contre Bouarrouj, mais à comprendre pourquoi, dans notre mémoire de la gauche tunisienne, certaines idées, certains débats et certains acteurs ont été moins transmis que d’autres. C’est peut-être là, au fond, la seule manière de rendre justice à tous : faire enfin de notre histoire commune une histoire plurielle, où les désaccords cessent d’être des raisons d’effacer les uns ou les autres, pour devenir une partie constitutive de notre mémoire collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À tous ceux qui ont pris le temps de réagir, avec la rigueur et la fidélité de ceux qui ont vécu cette histoire de l’intérieur, j’adresse toute mon amitié et mon respect.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Historien.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>** Le livre que Hédi Dhoukar a consacré à Noureddine Bouarrouj, cité à plusieurs reprises dans cet article, est actuellement en cours d’édition sous le titre ‘‘Noureddine Bouarrouj, Pensées sur son temps’’.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/10/noureddine-bouarrouj-la-memoire-effacee-du-communisme-tunisien/">Noureddine Bouarrouj, la mémoire effacée du communisme tunisien</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Colloque à Beit al-Hikma &#124; La poésie francophone de Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/09/colloque-a-beit-al-hikma-la-poesie-francophone-de-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Apr 2026 07:09:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La poésie francophone en Tunisie au centre d'un colloque à l'Académie tunisienne Beit al-Hikma, le mercredi 15 avril 2026.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/09/colloque-a-beit-al-hikma-la-poesie-francophone-de-tunisie/">Colloque à Beit al-Hikma | La poésie francophone de Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><br><em>L’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts Beït al-Hikma organise un colloque sur «La poésie francophone de Tunisie», le mercredi 15 avril 2026 à son siège à Carthage-Hannibal.</em></strong> </p>



<span id="more-18603894"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Cette manifestation scientifique, initiée par le groupe de réflexion et d’étude sur la littérature tunisienne d’expression française, réunira des chercheurs et universitaires autour des multiples expressions de la poésie francophone en Tunisie, en interrogeant ses dynamiques esthétiques, ses filiations littéraires et ses ouvertures intermédiales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La séance inaugurale, à 09h00, modérée par le Professeur Kamel Gaha, sera suivie de communications portant notamment sur les œuvres de Mohamed Jamoussi, Marius Scalési, Salah Garmadi, Amina Saïd, Abdelaziz Kacem et Lorand Gaspar, à travers des approches critiques variées, allant de l’intermédialité à l’écopoétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A la deuxième séance, 14h30, modérée par le Professeur Samir Marzouki, les communications aborderont des problématiques liées à la quête de soi dans l’écriture poétique, aux rapports de filiation et d’hommage, aux interactions entre texte et image, ainsi qu’à l’évolution éditoriale de la poésie en Tunisie, notamment à travers le catalogue des éditions Arabesques (1991–2026).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce colloque constitue une occasion privilégiée de réflexion et d’échange autour de la richesse et de la diversité de la poésie francophone tunisienne, dans ses dimensions à la fois historiques et contemporaines</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/09/colloque-a-beit-al-hikma-la-poesie-francophone-de-tunisie/">Colloque à Beit al-Hikma | La poésie francophone de Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Beït al-Hikma écarte Tahar Bekri et Moncef Ghachem de «la» poésie francophone de Tunisie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 08:34:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelaziz Kacem]]></category>
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		<category><![CDATA[Beït Al-Hikma]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Ghachem]]></category>
		<category><![CDATA[poésie francophone]]></category>
		<category><![CDATA[Salah Garmadi]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Bekri]]></category>
		<category><![CDATA[Zine Elabidine Hamda]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quand Beit al-Hikma exclut nos deux grands poètes Tahar Bekri et Moncef Ghachem de  «la» poésie francophone de Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/01/beit-al-hikma-ecarte-tahar-bekri-et-moncef-ghachem-de-la-poesie-francophone-de-tunisie/">Beït al-Hikma écarte Tahar Bekri et Moncef Ghachem de «la» poésie francophone de Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’Académie tunisienne des sciences, des lettres, et des arts (Beït al-Hikma) vient d’annoncer l’organisation le 15 avril 2026 d’un colloque portant sur «La poésie francophone de Tunisie». Mais dans l’aréopage poétique qui illustre selon les organisateurs «la» poésie francophone de Tunisie, sont exclus nos deux grands poètes Tahar Bekri et Moncef Ghachem. Un choix difficile à justifier et encore moins à défendre.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zine Elabidine Hamda *</strong></p>



<span id="more-18568896"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Zinelabidine-Hamda.jpg" alt="" class="wp-image-18568918" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Zinelabidine-Hamda.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Zinelabidine-Hamda-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Zinelabidine-Hamda-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le programme proposé au public porte, en effet, sur les œuvres des poètes tunisiens Mohamed Jamoussi, Salah Garmadi, Amina Saïd, Abdelaziz Kacem, du franco-hongrois Lorand Gaspar, résident en Tunisie entre 1970 et 1995 et mort à Paris en 2019, du&nbsp;poète italien, né en Tunisie, Mario Scalesi, mort en 1922 à Palerme et auteur d’un seul recueil, <em>‘‘Les poèmes d’un Maudit’’</em> publié à titre posthume, et des membres de l’Académie Hichem Ben Ammar, Kamel Gaha et Samir Marzouki, les deux derniers étant modérateurs du colloque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Académie reste certes dans son rôle quand elle sélectionne les plumes qu’elle juge pertinentes pour ses colloques. Elle peut ignorer des voix montantes comme celles de Fatima Maouia et Mokhtar El Amraoui. Mais écarter Bekri et Ghachem relève, à mon sens, de l’incompréhensible.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Que ne faut-il pas pour être invisibilisé&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il rappeler à nos éminents académiciens que Moncef Ghachem est un des pionniers de la poésie tunisienne en langue française&nbsp;? Ses recueils de poésie qui chantent, qui crient plutôt, la mer de Mahdia, sa ville natale, la terre tunisienne, ses lieux sublimes, ses paysages et ses hommes, ses affres et sa résilience, sont traduits dans plusieurs langues. Il est détenteur du&nbsp;Prix Albert-Camus (1994), lauréat de la mention spéciale du Prix international de poésie de langue française Léopold Sédar Senghor pour l&rsquo;ensemble de son œuvre<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Moncef_Ghachem#cite_note-5"></a>(2006). Il a été fait Chevalier de l&rsquo;Ordre des palmes académiques françaises en&nbsp;1993&nbsp;et est détenteur du Cordon culturel du&nbsp;président de la République tunisienne (1994). Que ne faut-il pas pour être invisibilisé&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Voix libres de tous les combats</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tahar Bekri, quant à lui, continue de briller de mille feux. Il vient de sortir deux nouvelles œuvres,<em> ‘‘Je te revois, père’’ </em>(Bruxelles, Asmodée Edern,&nbsp;2026), livre autobiographique en prose poétique et une anthologie de <em>‘‘Poètes tunisiens&nbsp;: textes choisis, traduits de l’arabe’’ </em>(Tunis, Nehed). Après une thèse sur l’Algérien Malek Haddad, il traduit Abul Kacem Chebbi et Mahmoud Darwish. Du lieu de son exil forcé par le régime despotique de Bourguiba, après une courte incarcération injuste, il n’a cessé de chanter dans ses recueils de poésie la Tunisie, sa terre natale, ses maux et ses espérances. Sa voix libre a été de tous les combats pour les libertés en Tunisie, pour l’indépendance de la Palestine, pour les causes d’émancipation des Africains et des Sud-Américains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son œuvre prolifique, dans les deux langues française et arabe, est éditée en Tunisie, en France, en Belgique et au Canada. Elle est traduite en plusieurs langues en Allemagne, en Russie, en Turquie, en Italie, au Portugal, en Espagne, en Islande, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Elle fait l’objet de colloques, de recherches académiques en Tunisie, en France, en Italie, au Canada, au Danemark.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Tunisie, la Faculté des lettres et sciences humaines de Sfax, qui figure bien dans le paysage académique tunisien, lui a consacré, les 2 et 3 mars 2017, un colloque international sous le titre «<em>Géopolitique de l’œuvre de Tahar Bekri»</em>, dont Kapitalis a rendu compte dans son édition du 25 février de la même année.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tahar Bekri figure dans l’anthologie<em> ‘‘French Poetry: The Yale Anthology of Twentieth-Century’’</em>, New Haven, Yale University Press,&nbsp;2004. Membre de l&rsquo;Union des écrivains tunisiens, détenteur de l’ordre du Mérite culturel de la République tunisienne (1993), Tahar Bekri est récompensé du Prix international de littérature francophone&nbsp;Benjamin Fondane (2018). Il est le seul poète tunisien à être consacré en 2019 par l’Académie française qui lui décerne le&nbsp;prix du rayonnement de la langue et de la littérature françaises. En 2022, il devient membre de la plus ancienne académie de poésie en France (fondée en 1323), l’Académie des Jeux floraux<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tahar_Bekri#cite_note-17"></a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Deux parcours étincelants</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Académie Beït al-Hikma ignore-t-elle ces deux parcours étincelants qui honorent la Tunisie et les Tunisiens dans le monde par leur modestie et la grandeur de leurs écrits&nbsp;? J’en doute fort connaissant les membres du Département des Lettres de Beït al-Hikma. Il est vrai que la sagesse de cette auguste institution s’intéresse davantage, depuis quelque temps, au questionnement du Code du statut personnel et de la promotion des finances islamiques qu’aux questions lancinantes relatives à la liberté et à la justice que soulèvent les plumes tunisiennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que ces mots rendent hommage à nos deux poètes illustres invisibilisés. C’est aussi à cela que sert la liberté d’expression.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Journaliste et écrivain.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center">Mise au point de Samir Marzouki</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je serais reconnaissant à la rédaction de <em>Kapitalis</em> de publier la mise au point suivante relativement à l’article de M. Hamda concernant le colloque sur la poésie francophone de Tunisie qu’organise le groupe de recherche sur la littérature tunisienne de langue française dépendant du département de Lettres de Beit al-Hikma le 15 avril 2026 et ce dans le but d’éclairer vos lecteurs et d’éviter une polémique stérile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord l’allégation selon laquelle les organisateurs de ce colloque auraient écarté les poètes Moncef Ghachem et Tahar Bekri est totalement fausse car Moncef Ghachem est au centre de la communication de Farah Zaiem dont le titre, qui mentionne la mer et les poissons, est une référence explicite au poète de Mahdia pour qui est familier de cette œuvre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, Tahar Bekri lui-même prendra la parole au cours d’un second colloque du même groupe de recherche, toujours à Beit al-Hikma, une semaine après ce premier colloque, les 22 et 23 avril, et ce pour parler de son œuvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut enfin préciser ce qui suit pour éviter les confusions et les accusations à l’emporte-pièce contre l’Académie et les académiciens qui, dans leur spécialité, ont pour le moins déjà fait leurs preuves sur tous les plans, y compris déontologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le colloque est organisé par un sous-groupe de recherche que je coordonne et qui est consacré à la poésie francophone de Tunisie, ce sous-groupe est une émanation du groupe de recherche coordonné par le Professeur Kamel Gaha et consacré, lui à la littérature francophone de Tunisie. Le projet du sous-groupe travaillant sur la poésie francophone de Tunisie est un projet de longue haleine visant à documenter cette poésie et prévoyant plusieurs colloques et tables-rondes pour atteindre cet objectif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le colloque du 15 avril est le premier de cette série de travaux scientifiques. Son programme a été élaboré à partir de propositions de communications conçues par les communicants à partir d’un argumentaire expliquant l’ensemble de la démarche et ses diverses étapes sans indication, sauf à titre d’exemple, Tahar Bekri et Moncef Gachem figurant du reste parmi ces rares exemples, des poètes dont il conviendrait de traiter l’œuvre et sans mentionner aucune priorité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’appel à communications était adressé aux membres du groupe de recherche mais aussi à d’autres universitaires ayant travaillé sur la poésie francophone de Tunisie. Le premier colloque, qui doit durer un seul jour, ne pouvait ambitionner de présenter un panorama exhaustif de la poésie francophone de Tunisie. Il se contente d’entamer, à partir de quelques exemples, une recension prévue dès le départ comme plus ambitieuse. Mohamed Aziza, Chams Nadir, par exemple, est un des plus grands poètes francophones de notre pays. Or, l’étude de son œuvre riche et complexe, n’a pas tenté, pour ce premier colloque, un des chercheurs pressentis mais cela ne signifie nullement que l’œuvre de ce grand protagoniste de notre histoire littéraire ne sera pas abordée dans les prochains travaux de notre groupe de recherche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Précisons que le groupe de recherche n’est pas constitué que d’académiciens et que l’appel à communications a été également adressé à des universitaires qui ne faisaient pas partie de ce groupe de recherche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur l’existence, dans le programme, de deux poètes qui n’avaient pas de passeport tunisien, je me contenterais de dire que le colloque est intitulé <em>«Poésie francophone de Tunisie»</em> et non <em>«Poésie tunisienne de langue française»</em>, ce qui ne signifie pas la même chose. Laurent Gaspar, bien que <em>«franco-hongrois»</em>, a passé la moitié de sa vie en Tunisie et son rapport à notre pays pourrait être envié par bien des Tunisiens. De plus, comme la communication de notre colloque qui lui sera consacrée le montre, l’inspiration tunisienne irrigue son œuvre. Scalési, quant à lui, bien que maltais, a vécu et publié en Tunisie, deux recueils du reste et pas un seul, et son œuvre, comme celle de Mohamed Jamoussi, illustre une période où la poésie francophone de notre pays ne se détachait pas suffisamment de l’influence de la poésie française.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, un mot sur des insinuations que comprend l’article auquel je réponds ici. Oui, Kamel Gaha, Samir Marzouki et Hichem Ben Ammar sont académiciens mais aucun d’entre eux n’a besoin de l’Académie pour promouvoir son œuvre. Kamel Gaha a publié deux recueils francophones remarqués. Samir Marzouki en a aussi publié deux et il en a un troisième sous presse tandis que Hichem Ben Ammar, qui fait partie d’un autre département que celui qui organise le colloque et qui n’est peut-être même pas au courant que ce colloque parlera de son œuvre, en a publié plusieurs. Il se trouve que, parmi les propositions qui ont remonté des contributeurs au colloque et qui n’avaient, je me permets de le répéter, aucune consigne relative aux poètes à traiter ni aucun listing de priorité, leurs trois œuvres poétiques ont été mentionnées, tout simplement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans notre pays, nous manquons de travaux relatifs à notre patrimoine littéraire. Combien de colloques se sont intéressés au sujet de la poésie francophone de Tunisie&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, quand des universitaires sérieux et une institution prestigieuse comme l’Académie s’y intéressent, peut-être qu’il convient d’abord d’assister aux travaux auxquels ce colloque annoncé doit donner lieu avant de stigmatiser ses organisateurs pour des oublis qui n’en sont pas.</p>
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		<title>Enquête romanesque sur une mort mystérieuse</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/30/enquete-romanesque-sur-une-mort-mysterieuse/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Dec 2022 10:53:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ferran Cremades]]></category>
		<category><![CDATA[Morisques]]></category>
		<category><![CDATA[Salah Garmadi]]></category>
		<category><![CDATA[Sidi Bou Saïd]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Bekri]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'action du roman de l'Espagnol Ferran Cremades se déroule dans la Tunisie des années 1980.  </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le poète Tahar Bekri présente ici un roman de l&rsquo;auteur espagnol Ferran Cremades dont l’action se passe en Tunisie, dans les années 1980 et se déploie comme une enquête sur la mort survenue en 1982, dans des circonstances mystérieuses, de Salah K., nom qui rappelle aux moins jeunes le célèbre écrivain <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/28/le-poeme-du-dimanche-avec-ou-sans-de-salah-garmadi/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Salah Garmadi</a>. Mais le fait divers, ici, n&rsquo;est qu&rsquo;un prétexte romanesque&#8230; </em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Tahar Bekri</strong></p>



<span id="more-5871605"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/04/Tahar-Bekri.jpg" alt="" class="wp-image-46022" width="200"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Publié en catalan, en 1991 (Ed. 62, Barcelone), le roman de l’écrivain espagnol, Ferran Cremades, ‘‘<em>Línia trencada’’</em> (‘<em>‘Ligne brisée’’</em>), vient de paraître dans une version française, aménagée et traduite par l’auteur. L’action du roman se passe en Tunisie, dans les années 1980.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes en 1985, M. K. est un historien qui arrive en Tunisie pour ses recherches en doctorat, consacré aux Morisques. Il s’installe à Sidi Bou Saïd. Commencent ainsi ses problèmes, convoqué par le commissaire et accusé de faire une enquête sur la mort de Salah K., survenue en 1982, dans des circonstances mystérieuses qui ont ému l’opinion publique. Le projet de recherches change d’objet, d’autant plus, qu’il y a une parenté entre les noms de M. K. et Salah K.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les deux visages d’une même vérité&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman s’écrit, peu à peu, entre enquête policière et recherche historique, la vérité poursuivie et recherchée auprès des amis et des connaissances de Salah K. Rencontres et entretiens à l’appui. La fiction s’entremêle aux témoignages réels, et le narrateur s’emploie à aller sur les traces des lieux de son personnage, reconstituant des traits biographiques, célébrant par la même occasion, son amour de la Tunisie, en dépit des enfreins, intimidations, discours menaçants et craintes sous un pouvoir finissant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">M. K. et Salah K., le narrateur et son personnage, sont-ils les deux visages d’une même vérité&nbsp;? Surgissent des réflexions sur la mort, absurde, accidentelle, volontaire, involontaire, la fatalité, la fin tragique. On ne peut s’empêcher de penser à Kafka ou Albert Camus. De chapitre en chapitre, le narrateur est comme un détective, courant des risques, fasciné lui-même par son personnage et sa notoriété publique, fouillant dans sa vie, son parcours, sa vision du monde, ses ambitions et ses rêves d’intellectuel engagé. Réussissant à construire une biographie passionnante de Salah K.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Beaucoup de personnages à l’existence réelle, facilement reconnaissables, forment les chaînons du roman, alimentent le fil conducteur, jamais linéaire, apportent de l’épaisseur, de l’émotion, développent évocations et souvenirs, contredisent les thèses d’un crime d’Etat.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Deux tableaux contradictoires de la Tunisie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La vérité pourtant, n’est pas élucidée, cela est-il possible&nbsp;? La recherche en Histoire comme dans la petite histoire ne fait-elle pas face à ces lignes brisées, qui, avec la meilleure des volontés, reste inaccessible et permet, plutôt, la liberté d’imagination dans la littérature. Où se situe la littérature&nbsp;? Où se situe l’Histoire&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">En allant à la rencontre de Salah K. et sa disparition étrange, source de toutes les interrogations et les spéculations, Ferran Cremades, brosse deux tableaux contradictoires de la Tunisie, à laquelle il avait déjà consacrée un premier roman, <em>Hotel Africa</em> (Ed. 62, Barcelona, 1987). Son regard est partagé entre accueils chaleureux, bras ouverts et contrariétés aux sueurs froides. Il reste lucide et affectueux. Critique et fraternel. On regrettera les coquilles d’impressions, mais peu de temps pour s’y attarder devant cette narration menée comme on enfile des perles dans un fil de beauté, afin d’apaiser la tragédie.<strong><em>‘</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>‘Ligne brisée’’, roman, Ed. du Panthéon, Paris, 2022.</em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="XhuA01tZQa"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/28/le-poeme-du-dimanche-avec-ou-sans-de-salah-garmadi/">Le poème du dimanche: «Avec ou sans» de Salah Garmadi</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche: «Avec ou sans» de Salah Garmadi » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/28/le-poeme-du-dimanche-avec-ou-sans-de-salah-garmadi/embed/#?secret=rEPgayQoQC#?secret=XhuA01tZQa" data-secret="XhuA01tZQa" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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		<item>
		<title>Le poème du dimanche : «D’autres couleurs» de Souf Abid </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/17/le-poeme-du-dimanche-dautres-couleurs-de-souf-abid/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Jul 2022 06:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ghomrassen]]></category>
		<category><![CDATA[Salah Garmadi]]></category>
		<category><![CDATA[Souf Abid]]></category>
		<category><![CDATA[Taoufik Baccar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Souf Abid compte parmi les meilleurs poètes tunisiens vivants. Titulaire d’un doctorat de langue et de littérature arabe de la Faculté des lettres de Tunis, il a longtemps enseigné tout en poursuivant une œuvre poétique riche.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Né le 7 août 1952 à Ghomrassen, dans le sud tunisien, Souf Abid compte parmi les meilleurs poètes tunisiens vivants. Titulaire d’un doctorat de langue et de littérature arabe de la Faculté des lettres de Tunis, il a longtemps enseigné tout en poursuivant une œuvre poétique riche.</em></strong></p>



<span id="more-2283159"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Il&nbsp;fait partie de cette génération de&nbsp;poètes qui sont entrés dans la poésie au nom de la pureté linguistique et pour prouver que les approches symbolistes étaient l’essence même de la poésie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Taoufik Baccar et Salah Garmadi, ses professeurs à l’université, ont donné un coup de pouce&nbsp;à ce jeune poète en le faisant figurer dans leur anthologie <em>«Ecrivains de Tunisie»</em>, traduite en français, qui le révéla au public francophone.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi ses recueils de poèmes, dont certains ont été traduits dans d’autres langues, on citera&nbsp;: <em>La terre a soif</em>, 1980, <em>Fleur de sel</em>, 1984, <em>La femme mosaïque</em>, 1985, <em>La rouille de l’âme</em>, 1989, <em>Une aile hors de la nuée</em>, 1995, <em>Unique source pour de nombreux rivages</em>, 1998, <em>Une seule vie ne suffit pas</em>,&nbsp;2004, ou encore <em>L’incendiaire des mers</em>, 2014.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>tu parais</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et les fleurs d’amandier s’ouvrent au printemps</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>le verre a un regard tout blanc</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>tu parais</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et les choses dansent dans ma pulsation</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>nous nous rencontrons</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et les maisons de notre rue prennent une &nbsp;teinte de gris-cendre</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>le soleil par-dessus les terrasses essuie la nuit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>le vieil homme de la mosquée récite ses prières du matin</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et les gosses du voisin taquineront notre âne</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>ensemble nous marchons</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et les chiens veulent nous égarer</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>sans peine sans lassitude</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>les couleurs prennent d’autres couleurs</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et lorsqu’ensemble nous revenons</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>le car du village est déjà de retour</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et déjà le vieil homme de la mosquée</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>fait résonner sa canne sur les marches du minaret</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Traduit de l’arabe par </em><strong><em>Salah Garmadi </em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="O8xnbSb3jQ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/23/le-poeme-du-dimanche-ghomrassen-de-souf-abid/">Le poème du dimanche : «Ghomrassen» de Souf Abid</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : «Ghomrassen» de Souf Abid » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/23/le-poeme-du-dimanche-ghomrassen-de-souf-abid/embed/#?secret=9oDcuu5Nlj#?secret=O8xnbSb3jQ" data-secret="O8xnbSb3jQ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="K2rDC3eQlz"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/07/le-poeme-du-dimanche-sous-le-parapluie-de-sargon-boulus-de-moncef-al-ouhaibi/">Le poème du dimanche :  »Sous le parapluie de Sargon Boulus » de Moncef Al-Ouhaïbi</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche :  »Sous le parapluie de Sargon Boulus » de Moncef Al-Ouhaïbi » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/07/le-poeme-du-dimanche-sous-le-parapluie-de-sargon-boulus-de-moncef-al-ouhaibi/embed/#?secret=SpBXxccCSo#?secret=K2rDC3eQlz" data-secret="K2rDC3eQlz" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="HB2FyGUd9O"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/12/12/le-poeme-du-dimanche-la-maitresse-des-mers-de-jamila-mejri/">Le poème du dimanche : «La Maîtresse des mers» de Jamila Mejri</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : «La Maîtresse des mers» de Jamila Mejri » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/12/12/le-poeme-du-dimanche-la-maitresse-des-mers-de-jamila-mejri/embed/#?secret=q4KHIf0ycb#?secret=HB2FyGUd9O" data-secret="HB2FyGUd9O" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong><em> </em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/17/le-poeme-du-dimanche-dautres-couleurs-de-souf-abid/">Le poème du dimanche : «D’autres couleurs» de Souf Abid </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le poème du dimanche: «Avec ou sans» de Salah Garmadi</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/28/le-poeme-du-dimanche-avec-ou-sans-de-salah-garmadi/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Nov 2021 06:37:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelwahab Meddeb]]></category>
		<category><![CDATA[Ferran Cremades]]></category>
		<category><![CDATA[Halfaouine]]></category>
		<category><![CDATA[Lorand Gaspar]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Ghachem]]></category>
		<category><![CDATA[parti communiste tunisien]]></category>
		<category><![CDATA[Salah Garmadi]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Bekri]]></category>
		<category><![CDATA[Taoufik Baccar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Poète et écrivain tunisien bilingue, Salah Garmadi installe sa création dans la langue populaire tunisienne et se délecte malicieusement de ses images et de ses figures, s’appropriant sa liberté de ton et son anti-conformisme. En bon linguiste, il ouvre et entremêle le champ lexical, créant dans la langue des effets de dérision, parfois même des...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/11/Salah-Garmadi.jpg" alt="" class="wp-image-371536"/><figcaption><em>Les photos de Salah Garmadi sont rares. </em></figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Poète et écrivain tunisien bilingue, Salah Garmadi installe sa création dans la langue populaire tunisienne et se délecte malicieusement de ses images et de ses figures, s’appropriant sa liberté de ton et son anti-conformisme. En bon linguiste, il ouvre et entremêle le champ lexical, créant dans la langue des effets de dérision, parfois même des situations surréalistes. Sa critique sociale reste pourtant primordiale, celle de l’intellectuel progressiste, engagé, rejetant les travers de la société.</em></strong></p>



<span id="more-371535"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Né en 1933 à Tunis, dans le quartier populaire de Halfaouine, il fut professeur de littérature arabe, chercheur en linguistique et traducteur, entre autres, des œuvres de Ferdinand de Saussure, André Martinet, Malek Haddad, Tahar Ben Jelloun, Rachid Boudjedra… Polyglotte, il a aussi traduit de l’allemand, de l’anglais, du grec et du russe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Membre du Parti communiste tunisien, Salah Garmadi prit part à de nombreux événements culturels et littéraires. Il décède en 1982, dans des circonstances accidentelles qui avaient beaucoup ému l’opinion. L’écrivain espagnol, Ferran Cremades, lui consacre en 1991, un roman en catalan, <em>Linia trencada</em>&nbsp;(éd. 62, Barcelone)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi ses œuvres (en français)&nbsp;: <em>Nos ancêtres les Bédouins</em>, P.J. Oswald, 1975; <em>Avec ou sans</em>, Cérès, 1982&nbsp;(auquel s’est ajouté le recueil en arabe, <em>Allahma al-hayya</em> (Chair vive) 1970); <em>Le Frigidaire</em>, nouvelles, Alif, 1986 (ouvrage posthume)&nbsp;; <em>Ecrivains de Tunisie</em>, Sindbad, 1981 (en collaboration avec Taoufik Baccar).</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Tahar Bekri</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>on vit on pleure et parfois on sourit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans amitié on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans pain béni</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans liberté aussi</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et l’on mange des glaces dans les villes nazies</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans enfants on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans raison on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans guerre aussi</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et l’on triture le fil des jours ternis</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et parfois même aux cloportes on dit amis</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et parfois même sur les mille-pattes on fait pipi</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et parfois même aux bourreaux on dit bonjour</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et parfois avec des fantômes on fait l’amour</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans espoir de vaincre on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans avoir de chancre on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans barbouiller d’encre aussi</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et souvent le certificat d’études primaires</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>rapporte à ses heureux titulaires</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>mille fois plus que le nobel littéraire</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans remords on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans avoir tort on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans passe-port aussi</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et l’on respire la bonne odeur de bambaloni</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>en rentrant de l’enterrement de ses amis</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans diplômes on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans anémones on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans recevoir d’aumônes aussi</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et l’on rentre chez soi plein d’envie</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>de ne plus jamais avoir d’avis</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans amour on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans beaux atours on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans espoir de retour aussi</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>et l’on regarde les cheveux affadis</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>en espérant la mort des bigoudis</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>on vit on pleure et parfois on sourit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans bride on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans rides on vit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>avec ou sans avoir de guide aussi</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em><strong>«Avec ou sans», éd. Cérès, Tunis 1982.</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vcxmAJw8zt"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/04/le-poeme-du-dimanche-diamantaire-de-abdelwahab-meddeb/">Le poème du dimanche : ‘‘Diamantaire’’ de Abdelwahab Meddeb</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Diamantaire’’ de Abdelwahab Meddeb » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/04/le-poeme-du-dimanche-diamantaire-de-abdelwahab-meddeb/embed/#?secret=WGMWmkn9x6#?secret=vcxmAJw8zt" data-secret="vcxmAJw8zt" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p class="wp-block-paragraph"><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="I0GKdsrSyq"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/07/le-poeme-de-dimanche-jecris-de-moncef-ghachem/">Le poème de dimanche : ‘‘J’écris’’ de Moncef Ghachem</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème de dimanche : ‘‘J’écris’’ de Moncef Ghachem » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/07/le-poeme-de-dimanche-jecris-de-moncef-ghachem/embed/#?secret=1K3XSwI6bH#?secret=I0GKdsrSyq" data-secret="I0GKdsrSyq" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p class="wp-block-paragraph"><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EMoFjFGcL9"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/03/03/le-poeme-du-dimanche-patmos-de-lorand-gaspar/">Le poème du dimanche : ‘‘Patmos’’ de Lorand Gaspar</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Patmos’’ de Lorand Gaspar » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/03/03/le-poeme-du-dimanche-patmos-de-lorand-gaspar/embed/#?secret=uLifM8qA3L#?secret=EMoFjFGcL9" data-secret="EMoFjFGcL9" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le poème du dimanche : ‘‘Il sera écrit’’ de Malek Haddad</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/11/le-poeme-du-dimanche-il-sera-ecrit-de-malek-haddad/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Jul 2021 06:11:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Constantine]]></category>
		<category><![CDATA[langue française]]></category>
		<category><![CDATA[Louis Aragon]]></category>
		<category><![CDATA[Malek Haddad]]></category>
		<category><![CDATA[Salah Garmadi]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Bekri]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Je suis venu à l’œuvre du poète et romancier algérien Malek Haddad, qui occupa quelques années de mes recherches universitaires, par la traduction de son roman ‘‘Je t’offrirai une gazelle’’ qu’en a faite le regretté, Salah Garmadi, ‘‘Sa’ahabuki ghazala’’ (MTE, 1968). Né en 1927 à Constantine, Malek Haddad décède à Alger, en 1978. Toute son œuvre,...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/11/le-poeme-du-dimanche-il-sera-ecrit-de-malek-haddad/">Le poème du dimanche : ‘‘Il sera écrit’’ de Malek Haddad</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/07/Malek-Haddad-Ban.jpg" alt="" class="wp-image-355852"/></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Je suis venu à l’œuvre du poète et romancier algérien Malek Haddad, qui occupa quelques années de mes recherches universitaires, par la traduction de son roman ‘‘Je t’offrirai une gazelle’’ qu’en a faite le regretté, Salah Garmadi, ‘‘Sa’ahabuki ghazala’’ (MTE, 1968).</em></strong></p>



<span id="more-355851"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Né en 1927 à Constantine, Malek Haddad décède à Alger, en 1978. Toute son œuvre, écrite, entre 1956 et 1961, est un chant d’amour et de liberté pour l’Algérie, encore colonisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’auteur vécut l’exil en France, connut la censure médiatique dans le contexte de la guerre. Il put, cependant, publier ses textes et collaborer à de nombreuses revues et journaux littéraires anticolonialistes, dont <em>Les Lettres françaises</em>. Il ressentit fortement la douleur de l’exil linguistique, ne pouvant écrire en langue arabe. Aragon parla à son égard de <em>«drame du langage»</em>. Ce sentiment, il l’exprima par un propos, devenu célèbre <em>«La langue française est mon exil»</em>. D’où cette décision grave de <em>«déposer sa plume»</em> dès que l’indépendance sera arrivée, parlant de <em>«suicide littéraire»</em>. Ce qui n’a pas manqué de lui être reproché, parfois avec virulence, notamment, par ses confrères.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On sait maintenant que Haddad a poursuivi l’écriture (il laissa des manuscrits) mais pas la publication. A l’indépendance de l’Algérie, il occupa d’importantes fonctions culturelles officielles et dirigea des revues et des pages littéraires. Son écriture, lyrique et métaphorique, traverse sa poésie et sa narration, non sans proximité avec la poésie française de la résistance. De nombreux mots arabes ou berbères sont greffés au texte de langue française qui foisonne de références historiques et géographiques, cherchant par-là à affirmer une identité algérienne et une personnalité historique autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les œuvres&nbsp;de Haddad : <em>Le malheur en danger</em>, 1956&nbsp;; <em>Ecoute et je t’appelle</em>, 1961; <em>La dernière</em> <em>impression</em>, 1958<em>; Je t’offrirai une gazelle</em>, 1959; <em>L’élève et la leçon</em>, 1960; <em>Le</em> <em>Quai aux fleurs ne répond plus</em>; <em>Les zéros tournent en rond</em>, 1961.&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Tahar Bekri</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Colombe sur le toit</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pourquoi</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>es-tu oiseau&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ma voix sera tranquille</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>J’aurai d’autre habitude</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Il me faudra rêver</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Il finira par nous venir</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ce printemps pressenti au martyr de la rose</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Il finira par nous venir</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ce matin des journaux clamant sur cinq colonnes</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Que les mains réunies ont beaucoup de talent</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Que les prières se sont jointes</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Que les morts vont en paix</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Il finira par nous venir</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L’étonnement craintif qui suit les requiems</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le ciel de ma patrie livré à d’autre oiseau</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La joie s’allumera quand cessera le feu</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La liberté de croire aux lignes de la main</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Volonté des fellah nous traçant les sillons</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Il finira par nous venir</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ce moment qui dira&nbsp;: je sens la Liberté</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>J’apporte aux lendemains la chaleur du passé</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ils finiront par nous venir</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ces refrains inventés là-haut sur la montagne</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Il finira par être oiseau</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Cet oiseau dessiné</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Au grand Gâchis du ciel.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Cet amour politique au bout des certitudes</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les rides et les rues</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les barbelés sur les regards</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Celui-là qui se terre</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Celui-là qu’on abat</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Dans les yeux de ma mère</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Au cœur de la Casbah</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Cet amour politique comme un baiser de femme</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>LE BONHEUR MES AMIS EST UNE SCIENCE EXACTE</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>ET NOUS AVONS RAISON.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Rescapés</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Prunelles de mes yeux</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Je sais&nbsp;:</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La dernière mesure est prise sur la vie</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Il nous reste tout juste</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le temps de raconter…</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Rochers</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Je compatis&nbsp;!</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Erosion de l’insulte et de l’indifférence</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Quant à vous que voilà orphelins des musiques</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Vous le savez&nbsp;:</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>NE FRAPPEZ PAS SI FORT</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>JE N’HABITE PAS LA.</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong><em>Ecoute et je t’appelle, 1961.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="B6QtAp8sLE"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/25/le-poeme-du-dimanche-quatre-poemes-de-rabah-belamri/">Le poème du dimanche : Quatre poèmes de Rabah Belamri</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : Quatre poèmes de Rabah Belamri » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/25/le-poeme-du-dimanche-quatre-poemes-de-rabah-belamri/embed/#?secret=sqC1Drst7j#?secret=B6QtAp8sLE" data-secret="B6QtAp8sLE" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p class="wp-block-paragraph"><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="bVulDAA9Ug"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/11/le-poeme-du-dimanche-liban-ma-rose-noire-de-tahar-bekri/">Le poème du dimanche : ‘‘Liban, ma rose noire’’ de Tahar Bekri</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Liban, ma rose noire’’ de Tahar Bekri » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/11/le-poeme-du-dimanche-liban-ma-rose-noire-de-tahar-bekri/embed/#?secret=tg6wFQhPpj#?secret=bVulDAA9Ug" data-secret="bVulDAA9Ug" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p class="wp-block-paragraph"><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="p9rBH937vR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/04/le-poeme-du-dimanche-diamantaire-de-abdelwahab-meddeb/">Le poème du dimanche : ‘‘Diamantaire’’ de Abdelwahab Meddeb</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Diamantaire’’ de Abdelwahab Meddeb » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/08/04/le-poeme-du-dimanche-diamantaire-de-abdelwahab-meddeb/embed/#?secret=UFt9PbZZY1#?secret=p9rBH937vR" data-secret="p9rBH937vR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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		<title>La poésie d’Afrique du Nord dans un numéro spécial de la revue ‘‘Yale French Studies’’</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Feb 2021 09:36:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelkébir Khatibi]]></category>
		<category><![CDATA[Jalel El Gharbi]]></category>
		<category><![CDATA[poésie d’Afrique du Nord]]></category>
		<category><![CDATA[Salah Garmadi]]></category>
		<category><![CDATA[Samira Negrouche]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Bekri]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Ben Jelloun]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Hammami]]></category>
		<category><![CDATA[Yale French Studies]]></category>
		<category><![CDATA[Yale University]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vient de paraître à Yale University, aux Etats-Unis, un numéro important de la revue ‘‘Yale French Studies’’ (n° 137-138) consacré à la poésie d’Afrique du Nord. De nombreux auteurs et contributeurs ont apporté leur concours à ce travail critique, exigeant et qui donne une place plus juste de la poésie au sein des littératures du...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Yale-Frensh-Studies.jpg" alt="" class="wp-image-337860"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Vient de paraître à Yale University, aux Etats-Unis, un numéro important de la revue ‘‘Yale French Studies’’ (n° 137-138) consacré à la poésie d’Afrique du Nord.</em></strong></p>



<span id="more-337859"></span>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreux auteurs et contributeurs ont apporté leur concours à ce travail critique, exigeant et qui donne une place plus juste de la poésie au sein des littératures du Maghreb. Parmi les poètes et auteurs, Tahar Ben Jelloun, Tahar Bekri, Mohammed Dib, Jalel El Gharbi, Abdelkébir Khatibi, Salah Garmadi, Tahar Hammami, Mohammed Khaïreddine, Samira Negrouche, Jean Sénac, Habib Tengour, Kateb Yacine… Des œuvres d’artistes accompagnent les études.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>(Yale University Press, P.O. Box 209040 New Haven, Connecticut 06520-0940).</em></p>
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		<title>Le poème du dimanche: ‘‘Connaissance de la Lumière’’ de Lorand Gaspar</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Oct 2020 06:42:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Alif]]></category>
		<category><![CDATA[CHU Charles-Nicolle]]></category>
		<category><![CDATA[Jacqueline Daoud]]></category>
		<category><![CDATA[Jérusalem]]></category>
		<category><![CDATA[Lorand Gaspar]]></category>
		<category><![CDATA[Salah Garmadi]]></category>
		<category><![CDATA[Sidi Bou Saïd]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une année s’est écoulée depuis le décès le 9 octobre 2019 du poète hongrois d’origine, français de nationalité et tunisien de cœur Lorand Gaspar. Médecin, poète, historien, photographe et traducteur, Lorand Gaspar a vécu et exercé à Tunis de 1970 à 1995, et habitait une petite maison accolée au flanc du village de Sidi Bou...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/11/le-poeme-du-dimanche-connaissance-de-la-lumiere-de-lorand-gaspar/">Le poème du dimanche: ‘‘Connaissance de la Lumière’’ de Lorand Gaspar</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/10/Lorand-Gaspar-Jeune-Medecin-en-Palestine.jpg" alt="" class="wp-image-320119"/><figcaption><em>Lorand Gasppar, jeune médecin en Palestine. </em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Une année s’est écoulée depuis le décès le 9 octobre 2019 du poète hongrois d’origine, français de nationalité et tunisien de cœur Lorand Gaspar. Médecin, poète, historien, photographe et traducteur, Lorand Gaspar a vécu et exercé à Tunis de 1970 à 1995, et habitait une petite maison accolée au flanc du village de Sidi Bou Saïd.</em></strong></p>



<span id="more-320117"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Né à Târgu Mures en Transylvanie orientale, le 28 février 1925, il a été déporté durant la Seconde Guerre mondiale, et se réfugie en France où il fait des études de médecine. Chirurgien de l’hôpital français de Jérusalem de 1954 à 1970, il pratique ensuite au CHU Charles-Nicolle à Tunis de 1970 à 1995.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Médecine et écriture sont intimement liées dans son œuvre de Gaspar, tout comme dans la vie de l’homme. Son premier recueil, <em>‘‘Le Quatrième État de la matière’’</em>, publié chez Flammarion en 1966 reçoit le prix Guillaume-Apollinaire en 1967. Par la suite son œuvre sera couronnée de multiples prix. En 1998, il reçoit le prix Goncourt de la poésie pour l’ensemble de son œuvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il fonde et codirige, avec Jacqueline Daoud, sa seconde épouse, et Salah Garmadi, la revue tunisienne<em> ‘‘Alif’’</em>, éditée par la maison d’édition Cérès dont douze numéros paraîtront entre 1970 et 1982. Il a beaucoup marqué la vie littéraire en Tunisie dans les années 1980-1990.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nos rivières ont pris feu !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un oiseau parfois lisse la lumière &#8211;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ici il fait tard</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous irons par l’autre bout des choses</p>



<p class="wp-block-paragraph">explorer la face claire de la nuit —</p>



<p class="wp-block-paragraph">je connais des matins fous d’étendue</p>



<p class="wp-block-paragraph">de désert et de mer —</p>



<p class="wp-block-paragraph">mouvoir qui refond les visages</p>



<p class="wp-block-paragraph">remploie ses traces.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Monastère de vie de flamme pulmonaire</p>



<p class="wp-block-paragraph">dans l’épaisseur fumante de midi —</p>



<p class="wp-block-paragraph">nous enseignons aux algues, aux poissons</p>



<p class="wp-block-paragraph">la couleur de l’air et l’histoire de l’homme</p>



<p class="wp-block-paragraph">pour les faire rire au soir dans l’encre opaque</p>



<p class="wp-block-paragraph">des poulpes effrayés</p>



<p class="wp-block-paragraph">ce matin qui vient se poser .si frais dans tes yeux</p>



<p class="wp-block-paragraph">tout pleins encore de fragiles porcelaines</p>



<p class="wp-block-paragraph">le jour poreux</p>



<p class="wp-block-paragraph">son long baiser de laine</p>



<p class="wp-block-paragraph">tout ce corps resté pour nuit quelque part</p>



<p class="wp-block-paragraph">La lumière joue dans des corps étroits d’oiseaux de brefs mouvements d’air où les sons se plissent et découvrent la peau les yeux des femmes</p>



<p class="wp-block-paragraph">des hommes lourds de trépas, de sommeil, la nuit voûtée dans le dos regardent ces mailles sur l’eau qu’un rien déchire et là-bas sans doute des vitres en feu —</p>



<p class="wp-block-paragraph">blanches parois d’oiseaux reposés fossiles au hasard dans les couches du jour eaux peintes de nos passages les fonds tremblent encore —</p>



<p class="wp-block-paragraph">balancements d’ailes</p>



<p class="wp-block-paragraph">gouffres rapides sous la peau</p>



<p class="wp-block-paragraph">on se penche sur des plages fumantes</p>



<p class="wp-block-paragraph">les joues brûlées</p>



<p class="wp-block-paragraph">nappes tendres d’acier gris</p>



<p class="wp-block-paragraph">nos mains émondées sur les pentes</p>



<p class="wp-block-paragraph">de cette lumière —</p>



<p class="wp-block-paragraph">et nos doigts rient</p>



<p class="wp-block-paragraph">de roues immenses légères</p>



<p class="wp-block-paragraph">dans la maison plus intérieure de la vie</p>



<p class="wp-block-paragraph">où quelqu’un vient</p>



<p class="wp-block-paragraph">acier</p>



<p class="wp-block-paragraph">silence</p>



<p class="wp-block-paragraph">replis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sons bullent dans les dalles de lumière.<br>Tu t’es fait nuit blanche dans le blanc qui perce le tulle de nos bruits.<br>Surfaces distances dévotions les jours s’effritent dans l’arène et le regard et la danse —</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je t’ai bâti de crissements et de cris exhumé puis lentement de nouveau enseveli.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lenteur aveuglante</p>



<p class="wp-block-paragraph">du minéral à la mer</p>



<p class="wp-block-paragraph">de longs voyages troués dans le temps</p>



<p class="wp-block-paragraph">se retrouver dans une plante, un cilié</p>



<p class="wp-block-paragraph">la fraîcheur de ses nuits</p>



<p class="wp-block-paragraph">toutes portes où l’on se trouve et s’abandonne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme les regards étonnés</p>



<p class="wp-block-paragraph">d’être morts</p>



<p class="wp-block-paragraph">comme s’arrachent</p>



<p class="wp-block-paragraph">les oiseaux ivres leurs plumes</p>



<p class="wp-block-paragraph">nos gestes étaient trop clairs</p>



<p class="wp-block-paragraph">pour ne pas surprendre</p>



<p class="wp-block-paragraph">leur pesant d’ombre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si loin que le sourire ne sait les paupières.<br>Tiré des cris longs d’oiseaux en vol la lettre fluide des choses sans mémoire le jour brûlé il arrive qu’on oublie les paroles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là-bas au bout du monde</p>



<p class="wp-block-paragraph">là-bas les soleils</p>



<p class="wp-block-paragraph">la bouche enflée de nuits</p>



<p class="wp-block-paragraph">là-bas les horizons</p>



<p class="wp-block-paragraph">la soie sauvage du désir</p>



<p class="wp-block-paragraph">monde grave</p>



<p class="wp-block-paragraph">où rien n’est insulté ni laid</p>



<p class="wp-block-paragraph">le couteau tombe</p>



<p class="wp-block-paragraph">le jour marche sur les plafonds</p>



<p class="wp-block-paragraph">dans ses entrailles cuivrées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le port est repeint de noir</p>



<p class="wp-block-paragraph">il y a deux ou trois bateaux très blancs</p>



<p class="wp-block-paragraph">où manque la nuit —</p>



<p class="wp-block-paragraph">fenêtres où rêvent</p>



<p class="wp-block-paragraph">des îles enfouies dans les yeux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">O tant de nuit mangée à blanc</p>



<p class="wp-block-paragraph">nous avions aussi un destin de fenêtre</p>



<p class="wp-block-paragraph">où quelqu’un a crié de joie —</p>



<p class="wp-block-paragraph">le silence le port au soir</p>



<p class="wp-block-paragraph">deux ou trois bateaux très blancs</p>



<p class="wp-block-paragraph">où manque la nuit —</p>



<p class="wp-block-paragraph">je voulais qu’on m’aime — mendiant exact aux fêtes de lumière usé de gris et de blasphèmes.<br>Il me reste de cette chair les arêtes de tant d’élancements —</p>



<p class="wp-block-paragraph">maintenant le jour les yeux nus</p>



<p class="wp-block-paragraph">et quelqu’un a repeint mon plafond de choses et déjà je n’y vois plus —</p>



<p class="wp-block-paragraph">il pleut dans le soleil</p>



<p class="wp-block-paragraph">les arbres et les maisons sont plus graves</p>



<p class="wp-block-paragraph">par la terre plus lourde je sais où tu es</p>



<p class="wp-block-paragraph">quand se vident les yeux</p>



<p class="wp-block-paragraph">et l’on voit l’espace à travers.</p>



<figure class="wp-block-embed-wordpress wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="TobDdyyDmJ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/10/19/lorand-gaspar-nest-plus-un-grand-poete-sest-tu/">Lorand Gaspar n&rsquo;est plus : un grand poète s&rsquo;est tu</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Lorand Gaspar n&rsquo;est plus : un grand poète s&rsquo;est tu » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/10/19/lorand-gaspar-nest-plus-un-grand-poete-sest-tu/embed/#?secret=nsUROHr2HI#?secret=TobDdyyDmJ" data-secret="TobDdyyDmJ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<figure class="wp-block-embed-wordpress wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="0bYyIzGbNW"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/03/03/le-poeme-du-dimanche-patmos-de-lorand-gaspar/">Le poème du dimanche : ‘‘Patmos’’ de Lorand Gaspar</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche : ‘‘Patmos’’ de Lorand Gaspar » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/03/03/le-poeme-du-dimanche-patmos-de-lorand-gaspar/embed/#?secret=vAV8WXSM7E#?secret=0bYyIzGbNW" data-secret="0bYyIzGbNW" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/11/le-poeme-du-dimanche-connaissance-de-la-lumiere-de-lorand-gaspar/">Le poème du dimanche: ‘‘Connaissance de la Lumière’’ de Lorand Gaspar</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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